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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 04:26

 

 

Une coutume perdure à Locronan, au cours de la nuit qui précède le premier dimanche de mai, les garçons ayant eut 20 ans dans  l'année, s'en vont, en grand secret abattre un arbre et le dresse sur la grand place. Il y demeure jusqu"à la Saint-Jean....

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 04:00

Les gelées de moué

emportent le robinet

 

 

Les mariages de mai

ne sont pas chanceux

 

 

Les filles qui tètent pendant deux mois de mai seront d'une complexion amoureuse.

 

 

Les chats de mai seront mangés par leurs parents ;

 

 

Les geais de mai ne réussissent point : on dit qu'ils chèyent du ma'cadu' ; c"est à dire de l'épilepsie.

 

 

C'est au mois de mai que les sorciers peuvent soutirer le beurre et gâner le pain.

 

 

Vers Yffiniac et Langueux, si on veut faire un affront à une jeune fille, on plante devant sa porte, au lieu d'un mai, un bonhomme de terre difforme et pétrit grossièrement ; 

 

 

La laitière de Langueux

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:33

 

 

On peut dire que la Bretagne entre en pré-Révolution au printemps 88 avec la réforme Lamoignon -le garde des sceaux Chrétien-François II de Lamoignon et le contrôleur général des finances Étienne Charles Loménie de Brienne tentent une ambitieuse tentative de réforme de la justice. À leur initiative, le Parlement se réunit en séance plénière en présence du roi. Au cours de ce lit de justice, Louis XVI enlève aux parlementaires leur droit de remontrance et confie le droit d'enregistrement à une cour plénière. Il rapproche aussi la justice des plaignants en créant 47 tribunaux dits de grands bailliages et abolit la question préalable (la torture). Cette réforme trop tardive ne sauvera pas la monarchie. Elle n'en témoigne pas moins de l'esprit libéral des membres du gouvernement (toute l'histoire en un clic). Pendant quelques mois, la province connaît une sorte d'unanimité. Mais dès le début de l'automne, le front se fissure et les affrontements se font de plus en plus durs. Au coeur du débat, la compatibilité entre la députation aux États généraux et la constitution bretonne. La relation à la tradition est le point focal des positions des uns et des autres.

 

1. Un court moment d'unanimité (mai-septembre 1788)

 

 

Nous voulons dire par unanimité que les principaux protagonistes de la vie politique se trouvent en phase, que l'on entend peu ou pas de voix discordantes. Cette unanimité se fait autour des franchises de la Bretagne

 

 

 

 

1 - Tout naturellement, c'est le parlement de Bretagne, corps de composition strictement nobiliaire, qui ouvre les opérations, puisque c'est lui qui est touché en premier chef par la réforme Lamoignon créant trois grands bailliages dans la province. Cette réforme, présentée comme une offensive du despotisme ministériel, se heurte aux traditions locales, et celles-ci servent de levier au parlement pour protester contre elle. Dans cette protestation du 5-5-1788, le parlement de Bretagne a l'habileté de ne pas limiter ses moyens aux arguments strictement provinciaux, mais de prendre aussi en considération le royaume dans son ensemble : la réforme est mauvaise parce qu'elle blesse la constitution de la monarchie et celle de la province. Et il y a une hiérarchie implicite dans la présentation. Le parlement de Bretagne n'oublie sans doute pas qu'il a été au coeur d'un débat national dans les années 1760.

 

 

2 -Le procureur-général-syndic près les États de Bretagne, de Botherel, s'empresse de faire une déclaration du même ordre au parlement. C'est l'entrée en scène de l'autre grande institution locale : les États qui sont, comme le parlement, entre les mains de l'aristocratie. La déclaration de Botherel n'a pas tout à fait la même tonalité que celle du parlement : représentant d'une institution finalement plus locale, il ne fait référence qu'à la constitution bretonne et utilise l'arsenal, assez modeste, que l'on retrouvera tout au long de ce travail, sur l'intangibilité des droits de la province4. Toutefois, les États de Bretagne peuvent, comme le parlement, élargir le débat au niveau national, et marquer qu'il ne faut pas se méprendre sur le sens du mot « privilèges » quand il concerne une province.

 

3 -Le 10 mai, jour de l'enregistrement de la réforme Lamoignon par lit de justice, la noblesse bretonne se met au diapason et réserve les droits de la province. La noblesse s'estime investie d'une mission de protection des droits de la province. C'est pourquoi elle est ainsi sur la brèche. Cela ressort nettement de la justification apportée à cette attitude nobiliaire par le doyen de la noblesse bretonne. En effet, le gouvernement n'a pas apprécié les réactions de la noblesse face à ses projets de réforme et interdit la tenue de toute assemblée de l'ordre. Le doyen, M. de Champsavoy, répond qu'il ne faut voir là qu'un geste de dévouement aux libertés bretonnes, à la garde desquelles la noblesse est légitimement attachée. On comprend cela d'autant plus facilement que la noblesse domine complètement les institutions de la province. Au besoin, la noblesse est la première à députer à Versailles (juillet 88) pour obtenir réparation du roi.

 

 

La démarche de la noblesse est suivie de celle, identique, des différentes instances du Tiers état : présidial de Rennes, siège royal des Eaux et Forêts, Conseil des avocats (dont le doyen est Le Chapelier), ville et communauté de Rennes, consulat, procureurs au parlement Les uns et les autres protestent au nom du respect de la constitution bretonne. Les patriotes soutiennent donc le parlement, qui va être dispersé le 3 juin. Avec peu d'enthousiasme, estiment J. Egret et H. Sée. C'est possible, mais ils suivent Le 1-8-88, une grande députation, issue des évêchés bretons et composée de membres des trois ordres, élabore à Rennes une déclaration où tous réitèrent leurs protestations antérieures et rappellent la nécessité de respecter les franchises et libertés de la province. Il y a malgré tout quelques fausses notes, qui surgissent à l'occasion du voyage de Botherel, le procureur-général-syndic des États de Bretagne, à travers la Bretagne au cours du mois d'août 1788. Botherel, qui est une sorte de symbole du mouvement de protestation, est effectivement reçu assez mal dans plusieurs villes : à Saint-Brieuc, où ses remontrances ne sont accueillies qu'avec certaines réserves par la sénéchaussée ; à Lannion, où il a encore moins de succès puisque la ville refuse de s'associer à ses protestations ; à Tréguier, où l'accueil est très froid ; à Quimper enfin, où l'on frise l'émeute et où l'on crie : vive le roi et le grand bailliage ! au diable le parlement ! au point d'obliger le procureur-général syndic à quitter la ville. Pocquet s'interroge sur ces réactions : démarche jugée inopportune ou excessive ? Prévention réveillée contre l'ordre de la noblesse ? L'attitude de Quimper est la plus facile à comprendre puisque la réforme Lamoignon lui valait un grand bailliage. Mais les autres ? Assez curieusement, quand la députation de la noblesse, emprisonnée à la Bastille, est libérée (12 septembre) et qu'on apprend l'abrogation de la réforme Lamoignon (23 septembre), il y a un peu partout des mouvements de joie dans les villes bretonnes, sauf à Quimper. Ce sont les derniers signes de la quasi unanimité.

