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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 12:01

 

 

 

Champagné : « de sable, frété d'argent, de six pièces, au chef d'argent chargé d'un lion yssant de gueules, armé, lampassé et couronné d'or ». Maison originaire des Provinces d'Anjou & du Maine. Un Mémoire dressé sur les titres dit qu'Hubert, Sire d'Arnay, auroit pu être un puîné des anciens Comtes du Maine : c'est le sentiment de l'Abbé le Laboureur, en ses Additions aux Mémoires de Castelnau, Tome II.

 

 

 

I

 

 

 

Cet Hubert vivoit ès années 980, 985 & 997. II mourut avant l'an 1002, fous le règne du Roi Robert, fils de Hugues-Capet. Il eut pour femme, Eremburge ou Errnengarde, Dame de Vihers, fille, selon l'Auteur ci-dessus cité, ou nièce selon d'autres, Albéric, Sire de Montmorency , Connétable de France. Elle fut mariée en 997, & eut en dot de Foulques Nerra, Comte d'Anjou, son cousin-germain, la Terre de Vihers, située sur. les confins d'Anjou & du Maine, appellée la Campagne de Parce, qui comprend la Baronnie de Champagne, avec les Sireries de Pescheseul, Avoise, du Bailleul, & de Saint-Martin de Pané, que les descendans d'Hubert d'Arnay ont toujours possédée jusqu'à Jean, Sire de Champagne, sur nommé le Grand Godet, mort le 3 Juillet 1576. Ceci est prouvé par un titre de l'Abbaye de Saint-Aubin d'Angers , dont les Moines prétendoient être Seigneurs Suzerains de ces Terres , que le Comte d'Anjou leur avoit données en partie, ce qui fut disputé par Hubert, dit Rasorius, qui suit, fils du premier Hubert, nommé dans le présent titre, Arnetto, alibis Harnotto, & sa femme Eremburge de Piliers, y est qualifiée cousine-germaine de Foulques Nerra, Comte d'Anjou. Il paroît par-là que cet Hubert d'Arnay tenoit le premier rang parmi.la plus haute Noblesse des Provinces d'Anjou & du Maine, puisqu'un Comte Souverain lui donnoit sa cousine en mariage. Eremburge de Piliers, devenue veuve, se remaria l'an 1002, à Hervé de Sablé, surnommé Rasorius, dont elle eut Raoul & Bernier de Sablé, tués à la bataille de Pont-le-Voy , à la fleur de leur jeunesse en 1016. De son premier mariage vint:

 

 

 

II.

 

 

 

Hubert, II. du nom, Sire d'Arnay, de Vihers, & de la Campagne de Parcé, fut surnommé Rasorius, parce qu'il avoit été élevé jeune par Hervé de Sablé, dit Rasorius, second mari de sa mère. II fut tué à la bataille de Pont-le-Voy sur le Cher, gagnée fur le Comte de Chartres, par Foulques Nerra, Comte d'Anjou, le 6 Juillet 1016. II laissa de son épouse, Ildeburge de Beauvoir Mayenne, fille puînée d'Isemberg de Beauvoir-Mayenne, Seigneur Souverain du Ludes, de Beaussort & de Péthiviers en Beauce, Diocèse d'Orléans, & d'lldeburge de Château-du-Loir, Hubert, qui suit

 

 

 

III.

 

 

 

Hubert, III. du nom, Sire d'Arnay, de Champagne, Vihers, Saint Martin de Parce, du Bailleul, Avoise, Pescheseul, Baissé, &c. défit un Prince Sarrasin; fonda le Prieuré de Saint-Léonard, près Duretal, comme il paroìt par le titre de cette fondation de an 1050 ; & reçut en don le Château de Duretal , de Geossroi Martel, Comte d'Anjou en 1059. II quitta le surnom CArnay , pour prendre. Celui de Champagne, que sa postérité à conservé. II épousa en 1080 Elisabeth de Mathéfelon, Dame de Mathéfelon en Anjou, à condition que le fils aîné qui naitroit de cette alliance, prendroit le seul nom de Mathéfelon, & que les puînés conserveroient celui de Champagne. De ce mariage il ne vint que Hubert, qui suit;

 

 

 

IV.

 

 

 

Hubert, IV. du nom Baron de Mathéfelon, Sire de Champagne, Vihers, Arnay, Clervaux, Duretal, Avoise, Parcé, du Bailleul, Peschifeul, Champigny, Baissé, Saint-Léonard & Ravaudun, premier Baron d'Anjou & du Maine, fut présent à une donation faite à: l'Abbaye de Fontevrault l'an mil, par Pierre, Seigneur de Chemillé : ce qui est confirmé par un titre de l'Abbaye de Sainte Aubin d'Angers, où il est qualifié de Très-lllustre Hubert de Champagne, Seigneur de Parcé & Baron de Duretal, & sa femme y est nommée Agnes de Bretagne. Ils fondèrent ensemble le Prieuré de Jouy en 1116, & cette même année Hubert de Mathéfelon donna à l'Abbaye de Saint-Aubin la dixième partie des deniers du péage de Duretal, à la charge de dire une Messe chaque semaine. Il rendit de grands services au Comte Foulques d'Anjou, dans ses guerres contre le Roi d'Angleterre , & commanda les cent Hommes-d'Armes, & deux cens Archers qui facilitèrent la victoire remportée sur les Anglois à la bataille de Séez l'an 1115. Les Annale» d'Anjou se trompent, lorsqu'elles attribuent cette gloire à Hugues de Mathéfelon, son fils, & à Thibaut son petit-fils. Ses enfans furent : Hugues, qui suit & Avoise de Champagne, dont on ignore la destinée.

 

 

 

V.

 

 

 

Hugues, I. du nom, Baron de Mathéfelon & de Duretal, Sire de Champagne, Parcé, Pescheseul, Avoise, du Bailleul, Champigny, Baissé, la Ferté, Lesigné, Clervaux, Saint-Léonard, Bazoges & Ravaudun, premier Baron d'Anjou & du Maine, embrassa le parti de LiJìard de Sablé, contre Geoffroi Plantegenêt, Comte d'Anjou, & fonda l'Abbaye de Chalocé. II eut de son épouse Jeanne de Sablé, sœur de Lisiard de Sablé, & fille de Robert, I. du nom, Seigneur de Sablé, & de Herzinde, Dame de la Suze : 1. Thibault, qui suit ; 2. Brandelis, auteur de la branche des Seigneurs de Champagne & de Parcé, rapportée ci après ; 5. Etienne, nommé parmi les Seigneurs prisonniers de Richard, Roi d'Angleterre, à la bataille de Carcelles l'an 1198 ; 4.. & Lisiarde, dont l'alliance est ignorée.

 

 

 

VI.

 

 

 

Thibault, I. du nom, Baron de Mathéfelon & de Duretal, Seigneur de Chaumont, &c. premier Baron d'Anjou, augmenta les rentes de l'Abbaye de Chalocé des dixmes d'Azay & de Boudray ; & par Lettres Patentes données à la Flèche l'an 1210, il commanda à tous ses vassaux & sujets d'aller faire garde dans ladite Abbaye, qu'il prend, suivant les Lettres, en sa protection. II servît en la guerre de Poitou en 1214, se trouva aux sièges & prises d'Angers, de Moncontour & de Beaussort ; fonda en 1233, le Prieuré conventuel du Port-en-Geard, situé dans la Paroisse d'Entrâmes. II eut de son épouse, Jeanne de Bruyères ; 1. Foulques, qui suit; 2. Guyon, Baron de Chaumont, qui fonda le Prieuré de ce nom, & mourut Moine à l' Abbaye de Saint-Serge d'Angers ; 3. & Samuel, mort jeune.

 

 

 

VII.

 

 

 

Foulques, Baron de Mathéfelon & de Durerai, Seigneur de Juvigny, Saint-Ouen, Entrâmes, Azay, &c. premier Baron d'Anjou, donna aux Religieuses de Seiche toutes les dixmes qu'il avoit en sa Baronnie de Mathéfelon, & fit construire à neuf leur Eglise en 1251. II transigea en 1260, avec l'Abbé de Saint-Serge d'Angers & ses Moines, & échangea, l'an 1265, les Fiefs &c Seigneuries des Ponts de Mayenne, Faubourg de Laval, avec Gui VII, Sire de Laval, qui lui donna en échange la Terre de la Crotte. II fit de riches dons à l'Abbaye de Chalocé, & poussé du zéle de ses pères, il fit le voyage de la Terre-sainte, ayant à sa fuite un grand nombre de Gentilshommes, ses vassaux, après avoir fait son testament en 1269. A son retour il confirma ses dons &c legs, suivant Augustin du Pas, en son Hist. Généalog. de plusieurs Maisons illustres de Bretagne. II laissa de Alix de Vïtré, sa femme, fille de André, dernier Baron de Vitré & de Thomasse de Mathéfelon, qu'il avoit épousée en 1248 : 1. Hugues, qui suit ; 2. Foulques, Evêque d'Angers, d'abord Trésorier de l’Église Cathédrale de cette Ville : il fut sacré & fit son entrée le 17 Juin 1324. II se trouva à la conférence qui fut tenue à Paris le 8 Décembre 1329, entre le Roi Philippe-de-Valois, & Pierre de Cugnieres, parlant au nom de ce Prince, d'une part, & plusieurs Prélats de France, de l'autre, au sujet de la puissance spirituelle & temporelle: cette conférence fut continuée le 15 & le 22 du même mois à Paris ; le 29 & le 30 à Vincennes ; & l'Evêque d'Angers assista à toutes ces séances, & à un Concile Provincial, convoqué à Châteaugontier sous Pierre Fréteau, Archevêque de Tours en 1336. II mourut en odeur de sainteté le Mardi avant la Fête de Noël de l'an 1355, dans un âge fort avancé, & fut enterré dans le Choeur de son Eglise Cathédrale, où l'on voit son épitaphe ; 3. Catherine, Abbesse de S. Georges de Rennes l'an 1294, morte le 29 Avril 1317 ; 4. & Philippe, Religieuse, puis Abbesse de S. Georges de Rennes après sa soeur, morte l'an 1325.

 

 

 

VIII.

 

 

 

Hugues, II. du nom, Baron de Mathéfelon & de Durerai, Seigneur d'Entrâmes, Azay, Juvigné, Saint-Ouen, &. premier Baron d'Anjou, confirma les donations & fondations que son père avoit faites, tant a l'Abbaye de Chalocé, qu'aux Religieuses de Seiche, auxquelles il donna toutes les dixmes qu'il avoit en fa Baronnie de Mathéfelon, tant par eau que par terre. Il assista avec les Seigneurs de Craon, de Beaumont, de Vendôme, & de Chartres, à la cérémonie du Baptême de Jean-Baptiste deFrance, qui fut depuis le Roi Jean, faite au Mans le 26 Avril 1319. Il est inhumé dans l'Eglife de l'Abbaye de Chalocé en Anjou. De son épouse, dont on ignore le nom, il eut : 1. Thibault, qui suit ; 1. Aenotte ou Gaenotte, mariée à Foulques, Sire de Bazeille.

