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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 12:08

VII. -Souvenirs actuels des Sept-Saints.


 

Mais me direz-vous pas: « Aux temps anciens, les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage lui-même si populaire, n'ont-ils pas eu une histoire écrite ? » Au milieu du XVe siècle il existait un légendaire des Sept-Saints ; c'est-à-dire un recueil où étaient réunies leurs vies. L'évêque Jean de Coëtquis, évêque de Tréguier de 1454 à 1464, en donna un exemplaire à son église ; et le Chapitre tenait ce cahier en telle estime que, en 1468. après la mort de l'évêque, il dépensa pour le faire relier la somme « de III sols VIII deniers, » le tiers d'une livre de 20 sols, environ 10 fr. 50 monnaie actuelle. Si ce recueil n'a pas été imprimé dans les années qui suivirent., ne nous étonnons pas trop qu'il ait disparu. C'est une chose surprenante que le souvenir des Sept-Saints, qui allait vivre en Cornouaille jusqu'à la Révolution, se soit, dans les dernières années du XVIIe siècle, presque subitement perdu dans les autres évêchés bretons, même dans le clergé. Les hésitations et les erreurs de Lobineau, qui imprimait son Histoire en 1707, sont une première preuve de ce fait singulier. Mais voici une autre preuve bien plus certaine encore. Nous la tirerons d'une brève notice sur chacune des chapelles existant aujourd'hui, au moins a l'état de souvenir, sous le vocable des Sept-Saints. Nous en avons retrouvé sept : une à Brest, trois dans le département actuel des Côtes-du-Nord, au Vieux-Marché. Yffiniac et Erquy, deux dans le Morbihan, à Kergrist-Neuliac et Erdeven, une dans la Loire-Inférieure.


 


 

I. -La chapelle des Sept-Saints à Brest était un ancien prieuré de l'abbaye de Saint-Mathieu, selon le P. Champion, seule de ce vocable en Bretagne, elle fut église paroissiale, elle avait ce titre dés le commencement du XVIIe siècle et elle le garda jusqu'à la fin du siècle. Au dernier siècle, la chapelle conservait le vocable ancien des Sept-Saints ; mais ces sept saints étaient les sept frères, fils de sainte Symphorose, martyrs arec leur mère, à Tibur, au IIe siècle.Au moins, un tableau sauvé de la chapelle et conservé à l'église Saint-Louis, représente-t-il le martyre de sainte Symphorose et de ses sept fils. d'autres, dans les Sept-Saints de Brest, voyaient les sept fils de sainte Félicité Romaine, martyrisés avec leur mère, à Rome. au IIe siècle. La preuve de cette confusion, faite au dernier siècle, se tire même du vocable des Sept-Saints : Les sept martyrs, fils de sainte Symphorose ou de sainte Félicité, ne figurent pas au martyrologe sous le nom des Sept-Saints, mais des sept frères martyrs. Et puis, comment expliquer que le vocable d'une chapelle dédiée à une mère et à ses fils omette le nom de la mère ? La vérité est que la chapelle était encore, en 1683, dédiée aux Sept-Saints de Bretagne ; que les noms de ces saints, rappelés par le P. Champion, étaient oubliés quelques années après lui ; et que, sans prendre la peine de s'en enquérir, on a cherché au martyrologe sept saints honorés ensemble, pour leur rendre un culte collectif sans changer le vocable de la chapelle. Nous allons voir le même fait se produire ailleurs.

 

 


 

II. -La chapelle des Sept-Saints, autrefois commune de Plouaret, aujourd'hui du V Elle offre cette particularité unique de couvrir un dolmen. M. de Courcy suppose, avec toute vraisemblance, que le culte des Sept-Saints a été substitué à quelque pratique païenne attachée au dolmen. Mais est-il dans le vrai quand, acceptant sans objection le sens donné actuellement au vocable, il reconnaît pour patrons les Sept Dormants d'Ephése ? Voici une objection. Le remplacement par une consécration chrétienne de quelque culte païen n'a pu se faire qu'aux temps qui ont suivi l'évangélisation des Ve et VIe siècles. Or, comment à cette époque, la chapelle aurait-elle été dédiée aux Sept-Dormants ? Si je suis bien informé, leur histoire n'a été révélée à l'Occident que par Jacques de Voragine. Celui-ci écrivait dans la seconde moitié du XIIIe siècle (il est mort en 1208). Sa Légende dorée, traduite en français seulement en 1470, n'a pu devenir populaire en France qu'à la fin du XVe siècle. Or, dès le temps ou Voragine écrivait, les Sept-Saints de Bretagne étaient en grand honneur, et leurs pèlerins passaient sur la voie qui borde la chapelle. Le vocable des Sept-Saints ne dut-il pas originairement s'entendre des Sept-Saints de Bretagne? Et n'est-ce pas seulement à la reconstruction de la chapelle, entre 1701 et 1711, que le titre des Sept-Saints fut transféré aux sept Dormants ? C'est alors aussi que naquit la légende d'après laquelle sept statues de pierre furent miraculeusement trouvées dans le dolmen. On sait le goût des habitants des campagnes bretonnes et leur naïve croyance au merveilleux. Or, ni la légende des saints de pierre, même rimée en un cantique breton de cinquante-quatre couplets en l'honneur de sept Dormants, ni leurs sept statuettes posées dans la chapelle n'ont convaincu les doyens de la paroisse ! Interrogez-les : ils vous diront que les Sept-Saints patrons de la chapelle sont les Sept-Saints bretons. Ces braves gens ont assurément reçu cette indication de vieillards qui pouvaient la tenir de contemporains de la chapelle remplacée en 1711 par la chapelle actuelle. Leur parole n'est-elle pas l'écho fidèle de l'antique tradition ? 

