Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:43

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 21:08

 

 

Tombes des Dames de Limoëlan & du Sieur de Chappedelaine

 

 

Ces tombes furent transférées tardivement en ce cimetière de Sévignac. A l'origine, elles se trouvaient dans l'ancien cimétière Saint-Eloy qui cernait alors l'ancienne église. Le cimetière actuel, dédicacé à Sainte-Catherine ne fut bénit et ouvert qu'en juillet 1867, tous les membres de la Maison Picot étaient déjà décédés.

 

Amélie naquit en 1776, une jeune femme très pieuse mais qui souffrit toute sa vie durant, de problèmes aux jambes, elle boitait. Le prince de Hohenlohe était réputé pour guérir ce type de mal. Mademoiselle Amélie Picot de Limoëlan, âgée de quarante-cinq ans, et attaquée, depuis dix-neuf ans, d'un mal réputé incurable. On s'adressa au prince de Hohenlohe, qui indiqua le 25 décembre 1821 pour les prières. Ce jour-là, Mlle Adélaïde de Limoëlan se trouva subitement guérie dans son lit, et, depuis ce temps, elle vaqua tout le jour aux offices de la paroisse, située à une demi-lieue du château de Limoëlan. Il y a eu, à ce sujet, un procès-verbal- dressé par M. Fleury, curé de Broons (voir Plumaugat, au cours du XIXème siècle, première période. - histoire de Broons, page n° 8), et M. l'évêque ordonna encore depuis une nouvelle information. Tous les procès-verbaux de ces guérisons furent été adressés au saint Siège. Amélie Picot de Limoëlan mourut à Limoëlan le 12 avril 1846 à 9 heures du soir -actes ci dessous

 

 

Ces intéressants portraits des membres de la famille Picot de Limoëlan ont été réalisés grâce aux notes que nous ont laissées le Marquis de Carné-Trévesson et M. Pierre Le Bastart de Villeneuve

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 20:28

 

 

Nicolas-Victor Picot de Limoëlan qui, né à Nantes, le 18 juillet 1774, était en réalité le troisième fils de Michel-Julien, comme l'indique une lettre de lui à Chérin en date du 30 novembre 1786, C'est probablement lui dont la note de police ci-dessus indique qu'il mourut en Vendée. Il semble y avoir également eu deux autres fils, Charles-Michel et Félix-Marie qui seraient morts en bas-âge. Nicolas-Victor bénéficia d'un précepteur afin de recevoir des cours à domicile. A treize ans, il fut admis au compte du roi au collège de Vannes dont il sortit l'année suivante, en 1788, comme élève de troisième classe. Entré dans la Royale et ses campagnes sous Pavillon de l'état, Nicolas-Victor eut sa légende de chouan et de brigand. Ayant embarqué sur la frégate la Fidèle, sous Monsieur de Rosily, il croisait du côté de Quiberon et de Lorient avant de partir vers l'Isle de France. Son voyage dura près de deux ans. Sous la Révolution, Nicolas également emprisonné regagnait Limoëlan peu avant de retourner à la clandestinité, et, à ses sœurs encore détenues il écrivait : « Je viens d’entrer dans le château de Limoëlan, il est dans le plus grand désordre possible, les tapisseries ont été même ôtées,  si l’on y prend garde, l’on fera appareiller la maison. » Le 27 juin 1795, Nicolas Picot de Limoëlan faisait partie de ces 5500 hommes, qui sous les ordres de Puisaye débarquèrent à Quiberon, pensant venir à bout des troupes de Hoches. L’aide Anglaise promise par le ministre Anglais Pitt n’arriva jamais afin de seconder les troupes royalistes, et ce fut le désastre. On dénombra un grand nombre de victimes dans ce dernier camp, parmi elles : Nicolas Picot de Limoëlan. (voir Le Drame de Quiberon)

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 19:34

 

 

 

Marie-Thérèse Picot de Limoëlan,

madame Jean-Baptiste de Chappedelaine

 

 

