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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 09:28

 

 

 

 

Le monument ancien le plus remarquable aux environs de St Brieuc , est la tour de Cesson, bâtie sur le sommet d'un cap élevé qui forme la pointe orientale de l'embouchure de la petite rivière du Legué. Le Duc de Bretagne, Jean IV, fit construire ce fort en 1395, pour protéger la côte et s'opposer aux invasions des pirates dans la baie de St-Brieuc et le Legué même. Une moitié seule de cette tour que l'on a ruinée par la mine, reste encore debout, et j'ai vu peu de constructions plus fortes ni plus solides. Elle était de forme ronde à l'extérieur, hexagone en dedans. La maçonnerie en est en pierres , dis posées par assises régulières mais non taillées. Le ciment qui les unit a acquis une telle dureté, qu'il surpasse celle de la pierre même. Les murs de la tour ont au premier étage seize pieds d'épaisseur; ils sont un peu moins forts dans les parties supérieures de l'édifice. Il y avait quatre étages, et le sommet se terminait en plate-forme; son état de ruine ne laisse plus voir s'il était muni d'un parapet saillant et de machicoulis, mais il y a lieu de le croire, ces accessoires ne manquant jamais dans toutes les fortifications du quatorzième siècle. Un escalier en vis, pratiqué dans l'épaisseur même des murs de la tour, donnait accès à ses différents étages. On voit dans les parties supérieures des restes de cet escalier. Chaque étage était éclairé par des fenêtres en forme d'embrasures, les unes carrées, les autres cintrées. On y voit aussi quelques barbacanes et des meurtrières pour placer du canon. Dans l'intérieur de la tour on voit des portes en ogive qui communiquaient d'une salle dans l'autre. De même que dans presque toutes les tours isolées, la porte extérieure de celle-ci n'était point au rez-de-chaussée mais au premier étage, elle est tout simplement carrée et a l'apparence d'une grande fenêtre plutôt que celle d'une porte. On y parvenait par un pont-levis, et l'on voit encore la coulisse qui en recevait la flèche. Ce pont-levis s'abattait sur la crête de la contrescarpe du fossé circulaire qui environne ce fort. L'usage de construire de ces fortes tours isolées remonte à une très-haute ancienneté. Elles furent comme nous l'avons déjà dit les premières habitations , les premiers châteaux des seigneurs et des chefs de guerre ; elles furent les premières citadelles qui maîtrisèrent les villes lors de l'affranchissement des communes, et qui retinrent leurs habitants dans le devoir et l'obéissance envers le prince, lorsque Louis le Gros permit l'organisation municipale des cités. Plus tard, quand la poliorcétique eut pris un bien plus grand développement et que la France vil s'élever de toutes parts des châteaux et des forteresses considérables, on continua néanmoins à bâtir en certaines localités des tours isolées, parce que ce genre de fortification était fort utile pour défendre l'accès d'un passage, d'un défilé, l'entrée d'une rivière, d'un port, etc, et que pour peu qu'une tour de cette espèce fut solidement construite, il suffi sait d'une garnison très-peu nombreuse pour la mettre en état de résister à l'attaque d'un ennemi très-supérieur, surtout aux époques où l'usage de l'artillerie était encore peu répandu. Pendant la guerre de la succession de Bretagne, entre Blois et Montfort, c'est par là qu'arrivaient les Anglais, alliés de Montfort; Montfort avait-il le dessus, il tenait Cesson et y recevait ses renforts d'Angleterre; Blois était-il le plus fort, il s'emparait de Cesson, et empêchait les Anglais de débarquer. En trente ans de combats, Cesson passa ainsi, plusieurs fois, de l'un à l'autre. Au temps de la Ligue, il devint le repaire d'un capitaine ligueur qui pillait et rançonnait tout le pays; mais un jour vint où Henri IV, résolu à remettre toutes choses en ordre, obligea les gouverneurs de forteresses à se soumettre, ou, quand ils ne se soumettaient pas, les fit pendre. Le château de Cesson fut alors abattu et il ne resta debout que la tour du donjon ouverte à tous les vents. -Aujourd'hui elle appartient à un riche propriétaire, ancien représentant, esprit sagace et instruit, unissant, comme quelques hommes de notre époque, les idées d'égalité et un instinctif amour du luxe, à la fois démocrate et châtelain. De même que les seigneurs d'autrefois, il a voulu avoir son château, un château moderne et un jardin, un jardin malgré le sol de roc où ne s'enfoncent pas les racines, malgré les ouragans qui arrachent ses arbres, malgré l'air âcre et salin, qui, comme sur tous les bords de la mer, ronge les feuilles et penche les branches, du côté de la terre : cette inclinaison uniforme d'un seul côté donne aux rivages de la mer une solennelle tristesse ; l'homme sent que là sa force est impuissante ; c'est une autre main qui courbe ces arbres, et leur donne leur pli pour toujours. Mais, lui, dure tête bretonne, avec la ténacité de sa race, il a creusé ça et là de larges espaces où il a planté des arbres verts; ces pauvres petits arbres, du fond de ces trous, élèvent timidement la tête de quelques pouces, jusqu'à ce que l'âpre brise, passant par dessus, les arrête brusquement et leur dise aussi en son langage : Tu ne monteras pas plus haut! -Quant au château, il eut un instant la pensée de le bâtir dans les flancs de la vieille tour ; des divans de soie de son salon on eût aperçu la plaine de la mer par les fenêtres à ogives percées dans un mur épais de dix pieds; mais il fut intimidé par cette masse de pierres qui se tiennent à peine et surplombent au-dessus de sa tête ; il désespéra d'atteindre, âvec ses petits étages, le haut de cette ruine découronnée et il se résigna à construire son château au pied de la tour, à quelques pas dans son ombre. Là, il a bâti un pittoresque logis, une sorte de villa italienne, peinte de vives couleurs, avec une galerie à jour courant le long du toit plat, il y a rassemblé les stucs et les marbres, les vases et les dorures, tout le luxe de notre temps. Mais, lorsqu'on sort de cette jolie et coquette demeure, le contraste des deux sociétés tout à coup apparaît saisissant : le petit château, accroupi au bas de la tour, s'abaisse comme humilié et craintif; tous ses détails s'amoindrissent ; il semble qu'à peine un homme passerait par ses portes étroites ; on dirait qu'on le peut saisir à deux mains par les arcs de sa balustrade, comme par des anses, et l'enlever de terre, et l'emporter comme un joujou d'enfant; et vis-à-vis, au contraire, s'élève la haute tour, montée sur un énorme monceau de débris écroulés; les grandes pierres de son faîte pendent dans le vide, et sur l'azur du ciel s'arrêtent les degrés de son escalier rompu : dressée à l'extrémité d'un promontoire qui s'avance dans la mer, de plusieurs lieues, de toute la côte et de l'Océan, on aperçoit sa masse longue et sombre; tout à l'entour les champs sont nus, sans arbres, presque sans maisons ; ébréchée et crevée, elle s'allonge vers le ciel, comme un colossal obélisque; au-dessous, à plusieurs centaines de pieds, la mer frappe de ses vagues sa base de rochers, les vents la battent incessamment ; et de ses flancs s'envolent, en jetant de longs cris, les oiseaux aux ailes grises, vers l'Océan. La tour de Cesson, circulaire à l'extérieur et hexagone au dedans, fut élevée par le duc Jean IV à la fin du XIVe siècle. D'un aspect sévère et grandiose, elle a un diamètre intérieur de cinq mètres cinquante centimètres; une double enceinte de fossés, taillés à pic dans le roc, ou revêtus en fond de cuve, l'entoure. Sa base est un massif légèrement conique, et les murs ont environ quatre mètres d'épaisseur à l'étage inférieur. Ils contenaient un escalier en hé lice conduisant à la plate-forme, des couloirs et des tuyaux acoustiques, pour faire parvenir rapidement les ordres dans toutes les parties de la forteresse, et mettre en communication les défenseurs de ses quatre étages. Chacun d'eux était éclairé par des fenêtres, les unes carrées, les autres cintrées, formant par leurs profondes embrasures un petit appartement garni de bancs de pierre. On y voit aussi quelques barbacanes et des meurtrières pour placer du canon. Des portes en ogive faisaient communiquer, à l'intérieur, d'une salle dans l'autre. Au premier étage se trouvait la porte d'entrée à plein-cintre. Le pont-levis se manœuvrait à l'aide d'une armature courbe en fer, engagée à l'extrémité d'une poutre qui rentrait dans la muraille par deux coulisses, l'une verticale et l'autre arquée. Deux chaînes , suspendues au bout de l'arc, portaient le tablier qui s'abattait sur la crête de la contrescarpe du fossé. L'appareil de ces constructions annonce le XIVe siècle, et elles n'étaient pas sans doute terminées lors des deux sièges de Saint Brieuc, en 1375 et en 1394 , puisqu'il n'y est pas fait mention de la tour de Cesson. Le chanoine Ruffelet, qui écrivait en 1771, dit que, de son temps, on y voyait les armes de Bretagne et de Navarre en alliance. Cette indication vient préciser, à peu d'années près, la date de cette forteresse, qui aurait été élevée entre l'an née 1386, pendant laquelle le duc Jean IV épousa Jeanne de Navarre, et l'année 1399, celle de sa mort. Au commencement d'août 1592, Saint-Laurent, lieutenant du duc de Mercœur, vint mettre le siège devant Cesson ; mais le marquis de Sourdéac accourut au secours de la place, et, dans un combat des plus vifs, il battit Saint-Laurent, le fit prisonnier et le retint captif dans cette même tour où il s'était flatté d'entrer d'une autre manière. Le duc de Mercœur ne tarda pas à venger l'honneur de son lieutenant; il vint lui-même mettre le siège devant Cesson, qu'il prit par capitulation, après lui avoir fait essuyer quatre cents volées de canons. Cette tour demeura au pouvoir des Ligueurs jusqu'en 1598, année où elle fut reprise par le maréchal de Brissac et remise sous la domination du roi. Henri IV la fit démolir la même année, à la demande des habitants de Saint-Brieuc. La mine qu'on fit jouer à cette intention, fendit de haut en bas le colosse, dont une moitié seulement s'affaissa sur elle-même. L'autre moitié, encore debout sur son promontoire, et d'une hauteur de plus de vingt mètres, en servant de guide aux pilotes, offre au paysagiste et à l'archéologue un précieux débris du passé : c'est la couronne brisée de la cité de Saint-Brieuc. Des fouilles, pratiquées sous la tour, ont amené la découverte de chausse-trappes qu'on jetait dans les gués pour enferrer les hommes et les chevaux ; de boulets en potain ; d'un grand nombre d'épées rompues, de vouges, d'épieux et de faucilles, d'une lourde hache, enfin de médailles, de pote ries et de tuiles romaines , qui indiquent que la forteresse du moyen âge avait succédé à un établissement plus ancien. Plusieurs de ces débris sont déposés au musée de Saint-Brieuc. Description effectuée par Fréminville et Pol de Courcy

