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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 17:29
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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 08:49
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 15:46
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:53
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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 12:58

Cette ancienne sgrie avait droit de haute, moyenne et basse justice ; située en la par. d'Elven, trêve d'Aguénéac, frairie de Bellon, évêché de Vannes, elle relevait noblement, en partie du Roi sous son domaine de Vannes et en partie du comté de Largouet. Elle fut autrefois possédée par les cadets de la maison de Bretagne ; le château leur servait de maison de chasse et il était admirablement situé pour cela, au milieu d'une vaste forêt qui couvrait le territoire de la commune actuelle de Trédion et des communes environnantes. (Le Morbihan, son Histoire et ses Monuments par Cayot-Délandre. 1847, in-8°, p. 258.) Dès le XIe siècle, elle appartint aux Malestroit, égalementsgrs de Malestroit, de Largouet et d'Elven. Le 14 nov. 1324, Payen III de Malestroit fit un accord avec Renaud Braccoux, prieur de Trédion, au sujet des droits qu'il prétendait avoir sur les habitants de Trédion. (Cartulaire du Morbihan. Fonds du prieuré de Saint-Nicolas de Ploërmel. Original sur parchemin jadis scellé de deux sceaux sur double queue.) Trédion passa dans la suite aux Rieux par le mariage, en 1461, de Françoise Raguenel, dame de Malestroit, en 1481, fille aînée de Jean IV Raguenel, sgr de Malestroit, et de Gillette de Châteaugiron, avec Jean IV, sire de Rieux et de Rochefort, comte d'Harcourt et maréchal de Bretagne (1447-1518). Jean IV de Rieux épousa 2° en 1495, Claude de Maillé, « laquelle, dit Moréri, article de Rieux, fut suffoquée du feu qui prit par accident (sic) au château d'Elven ». Jean IV de Rieux fit reconstruire la façade actuelle du château de Trédion sur laquelle on voyait autrefois ses armoiries sculptées qui disparurent pendant la Révolution. (Cayot-Délandre déjà cité, p. 258.) Claude de Rieux, comtesse de Montfort en Bretagne, née le 8 févr. 1525, porta Trédion en dot à François de Coligny, sgr d'Andelot, colonel général de l'infanterie française, qu'elle épousa le 19 mars 1547. Elle succéda ensuite à sa sœur Renée dans tous ses biens et embrassa la religion protestante dont son mari faisait profession. Elle était fille de Claude Ier de Rieux et de Catherine de Laval. Claude Ier de Rieux eut de sa seconde femme, Suzanne de Bourbon, un fils, Claude II de Rieux, et une fille, Louise de Rieux, dame d'Ancenis, née en 1531, mariée le 30 déc. 1550 à René de Lorraine, marquis d'Elbeuf, général des galères, et dont le fils, Charles Ier de Lorraine, duc d'Elbeuf en 1575, par représentation de sa mère, recueillit toute la succession de la maison de Rieux, Trédion compris. Ce dernier eut pour fils : Charles II de Lorraine, duc d'Elbeuf, pair de France, le 5 nov. 1657 et qui laissa des dettes pour la liquidation desquelles les châtellenie, terre, sgrie et château de Trédion furent adjugés, le 5 sept. 1665, à Louis Alvarez, trésorier et payeur des Cent Suisses du Roi, et à Marin Moisan, bourgeois de Paris, par messieurs de Marillac et Boucherat, conseillers ordinaires du Roi en ses conseils, de Thuisy, La Mortelière et Méliand, aussi conseillers du Roi, maîtres ordinaires de ses requêtes, et suivant les arrêts du Conseil des 11 févr. 1670, 24 juil. 1675 et 12 nov. 1676, « le tout vendu pour la liquidation des dettes de feu le duc d'Elbeuf, du consentement de messire Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, messire François de Lorraine, comte d'Harcourt, et damoiselle Marguerite-Ignace de Lorraine d'Elbeuf, enfans de très haut et puissant prince messire Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, pair de France ». La forêt de Brohun fut acquise par lesd. Alvarez et Moisan, par contrat du 12 oct. 1676. (Arch. nat. P. 1743, fus 65-95.)

Le 22 juin 1679, devant René Rio et Le Clerc, notaires royaux à Vannes, François Moisan, « faisant pour Louis Alvarez, tresorier et payeur des Cent Suisses du Roy, demeurant à Paris, rue Thibaud aux dez, paroisse de Sainct Germain de Lauxerrois, et dame Marie Philippes, veuve de feu Marin Moisan, vivant bourgeois de Paris, ès noms et qualités qu'elle procedde, et Adrian Moisant, aussi bourgeois de Paris, demeurant avec laditte dame sa mère, rue Sainct Honoré, paroisse Sainct Eustache, tant en son nom que pour ses frères et soeurs, enfans et heritiers dudict feu Marin Moisan, et aussy ledict François Moisan, procureur faisant en son privé nom et comme héritier dudict feu Marin Moisan, son père, rendirent aveu et dénombrement au Roi « des maisons, terres, fiefs, justices, rentes, parcq et forest de Brohun dict Trédion, qu'ils tenaient et possédaient prochement et noblement du Roi, à cause de son comté et domaine de Vannes, à devoirs d'obéissance en plein fief, foi et hommage. Ce dénombrement comprend : La chastellenie, terre et sgrie, chasteau, parc et forest de Brohun dict de Trédion, assis et sictués en la paroisse d'Elven, se consistanten tous droits de haute, moyenneet basse justice, tant ordinaire qu'extraordinaire, que des eaux et forests, tous droicts de rivière, chasse, pesche, fiefs, arriere fiefs, jurisdictions, vassaux, arriere vassaux, droicts de quints et requints, désherances, espaves, aubeines, confiscations, taux, amendes, lots (lods) et ventes, droicts de garde et sauvegarde, halles, harats, foudraye, courses de harats, avec poursuitte de bestes sur toutte l'estendue desdictes chastellenie, sgrie et forest de Brohun dict de Trédion, appartenances d'icelle, que dans la forest et parc de Lanvannes (Lanvaux), forest de Camcre (Camors) et autres Le chasteau consistant en un grand corps de logis, deux granges et autres bastimens, ruinés et démolis, cours, jardins, pourpris. » (Arch. nat. P. 1743, fs 65-95.)