 

 

 

 

III. -La chapelle de Saint-Laurent, de Saint-Laurent des Sept-Saints, ou simplement des Sept-Saints aux confins de la commune d'Yfflniac, au bord de la voie romaine de Carhaix à Alet, touchant au fond de la baie de Saint-Brieuc. Presque entièrement reconstruite en I850, elle a remplacé une chapelle dont un linteau portait la date 1681, mais dont la fondation était bien antérieure. Elle était le but d'un pèlerinage très suivi. Le pardon se célébrait le premier dimanche d'octobre. La chapelle, vendue nationalement, tombait en ruines quand la fabrique l'a acquise en 1833. Près de la chapelle se voit une fontaine ancienne dite aussi des Sept-Saints, et contenant sept niches depuis longtemps vides. Dans la chapelle, au-dessus de l'autel, sont sept statuettes toutes modernes, mais auxquelles on n'a pas imposé les noms des Sept-Saints de Bretagne. II est même à remarquer qu'ici on ne s'est pas préoccupé,comme à Brest et au Vieux-Marche, de trouver sept saints qui, rapprochés dans la vie ou dans une mort glorieuse, pouvaient raisonnablement être unis dans un culte collectif. Voici les sept saints d'Yffiniac : Pabu, Meen, Armel, Cadoc, Laurent, Fiacre, Lubin; Tugdual, dit en ce pays Pabu, est le seul des Sept-Saints de Bretagne figuré dans la chapelle. Saint Brieuc, qui vécut à si peu de distance, n'y a pas trouvé place. Les quatre premiers saints bretons du VIe siècle ont pu se rencontrer sur terre ; et, bien que l'hagiographie ne leur attribue pas une action commune, on peut admettre à la rigueur qu'ils aient été rapprochés en tant que contemporains. Mais voici où la fantaisie s'est donné libre carrière. Le cinquième saint est Laurent, le célèbre diacre romain, martyr au IIIe siècle. Le sixième est Fiacre, moine irlandais du VIe siècle, patron des jardiniers, et sans doute introduit sur la liste par les nombreux maraîchers d'Yfflniac. Le septième, enfin, est Lubin, né à Poitiers, évêque de Chartres en 511, patron des hydropiques, parce qu'il en guérit un, des fabricants de chandelles, à cause d'un miracle arrivé lors de sa sépulture, et enfin, on ne sait trop pourquoi, des déchargeurs de vin à Rouen. On no voit pas qu'un de ces patronages ait pu déterminer la nationalisation de saint Lubin à Yffiniac. Aujourd'hui, saint Cado surtout est invoqué pour la guérison des coups et blessures. Les pèlerins, après avoir visité la chapelle, ne manquent pas de visiter la fontaine

 

 

 

 

 

 

La chapelle de Saint-Laurent des Sept-Saints à Hillion

 

 

 

IV. -Au bourg d'Erquy, l'ancienne Reginea, près de la voie conduisant de Reginea à Corseul, la chapelle nommée Notre-Dame des Sept-Saints. Cette chapelle a été rebâtie, il y a une trentaine d'années, en place d'une très ancienne chapelle entourée de sept croix, dont on voit encore les soubassements. Le souvenir des Sept-Saints bretons avait persisté à Erquy ; et leur culte y a été heureusement rétabli, il y a quelque trente ans. Un évêque de Saint-Brieuc, de pieuse et érudite mémoire. Mgr David, consacra la nouvelle chapelle et lui fit don d'un beau reliquaire, à sept arcades ogivales, contenant des reliques des Sept Saints de Bretagne. « Voilà donc un sanctuaire bien et dament consacré à nos chers Sept-Saints » Mais hélas ! c'est le seul.


 

 


 

V. -En la paroisse de Kergrist-Neuliac, à peu de distance de la voie de Carhaix à Rennes la chapelle dite de Saint-Mérec, abbé ou évêque, renferme les statuettes de nos Sept-Saints de Bretagoe en évêques et en costume du XVe siècle. -La chapelle porte encore le nom de chapelle des saints Mérec ou Mairet. On conte que les sept frère ?, nourris par une chèvre ou une biche dans un bois voisin devinrent évêques. Ajoutons que, à quelques centaines de mètres au Nord de la chapelle, dans une lande voisina de l'ancien manoir de Perchennic, près de la limite de Saint-Connec,il y a une fontaine en granit sous le vocable de saint Patern

 

 

 

 

 

VI. -En la paroisse d'Erdeven, sur la côte du Morbihan, se trouve un village dit des Sept-Saints, où était autrefois une chapelle, but, selon la tradition, d'un pèlerinage très suivi avant la Révolution. La chapelle, qui paraissait dater du XVe siècle, était tombée en ruine, et ses débris ont servi, il y a quarante ans, à l'agrandissement d'une chapelle au bourg. A cinquante mètres, il y a une fontaine dite des Sept-Saints, aujourd'hui ruinée, mais dans laquelle les pèlerins jettent souvent des pièces de monnaie. Du reste, de nos jours encore, le culte des Sept-Saints, non autrement désignés, est en honneur dans la paroisse, et chaque dimanche, à la grand'messe, il se fait une quête en l'honneur des Sept-Saints. Le pèlerinage existe encore; il se fait surtout les trois premiers samedis de mai. -Le pardon avait lieu le premier dimanche de mai.

