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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 19:05

 

Le pagus Gouëlou

 

 

 

Le pagus Gouëlou

 

 

Aussi désigné Pagus Velaviensis, le Goët séparait ce terroir du terroir voisin.… La ligne de démarcation entre les pagi de Poher et de Quintin par Glomel, Kergrist-Moëlou, Maël-Pestivien et Magoar, frontière naturelle séparant le bassin de Châteaulin de celui de Rennes, enfin la ligne de partage des eaux séparant le pagus Quintin des pagi Tricurius et Velaviensis, par le nord de Saint-Gilles-Pligeaux, le Vieux-Bourg et Lanfains. Il est à remarquer, d'ailleurs, que de part et d'autre de cette ligne l'on trouve un grand nombre de camps gaulois et romains, de retranchements gallo-romains et de ruines dénommés par les Bretons des noms caractéristiques de mogoar, moguerou, mogueron. Il reste à déterminer, à partir de Lanfains, la limite des cités des Osismes et des Curiosolites. L'on peut hésiter, à priori, entre le Gouet, séparant le Velaviensis pagus (Goelo) du pagus Pentevriæ (Penthièvre) et le Leff, formant la séparation des pagi Velaviensis et Tricurius (Trecor). On peut donc raisonnablement penser que ce pagus Gouëlou fut occupé par la tribu des Osimes. Le pagus Goëlou vit se constituer au cours du XIIe un comté qui échoua à un des membres de la famille de Penthièvre.

 

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 18:17

 

Le pagus Treher

 

 

 

 

La plus ancienne biographie de Tudual, qui fut composée, croit-on, au IXe siècle, nous apprend que cet évêque, originaire de Grande-Bretagne, fonda dans le pagus Treher le monastère que la Chronique de Nantes appelle monasterium sancti Tutualis Pabut (monastère de Saint-Tudual, le moine), lequel est devenu la ville actuelle de Tréguier : M. J. Loth fait observer que « Tréguier n'est connu en breton que sous le nom de Lan-Dreger (monasterium Tricorium), le pagus, devenu diocèse, s'appelant Treger ». Le monastère de Tréguier, suivant la plus ancienne vie de Tudual, aurait eu dans sa dépendance, comme celui de Dol, des églises éparses dans toute la Domnonée, qui pouvaient également constituer une parrochia épiscopo-abbatiale. Enfin la vie de saint Cunwal (XI° siècle) fait mention d'un monasterium Cunuali episcopi, monastère qui ne serait autre,que celui de Tréguier, Cunwal passant pour un successeur de Tudual. Voilà tout ce dont ou dispose en faveur de l'abbaye-évêché de Tréguier. Vu la faible valeur historique des documents hagiographiques auxquels nous sommes réduits à faire appel, on ne peut en tirer rien de concluant

 

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:57

Le pagus Civitatis

 

 

 

 

M. Aurélien de Courson évoquant ce pagus écrivait : les évêques régionnaires du pays trégorois n'habitaient pas seulement la ville de Lan Treguer ; ils avaient en outre, avant les invasions normandes, une résidence au village de Cos Guéodet, auquel des actes du XIIe et du XVe siècle donne le nom de de vetus civitus et de vieille cité. Or quiconque a visité le Yaudet et les débris de fortifications qui dessinent son enceinte, ne saurait douter, que là n'ait existé, très anciennement, un oppidum, chef-lieu d'un des pagi de la cité des Osimes, et, plus tard une ville romaine dont l'arrivée des Bretons aurait précipité la décadence. Situé à la pointe d'un promontoire abrupte, et défendu du côté de l'est par un colossal rempart en mer Cos Guéodet, montre sur les autres côtés les restes d'une muraille gallo-romaine qui complétait sa défense. On a trouvé en ce lieu des briques à crochets, des fragments de vases, de petites meules, des monnaies celtiques, et ce qui est plus remarquable, quelques pièces cathaginoises. La cité déclina au profit de Lannion.

