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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:29

 

 

 

Mar' o ses martiaux,

Avri' do ses coutiaux,

Avri' do ses coutiaoux,

Ecorche vache et viaoux.

Fret avri',

Chaou mai,

Ameun' le bieu au bal aï.

Avril frais, mai chaud,

Emplit le grenier jusqu'au haut.

En avri',

tout oisé fait son nid,

Excepté la caille et la perdrix.

Avri'

ne s'en va pas sans épi.

Mar' tue,

Avri' qu'écorche

En ma' (mai) qui l'emporte.

N'y a si genti' avri',

Qui n'ait son chapé d'grési.

A la mi-avri',

le blé est en épi .

A la saint mar ,

Le cocu (coucou) est à l'épinard  (épine);

A la mi-avril 

S'i n'est point v'nu, i' n peut v'ni.

A la mi avril, 

Ne te découvre pas d'un fil,

A la mi mai fait ce qui te plaît.

 

Le premier avril, le jour du poisson, le jour où l'on envoyait les gamins et les naïfs chez quelques voisins, chercher la corde à tourner le vent ou la pierre à tourner la courée des cochons.Si celui quon avait essayer de tromper avait été pris, alors on courait devant lui avec une poêle à frire en clamant qu'on allait fricasser le poisson. Il fallait planter ses pommes de terre le premier jour du croissant d'avril ou de mai 

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 05:59

 

VIII ) 

Le 15 novembre 1786, Mgr de Pressigny afferma la baronnie de Beignon à Gilles Béthuel, sous le cautionnement solidaire de Charles Chartier de la Ville-Michel, greffier en chef du parlement de Bretagne, et d'Alexandre Rozy, avocat au même parlement et fils d'un ancien maire de Redon. Nous voyons par cet acte que la baronnie de Beignon consistait alors dans le château et la retenue de Saint-Malo, la métairie de la Ruaudais, les prairies du château, les moulins à eaux de la Fosse-Noire, du château et de Trémorio, les moulins à vent d' Aiguillon et de Lanviel, les prairies de l'ancien étang du château, tous les revenus casuels féodaux de la juridiction seigneuriale, les rentes par deniers et grains dues par les vassaux, les rentes féodales dues par les affégagistes, la moitié des dîmes de Saint-Pierre-de-Beignon et d'autres dîmes dans les paroisses de Maure, Campel, Mernel, Iffendic, Bois-Gervily, Montauban, Saint-Malo-de-Phily, Guipry, Lieuron, Bréal, Goven, Guichen et Saint-Thurial. Outre le château, Mgr de Pressigny se réservait la retenue, les bois, certains moulins et les carrières d'ardoises ; il affermait toute la baronnie à Gilles Béthuel, au prix de trente un mille cinq cents francs ; mais sur cette somme, et en diminution, le preneur s'obligeait de payer plusieurs rentes considérables qui réduisaient beaucoup le revenu de la seigneurie. C'était d'abord les portions congrues des recteurs et curés des paroisses de Maure, Iffendic, Mernel, Bois-Gerbily, Lieuron, Saint-Malo-de-Phily, Guipry et Guichen ; puis des rentes de grains au prieur de Saint-Solen en Mernel, au commandeur de la Goëffrie en Messac, aux chapelains de Notre-Dame de Guipry,  de Saint-Yves en Mernel, de Piédru en Saint-Malo de Beignon, et enfin aux seigneurs de Montauban, de la Châteigneraye en Mernel et de la Cochère en Messac. Toutes ces rentes dont quelques unes, telles que celles de la Coëffrie et de Notre-Dame de Guipry, étaient chacune de plus de deux cents boisseaux de grains, diminuaient singulièrement, on le comprend, les revenus de la baronnie  de Beignon. Cependant la Révolution marchait toujours, détruisant les vieilles institutions religieuses et françaises ; les campagnes comme les villes devinrent la proie de quelques vauriens, et les châteaux furent livrés aux flammes par les paysans égarés que conduisaient  les ennemis de la religion et de l'ordre social.  Le 28 juillet 1790, environ quatre cents campagnards des paroisses environnant Beignon, de Maure, Mernel, Saint-Séglin, Bruc, etc., tous vassaux de l'évêque de Saint-Malo, baron de Beignon, s'insurgèrent  contre l'autorité de ce prélat, vinrent en furieux à Saint-Malo de Beignon, s'emparèrent violemment des vivres et boissons de Me Jean-Baptiste Pacheu, notaire et procureur, l'un des sous-fermiers de la baronnie ; menacèrent de mettre le feu au château épiscopal  et n'y renoncèrent qu'à la vue des titres seigneuriaux quils livrèrent aux flammes  avec de sauvages démonstrations de joie. Ils partirent ensuite, satisfaits d'avoir assouvi leur haine, mais ils revinrent dès le lendemain 29 ; toutefois ils se contentèrent ce jour-là de piller la maison du concierge et quitttèrent définitivement Saint-Malo de Beignon, sans avoir mis le feu au manoir de Beignon, comme ils en faisaient sans cesse la menace. Ces violences et la persécution qu'il éprouvait à Saint-Malo même n'était pas de nature à retenir longtemps Mgr de Pressign dans son diocèse, qui venait d'être supprimé par l'Assemblée nationale ; d'ailleurs l'émigration devenait de plus en plus en vogue ; aussi ce prélat quitta-t-il la Bretagne dès le commencement de 1790 pour se retirer en Bourgogne, son pays natal, et de là à Chambéry en Savoie. En lui partait le dernier évêque de Saint-Malo et le dernier baron de Beignon. Le bourg de Saint-Malo de Beignon, dit M. Cayot Delandre, se compose maintenant d'une quarantaine de chaumières habitables, et d'un nombre à peu près égal de maisons en ruines qui donnent à ce village un aspect de désolation et de misère. Auprès de ces chétives habitations s'élève une petitte église délabrées, nue et froide, dont le choeur est pavé de grandes dalles armoriées ; c'est là que trois évêques dorment du dernier sommeil.

