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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 06:05

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 05:45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 14:49

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 20:50

 


 

 

 

Les armoiries quasiment effacées de du-Guesclin

« d'argent à l'aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même » 

 

 

Le même socle avec reconstitution des armoiries du Guesclin

 

 

Dans son guide du voyageur publié en 1857, Jean Bazouge évoque cette colonne inaugurée en 1841 sous le gouvernement de Louis-Philippe Ier, sur les ruines du château de la Motte-Broons, berceau du fier capitaine. Notre guide précise qu'autrefois quand un régiment passait sur cette route, arrivés au pied de la colonne, les tambours battaient aux champs, et les troupes voyageuses faisaient une halte d'honneur, en témoignage de patriotique admiration. Arrêtons nous aussi dans ces lieux où s'écoula l'enfance du célèbre batailleur. Sous les ondulations du terrain au milieu duquel apparaît le monument érigé au « héros breton » gisent les dernières pierres du château de ses pères rasé en 1616 par ordre des États de Bretagne. Rien, plus rien de cette demeure sur le sol herbeux et bossué comme celui d'un cimetière. De jeunes arbres poussent autour de la colonne, qu'une balustrade en fer défend : c'est là toute la décoration du monument. Il semblerait que ce fut au retour de son expédition en Egypte, que le Croisé Guillaume de Broons, quintisaïeul du connétable, abandonna la motte castrale au profit d'un castellum que du-Guesclin fortifia considérablement quand il reçut sa charge de chef des troupes au royaume de France. Suite aux guerres de la Ligue, sur ordre des États de Bretagne, répondant aux vœux de la régente Marie de Médicis, la Motte Broons subit le démantèlement de ses défenses. Il est vrai que les alliés du duc de Mercoeur avaient détenu ce point stratégique. Toutefois, ainsi que le souligne Noël Brouard, c'est très certainement le donjon situé sur les arrières de la Grand-Place de la ville de Broons, aux abords de la Rue de la Glacière qui fut démantelé et détruit (voir histoire de Broons, page n° 10). Ce qui n'exclue pas que la maison-forte de la Motte-Broons ait été aussi dépourvue de ses éléments défensifs, d'où le dédommagement versé au possesseur du lieu à cette époque : Messire de Ville-Blanche. Des éléments « renaissance » provenant du lieu sont visibles au hameau de Brangalo (voir histoire de Broons, page n° 6) on sait qu'ils provenaient de la Motte-Broons. Puis le chastel de la Motte Broons fut abandonné, et l'antique forteresse tomba alors en ruines. Selon le témoignage de voyageurs au cours du XVIIIe siècle, des restes impressionnants étaient encore visibles. A la fin du règne de Louis XVIII, en 1822, une première souscription fut lancée à échelle locale afin de financer un monument dédicacé au connétable, mais la souscription ne fournit pour la seule commune de Broons que la somme de 166 fr. 20, une autre lancée à l'échelle de la Bretagne ne donna pas davantage de donation ! c'est dire si le fameux héros breton laissait indifférent. Le Conseil général des Côtes du Nord décida alors de financer la réalisation du monument, et étrangement les Broonais alors, souhaitèrent un monument digne de celui de Dinan, dût-il coûter 6.000 francs ! En 1830, le renversement de Charles X, le projet fut enterré, puis le 15 février 1834, le terrain était acheté semble-t-il par la famille d'Orléans en vue d'aménager la colonne, soit un lot d'une superficie de 2.640 m2 pour une façade de 66 mètres. Ce lot avait été prélevé sur la parcelle de la Rivière -probablement les anciens fossés du château. C'est sous le règne de Louis-Philippe Ier, le fils du fameux « Philippe égalité » que la colonne allait être inaugurée. Louis Philippe s'étant s'emparé de la couronne vacante, c'est par pure propagande, qu'il relança l'idée d'un monument dédicacé au fameux connétable -plus tard, en 1870, la Pucelle d'Orléans allait à son tour devenir symbole d'un autre régime tout aussi pitoyable. Louis-Philippe n'était guère apprécié en Bretagne, il y était regardé comme un simple usurpateur. Quand au monument, il aurait dû en principe être érigé au cours de l'été 1840, mais les retards enregistrés, ce n'est que le 15 octobre que le monument fut dressé. En 1810, Charles Rolland Néel de La Vigne, alors maire de Dinan avait présidé en sa cité, à l'inauguration du cénotaphe mis en place en l'église St Sauveur afin de recevoir le coeur de du-Guesclin -où du moins ce qui en restait après la révolution. Il avait convié son confrère de Broons pour l'évènement (voir Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet de Dinan : voyage à Guenroc). Le même personnage devenu sous-préfet reporta l'inauguration de la colonne du-Guesclin au cours de l'année 1841, en effet en période hivernale, les jours étant courts et le temps incertain, la saison morte aurait nuit à la sollennité de la fête. Haute de 10 mètres, pour un poids avoisinant les onze tonnes, la colonne avait été réalisée en granit monolithique et provenait d'une carrière de St Pierre de Plesguen. C'est donc un périple de près de cinquante kilomètres qui fut parcouru par le convoi militaire; parti de St Pierre de Plesguen la procession arriva au Pont du Château à Broons où se déroulèrent les animations similaires à celles données à Dinan, 31 ans plus tôt. Yves Miriel était alors maire de Broons. Pour la circonstance, la stèle avait été entreposée sur des canons tirés par trente-six chevaux. Quarante peupliers d'Italie entouraient la colonne à l'origine, mais depuis, les tempêtes en ont éliminé quelques uns, il en reste une dizaine. Un temps propriété de la Communauté religieuse Joachim Fleury, le champs voisin  a révélé des antiquités liées au lieu dont un fragment des clef, quelques monnaies du XVe siècle, dont un gros à la fleur de lys ainsi qu'un sceau portat un écu d'azur à trois de têtes de lévriers, coupées d'argent et colletées de gueules ; ce sont les armoiries des Milon, seigneur de la Ville-Morel. Autour de cet écusson on lit : S. DE CONTRAS DE LA VILLE MOREL (ce dernier renseigneiment fut founit par M. de Corson, à la Société Archélogique d'Ille et Vilaine).  Un projet de modeste musée fut un temps envisagé puis tomba vite dans l'oubli.

 

 

Des peupliers, ces sentinelles veillent au repos du héros

 

 

Détail du bulbe couronnant la stèle

 

 

Du-Guesclin alias du-Guarplic,  de Guesquin

une famille bretonne

aux probables origines norroises !