 

Par lettres royaux données à Paris au mois de janv. 1650, les terres et sgries d'Aguénéac, de Kervasy et de la Rivière avaient été unies et incorporées à la terre et sgrie de Trédion et cette dernière érigée en châtellenie, avec droit de haute justice,en faveur de Pierre de Sérent, chlr, consr du Roi, président au présidial de Vannes et maître ordinaire des requêtes de la Reine régente, lequel, par contrat d'afféagement du Ier juil. 1647, avait précédemment acquis lad. sgrie de Trédion de Jean-Emmanuel de Rieux, marquis d'Asserac, comte de Largouet, gouverneur de Guérande, en 1656. Par les mêmes lettres, trois foires par an et un marché furent créés en lad. terre et sgrie de Trédion. Messire Henry Chabot, duc de Rohan, et dame Marguerite, duchesse de Rohan, princesse de Léon et comtesse de Porhouet, ainsi que Charles de Bréhand, sr de la Rivière, prieur de Saint-Nicolas de Ploërmel et de Saint-Martin de Redon, s'opposèrent à la vérification de ces lettres. Sébastien de Rosmadec, marquis dud. lieu, remontra que personne n'était plus intéressé que lui à s'opposer à lad. vérification, les maison et sgrie de la Rivière et le lieu noble de Quélen étant tenus à foi et rachat de sa juridiction et baronnie de Sérent, mais il consentit cependant à ce que led. Pierre de Sérent jouît de la grâce que le Roi lui avait faite, à la charge de lui rendre, comme par le passé, les hommages, aveux et autres droits sgriaux. Led. Charles de Bréhand produisit à cette occasion l'acte de fondation du prieuré de Saint-Nicolas de Ploërmel de l'an 1261. Malgré ces diverses oppositions, le Parlement de Bretagne, séant à Rennes, ordonna que lesd. lettres royaux de janv. 1650 seraient enregistrées à son greffe civil, sans préjudice néanmoins des droits desdits opposants. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine. Registres du Parlement de Bretagne. Grand'chambre. Minutes d'arrêts.) Pierre de Sérent fut encore troublé dans la jouissance desd. Lettres royaux de janv. 1650 par.Nicolas Fouquet, ministre d'Etat, surintendant des finances du Roi et son procureur général au Parlement de Paris, adjudicataire,par décret, du comté de Largouet, saisi réellement et vendu sur ledit feu marquis d'Asserac Nicolas Fouquet prétendait que la terre et sgrie de Trédion était une ancienne dépendance du comté de Largouet, en faisait partie et, en cette qualité, avait été comprise, tant en la saisie réelle dud. comté du 6 sept. 1646, antérieur aud. contrat d'afféagement, que dans l'adjudication faite en conséquence.Par sentence contradictoire rendue aux requêtes du Palais, à Paris, le 2 juil. 1660, Pierre de Sérent fut évincé de lad. terre et sgrie de Trédion. Mais peu après, au mois de déc. de la même année, il obtint de nouvelles lettres royaux qui lui donnèrent gain de cause et le confirmèrentdans les droits qui lui avaient été attribués par celles de janv. 1650, sous cette réserve que lesd. terres et sgries ainsi réunies porteraient le nom de châtellenie d'Aguénéac. (Arch. Départementales d'Ille-et-Vilaine. Section judiciaire au palais de justice de Rennes. Registres dès Enregistrements du Parlement de Bretagne, XXII, f° 146 verso. B. 24, texte. Bibl. nat., Ms français, 22317, f° 194, analyse.)

 