 

 

 

 

IX.

 

 

 

Thibault, II. du nom, Baron de Mathéfelon & de Durezal, Seigneur d'Entrâmes, Azay, Juvigné, la Chapelotte, Saint-Ouen, Breviande & Maupas, premier Baron d'Anjou, premier Chambellan du Roi Philippe de Valois, servit dignement Jean de France, Comte d'Anjou, dans les guerres contre les Anglois ès années 1334 & 1336. Il se trouva au dégât d'Hainaut & au siège du Château de Thin-Lévêque près Cambray, fit des prodiges de valeur à la sanglante bataille de Crécy donnée le 16 Août 1346, de même qu'à la défense de la Ville de Calais en l'an 1353. II mourut peu de tems après, & fut inhumé à Chalocé, laissant de Luce de Quelaines, son épouse : 1. Foulques, Baron de Duretal, mort sans postérité vers l'an 1340, du vivant de son pere, & enterré à Chalocé ; 2 Thibault, qui suit ; 3. & Aux, Abbesse de S. Georges de Rennes en 1352, & morte en 1370.

 

 

 

X.

 

 

 

Thibault, III. du nom, Baron de Mathéfelon & de Durezal, Seigneur de Jars, Entrâmes, Azay, Juvigné, la Chapelotte, Saint-Ouen, Breviande, Maupas, Yvoy, Malvoisine, la Crotte & Chaumont, premier Baron d'Anjou, fut réputé, avec le Connétable du Guesclin, l'un des plus vaillans, des plus nobles &c des plus adroits Chevaliers de son sìécle, suivant la Chronique d'Anjou, qui ajoute que ce Thibault de Mathéfelon servit dans l'armée que le Roi Charles V, dit le Sage, envoya en Bretagne en 1364, sous les ordres du Connétable, & qu'il signala sa valeur à la bataille d'Auray. II suivit Louis, Duc d'Anjou, en Guyenne, où il se trouva en 1374, à la prise de la Rochelle & à la réduction du Poitou; & l'an 1378, aux siège & prise de Bergerac, de Sainte-Foy & de Castillon. II suivit le Duc de Bourbon en Barbarie, & se trouva au siège de la Ville d'Afrique en 1391. II est inhumé à Chalocé dans le tombeau de ses ancêtres. II avoit épousé Béatrix de Dreux, fille de Robert, III. du nom, Seigneur de Beu, souverain Maître-d'hôtel de Jeanne de Bourgogne, Reine de France, &de Béatrix de Courlandon, sa première femme, par contrat passé à Melun au mois de Mai 1339. Elle mourut en 1356, & fut enterrée dans l'Eglise de Chalocé. II en eut : 1. Pierre, Baron de Mathéfelon & de Duretal, Seigneur de Jars & autres lieux, premier Baron d'Anjou, qui testa en faveur de ses soeurs en 1389, étant allé faire la guerre en Hongrie aux Infidèles, avec l'élite de la Noblesse d'Anjou. II fut tué à la bataille de Nicopolis le 24 Avril 1396, fans laisser d'enfans de Jeanne Painelle, sa femme, d'une ancienne Maison de Normandie, fille de Philippe Painelle, Baron de Moyon, & d'lsabeau de Mailly ; 2. Jeanne, Dame de Mathéfelon & de Duretal, selon le testament de son frère, laquelle porta les principaux biens de fa branche dans celle de Larchevêque, par son mariage avec Guillaume, dit Jean Larchevêque, Baron de Parthenay, & Seigneur de Soubise en Poitou, mort le 17 Mai 1407, fils de Jean Larchevéque, Seigneur de Parthenay, & de Marie Beaujeu ; 3. & Oenor de Mathéfelon, qui porta les Terres de Jars, d'Entrâmes, d'Azay, de la Chapelotte & d'Yvoy, dans la Maison de Rochechouart, par son alliance avec Jean II. du nom, Vicomte de Rochechouart, Conseiller-Chambellan du Roi & du Duc de Berri, fils de Louis, Vicomte de Rochechouan, Chevalier-Banneret, Gouverneur de Limousin, & de Marie de Trignac, dite de Javercy, sa première femme. De cette alliance sont descendus les Seigneurs du Bourdet, Marquis de Champdenier, de Faudoas & de Jars, rapportés dans le Tome IV. des Grands Officiers de la Couronne, p. 655, à l'occasion du Duché-Pairie de Mortemart ; 4 & 5. Béatrix & Marie de Mathéfelon, Religieuses au Prieuré de St. Louis de Passy.

 

 

 

Branche des Seigneurs de Champagne & de Parce.

 

 

 

VI.

 

 

 

Brandelis, I. du nom, Sire de Champagne, Parcé, Pescheseul, Avoise, Saint-Léonard, Ravaudun, du Bailleul, Epinay, Bossé, Levigné, Bazoges & Champigny, premier Baron du Maine, second fils d'Hubert IV, & d'Agnès de Bretagne, testa le 11 Septembre 1147, mourut en 1249, & fut enterré dans l'Eglise de S. Pierre de Parcé où l'on voit son tombeau. II eut de Louide de Rohan, probablement fille d'Alain IV, Vicomte de Rohan, morte en 1257 & enterrée auprès de lui : 1. Foulques, qui suit; 2. Geoffroy, Sire & Baron d'Epinay, marié avec Jeanne de Beaumont, fille de Jean I. du nom, Vicomte de Beaumont, & de Jeanne, Dame de La Guierche, & petite-fille de Jean de Brienne, Roi de Jérusalem. II en eut trois garçons : l'aîné mort en 1308 sans postérité, nommé Gallerand : les deux autres, Alain & Thibault, morts jeunes : & une fille nommée Alix.

 

 

 

VII.

 

 

 

Foulques, I. du nom, Sire de Champagne, Parcé, Pescheseul, Avoise, Bazoges, Bailleul, &c. premier Baron du Maine, fit le voyage de la Terre-Sainte en 1246, mourut en 1269 & fut inhumé à S. Pierre de Parcé. II eut de Jeanne de Sulfy, Dame en partie de Baugency, fille de Henri y IV. du nom, Sire de Sully, Grand Bouteiller de France, & de Jeanne de Vendôme, morte en 1261, & enterrée à Parcé : 1 . Jean, Sire de Champagne, Seigneur de Bazoges & de Parcé, qui testa le 1 5 Janvier 1287, & mourut sans enfans de Marguerite de Montitur, sa femme ; 2, & Foulques, qui suit.

 

 

 

VIII.

 

 

 

Foulques, II. du nom, aliàs Hugues, Sire de Champagne ; Parcé, Pefcheseul, Avoise, Clervaux, du Bailleul, Ravaudun, Bazoges, &c. premier Baron du Maine, fit hommage de la Terre de Bazoges au Vicomte de Beaumont le 15 Juillet 1277, & étoit mort l'an 1290. II laissa de Jeanne de Harcourt, sa femme, fille de Robert de Harcourt, I. du nom, Seigneur de Beaumesnil, & de Jeanne de Saint-Eclairain : 1. Jean, qui suit ; 2. & Geoffroy, Chevalier, auquel le Roi Philippe de Valois, en récompense de ses services, fit don d'une maison, terres & vignes & autres biens. II est qualifié dans l'acte de 1328, General & Maréchal des Armées de S. M. Très-Chrétienne. C'est lui à qui on fut redevable, après le Roi, du gain de la bataille de Montcassel, donnée le 22 Août de la même année contre les Flamans.

 

 

 

IX.

 

 

 

Jean, I. du nom, Sire de Champagne, Parcé, Pescheseul, Avoise, Ravaudun, du Baîlleul, Clervaux, Lesigné, Bazoges, &c. premier Baron du Maine, rendit un aveu au Vicomte de Beaumont le 2 Avril 1290, mourut en 1335, & fut inhumé à S. Pierre de Parcé. II avoit épousé Isabelle de Chazeille, fille de Foulques, Sire de Bazeilles, & Oenor de Mathéfelon, dont : 1. Jean, qui suit ; 2. Thibault, Chevalier, tué à la bataille de Çocherel ; 3 . Foulques, mort en bas âge ; 4. & Béatrix, femme de Louis le Clerc, Seigneur de Juigné.

 

 

 

X.

 

 

 

Jean, II. du nom, Sire de Champagne, Parcé, Peschefeul, du Bailleul, Avoise, Ravaudun, &c. premier Baron du Maine, né au Château de Peschefeul le 7 Janvier 1317, fut créé Chevalier-Banneret à Abbeville en 1326, peu après Capitaine de cent lances, Gouverneur & Lieutenant-Général pour le Roi de la Province de Touraine. II testa le 23 Avril 1352, & fut tué avec son frère cadet à la bataille de Cocherel, gagnée sur les Anglois le 23 Mai 1364. II laissa de Jeanne de Beaujame, fille & unique héritière de Bouchard, Chevalier, Seigneur de Villemaison, & de Marguerite de Beauçay qu'il avoit épousée par contrat du 3 Octobre 1348 : 1. Brandelis, qui suit ; 2. Robert, Chevalier, qui servit le Roi en 1330 ; 3. & Jean, Chevalier, qui servit aussi le Roi, ayant dans sa Compagnie un Chevalier, trente-cinq Ecuyers & un Archer, ès années 1380, 1381, 1382 & 1383. II avoit fait montre à Blois le 2 Février 1370.

 

 

 

 

XI.

