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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 09:12

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 08:39

IV.— Conditions du pèlerinage.

 

 

A l'époque oit nous nous sommes arrêtés, l'usage avait fixé quatre époques de l'année pour le pèlerinage : Pâques, la Pentecôte, la Saint-Michel et Noël, la saison des longues nuits, des pluies froides, des neiges et des glaces. Ces quatre époques étaient dites les quatre temporaux. Chaque temporal durait un mois, quinze jours avant et quinze jours après la fête dont il prenait le nom. Il est à peine besoin de dire que, dès le XIVe siècle, au temps de la grande vogue du pèlerinage, le temporal qui comptait le moins de pèlerins était celui de Noël ; celui qui en comptait le plus était celui de Saint-Michel, survenant à l'époque où sont à peu près finis les travaux de la récolte. D'après un compte que nous aurons à faire connaître, les deux cinquièmes des pèlerins passaient à cette époque. Plus tard, quand la vogue du pèlerinage diminua, de quatre, les temporaux furent réduits à deux : nous le verrons plus loin. Disons toutefois que, si les temporaux étaient les époques ordinaires du pèlerinage, il n'était pas interdit de choisir une autre époque de l'année. De même, si le terme des temporaux était de trente jours, on pouvait dépasser ce terme : c'est du moins ce que fit en 1419 l'illustre pèlerin dont nous suivrons l'itinéraire. Le voyage se faisait à pied (sauf exception bien entendu pour les malades ou les infirmes). La distance à parcourir était, comme nous verrons, d'environ 550 kilomètres à vol d'oiseau, soit 137 de nos lieues ou 109 lieues de Bretagne. Les pèlerins ayant trente jours pour accomplir ce voyage n'avaient pas à faire en moyenne vingt kilomètres par jour. Le tour de Bretagne se faisait indifféremment en un sens ou en l'autre. Je veux dire qu'un pèlerin partant par exemple de Dol, pouvait prendre par Saint-Malo pour revenir par Vannes, ou se rendre d'abord à Vannes pour finir par Saint-Malo. Il semble aussi que, s'il y avait commodité, il n'y avait pas obligation de suivre le chemin ordinaire, le chemin dit des Sept-Saints ; et qu'on pouvait s'en écarter à droite ou à gauche pour vaquer à ses affaires ou mêmes e reposer chez des amis. Si les pèlerins bretons ne redoutaient la fatigue ni la rigueur du temps, du moins devaient-ils se prémunir contre les dangers de la route. Ils se réunissaient en petites troupes, marchant sous la conduite d'un prêtre de leurs paroisses ou de quelque voisin qui avait déjà fait le voyage. On peut se les figurer allant chantant îles cantiques. Ainsi font de nos jours encore les Cornouaillais et les Trégorrois se rendant à Sainte-Anne d'Auray et rentrant joyeusement chez eux après avoir fait quarante ou cinquante lieues sans dormir dans un lit. Pendant les temporaux, les reliques de chacun des Sept-Saints étaient exposées dans chacune des églises stations principales du pèlerinage. A Vannes, les reliques de St Patern étaient posées sur un autel contigü à la grille du choeur. A Quimper, celles de St Corentin étaient posées sur un piédestal, surmonté d'un dais incrusté dans le pilier formant l'entrée du choeur à droite, pilier contre lequel était appuyé l'autel des Sept-Saints dont nous avons plus haut donné la description. A Saint-Brieuc, les reliques de saint Brieuc revenues de l'abbaye Saint-Serge d'Angers aux premières années du XIIIe siècle, étaient exposées avec celles de saint Guillaume (depuis 1217) dans la cathédrale. Pas de doute qu'un usage analogue ne fût suivi dans les quatre autres églises. Dans la plupart des stations, les pèlerins ajoutaient à la visite des reliques quelqu'autre dévotion. A Vannes, ils visitaient la cathédrale, et sans doute après la canonisation de Vincent Ferrier (20 juin 1455), la maison où il mourut. A Tréguier, ils allaient prier au tombeau de saint Yves, puis visitaient son berceau et l'église construite par lui au Minihy. A saint-Brieuc. ils se rendaient à l'oratoire primitif de saint Brieuc, et visitaient la fontaine près de laquelle le saint s'était arrêté le jour de son arrivée.