 

 

Mgr de Pressigny

 

Ce pauvre village est devenu ainsi triste et désert depuis que la Révolution a chassé ces prélats qui faisaient sa fortune. Ils avaient établis auprès de leur manoir un collège qui a subsisté jusqu'à l'époque de cette Révolution, et dont on montre encore quelques vestiges. Les nombreuses ruines qui encombrent le village  sont celles des maisons qui étaient habitées par les délégués de leur juridiction seigneuriale  et par les écoliers qui venaient étudier à Saint-Malo de Beignon, sous leur protection ; l'absence  de ces hôtes nombreux a rendu ces logements inutiles à la population fort restreinte de cette petite commune. Parmi ces vieux logis, j'en remarquai un dont la porte est ornée d'un fronton sculpté ; on me dit que c'était  la demeure de l'official de Saint-Malo de Beignon ; dans une autre maison, M. Mowat é découvert une belle cheminée de granit richement ornementée, portant cette inscription en lettres gothiques : JEHANIE REGNIER. Quant au château de Saint-Malo de Beignon, il avoisine la vieille église romane de la paroisse ; c'est une belle et agréable habitation dont les vastes jardins sont baignés par un cours d'eau que les habitants du village appellent fièrement rivière de Saint-Malo et qui va se jetter un peu plus loin dans l'Aff.  Dans ce manoir, construit par les évêques de Saint-Malo, le duc de Nemours, fixa en 1843, sa résidence pendant son séjour au camp de manoeuvres de Thélin dont il avait le commandement supérieur. Le propriétaire ayant mis sa maison à la disposition de Leurs Altesses Royales, le prince et la princesse l'habitèrent pendant trois semaines durant lesquelles Saint-Malo de Beignon fut le centre  d'une activité extraordinaire et le rendez-vous d'innombrables visiteurs.

 

 

Le duc de Nemours et son épouse

furent les hôtes deSaint-Malo de Beignon

 

Depuis lors, le village est redevenu solitaire, mais le manoir conserve toujours son riant aspect et son frais entourage. En terminant cette étude sur Saint-Malo de Beignon, je dois rappeler au lecteur qu'un enfant de Beignon occupe aujourd'hui le siège épiscopal de Patern : c'est une gloire pour cette paroisse de voir Mgr Bécel évêque de Vannes, et c'est pour elle comme un souvenir des anciens évêques de Saint-Malo qui habitèrent jadis ce pays. Depuis la disparition de l'évêché de Saint-Malo, Beignon et Saint-Malo de Beignon font aujourd'hui partie du diocèse de Vannes, et Mgr Bécel en comblant de ses bienfaits sa paroisse natale, en restaurant son intéressante église et en aimant revoir cette solitude, continue dignement la vieille tradition des successeurs de Saint-Malo et de Saint-Jean-de-la Grille. Beignon doit s'en montrer fier et reconnaissant. Ainsi s'exprimait M L'abbé Guillotin de Corson en 1876 dans la revue de Bretagne et de Vendée. Depuis, le manoir bordant la rivière "de Saint-Malo" a été détruit suite à deux incendies en 1937 et en 1958. Et en 1977, une partie ocupée par ce manoir détruit est noyée sous l'étang de Aleth. Les jardins des évêques ont été magnifquements restaurés et la partie subsitante du manoir des évêques bordant l'église, ses possesseurs, envisagaient pour projet de transformer l'endroit en Café librairie. Voila ce qu'on pouvait lire dans l'édition d'un grand quotidien en date du 12 mai 2014. Que devient ce projet, va-t-il se confirmer, espérons le....Saint-Malo de Beignon est un de ces joyaux dont peut d'enorgueillir la Bretagne  (voir A travers le bourg de Saint-Malo-de-Beignon  et Un café librairie en projet à l'ancienne résidence des Évêques)

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 19:21

VII ) Antoine-Joseph des Laurents était vicaire-général de Mgr de la Bastie, lorsqu'il fut appelé à lui succéder en 1767. Ce prélat, dpnt on loue beaucoup la piété et la charité, résolut de donner un peu d'élan àses vassaux en faisant cultiver une partie des immenses landes de Beignon dépendant de sa baronnie du même nom. Il afféagea donc sur ses landes qui ne contenaient pas moins de deux mille quatre cents journaux, sans compter les bois qui s'y trouvaient mêlés, diverses quantités de terrains montant tout ensemble à environ cinq cent cinquante journaux et avoisinant le moulin de Lanvieil et la chapelle de Sainte-Reine.

