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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 15:24

 


Moulins, pêcherie, tannerie, minoterie et lavoir

 

En 1295, le duc de Bretagne consent à ce que le prieuré de Jugon ait un moulin à fouler sur le ruisseau de Jugon : «A tous ceux qui ces presentes lettres verront et oyront, Jehan duc de Bretaigne, comte de Richemont, salut en notre Seigneur. Saichent tous que comme entre nous, d'une partye, et religieux et hommes et honeste frere Robert par la grace de nostre abbé de Meremoustiers de Tours et de couvent d'iceluy et le priour de leur prieuré de Jugon de la dioceze de Sainct Brieuc, de lautre et dissention fust esmeu sur ce que ledit priour de Jugon, moulins en une riviere ou en amne qui en ielles partyes de Jugon publiquement et communement est appellee Jugon, vouloit reedifier, et disoit ledit priour que es luy appartenoit de son droit, et que anciennement ses predecesseurs en ladite amne ou riviere ou il vouloit edifier avoyent edifie moulins, et nous disions encontre que le priour desudit ne pouvoit ni ne devoit reedifier lesdits moulins par plus fortes raisons que nous mettions en advant. A la parlin, anprez moult de discord eu sur les choses susdites dont et lesdits abbe et couvent ou le priour dessus dit pourrons edifier et faire un moulin a draps, o deux pilles o quatre matz a fouller draps, en ladite riviere qui est appellee Jugon, sans plus et sans ce que eux puissent jamais aultres moulins faire ne a draps ce nestoit de nostre volonte ou de nos successeurs tenant toutefois ledit moulin, tant seullement en estat o deux o quatre matz ce il leur plaist et sauf a eux leur moulin a bled avoir et tenir en ce lieu et en la riviere ou il est assis et en lestat ou ilz lont tenu jusques a ores. Et fut accorde de nostre partye que sil advenoit par aucun cas daventure, ou par nous ou par nos successeurs ou par nos alliez, le cours de ladite amne estre detourne ou change ou empesche parquoy ledit moulin ne peost fouller ou faire son debvoir, ledit abbe ou couvent et leur priour de Jugon dessus dit leurdit moulin fouleur pourront transporter ettttttt mettre en la maniere dessusdite o une pille quatre matz sans plus et sans ce que eux y puissent aultre moulin edifier par et ou il adviendroit ladite amne courre en la terre. En tesmoing de cette chose nous mismes nostre sceau en ces presentes lettres. Donne ou mois de may en lan de grace mil deux centz quatre vingt et quinze ans

 

En 1545, le Parlement ordonna au Sieur Villebauchef, d'abattre son Moulin sur la rivière passant les étangs de Jugon, faute de faire apparoitre les titres de son établissement. Ci dessous le chemin du bout de la ville conduisant au moulin du prieuré.

 

Quelques meuniers

 

-Thomas Carogé, meunier au moulin à fouler de la ville de Jugon en 1638

-Toussaint Caroger «mounier au Grand moulin de Jugon» en 1669

-Alain Briens, fermier au Moulin des Prieurs en 1751 puis meunier aux Grands Moulins, en 1756

-François Robert, meunier aux grands moulins en 1757

-Jean Rault meunier aux grands moulins en 1765

-Jacques Briens, meunier au grand moulin en 1772

 

 

Ci dessus et ci dessous le grand moulin, actuelle Maison de la pêche, et son bief.


 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours du XIVème siècle, un voyageur nommé Tristan de passage à Jugon évoque les murs de Jugon, l'une des plus fortes places de Bretagne et une famille de pêcheurs très ancienne. Le patriarche ne manqua pas d'évoquer la présence romaine qui aménagea la première défense du lieu, la fondation de 1109 et les épidémies de pestes qui ravagèrent la Bretagne au cours des VI & VIIème siècle et qu'on appelait en breton gnal vellen ou peste jaune. Extraits relevés par Arthur de la Borderie -(recueils d'actes inédits des Ducs et Princes de Bretagne) -sous Jean II 1239-1305 :

 

Johanni Rollandi pro dampnis que habuit in firma molent de Jugon, 25 l.

 

...à Margarite la degrepie Pierre Bullon, pour le retour d'aucuns draps depeciés ès moulins de Jugon par négligence des sergenz le Duc, 100 s.

 

A Geoffroy Robiou et à sa fame pour retour de la pescherie de Jugon qui fut retraite de leur ferme par 2 anz 12 l.

 

A la fin du XIVème siècle, les receveurs de Jugon refusèrent de payer les 8 mines de froment qu'ils devaient sur les moulins de Jugon. Somme que percevaient les prieurs de Jugon sur leur moulin dit moulin Raffrey. Les ducs de Bretagne qui se plaisaient à Jugon en raison de leur beau château demandèrent à l'abbé et aux Religieux de Saint Jagu ce moulin, ce qui leur fut aordé moyennant une rente annuelle de 8 mines froment sur les moulins.

 

En 1384, les fermiers ayant des difficultés à payer cette rante à l'abbaye de Saint Jacut, ces derniers se plaignirent auprès du duc de Bretagne qui expédia la charte suivante : «Jean, duc de Bretagne, à noz Repceveurs de Jugon, présents et advenir, salut, Religieux hommes, l'Abbé et Convent de Sainct Jagu de l'Isle, de l'Ordre de Saint Benoît, nous on donné à entendre que jaczoit ce qu'ilz aient accoustume avoir et prendre 8 mines de froment sur les revenus de noz moullins du lieu de Jugon à chacune feste de la Pentecoste, et que lesdictes huict mynes de froment ilz avoient eu d'un de noz prédecesseurs, en retour et compensation de ce que laditte abbaye souloit avoir un moulin nommé le moullin de Raffrey, jadis assis au bourg neuf dudit Jugon, et qu'ils en ont été en saisine et possession depuis le temps de ladite récompensation, jusques naguère que aucunz de noz récepveurs dudit lieu ont esté en deffault de leur en faire solution et payement, et nous on supplié que leur voulussions sur ce pouvoir de notre remède conenable, en les fesant jouir de ladite rente selon le contenu de leurs lettres; lesquelles pour nous informer de la vérité de leur donné à entendre, nous ont exibé en nostre conseil et par icelles nous avons trouvé les dictes huict mynes de froment leur estre dues annuellement audit terme sur nosdits moulins, à la mesure dudit lieu de Jugon, pour le retour et récompensation des susdites. Si vous mandons et commandons et à chascun de vous en son temps que des dictes huict mynes de froment faictes auxdits Religieux solution et payement plenement parr chacun an, comme dessus est dit, sans reffuz ou contradiction quelconque et rapportant ceste présente ou copie d'elles avec quictance d'eulx. Ce vous vauldra garant e deschage a chascun de vous quant mestier en aurez donné. En nostre Chastel de l'Ermine les derniers jours de Mars l'an mil trois centz quatre vingtz quatorze. Et ce voullons sauf en toutes choses réservez nos droits d'héritages, souverainetez et noblesse. Donné comme dessus, ainsi signé par le Duc, Thalastie. Par le Duc en son Conseil, présents, nous Guillaume Ederet et autres, et scelé.» (d'après travaux éffectués par l'abbé Lemasson et publiés par la Société d'Emulation des Côts du Nord en 1912 : Histoire du royal monastère de St Jacut de l'Isle de la Mer depuis sa fondation à l'an 1649)

 

Outre ses lavoirs, la ville disposait aussi de tanneries connues dès le moyen âge, même si la ville perdit sa défense, Jugon conserva cestanneries aussi désignées pelliceries alors très renommées. Dans les actes paroissiaux on évoque Jan Jegu tanneur en 1669, Jan Marcheix tanneur rue de Poudouvre en 1672, Olivier Martin marchand tanneur en 1815, Jean Marie Martin tanneur en 1815, Laurent Leffroy & Julien Boutrais marchands de cuir en 1670: Laurent Leffroy marchand de cuir & cordonnier rue St Etienne en 1671. La rue de la Triballe rappelle le temps où les tanneurs exerçaient cette activité. Sans nul doute que les riverains étaient incommodés par les odeurs nauséabondes qui émanaient de l'endroit. Dans la rue des Grands Moulins, subsiste une ancienne tannerie.

 

-Jan Pehuet, «mousnier de sa vocation du bout de la ville lez Jugon» en 1671

 

-René Campan meunier au Moulin du Prieur en 1743

 

-Guillaume Campan, meunier au Moulin du Prieur en 1750


 

 

 

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 15:16

L'adjudication de la sénéchaussée de Jugon

 

Sous le roi François Ier, des lettres accordèrent au sieur de Montbourcher du Plessix Bordage, la jouissance pendant 5 ans, du revenu de la terre et dépendance et seigneurie de Jugon, qu'il prendra des mains du receveur dudit lieu suivant la mainlevée qui lui en fut expédiée «Mr du Plessis Bordage en jouit par don du roy» . Le 10 avril 1698 les domaine de Jugon et de Lannion furent adjugés par les Commissaires Généraux du Conseil à Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, pour la somme de 150. 000 livres. ...Ledit domaine de Jugon consistant dans les Greffes civile et criminel, insinuations et affirmations de voyages de la justice dudit Jugon; plus au Pré au Duc, droits de coutume, halles-chef, rentes anciennes et autres tant en grain et autres espèces qu'en argent, soit afféagementttt sur les moulins, qu'autrement, la taille de Jugon terres labourables et autres, et les droits de chamblenage, lods et ventes, échanges et contre échanges, rachapts, sous rapchats tousits doiseigneuriaux féodaux dauxaux appartenans au Roi à cause dudit domaine, droits de bâtardise, deshérence, amandes et confiscations suivant la coûtume, présentations aux Bénéfices, Cures des paroisses dépendant dudit domaine , et autres droits casuels, seigneuriaux et honorifiques, même avec le droit de retrait féodal dans les dits domaines de Lannion et Jugon suivant la Déclaration du 19 juillet 1695....