 

 

 

Ceux qui étaient atteints du mal des ardents ne manquaient pas de se laver au bassin voisin, dit jusqu'à nos jours le douet des ardents. Enfin c'était un usage universellement suivi que le pèlerin déposât une offrande en chaque église et même, semble-t-il à certaines stations de la route. Nous avons vu, en 1218, un tronc des pèlerins établi, depuis un temps que nous ne pouvons dire, dans la cathédrale de Quimpe ; il y en avait un dans l'église de saint Patern à Vannes, dont il a été conservé un compte quo nous examinerons. Nul doute que des troncs n'existassent dans les autres églises visitées. Nous pouvons même conjecturer qu'il y en avait le long de la route, dans les chapelles ou sur les fontaines consacrées aux Sept-Saints. Nous en verrons un exemple tout à l'heure. Nous verrons plus loin que les pèlerins étaient pauvres en grande majorité. Beaucoup d'entre eux donnaient moins encore que le denier de la veuve, une obole. Mais l'obole du pauvre était aussi méritoire que l'or déposé auprès d'elle par la main du duc de Bretagne. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.


 

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 13:24

 

 

Saint-Malo

 

 

Saint-Corentin

 

 

Saint-Patern

 

 

Saint-Samson

 

 

Saint Pol l'Aurélien

 

 

Saint-Brieuc

 

 

Saint-Tugdual

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:11

III. -Origines du pèlerinage des Sept-Saints.

 

Maintenant voici des actes qui prouveront de manière authentique l'existence de la liste et du culte des Sept-Saints sinon au Xe du moins au XIIe siècle, c'est-à-dire avant la sentence de 1199.

 

1° Dans la vie de saint Genulfe ou Genou, évêque de Cabors ou plutôt de Bourges, écrite au Xe siècle, on lit le fait que voici : « Un pauvre breton allait mourir dans l'abbaye dédiée à saint Gildas, un saint breton, en Berry. Trois évêques bretons : Paul, Malo et Samson vinrent ensemble l'assister dans l'agonie. » Faut-il voir dans ce rapprochement des noms de trois des Sept-Saints une première ébauche de la dévotion aux Sept-Saints. La question posée est restée sans réponse certaine. Pour nous, du rapprochement , de ces trois noms, nous n'osons pas conclure la preuve de l'existence de la liste à cette époque.

 

2° Mais nous trouvons cette liste complète dans un document du XIIe siècle. Au dernier folio d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale, dit Codex parisiensis, on lit en caractères du XIIe siècle : «  Nomina Septem Storum (Sanctorum) Britannie Briocus Samson Machutus seu Macloveus Paternus Corentinus Paulus Tudualus. » Voilà donc, au XIIe siècle, la liste des Sept-Saints dressée et définitivement arrêtée. Voilà nos Sept-Saints fondateurs ou censés fondateurs des évêchés de la province Bretonne. Leur culte collectif a dû suivre leur ségrégation d'honneur et le pèlerinage des Sept-Saints a commencé. J'ai donné plus haut des raisons qui rendent le fait au moins très vraisemblable ; en voici des preuves authentiques.

 

3° Quinze ans après la sentence de 1199, le 10 avril 1215, Guillaume Le Borgne,sénéchal de Goello, fait son testament. Au nombre de ses legs pieux est celui-ci que je traduis mot à mot : « Aux abbayes de Bretagne et aux églises des Sept-Saints cent livres (plus de 10.000 francs de notre monate) à partager entre elles. » Qu'entendre par ces mots les églises des Sept-Saints. Pas une seule église ne porte ce vocable. -Nous entendons par là les six cathédrales et l'église Saint-Patern de Vannes. - Mais, dira-t-on, de ces sept églises deux ne sont pas dédiées à un des Sept-Saints, savoir celle de Tréguier dédiée à saint André, et celle de Saint-Brieuc que le saint lui-même consacra à saint Etienne. Soit ; mais chacun des Sept-Saints était spécialement invoqué dans la cathédrale du diocèse dont il était cru fondateur,comme saint Patern dans son église à Vannes. C'est dans ces églises qu'étaient gardées les reliques de chacun d'eux ; chacun (on n'en peut douter) y avait son autel, sa statue. C'est pourquoi, dès le XIIIe siècle, l'usage était d'appeler chacune de ces églises du nom de son fondateur ; nous allons en avoir la preuve. Le sénéchal de GoëlIo savait, comme le testateur que nous citerons tout à l'heure, distinguer les églises des chapelles ; et en testant, il a pensé aux sept églises principales et non aux chapelles des Sept-Saints semées par toute la Bretagne. Les actes qui vont suivre justifieront cette interprétation. Retenons de ce testament que le culte collectif des Sept-Saints existait en 1315, qu'il était populaire, puisque des legs en assuraient l'exercice ; et du culte collectif, concluons sans témérité au pèlerinage. Une délibération des chanoines de Quimper postérieure de trente-trois années seulement(1248) mentionne dans la cathédrale de Quimper un tronc dit des pèlerins. L'acte ne mentionne pas l'installation du tronc, mais son existence antérieure ; et un acte du même chapitre postérieur de prés de deux siècles, qui semble se rapporter au même tronc, nous apprend qu'il recevait les offrandes des pèlerins des Sept-Saints. Sans doute il en était de même en 1248.