 

 

Aucune certitude sur la date de sa naissance et pour cause, les registres paroissiaux de Broons ne remontent pas au delà de 1556, seuls ceux de Givry en Saône et Loire couvrent la période allant de 1303 à 1357. 

 

 

La seule date dont on soit certain.

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 17:38

 

Uchta, Redadeg,

Redek evit ar brezhoneg

Huch 'ta !Redadeg,

Redek a rimp e brezhoneg

Ar re vras hag ar re vunut

Hag ar re a gav gwell chom mut

Rabezh an dud e Breizh a-bezh

A ganay hag a lakay bec'h !

A pa vehec'h gwenn, a pa vehec'h du

Melen pe ruz pe gwenn-ha-du

Dait geneomp àr an hentoù bras

Fonnapl hon eus Hor yezh da gas !

E Sant-Ervlan 'tal ar Liger

E treuzimp ar vro a boz-kaer.

E Lokoal a pa arruimp

E vo fiskal ar fest a rimp !

Savit ho treid e brezhoneg

Yaouank, ha kozh, treut pe postek

Dañsal a rimp, kanal a rimp

Ha get plijadur e redimp ! 

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 19:06

 

 

 

Planches diverses réalisées à la demande du Président de Robien

 

Lorsque, en 1801, Chaptal, appliquant la politique culturelle de la Convention, institua les musées de province par un décret qui attribuait aux quinze plus grandes villes de la République des œuvres d'art provenant des saisies et des conquêtes révolutionnaires, Rennes ne fut pas oubliée. Son musée reçut ainsi, en deux envois du gouvernement central, quarante-six peintures de qualité, tant de l'école française que des écoles étrangères. Toutefois l'organisme qui allait devenir officiellement le Musée de Rennes possédait déjà, antérieur à ces enrichissements, un important noyau d'œuvres d'art d'une origine locale et entrées dans les collections publiques de la Ville par suite de circonstances politiques toutes récentes. Il s'agissait de biens mobiliers saisis nationalement sur des émigrés, des établissements religieux (abbayes, communautés, églises paroissiales) ou supprimés (parlement). Dressé dès 1794 « par les citoyens Paste et Colin peintres », l'inventaire manuscrit de ces biens comportait, pour la seule partie relative à la « Nomenclature et description des tableaux » qui nous intéresse ici, une suite de 269 numéros. Tout ce que l'on pouvait affirmer de la provenance de ces œuvres, c'est qu'elles avaient pour origine commune une saisie révolutionnaire ; on n'en pouvait dire davantage, car malheureusement aucun nom de propriétaire ne figurait sur les pages de l'inventaire conservé à Rennes. Quelques auteurs cependant ont risqué des hypothèses et avancé que les meilleures de ces toiles, notamment. Le Nouveau-Né de Georges de La Tour, ne pouvaient appartenir qu'à la collection la plus célèbre et la plus considérable de la ville : celle du marquis de Robien. On ne prête qu'aux riches. Président au Parlement de Bretagne et membre de l'Académie des sciences et belles-lettres de Berlin, Christophe- Paul, marquis de Robien, était de ces amateurs éclairés comme le XVme siècle en connut tant : un Pierre Crozat, un Jean de Julienne, un comte de Caylus.

 

 

Le Président de Robien

cliché édition Le Flohic

 

En contact avec les milieux parisiens, il s'était constitué un riche cabinet de dessins des plus grands maîtres de toutes les écoles, achetant par exemple des pièces rares à la vente Crozat. Son goût pour l'archéologie s'était manifesté dans sa Description historique et archéologique de la Bretagne. Enfin, par des trompe-l'œil qui représentaient des objets de sa collection, entre autres Le Marchand de poissons de Brauwer, on savait qu'il possédait des tableaux. Ces collections variées faisaient l'ornement des splendides pièces lambrissées toujours en place dans son hôtel de la rue aux Foulons à Rennes, qui est, avec quelques autres, un des rares exemples de la grande construction urbaine rennaise du XVIe siècle. Après la mort du grand collectionneur en 1756, son fils aîné Paul-Christophe, également président au Parlement de Bretagne, hérita de sa collection et continua de l'enrichir jusqu'en 1791, date de son départ pour l'émigration. Conformément à la législation applicable aux émigrés, ses collections furent d'abord placées sous séquestre et définitivement confisquées lorsque leur ancien propriétaire eut été inscrit sur la liste générale des émigrés (loi du 2 septembre 1792). La conservation et l'affectation de ces biens aux collectivités publiques furent réglées par la loi du 25 novembre 1792. Si, de par leur notoriété même, il n'y eut jamais de doute sur la provenance des dessins (alors conservés dans des portefeuilles), il n'en allait plus de même des peintures car, sans rivaux dans le premier domaine, les Robien n'étaient assurément pas les seuls possesseurs de tableaux confisqués. Aussi désirable, aussi souhaitable que fût, pour l'histoire du goût comme pour celle des collections du Musée, la possibilité d'établir avec certitude le catalogue de la collection du marquis de Robien, le seul document qui aurait pu apporter la solution -l'inventaire manuscrit des confiscations dressé en 1791, auquel nous avons déjà fait allusion -était impossible à interpréter en ce sens. Il est nécessaire d'en donner ici la description. Cet inventaire est un grand cahier, 50 X 3 de papier bleu clair, composé dans son état actuel de quarante-deux pages manuscrites ; la liste ne commence qu'au n° 29 par suite de la disparition de la première page. Chaque page est divisée en sept colonnes qui se lisent horizontalement sous les titres suivants, à partir de la gauche : numéros, nomenclature et description des tableaux, hauteur des tableaux, largeur des tableaux, noms des auteurs, lieux des dépôts, observations. Pour connaître l'origine ou la provenance des tableaux, c'était à l'avant-derniere colonne, celle des « lieux de dépôt », qu'il fallait de toute évidence se reporter. Or, à cette place, ne figurent que des lettres, de A à S, sans autre indication. Cet état de choses ne permettait de tirer aucune conclusion, sous réserve de découvrir un autre document qui suppléerait au défaut de celui-ci. C'est celui qu'a trouvé, ces derniers mois, M. Michel Hoog, assistant au service éducatif de la direction des Musées de France. Des recherches qui l'amenaient à feuilleter aux Archives nationales les inventaires des musées de province lui firent trouver, entre autres, celui du Musée de Rennes. Il eut la délicate obligeance d'en faire part à la conservation. Mlle Berhaut, conservateur du Musée de Rennes, put alors constater que cet inventaire, retrouvé à Paris, était un double de celui de Rennes, envoyé dès sa rédaction à l'administration centrale et que ce double, lui, était fort heureusement complet. J'ai pu sur place relever, d'après l'original, les indications d'ensemble qui nous manquaient et combler la lacune des vingt-huit premiers numéros. Comme il était facile de le prévoir, la première page du premier cahier donnait la clé qui manquait pour interprêter la signification des lettres portées sous la rubrique : lieux de dépôt. Je transcris ici cette précieuse notice qui fournit la liste complète des victimes des confiscations.

