Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:45

Nouvelle dépossession, puis retour de l' « honneur » de Richmond aux ducs de Bretagne (1235-1304).


 

 

Le Duc, Jean II de Bretagne et son épouse Beatrix d'Angleterre


 

Pierre Mauclerc, contraint et forcé, à la suite de son attitude turbulente vis-à-vis de la royauté française, doit en novembre 1234 se soumettre « haut et bas » à Louis IX et prendre définitivement le parti de celui-ci contre l'Angleterre. Son choix involontaire lui vaut de perdre irrémédiablement, en février 1235, le « comté » de Richmond, qui, dès lors et en 1236, se trouve dans la main d'Henri III, rapportant à celui ci 1.200 l. En septembre 1236, le roi gratifie de toutes les terres de l' « honneur » l'évêque élu de Valence. bien qu'il n'en possède pas la moindre parcelle, Jean Ier le Roux, en succédant à Pierre Mauclerc en 1237 comme duc de Bretagne, n'hésite pas à prendre lui aussi le titre de comte de Richmond. Il attendra longtemps avant de pouvoir justifier ce titre, malgré de nombreuses démarches. En effet, le 6 mai 1241, Henri III fait cadeau de l' « honneur » entier à Pierre de Savoie, oncle de la reine. Celui-ci le conservera jusqu'en 1266, sans aucune interruption. Dès la fin de 1242, Jean Ier le Roux réclame au roi d'Angleterre la délivrance du comté qui avait appartenu à son père Pierre Mauclerc. Henri III s'y refuse énergiquement, le 10 novembre. La paix étant intervenue, deux ans plus tard, Jean 1er réussit en 1245 à conclure le mariage de son fils aîné, Jean le futur Jean II), avec Béatrice, fille d'Henri III. Ce dernier, le 17 juin, accorde à son futur gendre une rente de 2.000 marcs (dont 1.200 marcs au sujet seulement des possessions du Yorkshire) pour compenser la privation de jouissance de l' « honneur », toujours entre les mains de Pierre de Savoie, auquel on ne peut l'enlever. D'autre part, tous les biens appartenant à des Français, à des Normands ou à des Bretons en Angleterre venaient d'être confisqués, en réponse à une ordonnance analogue de Louis IX pour les Anglais sur le continent. Pierre de Savoie, en dehors du « comté » de Richmond, dont il ne porte, cependant, jamais le titre, possède l' « honneur » d' « Aquila » dans le Sussex et diverses terres en Essex ou ça et là dans le reste de l'Angleterre. A diverses reprises, Henri III augmente ses domaines, en lui faisant don, par exemple, au mois de novembre 1247, du manoir d'Aldeburg. Il lui octroie des privilèges et libertés, dont, du reste, ont joui souvent les ducs de Bretagne. En 1259, aussitôt après la signature du traité de Paris entre Henri III et Louis IX, la question de l' « honneur » de Richmond reprend de l'intérêt pour Jean le Roux. Des négociations qui se sont poursuivies, il résulte, le 15 décembre, que si le jeune Jean, fils du duc, ne reçoit pas de Louis IX l'Agenais ou sa valeur, un an après la réalisation effective du mariage projeté, Henri III s'engage à lui faire toucher la valeur du « comté » de Richmond. L'Agenais donne lieu à des difficultés, que reflète une abondante correspondance anglo-franco-bretonne contemporaine et un peu postérieure. Le 17 juin 1260, le roi d'Angleterre assigne à Jean 2.000 marcs sur l'Echiquier, en échange des terres de Richmond. Cette somme est plus ou moins régulièrement payée, pendant que Pierre de Savoie se voit gratifier, le 3 juin 1262, du château d'Haslings dans le Sussex, que lui remet Edouard, fils aîné d'Henri III, et est autorisé à léguer ses terres à qui il voudra. Enfin, en juin 1266, Henri III concède à Jean Ier le Roux (pour son fls Jean, l' : « honneur » de Richmond. En compensation, Pierre de Savoie obtient des châteaux et des terres ailleurs. Il meurt peu après, léguant ses biens à la reine Eléonore. Le 7 juillet 1268, l' « honneur » est effectivement rendu, à titre héréditaire, à Jean le Roux, qui le cède immédiatement à son fils, le futur Jean II (en réalité Jean Ier de Richmond). lequel doit prêter hommage à Henri III. Jean, qui a passé son enfance en Angleterre auprès de son futur beau-père, restitue à celui-ci l'Agenais, dont les arrérages vont à la reine Eléonore, héritière de Pierre de Savoie. Après 32 années de dépossession, soit en la « main » d'Henri III, soit au profit de Pierre de Savoie, le « comté » de Richmond rentre dans le domaine des ducs de Rretagne pour près d'une quarantaine d'années. Le 20 novembre 1268 également, le roi attribue à Jean le château et la rape d'Hastings, mais, en attendant de l'en faire jouir, il lui remet les revenus de 3 manors. L' « honneur » porte alors sur les terres sises dans le Yorkshire, le Lincolnshire, le Cambridgeshire, le Norfolk, le Suffolk, l'Hertfordshire, l'Huntimgdonshire, le Nottinghamshire et l'Essex. En 1269, pendant son séjour en Terre sainte à la Croisade, aux côtés de son père Jean le Roux et du roi Louis IX, Jean afferme son « comté », avec l'autorisation d'Henri III. En 1275, le comte institue six chapelains pour le service du château de Richrnond. En 1278, il obtient le droit d'établir une foire à Richmond et, en 1279, la permission de s'absenter cinq ans pour aller en Terre Sainte. A ce moment (1280), d'après une inquisitio post mortem, l' « honneur » vaut en tout 2.843 l. 1. s. l  3 .1/2. Jean a déjà gratifié largement l'abbaye de Jorevall. Six ans plus tard, en 1285, à la. mort de son père Jean le Roux, il devient comte de Bretagne sous le nom de Jean II. La même année, pour non exécution de devoirs judiciaires, il se fait confisquer pendant peu de temps quelques terres en Essex. A partir de ce moment, ayant constamment affaire en Bretagne et ne pouvant par conséquent passer la Manche pour s'occuper directement du « comté » de Richmond, il a recours souvent à des « attournés » autorisés par le roi, qui lui accorde aussi des « protections ». La guerre entre la France et l'Angleterre provoque, en 1291, la mainmise d'Edouard Ier sur I' « honneur » jusqu'en avril 1298. Durant ce laps de temps, le roi ordonne, en 1297, de réparer et de fortifier le château de Richmond. En avril 1298, le « comté » retourne à Jean II qui, l'année précédente, a été créé pair de France par Philippe le Bel, devenant ainsi officiellement duc de Bretagne au regard de tous. Mis en « main » du roi d'Angleterre, en mai 1303, l' « honneur » est restitué en mai 1304, à Jean II, souvent envoyé en ambassade par Philippe le Bel au cours de la guerre qui vient de se clore provisoirement. Jean II, libéral pour ses fidèles anglais et bienfaiteurs des Franciscains de Londres, meurt peu après, en 1305. Durant son règne en Bretagne, il paraît avoir été fort ménagé par son beau-frère Edouard. Ier. qui lui a accordé entre autres des remises pécuniaires de common summons, de défaut d'ost, lui a attribué des droits divers et a accueilli avec bienveillance ses doléances, en procédant notamment au retour de parcelles détachées de l' « honneur », comme cela avait déjà eu lieu auparavant, à la suite de concessions fragmentaires à divers personnages.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:11

Pierre Mauclerc, comte intermittent de Richmond (1217-1235).

 


 

Le 2 octobre 1217, à la suite de la paix intervenue entre l'Angleterre et la France, Pierre Mauclerc obtient du nouveau roi anglais, Henri III, le fief qu'il tient « de sa femme » à Cheshunt (Cestrehunt) dans l'Essex. Le reste de l' « honneur » dans le Lincolnshire, le Cambridgeshire, le Norfolk et le Suffolk est immédiatement attribué à Ranulph, comte de Chester. Comme l'a fort bien noté M. Jacques Levron, un premier jalon était posé, qui préparait l'avenir et ne rendait pas vain le titre de comte de Richmond, dont s'est déjà paré Pierre Mauclerc depuis 1213. Mais cette restitution d'une parcelle de l' « honneur » marque le début de la politique d'Henri III qui laissera rarement jouir Mauclerc de tout le « comté » et en distraira toujours des parcelles plus ou moins importantes au profit de diverses personnes. L'exemple de Ranulph de Chester est là pour le montrer. Etant donné que ces mutations très nombreuses dépassent le cadre de notre étude sommaire, nous nous bornerons à indiquer les changements essentiels. Ainsi, en 1218, l' « honneur » se trouve divisé en deux tronçons : l'un, celui au sud de l'Humber, appartient à Pierre Mauclerc, l'autre, au nord, autrement dit dans le Yorkshire, est la possession de Ranulph de Chester. Au mois de mai, Mauclerc renonce à certaines terres du « comté ». En 1223, les biens de Mauclerc sont confisqués fort peu de temps par Henri III, pour n'avoir pas effectué de service militaire dans le pays de Galles, et, de nouveau, en novembre 1224, pour avoir pris les armes en faveur de la France contre l'Angleterre en Poitou. Mais cette éclipse est passagère, car Pierre, mu certainement par le désir de recouvrer ses terres du « comté » de Richmond, s'allie bientôt aux Anglais. Aussi, en avril 1225, Henri III rend-t-il à Mauclerc les terres en question, puis, le 5 mai suivant, y ajoute-t-il les possessions de l' « honneur » situées dans le Lincolnshire, le Cambridgeshire, l'Hertfordshire, le Norfolk et le Suffolk, en conservant dans sa main la ville de Richmond et quelques terres, qui seules manquent pour que l' « honneur » appartienne en entier au duc de Bretagne. Il est alors question de marier Yolande, la fille de ce dernier, à Henri III lui-même. Voilà d'où provient la générosité royale envers Mauclerc, dont Henri entend se faire un solide allié. Or la fortune tourne rapidement. En mai 1227, c'est au tour de Ranulph de Chester de recevoir pour ainsi dire tout le « comté » de Richmond, tandis que Cheshunt est attribué, presqu'aussitôt à un évoque, parce que Yolande a été fiancée au frère de Louis IX. Pierre Mauclerc se trouve donc maintenant dépouillé de son « honneur ». En 1228, certaines terres, sinon la totalité, sont en la « main » du roi. Le 25 octobre 1229, les possessions du Norfolk, du Suffolk, de l'Essex, de l'Hertfordshire, du Lincolnshire, du Cambridgeshire et de l'Huntingdon sont rendues encore une fois, mais en théorie seulement, à Mauclerc. Les événements diplomatiques ont évolué avec une telle rapidité depuis que Pierre Mauclerc est venu a Southampton et, le 28 octobre 1229, a prêté hommage à Henri III, que le 21 mai 1230, se trouvant à Nantes même, le roi d'Angleterre ordonne à Ranulph, resté sans doute provisoirement détenteur, de restituer à Mauclerc l' « honneur » de Richmond. Le mois suivant, l'ordre paraît complètement exécuté. Pierre n'a pas hésité à trahir le roi de France pour recouvrer son « comté » et, à cause de cela, en juin 1230, il va être juridiquement déchu de son bail de Bretagne, ce. dont il ne sera pas outre mesure ému. Pendant plusieurs années, il jouit assez tranquillement de ses possessions anglaises. On le voit, en 1232 et 1233 notamment, recevoir d'Henri III sept terres destinées à agrandir ces domaines. Un revirement rapide se produit encore. A partir de 1235, Mauclerc sera privé définitivement de son « honneur ». Une nouvelle période de l'histoire de ce dernier commence

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 06:47

L' « honneur » de Richmond aux mains des rois d'Angleterre (1171-1217).


 

Après la mort de Conan IV, Henri II Plantegenêt, qui s'estime gardien seigneurial de la Bretagne au nom de son fils Geoffroi, fiancé à l'héritière Constance, applique le même principe de droit normand à l' « honneur » de Richmond et le conserve donc en sa « main ». On trouve des traces de cette situation jusqu'en 1183, c'est-à-dire jusqu'après la réalisation effective du mariage de Geoffroi avec Constance, survenue vers juillet 1181. Pendant qu'il administre l' « honneur », Plantegenêt achève le donjon du château de Richmond, en 1172, puis, poursuit la construction du château et de bâtiments : en 1175 notamment et, semble-t-il, ensuite, il fait édifier la façade sud des remparts ou front sur la Swale, la porte d'entrée située à côté du donjon, les murs du « cockpit » et un bâtiment faisant actuellement corps avec Scolland's hall, qui est postérieur. En 1174, le château sert de prison au roi d'Ecosse, Guillaume le Lion. Tous les ans, de 1171 à 1183, d'après les Pipe rolls, les comptes de l' « honneur du comte Conan » ainsi qu'on l'appelle, sont régulièrement rendus à l'Echiquier. A partir de 1183, si on ne trouve pas trace de Geoffroi II devenu effectivement comte de Bretagne on 1181, du moins rencontre-t-on plusieurs actes mentionnant sa femme Constance à propos de l' « honneur » de Richmond dont elle est, la légitime héritière. Geoffroi II ne paraît pas avoir été considéré comme comte de Richmond au droit de son épouse, contrairement à ce qui se passe pour la Bretagne. Constance administre sans doute directement le « comté » de Richmond. En 1183, elle donne des villas aux religieux de Quiniperlé. Vers 1183-84, le scrvitium debitum est représenté par 63 fiefs de veteri feulant ento et la valeur de 5 fiefs 1/2 de novo jeoffamento, soit en tout 08 fiefs et demi. Après la mort de Geoffroi II en 1186, pendant quelque temps Constance continue à exercer seule ses droits, en rendant chaque année des compte duc Arthur Ier, à Ranulph Blundevill, comte de Chester, auquel il donne, au moins théoriquement, l'administration de la Bretagne et celle de l' « honneur » de Richmond. Aussi Ranulph s'intitule-t-il duc de Bretagne, comte de Chester et de Richmond. Son pouvoir, en ce qui concerne ce dernier « comté », est probablement nominal, car l'Echiquier ne connaît alors que la « comtesse de Bretagne », parfois citée sous son véritable nom de Constance. Vers cette époque, le nombre des fiefs qui doivent la garde au château de Richmond s'élève à 60 et quelques fractions, le tout représentant une somme mensuelle de 20 l. 6 s. 3 d. 1/4 ob. ou un total annuel de 242 l. environ. En dépit des affirmations de Gale, la mort d'Henri II Plantegenêt en 1189, suivie de l'avènement effectif de Richard Coeur de Lion, à sa rentrée d'Autriche en 1194, ne provoque pas le retour de l' « honneur » en la « main » du roi d'Angleterre qui, s'il enlève en théorie le « comté » à Ranulph de Chester, à la suite des dissentiments violents (lisez : divorce) survenus entre celui-ci et la duchesse Constance, semble bien avoir laissé à cette dernière l'administration de l' « honneur ».  Ci-dessous armoiries de quelques uns des possesseurs de l' « honneur » de Richmond : à gauche, celles de Arthur de Bretagne, au centre, celles de Ranulph de Chester et à droite celles de Pierre de Dreux. 

