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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

« Le second jour de novembre 1653, je, soussigné, recteur de la paroisse de Néant, ai baptisé Anne-Toussainte de Volvire de Ruffec, fille de haut et puissant seigneur messire Charles de Volvire de Ruffec, comte du Bois-de-la-Roche, Bedée, le Rox, Binio, Châteautro, Saint-Guinel et autres lieux; -et de haute et puissante dame Anne de Cadillac, sa compagne et épouse. -Parrain, Jean Gaspais; marraine Julienne Nouvel, pauvres. » Signé : Jean Riou, recteur de Néant. Anne de Cadillac était fille de Louis du nom, seigneur de la Ménauraie, et de Marie de Quélen. Ce manoir dépendait du grand fief des Rohan-Guémené et était situé dans la paroisse de Locmalo. -Elle avait un frère, nommé Jean, qui ne se maria point. Tous les deux avaient été élevés dans les sentiments d'une véritable piété. M. et Mme de Volvire accueillirent la naissance de leur première née avec un grand bonheur ; toute la famille fut dans la réjouissance. Ils la regardèrent comme un don du Ciel ; et c'en était un en effet; mais les pensées de Dieu sont souvent différentes de celles des hommes. Les années suivantes, ces dons se multiplièrent. Ces bons époux ne firent point de calculs avec la Providence, qui les bénit comme les patriarches. Les registres de la paroisse de Néant nous fournis sent les noms de Joseph de Volvire, né le 16 octobre 1654 ; -de Jean-Philippe, né le 11 février 1656; -de Marie-Charlotte, née le 9 décembre 1658 ; -de Geneviève, née le 13 janvier 1661; -de Béatrice, née le 27 février 1665 ; -de Marguerite, née le 8 juillet 1666; -d'Agathe-Blanche, née le 10 février 1670; -enfin, de, Clément, né le 8 septembre 1673. Nous voyons donc neuf enfants, et nous ne sommes point certain que notre relevé soit complet, ou que quelqu'un n'ait été inscrit sur le registre de quelque autre paroisse. Anne-Toussainte tint aussi plusieurs enfants sur les fonts du baptême. Nous en nommerons quelques-uns : d'abord, c'est sa sœur Béatrice, le 27 février 1665. L'année suivante, elle assistait, dans la chapelle du château, aux cérémonies du baptême de sa sœur Marguerite ; sa signature, apposée dans ces deux circonstances, montre une belle écriture et une instruction avancée pour son âge. Si deux pauvres habitants de la campagne avaient été les témoins et les garants de la rénovation spirituelle de Mlle de Volvire, elle rendit ce bienfait sans parcimonie. Le ler juillet 1650, à l'âge de sept ans, elle tenait sur les fonts sacrés Toussainte Le Mercier ; le 27 juillet 1666, Mathurin Le Sourt ;le 23 février 1667, Françoise Boisnon ; le 2 septembre 1675, Anne Coquand, dont M. Jean-François d'Andigné, seigneur d'Arradon, fut le parrain. On pourrait relever d'autres faits pareils ; mais ceux-ci suffisent pour nous montrer que Anne, dès son enfance, éprouvait déjà ces élans de charité qui, un jour, produiront de. doux et beaux fruits. Charles de Volvire et Anne de Cadillac n'avaient qu'à suivre les traditions de leurs ancêtres, pour comprendre leur mission dans l'éducation de leurs nombreux enfants. Pendant les guerres civiles et religieuses de la fin du XVIe siècle, les habitants du château du Bois-de-la-Roche avaient toujours été pour le catholicisme. Dans sa jeunesse, grâce à la haute position de son père, M. Charles de Volvire avait vu le grand monde. Il avait conservé des rapports avec des parents et des connaissances de la capitale, dont quelques-uns occupaient de hautes fonctions dans l'Etat. Vers 1668, il eut besoin d'aller à Paris, et, croyant être utile à sa fille bien-aimée, il la mena avec lui. Il lui fit voir le monde, qui prodi gua ses compliments. Père sensible et heureux, il voulut, à l'instar d'autres familles, faire prendre le portrait de sa chère enfant ; elle s'orna de ses plus beaux atours, et posa devant un peintre habile. Ce portrait existe encore au château du Bois-de-la-Roche. Ci-dessous d'après les éditions Le Flohic.


 


 