 

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 08:01

Bretons.


 

M. Poey d'Avant, adoptant l'opinion émise par Bigot, attribue à St-Brieuc et à Jugon des deniers de Jean II qui portent les initiales B et I. Nous devons avouer que ni les archives ni la tradition locale n'ont pu nous procurer aucun indice à l'appui de cette hypothèse : nous croyons qu'à aucune époque il n'a été frappé de monnaie dans ces villes. Passant sur le règne d'Arthur II, qui ne présente aucun incident numismatique, nous arrivons à Jean III. Nous sommes à l'époque où les rois de France cherchaient à réglementer les monnaies féodales pour arriver à les supprimer. En 1313, Louis X écrivait sévèrement à Jean III pour lui reprocher l'affaiblissement de ses monnaies ; en 1316, il en fixait le poids, l'aloi et le type ; et, en 1320, Jean III recevait une nouvelle semonce royale. En 1339, l'inobservation des ordonnances du roi en traînait la saisie des coins et monnaies du duc de Bretagne, et de fortes amendes dont Philippe de Valois faisait remise, à condition que le duc ne retombât plus en récidive. La longue lutte de Charles de Blois contre Jean de Montfort exerça une influence notable sur le monnayage breton. On vit paraître des monnaies d'or, des gros blancs à la fleur de lys, à la couronne et à l'étoile, des demi-gros, des doubles et des petits tournois, des doubles parisis. Les officiers des monnaies de Charles de Blois imitaient les monnaies étrangères, celles du roi de France d'abord, puis celles du Maine et de Flandres. Les pièces bretonnes, alors d'un très-faible aloi, avaient besoin de ressembler aux bonnes monnaies en circulation pour être acceptées. Cette imitation peu scrupuleuse du numéraire motivait de la part du duc Charles des ordres sévères pour prohiber dans ses Etats le cours de la monnaie étrangère, dont les siennes ne pouvaient supporter la comparaison. Charles trouva quelquefois de la résistance sur les points où il voulut établir des ateliers monétaires. Ainsi, à Quimper-Corentin, les vicaires épiscopaux s'opposèrent énergiquement à l'établissement d'un hôtel des monnaies, bien que le duc eût déclaré que cette mesure lui était imposée par les nécessités de la guerre, et qu'il n'entendait nullement porter préjudice aux droits de l'évêque. Barthélemy, maître de la monnaie ducale, envoyé de Guingamp à Quimper, ne paraît pas avoir rempli sa mission. On battait aussi monnaie au château de Brest, sous la surveillance du châtelain, et a Quimperlé en 1304 ; mais c'était toujours en vertu de commissions données par le roi d'Angleterre. Dès 1343, ce prince avait envoyé des monnayers en Bretagne pour forger le numéraire nécessaire à ses troupes ; ces ateliers n'émettaient probablement que de la monnaie anglaise. Jean IV ne se fit pas faute, comme son compétiteur, d'imiter les monnaies de ses voisins : il émit des gros, des doubles et des deniers dont les types rappellent certaines pièces brabançonnes, anglaises et flamandes. Il copia sur tout le numéraire de France, et fit forger des « francs à cheval » d'or, pendant que Charles de Blois émettait des « royaux ». Sous le règne de Jean IV, on frappait à son nom à Rennes, à Nantes, à Vannes, à Guérande, à Dinan et à Quimperlé. Ce prince et ses sujets eurent de graves démêlés, à la faveur desquels le roi de France voulut s'emparer du duché. La numismatique en conserve le souvenir par des monnaies qui ne portent pas de nom ducal ; elles furent forgées en vertu d'une ordonnance de Charles V, datée de septembre 1374, et appplicable aux ateliers de Nantes, Rennes et Vannes. Quelques années après la paix conclue entre le duc et le roi de France , celui-ci, alors Charles VI, chercha a contester à Jean IV le droit de frapper dans son duché d'autre numéraire que des deniers et des oboles. L'enquête de 1392 ne produisit aucune preuve authentique en faveur des ducs : elle constata simplement que Charles de Blois et Jean IV avaient fait forger toutes sortes de monnaies sans être inquiétés. Néanmoins, les gens du roi ne purent triompher de l'opiniâtreté des Bretons, et, jusqu'à la réunion à la couronne, les ducs de Bretagne émirent des pièces d'or, d'argent et de billon. Sous Jean V, on frappa monnaie à Morlaix, Fougères, Dinan, Nantes, Redon et Vannes : c'était des francs d'or, des grands blancs, des blancs et des demi-blancs, des gros et des demi-gros, des deniers et des doubles. L'imitation des monnaies étrangères diminua notablement, et le produit du monnayage breton, véritablement autonome, circula sans difficulté hors de la province. Ce système continua sous François Ier, Pierre II et Arthur III : seulement, le nombre des ateliers diminuait, et la fabrication monétaire se concentrait à Rennes, à Nantes et à Morlaix. L'enquête de 1455 constate que le duc Jean IV avait fait forger « des monnaies d'or petites comme moutonnets », et le duc Jean V « des flourins d'or ». Louis XI, à son tour, essaya d'abord d'interdire au duc François II l'émission des monnaies d'or et d'argent ; mais, bientôt, pour obtenir une alliance utile, il abandonna ses prétentions, et reconnut expressément les droits du duc. Les lettres patentes d'octobre 1465, confirmées à Caen au mois de décembre suivant, sont la reconnaissance officielle par le roi de France, du fait de la « monnaie blanche » de Bretagne.

 

 

 

 

Monnaies de Jean III (1), Pierre II (2) Arhur III (3)


 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 09:22

 

 

 

 

Monnaies des ducs Conan II (1), Jean Ier le Roux (2), et Arthur II (3)

 

Bretons.


