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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 07:34

Paul-Gédéon de Rabec, prêtre du diocèse de Coutances, né au bourg de Cérisy-Montpinson (lire Montpinchon), en 1738, ayant fait ses étude à Paris, au collège de Sainte-Barbe, y avoit reçu l'ordre de la prêtrise, et obtenu le grade de docteur ; après quoi il étoit devenu chanoine de la collégiale de Saint-Guillaume, à Saint-Brieuc, puis archidiacre et théologal de l'église cathédrale de Dol.

 

 

L'air marécageux de cette dernière ville faisant éprouver à sa santé des altérations progressives, il se crut obligé de se démettre de ses dignités, pour leur préférer la cure de la paroisse d'Aaron, près Grosses-Forges, dans le Bas-Maine, Rabec la gouverna depuis janvier 1772 jusqu'en 1782. Ce pasteur, charitable peut-être à l'excès, ne trouvoit pas dans son revenu patrimonial, réuni à celui de sa cure, assez de ressources pour assister les pauvres, et surtout les malades de sa paroisse. Il avait même, en leur faveur, contracté des dettes considérables, qu'il n'aurait pu éteindre en conservant cette charge pastorale qui l'entraînait toujours dans les mêmes dépenses. Un oncle,qui était riche, vint à son secours, mais à la condition qu'il résignerait sa cure; et il l'obligea de venir demeurer en son château.

 

 

Là il pourvut à ses besoins, lui laissant le soin de satisfaire une partie de ses créanciers avec le produit d'un domaine qu'il possédait dans la paroisse de Mégrit, près Broons, dans le diocèse de Saint-Malo. Deux ans suffirent pour le libérer entièrement; et pouvant alors venir habiter paisiblement ce domaine appelé Val-Martel, il s'y retira en 1785 et s'y livra de nouveau, mais seIon la mesure des facultés qui lui restaient, à son penchant pour soulager les pauvres. Cette disposition, jointe à l'édification de sa conduite, et même à des lumières non communes, lui attiraient une grande estime, accompagnée de vénération. Nous concevons qu'on ait pu le blâmer d'avoir exposé ceux qui lui avoient prêté de l'argent pour secourir les pauvres d'Aaron, à souffrir quelques privations par le délai de ses remboursements, et d'avoir peut-être contrarié leurs calculs d'intérêt par l'excès de son amour pour les infortunés; mais nous ne comprenons pas comment le compilateur des Confesseurs de la Foi a pu faire soupçonner que Rabec prêta le serment de la constitution civile du clergé. N'étant plus curé depuis six ans, quand ce serment fut prescrit aux fonctionnaires publics, il ne se le vit pas demander, et n'eut aucune raison temporelle qui l'engageât à le prêter. L'illusion séduisante qu'avait pu lui faire, à son origine, la révolution qui promettait de réformer des abus, ne dura même pas jusqu'à l'époque où elle introduisit le schisme dans l'Église de France; et il est avéré que, non content de combattre les erreurs qui le produisaient, il n'épargna aucun soin, aucune démarche, aucune fatigue, pour en préserver les fidèles. Il alla même, en 1791, dans son ancienne paroisse, pour laquelle il conservait toujours une sainte affection, afin d'en déterminer les habitants à conserver leur Foi pure et intacte. Il parcourut encore la partie du diocèse de Dol, commise autrefois à la surveillance de son archidiaconé, pour détourner les prêtres de faire ce serment schismatique. Dès lors, il était si décidé à soutenir la Foi au péril de sa vie, qu'au milieu des courses dont il s'agit, un ami, avec lequel il s'arrêta dans une rue de Dol, et auquel il parlait avec chaleur des intérêts de la religion, lui ayant dit de prendre garde aux méchants qui pouvaient l'entendre, il lui répliqua hautement: « Je ne crains rien ; et s'il faut mourir pour Dieu et pour l'Église, je sacrifie volontiers ma vie à leur sainte cause. » Revenu à Mégrit, dont le curé avait été mis en fuite pour avoir refusé le serment (Jh Veilhon), il le suppléa à l'égard des paroissiens qui étaient restés catholiques. La loi de déportation ne l'atteignait pas directement, puisqu'il n'avait pas été obligé à ce serment; et il continuait d'habiter son domaine de Val-Martel, en rendant son ministère infiniment utile à la paroisse. Son opposition aux erreurs du temps était si bien connue, que les administrateurs du département des Côtes-du-Nord, n'hésitant pas à le regarder comme insermenté, le confondirent avec les infirmes et les sexagénaires que la loi de déportation condamnait à la réclusion; et, au commencement de 1795, il fut amené à Saint-Brieuc, pour y être reclus dans l'ancien couvent des Soeurs de la Croix, transformé en maison de détention. Il y resta un an, après lequel on le fit conduire à Guingamp, où il fut encore enfermé sous le même prétexte, dans le ci-devant monastère des Carmélites qui avait subi la même hideuse métamorphose; et cette seconde détention dura deux ans. Vers la fin de 1795, un an après la chute de Roberspierre, le vénérable Rabec était encore captif de Jésus-Christ. Alors cependant, on commençait à permettre aux prêtres détenus de retourner dans leur domicile; et Rabec revint dans son domaine de Val-Martel. Les persécutions qu'il avait éprouvées, et sa captivité de trois ans n'avaient pu amortir son zèle. Les besoins de la paroisse de Mégrit en réclamaient tous les soins, car elle avait absolument perdu son pasteur; et Rabec lui en tint lieu avec un dévouement qui pourvoyait aux besoins corporel comme aux besoins spirituels des habitants. Ils bénissaient sa charité sous tous les rapports, et avaient pour ses vertus une vénération qui lui aurait assuré sa tranquillité dans ce pays, si elle n'eut dépendu que d'eux. La connaissance des fruits comme des travaux de son ministère, dont aucune crainte ne pouvait ralentir la sainte activité, parvint aux hommes qui étaient chargés de persécuter les prêtres dans cette contrée ; et ils songèrent à se saisir de sa personne. Des gens de bien, qui en eurent avis, le prièrent de modérer son zèle, et de ne pas tant s'exposer à la haine des percuteurs : il leur répondit « que son devoir de prêtre était de se sacrifier pour le salut des âmes ; que si, pour se conserver la vie, il consentait à ne plus exercer le saint ministère, il aurait bien plus à redouter de la vengeance du Seigneur qu'il n'avait à craindre de la malice des hommes ». Ces hordes de soldats impies qu'on appelait colonnes mobiles, et qui avaient pour commission spéciale de rechercher les débris des armées catholiques et royales, faisaient souvent des incursions sur la paroisse de Mégrit. Le 28 février 1796, de très-grand matin, lorsqu'il achevait de dire la messe, on vint l'avertir qu'une de ces colonnes, venue de Broons, et composée de cinquante hommes approchait : «Voilà donc, s'écria-t-il, plein de ferveur, voilà donc, ô mon Dieu, voilà le moment où je vais paraître devant vous ! »