On peut toujours le lire, quoique un peu vieilli. Il est placé dans un grand salon, et encadré dans un fond de mur, qui semble avoir été fait pour le recevoir. La jeune fille est reproduite dans sa grandeur naturelle. Son front, pur et élevé, est ceint d'une tresse de cheveux blonds retenue par un peigne perlé. Ses yeux bleus, limpides et vifs, brillent sur un figure rose et fraîche. Un collier de perles resplendit autour du cou, tandis que des bracelets précieux parent les avant-bras. La robe, à forme décolletée, de couleur bleu-cendré, relevée par des nœuds autour du corsage, est garnie de riches fleurs. De la main droite, Anne tient une magnifique guirlande, qui vient, à gauche, se perdre dans des ombres. En face, est une table splendidement garnie, sur laquelle repose une riche corbeille. On croirait que ce tableau ressemble à un délicieux parterre, au milieu duquel resplendit une intelligente et gracieuse figure, que le monde caresse, et qui paraît prête à se donner à lui. L'antique manoir du Bois-de-la-Roche, reconstruit par Philippe de Montauban, augmenté d'une aile par Henri de Volvire, était splendide au milieu du XVIIe siècle! La partie nouvelle, jointe à la partie ancienne, formait une espèce de fer à cheval, dont le portail principal s'ouvrait au coin du parc. Là, une route droite, prenant à gauche, se rendait vers la rivière du Livet, au sud. A environ trois ou quatre cents mètres sur le bord du chemin, était une vieille carrière de pierres, à pic et profonde, déguisée par des bois taillis et autres, qui étendaient leurs branches sur l'abîme. Cette carrière, dont le filon était épuisé, fournit sans doute autrefois les matériaux de construction du manoir et des maisons environnantes. Quoique comblée en partie par les éboulements successifs et les détritus des feuilles, elle a encore aujourd'hui une vingtaine de mètres de profondeur. Nous allons voir, dans un moment, que ces détails ne sont pas inutiles, et qu'un fait important va se passer ici. Anne-Toussainte avait dix-sept ans en 1670. Pleine d'espérances et de grâces, elle était recherchée par plusieurs prétendants. Elle repoussait leurs hommages ; car, en secret, elle aimait un jeune gentilhomme du voisinage, qui avait, aux yeux de son père, le tort de ne posséder qu'une médiocre fortune. Pressé entre le désir de voir sa fille choisir un autre pour époux, et la crainte de la voir malheureuse, il eut l'idée de réunir, dans une grande partie de chasse, un certain nombre de jeunes seigneurs. En leur donnant une fête brillante, où chacun montrerait tout son savoir-faire, il mettrait ainsi Anne-Toussainte, qui serait l'héroïne de la circonstance, à même de faire un choix important et d'avenir. La réunion fui considérable, et chaque invité voulut, en effet, resplendir de tous ses avantages : riches costumes, magnifiques livrées, somptueux équipages, meutes bruyantes, arrivèrent" de toutes parts, le matin du jour indiqué. MIle de Volvire, en costume d'amazone, accompagna la chasse sur un beau cheval, qu'elle conduisait avec grâce et dextérité. Elle marchait auprès de son père, songeant surtout au bonheur d'échanger, de temps en temps, un furtif coup d'oeil avec celui que son cœur avait choisi, et qu'elle savait toujours retrouver dans la foule. Tout à coup une fanfare éclatante et inattendue frappe l'oreille de son cheval; l'animal éperdu fait un bond, prend sa course, franchit l'espace avec la rapidité de l'éclair, arrive sur le bord de la carrière, déguisée par quelques feuillages, et, n'étant plus maître de lui-même, s'y précipite épouvanté.... La foudre n'est pas plus rapide que cette course effrénée. Un frisson glacial s'empare de tous ceux qui entourent la noble demoiselle. L'un d'eux, et on devine lequel, surmonte immédiate ment son épouvante; son œil ayant tout entrevu, il lance son coursier... et regarde le précipice, au fond duquel gît, palpitant et broyé, le cadavre d'un cheval. La jeune fille, détachée de la selle, est restée suspendue au-dessus de l'abîme, accrochée par la robe à quelques branches fragiles, que le moindre effort peut briser. Elle est évanouie; rien n'indique qu'elle ait quelque connaissance de sa position. L'intrépide jeune homme n'écoute que son courage et son cœur. Au péril évident de sa propre vie, il veut délivrer celle dont il avait deviné et pressenti les sympathies. Après d'incroyables efforts, il y parvient, mais le Ciel lui était venu en aide. La compagnie, arrivée dans un instant, avait tout vu, et, dans un frémissement de terreur impossible à décrire, avait coopéré, dans la mesure de ses forces, au salut de la jeune fille. M. de Volvire fut plongé dans la stupeur et l'anéantissement; son cœur fut brisé, sa tête comme perdue. Il ne revint de son désespoir qu'en revoyant sa chère enfant hors de péril, confondant avec elle et avec le jeune homme ses larmes et sa reconnaissance. Quand le calme se fut fait et que la raison eut repris le dessus, Charles de Volvire prit les mains de sa fille , et, les unissant à celles du jeune homme qui venait de la sauver: « Anne, lui dit-il, mon enfant bien-aimée, voilà votre époux. Il est digne de vous. Soyez heureux tous les deux... Il ne put rien ajouter; son émotion étouffa sa parole. -« Mon père, répondit la jeune fille, d'une voix pénétrée et solennelle, il est trop tard... L'union que vous m'offrez aurait fait tout mon bonheur, il y a quelques instants; maintenant, il m'est défendu de l'accepter. Je suis reconnaissante plus que je ne puis l'exprimer..., mais je viens, dans le péril, de m'adresser à Dieu, qui, désormais, sera mon unique époux. » Malgré le refus que faisait Mlle du Bois de la Roche de fiancer le jeune gentilhomme dont on a parlé, ses parents espéraient la persuader et la faire entrer dans leurs vues. Ils espéraient que les sérieuses réflexions qu'elle avait faites pendant le danger auquel elle avait été exposée, s'effaceraient peu à peu de son esprit, parce qu'elle était fort jeune. L'envie de procurer à leur fille un mariage avantageux ne contribuait pas peu à leur donner cette confiance. Mlle du Bois de la Roche commença donc à l'âge de t6 à 17 ans à mener une vie pénitente qui l'a fait regarder après sa mort, et même pendant sa vie, comme une sainte. Elle s'habilla en sœur de retraite. Elle portait un habit noir et des coiffes carrées. Ceux des paroisses voisines, instruits de l'amour de Mlle du Bois de la Roche pour les malheureux, lui demandent du secours. Elle distribue à tous son revenu et tout ce que son industrie lui procure. Un jour, sa servante Invertit qu'un pauvre venait de changer son habit pour n'être pas reconnu, et, par cette fraude, recevoir deux aumônes dans le même jour. Elle ne donna pas seulement du pain à ceux qui avaient faim; mais elle couvrit les nus. Elle avait à gage un tailleur nommé Joseph Chaussée, qui travaillait habituellement pour les pauvres. Je puis dire de Mlle du Bois de la Roche ce que de saint homme Job dit lui-même : qu'elle ne refusa jamais aux pauvres ce qu'ils désiraient,- qu'elle ne fit point attendre en vain les yeux de la veuve, qu'elle ne mangea pas seule son pain, qu'elle le partagea avec l'orphelin, qu'elle ne négligea point de secourir celui qui n'ayant pas d'habit mourait de froid, ni le pauvre qui était sans vêtements. Les infirmes ont reçu d'elle tous les secours qu'ils pouvaient en attendre. Elle les traitait elle-même. Elle avait appris à les traiter à l'hôpital de Rennes. Elle y demeura quelque temps après être sortie de la maison de Retraite de la même ville où elle avait aussi passé quelque temps Elle donnait les bouillions, le linge nécessaire pour les changer. Il y eut dans la paroisse de Néant une maladie très-dangereuse. Plusieurs malades furent abandonnés. Les personnes saines n'osaient les visiter. Mlle du Bois de la Roche l'apprend ; elle vole à leur secours. Elle en prend un soin particulier. Elle les change elle-même de linge, et leur rend les services les plus bas. Si ses parents eussent su tout ce qu'elle faisait, le danger de perdre la vie où elle s'exposait, ils en eussent été très-mécontents: c'est pour leur en dérober la connaissance qu'elle ne visitait que la nuit la plupart de ces malheureux. L'ancien hôpital de la ville de Ploërmel était situé au bas de la rue qu'on nomme encore aujourd'hui la rue de l'Hôpital. L'air que les malades y respiraient y était très-mauvais. Il retardait les guérisons et souvent augmentait le mal. Mlle du Bois de la Roche, touchée de ces maux, mit tout en œuvre pour pouvoir en faire bâtir un autre dans un air plus sain. Elle eut la satisfaction de voir ses desseins accomplis. Elle contribua à cette bonne œuvre. Elle seule donna la majeure partie de l'enclos, et contribua, autant qu'elle put, aux dépenses qu'on fit pour bâtir la maison. A peine fut elle bâtie et meublée, qu'elle donna une grande partie de son temps au soin des pauvre et des malades... On veut placer à Paris, au collège de Louis le-Grand, deux de ses neveux. Ses parents la destinent pour les y conduire et les présenter. Elle y sent une grande répugnance. Malgré cette répugnance, elle y consent, mais à condition qu'elle porterait son habit de sœur de Retraite qu'ils voulaient lui faire changer. Pendant le court séjour qu'elle fit dans la France, on parla d'elle à Louis XIV. Ce grand Roi, qui faisait tant d'estime de la vertu, et qui honorait ceux qui la pratiquaient, voulut converser avec elle. Mlle du Bois de la Roche l'entretint avec esprit. Ce Roi, charmé de son esprit et de sa vertu, donna une somme d'argent pour l'aider à continuer ses bonnes œuvres : la piété n'ôte rien à l'esprit. Mlle du Bois de la Roche passe une grande partie de son temps à visiter et soigner les malades, et à soulager les pauvres : vous diriez qu'elle n'est plus propre pour le monde; cependant elle sait entretenir avec esprit le plus grand Roi de l'Europe, et l'intéresse adroitement au soulagement des malheureux de son pays. Elle fit, le 40 février 1694, un testament par lequel elle légua cinquante livres de rente à l'hôpital.de Saint-Brieuc et deux cents livres de rente à celui de Ploërmel. Elle mourut le 22 février 1694, dans une odeur universelle de sainteté. Le corps de Mlle du Bois de la Roche fut inhumé le 23 février dans l'église de Néant, près les fonts baptismaux, comme elle l'avait demandé dans son testament. Son tombeau a été, après sa mort, enlourè d'une grille de fer haute de trois pieds et demi; au dedans de cette grille on a placé un dais d'environ quatre pieds de hauteur ; il est ordinairement couvert d'une étoffe précieuse de couleur blanche. Ci-dessous d'après édition Le  Flohic.