 

Dans l'Introduction, nous avons parlé des guerres civiles qui suivirent la mort du comte Alain III. Eudes, son frère, tige de la maison de Penthièvre, frappa monnaie, d'abord comme tuteur de son neveu Conan II, puis comme comte breton indépendant. Nous croyons devoir donner tout d'abord la description des pièces émises par ce prince : + EDO DA : x IIITVIII (Edo dux Britanie), monogramme destiné à imiter celui de Herbert, comte du Maine, sur les monnaies du Mans.

R) + REDONS CIAITAS. Croix.

+ EDO DUX BRITANNIE. Temple tétrastyle.

R). + EDONIS CIVITAS. Croix cantonnée au deuxième d'une lunaire.

L'explication de ces deux types si différents nous semble facile. Mais remarquons tout d'abord que, à la fin du XIe siècle, il y eut un changement notable dans la monnaie de Bretagne : il semble que les nummi Karolici de l'ancien système carlovingien avaient été remplacés. En 1095, en effet, on parlait des « vieux deniers de Rennes », auxquels avaient succédé des pièces appelées popelicani. Si on fait un relevé des monnaies employées dans les actes bretons depuis 1050, on remarque que les espèces du Mans, qui jouissaient d'une grande faveur dans l'ouest de la France et qui même étaient la monnaie courante en Normandie, furent reçues en Bretagne jusqu'au milieu du XIIe siècle. Ensuite vint à peu près exclusivement, pendant près de quatre-vingts ans, la monnaie de Rennes, qui fut brusquement remplacée par celle d'Anjou, au moment où l'Angleterre, sous Conan IV, commença à dominer dans notre province. Eudes, voulant avoir une monnaie à son nom, chercha naturellement à imiter les pièces les plus répandues. Il fit donc graver un monogramme qui rappelait à la fois celui d'Herbert et celui des anciens nummi Karolici. Quand Eudes eut été repoussé de Rennes par les barons bretons, il adopta le temple des monnaies normandes. Peut être la légende Edonis civitas, qui se lit sur le denier à ce type, ne serait-elle qu'une sorte de trompe-l'oeil, pour indiquer, sous l'apparence d'une monnaie rennaise, la « cité d'Eudes », c'est-à-dire la ville de Dol. M. de Longpérier a proposé d'attribuer au comte Eudes et à la ville de Dol, des deniers aux légendes ODO DUX DOLEO CIVES, type de l'étoile à cinq pointes et du monogramme carlovingien. Jusqu'ici ces monnaies avaient été données à Eudes l'Ancien, sire de Déols : nous croyons que de nouvelles découvertes sont nécessaires avant d'adopter définitivement l'opinion du savant académicien. Conan II prit le monogramme Conanus : c'est à lui et à Conan III que, contrairement à une opinion assez générale, nous attribuons les monnaies à ce type. Nous renvoyons à Conan IV celles où ce monogramme n'est plus représenté que par les lettres IVS. Des chartes de ces deux derniers princes établissent que Alain III donna à l'abbaye de S-Melaine, qu'il venait de reconstruire, la dîme de la fabrication monétaire. Cette libéralité fut confirmée par la duchesse Constance, en 1193, et par la duchesse Alix, en 1213. En 1225, Pierre Mauclerc, voulant faire cesser toute intervention des moines dans le monnayage, s'engagea pour lui et ses successeurs à payer une rente de 40 liv. Six ans plus tard, saint Louis reconnaissait au prince qui gouvernait la Bretagne le droit de frapper la monnaie d'argent et de billon. Pierre Mauclerc avait des ateliers non-seulement à Rennes, mais aussi à Nantes et à Guingamp. Arrêtons nous un moment à celui-ci. Nous avons vu que le comte Eudes, tige de la maison de Penthièvre, avait frappé monnaie à son nom. Ses descendants continuèrent cette fabrication, de même qu'ils persistèrent à se qualifier tous comtes des Bretons, comme leurs aînés à Rennes. Le comte Etienne forgea des pièces nombreuses à Guingamp, ville qui faisait partie de la dot de sa femme. Il y grava son nom et une tête barbare, qui dégénéra en un objet confus, par suite d'une fabrication séculaire et très active. La grande quantité des espèces guingampaises tient à ce que celles-ci furent émises non-seulement par les descendants directs de ce prince, mais aussi par les branches collatérales dont les chefs tranchaient également du souverain . Les pièces de Guingamp continuèrent à porter le nom d'Etienne jusqu'en 1205, époque à laquelle le comte Alain, ayant réuni dans sa main tous les domaines de sa famille, signa ses pièces. Pierre Mauclerc s'étant emparé, en 1223, de ce pays, l'atelier guingampais émit des deniers aux armes de Dreux. Bien que l'on connaisse des monnaies portant avec le nom de Guingamp ceux de Jean Ier, de Jean II, d'Arthur II et de Jean III, nous doutons que l'atelier de cette ville ait été maintenu dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Nous pensons qu'à Rennes on continua les espèces guingampaises, à cause de la popularité dont elles jouissaient, non-seulement en Bretagne, mais encore dans les provinces voisines. Les enquêtes faites en 1391 pour établir contre les gens du roi le droit de monnayage du duc de Bretagne, ne font aucune mention de l'atelier de Guingamp. Jean Ier se montra d'abord très-peu soucieux des droits de St-Melaine ; mais il les reconnut par un acte de 1249, et la part des moines fut affermée pour trois ans, moyennant 300 liv. La différence entre les actes de 1225 et de 1249 indique que la forge des monnaies de Bretagne avait pris un grand développement. En 1254, le duc rachetait définitivement le droit dont S-Melaine jouissait depuis un siècle et demi. Les ducs de Bretagne , en repoussant de leurs ateliers l'intervention monacale, étaient peut-être mus par le secret désir d'une fraude trop commune alors : tout contrôle étranger les gênait dans l'imitation et l'altération des monnaies. En 1274, le duc Jean 1er fut averti par le roi qu'il eût à cesser d'altérer son numéraire : c'était lui enlever le quart des bénéfices que le duc voulait réaliser. Sous Jean II, le roi de France intervint encore pour lui interdire la fabrication des doubles deniers commencée par son père

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 13:55

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 13:30

Bretons.


 