Toutefois les nouveaux possesseurs du domaine ne disposaient pas à Jugon du droit de haute justice, Jugon dépendant du domaine royal. Le seul droit dont disposait le possesseur était de nommer et de présenter des candidats aux offices de justice. Le roi accorde les charges. Ainsi en 1616 c'est au procureur du roi en poste à Jugon que le parlement de Bretagne s'adressa afin d'ordonner la démolition du château. Afin de lutter contre les fraudes qui sévissent, un inspecteur envoie le 13 mai 1709 un de ses archers en habits déguisés en matelot se poster à Jugon, bourg situé à environ 10 lieues de St Malo où on assure que passent ces fraudes, pour ne paraître à Dinan. Mais un Malouin ayant reconnu l'intrus, s'en fut alerter les fraudeurs des environs. Ceux ci font des détours des détours qui allongent leur chemin de plus de 20 lieues et ne marchent que la nuit par ces petits chemins détournés en sorte qu'il faudrait un régiment de gens pour pouvoir les surprendre. En 1764, Jugon est une ville avec maîtrise des eaux et forêts de Bretagne, &, ressortant du diocèse et recette de Saint Brieux, parlement et intendance de Rennes. On n'y compte point de feux, mais seulement 100 maisons ou environ. Cette petite ville est située sur la rivière d'Arguenon, à 6 lieues & quart au Sud Est de Saint Brieux. Elle fait partie du duché de Penthièvre, depuis l'acquisition qu'en fit le comte de Toulouse. Le pays des environs abonde en bled, en lins, en chanvre. Jugon ou St Malo de Jugon, ville exempte avec une sénéchaussée, au diocèse de St Brieux en Bretagne. Le comte de Toulouse évoqué n'était autre que le bâtard de Louis XIV et de sa maitresse la marquise de Montespan : Louis Alexandre de Bourbon 1681-1737. C'est en 1697 qu'il fut nommé duc de Penthièvre. Son petit fils Louis Jean Marie de Bourbon sera l'époux de Marie Louise de Carignan, dite madame de Lamballe, amie de la reine Marie Antoinette; les révolutionnaires promenèrent sa tête au bout d'une pique après qu'elle mourut lynchée ce 3 septembre 1792.



 

 

 

 

Le comte de Toulouse

 

Pierre de Dreux procéda à l'aménagement des deux étangs encadrant sa défense dans la première moitié du XIIIème siècle, ne subsiste plus que le grand étang. Rieu est la chaussée d'un étang situé au dessus de Jugon :

 

si la Rieu cassait tout Jugon s'rait néié !

 

Autrefois il y avait toujours sur la chaussée de Beaulieu un cheval scellé près duquel se tenait un cavalier, afin d'avertir les habitants de la vallée si les eaux venaient à détruire la levée. Cette obligation était imposée pour son bail au meunier des Grands Moulins. A Jugon, le lutin Moulioche se présente sus la forme d'un cheval pour aller jeter à l'eau ceux qui ont l'imprudence de le prendre pour monture.

 

Guillaume Carmenan, âgé d'environ 12 ans se noya dans le grand estang de Jugon le dimanche 3 août 1670

 

Le vingt et neuviême jour de may mil sept cens quarante deux le corps d'un homme inconnu qui avoit l'air d'un mendian(t) et d'avoir vers vingt et cinq ans qu'on trouva hier noyé dans le petit étang ny étant que depuis peu a été inhumé dans le cimetière de céans...

e douzième de juillet l'an mil sept cens quarante et trois le corps de Michel Galouin fils de Jean Gallouin et de Henriette Romery sa femme de la paroisse de Bourdeval évêché d'Avranches, âgé de trente et un ans, garçon qui se noya dans le grand étang de céans en voulant abreuver son cheval en passant par icy..

 

Le vingtième jour d'Aoust mil sept cent soixante deux le corps de François Loisel jeune enfant âgé d'environ huit ans qui se noya hier à la pompe du petit étang, fils de René Loisel et de Jeanne Briand...



Le dixiême jour du mois de Mars de l'an mil sept cent soixante douze le corps d'Escuyer Pierre Etienne Loüis Bugnot jeune enfant âgé d'environ sept ans et demy décédé du jour d'hier Noyé dans la rivière qui flüe du pont Ravily au Pont aux Prieurs...

 

 

 

 

A la veille de la Révolution, le grand étang appartient à monsieur de Closmadeuc, mais la pêche est propriété de messieurs Gautier et Orieux, et les moulins sont au comte de Boishue. L'estang est poissonneux, on y prend des brochets à la Saint Michel, des anguilles à Noël. On y a pêché vers 1793 un brochet de 27 livres, et une autre de 22 livres; cinq barriques d'anguilles ont été prises en une nuit, dont plusieurs pesaient 8 livres. Les anguilles de Jugon sont très appréciées dans les environs, sinon on les sale et on les vend ailleurs. On pêche aussi des carpes, des perches, des lamproies, des rougets. Cependant ajoute l'auteur, les carpes ne sont pas très belles car les brochets les détruisent.Le 31 mars 1852 un arrêté fut rendu par la Cour au sujet du moulin de Jugon : «Attendu qu'il résulte en fait, de l'arrêt attaqué que le cours d'eau dont il s'agit au procès a été établi à une période fort ancienne par le propriétaire du moulin de Jugon, non comme propriétaire du moulin et pour le seul avantage de son usine, mais en sa qualité de seigneur justicier ayant la police des eaux non navigables et flottables qui naissaient sur son fief ou le traversaient dans l'intérêt de la contrée; que de cet état de chose ainsi établit, dans l'exercice de son droit féodal sur les cours d'eau et subsistant depuis plus d'un siècle, la cour d'appel a pu justement conclure que le canal justement créé pour l'écoulement des eaux de l'Arguenon en était devenu le cours ordinaire, et que les propriétaires riverains avaient pu, par une possession immémoriale, obtenir la faculté de se servir des eaux pour l'irrigation de leurs fonds et pour d'autres usages; -Qu'en le décidant ainsi, l'arrêt attaqué, loin de violer les principes et les dispositions du code Napoléon, en a fait une saine et régulière application; -Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour de Rennes du 9 avril 1851.

 

A la fin de l'année 1787, Le comte Jean Baptiste Guéhenneuc de Boishue et son épouse : dame Silvie du Breil, seigneur et dame d'Yvignac et de la Motte Broons adressèrent au roi une requête afin d'aménager une forge sur l'étang de Jugon alors propriété royale. L'argument avancé était la nécessité de produire assez de fer pour en éviter l'importation de l'étranger, et de donner aussi du travail à de nombreux habitants. Les riches postulants disposaient d'assez de bois pour alimenter la dite forge, ils étaient les possesseurs de la forêt de la Hunaudaye, en revanche ils souhaitaient pouvoir extraire une partie du monticule sur lequel reposait autrefois le château pour bâtie la forge et les fourneaux et de disposer de l'emplacement pour les magasins et les logements des ouvriers. Ils étaient prêts à revendre ensuite la dite forge au roi. En mars 1788 leur projet fut accepté, et par lettres patentes données à Versailles, ils obtinrent satisfaction. Le devis d'exécution des travaux s'élevait à 184.971 livres, mais les troubles révolutionnaires vinrent contrarier le projet qui ne vit jamais le jour !


 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:47

 

 

 

 

La sénéchaussée de Jugon

 

Sous l'Ancien régime Jugon fut siège d'une juridiction ducale puis royale et d'une maîtrise des eaux et forêts et l'une des dix juridictions royales ressortant au siège de la sénéchaussée de Rennes. Cette ville relevait du roi, trente quatre fiefs étaient rattachés relevant directement au Souverain. Outre le fait d'intervenir dans les actes relatifs aux fondations religieuses, au cours de la période féodale, le procureur de ce siège cotait les registres de la paroisse de saint Potan. Selon la très ancienne coutume de Bretagne, le sénéchal était le seul juge, secondé bientôt par un alloué, puis par un procureur fiscal, greffiers, lieutenants, procureurs, sergents, avocats, notaires hantent ces lieux Le premier sénéchal de Jugon nous est connu à partir de 1211. Cette cour disposait de sa propre mesure. Par l'édit de Chateaubriant signé en août 1565, la sénéchaussée de Jugon aurait dut être supprimée avec le quartier de la Magdelaine de Dinan, unie à celle de Dinan, mais la protestation qui en résultat permit à la modeste cité d'obtenir le retour du siège judiciaire chez elle. On y jugeait toutes sortes d'affaires :

 

-1339 vendredi après les cendres, la Cour de Jugon fait savoir que Jamet Pendu de la paroisse de Tremaen confesse devoir annuellement à Boquen un caterne de froment, mesure de Jugon...

 

-14 décembre 1482 : Information faite en la juridiction de Jugon et requête de l'abbaye (Boquen) d'avoir une justice patibulaire à trois posts près la forêt de Bocquen, au dessus du village de Renlastre; elle estoit tombée de caducité .

 

-1771-1775 : un homme détenu aux prisons de Jugon, et accusé d'avoir fait de la fausse monnaie. Cette prison de Jugon était considérable, elle fut détruite par un incendie à la fin du XVIIème siècle et ne fut pas rebâtie, les sentences d'emprisonnement obligèrent alors les magistrats à envoyer les condamnés à la prison de Lamballe . Enquête sur l'assassinat de Pierre Houée dont le cadavre a été retrouvé sur la route qui conduit de Jugon à la Ville Hervy.

 

-1787-1789 : procédure crimminelle concernant François Auffray, maréchal ferrant, accusé d'avoir extorqué à maître Onfray notaire au Gouray, une quittance de 618 livres 12 sous sans lui avoir préalablement payé cette somme. L'accusé sera condamné à servir aux galères durant cinq ans et devra s'acquitter de verser la somme de 50 livres de dommages et intérêts. La justice royale de Jugon s'exerce toujours en cette ville, bien qu'en août 1565 de par l'édit de Chateaubriant cette juridiction avait été transférée au siège de Dinan. La ville de Jugon protesta et obtint le retour de ce siège chez elle d'où ces actes datés de 1630 à 1788 encore émis à Jugon. L'endroit qu'occupait jadis le château fut longtemps désigné Potences sans doute du fait de la présence autrefois en l'endroit d'une fourche patibulaire où étaient exécutés les condamnés à mort. L'écrivain François Olivier Martin, écrivain Jugonais a consacré un ouvrage à Jugon : «notes historiques sur la ville et châtellenie de Jugon des origines à 1789». Il avait véu en cette demeure bâtie au XIXème siècle et qui occupe une partie de l'emplacement de l'ancien château. Des boulets de canon, retrouvés aux abords ornent les piliers qui encadrent l'accès à la demeure.