 

 

 

Brandelis, II. du nom, Sire de Champagne, Parcé, Peschefeul, du Bailleul, &c. premier Baron du Maine, Conseiller & Chambellan du Roi Charles VI, rendit aveu le 4 Juillet 1393, devant Marie, Reine de Jérusalem & de Sicile, Duchesse d'Anjou, Comtesse de Provence, du Maine & de Touraine, ayant la garde noble & administration du Roi Louis, son fils. II est qualifié dans cet hommage, de notre très-cher & bien amè cousin, qui tient de nous en franc-aleu noble, & à titre de Sirerie & Principauté, les Terres d' Avoise & de Peschefeul. Il fonda, par contrat du 18 Mars 1375, trois Canonicats à S. Martin de Parcé, où il fut inhumé dans le tombeau de ses ancêtres le 10 Mars 1411. II eut de Jeanne, Dame de la Reaulté, fille de Jean, Seigneur de la Reaulté en Anjou, & de Jeanne de Manubier, Dame de Bois-Dauphin, de la Grange & d'Estave : 1 . Jean, qui suit ; 2. Hardouin, Seigneur de Tucé, Grand Chambellan de Sicile, Gouverneur & Grand Bailli de Touraine. Le Roi René lui donna un Brevet de premier Conseiller avec une pension de 200 liv. Tournois, par Lettres expédiées au Château d'Angers le 17 Mars 1434. II prit le nom de Tucé, qui étoit celui de son épouse Jeanne, héritière de Tucé, fille du Baron de Tucé, puîné des anciens Comtes du Maine, & veuve de Guillaume de Chources-Malicorne, dit de Tucé, Seigneur de Clinchamps, qu'il avoit épousée par contrat du 16 Janvier 1437, à condition d'en prendre le nom & les armes. Il en eut : (a) Nicolas, Baron de Tucé, Seigneur de Millesse, &c. qui bâtit la Chapelle du Château de Tucé où il est inhumé, étant mort le Samedi 22 Mai 1529. Il laissa de Françoise Lespervier, son épouse, fille de Georges, Seigneur de la Bouvardiere & de Montauban, morte le 29 Février 1529, Jeanne , Baronne de Tucé, Dame de Millesse, &c. mariée 1°. à Claude d'Aumont, Seigneur d'Estrabonne ; & 2°. par contrat du 9 Juillet 1515 à François de Beaumanoir, Baron de Lavardin, fils de Jean de Beaumanoir, II. du nom, & de Hélène de Villeblanche, sa première femme. Elle mourut le 30 Décembre 1545, & fut enterrée en l'Abbaye de Champagne au Maine ; (b ) Geoffroy de Tucé, Chevalier, qui servit le Roi l'an 1477, suivant le compte des guerres de cette année ; (c) & Anne de Tucé, mariée par contrat du 23 Juin 1453, à Charles de la Porte, Seigneur de Saint-Marc ; 3. Guillaume, Chevalier, qui commanda les sept Chevaliers & Ecuyers François au combat donné contre les sept autres Chevaliers & Ecuyers Anglois, sur la rivière de Ligne au-dessous du Château de Pont en Saintonge, & ce fut lui seul qui resta maître du champ de bataille ; 4. & Jean de Champagne, dit le Jeune, mort en bas âge.

 

 

 

 

XII.

 

 

 

 

Jean, III. du nom, Sire de Champagne, Lonvoisin, Parce, Pescheseul, Avoise, Bazeille, du Bailleul, &c. Duc de Barri au Royaume de Naples, premier Baron du Maine, Grand-Maréchal de Sicile, d'Anjou & de Provence, fut blessé à la bataille de Verneuil en 1414, & testa le 9 Juin 1433. Il mourut à Angers le 17 Janvier 1436, & fut inhumé à S. Martin de Parcé. Il eut pour femme Ambroise de Crénon, fille unique & héritière de Baudouin, Seigneur de Crénon & de Brouassin, Bailli de Touraine, & de Marie de Beuil, soeur de Jean, V. du nom, Sire de Beuil, Comte de Sancerre, Amiral de France, créé Chevalier de l'Ordre de Saint Michel à la première promotion faite le premier Août 1469. Il en eut : 1. Jean, IV. du nom, Sire de Champagne, tué à la bataille de Verneuil au Perche l'an 1414, qui laissa de Marie de Sillé, fille de Guillaume, Seigneur de Sillé, & de Marie de Rieux, Anne de Champagne, mariée à René de Laval, dit de Raiz, Seigneur de la Suze, laquelle donna, du consentement de son mari, à Brandelis de Champagne, son cousin germain, les Terres de la Suze, de Loupelande & de Chauffour, par acte du 21 Septembre 1498. Elle fit une autre donation à Baudouin de Champagne, frère dudit Brandelis, d'une partie de ses meubles, par acte du 8 Juillet 1499 &. mourut en 1501, après avoir fait son testament, par lequel elle ordonna sa sépulture en l'Eglise de S. François de la Flèche ; 2. Pierre, qui suit ; 3, 4, 5, 6, 7, 8. Baudouin, Brandelis, Hardouin, Thibault, Mathieu, & Louis, qui terminèrent glorieusement leur vie à la bataille de Verneuil, où ils furent tués avec leur frère aîné, à la fleur de leur âge, en 1424. On voit leur tombeau dans l'Eglise Paroissiale de cette Ville ; 9. Louise, femme d'Eustache de Machecoul, Chevalier, fils puîné de Jean de Machecoul, Seigneur de Vieillevigne & d'Eschive, & de Vivonne, sa seconde femme ; 10. Agnès, mariée à René, Sire de Chemiré ; 11. Jeanne, femme deHardouin de Montsjeau, fils puîné de Briand, V. du nom, Sire de Montsjeau, & de Marie de Montulain ; 12. Ambroisie, mariée à Jacques de Craon, Seigneur & Baron d'Ingrande ; 13. & Louise, dite la Jeune,.Abbesse de Romeray à Angers.

 

 

 

XIII

 

 

 

Pierre, I. du nom,.Sire de Champagne, Pescheseul, Avoisé, Lonvoisin, du Bailleul, Parce, &c. Prince de Montorio & d'Acquilla, au Royaume de Naples, premier Baron du Maine, Chevalier de l'Ordre du Croissant, Grand-Maréchal & Viceroi de Sicile & d'Anjou, se trouva à la bataille de Verneuil, si funeste à ses frères en 1414, défit les Anglois au combat de Beaumont en 1419, fit hommage à René, Roi de Sicile & de Jérusalem, Duc d'Anjou, Comte du Maine, Comte de Provence & de Touraine, de ses Terres de Pescheseul & de Champagne, à titre de Sirerie & Principauté, le 21 Septembre 1439. Il est qualifié dans l'acte de son Cher & Amé Cousin, Féal Conseiller, Chambellan, Maréchal de nos Royaumes. Il remporta deux signalées victoires contre les Anglois, la première en 1442, dans la plaine de Saint-Denis d'Anjou, Village contigu du Pays du Maine ; & la seconde devant Beaumont-le-Vicomte, en 1448. II fut créé par le Roi René, Chevalier de l'Ordre du Croissant, & l'année suivante il eut ordre de Jean d'Anjou, Duc de Calabre de secourir le Roi Charles VII contre les Anglois. II signala sa valeur pour le service de ce Prince, au siège de Rouen, à la bataille de Formigny, & à la conquête de la Normandie. II mourut à Angers, à la Cour du Roi de Sicile, le 15 Octobre 1485, ayant vécu près d'un siècle ; son corps fut inhumé le 8 Décembre suivant dans l'Eglise de Saint Martin de Parcé. II avoit épousé par contrat du 22 Avril 1441, Marie de Laval, soeur de Guy de Laval, II. du nom , Seigneur de Loué, Chevalier de l'Ordre du Croissant, Grand-Veneur de Sicile & d'Anjou, & fille de Thibault de Laval, Seigneur de Loüé, Chevalier, Conseiller & Chambellan du Roi Charles VI, & de Jeanne de Maillé-Brezé, dont : 1. René, qui suit ; 2. Baudouin, Seigneur de Paray, Gouverneur du Vicomté de Beaumont, Conseiller-Chambellan du Roi Louis XI, mort sans enfans de Marie de la Grésille, sa femme ; 3. Brandelis,. auteur de la branche des Seigneurs &. Comtes de la Suze, rapportée ci après ; 4. Guy, Seigneur de Ravault, de Bonnefontaine & de la Roche-Simon, Colonel de 600 Hommes de pied, mort de ses blessures âgé de 70 ans, qu'il avoit reçues à la bataille de Pavie le 24 Février 1524. Il eut de Jeanne de la Grésille, son épouse, Christophe de Champagné, Seigneur de Ravault, père de François de Champagne, Seigneur de la Roche-Simon, dont le fils Claude de Champagne, Vicomte de Neuville, Maréchal des Camps & Armées du Roi, épousa Marie de Riante-de-Villeroi, mère de deux fils morts sans postérité ; Jean, auteur de la branche des Seigneurs de Morcins, rapportée après celle de Brandelis ; 6. & Pierre, II. du nom, mort en bas âge.

 

 

 

XIV.

 

 

 

René, Sire de Champagne, Pescheseul, Avoise, Longchamps Bazeilles, du Bailleul, &c premier Baron du Maine, mourut avant son père en 1480, & fut enterré à Saint Martin de Parcé. Il avoit épousé par contrat du 17 Mars 1477 Julienne de Beaumanoir, Dame de Saint-Bernard de Duretal, & de Lesigné, fille de Guy de Beaumanoir, Seigneur de Lavardin, & de Jeanne d'Estouteville, sa première femme, dont : 1. Pierre, qui suit ; 2. & Anne, femme de Georges de Châteaubrillant, Seigneur des Roches-Baritaut, Grand-Veneur de France, fils de Théaude de Chateaubriant, Seigneur des Roches-Baritaut, Baron du Lion d'Angers, Comte de Casanau Royaume de Naples, &c de Françoise Odart, Dame de Colombieres en-Touraine, & Baronne de Loigny au Perche.

 

 

 

XV.

 

 

 

Pierre, III. du nom, Sire de Champagne, Pescheseul, du Bailleul, la Mothe-Achard, Parce, &c. premier Baron du Maine, fut créé Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, à Amiens, par le Roi François Ier, en 1527, & mourut au Château de Pescheseul le 14 Mars 1529, étant nommé Ambassadeur Extraordinaire en Angleterre, & fut enterré à Saint Martin de Parce. II eut d'Anne de Fourmantierre, fille unique & héritière de Guy de Fourmantierre, Chevalier, Seigneur du Plessis-Fourmantierre, & de Françoise de Laval-Bois-Dauphin, mariée par contrat du 7 Janvier 1504, & inhumée auprès de lui à Saint Martin de Parcé : 1. Jean, qui suit ; 2. Jean, dit le jeune, Seigneur de la Reaulté, mort sans enfans de N. ... . de Champagne-Ravault ; 3. & Renée, mariée à Nicolas le Clerc, Seigneur de Juigné.

 

 

 

XVI.

 

 

 

Jean, V. du nom , Sire de Champagne, Parcé, Pescheseul, Avoise, Ravaudun, Valon, Clervaux, du Bailleul, le Plessis-Fourmantierre, le Plessis-Tacé, Crénon, la Reaulté, Martigny, Beaumont, Duretal, Lesigné, Saint-Bernard, Magné, Béru, Longchamps, Briant, la Vauvrille & Baissé, premier Baron du Maine, Chevalier de l'Ordre du Roi, Gentilhomme ordinaire de sa Chambre, Capitaine de 100 Hommes-d' Armes de ses ordonnances, communément appellé le Grand Jean, à cause de sa belle taille, fut toute sa vie l'ennemi déclaré des Religionnaires : il en fît périr un grand nombre dans le vivier de son château de Pescheseul, qu'il appelloit le Grand-Gobelet, dans lequel il leur donnoit à boire, ce qui lui fit donner le surnom de Grand-Godet : peu même s'en fallut qu'il n'y fît boire sa femme, Anne de Laval, qu'il soupçonnoit d'être Huguenote. Le Roi Charles IX, étant dans le Pays du Maine, lui fit l'honneur de loger dans son château de Pescheseul en 1571. Ce même Monarque ayant couru risque de se noyer en passant la rivière de la Sâtre, le Sire de Champagne lui sauva la vie, en le retirant de l'eau, avec le Comte du Lude & le Seigneur de Lavardin. II assista au siège de la Rochelle en 1573, & mourut à Pescheseul le 3 Juillet 1576, & fut inhumé à Saint Martin de Parcé, dans le tombeau de ses ancêtres. II eut d'Anne de Laval, fille de Jean, Seigneur de Bois-Dauphin, & de Renée de Saint-Marc , Vicomtesse de Breteau, qu'il avoit épousée par contrat du 19 Septembre 1538.