 

 

 

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 20:46

 

 

Le château du Bois-de-la-Roche (très métamorphosé), avec armoiries de ses possesseurs : du Breil ; de la Planche ; de Montauban ; de Volvire ; de Saint-Pern ; Magon de la Ballue

 

Loyat et Campénéac furent démembrées du comté de Porhoet et données en juveignerie, c'est-à-dire en partage de cadet, à une époque ancienne et certainement avant le XVIe siècle. Loyat forma, à elle seule, une seigneurie sous le nom de vicomté de Loyat. Les deux autres furent incorporées à la vicomté du Bois-de-la-Roche en Néant. En 1340 le château du Bois-de-la-Motte échu à Renaud de Montauban, premier du nom, fils de Olivier de Montauban, qui part son mariage avec Amice du Breil, fille unique et héritière de Guillaume du-Bois-de-la Roche, devint Seigneur de cette Terre. Le Bois-de-la-Roche, Seigneurie, en Bretagne, portée en mariage vers l'an 1412. par Marie de la Planche, fille unique de Roland, dit de Saint-Denoual, à Robert de Montauban, Seigneur de Grenonville, trisayeul de Philippe de Montauban, en faveur duquel la Seigneurie du Bois-de-la-Roche, fut érigée en Vicomté, & celles de Saint-Brice & de la Chastiere en Baronnie. Il mourut se premier Juillet 1516 & eut pour héritière sa fille Marguerite de Montauban, mariée à Jacques de Beaumanoir, Vicomte de Plesdran, & mère de François, Vicomte du Bois-de-la-Roche, lequel étant mort sans enfants, la Vicomté du Bois-de-la-Roche, les Baronnies de Saint-Brice, & passèrent à sa tante Catherine de Montauban, femme de René de Volvire originaire du Poitou, Baron de Ruffec, dont le troisième fils Henri de Volvire eut en partage la Vicomté du Bois-de-la-Roche, laquelle fut érigée en fa faveur en Comté, par Lettres de Février 1607, enregistrées à Rennes le 23 Juin 1609. Henri fut fait Maréchal de camp en 1627, & nommé Chevalier du Saint-Esprit. Il mourut sans avoir été reçu, & laissa entre autres enfants, Charles de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, décédé en 1692. Celui-ci avait épousé Anne de Cadillac, héritière de sa Maison, mère de Joseph de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, qui, de Magdeleine de Bault de Sainte-Frique, eut Joseph de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, mort en 1731, dont le fils unique étant mort fans alliance en 1747, a eu pour héritier son oncle Philippe-Auguste de Volvire, qui a épousé le 2. Décembre 1731, Marie-Henriette Mallier, fille de Louis, Marquis de Chassonville, Maréchal de camp, & de Marie-Adrienne de Glimes-de-Brabant. La famille de Volvire conserva le Bois-de-la-Roche jusqu'au XVIIIe, puis ensuite le domaine passa à la famille de Saint-Pern et à la famille Magon de la Ballue. Le domaine fut vendu en 1880. (voir à travers l'ancien bourg du Bois de La Roche, entre Mauron et Néant sur Yvel)

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:41

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 05:31

 

 

Il fait encore nuit, elles sortent et frissonnent,
Le bruit de leurs pas dans la rue résonne.

Refrain :


 

  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà les ouvrières d'usine,
  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà qu'arrivent les Penn Sardin.
 
À dix ou douze ans, sont encore gamines
Mais déjà pourtant elles entrent à l'usine.

Refrain

Du matin au soir nettoient les sardines
Et puis les font frire dans de grandes bassines.

Refrain

Tant qu'il y a du poisson, il faut bien s'y faire
Il faut travailler, il n'y a pas d'horaires.

Refrain

À bout de fatigue, pour n' pas s'endormir
Elles chantent en chœur, il faut bien tenir.

Refrain

Malgré leur travail, n'ont guère de salaire
Et bien trop souvent vivent dans la misère.

Refrain

Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.

Refrain :


  Écoutez claquer leurs sabots
  Écoutez gronder leur colère,
  Écoutez claquer leurs sabots
  C'est la grève des sardinières.

Après six semaines toutes les sardinières
Ont gagné respect et meilleur salaire.

Refrain

Dans la ville rouge, on est solidaire
Et de leur victoire les femmes sont fières.

Refrain

À Douarnenez et depuis ce temps
Rien ne sera plus jamais comme avant.

Refrain


  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'en est fini de leur colère,
  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'est la victoire des sardinières

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 05:25

 

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 20:43

 

 

 

Armoiries de Coëtlogon, de Rohan, de Rieux, Le Sénéchal de Carcado, de la Feuillée, de Grasse. Ce château subsiste intégralement. Son architecture n'offre rien de remarquable. On cite seulement sa charpente comme un bel ouvrage. Il est surmonté de trois tourelles, et entouré de douves ; il a un pont-levis. 

 

 En abordant la châtellenie de Coëtlogon, la Généalogie de cette famille évoquait, Pierre dit Perrot de Coetlogon, frère puîné de Jean sire de Coetlogon, & second fils d'Henry seigneur de Coetlogon, & de Marguerite d'Espeaux. Il eut pour partage à vie les terres du grand & du petit Gué-de-l'Isle & du Gueauduc en 1280, sa femme, Alix, fut mère de Robin de Coetlogon. Celui-ci eut par accommodement avec Jean son oncle, en propriété les terres du grand & du petit-Gué-de-l'Isle & du Gueauduc. De son union avec Perrotte Bodart, fille d'Eon Bodart, seigneur de Coetquelin & de Duhé, & de Guillemette de Bodegat il laissa pour héritier, un fils : Robin de Coetlogon, deuxième du nom, chevalier seigneur du Gué-de-l'ísle. Le fils de Robin de Coetlogon fut père d'Aliène de Coetlogon, dame du Gué-de-l'Isle, laquelle parait avoir épousé vers l'an 1312. ou 1313. Eon de Rohan, sixième fils d'Alain VI, vicomte de Rohan. Jean de Rohan, fils d'Eon & d'Aliène de Coetlogon, fut échanson de la duchesse Anne de Bretagne. Il s'éteignit sans postérité, et c'est son frère puîné, pareillement prénommé Jean qui continua la branche. Il devint seigneur de Poulduc par son mariage avec Françoise Laurens, veuve d'Yves Loret, seigneur de Poulduc. Les Rohan mirent en place au cours du XVe siècle l'une des premières imprimeries de Bretagne en leur chastel du Guet-de-l'Isle (voir L'imprimerie en Bretagne). Quelques générations plus tard, il est mention de Haute et puissante dame Cyprienne de Rohan, dame de Trogallet et du Gué-de-l'Isle, fille de François de Rohan et de Jacquette de Peillac. C'est elle qui fut la dernière représentante de la maison de Rohan sur cette seigneurie. Elle transporta le Gué-de-l'Isle à la Maison de la Feuillée en épousant François de la Feuillée et de Coetmenech, fils de Syvestre de la Feuillée, troisième du nom et de Marguerite du Perier. Le nouveau seigneur du Gué-de-l'Isle s'éteignit l'an 1538. De l'union de François de la Feuillée et de Cyprienne de Rohan naquirent deux filles : l'aînée, Renée, transporta les seigneuries de la Feuillée et du Gué-de-l'Isle à François de Rieux, seigneur d'Asserac ; la cadette, Adelice transporta les seigneuries de Coetmenech et de Plonider à Jacques de Beaumanoir, vicomte de Besso. Claude de Rieux hérita de la seigneurie du Gué-de-l'Isle, mais étant mort sans postérité, cette terre échoua à son neveu Jean. La mise en vente du domaine de Gué de l'Isle profita l'an 1683 à Messire Louis-René Le Sénéchal Baron de Carcado, Baron de Quélen. Marié avec Marguerite-Louise de Boisgélin de Cucé ; cette dernière devait s'éteindre le 13 avril 1746. C'est leur fils Louis-Alexandre Xavier Le Sénéchal Baron de Carcado qui devint seigneur du Gué de l'Isle vers l'an 1749. le dit Baron fut l'un des Mousquetaires de la seconde compagnie du roi mais aussi Gouverneur de Fort-Saint-Louis. Marié le 23 avril 1733 avec Marie-Anne-Claude de Montmorency et n'ayant pas de fils, le Baron de Carcado donna le domaine du Guet-de-l'Isle à sa fille Marie-Anne-Louise. Cette dernière épousa le Sieur François de Grasse, gentilhomme issu de la prestigieuse Maison des co-seigneurs d'Antibes connue dès le Xe siècle. A la fin du XIXe siècle, le château, alors très modifié était propriété du Baron du Bois-Baudry. 