 

4° Voici un second testament postérieur de huit années (1256). C'est le testament de Geffroy de la Soraye, chevalier. Il demeure à la Soraye, paroisse de Quintenic (aujourd'hui canton de Lamballe) ; mais il a des biens en plusieurs paroisses, notamment à Saint-Albin et à Saint-Jacques de Hénansal, sur la voie qui conduit de Saint-Brieuc à Saint-Malo et Dol. N'a-t-il pas vu passer les pèlerins ? Ne les a-t-il pas accompagnés? Voici une disposition de son testament : A l'église (ecclesia) de Saint-Brieuc, XII deniers ; à la chapelle (capella) de Saint-Guillaume, XII deniers ; à chacun des Sept-Saints de Bretagne, XII deniers ; à chacun de leurs sacristains (servientium),VI deniers. » La Soraye distribue ainsi XII deniers à neuf églises. Par les mots de chacun des Sept-Saints, le testateur n'entend-il pas l'église cathédrale ou principale de chacun des Sept-Saints ? Le legs fait aux sept sacristains ne rend-il pas cette interprétation certaine ? Les termes du legs rapprochés des expressions employées par Le Borgne n'autorisent-ils pas l'interprétation que nous avons donnée plus haut du testament de celui-ci ?

 

5° Enfin, voici un autre testament. Il est du 1er mai 1303. C'est le testament de Roland (II) de Dinan. Comme la Soraye (voir Quelques notes sur les possesseurs de la Soraye en Quintenic), Roland était voisin des routes de Saint-Brieuc à Dol et de Saint-Malo à Vannes par Corseul. Il était seigneur de Montafilant, et ces deux voies traversaient sa seigneurie et passaient même en vue de son château. Il dicte : « Aux Sept-Saints de Bretagne, à chacun d'eux, deux sous ; à chacun des sacristains d'eux, douze deniers », c'est-à-dire au sacristain de l'église de chacun des Sept-Saints.


 

Le sens de ces deux testaments est le même : Ces actes nous montrent sept sacristains, donc sept églises, et ces sept églises du diocèse de chacun des Sept-Saints sont les stations principales du pèlerinage. Toutefois, l'enquête faite pour la canonisation de saint Yves (23 juin au 4 août 1330) est, à ma connaissance, le plus ancien document mentionnant expressément le pèlerinage des Sept-Saints. Les témoignages se rapportent à la vie du saint (1253-1303), c'est-à-dire à la seconde moitié du XIIIe siècle. Trois témoins de l'enquête mentionnent le pèlerinage des Sept-Saints.

 

 

 

Saint-Yves

 

