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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:57

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 08:58

Le couvent des Cordeliers et ses vestiges

 

 

Ce fut au XIIIe siècle, à coup sûr avant 1253, que les Cordeliers s'implantèrent à Nantes. Leur choix porta sur une modeste chapelle, élevée, croit-on, sous le vocable de Saint-Michel, vers 1232, par l'évêque Henri Ier. Elle s'appuyait contre la face externe du mur gallo-romain, que rendait inutile à cet endroit l'enceinte nouvelle de Pierre Mauclerc. Les Cordeliers commencèrent à construire là leurs bâtiments conventuels, sur un terrain offert par la famille de Rieux ou les ducs de Bretagne.

 

 

Un privilège de Clément IV (1265-1268) permettait aux Franciscains de ne tolérer le voisinage d'aucun autre ordre mendiant à une distance n'atteignant pas 140 cannes, soit environ 311 mètres. Les Carmes, installés en 1318 a l'hôtel de Rochefort, place Saint-Vincent, avaient cru trouver un nouveau gîte suffisamment lointain en l'hôtel de Rougé (entre les rues actuelles du Moulin et des Carmes). Ce fut encore trop près pour éviter les réclamations. Sur quoi les Carmes firent venir de Rome des cannes munies des sceaux apostoliques et mesurèrent la distance « à droicte ligne par l'air, au-dessus des maisons », on se demande comment. L'épreuve leur donna gain de cause, mais d'extrême justesse. Une autre expérience eut donc lieu : des Cordeliers a la voix puissante vinrent chanter l'office aux Carmes, et on tendit l'oreille, près du mur gallo-romain, pour se rendre compte si les cérémonies souffraient du tapage. Il n 'en était rien, ce qui termina Ces Cordeliers si intransigeants sur leurs droits se montrèrent, par ailleurs, pleins d'obligeance envers les collectivités et services publics de Nantes. Ils offraient un lieu de réunions et une salle d'archives à une vingtaine de corporations (cordonniers, boulangers, maçons, etc.), dont chacune avait sa confrérie et sa chapelle.

 

 

Ici les armoiries de quelques corporations présentes en la cité de Nantes : de gauche à droite, première rangée - apothicaires ; barbiers ; tissiers ; cordonniers ; bonnetiers ; menuisiers ; bouchers ; blanconniers.

 

 

Deuxième rangée, de gauche à droite : chapeliers ; charpentiers ; cloutiers ; couteliers ; couvreurs d'ardoises ; libraires-imprimeurs ; marchands de draps de soie. 

 

 

Troisième rangée, de gauche à droite : vitriers ; potiers ; tonneliers ; pelletiers ; corroyeurs ; serruriers ;  cordiers ; teinturiers.

 

 

Quatrième rangée, de gauche à droite : perruquiers ; potiers ; marchands potier et étain & plombiers ;  sergents de juridiction ; tâpissiers ; selliers ; médecins ; procureurs chambre des comptes.

 

 

La Contractacion, cette association entre commerçants nantais et espagnols (surtout bilbaïnais), assistait en habit noir et gants blancs aux offices célébrés en la chapelle N.-D. d'Espagne, où elle s'assembla pour la dernière fois le 26 janvier 1733. Il faut citer encore chapitres généraux et provinciaux de l'ordre, les assemblées générales de l'université dans une salle portant son nom, les cours de la faculté de théologie depuis 1700 environ, le Conseil de Bretagne en 1538, le parlement ligueur, les Etats, la chambre de Justice qui condamna Chalais à mort en 1626, la chambre des comptes de 1500 à 1535 et de 1760 à 1782. La se réunirent les notables avant l'institution de la Mairie, et là fut élu le premier maire, Geoffroy Drouet, en 1564. On n'exagérerait pas en affirmant qu'une importante partie de l'histoire nantaise s'est déroulée entre ces murs. Fermé le 18 avril 1791, le couvent connut dès lors maintes vicissitudes. Après avoir abrité un club, l'âtelier du sculpteur Lamarie puis une fonderie de canons, il fut vendu.

 

 

Les Dames Blanches l'acquirent en 1811 et le cédèrent aux Dames de la Retraite. Après quoi les démolitions partielles sévirent en 1835, 1869, 1874 (l'église conventuelle fut alors désaffectée), et finalement en 1924. Depuis 1835, la rue des Cordeliers, percée sur l'emplacement de la petite nef du sud, sépare les vestiges en deux îlots, enclavés de part et d'autre dans les écoles Saint-Pierre et Saint-Vincent de Paul.entre les tours du Trépied et Chauvin. Quant au mur gallo- romain, il longeait ou traversait par endroits l'église. L'ensemble des bâtiments conventuels serait à peu près délimité, aujourd'hui, par les rues Saint-Jean (où se trouvait le portail), d'Aguesseau et du Refuge, ainsi que la place Dumoustier. La nef du XIIIe siècle fut au siècle suivant partiellement remaniée et doublée d'un bas-côté sud. Le XVe voit naître aménager, au sud, les chapelles ou de N.-D. de Pitié et d'Espagne, tandis qu 'au nord on ajoute la chapelle N.-D. des Anges, alias la chapelle au Duc. Le flanc sud, encore, s'accroît au xviB siècle des chapelles Saint-Martin et Saint-Roch d'Aranda (1510), de Compludo-Miranda (1549), Ruiz (1578), Sainte-Emerance, d'Espinose. Un dallage de couleur, des murs peints, des vitraux représentant les ducs ornent l'édifice, où se multiplient les tombeaux. Citons ceux de Joachim Descartes, père du philosophe, de Robert de Bretagne, fils de Jean Pr le Roux et de Blanche de Navarre, de Jean de Bretagne, fils de Jean II et de Béatrix d'Angleterre, de deux Charette, l'un et l'autre maires de Nantes, de René de Rieux seigneur de Sourdéac, au magnifique mausolée, de Blanche de Boville femme d'Olivier de Clisson, du comte de Chalais, et bien d'autres encore, également disparus. Du côté nord s'élevait le cloître, flanqué à l'est par la grande salle dite de l'Université. Pour retrouver les restes de l'Eglise, prenons la rue des Cordeliers. Dans le mur de gauche se devinent les arcades qui séparaient la petite nef de la grande. Celle-ci n'est autre, désormais, qu'une des cours de l'école Saint-Pierre. Les deux grands murs sont toujours visibles, percés d'arcades et d'enfeux aujourd'hui murés. Au sud apparaissent des piliers polygonaux surmontés d'arcs trilobés. Au nord subsiste une chapelle carrée, sans doute celle dite d'Espinose. Sous la croisée d'ogives retombe une clef pendante ornée de volutes. Le mur nord est accolé au rempart gallo-romain dont les triples cordons de briques se montrent toujours. De l'autre côté de la rue des Cordeliers, à l'école des Soeurs de Saint-Vincent de Paul, on peut encore voir, recoupées par étages mais soigneusement restaurées, les chapelles de Ruiz, de Saint-Martin et de Saint-Roch d'Aranda et de Compludo-Miranda. La première conserve ses voûtes d'ogives, presque en plein cintre, et son oeil-de-boeuf entouré de godrons. Dans la seconde, il ne subsiste d'autres vestiges que deux niches et un arc encastré dans le mur. L'escalier qui occupe aujourd'hu la chapelle d'Aranda, n'a pas fait disparaître la voûte d'ogives, ni la clef de voûte ajourée, aux armes des Aranda, armes qui se retrouvent sur les murs

 

 

Plan de l'Eglise des Cordeliers de Nantes.

