Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 13:15

 

I. -Préambule.

 

 

« Les documents qui mentionnent le pèlerinage des Sept Saints sont très rares et contiennent peu de détails sur ces pieuses pérégrinations.» Croira-t-on que pas un seul de nos anciens historiens et hagiographes ne donne les noms des Sept-Saints ? et, ce qui est plus incroyable encore, c'est que, comme nous le verrons, l'exact et savant Lobineau n'a connu ces noms d'une manière certaine qu'après l'impression de son Histoire de Bretagne. Pierre Le Baud mort en 1505, Alain Bouchard mort après 1513, ont été contemporains, peut-être témoins du pèlerinage des Sept-Saints. Or, ils n'en font aucune mention. Le Baud a écrit le premier. Par deux fois, il mentionne non les sept, mais « les neuf saints patrons de la Bretagne et fondateurs des neuf évêchés. » Dans son texte, Alain Bouchard ne donne pas une liste des Sept-Saints ; mais, en deux endroits, une gravure sur bois publiée par lui, représente sous le titre collectif les Sept-Saints de Bretaigne un évêque portant la croix archiépiscopale et six évêques. Au-dessous de la ligure de l'archevêque, se lit le nom de saint Samson, et au-dessous des six autres figures les noms de saint Malo, saint Brieuc, saint Pater(n), saint Corentin, saint Tudual, saint Paul (voir Les évangélistes Bretons, page n° 2). Saint Samson est à gauche et les six autres, moins saint Patern placé au milieu, sont tournés vers lui, « le reconnaissant comme métropolitain. » On le voit, cette image dessinée aux premières années du XVIe siècle nous reporte au temps où Dol se prétendait métropole des six évêchés de Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes. -Nous aurons à y revenir. D'Argentré (1582) n'aurait-il pas vu cette image, ou bien n'aurait-il pas ajouté foi à ces indications ? Toujours est-il que, dans la liste qu'il donne, non des Sept-Saints de Bretagne, mais des « sept évêques venus de Bretagne en Armorique au temps des Saxons. », il omet saint Corentin. Albert le Grand a écrit la vie de chacun des Sept-Saints figurés dans le livre de Bouchard. Nulle part il ne rappelle leur titre de Sept-Saints ; seulement dans la Vie de saint Patern, et avec de singuliers anachronismes, il nous montre Patern, Malo, Tugdual, Paul, Brieuc, plus l'évêque de Quimper qu'il ne nomme pas, tenant un synode à Vannes, sous la présidence de saint Samson leur métropolitain. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 12:32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:29

Nous avons précédemment étudié la difficile succession du duc Conan III, et comment il aurait renié son fils Hoël, comte de Nantes, et aurait préféré voir lui succéder sa fille Berthe mariée successivement à Alain le Noir de la Maison de Penthièvre puis à Eudon de Porhoët. Si nous avons déjà eut l'occasion d'aborder un dossier consacré à la Maison de Penthièvre, et audit Alain le Noir, en revanche aucune note n'avait été laissée pour expliquer véritablement qui était Eudon II de Porhoët. Voici une filiation émise sur cette Maison de Porhoët.

 


 

Le célèbre Patru, dit, Tome 1, p. 273, que « les Rohan sont issus des anciens Rois de L'Armorique ; & à la p. 275, il ajoute que les Rohan ont toujours soutenu, avec autant de courage que de fermeté, la splendeur du nom de Rohan,&la gloire des Monarque magnanimes dont ils sont sortis ». Ces preuves sommaires de l'origine de la Maison de Rohan & de son illustration, dévoient avoir place dans un Dictionnaire telle que celui-ci. Nous allons maintenant en donner la filiation, prouvée, sans interruption, depuis Guethekoc, qui suit.

 

 

Guethenoc, Vicomte de Cháteautro en Porhoët, auteur de la Maison de Porhoët, dont est sortie celle de Rohan, jetta les premiers fondements d'un Château, sans le nommer, sur un terrain appartenant à l' Abbaye de Redon, que les Historiens de Bretagne ont depuis appelle le Château de Josselin, ce qui donne lieu de croire que ce Château, suivant un Cartulaire de l'Abbaye de Saint- Sauveur de Redon, fut fini par son fils Josselin. Le même Guethenoc fit une donation à l'Abbaye du Mont-Saint-Michel de quelques biens situés dans le Porhoët. La Charte, qui en fait mention, intitulée Carta de Porrohot, fut signée par sa femme Allarun, & par ses fils Josselin, qui suit, Mainguy & Tutgal. Il est nommé dans deux Chartes de l'Abbaye de Redon, l'une de l'an 1008, & l'autre de l'an 1021. Pour Mainguy & Tutgal, ses autres fils, on n'en connoít que les noms par la Charte de donation de l'Abbaye du Mont-Saint-Michel.


 

II. Josselin ou Gosselin, qualifie Vicomte de Bretagne dans une Charte de Ceoffroi Martel, Comte d'Anjou, en faveur de l'Abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, antérieure à l'an 1048, confirma avec Conan II, Duc de Bretagne une donation faite à l'Abbaye de Redon la même année 1048, où il est qualifié Vicomte de Rennes. C'est lui qui fonda le Prieuré de Sainte-Croix du Château Josselin, en faveur de ladite Abbaye de Redon, avant l'an 1062 : il est dit dans la Charte ou Notice de cette fondation, que les bienfaits de son père & les siens envers le Monastère de Redon, sont les causes de l'augmentation de leur Royaume : Regnum ejus (Guetenoci) .... & regnum suum (Gosselìni) ... suisse multiplicatum .... (&) amplìficatum. II consentit, comme Seigneur suzerain, à une donation faite à l'Abbaye de Marmoutier avant l'an 1064, où il a la qualité de Vicomte de Rennes ; & dans une Charte de l'Abbaye de Saint-Florent de Saumur, en 1086, il est dit père du Vicomte Eudon. Il mourut en 1074, & fut inhumé auprès de Guethenoc, son père, en l'Abbaye de Redon. Ses enfans furent :


 

-Mainguy, Evêque de Vannes ;


 

-Roger ;


 

-Eudon, qui suit; tous les trois nommés dans la Charte de 1062 ;


 

-une fille, Religieuse en l'Abbaye de Saint-Georges.


