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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 03:49

 

 

Queu Mar

Queul ô


 

Un mois d'août bon précédait un hiver un hiver bon.


 

Les enfants nés en août étaient désignés des rabatoux, des querellous et chicanous. Les mariés d'août étaient parents d'enfants paresseux


 

Celui qui mettait du fumier hors de son étable en août mettait une pièce de bête en plus dans son étable.


 

A Gaël, une fontaine merveilleuse dite de Saint Symphorien guérissait de la rage ; le Saint-Fiacre de Guenroc guérissait de la colique.


 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:11

 

 

Tonquedec par M. H. du Cleuziou. - Les ruines imposantes de cette antique demeure féodale sont peut-être ce qui reste en Bretagne de plus remarquable en ce genre. Elles s'élèvent sur une croupe de coteau, dans un site sauvage et pittoresque, à quatre lieues de Lannion, à une demi-lieue Nord-Ouest du bourg de même nom. Le Leguer (ou rivière de Lannion) coule à gauche, dans une vallée profonde, encadrée de rochers boisés, et poursuit son cour vers le Nord ; à droite se creuse une autre vallée latérale, arrosée par un petit ruisseau qui s'écoule d'un étang. C'est donc un cap étroit qui forme l'assiette du château, dont l'entrée est au Midi. Tonquedec présente la configuration d'un polygone irrégulier, et se divise en deux parties disparates de style et d'époque. Cinq tours cylindriques, sans compter le donjon et les deux petites tours protégeant la portée d'entrée, flanquent les angles des courtines qui ceignent le bayle (ballium) principal. Cette partie du château renfermait l'habitation seigneuriale, dont quelques débris jonchent le sol ; elle est la plus ancienne, et semble appartenir au XVe siècle. Une enceinte extérieure, formant comme une avant-cour, enveloppe de ses murs, renforcés de trois tours, la courtine méridionale et la porte où étaient placés la herse et le pont-levis, entre deux tourelles : un fossé intérieur séparait les deux parties de la forteresse. La première enceinte, ou bayle extérieur, parait avoir été ajoutée au corps du château vers la fin du XVIe siècle. Le donjon est situé à l'angle le plus avancé vers le Nord-Ouest, à la pointe du promontoire qui domine la vallée; occupant le sommet d'un triangle, il fait face à la courtine qui relie les deux tours angulaires du grand côté. On y accédait uniquement par un pont qui venait reposer sur une culée en maçonnerie haute encore de plus de 5 mètres, lequel pont correspondait à une poterne cintrée percée dans la paroi du donjon, au niveau de la galerie de la courtine. L'étage inférieur de cette grosse tour n'avait pas d'ouvertures : c'est à peu près la seule qui ait conservé, à son sommet, les consoles de ses machicoulis. L'épaisseur de ses murailles est de 3 mètres 60 à sa base; mesurées aux étages supérieurs du donjon, elles présentent encore 3 mètres 25 d'épaisseur. Quant à l'histoire de ces belles ruines, la voici en peu de mots : Tonquedec doit son origine aux vicomtes de Coëtmen, juveigneurs de Penthièvre (voir Généalogie historique des sires de Coëtmen, vicomtes de Tonquedec en Bretagne par Anatole de Barthélémy; on peut conjecturer que sa construction primitive n'est guère postérieure à celle de Coëtmen, que certains auteurs rapportent au milieu du XIIe siècle, époque où la seigneurie de ce nom fut assignée en partage au premier sire de Coëtmen. Ces puissants barons portèrent indifremment le titre de vicomtes de Coëtmen ou de vicomtes de Tonquedec. L'importance de cette seigneurie nous est révélée par un document curieux qu'ont publié les Bénédictins : c'est l'état dressé à Ploërmel, en 1294, du nombre de chevaliers que devaient à l'ost du duc les barons et seigneurs de Bretagne. On y lit à l'article de la «  baillie de Tréguier  » que le visconte de Tonquedeuc devait « cinq chevaliers » -autant que les barons de Vitré et de Fougères (D. Morice, Pr., tom. 1, colonne 1113). Au XIIIe siècle, les vicomtes de Tonquedec sont mêlés à tous les évènements importants de l'histoire du pays. L'un d'eux accompagne en 1270 le duc Jean-le-Roux à la croisade (D. Morice, tom. I, 1008). Au XIVe siècle, on les voit prendre une part active à la guerre de succession et embrasser la cause de Charles de Blois ; plus tard celle du connétable de Clisson, dans ses démêlés avec Jean IV. En 1395, le duc de Bretagne fit raser et démolir le château de Tonquedec, de crainte qu'il ne servit encore de retraite à ses ennemis, ainsi que le constatent ses lettres données à Nantes le 8 juin, par lesquelles il décharge Henry du Juch, son chambellan, de la garde dudit château. C'est ici le lieu de remarquer que l'inspection des débris qui viennent d'être décrits amène à des conclusions parfaitement concordantes avec le fait historique de la destruction de Tonquedec à la fin du XIVe siècle. Le donjon, les tours, les murs d'enceinte dans leur état de dégradation, toutes ces ruines, en un mot, portent bien le cachet du XVe siècle. Il est à croire que la reconstruction de cette forteresse fut l'oeuvre de Roland, vicomte de Coëtmen, le même qui, en 1447, fit ériger en collégiale l'église paroissiale de Tonquedec. Depuis l'érection de la vicomté de Coëtmen en grande baronnie par le duc François II, l'an 1487, en faveur de « son bien aimé cousin et feal Jehan de Coëtmen, vicomte de Coëtmen et de Tonquedec » cette dernière seigneurie, membre intégrant de la nouvelle baronnie, en suivit et en partagea toutes les vicissitudes. C'est dire qu'elle passa successivement à la famille d'Acigné, par le mariage de Gislette de Coëtmen avec Jean VI d'Acigné, en 1497 ; -à la famille de Cossé-Brissac, par le mariage de Judith d'Acigné avec le maréchal de Brissac : leurs descendants possédaient encore cette baronnie en 1669 ; elle revint un peu plus tard à une branche cadette des Coëtmen, qui la porta, vers 1760, à la famille de Rougé, dont le chef en était titulaire à l'époque de la révolution. Coetmen, dont l'histoire, comme on vient de le voir, est intimement liée à celle de Tonquedec, ne présente plus à l'oeil que d'informes ruines. Assis sur la crête d'un coteau nud et aride, dont les pentes abruptes dominent de plusieurs centaines de pieds les circuits gracieux décrits par le Leff, au fond d'une fraîche vallée, ce château était remarquable par sa situation qui commandait toute la contrée voisine. Tremeven est à une demi-lieue vers le Nord, Lanvollon à 5 kilomètres au Sud-Ouest. Ce n'est plus qu'aux traces des douves, encore assez profondes, surtout du côté occidental et autour du donjon, qu'on peut retrouver et reconstruire par la pensée le plan de la forteresse. Elle affectait une forme peu régulière ; à peu près rectangulaire dans la partie orientale, la ligne d'enceinte décrivait une longue courbe en passant par le Nord, et venait se terminer circulairement à l'Ouest. Le terrain, ainsi circonscrit, n'a pas plus d'un hectare de superficie. L'angle Sud- Ouest est occupé par une motte à peu près elliptique, séparée du reste de l'enceinte par une douve. Le périmètre de cette motte mesurée à sa base, est de 245 pas (environ 200 mètres). Dans tout le pourtour de sa cîme, on reconnaît des débris de fondations de vieux murs ruinés, se reliant à une grosse tour croulante, dont la masse isolée se dresse encore sur le bord du versant méridional qui pend vers la rivière : voilà tout ce qui reste du donjon de Coëtmen. A l'intérieur, elle figure un pentagone, percé au rez-de-chaussée d'une poterne ouverte à l'Est, et qui, autant qu'on en peut juger vu son état de dégradation, parait avoir dù être ogivale ; au premier étage, les ouvertures étaient cintrées. L'extérieur de cette tour offre, non pas des contours régulièment cylindriques, mais bien une série de facettes inégales en largeur; on en compte jusqu'à quatorze. Cette multiplicité de pans fait qu'elle se rapproche beaucoup de la forme circulaire.L'épaisseur des mure de cette tour est de 4 mètres ; le diamètre intérieur atteint à peine 6 mètres. (voir Description du château de Tonquedec par Alfred de la Barre de Nanteuil, page n° 1 - Description du château de Tonquedec par Alfred de la Barre de Nanteuil, page n° 2 - Description du château de Tonquedec par Alfred de la Barre de Nanteuil, page n° 3 - - Description du château de Tonquedec par Alfred de la Barre de Nanteuil, page n° 4) 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 06:34