Marie-Thérèse naquit à Nantes le 19 mars 1773. Troisième fille du seigneur et de la dame de Limoëlan, Marie-Thérèse résida principalement au château de Limoëlan à Sévignac. C'est en ce lieu que c'était réfugié un parent de la jeune femme : Jean-Baptiste de Chappedelaine dont le parrain n'était autre que Messire Michel-Alain Picot. Et malgré la différence d'âge -la jeune femme était plus âgée de huit ans le choix du jeune prétendant fut sans appel. A cette époque, comme depuis, les parents s'opposaient sagement aux emballements un peu fou de leurs enfants. Outre la grande différence d'âge des deux amoureux, outre la grande jeunesse du prétendant, Mme de Limoëlan ne pouvait consentir au mariage projeté sans exiger quelques garanties matérielles. Jean-Baptiste de Chappedelaine était originaire de la paroisse d'Illifault où sa famille possédait un modeste manoir du nom de Boslan. Une grande intimité régnait entre cette famille et celle des Picot. Et lorsqu'en 1781 naquit le jeune Jean-Baptiste, il eut comme parrain, l'ami de son père, Michel de Limoëlan. Il était fils de René-Anne-César de Chappedelaine, Chevalier, ancien officier de la Légion royale de Caïenne et de dame Anne-Mathurine Le Charpentier du Margat mariés à Illifault le 7 Juin 1773. Jean-Baptiste de Chappedelaine, suivant les traditions de sa famille, se destinait à la carrière des armes. La Révolution interrompit ses études et dès l'âge de 14 ans, à l'époque de la Terreur, il commença à chouannouer. A cette époque il vivait au château de Limoëlan où les excellents châtelains ses amis l'avaient accueilli quand il avait perdu son père et qui le traitaient comme leur propre enfant. Avec Joseph de Limoëlan il était à bonne école il partagea longtemps sa vie d'aventures et de dangers, jusqu'au jour où, l'âge étant venu, il fut incorporé à l'armée des Princes et nommé sous-lieutenant. Si les Picot de Limoëlan s'étaient montrés à son égard pleins d'affection, Chappedelaine leur avait voué une reconnaissance sans bornes et une affection bien réciproque. Ses préférences étaient allées tout naturellement à la belle Marie-Thérèse et comme cette dernière était son aînée de plusieurs années, elle l'aimait comme un frère. Chappedelaine cependant malgré sa jeunesse avait muri très vite, sa vie pleine de dangers en avait fait un homme à l'âge où d'autres sont encore sur les bancs du collège. L'admiration que lui inspirait Mademoiselle de Limoëlan s'était muée peu à peu en un tout autre sentiment qu'il n'avait pu cacher longtemps. De sorte qu'en 1798, âgé seulement de dix-sept ans, Chappedelaine n'avait pas hésité à demander la main de la belle jeune fille. A cette époque, les Picot de Limoëlan si riches avant la Révolution avaient vu tous les biens de leur père saisis et confisqués à la suite du jugement qui l'avait condamné à mort. Une partie des terres avait déjà été vendue et toutes devaient l'être, de sorte que la gêne avait remplacé la large aisance de jadis. Madame de Limoëlan et ses enfants s'efforçaient d'obtenir l'amnistie et rachetaient, quand ils ne pouvaient faire autrement, les propriétés vendues. Le jeune Chappedelaine était dans le même cas évidemment puisqu'il était considéré comme émigré. A cette époque, comme depuis, les parents s'opposaient sagement aux emballements un peu fou de leurs enfants. Outre la grande différence d'âge des deux amoureux, outre la grande jeunesse du prétendant, Mme de Limoëlan ne pouvait consentir au mariage projeté sans exiger quelques garanties matérielles….Puis ce courrier datée du 21 Juillet 1798, le voici « Monsieur et Cher Cousin, Ne sachant pas si vous êtes instruit de la mort de votre parent Chappedelaine qui était établi à la Nouvelle Angleterre, et ayant même des raisons de croire, vu l'éloignement où vous êtes que vous n'en avez pas été informé, je prends la liberté de vous le mander et en même temps de vous apprendre qu'il vous a fait son héritier. Quelqu'un m'ayant dit ici qu'il avait fait héritier un de ses parents du même nom et ne pouvant savoir au juste qui c'était j'ai fait venir une copie de son testament et quoiqu'il y ait bientôt quatre ans qu'il est décédé comme vous verrez par l'extrait que je vous envoie. Voici donc la traduction du testament qu'on m'a envoyé en anglais testament qu'on m'a envoyé en anglais « Que tous les hommes sachent par ces présentes que moi Julien-Joseph-Hiacinthe de Chappedelaine lègue par mon dernier testament à Jean-Baptiste-Marc-Michel de Chappedelaine fils légitime René Anne Marie César de Chappedelaine toutes mes possessions dans les Etats-Unis d'Amérique consistant dans mon cinquième de l'isle de Sapello mon quart dans celle de Jackel, mon quart dans celle'de Sainte Catherine, aussi mes cinq mille acres de terre dans la Compagnie de l'Ohio, mon moulin près Monistron dans l'état de New-Jersey, pour en jouir comme moy même sans pouvoir être troublé par mes parents dans cette jouissance. De plus je luy donne tout l'argent qui m'est du par la Société lequel sera employé en nègres comme aussi la dette que M. de Boisfeuillet me doit et en cas que le dit sieur Jean Baptiste Marc Michel de Chappedelaine vivant et résidant dans la paroisse de hillifou (sic) diocèse de dol en bretagne fut mort, je demande que mes ci-dessus mentionnées possessions iront à l'aîné de la branche de Chappedelaine d'Isle de Mayenne province du Mayne pour en jouir comme moi-même, déclarant leur laisser tout ce que la loi m'autorise à faire au sujet de toutes mes possessions réelles et personnelles. En témoignage de quoi j'ay signé ces présentes en présence des soussignés et j'y ai apposé le sceau de mes armes fait à l'isle de Sapello le 25 Octobre 1793 ». « signé Chappedelaine ». Période au cours de laquelle Joseph Picot de Limoëlan frère de la jeune femme se cachait afin d'échapper à la justice suite à l'attentat de la Machine Infernale. Il dépêcha un courrier à sa sœur Marie-Thérèse revenue à Limoëlan : « Ne t’alarme point de tout ce qu’on dira de moi. Ce seront faussetés. On me dira pris, tué ou noyé. ». Il charge d’ailleurs Marie-Thérèse d’embrasser Renée, sa jumelle. Incognito, Joseph rallie le château de Limoëlan où il se cache  derrière un panneau amovible  de la bibliothèque. Ces messieurs de Broons se doutent bien qu’il est revenu à Sévignac, ils y viennent souvent perquisitionner, mais parmi les autorités locales Georges-Mathurin Leclerc et  Monsieur Tirel ne sont ils pas d’anciens magistrats de l’ancienne seigneurie de Limoëlan. Premier avril 1802, Marie-Thérèse devenue madame de Chappedelaine prend avec son mari à bord du Richmond. Ils vont en Amérique recueillir un héritage providentiel. Ils sont accompagnés de deux de leurs domestiques : Victorine Aubin, jeune personne de Sévignac âgée de 19 ans et Pierre Jacques Renier, homme de confiance des Chappedelaine âgé de 35 ans. En réalité sous cette dernière identité se cachait l’homme de la machine infernale, Joseph Picot de Limoëlan. Jean-Baptiste de Chappedelaine devint Maire de Sévignac sous la Restauration, il devait s'éteindre le 13 avril 1840. De l'union de Marie-Thérèse et Jean-Baptiste de Chappedelaine naquirent six enfants :


 

-Marie-Thérèse de Chappedelaine, née à Savannah en Géorgie le 12 fructidor an X, elle fut fiancée à son cousin Michel Picot de Limoëlan, mais ce dernier étant mort en 1824, le mariage n’eut pas lieu,  Marie-Thérèse s’éteignit à Sévignac, au château de la Ville-es-Blancs.