 


 

III. Eudon I, Vicomte de Porhoet & de Rennes, qui suivit, en 1066, Guillaume, Duc de Normandie, à la conquête d'Angleterre, est nommé dans la Charte de fondation du Prieuré de Sainte-Croix de Josselin, faite par son père ; & il est dit fils de Josselin dans l'acte de confirmation de la fondation du Prieuré de Saint-Florent sous Dol, par Alain-Fergent, Duc de Bretagne, de l'année 1086. Cette charte bien authentique, ne doit pas être confondue avec celle du même Prince de l'an 1088, tirée de la Chambre des Comptes de Bretagne, laquelle autrefois a paru suspecte. II fit une fondation au Prieuré de Sainte- Croix en 1092, pour le repos de l'âme de sa première femme, nommée Anne qu Emme de Léon, qui y étoit enterrée, du consentement de Josselin, son fils aîné, & en présence de plusieurs Evêques & Abbés, & de ses Barons. Le nom de sa seconde femme est inconnu. De la première il eut :


 

1. -Josselin ou Gosselin, quelquefois nommé Jofto & Joscius, qui consentit à la donation faite par son père, au Prieuré de Sainte-Croix, du Château Josselin en 1091. Il fonda le Prieuré de Saint-Martin du Château Josselin en faveur de l'Abbaye de Marmoutier en 1105 ; fit une donation au même Prieuré en 1108; assista avec ses frères Guihenoc, Geoffroi & Alain, à la fondation faite, avant l'an 1124, au même Monastère, situé, dit le titre, à Porhoët, cest-à dire, au Château Josselin de Saint-Martin du Château Josselin, comme on le voit par une Lettre du Comte Eudes ou Eudon, son neveu, à Robert, Abbé de Marmoutier ;


 


 

2. -Guihenoc, nommé dans une Charte du Prieuré de Saint-Melin ;


 

3. -Geoffroi, qui suit ;


 

4. -Alain, Auteur de toute la Maison de Rohan, mentionnée en son rang ;


 

5. -une fille, mariée à Simon, Seigneur de la Roche-Bernard.


 

t du second lit :


 

-6 & 7. -Bernard & -Robert, mentionnés dans une Charte de l'Abbaye de Marmoutier de l'an 1118.


 

IV. Geoffroi, troisième fils d'Eudon I, & d'Anne ou Emme de Léon, sa première femme, est qualifié Vicomte du Château de Porhoët dans un accord que ses frères, Alain & Bernard, firent avec l'Abbé de Marmoutier, au sujet du mobilier que Josselin, leur aîné, lui avoit laissé. Etant tombé malade, en, 1118, il fit une donation à Saint-Martin de Josselin, en présence de son frère Alain, & de ses Barons. Dans un acte de fondation faite par ce dernier du Prieuré de la Noée , il y est dit frère da Vicomte Alain. Il fit une autre donation, vers le même temps, au Prieur de Saint-Martin de Josselin; assista, avec le même Alain, Conan III, Duc de Bretagne, un grand nombre d'Evêques, d'Abbés & de Noblesse, à une nouvelle consécration de l'Eglise de Redon, faite en 1127. Ces deux frères sont qualifiés Vicomtes de Porhoët dans l'acte qui en a été dressé. On le trouve encore nommé, avec Eudon, son fils, dans une Lettre de Donoal, Evêque d'Aleth (aujourd'hui Saint-Malo), donnée au Château Josselin l'an 1130, par laquelle ce Prélat confirme aux Moines de Marmoutier, c'est à-dire du Prieuré du Château Josselin, une donation de quelques biens situés à Miniac en Porhoët. Ce même Géoffroi donna aussi aux Moines de Notre-Dame, alias du Château Josselin en 1132, plusieurs coutumes, telles que le droit d'ost, le repas du Comte, &c- et qui fut confirmé, en 1153, par Eudon, son fils aîné. Il est encore nommé dans une Charte d'Alain la Zouche, son autre fils, en faveur des Chanoines de Lilleshult en Angleterre. II avoit assisté, en 1119, aux obsèques du Duc Alain-Fergent ; mourut en 1141 ; & laissa d'Havoise, son épouse :


 

1. -Eudon, qui suit ;


 

2. -Joscius ou Josthon, présent à la fondation de l'Abbaye de Lantenac ;


 

3. -Alain, tige de la Maison de Porhoët-de-la-Zouche en Angleterre ;


 

4. -Etienne, nommé dans une Charte de Marmoutier en 1164 ;


 

5. -Ámicie de Porhoet, mariée à Guillaume Ier, Seigneur de Monfort.