 

 

 

Montafilant par M. H. du Cleuziou. -Les ruines de ce château, situé à une demi lieue Nord de Corseul, couronnent d'une façon pittoresque un mamelon de figure ovoïde, entouré de vallons encaissés aux pentes abruptes où serpente un ruisseau qui vient former un étang vers le Nord-Est. Un isthme étroit reliait l'assiette du château aux coteaux voisins, et présente le seul point accessible pour pénétrer dans la forteresse. Rien n'égale la poétique mélancolie, la grâce un peu sauvage de cet agencement de collines onduleuses et de ravins escarpés qui enceignent le promontoire sur lequel se dressent encore les vieilles tours croulantes de Montafilant. vers la fin du XIIe siècle, le château, aujourd'hui en ruines, dont suit la description. Il devint le chef-lieu d'une seigneurie, apanage d'une branche puinée de cet illustre maison (voir La Maison de Dinan-Montafilan), qui, par ses alliances, le porta d'abord à la famille des barons de Laval ; par suite il fut réunis à la baronnie de la Hunaudaye. (Dupaz, Généalogie de Dinan et de Châteaubriant).Le château de Montafilant, qui occupait le sommet du mamelon, affectait la forme triangulaire, dans son plan général, avec un côté brisé vers l'angle Sud, ainsi qu'il va être expliqué plus bas. -La courtine faisant face au Nord présente encore les débris de trois tours cylindriques ; l'une à l'angle Nord-Ouest, la mieux conservée; la seconde placée au milieu à peu près de la muraille; c'est dans celle-là qu'il existe encore une petite chambre voûtée en pierres. La voûte en ogive, soutenue par des arcs-doubleaux épannelés et retombant sur des consoles ornées de masques humains, accuse le XIVe siècle ; la troisième tour occupait l'angle Nord-Est de la courtine : il n'en subsiste plus que des débris informes qui en marquent l'emplacement. La tour centrale Nord est remarquable par des meurtrières ou arbalestrières très-allongées et très-étroites, avec une ouverture circulaire au milieu. Les anciens bâtiments d'habitation étaient adossés à cette cour tine du Nord, à peu près dans l'emplacement qu'occupent aujourd'hui les maisons de la ferme comprise dans l'enceinte du château. Tout près de la courtine Ouest on voit un puits d'une profondeur considérable et d'un appareil de maçonnerie digne d'attention ; les parois intérieures sont formées de belles pierres de taille. M. de la Villebrunne, qui connaît le pays de Corseul et les ruines de Montafilant depuis son enfance, a donné à M. Delabigne Villeneuve de précieux renseignements sur la topographie de ces débris, qu'il a vus bien plus entiers et plus complets qu'ils ne sont aujourd'hui. Ainsi il assure qu'une porte existait auprès de la tour centrale du Nord ; que cette porte était environnée d'ouvrages extérieurs, formant une sorte de demi-lune; qu'en dehors de ces ouvrages, et s'étendant sur cette partie du mamelon qui, par une dépression graduée, va s'abaissant vers l'étang, il existait une seconde enceinte extérieure de fortifications, formant comme un préau semi-circulaire oblong, environné de murs, dont on retrouve çà et là les traces dans les fossés du domaine qui en occupe la place. On peut suivre dans toute sa longueur le déploiement de la courtine occidentale, à partir de l'angle qu'occupe la tour Nord Ouest où d'énormes pans de maçonnerie sont encore debout. Le peu d'épaisseur de ses murs la font regarder comme plus moderne que le reste du château ; chaque année il s'en écroule quel que partie, et bientôt elle se trouvera découronnée au niveau des autres tronçons de tours qui l'avoisinent. Au milieu de cette courtine de l'Ouest se voient les restes d'une autre tour, dont la base conique est assez bien conservée : on suit également très bien, de ce côté, les traces de la douve. La tour de l'angle Sud-Ouest est un monceau de décombres, mais son emplacement est visiblement reconnaissable. A partir de cette tour qui défendait l'accès principal de la place, la disposition actuelle est confuse ; elle a besoin des commentaires de M. de la Villebrunne pour être expliquée. On reconnaît facilement que l'entrée ou porte Chastelière devait être dans ce lieu : c'est le seul endroit où les coteaux opposés se rapprochent pour faciliter le passage et permettre l'établissement d'un pont levis. Le pont levis et les tours du portail devaient donc être là : mais il n'en reste plus traces. Le pont mobile a été remplacé par un ponceau à demeure, en maçonnerie, jeté sur le ravin ; quelques vestiges d'ouvrages avancés semblent indiqués par des bases ruinées de constructions qui revêtent la contrescarpe à l'opposite de l'entrée du pont. En dedans, du côté de la forteresse, une tour semble aussi avoir dû s'élever vers l'Est, un peu en arrière de la grosse tour Sud-Ouest, qui aurait ainsi formé la tête d'un ravelin protégeant la porte d'entrée. Les souvenirs de M. de la Villebrunne viennent, du reste, confirmer ces conjectures fournies par l'aspect du terrain. Il se rappelle avoir vu la grosse tour Sud-Ouest encore presque entière, et le mur d'enceinte suivant à partir de cette tour, une ligne brisée pour aller rejoindre la tour Sud-Est dont on supposait tout à l'heure l'existence. Vis-à-vis cette dernière tour, la muraille, changeant de direction, se brisait en angle presque droit, et c'est dans le front de cette petite courtine qu'était pratiqué le portail du château. De cette façon, il était protégé et par la tour Sud-Est, et par la grosse tour Sud-Ouest, et par la courtine dont la face bordait le flanc du passage donnant accès à la forteresse ; sans parler des ouvrages extérieurs qui sans doute couvraient le pont levis. Ainsi défendu par les fortifications de main d'homme et par les ravins qui l'entouraient de leurs profondeurs, Montafilant devait offrir, au moyen âge, une position militaire inexpugnable (voir Le château de Montafilan Le château de Montafilan en images). M. Delabigne-Villeneuve termine ses intéressantes communications en exprimant le regret de ne pouvoir, faute de notes assez complètes, entretenir la classe d'Archéologie des châteaux du Guildo près Plancoët (voir Le château du Guildo par Jean-Baptiste-François Delaporte - le château de Gilles de Bretagne au Guildo & l'abbaye de Saint Jacut de la Mer), et de Jugon, dont la position si importante, et si bien protégée par ses deux vastes étangs, avait donné naissance au vieux dicton national :

 

Qui a Bretagne sans Jugon

A chappe sans chapperon. 