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 13:50

 

 

 

Le lieu dessiné par le Vicomte Frotier de la Messelière.

 

Le château de Coëtlogon, ancienne Châtellenie & fief de Haut-Ber, appartenoit, en 1280, à Henri, Chevalier, Seigneur de Coëtlogon, qui laissa plusieurs enfants. Pierre, son second fils, a été la premiere souche des Seigneurs de Mejusseaume. La Terre & Seigneurie de Coëtlogon fut réunie aux Terres de Pleugriffet, de la Motte-au-Vicomte, du Gouray, de la Lande, du Châtel, du Beaufond, & érigée en Marquisat fous le nom de Coëtlogon, relevant du Duché de Bretagne, par lettres du mois de Mai 1622, enregistrées au Parlement de Rennes l’an. ... en faveur de René, Sire de Coëlogon, qui mourut sans enfants mâles. Sa fille aînée, nommée Philippe de Coëtlogon, hérita de ce Marquisat, & se maria avec René de Coëtlogon, Seigneur de Mejusseaume, son parent, & aîné d’Alain-Emmanuel de Coëtlogon. Ce René de Coëtlogon fut nommé Vice-Amiral le 18 Novembre 1716, Chevalier des Ordres du Roi en 1724, & Maréchal de France le premier Juin 1730. Il se trouva à onze batailles, où il se distingua beaucoup : il fut un des plus grands hommes de mer de son temps, & se montra digne des honneurs & des emplois dont il fut revêtu : il ne jouit que sept jours de la dignité de Maréchal de France, & mourut âgé de quatre-vingt-trois ans. Louis de Coëtlogon » son frère, a formé : branche des Vicomtes de Loyat. René Marquis de Coëtlogon, eut, de son mariage avec Philippe de Coëtlogon, un fils, nommé René-Hyacinthe, qui mourut sans enfants mâles. Sa fille, nommée Susanne Guyonne, épousa Philippe-Gui de Coëtlogon, son cousin-germain, à qui elle porta le Marquisat de son nom : ils eurent un fils, nommé César, qui épousa Catherine-Claude le Borgne d’Avaugour, de laquelle il n’eut point d’enfants mâles. Sa fille aînée & principale héritiere a porté ce Marquisat dans la maison de Carné, par son mariage avec le Comte de Carné. C’est de Philippe de Coëtlogon qu'on a dit qu’il avoit été l'homme du monde le plus aimable, &, ce qui n’en est pas toujours une suite, l'homme du monde le plus aimé. Notes laissées par Jean Ogée. Sur le plan cadastral de Coëtlogon on peut comtempler le site des Douve où fut aménagée la première défense -cernée de bleu (l'endroit voisinait la voie antique de Corseul à Vannes) un château datant du XVIIIe siècle remplaça l'antique forteresse mais il fut incendié en 1795 lors d'un combat entre chouans et bleus -sources fournies par M. Frotier de la Messelière ; -en blanc, ce château XVIIIe dont les ruines disparurent à la fin du XIXe siècle.

 

La châtellenie de Coetlogon est un fief de Haubert dans l'évêché de St. Brieuc, elle a été érigée en marquisat avec le vicomté de Pleugriffet & autres terres en 1622. pour François de Coetlogon.

 

Voici une généalogie de cette Maison 

 

Eudes de Coetlogon est qualifié chevalier, dans un acte du troisième jour avant Pâques 1180. par lequel il fonda, du consentement d' Agnès de Derval sa femme, pour eux & pour leurs prédécesseurs, un service annuel dans la chapelle de sainte Marguerite dans les bois de Coetlogon ; les témoins de cette fondation furent entr'autres P. doyen de Porhoet, C. Miniac vic. de Ploermel & Eudes de Plelan, chevaîier. II prend la même qualité dans la donation faite l'an 1207. de la chapelle de sainte Brigite, en faveur d'un moine de l'abbaye de - Paimpont, par Guiomar, seigneur de Merdrignac, Orent sa femme & Robin leur fils. Cet acte fut approuvé & autorisé par Pierre évêque de St. Malo.

 

 

I

 

 

 

Henry de Coetlogon, est connu par l'acte de partage de la succession de monseigneur Bon fils le comte Porhoet, passé à Viljegu entre Raoul seigneur de Foulgieres, d'une part, & Pierre de Chemillé, seigneur de Branchesac & Alienor sa femme, de l'autre part, vérifié & approuvé pat les lettres de Jean duc de Bretagne, données à Ploermel le samedy après la Chandeleur 1248. Les parties disent dans cet acte qu'il réserve un Aisnage à louer de monseigneur Henry de Coetlogon, lequel étoit mort. Les premiers degrez de cette généalogie sont rapportez d'après les lettres patentes accordées par François duc de Bretagne le 23. octobre 1479. a Gilles de Coetlogon seigneur de Mejusseaume, & suivant les mémoires de cette maison. Femme, Marguerite d'Espeaux, fut mariée par contrat passé la veille de la Chandeleur 1239.


 

1° Jean I. du nom, seigneur de Coetlogon, qui suit.


 

2°. Pierre dit Perrot de Coetlogon, seigneur du Gué-de-l'Isle, dont la postérité sera rapportez cy après -Seigneurie du Gué-de-L'Isle (voir La Seigneurie du Guet-de-l'Isle).


 

3° Olive de Coetlogon, épousa Gilles du Cambout, chevalier, seigneur de Quersalio, avec lequel elle est nommée dans un acte de lan 1266.


 


 

II.


 


 

Jean I. du nom, seigneur de Coetlogon, chevalier, donna à Robin de Coetlogon son neveu , la terre du Gué-de-l'Isle en forme de partage. Femme, Angélique de Montauban, fille de Pierre seigneur de Montauban, & de Râdegonde du Faou, fut mère de


 


 

III


 


 

Maury seigneur de Coetlogon, auquel on donne pour Femme, Lucie d'Acigné, fut mère de


 


 

IV.

 


 

Olivier seigneur de Coetlogon, est nommé en 1419. au nombre des capitaines qui accompagnèrent le comte d'Estampes, frère de Jean duc de Bretagne au voyage de Rouen. Il est qualifié sire de Coetlogon dans l'assise du general Parlement, tenu à Vannes le 16 octobre 1420. dans lequel le duc de Bretagne reçut le serment de fidélité, & confirma l'association de la noblesse contre la maison de Penthievre. II accompagna ce prince au voyage d'Amiens en 1425 & lui prêta nouveau serment de fidélité avec Jean de Coetlogon son fils l'an 1437. Femme, Nicole de Beaumanoir-Eder, suivant des procédures faites en la cour de Ploermel, contre Jean de Beaumanoir-Eder son frère, en demande du partage de Nicole sa soeur.


 

1° Jean II. du nom, seigneur de Coetlogon, qui suit.


 

2° Jeanne de Coetlogon, femme de Raoul de Troveschoar, dont les filles traiterent avec leur cousin maternel.


 


 

V.


 


 

Jean II. du nom, seigneur de Coetlogon, fit aussi le voyage de Rouen en 1419 & fut un des commandans des compagnies de gentilshommes vers St Aubin du Cormier & aux frontières de Normandie sous les ordres de Richard de Bretagne, comte d'Estampes. Pierre des Fossez lui rendit un aveu le 18. février 1432. Gefroy Rouillé & Marguerite sa femme lui en rendirent un autre le 6 avril 1434 & est qualifié de monseigneur dans ces deux actes. II prêta de nouveau serment de fidélité au duc de Bretagne en 1437 & est qualifié sire de Coetlogon dans la réformation de la noblesse en 1442. Femme, Isabeau de la Sauraye, fille d'Alain de la Sauray, seigneur d'Uzel, & d'Isabeau de Marchaix, & soeur de Perronelle de la Sauraye, femme de Jean de Malestroit. Elle étoit veuve de N... vicomte de S. Denoual.