 

 

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 05:32

Le pagus Castri alias pagus Poher

 

 

 

Tout comme les deux précédents, le pagus Castri celui de Castri devint siège d'un comté, celui de Poher, Mathuédoi, gendre d'Alain Ier Le Grand et père d'Alain Barbetorte était titré comte de Poher. Carhaix, l'antique civitas de Vorgium était regardée comme capitale de cette contrée. Il est généralement admis que Poher (Pou-kaer) dérive de Pagus-castri, le pays de Carhaix. Voici des notes laissées au sujet du lieu Pou-kaer signifie pagus castri, pays ou contrée du château ; et Plou-guer ou Ploukaer, plebs ou populis castri, peuple ou population du château établie à trois cents pas de ses murs, sur soit territoire, et au sein de laquelle était la mère-église. Kaer et Kaerez, ou le reconnaît facilement, est toujours le nom donné à la place forte ou la ville (urbs), en tant que ceinte de murailles…. pour la distinguer du château ou de la forteresse (kaer ou kaerez) qui, à ce titre, était le chef-lieu du fief, comme possédant la tour ou le donjon ; et on voit clairement que Plou-guer ou Plou-katr ne faisait qu'un jadis avec Kaer ou Kaerez (Carhaix). Enfin, pour der nière preuve, après avoir rappelé que ce nom est écrit Carhez, dans le Chronicon Briocense, ce qui nous fait voir que les Bretons prononçaient la finale avec l'aspiration h, comme le font encore les Vannetais ; ajoutons que, dans l'acte de fondation du prieuré de Saint-Nicolas-de-Carhaix, faite en 1108, par Tanguy Ier, vicomte de Poher ; Carhez ou Carhaix n'a pas d'autre nom que Castellum, qui est, en effet, la signification latine du mot Caerez ou Carhez 

 

 

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 19:43

Le pagus du Faou

 

 

Il est généralement admis que les pagus disparurent au cours de l'époque féodale et furent remplacés par les comtés. C'est ce que nous avons vu au sujet de celui de Daoudour. Le pagus du Faou ne manqua pas à la règle, ainsi cette contrée mentionnée vers la moitié de l'an mil dans le Cartulaire de Landevennec fut une vicomté entre les mains d'un certain Morvan du Faou, vivant l'an 1086, et dont les armes de sa Maison étaient « d'azur au léopard d'or ». Cette famille du Faou est regardée comme étant un ramage des comtes de Léon. Le pagus du Faou s'étirait de la Rade de Brest aux Monts d'Arrée. Voici les notes laissées par Aurélien de Corson au sujet de ce Pagus du Faou : On sait d'une manière positive que le pays du Faou embrassait dans sa circonscription ecclésiastique le territoire de Daoulas, qui forme, au delà de la rivière de l'Hôpital-Canfrout, une autre pointe dans la rade de Brest. Quoique la seigneurie du Faou fût distincte de celle de Châteauneuf, toutes deux formaient un même doyenné dont les limites devaient être celles-ci : à l'ouest, la rade de Brest; au nord, l'Elorn et les montagnes d'Arez jusqu'aux sources de l'Aune, et enfin le cours de cette rivière jusqu'aux confins ouest de Spezet, qui, comme Saint-Hernin,dépendait probablement du pays de Poher. Ce pagus était située dans le comté de Cornouaille.

 

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:12

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 14:34

Le pagus Daoudour

 

 