 


 


 

VII. -A cette liste de chapelles des Sept-Saints, situées dans les limites de leurs anciens diocèses, il faut en ajouter une autre située dans le diocèse de Nantes. En la commune de Conquereuil (canton de Guémené-Penfao, arrondissement de Saint-Nazaire), prés du château de Pont-Veix, au bord même de l'ancienne voie romaine conduisant de Blain vers la Vilaine, il existe une chapelle placée sous le vocable de Saint-Anne, mais nommée autrefois chapelle des Sept-Saints, autrement (par corruption) de Lessaint (les Saints). On voyait autrefois dans la chapelle sept statuettes en bois, très anciennes, occupant sept niches distinctes, représentant sept saints avec leurs attributs ; mais les noms de ces saints étaient perdus, il y a prés d'un demi siècle. A cette époque, vers 1852, la chapelle fut reconstruite ; et avec le goût qui préside d'ordinaire à ces réfections, les sept niches furent supprimées. Il y a vingt ans les statuettes furent offertes à un brocanteur qui n'en voulut pas ; six d'entre elles furent remisées au grenier de la chapelle neuve ; la septième, moins vermoulue que les autres, fut placée dans le choeur de la chapelle ou elle figure encore sous le nom de saint Mêen. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage

 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 08:46

Dans la suppression de deux des quatre temporaux avant l'année 1424, nous avons vu un indice de l'affaiblissement de la vogue du tour de Bretagne. On peut croire que la décadence une fois commencée, se continua sans doute en progressant au XVe siècle; et, aux dernières années du siècle, les guerres de religion rendirent impossible cet acte de religion. Et cela s'explique trop bien. Les guerres du XIVe siècle n'avaient pas, nous l'avons vu, interrompu le pieux voyage, parce que les Anglais entrés en Bretagne étaient catholiques comme les Bretons. Mais, pendant les guerres de la Ligue, il en allait tout autrement. Les Anglais venus an secours de Henri IV, les lansquenets allemands, les soldats gascons enrôlés dans l'armée royale, étaient anglicans, luthériens, calvinistes. Ils voyaient des idolâtres dans les catholiques ligueurs ou non : « Ils pillent, disent les Etats royaux pourtant, profanent et foulent les Saints Sacrement aux pieds.» Supposez ces hommes dont l'indiscipline fait une troupe de brigands rencontrant des pèlerins en route ... La prudence recommandait aux pèlerins de ne pas tenter le voyage. Quand enfin la Bretagne retrouva la paix, le pèlerinage interrompu au temps de sa décadence ne reprit pas. Nous savons d'une manière certaine qu'il n'existait plus en 1622. Nous trouvons la preuve de ce fait dans deux mentions des rentiers du prieuré de Locamand, signalé plus haut. Ces mentions, datées de 1622 et 1650 sont relatives aux offrandes déposées à la fontaine de Locmaria-an-hent.

 

 

 

Chapelle Locmaria-Hent

 