 

(voir Le site qu'occupait le château de Jugon - Histoire de Jugon, page n° 1Histoire de Jugon, page n° 2 -  Histoire de Jugon, page n° 3 - Histoire de Jugon, page n° 4 : les guerres de la Ligue)

 

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 17:19

 

Après avoir admiré dans sa ceinture de futaie le domaine de Coëtbicor, propriété de la famille de la Nouë et les sites pittoresques qui se déroulent des hauteurs voisines… Ainsi s'exprimait J. Bazouge en 1879 lorsqu'il servait de guide au voyageur dans la ville de Dinan et ses environs. Cette terre de Coëtbicor sise en la paroisse de Eréac fut possession des Ferrand, des Langan et des Le Berruyer selon René Kerviler. Mais revenons sur cette vieille terre de Coëtbicor. Un enclos carré de 80 mètres avec large fossé y a été observé par des archéologues. Le vicomte Frotier de la Messelière y a décrit un reste d'enceinte fortifiée, en forme d'écusson, la pointe tournée au sud-est, longue de 80 m, large de 50 m, avec douves de 10 mètres. Un site antique aurait-il été réutilisé au cours du Moyen-Âge. A quelle famille faut-il attribuer pareil aménagement ? Probablement à la toute puissante famille du Chastellier qui outre ses mottes du Châtelier, du Bois-Hamon et de Branxian en la paroisse voisine de Lanrelas, contrôlait ainsi, au cours de la période féodale ces points stratégiques. Eréac résultant du démantèlement de la paroisse primitive de Plumaugat était en ce vieux Pagus de Poudouvre, lequel voisinait alors avec l'antique Poutrocoët dont les paroisses limitrophes, bordaient celles de Eréac : Saint-Launeuc, Mérillac, Langourla…. Sans doute un cadet du Chastelier était-il détenteur de l'endroit. Un certain Petro de Coitbicor, est cité dans une charte de Marmoutiers en date du 9 juillet 1318, s'agissait-il d'un personnage apparenté à la terre d'Eréac. Dans la montre nobiliaire de la paroisse d'Eréac, l'an 1513 est cité noble escuier Guyon Le Berrruyer, seigneur temporel du Margaro et Coë-Bicor, ancienement et de tout temps noble est en pocession d'avoir après ses prédécesseurs, en l'église paroissiale dudit lieu, armoiries et tombeaux, les prières, etc., et a de plus rantes, devoirs et autres seigneuries ; la maison et lieu de Coë-Bicor, où il demeure et la me(tairie) dudit lieu. Item la me(tairie) du Bois-Roullier (voir les villages d'Eréac, page n°1), laquelle fut à noble home Robin Cheville, duquel l'aquist Me Robert Ferrand, sr dudit lieu et de Coëtbicor, idem sur la metairie de la Haye Sebille anciennement noble et exempts.

 

 

Mre Robert Ferrand, est pour sa part mentionné par Dom Morice. Ainsi, évoquant le comté de Porhouët (ancien Pourtrocoët), ce dernier parle de la Terre de Merdrignac qui est tenue sous le Comté dudit Porhouët et notamment le seigneur et dame de la Val -Jean de Laval fut possesseur de la Hardouinays en 1513 et Maître Robert Ferrand était un des Officiers dudit sieur de Laval. Pol Potier de Courcy nous fournit ces notes au sujet de la famille Ferrand : sr de Coibicor, par. d’Eréac, -du Resto, par. de Reguiny. Réf. et montres de 1426 à 1513, dites par. et par. de Merdrignac, év. de Saint-Malo et Vannes.  « D’azur au sautoir d’argent, accomp. de quatre billeltes de même»  (Arm. de l’Ars.) Fondu dans Le Berruyer. Mre Robert Ferrent, sieur de Couesbuer, comparu armé à blanc, paige o lance. Ledit Ferrand comparaissait vers l'an 1475 sous la bannière de la Huaudays durant la Montre de l'Evesché de Saint-MaloLa famille Le Berruyer selon le même auteur  : sr du Margaro et de la Villebilly, par. de Sévignac -lieu à présent disparu et qui voisinait celui du Bois-Raulet, -du Tertre-Volance et de la Barbottais, par. de Plénée-Jugon, - de la Lande, par. de Plestan, -de Coibicor, par. d’Eréac (voir les villages d'Eréac, page n°6), -du Resto, par. de Réguiny. Anc. ext. réf. 1670, cinq gén, réf. et montres de 1428 à 1536, par. de Plénée et Plestan, év. de Saint-Brieuc et Réguiny, év. de Vannes. « D’azur à trois pots d’argent. »  Devise : ''Meliora sequuntur.  Jean Le Berruyer, épousa vers 1513, Jeanne Hudelor et eut pour héritier Robin époux de Jeanne Gaude. C'est en consultant les pages de Sévignac lors des Réformations entreprises au cours du XVe siècle que l'on obtient davantage de renseignement sur la famille Le Berruyer ; sous la plume des commissaires J. Sevestre et G. Guischart il est mention en 1418 de Jean & Guillemet Le Berruyer cités au Bouguenau -Bougueneuf. 

 

 

 

Fenestrage XVe à Bougueneuf et Manoir du Tertre Volance à Plénée

 

Ainsi, le 20 septembre 1449, les commissaires Jean Gibon, auditeur des Comptes et Pierre Duparc, procureur de Jugon, citent Amice Le Berruyer à la Villebilly, y a un métayer. 1472 : Robin Le Berruyer, par Jean archer en brigandine, Olivier Le Berruyer sieur du Margatz -Margaro (voir aussi le Margaro en Rouillac), celui-ci percevait un revenu de 120 livres était porteur d'une brigandine et comparaissait armé d'une jusarme ; Guillaume Rouxel décédé en 1435, était marié à Perrotte Le Berruyer de la Maison du Margaro. Au cours du mois d'août 1475, Henry de Queblen, auditeur à la Cour des Comptes, assisté de Bertrand Duval, Maître des Requêtes, effectuèrent le relevé des familles nobles pour la paroisse de Sévignac, ils mentionnaient un certain Guillemot Le Berruier à Bougueneau -Bougneuf, mais aussi Olivier Le Berruyer sieur du Margaro en ses manoirs qui sont  nobles et y a metayer à la villebili Lieu Brulé, Jean Le Berruyer noble homme à Bougueneu noble d'ancienneté et y a un metaier ausi bien qu'à sa maison du bourg noble et ancienne et y a un métayer. Instance de Magdelaine de Savoie, dame de Montmorency, du Chastelier et de Branxien contre Louis Le Berruyer, écuyer, sieur de Coibicor, avril 1582. Vers 1569, Jean Le Berruyer fils de Robin épousa Marguerite Volance de Plénée, héritière de la terre du  Tertre Volance et de la Barbottais en Plénée, il eut pour fils François Le Berruyer qui est dit Sieur du Tertre Volance. En 1691, la terre du Tertre Volance était encore aux mains d’un certain Jean Le Berruyer

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 04:36


 