Lorsque saint Tugdual eut bien assis son monastère de Lann-Pabu et en eut fait confirmer l'érection par Deroch « il conçut le projet de parcourir tout le territoire sur lequel depuis dix à quinze ans, s'était répandue l'émigration domnonéenne, pour en étudier la situation religieuse, y propager de plus en plus l'institut monastique et surtout pour y répandre, là où elle n'avait pas encore pénétré, la lumière de l'Evangile. » Son disciple, son ami, son premier historien, saint Louénan, après avoir parlé de Lann-Pabu ajoute « Ensuite Tudual vint dans le pays du Château Pagus Castelli, en breton Pou Castel et il y reçut en don beaucoup de paroisses. Ensuite il vint dans le pays de la Cité Pagus Civitatis, en breton Pou Caer, Poher, et il y reçut en don beaucoup de paroisses, il en fonda plusieurs autres; et là il fonda aussi le grand monastère appelé le Val Trechor. Il visita successivement les pays de Guoelou (Goëlo). de Penteur (Penthièvre), un second pays appelé Daoudour (ou Poudour), un dernier dit Racter (Ratel) et dans chacun de ces pays il reçut en don beaucoup de paroisses. » M. de la Borderie ajoute « Ces sept pagi, ces sept cantons ou districts, c'est le champ où s'exerça la mission de Tudual, vaste champ puisqu'il embrasse, sauf le Léon, toute la Domnonée dont Tudual est essentiellement le saint, l'apôtre. Organisateur religieux de la Domnonée c'est là son caractère, sa mission propre, mission qu'il tient de son zèle et dans laquelle il fut aussi confirmé par le chef de ce nouveau royaume breton, son cousin Deroch. Le pagus Daoudour s'étirait de l'Aber-Wrac'h jusuqu'au Queffleut. on considère que ce terme Daoudour correspondrait au gallois cantref Deuddw. Ces nombreuses paroisses reçues en don étaient pour la plupart des plous fondés récemment par la grande émigration, où le service religieux n'était pas encore organisé et dans lesquels, avec les dons en argent et en terres qu'on lui faisait, il bâtissait des églises, de petits monastères, et installait quelques-uns de ses moines pour entretenir le culte et subvenir aux besoins spirituels de la population. »

 

 

Daoudour était aussi le nom d'une des quatre châtellenies ressortant des fiefs du comte de Léon, quant aux autres châteaux, il s'agissait de ceux Lesneven, Saint-Renan à Brest (cité qui émergea vers le XIe siècle) et Landerneau. Elle était située à l'est de Landernau et s'étendait entre le haut cours de l'Elorn et la rivière de Morlaix, d'où sans doute lui était venu son nom de Daou-Dour, qui en breton veut dire les Deux-Eaux. Cette châtellenie se subdivisait, au XVIIe siècle, en deux ressorts de juridiction appelés, l'un Daoudour-Landivisiau Daoudour-Coëtmeur,l'autre Daoudour-Penzé, mais je ne crois pas cette subdivision ancienne

 

J'ai mis Plounéour-Menez parmi les paroisses de la châtellenie de Daoudour, bien qu'elle eût été donnée en presque totalité dès le XIIe siècle à l'abbaye du Reliée, fondée par les comtes de Léon, et qui portait son hommage directement au duc de Bretagne; mais n'en est pas moins sûr que dans l'origine Plounéour-Menez faisait partie de Daoudouv. " Enfin Daoudour avait aussi quelques fiefs peu importants en la paroisse de Plouénan limitrophe de-Plouvorn,et qui pour la généralité relevait du régime de Saint-Pol-de-Léon.

 

 

En la châtellenie de Daoudoûr il faut noter, d'après un aveu ou déclaration de 1683, « le vieux château de 'Daoudour. Ledit château à présent ruiné situé près la ville de Landiviziau, paroisse de Guicourvest (autrement, Plougourvest) sur les fossés, douves et issues duquel château a été bâti des logements et jardinages appartenant au seigneur avouant, tant en fief que domaine, à présent nommé le terroir du Vieux Châtel,

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 12:54

Le pagus Achmensis

 

La côte où débarqua saint Pol était loin d'être déserte, elle faisait partie du pays d'Ach (pagus Achmensis) qui correspond à peu près à l'arrondissement de Brest (voir Les évangélistes Bretons, page n° 2). La première localité importante que le moine Cambrien rencontra sur sa route et qui était à peu de distance du littoral, fut Telmedovia (aujourd'hui Ploudalmézeau). Après un court séjour dans ce lieu où il laissa quelques-uns rie ses moines, saint Pol, sur un nouvel avertissement du ciel, résolut de se rendre auprès du prince qui gouvernait cette contrée et qu'il désirait ardemment connaître. Bien que décidé à fuir les hommes et à se retirer du monde pour se consacrer tout à fait à Dieu, il n'en étudiait. pas moins les lois et les mœurs du pays où devait s'écouler toute sa vie. Mais son es prit de charité et son zèle pour la conversion des âmes étaient plus forts que son amour de la solitude. Aussi, malgré son désir d'arriver le plus tôt possible auprès du prince afin de lui demander pour ses compagnons et pour lui un lieu de refuge, il ne voyageait qu'à petites journées, s'attarda dans les endroits en il sentait que;ses services étaient le plus utiles aux populations. Sa route n'était pas toujours facile, les païens lui dressaient des pièges, et ce n'était pas sans dangers qu'il se dirigeait vers le but de son voyage. L'antique ennemi du genre humain, dit son biographe Wormonoc, toujours prêt à dresser des embûches à ceux qui consacrent leur vie à faire le bien, lui suscitait à l'improviste des difficultés, de façon à empêcher l'œuvre de salut qu'il s'était donné pour mission d'accomplir. Ces obstacles entravèrent beaucoup sa marche et ce ne fut pas avant deux ou trois années de fatigues et d'efforts qu'il arriva avec sa petite bande. non loin de Castel-Paol, vers 517