 


 

Eudon, II. du nom, Vicomte de Porhoet, fut aussi Comte de Bretagne, 8c épousa Berthe, fille du Duc Conan III, vers l'an 1148, veuve d'Alain le Noir, Comte de Richemont, dont elle avoit eu un fils, qui fut ensuite Duc de Bretagne sous le nom de Conan IV. De là vient que cet Eudon est nommé tantôt Vicomte de Porhoët, tantôt Comte de Bretagne ; mais seulement Eudon, avec son père, dans un titre de Marmoutier de l'an 1130. II écrivit, vers 1150, à Robert, Abbé de Marmoutier, pour l'engager à rachever le bâtiment de l'Eglise du Prieuré Saint-Martin du Château Josselin, commencé par le Vicomte Josselin, son oncle, en rassurant de ses bienfaits & de ceux d'Alain, Vicomte de Rohan, son autre oncle : il se qualifie Comte de Bretagne dans cette Lettre ; confirma, en 1153, du consentement de ses frères, la donation faite aux Moines de Saint-Martin du Château Josselin, par leur père, des droits d'ost, repas du Comte, &c. fonda, vers le même tems, l' Abbaye de Lantenac, aussi du consentement de ses frères ; se qualifie Comte dans ces deux derniers actes, & n'a que la qualité de Vicomte de Porhoet dans la Chronique de Normandie sous les années 1155 & 1157. Une Charte par lui donnée en 1164, apprend qu'il fit d'autres donations au Prieuré de Saint -Martin du Château Josselin, du consentement d'Alain de Rohan, son cousin : il y fait mention de son oncle Joscius ou Josselin, & s'y qualifie Comte de Bretagne. L'Histoire de cette Province, qui parle de lui fort au long, dit qu'il fut père d'un fils, aussi nommé Eudon ; & que la fille de celui-ci, appelée Mahaut, porta le Porhoet dans la Maison de Fougères en Bretagne. Eudon II de Porhoët eut aussi une fille : Aliénor de la Chéze. Celle-ci était femme de Alain III de Rohan, et son père, Eudon de Porhoët lui donna la moitié de la paroisse de Loudéac d'après un acte de 1226. Elle eut entre autres enfants, une fille prénommée Alips, femme de Etienne de Bréhant.


 


 

Les habitants de Rennes et des cantons environnants proclamèrent Eudon, vicomte de Porhoët, mari de Berthe, et tuteur de son beau-fils Conan, duc de Bretagne, tandis que Nantes et Quimper reconnaissaient Hoël comme leur souverain, malgré la tache de sa naissance (1148). Ce dernier était un prince incapable et dont ses partisans se lassèrent bientôt ; les Nantais, en 1150, l'expulsèrent de leur ville et se donnèrent à Geoffroi, comte d'Anjou et frère du roi d'Angleterre Henri II. Les conséquences de l'élection du comte d'Anjou furent fatales. Geoffroi étant venu à mourir (1158), le roi d'Angleterre, comme son héritier, réclama et obtint le comté de Nantes. Cependant il s'était élevé un autre prétendant à la couronne ducale, c'était Conan IV, le fils d'Alain-le-Noir comte de Richemont, et le pupille d'Eudon vicomte de Porhoët. Ce prince, soutenu par les principaux barons du duché, prit les armes contre son beau-père ; il perdit une bataille en 1154 et il fut contraint de chercher un refuge au-delà de la mer, au milieu de ses vassaux anglais du comté de Richemont. La politique intéressée de Henri II vint à son aide ; le roi d'Angleterre mit à sa disposition un corps considérable de troupes. Conan repassa en Bretagne, y rallia ses grands vassaux et alla assiéger Rennes. Quoique la place fût bien approvisionnée, le comte Eudon ne voulut pas laisser au temps le soin de forcer ses ennemis à la retraite ; il tenta de la délivrer en attaquant le camp des assiégés avec une grande vigueur. Le succès ne répondit point à son courage; il fut repoussé après un combat opiniâtre dans lequel il perdit presque toute son armée. La garnison de Rennes, n'ayant plus l'espoir d'être secourue, capitula au bout de quelques jours (1155). 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 19:15

 



 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 19:06

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 14:13

 

 

Ce fut vers l'an 1112, que le duc Alain IV Fergent et son épouse, la duchesse Ermengarde d'Anjou, marièrent l'aîné de leurs enfants, Conan Le Gros, alias Conan le Jeune, à Mathilde d'Angleterre, dite aussi Maud FitzRoy. En réalité, celle-ci était issue d'une des nombreuses alliances illégitimes du souverain anglais : Henri premier, Beauclerc.

Trois enfants devaient naître de l'union de Conan III et de Mathilde d'Angleterre : 

-Hoël, comte de Nantes, prétendant au trône breton, né vers 1113 ;

-Berthe, née vers 1114 ;

-Constance, semble être la benjamine.

 

Qui était réellement Hoël comte de Nantes ? Était-il le fils illégitime de Mathilde d'Angleterre ou bien le fils du duc Conan III et de son épouse Maud d'Angleterre ? Deux théories s'affrontent, si on se réfère aux auteurs anciens, ceux ci penchent pour la première thèse selon laquelle Hoël comte de Nantes serait un enfant illégitime. Bertrand d'Argentré nous évoque comment le jeune héritier du trône breton en fut écarté à l mort de son père Conan III survenue l'an 1148 : En l'an mil cent quarante huit, au mois de septembre mourut Conan, dit le jeune, tantost le Gros, tantost Ermengard : lequel à a mort desavoua Hoël, qu'on avoit tenu son legitime, & declara qu'il n’estoit son fils, quelque opinion qu'on eust eu, & quelque pretexte de mariage, qu'on peust deduire. Et de fait, soit que ladite desclararion fust veritable ou non, & qu'elle deust ou ne deust faire loy, dont assez & exemples se trouvent & pareils jugemens & resolutions, si eut-elle tel efet,que Hoël ne print-part au Duché, ne y fut receuz estant finalement mort sans sçauoir bonnement, qu'il devint. Bon nombre d'auteurs aujourd'hui réfutent cette thèse en s'appuyant sur le fait que Hoël était titré duc de Bretagne dans certains actes Hoël II, duc de Bretagne , donne la terre de Villeneuve à l'abbaye de Buzai. (1153) « In nomine sandre et individus Trinitatis. Ego Hoellus, permissu Dei Britanniae dux, Conani comitis filius, pro salute animae meae et antecessorum meorum, dedi (et in perpetuum possidendam concessi) terram (in finibus forestae meae existentem, illam scilicet) quae vocatur Villa Nova, (cum his qui eam heriditario jure possidebant, ab omni cosduma vel reclamacione libéram et quietam, Deo et) Sancta Mariae de Buzeio et ejusdem loci fratribus (ibidem Deo servientibus corumque successoribus) sorore mea Berta comitissa hoc donum concedente. (Ut autem hoc donum ratum deinceps et inconcussum permaneret, sub tulela Nannetensis ecelesiae pontificis et mea illud in perpetuum posui. llane itaque donacionem feci in domo mea, in manu domini Bernardi venerabilis episcopi Nannetensis, in presencia domni Adam ejusdem loci abbatis. Hujus rei testes sunt : Robertus Nannetensis ecelesiae archidiaconus, Isaurus decanus, Thomas comitis capellanus, Danihel de Ponte, Evanus Gelduini, Engressus, Morinus Propinator, Gestinus Maleth, Guarinus Halegonis, Petrus Pinardi, Robertus Anglicus, et alii multi. Actum publiée) anno Incarnacionis Dominice, M.C.L.IÎI (XI Kal. Junii, indictione IIIe epacta XV, concurrente V, Ludovico Ludovici filio régnante, domino Adriano IV summum pontifiealum obtinente». Ci dessous les reste de l'abbaye de Buzay.

