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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 04:52

 

 

 

La comtesse Judith de Nantes, épouse de Alain Canhiart ajouta aux donations de celui-ci cinq villages en la paroisse de Clohal, qui sont proche de la mer Caerpuz, Gaerpadell, Tercaerlnou, Monokan Kistillic, et la moitié du bourg de Global, avec les dismes, droits funéraux de l'église, et les rentes de la terre ou trêve nommée Treuquiloë. Ces villages lui appartenaient comme faisant partie du douaire qui lui avait été assigné quand le comte l'épousa dans l'Isle d'Aindre, qui est en la rivière de Loire, deux lieues au-dessous de Nantes. D'autres généreux donateurs se manifestèrent, ainsi, Huelin, fils de Bérenger, qui avait épousé la sœur d'Alain Canhiart, la dénommée Avan, donna à Sainte-Croix l'isle de Tanguethen, de la manière qu'il la possédait, et exempte de toute charge et devoir, et parce que la donation lui sembla infime, il y ajouta l'église de saint Guthiern, en l'Ile de Grovais, et l'église de saint Meloire, avec les terres qui en dépendent, en considération que les religieux l'avaient reçu en leur fraternité. Ils lui offrirent en présent pour cela, trois chevaux et un tapis. Cet acte fut passé à Quimperlé du consentement de sa femme Avan et de son fils Guégon, en l'an 1037, en présence et à la cour du comte Alain, qui était alors à Quimperlé, qui y signa : Alain Cainard, avec Budic ou Benoist, évêque de Vannes,

 

 

 

 

Les premiers abbés de l'abbaye sainte-Croix de Quimperlé :

 

 

-Gurloés, qui était alors prieur claustral de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon devint premier abbé en 1029 et gouverna pendant vingt-cinq ans et mourut l'an 1057 et fut enterré en la crypte de l'abbaye

 

 

-Jean, successeur de Gurloés en 1054 et mourut deux ans plus tard.

 

 

-Vital, soussigna divers actes, c'est à la fin de son mandat que s'éteignirent le comte Alain Canhiart en 1058, Vital le suivit dans la tombe l'année suivante après trois ans de présence à l'abbaye Sainte-Croix. 

 

 

-Jongomar, il gouverna l'abbaye de l'an 1059 à l'an 1066 et s'éteignit le 4 mars 1088.

 

 

-Benoît, fils du comte Alain Canhiart, et frère de Hoël, du duc de Bretagne, fut secondé dans sa tâche par Haemeric. S'estant donc retiré dans son abbaye pour y finir ses jours au pied de la croix en 1114, il choisit en la mesme année un de ses religieux nommé Gurhand, qu'il envoya à Tours pour estre béni par les mains de Raoul, archevesque, et il luy donna le gouvernement de l'abbaye, Haemeric, abbé second, mourut quant à lui le 6 juin 1130

 

 

-Gurwand, fut reçut abé en 1114, il mourut le 25 janvier 1131.

 

 

 

-Adonias ne succéda à son prédecesseur qu'à partir du 5 juillet 1131. Cet abbé levait sur quarante terres, on parle aussi d'Huelgumarc'h, de Caer maës, Lesluch, Lesneleach et la moitié de Lezureck. Cet abbé quitta le gouvernement quelques années devant sa mort survenue en 1143.

 

-Rouaud devint abbé jusqu'en 1160

 

 

-Rioc, abbé mort le 21 mai 1160

 

 

-Donguallon, abbé de Sainte-Croix de 1160 à 1163)

 

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 11:15

 

Gurthiern, fils de Da, naquit en Cambrie, vers le milieu du sixième siècle, mis, confronté aux combats qui faisaient rage en cette île, avec ses deux compagnons, il gagna la Domnonée Outre-Manche, puis l'Île de Groix en terre Armoricaine.

 

 

Document Wikipédia

 

Là, grâce à l'accueil et à la générosité du Comte Gradlon, Guthiern fonda en cette terre de Cornouaille, au confluent de deux rivières, une abbaye en ce lieu depuis connu sous le nom de Quimperlé. Voici la légende de la fondation de cette abbaye bénédictine dite de Sainte-Croix. Albert le Grand pense que la fondation eut lieu vers l'an 550. Comme le souligne Dom Placide Le Duc : «  on ne trouve point la succession des abbés après saint Gouziern, si ce n'est que l'on veuille s'arrester à la vie de saint Goueznou, évêque de Léon » -mort vers l'an 675. Et notre auteur de poursuivre : « saint Goueznou estant allé avec son frère saint Majan visiter saint Gorbasius qui faisait bastir un monastère, au lieu où de présent est la ville de Quimperlé, et qu'il nomme abbé, Dieu le retira de ce monde par un étrange accident. Saint Gouesnou, considérant la structure de ce monastère, vint à louer son monastère, dont saint Majan excellent architecte avoit conduit le dessein. L'architecte qui conduisoit le bastiment du monastère de saint Gorbasius en prist une si furieuse jalousie qu'il laissa tomber un marteau sur la teste de saint Goeznou, comme si c'eust esté par hazard, et luy offensa si fort la teste, qu'il en mourut. Si cela se doit entendre de noire monastère de Quimperlé, voilà le seul souvenir qui nous en reste après saint Gouziern. Cet ancien monastère fut ruiné par les courses des Normands, qui désolèrent toute la province vers la fin du IXe siècle. Albert Le Grand met ce grand ravage en 878; et en la vie de saint Vial, il marque expressément qu'ils ruinèrent Kemperlé. » Le Comte de Cornouaille Alain Canhiart releva les bâtiments l'an 1029 (voir Généalogie des rois, comtes et ducs de Bretagne par Dom Morice). Pour assurer la fondation de l'édifice, le Comte de Cornouaille disposait de Belle-Île ainsi que de terres assises  au confluent de l'Elé et d'Idol, près de l'endroit jadis nommé Amaurot, tout près du monastère. Lors du fondement, il fut fait appel à  un saint homme nommé Gùrloés, qui était alors prieur claustral de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon. Celui ci fut assisté de son abbé appelé Gavallon. Ainsi fut fondée l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, et Placide le Duc de poursuivre :  «  Cet acte fut passé en présence d'une illustre compagnie. Le comte, fondateur y signa; la comtesse Judith, sa femme; Orscand, son frère, évesque du diocèse; Cavallon, abbé de Redon; Guethenoc et Guerec, tous deux frères du comte ; Alfred, fils d'un autre Alfred (ce seigneur m'est inconnu, mais je croy que c'est le mesme qui donna par après Cadège); Guégon et Huelin. Ces deux derniers me semblent parents, et le dernier est constamment seigneur de Hennebond; et à voir que les plus nobles du Kéménet-Heboë, signent dans ses actes,' je croy qu'il est de la maison de Guernéné-Rohan. Il y a encore quatre seigneurs qui signent : et enfin Hugonnan et Uelogon, moines.». MXXVIII coenobimn Sanctoe-Kemperelegii ab Alano Cornugalliae comite aedificatur atque inibi Gurloesius Abba ab Orscando pontifice benedicitur

 

 

 

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 06:18

 


E trouz ar gêr ma'z on bac'het
 

Ma mouezh a oar sevel bepred

N'eus ket un deiz na ganfe ket

 

'Tra all d'am dizoanian er bed

 

Netra all nann d'am dizoanian

 

Pa 'deus 'r bed-mañ laeret din pep tra
 

Laeret din skeud an avel

 

Kan ar c'houmoul, tan an dremwel

War ar c'hleuziou koroll ar gwe(z)

 

Laeret din loarioù an de(iz)

Laeret din hadenn an noz

 

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:16

 

 

La seigneurie du Faou

 

 

 

Pour agrandir l'image, cliquez dessus

 

 

Une motte castrale située en la paroisse du Faou fut le berceau de cette vicomté dont les possesseurs sont connus depuis l'an 1031, Morvan du Faou fils cadet du comte de Léon, vicomte du Faou dès 1031, mais on n'en a pas de preuve bien certaine, et ce qui est sûr c'est que le vicomte du Faou et le comte de Léon étaient en guerre en 1163. Ce Morvan du Faou avait pour fils Ehuarn -alias Hervé. Ce dernier est cité dans une charte émanant de l'Abbaye de Sainte-Croix : Ego Guihumarch filius Numenoe, diu languens gravi infirmitate in domo mea Coroe, deferri me jussi in Christi nomine ad Sancte Crucis monasterium Kemperele, ibique jacens in lecto, abbatem Sancte Crucis cenobii, Benedictum nomine, fratrem Hoel; comitis totius Britannie, totamque congregationem monachorum predicti monasterii et Duenerth fratrem meum et amicos meos ad me vocavi. Dedi itaque ego et germanus meus jam predictus Sancte Cruci donationem voluntarie ex propria hereditate mea, pro redemptione anime mee, scilicet Caer Urs in plebe Cluthgual Carnuet, in dicumbitione eterna. Item aliam villam Caer Kentlaman Sancte Cruci do, eo tantum videlicet abbatiam ejus, eo pacto quo et alterum dedi. Hanc igitur donationem dedimus nos coram testibus quam plurimis testis Benedictus abbas qui tempore illo cenobium Sancte Crucis regebat, Ehuarn filius Moruani vicecomitis, Gurmaelon filius Gleuian Loeshuam filius Amhedr, Pritgual filius Harnmael, Merchum qui in villa predicta moratur, Tridut presbiter, Euen, Prigent, Glemarchuc, Killae abbas et alii quam plurimi. Les donations mentionnées remontent aux années 1066-1084. Guihomarch, fils d'Ehuarn, assistait à la donation faite par le duc Alain IV à l'abbaye de Landévennec, soit à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle (voir L'abbaye de Landevennec, page n° 7).

 

 

 

On rencontre aussi au sein de cette Maison : Rivalon du Faou, mort le quatorzième jour de novembre l'an 1316, puis, autre Morvan, croisé en 1218, et mort à la ditte croisade ; -Sondan, témoin à la fondation de Saint-Aubin du Cormier en 1225 ; Guy, prisonnier à la bataille d'Auray en 1364 (voir Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 4).

 

 

 

 

Cette vicomté du Faou s'étirait au nord-est de Landevennec, entre la Rivière d'Aulne et celle de l'Hôpital-Camfrout, jusqu'aux portes de Morlaix. Elle comprenait une quinzaine de paroisses. -Par le nombre et l'étendue de leurs domaines ; ils possédaient, outre la vicomté du Faou, les seigneuries de Runanquinieuc, de Langoat, du Lézart, des Salles, de Kérenez, de Lambourg, Keranzouar, Kerlouc'hic, Kergadiou, etc., etc.

 

 

 

Vicomtes du Faou, ramage de Léon, qui portait « d'azur au léopard d'or. alias brisé dune cotice de gueules (sceau de 1414), alias d'azur â 2 éperviers affrontés d'argent soutenus d'une fleur de lys d'or » .