« Tableau des caractères désignant les différents lieux où ont été trouvés les objets de l'inventaire.

-La Maison de Robien Emigré A

- Le reste des Maisons des Emigrés B

- La ci-devant Abbaye de Saint-Georges C

- La Communauté du Calvaire D

- Le reste des ci-devant Communautés E

- Les ci-devant Eglises paroissiales F

-Le Collège G

- La Bibliothèque dite des Avocats H

- L'Ecole gratuite de dessin J

- Le ci-devant Palais nomé le Temple de la Loi. . K

- Le ci-devant Château de Cucé Emigré L

- Maison Boissveau Emigré M

- Maison du cydevant Abbé de Roumilly Exporté. N

- Maison de Beaucourt Emigré O

- Maison Sarsfield Emigré P

Maison cidevant Abbé de la Biochaye Exporté Q

- Le cydevant Evêque de Girac Emigré R

-Maison Caradeuc de la Challotais, condamné.. S»

Pour établir définitivement le catalogue de la collection Robien, il ne restait qu'à relever les tableaux qui étaient accompagnés de la lettre A.

Cette collection se compose de cent trente-quatre tableaux, de qualité très inégale, généralement d'un petit format, les dimensions du Marché aux chevaux de Wouwerman (137 X 188) étant ici une exception unique. 

 

 

 

 

Les préférences du marquis de Robien sont allées aux scènes de genre, aux scènes de la vie quotidienne, goût qui correspond bien à ce qu'on imagine chez un contemporain de « L'esprit des mœurs ». Le piquant, l'anecdote l'attiraient plus que les grandes compositions sérieuses ou même religieuses. Constituée quelques années pl«s tard, l'importante collection du duc de Choiseul, le ministre de Louis XV, sera d'un esprit identique. Les meilleurs morceaux appartiennent aux écoles flamandes et hollandaises, d'ailleurs les plus largement représentées. De la première, nous citerons un Paysage de Breughel de Velours ; une Chasse aux sangliers de Wildens ; Joueurs de cartes dans un cabaret de Téniers le jeune ; un Paysage avec de nombreux oiseaux, d'une surprenante fraîcheur de coloris et d'invention, œuvre de Ferdinand Van Kessel ; Jésus chez Simon, précieux tableau de Francken entouré de petites scènes peintes en grisaille. Chez les Hollandais, il faut souligner l'autorité et la verve des petits panneaux de Brauwer ; l'étonnant Cheval blanc à la porte d'une auberge de Van Laer ; deux jolis Paysages avec figures de Winants ; Bethsabée de Rembrandt ; un Portrait de deux jeunes gens par Franz Van Mieris le Vieux, œuvre admirable par sa technique achevée et ses coloris. Mentionnons encore une hallucinante Danse macabre peinte en camaïeu à laquelle la présence insolite d'une pie confère un caractère fantastique. Les rédacteurs de l'inventaire révolutionnaire la donnaient à René d'Anjou, sur la foi d'une inscription peinte. Dans la colonne des observations, on peut lire ce commentaire : « Ce tableau n'est intéressant que pour l'histoire, l'anatomie cependant est parfaitement rendue » . Ces exemples feront assez voir que cet inventaire ne saurait être publié tel quel sans l'accompagnement d'un appareil critique sérieux, consacré aux attributions. En effet, s'il est un point définitivement acquis, celui de la provenance, il n'en reste pas moins qu'un autre, extrêmement délicat, reste à étudier : celui de l'attribution des œuvres. Celles que donnèrent les auteurs de l'inventaire de 1794, guidés peut-être par des inscriptions apposées sur les œuvres (des « cartels » comme l'on dirait aujourd'hui), ont été parfois conservées dans les catalogues successifs du Musée, parfois controuvées ; bref, chaque œuvre pose des problèmes, nécessite des comparaisons, etc. C'était un travail trop long pour que les résultats pussent en être actuellement publiés. Toutefois, il nous a paru intéressant de faire part au public des fruits de cette découverte sur la piste de laquelle nous remercions encore M. Michel Hoog de nous avoir conduit. Elle ne répond qu'à une question jusqu'ici pendante : en quoi consistait la collection de tableaux du président de Robien ? Cette simple note se présente donc comme une modeste pierre d'attente

 

(voir Les manuscrits et planches de C.P. de Robien décrivant sa collection de papillons)

 

Jésus chez Simon de Francken

 

 

Joueurs de cartes dans un cabaret de Téniers le jeune

 

 

Bethsabée de Rembrandt

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 12:30

 

Le château de Guémadeuc, dont l'emplacement se distingue à peine, au bord de mer, a soutenu pusieurs sièges (Ogée).Ce château n'était pas fort, plusieurs fois il fut brûlé par les Anglais et plusieurs fois les seigneurs de Guémadeuc furent contraints de déloger de se retirer dans leurs autres maisons. La ligue fut une source de malheurs pour la maison de Guémadeuc encore plus que pour bien d'autres gentilhommes. En effet, en 1591, le baron de Guémadeuc périt pour la cause du roi...et moins d'un an après, en 1592, son château, que défendaient plusieurs gentilhommes du pays, fut pris par les Malouins et détruit de font en comble. Piré rapporte ainsi cet évènement : Au mois d'Avril, le lendemain de Pâques, le matquis de Chanfrain ayant obtenu des Malouins deux gros canons avec tout l'attirail nécessaire de Saint-Malo, au hâvre de Dahouët, où il se réunit au capitaine Roy qui commandait Lamballe. Le Guémadeuc fut aussitôt canonné, et bientôt il y eut une brèche suffisante pour que l'on pût brusquer un assaut. Prévoyant qu'ils ne pourraient défendre avec avantage cette partie du château, les assiégés y mirent le feu au moyen de matières combustibles préparées à l'avance, et ils se retitèrent dans un autre corps-de-logis où ils s'étaient retranchés. Ils y firent trois heures de résistance après quoi ils se rendirent. Quelques pierres amoncelées au milieu d'un pré, voilà tout ce qui reste aujourd'hui de Guémadeuc. Notes laissées par Mr. Habasque en 1836. La salle polyvalente de Pléneuf occupe à présent l'endroit. 