 

 

 En 1996, Katharine Keats-Rohan, a suggéré que si Conan III avait évincé du trône son fils légitime Hoël, c'était dans le simple but d'unifier la Bretagne en donnant le siège ducal à Berthe, celle-ci ayant épousé son cousin Alain le Noir, celui dont le père le Comte Etienne de Penthièvre avait hérité de deux des provinces de Bretagne (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 2). Sa soeur Berthe devenue veuve, celle ci se remaria avec à Eudon de Porhoët (voir Extrait de la généalogie de la maison de Rohan par Dom Morice), et c'est alors qu'une lutte entre les deux beaux frères eut lieu de l'an 1148 à 1154. Hoël aurait alors conservé le comté Nantais, d'où il devait être chassé pour s'être allié à Geoffroy VI Plantagenêt, duc d'Anjou, frère cadet de Henri II en 1156. Selon cette même auteur, le dit Hoël aurait été accusé par saint Bernard de Clairvaux d'avoir eut une liaison incestueuse avec sa soeur Berthe. Peu de temps après son exil de Nantes, Hoel de Nantes se réfugia alors en l'abbaye cistercienne de Melleray, où il devait mourir peu après en l'an 1156. D'une union illégime, Hoël laissait une fille qui rentra dans les Ordres en 1149

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:31

En enez Eusa, ur plac'hig
Yaouank, fur, koant 'vel un aelig, 
He hano oa Kaourintinik. 

Siwazh ! ne oa ket pemzeck vloaz,
Ar plac'hig a zouge he c'hroaz.

E-c'harz ar mor, war ur garrek, 
Kaourintinik wele dourek. 

A greiz he c'halon, he fedenn 
A zavas d'ann eñv evel-hen : 

O stourm oc'h listri ar Zaozon, 
Ma zad zo beuzet er mor don. 

Kalon ma mamm baour a rannaz, 
Gant ar c'helou-ze, pa glevas.

Me n'em euz den, allaz ! Bremañ :
Petra rin-me war ar bed-mañ ?

Me n'am eus mui war an douar 
Na tad, na mamm, na kar, na par ;
Ma bukez vo kañv ha glac'har. 

Ar paour en eñv deus un tad, 
Hag e Rumengol ur vamm vad 


 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:21

 

 

La louable attention que mettait le duc Conan III à corriger les abus ne rendait pas son intérieur plus heureux : depuis longtemps la douce confiance en était bannie. La duchesse Mathilde, traitée par lui comme une étrangère, ne l'accompagnait presque jamais en public, non plus que Hoël, son fils et son successeur présumé. Dans les assemblées solennelles, c'étaient Ermengarde, sa mère, et Berthe l'aînée de ses deux filles, qui prenaient place à ses côtés; et il ne paraît pas que sa cour l'ait taxé d'injustice, ni que Mathilde en ait été plainte, comme on l'eût fait d'une épouse innocente. Conan ne se contenta pas de ce témoignage de froideur; il nourrissait secrètement un projet de vengeance, dont il commença l'exécution en mariant la princesse Berthe, sa fille, à Alain le Noir, comte de Richemont. Ce jeune guerrier, déjà célèbre, était le second fils du comte Étienne de Penthièvre ; et, dans le dessein où était, le duc de le faire son héritier au préjudice d'Hoël, il l'avait choisi comme étant le plus capable de faire valoir ce choix. La mort prématurée du comte de Richemont vint déranger le plan, mais non changer la volonté du duc. Le fils de Berthe, nommé Conan comme son .grand-père, d'une constitution faible, n'offrant pas une garantie suffisante, le duc prit le parti de remarier la jeune veuve à Eudon, fils du vicomte de Rennes et de Porhoët. Conan survécut peu à ces secondes noces. Il déclara, sur son lit de mort, que le prince Hoël n'était pas son fils, et qu'il n'avait aucun droit à sa succession. Ermengarde était morte elle-même quelque temps auparavant. Les suites de l'imprudente déclaration de Conan III étaient faciles à prévoir, et ne tardèrent point à mettre en rumeur toute la Bretagne. Deux partis se formèrent d'abord : l'un se déclara en faveur d'Hoël, le prince déshérité ; l'autre reconnut pour son chef le comte Eudon, second époux de Berthe, fille de Conan. Les deux compétiteurs n'avaient point un mérite égal. Hoël, qu'il fut ou non l'héritier légitime, se montra bientôt incapable de soutenir ses prétentions. Sa nullité fut telle, que ses plus chauds partisans s'en dégoûtèrent ; et lui-même, se rendant justice, se retira volontairement du théâtre de la politique pour rentrer dans la vie privée; mais la place qu'il abandonnait ne tarda pas à être remplie de nouveau, et la guerre recommença avec plus d'acharnement que jamais.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:26