Une femme de Lanmeur faisant arec une amie le voyage aux basiliques des Sept-Saints, a rencontré saint Yves et fait route avec lui de Tréguier à Kermartin, le lundi de la Pentecôte 1299 ou 1300. Un domestique (famulus) de saint Yves le quitta pour aller pendant le jubilé aux tombeaux de saint Pierre et saint Paul, puis à Saint-Jacques, en Galice. Il reprit son service près du saint, fit plusieurs fois le pèlerinage des Sept-Saints, et, à son dernier retour, il trouva saint Yves pris de sa dernière maladie (15 au 19 mai 1303). Enfin un témoin dépose qu'un jour saint Yves, donnant à manger à plusieurs pauvres, l'un d'eux dit qu'il allait faire le pèlerinage de Saint-Jacques ou celui des Sept-Saints, et que saint Yves, en l'approuvant, voulut lui-même graisser ses souliers. Dans le texte de la première déposition, il faut relever le mot basiliques, -Ce mot ne s'emploie qu'au sens d'église cathédrale ou l'évêque siège en personne. -Or des sept églises stations principales du pèlerinage six étaient épiscopales. Quand nous parlons des actes de saint Yves, dirons-nous après d'autres que, « très dévot aux Sept-Saints de Bretagne, » il a fait et plus d'une fois le pèlerinage ? C'est très possible et même vraisemblable;mais les actes,parait-il, ne constatent pas le fait. On voit saint Yves en pèlerinage à Saint-Ronan (Locronan, Cornouaille). à Saint-Corentin de Quimper, à Saint-Théliau (Landeleau) sur la route de Quimper, à Notre-Dame de Quintin. On ne le voit pas faisant le tour de Bretagne. Dans le silence des actes à cet égard, nous devons nous garder de rien affirmer. De ce que les actes de saint Yves mentionnent pour la première fois le pèlerinage, conclura-t-on, malgré les documents que nous avons cités, que le pèlerinage venait de commencer ? Le P. Champion que j'ai cité plus haut, écrivait en 1683 ; « Le pèlerinage fut surtout célèbre et fréquenté au temps de saint Yves. » Qu'est-ce à dire ? Qu'il avait commencé longtemps auparavant, car ce n'est pas en un jour ni en quelques années que peut s'établir un mouvement populaire qui, comme nous le verrons, déplace chaque année des milliers d'hommes. Ici arrêtons-nous, et revenant sur nos pas, résumons les résultats de cette étude. Nous avons essayé de démontrer :

 

1° Que la grande vogue du pèlerinage au temps de saint Yves rend vraisemblable son existence longtemps auparavant ;

 

2° Que les testaments du XIIIe siècle, cités ci-dessus, établissent l'existence du pèlerinage à cette époque ;

 

3° Que l'existence de la liste des Sept-Saints au XIIe siècle permet de conclure à l'existence de leur culte et du pèlerinage au temps du procès entre Dol et Tours terminé par la sentence de 1199 ;

 

4° Qu'il est au moins vraisemblable que le culte et le pèlerinage des Saints commencèrent, sinon au temps de la création de l'archevêché de Dol (milieu du IXe siècle), du moins après le départ des Normands et avant l'an 1000. Nous reviendrons bientôt à l'histoire du pèlerinage et du culte des Sept-Saints ; mais auparavant il y a nécessité de faire connaître les conditions du pèlerinage et de tracer le chemin que suivaient les pèlerins. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 15:18

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:21

Quelques faits historiques viennent, semble-t-il, à l'appui de ce qui précède. A peine Nominoë a-t-il fermé les yeux, que les Normands, dont il avait acheté le départ en 847, se ruent sur la Bretagne. Après un siècle ils partent. Les Bretons reprennent à la vie ; ils reviennent à leurs autels désolés et au culte de leurs saints nationaux. Que de motifs et de diverse sorte n'ont-ils pas de les invoquer. Ils leur ont attribué la délivrance; ils leur paieront une dette de reconnaissance. Les reliques des saints bretons ont été emportées en France, et les dépositaires, par un pieux abus de confiance, les y retiennent ; une réparation est due en Bretagne aux saints protecteurs exilés. Enfin les ravages des terribles envahisseurs ont paru l'exécution des menaces annoncées par les livres saints pour les derniers jours du monde. L'Eglise universelle supplie « tous les saints d'éloigner la nation perfide. » ; les pèlerinages de pénitence se multiplient par toute la chrétienté à l'approche de l'an 1000. Comment en serait-il autrement dans la Bretagne qui a tant souffert pendant tout un siècle ? Voilà plus de motifs qu'il n'en faut pour expliquer l'explosion du culte et du pèlerinage des Sept-Saints,du moins dans la seconde moitié du Xe siècle. Et pourtant ce n'est pas tout. Après la mort de Nominoë (851), les papes refusent le pallium aux archevêques de Dol, ou le leur accordent sous des conditions qui sont la négation des prérogatives du métropolitain. Le procès entre Tours et Dol, suspendu par l'invasion normande, a repris après le départ des envahisseurs ; il se prolongera pendant deux siècles et demi jusqu'à la sentence papale rendue contre Dol en 1199. Aucun doute, je pense, que le pèlerinage des Sept-Saints ne fût commencé avant cette date : pour les Bretons de ce temps n'était-il pas, en même temps qu'un acte de piété, un acte d'opposition à Tours et une protestation en faveur de la métropole bretonne ? Pour admettre cette interprétation, il ne faut que se figurer l'enthousiasme religieux et politique qui avait accueilli la création de la métropole de Dol. Les deux faits suivants nous donneront la mesure de cet enthousiasme. Ils constituent deux erreurs historiques ; mais plus ces erreurs sont grossières, plus elles sont démonstratives. Les Bretons s'imaginèrent que saint Samson avait créé non un évéché niais un archevêché à Dol ; et, nous l'avons déjà dit, Albert le Orand (sans se soucier des anachronismes) nous représente cinq de nos Sept-Saints : Paul, Tugdual, Brieuc, Malo, et l'évêque de Quimper, qu'il ne nomme pas, mais qui apparemment est saint Corentin, reconnaissant la suprématie de saint Samson et le métropolitainde Dol présidant un synode à Vannes. L'hagiographe place la mort de saint Samson en 507. Son archevêché daterait donc du VIe siècle. Il y a plus encore.