Lehon par M. H. du Cleuziou. -Assise au sommet d'une éminence naturelle de forme conique, rendue plus abrupte par des travaux de main d'homme, cette antique forteresse n'est séparée de Dinan, vers le Sud, que par la distance d'une demi-lieue à peine. La Rance arrose tout près de là, vers l'Est, une délicieuse vallée; un étang creusé du côté du Nord, au pied de la motte qui portait le château, entrait probablement dans le système de défense de la place, tandis que l'escarpement du terrain au Sud et à l'Ouest en rendait l'attaque très-difficile. Le petit bourg de Lehon s'était groupé à l'abri du vieux et jadis célèbre prieuré de Saint-Magloire, au bas du rocher qui s'incline vers la Rance. Maintenant, si vous gravissez les pentes roides de cette éminence, vous arrivez sur l'aire même du château de Lehon. Vous avez sous les yeux un polygone irrégulier, au pourtour duquel on retrouve encore les débris de l'ancien mur d'enceinte et les bases plus ou moins ruinées de sept tours. Peu de chose reste ici à l'observateur pour l'aider à fixer l'âge de ces débris. Plus de traces de la porte d'entrée, ni des bâtiments d'habitation ! Les tronçons de tours qui subsistent encore n'offrent plus ni escaliers, ni portes, ni fenêtres caractérisées, ni créneaux, ni mâchicoulis. Quelques ouvertures de meurtrières carrées à l'intérieur, et ne présentant qu'une fente longitudinale à la partie externe, quelques archères longues parfois de 3 mètres, l'appareil de la maçonnerie, l'épaisseur des murailles, voilà à peu près tout ce qui peut servir de matière à observation. Or, les murs des tours n'ont pas plus de six à sept pieds d'épaisseur, excepté la tour de l'Ouest, qui peut avoir trois mètres. La tour S.-O. est la mieux conservée à l'intérieur : on y remarque une baie cintrée oblongue, surhaussée, de forme presque romane, à contours bien appareillés ; une porte cintrée aussi ; l'intérieur est taillé en demi-lune, dont le côté droit s'adosse à la muraille du fort. Les tours N. et N.-E. sont les mieux conservées : l'empattement de leurs bases coniques et solidement assises présente un ap pareil très-bien lié de petites pierres inégales et fixées par un mortier tenace. Au-dessus de l'évasement règne un cordon en pierres de moyen appareil, lequel se répète à la hauteur des ar chères. On a pensé que ces tours pouvaient remonter au XIIe siècle. L'histoire du château de Lehon, comme forteresse, commence au XIe siècle; bâti par Hamon Ier, vicomte de Dinan, il devint bientôt par sa position une des places d'armes les plus inaccessibles de ces fiers barons. Hamon II, vicomte de Dinan, y soutint un siège contre le duc Alain III, et sous les murs de ce château eut lieu une sanglante bataille entre ce duc et son frère Eudon accouru au secours du vicomte de Dinan, qui tenait son parti. -A l'époque où le féroce Henri Plantagenet, roi d'Angleterre, guerroyait en Bretagne, Lehon fut aussi menacé par le vainqueur déjà maître de Bécherel, autre château de Rolland de Dinan ( voir Les Sires de Dinan par Anatole de Barthélémy, page n° 1.). « Lehum vero castrum, in quo Rollandus maximé confidebat, quia erat atura et arte munitissimum, obsedisset (Henricus rex Anglorum) nisi brevitas termini eundi ad colloquium Francorum regis eum urgeret. » (Chronique de Robert, abbé du Mont-Saint Michel, ad annvm 1168.) Si l'on en croit la Chronique de Saint-Brieuc et les Chroniques annaulx, suivis par Lebaud, une seconde expédition dirigée par je même roi Henri contre Lehon, l'année suivante, 1169, eut plus de succès ; le château de Rolland de Dinan fut emporté et détruit par le prince anglais (Tunc eliam temporis Henricus Anglorum rex guerram contra Rollandum de Dinanno habuil, ac fortallitia Becherelli et de Lehonio ad terrain prostravit.). Après l'accommodement qui intervint à la suite de cette guerre entre le baron breton et le roi d'Angleterre, il y a tout lieu de croire que Lehon fut rétabli; et si, dans les ruines actuelles, il se trouve quelques parties anciennes, elles ne peuvent remonter plus haut que cette reconstruction de la fin du XIIe siècle. Quoi qu'il en soit, il est certain que Lehon était sorti de ses ruines, et qu'au XIIIe siècle il excitait puissamment la convoitise du duc Jean-le-Roux, ce prince avide et habile à s'agrandir aux dépens de ses vassaux. Lehon et la vicomte de Dinan appartenaient alors au comte de Goello, Alain d'Avaugour, qui avait recueilli, à cause de sa mère, Marguerite, dame du Mayne et de Dinan, l'héritage des anciens vicomtes de de Dinan. Il finit par vendre, en 1264, tous ses droits sur Dinan et Lehon à Jean, duc de Bretagne, avec ce qui lui restait par ailleurs de la succession de sa mère, pour une somme de seize mille livres tournois, dont il fut payé comptant, et six cents livres de rente. A partir de ce moment, Lehon, rentré dans le domaine ducal, n'en sortit plus. Charles de Blois, à son retour de sa captivité en Angleterre, vint à Lehon en 1351 et y séjourna quelque temps. Au sujet de la garde du château de Lehon, on lit ce qui suit dans le tome II des Preuves de Dom Morice, col. 709 : « Jocelin de Guité aiant eu la capitainerie de Lehon du tems de la duchesse Jeanne de Navarre, Amaury de Fontenay et Guillaume de Clin, commissaires du duc de Bourgogne, nouveau curateur du duc, receurent ladite forteresse dudit Jocelin, et la confièrent pour le tems du gouvernement du duc de Bourgogne à Raoul, sire de Coëtquen, chevalier, qui jura fidélité sous peine d'être reputé faux et deleal chevalier, le 27 novembre 1402. » Le nom du château de Lehon cesse, depuis cette date, d'être répété dans les Actes de Bretagne. Après l'union de la province à la France, l'importance de la forteresse diminua graduellement, et ses remparts avec leurs tours cédèrent peu à peu à l'action du temps. Au XVIIe siècle, l'enceinte du château fut afféagée au prieur de Lehon pour une rente annuelle de 10 livres tournois. (L'acte est de 1642; voy. la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée annoté, tom I, p. 483.) Mire Charles Bruslard, prieur en 1644, donna aux religieux les matériaux, ruines et démolitions du vieux chastel de Lehon, : consistant en huit tours sur l'enceinte, le donjon étant au milieu de l'emplacement d'icelui, et quelques restes de murailles étant encore sur bout à charge aux Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur d'employer lesdits matériaux provenant desdites démolitions aux réparations jugées utiles à faire au prieuré. » Ce passage nous révèle une particularité intéressante, l'existence d'un donjon central dont il ne reste plus la moindre trace. Quel dommage que ce donjon n'ait pas été dessiné ou décrit avant d'être démoli ! il existait encore en 1677 (d'après un aveu cité par l'annotateur d'Ogée). (voir Le château de Léhon et ses possesseurs par M. Habasque (extrait de l'Annuaire des Côtes du Nord - Le château de Léhon


 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 12:34

 

Suite du travail de l'abbé Auguste Lemasson.