 

-Hyacinthe de Chappedelaine, né à Limoëlan le 4 frimaire an XIII, ancien élève de polytechnique, il fut élevé au grade de lieutenant-colonel de génie. Son union avec Louise Le Deux fut sans postérité ; Hyacinthe de Chappedelaine mourut en 1861. Ci dessous les dessins des tombes de ses tantes Amélie et Hélène Picot de Limoëlan telle qu'elles devaient se présenter, et le dessin de sa propre tombe.

 

 

-Edouard  de Chappedelaine né à Limoëlan le 18 janvier 1808, devint officier de marine (voir la Béchardière à Sévignac)

 

-Alphonse de Chappedelaine, né à Limoëlan le 11 mars 1810,  officier d’Infanterie, Alphonse devint zouave pontifical, il épousa Louise d’Avoust. Marié à Louise-Adélaïde d'Avoust, il en eut trois filles : Louise, Alphonsine et Marie. Il mourut en 1884.

 

-Léonie de Chappedelaine, née le 31 mai 1812 à Limoëlan, Léonie épousa Henri de Carné-Trécesson, propriétaire de la Ville-es-Blancs (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n°5). Elle mourut en 1878.

 

-Louis de Chappedelaine -portrait ci dessous, né le 26 septembre 1815 à Limoëlan. Comme ses autres frères, Louis embrassa la carrière militaire et participa à la conquête de l’Algérie comme lieutenant au 8e bataillon des chasseurs d’Orléans.

 

 

Nous aurons l'occasion de revenir plus en détail sur la filiation de la famille de Chappedelaine. 

 

 

Marie-Thérèse Picot de Clorivière, madame de Chappedelaine s'éteignit au château de Limoëlan le 3 mars 1851 (acte ci-dessous)


 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 18:37

 

 

Croix de Quenna à Sévignac

attribuée à Helène Picot de Limoëlan

avec détail des armoiries

 

Hélène Picot de Limoëlan, naquit le 30 juillet 1771. Avec sa sœur Renée elle accompagnait son père à la Fosse-Hingand et avait remis à celui-ci le courrier compromettant que l'inspecteur Lalligand trouva et qui fut cause de l'exécution du sieur de Limoëlan (voir histoire de Broons, page n° 15). Manifestement au moment où la police de Fouchet recherchait le dénommé Joseph Picot de Limoëlan, la dite Hélène se trouvait à Versailles avec sa mère et deux de ses sœurs. Le 29 nivôse, le citoyen Pile, commissaire de police de Versailles, éorivait au préfet Dubois à propos de cette dame : « Il existe à Versailles la citoyenne Picot Limoëlan, qui a deux fils, l'un établi à Nantes et l'autre, elle le croit mort, tué à la dernière guerre de la Vendée. Ses filles, soeurs dudit défunt, en ont porté le deuil. La mère, femme très honnête, idolâtre le Premier Consul. Quand il fait beau temps, elle va à Paris pour voir passer la revue du Quintidi. Elle ne parle qu'avec admiration du gouvernement actuel. Quant au fils que l'on soupçonne, sa mère le déteste et ne lui donnerait point asile. Pour remplir vos vues, demain, à la pointe du jour, nous y ferons une descente et une" visite très stricte. Je vous rendrai compte de ce qu'elle aura produit. » Cette visite fut opérée, en effet, le lendemain 30 nivôse, dès 6 heures et demie du matin. La garde nationale, la gendarmerie entourèrent la maison. Depuis quinze jours, d'ailleurs, sur l'ordre de Fouché, ce domicile était cerné et surveillé. Il n'y entrait, il n'en sortait personne sans qu'on n'en fût informé en haut lieu. Mais, aujourd'hui, la besogne était plus grave : il s'agissait de perquisitions et d'arrestations. Le commissaire Pile et son collègue Locard entrèrent, revêtus de leurs insignes, en compagnie des gendarmes, et ils inspectèrent tout, firent comparaître devant eux tous les hôtes du logis. Il y avait là madame de Limoëlan -une grande femme maigre, aux cheveux châtains grisonnants, au front « rond et ridé », aux yeux bleus, âgée de 56 ans, disait-elle -deux de ses filles, dont les noms ne sont pas indiqués, en outre plusieurs demoiselles de compagnie et domestiques, « mademoiselle Babute, mademoiselle Guibelin, mademoiselle Belleville, un domestique et sa femme et un enfant de 13 ans, la femme de chambre de ses filles » On s'étonnera peut-être de ce nombreux personnel réuni autour de trois femmes seules. On inspecta les papiers de la famille. On interpella madame de Limoëlan au sujet de ses fils. Elle déclara que, depuis plusieurs années, elle n'avait pas vu son fils Michel, maintenant domicilié à Nantes, que, depuis le 16 fructidor dernier, elle avait cessé de voir son fils Joseph-Pierre, parti à cette date pour Saint-Brieuc, et qu'elle ne conservait plus avec lui « aucune correspondance ni directement ni indirectement. », que, quant à son troisième fils Nicolas-Victor, il l'avait quittée depuis le 18 fructidor an V « pour obéir à la loi, étant inscrit sur la liste des émigrés ». Le procès-verbal fut clos et signé à la suite de ces réponses. On n'avait capturé personne. En aucune chambre, en aucune cave, en aucune cachette on n'avait pu découvrir le chevalier Joseph Picot de Limoëlan. Le premier pluviôse (21 janvier 1801), le commissaire Pile écrivait de Versailles au préfet de police : « J'ai l'honneur de vous faire passer le procès-verbal de perquisition faite chez la mère de Limoëlan. Vous y verrez que nous n'avons rien fait. La première fois que j'irai à Paris, je vous prierai de m'accorder deux minutes d'audience ; je vous dirai quelque chose que je ne peux vous écrire. » Le 3 pluviôse, madame de Limoëlan était arrêtée, conduite aux Madelonnettes. Le même jour, elle subissait l'interrogatoire de Dubois, « comme soupçonnée d'avoir donné retraite à l'un de ses fils prévenu d'émigration et d'assassinat consommé sur un grand nombre de citoyens par l'explosion de la Machine Infernale. Hélène Picot de Limoêlan à, laquelle on attribue la croix de Quenna en Sévignac mourut à Limoëlan le 28 août 1862 à 8 heures du matin (acte-ci dessous). Toute sa longue vie s'était passée à pratiquer la bienfaisance; aussi cette charitable personne avait-elle été surnommée la Mère des pauvres. 