 

 

Le moulin de Lanvieil en Beignon apparait ici souligné de rouge

 

Les afféagistes étaient les sieurs Hochet ; Le Breton de Ranzégat ; Jousselin de Verrières ; de Fermont etc., toutefois les afféagements faits aux sieurs de Ranzégat, Jousselin et de Fermont avaient seuls de l'importance. Mgr des Laurents avait afféagé cent journaux à M. de Ranzégat, mais ce dernier n'en n'avait enclos et défriché qu'environ quatre-vingt ; l'afféagement de MM. Jousselin et de Fermont était de quatre-cents journaux, dont ils n'eurent le temps d'enclore que la moitié ; des autres terrains afféagés à divers particuliers, il n'y eut que quatre journaux enclos ; ainsi l'évêque de Saint-Malo n'avait réussi à faire défricher que deux-cent quatre-vingt quatre journaux, quand tout à coup la tempête se déchaîna contre lui. Les habitants de Beignon avaient des droits d'usage dans les landes et communs, aussi bien que dans le bois de leur paroisse qui dépendait de la baronnie épiscopale ; ils prétendirent dun côté que Mgr des Laurents leur faisait tort en afféageant une partie de ces landes, et, de l'autre, que les bois de Ténédos et du Feil leur appatenaient en toute propriété ; ils réclammèrent donc en justice contre leur seigneur et évêque, et ils obtinrent de la juridiction royale de Ploërmel un arrêt du 9 mai 1774, condamnant Mgr des Laurents. Cette sentence déclarait nuls les afféagements faits par l'évêque de Saint-Malo, et défendait à ce prélat d'en consentir auun autre avant un tringe en règle, dans lequel ne pourraient être compris les bois du Feil et de Ténédos ; elle ordonnait que les talus et autres ouvrages faits ou commencés pour la clôture de ces afféagements, seraient démolis sous deux mois, faute de quoi elle permettrait au général de la paroisse de Saint-Pierre de Beignon, d'en faire  la démolition aux frais de l'évêque et des afféagistes, et elle condamnait Mgr des Laurents à payer 500 livres de dommages et intérêts au général de la paroisse. On comprend la position difficile où se trouvèrent l'évêque et ses afféagistes : ces derniers avaient non seulement enclos des terres, mais ils avaient construit des maisons d'habitation, créés des prairies, ensemencés des champs : tous ces travaux devaient disparaître. Pour les dédommager, en quelque chose, l'évêque de Saint-Malo afferma à prix réduit sa baronnie de Beignon, en 1767 à Pierre-Paul Le Breton de Lanzégat, et, en 1775, à René-François Jousselin, sr de Verrières, et à Charles de Fermon, et il essaya de les soustraire aux tristes conséquences de la sentence portée contre lui. Mais ce fut en vain, l'arrêt de Ploërmel fut confirmé le 23 juillet 1785 par le Parlement de Bretagne qui renvoya les partis dans la juridiction de Ploërmel pour y faire régler les indemnités prétendues par les afféagistes. Sur ces entrefaites Mgr des Laurents mourut subitement en rentrant à Saint-Malo d'un voyage qu'il venait de faire à Paris. Son successeur, Gabriel Courtois de Pressigny, fut sacré évêque  de Saint-Malo le 15 janvier 1786 et continua de défendre contre les paroissiens de Beignon les droits de son évêché ; il obtint du parlement de Bretagne un arrêt un peu moins dur que la précédente  sentence ; par cet arrêt  de 1786, le parlement condamne encore, il est vrai, les afféagements faits dans les landes de Beignon, mais il adjugeait en toute propriété un tiers de ces communs à l'évêque de Saint-Malo, de sorte qu'après le partage fait, il devait rester encore aux afféagistes une étendue de terrain plus considérable que celle dont ils avaient été dépossédés. Toutefois le partage n'eut point lieu, la conduite des paroissiens de Beignon qui avaient exécutés eux-mêmes la sentence de Ploërmel rasant les constructions, détruisant les cultures des afféagistes  et rendant à l'état de landes incultes et sauvages les teres qu'à grand peine et grands frais on avait cultivées, révolta probablement Mgr de Pressigny, qui ne voulut pas demander le triage. La Révolution vint alors à éclater, et les habitants de Beignon furent réompenser comme ils le méritaient : devenus possesseurs des bois du Feil et de Ténédos, malgré les justes réclamations de l'évêque de Saint-Malo, ils les avaient vendus 32,000 livres, dit M. Marteville, et avait placé cette somme sur l'Etat ; la tourmente révolutionnaire leur fit perdre cette valeur, qui maintenant représenterait près du triple. 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:08