 

 

Constance continue, en effet, comme par le passé à figurer dans les Pipe rolls pour ses comptes. Son fils Arthur ayant été proclamé duc de Bretagne et les Bretons résistant aux prétentions de Richard Coeur de Lion, elle est faite prisonnière en Bretagne par le roi, en 1196, et libérée en 1197. Ces incidents, pas plus que son remariage en 1197 avec Guy de Thouars, ne dépouillent, croyons-nous, Constance de son « honneur ». Elle ne cesse de rendre des comptes à l'Echiquier jusqu'à Noël 1197 au moins. Son fils Arthur 1er, duc de Bretagne, commence à administrer lui-même son duché. Il demeure absolument étranger à l' « honneur » de Richmond. En 1198-99, Richard Coeur de Lion crée un archidiaconé à Richmond, ce qui permet de déduire qu'à partir de cette date approximativement le roi garde l' « honneur » pour lui. Contrairement à l'opinion de Gale, il n'en aurait donc pas joui pendant tout son règne. Quoi qu'il en soit, en mourant (1199) il lègue le « comté » de Richmond à son frère Jean sans Terre. Celui-ci conserve I' « honneur » en sa possession, ainsi que le prouvent la reddition de comptes par des gardiens au roi, en 1200 et 1201, la garde du château de Richmond confiée par Jean sans Terre à Alain, fils de Roald, en 1201, etc. Ranulph de Chester a renoncé définitivement au titre ducal de Bretagne en même temps qu'au titre de comte de Richmond. Constance vient alors de mourir, Arthur 1er, duc de Bretagne, lutte contre son oncle Jean sans Terre, qui le fera périr en 1203, sans lui avoir, bien entendu, restitué le « comté » de Richmond, lequel lui revenait par droit héréditaire. Il a dû se contenter de la satisfaction platonique de porter le titre de comte de Richmond dans ses actes diplomatiques. Si étrange que cela puisse paraître, Gui de Thouars, régent de la Bretagne à la suite de la mort d'Arthur Ier, mais par ailleurs « fidèle » de Jean sans Terre dès 1202, paie en 1203 un droit annuel pour l' « honneur » de Richmond. Gui, par conséquent, en est alors le titulaire. Sa situation en Bretagne ne lui permettra pas de le demeurer longtemps. En 1204, parce qu'il a porté les armes contre Jean sans Terre, il se voit retirer l' « honneur », qui est donné à Robert de Beaumont, comte de Leicester. Toutefois, le château de Richmond semble rester à la couronne. Robert étant mort aussitôt, le « comté » revient en la « main » du roi qui, en janvier, a donné aux habitants de Boston (St Botulph) le droit d'élire un bailli. L'année suivante, en 1205, Jean sans Terre attribue le Richmondshire à Ranulph, comte de Chester, en conservant, pense-t-on, les « extenta » du comté de Richmond. C'est ce qui explique sans doute que, en 1206-1207, le roi confère à Hugue Nevill le commandement du château de. Richmond. Et il est plus que probable que Ranulph ne jouit pas très longtemps du don royal. En tous cas, on constate que, en 1212 et 1213, il est toujours question de l' « honneur de Bretagne » a recouvré complètement la possession du « comté » de Richmond. A ce moment, le Liber Feudorum ou Testa de Nevill nous renseigne minutieusement sur la consistance exacte de « l' honneur ». Sans entrer dans les détails, on s'aperçoit, en comparant la composition du « comté » d'après le Domesday book avec la composition d'alors, que l' « honneur » de Richmond a subi des modifications notables. Il est permis de croire, malgré le silence du Liber Feudorum sur cette région, qu'aucun changement important n'est survenu dans le North Riding du Yorkshire. Les possessions du Lincolnshire sont soigneusement réparties dans les différentes parts du shire : Lindsey, Kesteven, Holland et ne paraissent guère avoir varié. Il n'en est pas de môme pour le Norfolk et le Suffolk, où plusieurs manors et de très nombreuses terres semblent avoir irrémédiablement cessé d'appartenir ; l' « honneur ». Les domaines de l'Essex et du Dorset ont complètement disparu. Si les possessions de l'Hertfordshire, du Nottinghamshire, du Northamptonshire et de l'Hampshire ne présentent pas de changement, dans le Cambridgeshire l' « honneur » a perdu l'important manor de Swavesey et quelques autres terres. Par contre, autant qu'on en puisse juger par un examen superficiel, le « comté » de Richmond ne s'est pas encore enrichi dans d'autres shires. Après avoir administré la Bretagne sous l'influence plus ou moins directe du roi de France, en janvier 1213, Gui de Thouars cède la place au français Pierre Mauclerc, que Philippe-Auguste vient de mettre à la tête du duché au moyen du mariage de Pierre avec Alice, héritière de la Bretagne en tantque fille de Constance et de Gui de Thouars. L'avènement du prince français, qui est obligé de combattre aussitôt les Anglais, n'est nullement fait pour modifier l'attitude de Jean sans Terre au regard de l' « honneur de Richmond. Aussi le roi d'Angleterre persiste-t-il à détenir le « comté » jusqu'à sa mort en octobre 1216. Cependant, le 12 août 1215, Jean sans Terre, obligé de se défendre contre ses barons révoltés, sollicite Pierre Mauclerc de venir à son secours moyennant la promesse d'obtenir l' « honneur » après avoir prêté l'hommage. En octobre 1216, le prince Louis de France, placé à la tète d'une expédition, -dont fait partie Mauclerc, - contre le roi d'Angleterre, concède fictivement au duc de Bretagne « toutes les terres qu'il devait tenir en Angleterre du chef de sa femme », c'est-à-dire, l' « honneur » de Richmond, encore aux mains de Jean sans Terre, qui, pour éviter de ses ennemis ne s'emparent du château de Richmond, a ordonné, mais vainement, de le détruire. Les actes successifs de Jean sans Terre et du prince Louis marquent un grand pas vers le retour du « comté » aux ducs de Bretagne. Dès 1217, un commencement d'exécution va se produire au bénéfice de Pierre Mauclerc, dont nous allons suivre maintenant les vicissitudes en qualité de comte de Richmond.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 12:32

L'entrée de l' « honneur » de Richmond dans le domaine des comtes de Bretagne (1148-1171).


 


 

Moins de deux ans après la mort d'Alain III le Noir, le « duc » de Bretagne Conan III meurt en 1148, laissant pour héritière légitime sa fille Berthe. Par suite des règles en usage, Eudes II, mari de Berthe, devient également administrateur de la Bretagne. Ainsi se trouvent réunis dans la même main le gouvernement de la Bretagne et celui du « comté » de Richmond. Désormais, pendant 250 ans exactement, exception faite de multiples et plus ou moins longues séparations, l'« honneur » constituera une partie intégrante du domaine des comtes de Bretagne. Outre l'importance territoriale et matérielle de l'événement de 1148, il convient de souligner son intérêt politique et diplomatique. Détenteurs de domaines en Angleterre, les comtes bretons, voisins immédiats de la France, ne pourront s'empêcher, quelles que soient les nécessités de leurs relations internationales, d'avoir un regard fixé sur leurs terres anglaises et de manoeuvrer, en conséquence, pour les conserver ou les recouvrer. Eudes de Porhoët et sa femme Berthe, ne tardent pas à rencontrer en Bretagne même des résistances sérieuses de la part d'Hoël de Nantes, fils désavoué de Conan III, et du jeune Conan (le futur Conan IV). Ce dernier, vaincu en 1154 doit se réfugier dans « son » « honneur » de Richmond, dont il devient alors réellement comte. Il ne quitte le « comté » que l'année suivante, en 1155, pour revenir en Bretagne avec l'aide du roi d'Angleterre, Henri II Plantegenêt, cousin germain de sa mère, et pour se faire proclamer « duc » sous le nom de Conan IV. Pusillanime en Bretagne, par tempérament et, sans doute, par crainte de perdre son « honneur » de Richmond, qui représente plus d'un millier de livres de revenus, Conan IV cède toujours sans résistance à son protecteur Henri II, en raison de la situation du « duc ». Ayant consenti, en 1160, aux fiançailles forcées de Constance, sa fille âgée de 5 ans, avec Geoffroi, troisième fils du Plantegenêt, il est obligé d'abdiquer en Bretagne, ne conservant que Guingamp et, bien entendu, le « comté » de Richmond. Il y marque son administration par la mise en d'un haut donjon à l'entrée du château de Richmond, au bord de la Swale. Ce donjon, bel édifice normand, encore debout de nos jours et l'un des plus magnifiques spécimens du genre, est situé sur un petit plateau quasi-imprenable du côté des Scots, niais communiquant facilement avec le reste de l'Angleterre -château de Richmond, ci-dessous

 

 

. D'autre part, Conan IV dispense des dons et des faveurs à l'abbaye de Fors, qu'il a transférée à Joreyall, aux abbayes de St Mary d'York, de Kirkestede dans le Lincolnshire, de Dennian dans le Cambridgeshire, de St Martin près de Richmond, de N.-D. de Warwick. Il a fondé le monastère de Rowney dans le Hertford, etc. D'après les renseignements postérieurs, le « comté » ne semble pas avoir subi de modifications sensibles dans sa consistance par rapport au Domesday book. La ville de Boston (St Botulph) existe déjà et dépasse peut-être au point de vue économique la ville bourgeoise de Richmond. La mort de Conan IV, le 23 janvier 1171, marque une nouvelle période dans l'histoire de l' « honneur », en faisant passer ce dernier aux mains du roi d'Angleterre.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 14:19

 

 

Lorsque l'on prononce le mot de « Richemont » devant des personnes un peu averties, immédiatement celles-ci songent au brillant connétable de la guerre de Cent ans, Arthur de Richemont, qui a illustré le nom, et l'a, en quelque sorte, rendu familier aux oreilles. Mais, si poussant plus avant, on se hasarde à demander ce que représente exactement le nom de « Richemont » ou Richmond, on peut être assuré, dans la plupart des cas, que l'interlocuteur reste muet, avouant ainsi son ignorance. Bien peu de gens, en effet, excepté toutefois en Bretagne, savent que jadis les ducs bretons ont possédé on Angleterre, principalement dans le Yorkshire, des terres assez étendues, appelées improprement « comté de Richemont ». Quant à essayer de faire préciser l'époque pendant laquelle a existé ce « comté » et les grands traits de son histoire, on ne saurait y songer, quelques tares spécialistes des institutions anglaises ou de l'histoire bretonne mis à part. Cette ignorance est d'autant plus extraordinaire que le « comté » ou plutôt, selon l'expression anglaise classique, « l'honneur » de Richmond a joué un rôle de tout premier ordre dans les relations entre la Bretagne et l'Angleterre et, par voie de conséquence, dans les rapports de la Bretagne avec la France. D'un autre côté, les documents anglais du XIe au XVe siècle mentionnent très fréquemment « honneur » de Richmond. A notre connaissance, aucun historien français, pas même Arthur Lemoyne de la Borderie, malgré quelques efforts, n'a tenté de retracer brièvement la physiononiie exacte et l'histoire des vicissitudes du « comté » de Puchmond pendant tout le temps où celui-ci a appartenu aux ducs de Bretagne. Aussi, pour combler dans une certaine mesure celte lacune importante, nous proposons-nous de donner aux cours des pages qui vont suivre, un bref aperçu de l'histoire de l' « honneur », du XIe à la fin du XIVe siècle, période pendant laquelle les ducs de Bretagne ont été étroitement mêlés à sa vie. Nous étudierons à la fois, dans l'ordre chronologique, les « comtes » de Richmond, l'étendue et la consistance de leurs possessions, à chaque époque, et les principales institutions connues du comté, de manière à brosser à grands traits un tableau aussi exact que possible. Avant, de passer successivement en revue les différentes périodes de cette histoire, il nous faut expliquer ce qu'est un « honneur » anglais. Celui-ci peut être défini : un ensemble de terres rarement groupées, mais la plupart du temps très dispersées dans plusieurs « shires » ou comtés administratifs et réunies sous la seigneurie d'un seul personnage qui en a été gratifié par le roi d'une manière essentiellement révocable. Ce personnage prend le nom de l' « honneur » avec le titre de comte. La dispersion des terres a pour but d'empêcher la formation en Angleterre de puissantes seigneuries. Le titulaire possède des prérogatives seigneuriales très variées, limitées, cependant, par les interventions multiples du roi ou de ses officiers qui agissent souvent par voie d'ordres impératifs, le roi restant le souverain maître et passant fréquemment par dessus la tête du seigneur. En un mot, le titulaire, juridiquement, est plutôt un détenteur qu'un possesseur, bien qu'il puisse faire des actes de disposition restreints sans l'approbation royale. Toutefois, dès qu'il s'agit de donations importantes, d'inféodations même qui ne touchent pas à la consistance matérielle de « l'honneur », le roi intervient pour donner l'autorisation. Tels sont les principaux traits caractéristiques des « honneurs » comme le « comté » de Richmond

 

 

 