 

 

 

XVII.

 

 

 

 

Hardouine, Dame de Champagne, Pescheseul, Parcé, Avoise, Ravaudun, Valon, Clervaux, le Plessis-Fourmantierre, le Plessis-Tacé, du Bailleul, la Reaulté, Crénon, Martigny, Beaumont, Duretal, Lesigné, Saint-Bernard, Longchamps, Magné, Béru, la Vauvrille, Baissé, Briant, &c. première Baronne du Maine, épousa par contrat du 9 Octobre 1559, Philippe de Chateaubriant, Seigneur des Roches-Baritaut, Comte de Grassay, Chevalier de l'Ordre du Roi, Gouverneur de Fontenay-le-Comte en Poitou, fils de Louis de Chdteaubriant, Seigneur des Roches Baritaut, & de Marguerite de Vernon, Dame de Grassay. Ce Philippe de Châteaubriant est renommé dans l'Histoire par ses grands exploits de guerre contre les Religionnaires. Il n'eut de son mariage qu'une fille nommée Philippe de Châteaubriant, Dame de Champagne, Pescheseul, Avoise, Parcé, &c. laquelle épousa, 1°. Gilbert, Seigneur du Puy-du-Fou ; 8c 2°. le 23 Mai 1601, Henri de Sauves, Baronde Contenant, Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers de la Garde du Roi, nommé à l'Ordre du Saint-Esprit le 31 Décembre 1619, & mort sans avoir été reçu.

 

 

 

Branche des Seigneurs & Comtes de la Suze.

 

 

 

XIV.

 

 

 

Brandelis de Champagne, Seigneur de Bazoges, de Brouassin, de Villaines, de Vaucelles, & de Bazeille, troisième fils de Pierre I. Sire de Champagne, Prince de Montorio & d'Acquilla, premier Baron du Maine, & de Marie de Laval-Loüé, fut Chevalier de l'Ordre du Croissant, Conseiller-Chambellan du Roi, Capitaine de 100 Hommes d'Armes de ses ordonnances, Lieutenant-Général, & Commandant en Artois, Grand-Sénéchal du Maine, Perche & Comté de Laval, & Gouverneur de la Ville de Saumur. Anne de Champagne, sa cousine-germaine, femme de René de Laval, dit de Raiz, Seigneur de la Suze, lui fit don, du consentement de son mari, des Terres & Seigneuries de la Suze, des Coulans, de Loupelande & de Chauffour, par acte passé le 11 Septembre 1498. II servit dans toutes les guerres de son tems, & fut dangereusement blessé à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, & testa le 15 Décembre 1504. II eut de Renée de Warie, fille de Guillaume de Warie, Seigneur de l'Île-Savary en Touraine, & de Charlotte de Barbaugy, qu'il avoit épousée par contrat du 18 Avril 1485 : 1. Baudouin, qui suit ;2. Françoise, mariée par contrat du 6 Décembre 1505, à Jean de Gironde, Seigneur de Montetara, Gouverneur des Ville & Château de Domme en Périgord, fils de Bertrand de Gironde, Seigneur de Montetara, & de Monde de Bauza ; 3. Jeanne, mariée par contrat du 25 Mars 1508, à Marquis de Cardaillac, IV. du nom, Seigneur de Bringues , Baron de Montbrun, fils de Jean, Baron de Cardaillac, & de Marguerite de Caumont ; 4. & Éléonore, femme de Jean de Guarguesalle, Seigneur de Coulaines, fils de Jean de Guarguesalle, Seigneur de Coulaines , & d'Anne du Breuil, sa femme, & petit-fils de N. . . . Guarguesalle, Grand Ecuyer de France en 1461.

 

 

 

XV.

 

 

 

Baudouin de Champagne, Baron de la Suze au Maine, Seigneur de Bazoges, Loupelande, des Coulans, Chauffour, Bazeille, Villaines, Brouassin, Vaucelles & la Motte-Achard, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, Conseiller & Chambellan des Rois Louis XII & François Ier, fut envoyé en qualité d'Ambassadeur Extraordinaie auprès de l'Electeur Palatin en 1511, & en Ia même qualité auprès de l'Empereur Charles-Quint en 1518. Jean de Gironde, Seigneur de Montetara, son beau-frère, le nomma son Exécuteur testamentaire le 14 Mars 1535. Il accompagna le Roi au siège de Landrecies en 1543, mourut à la Suze le 24 Juin 1560, & fut inhumé dans l'Eglise Paroissiale de ce lieu, à côté de son épouse Jeanne, Dame de la ChapeIle- Rainsoùin, fille & unique héritière d'Olivier, Seigneurie la Chapelle-Rainsoùin, & d'Aréthuse de Melun, fille de Charles de Melun, Seigneur de la Borde & de Normanville, Grand-Maître de France, morte en 1558, & qu'il avoit épousée par contrat du 17 Mars 1518, dont : 1. Nicolas, qui suit ; 2. Hardouine, qui eut pour la dot 230 mille livres, & fut mariée par contrat du 7 Mars 1543, à Louis de Vieuxpont, Baron de Neubourg, Chevalier de l'Ordre du Roi ; 3. &c Charlotte, femme par contrat du 3 Août 1549, de François de Saint-Gelais, Seigneur de Saint-Severin, fils de Merlin de Saint-Gelais, Seigneur de Saint-Severin, premier Maître-d'Hotel des Rois Louis XII & François Ier, & de Madelene de Beaumont, Dame de Glonay.

 

 

 

XVI.

 

 

 

Nicolas de Champagne, premier Comte de la Suze, Seigneur de la Chapelle-Rainsouin, la Chassignière, des Coulans, Chauffeur, Bazeille, Bazoges, Brouaslin, Vaucelles, Villaines, Loupelande, & la Motte-Achard, Conseiller & Chambellan du Roi, Chevalier de son Ordre de Saint-Michel, Capitaine de 50 Hommes-d'Armes de ses ordonnances, fut du nombre des Seigneurs François qui se jettèrent dans Metz, pour défendre cette Ville, contre les Troupes de l'Empereur Charles-Quint, en 1552. II fit la campagne de Flandre en 1555, sous le Duc de Nevers &c le Maréchal de Saint-André. II se trouva à la bataille de Saint-Quentin le 10 Août 1557, & fut tué à celle de Saint-Denis le 12 Novembre 1567, âgé de 41 ans. Ce fut en sa faveur que la Baronnie de la Suze fut érigée en Comté, & les Châtellenies de Loupelande, des Coulans, Brouassin, Villaines, la Motte-Açhard, la Butonniere & Chambreil, en Baronnies, & unies sous le nom de Comté de la Suze, relevant nuement en plein fief à une seule foi & hommage du Roi, avec exercice de Justice, sous un seul degré de Jurisdiction, par Lettres-patentes données au mois de Février 1566, enregistrées le 12 Décembre suivant. II eut de Françoise de Laval, son épouse, fille de Guy de Laval, Seigneur de Laizay, & de Claude de la Jaille, qu'il avoit épousée par contrat du 26 Mai 1547 : 1. Louis, qui suit ; 2. Brandelis, auteur de la branche des Seigneurs & Marquis de Villaines, rapportée ci-après ; 3. & Perronelle, Dame de Bazoges, femme de Jacques, Comte de Lorges & de Montgommery, Chevalier de l'Ordre du Roi, Capitaine de 100 Hommes-d'Armes, Gouverneur de Castres, fils de Gabriel, Comte de Montgommery, premier Capitaine des Gardes-du-Corps du Roi, & d'Elisabeth de la Touche, dont elle eut Marguerite, Dame de Lorges, de Montgommery, & de Bazoges, mariée par contrat des 20 Janvier & 12 Avril 1603, à Jacques de Durfort, Marquis de Duras, Comte de Rozan, Conseiller d'Etat, Capitaine de 100 Hommes-d'Armes, dont descendent les Maréchaux Ducs de Duras & de Lorges.

 

 

 

XVII.

 

 

 

Louis de Champagne, I. du nom, Comte de la Suze, Baron de Brouaisin, Loupelande, des Coulans, la Butonniere, Chambreil, & la Motte-Achard, Seigneur de la Chapelle-Rainsouin, & autres lieux, Chevalier des Ordres du Roi, Capitaine de 50, puis de 100 Hommes d'Armes de ses ordonnances, Conseiller d'Etat, servit dans toutes les guerres de son tems, comme il paroît par les Lettres, Brevets, & Commissions que lui donna le Roi Henri III, ès années 1575, 1576, 1577, 1582, 1584, 1585, 1586 & 1587. Il fut blessé aux batailles de Jarnac & de Moncontour en 1569, signala sa valeur au siège de la Rochelle en 1573 ; & à celui de Brouage en 1577, où il reçut le Brevet de Capitaine de 50 Hommes-d'Armes. II commanda en qualité de Lieutenant-Général des Armées du Roi, sous le Comte de Bouchage, au siège du Château d'Angers en 1585; fut employé, après la réduction de cette place, avec fa Compagnie d'ordonnance, depuis le mois de Mars jusqu'au mois d'Août aux environs des Villes de Paris, Rouen & autres, pour s'opposer aux mauvais desseins des ennemis de l'Etat. II fut reçu le 31 Décembre suivant, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit. Henri III augmenta sa Compagnie d'ordonnance de 50 Hommes-d'Armes, & lui donna un Brevet de Conseiller d'Etat, daté du 3 Avril 1587 ; mais il jouit peu de ces nouvelles dignités, ayant été tué à la bataille de Coutras, donnée le 10 Octobre de la même année, où il servoit en qualité de Lieutenant-Général, âgé seulement de 31 ans, fort regrette du Roi & de toute la Cour, tant à cause de sfa valeur, que des belles qualités de son esprit. Entre grand nombre de lettres que lui écrivit le Roi Henri III, il y en a trois sur-tout qui prouvent suffisamment l'estime particulière que ce Monarque faisoit de son mérite. La première, écrite de Paris, est du 16 Novembre 1575 : la seconde, écrite à Dollainville, est datée du 5 Octobre 1576; & la troisième, écrite de Paris, est du 29 Octobre 1585. Par cette dernière il paroît que ce fut au Comte de la Suze que ce Prince fut redevable de la prise du Château d'Angers. II avoit épousé par contrat passé à Paris le 2 Mars 1572, en présence du Maréchal Duc de Montmorency, de l'Amiral de Coligny, du Marquis de Villaines, & du Seigneur du Bellay, Madelene de Melun, Dame de héritière de Charles de Melun, II. du nom, & de Marie, Dame de Laré, qui se remaria après la mort de son mari avec Aimon de Maïlloc, Baron de Saint-Denis, dont : 1. Louis, qui suit ; 2. & Catherine, Dame de Nogent-sur-Loire, qui épousa Amauri Goyon, II. du nom, Marquis de la Moussaye, Comte de Plouer, Vicomte de Pommerith, & de Touquedec, fils de Charles Goyon, Baron de la Moussaye, & de Claude du Chàtel, Dame de Pommerith, & de Touquedec, & mourut à Paris le 11 Juillet 1649, âgée de 70 ans (voir Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs & La puissante famille Gouyon de la Moussaye, page n° 2). De cette alliance vinrent : 1. Amauri Goyon, III. du nom, Marquis de la Moussaye, Comte de Quintin, Gouverneur de Rennes, mort sans enfans mâles à Henriette-Catherine de la Tour, soeur du Grand Turenne ; 2. & François Goyon , dit le Baron de la Moussaye, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Gouverneur de Stenay, célèbre par ses amours avec la Duchesse de Longueville.