 

 

Jean de Rosnyvinen, dit de Guitté


 

« Jean de Rosnyvinen, dit M. Trevédy, n'apparaît qu'en 1433 dans la compagnie d'Arthur de Richement mais il devait être alors, depuis quelque temps déjà, au service du connétable, car celui-ci le choisit, cette année même, pour une mission de confiance. Ce fut, en effet, Rosnyvinen qui représenta Richemont dans la conspiration ourdie contre la Tremojlle, en juin 1433. » Le but des conjurés n'était pas, croit-on, la mort de cet indigne favori, mais simplement son éloignement de la cour du roi Charles VII. L'on peut donc se demander si Jean de Rosnyvinen n'outre passa pas ses instructions, quand il porta au sire de la Tremoille un coup de dague au ventre, « mais la dague était si courte et la Tremoille si gras, que Rosnyvinen ne put transpercer celui-ci jusqu'au vif. » Aussi le roi pardonna-t-il à Rosnyvinen ce coup de dague à peu près inoffensif. Moins de dix ans après, en 1443, il avait le titre de premier échanson du Roi. Il était en même temps maître des eaux et forêts de France, Champagne, Lyon, Maçon, bailliage de S'-Pierre Le Moutier et ressort d'Auvergne. Un compte de Jean d'Ust, trésorier de Bretagne, nous apprend aussi que Jean de Rosnyvinen, dit de Guitté, jouissait du titre d'écuyer du duc, et cela dès 1436. Nous avons vu plus haut que Rosnyvinen servit d'abord sous les ordres de Richemont. Il prit part au combat de Saint-Denis, gagné sur les Anglais l'an 1436. Il y lit prisonnier Thomas de Beaumont, lequel, dans la. circonstance, commandait les ennemis. (Devenu à son tour prisonnier des Anglais, il reçut du roi Charles VII 400 écus d'or pour lui aider à payer sa rançon. Le 16 janvier 1446, ce même monarque lui accorda des lettres patentes l'autorisant à se démettre de sa charge de premier échanson en faveur de Guillaume de Rosnyvinen, son neveu. Il continua cependant de servir à la guerre et expliqua à son souverain, comme quoi il avait perdu ses neveux, tous quatre morts à la guerre, au service du duc, ainsi que son frère qui avait épousé l'hérit. général, devenu duc de Bretagne, le fit capitaine de la Ville et Château de Dinan. Il semble qu'il occupa ce poste jusqu'à 1477, car nous trouvons, cette année, un mandement du duc pour François de Guitté, fils aîné et héritier principal de Jean de Rosnyvirien, vivant capitaine de Dinan. d'avoir à remettre les clefs de cette ville au sire de Coëtquen. M. C. de Kerdellech croit que Jean de Rosnyvinen trépassa en Basse-Bretagne, et qu'il fut enterré dans en l'abbaye de Daoulas -image ci-dessous, où l'on'voyait, dit-il, son tombeau, avec ses armes gravées,, qui étaient d'or à la hure de sanglier, arrachée de gueules. En mourant, Jean de Rosnyvinen, dit de Guitté, laissa, comme nous venons de le voir au moins un fils, auquel nous allons consacrer le paragraphe suivant.


 

 

 

François de Guitté


 

François devait être déjà âgé lorsqu'il recueillit la succession paternelle car, dès le 10 janvier 1455, nous le voyons marié et soutenant avec l'autorisation de son père un procès contre Robert Lenfant, seigneur de la Tandourie, en Corseul. Il rendit aveu en 1478 pour le fief Morvan, le fief Quinio, ainsi que pour le fief es Coz, les trois situés en Ploubalay et relevant de là seigneurie de la Roche, desquels il avait hérité à la mort de son père. Il parut, le 8 janvier 1479, à la montre tenue à Dinan, par le sire de Coëtquen, « en homme d'armes, avec page, lance, coustilleur et deux archers en brigandine. » Cet appareil ne fut cependant pas jugé suffisant, et il lui fut fait injonction de fournir suivant sa richesse. François de Guitté avait épousé le 20 mai 1452, non pas Catherine de Châteaubriant de Beaufort, ainsi qu'on lit dans la « Généalogie des Châteaubriant », mais Gillette de Châteaubriant, (comme le témoigne un minu rendu le 6 juin 1503 par les héritiers de cette dame. François de Guitté, nous apprend le minu précité, précéda son épouse dans la tombe et mourut au mois de janvier 1485. Gillette, sa veuves ne trépassa qu'au mois de février 1499. ( Voici, du reste, la pièce d'où nous avons tiré ces renseignements. Elle est cataloguée E 106 aux Archives des Côtes-du- Nord :  Le 6 juing 1503. Ensuitt le minu, rapport et déclaration des héritages, terres, rentes, juridiction, seigneurie et obéissance, que tenait au temps de son décès et en ligence de la court de Lamballe, noble écuyer François de Guité, en son vivant sieur du Mesnil et de la Boüexière, qui décéda au mois de Janvier, l'an mil quatre cent quatre vingt cinq lequel minu et rapport, baillent et présonnent nobles et puissants Guilaume de Chasteaubriand et Guyonne Le Porc, sa compaigne et épouse, sieur et dame de Beaufort et de la Bottetere; à Jehan Visdelou, naguère recepveur et fermier de la dite cour de Lamballe; pour en jouir de la tierce partie d'une année par cause de Rachapt, pour raison du décès de feue Gilette de Chasteaubriand, qui décéda au mois de fébvrier l'an mil quatre cents quatre vingt et dix neuf, comme douairière du dit déffunct François de Guitté, ô protestation d'augmenter ou corriger ou diminuer le présent minu .scavoir une maison, manoir, depors, jardin, domaine, colombier, garenne et prés le tout contenant ensemble 18 journaulx de terre ou environ, joignant d'une part à terre Guillaume Le Mée, d'autre à terre Rolland Salmon et d'autre à la Ripvière, vulgairement appelée le Marais-Salé. Cette chose faict partie en la paroisse de Lancieux et autres partie en la paroisse de Ploubalay. Item, une pièce de terre appelée Les Prés Salés contenant ensemble trois journaulx de terre ou environ, joignant d'une part à terre de feu Olivier Robert, d'autre à la Rivière ci-avant nommée

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 12:41

Cette seconde page consacrée à la famille de Guitté est extraite du travail de l'Abbé Auguste Lemasson «La Roche et ses seigneurs, du XVIe siècle à nos jours ». -la Terre de la Roche était assise entre Lanvallay et Lancieux. 