 

Quelques personnalités ayant exercés à la Cour de Jugon:

 

-Géoffroy Tournemine, sénéchal en 1207

-Prigent, sénéchal en 1227

-Guillaume Maupetit, sénéchal vers 1231

-Pierre Biaufuyz, sénéchal cité en 1249

-Guillaume Rious, sénéchal cité en 1258

-Jamet du Margaro, sénéchal cité en 1320

-Geoffroy de Lezanet, receveur fin XIVème

-Pierre Boisvin, sénéchal cité en 1407

-Fouquet Regnard, receveur cité en 1408

-Jean Mancel, receveur cité en 1420

-Geffroust, rend aveu pour une métairie en Tramain, receveur de Jugon en 1420,

-Jean de Beaumanoir, sénéchal cité en 1433

-Jean Balleuc, receveur à Jugon en 1445

-Pierre du Parc, procureur de Jugon en 1449

-Bertrand du Breuil, receveur cité en 1464

-Robin Rouxel, sergent cité en 1464 -

-René Gauteron, sénéchal cité en 1470 -également sénéchal de Lamballe

-Guillaume Espée, sénéchal fin XVème

-Gilles Huchet, sénéchal fin XVème

-Jean Quetier, sénéchal fin XVème

-Raoul Le Lelevroux, procureur en 1539

-Guillaume Lauzart de la Ville ès Cats, procureur cité en 1610

-Maistre Gilles Bische, greffier à la cour royale de Jugon en 1634

-Me Nicolas Rouxel, conseiller du roi et son alloué en 1635

-Me Julien Le Maignan, Sieur du Closneuf greffier criminel au siège royal de Jugon en 1638

-François Brunet de la Pironnaye, procureur & conseiller du roi & sénéchal cité vers 1640

-Maistre Louis Bische,Sieur des Portes greffier criminel à la cour royale de Jugon en 1641

-Me Gilles Lefebure Sieur de Pontgouren, notaire royal en 1642

-Messire Jacques Brunet, conseiller du roi et sénéchal de Jugon en 1643

-Me Regnault Orieux, Sieur de l'Ardillay greffier civil et criminel de Jugon en 1645

-Escuyer Jacques de La Motte, Sieur de Vauvert conseiller du roi, et alloué en 1646

-Charles de Kergu, procureur cité en 1654

-Jean Guillerot, avocat cité en 1656

-François Lesffroy, procureur cité en 1659

-Escuyer Jan Mauppetit, bailli du roi son sénéchal à Jugon en 1606

-Me Olivier Turmel, sénéchal de Jugon en 1668

-Ecuyer François Brunet, sieur du Hac, avocat cité en 1668, conseiller du roi, son alloué.

-Me Christophe Canieu, sieur de Champiquet, procureur à Jugon en 1669

-Pierre Becherel, procureur & avocat dans la cour royale de Jugon en 1670, tué en 1722

-Me Laurent Urvoit, notaire royal et procureur en 1670

-Me Jan Rouault, sieur de la Hautière, notaire royale et substitut du sieur procureur du roi à Jugon en 1670

-Me François Duclos, sieur des Loges, époux de damoiselle Louyse Le Leuvroux, greffier du siège royal de Jugon en 1670

-Ecuyer Guillaume Rouxel, seigneur de Ranleon conseiller du roi et son sénéchal à Jugon en 1671

Me François Sevoy, sieur des Courtillons, conseiller du roi, administrateur des eaux et forêts de Boquen

-Me Françoys Haugoumart, notaire royal en 1671

-Me Jan Bizeul, procureur au siège royal de Jugon en 1671

-Antoine Sevoy, procureur cité en 1689

-Louis Jean Brunet, Sieur du Hac, sénéchal au siège royal de Jugon en 1713 & en 1741

-Jean Sévère Sevoy, Sieur de Chantelou, procureur du roi aux eaux bois et forêts, et notaire au siège royal de Jugon en 1721

-Me François Orieulx, notaire royal & apostholique en 1733

-Me René Chausmon, sieur du Queny, greffier au siège royal de Jugon notaire royal et apostolique en 1741

-Me Guillaume Hervé, Sieur de la Boudardière, huissier au siège de Jugon, en 1741

-noble homme Jean Urvoi, procureur au siège royal de Jugon en 1741

-Me François Hervé, Sieur de la Boudardière, huissier royal au siège de Jugon en 1741

-Me Julien Lohier, Sieur de la Villory, huissier au siège royal de Jugon en 1742 (+ 1745)

-Me Jan Urvoit, Sieur de Pergueven, procureur au siège royal de Jugon en 1742

-Me François Chantoux, procureur & notaire de plusieurs juridictions et sénéchal de Kergu, en 1742

-Gilles Corvaisier, Sieur du Plessix contrôleur des actes de cette ville de Jugon & receveur des domaines du roi en 1743

-Jacques Le Garou, Sieur du Verger, employé des boissons dans les fermes du roi en 1748

-Honorable homme Ambroise Mathurin Petibon, Sieur de la Marre, commis aux devoirs en 1744

-Me Guillaume Hingant, notaire de plusieurs juridictions en 1749 (+ 1750)

-Louis Charles Gagon, sénéchal cité en 1750

-Me Michel Le Texier notaire de plusieurs juridictions en 1751

-Honorable garçon Pierre Auvret, receveur en 1756

-Me Mathurin Lehéricé, Sieur de Lepinay procureur au siège royal de Jugon en 1756 (+ 1767)

-Me Jean Lemé, Sieur du Boisliard, notaire et procureur en 1757

-Me Julien Jacques Touzé, notaire et procureur en 1757

-René Vallet, Sieur de la Jullerie greffier en 1757

-Me François Lesage, premier huissier audiencier au siège royal de Jugon en 1758

-Me Jean Baptiste Guynemer, Sieur des Longais, receveur des fermes de Bretagne à Jugon en 1759

-Me René Chaumont, notaire royal à Jugon en 1759, procureur de la sénéchaussée royale de Jugon en 1776

-Me Louis Sohier, Sieur de la Villeneve premier huissier de la juridiction royale de Jugon en 1759

-Me Ambroise Debon, premier huissier audiencier au siège royal de Jugon en 1759

-Gilles René Corvaisier, sieur du Plessix, contrôleur des actes notariés & procureur au siège royal de Jugon en 1760

-Claude Sevoy, procureur du roi au siège de Jugon en 1760

-Me Charles Jean Deniau, avocat au parlement en 1760

-Claude Sevoy, procureur cité en 1766

-Ecuyer Hugues Le Garou, Sieur du Verger, employé dans les fermes de la province, cité en 1767

-Maître Louis Jacques Joly, notaire et procureur de plusieurs juridictions en 1770

-Noble homme Bonaventure Duguay, receveur des fermes du roi en poste à Jugon en 1770

-Maître Gilles Toutain, notaire et procureur de plusieurs juridictions en 1772

-Me François Jean Gesbert, Sieur des Salles, notaire et procureur de la sénéchaussée de Jugon en 1772

-Me Vincent Hallouet procureur du roi en la sénéchaussée de Jugon en 1773

-Noble homme Adrien Roullier, Sieur de la Queslais receveur des fermes du roi en 1774

-Me Pierre Hervé notaire et procureur de plusieurs juridictions en 1774

-Me Julien Ribault, ancien avocat à la Cour, postulant à la sénéchaussée de Jugon en 1774

-Jacques Olivier Ribault, procureur de la sénéchaussée de Jugon & tésorier en charge de la paroisse et de la ville de Jugon en 1774 avocat en 1789, premier maire de Jugon en 1790

-Noble garçon Pierre Guy Luc Seré, Sieur du Ménil, contrôleur des actes et receveur du Domaines du roi, cité en 1776

-Jean Louis Debon, huissier audiencier au siège royal de Jugon en 1777

-Me Mathurin Thébault, Sieur de la Chauvinais, avocat en 1777 et membre du district de Lamballe.

-Noble homme Pierre François Jonbaire, receveur des Domaines et contrôles de Jugon en 1777

-Maitre René Navucet, huissier audiencier au siège royal de Jugon, cité en 1777

-Gabriel de Neuville -sénéchal vers 1778

-Mathurin Thibault, substitut cité en 1785

-Noble Joseph Binarre receveur des devoirs à Jugon en 1789

Diverses personnalités Jugonnaises

 

-Guillaume Lecointe, bourgeois de Jugon en 1273

-Sibille et Eon Bedon, bourgeois de Jugon en 1293

-Me Pierre Houguenan, sieur du Bois Julienne, notaire royal cité en 1603

-Noble homme Toussaint de Fontebon cité en 1606

-Noble homme Jean Rouxel, Sieur de la Touche en 1611

-Me François Lesfroy en 1620
-Me Jan du Plessix, Sieur du Boisjoly en 1633

-Me Guy Collas en 1633

-Me Jan Rondel en 1633

-Me Guy Collas en 1633

-Me Olivier de la Combe en 1634

-Me Georges Orieux en 1634

-Me Guy Collas en 1634

-Noble homme Guillaume Ruellan, Sieur des Salles en 1634

-Me Han Tronel, Sieur de Grand Maison, en 1638

-Honorable homme Jean Girot, Sieur du Haut Bourneuf en 1640

-Me Eon Feustelais en 1642

-Me Gilles Louessart en 1642

-Me François Haugoumart en 1643

-Me François Salmon en 1645

-Me Jean Urvoy, Sieur des Courtillons en 1646

-Honorable homme Guy Hacquin, Sieur de la Chambre en 1648

-Honorable homme Louis Hamon, sieur du Chasteau en 1649

-Honorable homme Bertrand Hamon, sieur de la Chambre en 1649

-Me Guillaume Liou, Sieur de la Vallée en 1649

-Honorable homme François Houeix en 1664

-Me Rolland Urvoy, Sieur de la Gourmanière en 1664

-Honorable femme Françoise Dauly en 1664

-Honorable homme Christophle Fourré en 1664

-Noble bourgeois Me Maury du Plessix en 1664

-Noble bourgeois Claude Carré en 1664

-Damoiselle Hélainne Le Sage en 1664

-Noble bourgeoise Françoise Feustelaies, Dame des Frots en 1664

-Me Guillaume Drouet en 1664

-Honorable femme Louise Liou en 1664

-Me Jacques Hennon en 1665

-Honorable bourgeoise Françoise Rouault en 1667

-Honorable bourgeoise Peronnelle Le Bigot en 1667

-Noble bourgeois François Hacquin, Sieur de Maison Neuve en 1667

-Me Jacques Henry en 1667

-Me Guilllaume Ruellan, Sieur des Salles, cité en 1668

-Me Jacques Orieux sieur de Grand Maison & Louise Liou «sieur et dame, de grands bourgeois dudit Jugon», cités en 1669

-Me Pierre Sevoy, arcquebusier cité en 1669

-Noble bourgeois Me Amaury du Plessix, sieur des Saudres, cité en 1668

-Me Pierre Savary, armurier cité en 1669

-Me François Lamiré, sieur de la Closture, cité en 1669

-Me Laurent Sohier, cité en 1669

-Me Pierre Orieux, sieur des Hautes Touches en 1669

-Damoiselle Hélène Le Sage, bourgeoise, citée en 1670

-Nobles bourgeois Eustache Huet & Cyprienne Cuillerot, cités en 1671

-Noble bourgeois Jan Cuillerot en 1671

-Noble homme Jacques Ruellan bachelier en Sorbonne en 1672

-Me Pierre Boizard, Sieur du Bignon, en 1685

-Nobles bourgeois Christophe Canieu en 1685

-Me Jacques de La Motte, sergent royal «establi à Jugon» en 1686

-Jean Joseph Bayard, cavalier dans le régiment de Condé en 1739

-Honorable homme Ollivier René Yves Frelaut, Sieur du Cour, en 1740

-Noble homme François Brieuc Frelaut, Sieur de la Roche, en 1742

-Me Marc Becherel en 1743

-Me Louis Chaumont, en 1747

-Mathurin Lereste, sergent en 1748 (+ 1750)