 

 

Tombeau des « ancestres de la maison des Seigneurs de Rieux » au milieu du Choeur de l'Eglise des Cordeliers de Nantes : Guillaume II de Rieux, décédé en 1310, et Jeanne de Machecoul décédée en 1307.

 

 

Tombeau « a costé du grand Autel » de l'Eglise des Cordeliers de Nantes -dessin Louis Bourdan

 

 

 

Tombeau « a droite du grand Autel » dans le sanctuaire de l'Eglise des Cordeliers de Nantes -dessin Louis Bourdan : Blanche de Bouville 1300-1329, première femme d'Olivier IV de Clisson.

 

 

Comme on le voit, en l'église de ce couvent furent inhumées nombre de personnalités, ce fut le cas de Jeanne de France, duchesse de Bretagne, épouse du duc Jean V, décédéé en 1433 ; Robert de Bretagne 1251-1259, fils du duc Jean Ier de Bretagne et de Blanche de Navarre. Ci-dessous.

 

 

 

 

 

Marie de Bretagne, femme de Jean II du nom, vicomte de Rohan.

 

 

Tombeau de Pierre d'Aubigné, à droite du grand Autel dans le Sanctuaire de l'Eglise des Cordeliers de Nantes : (dessin de Louis Boudan). Autre vue du tombeau

 

 

Vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une dame agenouillée : Marie de Bretagne, femme de Jean II vicomte de Rohan ; vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représenté un chevalier agenouillé : Jean II du nom, vicomte de Rohan

 

 

Vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une princesse couronnée et portant une cotte partie aux armes de Bretagne et d'Ecosse : Isabelle Stuart, seconde femme de François Ier du nom, duc de Bretagne, vis à vis de son mary : à gauche du choeur de l'église, sur le vitrail des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée un prince à genoux : Fançois Ier du nom, duc de Bretagne. Il est revêtu du collier de l'Ordre de l'Espy, dont il est l'instigateur, mort en 1450

 


Vitrail du Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une duchesse couronnée : Marguerite de Bretagne, première femme de François II du nom, duc de Bretagne, ainsi représentée vis à vis de son mary ; le vitrail des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée duc couronné : Fançois II du nom, duc de Bretagne ainsy représenté.

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 05:32

 

E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet

'Barzh ar park vras hon eus kousket
Ur verol bras am eus paket

D'an ospital on bet kaset
War an daol vras on bet lakaet

Ha ma l... bras 'zo bet troc'het
Dre ar prenestr eo bet kaset

Ur meil ki-bleiz 'zo tremenet
Ha ma l... bras e-neus debret

Ha ma l... bras e-neus debret
Hag ar c'hi-bleiz a zo marvet

E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet


 

 

 

Au pardon de Spezet, j'avais été 

Une jeune fille, j'avais trouvé

 

Dans un grand champ, nous avons couché

La grande vérole, j'ai attrapé

 

A l'hôpital, j'ai été envoyé

Sur une grande table, j'ai été placé

 

Et ma grande qu... a été coupée

Par la fenêtre, a été jetée

 

Un énorme chien-loup est passé

Et ma grande qu... il a mangé

 

Et ma grande qu... , il a mangé

Et le chien-loup est mort

 

Au pardon de Spezet, j'avais été

Une jeune fille, j'avais trouvé

 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 16:27

 

 