Elles sont identiques ; mais au rentier de 1630, il a été fait une rature qui n'est pas sans intérêt. Voici l'extrait de ce dernier rentier : «  Droits seigneuriaux dus au prieuré selon qu'ils ont été extraits du rentier général... au mois d'août 1492 ».«  Item la neuvaine de tout ce qu'une personne déposera en allant le viage des Sept-Saints de Bretagne » (ces deux derniers mots rayés). Et en marge : « C'est une fontaine qui jadis était fort fréquentée de pèlerinage, laquelle est au fief de Logomand, située proche Treffédern. » Cette phrase démontre que, en 1622, les pèlerins ne visitaient plus la fontaine, en d'autres termes, que le pèlerinage avait cessé ; mais que le souvenir en restait encore en 1650. Mais la rature des deux mots de Bretagne nous fournit un autre renseignement. Quels sont l'auteur, la date, la cause de cette rature ? Voici, je pense, la réponse. Les mots les Sept-Saints de Bretaigne existent au rentier de 1622. Le copiste de 1650 a sous les yeux le rentier de 1492, il le copie exactement, puis il se ravise ; il se demande ce que veulent dire ces mots Sept-Saints de Bretaigne ; et ne trouvant pas la réponse, il efface les deux mots qui lui sont une énigme. Après lui d'autres ne seront pas mieux instruits ; et aujourd'hui nous pouvons voir dans la chapelle de Kermaria-an-hent un vieux tableau représentant sept saints, mais pas nos Sept-Saints bretons. Toutefois le souvenir des Sept-Saints de Bretagne, perdu à Locamand, restait vivant ailleurs. A la fin du XVIIe siècle, nous l'avons vu par le témoignage du P. Maunoir; et il faut rapprocher de ce témoignage celui du P. Champion que nous allons donner en entier, et une séquence imprimée au propre de Quimper, en 1702, que nous donnerons ensuite. En 1683, les Bollandistes trouvant dans les actes de saint Yves la mention des Sept-Saints de Bretagne et de leur pèlerinage, interrogèrent le savant P. Champion, jésuite breton résidant à Brest. Ils demandaient -on le voit par la réponse : -Quels sont les Sept-Saints de Bretagne ? Où étaient-ils honorés ? Que fut leur pèlerinage ? Saint Yves l'a-t-il accompli ? Les Sept-Saints ont-ils un jour de fête et quel jour de l'année ? Le P. Champion répondit en donnant les noms des Sept-Saints que nous connaissons, et il ajouta : «  La piété de nos pères a consacré çà et là en Bretagne plusieurs autels et quelques chapelles ; -au nombre de ces sanctuaires est la principale église de la ville de Brest aujourd'hui paroissiale, autrefois seulement chapelle ; -un pèlerinage célèbre et fréquenté surtout au temps de saint Yves se faisait aux sept cathédrales des villes dont ils (les Sept-Saints) furent évoques ; -en ces églises ou en quelqu'autre lieu, les Sept-Saints ont-ils une fête collective et a quel jour de l'année? C'est ce que je n'ai pu savoir. » Les Bollandistes se sont, à ce qu'il paraît, contentés de ces réponses si peu précises. A leur place nous aurions voulu en savoir plus long ; et combien il aurait été facile au P. Champion de les renseigner ! Que ne lui ont-ils adresse cette requête : « Ecrivez en chaque diocèse : chacun vous donnera la liste des autels des Sept-Saints et des chapelles qui leur sont consacrées : et chacun vous dira si dans ses limites il y a une fête des Sept-Saints et quel jour elle est célébrée. » Nous avons essayé de faire l'enquête que le P. champion a négligée. Mais deux cents ans après lui, c'est trop lard ! Jusqu'à ce moment le résultat de cette enquête est presque nul. Ainsi nous n'avons a vous signaler qu'un seul autel des Sept-Saints élevé dans une cathédrale: c'est celui de Quimper que nous connaissions déjà. Quant aux chapelles des Sept-Saints semées par la Bretagne, nous en signalerons seulement neuf -dont quatre sont aà l'état de souvenir : leurs ruines mêmes ont péri. Pour l'office spécial des Sept-Saints, leur fête a un jour de l'année, nous ne les trouvons nulle part, pas même à Quimper. Le propre de Quimper, imprimé après la mort du P. Champion, ne contient pas cet office. Si l'église de Quimper n'avait pas d'office propre, à plus forte raison les six autres églises qui n'avaient pas d'autel des Sept-Saints. Mais si la fête des Sept-Saints n'était pas célébrée dans les églises principales du pèlerinage qui n'avaient pas le vocable des Sept-Saints, ne l'était-elle pas en quelques chapelles portant ce vocable? On ne comprend guère en Bretagne une chapelle rurale sans pardon; et une chapelle des Sept-Saints n'avait-elle pas un jour consacré à la fête patronale et collective des Sept-Saints ? La question reste sans réponse. Mais nous avons la preuve que dans la cathédrale de Quimper les Sept-Saints qui y avaient un autel n'y avaient pas d'office propre. Nom sommes assurés du fait par le propre même du diocèse, imprimé en 1702, et dans lequel se trouve, à l'office de saint Corentin, la séquence a laquelle nous avons fait allusion. Elle commence ainsi :

 

Septem Sanctos veneremur

Et in illis admiremur

Septiformam gratiam :

Qui perversos converterunt,

Qui repleti repleverunt

Dogmate Britanniam...

llis praefulsit Corentinus,

Quem Paternus, Maclovius

Dùm hic locus visitatur

Admirantur nimium.


 

Vénérons les Sept-Saints

et admirons en eux

les sept dons de l'Esprit ;

ils ont converti les infidèles,

remplis de la science sacrée

ils en ont rempli la Bretagne...

A leur tête brille Corentin

que Patern et Malo

le visitant en ce lieu même

admirent sans réserve.

 

Pendant que l'église de Quimper chantait au dernier siècle saint Corentin et les six autres Saints de Bretagne, la cathédrale perdait l'ancien autel des Sept-Saints ; il a subsisté jusqu'aux sacrilèges dévastations de la fin du siècle. L'hymne ne se chante plus. L'autel a disparu ; seul le dais qui le couronnait en marque la place au pilier droit de l'entrée du choeur. Les Sept-Saints sont peints au retable de l'autel de Notre-Dame de la Victoire,dans la chapelle absidale. Souvenir qui ne remplace pas l'autel ! Si Je suis bien informé, c'est la seule image collective des Sept-Saints qui reste dans les sept églises, stations et buts du célèbre pèlerinage. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 14:02

Il est permis de penser que, avant les guerres, au temps de saint Yves, l'affluence était autre ; et, pour notre part, nous croyons le P. Champion bien informé quand il date la grande vogue du pèlerinage du temps de saint Yves. Nous aurons bientôt la preuve que la décadence était assez accentuée avant 1421. Mais auparavant, suivons le plus illustre pèlerin dont l'histoire nous dise le nom. Malade de la rougeole à Rennes, en mal 1419, Jean V avait promis le voyage des Sept-Saints. Il accomplit ce voeu au premier temporal, celui de saint Michel. Les dates d'actes authentiques, lettres et mandements signés par le duc vont nous renseigner sur son itinéraire. Jean V êtait « à son châtel d'Auray » le 21 septembre.