 

 

 

 

Enceluy an (1218) en hyver, ainsi que dit Guillaume d'Armoricque, Hervé de Leon, entre les Bretons puissant d'ans et de richesses, comme il fust au service de la Saincte Croix à Acharon (Acre) mourut là Morvan le vicomte du Faou, frere de sa femme. Cette maison qui a pour berceau la vicomté du Faou, paroisse de ce nom, évêché de Cornouailles, était une des plus considérables de Bretagne : 1° par son extraction ; 2° par le nombre et l'étendue de ses domaines; 3° par ses illustrations. -Par son extraction ; elle est issue en juveignerie des comtes de Léon. Éhuarn, dit Dom Morice, comte de Léon, laissa deux enfants, Guyomarch et Morvan, qui ne prenoient que la qualité de Vicomte Léon. L'ainé continua la postérité, et le cadet fit, selon toute apparence, la tige des seigneurs du Fou. etc. -Par leurs illustrations. Le nom des vicomtes du Faou se voit presqu'à chaque page de l'histoire de Bretagne. Nous citerons entre autres personnages : Raoul, nommé évêque d'Angoulême en 1470, transféré à Evreux en 1479. -Jean du Fou, conseiller et chambellan du roi, bailli et gouverneur de Touraine, capitaine de Cherbourg, premier échanson du roi Louis XI et grand échanson de France sous Charles VIII ; -Yves, chevalier, conseiller et chambellan du roi Louis XI, son échanson en 1462, grand veneur de France 1472. Branche aînée fondue dans Quélennec en 1371 (voir le château de Bienassis en Erquy), puis dans Beaumanoir, par le mariage de Jeanne, dame du Quélennec avec Jacques de Beaumanoir, vicomte du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux ; d'où Jacquemine de Beaumanoir porta en dot ladite seigneurie à Thomas du Guémadeuc, vicomte de Rezé, baron de Blossac (voir Maison de Guémadeuc par Jean Le Laboureur), et Françoise du Guémadeuc à François de Vignerot ; -le maréchal, duc de Richelieu, la vendit au lieutenant-général Magon de la Gervaisais, en faveur de qui elle fut érigée en marquisat par lettres de 1768. -La branche du Vieux-Chastel éteinte dans Quélen au XV e siècle.

 

 

 tige des vicomtes de Léon

 

 

Généalogie des Vicomtes de Léon

 

 

Vicomtes de Léon.

 

 

Hervé I, -fils puîné de Guyomarch VI. comte de Léon, reçut, comme on l'a vu, dans la succession de son père, vers 1179, par un partage plus avantageux que celui que lui assignaient les lois du pays, les fiefs de Landerneau,Coëtmeur-Daoudour, Pensez en Léon, avec ceux de Plogastel-Daoulas, Crozon, en Cornouaille, et Bourgneuf, au pays de Poher. Il fut mêlé aux divers événements dans les quels l'histoire mentionne le nom de Guyomarch VII, comte de Léon, son frère, parut au Parlement de Vannes en 1203 et fut le bienfaiteur de l'abbaye de Daoulas fondée par son père. Il assistait en 1206 à l'inauguration du chef de saint Mathieu, apôtre, à l'abbaye de ce nom, et s'honore, dans un titre de ce monastère ; de l'avantage d'avoir pu vénérer ces reliques avant les autres seigneurs de sa maison : « Ego Herveus de Leonia, qui primus dominorum Leonensium receptioni et venerationi sacro-sancti capitis B. Mathei, apostolt interfui. » (D. Morice, Pr., t. Ier, col. 807.) Mort en 1208, il laissa de Marguerite, fille d'Alain III, vicomte de Rohan :

 

 

 

1° Hervé, qui suit ;

 

 

2° Guyomarch, seigneur de la Grande-Palue ;

 

 

3° Salomon, qui eut son partage au pays de Poher ;

 

 

4° Alain, sieur de Pensez ;

 

 

5° Constance, mariée à Payen de Malestroit.

 

 

 

Hervé II, -dont le nom figure sur la liste des guerriers bretons qui combattirent en 1214 à Bouvines, prit la croix en 1218 avec Morvan. vicomte du Faou, dont il avait épousé la sœur. Ce dernier étant mort à Acre, en Palestine, dans la même année, Hervé, empressé de recueillir son héritage, partit aussitôt pour retourner en Bretagne, malgré la défense du patriarche de Constantinople, avec une flotte qui ramenait en France seize mille hommes. Assaillie par la tempête en vue de Brindes, cette flotte perdit sept vaisseaux, sur l'un desquels Hervé trouva la mort. On suppose que ce seigneur avait été précédemment marié, et que c'est par cette alliance que le fief de Guémené-Theboë, domaine considérable aux environs d'Hennebont, entra dans sa famille; on ne connaît de ses enfants que Hervé qui suit.

 

 

 

 

Hervé III -se réunit aux comtes de Léon, ses cousins, pour se défendre contre Pierre Mauclerc, qui attaquait par toutes les voies les anciens droits de leurs seigneuries. Il assista au couronnement du duc Jean-le-Roux, en 1237, et il prit la part la plus active à la guerre entreprise contre ce prince en 1240, guerre qui commença par la prise et l'incendie de son château de Quimperfé, et qui durait encore lors que Hervé mourut en 1241. Il avait épousé la fille de Hugues, seigneur de Chàteauneuf-en-Thimerais, dans le Perche, près Chartres, dont la famille devait tenir à la maison de Dreux. Il en eut :

 

 

Hervé, qui lui succéda,

 

 

 

Alain, dont le fils, appelé François, épousa l'héritière de Kermavan ou Carman.

 

 

 

 

 

Hervé IV, -seigneur de Châteauneuf, donnait des inquiétudes à Jean-le-Roux, qui crut devoir se prémunir contre ses entreprises en gagnant une partie de ses vassaux. La guerre ce pendant éclata en 1258 entre le duc et ses. barons. Jean eut l'habileté de se ménager la défection de plusieurs d'entre eux, ce qui lui livra les autres, qui furent défaits à Chàteaubriant. Hervé fut obligé de souscrire une obligation de 1 0,000 livres, monnaie de Bretagne . pour se rédimer des confiscations que le vain queur fit alors prononcer contre lui. On trouve divers actes au nom de ce seigneur, notamment un accord avec le duc Jean-le-Roux pour la construction de la halle de Plouay, bourg situé près Hennebont et dépendant du fief de Guémené-Theboë, où ce prince avait aussi des droits qu'il tenait de la fille de Geoffroi, seigneur de Hennebont. On ignore l'époque précise de sa mort. Il avait eu de Mahaut de Poissy, dame de Noyon-sur-Andelle :

 

 

1° Hervé, qui suit ;

 

 

2° Guillaume, évêque de Léon ;

 

 

3° Anne, mariée à Guillaume, seigneur de la Roche-Moysan.

 

 

 

 

 

Hervé V -succéda à son père. L'histoire garde le silence sur ce seigneur, qui mourut en 1304. Il avait épousé Jeanne, fille d'Alain VI, vicomte de Rohan, dont il laissa sept enfants :

 

 

1° Hervé, qui suit ;

 

 

2° Guy, évêque de Léon en 1342 ;

 

 

3° Raoul, dit de Langueon ;

 

 

4° Olivier, sieur de Caudan, dont le nom est cité dans les guerres de Charles de Blois contre Jean de Montfort ;

 

 

5° Guillaume, tige des seigneurs de Hacqueville ;

 

 

6° Amice, mariée à Bernard, sire de la Roche-Bernard ;

 

 

7° Isabeau, femme de Guillaume de Harcourt, sieur de Saucoye.

 

 

 

 

Hervé VI, -vicomte de Léon et seigneur de Noyon-sur-Andelle, qui succéda à son père en 1304, fut bienfaiteur des abbayes de Langonnet, Saint-Mathieu et Daoulas; fondateur, en 1336, de l'hôpital de Landerneau, qu'il dota de dîmes sur la paroisse de Ploudaniel, et d'un droit de chauffage sur la forêt de Plouavas, autrement Guipavas. Son nom est encore cité dans d'autres transactions par lesquelles nous apprenons, par exemple, qu'il était fondé à prélever un droit sur les navires entrant à Camaret, et qu'il possédait les sécheries de poisson établies à Poulgoazec, près Audierne, et à Pentyr, près Crozon. Décédé en 1337, il laissa de Jeanne de Montmorency, dame de Frémerville :

 

 

1° Hervé, qui suit ;

 

 

2° Errard de Léon, seigneur de Frémerville, cité dans les guerres de la succession de Bretagne ;

 

 

3° Jeanne, mariée en premières noces à Olivier, vicomte de Rohan, et, en secondes, à Jean, sire de Derval ;

 

 

4° Mahaut, qui, en 1318, était femme de Hervé, sieur du Pont-Labbé ;

 

Amice, partagée par son frère en 1338, mariée ensuite : 1° En 1343, à Olivier, sire de Tinténiac; 2° à Guillaume, sire du Chastelier (voir La famille du Chastelier en Eréac).

 

 

 

 

Hervé VII. -Ce vicomte de Léon, qu'il ne faut pas confondre avec un autre sire de Léon du même prénom, long-temps attaché à la cour de Jean de Montfort, embrassa avec sa famille le parti de Charles de Blois. Il combattit sous la bannière de ce prince aux sièges de Rennes, Saint-Aubin-du-Cormier et Hennebont, en 1341 et 1342. Après la prise de Carhaix par Charles, s'étant retiré dans un châ teau de la paroisse deTrégarantec, que la tradition locale place au lieu de Porz-Seach, il y fut pris avec Errard, son frère, Olivier, son cousin, et d'autres chevaliers, par Gauthier de Mauny et Tanguy du Chastel. Chargé, plus tard, avec Olivier de Clisson, de la défense de Vannes, il eut à soutenir les efforts d'une nombreuse armée commandée par Robert d'Artois; mais une escalade, habilement protégée par une ruse de guerre, livra la place à l'ennemi. Heureux de s'être échappés, les deux capitaines profitèrent de leur liberté pour réparer cet échec. Ils levèrent des troupes, le maréchal de Beaumanoir se joignit à eux, et, malgré la résistance de Robert d'Artois, qui fut blessé à mort, ils forcèrent les barrières et les portes, et reprirent cette cité. De nouvelles fatigues leur étaient réservées. Vannes fut bientôt attaqué par Edouard, roi d'Angleterre. Ce prince, déconcerté par l'échec qu'il y rencontra, laissa les soins du siège à ses lieutenants. Dans un des combats livrés sous les murs, il arriva que les assiégés s'avancèrent trop loin, et que les assiégeants cherchèrent à pénétrer par les barrières. Elles furent fermées si brusquement, que le vicomte et Clisson restèrent en dehors et furent pris par les Anglais, tandis que le comte de Stampfort se trouva renfermé dans la place. En 1344, le vicomte obtint sa liberté, pour une somme de 10,000 écus d*or, à la prière du comte de Derby. Chargé, en retournant en France, de dénoncer à Philippe de Valois la reprise des hostilités, il s'acquitta de cette commission et reprenait le chemin de la Bretagne, lorsqu'il mourut à Angers dans la même année. Marié 1° à Marguerite de Retz; 2° à Marguerite d'Avaugour, fille de Henri IV, comte de Goëllo (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 8)

 

, tante propre de Jeanne, dite la Boiteuse, il laissa pour enfants :

 

 

1° Hervé, qui suit ;

 

 

2° Jeanne, mariée vers 1349 à Jean Ier, vicomte de Rohan, auquel elle apporta les biens de sa maison ;

 

 

3° Catherine, mariée : 1° à Henri de Plédran, et 2° à Guillaume de Hacqueville, son parent ;

 

 

4° Marie, qui épousa : 1° Jean, sire de Guergorlai, et 2° Jean Mallet, seigneur de Graville, maréchal de France.