Les événements que je vais rassembler sont étrangers à l'histoire de la Belgique; mais en sortant pour un moment du cercle prescrit à nos recherches historiques, j'ai compté sur l'indulgence de l'académie. Ces provinces n'ont point été le théâtre des faits dont je l'entretiendrai ; mais elles ont vu naître celle qui en fut l'âme, qui sut les préparer et les conduire avec une prudence et un courage que l'histoire a rarement eu l'occasion de célébrer dans un sexe que la nature semble avoir formé pour régner sur les cœurs, plutôt que pour combattre les hommes. A ce titre, sans doute, les actions qui ont illustré la vie de Jeanne de Flandre , comtesse de Montfort, ont droit de nous intéresser. Aucun des écrivains belgiques n'a encore payé à sa mémoire le tribut de reconnaissance qu'elle avait droit d'attendre de la postérité. Quelques-uns nous ont à peine avertis de son existence ; d'autres, au milieu du cercle immense qu'embrassent leurs annales, ont à peine arrêté leurs regards sur sa vie, agitée presque toute entière par une tutelle orageuse. D'ailleurs ces traits, épars dans de prolixes recueils, ne forment qu'un tableau morcelé dans toutes ses parties, et qui ne satisfait que faiblement le lecteur sur les brillantes qualités de cette héroïne : C'est à rassembler ces traits divers que je destine cet écrit; et peut-être me saura-t-on gré d'avoir, en quelque sorte, tiré des ténèbres une princesse flamande qui fut la Sémiramis du quatorzième siècle, et qui mérita, par ses vertus et par son courage, l'admiration de ses contemporains et celle de la postérité. L'annaliste Meyerus et le chronologiste Panckoucke donnent le nom de Marguerite, et Pierre d'Oudegherst celui d'Ysabeau à cette princesse, que Vredius, Ste Marthe, d'Argentré, Lobineau, Desfontaines, et tous les histo riens, tant français que bretons, appellent Jeanne de Flandre. Je ne fais ici cette observation, que pour relever une erreur involontairement échappée à quelques historiens flamands, et pour avertir ceux qui voudraient un jour s'occuper de l'histoire de Flandre , de restituer à la comtesse de Montfort son véritable nom. Une inadvertance onomastique peut, en histoire surtout, conduire à des erreurs. Elle sème d'épines la marche de l'écrivain; elle trompe et elle égare la mémoire du lecteur. Jeanne de Flandre avait reçu le jour de Louis, comte de Nevers et de Rhetel, fils de Robert de Béthune, comte de Flandre, et d'Yolende de Bourgogne. Louis de Nevers, que le droit de primogéniture destinait à régner sur la Flandre, avait cessé d'être peu de mois (1322) avant Robert son père. Je ne rappellerai point ici les débats qu'entraîna la mort de ces deux princes, et qui se terminèrent à l'avantage de Louis de Créci, malgré les prétentions de Robert de Cassel, son oncle. Je remarquerai seulement que peu d'années après que la possession de la Flandre fut assurée à Louis de Créci, Jeanne sa sœur s'allia avec un prince que les vicissitudes humaines appelèrent dans la suite au duché de Bretagne. Ce prince était fils d'Yolende de Dreux, comtesse de Montfort et seconde épouse de Arthur II, duc de Bretagne son père. Celui-ci avait eu pour successeur Jean III, né d'un premier hymen avec l'héritière du vicomte de Limoges. Jean III se voyant sans espoir d'avoir des enfants, et voulant prévenir les troubles que sa succession pourrait causer un jour, avait conclu avec Charles de Blois le mariage de sa nièce Jeanne de Penthièvre, fille de Gui de Penthièvre, mort depuis quelque temps, et comme lui ne' de Jean II et de la vicomtesse de Limoges. Le gage de cette union avait été la donation du duché de Bretagne. Les précautions du donateur n'empêchèrent pas cependant que sa mort n'attirât sur la Bretagne tous les maux qu'il avait voulu prévenir. Ce prince avait accompagné Philippe de Valois dans la Flandre, alors soulevée contre Louis de Créci, que l'appui d'Edouard III et le génie factieux de Jacques d'Artevelde avaient contraint d'abandonner ses états. Jeanne de Flandre, qu'affligeaient les malheurs de son frère, et qui, à cette époque, ne voyait dans Edouard qu'un ennemi puissant qui avait aidé d'Artevelde à ébranler le trône de Louis de Créci, ne s'attendait point sans doute qu'un jour ce même monarque deviendrait le défenseur le plus ardent du comte de Montfort son époux. En effet, Jean III revenant de Flandre à la faveur d'une trêve conclue entre Edouard et Philippe de Valois, tomba malade à Caen, et y mourut l'an 1341. Sa mort arma Charles de Blois et le comte de Montfort. Ils se virent bientôt l'un et l'autre à la tête d'un parti nombreux. Chacun d'eux fit valoir les droits qu'il croyait avoir au duché de Bretagne, et les soutint par tous les moyens que la politique et la force pouvaient lui fournir. Les événements qui signalèrent d'abord cette querelle sanglante ne sont pas du ressort de cette dissertation. Il suffit de dire qu'après des succès éclatants, le comte de Montfort, obligé de se rendre prisonnier, fut conduit à Paris par les ordres de Philippe de Valois, qui s'était déclaré pour Charles de Blois, et qu'il y fut enfermé dans la tour du Louvre. C'est à cette époque principalement que commence la vie politique et guerrière de Jeanne de Flandre. C'en était fait des espérances du comte de Montfort, quoi que le plus grand nombre des seigneurs de la province se fût déclaré pour lui, et sa captivité devait entraîner toute la Bretagne dans le parti de son concurrent, si Jeanne de Flandre n'avait opposé son courage aux malheurs dont la for tune semblait l'accabler. Ce que tout autre qu'elle eût à peine osé tenter, elle l'exécuta avec un succès qui peut-être surpassa son attente. Elle rassura les esprits abattus , et em pêcha la révolution en arrêtant, par sa prudence et sa fer meté, la défection des partisans de son mari. L'affection de la noblesse paraissait chancelante; elle eut assez d'autorité pour la retenir dans le devoir. Il était à craindre que les soldats, privés de leur chef accoutumé , ne désertassent leurs drapeaux ; elle se montra bientôt capable d'affronter avec eux les périls les plus grands. Elle doutait de la fidélité des bourgeois de plusieurs villes ; elle sut leur commander le respect et l'obéissance, et les maintenir dans ses intérêts. « Cette dame » dit d'Argentré, « avait bien le cœur tel, que jamais siècle n'en rencontra semblable en son sexe.» Pour déjouer les projets du comte de Blois, il fallait enchaîner les cœurs à sa cause, et Jeanne savait combien le peuple bre ton avait toujours chéri le sang de ses souverains. Ce que l'immortelle fondatrice de cette académie exécuta dans ce siècle avec tant de succès auprès de ses braves et fidèles Hongrois, la comtesse de Montfort le tenta avec le même succès auprès des Bretons. Lorsqu'elle apprit la nouvelle de la détention de son mari, elle était à Rennes avec son fils encore enfant et le gage précieux de leur hymen. Aussitôt elle prend le jeune prince, le mène avec elle dans toutes les places qui tenaient pour son mari, et le montrant au peuple : mes amis, disait-elle, j'espère que monseigneur sortira de là où il est, tost ou tard ; mais si Dieu nous défavorise tant qu'il y demeure, voicy son enfant légitime de son sang et nourry sous espérance, que par la grâce de Dieu, il sera un jour homme de bien et de valeur, et croissant rétablira la perte du père et mal gré ses ennemis, lesquels cette heure lui occupent la terre.

 

 

 

 

Cette princesse qui, pour me servir de l'expression de Froissard, avait courage d'homme et cœur de lion, et qui joignait à cela une grande habileté dans les négociations renforça en même temps les garnisons des villes, en fit réparer les endroits faibles, et fixa par ses libéralités la bonne volonté de tous ceux qui portaient les armes pour son parti. L'hiver condamnait alors les guerriers à l'inaction ; mais Jeanne, du sein d'Hennebon où elle s'était retirée, étendait son active vigilance sur tout ce qui pouvait assurer sa défense, tandis que son rival sollicitait contre elle à la cour de France le secours de Philippe de Valois. La guerre se ralluma dès le commencement du printemps ; et Charles de Biois, aidé de 12,000 Français, s'empara d'abord de la ville de Rennes, dont la perte fut suivie encore de la défection de plusieurs seigneurs bretons. Jeanne, de son côté, avait fait négocier auprès d'Edouard III ; mais les troupes que ce monarque avait promis de lui fournir, ne purent partir assez tôt pour arrêter les progrès de Charles de Blois, qui vint mettre le siège devant Hennebon, dans l'espoir d'assurer la conquête de la province entière par la prise de cette place, où la comtesse de Montfbrt était enfermée avec son fils. Le danger était imminent. Enveloppée d'une armée formidable, Jeanne de Flandre serait infailliblement tombée au pouvoir de son ennemi, si elle n'eût eu que les vertus de son sexe, et si, en s'élevant au-dessus de l'infortune, elle n'eût fait passer dans l'âme de ses partisans le courage impétueux qui l'animait elle-même, a Jamais, dit d'Argentré, « Amazone ne se montra si vertueuse, ayant fait un exploit de la plus grande hardiesse qu'oncques homme eût sçu aviser.  A la vue de l'armée ennemie qui s'était avancée jusques sous les murs d'Hennebon, elle fait sonner le tocsin, et donne l'ordre à tous les habitants de prendre les armes. Elle-même, armée de toutes pièces, et, comme une autre Camille, montée sur un cheval de bataille, elle parcourt toutes les rues de la ville, renforce les endroits les plus exposés, et exhorte le peuple à se défendre vaillamment.  Enflammées par son exemple, les femmes du commun et les dames mêmes s'empressent à l'envi de concourir à la défense de la place en portant des pierres aux créneaux, et sur les murs de la chaux vive et des pots-à-feu, pour les jeter sur les assiégeants. Après avoir partout établi l'ordre, assuré les postes, et échauffé tous les cœurs, elle monte au haut d'une tour pour observer la position et l'état du camp ennemi. Elle l'aperçoit sans défense du côté opposé à celui où se donnait l'assaut. Aussitôt elle remonte à cheval, et suivie de 300 hommes d'élite, elle sort de la ville, dérobe sa marche à l'ennemi, pénètre dans le camp et livre au pillage et aux flammes les tentes et les bagages qui n'étaient gardés que par des valets. Après cette expédition, elle veut rentrer dans la ville ; mais l'ennemi averti par les flammes lui coupe la retraite. Jeanne, sans s'étonner, rallie sa troupe, lui ordonne de la suivre et dirige sa route vers la ville d'Aurai. L'ignorance où l'on était de son sort avait répandu la consternation parmi les assiégés; mais au bout de quelques jours, elle arrive à la vue d'Hennebon, escortée de cinq ou six cents cavaliers bien montés et bien armés, et elle y fait entrer ce renfort au bruit, .des instruments militaires, et à la vue du camp ennemi étonné de tant de courage et d'une résolution si audacieuse ».