 

 

Innocent III, le petit pape qui était à la solde du pouvoir franc

 

Il semble que la sentence d'Innocent III, condamnant définitivement Dol en 1199, ne fut pas acceptée par tous en Bretagne. Les évêques de Dol n'ont pas renoncé sinon aux prérogatives réelles, du moins aux signes extérieurs rappelant le souvenir de leur ancienne dignité. Trois siècles après la sentence de 1199, un évêque de Dol obtint de Rome la permission, pour lui et ses successeurs, de faire porter devant eux dans leur diocèse la croix archiépiscopale, et de figurer le pallium sur leurs armes. L'évêque usa de la faculté et ses successeurs suivaient encore son exemple au temps de d'Argentré. Pour d'autres, il ne suffit pas de ce souvenir, et la sentence de 1199 est lettre morte. Pour citer un exemple, voyez Alain Bouchard. Il ne mentionne pas la sentence à sa date ; et, en un autre endroit, il dit expressément, écrivant en 1514 : «  En cette province il y a neuf sièges cathédraux, dont l'un, Dol, est de long et ancien temps archevêché et les autres sont évêchés. » Dans tous ces faits ne trouvera-t-on pas la preuve que le culte et le pèlerinage des Sept-Saints de Bretagne ont pris naissance sinon au temps de la création de la province de Dol, du moins au Xe siècle, après le départ des Normands et pendant les longs débats entre Tours et Dol. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 08:06

 

 

 

 

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:46

 

 


 

Aet eo da anaon
An telennour blin
Kantreer Doue, baleer-bro divrall
Tra en e benn brell
Hag holl e skiant
En e vizid 'vel n'eo ket aotreet

 

Mari o mamm garet
Steredenn ar mintin
Digor dezhan
Da zivrec'h tener
Aet eo da anaon
An telennour blin
Kantreer Doue, baleer-bro divrall

 

Adkavet eo bet
E skorn ar beure
War hent "Run ar Puñs"
Liv ar vered warnañ 
Gourvezet e-don
Ur c'hleuz leun a zour
E delenn didalvez war e gein ken treut

 

Kerzhit gant hoc'h hent
Rak an direnker
Un den a netra a zo marv bremañ
Aet eo kuit sioul war-du Tir Na N-og

 

N'eus nemet ar paour
O lenvan war e lerc'h

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 06:28

II. -Liste des Sept-Saints de Bretagne et origines de leur culte collectlf.


 