 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 18:20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 12:49

 

 

Joseph-Pierre Picot de Limoëlan de Clorivière était exactement du même âge que Chateaubriand. Il était né à Nantes le 4 novembre 1768. Après avoir été camarades de collège à Rennes, ils se retrouvèrent à l'école ecclésiastique de la Victoire à Dinan. Le grand écrivain relate dans ses Mémoires un des souvenirs, au temps de l'internat aux Jésuite de Rennes : Le préfet avait coutume de faire sa ronde dans les corridors, après la retraite, pour voir si tout était bien : il regardait il cet effet par un trou pratiqué dans chaque porte. Limoëlan, Gesril, Saint-Riveul et moi nous couchions dans la même chambre : D'animaux malfaisants c'était un fort bon plat. Vainement avions-nous plusieurs fois bouché le trou avec du papier ; le préfet poussait le papier et nous surprenait sautant sur nos lits et cassant nos chaises. Un soir Limoëlan, sans nous communiquer son projet, nous engage à nous coucher et à éteindre la lumière. Bientôt nous l'entendons se lever, aller à la porte, et puis se remettre au lit. Un quart d'heure après, voici venir le préfet sur la pointe du pied. Comme avec raison nous lui étions suspects, il s'arrête à la porte, écoute, regarde, n'aperçoit point de lumière« Qui est-ce qui a fait cela ? » s'écrie-t-il en se précipitant dans la chambre. Limoëlan d'étouffer de rire et Gesril de dire en nasillant, avec son air moitié niais, moitié goguenard : « Qu'est-ce donc, monsieur le préfet? » Voilà Saint-Riveul et moi à rire comme Limoëlan et à nous cacher sous nos couvertures. On ne put rien tirer de nous : nous fûmes héroïques. Nous fûmes mis tous quatre en prison au caveau : Saint-Riveul fouilla la terre sous une porte qui communiquait à la basse-cour; il engagea la tête dans cette taupinière, un porc accourut, et lui pensa manger la cervelle ; Gesril se glissa dans les caves du collège et mit couler un tonneau de vin ; Limoëlan démolit un mur, et moi, nouveau Perrin Dandin, grimpant dans un soupirail, j'ameutai la canaille de la rue par mes harangues. Le terrible auteur de la machine infernale, jouant cette niche de polisson à un préfet de collège, rappelle en petit Cromwell barbouillant d'encre la figure d'un autre régicide, qui signait après lui l'arrêt de mort de Charles Ier.. Entré dans l'armée à l'âge de quinze ans, Limoëlan était officier du roi Louis XVI lorsqu'éclata la Révolution. Il émigra, puis rentra bientôt en Bretagne, chouanna dans les environs de Saint-Méen et de Gaël et devint adjudant-général de Georges Cadoudal. En 1798, il remplaça temporairement Aimé du Boisguy dans le commandement de la division de Fougères. A la fin de 1799, alors que la plupart des autres chefs royalistes se voyaient contraints de déposer les armes, il refusa d'adhérer à la pacification et vint à Paris. Il était à la veille d'épouser une charmante jeune fille de Versailles, Mlle Julie d'Albert, à laquelle il était fiancé depuis plusieurs années, lorsqu'eut lieu, rue Saint-Nicaise, l'explosion de la machine infernale (3 nivôse an VIII - 24 décembre 1799) (voir Lanrelas : le procès de Robinault de Saint Régent, page n° 1). Limoëlan avait été l'un des principaux agents du complot. Grâce au dévouement de sa fiancée, il put échapper aux recherches de la police, gagner la Bretagne et s'embarquer pour l'Amérique. Son premier soin, en arrivant à New-York, fut d'écrire à la famille de Mlle d'Albert, lui demandant de venir le rejoindre aux Etats-Unis, où le mariage serait célébré. La réponse fut terrible pour Limoëlan. Mlle d'Albert, au moment où il courait les plus grands dangers, avait fait voeu de se consacrer à Dieu, si son fiancé parvenait à s'échapper. Fidèle à sa promesse, elle le suppliait d'oublier le passé pour ne songer qu'à l'avenir éternel. Le jeune officier entra en 1808 au séminaire de Baltimore. Commençant une vie nouvelle, il abandonna le nom de Limoëlan pour prendre celui de Clorivière, sous lequel il est uniquement connu aux Etats-Unis. Il fut ordonna prêtre au mois d'août 1812 et devint curé de Charleston. Lorsque, deux ans plus tard, l'abbé de Clorivière apprit la restauration des Bourbons, le chef royaliste se retrouva sous le prêtre, et il entonna avec enthousiasme dans son église un Te Deum d'actions de grâces. A la Restauration, Limoëlan rentra en France, et si je ne me trompe fut non seulement bien accueilli du roi je crois ferme qu'on eut la velléité d'en faire un évêque, Léonce Grasilier. Napoléon était bien informé. Le chevalier Picot de Limoëlan, dit Chevalier Picot de Limoëlan Beaumont, dit Pour le roi, le principal auteur de l'attentat du 3 nivôse (machine infernale) parvint a se soustraire aux recherches de police grâce aux soins de son oncle le R. P. de Ctoriviere. Il trouva d'abord un refuge dans les caveaux de l'église Saint-Laurent. réussit à quitter Paris et passa en Bretagne. Une déception amoureuse fut la première étape de sa conversion sa fiancée, habitant Versailles, avait fait voeu de prendre le voile s'il échappait à l'échafaud, et elle venait d'entrer en religion. Désespéré.  Limoëlan partit pour l'Amérique. vécut quelque temps à New-York sous le nom de Guitry et se fixa, en 1806, à Baltimore où il entra au Séminaire des Sulpiciens de Sainte-Marie. Il s'était fait inscrire sous le nom de son oncle Clorivière et c'est comme tel qu'il fut ordonné prêtre le Ier août 1812. Il portait sur sa soutane la croix de Saint-Louis que les frères de Louis XVI lui avaient envoyée, disait-il, en 1800. Il accepta, en 1804, la direction des soeurs de la Visitation à Georgetown, -ci dessous.