Alain Le Roux de la Maison de Penthièvre
 

La création de l'« honneur » de Richmond et les premiers comtes bretons (1069/71-1148). Quand Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, entreprend, en 1066, la conquête de l'Angleterre, il est aidé dans son expédition par un certain nombre de Bretons. Parmi ceux-ci figurent cinq fils d'Eudes de Penthièvre, frère du duc de Bretagne Alain III : Alain le Roux, Alain le Noir, Etienne, Brient et Thibaud, tous cousins au 7e degré de Guillaume (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 2). En effet, leur grand-mère Havoise, femme du duc Geoffroi Ier de Bretagne, était la fille de Richard Ier de Normandie. A côté de ces parents du Conquérant, on note la présence du vicomte de Léon, de Robert de Vitré, de Raoul de Fougères, du fils du sire, de Dinan, du sire de Châteaugiron, de Raoul de Gaël, de .ludicaël de Lohéac, etc. Alain Ier le Roux, simple seigneur breton, occupe un poste militaire important : le commandement de l'arrière-garde normande à la bataille d'Hastings. Il semble avoir ensuite participé à d'autres opérations militaires des envahisseurs. En tous les cas, au cours du siège d'York par Guillaume le Conquérant, avant Noël 1069, contre les rebelles du Nord ou, au plus tard en 1071, sur les instances de la reine Maud, il reçoit des mains du roi l'« honneur » de Richmond, que le souverain crée pour protéger le Yorkshire contre les attaques des Ecossais dans le nord, le long des anciennes routes septentrionales passant par Durham et venant de Carlisle par le Westrnorland et Brough-under-Stainmoor. L' « honneur » se compose d'abord des terres prises sur Edwin, rebelle réfugié en Ecosse. Ces terres sont situées dans le North Riding du Yorkshire. Ensuite, en 1075, les nombreux inanors d'Edwin ou d'Algar, pore de ce dernier, devenus le domaine du comte Ralph the Staller (le Maréchal) confisqué en raison de la forfaiture de celui-ci, et situés dans les comtés de Lincoln, de Norfolk et de Suffolk, viennent augmenter le noyau initial du North Riding. A l'époque du Domesday book. c'est-à-dire vers 1086, l' « honneur » de Richmond (Richemont) porte sur onze comtés anglais et constitue le plus grand « honneur » d'Angleterre après celui du comte de Mortain, le demi-frère du Conquérant. L'ensemble comprend, selon nos calculs :


 

63 hundreds et 21 wapentakes. 46 églises 1/2.

606 localités distinctes. 94 localités avec forêt.

226 manors. 69 moulins.

45 berevicks. 8 pêcheries.

127 sokes. 14 salines 1/2.

1 villa.

 

Hundreds : Division principale à l'intérieur de chaque comté administratif, sauf, en ce qui concerne l' « honneur », dans le Yorkshire et le Lincolnshire.

Wapentakes : Division principale à l'intérieur du Yorkshire et du Lincolnshirc analogue aux hundreds des autres shires.

Berevicks : Village, détaché du manor, où probablement le seigneur a quelques terres et quelques fermes, une grange ou un objet semblable, mais où il n'a pas de maison

Sokes : Lieux, où le seigneur a la justice ou des droits de justice, par opposition aux lieux, où il n'a pas de maison


 

le tout représentant une valeur globale variant de 1.011 livres 7 sols 5 deniers à 1.354 livres 19 sols 4 deniers. Dans le Yorkshire qui, à lui seul, constitue 16 % environ de la valeur pécuniaire et plus de 35 % de l'étendue territoriale du « comté », se trouve le centre politique et géographique, occupant complètement et sans aucune enclave à peu près la moitié ouest du North Riding. Ce groupe très compact et très vaste est composé presque uniquement de manors. Au nord et au sud d'York qu'ils enserrent, existent deux groupes secondaires de manors, dont l'un dans l'East Riding. Toutes ces possessions ont beaucoup souffert pendant les diverses révoltes, qui suivirent la conquête. Elles sont dévastées. Le Domesday book les répartit en deux portions : la châtellenie de Richmond et les terres situées hors de la châtellenie.  Presque toutes les terres du Lincolnshire (21 % de la valeur de l'« honneur ») sont situées à la périphérie. On en rencontre dans le Lindsey, où elles forment un groupe important flanqué de deux ou trois groupes secondaires et de quelques parcelles, le long de la mer. Dans le Kesteven, il n'existe que trois groupes secondaires et quatre localités isolées. Enfin, dans le Holland, s'étend une longue bande parallèle à la côte, accompagnée d'un groupe secondaire au sud-est. Par contre, les possessions du Norfolk, soit 11 % de la valeur du « comté », sont éparpillées en une trentaine de tronçons, le plus souvent poussière de terres isolées un peu partout, si on excepte trois tronçons principaux : deux au centre et un en bordure de la mer. Le Suffolk, qui représente 13% de la valeur, comprend deux ilôts principaux de manors et de terres, l'un englobant Ipswich, l'autre au nord-est; quatre autres ilôts plus petits, vers l'est, et cinq localités isolées, le tout, sauf une de ces dernières, dans l'East Riding du Suffolk. En Cambridgeshire (26 %) les possessions forment une sorte de vaste demi-cercle ou plulnt un grand autour de Cambridge, d'une manière continue, avec plusieurs ilôts solitaires. Elles ont fait partie jadis du douaire de la reine Edith. Dans le Hertford (4 %), l'Essex (2 %), le Nottinghamshire (l %) se trouvent quelques terres absolument isolées. Quant au Dorset (moins de 2 %), au Hampshire (1 %) et au Northamptonshire (nul), il s'agit d'un unique petit ilôt. La localité de Richmond n'existe pas encore. Le manor de Neutone en occupe l'emplacement. Le centre de l' « honneur » ost Gilling, qui, de 205 1. T. R. F. (au temps du roi Edouard le Confesseur) est tombé à 44. l. 10 s. Les futures villes de Swafham, Cheshunt ne sont que de simples manors. On ignore à peu près complètement quelle est l'administration du « comté », excepté en ce qui concerne les 127 sokes déjà mentionnés et, d'après Round 12, les 50 chevaliers existant dans le Yorkshire, sans compter les chevaliers plus nombreux dans le reste de l' « honneur ». L'examen des diverses sortes de tenanciers et d'habitants ainsi que des redevances ou droits nous obligerait à entrer dans des détails qui dépassent le cadre de notre étude. Aussi avons-nous jugé préférable d'y renoncer. Toutefois, selon les rolls des sheriffs 13, le danegeld, ordinairement de 2 s. par hide ou carucate, est plus élevé dans le Yorkshire. Alain Ier le Roux, que les historiens anciens ont souvent confondu avec le duc de Bretagne Alain Pergent, en faisant épouser au premier Constance, fille de Guillaume l Conquérant et en réalité femme d'Alain Pergent, vit pour ainsi dire exclusivement en Angleterre avec ses frères et les principaux des siens, attestant très fréquemment de sa souscription de nombreux actes royaux. Il apparaît comme le comte de l'Angleterre orientale, en jouant un grand rôle à la cour du roi, notamment comme intendant de l'armée anglaise dans le Maine, vers 1083-1086, et dans les débats du procès fait à l'évêque de Durham, Guillaume de St Calais, en 1088, etc. Il donne des biens aux monastères de Swavesey, de St Edmund, de Whitby et fonde le monastère de St Mary d'York. Il meurt sans enfant, en 1089, d'après les Margani annales et aurait été enterré à St Edmund. Mais, contrairement aux affirmations de W. Page, on n'est nullement certain qu'Alain ait construit immédiatement un château au centre de son « honneur ». A Alain le Roux succède son frère Alain II le Noir. On sait peu de chose de ce personnage, sinon qu'il réside constamment en Angleterre. Son nom figure au bas d'une charte de donation à l'abbaye d'Akar et, selon une vieille chronique de St Edrnund, il décède sans enfant, en 1093. Son corps repose également à l'abbaye de St Edmund. Etienne, frère d'Alain le Roux et d'Alain le .Noir, mais, semble-t-il, plus jeune que ceux-ci, hérite en 1093 de l' « honneur » de Richmond. A la différence de ses deux prédécesseurs, il passe presque toute sa vie en Bretagne, car il est comte de Tréguier depuis 1079 et de Penthièvre depuis 1093. Cependant, il comble de nombreux dons les monastères de St Edmund, de Swinshed, de Swavesey, de N.-D. de Warwick et surtout de St Mary d'York, dont il est le deuxième fondateur. Vers le 20 avril 1137, date de sa mort à l'âge de plus de 90 ans, il est enterré à Begar en Bretagne, tandis que son coeur repose à St Mary d'York. Trois fils et une fille lui survivent. Son fils aîné et successeur, Alain III le Noir, qui, du vivant de son père, a épousé Berlhe, fille du duc de Bretagne Conan III le Gros, a passé son enfance en Angleterre. Partisan fidèle du roi Etienne d'Angleterre, il reçoit de celui-ci le soin d'administrer le comté de Cornwall en plus de l' « honneur » de Richmond, qu'il détient à titre héréditaire. Peu après avoir réussi à échapper au désastre essuyé par le roi Etienne à Lincoln, il est capturé par ruse, au cours d'une conversation, par Ranulph, comte de Chester. Pour obtenir sa liberté, il est obligé d'abandonner à son ravisseur le comté de Cornwall. Pendant sa captivité, un moine de Savigny en Normandie lui a prodigué des soins. En récompense, Alain donne Englebi à l'abbaye de Savigny, tout en gratifiant largement le monastère de Fors situé dans la région de Richmond. Ces derniers dons le font passer pour le second fondateur du monastère. Avec munificence, il multiplie également les privilèges, en accordant notamment aux bourgeois de Richmond. De retour en Angleterre, en 1145, il meurt bientôt en 1146, en Bretagne, où il est inhumé au monastère de Bégar, non sans laisser trois enfants, tous en bas âge, et un fort mauvais souvenir en Angleterre. Le jeune Conan, son fils, ne se trouvant pas dans un état physique suffisant pour assurer les services de fief, l'administration du « comté » de Richmond paraît avoir passé à sa mère, Berlhe, laquelle se remarie promptement à Eudes II, vicomte de Porhoët, qui devient ainsi le comte effectif de Richmond. Un concours de circonstances va faire entrer presqu'immédiatement l' « honneur » dans le domaine des comtes de Bretagne.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 18:00

 

 

Selon la tradition, saint Clair, l'apôtre des Nannètes, aurait jeté les premières semences de foi chrétienne sur le sol des Rhedons. Toutefois, la fondation de l'évêché de Rennes ne remonte pas aussi haut que celle du diocèse de Nantes. Le premier des évêques rennois dont l'existence soit attestée par l'histoire est Febediolus qui souscrivit, par procuration, au concile de Fréjus vers 439. Viennent ensuite Athenius qui assista aux conciles de Tours et de Vannes, en 461 et 465 ; saint Amand, dont Rennes possède les reliques, mais ignore absolument les actes; et enfin saint Melaine, le conseiller du roi Clovis, le prélat le plus influent au concile d'Orléans, en 511, auquel revient le double honneur d'avoir effacé, dans son diocèse, les dernières traces de l'idolâtrie et d'avoir converti au christianisme les habitants encore païens d'une grande partie de la Vénétie. Ci-dessous, la cathédrale de Rennes

 

 

L'ancien évêché de Rennes était circonscrit dans les limites que voici : au nord, il avait les mêmes bornes que le département actuel d'Ille-et-Vilaine, jusqu'auprès de Pleine-Fougères. De ce point la ligne de délimitation suivait un petit affluent du Couesnon, qui coule au sud de la paroisse; elle prenait, entre Trans et la Boussac, la direction du midi jusqu'à la forêt de Tanouart qu'elle laissait au nord; puis, descendant vers Hédé, elle venait rejoindre le Flusel, un affluent du Meu. Le cours de ces deux rivières dessinait la limite du diocèse jusqu'au confluent du Meu avec la Vilaine, sous Blossac: à partir de là, c'était la Vilaine qui bornait l'évêché, jusque vis-à-vis de Saint-Ganton et un peu au-dessus de Port-de-Roche. Ci-dessous, abbaye Notre-Dame-du-Nid-au-Merle à Saint-Sulpice-La-Forêt

 

 

De là, une ligne à peu près droite allait rejoindre la limite actuelle du département d'Ille-et-Vilaine, non loin de Saint-SuIpice-des-Landes. En avançant vers l'ouest, les bornes du département sont exactement celles de l'ancien diocèse, dont on a seulement détaché les trois paroisses de Fercé, Noyal-sur-Bruz et Villepôt, pour les réunir au département de la Loire-Inférieure. La délimitation orientale du département d'Ille-et-Vilaine, en remontant au nord jusqu'à Louvigné-du-Désert, reproduit exactement l'ancienne frontière du diocèse de Rennes, du côté de l'Anjou et du Maine. Il résulte donc de ce qu'on vient de lire que l'antique cité des Rhedons renfermait un territoire plus vaste que l'ancien diocèse de Rennes, et que celui-ci n'avait pas, à beaucoup près, l'étendue du diocèse constitué par le Concordat. En effet, à ce dernier l'on a ajouté non-seulement l'ancien évêché de Dol presque en entier, mais encore une bonne partie de l'évêché de Saint-Malo, c'est-à-dire les doyennés de Bécherel, de Montfort et des portions notables des doyennés de Guer et de Lohéac, sans compter le Poulet (Pou-Alet) et un certain nombre de paroisses du Poudouvre. Mais ce n'est pas tout : dans sa région méridionale, l'évêché de Rennes a conquis sur celui de Nantes la paroisse de Fougeray, et sur l'ancien diocèse de Vannes la portion de territoire située au nord du confluent de la Vilaine et de l'Oust. L'évêque de Rennes était, on s'en souvient, l'un des trois prélats de la péninsule armoricaine auxquels n'appartenait pas la seigneurie universelle de leur ville épiscopale. Voici quelle était l'étendue de son regaire, ou domaine temporel. Ce domaine se composait de deux membres: le regaire de Rennes et celui de Rannée. Le regaire de Rennes comprenait, outre le manoir épiscopal, quelques maisons dans la ville, le faubourg et un certain nombre de villages hors des barrières, les paroisses rurales de Saint-Grégoire, de la Chapelle-des-Fougerais, de Saint-Laurent, de Cesson, de Saint-Jacques-de-la-Lande, de Chartres, de Noyal-sur-Vilaine, de Chantelou, de Nouvoitou, de Bruz, et enfin de Poligné où l'évêque possédait un fief. Le regaire de Rannée se composait exclusivement des dépendances du manoir de ce nom et d'un certain nombre de maisons situées dans le bourg. La cour des regaires de l'évêque de Rennes était une haute justice comme toutes les juridictions séculières attachées aux évêchés bretons: les appels en ressortissaient directement au parlement de Bretagne. Hévin, dans ses questions féodales, fait observer que la justice temporelle des évêques était une éclipse de la souveraineté, et que c'est pour cela qu'on l'appelait régale. Indépendamment de tout ce qui a trait au droit de haute, moyenne et basse justice, attribué au regaire de Rennes, l'évêque possédait diverses prérogatives découlant de sa qualité de seigneur féodal. Il était, par exemple, seigneur châtelain de Bruz, de Rannée, de Saint-Jacques-de-Ia-Lande, et, à ce titre, fondateur des églises paroissiales de Bruz, de Saint-Jacques et de Rannée.  Ci-dessous, église de Rannée