 

 

2. Le front se fissure

 

 

2. 1 . Le changement de conjoncture

 

 

 

Avec l'automne, il y a un changement de conjoncture. D'un côté, le retour du parlement désamorce la tension existante depuis le printemps. Mais de l'autre, un nouveau foyer de tension apparaît avec la convocation des États généraux. Ce nouveau problème met en cause, comme le précédent, les institutions bretonnes. L'affaire est bien connue. L'une des grandes interrogations politiques du second semestre 1788, dans toute la France, est de savoir selon quelles modalités seront convoqués ces États généraux : se conformera-t-on aux usages antérieurs ou adoptera-t-on de nouvelles règles ? Dans un cas, on continue la prépotance des ordres privilégiés ; dans l'autre, on peut la remettre en cause. La question est très délicate en Bretagne, puisque la province députe traditionnellement aux États généraux par l'intermédiaire de ses propres États. Or ceux-ci sont complètement dominés par les privilégiés : la noblesse y assiste en corps, le clergé du premier ordre assume la représentation de l'ensemble de l'ordre, tandis que 42 villes sont sensées représenter le Tiers. C'est cela qui provoque l'éclatement de la coalition plus ou moins bien soudée au printemps 88, les intérêts étant par trop contradictoires. D'octobre à avril, les relations vont devenir de plus en plus tendues entre les deux partis qui se constituent progressivement : patriotes d'un côté, aristocrates de l'autre. La réunion des États de Bretagne, prévue en principe pour le 27 octobre, conduit assez rapidement le Tiers, ou tout au moins une partie du Tiers, à rompre avec ses anciens alliés. La tension devient telle qu'il faut ajourner de deux mois la réunion, qui finalement ne peut se dérouler normalement Les mois de janvier et de février connaissent une véritable escalade de l'agitation. Cela décroît par la suite, mais chacun tient ses positions. Notre propos est ici de voir comment les camps se situent vis-à-vis des franchises de la province.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 19:39

 

 

 

Claude de Marboeuf

 

 

Premier président du Parlement de Bretagne en 1626

 

 

 

 

François d'Argouge

 

 

Premier président au Parlement de Bretagne en 1667

 

 

 

 

 

Christophe Paul de Robien

 

Président à mortier au Parlement de Bretagne en 1724 

 

 

 

 

Jean François Le Vicomte de la Houssays

 

 

Conseiller au Parlement de Bretagne en 1731

 

 

 

 

Armand Charles Robin d'Estreans

 

 

Conseiller au Parlement de Bretagne en 1750

 

 

 

 

Louis René de Caradeuc de la Chalotais

 

Procureur général au Parlement de Bretagne en 1752

 

 

 

 

Pierre de Brilhac

 

Premier président du Parlement de Bretagne de 1703 à 1734

 

 

 

 

 

Augustin Marie Poullain du Parc

 

 Bâtonier & doyen des Avocats au Parlement de Bretagne 1767

 

 

Isaac-René-Guy Le Chapellier

 

Avocat au Parlement de Bretagne en 1779

 

 

 

 

Gilles Conen de Saint Luc

 

 

Président à mortier au Parlement de Bretagne guillotiné en 1794

 

 

 

 

René-Gaston Baco de la Chapelle

 

Avocat au Parlement de Bretagne en 1789 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:58

Concarneau

 

Concarneau

 

Vitré.

 

Vitré

 

 

Saint-Brieuc

 

Quimperlé

 

Quimperlé

 

Clisson

 

Clisson

 

 Rennes

 

Rennes

 

Lamballe

 

Lamballe

 

Vannes

 

Vannes

 

Saint-Malo

 

Saint-Malo

 

dinan

 

Dinan

 

Fougères 

 

Fougères

 

Brest 

 

Brest

 

Landerneau

 

Landerneau

 

Quimper

 

Quimper

 

Josselin 

 

Josselin

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:12

 

 

L'assemblée des États de Bretagne se tenoit autrefois tous les ans, mais depuis l'année 1630, le roi ne les a plus assemblés que de deux ans en deux ans, excepté dans les circonstances pressantes où les besoins de l'Etat ont déterminé Sa Majesté à convoquer des assemblées extraordinaires, comme en 1741, à l'occasion du dixième; en 1748, à l'occasion des 4 s pour livre de la capitation et de l'emprunt de quatre millions que les États firent à cette occasion, et en 1749, à l'occasion du vingtième. Avant 1718, les assemblées ordinaires étoient tenues dans les années impaires; elles se tiennent depuis dans les années paires. Les Etats n'ont de registres de leurs assemblées que depuis l'année 1567; ils en avoient un qui tenoit dix à douze assemblées antérieures; en 1566, il fut apporté à la Chambre des Comptes de Paris, et il ne leur a point été rendu depuis. La convocation se fait par des lettres de cachet du roi adressées aux évêques, abbés et chapitres de la Province, aux Barons et à certain nombre de gentilshommes à qui il plaît au roi de faire cet honneur, et aux communautés des quarante-une villes de la Province qui ont le droit de députer aux États, c'est ce qui compose les trois corps ou ordres des États: l'église, la noblesse, le tiers état. Ces lettres du roi indiquent le lieu et le jour désigné pour l'ouverture de l'assemblée; elles sont ordinairement accompagnées d'une lettre du gouverneur et du commandant en chef; les États font un fonds de 500 livres pour être payé à celui des officiers du commandant en chef qu'il charge du soin de faire rendre par ses gardes ces lettres à leur adresse. C'est le gouverneur de la Province et le secrétaire d'État qui en a le département qui prennent les ordres du roi pour déterminer le lieu et le temps de l'assemblée. Ce n'est plus, depuis longtemps, que dans les évêchés de Rennes, Nantes, Vannes, Saint-Malo et Saint-Brieuc qu'on assemble les États; ils se tiennent dans les villes capitales de ces évêchés, hors dans l'évêché de Saint-Malo, où ils ne se tiennent que dans la ville de Dinan; ils se sont tenus aussi à Vitré, dans l'évêché de Rennes, et à Ancenis, dans l'évêché de Nantes; les États sont le plus ordinairement assemblés dans la ville de Rennes *. La veille du jour indiqué pour l'assemblée, le commandant en chef ordonne la proclamation, qui se fait dans tous les carrefours de la ville par le hérault des États, revêtu de sa cote d'armes et monté sur un cheval caparaçonné d'une housse de pied, de drap d'argent, semés de fleurs de lys et d'hermines en broderie et précédé d'un trompette. En conséquence de la proclamation de l'ouverture des États, les trois ordres, les présidens à leur tête, se rendent séparément et successivement, le lendemain, à l'heure indiquée dans la salle destinée pour l'assemblée, partant de l'hôtel de leur président; d'abord l'ordre du tiers, ensuite celui dela noblesse et l'ordre de l'église le dernier. Ce qui s'observe ainsi tous les jours pour l'entrée aux États. Les ordres de l'église et de la noblesse sont précédés, dans leur marche, par la maréchaussée, les officiers et trompettes; à la tête, le hérault des États; l'ordre du tiers par le hérault des États seulement. Avant la déclaration du roi du 26 juin 1736, les membres de l'ordre de la noblesse entroient aux États et s'y faisoient inscrire à tout âge, même dansla première enfance; mais par l'article premier de la déclaration, il est ordonné qu'aucun des membres des trois ordres ne pourra avoir entrée-et séance dans l'assemblée avant l'âge de vingt-cinq ans accomplis.