 

Il serait extrêmement désirable qu'aucuns travaux de restauration aux monuments historiques du Morbihan n'eussent lieu sans que la société archéologique, qui les a classés comme tels dans son ces travaux.C'est pour satisfaire à ces vues, en ce qui touche les travaux projetés aux belles verrières de l'église de Beignon canton de Guer, arrondissement de Ploërmel, que je viens entretenir un moment la société de cette église, de ses vitraux, et des travaux qu'on projette d'y exécuter. L'église de Beignon est, comme celle de Saint-Malo-de-Beignon, pleine dusouvenir des évêques de Saint-Malo, qui portaient le titre de barons de Beignon, parce que la baronie de Beignon était réunie à leur évêché. Cette église présente dans sa construction plusieurs caractères des dernières époques ogivales. Mais elle est éminemment remarquable par les verrières qui la décorent, et qui sont probablement un don des évêques de Saint-Malo. Elles paraissent appartenir au XVIe siècle. J'ai  visité cette église le 15 avril 1856. La disposition des meneaux de la fenêtre qui éclaire la chapelle nord fait ressortir le style général, qui appartient à la dernière époque du style ogival : elle est de la nature de celles qu'on a appelées fenêtres flamboyantes. En effet, ce caractère provient surtout du réseau qui remplit le tympan et qui est formé de lignes ondulées prismatiques, présentant quelque analogie avec une flamme droite ou renversée. J'ai remarqué aussi aux angles qui résultent du croisement des transsepts avec la nef et le choeur, des sculptures en bois assez fines. Représentant des anges et d'autres personnages. Le vitrail le plus beau et le plus complet se trouve au fond du transsept gauche, regardant le nord. La fenêtre se compose de trois travées qui, indépendamment des trois compartiments du tympan, renferment chacune six compartiments. La travée gauche montre, en bas, Salomon qui tient un livre et son sceptre : les noms sont généralement écrits en lettres gothiques, soit sur des banderoles, soit  dans un angle du compartiment; au-dessus de Salomon, Ezéchias, puis Joram ; au-dessus il y a plusieurs compartiments dont je ne puis indiquer les personnages avec d'autant plus de motifs qu'il y a beaucoup de lacunes. La travée du milieu porte, en bas, Jessé avec la devise suivante, inscrite en gothique sur une banderole : Egredietur Virga de radiée Jesse. Au dessus de Jessé parait David avec sa harpe. Plus  haut, mais un peu sur la gauche, Osias, et sur la droite Josaphat. Les personnages des compartiments supérieurs sont frustes. Enfin, la travée de droite est consacrée dans le même ordre aux rois Roboam. Abias,  Joathan, etc. La partie supérieure du vitrail, le tympan triangulaire, représente la Vierge-mère avec l'Enfant Jésus; tout autour et surtout au-dessous, à droite et à gauche, se trouvent des anges jouant de divers instruments. Les personnages sont de grandes dimensions : car chaque compartiment est un carré de 50 centimètres de côté. Les couleurs sont de la plus belle eau et du plus vif éclat. Ce vitrail, comme tout le monde l'a déjà compris, figure la généalogie de Jésus-Christ, en partant du père de David, de Jessé, duquel devait naître le Christ suivant la prophétie d'Isaïe : Egredietur Virga de radiée Jesse. Quant aux noms que je n'ai pu désigner aux neuf compartiments supérieurs, etc., pour compléter la généatogie continue de Jessé jusqu'à Jésus-Christ, en supposant quelques noms doublés, comme pour Osias et  Josaphat. Il m'est difficile de donner les raisons de l'ordre dans lequel ces noms se succèdent dans le vitrail. Car l'ordre généalogique est : Jessé, David, Salomon, Roboam, Abias, Aza, Josaphat, Joram, Osias, oathan, Achab, Manassès, etc. Je crois devoir ajouter que celte verrière ressemble beaucoup, comme dimension et comme beauté, à la verrière de l'église de Férel, canton de la Roche-Bernard, qui représent aussi l'arbre de Jessé. Le vitrail de l'est, placé derrière le maitre-autel, et qui est en bon état, quoique moins complet et moins parfait, n'en est pas moins fort remarquable. Dans le tympan on aperçoit : 1° le Père éternel avec ses attributs ordinaires ; 2° plus bas et à gauche, Jésus-Christ portant sa croix, et aidé par un personnage qui m'a paru être, non Simon le Cyrénéen, mais un ange ; à droite, un homme qui parait étendu dans la béatitude, peut-être saint Etienne, premier martyr. Au-dessous du tympan et dans le carré du vitrail, il y a quatre travées : dans les cartouches supérieurs il y a beaucoup de lacunes. Dans un cartouche à droite parait un soldat debout. Au-dessous, on trouve de compartiment en compartiment, en marchant de gauche à droite, 1° le baiser de Judas ; 2° le jugement devant Pilate ; 3° le crucifiement ; 4° l'ensevelissement. Puis en descendant d'étage en étage; 5° Jésus-Christ donnant sa mission à saint Pierre ; 6° saint Pierre prêchant ; 7° saint Pierre guérissant les malades. Dans ce cartouche, je  trouve la date encadrée à part (1540); 8° autre miracle de saint Pierre; 9° crucifiement de saint Pierre la tête en bas. A la suite, il n'y a plus que des débris de vitraux indescriptibles. Il est probable, d'après cela, que l'église elle-même est sous le vocable de saint Pierre, ou que saint Pierre était le patron du donateur. Il y a dans la nef une autre croisée, en deux morceaux, contenant aussi des débris de vitraux. On  distingue l'archange saint Michel terrassant le démon, la Vierge, etc. Le vitrail de l'est placé derrière le maître-autel est solidement attaché, et rien ne parait menacer sa conservation. Mais il n'en est pas de même de celui du nord qui , soit par des mouvements dans la maçonnerie, soit par le jeu propre aux panneaux de verre, est susceptible de tomber par parties considérables d'un moment à l'autre. Déjà plus de trente verres manquent, et plusieurs panneaux sont plissés par l'affaissement général ; l'effondrement n'attend plus peut-être que la rupture de quelques barres de fer plus ou moins oxidées, ou un coup de  vent de nord-ouest. ..