Quoique dépossédé de la châtellenie de Trédion sur laquelle, dans sa toute-puissance, il avait cru devoir mettre la main, Nicolas Fouquet conserva néanmoins ses droits de suzeraineté sur cette terre, et c'est pour cela que Trédion, après la disgrâce du célèbre surintendant des finances, par arrêt de la Chambre de justice du 2 sept. 1667, fut saisi, ainsi que les autres terres que Fouquet possédait en Bretagne : Largouet, Cantizac, le parc d'Elven et le fief de Lanvaux. (Bibl. nat. Carrés de d'Hozier 270, p. 52.) S'il faut en croire une tradition populaire demeurée dans le pays, Nicolas Fouquet aurait caché, dans le parc du château de Trédion, une partie de ses richesses. Le 8 nov. 1683, Marguerite de Sapien, épouse de Charles-Roland Fouquet, chlr, sgr de la Ferronière, chlr de Notre-Damedu Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, acquit la châtellenie de Trédion de Charles de Lorraine, IIIe du nom, duc d'Elbeuf, pair de France, chlr des ordres du Roi et gouverneur de Picardie. De son mariage avec Marguerite de Sapien, il n'eut qu'une fille : Sylvie Fouquet, qualifiée dame vicomtesse de Trédion, dame de Belleville et autres lieux, etc., dans son contrat de mariage du 21 févr. 1709, avec Hyacinthe de Lantivy, chlr, sgr de Kergoff. C'est ainsi que la châtellenie ou vicomté de Trédion est entrée dans la maison de Lantivy qui l'a conservée jusqu'au 18 fructidor an XI (5 septembre 1803), date à laquelle elle fut vendue par Jean-Louis de Lantivy, vicomte de Trédion. Le 13 déc. 1775, il en avait rendu, hommage au Roi. (Pour plus de détails, voir ci-dessus pages 137-140, 143, 147 et 148.) Après 1803, la terre de Trédion fut, pendant quelque temps, la propriété des princes d'Orléans. En 1834, elle fut acquise par M. du Fresne de Virel qui y établit, avant 1847, un haut-fourneau, aujourd'hui, disparu, où l'on confectionnait les objets de fonte moulée et employait trois à quatre cents ouvriers. Cet établissement procura de précieuses ressources à la localité, en même temps que la présence et les soins du nouveau propriétaire remettaient en progrès de valeur cette ancienne terre ducale. (Cayot-Délandre, déjà cité, p. 258.) L'ancien manoir de Trédion est encore la propriété de la famille du Fresne de Virel ; elle l'a augmenté de tourelles et d'élégantes constructions qui en ont fait l'un des plus beaux châteaux de la Bretagne. On lit dans l'Essai sur les antiquités du département du Morbihan par J. Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. Vannes,in-8°, 1825, p. 101; et 125. « Le parc de Trédion renfermeune belle Roche-aux-Fées1 dont la table, avant qu'on en eût brisé une des extrémités, pouvoit avoir vingt-quatre pieds de longueur et en a encore près de vingt-deux. Le même parc renferme un menhir2, encore vertical, auquel on donne par approximation dix ou douze pieds de hauteur. A ses pieds est « couchée une autre pierre plus longue. C'est apparemment une autre fichade que le temps a renversée Paul Lucas prétend avoir vu dans l'Asie Mineure des pierres verticales terminées par des figures peu différentes des grotesques de Trédion, ce qui ne surprendra pas ceux qui savent combien il y avoit en cette terre de colonies des Celtes. » Cayot-Délandre a aussi parlé, dans les termes suivants, de ces monuments celtiques, à la page 259 de son ouvrage sur le Morbihan, publié en 1847 : « Le territoire de la commune de Trédion, autrefois couvert de forêts, porte partout les traces du culte druidique ; j'y ai visité un grand nombre de monumens dont je vais citer les plus remarquables : 4° Dans le parc de Trédion, un dolmen de 6 mètres 50 de longueur. La table est d'une seule pierre. Les supports ont fléchi et la table est inclinée sur l'un de ses côtés. 5° Dans ce même parc, deux menhirs, l'un près de l'autre. L'un des deux est encore debout ; il a 3 mètres 50 de hauteur ; le second est renversé, il est long de 5 mètres. » Comme nous l'avons déjà dit ci-dessus, p. 138 et suivantes, plusieurs membres des familles Fouquet et de Lantivy furent inh. dans la chapelle du château de Trédion, laquelle n'existe plus. Les principales enclaves de la sgrie de Trédion étaient le parc ou forêt de Brohun, planté de bois de haute futaie, et les métairies de la Porte et de Carhaix. La terre de Beauchêne(actuellement château en la com. de Trédion, appartenant à la famille de Charette) relevait de la sgrie de Trédion. Par arrêt du Conseil du 29 juin 1726, elle fut déclarée dans la mouvance de la juridiction de cette sgrie. Le 21 févr. 1772, par acte passé devant Jollivet et Hervieu, notaires à Vannes, messire Simon de Trogoff, sgr de Beauchêne, de Pennelan, par. de Quemper-Guézennec, et autres lieux, la vendit à Pierre-Gilles Michel, ancien subrécargue de la Compagnie des Indes, pour la somme de 35.000 livres. (Arch. du comte de Lantivy de Trédion. Papier original,) Trédion, qui était autrefois une succursale de la par. d'Elven, a été érigé en commune en 1838. L'église a été reconstruite en 1870. Le comté de Largouet comprenait le château d'Elven et une trentaine de paroisses. Derian d'Elven vivait en 1020. (Cartulairedu Morbihan.)Au XIIe siècle, Largouet appartenait aux Malestroit. Entre 1180 et 1200, il fut divisé en deux parts presque égales : la portion est, donnée en partage à un cadet, prit le nom de Rochefort; la partie ouest, avec Elven pour chef-lieu, retint le nom de Largoët ou Largouet. En 1374, Rochefort entra dans la maison de Rieux par mariage ; Largouet pareillement en 1461. (Voir ci-dessus p. 343.) Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, tuteur de la duchesse Anne de Bretagne, appela les Français contre elle, mais il se soumit à cette princesse en 1450 et ses anciens alliés brûlèrent et rasèrent son château d'Elven qu'il fit reconstruire avec les libéralités de la duchesse. Comme nous l'avons expliqué plus haut, pages 343 et suiv., Largouet, comme Trédion, passa successivement des Rieux aux Coligny, aux Lorraine d'Elbeuf et à Nicolas Fouquet qui, le 28 juin 1660, acquit aussi le fief de Grandchamp, démembré de l'ancienne baronnie de Lanvaux, d'écuyer Julien Gibon, sgr du Grisso. Le 10 janv. 1686, le domaine de Largouet et ses annexes, le fief de Lanvaux et celui de la forêt de Trédion furent vendus par la veuve de Nicolas Fouquet, Madeleine de Castille, pour le prix de 150.000 livres, plus 11.000 livres de pots de vin, à Louis de Trémereuc, chlr, conseiller au Parlement de Bretagne, dont la fille et héritière, Anne-Louise de T., porta Largouet, trois ans plus tard, à Toussaint de Cornulier, président au Parlement de Bretagne, dont les descendants le possédèrent jusqu'à la Révolution.En 1890, les ruines du château d'Elven appartenaient à M. du Bot. (Abbé Guilloux. La baronnie de Lanvaux. J. Trevedy, ancien président au tribunal de Quimper. Revue Morbihannaise de 1890.)