 

 

 

La chapelle des Cordeliers d'Ancenis accueillit à trois reprises

les Etats de Bretagne

 

 

La salle de l'assemblée est ordinairement en une chapelle ou réfectoire d'un couvent de la ville, où le hérault des États a fait construire un théâtre élevé de sept à huit marches, qui occupe la moitié ou les deux tiers de la salle; au fond du théâtre et contre le mur est un dais de velours semé de fleurs de lys et d'hermines en broderie, sous lequel sont placés deux fauteuils égaux, qui se joignent et qui sont adossés au mur, où se placent le président de l'ordre de l'église à droite, et le président de l'ordre de la noblesse à gauche; à côté de l'un et de l'autre, sur des bancs couverts d'un tapis, les évêques se placent à la droite et les Barons à la gauche, et, comme ordinairement il y a peu ou point de Barons qui assistent à l'assemblée, leurs places sont remplies par ceux des gentilshommes les plus considérables, et ordinairement les plus âgés, qui veulent les prendre; les abbés se mettent de même sur le banc des évêques, lorsqu'il y a des places vides. Le reste du théâtre est partagé en trois espaces: l'un, au milieu, en face du dais et des fauteuils des présidens, qui demeurent vides; les deux autres, à droite et à gauche, en retour du banc des évêques et de celui des barons, sont remplis par deux espèces d'amphithéâtres à trois ou quatre rangs de gradins de bois. L'amphithéâtre à droite est partagé en deux, dans sa largeur, par une simple balustrade de bois à hauteur d'appui, les abbés et les députés des chapitres en occupent la partie d'en haut, la plus voisine du banc des évêques, et l'ordre du tiers en occupe la partie d'en bas qui termine le théâtre; le président de l'ordre du tiers y est placé à la tête de son ordre dans le gradin d'en bas, sur un banc un peu plus élevé et couvert d'un tapis vert. L'amphithéâtre à gauche est entièrement occupé par l'ordre de la noblesse. Ces deux amphithéâtres devroient. Être séparés de l'espace vide du milieu, et ils l'étoient, il n'y a pas longtemps encore, par une balustrade de bois à hauteur d'appui de chaque côté; mais, à présent, cette balustrade ne subsiste qu'à l'endroit de la place occupée par le président de l'ordre du tiers. Les deux extrémités du théâtre, et à gauche des marches qui sont pratiquées au milieu pour y monter, sont occupées, à droite, par une tribune destinée aux spectateurs, laquelle est gardée par un cavalier de la maréchaussée en faction, et à laquelle on ne monte point par les marches du théâtre, mais par d'autres marches et une porte qui doit toujours être pratiquée hors du théâtre, et, à gauche, par le bureau des greffiers des États, derrière lequel est celui du greffe. Les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre et y ayant pris leurs places, le procureur général syndic, parlant de sa place, propose à l'assemblée de députer vers MM. Les commissaires du roi, qui sont, à cet effet, assemblés chez le commandant en chef, pour les prier de venir faire l'ouverture des Etats, ce qui s'exécute aussitôt par une députation de six députés de chaque ordre, à la tête desquels sont deux évêques, et cette députation est nommée une fois pour toutes pour recevoir et reconduire MM. Les commissaires du roi, toutes les fois qu'ils entrent aux États pendant la durée de l'assemblée. Le hérault marche toujours à la tête de toutes les députations ; les députés marchent en file, ceux de l'église à droite, ceux de la noblesse à gauche, et le tiers entre derrière les deux files. La députation est reçue, à la porte de la salle des gardes du commandant en chef, par les officiers de ses gardes; les gardes portent leurs armes. Le hérault, marchant à la tête, vient annoncer à MM. les commissaires du roi l'arrivée de la députation, qu'ils reçoivent. Le commandant en chef fait ordinairement quatre ou cinq pas en avant lorsqu'elle entre et lorsqu'elle sort, et on en use ainsi à toutes les députations. La députation, retirée et revenue sur le théâtre, MM. les commissaires du roi se mettent en marche, précédés d'abord par la maréchaussée, le grand prévôt, les officiers et le trompette à la tête, ensuite par les gens de livrée, les pages et les gentilshommes du commandant en chef, puis par ses gardes, le capitaine, les officiers et le trompette à la tête, marchant sur deux files.

