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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 11:23

 

 

Abbaye de Lantenac -Lanteniacum. Plan desssiné par le Vicomte Frotier de la Messelière

 

La paroisse de La Chèze, diocèse de Saint-Brieuc, possédait cette abbaye sur son territoire. Eudon, IIe du nom, comte de Porhoet et duc de Bretagne au titre de Berthe (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 8), son épouse, la fonda vers l'an 1150, en présence de Geoffroy, évêque de Saint-Brieuc, de saint Jean de La Grille, évêque de Saint-Malo, et de plusieurs autres personnes.-C'est d'ailleurs en cette circonstance que fut pour la première fois mentionnée la paroisse de Loudéac. Il la dota de revenus suffisants "tam in plano quan in bosco" (tant dans la terre mise en valeur que dans celle qui ne l'était pas) ; mais les commandes en ont dissipé une si grande partie, qu'à peine en restait-il pour entretenir trois religieux, quoiqu'elle fût fondée pour six. Aussi, un arrêt du conseil prescrivit-il, -maison de leur ordre ; mais cet arrêt ne reçut pas son exécution, car il s'en trouvait encore trois à Lantenac, lorsque la révolution éclata. Le jansénisme compta, dans le XVIIIe siècle, plus d'un partisan parmi eux ; ce qui obligea l'évêque de Saint-Brieuc à refuser de les approuver pour entendre les confessions. Vendue dès le commencement de la révolution, cette abbaye fut changée en une ferme par l'acquéreur. L'église ne tarda pas à être démolie, et les pierres ont servi à la construction d'une maison à Loudéac. Le revenu annuel de l'abbé de Lantenac était de deux mille trois cents francs. C'est également aux commendes qu'il faut attribuer la disette de titres de cette maison qui a fait perdre les noms de plusieurs des abbés qui l'ont gouvernée. Pour ne point nous écarter de notre plan, nous rapporterons ici ce que nous avons trouvé sur ce sujet dans les autres archives de la province

 

 


 

Détail du calvaire qui se dresse au bourg de la Ferrière. Il fut aménagé par les Moines de Lantenac suite à une épidémie de peste. 

 

Catalogue historique des Abbés :

 

 

-Robert est le premier abbé de Lantenac dont le nom soit connu. Il assista en 1248 à un chapitre général que tint l'abbé de Hambie, dont sa maison dépendait alors.


 

-Jean fit une transaction en 1271, le samedi avant les Cendres, avec Alain VI, vicomte de Rohan. Guillaume Guinod fit dresser, le 15 mars 1350, une copie collationnée de la charte de fondation de son monastère. Il accepta, le 27 octobre 1380, la fondation d'une messe chaque jour, que Jeanne de Navarre, vicomtesse de Rohan, avait faite dans son église.


 

-Pierre rendit aveu le 21 août 1394, au vicomte de Rohan, pour le temporel de son abbaye. Il vivait encore le 4 mai 1412.


 

-Pierre II transigea le 16 octobre 1446 avec Alain IX, vicomte de Rohan, sur la chapellenie de Rohan fondée par Jean, vicomte de Rohan, en faveur d'un religieux de son abbaye.


 

-Geoffroi Guiton était prieur de Saint-Martin de Josselin et abbé de Lantenac dès l'année 1469, suivant quelques comptes de Blain. Il vivait encore en 1495. Sous son abbatiat, deux ouvrages religieux furent imprimés en l'abbaye de Lantenac au cours du XVe siècle (voir L'imprimerie en Bretagne)

 

 

-Pierre III, dit de La Grée, gouvernait le monastère en 1496.


 

-Alain de Lescouët est indiqué comme abbé de Lantenac dès 1506, dans les registres de la chancellerie ; mais les procédures qui se trouvent sous son nom dans les mêmes registres nous apprennent qu'il n'était pas paisible possesseur. Il fut maintenu par lettres enregistrées à la chancellerie, le 21 septembre 1514. Frère Yves de Tournevilly, qui paraît avoir été son compétiteur, fut réintégré le 7aoùt 1529. Nonobstant ce jugement, frère Alain de Lescouët porta la qualité d'abbé de Lantenac jusqu'à sa mort arrivée en 1540. Après la mort d'Alain de Lescouet les religieux élurent pour abbé frère Louis de Botderu, prieur de Saint-Guen, qui fut maintenu par lettres enregistrées à la chancellerie en 1547 ; mais il y a apparence que le cardinal Le Veneur, évêque de Lisieux, à qui le roi avait dônné l'abbaye, l'emporta. César de La Barre succéda au cardinal Le Veneur, et mourut en 1547. Le temporel fut mis en régale le 10 décembre de la même année.


 

-Renaud-Soudan fit serment de fidélité au roi en 1558 pour l'abbaye de Lantenac.


 

-Jean Fabri était abbé en 1561 ;


 

-Antoine Charbonnier en était en 1575.


 

-Mathurin Denechaut abbé le 23 juillet 1582. Il paraît qu'il vivait encore en 1600- L'abbaye fut en économat depuis 1601 jusqu'en 1610.


 

-Guillaume Du Pont était abbé en1612

 

 

-Étienne Du Pont succéda à son oncle en 1641. Il assista aux Etats de Saint-Brieuc en 1677. (voir Factum en fin de page) 


 

-Louis Fernou succéda à Étienne Du Pont, et se maria en 1706.


 

-Augustin Giri de Monteliacd fut pourvu en 1706, et mourut au mois de février 1731.


 

-Louis-Alexandre-Marin de Kerbringal, chanoine de Quimper, fut nommé au mois de septembre 1731, et posséda l'abbaye pendant cinquante -cinq ans.


 

-François-Octave de Barral, vicaire général et archidiacre de Troyes, fut nommé à Lantenac en 1786. Il a survécu à la révolution, et s'était retiré à Grenoble, son pays natal. Il était frère de Monseigneur Claude-Mathias-Joseph de Barral, évêque de Troyes, mort archevêque de Tours le 6 juin 1816.


 

 

Les ruines de l'abbaye d'après dessin du Vicomte Frotier de la Messelière, dessin réalisé le 8 septembre 1921. Parmi les ruines sont mentionnées  par M. Geslin de Bourgogne : une chapelle XVe, une portion du cloître ainsi que le "sarcophage" de Aliénor de Rohan, morte en 1242 ; épouse de Louis de Rohan. Ci-dessous la Chapelle Sainte-Blanche, visible au hameau de Lantenac en la localité de la Ferrière. La porte de cette chapelle ainsi que les statuaires proviennent de l'abbaye disparue.

