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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 20:08

 

 

 

 

(voir Le domaine du Poutrecoët extrait de Histoire de Montfort et des environs par F.-L.- E. Oresve - Géographie féodale : le comté de Porhoët par M. Aurélien de Courson (extrait du Cartulaire de Redon), page n° 1 - Géographie féodale : la vicomté de Rohan par Arthur de la Borderie (extrait du Cartulaire de Redon), page n° 2)

 

Porhoët

 

 

Les formes du nom du grand pagus trans silvam sont dans le Cartulaire de Redon : Poutrocoet, Poutrecoet, Potrocoet; in pago Trocoet. Le mot est traduit dans le Cartulaire par Pagus trans silvam. En 1127, le nom de ce pagus, qui est en pays gallo, est Porroit dans Gaufrido et Alano Porroitensibus (J. Loth, Chrestomathie, p. 157)- Voici les formes relevées par Rosenxweig dans son Dictionnaire topographique du Morbihan: Porrehoit, 1130; Podrohoit, XIIe siècle; Porehet, XIIe s.; Poreeth, XIIe s.; Porrehodium castrum, XIIe s. (toutes ces formes sont tirées des archives du prieuré de Saint-Martin de Josselin); Porzenquoet, 1254 (D. Morice, I, 956); Porhoet, 1258 (abbaye de Lanvaux); Porcoet, alias Porenquoit, 1291 (D. Morice, I, 1097); Pourhouet, 1294(0. Morice, I, 1113); Porhoit, 1312 (duché de Rohan). Il y a à écarter tout d'abord les formes Porxenquoit, Porenquoit qui constituent de simples tentatives étymologiques par des gens qui savaient du breton mais ne connaissaient pas la valeur du mot en question. Les formes qui entrent en ligne de compte sont : Poutrocoet, Poutrecoet, Podrohoit, Porrehoit, Porhoit. La difficulté dans l'explication de l'évolution de ce mot est dans l'aspiration de coet. Elle ne peut être due à r qui n'a été en contact avec le c de coet que tardivement. D'ailleurs, l'analogie montre qu'en ce cas il n'y aurait qu'un affaiblissement à attendre: cf. Argoet. L'aspiration de coet est donc due à tro, tre. Il est impossible donné comme équivalent à cis, dont le sens n'est pas douteux, donne à bôroma le sens de tribut et ferait remonter ce mot à de songer à troe = trwy, à travers; la forme actuelle est tre ; on eût eu, en vieux-breton, troe, et s'il y avait dû y avoir une modification, ce n'est pas tro, mais trç qu'on eût eu. Tre d'ailleurs avec coet eût donné Tregoet. La seule hypothèse vraisemblable, c'est que tro est la même préposition que le breton actuel treus, à travers (a dreus), gallois traws, tros. Tro est pour tros, comme le gallois tra est pour tras dans trachefn = de nouveau, derrière = trascefn. Le gallois ne comprenant pas cette formation en a extrait une préposition trach. On peut se demander pourquoi on ne trouve pas tros coet. C'est que ce composé est fort ancien et que s de tros s'était assimilé à c initial: il est évident qu'au IXe siècle on prononçait déjà Pawtroc'hoet tout en écrivant Poutrocoet, de même qu'en moyen breton on écrivait ma tad tout en prononçant maead. La consonne qui cause spiration a toujours disparu, et si on la revoit dans l'écriture, c'est par tradition littéraire. On ne connaissait plus au IXe-Xe siècle la forme ancienne de tros dans le composé Trochoet = Troccoet. Tro étant pour tros et causant aspiration, l'évolution de Poutrocoet ou Porrehoet, Porhoet est toute naturelle. Pawtrochoet a passé par Pawdrochoet, Podrechoet, Porrehoet, Porrehoet. Si on n'avait pas Podrohoit, on aurait pu supposer une influence de s depagus sur tr-, analogue à celle qu'on constate dans Pocher; vieux-breton Poa-Caer -Paguscastri: on aurait eu Pouthrochoet, Poufirechoet

 