 

 

L'évêque de Rennes avait un prévôt féodé, ou officier de police, chargé des exécutions de la justice des regaires. C'était à la seigneurie de Carcé, en la paroisse de Bruz, qu'était attaché cet office dont le titulaire était toujours de race noble. Avant de clore ce paragraphe, je dois rappeler une observation, déjà consignée plus haut, au sujet de la partie du doyenné de Bain située au midi du Samnon. Cette rivière, nous l'avons dit, marquait, avant le IXe siècle, la frontière méridionale de l'ancien diocèse de Rennes, car le pays nommé la Mée (Media) renfermait tout le territoire compris entre la Vilaine et l'Erdre, de l'ouest à l'est, entre la Loire et le Samnon, du sud au nord. Les paroisses du doyenné de Bain situées sur la rive gauche du Samnon dépendaient donc, à l'origine, de l'évêché de Nantes, dont la Mée, on s'en souvient, formait l'un des archidiaconés. Mais il est à présumer que l'annexion de ces paroisses à un autre diocèse s'accomplit pendant la période de guerre où les troupes des comtes et des évêques de Rennes et de Nantes en venaient si souvent aux mains dans les campagnes qu'arrosent le Samnon, le Cher, le Don et l'Isac, et qui formaient alors comme une sorte de territoire contesté. Quoi qu'il en puisse être, l'histoire atteste, du moins, que, dès le XIIe siècle, les paroisses de Pléchâtel, Messac, Bain, Saint-Sulpice, Ercé-en-la-Mée et Teillé, sa trêve, faisaient partie du diocèse de Rennes. Ci-dessous, Abbaye-de-Saint-Georges.

 

 

 

 

Subdivisions ecclésiastiques -Archidiaconés et doyennés du diocèse de Rennes.


 

On peut constater,à partir du XIIe siècle, la division du diocèse de Rennes en deux archidiaconés : l'archidiaconé de Rennes et l'archidiaconé du Désert. Le premier se composait de trois doyennés, plus tard réduits à deux par la réunion du doyenné de Vandel à celui de Fougères. Voici la primitive division de l'évêché, telle que la donne un ancien rentier du chapitre de Rennes, rédigé en 1450 :

I. Archidiaconatus Redonensis inter Aquas (archidiaconé de Rennes) :

1. Decanatus de Vitreyo (doyenné de Vitré);

2. Decanatus de Vandeloays (doyenné deVandelais);

3. Decanatus Filgeriarum (doyenné de Fougères). Ci-dessous, église, Saint-Exupère à Gahard (cliché Wikipedia)

 


 

Archidiaconatus de Deserto inter Aquas (archidiaconé du Désert) :

î. Decanatus de Albigneyo (doyenné d'Aubigné);

2. Decanatus Castrigironis (doyenné de Châteaugiron);

3. Decanatus de Bayno (doyenné de Bain);

4. Decanatus Guirchiae (doyenné de la Guerche). Ci-dessous, Moutiers, près de la Guerche de Bretagne.


 


 

Il résulte de ce tableau que chacun des archidiacres avait sous son inspection un certain nombre de doyennés ruraux. De l'archidiacre de Rennes relevaient les trois doyennés de Vitré, Vandel et Fougères; de l'archidiacre du Désert,les quatre doyennés d'Aubigné, de Bain, de Châteaugiron et de la Guerche. On trouve des archidiacres de Rennes mentionnés dans les actes de la première moitié du XIe siècle. Outre la juridiction sur les doyennés ruraux, chaque archidiacre avait une circonscription territoriale, qui formait son archidiaconé. Celui de Rennes renfermait vingt-trois paroisses. Borné au sud par le cours de la Vilaine, il s'étendait, vers le nord, jusqu'au Couesnon: d'où son titre « inter aquas.» Vingt-cinq paroisses étaient comprises dans l'archidiaconé du Désert, dont le territoire entourait la ville épiscopale non soumise à sa juridiction. Il occupait la portion occidentale du diocèse jusqu'aux limites de l'évêché de Saint-Malo. Ci-dessous, église Saint-Germain de Rennes. 

 

 

De même que l'archidiaconé de Rennes, celui du Désert avait des cours d'eau pour limites de plusieurs côtés : d'une part, la Meu, avec son affluent le Flusel ; d'autre part, la Seiche, qui, elle aussi, venait mêler ses eaux à celles de la Vilaine. Il est à croire que ces deux archidiaconés, l'un et l'autre bornés par des rivières (inter aquas), répondaient à d'anciennes subdivisions territoriales. Quelques mots maintenant sur les doyennés. Le doyenné de Vitré comprenait la portion occidentale du diocèse, sur les confins du Maine; borné au nord par le pays vendelais, il touchait, vers l'ouest, à l'archidiaconé de Rennes et au doyenné de Châteaugiron ; vers le sud, au doyenné de la Guerche. Il renfermait vingt-trois paroisses. Le doyenné de Fougères, auquel fut ajouté, vers le milieu du XVe siècle, le doyenné du Vendelais, était la subdivision la plus considérable du diocèse de Rennes, car il comptait soixante-trois paroisses. Avant la réunion des deux doyennés, c'est-à-dire dès le XIIe siècle, le Vendelais formait un doyenné distinct dont faisaient partie les vingt et une paroisses suivantes :

 

Vendel

Saint-Sauveur-des-Landes

Saint-Hilaire-des-Landes

Romagné

Javené

Chienne

Bille

Combourtillé

Parce

Luitre

Beaucé

Fleurigné

la Chapelle-Janson

Dompierre-du-Chemin

Princé

Châtillon-en-Vendelais

Montautour

Montreuil-des-Landes

Saint-Christophe-des-Bois

Izé

Mécé.

 

Ce pays, ce territoire vendelais, était, selon toute apparence, un pagus minor des temps anciens. Le Coglais et le Désert (qu'il faut se garder de confondre avec l'archidiaconé du même nom) formaient deux autres petits pagi dépendants aussi du doyenné de Fougères. Le Coglais occupait en grande partie le bassin de la Valaine (affluent du Couesnon), et possédait huit paroisses: Coglais, le Ferré, Montour, le Châtellier, Saint-Etienne-en-Coglais, Saint-Germain la- Celle et Saint-Brice-en-Coglais. Le Désert, placé à la pointe nord-est du diocèse, et qui, hors de ses limites, s'étendait aussi dans le Maine, comprenait les neuf paroisses suivantes : Louvigné, la Bazouge, le Loroux, Landean, Parigné, Villamée, Poilley, Mellé et Montault. Ces paroisses faisaient partie, au XIe siècle, de la Villicatio ou Viatura Lupiniaci. Le doyenné d'Aubigné, le plus petit ,de tous, renfermait dix paroisses : le doyenné de Châteaugiron, vingt et une; le doyenné de Bain, vingt; le doyenné de la Guerche, vingt-deux.On remarquera que les noms de presque tous ces doyennés, par exemple Vitré, Fougères, Aubigné, Châteaugiron, Bain, la Guerche, correspondent aux noms des principales seigneuries du comté de Rennes. Ci-dessous, église Notre-Dame de Vitré.  Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson


 

Diocèse de Rennes


 

Saint-Aubin

Saint-Etienne

Saint-Germain

Saint-Helier

Saint-Jean

Saint-Laurent

Saint-Martin

Saint-Pierre en Saint-Georges

Saint-Sauveur

Toussaints


 

Doyenné de Rennes

Acigné

Betton

La Bouëxière (prieuré-cure)

Broons

Cesson

Chasné (prieuré-cure)

Châteaubourg

Cornillé

Dourdain

Ercé-près-Gahard

Gahard

Gosné

Izé, Landavran, sa trève

Liffré

Livré

Mézières

Mouazé (prieuré-cure)

Saint-Aubin-du-Cormier

Saint-Jean-sur-Couesnon

Saint-Jean, Saint-Melaine, sa trève

Saint-Sulpice (prieuré-cure)

Servon

Thorigné


 

Doyenné de Vitré


 

Argentré

Balazé

Bréal (prieuré-cure)

Brielles

Champeaux

La Chapelle-Erbrée

Erbrée, Mondevert, sa trève

Etrelles

Marpiré

Montautour

Montreuil-sur-Pérouse

Le Pertre

Pocé

Saint-Aubin-des Landes

Saint-Didier

Saint-Germain-du-Pinel (prieuré-cure)

Saint-M'Hervé

Taillis

Torcé

Vergéal

Vitré-Notre-Dame

Vitré-Saint-Martin

Sainte-Croix


 

Doyenné de Fougères


 

Antrain

Baillé

Bazouge-du-Désert

Bazouge-la-Perouse (prieuré-cure)

Beaucé

Billé

La Chapelle-Janson

La Chapelle-Saint-Aubert

Le Châtellier

Châtillon-en-Vendelais

Chauvigné

Chesné

Combourtillé

Dompierre-du-Chemin

Le Ferré

Fleurigné (prieuré-cure)

Javené

Fougères-Notre-Dame de Rillé (prieuré-cure)

Fougères-Saint-Léonard

Fougères-Saint-Sulpice

Laignelet

Landéan (prieuré-cure)

Lécousse

Le Loroux

Louvigné-du-Désert

Luitré, La Selle-en-Luitré, sa trève

Marcillé-Raoul

Mecé

Mellé

Monthault

Montours (prieuré-cure)

Montreuil-des-Landes

Noyal-sous-Bazouges

Parcé

Parigné

Poilley

Princé

Romagné

Romazy (prieuré-cure)

Saint-Brice-en-Coglès

Saint-Christophe-de-Valains (prieuré-cure)

Saint-Christophe-des-Bois

Saint-Etienne-en-Coglès

Saint-Georges-de-Reintembault (prieuré-cure)

Sait-Hilaire-des-Landes

Saint-Jean-en-Coglès

Saint-Marc-Le-Blanc

Saint-Marc-sur-Couesnon

Saint-Ouen-des-Alleux (prieuré-cure)

Saint-Ouen-la-Rouërie

Saint-Sauveur-des-Landes

Selle-en-Coglès

Sens (prieuré-cure)

Sougéal

Le Tiercent

Trans

Tremblay

Vendel

Vieuxviel

Vieux-Vy

Villamée

 

 

 

 

 

 


 

Doyenné de la Guerche 

Arbrissel

Availles

Bais

La Celle-Guerchoise

Chelun

Coësmes

Domalain

Drouges

Eancé

Essé

Gennes

Martigné-Ferchaud

Moussé

Moutiers

Noyal-sur-Bruc

Rannée, La Guerche, sa trève

Retiers

Le Teil

Villepôt

Visseiche

 

Doyenné du Désert


 

Brecé

Bruz

Chartres

Châtillon-sur-Seiche

Chavagne

Cintré

Gévezé

L'Hermitage

Marcillé-Robert

Melesse

La Mézière

Moigné

Montgermont

Montreuil-le-Gast

Mordelles, La Chapelle-Thouarault, sa trève

Noyal-sur-Seiche

Noyal-sur-Vilaine

Parthenay

Le Rheu

Saint-Gilles

Saint-Grégoire, La Chapelle-es-Fougeretz, sa trève

Saint-Jacques-de-la-Lande

Vezin

Vignac

 

Doyenné de Bain

 

L'Alleu-Saint-Jouin

Bain

Bourgbarré

Bourg-des-Comptes

Brie

Chanteloup

Cornuz

La Couyère

Ercé-en-la-Mée

Laillé

Messac

Orgères

Pancé

Pléchâtel

Poligné

Saulnières, La Bosse, sa trève

Saint-Erblon

Saint-Sulpice-des-Landes

Le Sel

Thourie

Tresboeuf

 

 

Doyenné de Châteaugiron

 

Amanlis

Chancé

Chantepie

Châteaugiron

Chaumeré

Domloup

Domagné

Janzé : Saint-Martin

Saint-Pierre

Louvigné-de-Bais

Ossé

Nouvoitou

Piré, Le Bois-Trudan, sa trève

Saint-Armel-des-Boschaux

Saint-Aubin-du-Pavail

Sainte-Colombe

La Valette

Veneffles

Vern

 

Doyenné de Vendel

 

 

La Bazouge-du-Désert

Beaucé

Billé

La Chapelle-Janson  

La Chapelle-Saint-Aubert  

Châtillon-en-Vendelais

Chienné

Combourtillé

Dompierre-du-Chemin

Princé

Romagné

Saint-Christophe-des-Bois

Fleurigné

Javené

Lecousse

Luitré, La Celle-en-Luitré, sa trève

Mecé

Montreuil-des-Landes

Parcé

Saint-Sauveur-des-Landes

Vendel

 

Doyenné de Louvigné

 

Bazouge-du-Désert  

La Celle-en-Coglais 

Châtellier (Le)

Ferré (Le)