-Me François Cardin, en 1748

-Estienne Odet dit Saint Paul, cavalier dans la compagnie de monsieur le chevalier Dilo, régiment de Conty en 1749-1750 (originaire de Lyon sur le Rhone, que l'on trouve ici en quartier d'hyver)

-Jean Claude Fusier cavalier dans la compagnie de monsieur le chevalier Dilo, régiment de Conty en 1749-1750

-Me Gilles Mauvaisin en 1750

-Me Léonard Gesfros en 1750

-Me Louis Gagon, Sieur du Chesnay en 1750

-Ecuyer Claude du Chastel en 1750

-Me Mathurin Jacques Petibon, Sieur de la Haute Ville en 1750

-Noble homme Charles Bodin, Sieur de Beaurepaire en 1751

-Me Joseph Saudrais en 1755

-Noble homme Anthoine Sevoy en 1755

-Jean Baptiste Vatigny, second brigadier au Régiment de cavalerie en 1755

-Jean Juif, maréchal des logis au Régiment de cavalerie en 1755

-Monsieur Lefeuvre, capitaine d'une compagnie des Dragons au quartier premier du régiment général en 1755

-Noble homme Pierre Reboux, Sieur de la Barbotais cité en 1756

-Maitre Jean Loisel expert en fait d'architecture en 1761

-Maitre Charles Deniau, avocat au Parlement en 1762

-Jacques Avenel, natif de Rouen, soldat du Corps royal de l'Artillerie en 1762

-Honorable gens Louis Hingant Maître de Poste à cheval à Jugon en 1763

-Me Jacques Le Douaren en 1768

-Noble François Renault, Sieur de la Vigne avocat au Parlement en 1770

-Honorable garçon Paul Chautrel, Sieur de la Villeneuve, employé aux devoirs àJugon en 1771

-Honorable homme François Droguet, Sieur de la Francinnerie, Maître arquebusier en 1773

-Noble maître Thomas Gabriel de Blandet, Sieur de la Coudraye, avocat en Parlement en 1773

-Honorable gens Jean Sohier, syndic de la ville de Jugon en 1774

-Philippe Lescop, bourgeois en 1793

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:33

 

Les guerres de la Ligue

 

C'est en 1589 que le conflit éclata en Bretagne, opposant le Gouverneur de la Province : Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur au roi Henri IV. Mercoeur était assisté par les troupes espagnoles, l'autre, le prince de Dombes par les troupes anglaises. Mercoeur ayant épousé Marie de Luxembourg héritière du duché, l'objectif pour ce dernier était de reconstituer un duché breton et de s'en approprier le trône. Avec l'aide des troupes catholiques espagnoles, Mercoeur s'empara bientôt de Dinan, de Lamballe, puis le 4 août «s'estoit logé en une petite ville ouverte nommée Jugon, et sa cavalerie légère en avant; ses auxiliaires espagnols étaient à peu de distance ». La place de Jugon est alors peu fortifiée, mais sous le commandement du prince de Dombes, les troupes royalistes au sein desquelles se trouvaient des Anglais cernèrent les environs de Jugon et Mercoeur perdit une partie de ses troupes. Cependant, Mercoeur fit prisonnier le jeune prostestant fraichement converti au catholicisme : La Gresille de la Tremblaye. Les habitants de Jugon craignirent un temps que leurs rues ne soient théâtre des combats, mais Mercoeur redoutant une nouvelle attaque quitta Jugon afin de rejoindre Lamballe.

 

 

 

 

Les deux adversaires : Mercoeur et Montpensier

 

Un personnage natif de Jugon joua au cours de cette période de troubles un rôle important : Toussaint de Beaumanoir né de l'union de écuyer Jacques, sieur du Besso, baron du Pont et de Rostrenen, et de Jeanne du Quélenec. C'est le 1er septembre 1554 qu'il fut baptisé à Jugon, lors du conflit religieux qui éclata en 1577, il embrassa le parti d'Henry IV. Il épousa l'héritière de la seigneurie de Limoëlan à Sévignac : Anne de Beuves dont il eut ue héritière : Hélène de Beaumanoir. Au cours des guerres de la Ligue, il se distingua lors du siège d'Ancenis avant d'être mortellement blessé d'un coup d'arquebusade. Il fut enterré à Rennes le 12 mars 1590 en l'église Toussaint de Rennes. Une enquête faite en 1591 à la demande des fermiers généraux des devoirs sur les boissons confirme qu'aux alentours de Jugon, Lamballe Moncontour et Quintin on récoltait encore du vin, mais les guerres de la Ligue avaient détruit beaucoup de vignes. Le temps passa et réconciliation eu lieu entre les belligérants, mais sur demande de la régente Marie de Médicis devenue veuve d'Henri IV, le château de Jugon -où du moins ce qui en subsistait sera rasé et celui de la Motte-Broon, selon un arrêt du Parlement de Bretagne daté du 17 mars 1616.La ville de Jugon compte alors 200 maisons. Un ligueur de renom vit jour à Jugon : Pierre du Prévert. En réalité celui ci naquit près de Jugon à Launay Rouault vers le milieu du XVIème siècle, partisan d'Henri IV, il se montra un chef redouté et courageux. Les troupes de Mercoeur saccagèrent sa demeure l'obligeant à se retirer dans les îles anglaises avec quelques un de ses compagnons d'armes. Il se rendit à Rome au Vatican, afin d'exposer les faits dont il avait été témoin, n'hésitant pas à dénoncer au Saint Père une foule de gens catholiques qui s'étaient rendus indignes par leur attitude, admettant qu'au sein des Huguenots, il y avait une foule de bons chrétiens. Véritable plaidoyer en faveur du souverain récemment converti, et auquel du Prévert avait apporté son soutient. Au mois d'août 1868, en vidant le petit étang, on découvrit dans la vase, une épée dont la lame en acier fin, était particulièrement conservée. D'une longueur de quatre pieds, la poignée était abimée, mais les ciselures qu'on remarquait sur la garde dénotaient un travail particulièrement soigné, elle pesait 4,200 kg. D'autres découvertes furent effectuées en ce même étang : un Christ du XIIIème siècle, et en démolissant un mur : 13 pièces de 6 livres de Louis XIV datant 1691 & 1692; 5 pièces de 4 sols, et 5 pièces de 2 sols, presque toutes frappées à Rennes.


 

 

Piliers encadrant l'accès d'une propriété : des boulets de canons en ornent le chapeau.

 

 

 

Soubassements

 

L'endoit est ainsi décrit : Le sommet de cette montagne est élevé d'environ 200 pieds au dessus des étangs. Sa longueur est de 130 pas sur 57 de large... la montagne dont on vient de parler n'est séparée que par une tranchée large d'une vingtaine de pas d'un plateau voisin appelé (en 1838) le haut verger, et à une époque plus reculée, la Butte de Saint Michel, parce qu'il s'y trouvait il y a une vingtaine d'années, une chapelle consacrée à ce saint. Là étaient nécessairement, sinon un second château, au moins des fortifications...


 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:23

 

 

 

 

Actes du duc Jean V touchant à Jugon :

 

-4 mars 1398 -«Mandement donné à Vennes par Jean duc de Bretagne, comte de Richmond, pour signifier à Jehan Moayesen, officier de Jugon, que l'abbaye de Boquen étant de fondation ducale, ses sujets du village de Renlastre sont exempts du guet au château de Jugon...

 

-Mandement au seneschal de Jugon, sur la suplication Colin du Cran, de moderez certain taux qu'il est tauxé comme plege de son frère, lequel a esté exécuté, et selon la faculté de ses biens.

 

-Mandement au(x) seneschal, alloué et procureur de Rennes, et à autres officiers leurs lieutenans, sur la suplication de Jehan Legris, de lesser led. suplient et ses complices, qui furent detenteurs du chastel de Jugon, (joir) du pardon que Mgr leur en fist auctresfroiz, non obstant qu'il ne puisse pas aparoir la lettre originale d'iceluy pardon, car il ne y en eut que une. Et ce autre chose a esté fait à l'encontre à l'encontre, qu'il ne soit à aucune consequance.

 

-20 novembre 1409.-Mandement du duc Jean adressant à Jean Manzal receveur de Jugon, par lequel il lui mande que, ces deniers provenans de la jouissance des heritages qui apartenoient aux rebelles ayant suivis le partiy d'Olivier de Blays, siituez en lad. Recette, il face la mise des reparations necessaires au chasteau dud. Jugon par l'ordonnance de Jan de la Chapelle, ch(ancelli)er et chambellan dud. Sgr -Signé Thomas Hervé. Marguerite de Clisson épousa Jean duc de Châtillon* le fils de la malheureuse Jeanne de Penthièvre, et son objectif était d'enlever le duc et de placer son époux sur le siège ducal breton. Précisément le 29 octobre 1419 le duc Jean V séjournait en son château de Jugon. En 1420 piège fut tendu au souverain qui fut fait prisonnier au château de Clisson. Margot de Clisson tentera en vain de justifier pareil acte de lèse majesté, la Bretagne étant lasse de cette guerre civile et il fallut rendre la liberté au duc Jean V. C'est Jean V qui ordonna en 1420 que le château de Jugon et ses fortifications fussent démolies, et bientôt plus aucun vestige ne fut visible.


 

***Le traité de Guérande qui mit fin à la Guerre de succession de Bretagne stipulait que le dit Jean de Châtillon, fils de Jeanne de Penthièvre épouserait Jeanne de Bretagne soeur aînée du duc Jean IV, mais une fois monté sur le trône ducal, Jean IV ne se soucia pas de cette promesse. Jéhan du Faou fut capitaine de Jugon en 1458, dix ans plus tard il devint chambellan du duc, Jean Gaudin prêta serment au même duc François II en 1470, il fut capitaine de Jugon, Charles du Parc lui succéda à ce poste de Jugon en date du 4 juin 1470. «François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont, d'Estampes et de Vertus, à tous ceulx qui ses presentes lettres verront, Salut. Sçavoir faisons que plus à plein confiant & acertenés des sens, vaillance, loyauté, prudhomie & bonne diligence qui sont en la personne de nostre bien aimé & féal Chambellan Charles du Parc, iceluy pour icelles et autres causes à ce nous mouvant, & mesme en considération de bons & agréables services que paravant ces heures il nous a fait & fait par chacun jour, & espérons qu'il fera au temps avenir, avons aujourd'hui institué, establi & ordonné & par ces présentes instituons, establissons & ordonnons Caoitaine de nostre place & forteresse de Jugon, aux gages, droits, honneurs, prérogatives, profits & émolumens qui y appartiennent, en destituant & déchargeant par ces mesmes Presentes Payen Gaudin, quel par avant ces heures y avions institué Capitaine; & audit Charles du Par dud. Office de Capitaine faire & exercer par lui & ses Lieutenans, dont il répondra par le serment qu'il nous a fait de bien & loyaument foy porter, & de n'en rendre ne bailler la garde de nostred. Place, fors à nous, om par nostre exprés commandement , & les pleges & cautions que de ce qu'il nous a baillé, avons doné et donnons plein pouvoir, autorité & mandement especial. Mandons & commandons à tous nos feaux et sugets en faisant & exerçant led.Office de Capitaine, estre aud. Charles & a sesd. Lieutenans & Commis obéissans & diligemment entendans; car il nous plaist. Donné à Nantes le 4. jour de juin l'an 1470. Signé François. Par le Duc, de son commandement, R. Le Gouz.