 

Ermengarde d'Anjou, fille de Foulques Réchin, comte d'Anjou, et d'Hildegarde de Baugenci, naquit à Angers entre 1075 et 1080. En 1093, elle épousa Alain Fergent, duc de Bretagne, veuf depuis 1090 de Constance, fille de Guillaume le Conquérant Alain Fergent, trois ou quatre ans après son second mariage, s'engagea dans la croisade prêchée par Urbain II, et prit part à la conquête de Jérusalem. Il avait deux fils d'Ermengarde Conan, surnommé le Gros, et Geoffroi. Pendant l'absence du duc, qui fut longue, Ermengarde fut chargée du gouvernement de la Bretagne et de l'éducation de ses enfants. L'histoire nous dit que la Bretagne fut tranquille sous l'administration de la sage princesse, et qu'elle fut constamment attentive à inspirer à ses fils la piété dont elle était elle-même animée. Ayant construit sur une des tours de Rennes, une église à la sainte Vierge, et sollicitée par l'évêque Marbode d'assurer des fonds suffisants pour l'entretien du prêtre qui serait appelé à desservir cet oratoire, elle pensa qu'elle devait accoutumer de bonne heure ses jeunes fils à honorer l'Église et le culte saint; elle voulut que ce fût son fils aîné, quoiqu'il n'eût que six ans, qui dotât lui-même l'église de la sainte Vierge, et le jeune enfant se porta à tous les mouvements que lui inspira sa pieuse mère. Ce fut à la prière d'Ermengarde, qu'Alain Fergent, à son retour, en 1101, confirma les religieux de Marmoutiers dans toutes les possessions qu'ils avaient dans le diocèse de Nantes. En 1104., le duc et la duchesse allèrent dans cette dernière ville tenir leur cour. Au mois de janvier de l'année suivante, il y eut en leur présence une assemblée solennelle de prélats parmi lesquels figuraient Marbode de Rennes, Guillaume abbé de Saint-Florent de la maison de Dol, Lambert, abbé de Saint-Nicolas d'Angers, et Foucher, abbé de Beaulieu, prés Loches. Le but de cette réunion était encore la confirmation des religieux de Marmoutiers dans quelques possessions pieuses. Dans le même temps, le jeune Conan tomba malade, et fut réduit en quelques jours à la dernière extrémité. La duchesse, élevée à Angers, où elle avait puisé dès l'enfance une confiante dévotion envers saint Nicolas, en l'honneur de qui Foulques Nerra, grand oncle d'Ermengarde, avait fondé, en 1020, la célèbre abbaye angevine de ce nom, voua son fils au saint évêque, et en obtint la guérison. Aussitôt que Conan fut en état de marcher, Ermengarde l'amena à Saint-Nicolas d'Angers, acquitter son voeu, et le fit accompagner par son autre fils, Geoffroi, et par le baron Robert de Vitré. Les princes se présentèrent à l'autel pour rendre grâces à Dieu, par l'intermédiaire du saint évêque de Myre. Conan, Geoffroi, son père et Robert de Vitré coupèrent une partie de leurs cheveux, les laissèrent sur l'autel en signe d'hommage lige, et la duchesse fit don à l'abbaye de la meilleure des trois écluses qu'elle possédait sur la Loire. La joie qu'éprouva Ermengarde à la guérison de son fils, fut bientôt interrompue par la mort funeste de son propre frère, Geoffroi Martel, prince doué de toutes les vertus chrétiennes, civiles et militaires. Ce prince, le deuxième de son nom qui apparaisse dans notre histoire d'Anjou, venait de prendre le gouvernement de la province, et sa bravoure, tempérée par les plus nobles qualités de l'esprit et du coeur, promettait de faire oublier le règne violent de Réchin. L'Anjou était infesté de voleurs et de pillards; un grand nombre de barons étaient de petits tyrans qui ne reconnaissaient plus de maître, et dont le chef était le seign eur de Montrevault et de Candé. Geoffroi voulut assainir son pays du fléau qui l'opprimait, et pour commencer, il s'efforça de faire rentrer dans le devoir les vassaux et les grands. Il fallut en venir aux armes pour réduire à l'obéissance les nobles guerroyeurs. C'est alors que Geoffroy Martel, assisté du duc de Bretagne et de Robert de Bellême, vint assiéger Candé, au mois de mai de 1106. Il flèche empoisonnée. Le jeune comte eut le bras percé, et mourut le jour suivant, dans la troisième année d'une dignité que, pour le bonheur de ses peuples, il eût dû posséder plus longtemps. Ermengarde était à Rennes en 1108 avec le duc Alain Fergent; il s'y tint en leur présence, le 10 mai, une assemblée d'évêques et de prélats où l'on voyait Marbode, évêque de Rennes, Baudri, évêque de Dol, Renaud de Martigné-Briand, évêque d'Angers, Gautier, abbé de Saint-Serge, Guillaume, abbé de Saint-Florent, et Foulques, abbé de Beaulieu. Dans cette réunion, Marbode, du consentement de son chapitre, confirma à l'abbé de Saint-Serge la présentation de plusieurs églises du diocèse de Rennes. Quelque temps après, le duc et la duchesse marièrent leur fils aîné à Mahaut, l'une des filles naturelles du roi d'Angleterre. Ce fut l'une des dernières actions d'Alain Fergent comme duc de Bretagne car l'an 1112, se sentant atteint d'une dangereuse maladie, il résolut de quitter le monde, et de se renfermer à l'abbaye de Redon, pour le reste de ses jours. Conan prit le gouvernement de la Bretagne, et Ermengarde, imitant l'exemple de son époux, se retira à Fontevrault, sous la direction de Robert d'Arbrissel. Elle est qualifiée religieuse dans le nécrologe de cette abbaye; cependant, il ne paraît pas qu'elle y ait jamais fait de voeux solennels, car, à la mort du bienheureux Robert, rappelée en Bretagne pour pourvoir aux nécessités de l'État elle quitta le cloître et revint au duché. Cette conduite lui valut les blâmes du célèbre Geoffroi de Vendôme; mais la présence d'Ermengarde était nécessaire en Bretagne, et loin de lui reprocher son retour dans le monde, l'histoire l'a béni, puisqu'il eut pour résultat le rétablissement de la paix troublée dans ce pays. Ermengarde n'avait pu être fille de Robert d'Arbrissel, sous le cloître. de Fontevrault, sans avoir été prévenue d'estime pour Raoul de la Futaie, l'un des plus illustres compagnons du saint fondateur. Raoul venait d'établir dans la forêt de Rennes un monastère de femmes dirigé par une petite communauté de prêtres, à peu près dans le même esprit et sur le modèle de Fontevrault. Ce monastère, devenu l'abbaye de Saint-Sulpice, reçut les bienfaits d'Ermengarde et de son fils le duc Conan, et fut dans la suite une des maisons les plus célèbres de la Bretagne. Un ou deux ans après, l'église de Redon, où Alain Fergent s'était sanctifié par la retraite et la pénitence, fut profanée par le seigneur de Pont-Château et quelques autres révoltés de son parti, qui y tinrent le siège contre Conan leur souverain. Ils furent pris, mais le lieu demeura un objet d'horreur, au lieu d'un objet de vénération qu'il était auparavant. Le duc envoya, l'an1126, l'abbé de Redon et l'abbé de Saint-Melaine au pape, pour implorer le secours des armes spirituelles contre les rebelles, et le pape ordonna à son légat en France, à l'archevêque de Tours et aux évêques de Bretagne, d'employer toute la sévérité épiscopale pour faire rendre à l'église tout ce qui lui était dû.