 

 

 

 

Cependant le siège continuait avec vigueur ; la brèche était déjà ouverte, et l'opiniâtreté de l'ennemi, qui s'était encore accrue par les derniers succès de la comtesse, commençait à répandre le découragement et l'effroi parmi les assiégés, Il avait été proposé de se rendre tandis que la comtesse déterminée à s'ensevelir sous les débris de la ville, ne cessait de rassurer les esprits par l'espoir d'un secours puissant qui devait arriver des ports d'Angleterre. Mais comme si les éléments eussent conspiré contre Jeanne, une tempête violente avait accueilli la flotte anglaise et retardé son arrivée de plus de 40 jours. Désespérant du secours qu'elle attendait, et vaincue en partie par le découragement des habitants, en partie par une négociation secrète qu'elle n'avait pu ni prévoir ni avouer, elle était au moment de voir passer la ville au pouvoir de son rival. Déjà même un détachement ennemi s'avançait pour prendre possession d'une porte qu'on était convenu de lui livrer, lorsque la flotte anglaise parut à l'entrée du port d'Hennebon. Dès lors l'espoir se ralluma dans le cœur de la comtesse et de ses habitants. Mauni, qui commandait l'armée anglaise, fut reçu avec une allégresse et une pompe dignes du service qu'il venait rendre. Des sorties fréquentes autant qu'heureuses affaiblirent l'ennemi, qui, bientôt effrayé de ses pertes et fatigué de la résistance des assiégeants, se détermina à lever le siège. En voyant l'ennemi se retirer, Jeanne ne put modérer sa joie. « Lors » dit Froissard, « elle descend du chastel à joyeuse chière, et vint baiser messire Gaultier de Mauny deux fois ou trois, comme noble et vaillante dame. » Jeanne ne put empêcher Charles de Blois de s'emparer de quelques places; mais ce prince étant venu une seconde fois assiéger Hennebon, une seconde fois l'intrépide activité de Jeanne rendit vains tous ses efforts. Sur ces entrefaites, cette héroïne dont les obstacles ne faisaient qu'irriter le courage, mais à qui la prudence commandait d'être sur ses gardes, passa en Angleterre pour réclamer d'Edouard de nouveaux secours. Elle prouva pendant son séjour dans cette île guerrière et commerçante, qu'elle savait négocier aussi bien qu'elle savait combattre. Elle obtint du monarque britannique un secours de quarante six vaisseaux montés par un grand nombre de seigneurs an glais. Elle éprouva surtout en cette occasion que la noblesse anglaise est rarement insensible au malheur d'autrui, lorsque celui qui en est frappé lui oppose, comme Jeanne, une âme forte et courageuse. Robert comte d'Artois, alors fugitif de la France, sa patrie, fut chargé de commander cette flotte, et sous ce prince guerrier, Jeanne pouvait se promettre de nouveaux succès. Charles de Blois, instruit du secours que l'Angleterre donnait à sa rivale, avait équipé de son côté une flotte formidable, et bientôt les deux armées navales se rencontrèrent. Aussitôt le signal du combat est donné; les pavillons sont arborés avec la bannière de S'-Georges, et les Anglais fondent à pleines voiles sur les vaisseaux de Charles de Blois. Après qu'on eut combattu quelque temps avec un avantage à peu près égal, on en vint à l'abordage. Le théâtre mobile et flottant qui soutenait les deux armées n'effraya point la comtesse de Montfort. Elle développa dans le combat la valeur la plus héroque, et se battit comme le chevalier le plus brave. « Il n'est mémoire » dit d'Argentré, « que jamais en mer, il se fist tant d'avilies qui fut faict lor ; car ils se chargèrent à outrance, et venans aux mains, il ne fut jamais si furieux combat. » -Quant à Jeanne, dit aussi Froissard, « avec sa naïveté antique, elle y vallut bien ung homme; car elle avait cœur de lion, et avait un glaive enrouillé et tranchant dont fièrement elle se combattait. » La nuit sépara les combattants, et l'on se préparait à recommencer l'action le lendemain, lorsqu'un orage subit força les Anglais à se retirer vers les ports de la Bretagne. Le siège de Vannes fut bientôt résolu ; et la comtesse de Montfort fit voir qu'elle n'avait pas moins de talent pour prendre les villes que pour les défendre. Après plusieurs jours d'un siège meurtrier, et dans lequel elle montra les talents d'un habile capitaine et la bravoure d'un soldat intrépide, la ville fut prise, et Jeanne, après y être restée quelques jours pour jouir de sa nouvelle conquête, retourna à Hennebon. Cependant Charles de Blois entreprit de reprendre la ville de Vannes; et la comtesse eut la douleur de la perdre ; mais ce qui dût lui rendre cette perte plus sensible, c'est que Robert d'Artois y reçut la blessure qui peu de temps après le conduisit au tombeau. La retraite de ce prince fit bientôt prévaloir le parti de Charles de Blois, qui avait pour lui. L'appui de la France ; tandis que Jeanne, retranchée dans la Basse-Bretagne, et n'attendant du secours que par mer, dépendait de l'inconstance de cet élément. Enfin Edouard résolut de passer lui-même en Bretagne. Quand la comtesse fut informée de son arrivée, elle alla à sa rencontre jusqu'à Vannes, pour le festoyer lui et les barons qui l'avaient accompagné. Edouard, dont le bonheur dans la guerre n'égala point toujours le courage, avait vu ses premiers succès balancés par plusieurs revers. Il s'était déterminé à souscrire à une trêve, lorsque Jean de Montfort, après quatre ans de captivité, parvint à s'évader de sa prison ; mais il ne survécut pas longtemps à son évasion. Malheureux depuis son enfance, en butte à la persécution du feu duc son père, et captif au moment où il voulait recueillir son patrimoine, il expira presqu'en même temps qu'il recouvra la liberté. Son épouse ne fut pas plus déconcertée par sa mort, qu'elle ne l'avait été par sa détention. Elle avait fait conduire son fils, jeune encore, à la cour d'Edouard, qui s'était déclaré son tuteur, et qui devait lui donner une de ses filles en mariage. Toujours secondée des troupes anglaises, elle sut faire tête à son rival, et son courage, qui ne l'abanrdonna jamais, fit enfin tomber en son pouvoir Charles de Blois, vaincu au siège de la Roche-de-rien (Roche-Derrien). Remarquons que Jeanne de Penthièvre, son épouse, se mit aussitôt à la tête des affaires de son parti. Ainsi l'on vit deux femmes se disputer en quelque sorte la possession d'une grande province, et toutes deux, en poussant la guerre avec vigueur, déployèrent de grands talents et une grande énergie. La captivité de Charles de Blois, et la trêve qui suivit la journée de Créci, trêve dans laquelle la Bretagne fut comprise, semblaient devoir désarmer, du moins pour un temps, les deux partis fatigués d'une guerre longue et désastreuse; mais leur opiniâtreté était trop grande, et malgré la trêve, les hostilités continuèrent de part et d'autre. Il est inutile de rapporter ici le mélange des revers et des succès qui, en soutenant l'espoir des uns et des autres, prolongèrent pendant plus de 20 ans lés malheurs de cette querelle sanglante. Il me suffira d'observer que jamais la fermeté de Jeanne ne se démentit, et que toujours supérieure aux événements, elle sut souvent maîtriser la fortune. Inaccessible à la crainte dans le danger, et au découragement dans les revers, elle donna à son fils de grands exemples de fermeté, et lui conserva la possession de la Bretagne, qui lui fut confirmée par le célèbre traité de Guerrande, en 1365. Ce prince réunit, comme sa mère, les talents politiques et les talents guerriers. Comme elle, il éprouva tour-à-tour les faveurs et les disgrâces de la fortune. Comme elle, il fut ami constant des Anglais, auxquels ils avaient l'un et l'autre de grandes obligations. Il m'est impossible de fixer l'année de la mort de Jeanne de Flandre ; mais elle vivait encore, selon d'Argentré, en 1363. Elle put donc être témoin des succès qui couronnèrent les efforts de son fils, lorsque l'âge lui permit de défendre lui-même le patrimoine de ses ancêtres : princesse digne d'être placée à côté des plus grands hommes par son courage, et de figurer avec éclat dans l'histoire de la Flandre. Félicitons cette contrée d'avoir donné le jour à une héroïne, à laquelle il n'a manqué, pour jouir de toute sa gloire, que d'être célébrée par quelque écrivain éloquent. Pour moi, je me suis borné à réunir les traits les plus brillants de sa vie : je n'ai fait qu'ébaucher le tableau qu'une main plus habile aurait revêtu de plus riches couleurs.  