 

Par vertu dud. mandement, le 13. jour desdis mois & an, Bertran du Breil, Seigneur du Guillier, Lieutenant desd. chasteaux & forteresses, sous noble Escuyer Pean Gaudin, les remis entre les mains de noble homme Charles du Parc Seigneur de la Motte, & Chambellan du Duc, nostre Souverain Seigneur., avec inventaire de ce qui estoit. Signé, E Le Gallays, Jehan Die, Passes. Mem, de Mollac.» Le 8 mai 1490, la duchesse Anne de Bretagne faisait publier un mandement «..par lequel est prohibé et défendu aux gens d'armes de la Hardouynais et autres tenans leur party, de non prendre nuls ne aucun vivres, biens ne autres choses, des paroessiens de Saint Etienne Saint Malou de Jugon et Mégrit ». Scellé devant le vice chancelier le 8 mai 1490. Jéhan de Coëtquen est garde du chatel et forteresse de Dinan et de Jugon en 1496, preuve que la défense de Jugon n'a pas été détruite. En 1535, à la mort d'Antoine de Montbourcher, le roi François Ier confia la capitainerie de Jugon à Jean II duc de Cambout, mais le vieil homme fort âgé mourut le 8 octobre cette année là. En août 1558, Olivier Rouxel, Sieur du Fresnier, le sieur de Balangar fut désigné à Jugon comme l'un des cinquantes arquebusiers de l'arrière ban de Vannes. Aux dires des témoins, le château de Jugon ne fut complètement démoli que suite aux guerres de la Ligue, car en réalité c'est un arrêt du Parlement de Bretagne daté de 1616 qui ordonna aux officiers de la juridiction de Dinan de procéder sans retard à la démolition de ce qu'ils jugeaient préjudicier à au service du roi «en ce qu'il reste de la geôle dans les ruines de Jugon, et enclos qui sert de prison à la juridiction situé ès dites ruines, de sorte que personne ne puisse y loger». Cette geôle, quelques pans de murailles presque à fleur de terre, et les vestiges d'une petite tour devant la maison dite de Bertrand sont tout ce qui reste de ce qui fut le château de Jugon...Voilà ce qu'écrivait Pol Potier de Courcy. Sans nul doute que l'ordre donné mettait un terme aux guerres qui avaient vu des ligueurs détenir ici et là des points défensifs comme la Motte Broons et Jugon -voir chapitre consacré à la Ligue. On a cependant conservé cette remarquable cheminée visible dans l'un des hôtels de la place centrale, ci dessus.

En 1838, on apercevait encore des ruines du cachot et quelques pans de murailles, presque à fleur de terre, à l'exception d'une petite tour devant la maison dite tour Bertrand; Gustave Flaubert passa à Jugon en 1847, il décrivit ainsi l'endroit :

«Après Lamballe, c'est Jugon dont on disait jadis qui a Bretagne sans Jugon, A chape sans chaperon et qui maintenant est une bourgade éparpillée à côté d'un étang. Il reste quelques débris de la forteresse que Jean V a détruite en 1420. Ils servent de caserne à une brigade de gendarmerie»
 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:17

Jusqu'en 1265, la châtellenie de Jugon restera dans le domaine ducal. De la monnaie émise sous Jean II de Bretagne 1239-1305 a été découverte à Jugon : un denier. On frappait la monnaie ducale en cette cité. Le petit-fils de Pierre de Dreux : Jean II de Bretagne, comte de Richemont, dota le prieuré de Jugon d'un moulin à fouler au mois de mai 1295. Sous le règne de celui ci quelques actes touchant Jugon apparaissent : « Est à saveir que Monseignour (le duc de Bretagne) a en la forest de Tornemine 100 chesnes pour les ouvres de Jugon dou pris de 90 l., touz paez et merchez » «A Guillaume Le Robeur, trésorier de l'église de Plemic, pour une branche d'if qui fut copée pour appareillIer les aubalestres de Jugon, 10 s

 

Après la fondation du prieuré, Jugon continue de prospérer : ainsi en 1288 l'émine de seigle de Jugon se vend 5 sous. Jugon est l'une des 18 villes bretonnes à entretenir des liens commerciaux avec l'Angleterre d'après enquête menée en 1297. Est ce pour cette raison que le 17 mai 1296 le vicomte d'Avranches est envoyé à travers la Bretagne sur ordre du roi de France : «et de icel lieu (Dinan) je allei à Jugon, et illeques je m'enformei de la chose qui mesteit commise, et rien ne poi trouver»

 

En 1317 le duc Jean III se réserve dans ses partages, avec son frère, le château de Jugon, avec 300 livres de rentes pour l'entretenir. Nous savons à travers les chartes religieuses, que les vassaux de l'abbaye royale de St Jacut étaient exempts du guet au château de Jugon. Il existait sur l'antique castrum une vieille chapelle dédicacée à la Vierge* qui appartenait à un certain Bertrand fils de Maingui, mais la chapelle sera donnée à Marmoutier, et c'est là qu'en 1128 l'évêque de Saint Brieuc établit un cimetière. Mais quand ce duc Jean III s'éteignit en 1341, n'ayant pas d'héritiers désignés, une guerre civile s'annonça : la guerre de succession de Bretagne. Durant 23 ans un conflit s'engagea entre les dynasties Penthièvre-et Montfort. La première recevant l'aide du roi de France, la seconde, celle du roi d'Angleterre. Jean de Montfort parvint à s'emparer d'une vaste partie de la Bretagne avant que son adversaire ne réagisse, mais le maréchal Jean de Beaumanoir, homme de main de Charles de Blois, réussit en 1342 à mettre main basse sur l'un des bourgeois de la ville de Jugon, qui par crainte d'être tué, préféra trahir la garni:son et permit à l'assaillant de rentrer dans Jugon. Le chroniqueur Jéhan Froissart nous relate les faits «Entroes que messire Carles de Blois séjournoit à Craais et que il entendoit pourveir et à ordonner ses ganisons et à rafrescir de gens, de vivre et d'artillerie, et chevauchoit ses marescaux, de l'un à l'autre, avint que ungs riches bourgois et grans marchans de la bonne ville que l'on claimme Jugon, fut une heure encontrés de son marescal, monseigneur Robert de Biaumanoir, et fut pris et amenés à Craaispar devant monseigeur Charle. Chils bourgois de Jugon faisoit touttes les pourvéances le contesse de Montfort estoit à Jugon moult crues et moult armés. A che dont estoit cappittainne et souverains, de par le contesse, de la ville de Jugon, ung gentil chevalier que l'on clammoit monseigneur Gérart de Rochefort. Chils bourgois de Jugon, qui enssi fu pris, eut grant paour de morir: si pria que on le laissast passer pour raenchon; on ne le mies acorder mais fut mi en prison, et depuis tant enquis et examinés d'une cause et d'autre qu'il eust en convent de rendre la ville de Jugon et dist que il estoit bien en se puissance de livrer l'une des portes et de mettre ens gens d'armes pour saisir le ville...» Au jour et à l'heure convenue, le traitre auquel une rente de 500 livres avait été promise, ouvrit l'une des portes de la garnison «chils jour fu venus, les portes à heure de mienuit furent ouvertes. Si entra messires Charles de Blois à celle heure en le ville à grant puissanche. Le ghaite du castel s'en perchut; si commencha à cryer: As armes, trahi, trahi...»


 

 

 

 

 

 

Le bourgeois de Jugon remet les clés de la ville à Charles de Blois avant d'être pendu pour trahison

 

** S'agit il de la chapelle St Michel

 

Beaumanoir et ses troupes prirent place dans la garnison et s'y livrèrent au pillage. Les défenseurs et les habitants coururent s'enfermer dans le château, le traître les y suivis, mais il fut démasqué et sur ordre du gouverneur Girard de Rochefort, il fut exécuté ! son corps flottait dans l'air au créneaux de l'une des grosses tour du château. Etienne III Gouyon, partisan de Jeanne de Penthièvre devient alors capitaine du Chatel de Jugon. Profitant de passer l'hiver à Jugon, Charles de Blois vint avec son épouse Jeanne de Penthièvre séjourner au château, et ce 8 février 1345 Jeanne de Penthièvre accoucha d'un héritier : Jean duc de Châtillon. En 1361, Jean de Montfort reprend possession du château alors confié au gouverneur Arthur de Montauban, mais en 1373 Bertrand du Guesclin se présente sous les murs de la cité et fait sommation à Robert de Quitté chef de la garnison de se rendre. Se sentant isolé, le gouverneur ouvrit les portes. En 1388, écuyer Guillaume Le Voyer est capitaine de la garnison, sommé de restituer la place forte de Jugon au duc, il refusa d'obéir à d'autres qu'au connétable. Olivier de Clisson fut avec du-Guesclin et Jéhan de Beaumanoir l'autre figure émergente de la chevalerie au cours de cette période agitée. Il fut l'un des partisans de Jean de Montfort et lorsque ce dernier triompha en 1365 Clisson crut venu pour lui le moment de la récompense, en vain, c'est l'anglais Chandos qui reçut le château du Gâvre et sa forêt. Estimant avoir été lésé par Jean IV de Montfort, Clisson changea de camp. Jean de Montfort désigna alors comme capitaine de Jugon Alain Le Maitre, voici le brevet de sa nomination : «Jehan duc de Bretagne Comte de Montfort à Alain Le Maistre, Chevalier Seigneur de Boisvert et de la Garlaye salut. Comme ainsi soit que toujours dès le commencement de nos guerres vous avez esté nostre bienveillant, vous avez très bien & loyaulement servi, notamment au Champ d'Aurai, nous vous baillons et octroions l'office de Capitaine de nostre chastel de Jugon avec les proufils & droits y appartenans, mandons à tous nos sujets y demourans qu'ils ayent à vous obéir. Donné à Dinan sous nostre sceau mois d'octobre l'an MCCCLXIV » -1364 . En l'an 1393 le château de Jugon appartient à Jean de Blois -Châtillon, : «En ce traictié, fut parlé faire accord entre le duc de Bretaingne et monseigneur de Clichon, et monseigneur Jehan de Bretaingne ou de Blois, conte de Painthievre, requerans avoir le chastel de Jugon et appartenances que le duc de Bretaingne avoit eu du dit Clichon ». Le dit acte poursuit que c'est le vieux duc de Montfort, père du duc de Bretagne qui avait remis le dit château de Jugon au sire de Clisson, en récompense de l'aide fournie afin de conquérir le trône lors de la guerre de succession de Bretagne. Et de conclure que c'était avant que le dit Clisson ne se tourna vers le roi de France devenant ainsi l'adversaire du duc Jean IV fils du comte de Montort. En 1387, le duc Jean IV s'adressant au sire de Laval, lui recommanda d'aller trouver le connétable Clisson alors emprisonné, afin de lui faire savoir qu'il était l'homme qu'il haïssait le plus au monde. Et Jean IV ajouta : «demandez lui cent mille francs, qu'il me cède la ville de Jugon ». Mais la chancellerie de Bretagne condamna l'atitude du souverain breton et lui demanda de restituer au connétable de Clisson la ville de Jugon.