 

 

1° Jean III. du nom, seigneur de Coetlogon, qui suit.


 

2° Alain de Coetlogon, fut partagé comme juveigneur par acte du 5 may 1513. passé entre Geoffroy de Coetlogon son neveu & lui.


 

3° Eufraise de Coetlogon, mariée à Amaury de la Moussaye en 1455 fut partagée par son frère le 13 janvier 1461.


 


 

VI.


 


 

Jean III. du nom, seigneur de Coetlogon, reçut un aveu de Jean de Madeuc seigneur de Guemadeuc le 24 avril 1470. Olivier de Coetlogon, seigneur de Kerfily, fit une subrogation à son profit dans le retrait qu'il avoit fait de la terre du Guemadeuc, vendue par Gilles de Coetlogon, seigneur de Mejusseaume, à Alain seigneur du Gué-de l'Isle, Cet acte fut passé à la cour de Ploermel le 17 juin 1495. Femme, Louise du Parc de Locmaria, soeur de Jean du Parc, chevalier, seigneur de Locmaria (voir Généalogie de la famille du Parc de Locmaria) , qui lui fit partage le i5. juillet 1501.


 

 

1° Geoffroy seigneur de Coetlogon, qui suit.


 

2° Gillette de Coetlogon, mariée par contrat du 17 octobre 1511 à Jean de Boisjan, seigneur de Coelan & de Dagoherie, dont elle étoit veuve en 1533.


 

3° Françoise de Coetlogon, fut mariée par contrat du 18 octobre 1519 à Alain des Déserts.


 

4° Jacquemine de Coetlogon, femme de N... seigneur de Bosny.


 


 

VII.


 


 

Geoffroy, seigneur de Coetlogon, est qualifié sire de Coetlogon dans la réfomation de la Bretaigne en 1513, transigea le 26 juillet 1514 avec Jean vicomte de Rohan, pour les prééminences des ville, église & paroisse de la Trinité en Porhoet, & conjointement avec sa mere le 16 octobre 1514. il passa une autre transaction avec Michel de la Vallée, seigneur de la Garenne. Femme, Anne de Coetmen, fille de Jean baron de Coetmen, vicomte de Tonquedec, & de Jeanne du Pont, & soeur de Gillette de Coetmen, femme de Jean sire d'Acigné, fut mariée par contrat du 5 octobre 1505.


 


 

1° Julien, seigneur de Coetlogon , qui suit.


 

2° René' de Coetlogon, seigneur de Laurenan,fut partagé comme juveigneur par son frère le 1. février 1537.


 

3° Jeanne de Coetlogon, mariée à N. . . seigneur de Penhoet l'an 1535.


 


 

VIII.


 


 

Julien, seigneur de Coetlogon & de la Plesse, est qualifié sire de Coetlogon dans les réformations de 1535 & 1549. Il permit en 1535, à Jean de la Vallée, écuyer sieur de Lascouet, d'y élever justice patibulaire à deux piliers ; il est dit fils de Geoffroy dans un contredit fourni le 5 octobre 1541. par lequel il demanda le droit naturel d'Anne de Coetmen sa mere, contre Anne de Monrejean, tutrice de Jean sire d'Acigné, & reçut un dénombrement le 18 may 1553 de Louis de la Vallée, seigneur de Lascouet. II est qualifié noble & puissant dans le contrat de mariage de son fils, qui prend les mêmes qualitez. Femme, Anne le Rouge, fille unique & héritière de Gilles le Rouge, seigneur de Kerberio & de la Lande, président universel de Bretagne, sénateur de Milan, & de Jeanne de Romelin, fut mariée par Contrat du 17 octobre 1536.

 

 

 

1° François seigneur de Coetlogon, qui suit.


 

2 ° Marguerite de Coetlogon, épousa 1°. Bertrand de Brehan, seigneur de Lascouet 2°. en 1571,Jan du Dresnay, chevalier, seigneur de Trobodec.


 

3° Françoise de Coetlogon, femme de François de Cahideuc, seigneur du Bois-de-la-Motte en 1559, capitaine des gentilshommes du diocèse de St Malo.


 

4° Louise de Coetlogon, fut mariée par contrat du 15. juillet 1559 à h Jean le Forestier, seigneur de Kerhuges & de Callac.


 


 

IX.


 


 

François, seigneur de Coetlogon, de Kerberio, de la Lande & de la Motte-au-Vicomte, chevalier de l'ordre du roi sous Charles IX, gentilhomme ordinaire de sa chambre, lieutenant d'une compagnie d'hommes d'armes de ses ordonnances,étoit mort en 1570. Femme, Gillette de Coetquen, fille de François seigneur de Coetquen, & de Françoise de Malestroit, dame d'Uzel, fut mariée par contrat du 9 may 1555, reçut en partage de Jean seigneur de Coetquen son frère le 12. juin 1552, & etoit morte en 1579


 

1° François II du nom, sire de Coetlogon, qui suit.


 

2.° Vincent de Coetlogon, seigneur de Kerberio


 

3° Jeanne de Coetlogon, femme de Julien Botherel, vicomte d'Apigné, dont elle étoit veuve en 1591.


 

4° Renée de Coetlogon, épousa 1° Lancelot le Chevoir, chevalier seigneur de Coetdolan ; 2° Hervé de Parcevaux, seigneur de Mazernou. René de Coetlogon son neveu lui céda le 16 juillet 1605 la métairie & la maison de Bublion.


 

 

X.

 


 

François IIdu nom, sire de Coetlogon, de Kerberio, de la Lande, de la Motte-au-Vicomte & du Chastel, est ainsi qualifié dans l'acte de tutelle des mineurs de Julien Botherel ; rendit aveu le 1er décembre 1585 à René vicomte de Rohan, & partagea Vincent de Coetlogon son frère le 5 août 1596. Femme, Jeanne de Tehillac, fille de René sire de Tehillac, & de Louise d'Espinay, fut mariée par contrat du 15 septembre 1579 & eut en partage la terre de Pleugriffet.

 

 

 

1° René sire de Coetlogon, qui suit.


 

2° Jean de Coetlogon, seigneur de la Lande, conseiller du roi, grand prévôt de Bretagne, lieutenant au gouvernement des ville & château de St Malo en 1643. avoit transigé avec son frère aîné le 15 février 1610 & avoit eu 20000. livres, pour tous droits. Femme, Marguerite de Treal, fille de François de Treal, chevalier seigneur du Pleísis-Beaubois (voir Beaubois et ses Seigneurs, page n° 1, par M. Alfred de Tesson, Capitaine de Frégate en retraitede Vauluisant, & de la Grimaudaye, & de Susanne Boutier de Charcau-d'Assy, fut mariée le 15 janvier 1616 & mourut le 15 novembre 1622. étant mere de Louis de Coetlogon, seigneur de la Lande, de Vauluisant & de la Grimaudaye, fut baptisé le 1$, décembre 1618.Femme, Charlotte Boutier, alias Brevel, ne laissa qu'une fille Françoise de Coetlogon, baptisée le 15 septembre 1643 épousa Eustache-Joseph-Marie du Han, conseiller au parlement de Bretagne


 


 

3° Marie de Coetlogon, fut mariée par contrat du 5 novembre 1609 à Roland de la Lande, seigneur du Loutregoumen.