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 06:55

Contrat de mariage de Jean Ier dit Le Roux.

 

 

En 1213, Alix, duchesse de Bretagne, fut donnée par Philippe Auguste en mariage à Pierre de Dreux, dit Mauclerc. En 1217, elle eut un fils qui fut Jean Ier dit le Roux ; elle mourut le 21 octobre 1221. Jean avait quatre ans et Pierre de Dreux, tuteur de son fils, allait gouverner la Bretagne avec le titre de duc pendant seize années. En 1236, à la veille de sa majorité, Pierre obtint pour Jean la main de Blanche de Champagne, fille et alors principale héritière de Thibault, comte de Champagne et roi de Navarre. Thibault traita royalement sa fille ; il promit de lui laisser la Navarre, même s'il avait un fils de son troisième mariage. Voyant déjà ses descendants portant la couronne la moitié des terres que lui-même laisserait a son fils en France et en Champagne. Cet acte était passé dans la seconde quinzaine de janvier (1236 n. st), cent ans avant la publication de la Coutume. Dans cette attribution du tiers des biens du duc en Bretagne il est permis de voir la preuve ou un indice que la quotité du tiers prescrite par la Coutume un siècle plus tard était déjà dans l'usage commun. Nous allons voir Jean le Roux affirmer cet usage. Thibault mourut en 1253. Un fils lui était né; et dans son intérêt, le roi saint Louis détermina Jean le Roux à renoncer aux droits de Blanche sur la Navarre. A ces possessions lointaines, le duc Jean préférait sans doute des domaines en Bretagne ; mais il allait faire payer sa renonciation. Avant de prendre possession du trône, Thibault II consentira au duc de Bretagne une rente annuelle de 3,000 livres (environ 340,000 francs) dont le duc, le plus grand manieur d'argent de son duché, saura faire un utile usage ; vingt-six ans après son mariage, Jean le Roux modifie comme suit la constitution du douaire. Il rappelle qu'il a « doué sa femme de toute la tierce partie, de toute la duchée, laquelle chose, dit-il, nous pouvons faire aux us et aux coutumes de la duchée » ; mais en échange de cette tierce partie, à la requête de ses fils Jean et Pierre, il donne tout ce. qu'il possède aux évêchés de Cornouailles et Vannes moins l'île de Rhuys, Guérande et diverses rentes en Normandie et en France. Du reste le duc laisse à la duchesse le choix entre ces deux parts. Blanche n'eut pas à faire ce choix ; elle allait mourir en 1283, avant son mari qui survécut trois ans

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 12:31

Le magnifique château de Trégarantec, était situé dans l'ancien évêché de Vannes et dépend aujourd'hui de celui de Saint-Brieuc et de la petite paroisse de Mellionnec, près de la limite des trois départements du Finistère, du Morbihan et des Côtes-du-Nord. Eloigné des villes et des grands chemins, perdu dans la solitude profonde de ses superbes bois de hautes futaies, il est à peu près inconnu des touristes. Aujourd'hui encore, bien que ce château ne conserve que peu de choses de ses splendeurs passées, l'oeil est étonné de ses proportions grandioses, du luxe intérieur et extérieur, de ses constructions et de la beauté de ses vastes dépendances. Les longues et spacieuses avenues qui y conduisent ; les cours d'honneur qui précèdent le château, entourées des bâtiments de service; le pavillon du chapelain et celui du régisseur; lé beffroi et la chapelle aux curieuses sculptures intérieures ; les immenses remises où l'on pouvait loger vingt-cinq ou trente carrosses à la fois ; les superbes orangeries, les gracieux balustres qui bordent les terrasses sur lesquelles s'ouvre une enfilade de sept beaux salons aux lambris de chêne sculptés et dorés ; les escaliers, les piliers et les socles de granit, autrefois ornés de statues, meublant les immenses jardins à la française, comme les dessinait Le Nôtre; les étangs poissonneux, fontaines d'eaux vives et croix élevées au milieu des bois; enfin le puits monumental, à la merveilleuse armature en fer forgé, chef d'oeuvre de quelque maître serrurier du temps de Louis XIV tout en un mot, contribue à faire de Trégarantec une demeure vraiment seigneuriale. On disait jadis : « Pour faire une demeure royale il faudrait réunir : la forêt de Lorges, le château de Coatanfao et les jardins de Trégarantec. » Le château de Trégarantec, tel qu'il existe encore aujourd'hui, remonte au XVIe et au XVIIe siècle. Mais il a dû succéder à une construction beaucoup plus ancienne, puisque la maison de ce nom existait déjà au XIIIe siècle, et que sa présence en la paroisse de Mellionnec est constatée, comme on va le voir, par les montres