la partie de la péninsule peuplée par les colonies bretonnes, il est très-rare de trouver des pièces mérovingiennes : il semblerait que les émigrés avaient sur tout recours à l'échange en nature ; les monnaies romaines et les métaux au poids suffisaient au reste. Dans le cartulaire de Landevennec, nous remarquons un passage où le roi Gradlon achète des terres avec l'or et l'argent qu'il a reçus des Francs ; plus loin, nous voyons des acquisitions faites moyennant « cinq livres d'or » ; plus loin encore, moyennant « trois sous d'argent ». Or, comme il n'y avait pas de sous effectifs d'argent au Ve ni au VIe siècle, il faut conclure qu'il s'agit là d'or et d'argent au poids. Un ancien chant breton, recueilli par M. de La Villemarqué, nous montre Nominoë apportant à Rennes, en lingots d'argent, le tribut de la province. La redevance « d'un denier d'or », payé au XIe siècle à la cathédrale de Nantes, est encore une réminiscence de l'époque où les métaux précieux étaient employés au poids dans les transactions, puisque, depuis le IXe siècle jusqu'à saint Louis, il n'y eut pas de monnaie d'or en France. Le denier d'argent nous semble avoir été importé en Bretagne par les ducs et comtes amovibles qui gouvernaient les marches bretonnes, au nom des souverains francs. C'est à ces lieutenants impériaux qu'il faut attribuer la fabrication des deniers de Louis le Débonnaire, portant les noms de Rennes et de Nantes. A l'avènement de Nominoë, les ateliers royaux de ces deux villes tombèrent au pouvoir du nouveau roi de Bretagne. Est-il probable qu'on retrouve un jour des monnaies au nom ou au monogramme de ce prince ou de ses successeurs? Nous n'hésitons pas à répondre négativement. Cette courte dynastie frappa monnaie, il est vrai ; mais elle paraît avoir conservé les types carlovingiens qu'on retrouve dans la province jusqu'au XIe siècle. Deux textes, empruntés au cartulaire de St-Sauveur, vont justifier notre opinion : l'abbé Convoïon donnait à un certain Buduoret « viginti solidos Karoliscos »; en 865, une saline était engagée « proviginti Karolicis solidis ». Vers le milieu du IXe siècle, furent frappées à Rennes et à Nantes des monnaies au monogramme de Karolus, avec la légende NAMNETIS CIVITAS – GRATIA D – I REX ; HREDONIS CIVITAS – GRATIA D – I REX. Ces pièces, en tout conformes aux prescriptions de l'édit de Pistes, publié en 864, rappellent que, suivant la tradition, Charles le Chauve donna à Salomon le droit de frapper monnaie. «Rex Carolus Salomoni, Britonum régi, habere permisit coronam auream, gemmis preciosis ornatam, seu circulum aureum ad jus libitum, et purpuream, atque episcopalem sedem et numismata aurea atque argentea ». Ces monnaies, correctement frappées, nous les attribuons à Erispoë et à Salomon. Entre elles et celles qui portent les premières un nom ducal, on remarque une série de pièces aux types et à l'aloi plus ou moins altérés, aux légendes en désordre : ce sont des copies dégénérées des monnaies que nous venons de signaler. Bien que ce monnayage ait duré près de deux siècles, on ne doit pas s'étonner de la rareté des espèces qu'il produisit. Depuis la mort de Salomon jusqu'à l'avènement de Geoffroi Ier, l'Armorique fut souvent ravagée par les Normands et les Danois : la monnaie ne put guère y être forgée que dans les moments où la province était libre de la domination étrangère. Nous citerons la paix due aux exploits d'Alain le Grand, en 879 ; celle qui suivit la conquête d'Alain Barbe-Torte, en 936 ; enfin, le moment où Conan le Tort se déclara indépendant dans Rennes, en 990. La ville de Nantes, tombée au pouvoir des Normands, puis des comtes d'Anjou, cessa probablement d'avoir un atelier monétaire dès la seconde moitié du Xe siècle : la prépondérance exclusive de la monnaie et du type de Rennes vient à l'appui de cette conjecture. Le Chronicon Briocense parle des monetas argenteas et parvos denarios nigros que forgea le comte Geoffroi : si on retrouvait des pièces au type carlovingien, avec le nom de Gaufredus , elles appartiendraient incontestablement à ce prince. Nous attribuons à son fils, Alain III, le denier de la collection Dobrée, que Bigot donnait à Alain Ier. Autour d'un monogramme carlovingien dégénéré, on lit : + ALA-RIX ; au revers, RIDONI CVI. A nos yeux, ce denier est la plus ancienne pièce vraiment ducale connue jusqu'à ce jour. Le mot rix n'est évidemment là, suivant l'habitude constante des monnayeurs du moyen-âge, que pour conserver l'apparence de l'ancienne légende GRATIA D-I REX. Bigot assignait à Alain III un autre denier, dont voici la description : + ALAMNVS. Croix. + REDONIS, étoile évidée à cinq pointes. Des numismatistes ont pensé à rejeter l'émission de cette pièce jusqu'au milieu du XII siècle, et ont proposé Alain le Noir ou Alain de Rohan: sans aller aussi loin, nous serions portés à croire que cette pièce peut être contemporaine d'Alain Fergent (1084 à 1112).

 

 

 

 

 

 

Monnaies émises sous Salomon de Bretagne (1) Alain le Grand (2), et Alain Barbetorte (3)

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 07:53

Monnaies et Prix.

 

Monnaies.

-Nous ne pouvons achever cette étude sans donner un aperçu de l'histoire monétaire de la province. Il ne faut pas s'attendre à trouver ici autre chose qu'un résumé très-rapide des travaux des numismatistes et de nos recherches personnelles. Chaque année fait connaître d'anciennes monnaies bretonnes dont l'existence n'était pas soupçonnée : elles forment déjà une collection importante, mais non pas assez complète pour qu'il soit possible d'en entreprendre dès à présent la monographie.

 

 

 

 

Stratères Armoricaines :

Coriosolite (1) Osime (2) Redone (3) Namnète (4) Vénète (5)
 

Armoricains .


 

-Bien que les monnaies armoricaines forment une suite parfaitement caractérisée dans la numismatique des Gaules, il est encore difficile d'assigner à chacune des nombreuses variétés de ces pièces une attribution bien certaine. Grâce aux notes qu'a bien voulu nous remettre M. de Saulcy, nous essayerons d'indiquer sommairement la classification de nos monnaies armoricaines : M. de Saulcy a mis courtoisement à notre disposition son expérience bien connue, ainsi que sa collection qui est sans contredit la plus riche suite gauloise qui ait jamais été formée. Les monnaies armoricaines, si faciles à reconnaître par leur fabrique et leurs types, ne comprennent pas seulement les pièces antiques forgées dans notre péninsule ; on les retrouve depuis la Morinie jusques et y compris la Saintonge. Nous ne nous occuperons ici que de celles qui se rattachent directement au cadre que nous avons adopté. Les plus anciennes monnaies armoricaines, celles qui peuvent remonter à deux siècles au plus avant l'ère chrétienne, sont en or, et appartiennent à la série des imitations des statères de Philippe de Macédoine. Elles ne portent pas de légendes : on sait que les doctrines druidiques interdisaient toute espèce d'épigraphie. A mesure que l'on se rapproche de la conquête de Jules César, l'or tend à s'altérer : d'abord il pâlit ; ensuite on voit paraître les statères d'argent, et enfin les statères de potin, qui ont presque l'apparence du bronze. Dans les derniers temps, particulièrement chez les Sautones, on aperçoit des lettres initiales : c'est un signe de la décadence des doctrines druidiques sur plusieurs points. La tête d'Apollon des monnaies macédoniennes, d'abord copiée assez correctement, s'altéra bientôt pour être transformée en symbole gaulois. Cette tête, coiffée d'une manière bizarre, surmontée souvent d'une lyre, d'un sanglier ou d'un hippocampe, et entourée de petites têtes qui se rattachent à la principale par des cordons perlés, finit par ne plus avoir de rapports avec le type primitif : c'est alors Belinus, appelé aussi Ogmius par Lucien. Les monnaies d'Armorique rappellent la description que ce satyrique donne de la principale divinité des Gaulois : de la bouche de cette statue sortaient des chaînes d'or attachant de nombreux auditeurs ; Lucien en fit le dieu de l'éloquence. Au revers de ces médailles, le bige macédonien devint un char conduit par un cheval ; plus tard ce cheval fut androcéphale et monté par un cavalier. On trouve dans la série armoricaine, outre les statères, des demi-statères et des quarts de statères.Les monnaies des Redones sont caractérisées par un cavalier tenant une épée et un bouclier : sous le cheval on voit divers symboles : une sorte de foudre, une lyre, un hippocampe, signe des nations maritimes, une roue, emblème parlant du nom même du peuple. Au sujet de l'hippocampe ou cheval marin, nous croyons devoir rappeler ici un petit bas-relief, conservé au musée de Dinan, et qui offre tous les caractères de l'art gaulois. Ce monument représente un triton conduisant par la bride un hippocampe : cet animal fantastique est représenté comme sur les monnaies armoricaines, et la tête du triton offre la plus grande analogie avec le profil que l'on voit sur les médailles des Curiosolites. Les Osismii semblent avoir eu deux types faciles à distinguer ; peut-être les monnaies des populations du littoral différaient-elles de celles de l'intérieur. Dans la première catégorie se place la tête de Belinus, surmontée d'un signe cruciforme : sous le cheval du revers un quadrupède, bœuf ou bison ; sur sa croupe, un oiseau. Nous pensons que la seconde classe se reconnaît au sanglier et au génie ailé qui se trouvent à la place du bison. Dans les monnaies gauloises, on peut constater l'influence mutuelle du voisinage de certains peuples : peut-être, comme en Grèce, y avait-il chez nos ancêtres des alliances monétaires. Ainsi, les Osismii étaient limitrophes des Curiosolites et des Venetes : le symbole de ceux-ci était le sanglier ; le génie ailé se trouvait chez les Venetes : il est donc naturel de penser que les monnaies portant la tête osismienne, avec le symbole cruciforme, et au revers le sanglier et le génie ailé sous le cheval, furent émises dans les régions qui confinaient aux pays de Vannes et de Tréguier. Les Venetes, peuple maritime, avaient l'hippocampe au-dessus de la tête de Belinus ; sous le cheval du revers , un génie ailé. Nous ferons remarquer que ce type était analogue à celui des Aulerci ; seulement, chez ceux-ci, la tête du dieu n'est surmontée d'aucun symbole. Les Aulerci Cenomanni avaient le génie ailé sous le cheval ; chez les Aulerci Diablintes, ce génie tenait deux objets qui sont peut-être des têtes humaines. Les monnaies des Nannetes représentaient également un personnage sous le cheval du revers ; mais il différait complètement de celui des Venetes et des Aulerci. Sur les statères de ces derniers, le personnage semblait voler sous le cheval, dans la direction du galop de ce quadrupède ; chez les Venetes, il était debout, à mi-corps, et tenait deux des jambes du cheval. Enfin les Curiosolites, qui nous intéressent plus particulièrement, avaient pour symboles spéciaux tantôt une lyre tantôt un sanglier sous le cheval attelé. A en juger par les dépôts considérables trouvés dans les communes de St-Gouéno, de St-Denoual et d'Hénanbihen, ainsi que dans les îles anglaises, les monnaies de cette peuplade se divisent en trois groupes principaux : 1° Profil humain, grossièrement dessiné, tourné à droite, les cheveux frisés et disposés de manière à former deux grosses boucles ; devant la figure, un fleuron et quelquefois un symbole ayant la forme d'un S. Cheval androcéphale ; de sa bouche sort un fleuron.Cet animal fantastique est guidé par un personnage placé dans un char, et tenant un fouet ; devant le cheval, une croix ; dessous, une lyre : le champ est entouré d'un grenetis et d'un cercle lobé.