 


 

XI


 


 

René, sire & marquis de Coetlogon, obtint au mois de may 1622 des lettres du roi, portant réunion des terres de Coetlogon, de Pleugriffet, de la Lande, du Chastel, de Beaufond, de la Motte-au-Vicomte & du Gouray, & érection de ces terres en marquisat, sous le nom de Coetlogon, relevant du duché de Bretagne, & transigea le 29 juin 1632 avec Jean de Coetlogon seigneur de Kerberio. Femme, Gilette de Ruellan, fille de Gilles de Ruellan, seigneur du Rocher-Portail & du Tiersant, & de Françoise Miolais, fut mariée par contrat du 9 octobre 1605. Elle étoit soeur de Guyonne de Ruellan, femme de François de Cossé duc de Brissac, pair & grand pannetier de France.


 


 

1° Louis de Coetlogon, mort jeune.


 

2 ° Philippe de Coetlogon, devint héritière deSa branche par la mort de son frère, & épousa René de Coetlogon son parent, vicomte de Mejusseaume.


 

3° Susanne de Coetlogon, mariée en 1635 à Guy le Meneust, seigneur de Brequigny, président à mortier au parlement de Bretagne.


 

4° Françoise de Coetlogon, épousa Thibaut le Maintier seigneur de Carmené.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 05:54

 

 

Château de la Chèze avec armoiries de ses possesseurs : de Porhouët, de Rohan, de Clisson, de Chabot. Le château de la Chèze, suivant la tradition du pays ; il était flanqué de neuf tours, et on distingue encore les vestiges de cinq d'entre elles. Il était entouré de douves et avait un pont-levis ; a même soutenu plusieurs sièges. Dans le partage du comté de Porhouet, en 1241, ce château est qualifié de forteresse. En 1599, il subit le sort de tous les châteaux et forteresses de la Bretagne, qui furent démantelés.

 

Une fille d'un Comte de Porhoüet fut mariée avec un Vicomte de Rohan prédécesseur de ce présent Vicomte & qu'en mariage avec ycelle fut baillé audit Comte la pièce & Seigneurie de la Cheze, & dit que lesdits Chasteau & Ville de la Cheze avec grande partie d'icelle Seigneurie, sont scituez en là Comté de Porhoüet, & autre partie est scituée en la Vicomté de Rohan, ne sçauroit bien déclarer ne dire les limittes & séparations desdites patries, ne où est la pluspart d'icelle Seigneurie ou en Porhoüet, ou en ladite Vicomté, & dit que lesdites choses sont toutes notoires, & en règne voix publique & commun renom en celle partie. Enquis sur le trente-troisième article, recorde que lesdites Seigneuries de Porhoüet & la Cheze sont apartenancées de belles forests & grands buissons de grande fustaie, sçavoir, la dite Seigneurie de la Cheze de grande partie de la forest de Loudeac, quelle partie est dite, nommée & appellée forest, & ainsy réglée & gouvernée ; & outre y a en celle Seigneurie de la Cheze le bois de Ceslau, le bois de la Plesse, & le bois de Cretgouel qui sont beaux buissons de bois de haulte fustaie & taillis hantez de bestes rousses & noires pour chasser, & y a de beIles chasses, & y a veu ce tesmoing prendre pour un an en iceux bois de la Cheze cinquante deux cerfs sallables en ladite Comté de Porhoüet hors la Seigneurie de la Cheze, & y a une belle forest nommée la forest de Lannones qui tient environ trois lieues de long & deux lieues de large, & en ycelle y a un grand breil de bois nommé le Pezon, qui est le plus beau bois de haulte fustaie que ce resmoing vit onques en quelque païs au lieu que soit ; aussy y a en celle Comté de Porhoüet autre bois nommé le bois d'Aougst qui est partie de haulte fustaie & partie bois taillable & le bois Deuregar qui est bois taillable, efquelz forests & bois & chacun d'eux y a abondance de bestes rousses & noires & de belles chasses, & sçait lesdites choses déposées sur ledit article pour ce qu'a fréquenté esdits lieux & Ta ainsy veu. Enquis sur les 34, 35, & 36 articles. Recorde que prèz la Ville & Chasteau de Josselin en ladite Comté de Porhoüet y a une Abbaye nommée St. Jean des Prez, laquelle est de la fondation des prédécesseurs dudit Vicomte à cause de ladite Comté de Porhoüet, ainsy que ce tesmoing a ouy dire & tenir communément & tout notoirement au païs ; ne sçait dire le grand revenu & fondation d'icelle Abbaye , mais dit qu'il croit qu'elle est de bonne & grande fondation, pour ce que est bien & honnorablement servie & entretenue, aussy ne sçait si l'aumosne y est donnée par deux jours la semaine à tous affluans, ainsy qu'il est articulé ; & outre que près ledit Chasteau de la Cheze est l'Abbaye de Lantenac que dit communément & notoirement estre de la fondation des sieurs de la Cheze, & est fondée d'environ Cinq cens livres de rente, comme il l'a ouy dire communément en cette partie, & n'est pas à présent records de ceux à qui il en a ouy parler, aussy ne sçait aucunement la valeur d'icelle fondation...Ainsi s'exprimait Dom Charles Taillandier au sujet de l'émergence de la châtellenie de La Chèze. Ainsi que nous l'avons abordé au sujet du fief de la Ville-Jegu, c'est la fille cadette de Eudon III de Porhoët : Aliénor de Porhoët qui reçut ce château. Elle avait épousé Alain V de Rohan. L'aïeul commun du couple n'était autre que Eudon premier de Porhoët, regardé comme petit-fils de Guéthénoc, vicomte de Rennes -Wiheconus vicecomise de Redone(voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 2). Aliénor de Porhoët et Alain V de Rohan reçurent ainsi la moitié de la ville de Loudéac (1226). De leur union naquirent plusieurs enfants dont Alix mariée avec Etienne de Bréhan. Aliénor de Porhoët, dame de la Chèze apparait dans un acte daté de 1251, assistée de son second mari Pierre de Chemillé, lors d'une transaction passée avec le prieur de la Trinité, au sujet d'une cohue (foire) qui se tenait au bourg de Mohon. Le Prieuré de la Sainte-Trinité avait été fondé près d'un siècle plus tôt en la cité de Porhoët qui devint ainsi Trinité-Porhoët. Ogée de poursuivre en évoquant la châtellenie de La Chèze : ce démembrement fut réuni par acquêt du Connétable Olivier de Clisson, qui eut de son mariage avec Catherine de Laval (voir Personnages bretons immortalisés sur des vitraux, page n° 1), deux filles, dont l’aînée, Béatrix de Clisson, Comtesse de Porhoët, épousa Alain VIII du nom, Vicomte de Rohan, à qui elle porta ses biens. Jean II du nom, Vicomte de Rohan, à qui elle porta ses biens, épousa, le 8 Mars 1462, Marie de Bretagne, fille du Duc François Ier (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 19) : la cérémonie de ce mariage fut faite dans la Chapelle du château de la Cheze, par Jean Prigent ; Evêque de Saint-Brieuc, en présence du Duc François II, du Vicomte de la Belliere, & d’un grand nombre de Seigneurs & Dames. Le château de la Cheze fut assiégé, en 1484, par le Prince d’Orange, qui fut obligé d’en lever le siège. Ce château est actuellement en ruines. L'héritière de la branche aînée des Rohan, Marguerite de Rohan transporta le domain à une famille poitevine, la famille Chabot. Mais elle fit appel à la Régente Anne d'Autriche, et obtint du jeune Louis XIV en 1645 le statut de princesse et de donner aux enfants issus de leur union le patronyme de Rohan-Chabot. C'est à la dite Marguerite de Rohan, morte en 1684 qu'ait fait allusion le factum évoqué à la page consacrée à l'abbaye de Lantenac. Marguerite, Duchesse de Rohan, Princesse de Léon, Comtesse de Porrhoët, épousa en 1645. Henry Chabot, Seigneur de saint Aulaye & de Montlieu, Duc de Rohan, Pair de France, Gouverneur d'Anjou, mort le 27 Février de l'an 1655 en la 39e année de son âge. La Duchesse son Epouse est morte en 1684 & a laissé de ce mariage : 1° Louis, qui suit  & qui a été obligé par la loy apposée au Contract de mariage de ses pere & mere ; 2° Anne, mariée le 16 Avril 1663 à François de Rohan Prince de Soubize, à qui elle en apporta la Principauté ; 3° Marguerite, mariée l 1668 avec Alexandre-Guillaume de Melun, Prince d'Epinoy, morte en 1698. Contrats. Louis de Rohan Chabot, Duc de Rohan, Prince de Léon, Comte de Porhoët, & a épousé le 28 Juillet 1678 Marie Elizabeth du Bec Crespin Grimaldi, fille unique de Francois-René, Marquis de Vardes, Comte de Moret, Chevalier des Ordres du Roy, Gouverneur d'Aiguës-mortes, Capitaine des Cent Suisses de la Garde de fa Majesté ; & de Catherine Nicolaï. De ce mariage il a eu Louis-Bretagne-Alain, Charles-Annibal, Prince de Léon, né le 26 Septembre 1679 Guy-Auguste, Chevalier de Rohan : N. Chevalier de Léon : Marïe-Marguerite-Françoise, mariée à Louis Pierre, Comte de la Marck, commandant les Regiments de Furstemberg au service du Roy , morte en Janvier 1706  & N. Demoiselle de Rohan Argentré