 

 

 

 

 

Hervé VIII, -le dernier des vicomtes de Léon, de la lignée des comtes de Léon, resta, comme son père, fidèle à la cause de Charles de Blois. Il fut l'un des otages dans le traité des landes d'Evran, passé en 1363 et demeuré sans effet. Il décéda la même année, sans postérité, à l'abbaye de Prières, laissant des legs à divers établissements religieux. C'est ainsi que ses biens passèrent à Alain VIII, vicomte de Rohan, héritier de sa sœur aînée. La vicomte de Léon, érigée en principauté en 1572, a passé en 1643, par le mariage de Marguerite, duchesse de Rohan, avec Henri Chabot , seigneur de Sainte-Aulaye, à la maison de Rohan-Chabot , où les plus prochains héri tiers au titre de duc de Rohan continuent de porter celui de Prince de Mon. Cette branche a fourni plusieurs rameaux. Nous avons cité les seigneurs de Pensez ; leurs armes, brisées en juveigneurie, sont entrées, par une alliance du xme siècle, dans le blason des Kerret; les seigneurs de Hacqueville, en France, dont l'un fut chambellan du roi Charles VI. Les seigneurs de Caraman et ceux de Langueouez sont rattachés à la même origine par des traditions que nous avons suivies dans ce travail. On reconnaissait les sires de Penhoet de Léon comme sortis des comtes de Léon; le même honneur a été revendiqué par ou pour d'autres familles, qui portaient, en général, dans les armes, le lion emblématique de cette illustre maison ; parmi celles qui n'existent plus, on peut mentionner les seigneurs du Faou, ceux de Pont-Labbé, du Juen et de Nevet. Hervé VII tenait une cour fastueuse et donnait des fêtes splendides dans son château de la Roche. On en trouve la description dans des lettres de 1336 citées par M. de Kerdanet. Il avait, comme ses prédécesseurs, des pages, des gardes et un connétable qui présidait à la garde du château , et un fauconnier. Ces deux dernières charges étaient héréditaires dans une famille dont une branche puinée subsiste en Bretagne : c'est la famille de la Rocbe, qui tire évidemment son nom du lieu où s'exerçaient ces offices. L'office de la fauconnerie était annexé à la terre de Guerbileau, en Commana, dont un sieur de la Roche épousa l'héritière

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 08:43

 

Le comté de Léon était un fertile territoire qui, s'étendant depuis le Jarlo, l'un des affluents du port de Morlaix, au sommet des montagnes d'Arrée et déborné ensuite par le cours de l'Elorn et par la mer, embrasse les villes de Saint-Pol, de Lesneven, de Brest et de Saint-Renan, avec une partie de celles de Morlaix et de Landerneau, traversées par les cours d'eau que nous avons marqués pour ses limites. Ce pays formait l'une des contrées dépendantes de Vorganium, cité gauloise des Ossismiens, que l'on place généralement à Carhaix dans les divisions de la Gaule, et que conserva longtemps la politique romaine.

 

 

 

Morvan était comte de Léon quand, après la démission de Jarnithin, Morvan fut désigné Roi de Bretagne en 818 et il justifia ce choix par le courage avec lequel il en défendit l'indépendance.Il suivait l'ennemi, harcelait sa marche, et profitait, pour le tenir en échec, des occasions que pouvaient offrir ses divers mouvements. La lutte se prolongeait sans résultat pour l'héritier du grand empereur. Après avoir aussi inutilement tenté les négociations, il prit le parti de marcher lui- même contre les Bretons. Morvan n'eut garde d'engager ses forces vis-à-vis d'une armée aussi formidable que celle des Francs : mais, retiré dans des lieux d'un accès difficile -nous avons eut l'occasion d'évoquer le campement dont il disposait en la paroisse de Priziac (voir Les résidences aristocratiques d'époque carolingienne en Bretagne par Philippe Guigon -page n° 1) Morvan trouva, enfin, la mort dans un de ces combats cette même année 818. Morvan a été placé par nos historiens au nombre des rois bretons. On peut se faire une idée du caractère de ce grand guerrier et des mœurs de ce temps dans les vers d'Ermold Le Noir, poète contemporain, qui a célébré les événements.

 

 

 

Carte de quelques possessions des Comtes de Léon

 

En rouge, les villes, en vert, le campement de Priziac.

 

Pour agrndir l'image, cliquez dessus.

 

 

Son successeur, Guyomarch est désigné aussi regardé par certains comme étant son fils. Guyomarch, Comte de Léon,essaya de réparer les désastres qu'avait amenés la perte du héros breton et de secouer le joug des Francs. Informés de ses desseins, ils fondirent inopinément sur ses états, afin de s'emparer d'un chef si audacieux (822). Guyomarch leur échappa par la fuite, mais il ne put épargner à ses vassaux les ravages d'un ennemi furieux. Bientôt il reprit l'offensive et remporta divers avantages sur les oppresseurs de sa nation. Louis-le-Débonnaire crut alors devoir se mêler une seconde fois à cette lutte, et, pour frapper un coup terrible, il s'avança dans le pays, accompagné de trois corps d'armée. A la vue d'un déploiement de forces si nombreuses, plusieurs des chefs écoutèrent les conseils de la prudence et ne laissèrent plus à Guyomarch d'autre parti que celui de la soumission. Mandé avec les autres seigneurs de sa nation pour renouveler son allégeance devant les grands du royaume, à l'assemblée générale d'Aix-la-Chapelle, en 825, il y reçut un accueil distingué. Mais ces honneurs ne lui rendirent pas plus supportable la domination d'un prince étranger; il reprit les armes et attaqua encore les Francs. Lambert, comte des Marches, s'étant mis à sa poursuite, le surprit dans un de ses châteaux, et, persuadé qu'il n'y avait rien à obtenir d'une nature si indomptable, il le fit périr (826). Après cette insurrection, les chefs bretons furent appelés à l'assemblée générale d'Ingelheim pour reconnaître encore l'autorité de l'Empereur.

 

 

 

 

Plinis, suivant dom Morice, fils de Wiomarch, et vraisemblablement son successeur dans le comté de Léon, fit une donation à Saint- Sauveur de Redon. Cet acte, où il est dénommé Plinis, filius Wuiomarch, peut être placé aux environs de l'année 850. Ce nom semble le même que celui de Pirinis ou Pirenès, connu en Bretagne, et qui se rencontre dans un titre du même monastère, postérieur de peu d'années.

 

 

 

 

Even Ier, dit le Grand, dont un acte contemporain (D. Morice) 892 confirme le glorieux surnom, fut, dans son pays, la terreur des Normands, que la faiblesse et la division des enfants de Louis-le-Débonnaire encourageaient dans leurs invasions. Leurs ravages furent affreux en Bretagne. Ils se renouvelèrent, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, durant un siècle entier, avec une telle violence que les seigneurs furent obligés de quitter le pays, et les ecclésiastiques d'em porter avec eux les reliques et objets précieux consacrés par la religion. Ce fut de 875 à 878 qu'ils attaquèrent sur tout le pays de Léon, ou Even leur tint tête. Ils essayèrent inutilement, dit Albert Le Grand, de s'emparer de Brest. L'indépendance bretonne avait été reconquise par Nominoë et maintenue par Erispoë, son successeur. Mais la mort de ce dernier, assassiné par ordre de Salomon III, qui s'était emparé du pouvoir, et qui périt bientôt lui-même, devint une semence de discordes anarchiques. La lutte de Gurvand, comte de Rennes, et de Pasquiten, comte de Vannes, pour la puissance souveraine, s'était terminée avec leur vie, sans que l'ordre fût encore rétabli. Les comtes de Léon et de Goëllo prirent alors en mains l'autorité, débat tue jusqu'à ce que les droits d'Alain, fils de Pasquiten , fussent reconnus. Even est regardé comme le fondateur de Lesneven. Cette position centrale pour le comté, et éloignée de la côte, dut être jugée avantageuse, surtout dans un temps où l'on devait être toujours en garde contre les incursions des Normands. Il fut l'un des bienfaiteurs de l'abbaye de Landévenec. Dans une charte de donation à ce monastère , il est appelé Félix et nobilis cornes Ewenus.

 

 

 

 

Guyomarch II et Ewon ou Even, son fils probablement, souscrivirent à la charte accordée vers 854 à Saint-Sauveur de Redon, pour la libre élection de ses abbés. Son nom se rencontre encore au bas de celle donnée par Salomon de Bretagne, en 860, en faveur du célèbre monastère de Prum, en Allemagne.

 

 

 

 

 

Hervé Ier, -dit Ehuarn, nom qui est parmi les Bretons une des variantes de celui d'Hervé, n'est connu que par sa souscription à une charte de Budic, comte de Cornouaille, en faveur de l'abbaye de Landévenec. Les Bénédictins le désignent comme fils d'Even. « Ehuarn, son fils » remarque D. Morice, en parlant d'Even -laissa deux enfants, Guyomarch et Morvan. qui ne prenaient que la qualité de vicomtes de Léon. L'aîné continua la postérité, et le cadet fit, selon les apparences, la tige des seigneurs du Fou. Nous n'avons pas suivi cette opinion , comme on le verra plus loin. Guyomarch III -souscrivit avec son frère un acte d'Alain Canhiart, en faveur de l'abbaye de Quimperlé, de l'année 1029 environ. La souscription est conçue en ces termes : Guyomarch et Morvan, vice comités. De là est venue l'idée de les faire dominer simultanément l'un sur le pays de Léon, l'autre sur la seigneurie du Faou. Mais, si l'on réfléchit que ce texte a été pris dans un cartulaire écrit environ un siècle après l'époque où vivaient ces deux témoins, un autre sens se présente naturellement : c'est que l'annotateur a voulu dire seulement que les nobles comparants avaient régné successivement sur le comté de Léon. Quant au titre de vicomte, Guyomarch et Morvan ne sont pas les seuls seigneurs de Léon qui l'aient porté, même bien long-temps après cette date. La qualité de comte, qu'ils prenaient par fois dans leurs actes, et que les chroniqueurs ne leur ont donnée que par exception , leur était évidemment déniée ; ils ne sont désignés que comme vicomtes , dans les chartes qu'ils souscrivent avec d'autres feudataires. C'est cette diversité d'appellation qui a été l'écueil de nos historiens. D'où provenait l'opposition qu'elle révèle? Nous l'ignorons. Nous constatons simplement l'identité des comté et vicomte de Léon jusqu'au temps de Guyomarch VII, sous lequel se place le démembrement que l'on a désigné par le titre de vicomte. Guyomarch III assista à la confirmation des droits de l'abbaye de Redon, en 1024. On croit que c'est lui qui, joint à Alain III , duc de Bretagne, faisait la guerre à Alain Canbiart, en 1031

 

 

 

 

Morvan II — eut aussi des démêlés avec Alain Canhiart, et il assistait, en 1065, Conan II, duc de Bretagne, au siège du château de Combourg. On a cru pouvoir conjecturer qu'il épousa l'aînée des filles de Rivelin de Ceozou, dont les domaines seraient entrés dans sa famille par cette alliance. Il est fait mention, dans une donation de 1070 par Alain Fergent, à l'abbaye de Quimperlé, d'un fils de Morvan, appelé Ehuarn ou Hervé ; c'est le père d'Alain qui suit.

