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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 13:23

 

 

Carte des Pagi en Armorique

 

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En réalité quand on évoque la frontière entre Bretons et Francs, il est plus judicieux de parler des marches de Bretagne. Une limite imprécise existait à la période mérovingienne et René Cintré dans son ouvrage sur ces Marches de Bretagne, constate la présence du nombre de lieux baptisés guerche, terme désignant un poste fortifié. Il n'en n'a pas moins compté une trentaine dispersés dans les localités de Plélo, Trélivan, Iffendic, Saint-Helen, Broualan, Lanrigan, Melesse, Gahard, Vissèche, la Guerche de Bretagne, Bain de Bretagne, Sixt d'Alf, Béganne, Saint-Etienne de Montluc, Saint-Brévin, Brains, Monnières, et la Chevrollière pour la seule Bretagne historique. Ce qui atteste une présence franque en ces lieux. A l'image de Bazouge du Désert et de Louvigné du Désert, cette contrée était particulièrement stérile, d'autres région composant cette marche étaient recouvertes en partie de forêts. 

 

 

 

 

Carte représentant les lieux-dits guerche en Bretagne (attestant l'infiltration franque en Bretagne à la période mérovingienne)

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Charlemagne envoya une première fois son sénéchal Andulf pour réduire les Bretons, en 786 ; la véritable conquête eut lieu en 799 par le comte Guy, gouverneur de la Marche Franco-Bretonne. Éginhard, annaliste de Charlemagne, s'exprime ainsi : « Charlemagne résolut d'envoyer une armée en Bretagne. Après l'invasion de l'île par les Angles et les Saxons, une grande partie des habitants occupait l'extrémité de la Gaule, les terres des Vénètes et des Curiosolites. Ce peuple soumis aux rois francs et leur tributaire, acquittait quoiqu'à regret le tribut imposé, Comme elle cessait de le faire, le grand-maître de la maison, Andulphe, eut bientôt raison de cette nation perfide. Il lui amena, à Worms, des otages et beaucoup de chefs bretons.» Rapprochez cette version du VIIIe siècle, de Gildas, de Gurdestin, de Grégoire de Tours et autres textes cités, et vous verrez que l'annaliste réunit toute l'émigration bretonne du Ve au VIIIe siècle dans ce court passage assez juste. La première mention de cette Marca Britanniae remonte aux premiers temps du règne de Charlemagne, soit vers 778. Il s'agissait du région militaire et non administrative. Les mauvaises relations entre Bretons et Francs furent cause de la mise en place de cette vaste contrée boisée et peu peuplée. Le chef militaire, marquis ou margrave était désigné comes, autrement dit comte. Mais sous Judicaël, le roi de Domnonée, des troubles se produisirent entre les deux peuples, et les troupes de Dagobert infligèrent dans un premier temps une défaite aux Bretons qui par soumission acceptèrent de payer tribu (voir la vie de saint Judicaël par Albert Le Grand). Quelques temps plus tard ils prirent leur revanche et cependant, le roi Judicaël ne profita pas de la situation, il fit preuve d'une si grande sagesse qu'il suscita chez saint Eloi, le conseiller du souverain mérovingien un grand intérêt. C'est lui qui organisa la rencontre entre les deux rois, rencontre qui se déroula vers l'an 636 en la villa de Clichy. La disparition de Judicaël, l'anarchie régna en Bretagne, et la situation dégénéra, elle fut propice à de nouveaux troubles frontaliers….C'est parce que les Bretons avaient refusés de payer tribu à l'empire franc que l'an 786 une première expédition eut lieu en Bretagne. Sans doute que la mort du comte de la Marche,  Hruotland alias Rolland, survenue à Roncevaux incita les Bretons à s'insurger contre les prétentions carolingiennes. C'est sous les ordres du sénéchal Audulf qu'eut lieu cette première intervention. La Marche de Bretagne fut ainsi réorganisée, comprenant les comtés de Rennes, de Vannes et de Nantes. Le comté de Rennes, qui confinait au Vannetais et au Nantais sur sa bordure méridionale, s'étendait au Nord jusqu'à l'Avranchin. Nous ne savons guère de lui qu'une chose, c'est qu'il était administré en 820 par le comte Rorgon. Rorgon troqua son comté de Rennes contre celui du Mans, en 834. Notons que ce comte était de la famille des Gauzbert-Gauzlen, probablement d'origine alémanique comme les familles alsaciennes du célèbre abbé Fulrad de Saint-Denis et de l'archichapelain Ebroin, évêque de Poitiers, avec lesquelles elle était apparentée. Le Vannetais, qui correspondait sensiblement à notre actuel département du Morbihan, était, comme lui, partagé à peu près par moitié en deux domaines linguistiques : à l'est, on parlait roman; à l'ouest, on s'exprimait en breton. Le Nantais était le comté du marquis ou préfet -le terme de praefectus est la traduction dans la langue savante de l'époque du mot barbare marchia. qui écorchait la gorge des gens frottés de latin. Nantes était à la fois la capitale du comté, la cité épiscopale du diocèse et le chef-lieu de la région militaire. Une révolte suivit de près suivant la coutume. Le comte Guy, gouverneur des Marches de Bretagne, reçut l'ordre de réduire les rebelles. Ayant réuni ses forces à celles des autres comtes ses collègues, ce général parcourut la Bretagne dans toute son étendue et soumit entièrement ce pays des Bretons que les Français n'avaient jamais encore jusque-là subjugué tout entier. Le vainqueur offrit à l'empereur à son retour de la Saxe, les armes des chefs sur lesquelles étaient gravés leurs noms, en signe de la soumission des princes du pays, de leurs vassaux et de leurs terres à l'empereur à son retour de Saxe. L'année de la mort de Charlemagne, les Bretons élevèrent à la royauté suprême un certain Jarnithim, désigné dans le Carlulaire de Redon sous le titre de Machtiern. Wido cornes, qui in Marca Britanniae preesidebat, unà cum sociis comitibus Britanniam ingressus, totamque perlustraos in deditionem accepit; et régi de Saxoniâ reverso arma ducum qui se dediderunt inscriptis singulorum nominibus praesentavit : nam his se ac terram et pôpulum uniusquisque illorum tradidit. Et tota Britannorum provincia, quod nunquam antea, a Francis subjugata est. Ce chef fut-il immédiatement remplacé, ou trouva-t-il la mort en combattant pour l'indépendance de son pays? l'histoire garde le silence sur ce point : -elle nous apprend seulement que deux ans après l'élection de Jarnithim, Morvan, comte de Léon, fut élevé au rang de chef des chefs Pentyern, sur lequel, dans un plaid, à Aix-la Chapelle, en 818, Lantbert, comte de la Marche de Bretagne, fut interrogé par Louis le Débonnaire. Eh bien ! dit César à Lantbert, que fait la nation qui t'avoisine? Honore-t-elle Dieu et sa sainte Église? A-t-elle unchef et des lois? Laisse-t-elle nos frontières en repos ? Cette nation, répond Lantbert s'est jusqu'ici montrée orgueilleuse, indomptable et sans loyauté. Tout ce qu'elle a de chrétien, c'est le nom. Quant à la foi, au culte et aux oeuvres, tout cela est bien loin d'elle, les soins de la veuve, des orphelins, il n'en reste plus rien. Les Bretons habitent les bois et vivent de rapines, à la manière des bêtes fauves. Morvan est leur roi, si toutefois on peut donner ce nom à qui ne gouverne rien. » L'empereur lui répond : Lantbert, les choses que tu viens de rapporter sont graves. Quoi ! une nation de fugitifs possède des terres dans notre pays, sans payer de tribut, et elle pousse encore l'orgueil jusqu'à attaquer nos frontières!... Cependant comme leur chef a reçu le saint baptême, il convient que je l'avertisse du sort qui le menace. (voir entrevue de Witchar & Morvan la Domnonée). Après 831, il n'est plus question que du Breton Nominoë dont la situation ne cessera de grandir à la faveur des pouvoirs de missus que Louis le Pieux lui confère. Jusqu'à la mort de cet empereur, Nominoë reste constamment fidèle à la cause de son souverain (voir) . Aussi, le biographe de saint Conwoion, qui n'est pas un moins ardent partisan de Nominoë que son héros, le pieux et actif abbé de Redon, est-il plein de considération pour le monarque franc dont Nominoë est le représentant officiel  (voir Nominoë, page n° 1 - Nominoë, page n° 2 - Nominoë, page n° 3 - Nominoë, page n° 4 - Nominoë, page n° 5 - Nominoë, page n° 6)