 

 

Au temps des guerres de la Sainte-Ligue

 

La Magnanne, qui avait fait remplacer son bras mutilé par un bras en fer articulé, guerroya, ça et là, pour le service du roi, et nous le trouvons, en 1580, qualifié capitaine et gouverneur de Noirmoutiers. Maître de cette, île, il en profita, dit-on, pour commettre des actes de brigandages sur terre et sur mer, ce qui lui valut la même année d'être enfermé à la Bastille, par ordre du roi Henri III. Il y resta un an environ et ne dut son élargissement qu'au crédit d'un ami dévoué, Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, qui intercéda pour lui auprès du souverain et lui obtint même, à titre de retraite, comme ayant été mutile au service, le bénéfice de l'abbaye de Lantenac, dont nous dirons ici quelques mots. Ce monastère, de l'ordre de Saint-Benoît, situé près de Loudéac et de fondation très ancienne, avait décliné, peu à peu, après de longues années de prospérité sous le patronage des sires de Porhoët et de Rohan. Au XVIe siècle l'abbaye ne comptait plus que quatre à cinq moines, quand, sous la pernicieuse influence d'Isabeau d'Albret, douairière de Rohan, cette famille embrassa le protestantisme. Ce fut le coup de grâce pour l'antique abbaye bénédictine, qui souffrit beaucoup des guerres de religion, Le paisible asiledes religieux fervents et des savants studieux, qu'avaient été les bénédictins, devint bientôt un repaire de bandits et une caserne de gens de guerre. Lantenac fut d'abord la proie du fameux Hervé de Kerguézangor, sieur de la Ville-Audren, ancien précepteur huguenot des enfants de Rohan, poste d'où il avait été chassé pour vols. Kerguézangor, s'étant mis à la tête d'une bande de pillards, commença, vers 1565, par s'emparer à main armée de l'abbaye de Lantenac, en forçant l'abbé Jean Fabri à signer, sur la croupe même de son cheval, une renonciation en faveur de son fils, Claude de Kerguézangor. Il chassa alors tous les moines et prit possession de la maison et de tout ce qu'elle contenait, affermant ensuite, à son profit, tous les biens du monastère. Kerguézangor possédait aux environs les manoirs et terres de la Ville-Audren, en Cadélac, de Launay et de Kériel, paroisse de Mur. Il résidait d'ordinaire au Launay, et, de là, répandait la terreur dans tous les environs par des méfaits et des crimes dont le souvenir s'est perpétué jusqu'à nos jours. On raconte encore, au pays de Mur, qu'il noya une femme par jalousie, qu'il fit enfermer un homme dans une cheminée dont il fit maçonner l'ouverture ; mais le fait le plus grave fut celui qui amena l'arrestation du bandit et sa fin, digne de son existence infâme. A cette époque troublée les marchands, voyageant pour les besoins de leur négoce, avaient pris l'habitude de se réunir en compagnies plus ou moins nombreuses, pour, en cas d'attaque, se prêter secours et assistance, Dix marchands de Rennes, qui cheminaient ainsi de concert, furent, un soir, attirés au manoir de Launay, où on leur offrit l'hospitalité pour la nuit. Mais les malheureux, surpris dans leur sommeil par le sieur de Kerguézangor et sa femme, furent égorgés et dévalisés ! Né les voyant plus reparaître, leurs familles firent faire une enquête qui découvrit les meurtriers. On les arrêta au Launay, et on les conduisît à Rennes pour y être jugés. Kerguézangor s'empoisonna dans sa prison, et sa femme, convaincue d'avoir participé à son crime, fut décapitée en 1570. Le roi saisit alors les revenus de l'abbaye, en dépit des instances de Claude de Kerguézangor, et les rendit à l'abbé Jean Fabri. Mais le monastère ne fut pas reconstitué, la maison était dépouillée et délabrée, et la riche abbaye de Lantenac ne consistait plus qu'en un bénéfice chargé de quelques messes, lorsque Mathurin Denechaut, qui en était titulaire en 1582, le transmit au comte de la Magnanne à sa sortie de la Bastille. Cet abbé commendataire, d'un genre assez singulier, mais cependant commun à cette époque, partit donc pour la Bretagne, avec une troupe de cinq à six cents routiers, qu'il avait assemblés et qu'il devait solder de la même manière que les autres capitaines de son temps, à l'aide de la rapine et du pillage. Il commença par obtenir la main de Jeanne de Rosmadec, veuve de Jean de la Pommeraye, dame de Molac. La Magnanne se fixa alors à La Chèze,paroisse d'où dépendait Lantenac, puis il établit sa compagnie à l'abbaye, non sans avoir fait avec ses hommes d'armes quelques fructueuses expéditions. Les soldats de la Magnanne menaient joyeuse vie dans l'ancien monastère. L'église leur servit d'écurie pour les chevaux, le réfectoire fut transformé en salle d'armes. Ils abattirent les bois pour les besoins de la garnison, et celle-ci acquit bientôt un grand renom dans toutes les paroisses environnantes : on eût pu croire au retour des huguenots de Kerguézangor retour des huguenots de Kerguézangor ! Cependant La Magnanne quitta bientôt la Bretagne pour aller, vers l'année 1586, guerroyer en Poitou, sous les ordres de Jean de Chources, seigneur de Malicorne, gouverneur de cette province, qui tenait le parti de la Ligue. Il y demeura environ deux années, durant lesquelles il servit la cause de l'Union. C'est pendant cette absence que mourut à Lantenac sa femme qu'il avait laissée à la Chèze. Malade elle avait dû quitter cette localité pour changer d'air et fuir l'épidémie qui y régnait. A la nouvelle de sa mort, ses parents, ou soi-disant héritiers, accoururent à l'abbaye pour recueillir ce qui lui appartenait, et, sous ce prétexte, l'un d'eux, le sieur de Kercado, s'établit dans la place avec 80 ou 100 hommes, profitant de l'absence de La Magnanne pour s'emparer des biens et revenus de Lantenac. Il ne fallut rien moins, pour en déloger ce nouvel intrus, qu'un arrêt du Conseil du Roi en date du 15 mai 1587 !  L'heureux succès de la Société de Bretagne donna occasion au rétablissement de la régularité dans l'abbaye de Lantenac. Il y avait déjà 45 ans qu'elle était sans religieux ; le père Jean Verdeau, provincial de la Province de Touraine, pour suppléer à ce défaut, y avait envoyé un prêtre séculier de Redon nommé Jean Guyen, afin d'y faire l'office. En 1608, il y joignait son neveu qui s'appelait Julien Le Roy. Le père Jaunay leur donna une règle de Saint-Benoit qu'ils gardaient le mieux qu'ils pouvaient.  

 

 

 

Les religieux embrassèrent la réforme de Saint-Maur en 1646, mais tombèrent dans le jansénisme  au XVIIIe (les Janséistes proposaient la rigueur, et, en ce sens étaient opposés au Jésuites beaucoup plus indulgents envers les pêcheurs). Il fut question de supprimer cette abbaye en 1767, mais trois religieux y demeuraient encore en 1779. Vendue comme Bien National en 1790, elle fut transformée en carrière pour la construction de maisons à Loudéac (voir à travers la ville de Loudéac). Sur son emplacement a été construit un oratoire renfermant des armoiries d'Abbés et des statues anciennes provenant de l'édifice détruit. (notes du Vicomte Frotier de la Messelière).