 

 

Origine de la Maison de Trégarantec

 

 

« D'azur à trois pals d'argent. »

 

Monsieur Régis de l'Estourbeîllon, dans son Nobiliaire Breton, attribue à la maison de Trégarantec une origine tour-à-tour, Trégranteur, Trégaranteur, Trêganleuc et Trégarantec. Les habitants du pays où est situé le château de Trégarantec l'appellent, eux aussi, Trêganteur et Trégarantcur, ce qui donnerait raison à ce généalogiste érudit, dont l'opinion, à ce sujet, s'appuie, en outre, sur des d; «ments des plus sérieux. Nous rapporterons donc ici ce que dit cet auteur. La très ancienne famille de Trégaranteur ou Trégarantec est originaire de Tréganteuc ou Trégaranteur, près de Josselin. Les membres de cette maison occupaient de hautes situations en Bretagne, dès le début du XIIIe siècle. Monsieur de Courcy, qui semble ignorer l'antique origine de cette maison, ne cite les seigneurs de Trégarantec qu'à propos de la terre de ce nom, en Mellionnec, (anciennement évêché de Vannes, aujourd'hui de Saint-Brieuc) qu'il indique, à tort, comme son berceau. Cette terre noble fut bien, en effet, possédée par elle ; mais on la trouve beaucoup plus anciennement à Tréganteuc, qui fut certainement son fief d'origine. Et y comparut aux réformations et montres, de 1420 à 1536, pour les paroisses de Guégon et de Mellionnec, mais ne vit pas la réformation de 1669, s'étant fondue, vers le milieu du XVIe siècle, dans la famille de Quélen du Broutay. Remontant à Alain de Trégaranteur sénéchal de Guémené-Guingamp. En 1251 ; alloué du vicomte de Rohan, en 1261: qui obtint, en 126'*, d'Alain, vicomte de Rohan, des lettres patentes l'exemptant à perpétuité du droit de commune avec celle des seigneurs de Trêganteuc (ancienne trêve de Guégon, près Josselin) dont le nom s'écrivit, de 1426 à 1536. bail, ainsi que son frère Raoul et leurs hoirs ; que l'on voit, enfin, plaider à Vannes, en 1269, contre Alain et Geoffroy de Lanvaux, et qui vivait encore en 1271 ; elle compte encore parmi ses membres : Messire Raoul de Trégaranteuc, frère d'Alain, témoin dans un contrat d'échange, passé entre Olivier, vicomte de Rohan, et Guillaume de Séré, le mercredi après la Saint-Thomas de i'an 1316) ; Messire Alain de Trégaranteuc, l'un des 220 escuyers de la montre de messire Bertrand du Guesclin, revue à Caen, le 1er décembre 1370, l'un des escuyers de Pierre de Tournemine, sire de la Hunaudaye, en 1371 ; que l'on voit prévôt féodé du duc, à la fin du XIVe siècle, et gratifié d'un don de 200 livres par Olivier de Clisson, dans son testament du 5 février 1406. Il avait épousé demoiselle Jeanne du Clos, dame de la Hazaye et rendit hommage au vicomte de Rohan, à Pontivy, le 47 juillet 1396. Messire Jacques dé Trégaranteuc, exempté du service militaire, par le duc François 1er, en 1449, et laissé au vicomte de Rohan, pour la garde des places de Josselin, La Chèze et Rohan, dont il était chargé, puis l'un des hommes d'armes à la grande paye de l'ordonnance du Duc, en 1464, avec Jacquemart d'Argentré son archer, et, enfin, l'un des hommes d'armes faisant partie de la montre de Thomas de Kerazret, en l'ordonnance du maréchal de Rieux, revue à Ancenis, le 23 juillet 1474

 

 

Trégarantec en Mellionec, armoiries de Trégarantec ; de la Forest ; de Plusquellec ; de Maillé ; de Perrien ; Jégou de Kervillio

 

Seigneuries

 

 

La maison de Trégaranteur a possédé les terres et seigneuries de : Trégaranteur en Guégon ; -Trégarantec en Mellionnec, du Clos, -de la Chesnaye -de la Hazaye.

 

 

Principales alliances :

 

 

Elle s'est alliée aux familles suivantes : Du Clos au XVe siècle -de la Forest au XVe siècle ; de Lanvaux (25 janvier 1525) ; de, Quélen du Broutay (1544), etc. (Régis de l'Estourbeillon) Nobiliaire Breton ; Revue des Provinces de l'Ouest, année 1891.)