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:23

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:35

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 08:58

 

 

VI ) Vincent des Maretz, successeur de Mre du Guémadeuc, acheva l'oeuvre de ce dernier évêque au manoir de Saint-Malo de Beignon. Ses armoiries : D'azur au dextrochère d'argent tenant trois fleurs de lys de même, apparaissent, en effet, sur les belles voûtes qui faisaient communiquer le châteaau avec l'église paroissiale ; les frises, les guirlandes et autres décorations de ce riche travail de sculpture, sont de même style que les ornements des boiseries de la grande salle de réception. Je crois donc qu'il faut attribuer à Mgr des Maretz tous les panneaux sculptés quii font la principale curiosité du château actuel de Beignon. Son successeur, Mgr Jean-Joseph de Fogasse de la Bastie, fit aussi sculpter les belles stalles de l'église paroissiale de Saint-Malo de Beignon, et l'on y voit encore son écusson : De gueules au chef d'argent chargé de trois rose au champ. Mais ce prélat termina une affaire bien plus importante, relativement à la forêt de Brécilien  ou de Paimpont. Nous avons dit précédemment qu'en 1260, Guillaume de Lohéac avait confiméles évêques de Saint-Malo dans la possession des droits d'usage que leur avait concédé dans la forêt de Brécilien le seigneur de toute cette région. Ce droit, consistait, comme nous l'apprend la charte de 1467, à prendre des bois pour la construction du manoir de Saint-Malo de Beignon,  et du bois de chauffage pour cette demeure et pour le four-à-ban épiscopal. En 1412, Mgr de la Motte, puis en 1575 Mgr Thomé,  avaient  eu quelques difficultés à ce sujet, avec le seigneur de Montfort, propriétaire de Brécilien, mais au XVIIe siècle, un grave et long différend surgit tout à coup entre les évêques de Saint-Malo et les possesseurs de la forêt. Voici à quelle occasion : Le duc de Trémoille, seigneur de Montfort, ayant dessein de vendre sa forêt de Brécilien, obtint du roi des lettres patentes en 1627 et 1633, en vertu desquelles M. de Tarnouarn de Couvran, conseiller au parlement de Bretagne, fut commis par arrêt de ce parlement de régler le triage à chacun des usagers, c'est à dire à l'évêque de Saint-Malo, aux abbés de Paimpont et de Montfort, à la prieure de Telhouët, aux prieurs de Montfort, etc., qui tous avaient droit dans la forêt. Par sentence du 1er septembre 1634, il régla le droit d'usage de l'évêque de Saint-Malo à 110 charretées de bois de chauffage pour son château de Saint-Malo de Beignon, et pour son four-à-ban, et à six charretées à bois de mérain pour les bâtiments et entretien d'iceux.

 

Mgr de Harlay, alors évêque de Saint-Malo résolu de se pourvoir contre cette sentence, qu'il jugea préjudiciable au droits de son évêché. Il en fut détourné par le duc de Trémoille, qui lui fit agrémenter sa proposition, d'augmenter de 20 journaux  le terrain de la forêt  désigné pour fournir annuellement les 110 charretées de bois de chauffage et les 6 charretées de bois à mérain. L'évêque accepta cette transaction, qui fut signée le 10 juin 1636. Mais une autre  difficulté se présenta, les 20 journaux d'augmentation devaient être mesure de forêt ; comme le procès-verbal d'arpentage et désignation du 18 mars 1637 ne suivit que la mesure ordinaire, plus faible d'un tiers que la mesure ordinaire, le procureur dudit évêque protesta de nullité, prétendant qu'il fallait 30 journaux, mesure ordinaire, pour en faire 20, mesure de forêt. Mgr de Harlay en resta là, mais sous l'épiscopat de son successeur, Mgr de Neufville, le duc de Trémoille vendit sa forêt  de Brécilien à une société de plusieurs seigneurs voisins; aussitôt l'évêque de Saint-Malo fit opposition à ce contrat de vente, le disant opposé à ses intérêts, et, le 27 juin 1653, il la fit signifier aux acquéreurs, avec protestation, qu'il userait à l'avenir de son droit d'usage, non sur le pied de la sentence de 1634, mais selon l'usance et les titres qu"il possédait. Les nouveaux propriétaires de Brécilien promirent alors au prélat de le satisfaire, sans cependant prendre d'engagement formel. Mgr de Neufville et son successeur, Mgr de Villemontée (portrait ci-dessous), purent jouir en paix de leur droit d'usage.