 

 

Pour mieux comprendre cette Réforme de Saint-Maur, voici un extrait des notes laissées par P. Salmon : Aux origines de la congrégation de Saint-Maur. Ascèse monastique et exercices spirituels dans les constitutions de 1646


 

Pour lutter efficacement contre les sorties fréquentes et les séjours prolongés hors du monastère, engendrant le retour aux usages du monde et à son esprit, un des points saillants des Constitutions de Saint-Maur est l'insistance sur la clôture. Non seulement elles rappellent l'ancienne prescription de la Règle, interdisant de sortir sans la permission et la bénédiction du supérieur, mais elles obligent à utiliser, tant pour les sorties que pour les rentrées, la porte commune. Si, par nécessité, on en utilise une autre, on devra avertir le portier et marquer qu'on s'absente sur le tableau placé près de la porte commune7. Si un moine sortait proprio vitio ou s'enfuyait, son supérieur devait avertir aussitôt le Général, ou au moins le Visiteur, et dresser un procès-verbal. Si le délinquant était pris sur le fait, n'ayant pas encore déposé l'habit monastique, ou s'il rentrait dans les cinq jours, il était puni comme d'une faute grave; si au contraire, il avait déjà quitté l'habit ou ne rentrait pas dans les cinq jours, on devait l'arrêter, le mettre en prison et procéder contre lui « juxta formam in praxi criminali traditam »

 

Différent entre Etienne Du Pont, Abbé de Lantenac et Puissante Dame Marguerite de Rohan dame de la Chaize

 


 

 

 

 

Puissante Dame Marguerite de Rohan dame de la Chaize

 

...Je finis ma visite par la petite abbaye de Lantenac de l'ordre de Saint-Benoît, située en l'évêché de Saint-Brieuc, que l'on tient de la fondation de Rohan, et, ce comme telle, les huguenots en ont longtemps disposé et tout ruiné fors un beau corps de logis abbatial qu'ils avaient conservé comme demeure. Le prieur me dit que la fondation était d'un comte Eudon qui paraissait être de Porhoët et de Rohan et dont les seigneurs de Rohan s'étaient toujours dits issus, il y a plus de quatre cents ans, ce qui me confirme en l'opinion de du Paz qui confondait Rohan et Porhoët, voir Léon, avec les anciens comtes de Vannes, rois de la Bretagne Armorique, dont la grandeur et puissance fut rabaissée par le roi Henry d'Angleterre, duc de Normandie, comte d'Anjou, Touraine et le Maine, et, par sa femme Aliénor, duc d'Aquitaine, comte de Poitou qui réduisit toute la Bretagne à la subjection du comte Geffroy son fils et les comtes de Léon et Porhoët furent, comme plusieurs autres par lui humiliés. Dans le même temps, Jean, évêque de Saint-Brieuc, pour obéir aux sacrés canons, qui ordonnent aux éques de ne donner les bénéfices ecclésiastiques qu'à des fidèles serviteurs, ne crut pas, pouvoir, mettre les églises de Ferrier et de Lantenac situées dans le territoire de Porrohet, in Porri hocensi pago, en de meilleurs mains qu'en celles des des religieux de Marmoutier qui désservoient le prieuré de Saint-Martin de Joscelin. 

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 15:17

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 13:20

 

 

La cheminée de la Soraye par Frottier de la Messelière; armoiries des possesseurs du lieu :  de la Soraye, de Malestroit, de Coëtquen et d'Acigné

 