 

 

Il permit aussi à l'abbé de Redon d'appeler qui bon lui semblerait pour réconcilier son église. La cérémonie s'en fit le 22 octobre de l'an 1127 par Hildebert, archevêque de Tours, assisté de Hamelin, évêque de Rennes, de Donoal, évêque d'Aleth, de Lalo, évêque de Léon, et de Robert, évêque de Quimper. Le duc était présent avec sa mère Ermengarde. Après la cérémonie, l'archevêque se transporta à Nantes, pour y tenir son concile provincial, et remédier, par les ordres du pape, à plusieurs abus qui s'étaient insensiblement introduits en Bretagne, et qui, autorisés par l'usage, passaient enfin pour des lois. Il y en avait un qui intéressait extrêmement le duc, c'était le droit de bris ou de lagan droit cruel qui livre à la rapacité des hommes ce que la mer impitoyable n'a pas encore ôté aux malheureux dont elle a brisé les vaisseaux. Le duc eut besoin, dans cette rencontre, des remontrances et des fortes sollicitations d'une mère aussi chrétienne et aussi charitable que l'était la sienne, pour renoncer à un droit que l'usage et la possession, favorables en cela à la rudesse de son caractère, lui faisaient regarder comme un apanage de sa souveraineté. Il y renonça cependant, et pria même les évêques de vouloir prononcer l'anathème contre ceux qui voudraient en user dans la suite. Le duc et sa mère eurent encore à Nantes, l'an 1128, un autre concile tenu par le légat du Saint-Siège. Le concile fini, le légat se retira, et les évêques, qui étaient restés, assistèrent, le 15 mars, à la restitution qui fut faite, en présence du duc et d'Ermengarde, à l'abbaye du Roncerai d'Angers de l'église de Saint-Cyr, qui lui avait été autrefois donnée par le comte Budic, et depuis usurpée par des prêtres mariés qui en avaient fait leur héritage. L'année suivante, le duc entreprit plusieurs voyages de dévotion, et, accompagné d'Ermengarde, sa mère, il commença par l'abbaye de Fontevrault, à laquelle il fit une donation considérable en faveur de Mathilde d'Anjou, sa cousine, jeune princesse qui s'était trouvée veuve à l'âge de treize ans, et qui depuis ce temps-là n'avait plus voulu que Dieu pour époux La duchesse Ermengarde ne suivit pas le duc son fils dans tous ses autres voyages. Elle reçut le voile de religion de saint Bernard, abbé de Clairvaux, et se consacra à Dieu sous les lois du nouvel institut des Cisterciens. C'était la situation où elle se trouvait, lorsque le duc, son fils, l'alla voir au prieuré de Larré, auprès de Dijon, et lui donna l'île de Caberon qui est au-dessous de Nantes, qui fut depuis une des propriétés les plus considérables dont fut composée la fondation de Buzai. Foulques d'Anjou, frère aîné d'Ermengarde, étant devenu dans le même temps, c'est-à-dire vers l'an 1130, roi de Jérusalem, invita sa soeur avec tant d'instance à venir dans la Palestine, qu'elle ne put refuser de faire le voyage. Elle s'établit à Sichem, et commença à bâtir sur le puits de Jacob une église qui devait porter le nom du Sauveur. Mais avant que cet édifice fût entièrement achevé, elle se vit obligée d'abandonner un lieu trop exposé aux ravages des ennemis et s'en revint en Bretagne, où elle était le 28 juin 1135, lorsque le duc, son fils, à sa prière, fit la première fondation de l'abbaye de Buzai, en donnant aux religieux de Clairvaux l'île de Caberon, dont il investit à Nantes Nivard, frère du saint abbé de Clairvaux. La duchesse était encore à Nantes le 5 novembre de la même année, et ne contribua peut-être pas peu à porter son fils à rendre à l'évêque de Nantes plusieurs églises dont, il avait disposé d'une manière dont l'évêque avait cru devoir se plaindre au pape. Dans l'acte passé à Nantes le 28 juin, il est parlé de la comtesse Mahaud, épouse de Conan. C'est la seule fois qu'il soit question d'elle depuis son mariage, excepté à la donation faite à Saint-Sulpice. Le duc avait de très-violents soupçons de sa conduite, et de deux enfants qu'elle avait eus, Berthe et Hoel, le duc ne reconnaissait que Berthe, et regardait Hoel comme bâtard. Cependant ses ressentiments