 

 

 

 

Lorsque quelquefois il fait si mauvais temps qu'il n'est paspossible d'aller à pied, chacun se rend en chaise à porteur à la salle des États. Les contrôleurs généraux des domaines et de finances marchent les premiers, ensuite les receveurs généraux des domaines et ceux des finances, tous en manteau et rabat; le grand maître des eaux et forêts en épée; les généraux des finances en manteau et rabat; le procureur général de la Chambre des Comptes et le deuxième commissaire du conseil en robe, ensuite le commandant en chef seul, à ses deux côtés et un peu derrière le premier président, marchent le procureur général et les deux avocats généraux du Parlement; et lorsque, soit en entrant dans la salle ou autrement, les deux files sont obligées de se joindre, alors l'intendant marche immédiatement devant le commandant en chef, et le premier président immédiatement après. MM. les commissaires du roi sont reçus à la porte de la salle des États, en dedans, par les mêmes députés qui les ont été priés de venir fairel'ouverture, et étant montés sur le théâtre ils y prennent leur place, et les gardes du commandant en chef s'emparent des marches du théâtre jusqu'à la dernière exclusivement. Toutes les fois que les commissaires du roi entrent aux États (et ils y entrent toutes les fois qu'ils envoyent dire aux États qu'ils veulent y entrer), c'est toujours avec le même cérémonial, et après que le hérault a disposé l'espace vide au milieu du théâtre de la manière suivante : Sous le dais, qui est au milieu du théâtre, on établit un trône ou plate-forme élevée de trois à quatre marches couvertes d'un tapis, où, dans un fauteuil, le dos tourné aux deux présidens de l'église et de la noblesse, se place le commandant en chef, ses pages assis sur les marches du trône, son capitaine des gardes, son secrétaire, ses gentilshommes debout derrière et autour de son fauteuil. A sa droite et à la gauche du trône, un peu en avant, hors du dais et en retour, le long des deux amphithéâtres de l'église et de la noblesse, sont placés deux fauteuils, pour le premier président à droite et pour l'intendant à gauche. L'assemblée étant ainsi formée, le commandant en chef qui, après avoir salué en entrant les présidens et les trois ordres, s'est assis dans son fauteuil, où il s'est couvert, prend la commission générale des mains de son secrétaire et la fait donner au greffier des États, et le premier commis du greffe en fait lecture à haute voix; on en use de même pour les autres commissions particulières, qu'on lit successivement, à l'exception de celle de l'intendant et du deuxième commissaire du conseil, qu'on ne présente et qu'on ne fait lire que le lendemain. Ces commissions restent au greffe, pour y être enregistrées. Après la lecture des commissions, le commandant en chef et le premier président du Parlement après lui, font l'un et l'autre un petit discours étant couverts, auxquels un des deux procureurs syndics des États répond, et il est à remarquer que soit que. le commandant en chef soit maréchal de France ou non, les procureurs généraux syndics des États, lorsqu'ils le haranguent dans l'assemblée, l'appellent Monseigneur; cela a été décidé ainsi à l'occasion de M. le marquis de Brancas aux États de 1788, avant qu'il fut fait maréchal de France. Cette première séance est terminée par la nomination de l'évêque et des assistans qui doivent, le lendemain, célébrer la messe du Saint-Esprit. Le lendemain matin, à l'heure indiquée, les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre, vont à la messe du Saint-Esprit, qui se chante en musique. Dans le choeur sont placés deux prie-Dieu, derrière lesquels sont deux fauteuils égaux pour les présidens de l'église et de la noblesse. A côté de chacun de ces fauteuils est un banc d'environ 15 à 20 pieds de long, ôù se placent les évêques à droite, et les Barons à gauche; à défaut des évêques et des Barons, les abbés et gentilshommes qui veulent s'y placer. Les abbés, les députés du chapitre, les membres de l'ordre de la noblesse, ceux du tiers et les officiers des États se placent dans le choeur indistinctement, derrière les prie-Dieu et bancs ci-dessus. Cette disposition est la même à la messe basse, à laquelle les États assistent tous les jours en corps avant de commencer leur séance. Lorsqu'à l'occasion de quelque Te Deum ou autres cérémonies extraordinaires à laquelle les États ont invité le commandant en chef, il vient y assister; il a sa place à un prie-Dieu en avant et au milieu de ceux des présidens de l'église et de la noblesse, et un fauteuil derrière « lui, et deux ou quatre de ses gardes sous les armes à ses côtés. Le premier président et l'intendant ne se trouvent point à ces sortes de cérémonies, non plus que les autres commissaires du roi, par la difficulté de leur donner des places convenables. Il faut observer que pendant la tenue des États, et même quinze jours devant et après, les actions civiles cessent contre tous les membres de l'assemblée, en vertu d'un arrêt du conseil, qui s'expédie à cet effet avant chaque tenue. Après la messe pontificale du Saint-Esprit, les trois ordres, revenus sur le théâtre, MM. les commissaires du roi ayant envoyé dire aux États qu'ils alloient entrer et étant venus, reçus et placés dans le même ordre et cérémonial que la veille, le commandant en chef commence par faire lire les commissions de l'intendant et du second commissaire du conseil. Après quoi, M. l'intendant fait un discours, à la fin duquel il fait, au nom du roi, la demande du don gratuit. Le procureur général syndic y répond, en représentant la situation des affaires de la Province et le besoin qu'elle a de soulagement: il appelle M. l'intendant, Monsieur. -La plus ancienne assemblée, dont les registres subsistent, remonte à l'année 1567. M. l'abbé de Pontbriant présente aux Etats un volume manuscrit contenant un extrait et une table des délibérations des États de toutes les tenues, depuis celle de 1732, servant de suite à l'extrait qu'on avoit donné déjà de toutes celles depuis 1567 jusqu'en 1732, avec un prospectus ou projet imprimé d'une histoire des États. MM. les présidens ont été priés, à l'unanimité des trois ordres, d'engager M.le duc d'Aiguillon de vouloir bien appuyer de ses bons offices les sollicitations qu'ils sont chargés de faire pour lui d'une abbaye. Il a été écrit, en conséquence, par M. le duc d'Aiguillon. Les commissaires du roi aux États, sont: le gouverneur de la Province, et, en son absence, le commandant en chef, qui a le titre de premier et principal commissaire ; les deux lieutenans généraux de la Province; et les trois lieutenans du roi; le premier président du Parlement, qui prend la qualité de premier commissaire ; les premier, deuxième et troisième présidens à mortier du Parlement; le premier et le second présidens de la Chambre des Comptes; le procureur et deux avocats généraux du Parlement; le procureur général de la Chambre des Comptes. L'intendant, qui prend la qualité de premier commissaire du conseil; le second commissaire du conseil est ordinairement un maître des requêtes ou un président ou conseiller au Parlement; les six généraux des finances; le grand maître des eaux et forets, les receveurs généraux des finances, les receveurs généraux des domaines et les contrôleurs généraux des finances et des domaines. Il est à observer que, lorsque les circonstances ont exigé des assemblées d'États extraordinaires, comme en 1741, 1748 et 1749, les seuls commissaires que le roi y a nommés pour y assister de sa part ont été M. le premier président du Parlement et M. l'intendant, lesquels ont partagé entre eux la gratification de 15,000 l que les États accordent au commandant de la Province, lorsqu'il assiste dans leurs assemblées ordinaires.