Elle lui sera rendue le 20 juillet 1388 «avec les meubles qu'elle renfermait ».


 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:11

 

 

 

 

Lors de la conquête romaine de l'Armorique, l'occupant latin semble s'être approprié l'escarpement rocheux dominant l'actuel grand étang. Il pouvait ainsi surveiller le chemin de l'Etrat passant à proximité et reliant Fanum Martis -actuel Corseul à Darioritum -actuel Vannes. Cette voie pavée traversait nous dit on ce lieu marécageux et un pont de briques permettait le franchissement d'une de ces nombreuses rivières alimentant l'endroit. Au début de l'an mil Eudon, frère du duc Alain III de Bretagne se vit doté vers 1035, de ce vaste apanage désigné Penthièvre. Le lieu qui fait ici l'objet de notre étude en fut l'un des points défensifs. Précisément Eudon de Penthièvre avait pour allié Josselin de Dinan. Cela pourrait expliquer pourquoi le château de Jugon (voir Le site qu'occupait le château de Jugon)  passa à la famille de Dinan sans doute sous la condition d'hommage. Josselin de Dinan transmit ce domaine de Jugon à son fils Olivier de Dinan, puis à son petit fils Geoffroy Ier, lequel le donnera à son fils Olivier II. Geoffroy Ier de Dinan s'étant emparé illégalement du fief appartenant à Brien Le Vieil lequel désigné «Summus domina Britannesium» pardon fut accordé audit Geoffroy de Dinan à condition de donner la partie acquise arbitrairement à un ordre religieux. Brien le Vieil est perçu comme chef de l'ancien royaume de Domnonée. Alors Brien nommé Vetulus, souverain seigneur des Bretons, aîné de la famille, et moine de Saint Martin de Tours, voulut faire une œuvre pour le salut de l'âme des seigneurs de Dinan, de ses propres parents et de ses deux fils : Geoffory Vetulus et Gautier Tashen. Avec le consentement de ceux ci, il se rendit à Saint Malo de Dinan, avec son beau frère Gilduin fils de Gilon : là, dans le cloître, il se joignit à Geoffroy de Dinan entouré des moines et des barons, et on l'entendit avec joie donner son consentement plein et entier au projet de ce dernier. Jules Henri Geslin de Bourgogne poursuit dans son remarquable ouvrage «Évêché de Bretagne» : Il résulte de ces documents qu'une partie du territoire qui forma la châtellenie de Jugon, était au pouvoir de ces anciens Bretons qui étaient répandus dans tout le Porhoët, et que Geoffroy de Dinan avait singulièrement arrondi à leurs dépens les domaines que ses ancêtres tenaient du comte Eudes (Eudon de Penthièvre). Eudon de Penthièvre épousa Enoguen de Cornouailles et il mourut en 1078, le dernier de ses enfants : Etienne de Penthièvre eut de son union avec Havoise de Guingamp au moins huit enfants : l'aîné des fils Geoffroy II Boterel 1097-1148 reçut le Penthièvre et la cité naissante de Lamballe en héritage confiée à l'ordre de Marmoutiers, on lui doit la construction du premier château de Moncontour; le troisième fils d'Eudon sera Henri d'Avaugour cité ci dessous; leur soeur Agnorie épousa Olivier II de Dinan, fils de Geoffroy, possesseur de Jugon.


 

 

 

 

 


 

Qui a Bretagne sans Jugon a chape sans chaperon !

 

Alain d'Avaugour, sgr de Dinan, fils d'Henri récupéra en 1206 pour quelques temps la défense de Jugon, il fiança son fils Henri II d'Avaugour alors âgé de 5 ans à Alix de Thouars âgée de 8 ans, fille de la duchesse Constance de Bretagne. Pourtant l'alliance entre Alix et Henri II d'Avaugour n'eut pas lieu car le roi de France Philippe Auguste intervint en faveur de son cousin Pierre de Dreux dit Mauclerc -ci dessous, et le maria à la jeune Alix dans un but évident de contrôler le Duché de Bretagne.

 

 

 

 

Devenu de par son mariage grand bailli de Bretagne, Pierre Mauclerc confisqua violemment Jugon aux Penthièvre d'Avaugour en 1213 et réuni l'endroit au domaine ducal donnant ainsi à la cité le rôle de siège d'une importante instance ducale : la sénéchaussée de Jugon. On attribue audit Mauclerc la reconstruction du château de Jugon, l'aménagement des étangs cernant le site défensif de Jugon, l'agencement des chaussées bordant les dits étangs, et il est probablement aussi l'auteur du nouveau nom de la rivière Jugon rebaptisée Rosette. En effet la Rosette est l'un des affluents du Nil, lieu qu'il connaissait pour y être allé combattre les Mamelouks lors de la croisade de 1249. Voir portrait de Pierre de Dreux ci dessous ainsi que le plan de Jugon avec les deux étangs encadrant l'endroit où se dressait le château.


 

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 13:32

 

 

 

 

Le Bois Passemalet armoiries Le Levroux et linteau à accolade des pavements et les traces des douves

 

Liens il y eut très certainement entre ces deux familles dont les armoiries étaient quasiment similaires, l'une se retrouva possessionnée en la paroisse de Sévignac -voir la Trouée au bourg, elle apparaît dans les montres nobiliaires du XVème siècle, mais dès le début du XVIIème siècle elle était tombée dans la rôture, la branche présente à Broons conserva son statut durant tout l'ancien régime à la tête de la seigneurie du Bois Passemalet. On la trouve également à Jugon et Trébédan. C'est à travers les montres nobiliaires de 1428 qu'apparait Jehan Le Leuvroux, il était marié à Jeanne du Bois. Leur fils Pierre vivant dans la seconde moitié du XVème siècle épousa Jeanne Rolland, fille d'écuyer Olivier Rolland seigneur du Noday à Trémeur et de Jeanne de La Motte. Comme nous aurons l'occasion de la constater, les deux familles dont les seigneuries étaient établies respectivement dans les paroisses de Broons et de Trémeur entretenaient des liens très solides. Guillaume Le Leuvroux fils des précédents vivait en 1513 il était marié à Catherine de Vaunoysc fille de Françoys, Guillaume Le Leuvroux est titré seigneur du Bois Passemalet (voir Le Bois-Passemalet à Broons) et est donné comme demeurant audit lieu noble. Bertrand Le Leuvroux fils de Guillaume et de succéda à ces derniers à la tête de la seigneurie, Bertrand Le Leuvroux fut marié à Françoise Champion. Ils furent les parents de Georges Le Leuvroux. Le 12 mars 1581 Bertran(d) Le Leuvroux, seigneur du Bois Passemalet était inhumé dans l'église de Broons. Georges Le Leuvroux fils des précédents épousa Antoinette de Claire Fontaine, fille de Charles et Thomesse de la Chapelle. De son union avec Antoinette de Claire Fontaine écuyer Georges Le Leuvroux eut pour héritiers : Bonabes Le Leuvroux auquel fut transmise la seigneurie de Bois Passemalet, et probablement Louis Le Leuvroux dit sieur de la VilleEuvin. La Ville Uvin était un lieu proche de la Sauvagère, aux confins des paroisses de Broons Yvignac et Trédias. «Le corps de Louys Le Leuvroux vivant sieur de la Ville Euvin fut ensépulturé dans l'église de Broon le dimanche vingt sixiesme jour de juillet mil six cent neuf» A la veille des guerres de la Ligue qui allaient ébranler la Bretagne, le Sieur du Bois Passemalet s'éteignait : Le corps de noble homme Georges Le Leuvroux Sieur du Bouays (Passemalet) fut ensépulturé en le choeur (de l'église) de Broons le 20 août 1696 par Missire Sébille


 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 12:47

La Ville-Morel 

 

 

Armoiries Millon; de Lesmeleuc Geslin de Coëtcouvran, de La Nouë

 

Eudes Millon, cité en 1220, chevalier. Fondateur de cette famille présente à la Ville Morel mais aussi en la paroisse de Trédias et Sainte Urielle. Launay Millon en cette même paroisse de Broons est lié à la présence de cette famille. Jean Milon et sa femme Olivia d'Avignon, fille de Guillaume et de Jeanne, cités dans le chartes de Boquen en 1274, lorsqu'ils procèdent à un échange sur la paroisse de Sévignac. On cite aussi un certain Pierre seigneur de la Ville Morel, marié à une fille issue de la prestigieuse Maison de Lusignan, père de Bertrand Milon. Sans nul doute que ceux ci sont apparentés aux membres qui suivent, mais aucun lien n'a été fait permettant de le relier à ceux ci.

 

I -Pierre Ier Millon, seigneur de la Ville Morel vivait au cours du XIIIème siècle, il épousa Gillette de la Houssaye et eut pour héritiers :

 

II -Jean Ier Millon premier de ce nom, marié à Flourie de Piedevache & Olivier Milon croisé en 1249, il paraît dans l'assiette de livres de deux cents de rente faites par Gui de Bretagne à Simon de Montbourcher, le samedi avant la fête de la Toussaint de l'an 1319. De l'union de Jean Millon & Flourie de Piedevache naquirent deux fils (et une fille d'après Auguste du Paz)

 

III -Estienne I Millon, premier de ce nom, seigneur de la Ville Morel il servait dans la compagnie d'Alain de Beaumont, chevalier dont la montre se fit à Mortain le 28 juin 1378; il ratifia le Traité de Guérandes en 1381 et fut marié à Jeanne d'Yvignac fille de Olivier d'Yvignac et Catherine de Montbourcher.

 

-Raoullet Millon, plaida en 1356 avec son frère Estienne contre Estienne Le Febvre

-Jeanne Millon épousa messire Geoffroy de Saint Pern

 

IV -Pierre II Millon, écuyer, servait en 1380 dans la compagnie de Jéhan de Tussé, chevalier dont la montre se fit au Mans, la même année et ensuite dans celle de Jéhan de Maillé, chevalier qui se montre à Angers le premier octobre suivant. Il épousa Marguerite de Lanvallay, fille aînée de Robin de Lanvallay et de dame Marguerite de Tournemine *. Six enfants naquirent de leur union.