 

 

A l'instant, les soldats forcent la porte de Val-Martel; Rabec se trouve dans la première salle où ils pénètrent en furieux; et, loin de rien perdre de sa tranquillité d'âme, touché au contraire de les voir accablés de fatigue, et à demi-exténués de besoin, il leur offre, et leur fait servir des rafraîchissements et de la nourriture, en leur parlant avec une paternelle bénignité. Ainsi jadis en avait agi saint Polycarpe à l'égard des satellites qui vinrent le saisir. Ceux qui s'emparent de la personne du vénérable Rabec n'en sont pas plus reconnaissants que ne l'avaient été les gens armés qui arrêtèrent le saint évêque de Smyrne. Après s'être bien rassasiés à ses dépens, ils se mettent à piller et saccager sa maison. Mais leur chef, qui est impatient de faire périr Rabec le plus tôt possible, interrompt le pillage, en ordonnant à sa troupe de partir et d'emmener le saint prisonnier. Il est entraîné, et, à chaque pas, on le frappe avec des baïonnettes. On n'est pas encore sorti de l'avenue qui fait un des agréments de son habitation, on n'en est même qu'à 150 pas, lorsque tout à coup le commandant ordonne une halte, et commande à quatre de ses soldats qu'il désigne de fusiller ce respectable prêtre qui, jusque là, n'avait répondu aux outrages et aux mauvais traitements des soldats que par ces exclamations: « O mon Dieu, pardonnez-leur, et faites-moi miséricorde. » Rabec, entendant l'ordre du commandant, montre une résignation toute céleste à cette espèce de sentence ; et, s'adressant avec un ton amical aux soldats choisis pour le fusiller, il leur dit: « Vous qui devez me délivrer de la vie, procurez moi auparavant la satisfaction de vous embrasser ; venez : je vous pardonne ma mort». Ce trait de la charité la plus héroïque les émeut ; néanmoins ils doivent obéir à leur chef. Un d'eux cependant plus vivement touché que les autres « déclare qu'il ne tirera point ; qu'un tel prêtre ne peut être un ennemi ; et qu'il préfère d'être fusillé lui-même.» Mais les trois autres tirent à bout portant; et le vertueux Rabec tombe mort. Le commandant permet alors à sa troupe d'aller consommer le pillage de la maison de la victime. Mais ils veulent auparavant dépouiller le cadavre; et, le laissant ensuite nu sur la terre, ils courent où leur rapacité doit achever de se satisfaire. Quand ils eurent entièrement dévasté la demeure du saint prêtre, ils se retirèrent et ses domestiques avec ses fermiers y apportèrent son corps, qui fut ensuite déposé dans le cimetière de la paroisse de Mégrit. Tous ces derniers détails nous ont été fournis par eux-mêmes. Malgré les dangers qui les menaçaient aussi, ils avaient suivi leur maître jusqu'à la mort, tant ils avaient de respect et d'attachement pour lui. Les paroissiens de Mégrit et les pauvres de toute la contrée bénissent également sa mémoire, et le tiennent pour Martyr

 

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 06:15

 

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 14:49

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 20:50

 


 

 

 

Les armoiries quasiment effacées de du-Guesclin

« d'argent à l'aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même » 

 

 

Le même socle avec reconstitution des armoiries du Guesclin

 

 