Landéan

Louvigné-du-Désert

Mellé

Montault

Parigné

Poilley

Saint-Brice-en-Coglais

Saint-Etienne-en-Coglais

Saint-Georges-de-Reintembault

Saint-Germain-en-Coglais

Saint-Jean-en-Coglais

Villamée

 

Doyenné d'Aubigné

 

 

Andouillé, Neuville, sa trève

Aubigné

Bazouges-sous-Hédé

Chevaigné

Feins

Guipel

Hédé

Montreuil-sur-Ille

Saint-Aubin-d'Aubigné

Saint-Germain-sur-Ille

Saint-Médard-sur-Ille

Saint-Symphorien

 
Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 18:22

 

Au diocèse de Nantes, entre tous ceux de la presqu'île armoricaine, appartient l'honneur d'une plus haute antiquité. Mais cette, antiquité, la doit-on faire remonter aux temps apostoliques, ou tout simplement à la dernière moitié du IIIe siècle ? La question, longtemps débattue par les maîtres de la critique historique, semblait, de nos jours, à peu près résolue, lorsque naguère un savant ouvrage de M. l'abbé Faillon est venu faire naître des doutes dans beaucoup d'esprits. Je n'ai point l'intention, on le pense bien, de disserter ici sur un sujet si vaste et si délicat; mais il importe de recueillir les divers témoignages et d'en peser la valeur historique. La tradition d'après laquelle saint Clair aurait fondé, dès la fin du Ier siècle, le siège épiscopal de Nantes, a été acceptée, sans hésitation, par un éminent critique, le bollandiste Papebrocke. Ci-dessous, Abbaye Notre-Dame de La Chaume à Machecoul (document Wikipedia) 

 

 

Toutefois, nous ferons remarquer que cette tradition, inconciliable avec les écrits de Sulpice Sévère et de Grégoire de Tours, ne se peut appuyer que sur des documents peu nombreux et dont la date est relativement moderne : c'est d'abord un Ordinaire, ou rituel abrégé de l'église de Nantes, écrit, en 1263, par le chantre Hélie, et dont la bibliothèque de Sainte-Geneviève possède le manuscrit. Vient en-suite un bréviaire manuscrit de la mêmeéglise, composé vers la fin du XIVe siècle. D'après le rituel, saint Clair, envoyé par le pontife romain et portant avec lui l'un des clous employés au crucifiement de saint Pierre, aurait été le premier apôtre et le premier évêque des Nannètes. Ci-dessous Cathédrale de Nantes

 

 

 Ces assertions, il faut le reconnaître, sont nettement énoncées ; mais il n'est pas dit un mot de l'époque où le saint accomplit sa mission. L'auteur du bréviaire du XIVe siècle se montre, au contraire, très explicite sur la question de date. Clarus était, affirme-t-il, l'un des auxiliaires des apôtres; et, pour prouver, apparemment, que rien de ce qui concerne le saint ne lui était inconnu, il rapporte que le clou mentionné dans le rituel est celui qui attachait à la croix le bras droit de saint Pierre. Or, l'assertion d'un écrivain du xive siècle, dont on ne sait pas même le nom, peut-elle infirmer le témoignage d'auteurs beaucoup plus anciens et qui n'avaient aucun intérêt à cacher la vérité) Certes, il faut tenir compte des textes où saint Justin et Tertullien proclament, l'un vers le milieu, l'autre à la fin du 11e siècle, qu'en tous lieux Jésus-Christ était dès lors invoqué, et que la même où n'avaient pu pénétrer les aigles romaines le christianisme était enseigné. Mais, sans contester que, dès les temps apostoliques, la Gaule, plus accessible que la Bretagne, ait pu recevoir quelques missionnaires de la Bonne Nouvelle, ne doit-on pas tenir pour à peu près certain que les premières chrétientés fondées à cette époque eurent une durée éphémère ? S'il en était autrement, quelle créance mériteraient donc Sulpice Sévère et Grégoire de Tours, affirmant l'un et l'autre que le christianisme se répandit assez tard en Gaule, et que, malgré le zèle de saint Gatien et de saint Lidoire, le paganisme régnait encore dans une grande partie de la Touraine quand Dieu suscita saint Martin ? Aussi, les esprits vraiment critiques inclinent-ils, pour la plupart, à partager le sentiment de Dom Lobineau qui fait mourir saint Clair à Réguiny, à la fin du IIIe siècle. Ci-dessous Abbaye de La Madelaine de Geneston

 

 

 D'un autre côté, ceux-là mêmes qui placent au Ier siècle l'érection d'un évêché à Nantes, n'hésitent pas à reconnaître, avec la commission liturgiquedu diocèse,que l'oeuvre accomplie par Clarus ne fut pas définitive, et que saint Similien, auquel le double martyre des deux frères Rogatien et Donatienavait préparé les voies, doit être considéré comme le véritable fondateur de l'église nantaise. Après saint Similien se succédèrent quelques évêques dont l'existence est clairement attestée par l'histoire : Evemerus, Desiderius, Léon, Eusebius, Nonnechius, Épiphane. Saint Félix, qui vint ensuite, fut véritablement un grand évêque. Ses travaux jetèrent un vif éclat sur son diocèse.Sa cathédrale, ornée avec une rare magnificence, excitait l'admiration des évêques gallo-romains,du voisinage, et ceux-ci, pour la plupart, voulurent assister à la consécration du monument, Parmi ces personnages se trouvaient Euphrone, évêque de Tours; Domitien, d'Angers; saint Domnole, du Mans; Victurius, de Rennes; Fortunat, de Poitiers, et Romachaire, de Coutances. Ci-dessous, le Manoir de la Touche à Nantes, ancienne résidence d'été de l'évêché de Nantes

 

 

On remarquera qu'aucun de ces prélats n'était Breton. Ce serait une preuve de plus, s'il en était besoin, qu'entre le clergé de la Romanie et celui de la Bretagne,  « il n'y avait alors de commun, comme par le D. Lobineau, que le lien de la foi et de la charité. » J'ai dit ailleurs que, des neuf évêques de l'ancien duché de Bretagne, six, c'est-à-dire ceux de Cornouaille, Saint-Pol-de-Léon,Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Dol, possédaient la seigneurie universelle de leur ville épiscopale, tandis qu'il n'en était pas de même à Nantes, à Rennes et à Vannes. Cette diversité, on l'explique par ce fait bien simple, que les premières villes sont de fondation bretonne, tandis que les trois autres existaient antérieurement. Cependant nous ferons remarquer que saint Félix semble avoir rempli, sous les premiers Mérovingiens, la double fonction d'évêque et de comte de Nantes, car aucun représentant de l'autorité royale n'y fut envoyé avant un certain Theudoald, dont il est parlé dans la Vie de saint Colomban. Ci-dessous, Ancienne Abbaye Saint-Martin de Vertoux

 

 

Les immenses travaux que Félix fit exécuter dans sa ville épiscopale n'autorisent-ils pas à croire, d'ailleurs, que le prélat y exerçait une sorte d'autorité souveraine? Cette autorité, dans les siècles qui suivirent, fut sans doute amoindrie, et les comtes choisis par les rois francs finirent, on le conçoit, par devenir prépondérants dans l'ordre civil et politique. Toutefois, au XIIIe siècle encore, la puissance temporelle des évêques nantais était loin d'être anéantie. Ils n'étaient obligés, - nous en trouvons la preuve dans une enquête ordonnée, en 1206, par Philippe-Auguste, -ils n'étaient obligés ni de prêter le serment de fidélité au duc, ni de plaider devant sa cour. En temps de guerre, le prince faisait publier le ban de l'ost sur les murs de ville, en son propre nom ; et il envoyait, tout aussitôt, prévenir l'évêque du jour et de l'heure du rendez-vous. Au temps fixé, le héraut du duc convoquait ses hommes, et le héraut de l'évêque les vassaux de ce dernier. Quand le prince guerroyait avec ses troupes réunies à celles de l'évêque,l'armée s'appelait l'ost. Ci-dessous, l'ancienne Abbaye de Villeneuve aux Sorinières.

 

 

 Au contraire, si c'était l'évêque qui faisait marcher les hommes du duc, on nommait harelle la troupe qu'il mettait en campagne. Dans cette harelle, les vassaux du seigneur temporel et ceux de l'évêque étaient rangés sous une bannière distincte. L'amende due par ceux qui ne se rendaient pas à l'ost ou à la harelle était payée, soit au duc, soit à l'évêque, par leurs hommes respectifs. Durant quinze jours, l'évêque avait le ban du vin dans toute la ville, et il en pouvait contraindre les habitants à lui prêter de l'argent. Pendant la quinzaine suivante, le prince jouissait des mêmes privilèges. Aucune assise, ou règlement général, ne se pouvait établir à Nantes sans le consentement de l'évêque. Le ban de la foire, qui se tenait au marchis de la ville, était publié au nom de l'un et de l'autre seigneur. Quand des plaintes s'élevaient sur le poids du pain ou de la viande de boucherie, l'évêque rendait la justice à ses hommes, et le prince aux siens. A la mort de l'évêque, la régale appartenait au duc, qui, toutefois, ne pouvait établir aucune taille nouvelle. Dès que la vacance cessait, le chapitre réclamait la restitution de la régale, ce qui se faisait immédiatement, sans qu'il y eut obligation pour le prélat de faire acte de présence. Il n'y avait point d'appel des jugements de l'évêque à la cour du duc. Tels étaient, au commencement du XIIIe siècle, les privilèges des évêques de Nantes. Ces privilèges, nous l'avons déjà dit, remontaient très-haut, et il fallut des siècles pour les effacer complètement  

 

Limites du diocèse de Nantes.


 

« Les diocèses, dit M. Guérard, doivent être considérés,sauf quelques exceptions très-rares, comme représentant parfaitement les anciennes cités de la Gaule, et les géographes ont eu raison d'admettre cette correspondance .» On a lieu de s'étonner, d'après cela, que la géographie ecclésiastique de la vieille France n'ait pas été plus tôt étudiée et approfondie comme l'un des fondements de sa géographie politique et civile. C'est l'Eglise, en effet, qui, en modelant le nouvel ordre ecclésiastique sur l'ancien ordre civil et administratif gallo-romain, a fixé et conservé les limites des territoires et des petits peuples dont la Notice s'était bornée à transcrire les noms.-Mais, jusqu'à quel point les cités, dont l'administration romaine avait tracé la circonscription, reproduisaient-elles les anciennes divisions territoriales de la Gaule? Chaque cité, comme au temps de César, renfermait-elle plusieurs pagi, et doit-on croire que ces pagi, malgré les vicissitudes du moyen âge, sont, en général, d'origine antique, et représentent le pays anciennement habité par les peuplades gauloises ? Enfin, les archidiaconés, dont on fait remonter l'institution au règne de Charlemagne, ont-ils été composés, en grande partie, avec les pagi minores, et en reproduisent-ils, assez ordinairement, l'antique circonscription ? Ce sont là d'importantes questions que nous ne nous flattons pas de résoudre, mais que nous examinerons du moins avec la plus scrupuleuse attention Nous avons tracé plus haut les anciennes limites des Nannètes. Leur cité, avons-nous dit, était bornée à l'ouest par la mer; au nord-ouest, par la rivière de Vilaine; au nord, par le Samnon; à l'est, par le territoire des Andégaves. Ces limites, naturelles de trois côtés, restèrent celles du diocèse de Nantes, jusqu'au jour où le jeune Erispoë, vainqueur de Charles le Chauve, obtint du prince la cession définitive du pays de Ratiate, situé sur la rive gauche de la Loire, et qui, depuis, n'a pas cessé de faire partie de l'évêché nantais. D'autres changements eurent lieu plus tard. Après l'expulsion des Normands, lorsqu'une nouvelle Bretagne s'éleva, pour ainsi dire, sur les débris de l'ancienne, quelques paroisses du diocèse de Nantes, Ercé,Messac, Fercé, en furent détachées pour être annexées au diocèse de Rennes ; et voilà pourquoi Ercé s'appelle encore aujourd'hui Ercé-en-la-Mée, c'est-à-dire dans l'archidiaconé de la Mée, où Gislard avait établi, sous Erispoë, le siège de son petit évêché. Lorsque Renaut, comte de Poitiers, livra bataille aux Bretons, sur les bords de la Vilaine, Messac appartenait encore au pays nantais. Quant à Fercé, une charte de 1123 atteste qu'il dépendait du même territoire. L'évêché de Nantes se composait, en 1287, de cent soixante-six paroisses. Ce nombre s'accrut naturellement avec le temps, comme le prouvent divers pouillés du diocèse. Dix-huit paroisses, ou trêves, dépendant, au spirituel, de l'évêché nantais, relevaient de l'Anjou, au temporel; c'étaient : Freigné et la Cornouaille, sur la rive droite de la Loire, et, sur l'autre bord, Chantoceaux, Drain, Landemont, ta Varanne,Liré, Saint-Christophe de-la-Couprie, Saint-Laurent-des-Autels, Saint-Sauveur-de-Landemont, les trois paroisses de Saint-Jean, de Notre-Dame et de Saint-Jacques-de-Montfaucon ; la Renaudière, Saint-Crespin et Tillières. Les sept paroisses suivantes, qui faisaient partie du comté de Nantes, étaient placées sous la juridiction de Luçon, au spirituel: Bois-de-Cené, la Garnache, Grand-Lande, Légé, Saint-Etienne-de-Corcoué,Saint-Jean-de-Corcoué et Saint-Etienne-des-Bois. Rémouillé et Bouin, deux paroisses du diocèse nantais, étaient situées en Poitou. Cet état de choses, qui remontait à une époque assez ancienne,a subsisté jusqu'à la Révolution française. Dans la nouvelle division de la France, toutes les paroisses du diocèse de Nantes situées en Anjou dépendent du département de Maine-et-Loire. Sept paroisses de l'ancien comté nantais ont été annexées au Morbihan, savoir : Camoël, Férel, Nivillac, Penestin, Saint-Dolay, la Roche-Bernard et Théhillac. Fougeray, l'antique Fulkeriac, a été annexé au département d'Ille-et-Vilaine. Neuf paroisses, qui appartenaient anciennement, les cinq premières au diocèse et les quatre autres au comté nantais, font aujourd'hui partie de la Vendée. Ce sont: la Bernardière, la Brufière, Bouin, Cugand, Saint-André-de-Treize-Voix, Bois-de-Céné, la Garnache, Grand-Lande et Saint-Etiennedes- Bois. Le département de la Loire-Inférieure n'a gagné que trois paroisses, Fercé, Noyal-sur-Bruc et Villepot, qui dépendaient de l'évêché de Rennes. L'ancien évêché de Nantes comptait huit abbayes: Saint-Gildas-des-Bois, La Chaume et Blanche-Couronne, de l'ordre de Saint-Benoît; Buzai, la Meilleraye, Geneston, Villeneuve, de l'ordre de Cîteaux; enfin Pornic, de l'ordre de Saint-Augustin. Le nombre des prieurés du diocèse s'élevait à plus de cent cinquante. J'en ai donné ailleurs la liste par doyennés. Ci-dessous, Abbaye Notre-Dame de Melleray à La Meilleraye de Bretagne

 


 

Subdivisions ecclésiastiques: archidiaconés, climats, doyennés.