 

 

"Chastel d'Auray "

(document Wikipedia)

 

 

C'est quelques jours après qu'ayant visité saint Patern, il partit à pied avec son fidèle amiral de Penhoët : il se dirigea sur Dol et Saint-Malo; le 22 octobre, il est à Dinan : il y séjourne et aussi en son château de Jugon où il est encore le 29 octobre ; le 15 novembre, il est à Saint-Pol-de-Léon ; et c'est seulement un acte du 9 décembre qui nous apprend son retour à Vannes. Nous ne disons pas que le 9 décembre soit le jour de son arrivée ; il suffit de remarquer que le jour où le duc arriva à Dinan (22 octobre), le mois du temporal était passé ; et il restait à faire les deux tiers du chemin : le pèlerinage commencé avant la Saint-Michel a excédé de beaucoup le temporal, puisqu'il a duré deux mois jusqu'à l'arrivée du duc à Saint-Pol. Cest que le duc séjournait de proche en proche et s'écartait de la route par exemple quand il allait à son château de Jugon ; et il s'occupait, comme en ses fréquents voyages, des affaires de l'Etat et de celles de la justice, qui lui tenaient tant à coeur. Un acte du cartulaire de l'église de Quimper, daté de 1421, nous apprend que deux temporaux ont été supprimés ; mais II ne nous dit pas depuis quelle époque et quels temporaux subsistaient. D'après ce que nous venons de dire, on ne peut guère douter que le temporal de Noël si peu suivi ne fût un des supprimés, et que le temporal de la Saint-Michel, le plus suivi de tous, ne fût conservé. Pourtant plus de soixante ans après cette date, en 1492, les pèlerins étaient encore assez nombreux pour que « la neuvaine » des offrandes laissées par eux au trône de la fontaine de Kermaria-an-hent, méritât de figurer au rentier d'un prieuré voisin, celui de Locamaud (commune de Fouesnant n'avons pas le rentier de 1492, mais seulement deux rentiers de 1622 et 1650 qui mentionnent celui de 1492 et l'usage pour les pèlerins de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ces mentions. On a dit que cent ans plus tard, un bien autre changement avait été apporté au pèlerinage : la liste des Saints de Bretagne aurait été modifiée: Saint Pierre et saint Guillaume, évéque de Saint-Brieuc, y auraient été introduits, en place de saint Corentin et saint Patern ; les pèlerins, au lieu de visiter Quimper et Vannes, auraient eu à dédoubler leur station de Saint-Brieuc et à visiter Nantes ; en sorte que les stations principales du pèlerinage auraient été désormais Saint-Pol, Tréguier, Saint-Brieuc comptant pour deux, Saint-Malo, Dol, Nantes. L'expression tour de Bretagne n'est plus exacte. Le 11 avril 1518, Nicolas Coetanlem, riche armateur de Morlaix, dictait son testament qui fut rédigé en latin. Il léguait de grosses sommes à diverses personnes et à de nombreuses églises de Bretagne, France, Allemagne et Espagne, notamment à Saint-Jacques en Galice, enfin aux Sept-Saints de Bretagne. Voici la traduction du legs fait aux Sept-Saints: «  Aux Sept-Saints de Bretagne ; sçaroir à M. saint Pierre de Nantes, à M. saint Paul, à M. saint Tugdual, à M. saint Guillaume de Saint-Brieuo: à M. saint Samson, à M. saint Brieuc, à M. saint Malo, à chacun d'eux un ecu porté et faire le tour ainsi que l'on est accoutumé par le dit testateur ou par quelque autre, au nom du dit testateur et en ses dépens. » Ainsi Coetanlem ordonne un pèlerinage aux sept églises des saints qu'il nomme et l'offrande d'un écu à chaque église. Mais, quoiqu'il dise que l'on est accoutumé de faire ainsi le tour, nous ne pouvons croire que saint Pierre ait jamais pu être pris pour un des saints que le testateur lui-même nomme les Sept-Saints de Bretagne : Ne peut-on pas supposer une confusion entre le nom latin de Pierre et celui de Patern ? D'autre part, le vieil armateur et marin était-il si bien instruit des noms des saints bretons qu'il n'ait pu faire erreur en nommant Guillaume au lieu de Corentin ? Quelle apparence que la route de Quimper fût abandonnée, et que les Cornouaillais renonçant à fêter le fondateur de l'évêché de Cornouaille reconnussent deux des Sept-Saints, c'est-à-dire deux fondateurs à l'évêché de Saint-Brieuc ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 04:22

A Saint Suliac, on faisait en octobre des neuvaines (prières) pour la fièvre. Ce saint protégeait aussi les animaux des épizooties (région plus ou moins vaste, touchée par une épidémie).


 

Sainte-Blanche guérissait du mal blanc, sorte de pourriture des doigts. Une chapelle située à Saint-Cast et dédicacée à Sainte-Blanche attirait des pèlerins venus d'assez loin.