 

 

Voici, d'autre part, le résumé de la notice historique sur les anciens possesseurs de Trégarantec, en Mellionnec, telle que nous la trouvons dans l'intéressante Généalogie de la Maison Jégou du Laz. On y verra la suite et la succession des seigneurs de ce château, à l'extinction de la maison de Trégarantec, fondue, au XVe siècle, dans celle de la Forest, puis de Quelen du Broutay au XVIe siècle.

 

Alain de Trégarantec figure dans une vente, en août 1271 ;

Autre Alain de Trégarantec, en 1316 ;

Autre:seigneur du nom d'Alain vers 1550 ;

Allielle de la Forest, dame de Boisgelin, en 1510;

Louise de la Forest apporte cette seigneurie en mariage à son mari, Tanguy de Carman, et meurt en 1544 ;

Jean de Plusquellec, en 1530 ;

Charles de Maillé, marquis de Kerman (Kermavan ou Carman) sgr en 1612, meurt en 1628, après avoir vendu Trégarantec à Parthevaux de la Tour, en 1620, qui le vend lui-même à Pierre de Perrien, eu 1623, Celui-ci épouse Hélène Urvoy, dame de la Ville-Chevalier, et meurt en 1644 ; Louis de Perrien lui succède, comme seigneur de Trégarantec, et épouse, en 1660, Nicole de Cosnoal. Ils ont pour fils et héritier : Jérôme de Perrien, né à Trégarantec, en 1667. Après la mort de Louis de Perrien, Nicole de Cosnoal, mère et tutrice du jeune Jérôme, vend Trégarantec à Gilles de Saint-Noays, en 1676, dont hérite sa soeur ; Françoise Augustine de Saint-Noays, qui avait épousé, en 1662, René Jégou, seigneur de Paule, Ils firent aveu, en 1677, pour Trégarantec, à Haut et Puissant Seigneur Louis de Rohan-Guémené. Ainsi entrent à Trégarantec les Jégou de Kervillio, (plus tard Jégou du Laz) qui devaient posséder cette terre jusqu'en 1799.

 

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 09:21

Le duc Arthur II fut marié deux fois. De son premier mariage avec Mariex de Limoge, laissa deux fils : Jean qui lui succéda sous le nom de Jean III, et Guy que son frère fit comte de Penthièvre (en réalité, ils eurent trois fils, dont le benjamin, Pierre, titré duc de Saint-Malo, il naquit en 1289 et s'éteignit en 1315). Du second mariage. avec Yolande de Dreux, naquit un fils, Jean, qui de sa mère hérita le comté de Montfort l'Amaury. Le duc Jean III mourut le 30 avril 1341, après son frère le comte de Penthièvre ; il laissait pour héritiers Jeanne fille de Guy, représentant son père, et Jean son frère consanguin ; et en mourant il n'avait pas osé désigner son successeur au trône, de peur, disait-il, « de La question se posa de savoir qui serait admis à faire hommage pour la Bretagne.: serait-ce Jean, comte de Montfort ? Serait-ce Charles de Blois, comme époux de Jeanne comtesse de Penthièvre ? Cette grave question fut portée devant la cour des.pairs, qui, le 7 septembre 1341, allait juger en faveur de Charles de Blois. Or devant la cour des pairs Jean de Montfort avait produit un long mémoire dans lequel « se pressent descharger son âme » arguments de toutes sortes empruntés à la Bible, au droit féodal français, « la Coutume de Bretagne. Dans ce fouillis nous signalerons deux citations de droit civil (comme nous disons aujourd'hui), qui se trouvent dans les réponses de Jean de Montfort au principal argument de Jeanne de Penthièvre. Jeanne disait : « Mon père Guy de Bretagne, frère germain du duc Jean III, s'il avait vécu, aurait succédé à son frère germain.de préférence au comte de Montfort né d'un second mariage du duc Arthur. -Mon père est mort; mais je prends sa place, en vertu du droit de représentation admis en Bretagne. » Le comte de Montfort ne niait pas que la représentation ne fût admise dans le duché ; mais il prétendait démontrer que «si la représentation a lieu en Bretagne pour les fiefs particuliers des sujets, elle n'a pas lieu en la maison du prince ». Il posait en principe que « les coutumes des sujets ne sont pas pour le souverain ; » il citait, on peut dire il accumulait des exemples de règles obligatoires pour les sujets et qui n'obligent pas les ducs et les duchesses de Bretagne. Voici seulement deux de ces règles : « Les veuves des sujets font foi (hommage) pour cause de leurs douaires. La duchesse ne fait rien pour cause du sien. Les femmes des sujets ont leur douaire réglé. Les femmes des ducs n'ont point de douaire autre que ce qu'il plaît aux ducs de leur établir, à l'exemple des reines de France. » Reprenons ces deux propositions.