 

Joseph Loth

 

 

Pour agrandir cette carte, il faut  cliquer dessus

 

 

Cette région figure sous des noms très-divers dans les chartes depuis le IXe siècle Pagus Trans-Sylvam ( a. 868), Poutrocoët (a 878), Penreth et Porthoet (IXe s.), Dom Morice. preuves. I ,305, 307, 309, 331, 552, 559, 561, 675. Porrehosensis (a. 1128), Penret ( a. 1226), Porrehoet (a. 1430). Porcoët. Cette vaste région naturelle qui adonné son nom à une des contrées les plus importantes de la Bretagne, en même temps qu'à un archidiaconé de ce diocèse, était couverte de forêts, c'est ce qu'indiquent les divers noms bretons qu'elle porte. La forêt de Brocéiande, si célèbre dans la chevalerie bretonne, en était la portion la plus considérable : les forêts de Paimpont et de Montfort en sont encore aujourd'hui des lambeaux. Elle parait avoir été bornée vers le nord par la chaîne de montagnes de Menez, au S. 0. par le cours de l'Oust. Ses limites ont été très-bien déterminées au point de vue des divisions politiques dans le Mém. de M. de la Borderie que j'ai déjà cité. C'est sans doute à raison de cette vaste étendue de forêts ou des marais du littoral que les habitants du diocèse de Saint-Mato ont été quelquefois indiqués, vers le IXe siècle, sous le nom de Vernenses, et le diocèse lui-même sous celui d'Ecclesia Veritensis (D. Mor., p. I- 271, 308).   

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:59

L'église Saint-Léonore à Saint-Launeuc nous est ainsi décrite par M. Joachim Gaultier du Mottay dans son inventaire : -église à trois nefs, sans transept, quatre travées avec arcades ogivales s'amortissant sur des piliers cylindriques. A la droite de la maîtresse-vitre à meneaux et réseaux flamboyants, sacraire à deux étages ; cette niche en pierre est ornée pieds droits prismatiques et d'une accolade ; au-dessus s'élève un gable très aigu chargé  de crochets et d'un panache. Le sacraire est femé par deux vantaux en bois sculpté représentant des ornements flamboyants. (voir L'église Saint-Léonore de Saint-Launeuc en images)  

 

 

Calice & patène de Saint-Launeuc

(collection Ministère de la Culture)

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:47

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 18:13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:48

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 06:01

L'église Sainte-Agnès à Tréfumel nous est ainsi décrite par M. Joachim Gaultier du Mottay dans son inventaire :  l'église romane, en appareil formé de pierre presque cubiques,  rappelant l'appareil gallo-romain, est composée de deux nefs soudées bout à bout, et qui semblent de la même époque (douzième siècle). L'ensemble à dix-huit mètres de long sur une largeur de six mètres. -La première nef est éclairée au nord par deux barbacanes. -La deuxième formant le choeur est séparée de la deuxième par une arcade du style roman primitif, avec clavaux saillants ; elle est percée à son chevet par une lancette aveuglée ; pareille lancette se retrouve au-dessus de la porte occidentale. Toutes ces ouvertures ont à l'extérieur un mètre sur dix-huit centimètres et à l'intérieur un mètre vingt centimètres sur quatre-vingt centimètres. -La longère sud remaniée en 1866 a encore une fenêtre du quatorzième siècle et une jolie piscine à arc trilobé de la même époque. -Le retable de l'autel présente des torsades de la fin du seizième siècle, avec dôme. -Ancienne chapelle primitive servant de sacristie, ayant une porte à pilastres de la Renaissance, sur le linteau de laquelle on lit la date de 1660. Bannière en velours brodé de 1778. -Petit calice en vermeil à pied octogone. Au musée de Rennes on voit deux panneaux en chêne sculpté, du style flamboyant, provenant de cette église. (voir L'église Sainte-Agnès de Tréfumel en images

 

 

Le calice fut offert en 1474 à l'église de Tréfumel par Marie de Coëtquen épouse de Rolland de Beaumanoir (d'après sources des éditions Le Flohic).