2° Même tête que ci-dessus. Cheval libre ayant une tête qui, par sa forme, se rapproche de celle d'un oiseau ou du griffon. Ce cheval, sur lequel est un sanglier, semble guidé par un être fantastique dont on n'aperçoit que les rudiments, et duquel part un cordon perlé ; à ce cordon sont suspendus quatre globules disposés en croix et placés devant le cheval.

3° Même tête que ci-dessus. Cheval guidé par un personnage dont on n'aperçoit le plus souvent que le bras ; au-dessous un sanglier ; au dessus un symbole indéterminé duquel s'échappe un double ruban qui se termine par un fleuron devant le cheval, et quelquefois par un petit quadrilatère. Les archéologues croient y reconnaître un anathema. Nous ne dirons rien des monnaies romaines, très-communes en Bretagne. Ces pièces d'importation étrangère ne se rattachent pas étroitement à l'histoire monétaire de notre province. Il y a lieu de croire que les Armoricains, comme les autres Gaulois, imitèrent quelquefois les monnaies romaines ; mais ce n'était là qu'une fabrication clandestine. Notons seulement que les monnaies postérieures à Constantin sont beaucoup moins communes que celles du Haut Empire. Les pièces romaines les plus fréquentes, dans le pays curiosolite, sont de Postume, Gallien, Valérien, Salonine, Claude le Gothique, Marius et Philippe Ier ; elles correspondent à une époque où les légions romaines sillonnaient l'Armorique. On croit que chaque corps d'armée, outre sa caisse, avait des ateliers monétaires ambulants, auxquels on doit cette masse de petits bronzes qui circulaient encore, il y a peu d'années, parmi nos liards. La domination franque s'étendait, du vie au IXe siècle, sur une partie du Broërec, entre Vannes et la Vilaine, ainsi que sur les pays de Rennes et de Nantes : aussi a-t-on attribué, avec raison, des tiers de sou d'or mérovingiens à Vannes, Nantes, Rennes, Cambon, Rezé, Marcillé, Vindelles, Caro et Musillac. Un homme dont le monde savant déplore la fin prématurée, Ch. Lenormant, avait cru retrouver des monnaies de la Ligue armoricaine, fabriquée, pendant la période mérovingienne, par les chefs bretons. Il est reconnu aujourd'hui que le groupe de triens qu'il a publié n'appartenait pas à la Bretagne. D'ailleurs, les recherches de Ch. Lenormant reposaient sur un système historique que M. de La Borderie a péremptoirement détruit. Dans plusieurs cités de la IIIe Lyonnaise, les monnaies mérovingiennes représentent des personnages qui semblent se rattacher à des souvenirs locaux : on en remarque à Tours même au Mans et à Angers. Cette influence des monétaires francs de la province de Tours se révèle dans les marches bretonnes. Des triens de Rennes portent un personnage tantôt debout , tenant une palme, tantôt assis, tenant une croix, tantôt enfin à genoux, tenant un bâton : peut-être est-ce saint Melaine ou saint Amand. Sur les pièces de Cambon, on voit un personnage debout, bénissant ou tenant une croix, ou bien encore deux personnages tenant ensemble une croix et placés au-dessus d'un navire. N'y a-t-il pas là un souvenir évident des anciens missionnaires bretons venus d'outre-Manche? Nous parlerons plus tard du bas-relief de Beauport, représentant saint Rion, et saint Maudez, et qui semble rendre la même idée que le tiers de sou de Cambon. A Marcillé et à Nantes, il existe aussi des personnages sur les pièces mérovingiennes.


 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 11:46

 

 

 

Mathurin Méheut

 

 

Alfred Marzin

 

 

N. Gillet-Le Masson

 

 

Jean-Emile Laboureur

 

 

René Quillivic

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 07:42

 

 

 

 