 

 

Illustrations de M. Frotier de La Messelière

 

C'est en 1148 que l'on trouve Eude, le premier membre connu des sires de Guitté. Il paraissait a!ors, comme témoin, dans une donation faite par Bertrand de Dinan à l'abbaye de Boquen. Un siècle plus tard, Ollivier de Guitté prit part en 1249 à la sixième croisade. Le plus illustre représentant de cette vieille race féodale fut Robert, seigneur de Vaucouleur, lequel comparait dans nombre de montres du XIVe siècle, en qualité de chevalier & bachelier, et combattit avec Du Guesclin sur les champs de Cocherel, l'an 1364. Un peu plus tard, on le trouve en 1371 l'un des maréchaux du grand connétable, conjointement avec Jean de Beaumanoir, le vaillant capitaine des héros du Combat des Trente. En 1372, Robert enleva Dinan aux Anglais et devint dans la suite capitaine ou gouverneur de cette ville. Bien que Courcy se borne à énumérer parmi les seigneuries de cette maison, Vaucouleur en Trélivan, la terre de Guitté en la paroisse de ce nom et le Quellenec en La Nouée, il est certain cependant que Jean de Rosnyvinen, (dit de Guitté, à cause de son alliance avec l'héritière de cette maison,) possédait l'an 1455 la terre de la Grande Boüexière en Corseul et qu'il procédait à cette époque avec Jean Lenfant, sire de la Tandourie, au sujet des droits des seigneurs de la Bouexière, que revendiquait ce dernier. Il n'importe point à l'histoire de la Roche que nous établissions la succession des seigneurs de Guitté avant le XVe siècle. Au reste, nous manquerions pour cela de nombreux matériaux. Il nous suffit de dire qu'en 1420, l'on trouve Guillaume de Guitté parmi les écuyers du duc Jean V. Ce même personnage accompagna François Ier, son successeur, dans un voyage que celui-ci fit à Amiens en 1425. Il est aussi probable qu'au décès de son parent, Josselin de Guitté, ce fut lui qui hérita de la terre et seigneurie de Vaucouleur. Malheureusement Jeanne du Chastelier en Eréac, l'épouse de Guillaume de Guitté, ne lui donna qu'une fille, appelée Béatrix. Celle-ci, dernière héritière de sa lignée, fit passer les terres et seigneuries de sa maison dans celle des Rosnyvinen, par suite du mariage qu'elle contracta le 23 février 1423 avec messire Jean de Rosnyvinen. Cependant le nom de Guitté ne fut pas éteint pour cela et l'on se prit à continuer de donner cette appellation à la branche des Rosnyvinen qui venait d'entrer dans cette famille. C'est ainsi que l'on désigne assez souvent dans les titres de l'époque, Jean de Rosnyvinen, le mari de Béatrix, sous le nom de Jean. Selon Odorici : Recherches sur Dinan et ses environs, Jehan de Rosnyvinen épousa à Dinan, Béatrix de Guitté, à charge d'adopter son nom et ses armes. Il y eut à cette occasion une grande fête à Dinan, à laquelle prirent part tous les habitants de cette ville de Guitté. C'est du reste sous ce nom que nous le connaissons, comme ayant possédé, sinon la Roche en Lancieux, du moins plusieurs des fiefs qui relevaient de cette seigneurie. Mais nous ne pouvons dire comment ces terres lui étaient advenues, ni si c'était à titre d'acquêt, d'apport ou d'héritage. En tout cas, c'est comme seigneur, sinon de la totalité, du moins d'une partie du domaine de la Roche, que nous lui consacrerons une notice, dont nous puiserons quelques-uns des éléments dans le travail de M. Trevédy sur « Les Bretons, compagnons de guerre du connétable de Richemont, ainsi que dans l'ouvrage de M. C. de Kerdellech, «Recherches sur la Chevalerie de Bretagne. » 


 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 14:25

 

 

Cette ancienne maison de Guitté a pris son nom d'une terre située en la paroisse de Guitté, évèché de Saint-Malo ; elle fut présente aux réformations de 1427 à 1513, pour les paroisses de Ménéac, de Trélivan et de la Nouée, même évêché. (Anc. Réform.) -Alliée aux Plouër, Châteaubriand, Pinguilly, Bosme, Langourla, Lupin, Ville-Hellouin, la Robelinaye, Querlan, Tréal, Cluhunault, des Nos, Bois-Riou. Elle portait pour armoiries « d'azur à la croix d'argent ».

 

 

Le premier membre connu au sein de cette maison fut Eudes de Guitté qui apparaît en l'an 1148 comme témoin de Roland, fils de Alain de Dinan, lors d'une donation en faveur de l'abbaye de Boquen. Voir acte ci-dessous.

 

Donation d'un moulin par R. de Dînan, sire de Bécherel.


 

J. Dei gracia Sancti Maclovii yocatus episcopus, cunetis fidelibus tam prelatis quam subditis sue parrochie, ad quos littere iste pervenerunt salutem in Domino, et oracionum munus : manifestum est quod Rollandus, filius Alani de Dinan, monachis Cistercientibus de Bochian, concessit situm molendini de Clemecle, per manum meam : quem pater ipsius prius eis dederat, pro sue ac parentum suoruin anime redempcione. Quia vero generatio preterit, et generatio advenit, ne qua occasione servi Dei patiantur injuriam de predieti doni ablatione, sigilli nostri impressione volumus illud in perpetuum confirmait. Predicti doni testes fuere : Kennarocus tune prior prefacti loci, et Halauus conversus ejus, Aubertus archidiaconus, Gauterius prior de Lehum, Herbertus capellanus ejusdem loci, Oliverius Gwion, Bertrannus filius alterii, Thomas de Trediarn, Eudo de Guite, Gwihonocus filius Normanni, multique alii quorum (nomina) non sunt hic scripta. Actum anno ab Incarnacione Domini M° C° XL° VIII°


 

L'acte fut rédigé l'an 1146 sous l'épiscopat de Jean de la Grille alors évêque de Saint-Malo, y sont mentionnés nombre de témoins : Kennaroc, qui fut le deuxième abbé de Boquen (voir l'abbaye de Boquen, page n° 1), Halauus, son (moine) convers, Gautier, prieur de Léhon (voir Le prieuré royal Saint Magloire de Léhon, page n° 2), Herbert, chapelain du même endroit, Olivier Gouyon, Bertrand, un autre fils, Thomas de Trédias, Eudon de Guitté, Guyon fils de Normand. Il est aussi question du moulin de Clemecle situé en la paroisse de Caulnes

 

Hervé de Guitté, qualifié de Baron, est mentionné quant à lui en l'an 1158, il est cité parmi les conseillers du duc de Bretagne Conan IV (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 9) - acte ci-dessous ; en sa qualité de Baron, il était donc admis comme juge auprès du duc de Bretagne. Hervé de Guitté est également cité comme premier témoin à la fondation de Beaulieu en 1170 (voir abbaye de Beaulieu en Languédias - Ancienne abbaye de Beaulieu en Languédias)

 

 

MCLVIII

 

Testes hujus confirmatíonis sunt Radulfus Filgeriensis, Rollandus de Dinan, & Hamo de Boterel Dapifer, qui hoc etiam postulaverunt & laudaverunt. Guido Dapifer. Philippus de Campania. Oliverius de Apinneio. Tebaldus de Chanpes. Galterius de Sellan. Leones. Henricus de Castelerio. Robertus de Givresie. Guillelmus de Lence. Herveus de Guite. Hoc autem factum est in caméra Episc. Redon. Tertia die Paschae. Data per manum Hamelini Cancellarii X. Kal. Maii. Tit. de S. Melaint. 

 

 

Hervé de Guitté, demeurait l'an 1158 le château de Beaumont en cette même paroisse de Guitté (voir Le château de Beaumont en Guitté)

 

On trouve ensuite un certain Olivier de Guitté dont on nous dit qu'après bien des hésitations et des difficultés, il consentit en 1239 à faire au hommage au prieur de Léhon, pour le fief de la Bréhesaie en Plouasne. L'an 1249, Olivier de Guitté prenait part à la septième Croisade (voir les seigneurs locaux présents à la septième croisadeet s'associait à Eudon le Dean, Robert de Courson et à Pierre du Pelerin pour le nolis d'un bâtiment (fret du navire) qui les transportaient de Chypre à Damiette. (Charte de Nimoc., coll. Courtois.)