 

 

 

 

Chapelle Sainte-Blanche à Saint-Cast


 

A la Saint-Denis,

Tout soitier s'allie ;

 

A la Saint Simon,

Faut mett' en limon (brancard)


 

Les soitiers étaient les petits paysans qui s'associaient pour les labours


 

A la Saint-Denis,

Il y va le père et le fils ;

 

A la Saint Simon,

La mère et la fille y vont


 

Le jour de la Saint-Crépin, patron des cordonniers, ceux-ci, dans les petites villes faisaient dire une grand'messe, suivie d'un repas fait avec l'argent collecté le reste de l'année.


 

Le jour de Saint-Crépin ,

Mon ami,

 

Les cordonniers se frisent

Pour aller voir Catin

 

Qu'à brûlé sa chemise


 

Octobre à ta fin,

J'avons la Toussaint au matin.


 

Quand octobre prend fin,

La Toussaint est au matin.


 

Quand octobre prend fin,

Onze jours après j'avons la Saint-Martin.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 07:07

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:20

VI.-Le pèlerinage après saint Yves.


 

Nous nous sommes arrêtes au temps de la canonisation de saint Yves (1330), dix ans avant le commencement des guerres de la succession de Bretagne (1311). La guerre et l'occupation anglaise n'allaient pas interrompre le pèlerinage. Nous avons la preuve de ce fait par ce qui nous est appris de Vannes la ville épiscopale la plus exposée à la guerre. Les Anglais la tenaient et avaient transformé en forteresse l'église Saint-Patern, située hors des murs ; l'entrée de la ville close et celle de l'église étaient interdites ; mais les reliques de saint Patern étaient exposées sous le porche, sur une tombe,dans le cimetière ou dans une chapelle voisine ; les pèlerins arrivaient dans le faubourg les cierges allumés et pouvaient accomplirent toute liberté leurs actes de dévotion. Cette tolérance s'explique: les Anglais étaient catholiques comme les Bretons; et leur foi commune était un lien et un gage de paix religieuse entre les adversaires. Mais cette paix, garantie à Vannes par un capitaine anglais, était-elle assurée sur les routes, continuellement sillonnées par des partis pillards aux ordres de chefs subalternes, ou manquant d'autorité, ou non moins pillards que leurs soldats ? Comment croire que pendant ces lugubres années le nombre des pèlerins n'eût pas diminué ? Qu'après la paix, le pèlerinage ait repris faveur, ce n'est pas douteux : mais fut-il aussi fréquenté qu'avant les guerres ? Nous osons en douter. Les exactions des Anglais, succédant aux ravages de la guerre, épuisaient la Bretagne; et il lui fallait des années pour recouvrer et l'aisance ancienne et un parfait repos. On a dit pourtant et on a essayé de démontrer que, à la fin du XIVe siècle, il y eut grande affluence de pèlerins. Ce mot ne dit rien, il faut un chiffre. On l'a donné: trente à trente-cinq mille ! On a cru pouvoir déduire ce chiffre de la somme des offrandes laissées au tronc de saint Patern dont un compte est conservé à Vannes.

 

 

 

 

 

Le total s'éleva & 100 livres, qu'on a évaluées à huit ou neuf mille francs de notre monnaie; mais que selon une évaluation plus exacte, il faut réduire à environ 5.500 fr. ou 6.000 francs. La modicité des offrandes des pèlerins, pauvres en grand nombre, est attestée par une enquête faite à Vannes en 1400, 1401,1402. Les témoins sont notamment des chanoines et des curés des environs,qui ont fait le pèlerinage et rendent compte fidèle de ce qu'ils ont vu. Or, ils disent que nombre de pèlerins pauvres ne déposaient en chaque tronc qu'un denier ou même une obole, c'est-à-dire la moitié ou le quart d'un denier. C'est du chiffre des oblations, et après avoir constate la modicité des offrandes du plus grand nombre, que l'abbé Luco a déduit le chiffre do trente ou trente-cinq mille pèlerins. La réduction des offrandes de 9.000 ou même 8.000 à 5.500 ou 6.000 francs, ne me porterait pas à abaisser le chiffre des pèlerins: du reste, je le donne sans en prendre la responsabilité. Je ferai seulement remarquer que la population de la Bretagne d'alors ne pouvait atteindre un million. Encore les deux évêchés de Rennes et de Nantes, qui comptaient pour plus du tiers, n'étaient pas représentés au pèlerinage; il reste donc environ 000.000 âmes pour les sept évêchés : 30000 c'est le vingtième; 35.000 c'est le dix-septième de la population totale. Comptez pour on tiers seulement les vieillards, les infirmes, les enfants : 30 et 35.000 seront le treizième et le onzième de la population valide… N'est-ce pas beaucoup pour l'époque à laquelle nous reporte le compte de saint Patern ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:18

 

 

Etel

 

 

Erdeven

 

 

Vieux Marché

 

 

Bulat-Pestevien

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 06:34

VI -Chemin des pèlerins.

 

Il faut maintenant tracer le chemin des Sept-Saints, c'est-à-dire indiquer la suite des voies romaines auxquelles on donna ce nom. La route à parcourir enserre un vaste quadrilatère dont les angles sont : Vannes au Sud-Est, Quimper au Sud-Ouest, Saint-Pol au Nord-Ouest et Saint-Malo au Nord-Est. -Or nous trouvons :


 

1° Sur le côté Sud, la grande vole de Nantes à Civitas-Aquilonia, que nous nommons Quimper ;


 

2° Sur le côté Ouest, la voie de Quimper à Saint-Pol-de-Leon ;


 

3° Sur le côté Nord, la voie de Morlaix à Coz-Yaudet s'embranchant à quelques kilomètres de Lannion sur la voie de Coz-Yaudet au fond de la baie de Saint-Brieuc-Yffiniac.