 

 

Lorsque Mgr du Guémadeuc  fit reconstruire une partie du château de Beignon, et réclama les quatre cents pieds  de chêne dont nous avons précédemment parlé, la querelle redevint plus vive que jamais ; aussi ce prélat eut-il fermé les yeux, en 1702, sans avoir pu achever ses nouvelles constructions, que les propriétaires de la forêt envoyèrent deux à trois hommes, bûcherons, et gens de la forge de Paimpont, qui, dans l'espace deux jours abattirent presque tout le haut bois du canton voisin de Trégouët, désigné dans la sentence de 1634 ; quoique le canton voisin fût le gage de la satisfaction toujours promise aux évêques, eut égard à l'insuffisance du canton de Trégouët. Mgr des Maretz et Mgr de la Bastie continuèrent donc le procès engagés contre les propriétaires de Brecilien, et l'affaire ne se termina qu'en 1759. A cette époque, on convint donc de s'en remettre  à des arbitres qui furent Pierre Le Lorrin, avocat au parlement de Paris, et René de la Rousselière du Châtelet,  avocat au parlement de Rennes ; les parties intérressées étaient, d'un côté, Jean-Joseph de Fogaces de la Bastie, évêque de Saint-Malo et baron de Beignon ; de l'autre côté, Jacques de Farcy, sgr de Cuillé, Charles d'Andigné, sgr de la Châsse, Suzanne de Farcy, ctesse du Rumain, Jean-Baptiste de Farcy, sgr de Mué, Théodore de Ravenel, sgr du Bois-Teilleul, Jean d'Andigné, sgr du Plessix-Bardoul, et autres associés, propriétaires de la châtellenie de Brecilien.

 

 

Il fût arrêté que les propriétaires de la forêt délivreraient, sans frais, pour chacun an, audit seigneur évêque et à ses successeurs à perpétuité, propriétaires  des châteaux et baronnie de Beignon,  le nombre de cinquante cordes de bois toutes buchées et  dressées, mesure de ladite forêt, et huit charretées de bois d'oeuvre ou à mérain, chaque charretées composée de vingt cinq pieds cube, en une ou plusieurs pièces ayant au moins chaque pièce 12 pieds  de longueur, fors que de deux ans en deux ans, ils en fourniraient une au moins de 25 pieds de longueur, lequel bois sera livré par les lesdits seigneurs propriétaires tout équarri et cubé comme bois marchand en chantier.  Le 11 septembre 1759, Mgr Fogasses de la Bastie accepta cettesentence d'arbitrage et le procès prit fin. Ces droits d'usage suscitèrent beaucoup de chicane ces deux derniers siècles ; ils remontaient au moyen-âge, et depuis les choses avaient bien changé : les forêts avaient perdus de leur étendue, les usagers avaient quelquefois outrepassés leur droit, les grands seigneurs avaient quitté la province et demeuraient à la cour ; mais surtout l'esprit de foi et de piété, de toutes les donations faites jadis au clergé, allaient s'affaiblir de plus en plus. L'esprit révolutionnaire apparaissait, au contraire, aussi bien dans les campagnes que dans les villes; on en eût une preuve dans le procès qu'intentèrent les habitants de Beignon au successeur de Mgr de la Bastie.   

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 05:39

 

 