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 08:21

 

 

Inventoire fait à Guingamp….jour de septembre l'an mill IIIe quatre vingz et quatre, des joaux, ornemenz de chapelle, vaisselles d'argent, menage…qui furent de feu Madame Jehanne jadis duchesse de Bretaigne et vicontesse de Lymoges cy dessoubz declairez en la presance de Mons. de Cliczon, connestable de France, garde et gouverneur des ...terres appartenans à Jehan de Bretaigne, ainsné filz et heritier de la dicte feu damme, des seingneurs de la Hunaudoye et du Perier, de Messire Robert de Beaumanoir, Messire Ollivier de Vauclerc, Messire Guillaume Le Veer, Messire Henri Philipe, Raoul de Kersaliou, Simon Richart, Rolland de la Goibloie, Eon de …,Geffrey de la Mote et en la presence de Mons. Guy de Cleder, maistre Jehan Le Begut, consaillers du roy et de la royne de Iherusalem et de Cecile ; lesquelles choses avoient esté apportées de la Roche Deryan où elles estoient, et livrées au chastel de la Mote de Guingamp par messire Jouhan Tourne (sic) -Tournemine, maistre d'hostel, Symonet de Konnect et Hervé Giquel, clers et secrétaire de la dicte feu damme, en la manere qui ensuit

 

 

Premièrement un petit forcier (ecrain) où sont le seel de Madamme avec la chaîne d'argent.

Item un signet et la chaîne d'or.

Item une pièce d'or de Castille en une boure de cuir.

Item une huche jaune de bois, en laquelle sont un coffret de brodeure faite à l'agulle pl ain de reliques.

Item un autre coffret jaune, ouquel sont III Agnus Dei dont il y a ymages et perles.

Item un petit sachet de toille, où il a pluseurs pierres à voirre.

Item deux petiz Agnus Dei.

Item un clou de fer, que l'on dit qui est de la porte de Jerusalem.

Item un autre coffret blanc carré, où ils sont deux anneaux de pou de valleur et un camebien (camée).

Item un autre petit coffret d'iviere ferré, où ils sont un petit tableau d'or à piererie où a de la Vraie Croix.

Item deux pierre indes (bleu-ciel) et pluseurs reliquiaires.

Item un petit tableau de parement à son estuy.

Item un coffret noir ouquel a cinq anneaux d'or ; c'est à savoir un petit dyament, III petiz rubiz et une verge (cercle de bague) en une boursete, à laquelle pent un fermaill d'or.

Item unes pastenostres blanches et une eustache d'or.

Item un mordant à sainture d'argent doré et amaillé, et une piece de sandal (etoffe de soie) où il a pluseurs reliques.

 

 

 

 

Item les lettres de Limoges et la quitance de Monseigneur d'Anjou.

Item un autre coffret de cuir blanc sanz claveure, où sont ouyt seaux d'argent tant granz que petiz qui furent de Monseigneur Charles (de Blois), et furent depecez et rompuz.

Item un autre petit coffret carré de cuir blanc, ouquel sont le signet d'or de Monseigneur Charles.

Item quatre anneaux, l'un à III petiz rubiz, l'autre à un safir, et II verges.

Item un Agnus Dei tout blanc.

Item en une bourse une tuille d'or.

Item unes heures tres belles, couvertes à II tables d'argent doré et amaillé, où est d'un costé le Crucifix et Nostre Damme, et l'autre à son estuy.