La terre de la Soraye en la paroisse de Quintenic fut possédée par la famille qui en adopta le patronyme et dont les armoiries étaient : « d'hermines à deux haches d'armes adossées de gueules ». Cette famille de la Soraye disposait de la seigneurie du même nom en Quintenic et leurs succcesseurs avaient aussi celle d'Uzel (voir Les possesseurs de la Houssaye en Quessoy). Les seigneurs de cette maison et leurs succésseurs disposient du droit de prééminence en l'église Saint-Pierre de Quintenic. Le premier dont le nom nous est parvenu fut Guillaume de la Soraye, l'un des participants à la Septième Croisade, l'an 1248 ; Géoffroy de la Soraye cité en 1256. C'est à travers son testament qu'il est mention dudit Geffroy de la Soraye, chevalier. Il demeure à la Soraye en la paroisse de Quintenic ; mais il a des biens en plusieurs paroisses, notamment à Saint-Alban et à Saint-Jacques de Hénansal, sur la voie qui conduit de Saint-Brieuc à Saint-Malo et Dol. Voici une disposition de son testament : A l'église (ecclesia) de Saint-Brieuc, XII deniers ; à la chapelle (capella) de Saint-Guillaume, XII deniers; à chacun des Sept-Saints de Bretagne, XII deniers ; à chacun de leurs sacristains (servientium),VI deniers. La Soraye distribue ainsi XII deniers à neuf églises. C'est à travers ce document qu'il est mention pour la première fois de l'église Saint-Pierre de Quintenic. Louis de la Soraye fut porte-bannière de Sylvestre de Budes, et il fut tué dans la guerre des Bretons en Italie en 1375.  Alain de la Soraye fut très-fidèle au Duc de Bretagne son Prince, & s'arma l'an 1420 pour sa délivrance de la prison des enfans de Charles de Blois (voir le complot de Margot de Clisson, page n° 2). Le nom d'écuyer Alain de la Soraye, figure avec celui de Jehan de la Soraye comme signataires du second Traité de Guérande à Lamballe le 28 avril 1381 (voir Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 10 - Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 7), Alain de la Soraye laissa de son mariage deux filles : Perronelle -voir ci-dessous & Isabeau de la Soraie, femme sans enfans de Messire Jean Vicomte de St Denoual Chevalier, laquel le testa au mois d'Avril 1479. A travers la généalogie de la famille Budes, voici quelques notes sur celle que le Sire Alain de la Soraye avait épousée : Isabeau, Dame de Marchaix & d'Uzel, épousa en premières nopces Messire Alain Sr de la Soraie, fils de Jean S.de la Soraye Chevalier, qui fut l'un des Seigneurs de Bretagne qui firent une ligue le 25. d'Avril 1379. pour le retour & pour le restablissement du Duc Jean de Bretagne, & qui depuis ratifia en la Ville de Lamballe le 28. Avril 1381 le traitté de Paix fait entre le Roy & le meme Duc. Son second mary fut Jean d'Avaurour, issu en ligne masculine des anciens Ducs & Comtes de Bretagne, oncle ou frère de Guillaume d'Avaugour, Sr de Kergroës dès l'an 1390 & qui l'an 1411. le 28. de May, rendit aveu en la Chambre des Comptes de ladite Seigneurie de Kergroes, qu'il declara tenir ligement du Duc de Bretagne, & en ramage & juveigneurie d'aisné des Vicomtes de Rohan. Ce Guillaume fut père d'une seule fille, Blanche d'Avaugour Dame de Kergroës, dont elle fit hommage le 28 Avril 1428 & en laquelle fût périe cette branche d'Avaugour, si elle n'avoit eté continuée par sa posterité. Elle épousa Jean de Belouan, & en eut Louis, Guillaume & Thomine de Belouan femme de Jean Guédas. Louis prit le nom d'Avaugour, avec lequel & sous l'authorité de Jean de Beloüan son père, & du consentement de Guillaume de Belouan S. de Villefié son frère, il donna trente livres de rente à ladite Thomine femme de Jean Guedas, par acte passé en la Cour de Chastelaudren le dernier Septembre 1464. dudit Louis font descendus les Seigneurs de Kergroës, du Bois de laMotte, de S. Laurens & de la Lohiere, & Guillaume son frère continua le nom de Bellouan fondu depuis cinquante ans en la Maison de la Fresnaye par le mariage de l'héritière dc Villefié. Jean d'Avaugour n'eut point d'enfans d'Isabeau du Marchaix. Perronelle Dame de la Soraie, d'Uzel, du Marchaix & de S. Denoual en partie, fille aînée de Alain seigneur de la Soraye, épousa Jean de Malestroit Chevalier Sr du Mesangés. Jean de Malestroit fils aisné de Hervé, laissa de  Perronelle Dame de la Soraye : 1° Jean de Malestroit Sr d'Uzel l'an 1471, 1480 & 1490 ; mort sans enfans. Jéhan de Malestroit est titré sieur de la Soraye et apparaît dans l'acte daté du 14 avril 1488, confirmant le mariage de la duchesse Anne de Bretagne avec Charles VIII.  2° Hervé de Malestroit -qui suit ; 3° Jeanne femme de Henry de Pledran ; 4° Isabeau de Malestroit Dame de Ploeuc, & 5° Louise de Malestroit Dame de la Chappelle, desquelles la postérité sera traittée après celle de leur frère, &  6° Gillette de Malestroit qui se maria fort âgée l'an 1504  avec Raoul de Landugen Chevalier S. de Saint Jouan, & n'eut point d'enfans. 1° Hervé de Malestroit S. d'Uzel, de la Soraye, du Marchaix & du Merange, en l'an 1526. épousa Marguerite de Beaumanoir fille de Gilles Vicomte du Besso (voir (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux - Les Vieilles-Villes à Plénée Jugon), & de Jacquemine du Parc Dame de la Motte du Parc & de Trebrit, et en eut Jacques Sr d'Uzel en l'an 1532. & 1534. & Françoise de Malestroit, qui porta tous les biens de sa Maison en celle de Coetquen (voir La maison de Coëtquen - Le château de Coëtquen à Saint-Hélen). A la page consacrée à cette dernière Maison, nous savons que le dit sieur de Coëtquen se nommait Raoul VI de Coëtquen fut Maréchal de Bretagne et Gouverneur de Dinan. Il fut mis à la tête de 50.000 hommes levés pour la délivrance du duc Jean V retenu captif à Chantoceaux par Margot de Clisson, duchesse de Penthièvre. Sa soeur Marie de Coëtquen épousa Jean, Sire de d'Acigné. Dès lors ce sont leurs descendants qui se retrouvèrent possesseurs de la seigneurie de la Soraye. En 1509, lors de la reconstruction du chevet de l'église de l'abbaye de Saint-Aubin des Bois en Plédéliac, sur une pierre couronnant le sacraire, qui fut dans cette muraille construit du côté de l'Evangile on lisait l'inscription suivante : L'an mil cinq cent neuf fut fait ce pignon tout neuf par le seigneur d'Uzel et de la Soraye. La maîtresse vitre dont les meneaux ont été restaurés, portait d'abord trois écussons, rappelant la famille du fondateur : 1° du côté de l'Evangile et du sacraire étaient les armes de Malestroit portant de gueules à onze besants d'or celui du milieu était en alliance de Malestroit et de la Soraye ce dernier d'hermines à deux haches d'armes, adossées de gueules, et le troisième du côté de l'Epitre en alliance des mêmes avec N. et Marcheix d'or à trois roses de gueules 2 et et d'hermines à une face de gueules.  

 

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 18:00

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:55

 

 

Croquis du Vicomte Frotier de la Messelière.

 Armoiries du Breil du Guilliers et Brunet

 