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 20:47

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 18:54

Le fief de la Ville-Jagu, vicomté de Porhoët-baillie de Ploërmel

 

-communication de M. Fernand Bagot.


 

Considérations d'ordre historique et géographique sur cette région


 

La « Ville-Jagu » était, au XIIIe siècle, un domaine appartenant en propre aux comtes de Porhoët, ainsi que cela ressort d'actes importants, qui ont été conservés parmi les rares documents anciens concernant cette région. Le hameau actuel de la « Ville-Jégu »(autrefois Ville-Jagu), placé aux confins des départements des Côtes-du-Nord et du Morbihan, à égale distance de la Chèze (Côtes-du-Nord) et de Josselin (voir à travers la ville de Josselin) (Morbihan), les deux anciens chef-lieux de châtellenies du Porhoët au XIIIe siècle, est situé sur les bords du Lié (autrefois Hellier) affluent de l'Oust (out) -canal de Nantes à Brest -Ce village, qui comptait en 1955 une soixantaine d'habitants et une vingtaine de maisons, était à l'origine, avec son manoir fortifié, une position stratégique non loin de la forêt de Lanouée, à 5 km environ du confluent du Lié et de l'Oust. Cette dernière rivière arrose Josselin et Rohan, lieux principaux au XIIIe siècle du comté de Porhoët et de la vicomté de Rohan. La vicomté de Porhoët, créée en 1008 au profit de Guéthénoc, avait été démembrés, une première fois, vers 1120, en vue de la création de la vicomté de Rohan (qui deviendra en 1603 le duché-pairie de Rohan).de la construction d'un canal destiné à amener les eaux du Lié, depuis le moulin de la Ville-Jagu jusqu'aux Forges de Lanouée. Cette affaire donna lieu à un important contentieux, qui retarda quelque temps la construction de cet ouvrage. On s'explique ainsi que le Lié se divise à la Ville-Jégu en deux bras, qui vont se rejoindre à 5 km environ de là, au confluent de l'Oust. C'est non loin de ce confluent, sur la lande de Cadoret, qu'eut lieu en 1345, pendant la guerre de succession de Bretagne, un important combat, entre une armée anglaise soutenant Jean de Montfort, et celle de Charles de Blois. La vallée du Lié présentait, à l'époque féodale, un intérêt stratégique et économique certain. On trouvait dans l'ancienne châtellenie de la Chèze -qui comprenait le territoire de l'actuel canton de la Chèze, plus (au sud) deux communes du Morbihan (Saint-Samson et Bréhand-Loudéac), et (au nord-ouest) la forêt de Loudéac, Uzel (voir à travers le bourg d'Uzel), etc. -plusieurs seigneuries, dont le Cambout, le Gué-de-l'Isle, Coëtlogon (voir à travers le bourg de Coëtlogon). On peut relever leurs noms dans divers actes, tels que : hommages rendus et serments prêtés aux ducs de Bretagne, aux comtes de Porhoët, et aux vicomtes de Rohan, aveux, déclarations, etc. On y relève aussi Le Tertre et la Tronchaie-en-la-Prenessaye, Estuer, Coëtuhan, Glécouët (en Brehand), etc.

 

 

 

 

Armoiries de Bréhan -à gauche, et de Rohan -à droite

 

 

Les vieux châteaux ou manoirs, ou leurs ruines, existent encore. Tous ces noms figurent sur la carte officielle au 100.000e (feuilles Loudéac et Ploërmel). On retrouve encore le souvenir de ces anciens organismes militaires dans les actes notariés du XVIIIe siècle, la plupart de ces seigneuries ayant haute ou moyenne justice. Ces juridictions seigneuriales subsistèrent jusqu'en 1789. La pièce maîtresse de cette organisation était au XIIIe siècle, le château-fort de La Chèze (voir à travers le bourg de la Chèze)-chef-lieu de la deuxième châtellenie du comté de Porhoët -dont on peut voir encore les ruines près du Lié. On ignore la date exacte de construction de ce château-fort; certains disent qu'il fut construit au XIIe siècle par Eudon II de Porhoët, pendant que celui-ci était duc (plus exactement comte) de Bretagne du fait de son mariage. Eudon II avait fondé en 1149 une abbaye à Lantenac, où il possédait une villa, à 2 km de La Chèze (voir L'Abbaye Notre-Dame de Lanthénac en la paroisse de La Chèze).

 

 

Le château de Le Cambout d'après le Vicomte Frotier de la Messelière ; armoiries des possesseurs du lieu : de Cambout et de Lorraine.

 