Item ou coffret du bout de la dicte huche.

Une poire d'argent dorée.

Item deux pieces de coral rouge

Item deux paires de pastenotres l'une d'or l'autre de d'ombre.

Item un amit blanc ouquel est envelopée une piece de la here de Monseigneur Charles.

Item une bourse de saye où il a un tableau d'argent, ouquel où il a de la Vraye Croix et une eustache d'argent à toute la chaîne.

Item une boitelete d'argent armaillé aux armes de Bretaigne.

Item un coffret longuet carré de boys, ouquel sont quatre tableaux d'argent dorés, chescun à un braz une main plains de reliquiaires.

Item deux angeloz d'argent doré, dont chescun tient entre ses mains un reliquiaire.

Item un plus petit angelot d'argent doré et le reliquiaire  qui en est choist.

Item un pié d'argent doré à sa couverture.

Item une coronne d'argent dorée.

Item trois tableaux d'argent, dont le test de sainte-Juliane est en l'un, et es autres pluseurs reliquiaires. 

Item trois cuillers de bois bien d'estrange et rude faczon

Item un petit saichet  de toilleun Agnus Dei et II. pierres bises, et un os de saint envolopé de sendal vert.

Item deux coffretz ferrez où est le fait de la chappelle ; c'est à savoir une chappelle blanche garnie de III. chappes et de vestemenzde dyacre, soubz dyacre et prestre.

Item un un drap de saye de mesmes parement d'auter

 

 

 

 

Item deux viels paremenz d'auter de coulour violée, et l'autre drap est aux Cordeliers.

Item seix toailles d'auter, c'est à savoir III deliées pour les festes, et III pour chescun jour dont il a deux à paremenz

Item quatre pièces de courtines de toiles.

Item un paremen pour tenir la plataine vert rayé.

Item huyt sourpeliz de toille. 

Item cinq aumuces du cueur, de gris, toutes usées.

Item une petite croix d'argent.

Item un benoitier d'argent, tout usé et derompu.

Item un encensoir d'argent fourny de chaînes.

Item un petit livre ouquel est l'office ds III Maries, noté.

Item un autre livre de l'office du Sacrement.

Item un autre benoist et deux galices.

Item deux paires de corporaux à leur estruyz et deux porte paix.

Item deux missaulx notez, l'un grant et l'autre petit.

Item un gréel et les tableaux de painture pour parement d'auter.

Item deux orceulx d'argent et les ornemenz cotidians.

Item une grande huche plate où sont la belle selle de la baquenée de Madamme avec tout son hernois.

Item quatre escuelles  et deux platz d'argent vieulx et rompuz.

Item une boutaille d'argent  pour eau benoite avec sa chaîne.

Et en la dicte huche a esté mis le coffret long de bois où sont les reliquaires contenuz ci dessus.

Item une autre huche plate où sont aucune pièces de broderie pour paremens de toaille d'auter touz neuf.

Item une conraye d'argent doré à perles qui fust à Monsr Charles dont le mordant est cy desus éclairé.

Item un vieille coupe de l'ancienne faczon et deux angelots.

Item le coffre à la neff, où sont deux couppes d'argent dorées d'une faczon, à III tourelles de soubz chescune, avec leur couvercles et estuiz.

 

 

 

 

 

Item eux esvières d'argent dorée.

Item un arbreau d'argent à langue de serpent et pié de serpent d'argent doré.

Item une poire d'or à boire avec une pierre bloie sur le couvercle.

Item deux drajoers d'argent, l'un grant l'autre petit, et II cuillères en leurs estuys.

Item trois madres couverts à piez d'argent doré à chescun.

Item un madre plain à pié d'argent doré à son estuy.

Item trois cuves d'argent dorées couvertes, à leurs estuiz.

Item quatre boetes plaines de lettres.

Item en un drap linge pluseurs autres choses.

Item un coffré ferré couvert de cuir, ouquel sont un grant cor garny d'argent doré, soustenu d'un singe d'argent, dont les deux piez devant sont rompuz.

Item la pièce des diz deux piez.

Item un chief d'argent pour mettre reliques.

Item un tablier avec les eschiés et tables, bien bel, avec son etay.

Item trois cuves couvertes d'argent dorées à leurs estuyz.

Item un petit gobelet de noez de gales, à son couvercle et estuy.

Item un autre grant tablier o sa meignée d'iviere.

Item un petit forcier de cuir carré, où il a une patenostres de choral et une atache d'or à III perles.

Item en office de paneterie :

Item une pierre pour medecine contre tout venun.

Une grant nef d'argent dorée, et une cuiller d'argent dorée.

Item deiz doubliers neufs ouvrez.

Item deiz longieres de mesmes

Item douz servietes de mesmes.

Item cinq vieulx doubliers et une sournape de mesmes pour la table Madamme.

Item VII nappes vielles et une longiere de mesmes pour menues tables.

Item trois fins doubliers de paremenz. (qui sont en sachet)

Item deux sournappes de mesmes. (qui sont en sachet)

Item trois petiz fins toaillons. (qui sont en sachet).

Et sept servietes de mesmes, de semblable toille et ouvrages. (qui sont en sachet).

Item office de boutoillerie ;

Un grant pot d'argent pour l'aumosne à II. Onces senz couvercle.

Item quatre poz d'argent enciens. II granz et II petiz.

Item neuf tasses d'argent, dont il a six armahées des armes de Madamme et III des armes de Monseigneur Henri de Bretaingne.

Item un couvercle et une ance de pot d'argent.

Item en office de chambre ;

Deux grant platz d'argent à laver.

Item un hanap d'argent doré armoyez des armes de Madamme.

Item un grant bacin d'argent à donner l'eau en salle.

Item un hoellouer (bouilloire) d'argent descouvert.

Item seiz cuillers d'argent.

Item en office de cuisine :

Huict platz d'argent.

 

 

 

 

Itemp treize escuelle d'argent dont l'une est armoyée des armes de Madamme, et les autres de mondit seigneur.

Item en la garde robe de Madamme furent trouvez :

Une robe de pers en broderie, contenant V. garnemens.

Item une autre robe d'un marbré de flour de peschier de broessequin, contenent quatre garemenz livrez à la famme Hollant de Queller, capitaine de la Mote, par le commandement de Monsr. de Cliczon.

Item une autre robe de broessequin d'un autre marbré, contenant six garnemenz, dont il a un fourré de menu ver.

Item une hauppelande d'un gris de Monteville, fourrée de croppes de gris.

Item une autre hauppelande de pers de Monteville, fourrée de menu ver.

Item un sourcot de pers, fourré de menu ver.

Item d'un marbré caigné II garnemenz sengles.

Item une petite cote de bruere.

Item une panne et le demourant d'une fouereure de menus vair à couvertouer.

Item une panne de hermines que Monsr de Cliczon fit aporter par Jehan Corberon son vallet prezent Jehan Perrot et Le Bourgot.