 

 

La bannière de procession datée de 1778, fut exécutée par le maître-brodeur rennais Jean Loup dit l'Epine. (même sources)

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:40

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:04

 

 

Ci-dessous éléments provenant de l'ancienne église de St-Judoce

 

 

La Nuit des églises a eut lieu ce samedi 2 juillet 2016. Pour l'occasion, l'église Sainte-Agnès pourra se visiter. Cette église romane, dont la construction initiale remonte au XIe siècle, est l'une des plus anciennes de la région. De 21 h à 22 h 15, musique sacrée et lectures publiques depuis la chaire rénovée en 2015, morceaux de musique ancienne joués au clavecin par Patrice Delville (François Couperin, XVIIe siècle), lecture en chaire d'épisodes de la vie de sainte Jeanne Jugan (1792-1879) écrits par Éloi Leclerc. (Cette sainte a vécu une grande partie de sa vie à Saint-Pern. Elle a été canonisée par le pape Benoit XVI en 2009). -Extrait Ouest France. Hommage à Francis Reynes, ancien maire de Tréfumel, décédé le 28 novembre 2015,  et qui est à l'origine de la restauration de cette spendide église inaugurée en mars 2016 après de longs mois de travaux. 

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 07:55

La peste qui désola l'Europe au sixième siècle fit de grands ravages en Cambrie et en Armorique : tous ceux qui en étaient frappés perdaient les cheveux, les dents et la vue, jaunissaient, languissaient et ne tardaient pas à mourir. Il y eut des cantons de la Bretagne armoricaine, dont la population fut emportée tout entière La paroisse d'Elliant, en Cornouaille, fut de ce nombre. Le pays voisin, et celui de Tourc'h en particulier, dut aux prières d'un solitaire nommé Rasian, qui y habitait, le bonheur d'être pré servé du fléau. C'est ce que nous apprend l'auteur de la Vie de saint Gwénolé, écrite à cette époque et abrégée au neuvième siè cle par Gurdestin, abbé de Landevenek.  

 

La Peste d'Elliant ne se chante jamais sans qu'on y joigne la légende que voici : « C'était jour de pardon an bourg d'Elliant; un jeune meunier, arrivant au gué avec ses chevaux, vit une belle dame en robe blanche, assise au bord de la rivière, une baguette à la main, qui le pria de lui faire passer l'eau.

- Oh ! oui, sûrement, madame, répliqua-t-il ; et déjà elle était en croupe sur sa bête, et bientôt dé posée sur l'autre rive. Alors, la belle dame lui dit :