Gilier ou Guillier. La montagne ou côte du Guillier sur laquelle se trouve le château du même nom, est située dans la commune de Plédéliac. près de lagon; ce tertre faisait autrefois partie des domaines d'Adélie de Penthièvre -alias Edie de Penthièvre (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 4), dame Toumemine de la Hunaudaye. Perceval Guillier, seigneur de la Ville-au-Ré, s‘armait : d’or à un serpent volant de sable, blason (extraits des notes laissées par Lambert Le Court et Alexandre de Bernay : Chansons de geste d'Alexandre le Grand épopée romane du XIIe siècle). Le Guillier, en Plédéliac, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres seigneuries du même nom, appartenait au XVIe siècle à une famille du Breil, originaire d'Irodouër (Ille-et-Vilaine), qui portait un blason d'argent à 3 gresliers d'azur enguichés de gueules. Guillaume du Breil, seigneur du Guillier, comparait en 1569 à Lamballe, dans une montre générale de la Noblesse de l'evêché de Saint-Brieuc, comme arquebusier à cheval, ce qui lui supposait une certaine situation de fortune. Françoise du Breil, son héritière, épousa, vers l'an 1600, François Brunet, seigneur de La Vigne, de très ancienne noblesse et sénéchal de Jugon (voir Le manoir du Verger. - Château du Verger en Lescouët Jugon, en images). Le Guillier est toujours dans la même famille, qui a fourni de nombreux officiers à l'armée, des maires à Plédéliac et des membres du Conseil général des Côtes-du-Nord, sans interruption, de père en fils, pendant un siècle. Les Brunet portent, depuis quatre générations, le titre de Comte du Guillier. (Extrait des notes laissées par le Vicomte M. Henri Frotier de la Messelière : au Pays de Lamballe publiées par la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord).  Notes sur la famille Brunet : Armes d'azur à trois molettes d'argent, 1 et 2, au chef cousu de sable chargé de trois (alias de deux) têtes de loup d'argent, armées et lampassées de gueules. La famille de Brunet appartient à l'ancienne noblesse de Bretagne. On en trouvera des généalogies dans le Dictionnaire de la Noblesse d lui attribuer un Maurice Brunet qui comparut en qualité d'écuyer à la montre passée à Vannes le 1er janvier 1375 par Olivier de Clisson. Olivier Brunet, écuyer, notifia le traité de Guérande à Dinan le 25 avril 1381 il épousa Guyonne Dubois et fut père de Perrot Brunet, écuyer, Sgr de la Berechère, qui épousa en 1386 Marguerite Gruel et qui passa un acte à Dinan le 28 décembre 1400. Ce gentilhomme, auquel seulement le travail conservé dans les manuscrits de Chérin fait remonter la filiation suivie, laissa deux fils, Caron et Guillaume Brunet, Sgrs de la Berechère, qui, lors de la recherche de 1428, furent inscrits au nombre des nobles de la paroisse de la Baussaine, au diocèse de Saint-Malo. Guillaume épousa en 1438 Anne le Léonnays, rendit hommage le 3 décembre 1440 à la comtesse de Laval de sa seigneurie de la Berechère, fut encore employé comme noble à une réformation de la noblesse du diocèse de Saint-Malo et comparut comme homme d'armes à des montres passées à Saint-Malo en 1467, 1477 et 1479. Son descendant, noble homme Charles Brunet, Sgr de la Pironnais, en la paroisse de Saint-Thual, épousa le 1er mars 1572 Jacqueline de Gaudemont et en eut trois fils 1° Fiacre, Sgr de la Pironnais et du Moulin-Tison, qui épousa Marguerite de France et dont la descendance ne tarda pas à s'éteindre; 2° François, qui continua la lignée 3° Jacques, Sgr de la Villemorin, qui épousa Anne Viaut et dont la descendance est également éteinte. François Brunet épousa vers 1600 Françoise du Breil, héritière de la terre du Guillier, en la paroisse de Plédéliac, que sa descendance a conservée jusqu'à nos jours et dont elle a gardé le nom. Leur fils, Jacques Brunet, Sgr du Guillier et du Hac, marié en 1629 à Anne de Kergu, en eut plusieurs fils qui furent maintenus dans leur noblesse d'extraction le 19 novembre 1668 par arrêt des commissaires de la réformation. Deux de ces fils, Jean-Baptiste Brunet, chevalier, Sgr du Guillier, né en 1639, marié en 1666 à Pérrine Bougevel de Beaumont, et François Brunet, chevalier, Sgr du Hac, né en 1641, marié en 1666 à Marie Ruellan, furent les auteurs de deux branches. La branche aînée, dite des seigneurs du Guillier, s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Un de ses représentants, François-Agathe Brunet du Guillier, signa en 1788 la protestation de la noblesse de Bretagne. Un autre, Théodore de Brunet, connu sous le titre de comte du Guillier, a plusieurs fois été élu depuis 1892 membre du Conseil général des Côtes-du-Nord. La seconde branche, dite des seigneurs du Hac, paraît être aujourd'hui éteinte. On trouvera dans les manuscrits de Chérin les preuves de noblesse que son chef, François-Louis de Brunet du Hac, né en 1788, avait fait en 1773 pour être admis parmi les pages du comte d'Artois. Ce gentilhomme signa également en 1788 la protestation de la noblesse de Bretagne. Il avait eu une soeur qui épousa son cousin, François-Agathe de Brunet du Guillier. La famille de Brunet a fourni de nombreux officiers dont l'un fut tué en 1862 à la bataille de Dreux. Principales alliances de Bédée, de Guerry 1757, de Saint-Méloir, de Saint-Gilles, de Pluvié 1685, de Ferron 1630, de Kergu 1629, du Breil, le Desnays de Quémadeuc, du Boisbily 1636, de Penfétényo de Cheffontaines, de Commaille, de Bizien du Lézard 1887, le Fer de la Gervinais, le Provost de la Voltais, de Lesguern, le Mintier 1787, le Forestier 1787, etc. (extrait de Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables...)

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 15:37

 

 

 

Le Chemin-Chaussée est un village formant une rue, l'un des côtés est en la commune de la Bouillie, et l'autre en celle de Hénansal. On y voit les ruines qui annoncent que ce village a été autrefois plus grand. Le village du Chemin-Chaussée peut avoir une population agglomérée de 150 individus (en 1836). Il s'y tient des foires tous les vendredis, depuis le dernier vendredi de novembre jusqu'au second samedi de février inclusivement. Ces foires sont très-fréquentées et l'on y vend des vache, des moutons, des porcs. Les coquetiers de Saint-Cast, Saint-Malo, Saint-Servan et Saint-Brieuc, fréquentent ces marchés et y achètent de la volaille. On fait au Chemin-Chaussée des échaudés que l'on va vendre à Moncontour, Saint-Brieuc, Matignon et Plancoët. Voyez-vous cette forge à la porte de laquelle se trouvent sculptées les armes de Rieux ? C'était le prétoire où s'exerçaient les hautes juridictions de la Hunaudaye et de Vauclerc-Montafilant, avant que le comte de Rieux les eût aliénées, quelques années avant la révolution. C'était aussi au Chemin-Chaussée qu'était le lieu d'exercice de la moyenne juridiction de la Ville-Bélanger appartenant à M. de la Goublaie. Quant à celle de la Ville-Théart, dont était propriétaire M. de Visdeloup, elle s'exerçait à la Bouillie.

 

 

 

 

Le Chemin-Chaussée, gros village sur l'ancienne voie romaine, était, avant 1789, le siège d'une importante juridiction. Sur l'ancien auditoire se remarquent encore les dix besants des armoiries des de Rieux, Barons de la Hunaudaye. La maison en face a perdu ses plus beaux ornements, trois ouvertures vendues à quelque collectionneur rapace par un propriétaire trop intéressé, fait hélas trop fréquent et qui privera bientôt notre pays de ses plus précieux documents artistiques litres armoriées, portes, fenêtres, cheminées, sculptures diverses, rejoignent les statues naïves de nos vieux saints dans les collections ou les magasins de vandales qui ne se servent de nos guides que pour écurner les trésors artistiques non encore classés de notre pays. La plus curieuse sculpture du vieux logis du Chemin-Chaussée consistait en un linteau de fenêtre du XVe siècle. Son centre était occupé par un écusson au lion surmonté d'un lambel, inscrit dans une accolade à triple moulure, décorée de feuillages et soutenant sur ses retombées une jolie sirène à dextre et un lièvre enserrant de ses pattes le feuillage à senestre. (voir Légende au Chemin-Chaussée à Hénansal, canton de Matignon)

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 14:20

 

 

 

La Bellière à Pleudihen

 

 

 

 

 

 

Temple de Mars à Corseul

 

 

 

 

 

 

Château de Dinan

 

 

 

 

 

 

Abbaye de Léhon

 

 

 

 

 

 

Château de la Garaye en Taden

 

 

 

 

 

 

Fort la Latte  en Plévenon

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:06

 

 

 