Item une panne et demie de veil menu vair usé.

Item deux chapperons longs de veluau fourrez de menu vair.

Item un autre chaperon clos fourré et menu vair.

Item un chaperon cengle d'un pers de Monteville.

Item trois beaux carreaux de broderie, chescun à IIII boutons de menuetes perles.

Item un lit de trois piècesde coete-pointe de sandal à papegaux broude.

Item une coete neuve qui fut faite à Lamballe, portée à Moncontour par le commandement de Monsr. de Cliczon.

Item trois autres petites coestes et deux traversons..

Item les deux petiz breviaires notez.

Item un grant breviaire à usage de Romme couvert de linge blanc, et le breviaire de Madamme auxi à l'usage de Romme couvert de samit inde. (étoffe de soie)

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 20:14

 

La communauté des orfèvres de Vannes

La communauté des orfèvres de St-Brieuc

 

 

Chapelle-reliquaire  XVe

 

 

La communauté des orfèvres de Fougères

 

 

Saupoudoir  XVIIIe

 

 

 

Coupe XVe

 

 

communauté des orfèvres de Saint-Malo

 

 

Ecuelle XVIIIe

 

 

Reliquaire XVIe

 

 

La communauté des orfèvres de Quimper

 

 

Ecuelle XVIIIe

 

 

La communautés des orfèvres de Nantes

La communauté des orfèvres de la ville de Rennes

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 15:53

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 14:54

Ancenis et ses environs....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 13:19

Comme l'église de Saint-Malo de Dinan étoit un membre de celle de l'île d'Aaron, et que le service divin y étoit entièrement négligé, Benoît, à qui ce désordre pesoit sur la conscience, craignant que Dieu ne lui fît rendre un compte fort exact, songea au moyen de le faire cesser. Le mal étoit grand, et après y avoir bien pensé, il crut que le plus prompt et le plus souverain remède qu'il pût y apporter, étoit d'y mettre des religieux de Marmoutier. L'édification que son diocèse retirait déjà de ceux qu'il avoit mis en l'île d'Aaron, lui fit regarder cette pensée comme une inspiration du Saint-Esprit, et il sembloit assez naturel qu'ayant déjà la mère, il leur donnât aussi la fille. C'est ce qu'il fit l'an 1108, auquel il confirma de nouveau la donation de l'île d'Aaron, se réservant seulement un droit de repas pour lui ou pour ses successeurs et pour dix hommes trois fois l'année, et un pêcheur qui pût pêcher avec deux serviteurs en tous les endroits que les pêcheurs des religieux pécheraient. Et comme il y avoit des paroisses dans ces deux églises et dans plusieurs autres qui en dépendoient, il ordonna que l'élection des curés se ferait par les religieux qui les présenteraient à l'évêque pour recevoir de lui le soin des âmes. Néanmoins, comme ce droit de repas et de pêche pouvoit être à charge aux religieux dans la suite du temps, il le changea presque aussitôt, et fit dresser une nouvelle charte, dans laquelle, au lieu de ce droit il se réserva la cinquième partie des revenus de l'île d'Aaron seulement pendant sa vie. Geoffroi, seigneur de Dinan, confirma ces deux donations, et pour donner des marques sincères de sa piété et attirer sur lui et sur sa famille les grâces du Ciel, il donna lui-même aux religieux de Marmoutier, tout;ce qu'il possédoit dans ces deux églises et dans leurs dépendances, ce que Radégonde sa femme et ses fils Olivier, Guillaume, Rolland et Goscelin approuvèrent, et il porta le titre de la donation avec son fils Olivier sur l'autel du crucifix de Saint-Malo de Dinan, que l'abbé Guillaume reçut en présence de plusieurs personnes de qualité. L'année suivante, le pape Paschal confirma ces donations et menaça de peines très-sévères ceux quis'y opposeraient. Il faut joindre à la fondation du prieuré de Saint-Malo de Dinan celle du prieuré de Notre-Dame de Jugon au diocèse de Saint-Brieuc, dont on ne sait pas précisément l'année. Nous en sommes redevables au seigneur Olivier, fils aîné de Geoffroi, seigneur de Dinan. Un jour qu'Olivier étoit avec son père et son frère Guillaume, surnommé l'Abbé, au monastère de Saint-Malo de l'île d'Aaron, il donna une place dans sa ville de Jugon aux religieux de Marmoutier avec un fonds pour y bâtir un monastère et y entretenir un nombre de religieux. Guillaume, abbé de Marmoutier, qui se trouva présent, reçut la donation,que le seigneur Olivier porta ensuite sur l'autel de Saint-Malo, en présence de plusieurs témoins. Dans la même semaine, l'abbé Guillaume vint à Jugon, où Olivier ajouta de nouvelles donations à la première, et les fit confirmer par Gunnor son épouse et ses deux fils Geoffroi et Guillaume. Olivier, pour tant de bienfaits, ne demanda rien autre chose à l'abbé de Marmoutier que d'être admis à la participation des bonnes oeuvres de son monastère, et qu'après sa mort on fît pour lui les mêmes suffrages que pour les religieux défunts. Un certain Bertrand ajouta à cette donation une chapelle de la Vierge au-delà de la rivière de Jugon, dans laquelle on avoit autrefois enterré les pèlerins et les étrangers, avec quelques terres. Geoffroi, seigneur de Dinan, souhaitait avec passion d'avoir quelque part à la fondation de son fils. Il destinoit à cela quelques églises et des dîmes qui étoient dans le fief des Briens, Briensensium, lequel fief étoit sur ses terres; mais comme il les leur avoit ôtées de force, il deputoit s'il pouvoit en faire un sacrifice a Dieu, il consulta là-dessus quelques personnes de piété, qui lui répondirent que Dieu avoit en haine la rapine dans l'holocauste qu'on lui offre, et que; s'il vouloit que son aumône lui fût agréable, il devoit avant toutes choses Obtenir le consentement de la famille des Briens et le leur demanda, et le seigneur Brient, surnommé le Vieux, dont le fils aîné s'étoit fait religieux à Marmoutier, délirant procurer le salut,de Geoffroi, aussi bien que de ses propres enfants G. le Vieux et Gautier Tasche, vint à Dinan puis il le trouva dans le cloître de Saint-Malo avec les religieux et plusieurs de ses barons, et là, du consentement de toute sa famille, lui céda tout ce qu'il leur avoit ravi par violence ; mais à condition qu'il en feroit donation à Marmoutier, et non à d'autres religieux. Geoffroi exécuta aussitôt la condition. Eviu, fils de Rannulfe, désirant se faire religieux à Marmoutier, ajouta à cela la terre de Carmoith, et parce que le château de Jugon avoit appartenu autrefois aux aïeux du comte Etienne, avant qu'il vînt sous la domination des seigneurs de Dinan, un jour que ce prince retournant de la cour du roi d'Angleterre passa par Jugon, les religieux le supplièrent de confirmer les donations qui leur avoient été faites, ce qu'il fit avec une bonté digne d'un grand prince. Il se fit encore quelques donations à ce prieuré par des particuliers qui en augmentèrent le revenu. Lorsque nous ayons parlé de la donation de l'île d'Aaron, nous avons dit que l'évèque Benoît y étant, un certain Guagoneus, qui prend la qualité de vicaire, l'y envoya quérir pour recevoir de lui l'absolution de ses crimes. Je ne sais si ce ne serait point le même ,que le prêtre Gingoneus ou Ginguenoius, qui étant à l'extrémité donna à Marmoutier l'église à Aienciaci, et la moitié de la cure de Martini, dimidium presbyteralum Martiniaci. Marbodus, évêque de Rennes, confirma cette donation et en investit l'abbé Guillaume l'an 1108. Il dit dans ses lettres que, désirant faire du bien à son âme, et reconnoissant qu'il avoit besoin des prières des saints, et ayant grande confiance en celles des religieux de Marmoutier, qu'il appelle les amis de son Eglise, amici Ecclesise nostroe, il leur cède ce que Ginguenoius leur avoit donné.. Environ ce temps-là Guntier, abbé de Torvée en Angleterre, introduisit dans son monastère les usages de Marmoutier. Il étoit natif du Mans; il avoit été archidiacre de Salisberi,.,et s'étant fait moine au monastère de fiello, il en fut tiré pour succéder à Bouchard, abbé de Torvée, ancien monastère fondé dans une île d'Angleterre si déserte, qu'il n'y avoit point d'autre habitation que celle des moines. Les femmes n'y venoient que pour prier, encore ne leur permettoit ou pas d'approcher plus près du monastère que de neuf milles.