n'éclatèrent dans le public qu'après la mort d'Ermengarde, et l'on ne peut attribuer qu'aux conseils d'une mère si vertueuse la violence que se fit Conan pour conserver quelques ménagements et quelque apparence d'union avec une femme par laquelle il se croyait déshonoré. Ce fut apparemment pendant le temps qu'Ermengarde était retirée au prieuré de Larré, avant son voyage de Palestine, que saint Bernard, son père spirituel, lui écrivit quelques lettres, où il exprime des sentiments si tendres pour elle, mais de cette tendresse que forme la charité, et où les sens n'ont point de part. Saint Bernard ne désapprouva peut-être pas le voyage d'Ermengarde en Palestine, parce qu'il y a de l'apparence que si elle eût pu former un établissement solide à Sichem, elle y aurait fait fleurir l'institut de Citeaux. Aussitôt après son retour, elle procura en Bretagne ce qu'elle n'avait pu faire en Syrie; elle établit des enfants de saint Bernard à Buzai, leur fit du bien, et porta son fils à leur en faire. Mais il était arrivé, bientôt après, que le duc, ayant eu la guerre à soutenir contre ses barons, fut contraint d'ôter à Nivard et aux autres religieux de Buzai une partie des propriétés qu'il leur avait données. Saint Bernard vint en Bretagne visiter ses religieux vers l'an 1144, et trouvant le lieu pauvre et incommode, il en eut une douleur sensible, reprocha au duc un peu vivement le peu de sûreté qu'il y avait à se fier à ses promesses, et commanda à l'abbé et aux autres religieux de Buzai de s'en retourner à Clairvaux. Ermengarde et le duc, son fils, affligés de cette résolution, empêchèrent les religieux de s'en aller, calmèrent le saint abbé, et, par une fondation plus ample que la première, assurèrent à l'abbaye de Buzai une subsistance commode; et, en effet, c'était la plus riche abbaye de Bretagne. Le duc voulut que la postérité fût instruite que c'était à la prière de sa chère mère Ermengarde, .qu'il avait fait cette seconde fondation, et qu'il avait augmenté si considérablement la première. Cet acte eut lieu en présence de Rotaud, évéque de Vannes, d'Alain, évêque de Rennes, de Jean, évêque de Saint-Malo, d'Itérius, évêque de Nantes, et de Pierre, que saint Bernard avait établi abbé de Buzai à la place de Nivard que l'on avait jugé plus nécessaire ailleurs. Trois ou quatre ans auparavant, le duc avait de même, à la prière d'Ermengarde, augmenté la fondation de la chapelle qu'elle avait bâtie sur une des tours de la ville de Rennes, et qu'il avait dotée à l'âge de six ans; et à la prière de la même princesse, il avait donné ce bénéfice aux chanoines réguliers de l'abbaye de la Roë, en Anjou. Depuis la seconde fondation de Buzai, l'on ne parle plus d'Ermengarde. On dit à Redon qu'elle s'y retira sur la fin de sa vie, avec des personnes de son sexe qui avaient renoncé au monde, que l'on appelait béguines, et qu'elle fut enterrée dans l'abbaye comme Alain Fergent, son époux. Son corps a été conservé dans cette abbaye jusqu'à la Révolution; mais elle n'y recevait aucun culte. Sa mort arriva le premier jour de juin de l'an 1147. Elle avait eu trois enfants d'Alain Fergent Conan III, surnommé le Gros, qui fut duc de Bretagne après son père; Geoffroi le Roux, qui mourut à Jérusalem, l'an 1116 ; et Havoise ou Agnès qui fut mariée à Beaudouin, pour cause de parenté, par le pape Pascal II, quoique cette parenté ne fût qu'au sixième degré de consanguinité, selon Yves de Chartres. Le P. Albert le Grand place Ermengarde le 25 septembre mais on ne sait pourquoi, si ce n'est en suivant le ménologe de Cîteaux car elle mourut le 1er juin, comme nous l'apprenons des nécrologes de Fontevrault et de Saint-Maurice d'Angers. Ni l'un ni l'autre ne lui donne la qualité de Bienheureuse dont l'a honorée le P. Albert le Grand mais sa mémoire est restée vénérée, et tous les hagiographes bretons lui ont consacré une notice biographique.

 

 

D'après notes laissées par M. Gustave Couchot.

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:03

Etat de l’Église en Bretagne aux XIe et XIIe siècles.