1* « Les veuves des ducs de Bretagne ne font pas hommage à cause de leurs douaires ».Cette règle se fondait apparemment sur des lettres de Philippe-le-Bel antérieures de vingt-cinq ans et dont voici une traduction exacte mais un peu abrégée. « Philippe (le-Bel), a ceux qui les présentes verront salut. -Savoir faisons que nôtre cher et fidèle Jean duc de Bretagne, nous a fait hommage pour tout son duché. Il nous plaît et nous voulons que notre chère et fidèle Yolande autrefois duchesse de Bretagne, comtesse de Montfort, possédant un douaire dans ce duché le tienne, sous la garantie du duc, sans nous en faire autre hommage. Donné à Paris, le Ie* jour de mars l'an du Seigneur 1316 ». (1317 nouv. st.). Cette décision s'explique très simplement. Yolande de Dreux, veuve d'Arthur II en second mariage et belle-mère de Jean III, a un douaire, un usufruit ou une rente assise sur des seigneuries bretonnes. Jean III, qui a succédé à son père, en 1312, a fait hommage de tout le duché : cet hommage suffit au roi. Très bien ! Mais Montfort transforme à tort cette décision en règle générale. La décision du roi a pour motif la garantie du duc. Or garantir c'était se charger de rendre hommage pour la terre entière, quoiqu'on en démembrât quelque partie pour douaire ou par partage.

 

2° « Les femmes des ducs n'ont pour douaire que ce qu'il plaît aux ducs de leur établir, à l'exempte des reines de France ». Il nous faut ici jeter un coup d'oeil sur notre-ancienne législation en matière de douaire.

 

 

 

Deux prétendants pour une couronne : Jean Comte de Montfort, Charles de Blois

 

Notre Très Ancienne Coutume a été écrite vers 1330 ou 1340. Son chapitre 31 (nous disons aujourd'hui article), établissait au profit de toute veuve même remariée, un douaire qui était l'usufruit du tiers des immeubles de son mari. Rajeunie dans ses termes.et, selon une expression qui revient souvent, « clarifiée », cette disposition a passé dans l'article 437 de l'Ancienne Coutume et enfin dans l'article 455 de la Nouvelle. Voici Je texte de l'article 455 ; je le cite au lieu du texte un peu obscur de l'article 31 de la T. A. Coutume : « Douaire est acquis à femme veuve, encore qu'elle se remarie, sur les héritages de son seigneur mari,pourvu qu'elle se soit portée loyalement en son mariage ; et doit avoir le tiers de ce dont son mari a eu possession pu droiture, durant Je mariage, s'il n'y a convention contraire... ». On le voit, la quotité du douaire, usufruit du tiers des biens du mari, n'a pas varié du commencement du XIVe siècle à la fin du XVIIIe. Ce douaire établi par la loi du duché comme un droit pour la veuve était dit douaire coutumier. Mais, outre ce douaire coutumier, il y avait un autre douaire que. le mari pouvait accorder par son traité (ou contrat) de mariage et qu'on appela plus tard douaire préfix. Les deux douaires étaient l'un comme l'autre acquis à la femme du jour de son veuvage et pour toute sa vie. Mais elle ne pouvait les cumuler; elle devait choisir l'un, ou l'autre, Or la disposition si favorable aux veuves de Bretagne, écrite dans l'article 31 de la T. A, Coutume, ne regardait pas les femmes des ducs de Bretagne, « Elles n'ont de douaire, dit la mémoire du comte de Montfort, que ce qu'il plaît aux ducs de leur établir. » Ce qui veut dire que, de droit, d'après la Coutume, les veuves des ducs n'ont pas de douaire coutumier ; et que c'est aux ducs leurs maris à suppléer en faveur de leurs femmes au silence de la Coutume, en leur faisant une attribution qui sera une sorte de douaire préfîx. -Cette disposition se fera ou par une sorte d'acte de donation, ou par testament.

Mais, remarquons tout de suite que l'avantage ainsi fait aux femmes des ducs ne mérite guère le nom de douaire employé d'ordinaire. En effet le douaire coutumier ou préfix est de sa nature un droit définitif, incommutable. Au contraire, le douaire assigné à sa veuve par le duc défunt a besoin d'être ratifié par le successeur du décédé ; d'où suit que le successeur a la faculté de ne pas ratifier la disposition, qui peut être par lui réduite ou môme supprimée. Or, c'est le décès du mari donateur qui donne ouverture à la jouissance du douaire ; que le successeur refuse aussitôt sa ratification, la jouissance cesse à peine commencée; qu'il se contente de réduire l'importance du douaire, la volonté du décédé sera encore méconnue. En sorte que, un duc de Bretagne ayant constitué à sa femme un douaire opulent, pouvait, à ses derniers moments, se demander quel serait le sort fait à sa veuve ! Situation juridique singulière, mais que rendent certaine les faits que nous allons passer en revue. Nous allons étudier les douaires assignés aux épouses des ducs de Bretagne depuis l'an 1236. Cette étude commence donc à l'avènement de la maison de France au trône de Bretagne, (début du XIIIe siècle), pour finir à la réunion de la Bretagne à la France (1532). Dans cet intervalle d'environ trois siècles, nous verrons passer sur le trône dix ducs, sans compter Charles de Blois et le comte de Montfort, et quinze duchesses, en comptant nos deux reines de France, Anne et Claude.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 12:01

 