-Jean, mentionné dans la Réforme de 1443, auteur d'une branche établie au Pays de Retz et dont le dernier représentant fut Emile Marie sieur de Villeroy, mentionné en 1816.

-Yvon, Yves Milon cité en 1483, trésorier général de Bretagne. Est mentionné dans la Réforme de 1443, il épousa Guillemette Audepin-auteurs de la branche de la Touche Millon

-Thomas, rendit hommage au vicomte de Rohan en 1396

-Estienne, servait dans la compagnie de Bertrand de Rostrenan, reçue à Lyon le 29 juin 1409, épousa Jeanne d'Yvignac. Leur fille Marguerite épousa Olivier du Bouays, sieur du Bouays-Robert en Trédias.

-Guillaume, prêta serment au duc de Bretagne en 1437

-Tiphane, nommée dans la réformation de l'hôtel du duc de Bretagne, faite en 1415, comme ayant bouche en cour

-Jeanne, élue abbesse de Saint Sulpice en 1391, elle mourut en 1407

 

V -Jean II Millon, écuyer, paraît dans l'extrait du comte Guion de Carné, trésorier et receveur général de Bretagne en l'an 1445, il épousa Marguerite de Pontménil avec laquelle il vivait en 1190, ils eurent un fils : Jean III Millon -auteur de la branche de Keryvon

 

-Bertrand I Millon, chevalier, seigneur de la Ville Morel, il fut vaillant homme de guerre, et servit dans tourtes les campagnes de son tem(p)s. Il scella de son sceau représentant un écu d'azur chargé de trois têtes de lévriers d'argent, colletées de gueule et bouclées d'or, une obligation en 1384. Il fut père de Bertrand Millon qui suit.

 

VI -Bertrand II Millon, servit sous le comte de Richmont en 1439, en récompense, le comte de Rochmont l'arma chevalier à Avranches en récompense de ses exploits. Bertrand II Millon fut sénéchal de Ploermel et juge universel de Bretagne en 1439, puis ambassadeur du duc de Bretagne auprès du roi de France en 1440. Il épousa Jeanne de Broons -branche de Brondineuf, fille de Guillaume II de Broons et Marguerite Moyene. Ils eurent des enfants. Auguste du Paz en cite quatre en précisent que Bertrand Milon «eut plusieurs enfans de ladite Jeanne de Broon, & entre autre Jacques Milon son principal héritier, François Milon, Protenotaire du Sainct Siège Apostolique, Jeanne Milon, Religieuse & Abbesse de Sainct Sulpîce & autres»

 

 

VII -Jacques Millon, sieur de la Garenne en 1480, il perçoit 200 livres de revenu, et comparaît comme homme d’armes, il épousa Françoise de Sainct Gilles, fille de Jean et Constance de Rosmadec, et fut père de Guyon (VIII).

-François : religieux

-Guillaume, abbé de Saint Jacut

-Etienne, abbé de Saint Jacut

-Jeanne : abbesse de St Sulpice décédée en 1498

-Guillemette : abbesse de St Sulpice décédée vers 1435

-Nicolas : abbé de St Etienne de Caen.

 

 

 

 

Statue de Saint Christophe visible à Saint-Jacut de la Mer

Commandée par l'abbé Etienne Milon alors abbé du lieu

(cliché éditions Le Flohic)

 

VIII -Guyon Milon, seigneur de la Ville Morel, marié à Marguerite de Loreril, fille de Symon de Lorgeril et Gilette de Lanvallay sa première épouse. Parents de François Millon.

 

IX -François Millon, sieur de la Garenne cité en 1540, fils du précédent à la Touschette, les Noes, Guinièbre. François Milon et Gillette du Bois sa compagne, sieur et dame de la Plexe, ont le dit lieu et métairie de la Normandais, noble et franche de toute ancienneté, et ont plusieurs rotures.

 

*** Pierre II Millon donné sous le nom de Estienne Milon par Auguste du Paz, chevalier et seigneur de la Ville Morel marié à Marguerite de Lanvalay -fille ainée de messire Robin de Lanvallay et de Marguerite Tournemine, fille d'un puisné de la Hunaudaye. Un écusson aux armes de cette famille de Lanvallay a été découvert à la Ville Morel. Cette famille Millon a laissé des traces sur Broons à travers des lieux : Launay Milon, la Lande es Milon, la Croix Milon; à Saint Jacut de la mer : le Rocher Milon. Elle disposait de la Garenne en Yvignac; de la Ruelle à Trémeur et de la Baillie en Sainte Urielle (paroisse depuis rattachée à Trédias). Un sceau Milon fut retrouvé à la Motte Broon :

 

 

 

5 DE CONTRAS DE LA VILLE MOREL

 

Ci dessus mention le lundi 27 juillet 1609 du décès de Georges Millon, vivant Seigneur de la Ville Morel, inhumé dans la chapelle de Lesléan

 

Outre Georges Millon, les registres paroissiaux de Broons mentionnent aussi Damoiselle Janne Millon, celle ci était mariée à Jan Robinault probablement issu de la même famile que celle que l'on retrouve établie à St Régent en Lanrelas. Nobles gens Jan Robinault et Janne Millon, sa compagne eurent trois enfants:

-Jacquemyne Robinault, baptisée le 2 octobre 1594

-Claude Robinault, baptisé le 15 septembre 1596

-Gillette Robinault, baptisée le 2 novembre 1601

La seigneurie de la Ville Morel passa ensuite aux famille de Lesmeleuc (XVIème siècle)- Geslin de Couëcouvran (XVIIème-XVIIIème siècle) -de la Nouë (XVIIIème siècle).

 

 

La famille de Lesmeleuc dont le berceau était établie à Andel donna au cours des XVIème & XVIIème siècle deux commandeurs à l'ancien Ordre des Templiers de la Guerche de Bretagne. Damoyselle Gillette de Lesmeleuc, citée en juin 1600 dans le registre paroissial de Broons est issue de cette famille établie alors à la Ville Morel. Lors du baptêmes de Pierre & Georgine Brient enfants de Françoys et Janne Garnier le 3 mai 1612, le jeune Pierre reçoit pour parrain écuyer Pierre de Lesmeleuc, Sieur de la Salle et sa soeur damoiselle Georgine de Lesmeleuc Dame du Baschans. «Escuyer Pierre de Lesmeleuc vivant Seigneur de la Salle la Ville Morel & décéda le quinziesme jour d'avril mil six cent et la sépulture de son corps fut faicte dans la Chapelle de Lesléan le dix neuviesme dudit Moys Mil six Cent trante et huict & fut confessé par Monsieur le Recteur de Caulnes pre(sen)z M(ess)ire Jullien Briand Chapelain de la P(a)r(oi)sse et M(ess)ire Jean Duboys subcuré de Broon». De son union avec Catherine de Couepelle, Pierre de Lesmeleuc laissait deux filles : Hélène et Guillemette, et un fils Alain. Catherine de Couepelle sa veuve, se remaria à Me Charles Visdelou le 4 novembre 1640 est donnée dame douairière de la Ville Morel, et sa fille Hélène de Lesmeleuc dame de la Ville Morel épousa le 27 novembre 1647 à René Lemerdy sieur de Lansimien : «Le vingt septiesme jour de novembre mil six cent quarante sept jays auj(oud'hui) soubz signé Missire Jan Dubois Curé de Broon célébré la Ste Messe Dans la chapelle de Leslean, et administré les bénédictions nuptialles par la permi(ssi)on de Monsieur le recteur dudit Broon à Escuier René Lemerdy Seigne(ur) de Lansimilien Et Dam(ois)lle Helaine de Lesmeleuc Dame de la Villemorel apres nous avoir esté appareu les Dispenses De Deux Bannyes dudit Mariage des Illu(strissi)mes et Révérend(issi)mes Evesques de S Malo et de St Brieuc avec le Certificat d'une Bannye de Mons(ieu)r le Recteur de St Michel audict St-Brieuc, et suivant le décret d'icelle Mariage faict par Monsieur le Sé(néch)al de la Guesrine...en présence de Dame Catherine de Couepelle Dame du Rible de la Cheze et Mère de la dicte Delesmeleuc Et de Messire Georges Le Merdy Conseiller du Roy et son Procureur à st Brieuc et Dame Perronelle de la Rivière, Seigneur et Dame de Querendot , Messire Jean Gouyon seigneur de Baucorps, Mathurin de Quersalliou Seigneur de Rechourt..» Guillemette de Lesmeleuc mariée à Jean des Cognets (mort vers 1630). Ecuyer Alain de Lesmeleuc, seigneur de la Ville Morel décédé en 1639 : «escuier Alain de Lesmeleuc sieur de la Villemel et de la Villemorel mourut à la Villemorel le dimanche quinziesme jour de mays mil six cent trente et neuf et fut Ensépulturé du consentement du Recteur dans la chapelle de Lelean de la Villemorel le dix neufviesme jour ddst moys et an» (voir La Ville-Morel à Broons)


 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:24

 

 

 

 


 

La présence d'une motte castrale en ce lieu indique qu'aux environs de l'an mil, lors de la réorganisation de la société bretonne, l'endroit fut confié à l'une de ces puissantes familles qui adopta pour patronyme celui de cette paroisse d'élection : Dolo. La famille noble de Dolo, était pour cette seigneurie du Lou d'abord vassale des châtelains de Dinan -jusqu'à la fin du XIIe siècle, puis des puissants Penthièvre. Les armes de cette famille étaient «de gueules à 10 billettes d'argent»- voir ci dessous les armoiries de cette famille. Outre la motte castrale *, les très anciennes chroniques nous apprennent que ici s'y exerçait la haute, moyenne et basse justice, avec fourches à 4 pots au bourg de Dolo et titre de vicomté relevant de Jugon, l'endroit disposait aussi d'un colombier. Eudes de Dolo cité en 1253 au sujet de la terre du Rosaire à Plérin, lequel Eude est donné fils d'autre Eudes et de Bénévanta qui vivaient en 1248 d'après une charte de l'abbaye de Boquen «Eudo Dolou miles, Benevanta uxor ejus et Eudo promogenitus filius». Rolland de Dolo cité en 1253 pour vente de terres situées en Uzel à Thomas de Chemillé. En 1261 Gaufridi Dolou apparaît en tant que «militum», témoin de Geoffroi Tournemine, lors d'une donation de ce dernier en faveur de St Aubin des Bois, lequel Géoffroi de Dolo avait épousé Sibille Tournemine fille dudit Olivier seigneur de la Hunaudaye. 1263 Aumône de la famille Dollou, en Sévignac «Universis, etc., Robertus de Margarou, inne temporis capellanus de Sevignac, salutem in Domino. Noverit universitas quod in nostra presencia constitutus Johannes Dollou, fillius Guillelmi Dollou, recognovit quod religiosi viri abbas et conventus beate Marie de Boquian Cist.,ord., habebant in decima sua de Sevignac unum cartengium frumenti, annui redditus, ad mensuram venalem de Sevignac, ex dono Doiete matris sue; etc. Datum anno Domini M° CC° septuagesimo tercio, apud Lagloire, die domini in festo Fabiani et Sebastiani(Arch. des Côtes du Nord.-Copie de la Cour de Jugon 1347.) Jean de Dollou cité à Saint Cado en Sévignac dans une charte de Boquen en 1274 comme faisant don d'une aumône à l'abbaye de Boquen : «Universis, etc., Guillelmus de Alneto, miles, salutem in Domino. Noverint, quod Johannes Dollou,deffunctus, cujus executor testamenti islo (sic), dedit ultima voluntae sua, et concessit Deo et abbacie beate Marie de Boquian, et monachis ibidem Deo servientibus pro remedio anime sue, antecessorum et successorum suorum, unum decima, frumenti, ad mesuram velanem de Sevignac, dictis religiosis et corum monasterio, jure hereditario, singulis annis jabendum et percipiendum superdecima sua de Sevignac, sicut nobis constat certissimo et in ejus Johannis testamento, sigillis autenticis sigillato; continetur, etc. Datum di lune, in festo beati Gerorgii, anno Domini M° CC° septuagesino quarto».