 

 

Ce couvent avait été fondé, en 1805, par une pieuse dame irlandaise, miss Alice Lalor, et un assez grand nombre de saintes filles y avaient pris le voile à. son exemple. Mais, en 1820, l'établissement, privé de toutes ressources financières, végétait péniblement, et les bonnes soeurs se voyaient menacées chaque année d'être dispersées. L'abbé de Clorivière se chargea d'assurer l'avenir de cette utile fondation. Il construisit à ses frais un pensionnat pour l'éducation des jeunes personnes, et une élégante chapelle, dédiée au Sacré-Coeur de Jésus. Il contribua aussi par de larges donations à l'établissement d'un externat gratuit pour les enfants pauvres. C'est dans le monastère même dont il est le second fondateur que l'abbé de Clorivière mourut, le 29 septembre 1826, laissant une mémoire qui est encore en vénération aux Etats-Unis. Mlle Julie d'Albert lui survécut longtemps. Elle resta fidèle à son voeu de célibat et elle refusa les nombreux partis qui se présentèrent à elle dans sa jeunesse. Mais elle ne se sentit pas la vocation d'entrer au couvent, et après plusieurs tentatives, qui montrèrent que la vie religieuse ne lui convenait pas, elle obtint, à l'âge de cinquante ans, du pape Grégoire XVI, d'être relevée du voeu imprudent qu'elle avait formé. Elle est morte à Versailles, dans un âge avancé, après une vie consacrée tout entière à l'exercice d-e la piété et de la charité. L'abbé de Clorivière avait écrit, sur les événements auxquels il avait pris part en France, de volumineux mémoires. Arrivé à la fin de la relation de chaque année, il cachetait le cahier et ne l'ouvrait plus. « Ces cahiers, dit il plus d'une fois aux bonnes soeurs de Georgetown, contiennent beaucoup de faits intéressants et importants pour l'histoire et la religion. » Par son testament, il ordonna de brûler ses cahiers. Cette clause a été fidèlement observée à sa mort, et on doit le regretter vivement pour l'histoire. Au moment de mourir, l'abbé de Clorivière ne voulait pas qu'il restât rien de ce qui avait été Limoëlan. Limoëlan pourtant vivra. Dans le temps même où il donnait l'ordre de détruire ses Mémoires, Chateaubriand écrivait les siens et assurait ainsi l'immortalité à son camarade de collège. Joseph Picot de Limoëlan resta aumônier de Georhetown jusqu'au 20 septembre 1826, date de sa mort. Son tombeau existe encore dans la crypte de la chapelle du couvent. 