L'héritier présomptif du duc Jean, ou, comme on a dit quelquefois, le comte de Nantes car on a donné ce titre aux premiers nés des ducs de Bretagne, parvint au trône en 1445, et est connu dans l'histoire sous le nom de François Ier. La cérémonie du couronnement de ce nouveau duc a été décrite avec des circonstances qui ne François Ier, duc ne paraissent pas avoir été introduites pour la première fois à cette époque, mais qui n'avaient pas été rapportées dans le récit de l'installation de ses prédécesseurs. Ce prince se mit en marche à cheval, accompagné de son cortège, pour faire son entrée dans la capitale. Les portes de Rennes étaient fermées. Le clergé et les états étaient en dedans : l'évêque de Rennes fit ouvrir le guichet , baisser le pont-levis, et alla au-devant du duc lui demander ce qu'il voulait. Celui-ci répondit : « Je viens faire mon entrée dans ma capitale et y prendre les marques de ma dignité. » Alors on lui fit prêter deux serments : le premier, qui fut reçu par le clergé, garantissait les libertés et les franchises de l'Église ; le second promettait le maintien des prérogatives de la noblesse et des droits du tiers-état ; il fut reçu par le vicomte de Rohan, apparemment comme premier baron. Après ces deux serments, le duc fut introduit dans la ville. Le cérémonial voulait qu'il passât la nuit en prières dans la cathédrale. I^e lendemain l'évêque lui présenta l'épée en lui disant : « On vous donne cette épée au nom de monseigneur saint Pierre, comme on l'a donnée aux rois et ducs vos prédécesseurs en signe de justice, pour défendre l'Église et le peuple qui vous est commis, en prince équitable. Dieu veuille que ce soit ainsi, et que vous en puissiez rendre vrai compte au jour du jugement, au sauvement de vous et dudit peuple. » Ensuite, en lui posant le cercle ducal sur la tête, le prélat ajouta : « On vous baille, au nom de Dieu et de monseigneur saint Pierre, ce cercle qui désigne que vous recevez votre puissance de Dieu le tout puissant, puisque étant rond, il n'a ni commence ment ni fin. Ce Dieu vous réserve une couronne plus durable dans le ciel , si vous remplissez vos devoirs en contribuant par vos soins à l'exaltation de la foi et à la tranquillité de l'Église et de vos sujets. Vous jurez à Dieu et à monseigneur saint Pierre, sur les saints évangiles et les saintes reliques, qui sont ici, que vous conserverez les libertés, franchises, immunités et coutumes de l'Église, que vous ne ferez aucun tort, aucune in justice ni à nous ni à vos autres sujets, et que vous ferez rendre la justice selon votre pouvoir. » Il y avait quatre ans que le duc était en possession de son duché sans qu'il eût encore rempli envers le roi l'obligation de l'hommage. Cette cérémonie fut précédée d'une réconciliation entre la maison de Bretagne et la maison de France, réconciliation qui est remarquable par sa forme, car elle fut consignée dans des lettres d'abolition et de pardon que le roi accorda au duc et à ses sujets, pour l'assistance qu'ils avaient donnée aux ennemis de la France.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 05:48

 

 

Dès 1430, un mariage avait été projeté entre François, comte de Monfort héritier de Bretagne, et Isabeau d'Ecosse, soeur du roi Jacques II. Mais le duc Jean V changeant d'avis demanda et obtint pour son fils la main d'Yolande d'Anjou, la soeur cadette de Marie, femme du roi Charles VII. La reine de Sicile, mère de la fiancée, avait promis une dot de 60.000 écus (environ 2.530.000 fr. de notre monnaie). Ne pouvant acquitter cette somme, elle donna à sa fille Beaufort-en-Vallée et Château-Fromont, en stipulant que ces deux seigneuries lui seraient rendues, si dans dix années, les 60.000 écus avaient été versés. -Le duc Jean V promit un douaire de 6.000 livres, soit à cette époque 247.500 fr. de notre monnaie. Le douaire des duchesses de Bretagne va rester fixé à 6.000 livres; mais il faut remarquer que si le douaire est le même nominalement, la valeur de la livre va quelque peu varier au cours du XVe siècle. Yolande d'Anjou mourut le 17 juillet 1440, sans laisser d'enfants ; et le duc Jean V reprit son projet d'alliance avec une princesse d'Ecosse. Les conventions matrimoniales furent arrêtées en juillet 1441, Le roi Jacques promit à sa soeur Isabelle cent mille saluts d'or, plus de trois millions de notre monnaie, et le douaire de la future duchesse fut fixé à 6.000 livres, (comme ci-dessus environ 247.500 francs). Jean V, qui allait mourir le 28 août 1442, ne vit pas le mariage de son fils célébré en novembre. Huit ans plus tard, le duc François Ier, nommé lieutenant général du roi, préparait une expédition qui allait délivrer la Normandie. Le 23 janvier 1450 il fait son testament. Il assigne en douaire à « sa bien, aimée soeur et compagne la duchesse » la châtellenie de Succinio et tout ce qui appartient au duc dans, « l'Ile de Rhuys a ; les villes, chastels et seigneuries de Guérande, le Croisic, l'Ile de Bats, sans en rien retenir sauf la justice en preuve de souveraineté» Le chiffre de 6.000 livres n'est pas répété dans le testament ; nul doute que le revenu des seigneuries données ainsi en « usufruit et viage » ne soit égal sinon supérieur à 6.000 livres. Le duc va revenir malade en Bretagne ; et, le 16juin, au manoir de Plaisance près de Vannes, il ajoute à son testament un codicile, par lequel, fermant l'accès du trône à ses deux filles, il appelle à sa succession d'abord son frère Pierre, puis son oncle Richemont. Un mois plus tard (18 juillet) le duc mourait. La duchesse allait vivre en Bretagne honorée de tous, jusqu'à la fin du siècle.

 

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