Dans son guide du voyageur publié en 1857, Jean Bazouge évoque cette colonne inaugurée en 1841 sous le gouvernement de Louis-Philippe Ier, sur les ruines du château de la Motte-Broons, berceau du fier capitaine. Notre guide précise qu'autrefois quand un régiment passait sur cette route, arrivés au pied de la colonne, les tambours battaient aux champs, et les troupes voyageuses faisaient une halte d'honneur, en témoignage de patriotique admiration. Arrêtons nous aussi dans ces lieux où s'écoula l'enfance du célèbre batailleur. Sous les ondulations du terrain au milieu duquel apparaît le monument érigé au « héros breton » gisent les dernières pierres du château de ses pères rasé en 1616 par ordre des États de Bretagne. Rien, plus rien de cette demeure sur le sol herbeux et bossué comme celui d'un cimetière. De jeunes arbres poussent autour de la colonne, qu'une balustrade en fer défend : c'est là toute la décoration du monument. Il semblerait que ce fut au retour de son expédition en Egypte, que le Croisé Guillaume de Broons, quintisaïeul du connétable, abandonna la motte castrale au profit d'un castellum que du-Guesclin fortifia considérablement quand il reçut sa charge de chef des troupes au royaume de France. Suite aux guerres de la Ligue, sur ordre des États de Bretagne, répondant aux vœux de la régente Marie de Médicis, la Motte Broons subit le démantèlement de ses défenses. Il est vrai que les alliés du duc de Mercoeur avaient détenu ce point stratégique. Toutefois, ainsi que le souligne Noël Brouard, c'est très certainement le donjon situé sur les arrières de la Grand-Place de la ville de Broons, aux abords de la Rue de la Glacière qui fut démantelé et détruit (voir histoire de Broons, page n° 10). Ce qui n'exclue pas que la maison-forte de la Motte-Broons ait été aussi dépourvue de ses éléments défensifs, d'où le dédommagement versé au possesseur du lieu à cette époque : Messire de Ville-Blanche. Des éléments « renaissance » provenant du lieu sont visibles au hameau de Brangalo (voir histoire de Broons, page n° 6) on sait qu'ils provenaient de la Motte-Broons. Puis le chastel de la Motte Broons fut abandonné, et l'antique forteresse tomba alors en ruines. Selon le témoignage de voyageurs au cours du XVIIIe siècle, des restes impressionnants étaient encore visibles. A la fin du règne de Louis XVIII, en 1822, une première souscription fut lancée à échelle locale afin de financer un monument dédicacé au connétable, mais la souscription ne fournit pour la seule commune de Broons que la somme de 166 fr. 20, une autre lancée à l'échelle de la Bretagne ne donna pas davantage de donation ! c'est dire si le fameux héros breton laissait indifférent. Le Conseil général des Côtes du Nord décida alors de financer la réalisation du monument, et étrangement les Broonais alors, souhaitèrent un monument digne de celui de Dinan, dût-il coûter 6.000 francs ! En 1830, le renversement de Charles X, le projet fut enterré, puis le 15 février 1834, le terrain était acheté semble-t-il par la famille d'Orléans en vue d'aménager la colonne, soit un lot d'une superficie de 2.640 m2 pour une façade de 66 mètres. Ce lot avait été prélevé sur la parcelle de la Rivière -probablement les anciens fossés du château. C'est sous le règne de Louis-Philippe Ier, le fils du fameux « Philippe égalité » que la colonne allait être inaugurée. Louis Philippe s'étant s'emparé de la couronne vacante, c'est par pure propagande, qu'il relança l'idée d'un monument dédicacé au fameux connétable -plus tard, en 1870, la Pucelle d'Orléans allait à son tour devenir symbole d'un autre régime tout aussi pitoyable. Louis-Philippe n'était guère apprécié en Bretagne, il y était regardé comme un simple usurpateur. Quand au monument, il aurait dû en principe être érigé au cours de l'été 1840, mais les retards enregistrés, ce n'est que le 15 octobre que le monument fut dressé. En 1810, Charles Rolland Néel de La Vigne, alors maire de Dinan avait présidé en sa cité, à l'inauguration du cénotaphe mis en place en l'église St Sauveur afin de recevoir le coeur de du-Guesclin -où du moins ce qui en restait après la révolution. Il avait convié son confrère de Broons pour l'évènement (voir Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet de Dinan : voyage à Guenroc). Le même personnage devenu sous-préfet reporta l'inauguration de la colonne du-Guesclin au cours de l'année 1841, en effet en période hivernale, les jours étant courts et le temps incertain, la saison morte aurait nuit à la sollennité de la fête. Haute de 10 mètres, pour un poids avoisinant les onze tonnes, la colonne avait été réalisée en granit monolithique et provenait d'une carrière de St Pierre de Plesguen. C'est donc un périple de près de cinquante kilomètres qui fut parcouru par le convoi militaire; parti de St Pierre de Plesguen la procession arriva au Pont du Château à Broons où se déroulèrent les animations similaires à celles données à Dinan, 31 ans plus tôt. Yves Miriel était alors maire de Broons. Pour la circonstance, la stèle avait été entreposée sur des canons tirés par trente-six chevaux. Quarante peupliers d'Italie entouraient la colonne à l'origine, mais depuis, les tempêtes en ont éliminé quelques uns, il en reste une dizaine. Un temps propriété de la Communauté religieuse Joachim Fleury, le champs voisin  a révélé des antiquités liées au lieu dont un fragment des clef, quelques monnaies du XVe siècle, dont un gros à la fleur de lys ainsi qu'un sceau portat un écu d'azur à trois de têtes de lévriers, coupées d'argent et colletées de gueules ; ce sont les armoiries des Milon, seigneur de la Ville-Morel. Autour de cet écusson on lit : S. DE CONTRAS DE LA VILLE MOREL (ce dernier renseigneiment fut founit par M. de Corson, à la Société Archélogique d'Ille et Vilaine).  Un projet de modeste musée fut un temps envisagé puis tomba vite dans l'oubli.

 

 

Des peupliers, ces sentinelles veillent au repos du héros

 

 

Détail du bulbe couronnant la stèle

 

 

Du-Guesclin alias du-Guarplic,  de Guesquin

une famille bretonne

aux probables origines norroises !

 

 

Aucune certitude sur la date de sa naissance et pour cause, les registres paroissiaux de Broons ne remontent pas au delà de 1556, seuls ceux de Givry en Saône et Loire couvrent la période allant de 1303 à 1357. 

 

 

La seule date dont on soit certain.

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 17:38

 

Uchta, Redadeg,

Redek evit ar brezhoneg

Huch 'ta !Redadeg,

Redek a rimp e brezhoneg

Ar re vras hag ar re vunut

Hag ar re a gav gwell chom mut

Rabezh an dud e Breizh a-bezh

A ganay hag a lakay bec'h !

A pa vehec'h gwenn, a pa vehec'h du

Melen pe ruz pe gwenn-ha-du

Dait geneomp àr an hentoù bras

Fonnapl hon eus Hor yezh da gas !

E Sant-Ervlan 'tal ar Liger

E treuzimp ar vro a boz-kaer.

E Lokoal a pa arruimp

E vo fiskal ar fest a rimp !

Savit ho treid e brezhoneg

Yaouank, ha kozh, treut pe postek

Dañsal a rimp, kanal a rimp

Ha get plijadur e redimp ! 