- Jeune homme, vous ne savez pas qui vous venez de passer : je suis la Peste. Je viens de faire le tour de la Bretagne, et me rends à l'église du bourg, où l'on sonne la messe ; tous ceux que je frapperai de ma baguette mourront subitement; pour vous, ne craignez rien, il ne vous arrivera aucun mal, ni à votre mère non plus. » El la Peste a tenu parole, me faisait observer naïvement un chanteur; car la chanson le dit : « Tout le monde a péri, excepté deux personnes : Une pauvre vieille et son fils. » « Savez-vous, nous disait un autre, comment on s'y prit pour lui faire quitter le pays? On la chanta. Se voyant découverte, elle s'enfuit. Il n'y a pas plus sûr moyen de chasser la Peste que de la chanter ; aussi, depuis ce jour, elle n'a pas reparu. » Comme nous l'avons déjà dit, la Peste d'Elliant a conservé le ton prophétique de la poésie des anciens bardes, et quelques traces de la forme artificielle qu'ils donnaient à leurs chants. Par exemple, on a remarqué que les strophes 1, 2, 3,4,9, 10 et 19 sont des tercets, et que la strophe 4 est allitérée. Si l'on se rappelle maintenant : 1° Que dans la poésie populaire de la Bretagne, les chants sont toujours contemporains des faits qu'ils célèbrent; » Que les chanteurs ne savent ni lire ni écrire, et qu'ils n'ont par conséquent aucun autre moyen de transmettre a la postérité les événements de leur temps que de les mettre en vers aussitôt qu'ils se sont passés ; 3° Que l'événement ici relaté a eu lieu au sixième siècle, dans la paroisse d'Elliant; » Que le poète populaire nomme comme un contemporain, un saint personnage appelé Rasian, qui vivait effectivement à cette époque, et habitait entre Langolen et le Faouet, c'est-à-dire à Tourc'h ; enfin, si l'on examine avec une sérieuse attention l'œuvre dans toutes ses parties, peut-être pensera-t-on, comme nous, qu'il n'y a pas lieu de la croire postérieure à l'événement dont elle nous a conservé le souvenir. Ce que nous ne présentons ici que sous la forme du doute, a été proclamé comme un fait et appliqué à la plupart des chants bretons, par M. Wolf, dans un savant ouvrage où il a bien voulu donner à nos idées le poids de son autorité. Mais si nous faisons remonter jusqu'au sixième siècle la composition du chant breton, nous sommes loin de dire qu'il nous est par venu dans sa pureté primitive. Probablement nous ne possédons qu'un fragment d'un poême beaucoup plus étendu. Cette observation ayant déjà été faite dans notre introduction, nous ne la renouvellerons plus. Il nous reste à faire observer que la Peste d'Elliant a joui d'une telle popularité, que plusieurs des traits qu'elle renferme sont devenus des lieux communs qu'on trouve dans d'autres chants postérieurs sur des événements semblables. La première version publiée a été chantée, il y a trente- cinq ans, à la mère de celui qui écrit ces lignes, par une pauvre veuve de la paroisse de Melgven, appelée Marie. C'est à cette femme qu'on a fait allusion dans l'avant-propos de ce livre. Quoique la pièce ait beaucoup perdu à la traduction, elle a vivement frappé les critiques à l'époque où elle a paru. Deux professeurs distingués, l'un à Berlin, l'autre à Paris, l'ont citée pour modèle à leurs auditeurs ; et un des esprits les plus charmants de la littérature moderne, M. Poujoulat, en a parlé ainsi dans une appréciation de ce recueil : « La ballade sur la peste d'Elliant, dit-il, est une des belles ballades bretonnes; l'expression en est à la fois brève , énergique et sombre; on y entend comme un sourd gémissement. Le trait de ces neuf enfants d'une même maison portés au cimetière dans un tombe reau par leur pauvre mère, et suivis par leur père qui siffle, car il a perdu la raison, est l'image vive d'un grand deuil. 

 

 

 

Tre Langalen hag ar Faouet

Eur Barz santel a zo kavet ;

Hag hen Tad Rasian hanvet.

 

Laret en deuz d'ar Faouediz :

Laket eunn oferen beb miz,

Eunn oferen enu ho iliz.

 

Eet eo ar vosen a Elliant,

Hogen ne ket eet beb forniant,

Eet zo gat-hi seiz-mil ha kant !

E bro Elliant, heb laret gaou,

E ma diskennet ann Ankaou,

Maro ann holl dnd nemed daou :

 

 

Eur c'hroegik kouz tri-ugent vloa

Hag eur mab heb ken e devoa.

 

Edi ar vosen 'penn ma zi ;

Pa garo Doue teui enn ti ;

Ni iei 'niez pa teui, eme-z-hi.

 

 

Ekreiz Elliant, er marc'hallec'h,

Ieot da falc'hat e kafec'h,

 

Nemed enn hentig euz ar c'harr

A gas re varo d'ann douar.

 

Kriz vije 'r galon na welje,

E bro Elliant, neb a vije :

 

Gwel't triouec'h c'harr tal ar vered

Ha triouec'h ail eno' tonet.

 

Lec'h oa nao mab enn eunn tiad,

Eent d'ann douar enn eur c'harrad,

Hag ho mamm baour oc'h ho charrat.

 

Ho zad adren o c'houibannat :

Kollet gat-han he skiand-vad.