 

 

 

 

 

 

Rolland Ier Madeuc Chevalier Seigneur du Guémadeuc en la parroisse de Pléneuf Diocèse de St. Brieuc l'an 1300 épousa suivant plusieurs Memoires Alix Bertran, dite de Briquebec.

 

 

 

 

Roland II Madeuc son fils Seig. du Guémadeuc l'an 1327. & 1330. eut pour femme Marguerite fille de Hervé Sire de Penhouët, & d'Anne du Chastel.

 

 

 

 

Roland III Seig. Du Guémadeuc l'an 1352 & 1380 leur fils s'allia avec Jeanne fille puisnée de Jean Seig. de Combour, & sœur de Jeanne Dame de Combour, femme de Jean Sire de Chasteaugiron & de Malestroit : Il eut d'elle  (voir La seigneurie de Dol - Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay )

 

 

 

 

 

Roland IV Madeuc Chevalier S. du Guémadeuc, qui épousa 1° Marie Goyon fille de Bertrand Seig. de Matignon, & de Jeanne de Rieux 2° Marguerite de Kerrimel, fille de Geofroy Mareschal de Bretagne, & d'Adelice de Launay, laquelle se remaria à Geofroy S. de Coetrevan, & en eut des enfans : Mes Memoires portent que Clemence Madeuc femme de Guillame Budes Seig. du Hirel estoit du premier lit, mais je croy que Roland Madeuc V. du Nom, fils du dit Roland, estoit issu du second, ou bien je revoquerois en doute le Mariage de Roland VI avec Ysabeau Goyon ; parce qu'elle auroit eté sa cousine germaine, & que ce n'étoit guéres la coutume alors contracter des Alliances si proches

 

 

 

 

Roland V. Seig, du Guémadeuc l'an 1400 & 1420 epousa en 1ere nopces Jeanne du Parc Dame de Launay, & de Crenoles. Il en eut Roland & Sibille, femme sans enfans de Geofroy Pean Seig. de la Roche Jagu & Jeane Madeuc femme de Jean du Chastelier S. Branxian (voir La famille du Chastelier en Eréac - histoire de Lanrelas, page n° 9 ), &. dont Catherine femme de Jean de Villeblanche S. du Plessis-balisson (voir La châtellenie du Plessix-Balisson par l'abbé Auguste Lemasson, page n° 1), & mere de Françoise, de laquelle & de Guy sire d'Espinay (voir La Maison de la famille d'Espinay, présentée par du-Paz, page n° 1), sont décendus les Marquis d'Espinay, le Mareschal de Schomberg, la Princesse de Guemené Duchesse de Montbason, & La seconde femme de Roland fut Honorée de Montbourcher, fille d'Alain & de Jeane le Voyer, Dame de la Tourniole, de la Vigne & de Lestourbillonnaye, ils vivoient ensemble l'an 1415 & eurent de leur mariage charles Madeuc, qui a fait la Branche de la Tourniole, Regnaut S. de Lestourbillonaye, mort l'an 1404. Brient & Bonabes morts sans enfants, & Marguerite femme de Bertrand Goyon, Seig. de Launay, dont est issu le Marquis de la Moussaye (voir Le château de la Roche Jagu en Ploëzal - Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs)

 

 

 

 

Roland VI Madeuc Seig. du Guémadeuc l'an 1430 & 1460 Chambellan du Duc de Bretagne, se maria avec Isabeau ou Jeane Goyon fille de Jean Seig de Matignon & de Marguerite de Mauny, leurs enfans furent Roland, Constance alliée 1° à Pierre Seig. de Kermené 2° à Guillaume de Coetlogon Seig. de Lescouet, & Marie Madeuc femme de Jean Sei.de s. Meloir, de la Gree &  Langourjant, & mere de Jean, de laquelle & d'Affain d'Avaleuc sortit Jeane d'Avaleuc femme de Christophle Seig. de Denoual.

 

 

 

 

Roland VII Madeuc Seig. du Guémadeuc, & épousa Catherine, fille de Pierre VIII. Seig. de Rostrenen & de Jeanne de Guerneur Dame du Ponthou, il eut d'elle Roland, Marguerite & Aliette, Marguerite Madeuc, eut une sœur du même nom, mariée à Géofroy de Quellenec, Seig. de Bienassis  ; & d'eux sont issus les Seigneurs de la Goubelaye,de Delien, & du Hilliguit, ou bien elle fut mariéc trois fois ; car il paroist par le Contract de Mariage de Bertrand Budes que Marguerite Madeuc epousa Jean le Voyer, Seig. de la Corniliere & du Coedic, & apres luy Messire Olivier de la Felle, S. de Guébriant, & qu'elle fut mère de Jeane le Voyer femme de Jean le Bouteiller mère de Marguerite, morte sans enfans, de Catherine le Voyer, Dame de la Cornilliere, femme de Jacques le Felle Seig. de Guébriant Chevalier, fils d'un premier mariage dudit Olivier, & de Françoise le Voyer, Dame du Coedic femme dudit Bertrand Budes, & Trisayeulle du Mareschal de Guébriant, qui par ce moyen décendoit deux fois de la Maifon du Guémadeuc. Aliette Madeuc épousa Jean S. de Liscoet. 

(voir Le château de Rostrenen et ses possesseurs par M. Habasque (extrait de l'Annuaire des Côtes du Nord )

 

 

 

Roland VIII Madeuc Seig. du Guémadeuc, prit alliance avec Perronelle fille de Jean Sire de Coetquen (voir La maison de Coëtquen), & de Jaquemine Tournemine, dont Jacques, François Madeuc qui fit la branche du Vaumadeuc, issuë de luy & de Madelaine de la Croix, Dame de la Parvile parroisse de Plerin Evéché de Sainct Brieuc, à laquelle il donna le nom du Vaumadeuc. Comme je ne fuis pas assez informé de sa postérité, je craindrois de me tromper dans la suite que j'en donnerois, que je laisse à traiter à ceux qui en aurent plus de conoissance. René Prothenotaire, & Jaquemine, de laquelle, & de Alain S. du Cambout, est issue la Maison du Cambout

 

 

 

 

Jacques Ier Seig. du Guemadeuc, dont il prit le nom, épousa Françoise fille & héritière de Jean Seig. de Trevecar, de Beaulieu & du Verger, Vicomte de Rezé, & en eut Jacques 2. Georges du Guémadeuc, Abbé de Saint Jegu (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1), François Seig. de Beaulieu & de Sereac, marié à Jeanne Gastinel Dame de la Mottealement ; de laquelle il eut dix filles, desquelles six furent Religieuses, & d'autres mariées aux Maisons de Beauregard, le Moine, de Salaran, & de Chavaignes, Perronelle du Guémadeuc sœur dudit François, épousa 1° Bertrand Ferré Seig. de la Ville es blancs Jean de Guigny S. de la Garoulaye. Jeanne fut aliee à Olivier de Lanvaux Seig. de Beaulieu & du Matz, & Catherine épousa Jean de Quellence Seig. de Bienassis, qui en eut un fils mort sans enfans, & se remaria à Jeame de Lesongar Dame de Protencas & du Hilliguit, de laquelle il eut des enfans.