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 19:06

 

 

 

Planches diverses réalisées à la demande du Président de Robien

 

Lorsque, en 1801, Chaptal, appliquant la politique culturelle de la Convention, institua les musées de province par un décret qui attribuait aux quinze plus grandes villes de la République des œuvres d'art provenant des saisies et des conquêtes révolutionnaires, Rennes ne fut pas oubliée. Son musée reçut ainsi, en deux envois du gouvernement central, quarante-six peintures de qualité, tant de l'école française que des écoles étrangères. Toutefois l'organisme qui allait devenir officiellement le Musée de Rennes possédait déjà, antérieur à ces enrichissements, un important noyau d'œuvres d'art d'une origine locale et entrées dans les collections publiques de la Ville par suite de circonstances politiques toutes récentes. Il s'agissait de biens mobiliers saisis nationalement sur des émigrés, des établissements religieux (abbayes, communautés, églises paroissiales) ou supprimés (parlement). Dressé dès 1794 « par les citoyens Paste et Colin peintres », l'inventaire manuscrit de ces biens comportait, pour la seule partie relative à la « Nomenclature et description des tableaux » qui nous intéresse ici, une suite de 269 numéros. Tout ce que l'on pouvait affirmer de la provenance de ces œuvres, c'est qu'elles avaient pour origine commune une saisie révolutionnaire ; on n'en pouvait dire davantage, car malheureusement aucun nom de propriétaire ne figurait sur les pages de l'inventaire conservé à Rennes. Quelques auteurs cependant ont risqué des hypothèses et avancé que les meilleures de ces toiles, notamment. Le Nouveau-Né de Georges de La Tour, ne pouvaient appartenir qu'à la collection la plus célèbre et la plus considérable de la ville : celle du marquis de Robien. On ne prête qu'aux riches. Président au Parlement de Bretagne et membre de l'Académie des sciences et belles-lettres de Berlin, Christophe- Paul, marquis de Robien, était de ces amateurs éclairés comme le XVme siècle en connut tant : un Pierre Crozat, un Jean de Julienne, un comte de Caylus.

 

 

Le Président de Robien

cliché édition Le Flohic

 

En contact avec les milieux parisiens, il s'était constitué un riche cabinet de dessins des plus grands maîtres de toutes les écoles, achetant par exemple des pièces rares à la vente Crozat. Son goût pour l'archéologie s'était manifesté dans sa Description historique et archéologique de la Bretagne. Enfin, par des trompe-l'œil qui représentaient des objets de sa collection, entre autres Le Marchand de poissons de Brauwer, on savait qu'il possédait des tableaux. Ces collections variées faisaient l'ornement des splendides pièces lambrissées toujours en place dans son hôtel de la rue aux Foulons à Rennes, qui est, avec quelques autres, un des rares exemples de la grande construction urbaine rennaise du XVIe siècle. Après la mort du grand collectionneur en 1756, son fils aîné Paul-Christophe, également président au Parlement de Bretagne, hérita de sa collection et continua de l'enrichir jusqu'en 1791, date de son départ pour l'émigration. Conformément à la législation applicable aux émigrés, ses collections furent d'abord placées sous séquestre et définitivement confisquées lorsque leur ancien propriétaire eut été inscrit sur la liste générale des émigrés (loi du 2 septembre 1792). La conservation et l'affectation de ces biens aux collectivités publiques furent réglées par la loi du 25 novembre 1792. Si, de par leur notoriété même, il n'y eut jamais de doute sur la provenance des dessins (alors conservés dans des portefeuilles), il n'en allait plus de même des peintures car, sans rivaux dans le premier domaine, les Robien n'étaient assurément pas les seuls possesseurs de tableaux confisqués. Aussi désirable, aussi souhaitable que fût, pour l'histoire du goût comme pour celle des collections du Musée, la possibilité d'établir avec certitude le catalogue de la collection du marquis de Robien, le seul document qui aurait pu apporter la solution -l'inventaire manuscrit des confiscations dressé en 1791, auquel nous avons déjà fait allusion -était impossible à interpréter en ce sens. Il est nécessaire d'en donner ici la description. Cet inventaire est un grand cahier, 50 X 3 de papier bleu clair, composé dans son état actuel de quarante-deux pages manuscrites ; la liste ne commence qu'au n° 29 par suite de la disparition de la première page. Chaque page est divisée en sept colonnes qui se lisent horizontalement sous les titres suivants, à partir de la gauche : numéros, nomenclature et description des tableaux, hauteur des tableaux, largeur des tableaux, noms des auteurs, lieux des dépôts, observations. Pour connaître l'origine ou la provenance des tableaux, c'était à l'avant-derniere colonne, celle des « lieux de dépôt », qu'il fallait de toute évidence se reporter. Or, à cette place, ne figurent que des lettres, de A à S, sans autre indication. Cet état de choses ne permettait de tirer aucune conclusion, sous réserve de découvrir un autre document qui suppléerait au défaut de celui-ci. C'est celui qu'a trouvé, ces derniers mois, M. Michel Hoog, assistant au service éducatif de la direction des Musées de France. Des recherches qui l'amenaient à feuilleter aux Archives nationales les inventaires des musées de province lui firent trouver, entre autres, celui du Musée de Rennes. Il eut la délicate obligeance d'en faire part à la conservation. Mlle Berhaut, conservateur du Musée de Rennes, put alors constater que cet inventaire, retrouvé à Paris, était un double de celui de Rennes, envoyé dès sa rédaction à l'administration centrale et que ce double, lui, était fort heureusement complet. J'ai pu sur place relever, d'après l'original, les indications d'ensemble qui nous manquaient et combler la lacune des vingt-huit premiers numéros. Comme il était facile de le prévoir, la première page du premier cahier donnait la clé qui manquait pour interprêter la signification des lettres portées sous la rubrique : lieux de dépôt. Je transcris ici cette précieuse notice qui fournit la liste complète des victimes des confiscations.

« Tableau des caractères désignant les différents lieux où ont été trouvés les objets de l'inventaire.