 

 

Pagus Achmensis

 

avec soulignée de rouge la cité de Ploudalmézeau

 

 

 

 

L'Oppidum de Vorganium est appelé dans le pays, Castell-Ac'h (Château d'Ac'h). Ce nom n'est marqué sur aucune carte. La pointe où il est situé se bifurque en deux branches inégales, dont la plus courte, porte le nom de Coz-Castell-Ac'h (château d'Ac'h ruiné). Quelle est l'origine de ce nom ? C'est ce que je vais essayer d'expliquer. L'évêché de Léon était divisé avant 1790, en trois archidiaconés : 1° L'archidiaconé de Léon, compris entre la rivière de Morlaix à l'est, et la rivière la Flèche à l'ouest ; 2°celui d'Ac'h ou d'Ack, borné à l'est par l'Aber-Wrac'h, au nord et à l'ouest par la mer, au sud par la rivière de Landeneau ; 3° enfin celui de Quemenellli, par corruption Quiminidili, compris entre les deux autres archidiaconés. Mais de ces trois subdivisions les deux premières seules me paraissent très-anciennes. Elles sont mentionnées dans la vie de saint Paul Aurélien, premier évêque de Léon, sous les noms de Pagus Leonensis et de Pagus Achmensis. La troisième, le Qnemenet-lli qui signifie Commendatio-Ili n'est désignée nulle part avec la dénomination de Pagus, et doit avoir été formée, à une époque reculée du moyen âge, aux dépens du territoire du Pagus Achmensis. L'Oppidum de Vorganium aurait donc fait partie dans le principe de ce dernier Pagus, et lui aurait emprunté son nom (Castell-Ac'h = Castelïum-Ac'hmense) 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 09:40

 

L'étude du Cartulaire de Redon par Aurélien de Courson donna lieu à un chapitre consacré aux limites de la Domnonée et à ses princes. Il existait dans l'Île de Bretagne une contrée à laquelle Ptolémée, Solin et Saint-Gildas donnent le nom de Domnonée, et qui, selon les plus savants archéologues anglais renfermait le Cornwall actuel, le comté de Devon et une partie du Somerset. C'est dans la dernière partie du Ve siècle si l'on en croit l'hagiographe Gudestin, qu'un prince, sortit de cette Domnonée insulaire, aurait pris, de ce côté ci du détroit, le titre de Domnonicus dux. Ce nom restreint d'abord au petit territoire où s'était fixés Riwal Ier et son compagnon d'exil s'étendait à une contrée beaucoup plus vaste, lorsque vers 513 ou 514, un second Riwal, qui régnait au sud-ouest de la Tamise, sur une autre peuplade de Dumnonii, vint aborder avec une flotte très nombreuse, sur la côte septentrionale de l'Armorique. L'énergie, l'habileté du princes domnonéen, devant lequel les pirates germains durent abandonner les rivages qu'ils infestaient, lui assurèrent une véritable suprématie sur les autres tyerns établis dans le pays. De là l'origine du petit royaume de Domnonée, qui comprenait selon D. Lobineau les diocèses de Tréguer, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Dol. Notre studieux compatriote, M. de la Borderie, a réuni et publié les textes sur lesquels se fonde l'assertion du docte bénédictin. Ce sont d'abord quelques passages de la Vie de saint-Samson, document des plus importants, puisqu'il émane d'un écrivain contemporain. Cette légende rapporte que Judual, l'un des descendants de Riwal II, régnait au VIe siècle, sur toute la Domnonée. Or, comme le pays de Dol, où saint-Samson avait fondé un grand monastère, faisait partie de cette contrée, il en résulte qu'elle devait s'étendre jusqu'au Couesnon. Des bords de ce fleuve, une très ancienne notice du Cartulaire de Landévénnec en fait foi, elle s'étendait jusqu'à la rivière de Morlaix, qui, vers la fin du XVIIIe siècle, servait encore de ligne de séparation entre les diocèses de Saint-Pol de Léon et de Tréguer. Au sud, comme il a été dit plus haut, à partir des sources de Kefleut, aux environs de Bourgbriac, confinait à la Cornouaille, dont elle était séparée par la chaîne des monts Arez. Mais en se rapprochant de l'est, la frontière domnonéenne descendait beaucoup plus bas : plusieurs Vies des saints nous apprennent, en effet, que deux princes de ce pays avaient des résidences, l'un près du monastère saint-Jean de Gaël, l'autre au sud de la célèbre forêt de Brecilien ; que saint-Léri, occupait, non loin de Mauron, un territoire concédé par saint-Judicaël, le fondateur de l'abbaye de Penpont, et que, à quelque distance, se trouvaient d'autres paroisses de l'évêché d'Alet qui dépendaient du même territoire. M. de la Borderie a constaté que, de Bourgbriac à la limite franco-bretonne, la frontière domnonéenne fut toujours indéterminée et très variable. Mais quoi qu'il en soit, on se peut représenter, avec une exactitude suffisante, l'étendue du royaume de Domnonée, en se rappelant que Le Baud et Lobineau l'assimile à l'apanage primitif d'Eudon de Penthièvre, frère d'Alain III, duc de Bretagne ; apanage qui, à peu de chose près, embrassait, nous le répétons les quatre diocèses dont il nous reste à parler, c'est à dire, Tréguer, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Dol.