 

Le diocèse de Nantes, on l'a vu plus haut, fut partagé, sous le règne d'Érispoë, entre deux évêques, et cette scission se prolongea pendant près d'un demi-siècle. Mais, lorsque Alain le Grand eut pris en main le sceptre de la Bretagne, Fulcherius, évêque de Nantes, auquel était acquise la faveur du prince, osa revendiquer et se fit restituer les nombreuses paroisses échue sà Gislard, et qui, lui mort, avaientété usurpées parles évêques de Vannes. Cette portion du territoire nannète formait l'archidiaconé de la Mée, archidiaconatus de Media, qui renfermait les doyennés de Châteaubriant et de la Roche-Bernard. Le grand archidiaconé du diocèse,Nannetensis archidiaconatus, archidiaconatus major, se composait des doyennés de Nantes, de Clisson et de Re situés, le premier sur la rive droite, les deux autres sur la rive gauche de la Loire. Au congrès historique de Nantes, en 1845, un docte magistrat a exprimé l'opinion que les subdivisions ecclésiastiques y doivent avoir été calquées sur les circonscriptions féodales ; et, cela posé, il a rapproché les quatre doyennés nantais des quatre baronnies du pays. Mais le système pèche par la base, puisqu'il est certain qu'au XIIIe siècle, en pleine féodalité, l'évêché de Nantes comptait non pas quatre, mais cinq doyennés. Il résulte d'un certain nombre de documents du xv° siècle, qu'à cette époque existait, dans le diocèse, une autre subdivision topographique, la subdivision par climats. Le climat n'embrassait pas d'abord la même étendue territoriale que le doyenné; le climat d'outre-Loire, par exemple, renfermait les deux doyennés de Clisson et de Retz; le climat deçà la Loire, les doyennés de Nantes et de Châteaubriant. Mais, vers le milieu du XVIIe siècle, les mots climat et doyenné s'appliquent à la même circonscription. En résumé, il résulte de nos propres recherches et de celles de plusieurs érudits, que si, du IXe au XVIIIe siècle, l'évêché nantais a toujours compté deux archidiaconés... Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson. Ci-dessous, Vestiges de l'ancienne Abbaye de Buzay à Rouans en Pays de Retz (document Wikipedia).

 

 

 

 

Doyenné de Nantes


 

Saint-Jean en Saint Pierre

Saint-Laurent

Sainte-Croix

Saint-Nicolas

Saint-Saturnin

Sainte- Radegonde

Notre-Dame

Saint-Denis

Saint-Léonard

Saint-Vincent.

 

Doyenné d'Ancenis


 

Ancenis

Anetz

Belligne

Carquefou

Le Cellier

La Chapelle St-Sauveur

Cornuaille

Couffe

Doulon

Freigne, Notre-Dame-de-Beaulieu, sa trève

Joue

Ligne

Maumusson

Mauves

Mesanger

Montrelais

Mouzeil

Oudon

Pannece

Petit-Mars

Pouille

Rouxiere

Saint-Donatien

Saint-Gereon

Saint-Herblon

Sainte-Luce

Saint-Mars-du-Désert

Teille

Thouare

Les Touches

Trans

Varades

 

Doyenné de Châteaubriand


 

Abbaretz

Auverne, Saint-Sulpice, sa trève

Bonnoeuvre

Casson

La Chapelle-Glain

La Chapelle-sur-Erdre

Châteaubriand

Conquereuil

Derval, Lusanger, sa trève

Erblay

Fougeray

Granchamps

Guemene-Penfao, Beslé, sa trève

Heric

Isse

Jans

Juigne

Louisfert

Marsac

Masserac

La Meilleraye

Moisdon

Mouais

Nort

Nozay

Pierric

Le Pin

Puceul

Riaille

Rochementru

Rougé, Soulvache, sa trève

Ruffigne

Saffre

Saint-Aubin-des-Châteaux

Saint-Aubin-de-Vouvantes

Saint-Mars-la-Jaille

Saint-Sulpice-des-Landes

Saint-Vincent-des-Landes

Sion

Soudan

Suce

Treffieux

Vay

Vertoux

Vritz

 

Doyenné de Clisson

 

Aigrefeuille

Basse-Goulaine

La Berardière

Le Bignon

La Boissière

Boussay

La Bruffière

Champtoceaux

La Chapelle-Basse-Mer, Barbechat, sa trève

La Chapelle-Heulin

Clisson

Drain

Geneston

Getigne

Gorges

La Haye-Fouassière

Haute-Goulaine

Landemont, Saint-Sauveur, sa trève

Lire

Le Lorou-Bottereau

Maisdon

Monnières, Saint-Michel, sa trève

Montbert

Montfaucon

Mouzillon

Le Pallet

Remouille

La Renaudière, Notre-Dame-de-Planty, sa trève

Saint-André-Treize-Voies

Saint-Christophe La Couperie

Saint-Crespin

Saint-Fiacre

Saint-Germain-de-Montfaucon

Saint-Hilaire-du-Bois

Saint-Jean-de-Concelles

Saint-Laurent-des-Autels

Sainte-Lumine-de-Clisson

Saint-Sebastien-d'Aigne, Saint-Jacques, sa trève

Tillières

Vallet

La Varenne


 

Doyenné de Retz

 

Arthon

La Benate

Bouaye

Bouguenais

Bouin

Brains

Chauve

Cheix

Chemere

La Chevrolière

Clion

Corsept

Fresnay

Frossay

La Limouzinière

Machecoul

La Marne

Les Moutiers

Paimboeuf

Paulx

Le Pellerin

La Plaine

Pont-Saint-Martin

Pornic

Port-Saint-Pere

Prigné

Rézé

Rouans

Saint-Aignan

Saint-Brevin

Saint-Colombin

Saint-Cyr, Bourgneuf, sa trève

Saint-Etienne-de-Mar-Morte

Saint-Hilaire-de-Charleons

Saint-Jean-de-Courcoue

Saint-Jean-de-Bouguenais

Saint-Léger

Sainte-Marie

Saint-Mars-de-Coutay

Saint-Meme-Le-Tenu

Saint-Michel-Chef-Chef

Sainte-Opportune

Sainte-Pazanne

Saint-Pere-en-Retz

Saint-Philbert-de-Grandlieu

Saint-Viaud

Touvois

Vue


 

Doyenné de La Roche Bernard

 

Asserac

Avessac, Saint-Nicolas-de-Redon, sa trève

Batz, Pouliguen, sa trève

Besne

Blain

Bouvron

Camoël

Campbon

Chantenay

La Chapelle-des-Marais

La Chapelle-Launay

Cordemais

Coueron

Le Croizic

Crossac

Donges

Dreffeac

Escoublac

Fay

Fegreac

Ferel

Le Gavre

Guenrouet

Guerande

Herbignac

Indre

Lavau

Malville

Mesguer

Missillac, Théhillac, sa trève

Montoir, Saint-Joachim, sa trève

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 14:10

 

 

Dans une Vie manuscrite de saint Samson, -Vîe presque aussi ancienne, selon Dom Le Gallois, que la légende insérée dans les Actes de l'ordre de Saint-Benoît, -on lit le curieux passage que voici : « Judual traita saint Samson (qui l'avait rétabli sur le trône) comme s'il était à la fois et son père et sa mère; et il lui concéda, à lui et à ses successeurs, la juridiction spirituelle de la Domnonée tout entière. » Ces paroles nous donnent la clef de toutes les difficultés qu'on s'est plu, pour ainsi dire, à entasser au sujet de la métropole de Dol. Que saint Samson, évêque ou archevêque, dit Dom Taillandier, ait établi son siège à Dol, au VIe siècle, et ait eu pour successeurs saint Magloire, saint Budoc et saint Thuriau, c'est une vérité constatée par les Actes de ces saints évêques.» Nul doute, en effet, que saint Samson n'ait exercé à Dol les fonctions épiscopales; nul doute, comme le dit encore le docte bénédictin, que, du temps de Nominoë, « les territoires de Tréguer et de Saint-Brieuc -j'ajoute:et de Saint-Malo, n'aient été gouvernés par l'évêque de Dol, qui y possédait des églises et pouvait facilement veiller sur tout le pays ,» Ci-dessous l'Ancien Palais Episcopal de Dol

 

 

Mais ce n'est pas à dire pour cela, nous le répétons,qu'un siège fixe, une véritable métropole, existât dès lors à Dol. Sur ce point, nous l'avons établi plus haut, les Bretons avaient d'autres usages que les Gallo-Romains:«Il faut se représenter, dit Dom Le Gallois dont l'opinion a tant de poids en ces matières, il faut se représenter que les Bretons, étant venus de l'île avec leurs prêtres et leurs prélats, cette Église transplantée, qui, dans les commencements, n'avait aucuns rapports politiques avec les Francs, nouveaux venus. Se renferma dans le pays qu'elle occupait, d'autant plus qu'elle avait sa langue particulière, ses princes propres et ses moeurs différentes. Ajoutons qu'il n'eût pas été facile d'aller trouver un métropolitain dépendant des Goths ariens. Chaque principauté des Bretons eut donc ses propres pasteurs venus de l'île, et qui, dans leurs nouveaux établissements,gouvernèrent de la même manière et avec la même indépendance des évêques gaulois, qu'ils avaient delà la mer, mais sans avoir aucune ville affectée à leur dignité.  Ci  dessous, fresques du Haut Moyen Âge à Langast.

 

 

Ces évêques, venus du dehors, étant morts, il fallut leur donner des successeurs, et, pour peu qu'on ait lu la Vie des saints qu'on nomme communément premiers évêques des diocèses de la Bretagne armoricaine, on reconnaît aisément que les successeurs des évêques bretons insulaires ne le furent que de leurs dignités et de leurs charges, sans l'être de leurs évêchés. C'est ainsi que saint Tugdual fut évêque de Tréguier saint Samson et, après lui, saint Magloire et saint Budoc évêques des pays de Dol, etc.» Bien que saint Samson, selon la coutume des évêques de son pays, n'eût point de siège fixe affecté à sa dignité, rien n'empêche de croire qu'il ait exercé sa juridiction sur les territoires de Saint-Brieuc, de Tréguier et de Saint-Malo. Soutenir, avec quelques érudits modernes, que «Dol n'était qu'un monastère compris dans le diocèse d'Alet,» me paraît, qu'on me passe l'expression, une sorte d'énormité. Une telle opinion n'eût jamais été mise en avant si l'on ne s'était avisé de confondre,pour le besoin d'une thèse impossible, l'histoire des Bretons avec celle des Gallo-Francs, leurs voisins. Ci dessous, ruines de l'église de Saint André des Eaux 

 

 

 

Dom Taillandier fait judicieusement observer que Nominoë ne fit autre chose qu'ériger en diocèses fixes et régulièrement délimités les territoires sur lesquels saint Samson, saint Brieuc et saint Tugdual avaient exercé les fonctions épiscopales. De son côté, Dom Lobineau soutient que, délivré par son coup d'état des évêques qu'il regardait comme des factieux, «le roi des Bretons établit un évêché dans le lieu où saint Brieuc avait fini sa sainte vie, rétablit celui de Tréguer et donna la qualité de métropole et d'archevêché au siège de Dol. » Ces assertions ne sont pas contestables, et il n'est pas moins certain que, en 848, Salacon, l'un des prélats expulsés, occupait le siège de Dol, et non pas celui d'Alet, où Maen était alors assis. L'évêché de Dol, le moins étendu de tous ceux des quatre Lyonnaises, était limité, au nord, par la mer; au sud, par le diocèse de Rennes; à l'ouest, par celui de Saint-Malo; à l'est, par le diocèse d'Avranches, qui dépendait de la deuxième Lyonnaise ou province de Rouen. Le peu d'étendue de l'évêché de Dol, où n'existait qu'un seul archidiaconé et qui ne renfermait (en ne tenant aucun compte de ses enclaves) que quarante et quelques paroisses, ne permet pas de supposer qu'il y ait eu des doyennés sur un territoire aussi restreint. Il est question, à la vérité, de decani Dolenses, dans quelques chartes des xne et XIIIe siècles; mais rien n'indique qu'on les doive considérer comme des doyens territoriaux établis dans le pagus Dolensis proprement dit.