Dinan est une ville très ancienne, on n'en peut douter ; son origine se perd dans la nuit des temps. Les uns ont prétendu qu'elle était, avant la descente des Romains, l'une des principales stations des Gaulois qui occupaient la contrée ; les autres ne font remonter sa fondation qu'au sixième siècle. -Rien jusqu'ici n'a pu prouver l'époque réelle de sa première existence ; rien aussi ne peut faire supposer qu'elle ait existé au temps des Romains, ou ce ne pouvait être alors qu'une chétive bourgade, car le sol ne semble receler aucune trace de leur passage, et l'on n'en trouve aucune mention ni dans les Commentaires de César qui parcourait le pays en l'an 52 avant l'ère chrétienne, ni dans aucun ouvrage des géographes et des historiens latins des âges sui vants. Son, existence ne commence à se révéler que dans les actes du commencement du onzième siècle ; mais il est à remarquer que, dès ce temps, elle avait acquis déjà un certain degré d'importance. Elle avait dès lors un château-fort et des seigneurs qui portaient le titre de vicomtes. Hamon, qui vivait en l'an mil, est connu pour être le premier vicomte de Dinan. L'histoire nous fait connaître que, dès le moyen âge, Dinan était une ville forte et importante ; aussi était-elle considérée par les ducs de Bretagne comme un des remparts de leur province. Ils ne lui rendaient en cela que justice, car sa position avantageuse et la masse imposante de ses murailles en faisaient aux yeux de l'ennemi un bouclier formidable. Ils la qualifiaient encore d'un titre plus flatteur, lorsqu'ils disaient dans leurs chartes : notre bonne ville de Dinan. tant ils avaient de confiance en sa force et dans la fidélité de ses habitants. La ville était enclose par une enceinte de hautes et larges murailles défendues par un assez grand nombre de bastions. Les murs formaient un développement de plus de 2,300 mètres de circuit. A l'exception de quelques brèches ouvertes pour faciliter les voies de communication, les murailles existent encore sur tous les points, mais dans un état de dégradation plus ou moins avancé. Le haut des murs offrait encore aux habitants, il y a moins d'un siècle, une promenade saine et agréable, d'où, en faisant le tour, ils pouvaient contempler à loisir leur vieille cité et admirer tout à la fois les sites riants qui se reproduisent à ses pieds et dans les lointains. Mais, dans le milieu du siècle dernier, le gouvernement ayant négligé ou plutôt abandonné les places de l'intérieur pour porter toutes les forces matérielles et militaires sur les villes-frontières, Dinan subit le sort commun : ses murs furent vendus aux particuliers qui avaient des propriétés adjacentes, et ceux-ci ne tardèrent pas à donner une autre destination à la promenade des Murs, en la trans formant en pavillons, parterres, etc. Jusqu'ici l'histoire ne nous a point appris si Dinan avait eu une autre enceinte de murailles, c'est-à-dire une moins étendue que celle qui existe; ce qu'il y a de certain, c'est que les murs actuels ne sont pas, sur tous les points, ceux qui ont dû former la première enceinte, .car il est très supposable que la ville dût être close de murailles dès les premiers moments de l'établissement des vicomtes de Dinan, c'est-à-dire vers le commencement du onzième siècle, et la ville ne devait pas avoir alors l'étendue qu'elle a aujourd'hui. D'ailleurs, il est à remarquer que l'architecture des murs, des portes et des tours, ne présente nulle part le caractère du onzième siècle. Sans doute, dans le ravage des guerres, les murailles ont dû subir de grandes modifications : ce qui nous le prouve, ce sont les nombreux changements de construction et de diverses époques qui se font remarquer dans le pourtour de l'enceinte. Nous croyons devoir assigner aux parties les plus anciennes des murs la date du treizième siècle : quelques points présenteraient peut-être le cachet d'une époque antérieure, ce que nous ne pouvons absolument préciser. Nous signalerons particulièrement à l'attention des amateurs un pan de muraille qui se trouve presque intact, sous les jardins de Sainte-Catherine (hospice) ; il est d'un effet admirable et respire tout le ca ractère de la plus grande vétusté. Quelques pièces authentiques nous font connaître que, dans le quinzième et le seizième siècle, il fut fait d'importantes réparations aux murailles de la ville, et qu'un grand nombre de maisons et jardins furent rasés pour rendre libre l'abord des fossés. C'est au moment de l'exécution de ces travaux que fut démolie l'ancienne chapelle de Saint-Julien, qui était située, dit un vieux cartulaire de Saint-Malo : « Lès le fossé des murs de la ville, jouxte la veille Boucherie. » L'épaisseur des murs de la ville est d'environ quatre mètres sur une hauteur moyenne de dix mètres ; le ciment qui lie les pierres est de la plus grande dureté. Dans la partie du nord à l'ouest, la ville présentait moins de défense et un accès plus facile à l'ennemi ; aussi, de ce côté, avait-elle une double enceinte de murailles et les tours plus rapprochées qu'autre part. Les tours qui défendaient les murs de la ville étaient au nombre de quatorze, non compris le château et les tours latérales des quatre portes principales. Voici leurs noms, partant de l'orient au midi : La tour du Petit-Rempart, située à l'extrémité orientale de la promenade Saint-Sauveur, d'où l'on jouit d'un magnifique point-de-vue. A l'autre extrémité de cette promenade est la petite tour Sainte-Catherine, au pied de laquelle se trouve une porte de secours. Viennent ensuite la petite tour du Bois-Harouard et la Tour Longue (cette dernière se nommait vulgairement la tour du Cassecou) ; la tour du Bois-Harouard fut démolie lorsqu'on ouvrit le Chemin-Neuf en 1781, et, par la même raison, le bastion des Vaux, sur lequel est établie aujourd'hui la belle propriété de M. A. Michel, se trouva totalement séparé de l'enceinte de la ville. Un vieux poulier de Saint-Sauveur mentionne une requête faite au roi pour obtenir indemnité d'une grande quantité de pierres destinées à la continuation de l'église Saint-Sauveur, et prises au pied dudit œuvre pour la construction du bastion des Vaux en 1 592. Avant d'arriver à la porte Saint-Louis se trouve la tour des Sillons ou du père Renaud. Après la porte Saint-Louis vient la tour Coëtquen, qui sert actuellement de poudrière. Dans un temps, la société franc maçonique y tenait ses séances. Au fond de cette tour, on voit l'embouchure d'un vaste souterrain qui (suivant la chronique) communiquait avec le château-fort de Léhon. Au-delà du château était une petite tour qui a été démolie et dont nous ignorons le nom. Viennent ensuite la tour du Connétable et la petite tour de Cocherel. . Après la porte de l'Hôtellerie, à l'angle du Pall-Mail, se trouve la tour Saint-Julien, qui sauta en 1597, par l'imprudence d'un gardien qui mit le feu aux poudres. Plus loin est la tour de Lesquen. Au bout de la Rue-Neuve était la tour de la Rue-Neuve, qui a été démolie pour ouvrir un passage sur le boulevard du Grand Fossé. Vient ensuite la tour de l'Alloué, l'une des plus fortes de l'en ceinte. Au-delà de la porte Saint-Malo vient enfin la tour du Bignon ou de Kergorlay. Outre les quatre portes principales de la ville, placées aux quatre points cardinaux, il existait encore quelques portes de secours. La porte du Jersual, située à l'orient, fait face à la rue dont elle porte le nom ; sa construction, qui est le gothique, décèle aussi une réminiscence du roman. A droite et à gauche de cette porte étaient deux forts bâtis au temps de la ligue : celui de gauche en sortant de ville, et qui fut construit sur l'ancien domaine de Kergorlay, se nommait le Grand-Fort ; celui de droite le Petit-Fort. Entre les deux il existait une seconde porte dite Saint-Sébastien, et dont la dé molition, ainsi que ceile des deux forts, eut lieu en 1777. Les matériaux furent employés à la construction de la cale du port, de sorte qu'il ne reste plus aujourd'hui que quelques vestiges de ces fortifications. La porte Saint-Louis est située au midi et fait face à la rue de Léhon; celle-ci est d'une époque plus récente que les autres; elle ne fut ouverte qu'en 1620, pour remplacer celle du Guichet, qui fut supprimée par les nouvelles constructions que fit exécuter en 1593 le duc de Mercœur, lorsqu'il fit augmenter les fortifications du château. Il est dit qu'il fit aussi raser plusieurs maisons et jardins qui se trouvaient en dehors du pont-levis de la porte du Guichet : « Les dictes maisons, jardrins et colombier à pigeons volants, sous la juridiction de la Trinité et à devoir de rente et obéissance. » Plus tard, les fabriciens de l'église Saint-Sauveur adressèrent au roi une requête pour obtenir indemnité de la perte des susdites rentes. La porte du Guichet se voit encore entre ses, deux tourelles latérales, dans la courtine qui communique du château à la tour Coëtquen ; sa construction est le style gothique. La porte de l'Hôtellerie est située à l'ouest; il est à croire que son nom lui est venu de sa proximité avec l'ancien Hôtel Dieu et qu'on nommait aussi l'Hôtellerie, qui se trouvait sur la droite eh entrant en ville. Cette porte, quoique voûtée à plein, cintre, a été également construite au temps de l'ogive ; elle en porte le cachet à l'extérieur. Ses deux tours, avec quelques bâtiments sur-élevés, ont, pendant longtemps, servi de pri son. La porte Saint-Malo , qui fait face au faubourg dont elle porte le nom, est située au nord. Cette porte, sauf quelques additions postérieures, offre un mélange du roman et du gothique, ce qui nous ferait croire que, comme celle du Jersual, elle aurait pris naissance vers le commencement du règne ogival, et conséquemment ces deux dernières seraient d'une époque antérieure à celles du Guichet et de l'Hôtellerie. Chaque porte avait un pont-levis, une herse ou porte, de guerre et une porte de ville ; de chaque côté, une tour de défense, et au-devant étaient des ouvrages avancés, en forme de bastions.