 

 

 

 

Alain -était en effet petit-fils de son prédécesseur, comme on l'apprend d'un acte de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, où son nom suit celui de Juhel, archevêque de Dol. C'est une donation des droits de la duchesse Berlhe, veuve d'Alain III, sur la paroisse de Plougasnou, que la charte place mal à propos dans le pays de Léon car elle est en Tréguier, où les sires de Léon étaient à la vérité fort puissants, ce qui rendait leur adhésion intéressante pour le donataire. Un autre titre relatif aux droits du prévôt de cette même abbaye, en Tréguier fait connaître qu'il avait un frère du nom d'Alfred.

 

 

 

 

Guyomarch IV, -réputé fils du précédent, fut l'un des guerriers bretons qui accompagnèrent Guillaume, duc de Normandie, dans la conquête de l'Angleterre, en 1066. Il en reçut plusieurs terres qui durent être perdues pour sa maison dans le cours des démêlés de ces princes avec les rois de la maison Plantagenet. Il y a lieu de penser, d'après une autre charte de l'abbaye de Saint-Georges, que la femme de Guyomarch s'appelait Orwen ou Onwen, nom commun dans la maison de Cornouaille. Une mort violente termina la vie de ce seigneur, en 1103. Occisus est Guichomarius vice cornes dolo, marque la chronique de Bretagne. Cet événement, ajoute Albert Le Grand, fut la suite d'une sédition qui s'éleva parmi les sujets du comte, tandis que son fils était à la Terre-Sainte.

 

 

 

 

Hervé II, -qui prit possession des biens de son père en revenant de la première croisade , ou il avait suivi, en 1096, le duc Alain Fergent, assista aux funérailles de ce prince en 1119. Le soin de ses possessions d'Angleterre ne rendait pas Hervé soucieux de faire sa cour à Henri Ier, roi de ce pays. C'est de lui que Guillaume de Malmesbury écrit : « Hervœus de Leions, qui esset tantœ nobililatis, tanti supercilii ut nunquam rege Henrico petente animum induxerit in Angliam venire. » Il parut dans le pays, après la mort de Henri, mais comme ennemi de ses droits. Ayant épousé la fille d'Etienne de Blois et d'Adèle de Normandie, il combattit pour la cause de ce prince, qui disputait la couronne à l'impératrice Mathilde. Chargé par son beau-père de la garde du château de Devise dans le Willshire, il fut assiégé par les troupes de Malhilde. La place fut prise, malgré ses efforts. Tombé ainsi au pouvoir de l'ennemi, il fut contraint de s'éloigner de l'Angleterre. Il est remarquable que ce fier seigneur n'ait pas songé à s'attribuer, même dans ses domaines, le titre qu'avait porté Even-le-Grand, l'un de ses aïeux. Il est simplement qualifié vicomte, dans l'acte de fondation du prieuré de Saint-Martin de Morlaix, en 1128, prieuré auquel il donna notamment le faubourg de Bourret, dans la même ville.

 

 

 

 

Guyomarch V, -fils du précédent, fonda, vers 1150, le prieuré de Saint-Melaine, à Morlaix. On ne lui connaît que deux fils : Hervé, qui suit, et Guyomarch, qui vivait en 1164.

 

 

 

 

Hervé III -confirma, en 1154, la donation du prieuré de Saint-Melaine, faite par son père. Il est qualifié dans cet acte : Dei gratiâ Leonensis comes. Il prit parti, en 1154, pour Eudon, comte de Porhoët, dans les guerres que ce seigneur eut à soutenir contre le duc Conan IV, son gendre. Hervé, en 1163, faisait la guerre au vicomte du Faou. Ce seigneur trouva le moyen de le surprendre par ruse avec Guyomarch son fils, et les tint enfermés à Châteaulin. A la nouvelle de cet événement, Hamon, évoque de Léon, frère puîné de Guyomarch, arma la noblesse et le peuple, et implora le secours de Conan IV, qui vint en personne combattre pour la délivrance des prisonniers. Châteaulin fut emporté d'assaut, et le vicomte du Faou fut, avec ses adhérents, enfermé au château de Daoulas, où ils périrent misérablement. Après avoir rapporté ce fait dans sa chronique, Guillaume le Breton ajoute que Hervé était un chevalier des plus valeureux ; qu'en Angleterre et ailleurs il avait figuré à un grand nombre de batailles, et qu'il avait perdu un œil à la guerre. Hervé continua de se montrer fidèle à la cause du vicomte de Porhoët dans le cours des hostilités qui se renouvelèrent entre lui et Conan. Eudon, pour resserrer davantage ces liens, rechercha la petite-fille du sire de Léon, qui devint sa seconde femme. Cet attachement aux intérêts d'Eudon devint pour lui un sujet d'infortunes : Guyomarch de Léon et Raoul de Fougères s'étant en effet réunis au comte de Porhoët, pour faire des ravages sur les terres de Conan IV, ce prince appela à son aide le roi d'Angleterre. Henri II entra en Bretagne en 1166, battit les seigneurs confédérés, et conclut le mariage de son fils Geoffroi, encore enfant, avec la fille unique de son protégé, sous le nom duquel il domina bientôt. Les partisans d'Eudon reprirent les armes, après le départ du roi ; mais Henri fit une descente au pays de Léon, détruisit les châteaux de Lesneven, Saint-Pol et Trebez; mit tout à feu et à sang, et contraignit Hervé à lui faire hommage et à donner des otages pour garantie de sa soumission. Hervé survécut peu à ces infortunes ; il mourut en 1169, laissant de son mariage avec la fille d'Etienne, comte d'Aumale, en France, et de Halderness, en Angleterre, qui était de la maison de Champagne :

 

 

1° Guyomarch qui suit ;

 

 

2° Even, dont on ne sait pas l'histoire;

 

 

3" Hamon, évêque de Léon, dont on a parlé.

 

 

Il eut aussi un fils naturel nommé Hervé, à qui l'on connaît trois enfants : Gradlon, Budic et Guégou.

 

 

 

On a différentes chartes de ce prince, dont une en faveur du prieuré de Saint-Melaine, une autre relative à l'affranchissement des dépendances de l'abbaye de Saint-Mathieu, et une lettre du pape Adrien IV, adressée à Hervé et à d'autres hauts personnages du pays-

 

 

 

 

Guyomarch VI -signala son avènement par de sanglants démêlés avec l'évèque, son frère. La chronique de Bretagne indique par ses expressions que la famille en général prenait part à cette animosité. Elle pouvait avoir pour cause le refus de Hamon d'épouser et de soutenir de son influence les intérêts et les luttes politiques de sa maison. Le prélat se réfugia d'abord près de Conan IV, en haine duquel il était vraisemblablement persécuté. Le duc entra dans le pays de Léon, attaqua Guyomarch, et le mit en fuite. Ainsi rétabli sur son siège, Hamon ne put y trouver le repos, ni même la sûreté que Conan avait espère lui garantir; il fut assassiné un an après. Albert Le Grand dit que ce fut sur la grande place devant son église : mais Guillaume Le Breton désigne pour théâtre de ce meurtre un lieu nommé Hengat- Aux cris d'indignation qui s'élevèrent de toutes paris se joignirent les menaces du duc et en particulier celles du meurtrier de l'archevêque de Cantorbéry. assassiné la même an née. Henri II protestait qu'il allait tirer ven geance de cet attentat, et il était prêt à se mettre en marche lorsque Guyomarh se soumit aux expiations qui furent demandées. C'est en réparation de ce crime, annoncé à l'avance, marque notre hagiographe, par des prodiges avant coureurs de la colère du ciel, qu'il fonda en 1173 l'abbaye de Daoulas. Après la mort de Conan IV, Guyomarch, qui, suivant l'expression d'un chroniqueur, ne craignait ni Dieu ni les hommes, provoqua par une nouvelle entreprise le successeur de ce prince. Geoffroi entra dans le pays de Léon, et se mit en possession de ses Etats, ne lui laissant que deux paroisses jusqu'à son départ pour la Terre-Sainte, car le comte et Nobilis, sa femme, avaient fait vœu d'entreprendre ce pèlerinage, que la mort de Guyomarch, survenue dans la même année (1179), ne lui permit pas d'exécuter. Les enfants qu'il laissa, sont :

 

 

1° Guyomarch VII, qui suit;

 

 

2° Hervé, tige des vicomtes de Léon et des branches de Châteauneuf en Thimerays, Noyon-sur-Andelle et Hacqueville;

 

 

3° Adam, mort au siège d'Acre, en Palestine, en 1191

 

 

4° Aliénor, seconde femme de Eudon de Porhoët ;

 

 

5° Guen, mariée, suivant Du Paz, à André de Vitré-

 

 

 

 