 

A même période, il est mention de Rolland de Guitté, chevalier  au sujet d'une aumône en faveur de l'abbaye de Boquen en 1249 : 


 

Universis, etc., Rolandus de Guite, miles, salutem in Domino. Noveritis quod ego assignavi religiosis viris abbati et conventui beate Marie de Boquian unam minam frumenti ad mensuram de Broon vena lein, pro elemosinis defunctarum dominarum Stephanie et Valencie, cujus mine domina Valencia assignaverat dimidiam minam silliginis supra molendinum de Tredyas, domina Stephania assignaverat aliam dimidiam supra terrain suam de Tremur. Ego vero dictam dimidiam silliginis commutavi in frumentum et volui quod integra mina frumenti reddatur super dominico meo de Tremur annuatim infra Nativitatem Domini, et hoc esset firmum, etc. ; et decanus de Plomaudan, ad preces meas, sigilli sui apposuit munimentum. Actum anno Domini M° CC XL° nono. (Arch. des Côtes-du-Nord.) 

 


 

Robert de Guitté, sieur de Vaucouleurs, vécut au moment où éclata la guerre de succession de Bretagne, l'un des deux maréchaux de du Guesclin, il devint partisan de Clisson au cours de la division qui éclata entre ce dernier et le futur duc Jean IV de Bretagne, issu de la Maison de Montfort. Avec ses complices, il parvint par surprise, à se saisir de la garnison de Saint-Malo. (extrait ci dessous). Robert de Guitté fut garde de la ville de Dinan, mais aussi de la ville, forteresse et château de la Roche-Derrien (voir La châtellenie de la Roche-Derrien). 


 

Cependant de la part dudit de Clisson estoient en Bretagne messire.Robert de Guité, & messire Geoffroy Ferron Chevaliers, qui espioyent toutes les oportunitez de faire nuisance au Duc ! dont ils en trouverent l'occasion,cavec les habitans de la ville de S.Malo, en laquelle estoient en garnison de par le Duc les Seigneurs de Montauban,& de Chasteaugiron,le Vicomte de la Belliere, avec leurs compagnies,qui traitoient avec les habitans fort insolemment:qui fut cause que Guité & Ferron ayans descouvert ce mescontentement pratiquerent secrètement les chefs des habitans,qui accordèrent de mettre les gens du Roy de dans leur ville,promettant le Roy de les prendre en sa protection & sauvegarde,parce qu'ils accordoient de tenir de luy nuement leur villes, terres & possessions, & quireroient l'obeïssance du Duc, pour advoüer le Roy de France. Ainsi ayans espié heure à propos, & l'absence des Capitaines, la nuit du jeudy 10. d'Octobre 1387. le rendirent de Guité & Ferron à un certain endroit de la muraille, y posèrent les eschelles,& avec l'aide de ceux de dedans entrerent,& firent entrer leurs troupes : & y fut pris le Vicomte de la Belliere,& Mathurin des Forges,& s'en firent maistres, depuis le Roy delibéra de la garder pour l'oportunité de la mer & du passage : & tint les habitans en bride, y faisant commencer un chasteau : & print un don & commission du Pape Clément d'Avignon pour colorer son entreprise,par lequel le Pape luy donnoit ladite ville sur se Duc, qu'il disoit estre schismatique, pour ne vouloir suivit son party contre Boniface qui seoit à Rome : Voilà comme on s'aidoit lors.

Robert de Guitté est aussi mentionné à la tête d'une montre nobiliaire le 26 septembre 1370 :

Messire Robert de Guitté, Chevalier, deux autres Chevaliers & dix-sept Escuyers, reveus à St. Malo le 12. jour de juillet ledit Messire Robert de Guitté & les dessus dits, reveus à St. Malo le 12. jour d'Aoust ensuivant, ledit Messire Robert de Guitté, dessus dits receus à St. Malo le 7. jour d'Ocłobre ensuivant, à luy par trois Lettres, c'est à sçavoir le 18. jour de juillet trois cents quarante cinq livres tournois, le 10. jour d'Aoust ensuivant trois cents quarante cinq livres tournois, le 29. jour d'Octobre ensuivant trois cents quarante cinq livres tournois pour tout

 

Le 1er mai 1374, Robert de Guitté fut chargé sur ordre de Charles VII, de rendre à l'évêque de Saint-Malo et au Chapitre, la garde de la ville de Saint-Malo. Il fit aussi partir de l'Association de la Noblesse bretonne contre l'invasion de la Bretagne. Il fut un de ceux qui envoyèrent ambassade au duc alors réfugié à Londres et lui jurèrent fidélité. Robert de Guitté figure parmi les signataires du second traité de Guérande qui mit fin à la guerre de succession de Bretagne (voir Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 5 - Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 9).

 

Guitté qui capitaine estoit

De Dinan, de longtemps avoit

Et en vieux faits estoit habile

Les clefs il rendit de la ville

 

 

Il est probable que Robert de Guitté fut le père de Guillaume de Guitté marié à Julienne du Chastelier, le 2 février 1453 à Dinan, et aussi de Messire Bertrand de Guitté évoqué ci-après (généalogie du-Paz). Un certain Jossselin de Guitté est cité en 1385 comme capitaine de Léhon au temps de Jeanne de Navarre, troisième femme du duc Jean IV, et aussi Gouverneur de la cité de Dinan, charge qu'occupait Robert de Guitté en 1439. 

Contrast de mariage de noble escuier Jan de Rofniuinen, qualiffyé fils aisné de nobles homs Ollivier de Rosnivinen, seigneur de Rosnivinen et de Kerancouet, auecq noble damoiselle Beatrix de Guitté, fille aisnee et presompt issue herittiere principale et attendante de nobles homs Guillaume de Guitté, seigneur de Vaucouleur, et de noble damoiselle Jullienne du Chastellier -certaines sources donnent Jeanne du Chastelier (voir La famille du Chastelier en Eréac), sa compagne, en datte du 2e Febvrier 1453, deuement signé, garenti et scellé, par lequel il est entre autres choses stipulé que les enfans d'eux deux tiendroient et porteraient pour eux et leurs hoirs à jamais ez temps à venir le nom de Guyté, auecq les armes plaines que porte ledit seigneur de Vaucouleur, sans autre nom ne armes porter, sauff aux juveigneurs à y avoir differance, ainsy que faisoient les gens nobles. Contrast en datte du 20e Décembre 1338 deuement signé, garenti et scellé, auquel est desnommé ledit Geffroy de Rosnivinen 

 

Contrat de mariage entre Olivier de Rosnivien et Béatrix de Guitté fille de Guillayme et de Julienne du Chastelier

 

 

Augustin du-Paz nous a laissé quelques notes sur d'autres membres de la famille de Guitté :

 

Messire Bertrand de Guitté seigneur de Vaucouleur, Chevalier preux & hardy, vivoit l'an 1397. comme il se justifie par deux actes datez du mesme an. L’un daté du seiziesme de Septembre, l'autre du 2 de Decembre. Il print en mariage Jeanne de Ploüer, comme conste par acte daté du 15 de Septembre l'an 1405 auquel an elle estoit deffuncte, & en avoit eu un fils appellé

 

François de Guitté aussi seigneur de Vaucouleur, qui fut père d'autre Messire Bertrand de Guitté, qui vivoit l'an 1417. De cestui-cy vint par representation de personne autre

 

François de Guitté aussi seigneur de Vaucouleur, qui fut marié avec Catherine de Chasteaubrient, de la maison de Beaufort, & mourut le 6. jour d'Octobre l'an 1505 laissant deux fils & sept filles,sçavoir

(En 1513, pour la paroisse de Guitté comparaissait Franç(ois), de Beaumont, sr de Beaumont, tient led(it). lieu et met(airie). dud(it). nom, où il y a un journ(ée). de rot(ure). Plus, tient la met(airie). nob(le). de Beauchesne. Plus, celle de la Haye, où sont 2 journ(ées). de rot(ure). C'est sans nul doute audit Guitté qu'il ait fait allusion.)