 

 

 

XVIII

 

 

 

Louis de Champagne, II. du nom, Comte de la Suze, de Bedfort & de Ferrette, Marquis de Normanville & de Lumigny, Baron des Coulans, la Butonniere, Chambreuil, la Motte- Achard, Loupelande & Brouassin, Seigneur des Landes, Luré, la Chapelle-Rainsouin, & autres lieux, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Général de la République de Berne, Gouverneur de Montbelliard &c des Comtés de Bedtort. & Ferrette, apprit le métier de la guerre sous le Grand Gustave,Roi de Suéde , avec permission du Roi Henri IV, comme il paroît parles Provisions & Passe-ports que ce Prince lui donna. De retour en France, il eut le malheur de renoncer à la Religion de ses pères, pour embrasser celle de Calvin, aux instantes sollicitations de Charlotte de la Rochefoucauld, son épouse, zélée Huguenotte. Il défendit, pour son parti, la Ville de Soissons, contre toute l'armée du Roi Louis XIII, en 1617. Ayant assemblé la Noblesse Protestante de Beauce, du Perche, & du Vendômois, il se jetta en 1621 dans la Ville de Gergeau, remplie d'Huguenots, & investie par l'armée du Roi, commandée par le Comte de Saint-Pôl, & après s'être défendu avec une valeur extraordinaire, il fut obligé de capituler le 23 Mai. Quelques jours après il fut défait par les Royalistes, sur la rive de la Forêt de Marché-Noir, prés Beaugency. La République de Berne le demanda pour Généralissime, avec permission du Roi, qui lui en envoya les Lettres datées du 8 Septembre 1622. II servît encore en France après la prise de la Rochelle en 1628 ; fit les fonctions de Maréchal de Camp au siège de Trêves, sous le Maréchal d'Estrées, en 1632 ; servit en cette qualité dans l'armée que le Roi envoya dans l'Electorat de Trêves &c Pays-Messin, sous les ordres du Marquis de Saint-Chamaju, Ministre d'Etat ; en 1633, eut beaucoup de part à la victoire de Cobiens, à la prise de Freidembergh ; se trouva ensuite au siège de Nancy, où le Roi l'ayant détaché pour soumettre les places voisines, il prit, entr'autres, la Ville de Charmes ; fut pourvu du Gouvernement de Montbelliard en 1635 ; eut commission de commander un corps de troupes, composé en partie de la garnison de cette place, dans la haute & basse Alsace, où il assiégea le 23 Décembre de la même année, le Château de Rouppe près de Bedfort, occupé par les Croates, qui, après avoir fait une assez forte résistance, demandèrent à parlementer, afin d'avoir le tems de cacher l'or & l'argent, & ce qu'ils avoient de plus cher de leurs brigandages & voleries ; mais pendant qu'ils s'amusoient à cela, les Assiégeans entrèrent dans la Ville, passèrent au fil de l'épée tous ceux qu'ils trouvèrent en armes, & firent prisonniers les autres. Le Château fut rasé, & le Comte de la Suze fut particulièrement loué d'avoir conservé l'honneur aux femmes & aux filles, qu'il fit retirer & garder dans l'Eglise du lieu. II fit lever Ie siège de Porentru au Général Coloredo, Ie 19 Juin 1636 ; deux jours après, il se rendit maître de Bedfort ; assiégea ensuite la Ville de Delle, qui capitula le 25 du même mois ; & se soumit la plus grande partie de l'Alsace. Le Roi lui donna en récompense, par Lettres datées de la même année, pour en jouir, comme de son bien propre, res Seigneuries & Comte de Bedfort, de Ferrette & pays en dépendans, avec le gouvernement de ces places, le Brevet de Lieutenant-Général de ses Armées, & une pension de 9600 liv. II mourut à Montbelliard en 1637. Son corps fut transporté à Berne, où la République lui fit dresser un magnifique mausolée. II eut de Charlotte de la Rochefoucauld, dite de Roye, sa femme, fille de Charles de la Rochefoucauld-Roye, Comte de Roussy, & de Claude de Gontaut-de-Biron, morte le 6 Septembre 1637, & qu'il avoit épousée le 17 Janvier 1617 : 1. Gaspard, qui suit ; 1. François-Marie, Marquis de Normanville, tué à la bataille de Lens en 1648, où il servoit en qualité d'Aide-de-camp de M. le Prince ; 3. Louis, Marquis de Lumigny, qui se trouva en qualité de Volontaire, à la bataille de Lens, où il eut le même fort que son frère ; 4. Josué, mort jeune à Berne, où l'on voit son épitaphe en vers latins, faite par Grasserus, Ministre de cette République ; 5. Armand, mort au berceau, quinze jours après sa naissance ; 6. Ursule, mariée à César, Marquis de la Musse-Ponthus, fils de David, Baron de la Musse, & Anne de la Noue, petite-fille du fameux François, Seigneur de la Noue, dit Bras-de-fer ; 7, 8 & 9. Claudine, Marie & Charlotte, mortes sans alliance.

 

 

 

XIX.

 

 

 

Gaspard de Champagne, Comte de la Suze, de Bedfort & de Ferrette, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Commandant en Alsace, Gouverneur de Delle, Bedfort & Ferrette, marcha sur les traces de son père, & se distingua en plusieurs occasions pour le service du Roi Louis XIII, qui lui donna en 1640 un second Brevet confirmatif de celui qu'il avoit donné à son père, pour posséder en propriété les Comtés de Bedfort & de Ferrette, avec le Gouvernementlaces, & le Brevet de Lieutenant-Général de ses Armées dans la haute &c basse Alsace. L'Historien Dupleix, sur l'an 1641, dit que les Espagnols conduisant à Besançon un convoi de six zo chariots, escorté de 200 hommes de pied, commandés par le Baron de Gramont-Meliças & le sieur de Gonsan, Gouverneur de Faucogney, le Comte de la Suze alla les attaquer avec 150 hommes de pied & 30 maîtres. Les ayant trouvés en bon état, il leur fit de rudes charges, qu'ils soutinrent vigoureusement, faisant leur décharge avec avantage entre les chariots, qui leur servoient de barrières ; mais le Comte de la Suze ayant mis pied à terre avec ses cavaliers, marcha l'épée à la main, & en fit un si horrible carnage, qu'il en demeura 150 sur la place, entre lesquels fut le sieur de Gonsan. Le Vainqueur fut blessé dans l'action, & à l'exemple de son père, il conserva l'honneur aux Dames & aux Demoiselles qui étoient dans des carosses à la suite du convoi. En 1641, le Comte de la Suze fit lever le siège de Hohentwiel aux Impériaux. Pendant les guerres civiles arrivées sous la minorité de Louis XIV, il prit, soit par inclination, soit par un intérêt particulier, le parti du Prince de Condé. Devenu le confident & la créature de ce Prince, il lui livra plusieurs places d'Alsace. Le Maréchal de la Ferté-Senecterre eut ordre du Roi de l'assiéger dans Bedfort sur la fin de l'année 1653. Le Comte de la Suze, au rapport de tous les Historiens du tems, se défendit d'abord avec beaucoup de valeur ; mais se voyant sans espérance de secours, il se rendit le 23 Février 1654, après cinquante-neuf jours de siège, ayant auparavant fait mettre le feu dans le Château de Rouppe, & dans les autres Villages voisins. Sa rébellion donna occasion au Cardinal Mazarin de le dépouiller de la jouissance & du Gouvernement de Bedfort & de Ferrette, pour s'en pourvoir lui-même, & en donner la survivance au Duc de Mazarin, son neveu. Le Comte de la Suze, privé des glorieux fruits des conquêtes de son père, se retira en sa Terre de Brouassin, où il mourut en 1694. II avoit épousé : 1°. Henriette de Coligny, veuve de Thomas Hamilton, Comte de Hadington, Ecossois, & fille de Gaspard, Comte de Coligny, nommé Duc de Châtillon, Maréchal de France, Gouverneur de Montpellier, & d'Anne de Polignac. La jalousie que son mari conçut contre elle, lui fit prendre le parti de la mener à une de ses Terres. La Comtesse effrayée de ce dessein, en détourna l'exécution, en abjurant la Religion Prétendue Réformée qu'elle professoit, comme son mari, & rentra dans la véritable créance de l'Eglise Catholique, ce qu'elle fit le 20 Juillet 1653. Le motif n'en étoit pas pur ni digne de la Religion qu'elle embrassa : c'est ce qui fit dire à la Reine Christine de Suéde, que la Comtesse de la Suze s'étoit fait Catholique, pour ne voir son mari, ni en ce monde, ni en l'autre. Le changement de Religion, & la continuation de la jalousie de son mari, qui prenoit chaque jour de nouveaux degrés, augmentèrent la désunion, & elle fit casser son mariage par un Arrêt du Parlement. Elle mourut après s'être fait une réputation par ses poésies , dans la République des Lettres le 10 Mars 1673, & fut enterrée dans l'Eglise de S. Paul à Paris. On a quatre volumes de ses Poésies, imprimés à Trévoux en 1725. Au commencement de ce recueil, on trouve un extrait de la vie de la Comtesse de la Suze, dont Mignard, premier Peintre du Roi, a fait le portrait. M. du Tillet lui a aussi donné place dans son Parnasse François, ainsi que Mademoiselle de Scudery dans sa Clélie ; & 2°. par contrat du 28 Octobre 1662, Louise de Clermont-Gallerande, morte au mois de Septembre 1669, dont : 1. Thibault de Champagne, Comte de la Suze, mort à l'âge de 18 ans, aux Mousquetaires ; 2. Marie-Louise, morte à 21 ans, sans alliance ; 3. Renée-Gabrielle, mariée au Marquis de la Brissaudiere en Normandie ; 4. & Madelene-Françoise, mariée par contrat du 21 Octobre 1699, à Hubert-Jérôme de Champagne, son cousin, Comte de Villaines, fils d'Hubert de Champagne, Marquis de Villaines, & de Catherine Fouquet-de-la-Farenne, sa seconde femme. Elle est morte le 17 Avril 1731, âgée de 64 ans à Saint-Romain près de Mellé en Poitou, où elle est inhumée. '