 


 

Château de Dinan. Cet édifice a été construit vers la fin du quinzième siècle par les ducs de Bretagne ; jusqu'ici, aucun document n'a encore fait connaître la date précise de ce monument et son principal fondateur ; ce qu'il y a de positif, c'est qu'un acte de 1540 prouve que le château n'était pas encore construit ; un autre acte de 1420 mentionne son existence. Ce monument, le plus remarquable de Dinan, est en même temps un des plus renommés, des mieux conservés et des plus majestueux de la province. Il a été momentanément la résidence des ducs de Bretagne. Pendant longtemps on a attribué à tort sa fondation à la duchesse Anne, conjecture qui s'est peut-être formée à propos du long séjour qu'elle a pu y faire. Il est situé dans la partie méridionale de la ville et assis dans les murs d'enceinte ; son entrée principale est tournée vers la ville, dans la direction du levant. Sa forme est un énorme don jon, composé de deux tours accouplées, qui s'élèvent à une hauteur d'environ 33 mètres; il est séparé de la ville par deux profonds fossés, sur lesquels sont jetés deux ponts en pierres, dont l'un, le plus rapproché de la ville, est d'une construction assez hardie ; l'autre, qui est à la place de l'ancien pont-levis, est de construction récente. L'intérieur du château est divisé en dix-neuf pièces, dont quatre principales. La partie basse consiste en deux salles souterraines. A l'entrée, dans une pièce qui servait jadis de chapelle et qui se nommait la salle du Serment, on montre un siège en pierres que l'on appelle le fauteuil de la duchesse Anne, lieu où elle devait se placer pour entendre la messe (selon la chronique). Les états de Bretagne ont tenu plusieurs fois dans ce château. La tour Coëtquen, qui n'est séparée du château que par une courtine, devait aussi en faire partie. En 1593, le duc de Mercœur fit faire de grands travaux de fortifications dans le pourpris du château. Aujourd'hui, il sert de prison ; elle y fut transférée en 1822. L'édifice dont nous venons de parler n'est pas le château primitif de Dinan. Dans la partie orient de la ville, sur le coteau ou promontoire qui est compris entre la rue du Petit-Fort et le Chemin Neuf, et qui s'avance sur le pont, s'élevait anciennement un château-fort, connu sous la dénomination de Château-Ganne. Aux quatorzième et quinzième siècles, où il ne restait peut- être déjà plus aucun vestige de ce monument, ce lieu se nommait le plus souvent Vieil Châtel. L'histoire ne fait pas mention de l'époque de sa première existence ni du moment de sa destruction. Peut-être fut-il rasé dans la guerre que soutinrent' les principaux seigneurs de Bretagne contre le duc Jean Ier, en 1258, où Dinan fut livré aux flammes. Au temps de la ligue, il fut fait dans ce lieu des ouvrages de fortifications qui depuis ont été démolis : l'emplacement est aujourd'hui livré, à la culture, et il n'est pas resté une seule pierre pour attester que là fut jadis la demeure superbe des Rolland et des Richard de Dinan.