 

 

Joseph Picot de Limoëlan à la fin de sa vie,

sa silhouette d'après illustrtion de l'ouvrage Le vrai Limoëlan

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 12:24

 

 

Château du Plessix à Pont-Saint-Martin propriété des Roche  

 

Renée-Marie-Thérèse & Joseph-Pierre naquirent le 4 novembre 1768 et c'est aussi en l'église Saint-Nicolas de Nantes qu'ils furent baptisés. Renée-Marie-Thérèse comme ses frères et sœurs passa sa jeunesse tantôt à Nantes, à Rennes ou à Limoëlan. Lorsque la révolution éclata, les biens ayant été séquestrés afin d'être mis en vente au profit de la nation, le château de Limoëlan fut mis sous séquestre dès le 5 mars 1793, quand aux filles du guillotiné, elles furent expédiées un  certain temps à la prison de Lamballe. Libérées de prison, les quatre  demoiselles de Limoëlan ne regagnèrent pas le château, et pour cause, il demeura  sous séquestre.  C’est au village de Beaujardin qu’elles suivirent la suite des événements. Si un certain Jacques-Mathurin Desbois, membre actif du comité de surveillance  de Broons parvint à mettre main basse sur les fauteuils et les vaches à poil roux de Limoëlan, en revanche, les quatre sœurs, unies comme les cinq doigts de la main,  parvinrent à racheter la terre du domaine. La période de la Terreur passée, madame Picot de Limoëlan, avec plusieurs de ses enfants, continua de demeurer en ce château de Sévignac. Quelques-unes de ses terres furent vendues. Le 28 messidor an VII (10 juillet 1799), nous voyons un certain Jehanne « procurateur de Michel, Renée-Marie-Thérèse, Hélène-Marie,Marie-Thérèse et Amélie Picot de Limoëlan, domiciliés à Sévignac», acheter pour 3.375 francs la métairie de la Ville-Even, à Guitté (revenu 400 fr.), « provenant de leur père » - guillotiné sur la place de la Révolution le 18 juin 1793. -Michel, qu'on voit figurer en cet acte, était l'aîné des garçons. Le plus jeune, Nicolas-Victor, n'y est point mentionné. Il était déjà mort en 1799. Jeune homme bouillant, chouan déterminé, surnommé Tape-à-mort, il avait été, dit-on, tué en duel par un de ses camarades. Quant à Joseph-Pierre, nous ne le voyons pas non plus sur ce papier. Renée-Marie-Thérèse Picot de Limoëlan s'éteignit le 27 juin 1840 à 11 heures du soir au château de Limoëlan âgée de 71 ans. Elle était demeurée célibataire. -Acte ci-dessous.

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 11:33

 

Michel Picot de Clorivière, naquit le 2 février 1767, et fut baptisé le même jour, dans l'église paroissiale de St-Nicolas, de la ville et évêché de Nantes (ci-dessous)

 

 

 

Dans un premier temps le jeune Michel fut scolarisé au collège de Navarre à Paris. Il y était pensionnaire avec son frère Joseph et leur cousin André Désilles, mais les deux frères devaient rentrer en Bretagne et terminer leurs études au Collège de Rennes. L'année 1782, les deux frères reçurent leur certificat de noblesse ; Michel rentra à la Compagnie des chevaux-légers de la Garde ordinaire du roi. Le 24 avril 1787, il épousa Marie-Sophie Drouin, fille de Louis Drouin, propriétaire à Saint-Domingue, armateur à Nantes et négociant : un homme très riche, et lui-même s'était lancé dans les affaires pendant que ses cadets menaient l'existence si différente que l'on sait. C'est à lui que s'adressa sa soeur Marie-Thérèse qui en reçut à la mi-Février de l'année 1802 l'annonce qu'il lui avait trouvé un prêt de 10.000 livres, à 9 p. 100 d'intérêt par an et pour une durée de trente mois. « Je sais écrivait Michel que tu aurais désiré une somme un peu plus forte, mais vous ne m'avez d'abord demandé que cela et j'avais fait une démarche en conséquence. Cela vous obligera à quelque économie et vous mettra dans la nécessité de ne point emmener pour le moment Mr Granville, ou du moins de ne point faire pour lui les frais du passage et autres, et ce sera peut-être heureux pour lui et pour vous. Si à l'Amérique vous vous trouvez en position à pouvoir lui être utile, c'est alors que vous donnerez cours à votre générosité, et je te connois assez, ma chère soeur pour être assuré que tu seras la première à y engager ton mari... ». Michel Picot de Limoëlan et son épouse Marie-Sophie Drouin s'établirent au château du Plessix en la paroisse de Pont-Martin située au sud de Nantes. C'est en ce charmant manoir datant des XVIe & XVIIe siècle que de 1788 à 1814 naquirent leurs huit enfants :


 

-a) Sophie-Marie-Michelle 1788 ;


 

-b) Louise-Renée 1790-1856 ;


 

-c) Michel-Marie-Victor 1793 fut fiancé à sa cousine Marie Thérèse Picot de Limoëlan, mais à sa mort le 4 septembre 1824 cette dernière épousa Jean-Baptiste de Chappedelaine ;


 

-d) Joséphine 1797


 

-e) Henriette 1797-1874 mariée à Philippe Bonjour dont : Marie-Emeline 1832-1895 & Maurice 1837-1886 marié avec Mary Stevens. Voici ce que l'on pouvait lire dans les colonnes du Figaro daté du 7 septembre 1886 : L'administration centrale dés colonies vient d'éprouver une perte très sensible dans la personne de M. Bonjour Picot de Limoëlan, décédé à l'âge de 49 ans. Il est mort à la suite d'un accident de voiture, dans son château de Limoëlan en Bretagne -son cheval s'était emballé près du Guet de Rouillac où une croix a été depuis dressée. L'édition du Matin autre magasine : L'administration centrale des colonies vient d'éprouver une perte très sensible dans la personne de M. Bonjour Picot de Limoëlan, décédé à l'age de 49 ans, d'un accident de voiture, dans son château de Limoëlan, en Bretagne. Au cours de sa longue carrière administrative. Sa veuve, l'américaine Mary Stevens, s'étant convertie au catholicisme en 1885, offrit les candélabres de l’église, elle aménagea également les fonts baptismaux (voir Les fonts baptismaux de Sévignac), et fit preuve d’une grande générosité envers les pauvres de la commune. Le couple n'avait pas eut d'enfant


 

-f) Charles-Samuel 1800 ;


 

-g) Emilie-Louise 1805-1886 ;


 

h) Victor-Edouard 1814-1872. 