 

 (extrait de l'ouvrage de Léon Levillain La Marche de Bretagne, ses marquis et ses comtes)

 

 

 

Frontière de la Bretagne sous Nominoë en 843

 

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Frontière du royaume de Bretagne sous Erispoë 851-857

 

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Etendue maximum sous Salomon de Bretagne 863-867

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Acquisition de 863, l'entre deux eaux, entre Sarthe et Mayenne

 

Acquisition de 867, comtés de Coustances et Avranches

 

 

Au Xe et XIe siècle.

 

 

 

 

Les places fortes de la Marche de Bretagne

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 18:18

Le Pagus Guerrandia


 

La cité de Guérande tapie en cette presqu'île du même nom, fut soumise au joug du chef breton Waroc'h. Le Pays des Salins a laissé trace dans l'histoire de la Bretagne à travers le fameux Traité de Guérande qui mettait un terme à une guerre civile qui durant un demi-siècle opposant le camp des Montfort soutenu par l'Angleterre au camp Penthièvre favori de la France. (voir Guérande )  

 

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 17:41

Le Pagus Ratiatensis

 

 


 

Jadis désigné Rais, aujourd'hui l'endroit est orthographié Retz. Place forte bretonne face à la menace poitevine, manifestement ce Pagus était lé plus méridional de tous les pagi formant la Marche de Bretagne. Devenu fief de la couronne de Bretagne, le Pays de Rais avait été accordé au roi de Bretagne Erispoë l'an 851 (voir Les sires de Retz par Ch. de Sourdeval, page n° 1 ). C'est au cours de l'an mil qu'apparut la famille du même nom à la tête de la forteresse du Pays de Retz. 