Dans le quotidien Ouest-France, en date du 29 septembre 2013, un article évoquait l'école communale de Trédias, et notamment l'un des instituteurs, voici un extrait de cet article : « Il est des enseignants qui marquent une vie. Joseph Lesage enseignant pendant la 2e guerre mondiale en fait partie. Certains de ses élèves ont gardé précieusement le journal de l'école -Au fil de la Rosette, où d'une écriture appliquée se racontait le quotidien. Joseph Lesage publia en 1951 « Vent de Nord'ée», ensemble de contes de notre bon vieux terroir. Il a aussi laissé quelques notes sur les chemins anciens parcourant la localité où il enseigna durant l'occupation. Voici quelques notes laissées par cet auteur (en rouge ajouts apportés). En quittant Saint-Georges, nous pénétrons sur le territoire de Trédias en traversant la Rosette -affluent de l'Arguenon (Rance), aussitôt après sur la gauche (Nord) prend un chemin large d'au moins quinze mètres qui y rejoint le Douet-Robert, puis, parallèle à la rivière, passant à gauche de la Douettée, arrive à Saint-Bry. C'est un vieux chemin à n'en pas douter, très tortueux (comme la rivière). La largeur varie. Sa direction est nettement S-N. St Bry est alors un carrefour important : -Route St-Georges St-Bry ; route St-Bry Kermelen la Picaudais ; route S-Bry Quenolen appelé Ancogan sur le cadastre de 1836 ; route St-Bry Rocherel Mégrit. Le chemin que nous appelons de St-Georges à St-Bry ne doit pas être romain. Voyons quels étaient les têtes de route, les buts de ces deux routes, car d'après ce qui précède, nous devons avoir à faire à deux routes différentes : celle du chemin du Roy (St-Thias, St-Georges, Ste-Urielle, St-Cado, celle de St-Bry, Couaclé par la Picautais. La première passe par au Sud de Trédias. La deuxième passe au Nord de Trédias. Trévédy appelle dont il parle « la route de Boquen à Léhon ». L'abbaye de Boquen se trouve à Plénée-Jugon. La voie de Corseul à Vannes passait un peu à l'Est de l'abbaye. Corseul-Vannes filerait direction Est, légèrement au Nord et y joindrait Léhon au Sud-Est de Dinan. Léhon, important carrefour de routes romaines : vers Avranches ; vers Fougères ; vers Rennes ; vers Nantes ; vers Lamballe par Corseul (voir le temple du Haut Bécherel à Corseul - Antiquités découvertes à Corseul, au temps de Fanum Martis - Sur une partie des traces du chemin de l'Etrat reliant Corseul à Vannes -période Gallo Romaine, page n° 2 -Fanum Martis - Inscriptions latines de Corseul (Côtes-du-Nord) par Jean Bousquet - La villa du Clos-Mulon à Corseul - Le quartier antique de Monterfil au bourg de Corseul ). Dans une étude sur « le temple et la chapelle de La Nouée en Yvignac », Monsieur Plessix signale : « Une voie traversière romaine à deux kilomètres et demi (à l'Est de La Nouée), signalée par M. de la Messelière, réunissait par Brusvily et Plumaudan, le Temple romain du Haut-Bécherel, à Lauganou au nord de Caulnes. C'était donc un raccourci de la voie de Corseul à Rieux et à Nantes par Léhon, Saint-Méen et Paimpont. 2° Le grand chemin de Broons à Dinan par Trémeur, Trédias, le nord du bois d'Yvignac (voir Balade touristique 2016 à Yvignac : le chemin des sept bornes), Brusvily (voir Les bornes de Brusvily) et Bobital frôlait le village du Haut La Nouée et le mettait à 11 kilomètres et demi de Dinan (voir période Gallo Romaine, page n° 7 -les voies antiques). 3° Enfin, à l'ouest, une bifurcation du chemin de Dinan, amorcée près de Trédias, gagnait par le prieuré de Saint-Georges et le village de Menubois en Trémeur, ensuite par un chemin suivant la route actuelle de Brest, une station d'origine nettement romaine, celle de Langouhèdre, sur la voie Corseul-Vannes. Hors, si de Langouhèdre (voir Langouhèdre au fil du temps............nous par traçons une ligne parfaitement droite passant par Langouhèdre, Mégrit, St-Bry, St-Méen (Kermehen en Trédias), Couaclé (en Yvignac),La Nouée (Basse), nous accordons à cette route Brusvily, Plumaudan, (Langouhèdre, station parfaitement romaine sur la ligne Corseul-Vannes (Plessis). Si nous essayons de tracer une ligne droite de la voie Corseul-Vannes (en passant de la jonction indiquée par Trévédy), nous coupons les communes de Sévignac (au Nord), de Trémeur (au Nord), nous passons au Sud du chemin du Roi, et de Saint-Georges, nous arrivons à Mégrit (près de Saint-Bry) et de St-Georges, nous arrivons à Mégrit, puis à Languédias, Trébédan, Bobital, Léhon. Et nous ne trouvons pas sur cette deuxième ligne Trédias (puisque seul Trédias nous intéresse. La ligne tracée coupant le Nord de la commune. Le mot « chaussée » a été employé en parlant de la route de Trédias -Saint-Georges. Il est employé dans l'acte de Charles de Blois (1346), cité au début de cette étude. L'abbé Lesage dit : « Il existait un moulin à eau auprès de la chaussée de Trédias en 1249. Lobineau cité par Trédy a vu les vestiges de ce chemin au prieuré de St-Georges. (Hist. De Bret.). Vestiges ? Qu'est-ce-à-dire ? Pavés, peut être. Au Nord de Trédias la route serait au lieu, celle de St-Bry, Kermehen, Villeneuve, en passant par St-Meen, la Picaudais, que mentionnait l'Abbé Lesage dans son conte « les landes de la Picaudais ». Ou bien celle de St-Bry, Quemehen, le Chesnay, les Hautes Croix, Plumaudan, que le cadastre nomme voie antique de Mégrit à Plumaudan.

 

 

 

Carte dessinée par M. Joseph Lesage

 

Elles sont à peu près parallèles. Elles ont toutes ds parties larges, d'autres étroites. Entre Kemehen et la fontaine St-Méen, en arracha des saules au lieu-dit la Saulais, on a découvert dans les saules des grands pavés. On les a utilisés pour faire les fondations de la route. Un de ces pavés est resté près de la fontaine, dans le pré ; il a environ cinquante centimètres de côté et quinze cm d'épaisseur, à la surface un peu arrondie. De plus, entre la croix des Quatre Vaulx (sur la route Trédias-Languédias actuelle) et Tréméhen, il y eut un endroit pavé à fleur de terre. De plus, près de ce chemin qui devient étroit par endroits, aux environs de Couaclé se trouve, le lieu dit « la Rue Conard ou Cosnard ». On m'a dit qu'autrefois ce chemin s'appelait le Chemin Pavé. Le long de ce chemin, aux environs de Dinametz, Quatre-Vaulx, Kermehen, se trouvent des champs appelés : « sous la ville (a-805), sous la grand-ville (a-1087), et près la ville (a-1017) (carte ci-dessous).

 

 

 

 

Le jardin de la Chaussée (a-1268) et le Clos Grée -lieux-dits indiquant une route romaine. De plus, nous avons tout lieu de croire que ce fut dans ce coin de Kermehen, La Chapelle, Dinametz, que ce concentrait dans l'antiquité, l'activité de la paroisse. Découverte à Dinametz d'un tombeau ancien contenant des pierres polies (voir rapport de l'Abbé Lesage : « Auprès du village de Dinanmets (voir Les "trouvailles" d'un cultivateur de Dinametz à Trédias), se trouve un terrain sec, aride, couvert de bruyères et environné de ravins profonds. En 1834, en voulant y construire un moulin à vent, on découvrit un tombeau antique.L'ouverture,faite en maçonnerie, ressemblait à la bouche d'un four. Les murs étaient formés par de grandes pierres plates placées debout, et la toiture n'était autre chose qu'une grande pierre moussue qu'on prenait pour la pointe d'un rocher. L'intérieur de la pièce, qui représentait un carré d'environ huit pieds, renfermait une pierre de granit travaillée cette pierre mesurait deux mètres de longueur, un mètre de largeur et un mètre de hauteur. On trouva aussi des ossements noircis et couverts de mousse, deux ou trois couteaux de pierre et les restes d'un collier le tombeau renfermait aussi quelques restes de poterie et de Ia vase. On lisait quelque chose sur la pierre qui recouvrait le monument. Ce tombeau gaulois ou romain fut aussitôt dévasté que découvert, et aujourd'hui il n'en reste plus rien». Découverte dans cette région de scorie cataboliche (certaines scories contenant du plomb).

Trévédy au sujet de l'itinéraire emprunté par le pèlerinage du Tro-Breiz : « le voyageur parti de Dinan pour Vannes est loin de la ligne directe quand il est à Corseul et surtout à Guer. Pour le maintenir dans la direction exacte de Vannes, il faudrait une voie entre les deux que nous venon; d'indiquer; c'est-à-dire allant de l'Est à l'Ouest. Elle existait. Cest la voie signalée dans l'acte de 1340, et que Lobineau a vue près de Saint-Georges,en Trédias. Elle apparaît comme une voie de Jonction entre les deux autres ; menée en ligne droite de Lehon par Trédias, elle devait rejoindre la voie de Corseul au-delà de Sévignac (voir Les fundis dans la Gaule romaine) ».

 

 

 

 

Ancien chemin à Kerméhen

 

Précisément, lors d'une prospection aérienne, le Centre Archéologique d'Alet a découvert en 1982 au Quatre Vaulx deux groupes de traces orthogonales mentionnés par L. Andlauer, et en 1999, Catherine Bizien-Jaglin, a vu des traces orthogonales de même orientation, à l'Est dont la surface totale est de 550m x 300m. A Kerméhen, en 1989, puis en 1997 et 1999, M. Langouët et C. Bizien-Jaglin ont observé sur une surface de 350m x 250m, des enclos à dominante rectiligne, notamment un enclos quadrangulaire à triples enceintes et un autre quadrangulaire. Au Chesnay, en 1995, C. Bizien-Jaglin a vu un angle d'enclos rectilinéaire (100 m x 75 m)

 

 

 

 

Ci dessus le plan de Trédias avec sites soulignés d'une étoile comme ayant révélés des traces relevées par le Centre Archéologique d'Alet. (voir La fontaine romaine de la Marche à Trédias - le site défensif de Rocherel à Trédias) Merci à Serge. 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 13:19

 

 

Grains.
 