Guyomarch VII -trouvait l'héritage de son père à la merci d'un prince auquel les événements contemporains ne rappelaient que les guerres qui avaient mis les comtes de Léon aux prises avec son beau-père Conan et avec Henri, son père. Il profita de ses avantages pour diminuer la puissance de ces grands vassaux, en instituant une seigneurie rivale au sein même de la famille. Il avait attaché à sa personne le second fils du dernier comte ; c'est en sa faveur que fut réglé le mode de partage qui devait réaliser ces projets. S'il n'existait pas en ces temps de coutume écrite pour nous faire connaître les termes de la législation qui réglait l'ordre des partages, nous avons les précédents suivis dans cette baronnie et dans les autres pour constater que la portion réservée aux puînés était relativement modique. Et l'on ne peut pas douter davantage que cette même réserve était divisible par portions égales entre ces puînés. L'esprit du temps allait même bien plus loin en faveur des aînés, car, à dix années de là, le comte Geoffroi, avec l'assentiment des barons du pays, promulguait son Assise par laquelle il fut établi qu'aucun démembrement des grands fiefs ne pourrait avoir lieu au profit des cohéritiers mâles. C'est la maxime reproduite dans les Etablissements de Saint-Louis, en ces termes si connus : Baronnie ne se départ mie entre frères. C'est à cette même époque que nous voyons, à côté d'un autre frère qui ne peut évidemment obtenir de pareils avantages, Hervé investi de plusieurs fiefs importants au cœur même du comté et d'autres domaines considérables. Son partage comprenait les terres de Landerneau et la Roche-Morice, Coëtmeur-Daoudour, Pensez et Penhoët, en Léon, de Plogastel-Daoulas et Crozon. en Cornouaille, et Bourgneuf. près de Carhaix, au pays de Poher. Ce sont du moins les possessions que nous retrouvons aux mains de ses prochains descendants. Les comtes avaient pour siège de leur mouvance les grandes juridictions de Brest, Saint-Renan, et celle de Lesneven, qui avait un ressort très-étendu et dont relevaient les réguaires de l'évêché. Quant à la ville de Morlaix, à son territoire, et au ressort de Lanmeur, ils étaient restés aux mains du comte Geoffroi. La mort de ce prince, qui laissait sa veuve enceinte de l'héritier de la couronne, et la guerre engagée entre Henri II et Philippe-Auguste, parurent à Guyomarch des conjonctures favorables pour recouvrer Morlaix, qu'il surprit en 1188. Profitant d'une trêve avec son ennemi, le terrible Plantagenet fut bientôt en Basse-Bretagne. Le château de Morlaix fut attaqué à l'aide de machines de guerre et occupé après une défense dans laquelle les assiégés subirent toutes les horreurs de la famine (1187). Heureusement pour le comte de Léon, Henri avait plus de souci de se défendre contre Philippe-Auguste que de se livrer au plaisir de la vengeance. Il se borna à exiger que Guyomarch vint avec ses hommes grossir les rangs de son armée, dont les entreprises, bientôt suivies de la mort du chef, (1189), ne furent point heureuses. Constance après avoir perdu son beau-père, eut à subir d'indignes traitements de la part de Richard Cœur-de-Lion, qui lui succédait. Hervé prit alors les armes avec les autres barons du pays pour obtenir la liberté de la duchesse. Richard ne les attendit pas, il marcha contre eux ; ils se réfugièrent en Basse-Bretagne, mirent le jeune Arthur en sûreté dans le château de Brest, et, sous les ordres du comte de Léon et du vicomte de Rohan, ils combattirent si vaillamment les cotereaux du roi d'Angleterre, que ce prince essuya une complète déroute (1197). On retrouve Guyomarch et son frère Hervé parmi les seigneurs qui se réunirent, après l'assassinat d'Arthur, pour aviser aux affaires de l'Etat (1203-1204) et venger cet odieux attentat. Guillaume le Breton, qui a écrit en vers épiques la vie de Philippe-Auguste, n'y a point oublié ces deux guerriers lorsqu'il célèbre les victoires de son héros sur Henri II. Richard, s'entretenant avec son père des preux qu'ils comptaient dans leur camp, lui raconte en ces termes des traits de la force prodigieuse de Guyomarch dont il avait été témoin, à la cour, sans doute, du comte son père : Quid Paganellos (les Paynel) referam geminosque Leones Britigenas fratum Herveum cum Guidomarho Quorum presidio generosa Leonia pollet ? Hic nuper coram nobis durissima pugno Tempora fregil equi moriem que subire coégil Ichnomonumque sui patris nibilominus ictu Solius pugni, praegrandi corpore monstrum Coram paire suo morti succumbere fecit. (Liv. m, vers 245, etc.) Ce seigneur, dont la patience, suivant ce portrait, n'égalait ni l'intrépidité, ni la vigueur, mourut en 1208, laissant de Margilia, sa femme, dont la famille n'est pas connue :

 

 

1° Conan, qui suit ;

 

 

2° Salomon, qui assista aux Etats de 1203 et 1225, à la fondation de la ville de Sainl- Aubin-du-Cormier, et qui fut gouverneur du château de Guarplic en 1234 ;

 

 

3° Hervé, mentionné aux nécrologes de Daoulas et de Lande- venec, qui mourut en 1218, au retour de la Terre-Sainte.

 

 

 

Conan -dit le Bref ou le Court avait assisté avec son père aux Etats tenus à Vannes en 1203. Il fut un des seigneurs qui eurent le plus à souffrir de l'esprit inquiet et avide apporté dans le gouvernement du duché par Pierre Mauclerc, à qui l'influence de Philippe-Auguste avait procuré l'alliance d'Alix, fille de Geoffroi II. Pierre, prétextant des usurpations faites par les comtes de Léon sur les attributions du domaine ducal, fondit sur leurs terres et s'en saisit si complètement qu'ils furent contraints de chercher asile dans les bois, et que leurs hommes de guerre furent réduits à vivre de pillage. Leurs intérêts n'étaient point isolés; le sentiment d'un danger commun rallia autour de Conan le comte de Goëllo, le vicomte de Rohan et la noblesse de Tréguier. L'attaque d'Amaury de Craon. sénéchal d'Anjou, contre Pierre Mauclerc, survint alors pour les aider à se débarrasser de ce dernier, qui vit plusieurs des châteaux de son fils tomber au pouvoir des seigneurs qu'il avait provoqués. Se sentant trop faible pour leur résister, il essaya de les diviser et y réussit. Mais l'échec que les barons essuyèrent en 1222, à Châteaubriant, n'ébranla pas la résistance du comte de Léon, et Pierre finit par reconnaître ses droits. On ne sait pas en quelle année mourut Conan. Les enfants qu'il eut d'une sœur d'Alain, comte de Penthièvre, sont :

 

 

1° Guyomarch, qui suit ;

 

 

2° lsabeau, mariée à Alain VI, vicomte de Rohan, qui mourut en 1266.

 

 

 

 

Guyomarch VIII, -dans le cours des expéditions par lesquelles il se formait au métier des armes avant de recueillir l'héritage de son père, prit part à la glorieuse bataille de Bouvines, en 1214, parmi les quarante bannerets bretons qui combattaient dans l'Ost de Philippe-Auguste. Le génie turbulent de Pierre Mauclerc n'avait pas moins agité la France que la Bretagne. Il avait, à la satisfaction des seigneurs Bretons, été condamné par saint Louis, pour crime de félonie, à perdre l'administration du duché. Guyomarch entra avec les principaux barons du pays dans le traité que le Roi leur fit offrir pour assurer l'exécution de cet arrêt. Il s'agissait ensuite de constater les anciennes prérogatives de ces grands vassaux, pour obtenir le redressement des infractions et des empiétements du coupable. Ce fut l'objet d'enquêtes préparées pour être soumises à la justice royale, qui les prit en considération. Il y est établi que les barons pouvaient disposer naguère, par acte de dernière volonté, de la tutelle de leurs héritiers mineurs; en un mot, que les ducs ne s'arrogeaient alors ni ce droit de tutelle qu'on nommait le bail, ni celui d'exiger l'hommage des hommes de leurs vassaux. Les droits des com tes de Léon sont plus spécialement consignés dans l'enquête faite à Tréguier en 1235. On y lit qu'ils étaient en possession du droit de bris sur le littoral de leurs domaines, qui, pour le pays de Tréguier, s'étendait, sous Guyomarch VII, depuis Morlaix jusqu'aux environs de Lannion, et qu'ils avaient la régale dans l'évêché de Léon. On y voit que leurs cadets tenaient en juveigneurie, et que Pierre Mauclerc avait brûlé les lettres de restitution octroyées à ce dernier comte par la duchesse Constance et son fils Arthur. Guyomarch VIII assistait, avec Hervé de Léon, sieur de Noyon, à l'entrée solennelle de Jean-le-Roux, comme duc de Bretagne, dans la ville de Rennes, en 1237; il prit la croix en 1238; mais il mourut avan 1239, année du départ des croisés, avec lesquels il devait suivre 'expédition. On ignore le nom de sa femme, dont il ne laissa que Hervé qui suit.

 

 

 

 

Hervé IV -vendit, au duc Jean-le-Roux, la ville, le château et le port de Brest, par transaction passée à Quimperlé, en 1239, pour une rente de 50 livres. Les termes de cet arrangement, préparé par des contestations, font voir que l'habile et avide suzerain avait commencé par mettre un pied dans la place . Cette cession, peu conforme au droit public de la Bretagne, qui ne permettait pas aux ducs d'acquérir de leurs sujets, pouvait, sous d'autres rapports, ne pas l'être à la justice. On vit du moins, l'année suivante, le comte de Léon, et le vicomte son parent, marcher sur Quimperlé et en brûler le château, pour protester contre le traité qui lui enlevait la ville de Brest. Cela n'empêcha pas Hervé d'aliéner au même duc, en 1254, ses droits dans la succession d'Isabeau de Léon, sœur de son père. L'histoire ne parle plus d'Hervé IV, qui mourut en 1264. laissant de Marguerite, dont on ignore le nom de famille :

 

 

1° Hervé V, son successeur ;

 

 

2° Alain, qui vivait en 1277 ;

 

 

3° Anne, mariée à Roland de Dinan, seigneur de Montafilan ;

 

 

4° N... de Léon, qui épousa successivement Guillaume de Plouerel Hamon Chenu.

 

 

 

 

Hervé V, -dernier comte de Léon, qui trouvait les domaines de sa famille démembrés par la politique d'un prince décidé à abaisser tout ce qui pouvait lui porter ombrage, devint une proie facile pour cet ennemi caché. Sous ce chef prodigue et sans dignité, la grandeur de la maison de Léon, déjà ébranlée, allait s'affaisser par un rapide et effrayant déclin. Ce fut en vain que Riou de Pénanros. sénéchal du comté, essaya d'en rétablir les affaires, en rachetant des terres aliénées. En moins de douze ans, Hervé eut aliéné pièce à pièce son comté à Jean-le-Roux, et sa ruine était complète. Pour juger de l'état auquel Hervé-le-Dissipateur était réduit en 1277, il suffira de lire l'acte suivant, lequel constate qu'il ne lui restait plus rien, pas même le titre de son ancienne seigneurie : « A tous ceux qui orront et verront ces présentes lettres, Hervé jadis viscomte de Léon.... sachent tous que comme noble homme notre chier seigneur J. duc de Bretaigne nous eut donné un bon d'estrier pour mener o nous outremer, nous avons le dit d'estrier vendu è en avons receu le pris et nous tenons pour bien paièz do dit destrier.... et do dit cheval » quitons le dit duc. » On sait qu'il était mort avant 1281, car Catherine de Laval, dame de Landevran, sa veuve, recevait alors de Jean-le-Roux une rente de 80 livres pour lui tenir lieu des héritages affectés à son douaire. Sa naissance, plutôt que sa fortune, facilita l'établissement d'Anne, sa fille unique, qui épousa Prigent, vicomte de Coetmen. Ainsi finit cette lignée de nobles barons qui avaient tenu l'épée et le sceptre de la Bretagne dans ses jours les plus difficiles, qui avaient été le rempart de son indépendance contre les rois francs, ses défenseurs contre les Normands barbares. contre ceux non moins terribles de la race des Plantagenet, et les plus fidèles soutiens des vieux droits et de la nationalité du pays. Leur chute, malheureusement indigne de si glorieuses destinées, fut un grand pas vers l'unité de la puissance souveraine, qui acheva plus tard de s'élever sur les ruines des maisons de Penthièvre et d'Avaugour