 (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n° 2)

 

 

 

 

Jacques II seig. du Guémadeuc, Trevecar, Launay-Madeuc,Crenoles, & Vicomte de Rezé, épousa Madeleine du Chastellier 2, fille de François Vicomte de Pommerit, Baron de Marcé, & de Jeanne de Rohan fille de Louis Seig. de Guemené,& de Louise fille de François Sire de Rieux, & de Jeanne fille d'Alain Seig. de Rohan, & de Margueritte fille de Jean V Duc de Bretagne, & de Jeanne de Navarre depuis Reine d'Angleterre. D'eux naquirent François & Catherine femme d'Amaury Gouyon Seig. de la Moussaye, & d'eux est et descend le Marquis de la Moussaye (voir Memoire de René, sire de Rieux, Prince de la Maison de Bretagne, marquis d'Ouessant, Présenté au Roy la Généalogie de íà Maison. 1710- extraits 

 

 

 

 

François seig. du Guémadeuc, mal nommé Thomas par du Paz, Vicomte de Rezé Baron dc Bleddac, & grand Escuier, hereditaire de Bretagne, mourut l'an 1574. il fut marié deux fois 1° Margueritte, Dame de Quebriac Blossac,& fille de Thomas & de Claude de Guité, fiile de Guillaume & de Jeanne de Tréal, & de Bodegat; & de Marie de Ramé Dame de Vigneu, & de Bleheber fille de Jean & de Jeanne de Rohan issuë de Marguerite Budes 2° à Helene de la chappelle Dame de Beusves, de Pledran, de Limoelan, de Tretone, du Cleio, la Villeheliou, Saint Melene, Lanjovan, Kerraoet, Anguignac, le Plessix-melle, Sennone & Antrehais, fille de Jean Seig. de Beusves, & de Marguerite Dame de Kerfalio. Du 1er. lit sortirent Thomas & Georges Seig. de Trevecar & de Beaulieu, marié à Suzane de Sevigné Dame de Cadoudal, de Beaurepere & du Chastelet. Du 2e. Lit sortit Jane du Guémadeuc, Dame de Beusves & de toutes les terres cy-dessus.mariee 1° à Touffaints de Beaumanoir Vicomte du Besso, Baron du Pont & de Rostrenan 2° à Renaut Seig. de la Marzeliere qui n 'en eut point d'enfans. Helene de Beaumanoir fa fille unique, mourut sans posterité du Baron de la Hunaudaye, & de Charles de Cossé Marquis d'Acigné. (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1)

 

 

 

 

Thomas Seig. du Guémadeuc, & de Quebriac, & Vicomte de Rezé, Baron de Blossac, & grand Escuier de Bretagne, épousa Jacquemine de Beaumanoir, fille de Jacques Vicomte du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux& de Jeanne du Quellenec sa seconde femme, dont Toussaint Seig. du Guémadeuc mort sans enfans.Thomas, Marguerite épousa 1° le S. de la Charroniere 2°. Charles de Roncherolles Baron de Hugueville, Jaquemine épousa René du Breil Seig. de Pontbriant & du Pin. Suzanne du Guémadeuc mariee 1°. à François de seig. de Kerfauson, dont René seig. de Kefauson, tué au siege de St. Omer, l'an 1638. 2° à.Alain Parcevaux S. de Mefarnou, dont Françoise Dame de Mefarnou, femme de René Barbier, Marquis de Ketian, 3° à Jean de Kerlivet sans enfans.

 

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 14:02

 

 

 

Rennes, étoile rouge le Parlement, étoile bleue les Cordeliers

 

 