 

 

Cathédrale de Dol

 

 

De tous les diocèses de France, Dol était celui qui possédait, en dehors de son territoire propre, le plus grand nombre d'enclaves disséminées dans d'autres contrées. L'évêché de Saint-Malo en renfermait vingt-trois; celui de Saint-Brieuc, douze; celui de Tréguer, neuf; celui de Léon, une; celui de Rennes, trois; enfin, le diocèse de Rouen, quatre. L'origine de ces enclaves a été diversement expliquée. Dom Taillandier n'hésite pas à l'attribuer à l'espèce de primatie exercée par saint Samson sur les autres évêques régionnaires du royaume de Domnonée : « De là vient, dit-il, que les lieux qui appartenaient en propre à l'évêque de Dol, lors de l'érection des évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier, sont demeurés et sont encore aujourd'hui sous la juridiction des évêques de Dol.C'est pour la même raison que, dans le territoire de Rouen, les paroisses de Saint-Samson, sur la rivière de Lizaire, et celle de La Roque sont soumises àl'évêché de Dol. Ces églises dépendaient du monastère de Saint-Samson et y sont demeurées annexées, par respect pour le savant prélat, lorsqu'on a érigé les nouveaux évêchés. Ci dessous Coëtmieux

 

 

Quelle autre raison pourrait-on donner d'une telle dispersion d'églises dans un seul et même évêché ?» Malgré ces observations pleines de justesse, et qui concordent si bien d'ailleurs avec le texte par lequel débute ce paragraphe, quelques écrivains ne veulent voir en saint Samson que l'abbé d'un important monastère du Porhoët, et ils prétendent expliquer les anciennes enclaves de Dol par l'obligation où se serait trouvé Nominoë d'imposer aux autres prélats de la Bretagne une cession partielle de leur territoire en faveur de la nouvelle métropole. L'hypothèse paraît spécieuse, au premier abord; mais si le libérateur de la Bretagne avait en effet pris la décision qu'on lui attribue, comment se fait-il qu'en dehors de la Domnonée, Nantes, Vannes et Cornouaille se soient dispensés de tout sacrifice, et que le diocèse de Léon n'ait jamais renfermé qu'une seule enclave de Dol, Locunolé ? Ci-dessous Ruines de l'ancienne église de Saint Judoce

 

 

Ce fut seulement sous le pontificat d'Innocent III et durant la minorité du jeune Arthur, en 1199, que l'église de Dol cessa d'être la métropole des Bretons.Dans la dernière moitié du XVe siècle, le cardinal d'Avignon, Alain de Coëtivy, remplaça les anciens doyennés, ou groupes de paroisses situées hors du pagus Dolensis, par cinq officialités. L'official de Dol eut dans son ressort l'archidiaconé de Dol et les enclaves du diocèse de Saint-Malo; ceux de Lanmeur et de Lannion furent chargés des enclaves de Tréguer; l'official de Lanvollon gouverna les paroisses de Saint-Brieuc, et, enfin, l'official de Saint-Samson reçut la direction des paroisses de la Normandie. L'évêque de Dol était seigneur temporel dans la ville et dans la circonscription qu'on appelait le franc-regaire de Dol, dans la paroisse de Coetmieux, en Saint-Brieuc, et dans les paroisses de La Roque et de Saint-Samson-sur-Risle. Tout le monde sait que l'évêché de Dol a été supprime en même temps que ceux de Saint-Pol-de-Léon, de Tréguer, de Saint-Malo, et que le territoire de l'ancienne métropole bretonne a été annexe au département d'Ille-et-Vilaine. Ci dessous église de Bréhat (Inventaire de Bretagne) 

 

Doyenné de Dol :


 

Baguer-Morvan

Baguer-Pican

Bonaban

Bonnemain

La Boussac

Broualan

Carfantin

Cendres

Chapelle aux Filzméens

Cherrueix

Cuguen

Abbaye de Dol

Crucifix de Dol.

Notre-Dame de Dol

Epiniac

La Vieuville

La Fontenelle

La Fresnais

Hirel

Lanhelin

Lanvallay

Lillemer

Meillac

Miniac-Morvan

Mont-Dol

Pleine-Fougères

Plerguer

Plesder

Pleudihen

Pleugueneuc

Rimoux

Roz-Landrieux

Roz sur Couesnon

Sains

Saint-Broladre

Saint-Georges de Gréhaigne

Saint-Guinoux

Saint-Helen

Saint Leonard

Saint-Marcan

Saint-Pierre de Plesguen

Saint-Rémy du Plain

Saint-Solein

Tréméheuc

Tressaint

Tressé

Vildé-Bidon

Vildé La Marine

Le Vivier


 

Doyenné de Bobital


 

Aucaleuc

Bobital

Illifaut

La Landec

Langan

Languenan

La Nouaye

Le Hinglé

Le Lou du Lac

Saint André des Eaux

Saint-Carné

Saint Coulomb

Saint Ideuc

Saint-Jacut

Saint-Judoce

Saint- Launeuc

Saint-Méloir des Bois (près Bourseul)

Saint-Méloir-sous-Hédé

Saint-M'Hervon

Saint Samson Jouxte Livet

Saint-Thual

Saint-Uniac

Sainte-Urielle

Trébédan


 

Doyenné de Lanvollon


 

Bréhat

Lanlou

Perros Hamon

Saint Quay


 

Doyenné de Coëtmieux


 

Coëtmieux

Landébia

Langast

Saint-Glen


 

Doyenné de Lanmeur


 

Locquénolé

Coadout

Lanmeur


 

Doyenné de Lannion

 

Loguivy-Lès-Lannion

Perros-Guirec

Trevou-Treguignec


 

Doyenné de Saint-Samson

(quatre paroisses en Normandie)

 

Conteville

Marais Vernier

Saint Samson de la Roque

Saint Samson sur Risle

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson. Ci-dessous, église de Perros-Guirec (cliché Wikipedia)

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:22

 


 

A la suite de graves événements dont la trace, cependant, s'aperçoit à peine dans l'histoire, Corseult, l'antique capitale des Curiosolites, avait été anéantie. Alet, qui, vers la fin du IVe siècle, servait encore de résidence à un préfet des soldats de Mars, ne paraît pas avoir échappé non plus aux ravages exercés dans la péninsule par les pirates germains. La ville était en effet presque déserte, lorsque de nombreux essaims de fugitifs bretons vinrent aborder sur ses rivages en 513. Riwal II, leur chef, ayant réussi à fonder une nouvelle Domnonée dans la région septentrionale de la péninsule, le port d'Alet reprit toute l'activité qu'il avait perdue.

 

 

Résidence d'été des évêques de Saint-Malo

à Saint-Malo de Beignon

 

Toutefois,quoique les Bretons, chrétiens pour la plupart, dominassent complètement dans le pays, on voit, par la Vie de saint Malo, que la cité dont il fut véritablement l'apôtre renfermait une population presque entièrement païenne vers le milieu du VIe siècle. Maclovius, auquel on donne aussi le nom de Machutus, était né, selon le P. Le Large et Dom Lobineau, « dans le pays même dont il fut le premier évêque.» Mais le fait n'est point énoncé dans les deux anciennes légendes publiées par D. Mabillon et par D. Morice.

 

 

Abbaye de Saint-Méen

 

Ce qu'il y a de certain, c'est que, bien jeune encore, Malo fut confié aux soins de saint Brendan qui l'éleva dans son monastère de Lan-Carvan, au pays de Cambrie Sous un tel maître, la piété, la vertu, les talents du jeune Breton jetèrent un si vif éclat, que, l'évêque du pays étant mort, les habitants demandèrent à grands cris que Malo lui fût donné pour successeur. Le saint jeune homme protesta autant qu'il fut en lui; mais, malgré son refus et ses larmes, il fut élevé à l'épiscopatil. Pour échapper au fardeau, le seul moyen c'était de fuir. Malo n'hésita pas; ayant fait avertir quelques disciples, il s'embarqua furtivement avec eux, et leur vaisseau, guidé par un ange, dit l'hagiographe, vint aborder non loin d'Alet, dans l'île de Cézembre. Après plusieurs années passées dans cette solitude, le jeune anachorète alla s'établir dans une autre île, plus rapprochée de l'antique cité. Là, de pieux chrétiens, comme lui fatigués des bruits du monde,venaientincessammentse placer sous sa discipline, lorsque le peuple d'Alet, lui faisant violence à son tour, le choisit pour évêque Le P. Le Large, et d'autres écrivains, à son exemple, ont avancé que, dès le VIe siècle, Alet était devenu le siège d'un diocèse à limites fixes, dont aurait relevé, ajoutent-ils, l'évêché-monastère de Dol.

 

 

Abbaye de Beaulieu en Languédias

 

Mais c'est là, je ne crains pas de le dire, une assertion dénuée de toute espèce de fondement. Saint Malo, comme saint Brieuc et saint Tugdual, était, en effet,un simple évêque régionnaire, placé sous la dépendance de saint Samson, lequel, depuis l'avènement de Judual au trône, remplissait véritablement l'office de métropolitain de la Domnonée. Prétendre,comme l'a fait le P. Le Large, que saint Malo fit le voyage de Tours non-seulement afin d'aller prier au tombeau de saint Martin, «mais encore dans le but d'y reconnaître son archevêque, » est une assertion que rien ne justifie. Les évêques d'Alet, comme leurs collègues de la Bretagne proprement dite, n'avaient point contracté d'union canonique avec le métropolitain de Tours, et l'organisation des églises domnonéennes, calquée sur celle des églises de la Bretagne insulaire, était si bien restée intacte dans ce coin de la péninsule, qu'on la retrouve en pleine vigueur du temps même de Charlemagne. Dans un titre du monastère de Saint-Méen, publié par D. Lobineau, un évêque de Saint-Malo rappelle, en 1294, sous forme de vidimus, un diplôme de Louis le Débonnaire, où l'on voit que, durant le règne du grand empereur, l'église d'Alet avait obtenu de la munificence de ce dernier la restitution de biens assez considérables enlevés au monastère de Saint-Méen et Saint-Judicael. Or, qui gouvernait, à cette époque, l'antique abbaye dont les Francs avaient naguère pillé le trésor, ravagé les terres et brûlé les églises ? C'était précisément le même Hélocar désigné. dans l'acte, sous le titre d'évêque-abbé, et qui, du fond de son monastère, sans qu'aucun siège fût affecté à son office, remplissait, dans une circonscription plus ou moins étendue, et sous l'autorité de l'évêque de Dol, les fonctions d'évêque régionnaire.

 

 

Ancienne cathédrale d'Alet

 

Cet état de choses, tout à fait conforme aux vieilles coutumes des Bretons insulaires, ne cessa d'exister, dans la Domnonée, que quand Nominoë, monté sur le trône, y eut organisé des diocèses réguliers et à limites fixes, comme ceux du pays des Francs. L'histoire nous apprend que ces limites varièrent peu du IXe siècle au XVIIIe. L'évêché d'Alet, transféré, depuis 1152, dans la ville de Saint-Malo, avait pour bornes, au sud-ouest et à l'ouest, les évêchés de Vannes et de Saint-Brieuc, dont nous avons fait connaître la délimitation; à l'est, le diocèsede Rennes; au nord-, mais dans un espace très-restreint, la Manche. Le diocèse de Saint-Malo était l'un des plus étendus de la péninsule : il renfermait cinq abbayes, deux collégiales, plus de cent prieurés, cent soixante et une paroisses et vingt-quatre trêves ou succursales. On trouvera dans les Pouillés placés à la fin du volume beaucoup d'autres renseignements que nous sommes obligé, faute d'espace, de supprimer ici. Plusieurs évêques d'Alet et de Saint-Malo sont désignés, dans le Cartulaire de Redon, sous le titre d'évêques du Poutrecoet, Episcopi in Poutrecoet.

 

 

Abbaye de Paimpont

 

Cela ne veut pas dire, assurément, que le territoire dont se composait le diocèse d'Alet eût la même étendue que le pagus trans silvam; mais, comme des hommes instruits sont eux-mêmes tombés dans cette erreur, nous allons indiquer, en très-peu de mots, quels territoires comprenait le primitif Poutrecoet, ce pays des bois, dont il est si souvent parlé dans notre Cartulaire, et qui, sous la plume des poètes du moyen âge, est devenu le théâtre de tant de merveilles. Il existait autrefois, en Bretagne, deux circonscriptions ecclésiastiques et une circonscription féodale désignées sous le nom de Poutrecoet ou de Porhoët, par contraction ; c'étaient: i°l'archidiaconé de Porhoët, au sud de l'évêché de Saint-Malo ; 2° le doyenné de Porhoët, dans l'évêché de Vannes; 3° le comté de Porhoët. L'ancien Poutrecoet, ou pagus trans silvam, renfermait les trois territoires. M. A. de la Borderie a très-bien établi les limites du comté de Porhoët, tel qu'il fut constitué au XIe siècle: il s'étendait, en longueur, de l'est à l'ouest, depuis Campénéac jusqu'à Plouguernevel, -et, en largeur, depuis Corlai jusqu'à Camors.

 

 

Abbaye de Léhon

 

Or, si l'on ajoute à ce territoire les parties de l'archidiaconé et du doyenné de Porhoët situées hors des limites de la grande seigneurie de ce nom -ce qui porte le pagus traits silvam jusqu'à Montfort et Guichen ; -si, d'un autre côté, l'on tient compte de ce fait, aujourd'hui constaté, que la forêt de Brécilien, dont les ombrages couvraient le Poutrecoet,s'avançait, au delà de Rostrenen, jusque dans la paroisse de Paul, l'on peut dire, sans exagération, que cette vaste région boisée, dont nous donnons plus loin les curieux usements, occupait, au centre de la péninsule, un espace d'environ trente lieues de longueur, sur douze ou quinze de largeur.   

 

 

Cathédrale de Saint-Malo

 

Subdivisions ecclésiastiques. -Archidiaconés. -Doyennés.


 

L'évêché de Saint-Malo se composait de deux archidiaconés (Dinan et Porhoët) et du Pou-Alet, ou territoire de la cité.


 

I. L'archidiaconé de Dinan, dont faisaient partie les doyennés de Poudouvre, de Bécherel et de Plumaudan, renfermait soixante- dix-sept paroisses et sept trêves.


 

II. L'archidiaconé de Porhoët, situé au sud du diocèse, se composait des doyennés de Montfort, Beignon, La Nouée, Lohéac, et comprenait soixante-dix-huit paroisses, avec dix-sept trêves. Les bornes des sept doyennés précités correspondaient-elles aux limites de divisions territoriales plus anciennes ? Aucun document ne l'indique ; mais on peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que le Pou-Alet, ou territoire propre de cette ville, reproduisait une circonscription antérieure à l'arrivée des Bretons. Ce petit pagus était borné, au nord, par la Manche à l'est (sous les marais de Dol), par des lais de mer; à l'ouest, par la Rance ; au sud, par les marais de Châteauneuf de La Nouée, qui formaient la limite du diocèse de Rennes. Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson


 

 

 

Abbaye du Tronchet

 

page non terminée

 

Doyenné de Poulet :


 

Saint-Malo

Saint-Servan, (autrefois Alet)

Cancale

Châteauneuf

La Gouesnière

Paramé

Saint-Benoît des Ondes

Saint-Jouan des Guérets

Saint-Méloir des Ondes

Saint-Suliac

Saint-Père-Marc-en Poulet. 