 

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 14:04

 

 

 

Le Vannetais se divisait en deux parties : le Vannetais oriental ou Haut-Vannetais et le Vannetais occidental ou Bas-Vannetais. A la fin du Ve siècle, un prince gallo romain, Fusébius, gouvernait Vannes et le Vannetais oriental, pays bientôt occupé par les Francs ; quant au Vannetais occidental, il était alors aux mains des Bretons et de leur chef, le comte Waroc ou Guérech, ce qui lui faisait aussi donner le nom de Bro-Werech, pagus Gueroci. Au VIe siècle, Waroc s'empare de Vannes elle-même sur les Francs et succède à Fusébius sous le nom de Waroch ler. Sous les successeurs de ce prince, le Broërec, désigné le plus souvent sous le titre de Comté, continue de s'étendre peu à peu : d'où il convient, pour déterminer exactement les limites de ce comté, de préciser avant tout l'époque dont on veut parler. A l'origine, il couvre la portion du pays vannetais renfermée entre l'Ellée et la baie du Morbihan, non compris Vannes, mais y compris la presqu'île de Rhuis; sous Waroch Ier, la ville fait partie du Broërec et n'est reprise par les Francs qu'au VIIIe siècle; au IXe, tout le Vannetais oriental, pays disputé depuis trois cents ans, est définitivement au pouvoir des Bretons, après les conquêtes de Nominoë, et le Broërec a pour dernières limites la Cornouaille à l'ouest, la mer au sud, à l'est la Vilaine, au nord la Domnonée ou plutôt une vaste forêt, qui deviendra bientôt célèbre, dans les fastes de la chevalerie, sous le nom de Brocéliande, et qui occupait le centre de la péninsule armoricaine. Le reste de la Bretagne gagnait également vers l'est; avant même que le Vannetais oriental fût réuni au Broërec, les Bretons s'étaient avancés au nord jusqu'aux confins du diocèse de Rennes; après la mort de Nominoë, au IXe siècle, leur domination s'étend sur tout le pays qui constitua plus tard la province de Bretagne, et même au-delà pendant quelque temps. La topographie de la domination bretonne après la conquête du Haut-Vannetais, mais avant celle des comtés de Rennes et de Nantes, représente à peu près la topographie de la langue bretonne du IXe au XIIe siècle. En effet, la ligne de démarcation de cette langue, au IXe siècle, limite à l'est les évêchés de Dol et de Saint-Malo et coupe celui de Nantes en se dirigeant vers l'embouchure de la Loire à travers le doyenné de la Roche-Bernard; elle s'arrêta là, malgré les succès postérieurs des Bretons. A gauche de cette ligne, l'élément breton déborde de toutes parts l'élément romain dans la composition des noms de lieux, comme aussi dans les vocables des églises : on le reconnaît encore aujourd'hui, malgré les transformations opérées depuis cette époque; à droite, au contraire, persiste l'élément romain. Mais les invasions normandes du IXe et du Xe siècle ont pour résultat une nouvelle dépopulation de la province et le report vers l'ouest de cette ligne de séparation des langues. A partir du XIIe siècle, et jusqu'à nos jours, elle peut être tracée directement de l'embouchure de la Vilaine à la rivière de Châtelaudren, et de ce point à la mer ; elle sert alors de démarcation entre la basse et la haute Bretagne, autrement dit entre la Bretagne bretonnant et la Bretagne Gallo, pays différant entre eux non-seulement par la langue, mais aussi par le costume, par les moeurs et par le caractère.

 

 

Des anciennes subdivisions territoriales de la Vénétie.

 

 

 

 

 

Les chartes et les vies de saints fournissent peu d'indications sur les anciennes subdivisions territoriales de la Vénétie. En effet, les deux petits pagi de Rhuys et de Belz sont les seuls dont l'existence soit attestée dans l'histoire. Dans la seconde moitié du VIe siècle, saint Gildas, fuyant l'île de Bretagne en proie aux Saxons, était venu s'établir dans une ile vénète, située en face du pagus de Rhuys. Mais un peu plus tard, comme les populations. avides d'enseignements, ne permettaient plus au pieux exilé de tenir la lumière sous le boisseau, il dut se résoudre à passer sur le continent. Là, s'étant dirigé vers un ancien camp placé sur un monticule, en vue de la mer, il y fit bâtir un vaste monastère : («Veniens ad quoddam castrum. In monte Reuvisii, in prospectu maris situm, ibi potioris fabricæ construxit monasterium . » Ce récit de l'hagiographe nous fait connaître deux faits d'un haut intérêt : d'abord, l'existence d'un pages de Rhuys, dès le VIe siècle, et, en second lieu, la construction du grand monastère de Saint-Gildas sur l'emplacement même d'un castrum d'où la vue s'étendait sur l'Océan, et dont l'origine remontait sans doute aux Romains. En effet. si l'on veut bien se rappeler les paroles de César décrivant le combat naval où les Vénètes furent vaincus, on aura peine à ne pas croire, avec nous, que le tertre élevé (collis) d'où les légions et leur général contemplèrent la bataille (unde erat propinquus despectus in mare) ne soit précisément la colline de Rhuys, mons Reuvisii,sur laquelle saint Gildas fit élever son abbaye, en face de la mer (in prospectu maris). Au nord-ouest du pagus Reavisius , sur la rive droite du Morbihan, existait un autre petit pays dont l'un des anciens doyennés du diocèse de Vannes semble avoir reproduit l'antique circonscription.

 

 

 

Pagi Belz & Rhuys

 

 

 

 

Le pages de Belz, en breton Pou-Belz, comprenait dix-huit paroisses. Il était borné à l'ouest par la mer, depuis la pointe de Quiberon jusqu'à Port-Louis; au nord-ouest, par le Blavet; à l'est, par la rivière d'Auray, et il s'étendait, vers le nord, jusqu'aux limites des paroisses de Languidic, Landevant, Landau et Pluvigner. Une charte de 1029, où il est fait mention, pour la première fois, du pages de Belz, rapporte que le duc de Bretagne, Alain III, à l'occasion de. son mariage avec la fille d'Oudon de Chartres, -qu'Alain Caignard, comte de Cornouaille, avait enlevée pour lui, -consentit à restituer à ce dernier l'île de Guedel (ou de Belle-Ile-en-Mer) et le pays nommé Belz, dont il avait été dépouillé pendant sa minorité 3. Un peu plus tard, en 1037, Belz formait, a ce qu'il paraît, un fief assez important, car, dans l'acte de donation de l'île de Saint-Gutwal. faite à l'abbé Catwallon par le Normand Gurki, le nom de Guethenoc de Poubels se trouve inscrit parmi ceux de plusieurs témoins d'un rang très-élevé, tels que Robert de Vitré, Alain de Bieux,Le petit pagus de Belz est, au surplus, l'un des plus riches de la Bretagne en monuments et en souvenirs historiques. C'est, en effet, sur le territoire du Pom Belz qu'existait la capitale des Vénètes, dont de nombreux débris romains indiquent encore l'emplacement, et aux abords de laquelle se trouvent les dolmens et les menhirs les plus remarquables de la contrée. Un peu plus loin se dressent les pierres alignées de Carnac et d'Erdeven, dont on ignore l'origine. mais qui témoignent de l'antique importance du paysî A l'ouest de Locmariaker, en face de Belle-Ile (la Vindilis des anciens), s'étend la presqu'île de Keberoen ou Quiberon. Dans cette baie, dont l'aspect est si triste. deux fois, à dix-huit siècles de distance, la Hervé de Lohéac, Huelin d'Hennebont, marine du pays a été frappée d'un lamentable désastre‘. Que de luttes, pendant le moyen âge, sur ce littoral autrefois couvert de forêts” La tradition a perpétué le souvenir des combats homériques livrés contre les Normands, depuis l'embouchure de la Vilaine jusqu'à l'entrée du Blavet. Le nom des lieux illustrés par la résistance des Bretons s'est transmis d'âge en âge, jusqu'à nos jours; et, chose curieuse, on s’entretient encore, dans le Pou de Belz, du fameux chef de guerre Harmant, breton ou normand, on ne sait, mais dont la vaillance était, à ce qu'il paraît, incomparable". Les documents nous font défaut pour établir si les doyennés de Kemenet-Theboé, de Kemenet-Guingamp, de Porhouet, de Péaule, de Carentoir et les territoires de Vannes et de Bieux correspondaient ou non aux anciens pagi minores de l'époque gallo-romaine. Nous pouvons conjecturer seulement que le doyenné de Kemenet-Theboé, borné à l'ouest par l'Ellé, à l'est par le Blavet, devait, en raison de ces limites naturelles, former primitivement l'une des subdivisions de la cité des Vénètes.

 

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 18:09

 

 

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La Cornouaille. - Ses limites.

 

 

La Cornouaille, d'après les Cartulaires de Quimper, était partagée en plusieurs pagi minores. Faut-il attribuer aux Bretons l'origine de ces petits districts, qui étaient si nombreux dans le pays de Galles, ou doit-on penser que, circonscrits par des limites naturelles, ils remontaient à une époque antérieure? C'est ce que je ne me permettrai pas de décider; mais voici les limites que je crois pouvoir assigner aux six petits pagi de la Basse-Cornouaille, limites approximatives, bien entendu :

 

 

Basse-Cornouaille

 

 

 

-Le Pou-Kaer ou du Poher

 

 

 