V ) Mgr du Guémadeuc a laissé la réputation d'un ardent chasseur et Mme de Sévigné n'a pu s'empêcher de plaisanter spirituellement sur les goûts cynégitiques de ce prélat ; les propriétaires de la forêt de Brécilien, ave lesquels il avait procès à cause de son droit d'usage, prétendaient qu'il construisait sans cesse et sans nécessité des écuries et des chenils : il se plaigait lui-même, en 1688, d'être obligé de mettre ses chevaux en cinq écuries, et, en 1697, il réclama avec instance le droit de chasser dans la forêt de Brécilien. C'est probablement de lui qu'il est question dans une légende populaire que j'ai entendu raconter à Beignon. Un évêque de Saint-Malo aimait si passionnément la chasse, dit-on, qu'il chassait parfois le dimanche, comme les autres jours. Il arriva qu"une fois, le prélat partit de grand matin pour se livrer à son délassement favori. Comme c'était jour de fête, il se promettait de rentrer de bonne heure. Mais une fois lancé à la poursuite du gibier, l'évêque s'oublia, et quand il revint à Saint-Malo de Beignon, il trouva toute la population assemblée dans l'église, attendant avec le recteur, le retour de sa Grandeur, pour avoir la sainte-messe. Au moment où il rentra dans le temple, Monseigneur vit le mécontentement des paysans qui se lassaient d'attendre, et il essaya de se disculper en leur disant : Ne faut-il pas bien, mes bons amis, que le seigneur s'amuse un peu ? Maintenant l'évêque va faire son devoir ; mais une vieille femme, moins patiente ou plus hardie  que bien d'autres, ne put s'empêcher de répondre en murmurant :  Si le diable emporte le seigneur, que deviendra l'évêque ? Cette parole attira l'attention du prélat  qui, faisant aussitôt  réflexion sur sa conduite, rentra en lui-même, s'approcha humblement du recteur, ou plutôt, dit la tradition, du plus jeune prêtre présent dans l'église et le pria d'écouter sa confession, quil voulut faire par esprit de pénitence devant les paroissiens. A partir de ce moment là, le bon évêque renonça complètement à l'exercice de la chasse, voyant que son peuple s'en scandalisait ainsi. Je ne sais ce quil y a de vrai dans cette légende ; toujours est-il  que si Mre Sébastien du Guémadeuc avait des goûts un peu turbulents, cela ne l'empêchait pas de remplir exactement ses devoirs d'évêque. En 1695, il donna encore aux habitants de Beignon une preuve de sa piété en faisant construire dans ccette paroisse la chapelle de Sainte-Reine, qui est demeurée depuis lors un lieu vénéré dns tout le pays. Mgr du Guémadeuc mourut à Saint-Malo de Beignon, le 4 mars 1702, et fut inhumé dans le choeur de l'église de cette paroisse ; on voit encore devant le maîte-autel la pierre ardoisière qui recouvre ses restes ; cette dalle porte l'écusson du prélat : de sable au léopard d'argent, accompagné de 6 coquilles de même, surmonté dune couronne et d'un chapeau d'évêque. Au dessous, on lit cette inscription :

 

CY GIST  ILLUSTRISSIME ET VENERENDISSIME PERE EN DIEU

MESSIRE SEBASTIEN DU GUEMADEUC

EN SON VIVANT EVEQUE DE SAINT MALO

LEQUEL EST DECEDE LE 2 MARS 1702

PRIEZ DIEU OUR LUI

 

Mre Sébastien du Guémadeuc fut le dernier évêque de Sait-Malo enterré à Saint-Malo de Beignon ; un religieux carme, dit M. Tresvaux, y prononça son oraison funèbre.

 

 

Chapelle Sainte Reine de Beignon

(cliché Patrimoine de France)

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 19:45

 

 

IV ) Si nous voulons maintenant connaître plus exactement la maison seigneuriale de Saint-Malo de Beignon, ouvrons le procès-verbal de cet édifice fait en 1668, par ordre du même évêque Sébastien du Guémadeuc, qui restaurait alors ce château : Etant entrés, dit Me Jean Richomme, sénéchal de Saint-Malo, dans la cour dudit château, y avons vu deux grands corps de logis, l'un du côté du soleil levant, et vers le jardin, et l'autre du costé du midy vers l'estang, et estant entrés par une porte qui est au coin qui joint les deux corps de logis, etc. De ces deux corps de bastiments, l'un était ancien, l'autre avait été construit récemment par Mgr Sébastien du Guémadeuc, qui demandait du bois, pour l'achever de l'intérieur. Dans le procès-verbal dont nous parlons, il est fait mention de plusieurs belles salles, notamment d'une grande salle de 42 pieds de long, de 22 de laize et de 17 pieds de hauteur sous poutre, ayant huit fénêtres. Voici en outre ce qui est dit de l'église paroissiale et de la chapelle du château : Ledit seigneur évesque nous a conduit dans la dite église paroissialle  de S. Malo de Beignon, dans laquelle il nous a fait voir, au maître-autel d'icelle, par lui fait faire de neuf, avec deux niches au costés, pilastres, colonnes et chapitaux, frises et corniches et chevrons brisés,  avec écussons de ses armes y comprit les embrasures de la grande vitre dudit grand autel, qui a aussi ses frises et ses corniches, lequel retable, ledit seigneur nous a dit avoir fait faire, depuis quelques années, de neuf, pour l'embellissement  et ornement dudit autel, et nous a fait voir un endroit où il a dessein de faire un banc pour les prestres de ladite paroisse avec un prie-Dieu et son accoudoir.