-Par les motifs que nous avons déduits plus haut, la confusion touche ici de bien près à l'anarchie. Toutefois, au milieu de ce pêle-mêle qui semble inextricable au premier coup-d'oeil, il est possible de distinguer des groupes principaux, auxquels se rattachent plus ou moins les variétés. Ainsi le Goëllo offre un type primordial, d'où sont sortis Plouha, Paimpol, Pontrieux, etc. Il en est de même du Porhoët, d'où sont sorties les mesures de Rohan, Pontivy, Caignard et autres. Si nos souvenirs sont exacts, nous ne voyons qu'une mesure de grain qu'on ait cherché à généraliser dans toute la Bretagne : c'est le picotin d'avoine. Le duc Jean V, dans sa dernière constitution disait : « Au regard des picotins d'avoine, pour faire livrée aux chevaulx, voulons et ordonnons que l'on use d'une même mesure pareille et égalle pour tout notre pays et duché, lesquels picotins soient ordonnez par notre sénéchal de Rennes pour servir en tout notre pays. » Il n'admettait d'exception que pour le comté de Nantes : le sénéchal de cette ville en devait fixer l'étalon. Les mesures particulières que nous rencontrerons le plus fréquemment sont le tonneau, tonellum ; la mine, mina ; le quartier, caria, cartaing, cartengium, quartagia, quartagium ; le setier, sextarium ; le prébendier ou prevendier, prebendium, prebendia, la somme summa ; la perrée, perrea ; la coste, conta ; le rais, rez, raye ou rennée, rennal, rasum ; la seillée grande et petite ; la jutle ou juste, justa ; la cuve ; le quart de froment avait de profondeur 8 pouces 9 lignes, de largeur au fond 14 pouces, et 15 au haut ; pour le gros blé la profondeur était de 8 pouces 10 lignes, la largeur au fond de 14 pouces 5 lignes, et en haut 16 pouces 1 ligne. Le quart se décomposait en quatre godets ou coutelans et en 12 écuellées. La perrée ainsi formée contenait 11 déc. 856 de froment, et 12 déc. 412 de gros blé. Les chartes de St-Aubin vont souvent nous parler du bois seau de moulin, bosselum molendini. A partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, elles signalent aussi « la vielle mesure » de Lamballe, plus petite d'un quart que la nouvelle. La perrée valait 2 mines, et 6 mines le tonneau de froment. Ici on comptait le seigle au joureau ; nous n'avons pu retrouver la contenance de cette mesure. A la célèbre foire de Montbran, à Erquy et dans le pays circonvoisin, on employait la mesure du voyer, mensura vigerii. L'antique mesure du Chemin-Chaussée, qui plus anciennement encore avait été celle de Corron, était conservée dans l'église de St-Alban ; elle se nommait juste et était de 1/7e plus petite que la perrée de Lamballe. Unvtonneau de cette ville valait 14 justes ou 28 boisseaux duvChemin-Chaussée. La charte 235 de St- Aubin nous montre un écuyer donnant une mine de froment, « ad mensuram de Limite Calciato ». Cinq boisselets de Plestan donnaient la perrée de Lamballe. Le prebendarius ou prebendencia employé tantôt à la mesure du voyer, tantôt à celle de Pléhérel, ne nous est pas exactement connu. Dans ce pays de Pléhérel, nous voyons employer, en 1232, la juste pour le froment sur l'ancienne terre de Gléaumoine ; c'était peut-être la mesure de St-Jacut.


 

-A Yffiniac, la perrée se composait de 2 boisseaux de 8 godets chacun ; les 12 perrées formaient le tonneau.


 

-A Hillion, le godet était le quart du boisseau (Matignon : Les chartes de St- Aubin nous montrent dans cette seigneurie le boisseau et la mine employés pour le seigle et la grosse avoine ; la juste et la prébende pour le froment. Le boisseau était de 3 déc. 433 comme à Loudéac : les moines prétendaient qu'il leur en était dû 12 à la mine ; l'évêque de St-Brieuc, Pierre, jugea, en 1289, qu'il n'en était dû que 8. Vingt-deux de ces boisseaux donnaient le tonneau de Lamballe. Plancoët appelait quart son boisseau pour avoine, seigle et blé noir ; il contenait 2 déc. 874 ; il en fallait 22 pour faire le tonneau Lamballe. Nous ne connaissons pas exactement la mesure de St-Jacut; mais nous savons que 81 boisseaux de Matignonet 23 boisseaux 3 godets 1/4 de Plancoët faisaient 88 boisseaux de l'abbaye.


 

-Le Plessis-Balisson : « Item y a autre mesure, nommée mesure de Plessix-Baliczon qui est pareille à la mesure de Lamballe, et se compte par myne et boexeau, et en chacune myne 7 à 8 boisseaux ; et les 3 mines font le tonneau ; et les 2 quarts font la perrée, mesure de Lamballe » .


 

-Les mesures de Pleurtuit étaient celles du Plessis-Balisson.


 

-Broons : Le boisseau contenait 14 godets ; le boisselet en usage sur ce fief paraît avoir été le même qu'à Plestan


 

-A Merdrignac , le demi-boisseau était de 3 déc. 159 ; on y comptait par cartent ou carteng de seigle au XIIIe siècle, comme le prouvent les chartes de Boquen.


 

-Moncontour : Dans le même temps, la perrée de ce fief était de 2 boisseaux : unum boessctum, id est dimidiam unius perreii ad mesurant vcnalem de Moncontor. En 1434, deux sortes de mesures y étaient en usage, nous dit un compte de receveur : l'une dite batesse était de un quart plus petite que la mesure vénale. En 1462, il fut constaté que 13 justes, mesure de grenier, faisaient le tonneau, mesure de Moncontour. En 1 494 , le compte du receveur de cette seigneurie porte que le tonneau contient 7 ou 8 perrées de 2 boisseaux chacune , et que le rez vaut les trois quarts de la perrée. En 1771, un procès-verbal des officiers de cette juridiction porte que le boisseau marchand pour froment, seigle et méteil, se compose de 4 quarts rez, le quart de 4 godets. Ce quart avait dans le haut 19 pouces 7 lignes de diamètre en dedans ; dans le fond «17 pouces 4 lignes; en profondeur 8 pouces 8 lignes. Le quart pesait 69 liv. 15 onces, « poids de mars », ou 50 liv. 7 onces, poids de Moncontour, dont la livre était de 22 onces. Huit quarts ou 16 godets donnaient la perrée. Ainsi fixe, le boisseau était de 4 décal. 758.


 

-Jugon : Ce fief ducal avait la même mesure que Matignon, nous dit le Livre des Mesures de Bretagne ; « faut 32 boisseaux au tonneau », ajoute le même document. Or, nous avons vu que 22 boisseaux de Matignon valaient 4 tonneaux de Lamballe ; donc les mesures de ces juridictions étaient entre elles comme 16 est à 11. -Une charte de St-Aubin nous parle d'une mine de froment ad mensuram de Jugon. Le boisseau de Jugon se décomposait en 8 godets, en 15 et plus tard en 18 écuellées. On se servait aussi du demeal ou demi-boisseau, du sixte, du demi-sixte, du boisselet, de la prebende et du quartier ou carteng. La maille paraît avoir été plus spécialement affectée à mesurer le méteil : un tenancier devait à Boquen, en 1399, « trois mailles de méteil et demi-boisseau de froment ». Les chartes de cette abbaye signalent souvent, au XIIIe siècle, la vieille mesure de Jugon.du boisseau jusqu'à 100 liv. Malgré cet arrêt, le sénéchal de Tréguier constatait que, en 1668, on se servait à Guingamp de cinq mesures : l'une pour le froment était le boisseau de 11 pouces moins 1 ligne de profondeur, 18 pouces de largeur au fond, 15 au haut; l'autre pour l'orge, seigle et gros blé, avait les mêmes dimensions, mais devait être donnée comble et non plus racle, comme pour le froment ; on pouvait aussi employer pour ces sortes de grain, à mesure racle, un boisseau de 121 p. 1 lig. 1/2 de profondeur, 17 p. 1 lig. 1/2 de largeur au fond, et 14 p. 2 lig. en haut. L'avoine était due au comble de ce dernier boisseau ou au racle d'un autre ayant 11 p. de profondeur, 19 p. de large au fond et 15 au haut. En 1739, on revint à 2 boisseaux : l'un pour froment avait 11 p. 1/2 de profondeur, 16 de largeur au bas, 14 au haut ; l'autre pour seigle avait 12 p. de profondeur, 16 p. de largeur en bas, 15 en haut. Le tonneau se composait de 4 rez, ou 8 sommes, ou 16 quarterons. La pipe ou demi-tonneau était de 8 quarterons ; le rez en valait 4 ; la somme, 2. La somme se composait aussi de 4 boisseaux ou renées. La seillée ou quartier valait 2 renées-boisseaux ou 12 eriblées. Cinq rez de froment, en 1404, représentaient 20 quartiers, et, en 1531, 40 boisseaux


 

-Minibriac : Dans cet antique fief, 2 boisseaux faisaient le quartier ; 4 boisseaux ou 2 quartiers représentaient la somme ; 8 boisseaux 4 quartiers ou 2 sommes donnaient le rez ; 8 sommes ou 4 rez donnaient le tonneau.*


 

-Callac : Le boisseau contenait 5 décal. 063 ; on comptait au rez 12 boisseaux ou 24 renées de 70 lit. Chacune.