 

 

Aurélien de Courson de poursuivre : A la suite de graves événements dont la trace, cependant, s'aperçoit à peine dans l'histoire, Corseult, l'antique capitale des Curiosolites, avait été anéantie. Alet, qui, vers la fin du IVe siècle, servait encore de résidence à un préfet des soldats de Mars, ne paraît pas avoir échappé non plus aux ravages exercés dans la péninsule par les pirates germains. La ville était en effet presque déserte, lorsque de nombreux essaims de fugitifs bretons vinrent aborder sur ses rivages en 513. Riwal II, leur chef, ayant réussi à fonder une nouvelle Domnonée dansla région septentrionale de la péninsule, le port d'Alet reprit toute l'activité qu'il avait perdue. Toutefois,quoique les Bretons, chrétiens pour la plupart, dominassent complètement dans le pays, on voit, par la Vie de saint Malo, que la cité dont il fut véritablement l'apôtre renfermait une population presque entièrement païenne vers le milieu du VIe siècle. Maclovius, auquel on donne aussi le nom de Machutus, était né, selon le P. Le Large et Dom Lobineau, « dans le pays même dont il fut le premier évêque.» Mais le fait n'est point énoncé dans les deux anciennes légendes publiées par D. Mabillon et par D. Morice. Ce qu'il y a de certain, c'est que, bien jeune encore, Malo fut confié aux soins de saint Brendan qui l'éleva dans son monastère de Lan-Carvan, au pays de Cambrie Sous un tel maître, la piété, la vertu, les talents du jeune Breton jetèrent un si vif éclat, que, l'évêque du pays étant mort, les habitants demandèrent à grands cris que Malo lui fût donné pour successeur. Le saint jeune homme protesta autant qu'il fut en lui; mais, malgré son refus et ses larmes, il fut élevé à l'épiscopat. Pour échapper au fardeau, le seul moyen c'était de fuir. Malo n'hésita pas; ayant fait avertir quelques disciples, il s'embarqua furtivement avec eux, et leur vaisseau, guidé par un ange, dit l'hagiographe, vint aborder non loin d'Alet, dans l'île de Cézembre. Après plusieurs années passées dans cette solitude, le jeune anachorète alla s'établir dans une autre île, plus rapprochée de l'antique cité. Là, de pieux chrétiens, comme lui fatigués des bruits du monde,venaient incessamment se placer sous sa discipline, lorsque le peuple d'Alet, lui faisant violence à son tour, le choisit pour évêque. 