 

 

 

 

Description effectuée par Jean-Joseph Expilly

 

* Quelques unes des villes ayant reçut les États de Bretagne et quelques dates : 

 

Rennes 1315 1386 1395 1398 1595 1598 1616 1621 ; Ancenis 1620 1630 1720 ; Vannes 1387 1451 1462 1482 1532 1592 1619 ; Nantes 1389 1622 ; Dinan 1352 1717 ; St Brieuc 1677 1768 ; Vitré 1705 ; Bazouges La Pérouze 1729...

 

 

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 19:55

 

Comme le souligne Jean Queniard, jusqu’en 1576, les États de Bretagne n'étaient que des assemblées minuscules, qui réunissent habituellement, tous ordres confondus, quelques dizaines de députés ; le nombre des nobles dépasse rarement une quinzaine de grands seigneurs. Les sessions sont en général annuelles ; leur principal rôle est le vote des fouages et d’autres taxes, procédure purement rituelle et symbolique, puisque leur montant ne peut être modifié ni par le roi ni par l’assemblée : le nombre des « feux »

 

Le Tiers Etat ne peut pas, comme la Noblesse, assister en Corps aux Assemblés, il n'y assiste que par Députés, & toutes les Villes n'ont pas droit d'en nommer. Sous le règne de Charles IX. & de Henri III. l'Ordre du Tiers fut peu rempli : mais il s'accrut après l'Edit de pacification publié en 1598. Les Députés des Communautés inscrits dans les Registres des Etats avant l'an 1609 sont ceux de Rennes, de Nantes, de Vannes, de Quimper, de Dinan, de Quimperlé, de Fougères, de Morlaix, de Vitré, d'Aurai, de Hennebont, de St Malo, de Lannion, de Treguier, de Ploermel, de Guingamp, de Concarneau, d Audierne, de Saint Paul de Léon, de Châteaubriant, du Croisic, de Carhaix, de Landerneau, de Penmarch, d'Antrain, de la Guerche, de Brest, de Châteaulin, de St Renan, de Paimpol &c d'Ancenis. On en trouve depuis 1600 des Communautés de Pontivy, du Conquet, de Roscoff, de Machecoul, de Clisson, de Ruis, de Hedé, & de la Roche Bernard. Mais comme il n'y avait rien de réglé -dessus, les Etats assemblés à Nantes l'an 1614 en présence du Roi & de la Reine, demandèrent à Leurs Majestés par le 21 article de leurs remontrances, qu'il fût fait un Rolle des Communautés, qui avoient droit d'entrée aux Etats, afin qu'il n'y eût de lettres expédiées, pour la convocation des Etats, qu'en faveur de ces Communautés. L'article ayant été accordé, le Rolle ne tarda pas à être dresté & présenté au Roi. II contient les noms de 44 villes, dont il y en a quatre qui ne font que deux Communautés. Ces villes sont Rennes, Nantes, Vannes, Quimper, Dinan, Ploermel, Dol, S. Malo, Fougères, St Brieuc, Hennebont, Morlaix, Vitré, Aurai, St Paul de Léon, Guerande, Guingamp, Lamballe, Moncontour, Ancenis, Pontivy, Josselin, Conq, Carhaix, Malestroit, Châteabriant , le Croisic, la Guerche, Clisson, Redon, Quimperlé, Lesneven, Lantreguer, Lannion, Landerneau, Quintin, Monfort, Machecoul, Brest & St Renan, Douarnenez, Rhuys, Antrain & Basouges. Les Etats de 1699 permirent aux Habitans du Port Louis de se pourvoir au Conseil pour y obtenir le droit de lever les deniers d'Octroi & de députer aux Etats de la Province. Le même droit vient d'être accordé aux Habitans de l'Orient. Suivant l'ancien usage nos Rois, avant la tenue des Etats, écrivaient aux Capitaines & aux Habitants des Villes pour les avertir de se trouver aux Etats. L'Assemblée de 1574 faisant réflexion que cet usage était fort négligé, ou que, si l'on écrivait aux Villes, ce n'etait que pour les exhorter à chercher les moyens de faire promptement les levées, elle supplia le Roi de faire revivre l'ancienne Coutume & d'écrire aux Villes, non pour leur demander des levées des deniers, mais pour donner leur avis sur ce qui serait proposé de sa part. L'élection des Députés doit être faite en présence du Gouverneur de la Place. La Communauté de Fougères la fit ainsi l'an 1616. & élut pour ses Députés le Syndic & le Sieur de Brecelon. Mais soit que Mr. de Guemadeuc, qui était son Gouverneur, ne lui eut pas donné une entière liberté, ou qu'elle fut sollicitée par quelque aspirant à là Députation, elle s'assembla une seconde fois en particulier, & élut le Lieutenant de la Juridiction en la place du Sieur de Brecelon. Les Etats, instruits de ce qui s'était passé à Foures, ordonnèrent d'abord que l'élection faite en présence de Mr. de Guemadeuc auroit ìeu : mais dans la suite, pour satisfaire aux désirs de Messieurs les Commissaires, ils consentirent que le Lieutenant entrât dans l'Assemblée, à condition qu'il n'aurait qu'une voix avec les deux autres Députés. Les Etats de 1667 par l'article 17, de leurs remon trances au Roi, supplient Sa Majesté, qu'il soit libre aux Communautés de députer qui bon leur semblera aux Etats, comme elles l'ont pratiqué par le passé : cela suppose quelque atteinte donnée a la liberté des élections. Le Conseil répondit que le Roi prendrait sa résolution sur cet article, lorsque le Duc de Chaunes, Gouverneur de la Province, lui aurait envoyé son avis. Le nombre des Députés de chaque Ville n'a point été fixé jusqu'à présent. Aux Etats de Rennes en 1595. il y avait dix Députés de la Communauté de Rennes ; elle en avait huit en 1596, sept en 1597, neuf en 1598, six en 1605. & neuf en 1671. Mais quelque nombre de Députés que chaque Ville envoyé aux Assemblées, ils n'y ont tous qu'une voix. Le Chef de la Députation a le titre de Député, & les autres sont qualifiés, Aggregés a la Députation. Le régime des réquisitions et des corvées pour la confection et l'entretien des routes, pesait lourdement sur la population des campagnes; les États, dès 1740, viennent au secours du colon chargé des transports militaires. Quant à la corvée, le manuscrit est sobre d'explications; il se contente de dire qu'en 1782, les États votèrent 200,000 livres pour le soulagement des corvoyeurs, et ne fait aucune mention de l'ordonnance du 30 juin 1776 supprimant cette servitude et la remplaçant par un impôt à la charge des propriétaires. Cette ordonnance ne reçut pas un meilleur accueil des autres provinces du royaume. C'est là une des grandes fautes des privilégiés de cette époque.