Les historiens de la Bretagne désignent sous le nom de Cornouaille la partie méridionale de l'antique cité des Osismes, occupée, dans la dernière moitié du Ve siècle, par des clans sortis de l'île de Bretagne, et dont les limites, on le verra tout à l'heure, étaient exactement celles de l'évêché de Quimper en 1789 (voir L'émergence de la Cornouaille au cours du Ve siècle. Cependant D. Morice, et, de nos jours, quelques écrivains recommandables, se sont efforcés d'établir, d'après l'abbé Gallet, que la peuplade des Cornavii, établie dans le pays alors appelé Cornouaille, aurait rangé sous ses lois la Bretagne tout entière. Ce système inadmissible a pour fondement quelques lignes empruntées à Raoul Glaber, qui, pourtant, ne songeait guère au petit comté de Cornouaille, en écrivant les quelques lignes où il dit que la pointe de Gaule (Cornu Galliæ), pays stérile, avait Rennes pour capitale. Comment en douter, en effet, lorsque toutes les chartes de la même époque emploient le mot Cornouaille pour désigner, non pas la Bretagne, mais le pays, très-inférieur en étendue et en puissance, auquel on donnait le nom de Cornubia'? Que si du XIe siècle nous remontons jusqu'au IXe, les preuves abondent à l'appui de notre assertion. Et d'abord, dans une charte du Cartulaire de Redon, sous la date de 1021, le fils de Geoffroi Ier, Alain III, est qualifié de dux totius Britanniæ, tandis qu'un autre Alain, surnommé Caignard, porte le titre moins élevé de comte de Cornouaille. Parmi les signataires d'un autre acte du même recueil, sous la date de 851-857, figure un Cornogallensis episcopus, nommé Anaweten, et après lui sont cités, comme témoins, les évêques de Vannes, de Dol, de Saint-Malo. La Cornouaille n'exerçait donc, en ce temps-là, aucune espèce de suprématie politique et religieuse. Encore moins aurait elle pu la posséder, trois siècles auparavant, lorsque Judwal régnait sur la Domnonée et que saint Samson en était comme le métropolitain. Du temps de saint Guénolé et de saint Hervé, la Domnonée et le Léon, on le verra plus loin, étaient l'un et l'autre distincts de la Cornouaille. Or, comment un pays auquel n'étaient assujettis ni le Léon, ni la Domnonée, aurait-il pu commander à toute la Bretagne ? Il est donc certain que, durant une période de cinq cents ans et plus, c'est-à-dire de Gradlon le Grand à Alain III, la Cornouaille n'a point formé, comme l'a prétendu Gallet, un état plus vaste et plus puissant que les principautés voisines : elle était alors bornée, au nord, par la rivière d'Elorn et les montagnes d'Arez, qui la séparaient du Léon; au sud et à l'ouest, par la mer; à l'est, par l'Ellé et par le cours de l'Oust. Ces limites, restées à peu près invariables jusqu'à la révolution française, nous ne les établissons pas arbitrairement; d'anciennes légendes attestent qu'elles remontent très-haut. Gurdestin nous montre en effet le fils de Fracan l'insulaire, saint Guénolé, traversant les pagi domnonéens, et, après avoir longé les confins de la Cornouaille, arrivant à l'île de Thopopegia, non loin de la frontière du Léon. Un autre hagiographe nous fournit un renseignement non moins précieux : saint Hervé, à bout de ressources à Lanhouarneau, où il faisait bâtir un monastère, franchit les montagnes d'Arez et s'en vient réclamer, en Cornouaille, l'assistance des principaux seigneurs du pays ". Or, il ressort évidemment de ce double fait que, au VIe comme au XVIIIe siècle, les montagnes d'Arez séparaient la Cornouaille du Léon. Que si, maintenant, de cette frontière septentrionale on descend vers l'orient, on atteint la forêt de Bourbriac, dont la lisière extrême touchait à la Cornouaille, et non loin de laquelle Déroch, prince de Domnonée, possédait un manoir. Donc, de ce côté encore, l'évêché de Quimper était resserré dans d'étroites limites comme en 1789. Il en était de même dans la partie orientale du diocèse, où, de tout temps, l'Ellé a servi de ligne de démarcation entre les Cornouaillais et leurs voisins les Vénètes. Impossible donc, d'après tout cela, de prendre au sérieux le système de monarchie cornouaillaise inventé par l'abbé Gallet. Il paraît, au surplus, que, dès la première moitié du VIe siècle, la partie septentrionale de la Cornouaille avait été démembrée au profit d'un tyern nommé Conmor, qui faisait de Carhaix sa capitale . Nous aurons à établir ailleurs les limites de l'archidiaconé de Poher; celles du comté de ce nom, vers le sud-ouest du moins, étaient, à la même époque, assez resserrées. Mais, dans la région du nord, le petit souverain du Pou-Kaer réussit un moment à étendre sa domination jusqu'au Pen-ar-bed, s'il est vrai, comme l'assurent la Chronique de Saint-Brieuc et les Actes de saint Gouesnou, que le territoire où ce saint personnage bâtit son ermitage était une concession du tyran (voir Le Comté et la Vicomté de Poher - Le comté de Poher et ses possesseurs par Jean Ogée. La Cornouaille, d'après les Cartulaires de Quimper, était partagée en plusieurs pagi minores. Faut-il attribuer aux Bretons l'origine de ces petits districts, qui étaient si nombreux dans le pays de Galles, ou doit-on penser que, circonscrits par des limites naturelles, ils remontaient à une époque antérieure ? C'est ce que je ne me permettrai pas de décider; mais voici les limites que je crois pouvoir assigner aux six petits pagi de la Basse-Cornouaille, limites approximatives, bien entendu :

 

 

 

 

I. Pagus en Fou.

 

 

 

-Le pagus du Fou, avec lequel se confondait sans doute la vicomté de ce nom, était limité, au nord, par le diocèse de Léon; à l'ouest, par la rade de Brest; à l'est, par l'Elez depuis sa source jusqu'à son confluent avec l'Aune; au sud, par le cours inférieur de cette rivière jusqu'à son embouchure dans la rade de Brest. Le pagus du Fou correspondait,par conséquent, aux cantons actuels de Daoulas et du Faou, qu'il renferme en entier, et aux portions des cantons de Châteauneuf-du-Faou, de Châteaulin et de Pleyben, situées sur la rive droite de l'Aune. Evoqué dans la rubrique étude sur la Domnonée.

 

 

 

 

II. Pagus Porzoed (Porzai).

 

 

 

-Le Porzoed proprement dit, -région couverte de bois, comme son nom l'indique, -était compris entre la baie de Douarnenez et les deux chaînes montagneuses de Loc-Ronan et du Ménez hom. Les anciens habitants du pays appelaient Nemet les vastes futaies qui couvraient en partie ce territoire. Le pagus Porzoed formait sans doute, à l'origine, une circonscription beaucoup plus vaste que le district dont nous venons de parler. Délimité, au nord, par la rade de Brest et la rivière d'Aune, depuis son embouchure jusqu'à la ville actuelle de Châteaulin, le pays boisé s'étendait, selon toute apparence, jusqu'au cap Sizun, en suivant, à l'est et au sud, les limites de Saint-Coulitz, Briec, Landrevarzec et Guengat, qui tracent ses principaux débornements. La presqu'île de Crozon dépendait naturellement du pagus Porzoed

 

 

III. Le pagus Cap-Sizun

 

 

 

 

Le  pagus Cap-Sizun  commençait aux limites méridionales du Porzai, et, doublant la pointe à laquelle il a emprunté son nom, il s'étendait jusqu'au Goayen, ou rivière d'Audierne, qui le séparait du pagas Cap-Caval. Guengat, qui faisait partie de cette circonscription,s'avance, comme on sait, jusqu'aux abords de la ville de Quimper.

 

 

 

IV. Pagus Cap-Caval.

 

 

 

 

-Ce pagus, qui renfermait l'un des faubourgs de la ville épiscopale, avait pour limites: au nord, la rivière du Goayen; à l'ouest et au sud, la mer, jusqu'à l'embouchure de l'Odet; à l'est, le cours de ce fleuve. Le Cap-Caval embrassait donc les cantons actuels de Plogastel-Saint-Germain, Pont-l'Abbé, et, en outre, les paroisses de Mahalon, Plouhinec, Penhars, Plomelin, Pluguffan, circonscrites aujourd'hui dans le canton de Quimper.

 

 

V. Pagus Fouenant.

 

 

 

 

-Fouesnant, dont le territoire commence au sud d'Ergué-Gaberic et d'Ergué-Armel, avait pour limites, à l'ouest, l'Odet, et, au sud, la mer, depuis l'embouchure du fleuve jusqu'au fond de la baie de la Forêt. Là, le cours d'eau qui forme la petite anse de Saint-Laurent servait de borne orientale au pagus.

 

 

 

VI. Pagus Tre-Conc.

 

 

 

 

-Le pays de Conc (Concarneau), où M. le baron Walckenaer a eu l'étrange idée de placer la capitale des Osismes, comprenait, d'après des inductions puisées dans un pouillé du XIVe siècle, la grande paroisse d'Elliant, celles de Kernevel et de Bannalec, et s'étendait, par conséquent, vers le nord, jusqu'à Corayet Scaer. Du côté de l'est, le pagus Tre-Conc s'avançait probablement jusqu'à la rivière d'Aven. Il est parlé, dans un acte du Cartulaire de Quimper, publié par D. Morice, de la villa Cribur (Kaer-Cribur), située dans le Plou de Nevez et dans le pagus de Treguent : « Periou, Benedicti consulis filius.Sancto Chorentino pro anima sua dedit villam unam Kaer-Cribur nomine, in plebe Nevez, in pago Treguent. » Quel était ce territoire de Treguent dont faisait partie la paroisse de Nevez ? Évidemment c'était le pays situé au-delà du Conc de Cornouaille, c'est-à-dire le pagus Tre-Conc-Kernaw. Il est possible que le territoire soumis à la juridiction royale de Quimperlé ait formé primitivement, avec le territoire du ressort de Gourin, un septième pagus qui aurait embrassé toute la région comprise entre les montagnes Noires et la mer. Mais ce n'est là, je m'empresse de le déclarer, qu'une simple hypothèse.

 

 

Haute Cornouaille

 

 

 

I. Pagus Carnoët

 

 

 

 

L'ancienne juridiction de Carnoët, répondant au pagus de ce nom, comprenait les communes de Banalec, Briec, Le Trévoux, Bey, Moëlan, Clohars et Lothéa. Telle est l'origine de la juridiction royale de Quimper.

 

 

 

II-III. Pagi Kemenet Heboé & Kemenet Guegan

 

 

 

 

Kemenet Heboé 

 

 

 

 

Kemenet Guegan

 

 

Kemenet -Héboé, au diocèse de Vannes ; Kemenet-Guégan (scindé du précédent ?). Plusieurs travaux de recherches ont été consacrés à l’histoire de la Bretagne des Xe et XIe siècles et la présente étude a pour objet d’approfondir l’histoire du Léon au cours de la période qui va du deuxième tiers du xe siècle jusqu’à la fin du XIe siècle et qui correspond, pour les institutions civiles, à l’émergence de la société féodale, et, pour l’Eglise, à un début de rénovation des évêchés et monastères, désorganisés par les invasions normandes, suivie par la mise en place la Réforme grégorienne. Cette recherche va élargir le champ d’investigation à l’ensemble de la Bretagne et se baser sur l’étude d’un proto-fief spécifique à la Bretagne, appelé kemenet en breton et commendatio en latin. Le terme kemenet « désignait un fief taillé pour un vassal et confié à sa garde. La configuration du Kemenet-Ili, en Léon, aussi bien que celle du Kemenet de la Cornouaille du sud-ouest n’est pas pour le démentir », selon B. Tanguy qui explique que leur création intervint sans-doute après le retour d’Alain Barbetorte et que l’éponyme du Kemenet-Ily pourrait bien être le vicomte Hily, cité parmi les témoins d’un acte falsifié de donation au profit de l’abbaye de Redon de l’Île-Grande, située au large de Perros-Guirec, par Juhel Bérenger, duc de Bretagne. 