 

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 11:27

 

 

 

Tufs à phénoclastes

 

 

 

Sous ce terme sont désignées des roches grisâtres à blanchâtres (en fonction de l'altération) riches en minéraux phylliteux et caractérisées par la présence de nombreux phénoclastes de feldspaths et de quartz) millimétriques à centimétriques, contournés par une schistosité bien marquée. Ces faciès, comme toutes les volcanites et volcanoclastites, ont subi une recristallisation notable. Ces tufs surtout visibles à l'Est d'Eréac (carrière de Haut-Launay) se retrouvent au Nord de la Deuve (Fig. 23), et ou Nord-Ouest de Troherneuf (Fig. 24) où ils sont particulièrement riches en phénoclastes de feldspaths (atteignant 20 mm) et contiennent des fragments lithiques. Matrice : elle est abondante (60 à 70 % du volume de la roche) et constituée de quartz microcristallin (recristallisation) et de minéraux phylliteux (séricite et chlorite) de néoformation qui soulignent la schistosité. Clastes (30 à 40 % du volume de la roche) : le pourcentage quartz-feldspaths est variable. - quartz en gros individus (200 à 1 000 p) arrondis et fracturés, éclatés, parfois à golfes de corrosion - petits grains noyés dans la matrice (quelques dizaines de v à 100 y), souvent à contours anguleux, indiquent qu'il s'agit bien de clastes. Enfin des quartz automorphes bipyramidés contiennent des inclusions de minéraux titanés (rutile). - les feldspaths correspondent à des plagioclases albitiques (An 5-10) assez arrondis et à des feldspaths potassiques-perthitiques, parfois maclés carlsbad, subautomorphes. Ces feldspaths sont aussi fracturés et éclatés. La matrice renferme d'autre part des grains microquartzitiques et des fragments de siltites, anguleux, parfois centimétriques. Dans la carrière de Haut-Launay (Nord-Est d'Eréac, front de taille est) (Fig. 23), on observe des roches allant depuis des termes tuffacés à rares phénoclastes jusqu'à des tufs francs à cristaux et des faciès siliceux (gris) à texture felsitique, évoquant des cinérites en grande partie recristallisées. Aucune texture de lave n'a été observée dans toutes ces roches. L'analyse chimique (Tabl. 13 a-1) d'un tuf à cristaux caractérise une roche légèrement plus potassique que sodique. Parmi les éléments traces (Tabl. 13 a-1) on constate une teneur élevée en Rb (# 150 ppm) et Zr (# 300 ppm) et au contraire des faibles teneurs en V et Sr. Des teneurs assez comparables ont été obtenues sur les tufs fins à débris de schistes à plantes provenant du Tournaisien inférieur de Bas-Couyer (Ille-et-Vilaine) (F. Paris, comm. Orale). Le caractère volcanique des faciès observés en indices de surface (butte au NW de Troherneuf), sont moins apparents. Des clastes de quartz "volcaniques" sont noyés dans une matrice fine et abondante. Il s'agit plutôt ici de tuffites. Des faciès comparables (schistes à "quartz volcaniques") ont été décrits par Sagon (1976, p. 143) dans l'Est du Synclinorium de Châteaulin, au sein de formations attribuées au Dévonien inférieur (Anticlinal de la Butte Saint-Michel).

 

 

 

 

Données paléontologiques

 

 

 

 

Aucune donnée paléontologique n'a pu être recueillie dans le Groupe d'Eréac. La seule macrofaune reconnue à la bordure sud du synclinorium (Crinoîdes, Tentaculites, Bivalves, Céphalopodes ?) a été découverte dans un faciès calcareux inclus dans des schistes noirs du Dévonien(sondage B.R.G.M. - Ville Allouët). Quelques spores découvertes dans ces mêmes faciès noirs appartiennent au genre EmpharûAposuXej, (Chateauneuf, comm. orale) dont l'extension verticale (Silurien supérieur à Carbonifère) n'apporte aucune précision supplémentaire. Les relations entre ces termes dévoniens et le Groupe d'Eréac sont purement tectoniques (cf. 3ème Partie) Les seules données antérieures concernant les "porphyroïdes" d'Eréac, sont celles de Barrois. Cet auteur (1894) considère que ces roches sont assimilables, d'après leurs caractères lithologiques, aux porphyroïdes (a y3) qu'il a cartographiées dans la partie est du Synclinorium de Châteaulin (1890) (Le Bodéo, Allineuc, Merléac) où leur interstratification dans les schistes carbonifères peut être observée. De même Barrois et Lebesconte (1894) considèrent que les porphyroïdes d'Eréac sont analogues à celles du Nord de Rennes (Bas-Couyer en Melesse). Pruvost & al. (1959) figurent des schistes de Châteaulin sur la bordure sud de la forêt de Bosquen (Est de Collinée) mais ne donnent pas les motifs qui les ont poussés à modifier l'attribution antérieure de ces terrains aux schistes et grès de Gahard (Barrois, 1890). On peut penser que la mise en évidence, dans ce même secteur, de "porphyroïdes" (y4), les a incité à considérer les terrains situés immédiatement au Nord, comme représentant les schistes de Châteaulin, ceci par comparaison avec les séries carbonifères de l'Est du Synclinorium de Châteaulin. Ces interprétations successives sont relativement imprécises et ne reposent que sur des analogies de faciès. En outre la nature des contacts entre les formations du Paléozoïque inférieur, le Groupe d'Eréac et les terrains briovériens a été considérée tantôt comme stratigraphique (Pruvost & al., 1959), tantôt comme tectonique (Barrois 1890 ; Barrois & Lebesconte, 1894). Compte tenu de l'imprécision des données antérieures et de l'absence de tout élément paléontologique, une discussion sur l'âge du Groupe d'Eréac ne peut se fonder que sur les comparaisons avec les régions occidentales et orientales du Synclinorium médian armoricain. Dans la partie orientale du Synclinorium de Châteaulin, une récente révision du volcanisme (Sagon, 1976) a permis de reconnaître parmi les "porphyroïdes" rapportées antérieurement au Carbonifère, deux ensembles : - le premier constitué entre autres par des méta-rhyolites ou métadacites, serait interstratifié dans la partie inférieure de la succession dévonienne. - le second, qui comprend des kératophyres sodiques, des quartz- volcano-sédimentaires, appartient à la partie basale de la série sédimentaire inférieure du Dinantien. Dans la partie orientale du Synclinorium du Ménez-Bélair, aux environs de Saint-Germain sur-Ille, existe un ensemble volcanoclastique comprenant des brêches à éléments volcaniques, des tufs rhyolitiques, des "blaviérites" ; le tout passe à une succession terrigène plus fine et se termine par des faciès carbonatés. Des intercalations schisteuses à plantes et spores, ont permis de dater le matériel volcanoclastique du Tournaisien inférieur. Au voisinage immédiat de ces affleurements des filons de rhyolites et de microgranites, localisés le long de la fracture sudbordant le Paléozoïque, correspondraient aux "cheminées" d'alimentation de ce volcanisme (Paris, 1971 ; Cogné, Paris & Philippot, 1972). D'après l'ensemble de ces données, deux hypothèses sont retenues et discutées : l'appartenance du Groupe d'Eréac soit au Dévonien inférieur, soit au Carbonifère. Un âge dévonien inférieur paraît peu probable dans la mesure où les faciès reconnus dans le Groupe d'Eréac ne rappellent en rien les Formations de Gahard et Touvra, représentant le Dévonien inférieur sur le flanc nord du synclinorium. Ces formations n'ont montré aucune trace de volcanisme et il paraît peu concevable que l'épaisse série volcanique du Groupe d'Eréac puisse disparaître aussi rapidement vers le Nord. On notera par ailleurs que dans le reste du Synclinorium du Ménez-Bélair, le Dévonien inférieur, dont la succession est bien connue, ne comporte pas non plus d'épisodes volcanoclastiques manifestes. On peut d'autre part remarquer que l'attribution au Dévonien inférieur des volcanites acides de la partie est du Synclinorium de Châteaulin, comporte une part d'interprétation. Les conditions d'affleurement très médiocres ne permettent pas en effet, de voir un passage graduel entre les volcanites et les formations rapportées au Dévonien (Aye, 1978). Une association tectonique ne peut être à priori exclue dans la mesure où dans la région étudiée ici, le Groupe d'Eréac est fréquemment en contact par faille avec les terrains du Dévonien inférieur (sondage B.R.G.M., Ville Allouët - Discussion 3ème partie). Enfin, la variabilité des faciès qui accompagnent le volcanisme acide dans la partie orientale du Synclinorium de Châteaulin (Aye, 1978) s'accorde mal avec la relative uniformité de la succession éodévonienne dans l'ensemble du Synclinorium médian armoricain. En l'absence de toute preuve paléontologique ou radiochronologique publiée, l'âge dévonien inférieur du volcanisme dans la partie est du Synclinorium de Châteaulin (par exemple Porte-aux-Moines), ne peut donc être considéré comme définitivement acquis. Le volcanisme d'Eréac est à chimisme acide et peut donc être rapproché du volcanisme de même type reconnu au Nord de Rennes et dans le Synclinorium de Laval. Le Dinantien du Synclinorium de Châteaulin renferme également du matériel rhyolitique (Sagon, 1976 ; Morzadec & al., 1975 ; Bebien & al., 1979, p. 279). Les comparaisons de faciès sont plus délicates à utiliser en raison des variations latérales et verticales de ces faciès, au sein d'une même unité structurale (par exemple bordure sud du Synclinorium de Laval : Plaine, 1976). On remarquera toutefois la présence dans le secteur étudié, comme dans le Bassin de Laval, de rhyolites ignimbritiques, également présentes dans le Carbonifère inférieur du Bassin de Châteaulin (Sagon, 1976). Dans le Groupe d'Eréac, l'absence de calcaires ne saurait constituer un argument pour rejeter un âge carbonifère puisque la sédimentation carbonifère dans le Synclinorium du Ménez-Bélair (Calcaires de Quenon : Tournaisien supérieur à Viséen) comme dans le Bassin de Laval (Calcaires de Laval et de Sablé : Tournaisien supérieur-Viséen), ne débute qu'après la mise en place de l'ensemble volcanique de la Formation de l'Huisserie. De même l'absence apparente de schistes à plantes ne constitue pas non plus un obstacle à cette interprétation : ces dépôts, peu épais et très localisés dans la Formation de l'Huisserie, ont fort bien pu être entièrement laminés lors des épisodes de structuration affectant le Groupe d'Eréac. Un premier essai de datation radiométrique effectué sur le matériel rhyolitique du Groupe d'Eréac (Le Tertre) ne fournit pas pour l'instant de résultats suffisamment fiables pour être retenus (R. Charlot, communication oraleEnfin on peut remarquer que cette unité prend place à la bordure méridionale du synclinorium, en position assez comparable à celle des lambeaux de la Formation de l'Huisserie, exposés sur le flanc sud du Synclinorium médian, au Nord de Rennes et aux environs d'Entrammes. Malgré l'absence d'éléments décisifs un âge carbonifère inférieur sera retenu pour le Groupe d'Eréac ; aucun argument irréfutable ne paraissant aller à l'encontre de cette interprétation. Cette évolution (Fig. 26) est marquée par les variations de maturité de texture, de composition, et les changements successifs de la taille du "grain moyen" des sablites et la présence de niveaux particuliers (microconglomérats ...). La maturité de composition est faible à la base de la succession (formations gréseuses ordoviciennes). Les feldspaths se rencontrent à l'extrême base de l'Ordovicien (Formation du Grès armoricain) où ils sont accompagnés de fragments lithiques, puis, après une disparition momentanée (Formation d'Andouillé) sont à nouveau présents au sommet de ce Système (Formation de Saint-Germain-sur-Ille). Ils paraissent totalement absents des formations siluriennes et dévoniennes. Si cette absence peut être affirmée pour la Formation de Rochereuil, dans le Grès de Gahard, l'état d'altération des échantillons disponibles ne permet pas d'être aussi affirmatif : on notera par ailleurs dans ces faciès l'existence de quartz arrondis, translucides, qui pourraient avoir une origine volcanique. Par contre dans le Groupe d'Eréac (Carbonifère inférieur), ces feldspaths sont très abondants dans les niveaux volcanoclastiques. La maturité de texture montre une évolution peu nette dans la mesure où la succession est caractérisée par l'alternance de formations à dominante gréseuse et à dominante silteuse. A la base de la succession, dans la Formation du Grès armoricain, les niveaux gréseux pratiquement dépourvus de matrice, ont un grain moyen élevé et sont accompagnés, à plusieurs reprises, par des niveaux microconglomératiques à éléments de quartz et fragments lithiques (phtanites); ces passées intraformationnelles paraissent correspondre au remplissage de chenaux sous une tranche d'eau peu importante (zone tidale). La Formation de Gahard, en particulier à son sommet (niveaux ferrugineux du "Grès de Gahard" s.s.), montre un grain moyen comparable à celui du Grès armoricain. Les caractères de la Formation du Grès armoricain,correspondant à l'installation de la sédimentation paléozoïque sur le "socle" cadomien érodé, dont les éléments (formations briovériennes et granites) ont fourni une part importante du matériel, en particulier les feldspaths et les éléments lithiques.Le cas de la Formation de Gahard paraît plus étonnant dans la mesure où ses caractères (relativement uniformes dans l'ensemble du Massif armoricain) rappellent ceux d'une formation de début de transgression alors qu'aucune régression importante ne précède apparemment ces dépôts qui succèdent en continuité à ceux du Silurien. Le Groupe d'Eréac traduit dans ses caractères lithologiques et pétrographiques un démantellement pratiquement sur place d'épanchements volcaniques acides.