La liste des Sept-Saints copiée pour Lobineau sur l'autel de la cathédrale de Quimper, aux premières années du dernier siècle, ni même celle donnée par l'image de Bouchard, deux cents ans auparavant, n'étaient des inventions nouvelles. Nous allons voir cette liste écrite plus de trois siècles avant Bouchard. Dès le XIIe siècle, sinon antérieurement, la liste est close. Quoiqu'on ait dit, et nous le démontrerons, cette liste primitive ne subira dans le cours des Ages aucune modification. Et la cause de cette immutabilité de la liste est bien simple. Les Sept-Saints des Ve au VIIe siècle resteront et seront seuls en possession de leur titre d'honneur, parce que seuls ils sont fondateurs ou censés fondateurs des sept évêchés de Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes. Il est clair que le titre de fondateur ne peut appartenir aux saints qui, après eux, ont occupé leurs sièges, pas même au glorieux saint Guillaume, le dernier évêque breton canonisé (1347). Mais, dira-t-on, il y a en Bretagne non pas sept, mais neuf évêchés, « semblance, selon Le Baud, de la céleste Eglise triomphante, laquelle a neuf ordres. » Dès lors, pourquoi les fondateurs des évêchés de Rennes et de Nantes n'ont-ils pas été admis au titre des saints de Bretagne ? Pourquoi n'avons-nous pas neuf saints de Bretagne au lieu de sept ? On a dit après d'Argentré : « Parce que ces Sept-Saints sont les évêques venus de l'île de Bretagne en Armorique an temps des invasions saxonnes. Or les fondateurs des diocèses de Rennes et de Nantes étaient Gallo-Romains. » Cette cause d'exclusion est-elle suffisante ? Non. La preuve c'est que saint Patern de Vannes étant gallo-romain de naissance comme de nom, sa qualité de gallo-romain n'a pas été un obstacle a son admission au rang des Sept-Saints de Bretagne. Il faut une autre raison, et la voici : très simple, et, me semble-t-il. certaine. Toutefois je ne l'ai vue nulle part, et c'est pourquoi j'ai besoin de la justifier. Saint Brieuc et saint Tugdual, débarqués en Armorique en 405 et 540, avaient entamé la conquête religieuse de la Domnonée et fondé les monastères de Saint-Brieuc et Tréguier. En 518, saint Samson, évêque dans l'île de Bretagne, passa à son tour en Armorique et fonda le monastère de Dol. Peu après la mort de saint Samson, saint Malo fondait les monastères d'Alet et de l'ile d'Aaron (Saint-Servan et Saint-Malo, 580-83. Saint Samson avait exercé l'autorité épiscopale sur tout le littoral de la Manche, depuis le Couesnon qui sépare la Bretagne de la Normandie, jusqu'au Kefileut qui. jusqu'à 1789, a partagé la ville de Morlaix entre les deux évêchés de Tréguier et de Léon, c'est-à-dire sur une longueur de 60 lieues. Après treize siècles de christianisme et avec nos moyens de communication, un diocèse de cette étendue paraîtrait trop vaste aujourd'hui. Qu'était-ce donc au VIe siècle, quand le pays était couvert de bois que perçaient à peine les vieilles voies romaines, et qu'il restait aux apôtres chrétiens tant de conquêtes à faire ? II y eut nécessité de partager l'administration de ce vaste territoire ; de là l'institution de vicaires de l'évêque de Dol, dits évêques régionnaires, co-évêques, abbés-éques, chefs de monastères ayant par délégation les pouvoirs épiscopaux. Bien que n'ayant pas de résidences fixes, ces vicaires de Dol se tenaient sans doute le plus souvent dans les grands monastères de Saint-Brieuc,Tréguier et Saint-Malo. Il est probable aussi que les limites de leurs circonscriptions déterminées par les chrétientés qu'eux-mêmes avaient fondées, acquirent par l'usage et le temps une certaine fixité. Moins étendus que l'évêché de Dol, les évêchés de Vannes, Cornouaille et Léon, fondés avant l'arrivée de saint Samson (465, 495, 530), avaient déjà des limites fixes qu'ils devaient garder jusqu'en 1789. Ces quatre évêchés, comme ceux de Rennes et Nantes, étaient suffragants de Tours. Deux siècles et demi après saint Samson, au milieu du IXe siècIe, l'état de choses que nous venons de décrira n'a pas changé. A ce moment (848) Nominoë est maître des quatre évêchés de Dol, Léon, Cornouaille et Vannes (voir Nominoë, page n° 4). Pour assurer sa puissance, il lui faut détruire l'influence des Francs dans sa Bretagne. Les évêques agréés par les rois francs et suffragants do Tours, et les vicaires de Dol, nommés par l'évêque, lui sont pour la plupart un obstacle. De gré ou de force il obtient leurs dépositions; il prétend faire de la Bretagne une province ecclésiastique et il crée une métropole à Dol. Mais comment la métropole de Tours accueillera-t-elle cette organisation qui lui enlève quatre évêchés sur neuf ? Comment Rome l'agréera-t-elle quand la règle exige, dit-on, douze suffragants pour créer une métropole ?