 

-Belle-Isle-en-Terre : Le rennal, en breton ar rennal, contenait en froment 1 40 liv. ; en orge, 1 20 ; en seigle, 130 ; en blé noir, 128, le tout racle ; en avoine, 120 liv. comble. Le rennal ras était de 5 décal. 160 ; le comble, de 5 déc. 818. On y comptait aussi par demi-rennal, an anter rennal, par quart de rennal, ar bevarreun. Vanter rennal avait 10 pouces 8 lignes de profondeur, 4 pieds de circonférence à l'ouverture, 4 pieds 4 pouces au milieu, 4 pieds 5 pouces au fond.


 

-Châteaulin : Le boisseau se composait de 3 eriblées de 44 liv. Entre le comble et le ras, on estimait la différence à 1/3e. Les seigneuries de Tréziguidy et de Braspart, voisines de Châteaulin, avaient leurs mesures plus grandes de 1/4 et de 1/1 2e.


 

-Coatmalouen : A cette mesure, qui était peut-être celle de l'antique Plou-Igeau , on comptait 24 écuellées au boisseau, 2 boisseaux a la seillée, 4 à la perrée et 2 perrées à la somme. On s'en servait dans le domaine primitivement concédé à l'abbaye et qu'on nommait la Vieille-Terre ; en dehors de là les colons faisaient usage de la mesure de Guingamp.


 

-Quintin : Les mesures anciennement suivies dans le comté de Quintin y sont encore usitées : le paysan y compte toujours deux erublées au boisseau de 27 liv. pour le froment, de 27 liv. 1/2 pour la mouture, de 49 1/2 pour le seigle, de 20 pour l'avoine. Douze jallenées de froment valent 1 hanapée ; 4 hanapées représentent exactement le boisseau mesure de Guingamp, et 9 hanapées le quartier de la même mesure. Quinze quartiers de froment, mesure de Quintin, valent 30 boisseaux combles, mesure de Pontrieux. Deux boisseaux font le rez ; le demi-rez de seigle vaut 7 boisseaux 1/2 de St Brieuc. L'avenage ou quarteron vaut 3 boisseaux d'avoine grosse et 6 de menue, ou 6 boisseaux d'avoine de St-Brieuc. Deux boisseaux de seigle de Quintin en valent 3 de St-Brieuc. On signale quelquefois une ancienne mesure de Quintin, qui valait 2 boisseaux et 1 godet de St-Brieuc.


 

-Corlay : Le boisseau pour tout blé était de 3 décalitres 022. A Rostrenen, il était de 4 déc. 700.


 

-Plaintel : Dans le dossier relatif à l'érection de la chapelle de St-Julien de Plaintel en paroisse, en 1629, nous voyons affecter 18 rez de seigle à la subsistance du recteur ; le rez se composait de 3 boisseaux.


 

-Porhoët : Comme le Goëllo et le Penthièvre, l'ancien Porhoët avait un grand nombre de mesures différentes ; la dispersion des archives de la maison de Bohan rend très-difficile la recherche de ces mesures. Toutefois, nous avons remarqué dans les divers aveux de cette seigneurie qu'on y employait surtout les mesures de Baud, de Pontivy, de Caignart et de Treguiziaez. Deux boisseaux de cette dernière en valaient 1 de Pontivy ; 3 de Caignart en valaient 2 de Pontivy. On employait beaucoup la crublée et la cuve : la cuve d'avoine valait 3 boisseaux de menue, et 11/2 de grosse. A la mesure du vicomte, on comptait 4 demetz au boisseau d'avoine, et 3 au boisseau de seigle, qui devait peser 114 livres 24 onces au poids du duché de Bretagne.


 

-Loudéac : Pour tout blé, le boisseau était de 3 décal. 433 ; à Uzel, de 2 déc. 699. Dans cette dernière seigneurie, la petite mesure pour farine était de 178 millièmes de décalitre.


 

-Rohan : La perrée valait 2 hectolitres ; le minot était la moitié de   l'hectolitre ; le demez, le tiers ; la godelée était le 1/6e du minot. Nous ignorons la valeur du renot, qui est quelquefois employé dans ce fief. En Lanouée, on se servait du boisseau « reix ou comble ». Dans la ville de Rohan, le boisseau était de 7 déc. 610 ; à la Trinité-Porhoët, de 7 déc. 450 ; à Josselin , de 6 déc. 520.


 

-Penthièvre : Dans cette grande division féodale, les mesures de grain variaient à l'infini ; mais la mesure type à laquelle se comparaient toutes les autres était la mesure du chef-lieu, Lamballe. La mesure de pierre de Lamballe était au Penthièvre ce que celle de Châtelaudren était au Goëllo, et celle de Brelevenez à la seigneurie de Lannion. Cette perrée contenait 2 boisseaux ou quatre quarts : le Dinan : « Plus y a mesure de Dinan dont faut XX boix. pour tonneau, mesure de Lamballe », dit le Livre des mesures. Ce boisseau, comme celui de St-Méen, contenait 12 godets ; 8 boisseaux faisaient la mine, 4 mines le tonneau. Le froment s'y mesurait aussi au quartier.


 

-Bécherel : La mine se composait de 8 boisseaux, de 8 godets chacun ; ce qui faisait 1/16e de plus par boisseau que la mesure de Plumaudan. Pour l'avoine, la mesure en usage était la nichée, composée de 1 boisseau 1/2 ou 18 godets. -A Montfort, la mine se composait de 2 quarteria en 1246. Nous pourrions continuer indéfiniment cette nomenclature, puisque primitivement, comme nous l'avons dit, chaque fief avait sa mesure. Mais, outre qu'une telle matière ne peut se prolonger trop longtemps sans extrême fatigue pour le lecteur, nous avons résumé ci-dessus tout ce que nous avons pu découvrir d'utile dans nos chartes. Disons en finissant que les poids et mesures étaient surveilles et au besoin fixés par les juridictions ordinaires. Toutefois, au XVIIIe siècle, un visiteur des poids et mesures fonctionnait dans l'évêché de Saint-Brieuc.

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 07:49

 

 

Capacité.


 

-Nous voyons en usage pour les liquides la chopine, le tierçon, la bouteille ou pinte, la lagena, le pot, le pichet, le galon, la jallaye, le setier, le muid, le poinçon, le costeretz, costera, la somme, la barrique, le tonneau et demi-tonneau, tona et dimidia tona, la pipe. La chopine était la moitié de la bouteille : à Quintin et Lannion, elle valait 0 litre 471 ; à Moncontour, 0,539 ; à Pontrieux, 0,619. La pinte valait à S'-Brieuc 0 litre 848 ; à Rostrenen, 0,960; à Pontrieux, 0,960; à Broons et Jugon , 1 ,001 ; à Châtelaudren, 1,309 ; à Lamballe, 1,266 ;à Guingamp, 1,948. La pinte d'étain de Lannion était de 0,942 ; le pot de fer blanc de Belle-Isle-en-Terre, de 0,939 ; le pot d'étain du même lieu était de 0,471 ; celui de Broons, de 2,002 ; celui de Jugon, de 1 914 ; celui de Loudéac, de 1,896; celui de Plancoët, de 1,973. Le pot de fer blanc à Quintin et à Rostrenen était de 1,884. Partout le galon valait 2 pots ; 4 galons faisaient le setier. Le muid variait de 7 à 30 setiers. La pipe, dit M. Delisle, valait 3 sommes ; celle-ci était double du cotterest, et le tonneau valait 2 muids. Les mesures pour le sel étaient le bouillon, le quartier, le muid, le boisseau, la mine et la somme. Ce boisseau était pour Pontrieux de 54 litres 27 ; pour Plancoët, de 65 lit. 31. La chaux se vendait à Pontrieux au boisseau de 43 lit. 07 et de 34 lit. 22. Le boisseau de graine de lin était à Plancoët de 26 lit. 79.

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