A Rennes, le 26 janvier 1789, à 8 heures du matin, sur le Champ Montmorin, l'actuel Champ de Mars, se rassemble une foule de six cents à quinze cents personnes, selon les témoignages ; il y avait là une majorité de domestiques et de ces gagne-petits qui durant la tenue des Etats se muaient en porteurs de chaises. La veille, des billets avaient couru la ville convoquant artisans et ouvriers à protester contre le prix du pain ; on avait distribué de l'argent pour stimuler les bonnes volontés. Quelques jours avant une pétition avait déjà circulé dénonçant l'égoïsme de la municipalité bourgeoise et réclamant le maintien de la Constitution bretonne : car le problème est là, la chèreté du pain n'est qu'un prétexte, le véritable enjeu est politique. Depuis l'ouverture de la session le 29 décembre 1788, les Etats de Bretagne sont paralysés par la résistance passive des 54 députés du Tiers qui ne veulent pas délibérer avant que les deux autres ordres ne leur aient accordé le doublement de leur députation, le vote par tête et une réforme fiscale. Les privilégiés s'y refusent, le comte de Thiard, commandant militaire de la Province, suspendit les séances jusqu'au 3 février, mais les 951 représentants de la noblesse occupent les lieux et refusent d'obtempérer à ce qu'ils jugent être un abus de pouvoir et une victoire pour le Tiers. Le Bastion, surtout, dénonce les prétentions des bourgeois, leur alliance avec les commissaires du roi pour abattre les privilèges de la province, il s'irrite des bravades des Etudiants en Droit et des Jeunes Gens 9è Rennes qui ont manifesté aux Etats et obligé les modérés du Tiers à se conformer aux consignes des « Patriotes ». Pour affaiblir la solidarité de ses adversaires, cette faction de la Noblesse va donc s'efforcer de soulever le petit peuple contre le « Haut Tiers » et dès le début de janvier 1789, le chevalier de Guer dans sa lettre au peuple de Rennes dénonce les inégalités de la capitation et la manipulation des tarifs d'octroi, au bénéfice de l'oligarchie municipale. Mais les étudiants en Droit, passant de l'action directe à l'affirmation des principes, les exposent dans leur déclaration du 18 janvier 1789. Ils rejettent les allêgations du chevalier, réaffirment l'union du Tiers face aux aristocrates et apparaissent ainsi, sous la conduite de leur prévôt, le futur général Moreau, comme l'aile militante du parti patriote à Rennes. Il s'agit alors, pour le Bastion, d'infirmer dans les faits cette solidarité de principe et de démontrer que les soi-disant « Patriotes » du Tiers ne sont qu'une minorité plus turbulente que réellement puissante et de surcroît désavouée par le menu peuple. Le 26 janvier, donc, quand la foule fut rassemblée, Helaudais, portier à la Commission intermédiaire des Etats de Bretagne, grimpa sur une caisse, lut un mémoire réclamant la baisse du pain, demanda si l'on voulait changer la Constitution qui avait fait leur bonheur et proposa d'aller au Parlement porter leurs plaintes, qu'on les y attendait. Au palais, trois magistrats reçurent le placet et promirent de faire baisser le prix du pain sous les acclamations de la foule. Mais au moment de la dispersion, des heurts se produisirent au bas de la place entre les manifestants et des étudiants en droit qui s'étaient trouvés là, sur le seuil du café de l'Union, leur quartier général. Les rapports n'étaient pas excellents entre étudiants et gens de livrée. Les domestiques essuyaient souvent les sarcasmes destinés aux maîtres et partageaient donc l'animosité des aristocrates contre ces jeunes robins dont les prétentions méritaient bien une leçon. Un tas de bûches fournit des armes aux valets qui semblent s'être livrés à une véritable chasse à l'homme dans le centre de la ville et avoir frappé tous ceux que leur visage juvénile et leur mise désignaient comme de possibles étudiants. Du coup les jeunes gens s'arment et appellent à l'aide la Province. Elle dénonce « la déclaration de l'ordre de la Noblesse rendue publique et traduite même en langue bretonne... (qui) tend évidemment à soulever le peuple contre ses légitimes représentants et à semer la division dans l'ordre le plus nombreux et le plus utile à l'Etat... ». « ... considérant que la lettre du Chevalier de (hier est également insidieuse par la distinction qu'il établit entre le peuple et le bourgeois, distinction démentie par les assemblées qui ont eu lieu jusqu'ici ». la jeunesse des villes voisines, ainsi Omnes Omnibus, un graveur qui était des leurs, par aussitôt pour Nantes réclamer des secours. Le lendemain les jeunes « Patriotes » rennais dénoncent partout la Saint-Barthélémy du Tiers et les Nobles de leur côté se font porter des fusils au couvent des Cordeliers où se tenaient les Etats, toujours sur cette même place du Palais. Les esprits s'échauffent, le Tiers réclame la punition des responsables de la veille, mais ni le comte de Thiard, ni le Parlement ne bougent. Vers 3 heures, dans l'après-midi du 27 janvier, un ouvrier teinturier arrive, blessé à la main, au café de l'Union : on l'avait vu le matin à la faculté de Droit et des valets venaient de l'assaillir sur le Mail. Les jeunes gens se précipitent alors vers le Palais pour réclamer justice ; M. de Melesse, chef de la maréchaussée, les arrête et parlemente avec eux. Mais des Cordeliers surgissent brusquement une vingtaine de nobles, l'épée ou le pistolet à la main, ils tirent et le combat s'engage avec les jeunes gens. Des renforts arrivent des deux côtés et l'on ferraille bientôt sur toute la place tandis que claquent des coups de pistolets et de carabines ; le magasin de la milice est pillé par les jeunes gens qui s'emparent de 133 fusils, la plupart sans chien d'ailleurs. Le sang coule, outre une soixantaine de blessés, un garçon boucher et deux jeunes aristocrates restent sur le pavé : Saint Riveul et Guéhéneuc de Boishüe . Les combats durèrent jusqu'au soir et la noblesse s'enferma dans les Cordeliers, s'attendant au pire et divisée quant à l'opportunité de toute cette affaire. Le lendemain matin quatre cents grenadiers et chasseurs viennent prendre position sur la place du Palais et M. de Thiard va pouvoir s'efforcer de calmer les esprits et négocier une trêve malgré l'arrivée des contingents envoyés par les jeunes gens de Nantes et Saint-Malo. La Correspondance de M. de la Bellangerais, la lecture des registres de délibération des principales villes de Bretagne expriment bien le retentissement qu'ont pu avoir, dans l'opinion de la Province et même dans la capitale, les événements de Rennes. En Bretagne la période électorale qui commence va en être profondément marquée : l'aristocratie cherchant à se justifier et même à se venger, le Tiers à la fois sur le qui-vive et bien décidé à exploiter à fond la faute politique commise par ses adversaires

 

R. Dupuis Contre-Révolution et radicalisulion : les conséquences de la journée des Bricoles à Rennes, 26 et 27 janvier 1789.

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 05:22

2.3. La position marginale du commerce : la tradition occultée

 

 

 

 

Les institutions du commerce, chambres du commerce ou général du commerce, ont tendance à jouer une partition particulière. Certes, elles n'adoptent pas toujours la même démarche. Mais il semble que, le plus souvent, elles se préoccupent relativement peu des aspects provinciaux. Cette tonalité est donnée par la ville qui se considère et est considérée par d'autres comme la principale ville commerçante de la province : Nantes, dont le général du commerce admet parfaitement qu'il s'est délibérément marginalisé par rapport au Tiers État dans les événements du second semestre 1788. Dès qu'il est question d'États généraux, le commerce nantais décide d'envisager la situation à l'échelon national. En juillet, il adresse des circulaires aux grandes villes du royaume, à l'effet d'organiser l'action à venir. L'objectif est simple : obtenir du ministère un réaménagement de la représentation du Tiers aux États généraux. Le négoce de Lorient est parfaitement d'accord pour investir son homologue nantais de tout pouvoir d'initiative. Le 20 septembre, le commerce nantais suggère aux grandes places négociantes du royaume de lancer une offensive auprès du gouvernement pour obtenir deux députés pour chacune d'elles aux États généraux : « la réclamation étant générale, elle en sera plus favorablement accueillie ». Très évidemment, il fait fi du système traditionnel qui imposait d'en passer par les États de Bretagne, et cela en toute conscience : « II nous paraîtrait y avoir des inconvénients à faire des démarches auprès des États de Bretagne pour les instruire du parti que nous avons pris », écrit-il, le 19-10-88, aux prieurs et consuls de Saint-Malo. Les Malouins admettent le procédé : le 25 octobre, ils adressent au roi leur requête pour obtenir un député négociant aux États généraux. Dans un premier temps, les Rennais semblent réticents à court-circuiter lès États provinciaux ; mais ils franchissent le pas, le 17 novembre La préoccupation très vive d'obtenir une représentation nationale n'empêche pas les négociants de s'intéresser aussi au niveau provincial à l'effet d'avoir une satisfaction identique. Ils comptent sur la prochaine session des États de Bretagne pour agir en ce sens et se faire réserver des sièges dans l'institution provinciale. Malgré tout, on peut admettre que les négociants bretons sont animés d'un esprit provincial assez faible.