 

 

 

 

IV. Pagus Cantinus

 

 

 

 

Ce pagus, ou pays de Quintin, aurait reçu son nom d'un lieutenant de Maxime Quintinus, s'il faut en croire une tradition vulgaire ce qui est certain, c'est que, longtemps avant l'entrée de Maxime dans les Gaules, ce district était habité par des Romains. Si les monuments mégalithiques sont plus nombreux dans ce coin de terre que dans le reste du département des Côtes-du-Nord, les vestiges de l'occupation romaine y abondent également. Dans le clos du Vieux-Châtel Coz-C'hastel près le bourg, on retrouve les vestiges d'une habitation. Était-elle gauloise ? était-elle gallo-romaine ? Elle était placée sur une hauteur qui dominait la voie de Corseul à Carhaix; elle correspondait avec l'enceinte triangulaire du tertre aux Coulombs, près de la même voie, et une autre enceinte située dans Lanfains, à plus de 12 kilomètres, près du village de Roma.

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:25

 

Mintin abred on bed va unan 

Kichen chapelig Sant Mikêl 

Ha tro var dro ar vrumenn 

A stanke din prenestr ar béd. 

 

 

Avel ebed var gern an duchenn 

Na trouz ebed oa tro var dro 

Ar balan sonn er vrumenn 

Ha var ar brug perlez ar glao. 


 

Prened e oa dor ar japelig 

Med Sant Mikêl n'oa ked chaled 

Ha ni on daou er vrumenn 

Da gana brao oam n'em lak'ed. 

 

 

Mikêl ha me da vad o kana 

Eur guerz divar benn an arme 

Soudarded dall er vrumenn 

E peb korn ar Menez Are. 

 

 

Med ouz an oabl an heol a zave 

Kén splann ha 'vid ar vech kenta 

Hag eur vech sa'ed ar vrumenn 

N'oa 'med denved var ar mene' 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 13:23

 

 

Carte des Pagi en Armorique

 

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En réalité quand on évoque la frontière entre Bretons et Francs, il est plus judicieux de parler des marches de Bretagne. Une limite imprécise existait à la période mérovingienne et René Cintré dans son ouvrage sur ces Marches de Bretagne, constate la présence du nombre de lieux baptisés guerche, terme désignant un poste fortifié. Il n'en n'a pas moins compté une trentaine dispersés dans les localités de Plélo, Trélivan, Iffendic, Saint-Helen, Broualan, Lanrigan, Melesse, Gahard, Vissèche, la Guerche de Bretagne, Bain de Bretagne, Sixt d'Alf, Béganne, Saint-Etienne de Montluc, Saint-Brévin, Brains, Monnières, et la Chevrollière pour la seule Bretagne historique. Ce qui atteste une présence franque en ces lieux. A l'image de Bazouge du Désert et de Louvigné du Désert, cette contrée était particulièrement stérile, d'autres région composant cette marche étaient recouvertes en partie de forêts. 

 

 

 

 

Carte représentant les lieux-dits guerche en Bretagne (attestant l'infiltration franque en Bretagne à la période mérovingienne)

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Charlemagne envoya une première fois son sénéchal Andulf pour réduire les Bretons, en 786 ; la véritable conquête eut lieu en 799 par le comte Guy, gouverneur de la Marche Franco-Bretonne. Éginhard, annaliste de Charlemagne, s'exprime ainsi : « Charlemagne résolut d'envoyer une armée en Bretagne. Après l'invasion de l'île par les Angles et les Saxons, une grande partie des habitants occupait l'extrémité de la Gaule, les terres des Vénètes et des Curiosolites. Ce peuple soumis aux rois francs et leur tributaire, acquittait quoiqu'à regret le tribut imposé, Comme elle cessait de le faire, le grand-maître de la maison, Andulphe, eut bientôt raison de cette nation perfide. Il lui amena, à Worms, des otages et beaucoup de chefs bretons.» Rapprochez cette version du VIIIe siècle, de Gildas, de Gurdestin, de Grégoire de Tours et autres textes cités, et vous verrez que l'annaliste réunit toute l'émigration bretonne du Ve au VIIIe siècle dans ce court passage assez juste. La première mention de cette Marca Britanniae remonte aux premiers temps du règne de Charlemagne, soit vers 778. Il s'agissait du région militaire et non administrative. Les mauvaises relations entre Bretons et Francs furent cause de la mise en place de cette vaste contrée boisée et peu peuplée. Le chef militaire, marquis ou margrave était désigné comes, autrement dit comte. Mais sous Judicaël, le roi de Domnonée, des troubles se produisirent entre les deux peuples, et les troupes de Dagobert infligèrent dans un premier temps une défaite aux Bretons qui par soumission acceptèrent de payer tribu (voir la vie de saint Judicaël par Albert Le Grand). Quelques temps plus tard ils prirent leur revanche et cependant, le roi Judicaël ne profita pas de la situation, il fit preuve d'une si grande sagesse qu'il suscita chez saint Eloi, le conseiller du souverain mérovingien un grand intérêt. C'est lui qui organisa la rencontre entre les deux rois, rencontre qui se déroula vers l'an 636 en la villa de Clichy. La disparition de Judicaël, l'anarchie régna en Bretagne, et la situation dégénéra, elle fut propice à de nouveaux troubles frontaliers….C'est parce que les Bretons avaient refusés de payer tribu à l'empire franc que l'an 786 une première expédition eut lieu en Bretagne. Sans doute que la mort du comte de la Marche,  Hruotland alias Rolland, survenue à Roncevaux incita les Bretons à s'insurger contre les prétentions carolingiennes. C'est sous les ordres du sénéchal Audulf qu'eut lieu cette première intervention. La Marche de Bretagne fut ainsi réorganisée, comprenant les comtés de Rennes, de Vannes et de Nantes. Le comté de Rennes, qui confinait au Vannetais et au Nantais sur sa bordure méridionale, s'étendait au Nord jusqu'à l'Avranchin. Nous ne savons guère de lui qu'une chose, c'est qu'il était administré en 820 par le comte Rorgon. Rorgon troqua son comté de Rennes contre celui du Mans, en 834. Notons que ce comte était de la famille des Gauzbert-Gauzlen, probablement d'origine alémanique comme les familles alsaciennes du célèbre abbé Fulrad de Saint-Denis et de l'archichapelain Ebroin, évêque de Poitiers, avec lesquelles elle était apparentée. Le Vannetais, qui correspondait sensiblement à notre actuel département du Morbihan, était, comme lui, partagé à peu près par moitié en deux domaines linguistiques : à l'est, on parlait roman; à l'ouest, on s'exprimait en breton. Le Nantais était le comté du marquis ou préfet -le terme de praefectus est la traduction dans la langue savante de l'époque du mot barbare marchia. qui écorchait la gorge des gens frottés de latin. Nantes était à la fois la capitale du comté, la cité épiscopale du diocèse et le chef-lieu de la région militaire. Une révolte suivit de près suivant la coutume. Le comte Guy, gouverneur des Marches de Bretagne, reçut l'ordre de réduire les rebelles. Ayant réuni ses forces à celles des autres comtes ses collègues, ce général parcourut la Bretagne dans toute son étendue et soumit entièrement ce pays des Bretons que les Français n'avaient jamais encore jusque-là subjugué tout entier. Le vainqueur offrit à l'empereur à son retour de la Saxe, les armes des chefs sur lesquelles étaient gravés leurs noms, en signe de la soumission des princes du pays, de leurs vassaux et de leurs terres à l'empereur à son retour de Saxe. L'année de la mort de Charlemagne, les Bretons élevèrent à la royauté suprême un certain Jarnithim, désigné dans le Carlulaire de Redon sous le titre de Machtiern. Wido cornes, qui in Marca Britanniae preesidebat, unà cum sociis comitibus Britanniam ingressus, totamque perlustraos in deditionem accepit; et régi de Saxoniâ reverso arma ducum qui se dediderunt inscriptis singulorum nominibus praesentavit : nam his se ac terram et pôpulum uniusquisque illorum tradidit. Et tota Britannorum provincia, quod nunquam antea, a Francis subjugata est. Ce chef fut-il immédiatement remplacé, ou trouva-t-il la mort en combattant pour l'indépendance de son pays? l'histoire garde le silence sur ce point : -elle nous apprend seulement que deux ans après l'élection de Jarnithim, Morvan, comte de Léon, fut élevé au rang de chef des chefs Pentyern, sur lequel, dans un plaid, à Aix-la Chapelle, en 818, Lantbert, comte de la Marche de Bretagne, fut interrogé par Louis le Débonnaire. Eh bien ! dit César à Lantbert, que fait la nation qui t'avoisine? Honore-t-elle Dieu et sa sainte Église? A-t-elle unchef et des lois? Laisse-t-elle nos frontières en repos ? Cette nation, répond Lantbert s'est jusqu'ici montrée orgueilleuse, indomptable et sans loyauté. Tout ce qu'elle a de chrétien, c'est le nom. Quant à la foi, au culte et aux oeuvres, tout cela est bien loin d'elle, les soins de la veuve, des orphelins, il n'en reste plus rien. Les Bretons habitent les bois et vivent de rapines, à la manière des bêtes fauves. Morvan est leur roi, si toutefois on peut donner ce nom à qui ne gouverne rien. » L'empereur lui répond : Lantbert, les choses que tu viens de rapporter sont graves. Quoi ! une nation de fugitifs possède des terres dans notre pays, sans payer de tribut, et elle pousse encore l'orgueil jusqu'à attaquer nos frontières!... Cependant comme leur chef a reçu le saint baptême, il convient que je l'avertisse du sort qui le menace. (voir entrevue de Witchar & Morvan la Domnonée). Après 831, il n'est plus question que du Breton Nominoë dont la situation ne cessera de grandir à la faveur des pouvoirs de missus que Louis le Pieux lui confère. Jusqu'à la mort de cet empereur, Nominoë reste constamment fidèle à la cause de son souverain (voir) . Aussi, le biographe de saint Conwoion, qui n'est pas un moins ardent partisan de Nominoë que son héros, le pieux et actif abbé de Redon, est-il plein de considération pour le monarque franc dont Nominoë est le représentant officiel  (voir Nominoë, page n° 1 - Nominoë, page n° 2 - Nominoë, page n° 3 - Nominoë, page n° 4 - Nominoë, page n° 5 - Nominoë, page n° 6)

 

 (extrait de l'ouvrage de Léon Levillain La Marche de Bretagne, ses marquis et ses comtes)

 

 

 

Frontière de la Bretagne sous Nominoë en 843

 

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Frontière du royaume de Bretagne sous Erispoë 851-857

 

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Etendue maximum sous Salomon de Bretagne 863-867

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Acquisition de 863, l'entre deux eaux, entre Sarthe et Mayenne

 

Acquisition de 867, comtés de Coustances et Avranches

 

 

Au Xe et XIe siècle.

 

 

 

 

Les places fortes de la Marche de Bretagne

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 18:18

Le Pagus Guerrandia


 

La cité de Guérande tapie en cette presqu'île du même nom, fut soumise au joug du chef breton Waroc'h. Le Pays des Salins a laissé trace dans l'histoire de la Bretagne à travers le fameux Traité de Guérande qui mettait un terme à une guerre civile qui durant un demi-siècle opposant le camp des Montfort soutenu par l'Angleterre au camp Penthièvre favori de la France. (voir Guérande )  

 

 

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