 

 

* la Motte castrale se trouvait dans un bosquet situé à l'angle de l'étang et de la cour du manoir, face aux bâtiments, des avant-défenses pourraient avoir été à l'époque féodale aménagées dans les environs immédiats du Loup.

 

 

 

 

 

Les arrières du manoir avec armoiries

Dolo et Dolo bis, Le Voyer de Trégomar, Calloët et de Lannion

 

En 1332, noble écuyer Eonnet Dollou fils d'Eon Dollou épouse Aliette de Plédran, fille de Henry III de Plédran et de Alix du Mottay. Il semble que très vite, semble-t-il suite à une alliance cette famille ait quitté la paroisse d'origine dont elle avait adopté le nom et se soit établie à Plaintel. Parmi les co-signataires du second traité de Guérande «le pétulnième jour d'avril 1380» figure Rolland de Dolo. Jeanne de Dolo épousa Rolland Gauteron de la terre et seigneurie du Plessix Gautron en Sévignac, lequel Rolland Gauteron était Conseiller du duc et Sénéchal de Lamballe en 1470. Le dit Rolland adopta les armoiries de la famille de Dolo et fut titré sieur de la Ville Maingy et vicomte de Plaintel. Leurs descendants se sont fondus dans la puissante famille de Robien. En 1440 Olivier Le Voyer de Trégomar possède cette seigneurie du Lou, il était marié à Alice d'Angoulvent, leur fils Olivier Le Voyer de Trégomar épousa Alix de Mauny, il exerçait la charge de chambellan auprès du duc François II en 1461. Leurs gisants encadrent le porche de l'église de Trégomar (ci-dessous). En 1513 : La maison et métairie du Lo appartenant à Bertrand Le Voyer, sieur de Trégomar, personnes & maisons nobles, marié à Suzanne Bois Travers. Jacques Le Voyer, sieur de Trégomar, fils des précédents était gentilhomme ordinaire de la Chambre, et capitaine de cent lances. Il disposait aussi de deux foires d'après autorisation rendue par le roi Henry II, l'une : la foire de la St Marc se tenait au village du Marchix. Pierre Le Voyer, chevalier, seigneur de Trégomar marié à Claude de Névet. Leur fille : Bonnaventurette Louise Le Voyer, dame de Trégomar et du Lou, épousa en 1678 Charles René de Guer marquis de Pontcallec fils de Alain de Guer marquis de Pontcallec et de Renée Françoise de Lannion. Bonnaventurette Louise Le Voyer devint héritière du Lou vers 1680-1683, elle vendit ce domaine du Lou pour la somme de 3712 livres en 1692 à chevalier seigneur Guillaume Jacques de Calloët, titré alors vicomte du Lou. En réalité si le domaine fut vendu, c'était pour permettre à Alain de Guer marquis de Pontcallec et à Renée Françoise de Lannion de se libérer de la caution offerte à Jean de Guer : celui ci n'ayant pu payer la somme de 136.000 livres pour l'office de sénéchal du Présidial de Vannes que ce dernier avait achetée de la veuve des Vaux Berminiac. Guillaume Jacques de Calloët trépassa le 23 novembre 1729, son coeur fut déposé en la chapelle Kermaria-an-Isquit à Plouha. En 1740 le sieur de Calloët de Trégomar implore le roi afin de lui accorder par lettres patentes d'érection en marquisat de la terre et seigneurie du Lou Trégomar et de lui accorder l'établissement d'un marché dans la paroisse de Dolo. Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle on trouve messire Pierre François de Calloët pareillement titré vicomte du Lou, il avait racheté les terres à son frère cadet messire Marie François de Calloët. Messire Pierre François de Calloët épousa Julie-Perrine Gicquel du Nédo. Le 2 mai 1786, leur fille Lucie Calloët épousa messire Agathon du Bouëxic Guichen, seigneur de la Botterais. Pierre François de Calloët mourut cinq ans plus tard à Plouha : « Ce jour vingt trois janvier mil sept cent quatre vingt onze le corps de Pierre François Esprit Bazile de Calloët de Trégomar agé de soixante douze ans décédé d'hier a été inhumé dans la chapelle domestique de Kermaria-an isquit en cette paroisse..

 

 

 

 

 

Arbalétrières XIIIe également appelées meurtrières en croix ou archères cruciformes

 

 

 

Enfeus de Trégomar

 

Juridiction du Lou

 

1761-1789 Audiences tenues au bourg de Dolo par Maîtres Le Héricé et Thébaux, sénéchaux-Mandement de Procureur accordé à Vincent Hallouët par messire Pierre de Calloët, baron de Trégomar, vicomte du Lou. Plaids généraux tenus, par anciens privilèges, le lendemain de la foire Saint Marc, au village du Marchix-Evocation des débitants afin de faire étalonner les pots et pintes dont ils se sont servis, et payer à la seigneurie un pot de liqueur, pour droit de bouteillage.-Appropriement du contrat d'acquêt obtenu par Jacques Le Jeune, d'une maison située à Cangué, dîte l'hôtel de la Guerine


1762 Minutes du gref. Tutelles et curatelles des enfants de : feu Louis Lucas et d'Anne Drouart, de Pierre Le Breton et de Mathurine Caresmel. Emancipation de Jeanne Lereste. Décrets de mariage entre : Mathurin Veron et Françoise Massé; Anne Saille et Mathurin Leclerc, procureur fiscal de la juridiction de Beaumanoir-Lymoëllan. Enquête faite pour rechercher les parents collatéraux de Jean Jégu, décédé sans laissé d'héritiers. 1762-1782 Minutes du greffe. Scellés, inventaires, ventes et partages concernant les successions mobiliaires de : Gillette Desvaux, veuve de Jean Gaultier; de Jean Veillon; de Marc Rochefort. Mainlevée de la succession immobiliaire de maître Léonard Gesfros accordée à Pierre Le Breton. Mesurage, prisage et partage des héritages roturiers provenant tant du propre que de la communauté de Mathurin Oger, de Catherine Gesret et de Laurent Oger leur fils, tous décédés à la Ville Anquetin en la paroisse de Dolo. 1762-1789 Procédures, sentence du sénéchal : portant qu'il n'y a pas lieu de procéder à la succession mobilière de Jean Botrel et de Jeanne Henry sa veuve; condamnant de Julien Radier et sa femme d'avoir maltraité Toussaint Leclerc, à payer les frais des médicaments; Guillaume Leray qui a volé un cheval à être pendu sur la place publique de Dolo. Poursuites dirigées par le Procureur fiscal contre Jean Petitbon, afin d'obtenir l'aveu des héritages que ledit Petitbon possède sous la seigneurie du Lou au fief du Margaro. Déclaration de grossesse par Jacquemine Rouault. Une affaire criminelle impliquant le dit Yves Thomas de Dolo en 1727 est jugée à Lamballe.

(Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor)

 

Attachés de justices

 

 

Me Thomas Camereux, sieur du Champhay en 1648

Me Jan Henry, en 1669

Me Laurens Urvoit en 1669

Me René Gaultier, en 1672

Me Jan Paty, en 1673

Me Pierre Geffros, en 1674

Me Guillaume Toulemouche, en 1678

Me Alain Petibon, greffier de la juridiction du Lou en 1679

Me Louis Esnault, procureur fiscal en 1679

Me Bertrand Urvoit, en 1679

Me Jan Lemée, en 1684

Me Laurend Urvoit, en 1684

Me Guy Gesbert en 1688

Me Rouault, greffier de Jugon en 1689

Me Pierre Sohier, sieur de ChampHay en 1719

Me Jacques Collas, en 1698, notaire +1729

Me Pierre Sohier, sieur du Champhay en 1710 sénéchal du Lou des Clos marié à Ursulle Radegonde Quinot

Me René Pringault marié à Jacquemine Leffroy, en 1711

Me Jacques Pringault, sieur de la Brousse, en 1711

Me Pierre Lohier marié à damoiselle Ursulle Quinot, damoiselle de Champhay en 1712

Me Jan Henry, procureur de la juridiction du Lou en 1727 demeure la Ville Nouée

Me Bertrand Béreschel, greffier & notaire au Lou en 1728

Me Pierre Collas, notaire en 1734

Me René Sohier, en 1734

Me Jean Brunet, en 1751

Me Jacques Sevoy, sieur de la Ville Josse en 1755

Me Lemée, notaire, en 1784

Maître Hervé, notaire greffier, cité en 1784

Me Pilorget, procureur fiscal en 1784

Me Guerin, greffier en 1784

Me Thébault de la Chaubidais juge et sénéchal de la juridiction du Lou, en 1784

Me Rebours, juge en cette partie attendu la vaquance de la charge de sénéchal, en 1784

 

 

 

 

Fermiers au Loup :

 

Pierre Henry, laboureur demeurant à la mestayrie du Lou épouse Jacquemine Le Bigot en 1673

Louis Reboux et Marie Henry demeurant à la maison noble du Lou en 1683

Jean Colas et Pétronille Houée, demeurant à la maison noble du Lou en 1778

Cette famille Collas était déjà présente au Lou en septembre 1637, deux membres de cette famille tuèrent d'un coup d'arcquebuse le praticien qui s'en allait donner les soins à travers la campagne : un certain sieur Henry dont le foie fut fracassé. Il devait mourir 15 jours plus tard. La famille Locminé fut la dernière à avoir exploité l'endroit au cours du XXe siècle.


 

 

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