 

Guillaume de Guitté l'aisné ; François de Guitté puisné, qui deceda le 15 de Novembre l'an 1528. La fille aisnée ſut mariee en la maison de Pinguilly, la seconde en la maison de Bosme en premieres nopces, & en iseconde en celle de Langourla (voir histoire de Langourla, page n° 17), & y eut des enfans des deux mariages.La troisiesme en la maison de Lupin & la quatriesme appellee Françoise en la maison de Ville Hellouin. La cinquiesme en la maison de la Robelinaye, la sixiesme en la maison de Marreloüa, la septiesme en la maison de Querlan et eurent toutes des enfans

 

Guillaume de Guitté seigneur de Vaucouleur, fils de François & Catherine de Chasteaubrient, espousa en premieres nopces Jeanne de Tréal (voir Beaubois et ses Seigneurs, page n° 5, par Alfred de Tesson, Capitaine de Frégate en retraite.), Dame héritiere de Sainct Pere, de laquelle il eut une fille mariee à Thomas de Quebriac seigneur dudit lieu, dont vint une fille mariée avec François-du Guemadeuc seigneur dudit lieu (voir Maison de Guémadeuc par Jean Le Laboureur). Ladite Jeanne de Treal estant decedee le 19 de juillet l'an 1532., ledit Guillaume de Guitté se remaria avec Renee de Cluhunault, soeur de Jacques de Cluhunault, seigneur dudit lieu, qui avoit espousé Jacqueline de Treal, laquelle le survesquit, & estant mort sans enfans ladite Renee sa sœur luy succeda,& fut Dame de Cluhunault & eut fils & fille de son mary Guillaume, sçavoir :

 

Françoise de Guitté mariée avec Christofle des Noes, Escuyer seigneur de la MotteTourande, & Guy de Guitté seigneur de Vaucouleur par son pere, & de Cluhunaud par sa mere, qui espousa Jaquemine de Bois-riou (voir la Houssaye en Saint Maden et ses possesseurs) Dame dudit lieu, & en eut ladite Anne de Guitté Femme de Louys d’Espinay seigneur de la Marche (voir les possesseurs de la seigneurie d'Yvignac) Duquel mariage issurent deux fils, l’aisné appellé Charles, le second nommé Jean, seigneur de Cluhunaud.

 

Messire Charles d’Espinay Marquis de Vaucouleur (voir Vaucouleurs en Trélivan), fils aisné de Louys et d'Anne de Guitté, espousa Marie de Chaunay, fille de la maison de Cheronne au pays du Maine, au mois d'Octobre l'an 1600. & furent faites les nopces au chasteau de Duretal en presence de Madame la Marquise d’Espinay sa grand mere, & de Charles Marquis d’Espinay son cousin germain. De ce mariage y a enfans de grands noms desquels ne sont parvenuz a ma cognoissance. La seconde femme de Louys d’Espinay estoit douairiere de Colombiere. De la troisiesme je n’ay trouvé le nom, dont n'y a eu enfans. ll mourut à Plumaugat l'an 1600. (voir les possesseurs de la Maison à Plumaugat)

 

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Le 11 mai 1790, les officiers municipaux de Quimperlé, en exécution des lettres patentes du 26 mars,de la même année, se présentèrent à Sainte-Croix, pour faire l'inventaire du mobilier et mettre les scellés sur le chartrier de l'abbaye. Il ne s'y trouvait plus que cinq religieux savoir : dom Guillaume-Paul-Yves de Malherbe, prieur, âgé de trente-sept ans; dom Emmanuel Fourmault, sous-prieur, âgé de soixante-trois ans ; dom Pierre Davaux, sénieur, âgé de quarante ans ; dom François Lésée, de Brest, âgé de quarante cinq ans; et enfin, dom Jacques-Joseph Molle, de Saint Pierre-sur-Dive, officier de la maison, âgé de vingt-six ans. Le chartrier de l'abbaye était dans un si grand désordre, que le prieur déclara qu'il eut fallu six mois à deux archivistes, pour en faire le classement. Quant à la bibliothèque qui occupait la chambre n° 7, du grand dortoir, elle contenait mille quatre volumes, dont deux cents in-folio. Les chambres de l'abbaye étaient fort pauvrement meublées à l'exception d'une des chambres de l'hôtellerie, destinée aux personnages d'un rang élevé, tels que le duc d'Aiguillon, qui y reçut plusieurs fois une hospitalité onéreuse pour les religieux. Il s'y trouvait un lit complet de damas rouge, une commode couverte de marbre, un trumeau, sept vieux fauteuils de damas et une petite table. L'argenterie de la communauté se composait de quatorze couverts, quatre grandes cuillers, une cuiller à potage, un huilier, deux salières et deux poivrières en argent, enchâssées dans du cristal, et enfin douze cuillers à café. On trouva dans le jardin dix orangers en caisse; dans l'écurie deux chevaux dans les greniers deux tonneaux d'avoine, et dans la cave environ un tonneau de vin tant blanc que rouge. Le trésor de l'église avait beaucoup souffert du gouvernement des derniers abbés. Il n'y restait plus que trois calices et un -ostensoir d'argent doré, une croix processionnelle d'argent, un bâton de chantre, deux chandeliers, deux paires de burettes avec leurs plateaux,une boite pour les saintes huiles, un ciboire, un reliquaire pour la Vraie Croix, une masse de bedeau et un bénitier, le tout d'argent. En 1791, le directoire du département eut le dessein d'établir dans l'abbaye des religieux, récollets au nombre de vingt, et à cet effet, procès-verbal des lieux fut dressé le 18 janvier par un ingénieur des ponts et chaussées. Mais il ne fut pas donné suite à ce projet. Les bâtiments de Sainte-Croix, sont actuellement occupés par la sous-préfecture, le tribunal, la municipalité, le presbytère, l'école communale et la gendarmerie. La maison abbatiale acquise de la nation en 1791, parla municipalité de. Quimperlê, est devenue depuis propriété particulière

 

 

 

 

Le 27 mai de la même année 1790, deux commissaires de la municipalité, firent l'évaluation des biens de l'abbaye. Elle s'éleva à la somme de 495,497 livres, deux sous, huit deniers, ainsi répartie :

Biens dans la municipalité de Quimperlé 93,825 livres

 

Paroisses circonvoisines   : 179,421 livres. 10 sous. 8 deniers

Seigneurie du Houzillé      : 110,000 livres

Seigneurie de Callac         : 92,000 livres 12 deniers

Prieurés non unis              : 20,000 livres

Total                                  : 495,4971 livres 22 sous.8 deniers.

 

Extraits de Histoire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé par Dom Placide Le Duc 

 

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