Ajoutons que la Ville-Jégu fait actuellement partie de la commune du Cambout, démembrement relativement récent de la vaste commune de Plumieux (voir à travers le bourg de Plumieux), paroisse fort ancienne (le plou de Mieux, ou de saint Mieux). La situation géographique ainsi définie ne fait aucun doute, mais on pourrait hésiter à première vue, car il existe plusieurs écarts du nom de Ville-Jégu dans le département des Côtes-du-Nord. On notera que le nom de Jagu était anciennement fort répandu en Bretagne centrale. Il provient du saint Jagu du Ve siècle (frère de Guéthénoc et de Guénolé), qui fonda l'abbaye de Saint-Jacut (ou Jagu)-de-la-Mer, dans un lieu situé entre Matignon et Plancoët, abbaye dont parle Dom Lobineau (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1 - L'abbaye de Saint Jacut de la Mer en images). Des historiens de la Bretagne lui ont consacré une intéressante notice. Il existait aussi, en plus des diverses « Ville-Jagu », un « Bois-Jagu », un château de la Roche-Jagu (sur le Trieux) (voir Le château de la Roche Jagu en Ploëzal) etc. Il est probable que le lieu qui nous occupe tenait son nom des moines de Saint-Jagu; ceux-ci avaient, en effet, à une lieue de là, des biens ou des intérêts, notamment à la Trinité-Porhoët(voir à travers la ville de la Trinité Porhoëtet à Mohon (Morbihan) (voir A travers le bourg de Mohon). On notera, encore que toute cette région, en plein pays « Gallo », a été contrairement à une opinion courante, très anciennement habitée, et occupée par des bretons « bretonnants ». Il est question de Lanouée et de Mohon dans les chartes de Redon. Il existe dans le pays de nombreux toponymes d'origine bretonne (les Bod, les Quilli, les Coët, etc.). Enfin, des voies romaines passaient à proximité de la Ville Jagu et traversaient l'actuel canton de La Chèze. On a dit que la « Ville-Jegu » est actuellement un écart de la commune du Cambout. Avant la Révolution, et depuis les débuts de la féodalité, le Cambout était une importante seigneurie de la châtellenie de La Chèze (comté de Porhoët), mais la Ville-Jagu n'a jamais dépendu de cette seigneurie. Le moulin de ce lieu fut bien concédé, à une certaine époque, aux seigneurs du Cambout, mais il fut repris par le duc de Rohan, comte de Porhoët, au XVIIIe siècle, à l'occasion la Chèze, et à 15 km environ de la Ville-Jagu. Le plus ancien document actuellement connu qui cite le château-fort de la Chèze, est l'un des actes de partage du comté de Porhoët, datant de 1241. On trouvait aussi sur le Lié divers moulins à eau, dont certains existent encore. Enfin, la châtellenie de La Chèze disposait de la forêt de Loudéac et était limitée au sud par celle de Lanouée. Ces forêts jouaient un rôle précieux au temps d'une économie assez rudimentaire (bois de construction, élevage de porcs et de chevaux, et plus tard bois de chauffage pour les forges de Vaublanc et de Lanouée). On comprend, dans ces conditions, que les comtes de Porhoët se soient intéressés à leur domaine de la Ville-Jagu. C'était un fief modeste, sans doute, mais il a joué un rôle historique, fort peu connu d'ailleurs, même dans le pays. Les partages du comté de Porhoët au XIIIe siècle Actes passés au manoir de la Ville-Jagu en 1248 Rappelons tout d'abord qu'Eudon II, vicomte de Porhoët avait épousé en 1146 Berthe, fille du duc Conan III et veuve d'Alain le Noir comte de Richemont. Il prit en 1147, au décès de Conan III, et suivant les volontés de celui-ci, le titre de duc de Bretagne et en exerça les fonctions. Mais il eut aussitôt comme ennemis déclarés Hoel, fils désavoué de Conan III, puis un autre Conan, fils du premier mariage de Berthe. Une guerre civile s'ensuivit; puis ce fut l'invasion anglaise avec le roi Henri II Plantagenet. Celui-ci ravagea le Porhoët et détruisit la forteresse de Josselin en 1168 et 1175. La guerre dura longtemps. Finalement, le roi anglais Henri II, après avoir marié son fils Geffroy à Constance, fille de Conan IV, plaça ledit Geffroy sur le trône ducal de Bretagne. (On l'appelait d'ailleurs comte « L'assise au comte Geffroy»). Au décès d'Eudon II, son fils, Eudon III, devint comte de Porhoët ; on l'appelait Eudon (ou Eon) « fils le comte », en raison du rôle joué par son père. On trouve cette expression dans les actes de l'époque et sur son sceau personnel. Après un «règne » moins troublé que celui de son père, Eudon III trépassa en 1231 à l'âge de 89 ans. Il n'avait pas d'héritier masculin.Le comté de Porhoët tombait en « quenouille ». On procéda donc au partage entre les filles, assistées de leurs époux, et leurs ayants cause. Ces opérations soulevèrent entre les héritiers de nombreux litiges; elles se terminèrent seulement en 1248, par un acte passé précisément au manoir de la Ville-Jagu, douaire de la veuve d'Eudon III de Porhoët. Cet acte, qui confirmait d'ailleurs et résumait les précédents, fut expressément approuvé par le duc de Bretagne, la même année 1248. On ne peut s'attarder à analyser dans le détail tous ces documents, qui comportent au surplus beaucoup de répétitions. Ils ont été extraits au XVIIIe siècle par Dom Morice des archives des Rohan à Blain ; l'illustre bénédictin signale que certains d'entre eux sont tirés du « cartulaire d'Alençon, Chambre des Comptes de Paris. Cette source s'explique comme suit -La principale part de l'héritage d'Eudon III de Porhoët, avec Josselin, la forêt de Lanouée, Mohon, revint à Raoul, comte de Fougères, dont le père avait épousé la fille aînée d'Eudon III.-Il eut dès lors les prérogatives et le titre de comte de Porhoët. On verra qu'il reçut également le fief de la Ville-Jagu (paroisse de Plumieux). La châtellenie de la Chèze, avec la forêt de Loudéac, et la Trinité-Porhoët revint à la seconde fille d'Eudon III, Aliénor de Porhoët, vicomtesse de Rohan, remariée à P. de Chemillé, seigneur de Brissac; son fils, Alain VI de Rohan, recueillera cette succession. Ainsi, les vicomtes de Rohan reçurent l'importante châtellenie de la Chèze, avec son château-fort, ce qui complétait leurs domaines déjà considérables. Cette châtellenie relevait d'ailleurs toujours, au point de vue féodal, du comté de Porhoët, et il en sera ainsi jusqu'en 1603, date de la création du duché de Rohan. La part du comte de Fougères devait subir beaucoup de vicissitudes. Elle passa successivement (par mariage) aux Lusignan, comtes de la Marche, puis, par confiscation, au roi de France Philippe le Bel. Finalement, le comté de Porhoët fut acquis, en 1370, par le connétable Olivier de Clisson grâce à un échange avec le duc d'Alençon prince du sang, d'un fief normand des environs de Falaise. Enfin, à la mort de Clisson, et à la suite de mariages, le comté de Porhoët, avec Josselin, revint aux vicomtes de Rohan, qui avaient ainsi reconstitué l'antique comté de Porhoët.De l'acte de partage de 1248, on retiendra surtout ceci, qui concerne spécialement la Ville-Jagu, où fut passé cet acte. Bien que situé dans la paroisse de Plumieux, c'est-à-dire sur le territoire de la châtellenie de La Chèze, ce domaine devait revenir non pas à Aliénor de Porhoët. vicomtesse de Rohan, « dame de La Chèze », mais à Raoul de Fougères, comte (de Porhoët). La veuve d'Eudon III devait résider jusqu'à sa mort à la Ville-Jagu, son douaire. « Et quand il advendra » dit le document précité « que le doaire Margerite, qui fut femme Mgr Eun fils le comte escherra après la mort d'icelle, le hebergement de la Ville Jagu et le Plessix si comme il parssiet, revendra a celx Raoul de Fougeres et a ses ers, et toute ly autre terre que il tient par doaire sera repartie en trois parts. » Donc, le comte de Fougères et de Porhoët s'était formellement réservé en 1248, la Ville-Jagu. Ceci explique qu'un acte de ce seigneur soit daté de la Ville-Jagu en 1255. Par cet acte, Raoul de Fougères accordait à Caro de Bodégat des concessions de droits d'usage dans la forêt de Lanouée. La famille de Bodégat -dont le château était placé près de la rivière Ninian, affluent de l'Oust (paroisse de Mohon) non loin d'un lieu-dit Bodieuc où se trouvent des vestiges de retranchements préhistoriques -avait de nombreux intérêts communs avec les Porhoët. « Karou » c'est-à-dire Caro de Bodégat (et la « mère Karou », sa mère) sont cités dans l'acte de partage de 1248. Les actes passés à la Ville-Jagu au XIIIe siècle sont intéressants pour l'histoire locale. Le Plessis -dont il est question dans le partage de 1248 -est à notre avis le Plessis-Jaulme, village situé près de la forêt de Lanouée, à proximité de la Ville-Jagu, du Cambout, de la Trinité Porhoët, et de Mohon.On notera aussi, d'après l'acte de 1248, qu'il existait un moulin à Caussac sur le Ninian, rivière de la Trinité-Porhoët, de même l'acte de fondation que de l'abbaye de Lantenac, en 1149, par Eudon II de Porhoët, nous apprend qu'il existait un moulin sur l'Oust, à Trémuson. Ces documents s'ils étaient plus nombreux permettraient d'établir une carte économique assez précise de cette région au XIIIe siècle. En définitive, l'étude de ce fief de la Ville-Jagu, malgré son caractère limité, permet d'apporter une petite contribution à l'histoire età la géographie féodales de la Bretagne centrale, questions encore bien obscures à certains égards.

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Published by poudouvre
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