 

 

 

Quelques dates

 

 

 

 

Ploërmel 1309

 

 

 

 

La première Assemblée où paraissent les Trois Etats, est celle que le Duc Artur II tint a Ploermel l'an 1309. II y a bien de l'apparence que cette Assemblée fut faite pour l'acceptation de la Bulle du Pape Clément V. sur le changement du droit de Tierçage en celui de Neume. Le Régistre de ces Etats, qui est au Château de Nantes, conclut ainsi : Par le Parlement Général, présens les Trois Etats. Rousseau. II semble même que l'usage d'appeller le Tiers Etat au Parlement, fut établi avant l'an 1300 car Jean de Bretagne &Guillaume de Baden font qualifiés dans la Bulle de Clément V. Procureurs du Duc et des Barons, des Nobles & du peuple de Bretagne. es Barons , des Nobles &c du peuple de Bretagne.

 

 

 

 

 

Rennes 1315

 

 

 

 

Le Duc Jean III. assembla son Parlement a Rennes l'an 1315. & y appella le Tiers Etat. La preuve que nous en avons, est une Déclaration donnée au Duc par les Membres de cette Assemblée touchant son droit de Régale fur les Eglises. Cet acte finit ainsi : Et partant en ont été cettes présentes baillées à mondit Seigneur le Duc & rédigées en son dit Parlement tenu en la Cité de Rennes o solemnité des Trois Etats le Jeudi après Misericordia Domini, l'an de N.S. MCCC XV. ans. Par la Cour dudit Parlement, présens les Trois Etats. Rousseau.

 

 

 

 

Dinan 1352

 

 

 

 

Jeanne de Bretagne, femme de Charles de Blois, voulant procurer la liberté a son mari prisonnier en Angleterre, assembla ses Etats a Dinan l'an 1352. & y appella le Tiers Etat ; les lettres de créance qu'elle donna aux Députés, que l' Assemblée envoyait en Angleterre pour y négocier la rançon de Charles, commencent ainsi : Nous Jeanne, Duchesse de Bretagne, Vicomtesse de Limoges et Dame de Guise & de Maesme faisons sçavoir à tous que par l'avisement, conseil & assentement des Prélats, Chapitres, Barons & autres Nobles & des Bourgeois & Habitans de nos bonnes Villes de notre Duché de Bretagne, etc.

 

 

 

 

Vannes 1387

 

 

 

 

Comment ne pas mentionner au début de notre travail les Etats réunis à Vannes, en 1387 ? Etats, il est vrai, insignifiants par eux-mêmes et dont Phistoire n’a pas daigné nous transmettre les actes, mais Etats mémorables en ce qu’ils furent l'occasion d’un crime aux conséquences longues et terribles, Jean IV avait enfin triomphé dans sa querelle contre Blois et Penthièvre. La mort de son rival aux plaines d’Auray avait fondé sa puissance ; le levrier de Charles de Blois, fidèle au succès, était venu saluer Jean le Victorieux, et la couronne ducale, auguste objet du débat, reposait désormais sur la tête de Montfort, reconnu dans le traité de Guérande même par ses rivaux. La maison de Penthièvre restait toute fois redoutable, et la méfiance de son heureux ennemi scrutait rigou reusement tous ses actes. L’union que Jean de Blois, héritier de cette famille, contracta avec Marguerite, fille d’0livier de Clisson, connétable de France, accrut encore ses soupçons et sa haine. Le connétable était à craindre: ancien frère d’armes de du Guesclin, aussi brave que lui mais plus ambitieux, il lui avait succédé dans la première dignité militaire du royaume; la confiance et l'amitié du jeune roi lui étaient acquises. Le faible et infortuné Charles VI pouvait tout accorder au héros dans lequel il voyait le soutien de son trône et l'unique général qui lui fût dévoué. Obéissant à la fois à la peur et au désir de la vengeance, curieux d’ailleurs de donner un gage d’amitiéà l'Angleterre, contre laquelle Clisson faisait en ce moment même de belliqueux préparatifs, le Duc résolut d’immoler son ennemi et ne recula pas plus devant la honte d’une trahison que devant l'horreur d’un assassinat. Réunissant les Etats, il fit affectueusement prier Clisson de s’y rendre, le reçut à sa table, mangea à la sienne, but à la même coupe, lui prodigua les plus heureux souhaits. Et comme le connétable allait partir, Montfort le pressa de venir voir avec lui le beau château de I’Hermine, qu’il faisait alors bâtir. Ils s’y rendirent chevauchant ensemble, et suivis de quelques gentilshommes, parcoururent les salles et burent au cellier. Le duc fit emprisonner Clisson.

 

 

 

 

 

Nantes 1389

 

 

 

 

La lettre que les Etats Généraux écrivirent au Roi de France l'an 1380. pour supplier sa Majesté de pardonner à leur Duc, est scellée des Sceaux de l'Evêque de Rennes & de l'Abbé de S. Melaine pour les gens d'Eglise, & des Sceaux du Vicomte de Rohan & du Sire de Montafilant pour les Barons, les Nobles & les Communes de Bretagne. La réponse que le Roi fit a cette lettre, est addressée aux Prélats, Clergé, Barons, Nobles, Villes & Communes du pays de Bretagne. Le Traité de paix qui suivit ces deux lettres, fut ratifié par les Prélats, les Seigneurs & les bonnes Villes de Bretagne. Les sujets de plainte que le Duc Jean IV. avait contre le Comte de Penthièvre & le Connétable de Clisson, furent communiqués aux Prélats, Barons, Bannerets, Chevaliers, Ecuyers & Députés des Chapitres & Villes du Duché, assemblés a Nantes l'an 1389. dans la maison des Frères Prêcheurs.