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:05

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 06:28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 18:51

Le groupe d'Eréac

 

 

A la bordure sud du synclinorium, entre les formations du Paléozoïque inférieur (Ordovicien à Dévonien) et le Briovérien, prend place une unité sédimentaire particulière : le Groupe d'Eréac. Celui-ci est caractérisé par le développement de volcanites et de volcanoclastites, et par une structuration beaucoup mieux exprimée que dans le reste du Paléozoïque (Fig. 23, Annexe 2 et partie structurale). Le terme de Groupe est adopté ici car cet ensemble réunit des faciès sédimentaires (schistes, grès, quartzites), des volcanites et des volcanoclastites d'origines variées. Si certains types ont pu être individualisés cartographiquement (volcanites et volcanoclastites), les relations existant entre ces différents faciès restent mal connues. Ainsi dans cette région située au Sud de Rouillac et s'étendant de Collinée jusqu'au Sud de Broons, les feuilles de Pontivy et Rennes à 1/80 000e ne se raccordent pas de façon cohérente (Fig. 2). Diverses interprétations ont en effet été retenues par les auteurs successifs (Barrois, 1890 ; Pruvost & al., 1959). La feuille de Pontivy (1ère édition), ne comporte pas de terrains carbonifères à la bordure sud de la Forêt de Bosquen, alors que dans la 2ème édition (Pruvost & al., 1959), dans cette même zone apparaissent des porphyroîdes dinantiennes (y4) et des schistes de Châteaulin (hv). Ces auteurs considèrent ces terrains comme les équivalents orientaux du Carbonifère reconnu dans le Bassin de Châteaulin. Pour la feuille Rennes, Barrois cartographie sous le symbole ay3 un ensemble constitué essentiellement de "porphyroîdes" en alternance avec des schistes et arkoses qu'il considère comme homologues du Carbonifère des régions plus orientales (Bas-Couyer près de Saint-Germain-sur-Ille). L'interprétation cartographique retenue ici diffère en partie de celle des auteurs antérieurs : la large bande de schistes et quartzites située au Sud de Rouillac, et rapportée avec doute au grès de Saint-Germain (Barrois, 1894), est notamment placée dans le Groupe d'Eréac.

 

 

 

Conditions d'observation

 

 

 

L'étude de la bordure méridionale du Paléozoïque (carte h.t. 1) est difficile : les conditions d'affleurement sont médiocres et l'altération souvent très marquée. De plus les relations entre volcanites, volcanoclastites et faciès sédimentaires sont rarement visibles ; seuls deux affleurements montrent un contact faillé entre des rhyolites et des schistes, au Val de Jugon (Nord d'Eréac) (Fig. 23) et à la Motte du Parc (Ouest de Troherneuf) (Fig. 24). Des déformations importantes perturbent et masquent les caractères originaux des faciès observés. Cette homogénéisation entraîne une convergence de faciès qui interdit souvent d'apprécier la nature originelle, sédimentaire ou éruptive de certaines roches. Enfin, l'état de structuration interdit toute évaluation de puissance pour cet ensemble. L'épaisseur de 1 000 mètres indiquée par Barrois (1894) puis par Barrois et Lebesconte (1894) ne paraît pas très significative. Les faciès sédimentaires : les schistes à chloritoîde et roches associées Ils affleurent tout au long de la bordure sud du Paléozoïque, depuis Collinée (la Haie du-Sillon) jusqu'au Sud de Broons (Queloscouët, LaVille-Allouët, Le Fros (carte h.t. 1 et Fig. 23). A l'affleurement ces sédiments se présentent comme des alternances plus ou moins régulières de schistes sombres et de passées siliceuses claires d'épaisseur variable (centimétrique à pluridécimétrique). Ces divers types de roches ne sont pas sans rappeler certains niveaux des schistes et quartzites de Plougastel connus à l'Ouest dans les gorges du Daoulas (Sagon, 1976). Les schistes, sombres et durs, sont assez grossiers (Tabl. 12A). Ils représentent le faciès dominant et sont caractérisés par la paragenèse : quartz + muscovite + chloritoîde + chlorite. Le quartz se présente en grains à bords dentelés ou très anguleux, et en sous-grains (quelques dizaines de y). La muscovite apparaît en lamelles flexueuses disposées dans la schistosité. Quant au chloritoîde, il existe sous forme de baguettes isolées (50-200 p) ou groupées en rosettes. Ces baguettes sont disposées parallèlement ou obliquement par rapport à la schistosité principale. Le chloritoîde est parfois présent en quantités importantes dans les schistes (La Morgandais au Nord-Est d'Eréac) Ci:). La présence de ce minéral au sein de la paragenèse citée précédemment, indique qu'un métamorphisme épizonal a affecté l'ensemble de ce secteur. Des passées siliceuses grises (blanchâtres en surface), centimétriques, apparaissent de manière discontinue et soulignent les microplissements à l'intérieur des schistes. Pétrographiquement ces faciès sont proches d'arénites fines recristallisées (microquartzites) à grains de quartz étirés (orientation préférentielle) et sous-grains. Dans l'analyse chimique (Tabl. 12). les éléments comme Mn, Mg, Ca, Na ... n'ont pas été dosés. Cependant s'ils existent ceux-ci doivent être représentés par des quantités infinitésimales puisque Si02 et Al203 constituent la quasi-totalité de la roche. Ceci confirmerait en particulier l'absence apparente de feldspaths constatée lors de l'analyse pétrographique. D'après cette composition chimique anormale et dans le contexte volcanique du Groupe d'Eréac, ces passées pourraient représenter des niveaux de cherts siliceux recristallisés. Des grès quartzites en bancs décimétriques, parfois boudinés, accompagnent aussi les schistes à chloritoîde. L'analyse pétrographique de ces arénites quartzeuses est donnée dans le Tableau 12 C. Localement des grès fins verdâtres à lamines sont visibles au Nord-Est d'Eréac (carrière de Rouaudel). Ce sont des wackes quartzeuses (Tabl. 12 B) dans lesquelles les grains de quartz arrondis ont parfois un cachet volcanique (golfes, aspect craquelé) ; d'autres quartz sont étirés et soulignent le plan de débit. Ils sont accompagnés par de rares feldspaths altérés. Ces sédiments, sans tri granulométrique, possèdent une bonne maturité de composition mais une médiocre maturité de texture.