 

 

L'étendue de la Domnonée armoricaine -les noms de lieux en -cran

 

 

En rendant compte du Celtic Britain de M. Rhys dans le n° 3 du tome VII de la Revue celtique, M. d'Arbois de Jubainville n'attribue, suivant en cela l'opinion de M. de Courson et celle de M. de la Borderie, aux Domnonii émigrés en Armorique que les évêchés de Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier : celui de Léon reste en dehors. Depuis que l'on connaît la valeur exacte de la vie de saint Paul Aurélien, d'après la tradition le premier évêque de Léon, il est impossible de ne pas comprendre le Léon dans la Domnonée. Le biographe de Paul-Aurélien, Wrmonoc, moine de Landévennec, qui écrivait au IXe siècle et dont l'oeuvre a été conservée dans un manuscrit du Xe siècle, passé dans la bibliothèque d'Orléans, publié par M. Cuissard (, met formellement Ploudalmezeau, qui est en plein pays de Léon, en Domnonée, ainsi que le pagus d'Ach: « devenit (Paulus) ad quamdam plebem pagi Achmensis quam antiquo vocabulo Telmedoviam appellant. Ipse autem pagus Domnonensis patrioe quædam pars est occidentem versus constituta. » Les deux pagi de Léon et d'Achm étaient, il est vrai, gouvernés par des princes particuliers, mais sous la suzeraineté des rois de Domnonée. C'est ainsi que Judwal qui régnait sur toute la Domnonée, suivant le biographe de saint Samson, après une visite à Paul Aurélien dans le Léon, revient à ses domaines propres. Il est maître absolu de la plus grande partie de la Domnonée, suivant le même biographe de Paul-Aurélien : « Juduualus Domnonensis patrise magna ex parte dux nobilissimus. » Le roi de Domnonée Judael va chasser .sur les terres d'Ausoch, prince de Léon, son client, à Treffles (Tribum Lesise), à l'ouest, sur les confins du Kemenet-Ili et du pagus de Léon. M. d'Arbois de Jubainville attribue aussi à quelques Gaëls fourvoyés parmi les Domnonii deux noms de lieux mentionnés dans le cartulaire de Redon dont le premier terme cran signifierait bois et serait la forme gaëlique répondant au pren breton. M. Le Men a eu la même idée, d'après le même passage du cartulaire. Or il ne paraît nullement résulter du contexte que cran ait le sens de bois : Notum sit omnibus quod dedit Portitoe et Connual Cranuuikant et Cranquarima et quicquid potuissent eradicare de silva, in elemosina pro anima sua et pro hereditate, in regno Dei, ad monachos Rotonenses. Si ces deux cran indiquent la forêt, comme ils sont donnés en toute propriété, la permission d'arracher du bois ne s'explique plus. Ces mots et quicquid potuissent eradicare de silva montrent au contraire clairement que la forêt est distincte de Cranuuikant et de Cranquarima. Au surplus ces deux localités sont en Plebs Catoc (Pleucadeuc), et par conséquent dans Bro-Weroc. et nullement sur le territoire des Dumnonii. Ajoutons qu'il y a un grand nombre de cran actuellement dans le Morbihan et dans le Finistère. Quel qu'en soit le sens, ils n'ont pas été semés dans la péninsule par des Gaëls Dumnonii. Il n'est pas sûr non plus que les noms comme Finit soient gaéliques. Un seul nom paraît dans le cart. de Redon bien manifestement gaélique, c'est Firinan, app. 357. Encore faut-il faire entrer en ligne de compte l'ignorance du copiste qui a souvent mal lu. Enfin, rencontrerait-on quelques Gaëls en Armorique, qu'il ne serait nullement permis de les faire venir de la Dumnonia insulaire plutôt que de telle autre partie de la Grande-Bretagne, plutôt même que des pays gaéliques. Plusieurs saints bretons sont donnés comme irlandais, notamment Briac, Ronan, Vougay, Sezni, etc.Le monachisme irlandais était assez riche et assez fécond pour essaimer jusqu'en Armorique. Nous savons que les moines de Landévennec au IXe siècle suivaient les règles, les usages et le costume des moines irlandais. Joseph Loth 

 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 20:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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