 

Ili a iude, galve Doue;

Reusllet e oa korf hag ene :

 

Laket ma nao mab enn douar,

Ha me roi d'hoc'h eur gouriz koar,

 

A rei teir zro cndro d'ho ti,

Ha teir endro d'ho minic'hi,

 

Nao mab em boa em boa ganel,

Chetu gad ann Ankou int eet ;

 

Gad ann Ankou da doull ma dour ;

Den da hul d'in eul lommik dour !

 

Leun e'r vered rez ar c'hleuniou,

Leun ann iliz rez ann ireujou ;

 

lied eo benniget ar parkou,

Da lakat enn ho ar c'horvou.

 

Me wel er vered eunn derven,

Hag enn he beg eul licher wenn :

Eet ann holl dud gad ar vosen.

 

Lec'h oa nao mab enn eunn tiad,

Eent d'ann douar enn eur c'harrad,

Hag ho mamm baour oc'h ho charrat.

 

Ho zad adren o c'houibannat :

Kollet gat-han he skiand-vad.

 

Ili a iude, galve Doue;

Reusllet e oa korf hag ene :

 

Laket ma nao mab enn douar,

Ha me roi d'hoc'h eur gouriz koar,

 

A rei teir zro cndro d'ho ti,

Ha teir endro d'ho minic'hi,

 

Nao mab em boa em boa ganel,

Chetu gad ann Ankou int eet ;

 

Gad ann Ankou da doull ma dour ;

Den da hul d'in eul lommik dour !

 

Leun e'r vered rez ar c'hleuniou,

Leun ann iliz rez ann ireujou ;

 

lied eo benniget ar parkou,

Da lakat enn ho ar c'horvou.

 

Me wel er vered eunn derven,

Hag enn he beg eul licher wenn :

Eet ann holl dud gad ar vosen.

 

Entre Langolen et le Faouet, il y a un saint Barde, appelé Père Rasian ;

 

Il a dit aux hommes du Faouet : Faites célébrer chaque mois une messe, une messe dans votre église.

 

La peste est partie d'Elliant, mais non pas sans fournée : elle emporte sept mille cent !

 

En vérité, la Mort est descendue dans le pays d'Elliant, tout le monde a péri, hormis deux personnes :

 

Une pauvre vieille femme de soixante ans et son fils unique.

 

« La peste est au bout de ma maison ; quand Dieu voudra elle entrera ; lorsqu'elle entrera, nous sortirons, » disait-elle.

 

Sur la place publique d'Elliant, on trouverait de l'herbe à faucher,

 

Excepté dans l'étroite ornière de la charrette qui conduit les morts en terre.

 

Dur eût été le cœur qui n'eût pas pleuré, au pays d'Elliant, quel qu'il fût :

 

En voyant dix-huit charrettes pleines à la porte du cime tière, et dix-huit autres y venir.

 

 

Il y avait neuf enfants dans une même maison, un même tombereau les porta en terre,

 

Et leur pauvre mère les traînait.

 

Le père suivait en sifflant... Il avait perdu la raison.

 

Elle hurlait, elle appelait Dieu, elle était bouleversée corps et âme :

 

Enterrez mes neuf fils, et je vous promets un cordon de cire qui fera trois fois le tour de vos murs :

 

Qui fera trois fois le tour de votre église, et trois fois le tour de votre asile.

 

J'avais neuf fils que j'avais mis au monde, et voilà que la Mort est venue me les prendre ;

 

Me les prendre sur le seuil de ma porte ; plus personne pour me donner une petite goutte d'eau !

 

Le cimetière est plein jusqu'aux murs ; l'église pleine jus qu'aux degrés ;

 

Il faut bénir les champs pour enterrer les cadavres.

 

Je vois un chêne dans le cimetière, avec un drap blanc à sa cime : la peste a emporté tout le monde. 

 

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 07:17

 

Saint-Juvat

 

 

Quévert

 

 

Saint-Aaron

 

 

Médréac

 

 

Saint-Lormel

 

 

Hénon

 

 

Muël

 

 

Tressaint

 

 

Dolo

 

 

Langast

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