-La Maison de Robien Emigré A

- Le reste des Maisons des Emigrés B

- La ci-devant Abbaye de Saint-Georges C

- La Communauté du Calvaire D

- Le reste des ci-devant Communautés E

- Les ci-devant Eglises paroissiales F

-Le Collège G

- La Bibliothèque dite des Avocats H

- L'Ecole gratuite de dessin J

- Le ci-devant Palais nomé le Temple de la Loi. . K

- Le ci-devant Château de Cucé Emigré L

- Maison Boissveau Emigré M

- Maison du cydevant Abbé de Roumilly Exporté. N

- Maison de Beaucourt Emigré O

- Maison Sarsfield Emigré P

Maison cidevant Abbé de la Biochaye Exporté Q

- Le cydevant Evêque de Girac Emigré R

-Maison Caradeuc de la Challotais, condamné.. S»

Pour établir définitivement le catalogue de la collection Robien, il ne restait qu'à relever les tableaux qui étaient accompagnés de la lettre A.

Cette collection se compose de cent trente-quatre tableaux, de qualité très inégale, généralement d'un petit format, les dimensions du Marché aux chevaux de Wouwerman (137 X 188) étant ici une exception unique. 

 

 

 

 

Les préférences du marquis de Robien sont allées aux scènes de genre, aux scènes de la vie quotidienne, goût qui correspond bien à ce qu'on imagine chez un contemporain de « L'esprit des mœurs ». Le piquant, l'anecdote l'attiraient plus que les grandes compositions sérieuses ou même religieuses. Constituée quelques années pl«s tard, l'importante collection du duc de Choiseul, le ministre de Louis XV, sera d'un esprit identique. Les meilleurs morceaux appartiennent aux écoles flamandes et hollandaises, d'ailleurs les plus largement représentées. De la première, nous citerons un Paysage de Breughel de Velours ; une Chasse aux sangliers de Wildens ; Joueurs de cartes dans un cabaret de Téniers le jeune ; un Paysage avec de nombreux oiseaux, d'une surprenante fraîcheur de coloris et d'invention, œuvre de Ferdinand Van Kessel ; Jésus chez Simon, précieux tableau de Francken entouré de petites scènes peintes en grisaille. Chez les Hollandais, il faut souligner l'autorité et la verve des petits panneaux de Brauwer ; l'étonnant Cheval blanc à la porte d'une auberge de Van Laer ; deux jolis Paysages avec figures de Winants ; Bethsabée de Rembrandt ; un Portrait de deux jeunes gens par Franz Van Mieris le Vieux, œuvre admirable par sa technique achevée et ses coloris. Mentionnons encore une hallucinante Danse macabre peinte en camaïeu à laquelle la présence insolite d'une pie confère un caractère fantastique. Les rédacteurs de l'inventaire révolutionnaire la donnaient à René d'Anjou, sur la foi d'une inscription peinte. Dans la colonne des observations, on peut lire ce commentaire : « Ce tableau n'est intéressant que pour l'histoire, l'anatomie cependant est parfaitement rendue » . Ces exemples feront assez voir que cet inventaire ne saurait être publié tel quel sans l'accompagnement d'un appareil critique sérieux, consacré aux attributions. En effet, s'il est un point définitivement acquis, celui de la provenance, il n'en reste pas moins qu'un autre, extrêmement délicat, reste à étudier : celui de l'attribution des œuvres. Celles que donnèrent les auteurs de l'inventaire de 1794, guidés peut-être par des inscriptions apposées sur les œuvres (des « cartels » comme l'on dirait aujourd'hui), ont été parfois conservées dans les catalogues successifs du Musée, parfois controuvées ; bref, chaque œuvre pose des problèmes, nécessite des comparaisons, etc. C'était un travail trop long pour que les résultats pussent en être actuellement publiés. Toutefois, il nous a paru intéressant de faire part au public des fruits de cette découverte sur la piste de laquelle nous remercions encore M. Michel Hoog de nous avoir conduit. Elle ne répond qu'à une question jusqu'ici pendante : en quoi consistait la collection de tableaux du président de Robien ? Cette simple note se présente donc comme une modeste pierre d'attente

 

(voir Les manuscrits et planches de C.P. de Robien décrivant sa collection de papillons)

 

Jésus chez Simon de Francken

 

 

Joueurs de cartes dans un cabaret de Téniers le jeune

 

 

Bethsabée de Rembrandt

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 12:30

 

Le château de Guémadeuc, dont l'emplacement se distingue à peine, au bord de mer, a soutenu pusieurs sièges (Ogée).Ce château n'était pas fort, plusieurs fois il fut brûlé par les Anglais et plusieurs fois les seigneurs de Guémadeuc furent contraints de déloger de se retirer dans leurs autres maisons. La ligue fut une source de malheurs pour la maison de Guémadeuc encore plus que pour bien d'autres gentilhommes. En effet, en 1591, le baron de Guémadeuc périt pour la cause du roi...et moins d'un an après, en 1592, son château, que défendaient plusieurs gentilhommes du pays, fut pris par les Malouins et détruit de font en comble. Piré rapporte ainsi cet évènement : Au mois d'Avril, le lendemain de Pâques, le matquis de Chanfrain ayant obtenu des Malouins deux gros canons avec tout l'attirail nécessaire de Saint-Malo, au hâvre de Dahouët, où il se réunit au capitaine Roy qui commandait Lamballe. Le Guémadeuc fut aussitôt canonné, et bientôt il y eut une brèche suffisante pour que l'on pût brusquer un assaut. Prévoyant qu'ils ne pourraient défendre avec avantage cette partie du château, les assiégés y mirent le feu au moyen de matières combustibles préparées à l'avance, et ils se retitèrent dans un autre corps-de-logis où ils s'étaient retranchés. Ils y firent trois heures de résistance après quoi ils se rendirent. Quelques pierres amoncelées au milieu d'un pré, voilà tout ce qui reste aujourd'hui de Guémadeuc. Notes laissées par Mr. Habasque en 1836. La salle polyvalente de Pléneuf occupe à présent l'endroit. 