 

A ce point accédaient plusieurs voies allant vers l'Est. La plus rapprochée do la mer passait par Matignon, franchissait la Rance, et atteignait Alet (Saint-Servan) et Saint-Malo ;


 

4° Sur le côté Est, la voie d'Alet à Avranches qui passait à Dol. Arrivés là, les pèlerins pour aller à Vannes avaient à choisir entre plusieurs voies. L'une (de Dol à Corseul) les ramenait à Corseul où ils rencontraient la voie d'Alet à Vannes par la Trinité-Porhoét et Saint-Jean-Brévelay. Mais à Dinan ils pouvaient prendre la voie qui, venant d'Alet, passait par Dinan, Lehon, Saint-Jouan-de-L'lsIe, Saint-Méen, Guer, se dirigeant vers Rieux et la Basse-Vilaine, et qui, à Guer, coupait la voie de Rennes à Vannes. Mais le voyageur parti de Dinan pour Vannes est loin de la ligne directe quand il est à Corseul et surtout à Guer. Pour le maintenir dans la direction exacte de Vannes, il faudrait une voie entre les deux que nous venons d'indiquer; c'est-à-dire allant de l'Est à l'Ouest. Elle existait. C'est la voie signalée dans l'acte de 1340, et que Lobineau a vue près de Saint-Georges,en Trédias. Elle apparaît comme une voie de jonction entre les deux autres ; menée en ligne droite de Lehon par Trédias, elle devait rejoindre la voie de Corseul au-delà de Sévignac. Cest à mi-chemin, entre les deux voies, que se trouvait le lieu (chapelle ou fontaine), dit les Sept-Saints, dont le nom révèle le passage des pèlerins dès avant 1310. Ils devaient, en effet, suivre cette route de préférence. Elle était plus courte de Dinan à Vannes : elle passait près du monastère de Lehon. Les pèlerins pauvres y recevaient l'hospitalité; et tous priaient dans cette église vouée à la destruction, il y a cent ans passés, et qui, réparée par des mains pieuses et habiles, reparaît aujourd'hui, malgré ses sept siècles d'âge, toute brillante de jeunesse. Remarquons que deux stations principales du pèlerinage ne sont pas sur les voies que nous venons de décrire : les cathédrales de Tréguier et Saint-Brieuc.Mais la voie que nous avons signalée allant de l'Ouest à l'Est, de Coz-Yaudet à Yffiniac, coupe à La Roche-Derrien une voie venant du Sud au Nord, de Carhaix à Tréguier qui està cinq kilomètres de La Roche. Toutefois, il est probable que les pèlerins ne suivaient pas cette voie pour aller à Tréguier; mais prenaient la route directe entre Lannion et Tréguier. Ce chemin était plus court. D'autre part, la voie de Coz-Yaudet à Yffiniac arrivée à deux kilomètres de Saint-Brieuc, au village actuel de Beaulieu, poussait vers l'emporium et le castrum de Cesson un embranchement qui passait sur le site actuel de la ville. On le voit, les pèlerins auraient pu accomplir le tour de Bretagne sans faire un pas hors des voies romaines; mais, de même qu'ils allaient directement de Lannion à Tréguier sans passer par La Roche-Derrien, de même, & la sortie de Saint-Brieuc, au lieu de revenir sur leurs pas à Beaulieu pour reprendre la vole romaine sur laquelle ils avaient marché depuis La Roche-Derrien, ils descendaient directement sur Yfflniac. Nous avons compté que le tour de Bretagne était d'environ 139 de nos lieues; les pèlerins en faisaient six environ hors des anciennes voies romaines. Voici donc les points principaux de l'itinéraire du pèlerin partant de Dol et prenant son chemin vers Vannes : Dinan, Lehon, Trédias (Saint-Georges en Trémeur), la Trinité-Porhoët, Saint-Jean-de-Brévelay, Vannes; Hennebont, Quimper; Pleyben, Morlaix, SaM-Pol-de-Léon; Morlaix (retour), Lannion, Tréguier; La Roche-Derrien, Pontrieux, Beaulieu, Saint-Brieuc, Yffiniac, Matignon, Saint-Malo ; Dol. Il faut marquer deux points intermédiaires entre Vannes et Quimper savoir: Pluneret et Sainte-Anne d'Auray et la fontaine des Sept-Saints en Saint-Ivy entre Quimperlé et Quimper.

 

 

*

 

Fontaine des Sept-Saints à Bulat-Pestivien

 

 

La voie de Vannes à Quimper, qui évitait la rivière d'Auray, passait par le village actuel de Sainte-Anne : les pèlerins suivant cette voie passaient tout près du champ du Bocenno, où s'élèvera un jour la chapelle vénérée de Sainte-Anne. Qui leur eût dit que, des siècles après eux, la vapeur de l'eau bouillant dans une chaudière amènerait là des pèlerins encore plus nombreux, ayant la même foi et la même espérance. Sur le prolongement de cette voie, entre Quimperlé et Quimper, au lieu dit Kermaria-an-Hent (Kermaria de la route), en la paroisse de Saint-Ivy, il y a encore une fontaine monumentale nommée au XVe et jusqu'au XVIe siècle fontaine des Sept-Saints. Les pèlerins ne manquaient pas de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ce point quand nous parlerons du chiffre total des offrandes recueillies. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 15:07

VI -Chemin des pèlerins.