 

 

 

 

Vannes 1451

 

 

 

 

Les premiers que nous rencontrions ensuite et qui méritent de nous arrêter, sont ceux de 1451. En proie aux dissensions et à la guerre, notre province n'avait pu, depuis longues années, jouir de ces assemblées où se discutaient ses intérêts les plus chers et qui étaient pour ses souverains l'occasion des réformes les plus utiles. Pierre II venait d'entrer en possession du duché. Prince d'une humeur sombre et soupçonneuse, ayant mené jusqu'alors la vie la plus solitaire, il écouta le conseil, que son prédécesseur et son frère lui avait donné en mourant, de bannir cette mélancolie et de se rendre, par une vie moins retirée, par un accueil franc et ouvert, accessible au peuple qu'il était appelé à gouverner, Fut ce l'effet de ces dernières paroles d'un mourant ou de l'austère piété du nouveau duc, sincèrement désireux de remplir ses devoirs de souverain et de faire le bonheur de ses sujets? Je ne sais, mais l'histoire atteste que pendant la courte durée de son règne, Pierre II fut toujours véritablement populaire. Si quelques-uns de ses actes por tèrent encore l'empreinte de son malheureux caractère, la Bretagne les oublia, en voyant un prince généreux jusqu'à la profusion, appli qué aux affaires, soutenant noblement tous ceux qui avaient par leurs services bien mérité de leur pays, portant d'ailleurs aussi haut qu'au cun de ses prédécesseurs le vieux drapeau breton, détestant les impôts et craignant toujours d'en surcharger son peuple. A peine avait-il ceint le cercle ducal, qu'il convoquait les Etats à Vannes pour le 25 mai 1451 « La veille, disent les registres, fut crié et banni que nul ne s'avance à entrer au dedans du parquet du Parlement, sauf les seigneurs et conseillers et ceux qui y sont ordonnés, sur peine de soixante livres d'amende, » présentement et incontinent exécutée. lLe Parlement de la province se réunit à Vannes, le 13 de novembre 1455 dans la grande salle des Halles. Le Duc s’y rendit, vêtu d’une robe de drap d’or, et accompagné du comte d’Etampes. Son chancelier exposa tous les faits que je viens de raconter, et conclut à ce que les Etats fussent consultés sur la double question du mariage de Marguerite et‘ de la succession au duché. Ils émirent unanimement un avis conforme à celui des parents de la jeune princesse et aux désirs de tous. Le testament de François Ier, décidèrent-ils, devait être fidèlement observé, ils ajoutaient même, étrange idée, de prétendre légiférer sur Phistoirel-que les femmes avaient été constamment exclues de la succession au duché. Les faits donnaient à cette assertion le plus complet démenti François d’Etampes priant alors le sénéchal de Nantes de parler en son nom, remercia par son organe le Duc et les Etats de Phonneur qu’ils lui faisaient, déclara qu’il était heureux de recevoir Marguerite de Bretagne pour épouse, qu’il avait promis d’exécuter fidèlement les dernières volontés du père de la princesse, qu’il renouvelait aujourd’hui son engagement en jurant sur les saints Evangiles. Marguerite de Bretagne, conduite par sa mère et par la duchesse régnante, la vertueuse Françoise d’Amboise, entra alors dans le parquet des Etats ; sa sœur Marie et un nombreux cortège de nobles dames la suivaient; le comte d’Etampes descendit près d’elle, et l'évêque de Nantes les fiança ; puis le Duc décréta le mariage que confirmèrent les Etats assemblés. Ils ajoutèrent que, tant qu’il resterait des mâles issus de la maison de Bretagne, Marguerite ne pourrait succéder au duché. Deux jours après, aux Cordeliers de Vannes, les mêmes Etats prononçaient l'union de Marie, sœur de Marguerite, avec le fils du vicomte de Rohan; et le 16 novembre, dans la chapelle des Lices, une jeune fille aux riches parures, à la longue robe trainante, à la coiffe d’or enrichie de pierreries, était agenouillée devant l'autel à côté de son fiancé. L’évêque de Nantes célébrait le mariage de François, comte d’Etampes et de Marguerite de Bretagne.

 

 

 

 

 

 

 

Vannes 1462

 

 

 

 

Lorsqu’en 1462, les Etats de la province se retrouvèrent convoqués à Vannes, le siége ducal était occupé par le jeune couple dont nous venons de voir bénir l'union en cette même ville, en 1455. François II, brillant et beau, nourri dans les fêtes de la cour de France, en transporta jusqu’en Bretagne le luxe, la gaité, la joie incessante, les tournois et les chasses. Les intérêts de ses peuples n’étaient cependant pas négligés, et, dans la tenue qui nous occupe, le Duc promulgue des constitutions nouvelles. La plupart rappelaient celles de Pierre II, et tendaient à en assurer l'exécution; il y avait aussi quelques dispositions nouvelles. Ainsi, pour que les notaires n'exigeassent pas d’honoraires plus considérables que ceux fixés par la loi, il leur était ordonné de mentionner sur le dos des actes ce que leur avaient payé les parties, et la déchéance punissait celui que l'on pouvait convaincre d‘avoir exigé plus qu’il n’avait inscrit, ou que les constitutions ne permettaient. Les faussaires et faux témoins étaient condamnés à être fouettés en public et à se voir couper, les uns l'oreille, les autres le poing; en cas de récidive, la peine de mort était prononcée

 

 

 

 

Vannes 1532

 

 

 

 

Ce fut en 1532, dans la grande salle du manoir épiscopal de Vannes, que les Etats se réunirent pour cette importante affaire. Le roi y assista-t-il? Attendit-il à Chateaubriant l'issue des délibérations? Les documents et les annalistes varient à cet égard; la première opinion est pourtant la plus probable. Outre la probabilité, elle a même pour elle des pièces authentiques. Ce qui est sûr, du reste, malgré le témoignage des actes officiels, souvent assez suspects en pareille matière, c'est que la proposition d’unir définitivement notre province à la France, loin d’obtenir dès l'abord l'universalité des suffrages, suscita une vive opposition et des débats orageux au sein des Etats. Les partisans de la vieille nationalité bretonne, puisant dans les circonstances un surcroît d’énergie, repoussaient obstinément la domination étrangère, même masquée sous la forme d’une alliance. Leurs pères avaient su défendre l'indépendance du duché; avait-on le droit de sacrifier cet héritage? Qu’allait devenir la Bretagne une fois province du royaume ? Oubliée, abandonnée, par suite de son extrême éloignement de la capitale, elle verrait ses deniers publics employés uniquement au profit de la France, ses bénéfices prodigués à des étrangers, ses gentilshommes entraînés à des guerres lointaines absolument étrangères à ses intérêts, son peuple foulé d'impôts, impuissant à faire monter jusqu’aux oreilles d’un souverain si éloigné de lui ses prières et ses plaintes. Les intérêts de la Bretagne lui étaient particuliers comme ses mœurs; pourquoi son gouvernement ne le serait-il pas de même et ne resterait-il pas aux mains de ses enfants, seuls capables de régir avec la sollicitude, avec l'amour qu'elle méritait, leur vieille terre de granit minée par les flots?