 

 

 

 

 

 

Rolland Ier Madeuc Chevalier Seigneur du Guémadeuc en la parroisse de Pléneuf Diocèse de St. Brieuc l'an 1300 épousa suivant plusieurs Memoires Alix Bertran, dite de Briquebec.

 

 

 

 

Roland II Madeuc son fils Seig. du Guémadeuc l'an 1327. & 1330. eut pour femme Marguerite fille de Hervé Sire de Penhouët, & d'Anne du Chastel.

 

 

 

 

Roland III Seig. Du Guémadeuc l'an 1352 & 1380 leur fils s'allia avec Jeanne fille puisnée de Jean Seig. de Combour, & sœur de Jeanne Dame de Combour, femme de Jean Sire de Chasteaugiron & de Malestroit : Il eut d'elle  (voir La seigneurie de Dol - Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay )

 

 

 

 

 

Roland IV Madeuc Chevalier S. du Guémadeuc, qui épousa 1° Marie Goyon fille de Bertrand Seig. de Matignon, & de Jeanne de Rieux 2° Marguerite de Kerrimel, fille de Geofroy Mareschal de Bretagne, & d'Adelice de Launay, laquelle se remaria à Geofroy S. de Coetrevan, & en eut des enfans : Mes Memoires portent que Clemence Madeuc femme de Guillame Budes Seig. du Hirel estoit du premier lit, mais je croy que Roland Madeuc V. du Nom, fils du dit Roland, estoit issu du second, ou bien je revoquerois en doute le Mariage de Roland VI avec Ysabeau Goyon ; parce qu'elle auroit eté sa cousine germaine, & que ce n'étoit guéres la coutume alors contracter des Alliances si proches

 

 

 

 

Roland V. Seig, du Guémadeuc l'an 1400 & 1420 epousa en 1ere nopces Jeanne du Parc Dame de Launay, & de Crenoles. Il en eut Roland & Sibille, femme sans enfans de Geofroy Pean Seig. de la Roche Jagu & Jeane Madeuc femme de Jean du Chastelier S. Branxian (voir La famille du Chastelier en Eréac - histoire de Lanrelas, page n° 9 ), &. dont Catherine femme de Jean de Villeblanche S. du Plessis-balisson (voir La châtellenie du Plessix-Balisson par l'abbé Auguste Lemasson, page n° 1), & mere de Françoise, de laquelle & de Guy sire d'Espinay (voir La Maison de la famille d'Espinay, présentée par du-Paz, page n° 1), sont décendus les Marquis d'Espinay, le Mareschal de Schomberg, la Princesse de Guemené Duchesse de Montbason, & La seconde femme de Roland fut Honorée de Montbourcher, fille d'Alain & de Jeane le Voyer, Dame de la Tourniole, de la Vigne & de Lestourbillonnaye, ils vivoient ensemble l'an 1415 & eurent de leur mariage charles Madeuc, qui a fait la Branche de la Tourniole, Regnaut S. de Lestourbillonaye, mort l'an 1404. Brient & Bonabes morts sans enfants, & Marguerite femme de Bertrand Goyon, Seig. de Launay, dont est issu le Marquis de la Moussaye (voir Le château de la Roche Jagu en Ploëzal - Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs)

 

 

 

 

Roland VI Madeuc Seig. du Guémadeuc l'an 1430 & 1460 Chambellan du Duc de Bretagne, se maria avec Isabeau ou Jeane Goyon fille de Jean Seig de Matignon & de Marguerite de Mauny, leurs enfans furent Roland, Constance alliée 1° à Pierre Seig. de Kermené 2° à Guillaume de Coetlogon Seig. de Lescouet, & Marie Madeuc femme de Jean Sei.de s. Meloir, de la Gree &  Langourjant, & mere de Jean, de laquelle & d'Affain d'Avaleuc sortit Jeane d'Avaleuc femme de Christophle Seig. de Denoual.

 

 

 

 

Roland VII Madeuc Seig. du Guémadeuc, & épousa Catherine, fille de Pierre VIII. Seig. de Rostrenen & de Jeanne de Guerneur Dame du Ponthou, il eut d'elle Roland, Marguerite & Aliette, Marguerite Madeuc, eut une sœur du même nom, mariée à Géofroy de Quellenec, Seig. de Bienassis  ; & d'eux sont issus les Seigneurs de la Goubelaye,de Delien, & du Hilliguit, ou bien elle fut mariéc trois fois ; car il paroist par le Contract de Mariage de Bertrand Budes que Marguerite Madeuc epousa Jean le Voyer, Seig. de la Corniliere & du Coedic, & apres luy Messire Olivier de la Felle, S. de Guébriant, & qu'elle fut mère de Jeane le Voyer femme de Jean le Bouteiller mère de Marguerite, morte sans enfans, de Catherine le Voyer, Dame de la Cornilliere, femme de Jacques le Felle Seig. de Guébriant Chevalier, fils d'un premier mariage dudit Olivier, & de Françoise le Voyer, Dame du Coedic femme dudit Bertrand Budes, & Trisayeulle du Mareschal de Guébriant, qui par ce moyen décendoit deux fois de la Maifon du Guémadeuc. Aliette Madeuc épousa Jean S. de Liscoet. 