 

 

 

Saint-Malo de Dinan, le bénitier

 

Comme depuis longues années Geoffroy, seigneur de Dinan, ne savait s'il avait ou non le droit de concéder, à titre d'aumône, la moindre chose de ce qui appartenait aux églises ou à leurs dîmes, sur le territoire enclavé dans le fief des Brient, fief qui faisait partie de la seigneurie de Dinan, et dont Geoffroy s'était emparé contre tout droit et toute justice; Brient, surnommé le Petit Vieux, seigneur supérieur de tous les Brient et leur aîné (summus dominus Brientensium), voulant pourvoir au salut de l'âme tant des seigneurs de Dinan que de ses propres parents et de ses fils, à lui Brient, se présenta, avec le consentement et l'autorisation de ces derniers, dans le monastère de Saint-Malo de Dinan, suivi de Gilduin, fils de Gilon, dont il avait épousé la sœur. Là, au milieu des moines, il trouva Geoffroy, seigneur de Dinan, entouré d'un grand nombre de ses barons. Ce dernier ayant appris que Brient arrivait avec un acte de consentement dressé tant en son nom qu'en celui de sa parenté, en éprouva une grande joie. Et, en effet, l'acte susdit renfer mait la concession suivante : « Moi, Brient, surnommé le Petit Vieux, et mes fils, et toute notre parenté, nous voulons, qu'il soit fait don à saint Martin et à nul autre, et cela en vue du salut des âmes de tous les membres de notre race, morts et vivants, de telle quantité de terre dont il plaira au sire de Dinan de disposer dans notre fief, lequel, comme chacun sait, nous a été injuste ment enlevé par lui et par sa parenté ». Cum Gofredus dominus Dinanensis longo tempore dubitasset si posset dare an non in eleemosynam aliquid de ecclesiis vel de decimis earum, de feodo Brientensium, quod habet in terra sua, et tollit eis perviolentiæ rapinam, et nullum utile consilium invenisset sine assensu et voluntate illorum, etc. Brientius, cognomine Vetulus, Brientensium summus dominus, et eorum primogenitus ac Sancti Martini monachus, quærens tam salutem animarum Dinanensium dominorum quamparentum filiorumque suorum. impetrato acceptoque ab omnibus illis assensu avoluntaria concessione, ad sanctum Maclovum Dinanensem venit cum Gilduino filio Gilonis cujus soro rem uxorem habuerat. In quo claustro Gaufredum Dinanni dominum cum monachis turbaque baronum suorum invenit : cui cum suum suorumque assensum retulisset, Gaufredus valdegavisus est. Concessio ergotalis fuit : « Ego Brientius Vetulus et filii mei et omnis parentela mea.volumusut de feodo nostro quod nobis, ut omnes sciunt, injuste tollitis, tu et parentela tua, Sancto Martino soli et nullis aliis sanctis donetis in perpetuum pro sa lute et remedio animarum totius generis nostri, etc. »(Titres de Marmoutier; dom Morice, Preuves, t. 1, col. 520.).

 

Un indice précieux nous est fourni au sujet de la femme de Brient le Vieil, ainsi qu'il l'est dit ci-dessus :  Brient, se présenta, avec le consentement et l'autorisation de ces derniers (les seigneurs de Dinan), dans le monastère de Saint-Malo de Dinan, suivi de Gilduin, fils de Gilon, dont il avait épousé la sœur . Il semblerait qu'il soit fait allusion à Gilduin comte de Dol, mort l'an 1077, fils de Riwalon dit Chèvre-Chenue. En ce cas, le personnage que Kerviler assimile au fondateur de la Maison de Bréhant n'est nullement ce Brient le Vieil. Et s'il épousa la fille du Comte de Dol, il n'était donc pas fils de Eudon de Penthièvre, fondateur de la Maison de Châteaubriant. On sait que devenu veuf lui même se retira dans l'Ordre de Marmoutiers et qu'il laissait deux fils : Tasche Gautier fils aîné de Brient le Vieil, était aussi retiré dans les ordres ; quant au cadet, Guillaume dit Le Vieil, il fut le probable père de Conan de Moncontour, cité comme témoin, lors de la confirmation des libéralités accordées par Eudes de Porhoët l'an 1090 au Prieuré de Josselin. (voir le site défensif de Moncontour, page n° 1). Il faut sans doute comme le pensent le Marquis de Brehant ou Anatole de Barthélémy, rattacher Brient le Vieil aux souverains de Domnonée, et comme étant très proche parent de Ranulf de Gaël -peut-être son frère et donc fils de Rulf Stair. Quant à Brient « ex optimalibus Erispoë », cité  à Gaël, en 851 et mentionné dans le Cartulaire de Redon, sans doute faut-il voir en ce personnage, un parent commun aux souverains de Domnonée, aux Sires de Gaël  ainsi qu'à Brient le Vetulus. Quand à Brient  qui se disait en 1184 descendant des comtes de Porhoët, rien  n'exclue qu'il n'eut pas pour aieul Brient Vetulus. 

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