 

2.4. La position des aristocrates : la tradition incontournable

 

 

II n'y a pas lieu de s'arrêter longuement sur cette position, qui demeure constante et nous ne chercherons pas à être exhaustifs. Le parti aristocrate n'entend pas céder un pouce de terrain. Il est amené à combattre à un double niveau : provincial, puisque le Tiers -qui n'est pas uniformément patriote - a entamé en octobre 1788 une véritable campagne pour remodeler les États généraux de Bretagne ; et national, surtout à partir du moment où l'on connaît les choix du roi pour les États généraux, par le résultat du Conseil du 27 décembre. Dans cette lutte contre le virus dauphinois, les institutions de la province sont des armes essentielles. Le parlement de Bretagne se fait remarquer par quelques mesures spectaculaires. Au moment de reprendre son service, le 11-10-88, tout en enregistrant la déclaration qui liquide la réforme Lamoignon, il demande que les États généraux soient réunis dans les formes légales et constitutionnelles, donc selon la tradition. Il essaie de paralyser le parti adverse au nom de la protection de la constitution bretonne : il entend empêcher tout écrit, toute assemblée qui, d'une façon ou d'une autre, a pour objectif de remettre en cause le statu quo. Cela donne deux arrêts remarquables. Le 18 novembre, le parlement ordonne la suppression d'une requête aux officiers municipaux de Nantes « en ce qu'il résulte de ladite requête que des changements pourraient être faits à la constitution de la province, sans le concours des trois ordres : fait défense de la vendre, colporter et distribuer... ». L'arrêt du 8-1-89 condamne trois imprimés et fait défense à tous citoyens de former des assemblées autres que celles autorisées par les ordonnances, arrêts et règlements. L'un des considérants est très intéressant, car il renvoie à une démarche que nous avons évoquée, il y a peu. Voici le début de l'arrêt : « La cour, toutes chambres assemblées, considérant que l'effervescence dangereuse qui se propage de plus en plus dans la province et qui menace la sûreté des personnes et des propriétés, a eu pour principe les assemblées de gens inconsidérés ou pervers qui, sans aucun caractère, se sont permis d'attaquer la constitution de l'État et celle de la province ; qu'en invitant le peuple des villes et celui des campagnes à s'occuper des principes de droit public, en ramenant toutes les idées au seul droit naturel, droit nécessairement modifié dans les sociétés humaines ; en rappelant tout à une égalité qui n'existe point dans la nature... ». Le parlement n'exagère pas sur l'effervescence. C'est l'époque de la session avortée des États de Bretagne. Celle-ci est l'occasion pour les deux ordres privilégiés de la province d'exprimer avec beaucoup de solennité leur position. Il le font tantôt séparément, tantôt conjointement. La prise de position la plus spectaculaire de la noblesse, qui a valeur d'entraînement pour le clergé, est «de ne jamais consentir aucun changement dans la constitution de la province, de ne participer à aucune assemblée, aucune administration par laquelle on voudrait remplacer les États ». Le haut clergé suit en des termes très proches. Quelques jours plus tard, le 12 janvier, dans une protestation plus circonstanciée, la noblesse réaffirme sa détermination à n'accepter de modification qui ne soit le fait des États eux-mêmes. A la veille de se séparer, le 27 janvier, les deux ordres mettent un point final à leur copie en condamnant à la fois le résultat du Conseil du 27 décembre et le règlement royal du 20 janvier, subversifs l'un de la constitution de la monarchie, l'autre de la constitution bretonne. Et ils font un extrait raisonné de cette séance, dans lequel ils laissent entendre qu'ils n'ont jamais été hostiles à l'accroissement du nombre des députés du Tiers. L'ouverture est par trop modeste pour provoquer un changement de situation. Le ministère le comprend bien et adopte, le 16 mars, un règlement spécial à la Bretagne pour la convocation des États généraux. Le règlement rompt avec la tradition, sans aligner complètement la province sur le reste du royaume. Les ordres privilégiés ont perdu la première manche. Extrait de Patriotisme et provincialisme en Bretagne (1788-1790) Yvon Le Gall

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 17:56

2.2. La position des patriotes : la tradition amendable

 

 

 

C'est surtout sur les patriotes qu'il convient de s'arrêter, car on devine ce que sera la comportement de l'autre camp. Les patriotes se trouvent dans une situation délicate. Ils sont pris dans une contradiction. Ils ne peuvent accepter le maintien du système traditionnel qui les laisserait sans voix. Mais s'ils demandent une modification aux règles en vigueur, ne risquent-ils pas de faire régresser les privilèges de la province auxquels chacun pense que beaucoup sont attachés? Comment tourner l'obstacle? Les données de la remise en cause du système traditionnel ne sont mises en place que progressivement, quoique dans un laps de temps relativement court : entre la fin octobre et la fin décembre, où l'essentiel est désormais fixé dans un document célèbre à l'époque, les délibérations du Tiers État breton réuni à Rennes du 22 au 27 décembre. Pendant ces deux mois, il y a une partie de bras de fer entre les tendances plus ou moins avancées du Tiers. Et ce sont les plus audacieuses qui l'emportent. Les arrêtés pris en janvier et en février ajoutent relativement peu. Les revendications du Tiers bouleversent effectivement l'organisation des États de Bretagne, puisqu'elles consistent à donner au troisième ordre une place plus convenable : doublement, vote par tête, réservation de la députation aux membres de l'ordre, mais aussi accès du bas clergé aux États, etc. Évidemment, tout cela ne saurait être isolé du contexte national. Les écrits circulent mieux que jamais et l'on sait que les projets fleurissent. Les événements dauphinois ne sont pas oubliés:n'offrent-ils pas une solution rêvée ? Malheureusement, le miracle dauphinois ne se reproduit pas en terre bretonne. La noblesse et le haut clergé campent sur leurs positions. Et le problème reste entier : comment concilier ces revendications avec les traditions bretonnes ? Il faut bien admettre que la plupart des délibérations et des prises de position ne paraissent pas s'en préoccuper. Le plus souvent, les revendications sont présentées sans qu'il soit fait la moindre allusion aux traditions bretonnes. Cela ne signifie pas qu'on n'y pense point, mais peut-être qu'on n'a pas su trouver la démarche adéquate. Il arrive quand même que la question soit posée, et ce dans deux optiques différentes. - Dans la première, il s'agit de modérer l'évolution, d'empêcher les choses d'aller trop loin. Cela apparaît dans les délibérations de certaines municipalités urbaines, parfois importantes.