 

 

(Cliché édition Le Flohic)

 

Rentrés au château, l'évêque et son sénéchal visitèrent les appartements qui joignent l'église et entrèrent de là  dans la tribune ou jubé, qui existe toujours dans la nef de celle-ci puis dans la chapelle privée de Mre de Guémadeuc. Je laisse encore la parole à Jean Richomme : Estant entrés dans le jubé donnant sur la grande église de la paroisse, (avons vu iceluy) jubé, garni de menuiserie fait en cadre et en balustrade, lambissé avec chassis et vitrage et parquettés, de 30 pieds de long sur 12 de large, avec un autel de bois en sculpture, marche-pied et crédence, prie-dieu et accoudouer, le tout basty de neuf et soutenu de deux piliers et d'une poutre de 34 pieds de long. Duquel jubé étant sortis et traversant les précédentes chambres, avons montés par trois degrés à main gauche, et sommes entrés dans une chapelle sur le portail, du costé de la ville, laquelle est parquettée et lambrissée partout en sculptures, avec frises et corniches tout autour, et un plafond, un autel, un marche-pied et crédence, prie-dieu et accoudouer, percée d'une ancienne fenêtre en pierre de taille haute de seize pieds et large de sept.  La conclusion de ce curieux procès-verbal est que, pour achever la restauration du manoir épiscopal de Beignon, entreprise par Mre de Guémadeuc, il faudra pour le moins, quatre cents pieds de chêne, depuis cinq, jusqu'à douze pieds de grosseur. On voit que le bon évêque bâtissait grandement.

 

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 18:02

 

III ) Le 8 juillet 1682, Mre Sébastien du Guémadeuc, évêque et seigneur de Saint-Malo rendit aveu au roi de France pour son évêché, nous trouvons dans sa déclaration, et dans les notes manuscrites du même temps, ce qu'était la seigneurie ou la baronnie de Saint-Malo de Beignon. L'évêque de Saint-Malo confessa d'abord tenir en franc régaire et fief amorty et estre seul seigneur patron, fondateur et supérieurdes églises et paroisses de S. Malo et S. Pierre de Beignon situées entre les fins et mettes de la juridiction royale de Ploërmel, sans y estre aucunement subjet, ni ses hommes et vassaux d'icelles paroisses desquelles tous les manants et habitans sont universellement ses hommes tenanciers et sujets avec obéissance à sa cour et juridition. Ce franc régaire se composait  : de la ville et paroisse de S. Malo de Beignon en entier, à devoir de quelque peu de rente en denier et à devoir de faner et de charroyer les foins  des prairies de la seigneurie. Du bourg de la paroisse de S. Pierre de Beignon  en leur entier et sans aucune exception, n'y ayant pas un pouce  de fief d'autre seigneurie à devoir de rentes en deniers et avoines comme minée, gallenée, crublée, devoir de fumage, charrois généraux et septimaux, quintaine ou bouhours, dîmes à la douziesme ; de plusieurs fiefs et rente en Mernel et dans cette paroisse, de la mouvance noble de la Châteigneraye, prévôté féodée de l'évêque, de la Guinebergère, du Pont-Rouault, du Corrouët, de la Périère, de la Pacaudaye, de la Vieuville, etc. ; en la paroisse de Maure, de la mouvance noble de Pellan et de la Lambardaye, et de plusieurs fiefs et tenues, en les paroisses de Lohéac, Guipris, Mauron, Guers et S. Lery, de plusieurs fiefs, sergentises, maisons, greniers, rentes, mouvances, etc.  De ce régaire dépendaient aussi les maladreries dont il est curieux de constater l'existence en plein XVIIe siècle :  Déclare ledit évêque de S. Malo tenir dudit seigneur Roi, la totale juridiction sur certaine nation et sectes de pauvres gens vulgairement appelés coquins et sur leurs villages qu'on appelle maladryes estant en plusieurs endroits et paroisses de son dit évesché particulièrement ès paroisses de Ploërmel, Guer, Campénéac, Caro, Mohon,Guilliers, Mauron, Guignen Ploualay, Plelan et autres. Enfin ; Beignon formait une baronnie pour raison et cause desdits baillages et fiefs amortys en franc régaire cy dessus mentionnés et déclarés confesse ledit évesque avoir droit de baronnie, juridition et justice haute, basse et moyenne qui s'administre et s'exerce par ses juges et officiers. Le chef-lieu de cette baronnie, résidence de l'évêque était le manoir épiscopal de Saint-Malo de Beignon, maison de franchise et immunités, avec ses appartenances et dépendances, droits, prééminences et libertés, chapelle, auditoire, prison, parc, estang, canaux, fontaines, jardins, colombiers et garennes près laquelle maison  et aux environs il y a cinq moulins, deux à vent et trois à eau, y compris le moulin à foulons, rabines et bois de fustaye, une métairie noble appelée la Ruaudaye...un four à ban, etc. La déclaration mentionne encore les divers droits seigneuriaux de l'évêque de Saint-Malo dans les paroisses de Beignon, notamment ceux de corvées et charrois, d'usage dans la forêt de Brécilien, de foires et de marchés, de quintaines et de bouhours, mais elle n'entre point dans les détails sur l'exercice fort original de ces deux derniers droits.

 

 

Bâtisse XVIe à Saint-Malo de Beignon 

 

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