 

 

Nominoë triomphant

 

Nominoë va dédoubler le nombre des évêchés suffragants : Vannes, Cornouaille et Léon conserveront leurs limites anciennes ; mais, dans le diocèse trop étendu de Dol, il sera taillé trois diocèses. Leurs limites sont tout indiquées : ce seront celles des circonscriptions vicariales. Devenu archevêque, l'évêque de Dol au lieu de vicaires aura des suffragants dont les résidences seront aux monastères où l'usage les avait établies. Dol devenant métropole, aura pour diocèse le territoire dont son évêque avait gardé l'administration en mains propres. Au point de vue des circonscriptions et des sièges épiscopaux, l'organisation nouvelle n'était que la confirmation de l'état de choses existant depuis longtemps. Les nouveaux évêques devinrent suffragants dévoués de Dol. Isolés de Tours, les évêques de Léon et de Cornouaille suivirent leur exemple. Y eut-il quelque hésitation de la part de l'évêque de Vannes que la Vilaine Jusqu'au-dessus de Redon séparait seule de Nantes étroitement attaché à Tours ?...(!) Quoiqu'il en soit, Dol obtint l'obéissance de Vannes. Nominoë avait dû prévoir l'opposition de Tours; mais avait il prévu l'opposition des archevêques de Rouen, Reims et Sens qui a pour suffragant Paris, la résidence royale ? Dans l'année même de la création de Dol. vingt-deux prélats réunis à Tours, au nombre desquels l'archevêque de Tours et les trois que nous venons de nommer, protestaient en faveur de Tours contre la création de la métropole de Dol, et portaient l'affaire à Rome. C'est la France ecclésiastique tout entière qui fait opposition à Dol. Nominoë refusa de lire la lettre synodale de Tours ; mais elle lui fut un avertissement. Deux ans plus tard, il avait étendu sa puissante main sur Rennes et Nantes ; mais, trop avisé pour soulever contre sa métropole de nouveaux motifs de protestation, il se garda de Joindre ces deux évêchés à la province de Dol. Or la création de la métropole bretonne avait été accueillie avec faveur par les Bretons comme une garantie de plus d'indépendance. L'opposition des évêques francs à l'organisation d'une église bretonne dut apparaître aux yeux des Bretons comme la continuation ou la reprise, sous une forme nouvelle, de la lutte que la Bretagne avait soutenue pour conquérir son indépendance. Ces circonstances, politiques autant que religieuses, n'expliquent-elles pas que les Bretons aient appelé à un degré éminent d'honneurs les fondateurs de Dol et des évêchés suffragants de Dol ? Or chacun d'eux avait reçu un culte particulier de la génération même qui avait recueilli son enseignement et avait élevé une église sur son tombeau. La première manifestation de ce culte fut la dévotion populaire à cette époque, le pèlerinage au tombeau du saint, et plus tard à ses reliques pieusement gardées. Quand Dol devint métropole, de diocésain qu'il était,le pèlerinage ne devint-il pas provincial ? et saint Samson à Dol, comme saint Martin à Tours, ne reçut-il pas la visite de toute la province? Dans les moeurs de ces temps c'est très vraisemblable. Mais allons plus loin : La ségrégation toute d'honneur du fondateur de Dol et des fondateurs des évêchés suffragants de Dol n'aura-t-elle pas une autre conséquence ? Au culte particulier de chacun des Sept-Saints, la Bretagne ne va-t-elle pas substituer le culte collectif des Sept-Saints ? Et si ce culte collectif s'établit, quelle en sera sinon la première du moins la plus éclatante manifestation ? Sera-ce, comme on l'a écrit, la construction d'une église unique sous le vocable des Sept-Saints ? -Non. Sera-ce du moins la consécration dans l'église principale de chacun d'eux, d'un autel, d'une memoria quelconque des Sept-Saints ? -Il n'y a aucun indice de ce fait. -Cette manifestation ce fut le pèlerinage populaire de l'une à l'autre de ces sept églises. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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