(voir Le château de Rostrenen et ses possesseurs par M. Habasque (extrait de l'Annuaire des Côtes du Nord )

 

 

 

Roland VIII Madeuc Seig. du Guémadeuc, prit alliance avec Perronelle fille de Jean Sire de Coetquen (voir La maison de Coëtquen), & de Jaquemine Tournemine, dont Jacques, François Madeuc qui fit la branche du Vaumadeuc, issuë de luy & de Madelaine de la Croix, Dame de la Parvile parroisse de Plerin Evéché de Sainct Brieuc, à laquelle il donna le nom du Vaumadeuc. Comme je ne fuis pas assez informé de sa postérité, je craindrois de me tromper dans la suite que j'en donnerois, que je laisse à traiter à ceux qui en aurent plus de conoissance. René Prothenotaire, & Jaquemine, de laquelle, & de Alain S. du Cambout, est issue la Maison du Cambout

 

 

 

 

Jacques Ier Seig. du Guemadeuc, dont il prit le nom, épousa Françoise fille & héritière de Jean Seig. de Trevecar, de Beaulieu & du Verger, Vicomte de Rezé, & en eut Jacques 2. Georges du Guémadeuc, Abbé de Saint Jegu (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1), François Seig. de Beaulieu & de Sereac, marié à Jeanne Gastinel Dame de la Mottealement ; de laquelle il eut dix filles, desquelles six furent Religieuses, & d'autres mariées aux Maisons de Beauregard, le Moine, de Salaran, & de Chavaignes, Perronelle du Guémadeuc sœur dudit François, épousa 1° Bertrand Ferré Seig. de la Ville es blancs Jean de Guigny S. de la Garoulaye. Jeanne fut aliee à Olivier de Lanvaux Seig. de Beaulieu & du Matz, & Catherine épousa Jean de Quellence Seig. de Bienassis, qui en eut un fils mort sans enfans, & se remaria à Jeame de Lesongar Dame de Protencas & du Hilliguit, de laquelle il eut des enfans.

 (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n° 2)

 

 

 

 

Jacques II seig. du Guémadeuc, Trevecar, Launay-Madeuc,Crenoles, & Vicomte de Rezé, épousa Madeleine du Chastellier 2, fille de François Vicomte de Pommerit, Baron de Marcé, & de Jeanne de Rohan fille de Louis Seig. de Guemené,& de Louise fille de François Sire de Rieux, & de Jeanne fille d'Alain Seig. de Rohan, & de Margueritte fille de Jean V Duc de Bretagne, & de Jeanne de Navarre depuis Reine d'Angleterre. D'eux naquirent François & Catherine femme d'Amaury Gouyon Seig. de la Moussaye, & d'eux est et descend le Marquis de la Moussaye (voir Memoire de René, sire de Rieux, Prince de la Maison de Bretagne, marquis d'Ouessant, Présenté au Roy la Généalogie de íà Maison. 1710- extraits 

 

 

 

 

François seig. du Guémadeuc, mal nommé Thomas par du Paz, Vicomte de Rezé Baron dc Bleddac, & grand Escuier, hereditaire de Bretagne, mourut l'an 1574. il fut marié deux fois 1° Margueritte, Dame de Quebriac Blossac,& fille de Thomas & de Claude de Guité, fiile de Guillaume & de Jeanne de Tréal, & de Bodegat; & de Marie de Ramé Dame de Vigneu, & de Bleheber fille de Jean & de Jeanne de Rohan issuë de Marguerite Budes 2° à Helene de la chappelle Dame de Beusves, de Pledran, de Limoelan, de Tretone, du Cleio, la Villeheliou, Saint Melene, Lanjovan, Kerraoet, Anguignac, le Plessix-melle, Sennone & Antrehais, fille de Jean Seig. de Beusves, & de Marguerite Dame de Kerfalio. Du 1er. lit sortirent Thomas & Georges Seig. de Trevecar & de Beaulieu, marié à Suzane de Sevigné Dame de Cadoudal, de Beaurepere & du Chastelet. Du 2e. Lit sortit Jane du Guémadeuc, Dame de Beusves & de toutes les terres cy-dessus.mariee 1° à Touffaints de Beaumanoir Vicomte du Besso, Baron du Pont & de Rostrenan 2° à Renaut Seig. de la Marzeliere qui n 'en eut point d'enfans. Helene de Beaumanoir fa fille unique, mourut sans posterité du Baron de la Hunaudaye, & de Charles de Cossé Marquis d'Acigné. (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1)

 

 

 

 

Thomas Seig. du Guémadeuc, & de Quebriac, & Vicomte de Rezé, Baron de Blossac, & grand Escuier de Bretagne, épousa Jacquemine de Beaumanoir, fille de Jacques Vicomte du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux& de Jeanne du Quellenec sa seconde femme, dont Toussaint Seig. du Guémadeuc mort sans enfans.Thomas, Marguerite épousa 1° le S. de la Charroniere 2°. Charles de Roncherolles Baron de Hugueville, Jaquemine épousa René du Breil Seig. de Pontbriant & du Pin. Suzanne du Guémadeuc mariee 1°. à François de seig. de Kerfauson, dont René seig. de Kefauson, tué au siege de St. Omer, l'an 1638. 2° à.Alain Parcevaux S. de Mefarnou, dont Françoise Dame de Mefarnou, femme de René Barbier, Marquis de Ketian, 3° à Jean de Kerlivet sans enfans.

 

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 14:02

 

 

 

Rennes, étoile rouge le Parlement, étoile bleue les Cordeliers

 

 