 

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 14:24

Le Pagus Clissonium

 

 

Le Pays de Clisson est située en une vallée, et si l'on en croit les chroniqueurs de jadis, déjà les Bretons songeaient au cours de l'épopée mérovingienne, se protéger contre les Wisigoths et fortifièrent ainsi Clisson. Mais les Normands ravagèrent toute cette contrée et les pagi du voisinage. Le pagus allait devenir l'une des défenses du comté de Nantes et une famille, dite de Clisson allait présider à l'émergence de cette défense. (voir Le château de Clisson et ses possesseurs (extrait de notice sur la ville et le château de Clisson...par Jules Forest ), page n° 1).

 

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 14:02

Le Pagus Ancenesium

 

 

Le Pays d'Ancenis bordait le comté d'Anjou, et comme il l'a été souligné dans une page consacrée à la famille qui aménagea la forteresse et adopta ce nom d'Ancenis (voir La famille d'Ancenis, page n° 1), les comtes d'Anjou, d'alliés étaient devenus adversaires.C'est au bord de la Loire que la défense du lieu fut construite.

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 13:08

Le Pagus de la Mée


 

 

 

A présent nous sommes à Chateaubriant voir La forteresse de Châteaubriant & ses possesseurs), à proximité de la frontière avec l'Anjou, et voici ce qu'écrivait une société de gens de lettres, de savants et d'artistes en 1786 : « on donne quelquefois le nom de mées aux marches communes du Poitou & de la Bretagne; mais on entend plus communément par là le terrage que les seigneurs bretons ont droit de lever dans ces Marches communes sur les fonds roturiers. roturiers. On a vu, au mot Marches communes, que tout les fonds de ce petit pays étoient mouvans, moitié par indivis d'un seigneur poitevin, & moitié par indivis d'un seigneur breton»...

 

  

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 12:29

Le Pagus Guerchiae

 

 

Ouvrage fortifié, telle est l'explication toponymique donné pour expliquer le nom de cette ville de La Guerche de Bretagne. Manifestement, c'était un des nombreux obstacles mis en place sur la ligne frontalière avec le Pays franc (voir Quelques notes sur les seigneurs de la Guerche de Bretagne). Nous aurons l'occasion de dresser une carte de cette Marche de Bretagne en revenant plus en détail sur chacun de ces points défensifs qui la composaient. Les limites se perdaient alors dans ces épaisses forêts qui inquiétaient et rassuraient à la fois, l'immense forêt de la Guerche bordait la cité. 

 

la guerche

 

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 04:15

Le Pagus de Dol

 

 

Ici à Dol, c'est aussi une Maison comtale dont nous avons abordé l'histoire (voir La seigneurie de Dol) qui succéda à l'ancien Pagus. Il est vrai que l'aménagement d'un site défensif était urgent face à la menace scandinave qui s'était concrétisée par la présence normande aux portes même de Dol. Longtemps le Pays de Dol fut en proie aux ravages de ceux ci. Mais le rôle de Dol allait émerger vraiment dès la fin du IXe siècle quand la cité reçut le « pallium papal » lui accordant le rôle de Métropole de Bretagne. Il est vrai que les paroisses relevant de cet évêché étaient regardées comme pauvres dans leur ensemble et certains pensent que c'est tardivement que cet évêché avait été créé.

 

 

 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:20

Le Pagus Vicinonia

 

 

Bazouges le Désert, l'une des principales villes qui composent l'endroit, le pays du Désert. Les landes qui composait ce petit pagus rendaient lui ont donné comme à la localité voisine de Louvigné, ce nom de Désert. L'an 936, c'est au nord de ce Pagus que se déroula la bataille de Trans qui opposa les Bretons et leurs alliés à l'occupant Normand (voir les invasions Scandinaves en Bretagne, page n° 4). Ce pays voisin de la Normandie se trouve en prolongement du Pagu de Coglès. Une famille de  Bazouges est connue à travers plusieurs de ces membres : Robert de La Bazouge en 1168, les milites Gwado et Guy de La Bazouge en 1173 et 1213.  

 

 

 

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:11

Le Pagus Coglesium

 

 

Le Pagus Coglesium était un pagus de la civitas des Redones. Connu dès le XIe siècle comme fief de l'abbaye Saint-Magloire de Rennes, en 1204, le pagus fut donné à viage, par Géoffroy, seigneur de Fougère, à Guillaume, son grand-oncle et tuteur, quand celui-ci lui remit à sa majorité l'administration de ses domaines. Ce pagus occupait une grande partie du bassin de la Valein, un des affluents du Couesnon. La cité de Coglès disposait d'une défense au cours de cette période féodale. 

 

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