 

En 1792, Michel Picot de Clorivière et son beau-père Louis Drouin figuraient au nombre de ceux qui parmi les citoyens couraient à la défense de l'Empire. Le sieur Picot de Clorivière devait s'éteindre en 1835.

 

 

Ancien collège des Jésuite de Rennes

Les  Picot de Limoëlan y fréquentèrent Châteaubriand

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 21:52

Michel, Julien, Alain, Picot de Clorivière, écuyer, était né en 1734 dans les environs de Saint-Malo, pays adopté par ses ancêtres venus de Normandie à la suite d'un mariage. Michel Picot avait un frère Pierre qui se fit prêtre et jésuite, qui mena pendant la période révolutionnaire une vie mouvementée, fut incarcéré pendant plusieurs années et devait mourir en odeur de sainteté en 1820. Il avait aussi une soeur mariée à M. Désilles de Cambernon dont le fils André, officier au Régiment du Roi, fut blessé mortellement en 1790, à l'affaire de Nancy et fut triomphalement inhumé dans la cathédrale de cette ville où son tombeau se voit encore. La situation des Picot de Clorivière était assez modeste. Pour s'enrichir, Michel Picot s'intéressa aux affaires de la Compagnie des Indes. Il suivait, ce faisant, l'exemple de beaucoup de gentilshommes de sa région. Ses spéculations furent heureuses et lui procurèrent d'importants capitaux. Il avait su réaliser au bon moment et fit preuve d'une prudente sagesse en achetant des terres. Le 25 Juillet 1758. conjointement avec le Comte et la Comtesse de Bruc, il devenait acquéreur, en l'étude de M. Vallet, Conseiller du Roi, notaire au Châtelet de Paris, des terres, fiefs et seigneuries de Broons, Beaumanoir, Beaumont, et la Grande-Bouëxière (voir histoire de Broons, page n° 5 - Le château de Beaumont en Guitté). La vente était conclue pour l'énorme somme de 470.000 livres Monsieur et Madame de Bruc associés seulement à M. de Clorivière, pour le contrat, ne gardèrent pour eux que la seigneurie de Broons. Leur associé devenait Seigneur de Beaumanoir, Limoëlan, Beaumont et la Grande Bouëxière. Ces quatre domaines avaient leurs juridictions distinctes. Beaumont et Limoëlan possédaient chacun leur château et leur haute justice ainsi que de nombreuses métairies, futaies, bois d'ornements,et étaient dignes en tous points de leur origine princière. Aucun des deux manoirs n'était en état d'être habité sans qu'il y fut fait de sérieuses transformations. Monsieur de Clorivière voulait s'installer en grand seigneur. Peut-être hésita-t-il entre les deux résidences ? Ce fut en tout cas Limoëlan qui eut ses préférences. Dès lors il prit, suivant l'usage du temps le nom de sa seigneurie et fut le premier Picot de Limoëlan.

 

 

Le vieux château de Limoëlan -ci dessus, était une maison forte dont il ne reste aujourd'hui qu'une partie qui a gardé fort grand air. Il était construit dans une île au milieu d'un petit étang et présentait une enceinte en forme de trapèze entourant une vaste cour d'honneur. Les bâtiments élevés surmontés de grands toits sont en granit de bel appareil les façades extérieures destinées à la défense ont les pieds dans l'eau et sont percées de fenêtres étroites et peu nombreuses. L'entrée principale restée presque intacte consiste en une large et haute porte à plein cintre qu'un pont-levis défendait pont-levis qui a disparu et a été remplacé par une simple levée de terre. La façade sur cour, largement éclairée par des fenêtres plus importantes, donne accès par de nombreuses portes aux anciens appartements, grandes salles ornées de cheminées monumentales, aux hauts plafonds dont les poutres de chêne n'ont pas fléchi sous le poids des siècles. Une grande partie des bâtiments furent démolis et fournirent des matériaux pour la construction d'un nouveau château. Celui-ci fut édifié à l'ouest de l'ancien, à mi-coteau.

 

 

 

 

Le site était bien choisi et la nouvelle demeure, moderne, bien aspectée, conçue selon les règles de la belle architecture du XVIIIe siècle,était digne de son époque. Il est resté de nos jours ce qu'il était alors. Abrité au Nord Ouest et au Sud par la déclivité du terrain et par de belles futaies, Limoëlan, de sa façade principale, embrasse, au levant, un large panorama dont le centre est la petite ville de Broons, patrie de Du Guesclin. Les ouvertures de cette façade donnent sur une large terrasse surplombant l'ancien potager, s'étendant sur plus d'un hectare et entouré de murs. Nos pères aimaient avoir sous leurs yeux même l'abondante ordonnance et les fruits prometteurs de leur jardin. Une large allée le partageant par moitié menait en ligne droite à une grille s'ouvrant sur l'entrée du vieux manoir fortifié. De la terrasse, le pittoresque monument, posé sur son miroir d'eau, constitue le premier plan du paysage, Broons en étant le dernier. Les futaies, les avenues, les massifs, disposés avec art et sur plan bien étudié, font un beau cadre au château moderne qui mérite une description Le nouveau Limoëlan, sans égaler en élégance, les châteaux de la même époque construits dans l'Ile de France, était cependant un beau spécimen d'architecture, avec ses façades régulières aux fenêtres serties de beau granit taillé, avec son fronton surélevé et finement armorié, coiffé d'un curieux toit en forme de carène de navire renversée, avec ses ardoises épaisses taillées en écailles et ses pinacles de plomb découpé ornant les toits à la Mansard. La maison un peu basse et trapue, aux murs épais, donnait une impression de confort sérieux que confirmaient l'heureuse proportion des appartements et la hauteur moyenne des plafonds rendant le chauffage facile en hiver. La salle à manger aux angles arrondis et dont les boiseries sont demeurées intactes, le grand escalier aux balustres et à la rampe de chêne massif, les salons d'aspect riant, constituent à l'heure actuelle un ensemble qui n'est pas démodé. Le Limoëlan de nos jours est resté ce qu'il était avant la Révolution, garni de ses anciens meubles, de ses grandes glaces et de ses consoles Louis XV sa bibliothèque aux rayons de chêne patiné renferme encore les vieux livres gainés de cuir que feuilletaient les anciens châtelains. Après avoir fondé la maison, il fallut songer à créer la famille. C'est le 18 juin 1765, à Pont-Saint-Martin près de Nantes que fut célébré le mariage du Seigneur de Limoëlan avec Renée-Jeanne Roche, fille de Nicolas Roche, Seigneur de Fermoy, Pont-Saint-Martin et autres lieux, et de Renée, Jeanne Philippe.