 

 

 

 

 

 

 

 

Vannes 1592

 

 

 

 

Henri de Bourbon, roi de Navarre, est appelé au trônc par sa naissance, mais il est protestant, et bien des catholiques redoutent de voir un huguenot occuper le trône des rois très-chrétiens. Un parti puissant se forme pour empêcher la couronne de reposer sur sa tête; ce parti prend pour roi le cardinal de Bourbon; il prète serment à la Sainte-Union, et la Ligue est fondée. En Bretagne plus que partout ailleurs elle eut de profondes racines. Le vif attachement de nos populations à leurs croyances religieuses les y engageait naturellement, et des circonstances politiques particulières contribuaient à les y jeter plus unanimement encore. Le duc de Mercœur gouvernait notre province au nom du dernier roi; cet illustre guerrier réunissait à un degré éminent les défauts et les qualités qui font les chefs de parti. Il était ambitieux, austère de mœurs et de principes, courageux soldat, général habile, et chéri pour sa libéralité; il joignait, en outre, à des talents réels pour gouverner une foi ardente et profonde. Il considérait sa femme comme la légitime héritière des droits des Penthièvre au duché, et la cause qu’il servait comme celle du catholicisme ; son influence en Bretagne lui paraissait assez puissante pour arriver au double but qu’il se proposait, en faisant triompher sa religion et ses droits. Ce fut lui qui convoqua les Etats à Vannes en 1592. Le serment de l'Union, profession de foi des ligueurs y fut solennellement prêté, et‘ la publication des actes du Concile de Trente condamnant le protestantisme ordonnée par toute la province.

 

 

 

 

 

 

Dinan 1717

 

 

 

 

Nous passons maintenant sans transition au XVIIIe siècle. Quelques auteurs, en plaçant à Vannes la session des Etats tenus réellement à Dinan en l'an 1717, et à laquelle se rattachent les derniers mouvements de la nationalité bretonne avant 1789, nous autorisent à la faire entrer dans le cadre de notre travail. Quelques mots sur la conspiration de Pontcallec formeront donc le complément de cette seconde partie où, après avoir montré la Bretagne définitivement unie à la France en 1532, nous venons de la voir, en 1592, tout près de recouvrer sous le duc de Mercœur son antique indépendance. Philippe, duc d’Orléans, exerçait la régence pendant la minorité de Louis XV. Trois millions de livres de joyeux avènement avaient été accordés par les Etats; le gouvernement, se servant en cette occasion de l'organe du maréchal de Montesquiou, voulut exiger le vote par acclamation d’un million de livres de plus, à titre de don gratuit. On vit alors le Président de la Noblesse se lever et répondre que la demande, faite impérieusement par le représentant du Roi de France, était une atteinte aux priviléges bretons. Il lut le contrat de mariage de la duchesse Anne qui sanctionnait ces franchises, et la lecture en fut accueillie par d’unanimes applaudissements. Les trois Ordres répondirent à la demande qui leur était faite : « que les Bretons étaient les sujets dévoués du Roi; qu’en toutes circonstances ils s’étaient efforcés de donner à la monarchie des preuves éclatantes de leur zèle ; mais que le droit de la province était de voter librement les impôts, et qu’ils n’accorderaient le don gratuit qu’après avoir consulté l'état de leurs finances, comme c’était leur devoir. » Le Régent ordonna immédiatement la dissolution des Etats et la levée des subsides par voie d’autorité. Ce prince corrompu, si libéral en paroles, si despotique à la moindre résistance opposée même justement à ses caprices souverains, violait ainsi la loi qu’il eût du faire respecter et les enga gements sacrés, pris par la couronne de France à Pégard de la Bre tagne. Les Bretons résistèrent. Leur Parlement décida que la dissolution des Etats et la levée forcée des impôts étaient une double atteinte portée au traité d’Union. Des troupes furent envoyées pour comprimer le mécontentement; la fermentation s’accrut; alors eut lieu la conspiration de Pontcallec. Les Bretons, convaincus que les liens qui les unissaient à la France se trouvaient rompus par violation même du pacte d’Union, résolurent

 

 

                     

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:00

 

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 18:30

 

 

 

On sait le mépris dont était entourée la profession de cordier. Guillaume Sevestre « vivant cordier de profession » meurt au village de Quessedor en Maroué « dans la communion ecclésiastique, après avoir reçu le Saint-Sacrement d'Eucharistie, et l'Extrême-Onction et le jeudy suivant vingt-neuffiesme dudit mois (avril 1700) aurait été inhumé dans l'Eglise paroissialle dudit Maroué en présence du prestre du clergé et ayant grande messe chantée. Cependant les manants et habitants de ladite parroiesse de Maroué se seraient advisées de détairer le corps et cadavre dudit feu Sevestre et l'ont ignominieusement exposé dans un grand chemin ..."Les juges de Lamballe seraient dessandus et auroient fait d'abondant enterrer le dit cadavre en leur présence et du public de laditte parroisse; qui se serait formalisé d'une telle action, et le dimanche neufviesme de ce mois (mai), incontinent l'issue de la grande messe, après avoir chassé de ladite église les femmes des exposants et les avoir fort maltraités, et malgré le recteur de ladite parroisse et tout le Cierge ils auroient de force entré dans ladite Eglise et forcé là porte d'icelle quy avoit été fermée par ledit recteur et ont encore déterré ledit cadavre et enlevé dudit lieu, l'ont porté au village de Quessedor où il est actuellement, et comme par "arrest du vingtiesme mars 1681, la cour aurait condamné pareille entreprise des parroissiens de Saint-Garadec à ces causes, ledits exposants, etc. » (extrait des registres du Parlement). Les exposants, parents du défunt, sont mis sous la sauvegarde de la justice, et le Parlement ordonne la réinhumation du cordier. Les juges de Lamballe interviennent de nouveau et dans leur requête ils disent: « et par une forme toute contraire aux lois du christianisme l'exposant honteusement dans un grand chemin, comme un exçomunié ou plutôt comme un chien... et joignant le mépris au scandal et à a barbarie ils l'ont, en présence de plus de quatre ou cinq cents personnes qui les suivoient, porté de our en plein midy ledit, corps et exposé dans le grand chemin. » Voici enfin la sentence définitive, on frémit en voyant la date : -18 décembre 1700. «... le corps dudit Sevestre déterré depuis la réinhumation faite en notre présence sera une seconde foys réinhumé dans l'église dudit Maroué, fait défense aux habitants dudit Maroue, et à tout autre de le déterrer... » Il s'agit bien là d'une petite révolte causée par l'orgueil de ces gens qui se trouvaient humiliés de voir un cordier, lépreux sans doute, enterré avec leurs parents. Ces faits n'étaient pas absolument rares, l'extrait du Parlement en effet, fait allusion à celui de Saint-Caradec; Le Maout raconte un fait analogue arrivé à Planguenoual, non loin de Maroué.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 18:39

 

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