 

Dans sa préface et dans son histoire, Lobineau dit que le voyage ou pèlerinage des Sept-Saints était anciennement une dévotion si usitée, qu'il y avait un chemin pavé destiné tout exprès au travers de la Bretagne, appelé pour cela le chemin des Sept-Saints, dont on voit encore des restes au prieuré de Saint-Georges, pris de Dinan. Rectifions un mot de cette phrase : ce n'est pas seulement à travert, c'est autour de la Bretagne que se trouvait ce chemin paré. Aller de Dol à Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol, Quimper, Vannes, pour revenir vers Dol, c'était contourner la plus grande partie de la Bretagne, puis la traverser. C'est pourquoi le pèlerinage était dit vulgairement en breton Tro Breiz, en français Tour de Bretagne. Lobineau avait bien vu ; plus de quatre siècles avant lui, il y avait en ces parages une chapelle ou fontaine, un lieu nommé les Sept-Saints.Nous en trouvons l'indication dans des lettres de Charles de Blois du 13 décembre 1346, confirmant la fondation « d'un hôpital au bout de la chaussée de Trédias, en la paroisse de Tromaeur, sur le chemin des Sept-Saints à Bicongni ». Les Sept-Saints de Bicongni ne se retrouvent aujourd'hui ni sur les lieux ni même dans le souvenir ; mais le prieuré de Saint-Georges est figuré sur la carte de l'état-major un peu au Nord-Est du ruisseau de Mirbel, formant la limite entre les deux anciennes paroisses, aujourd'hui communes, de Trédias et Trémeur. Le lieu dit les Sept-Saints était sans doute très voisin. -La chaussée de Trédias était entre Bicongni et les Sept-Saints (voir histoire de Trémeur, page n°9). L'indication de Lobineau que ce chemin avait été tracé et pavé pour les pèlerins des Sept-Saints a fait fortune et est encore souvent répétée, même de nos jours.

 

 

 

Statuaire XIVe de Saint-Georges en Trémeur

 

Elle est pourtant erronée. Presque deux siècles après Lobineau, nous voyons bien d'autres restes de ce chemin que ceux qu'il signale non loin de Dinan ; et le chemin des Sept-Saints a été relevé et dessiné de proche en proche sur la carte de Bretagne, mais sous un autre nom. En réalité, ce chemin pavé n'avait pas été construit pour les pèlerins : « il était vieux de plusieurs siècles quand commença le pèlerinage. Il n'était autre qu'une suite de voies romaines contournant la Bretagne de Vannes (pour prendre un point de départ) à Quimper, Saint-Pol. Tréguier, Saint-Brieuc. Saint-Malo, Dol, et revenant vers Vannes. Au moyen-âge, nos pères ne construisaient guère de routes et surtout pas de ces routes pavées. Ils ne surent même pas entretenir les larges voies que les Romains leur avaient léguées. Mais ils les marquèrent de l'empreinte religieuse qu'ils mirent sur tout- Les bornes milliaires furent souvent remplacées par des croix marquant les lieues de Bretagne; et le long des voles antiques s'élevèrent des chapelles dédiées aux saints nationaux,et si nombreuses qu'elles peuvent en quelque sorte servir de jalons pour retrouver ces voies ». Auprès des chapelles qui invitaient à la prière, et de loin en loin, s'élevèrent des fontaines monumentales dont plusieurs dédiées aux Sept-Saints, souvent entourées d'arbres, où le voyageur étanchait sa soif et goûtait le repos et l'ombre aux heures chaudes du jour. la charité de nos pères fit plus encore. C'est le long des voies antiques qu'elle éleva les aumôneries où le voyageur nécessiteux pouvait trouver un gîte et recevait un secours pour continuer son voyage, comment les voies anciennes devenues le chemin des Sept-Saints, et, à ce titre, les plus fréquentées des routes de Bretagne n'auraient-elles pas été plus encore que les autres, l'objet de ces soins religieux ot charitables ? Plus de trois siècles après que le pèlerinage a cessé, lorsque le temps et surtout les hommes ont durant tant d'années accompli leur oeuvre de destruction, il existe encore des chapelles et des fontaines gardant leur nom ancien des Sept-Saints. Nul doute que d'autres chapelles anciennes, autrefois dédiées aux Sept-Saints, n'existent sous un autre vocable, quelquefois, hélas de pure fantaisie. Enfin personne ne doutera que ces chapelles ne fussent, au temps du pèlerinage, plus nombreuses que de nos jours. J'ajoute que le nom significatif de Sept-Saints est encore donné aujourd'hui à des chapelles, fontaines, chemins et lieux habités situés à distance des voies qui furent le chemin des Sept-Saints, de cathédrale à cathédrale; mais ces chapelles, fontaines, etc., étaient au bord de voies antiques conduisant au siège de l'évêché dans les limites duquel nous les trouvons, ou accédant au chemin des Sept-Saints. De là sans doute le nom de Sept-Saints impose aux lieux dont nous parlons. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage. 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 09:12

 

 

 

 

 

 

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