 

 


 

La société religieuse avait eu à souffrir, autant que la société civile, des invasions normandes ; les temples, les monastères avaient été ruinés et la succession épiscopale interrompue. Alain Barbe-Torte et ses successeurs se préoccupèrent de rétablir les abbayes et l'organisation ecclésiastique du pays : une charte de Conan le Tort, datée de 990, montre les neuf évêchés déjà restaurés à cette époque ; quant aux abbayes, celle de Landévennec fut relevée vers 910 par Alain Barbe-Torte lui même (voir L'abbaye de Landevennec, page n° 1), celle de Redon le fut par Conan le Tort (voir Histoire de Saint Conwoion et de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, page n 1), celles de Saint-Gildas de Ruis, de Saint-Jacut (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1), de Gaël ou Saint-Méen (voir histoire de l'abbaye de Saint Meen, page n° 1), et plusieurs autres (voir l'abbaye de Bon Repos à Saint Gelven - L'abbaye de Beauport - l'abbaye de Boquen en Plénée Jugon - Ancienne abbaye de Beaulieu en Languédias  - L'abbatiale de Saint-Méen en images), par Geoffroi Ier et Alain III ; celle de Saint-Melaine de Rennes par Conan II. Cette dernière avait toujours gardé un abbé titulaire, qui en touchait les revenus, mais elle n'avait plus de moines, et le duc, en 1036 confia la restauration à un religieux de Saint Florent de Saumur, Breton d'origine, nommé Even. Du reste, pour relever la discipline ecclésiastique, il était indispensable de restaurer les monastères : il y avait, en effet, à cette époque, de graves désordres dans le clergé séculier ; les évêchés et les paroisses possédaient des domaines temporels et avaient été, comme tels, féodalisés ; les évêchés relevaient du comte, les paroisses du seigneur, et ceux ci, s'arrogeant le droit de nomination aux fonctions ecclésiastiques, en investissaient souvent des guerriers qui n'étaient pas clercs ou qui étaient des clercs fort peu recommandâmes. Il en résulta de regrettables écarts : des prêtres, quelques évêques même se marièrent, et l'on vit des femmes se qualifier de prêtresses, sucerdotissae. L'évêque de Quimper, Orscaitd, obtint d Alain Canhiart, son frère, la permission d'épouser la fille du sire de Crozon, moyennant l'abandon d'une des terres du chapitre ; cette femme, fière et hautaine, refusa un jour de saluer dans la cathédrale la comtesse de Cornouaille, et l'évêque, pour apaiser le courroux du comte, dut lui céder encore un autre domaine capitulaire. Le siège de Rennes compta, au XIe siècle, trois générations d'évêques qui se succédèrent de père en fils. Enfin, l'évêque de Dol, Juthaél (1010-1076), se maria solennellement dans sa cathédrale et dota ses filles avec le domaine temporel de l'évêché. -Ces désordres furent réprimés par le pape Grégoire VII, Juthaël, déposé par lui malgré la protection de Guillaume le Conquérant, fut remplace par Even, le restaurateur de l'abbaye de Saint-Melaine, et depuis lors le siège de Dol a toujours été dignement occupé. Au milieu de ces abus, le clergé régulier avait su conserver intactes ses traditions de science, de discipline et de vertu; aussi vit-on partout les papes, les évêques et les princes favoriser le rétablissement et la fondation des abbayes et confier aux moines l'administration des paroisses; c'est ainsi que furent fondées, au XIe siècle, les abbayes de Saint-Gildas-des-Bois, de Quimperlé, de la Chaume, de Saint-Georges de Rennes, etc. La réforme cistercienne donna une nouvelle impulsion à ce mouvement; la duchesse Ermengarde y contribua puissamment de son côté, si bien que le XIIe siècle vit créer treize abbayes cisterciennes, cinq abbayes bénédictines et neuf de l'ordre de Saint-Augustin : sur quarante et quelques abbayes bretonnes, vingt-sept furent fondées au XIIe siècle. Outre les abbayes bretonnes, l'action des institutions et des vertus monastiques se manifesta en Bretagne par l'établissement de prieurés dépendant des grandes abbayes étrangères, et principalement dé Saint-Florent de Saumur et de Marmoutier, près Tours ; ces prieurés, formés de moines le plus souvent Bretons d'origine, exerçaient autour d'eux une influence salutaire non seulement sur les moeurs, mais encore sur les lettres, sur l'architecture, l'agriculture, etc.; aussi la plupart des seigneurs voulurent-ils en fonder dans leurs fiefs. Le territoire des paroisses de Dingé et Lanrigan, par exemple, était en grande partie occupé par une forêt appartenant au sire de Combour et située sur remplacement dit aujourd'hui Lande-Huan ; le sire de Combour en avait fait don à l'un de ses vassaux, mais le nouveau possesseur ne put parvenir à la défricher et appela à son aide les moines de Saint-Florent sous Dol ; ceux-ci, moyennant l'abandon d'une partie du terrain, mirent tout le pays en culture, et réussirent si bien qu'ils excitèrent les convoitises de leurs voisins ; le sire de Tinténiac, Guillaume l'Ismaélite, s'en empara par la force (1085) et ne le restitua que sur l'intervention du duc. Pendant que les grandes abbayes françaises hâtaient, par la féconde influence de leurs prieurés, le relèvement de la Bretagne, celle-ci donnait à la France deux hommes d'un génie supérieur, Robert d'Arbrissel et Pierre Abailard. Le premier, né près de la Guerche, soulevait les populations par I'ardeur de son zèle et sa brûlante éloquente, et fondait les abbayes de Fontevraud et de Ni-Oiseau en Anjou, de Tyron au Perche, de la Roë, d'Estival et de Savigni au Maine, de Cadouin eu Périgord, d'Orsau en Berri, etc. Le second charmait les clercs et les lettrés par l'élégance de sa parole et la profondeur de son enseignement philosophique, et attirait à ses leçons des milliers de disciples enthousiasmés. Ainsi, dans cette grande époque du XIIe siècle deux Bretons ont dominé la France, l'un au nom de la foi, l'autre au nom de la science, et tous deux par une éloquence incomparable.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article