 

 

 

Ancienne chapelle de Limoëlan

 

Les Roche, ou O'Roche, famille d'origine irlandaise, fixée en France au commencement du XVIIe siècle, y avaient été reconnus nobles avec la qualité d'écuyer. Madame Roche, née Philippe, était fille de Jean-François Philippe, négociant au Cap, en l'île de Saint-Domingue.Cette origine plébéienne nous donnerait peut être la raison de la grande différence qui régnait entre les sentiments de Monsieur de Limoëlan et ceux de sa femme. Monsieur de Limoëlan, quoique ayant vécu dans le monde des affaires et s'étant adonné pendant quelques années à une branche de commerce, qui du reste n'entraînait pas la dérogeance, était resté gentilhomme dans toute l'acceptation du mot, fidèle aux principes de sa race, profondément attaché à la Religion et à la Royauté. Lorsque les événements de 1789 déchaînèrent l'affreuse tourmente révolutionnaire, les nobles bretons n'hésitèrent pas à tout sacrifier à la cause de la monarchie. Monsieur de Limoëlan, parent du Marquis de la Rouerie, s'engagea avec enthousiasme dans l'Armée Royale de Bretagne et se trouva compromis dans la conspiration fomentée par le fougueux organisateur, conspiration qui eut le tragique dénouement que l'on sait. Il se trouvait à la Fosse-Hingant chez sa soeur Madame Désilles lorsqu'eut lieu la perquisition machinée par le traitre Chèvetel. La découverte, escomptée. de tous les documents du Marquis de la Rouerie, mort quelques jours auparavant au château de la Guyomarais, documents renfermés dans un bocal et enterrés au pied d'un arbuste dans le jardin de la Fosse-Hingant, révéla les noms des conjurés et ceux des bailleurs de fonds et parmi eux celui de Limoëlan souscripteur d'une somme de 1,200 livres. Arrêté avec vingt autres suspects, parmi lesquels ses trois nièces, Mesdames d'Allérac, de Virel et de la Fonchais, il fut dirigé sur Paris pour y être déféré ainsi que ses infortunés compagnons au terrible Tribunal révolutionnaire. Monsieur Lenôtre nous a conté, avec son grand talent, le pénible voyage de la Fosse-Hingant à Paris où les prisonniers arrivèrent dans les premiers jours du mois de Mai 1793, et le procès rapidement mené, suivi de l'exécution, le 18 Juin, sur la place Louis XV de la plupart des prévenus et entre autres de Limoëlan et de sa nièce de la Fonchais. Madame de Limoëlan était accourue à Paris, mais elle ne put revoir son mari détenu à la sinistre prison de l'Abbaye où il avait été mis au secret. Il semble que c'est à partir de ce moment qu'elle se fixa à Versailles où elle demeura pendant la Terreur et les années qui suivirent. C'était une femme, grande et sèche, aux cheveux châtains un peu ardents, aux yeux bleus sous un front haut et bombé. Le nez long, la bouche mince d'une expression très particulière ! étaient encadrés d'un ovale allongé et plutôt maigre. Elle ne partageait pas la manière de voir de son mari beaucoup plus pratique si l'on peut dire, elle était certainement portée vers les idées nouvelles et lorsque le Général Bonaparte, auréolé de ses premières victoires, devint membre du Directoire puis 1er Consul et enfin Consul à vie, elle s'éprit pour lui d'un enthousiasme dont elle ne songeait nullement à se cacher. Et quand son fils Joseph se lança dans les aventures de la chouannerie et dans les conspirations anti-bonapartistes, elle désapprouva sa conduite. II n'y a aucun doute qu'elle n'ait tendrement aimé son mari et qu'elle ne l'ait sincèrement pleuré tout en pensant d'une façon différente. II y a une chose certaine, M. de Limoëlan se trouvait davantage en communauté d'idées avec ses filles auxquelles il écrivait pendant sa captivité et avec son fils Joseph, royaliste fervent et admirateur passionné des vertus de son père, il devait être dans les sentiments d'une parfaite sympathie. Combien il est poignant en tous cas de revivre les angoisses d'une famille comme celle-ci, ayant traversé les horreurs d'une telle époque et combien s'explique envers un régime dont il ne voit que les crimes et la bassesse, la haine d'un fils désireux de venger la mort d'un père tendrement aimé.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article