 

 

Doyenné de Poudouvre :


 

Bourseul

Corseul, l'Abbaye, trève de Corseul

Créhen

Dinan, St-Malo

Lancieux

Langrolay

Plélan le Petit, et St-Michel de Plélan sa trève

Pleslin

Plessix Balisson

Pleurtuit

Plorec, et sa trève Lescouët

Ploubalay

Plouër

Quévert

Saint-Briac

Saint-Enogat

Saint-Lunaire

Saint-Maudez

Taden

Trégon

Trélivan

Tréméreuc

Trigavou

Vildé-Guingalan


 

Doyenné de Plumaudan :


 

Broons

Brusvily

Calorguen

Caulnes

Chapelle du Lou

Dinan St-Sauveur

Eréac

Guenroc

Guitté

Landujan

Languédias (prieuré cure)

Lanrelas

Léhon

Médréac

Mégrit (prieuré cure)

Plumaudan

Plumaugat

Saint-Jouan-de-L'Isle, La Chapelle Blanche, sa trève

Saint-Juvat

Saint-Maden

Sévignac, Rouillac, sa trève

Trédias (prieuré cure)

Trémeur

Trévron

Yvignac


 

Doyenné de Bécherel


 

La Baussaine

Bécherel

Cardroc

Chapelle Chaussée

Combourg

Dingé

Evran

Les Iffs, Saint-Brieuc des Iffs, sa trève

Langouët

Lanrigan

Longaulnay

Lourmais

Plouasne

Québriac

Le Quiou

Saint-Domineuc

Saint Gondran

Saint-Léger

Saint-Pern

Tinténiac, Trimer, sa trève

Trévérien


 

Doyenné de Beignon

 

Augan

Beignon

Campénéac

Caro

Comblessac, La Brûlais, sa trève

Guer, Monteneuf, sa trève

Lieuron

Loutehel

Maure, Campel, sa trève

Mauron

Maxent

Memel

Néant

Paimpont, Saint Péran, sa trève

Plélan le Grand, Treffendel, sa trève

Ploërmel, La Chapelle, sa trève

Reminiac

Saint-Abraham, Monterrein, sa trève

Saint-Brieuc de Mauron

Saint-Malo de Beignon

Saint-Séglin

Tréhoranteuc

 

 

Doyenné de La Nouée


 

Croix-Héléant, Montertelot, sa trève

Gomené

Guilliers

Josselin Notre-Dame

Josselin-St-Martin

Josselin St-Nicolas

Loyat, Gourhel, sa trève

Ménéac, Héléant, sa trève

Glac vel Guillac, Evriguet, sa trève

Merdrignac

Mohon, La Grée-St-Laurent, sa trève

La Nouée

Pommeleuc

Taupont

La Trinité


 

Doyenné de Loréac


 

Baulon

Bréal

Bruc

Chapelle Bouexic

Goven

Guichen

Guignen

Guipry

Lassy

Lohéac

Pipriac, Saint-Ganton, sa trève

Saint Germain des Prés

Saint-Malo du Phily

Saint Senoux

Saint Thurial


 

Doyenné de Monfort


 

Bédée

Boisgervily

Breteil

Clayes

Concoret

Coulon

Le Crouais

Gaël

Monfort St-Jean

Montfort St Nicolas

Pleumeleuc

Quédillac

Romillé

Saint-Gonlay

Saint-Léry, Muel, Le Bran, ses trèves

Iffendic, Bleruays, sa trève

Irodouer

Miniac

Montauban

Monterfil

Saint-Malon

Saint-Maugan

Saint-Méen (le Grand)

Saint-Onen (la Chapelle)

Talensac, Le Verger, sa trève

Trémorel, Loscouët (sur-Meu), sa trève

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 05:30


 


 

Dès les premières victoires remportées par les Saxons dans l'île de Bretagne, plusieurs princes de ce pays, violemment expulsés par les conquérants germains, étaient venus chercher un refuge sur le continent. Le territoire des Curiosolites reçut successivement plusieurs de ces exilés, parmi lesquels les anciens hagiographes nomment Fracan, Conothec, Conan et Riwal Ier. Celui-ci, le premier auquel fut attribué, dans l'Armorique, le titre de duc de Domnonée (Domnoniæ dux), habitait, à ce qu'il paraît, vers l'an 465, un manoir nommé le champ du Rouvre (Aula campi Roboris), qui s'élevait, non loin de la mer, au point de jonction des deux rivières de Gouet et de Gouedic. Le chef domnonéen (ce titre lui est donné dans la Vie de saint Guénolé, par Gurdestin) goûtait le repos dans sa nouvelle patrie, lorsqu'un jour l'un de ses serviteurs, tout effrayé, lui vint annoncer que des étrangers étaient débarqués sur son territoire.

 

 

 

Abbaye de Saint-Aubin des Bois à Plédéliac

 

A cette nouvelle, Riwal, redoutant sans doute quelque invasion de pirates, fit prendre les armes à ses serviteurs. Mais, averti bientôt que les nouveaux venus étaient des moines bretons, naguère descendus sur les bords du Jaudy, et que même leur abbé, nommé Brioc, se réclamait de lui comme d'un parent, le prince donna l'ordre de les traiter en hôtes. Introduit en effet dans la demeure de son cousin, Brioc y fut accueilli les bras ouverts, et, peu de temps après, le saint homme, ayant guéri Riwal d'une grave indisposition, reçut du tyern, en signe de reconnaissance, son propre palais. Telle fut l'origine de la ville de Saint-Brieuc, dont la cathédrale, selon une très-ancienne tradition, occupe l'emplacement même où les protégés du chef domnoné en bâtirent l'église de leur monastère.

 

 

Cathédrale de Saint-Brieuc

 

Ce monastère, comme ceux de Dol et de Tréguier, devint le centre d'une circonscription religieuse, peu étendue à l'originel, mais dans laquelle Brioc, qui avait été sacré dans l'île, exerça naturellement les fonctions d'évêque régionnaire. Nous ignorons absolument quels furent les premiers successeurs du saint prélat. Mais l'importance toujours croissante du nouveau monastère en fit nécessairement, la résidence fixe des saints personnages chargés, sous l'autorité de l'évêque de Dol, de gouverner cette partie de la Domnonée. Cela explique la facilité avec laquelle Nominoë put établir, d'un jour à l'autre, pour ainsi dire, des sièges réguliers à Saint-Brieuc et à Tréguer. On a parlé, il est vrai, de foudres lancées parle Saint-Siège à l'occasion de la transformation ecclésiastique opérée, de sa propre autorité, par le vainqueur de Charles le Chauve.

 

 

 

Abbaye de Boquen en Plénée-Jugon

 

Mais l'assertion n'a nul fondement dans l'histoire. Si l'on y voit, en effet, les Papes et les conciles condamner et l'érection de Dol en métropole, et la déposition irrégulière des quatre évêques déclarés simoniaques, et, par-dessus tout, l'expulsion inique d'Actard, on y chercherait vainement, je ne dis pas un anathème, mais un simple mot de blâme contre la fondation des nouveaux diocèses. L'évêché de Saint-Brieuc avait, dès lors, la mer pour limite septentrionale ; du côté du midi, il s'enfonçait, en forme de pointe, dans l'intérieur des terres. A l'ouest, le cours du Trieuc et du Leff séparait le diocèse de celui de Tréguier jusqu'aux abords de Quintin. De là partait une ligne qui, traçant quelques sinuosités dans la direction du sud-est, traversait la forêt de Lorges et allait joindre, au-dessous d'Uzel, la rivière d'Oust.

 

 

 

Ancien palais épiscopal de Saint-Brieuc

 

Celle-ci servait de bornes à l'évêché jusqu'à l'endroit où elle rencontre le Lié. Là commençait la frontière orientale du diocèse, laquelle suivait d'abord une ligne onduleuse à travers les landes du Menez, pour aller rejoindre, à quelques lieues au-dessous de Jugon, le cours de l'Arguenon qui, de ce point jusqu'à la mer, continuait la délimitation. Le diocèse de Saint-Brieuc renfermait, en 1516, quatre abbayes, cinq chapitres, treize prieurés, cent six paroisses, vingt trêves et quatre vicariats-cures.

 

 

Eglise Saint-Mathurin de Moncontour

 

Depuis la Révolution, l'évêché de Saint-Brieuc s'est agrandi d'une grande partie de celui de Tréguier et d'un certain nombre de paroisses de Saint-Malo, de Cornouaille et de Vannes. La seigneurie temporelle de l'évêque se divisait en deux juridictions : le regaire de Saint-Brieuc et celui d'Hénanbilhen. Le regaire de Saint-Brieuc comprenait la ville épiscopale et les paroisses de Plou-Fracan, Cesson, Trégueux et Langueux; le regaire d'Hénanbihen se composait de pièces de terre disséminées en diverses paroisses. L'évêque de Saint-Brieuc avait la haute justice dans toute l'étendue de ses regaires : les appels de sa cour, tant au civil qu'au criminel, se portaient directement au parlement de Bretagne

 

 

Abbaye de Beauport à Paimpol (Kerity)

 

Subdivisions ecclésiastiques.


 

L'évêché de Saint-Brieuc était divisé en deux archidiaconés : Goëllo et Penthièvre. L'archidiaconé de Goëllo (moins vaste que la seigneurie de ce nom. laquelle s'étendait dans le pays trécorois,) était limité à l'ouest par le Leff et le Trieuc, qui le séparaient de l'évêché de Tréguier ; puis, au-dessous de Quintin, par le cours de l'Oust, qui servait de frontière aux diocèses de Quimper et de Vannes. La partie méridionale de l'archidiaconé s'allongeait en pointe jusqu'à la jonction du Lié avec l'Oust. Le Lié qui, dessinait en partie la limite orientale, embrassait dans ses sinuosités la paroisse d'Allineuc et sa trêve l'Hermitage, et, laissant Lanfains en dehors, du côté du Penthièvre, il allait rejoindre le cours du Gouet jusqu'à la mer, qui formait la limite naturelle du Goëllo, en remontant vers le nord.

 

 

Eglise Saint-Martin de Lamballe

 

La Vie de saint Guénolé, par Gurdestin, atteste que, très-anciennement, existait, entre les rives du Gouet et l'embouchure du Trieuc, un pagus dont le nom latin (Velaviensis) correspond, sans aucun doute, à la forme bretonne de Wello ou Goëllo. Quant à l'archidiaconé de Penthièvre, séparé du Goëllo par le Gouet et le Lié à l'ouest, il embrassait tout le reste de l'évêché, moins le territoire dit entre Urne et Gouet, qui constituait le regaire de Saint-Brieuc. 

 

Le territoire d'Urne et Gouet embrassait les cinq paroisses de :

Saint-Brieuc

Cesson

Ploufragan

Trégueux

Langueux

 

 

Archidiaconé de Goëllo


 

Allineuc et l'Hermitage, sa trêve

Bréand-Loudéac

Cadélac,

Cohiniac

Étables

La Méaugon

Lantic,

Lannebert

La Prénessaye

Le Foeil

Loudéac avec Grâces et La Motte, ses trêves

Plaine-Haute

Pléguien

Pléhédel

Plelo

Pleriu

Plerneuf

Ploubaznalec,avec Lannevez et Perros-Hamon, ses trêves

Plouezec

Plouha

Piounez, avec Lanvignec et Paimpol, ses trêves

Plourhan

Plourivo

Plouvara

Pludual

Pordic

Quintin (V. Saint-Thuriau)

Saint-Donan

Saint-Maudan

Saint-Samson

Saint-Thelo

Saint-Thuriau de Quintin

Trégomeur,

Tréguide

Tréméloir

Tréméven

Trémuson

Tressignaux

Trévé

Tréveneuc

Uzel

Yvias.


 

Archidiaconé de Penthièvre.


 

Andel,

Bréhant-Montcontour

Gollinée

Dolo

Erquy

Hénanbihen

Hénansal

Hénon

Hillion

Jugon (Saint-Malo de)

La Bouillie

La Chèze

La Ferrière

La Malhoure

Landebia

Lanfains,

Langast

Langourla

Laurenan

Le Gouray

Maroué, avec Saint-Trimoel et Saint-Yves - de -la - Poterie, ses trêves Matignon (V. Saint-Germain-de-la-Mer)

Mérillac

Meslin

Morieux

Notre-Dame de Lamballe

Notre-Dame de Montcontour

Noyal

Plaintel et Saint-Brandan, sa trêve

Plancoët

Pléboulle

Plédeliac

Plédran et Saint-Carreuc, sa trêve

Pléhérel

Plémet

Plémy

Plénée-Jugon

Pléneuf

Plessala

Plestin

Plévenon

Pléven

Ploeuc et Gausson, sa trêve

Plouguenast

Pluduno

Plumieux et Saint-Etienne-du-Gué-de-l'Ile, sa trêve

Plurien

Pommerit

Quessoy

Quintenic

Ruca

Saint-Aaron

Saint-Alban

Saint-Cast

Saint-Denoual

Saint-Germain-de-la-Mer

Saint-Gilles-du-Mené

Saint-Goueno

Saint-Igneuc

Saint-Jacut-du-Mené

Saint-Jean de Lamballe

Saint-Lormel

Saint-Martin de Lamballe

Saint-Mathurin de Montcontour

Saint-Michel de Montcontour

Saint-Potan

Saint-Rieul

Saint-Vran

Tramain,

Trébry

Trédaniel

Trégomar

Yffiniac

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

 

 

 

Eglise de La Ferrière

Cette paroisse hébergeait l'Abbaye de Lantenac

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article