 

 

 

 

En voici quelques exemples. Le plus célèbre est sans doute la délibération de la municipalité de Rennes du 24-11-1788. Alors que le mouvement est enclenché depuis un mois par ses propres soins, la municipalité rennaise persiste à ne pas demander le vote par tête (doléance fondamentale). Elle s'en justifie ainsi : « L'Assemblée, pour prévenir toute induction défavorable à son attachement et à son respect pour tout ce qui tient à la constitution de la province, déclare reconnaître que le droit de la nation est de voter aux États de la province par ordre et non par tête. » Ce faisant, elle est en retrait par rapport aux assemblées de paroisses et de corporation. La situation est identique à Nantes, à Guingamp, à Saint-Malo. La radicalisation du mouvement contraint en général les réticents à s'aligner sur les mots d'ordre qui gagnent du terrain. Par contre Guingamp persiste. - Dans la seconde, il s'agit d'éliminer les entraves à la réforme des institutions. Il faut justifier la démarche et le fond. La démarche, parce que pour obtenir satisfaction, les patriotes s'adressent au roi. N'est-ce pas en contradiction flagrante avec la nature contractuelle des privilèges ? La réponse est simple : le recours au roi répond à une nécessité. Nécessité parce que l'affaire doit être décidée avant la tenue des États provinciaux prochains ; et parce qu'il est le seul qui puisse apporter une solution : dans quelques adresses, proclamations ou délibérations, le roi apparaît comme l'incarnation du progressisme face aux forces réactionnaires coalisées que sont la noblesse bretonne et le parlement. Dans un court papier de 1788 adressé à la noblesse, un auteur anonyme met très bien les choses au point en deux propositions. « Le Tiers aurait dû, selon vous, s'adresser aux États provinciaux pour demander le redressement de ses griefs. Cette manière de raisonner est vraiment nouvelle. Je me plains d'être lésé par un tribunal ; je me plains que ce tribunal, par sa composition même, sera intéressé à persister dans son injustice ; et vous vous obstinez à me renvoyer par-devant ce tribunal qui deviendra juge et partie ». Selon vous, « le Tiers ne peut adresser ses doléances au souverain parce que ni le roi ni les États généraux n'ont le droit de changer la constitution de la Bretagne. Mais messieurs, permettez-moi de vous dire que vous dénaturez entièrement l'état de la question : ce n'est pas le roi, ce ne sont pas les États généraux, mais ce sont les Bretons eux-mêmes qui veulent changer cette constitution, qui pèse sur eux ; c'est la partie la plus nombreuse, la plus riche, la plus forte, la plus intéressante, qui demande une autre forme d'administration. Elle ne veut point faire usage de sa force pour réformer une constitution qui l'entrave. Elle prend le moyen le plus sage, le plus doux, le plus légal, qui est le recours au Souverain ». La démarche est indissociable du fond. Au fond, la façon la plus radicale de régler la question est de dire qu'on a affaire à un « fantoche de constitution ». C'est ce qu'ont l'air de se permettre certains ecclésiastiques du second ordre. Les habitants de Saint-Germain-du-Pinel (subdélégation de Vitré) sont bien proches quand ils évoquent cette « prétendue constitution de la province » qui « peut d'autant moins être opposée au peuple des campagnes qu'elle n'a jamais été consentie par lui ». Ils terminent leur délibération sur un thème qu'on retrouve ailleurs : « que d'ailleurs on ne prescrit point contre les droits sacrés du peuple, parce qu'ils sont ceux de l'humanité qu'aucune possession contraire ne peut anéantir ». Il convient de ruiner l'arme favorite de la noblesse : le temps. Il va sans dire que l'idée d'imprescriptibilité a été soufflée aux ruraux par quelques avocats. Les habitants de Saint-Rieul (subdélégation de Lamballe) ne s'en cachent pas quand ils reprennent l'argument à leur compte. Un curé du diocèse de Nantes n'emploie pas le mot, mais l'idée y est : est inconstitutionnelle toute disposition qui écarte un droit naturel, et le temps n'y fait rien. « Est-il des constitutions, en peut-il être qui puissent mettre un juste obstacle au bien-être du peuple ? », interroge le général de la paroisse de Plestan (subdélégation de Lamballe), faisant presque écho à la communauté des procureurs du présidial de Rennes, demandant : « A-t-on jamais pu appelé droit de la nation le moyen sûr et indubitable d'opprimer cent citoyens pour le bien-être d'un seul ? ». Dans ces derniers temps, remarque le général de Saint-Lumine-de-Coutais, on a vu le noble réclamer avec succès les droits et les privilèges de la province. Aujourd'hui, à notre tour, nous demandons les privilèges du Tiers État, et ce sont les droits de l'humanité ». Et l'on pourrait donner d'autres exemples qui témoignent du même esprit. Évoquons plutôt un spécimen de littérature qui a eu un certain succès à cette époque-là : les mémoires historiques sur la constitution des États de Bretagne. Celui-ci, adressé aux gentilshommes bretons, est dû à un homme de loi de la région nantaise, J.M. Pellegrin. Cet avocat, patriote aux opinions modérées, s'enquiert de ruiner le discours des traditionnalistes sur deux points essentiels : celui de la composition des États et celui du mode de vote. Il entend montrer que la composition actuelle des États de Bretagne est fondée sur une déviation qui s'est produite à l'occasion des guerres de religion. Avant cette époque, il n'était pas question d'admettre un ordre en corps aux États, il n'y avait que des représentants. La noblesse a profité des troubles pour changer cette pratique et s'octroyer le droit personnel de siéger. Le retour au système de la députation, avec rééquilibrage des forces, est parfaitement justifié. Sur la manière de voter, Pellerin apporte plus une opinion personnelle que des preuves historiques. Il estime que primitivement on ne votait certainement pas par ordre aux États de Bretagne puisque ceux-ci étaient une cour de justice souveraine. Le changement du mode de vote est vraisemblablement dû à la modification même de la composition de l'assemblée : la noblesse devenant surabondante, il n'était pas possible de continuer à voter comme par le passé ; d'où l'introduction du vote par ordre. Le prudent avocat se garde bien de porter un jugement sur tout cela, mais sa conclusion n'en est pas moins intéressante : « Mais il paraît toujours vrai que ces usages ne sont pas des droits qui tiennent à la constitution de la province ». Finalement, pour Pellerin, il n'y a pas de formes immuables, le passé ne justifie rien, ou plus exactement il rend tout possible. Ainsi, qu'on prenne l'option radicale ou l'option modérée, le système dit traditionnel perd ses bases immuables. Dans un cas il doit être amendé, dans l'autre il peut l'être.

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