A Rennes, le 26 janvier 1789, à 8 heures du matin, sur le Champ Montmorin, l'actuel Champ de Mars, se rassemble une foule de six cents à quinze cents personnes, selon les témoignages ; il y avait là une majorité de domestiques et de ces gagne-petits qui durant la tenue des Etats se muaient en porteurs de chaises. La veille, des billets avaient couru la ville convoquant artisans et ouvriers à protester contre le prix du pain ; on avait distribué de l'argent pour stimuler les bonnes volontés. Quelques jours avant une pétition avait déjà circulé dénonçant l'égoïsme de la municipalité bourgeoise et réclamant le maintien de la Constitution bretonne : car le problème est là, la chèreté du pain n'est qu'un prétexte, le véritable enjeu est politique. Depuis l'ouverture de la session le 29 décembre 1788, les Etats de Bretagne sont paralysés par la résistance passive des 54 députés du Tiers qui ne veulent pas délibérer avant que les deux autres ordres ne leur aient accordé le doublement de leur députation, le vote par tête et une réforme fiscale. Les privilégiés s'y refusent, le comte de Thiard, commandant militaire de la Province, suspendit les séances jusqu'au 3 février, mais les 951 représentants de la noblesse occupent les lieux et refusent d'obtempérer à ce qu'ils jugent être un abus de pouvoir et une victoire pour le Tiers. Le Bastion, surtout, dénonce les prétentions des bourgeois, leur alliance avec les commissaires du roi pour abattre les privilèges de la province, il s'irrite des bravades des Etudiants en Droit et des Jeunes Gens 9è Rennes qui ont manifesté aux Etats et obligé les modérés du Tiers à se conformer aux consignes des « Patriotes ». Pour affaiblir la solidarité de ses adversaires, cette faction de la Noblesse va donc s'efforcer de soulever le petit peuple contre le « Haut Tiers » et dès le début de janvier 1789, le chevalier de Guer dans sa lettre au peuple de Rennes dénonce les inégalités de la capitation et la manipulation des tarifs d'octroi, au bénéfice de l'oligarchie municipale. Mais les étudiants en Droit, passant de l'action directe à l'affirmation des principes, les exposent dans leur déclaration du 18 janvier 1789. Ils rejettent les allêgations du chevalier, réaffirment l'union du Tiers face aux aristocrates et apparaissent ainsi, sous la conduite de leur prévôt, le futur général Moreau, comme l'aile militante du parti patriote à Rennes. Il s'agit alors, pour le Bastion, d'infirmer dans les faits cette solidarité de principe et de démontrer que les soi-disant « Patriotes » du Tiers ne sont qu'une minorité plus turbulente que réellement puissante et de surcroît désavouée par le menu peuple. Le 26 janvier, donc, quand la foule fut rassemblée, Helaudais, portier à la Commission intermédiaire des Etats de Bretagne, grimpa sur une caisse, lut un mémoire réclamant la baisse du pain, demanda si l'on voulait changer la Constitution qui avait fait leur bonheur et proposa d'aller au Parlement porter leurs plaintes, qu'on les y attendait. Au palais, trois magistrats reçurent le placet et promirent de faire baisser le prix du pain sous les acclamations de la foule. Mais au moment de la dispersion, des heurts se produisirent au bas de la place entre les manifestants et des étudiants en droit qui s'étaient trouvés là, sur le seuil du café de l'Union, leur quartier général. Les rapports n'étaient pas excellents entre étudiants et gens de livrée. Les domestiques essuyaient souvent les sarcasmes destinés aux maîtres et partageaient donc l'animosité des aristocrates contre ces jeunes robins dont les prétentions méritaient bien une leçon. Un tas de bûches fournit des armes aux valets qui semblent s'être livrés à une véritable chasse à l'homme dans le centre de la ville et avoir frappé tous ceux que leur visage juvénile et leur mise désignaient comme de possibles étudiants. Du coup les jeunes gens s'arment et appellent à l'aide la Province. Elle dénonce « la déclaration de l'ordre de la Noblesse rendue publique et traduite même en langue bretonne... (qui) tend évidemment à soulever le peuple contre ses légitimes représentants et à semer la division dans l'ordre le plus nombreux et le plus utile à l'Etat... ». « ... considérant que la lettre du Chevalier de (hier est également insidieuse par la distinction qu'il établit entre le peuple et le bourgeois, distinction démentie par les assemblées qui ont eu lieu jusqu'ici ». la jeunesse des villes voisines, ainsi Omnes Omnibus, un graveur qui était des leurs, par aussitôt pour Nantes réclamer des secours. Le lendemain les jeunes « Patriotes » rennais dénoncent partout la Saint-Barthélémy du Tiers et les Nobles de leur côté se font porter des fusils au couvent des Cordeliers où se tenaient les Etats, toujours sur cette même place du Palais. Les esprits s'échauffent, le Tiers réclame la punition des responsables de la veille, mais ni le comte de Thiard, ni le Parlement ne bougent. Vers 3 heures, dans l'après-midi du 27 janvier, un ouvrier teinturier arrive, blessé à la main, au café de l'Union : on l'avait vu le matin à la faculté de Droit et des valets venaient de l'assaillir sur le Mail. Les jeunes gens se précipitent alors vers le Palais pour réclamer justice ; M. de Melesse, chef de la maréchaussée, les arrête et parlemente avec eux. Mais des Cordeliers surgissent brusquement une vingtaine de nobles, l'épée ou le pistolet à la main, ils tirent et le combat s'engage avec les jeunes gens. Des renforts arrivent des deux côtés et l'on ferraille bientôt sur toute la place tandis que claquent des coups de pistolets et de carabines ; le magasin de la milice est pillé par les jeunes gens qui s'emparent de 133 fusils, la plupart sans chien d'ailleurs. Le sang coule, outre une soixantaine de blessés, un garçon boucher et deux jeunes aristocrates restent sur le pavé : Saint Riveul et Guéhéneuc de Boishüe . Les combats durèrent jusqu'au soir et la noblesse s'enferma dans les Cordeliers, s'attendant au pire et divisée quant à l'opportunité de toute cette affaire. Le lendemain matin quatre cents grenadiers et chasseurs viennent prendre position sur la place du Palais et M. de Thiard va pouvoir s'efforcer de calmer les esprits et négocier une trêve malgré l'arrivée des contingents envoyés par les jeunes gens de Nantes et Saint-Malo. La Correspondance de M. de la Bellangerais, la lecture des registres de délibération des principales villes de Bretagne expriment bien le retentissement qu'ont pu avoir, dans l'opinion de la Province et même dans la capitale, les événements de Rennes. En Bretagne la période électorale qui commence va en être profondément marquée : l'aristocratie cherchant à se justifier et même à se venger, le Tiers à la fois sur le qui-vive et bien décidé à exploiter à fond la faute politique commise par ses adversaires

 

R. Dupuis Contre-Révolution et radicalisulion : les conséquences de la journée des Bricoles à Rennes, 26 et 27 janvier 1789.

 

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