 

 

 


 

Vicomte et Sénéchaussée de Dinan. La seigneurie de Dinan portait le titre de vicomté. Hamon est le premier vicomte dont l'histoire fasse mention ; il vivait en l'an mil et jouissait d'un grand crédit à la cour de Geof froy Ier, duc de Bretagne. La seigneurie de Dinan était une des principales maisons du duché, elle a produit plusieurs hommes distingués, soit dans la haute Administration, soit dans les armes; nous citerons entre autres : Geoffroy, Olivier, Rolland, Richard, Alain, Raoul, Charles, Robert, Pierre et François, vicomtes de la sénéchaussée de Dinan, qui portait le titre de cour royale, avait un grand nombre de juridictions seigneuriales sous son ressort, et dont suit la nomenclature : Le comté de la Garaye, le Bois Riou, Kergorlay, Léhon, Vaucouleur en Dinan, Prieuré de Saint-Sauveur. Prieuré de Saint-Malo, les Chevaliers de Malte, Beaulieu, Bosquen, la Trinité, le Saint-Esprit, la vicomté de Dinan, la Magdeleine, la Vallée-Plumaudan, Broons, Broondineuf Sévignac, Pont-Briand, Ponthaie, Pontual, Plouër et Rigourdenne, Chalonge et Duval, Chalonge, Trévron et la Gibonnais, Beaumanoir, la Ferronnais, le Besso, Langevinais et Boutron, le Chêne-Ferron, Champ-Gérault, Quérinan, Coëtquen, le Chalonge et la Haute-Ville, la Roche-Glé, le Colombier, Lanvallay, la Roche-Colombier, le Mottay, le Gage, la Saudrais, Bois de la Roche, Yvignac, la Herviais, Montafilant au siége de Plancoët, la Chapelle Bernier, la Ville-Roux, Launay, Vaucouleur en Corseul, la Caulnelais, Beaubois Bourseul en ce qui relève de Dinan, la Boissière, la Tondourie, le Plessix-Madeuc, la Torestrie, la Baie, la Ville-ès-Fous, la Ville-Morel, la Motte-Ollivet, le Plessix-Balisson, le Pin, le Guildo, Saint-Meleuc, la Touche-à-la-Vache, la Gueurine Trémeur, Tressaint, la Pasquenais, Merdrignac, Lanvollon, le Mottay en Merdrignac, Vaucouleur en Merdrignac, Vaucouleur et la Chaussée en Miniac, Launay-Comatz, la Guérais en Ploubalay, la Conninais, Villedéneuf, Lorgeril, la Crochais, Beauchêne, la Mettrie, la Chênais-au-Porc. En 1500, la cour de Dinan fut érigée en présidial, juridiction qui fut, en 1598, réorganisée à l'instar des autres présidiaux et Guillaume d'Argentré en est président agréé du duc de Mercœur. La même année, la cour des monnaies fut aussi transférée à Dinan, d'après les ordres du duc de Mercœur : « Considérant que la ville de Dinan est assise en un lieu proche des meilleures villes de cette province, et qu'elle s'est toujours maintenue et conservée en la sainte union sous notre aide, et que, pour cette raison, elle doit être grandement décorée et augmentée comme nous l'en connaissons très digne. Avons transféré et établi, transférons et établissons en ladite ville de Dinan, la monnaie qui soulait travailler en ladite ville de Rennes pour y être dorénavant tenue et exercée par vingt maîtres et autres officiers tout ainsi et à l'exemple des autres monnaies du royaume. Le 12 septembre 1589. » Emmanuel de Lorraine. Les états de Bretagne se sont assemblés dix fois à Dinan de puis 1352. Dinan, jusqu'à la révolution de 1793, a eu des gouverneurs. La ville portait anciennement les armoiries de gueule, château donjonné d'or au chef d'hermines, et surmonté d'une Couronne murale. (Extrait des manuscrits de Mahéo.)

 

 


 

Les principaux monuments de Dinan

 

1 L'église Saint-Sauveur, construction de la fin du quinzième siècle, à l'exception du portail et de la côtale méridionale qui sont du onzième siècle, magnifique architecture du style roman. Le clocher, qui s'élance à une hauteur de plus de 200 pieds, est admirable par son élégance et sa légèreté. L'extérieur du chœur, architecture riche et imposante. A l'intérieur, des inscriptions de diverses époques ; le mausolée renfermant le cœur du connétable Du Guesclin ; de beaux vitraux peints; et une ancienne piscine baptismale d'un travail bysantin fort curieux.

 

 

 

 


 

2. L'église Saint-Malo, monument de la fm du quinzième siècle, dont le choeur, seul complétement achevé, est d'un travail admirable tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

 

 

 


 

3. A l'ancien prieuré de Saint-Malo, faubourg de ce nom ; se trouve une petite chapelle servant de remise, dans laquelle on voit encore un reste de l'ancienne église paroissiale de Saint Malo ; seul souvenir qui nous reste de cette belle et vaste basilique, admirable architecture du style roman, édifiée vers la fin du onzième siècle et détruite en 1487. La partie qui existe encore est l'arc d'entrée d'une chapelle de l'abside, et qui habituellement, dans nos églises, est celle dédiée au Sacré-Cœur.


 

4. Les restes de l'ancien couvent des Cordeliers, fondé par le connétable d'Avaugour à son retour des croisades (en 1240).

 

 


 

5. Le château (aujourd'hui Prison), monument bien conservé, construit dans la dernière moitié du quatorzième siècle par les ducs de Bretagne. A l'entrée, dans une pièce qui servait jadis de chapelle et qui se nommait la salle du Serment, on montre un siège en pierre que l'on appelle le fauteuil de la duchesse Anne, lieu où elle devait se placer pour entendre la messe (selon la chronique). -Dans la partie basse de l'édifice sont deux vastes cachots où le jour ne pénètre que très faiblement, -Les états de Bretagne ont tenu plusieurs fois dans ce château.

 

 

 


 

6. La belle flèche pyramidale de l'horloge qui s'élève à une hauteur d'environ 60 mètres du pavé. De la galerie en plomb où se trouve la bruyante filleule de la bonne duchesse Anne, on découvre un vaste et magnifique horizon qui dédommage grandement de la peine que l'on prend d'y monter.


 

 

 

7. La place du Champ, où est érigée la statue du connétable Du Guesclin, lieu même où ce grand capitaine terrassa le fa meux Cantorbéry, chevalier anglais (en 1350). L'ancienne communauté des Jacobins (aujourd'hui occupée par les dames Ursulines), fondée par Alain de Lanvallay (1216), l'un des plus éloquents prédicateurs de son temps. On y voit le caveau où se trouvait le cœur de Du Guesclin avant la suppression de cet ancien établissement.

 

 


 

9. La maison des chevaliers de Malte, qui se distingue par quelques ogives placées dans le mur faisant face au portail des Cordeliers. Ils avaient aussi une succursale au village de Lannouée, commune d'Yvignac.


 

10. Le Musée, à l'Hôtel-de-Ville, qui, quoique naissant en core, mérite déjà l'attention des amateurs. On y voit, entre autres objets dignes d'intérêt, la giberne du vaillant et modeste Latour-d'Auvergne, premier grenadier de France.


 

11. Le Parnasse, délicieux coteau où vient s'offrir à l'oeil le paysage le plus varié : des cascades, des moulins, des ruines de forteresse et d'abbaye, des rochers, des bosquets, des châteaux et de gentilles maisonnettes de campagne qui couronnent avec élégance le front du coteau.


 

12. La promenade Saint-Sauveur, d'où l'on découvre les sites les plus pittoresques.


 

13. La Fontaine des eaux minérales, délicieuse promenade d'été.

 

 

 

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