 

 

 

Les Volcanites

 

 

 

Sous le nom de "porphyroïdes" Barrois (1894, p. 221) désignait des schistes séricitiques stratifiés, plus ou moins compacts, à cristaux de feldspath et de quartz. L'origine volcanique de certaines porphyroïdes déjà préssentie par cet auteur (1900) a été précisée par de Lapparent (1909), qui y voyait d'anciennes roches volcaniques secondairement modifiées. Dans le Massif armoricain le terme de "porphyroïdes" a été utilisé dans un sens général pour désigner des roches à phénocristaux de feldspath et de quartz, dont l'origine volcano-sédimentaire ou effusive était mal précisée (Cogné, 1960 ; Ters, 1972 ; Chauvel & al., 1975 ; Boyer, 1976). Dans la région étudiée, par rapport aux schistes à chloritoîde, les volcanites et volcanoclastites paraissent plus localisées. Ces roches souvent profondément altérées, affleurent assez mal, aussi leur importance est-elle vraisemblablement sous-estimée. Quelques observations ponctuelles (puits situés dans la zone déprimée sans affleurement, au Sud de Launay, carte h.t. 1) n'ont montré que des volcanites ou volcanoclastites et viennent conforter cette supposition. Ces faciès sont essentiellement visibles dans les secteurs d'Eréac (Fig. 23) et de Troherneuf (Fig. 24)

 

 

 

Les rihyolites

 

 

 

Elles sont visibles près du Tertre (NE d'Eréac) (Fig. 23) à proximité des schistes à chloritoîde qui ont subi les mêmes déformations (cf. 3ème partie). Ces roches siliceuses verdâtres, satinées et schistosées, ont un aspect rubané et contiennent des phénocristaux de feldspath et de quartz millimétriques. Mésostase : quartzo-sériciteuse, très finement cristallisée. La séricite constitue de longues fibres flexueuses. Phénocristaux : quartz volcaniques (jusqu'à 350 y), quartz éclatés et étirés plurimillimétriques - feldspaths totalement pseudomorphosés, non identifiables. Ce faciès fortement tectonisé rappelle les "blaviérites" du Synclinorium de Laval qui correspondent à du matériel rhyolitique (coulées et tufs associés, cf. Plaine, 1976). Ces rhyolites existent également plus à l'Ouest où elles dessinent cartographiquement des "bandes" peu épaisses, d'une dizaine de mètres, fortement tectonisées (Troherneuf, La Chênaie, Le Fournil, Saint-Maleu, Rouaudel). A partir de ce type principal, on peut distinguer quelques variantes : A la Deuve, Saint-Maleu, La Ville Guéneu (Fig. 23) affleurent des "rhyolites porphyriques". Ce sont des roches grises à verdâtres, parfois violacées, à passées phylliteuses sombres et à très nombreux phénocristaux de quartz et feldspaths millimétriques. Des rhyolites à faciès ignimbritiques sont observables à la Motte-du-Parc (Ouest de Troherneuf : Fig. 24). Ce sont des roches claires très siliceuses, à débit planaire bien marqué, dans lesquelles des fuseaux sombres évoquent les structures flammées des rhyolites ignimbritiques. En outre quelques phénocristaux, quartz volcanique, feldspaths, y sont identifiables. Les phénocristaux feldspathiques correspondent à des plagioclases albitiques, et à des feldspaths potassiques subautomorphes généralement maclés carlsbad, plus ou moins albitisés. Microscopiquement la mésostase est essentiellement quartzo-sériciteuse. La recristallisation est importante. De véritables structures de flammes (structures axiolithiques) n'ont toutefois pas été reconnues. Ces rhyolites à faciès ignimbritiques sont accompagnées par un faciès contenant des structures de dévitrification (sphérolites feldspathiques atteignant 1 mm). Au Nord-Ouest de la Deuve (Fig. 23) s'observent des faciès comparables mais plus altérés et plus tectonisés.

 

 

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 12:41

 

 

 

Alain 3 du nom Duc de Bretagne (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 4) fonda l'Abbaye de sainct George de Renes (voir Abbayes bretonnes d'après reproductions anciennesen faveur de sa soeur Adelle, qui en fut la premiere Abbesse, & entre autres terres, rentes, revenus & heritages dont il dota ladite Abbaye, il y donna & aux Religieuses servants Dieu en icelle le " terrouer de Tinteniac, qui est de grande estendue, en l'evesché de sainct Malo, avec les Eglises dudit terrouer, domaines, jurisdiction, fié, seigneurie, & obeyssance, hommes, sujets, hommages, sour hommages, revenus & rentes par denier froment, seigle, avoine, gclines, corvées, terres, moulins, eaux,bois & toutes appartenances dependances, haute, basse, & moyenne jusfice, & tout ferme droit sans s'en rien reserver, fors l'homage, obeyssance, & souveraineté, comme il est touché en la lettre de fondation en ces termes Latins,Concedo eis praeterea vicus quendam non exiguum nomine Tintenia cum filiter iure perperuo possidendum in partibus Britanniae fitum cum ipsa Ecclesia, & omnibus quae ad eum pertinere noscuntu. Ladite Dame Abbesse Adelle de Bretagne donna permission & faculté à un sien vassal appelle  Donoald, de bastir & edifier & fortifier un chasteau audit terrouer de Tinteniac, pour servir de manoir, mansion, retraite, & demeure à luy & aux siens : lequel chasteau fut nomme, & est encore aujourd’huy appellé Mont-muran, en la Paroisse des Iffs (voir château de Montmuran - Description du château de Montmuran par Potier de Courcy). Aux charges & conditions qui s'ensuivent, Cest à sçavoir qu'ïl & ses successeurs Seigneurs dudit Chasteau le tiendroient de la dicte Adelle & de ses successeures Abbesses & Religieuses du.dit Sainct George prochement, noblement, ligement â foy, hommage, rachat & devoirs de Chambelnage, & que ny luy ny ses successeurs n’en feront la foy à autre personne qu'à ladite Adele, & à celles qui après son décés gouverneront ladite Abbaye contre le gré & la volonté desdites Abbesses : que les ennemis desdites Abbesses & Monstiet n'auroient aucun reffuge, asile, retraite ou deffenses audit Chasteau. Et que si ledit Donoald ou ses successeursſ venoient au contraire de celle convention, ils perdroient tout l'honneur, c’est à dire tout ce qu'ils tiendroient desdites Abbesses & Monstier de Sainct George, & en seroient privez & deboutez comme parjures & desloyaux.

 

 

 

 

I

 

 

 

Dolonald susnommé donnera donc le commencement à l'histoire genealogique des Seigneurs de Tinteniac que nous allons descrire. Il eut un fils, son successeur nommé :

 

 

 

 

II

 

 

 

 

Guillaume qui se nomma de Tinteniac, comme fisrent ses successeurs, & fut aussi surnommé Ismaelite, & fut Chevalier. Du mariage de Guillaume de Tinteniac & de ladicte Eremburge yssurent deux fils & une fille, sçavoir

 

 

-Geoffroy de Tinténiac, aisné, qui mourut sans enfans

 

-Olivier de Tinténiac -qui suit

 

-Théophania de Tinténiac alias Tiphaine de Tinténiac

 

 

 

 

III

 

 

 

 

Messire Olivier Chevalier, fils & heritier desdicts Guillaume & Eremburge donna aux Abbesses & benoist-Monstier de Sainct Georges lez Renes lors le lieu, terre, manoir, metairie, fief, & seigneurie & iurisdiction, hommes & subjects de la ville Ales, & les dismes de Carleboitere, del a Pooeleterie, de la Santecochere, dela Boetie, & de la Meenerie, pour la dotation d'une Chapellenie en l'Eglise de Sainct George à l'autel St.Jean Baptiste. Cet Olivier & sa soeur Theofania donnerent aussi â Dieu & â l'Abbaye de Sainct Melaine lez Renes les diſrnes qu'ils avoient & leur appartenoient par heritage en la paroisse des Iſs, & ce par la main & du consentement de Pierre Evesque de Sainct Malo, qui gouverna l'Evesche' trente quatre ans, depuis l’an mil cent quatre vingts & quatre, jusques à l'an rnil deux cens dix-huict. Et l'Abbé & Convent dudit Sainct Melaine les receurent en la participation de tous les biens-faicts de leur Abbaye: Il accorda les franchises que le Duc Pierre Maucler donna aux habitans de la ville de Sainct Aubin du Cormier l'an 1225. Il mourut l'an 1257. Il avoit espousé une Dame appellee Theophile,de laquelle il laissa un fils nommé

 

 

 

 

 

IV

 

 

 

 

-Alain qui luy succeda à la seigneurie de Tinteniac. Il donna une mine de froment de rente à l’Abbaye de Sainct Jacques prés Mont-fort, l'an 1260. & mourut l'an 1268. Il laissa deux fils

 

-Olivier de Tinténiac -qui suit

 

-Guillaume de Tinténiac -qui suit

 

 

 

 

V

 

 

 

 

 

Olivier de Tinténiac second du nom sire de Tinteniac & de la Roche Moisan, fils d'Alain susdit, fut successeur de son père Es archives de Sainct George y a une transaction faire entre luy & son fils, Guillaume d’une part & la Dame Abbesse & benoist Monstier de Sainct George escrire sur un role de parchemin datee du Mercredy apres les Octaves de la Purification de nostre Dame l'an 1269. avec une approbation de ladite transaction par Symon Evesque de Sainct Malo, datée du Dimanche, auquel on chante en saincte Eglise keminiscere l'an 1271. Le tout escrit en termes Latins, & scellé de plusieurs seaux. Entre lesquelles parties furent accordées les choses suivantes, sçavoit que lesdits Olivier & Guillaume son fils tant pour eux, que pour leurs successeurs, avoüerent & confesserent estre hommes liges desdites Abbesses & Monstier de Sainct George, & promisrent leur obeyr & à leurs Seneschaux & allouez comme hommes liges & sujets doivent obeyr à leurs seigneurs feodaux, de, & pour toutes les choses qu'ils tiennent & tiendront, ont & auront desdites Dames en toute la terre & terrouer de Tinteniac 

 

 

 

 

Guillaume de Tinténiac, second du nom sire deTinteniac, de la Roche moisan, & encore de Becherel; & de Romillé, vivoit l'an 1303. par acte que j’ay veu daté dudit an & de luy n’ay leu autre chose, sinon qu’il eut deux fils, & une fille, sçavoir

 

 

-Olivier de Tinténiac

 

-Gourgard de Tinténiac

 

-N. de Tinténiac, mariée à Raoul du Boschet, qui ne laissa aucuns enfans

 

 

 

 

 

VI

 

 

 

 

 

Olivier de Tinténiac, troisiesme du nom seigneur de Tinteniac, de Becherel, & de Romille, fils de Guillaume second l'an 1319. bailla à Gourgar de Tinteniac son frere par bien fait la terre qu'il avoit donnée à sa sœur jadis femme de Monsieur Raoul du Boschet decedée, laquelle terre par le deceds de ladicte soeur luy estoit retournée. Il print en mariage Eustaice de Chasteau-Brient seconde fille de Geffroy 6. du nom Baron de Chaſteaubrient, & d’Ysabeau de Machecol (voir La forteresse de Châteaubriant & ses possesseurs), de laquelle il eut deux fils, sçavoir

 

-Briend seigneur de Tinteniac & Chevalier, vivoit l’an 1328. & mourut sans enfans,

 

-Jean, seigneur de Tinteniac, de Becherel, & de Romillé. -qui suit

 

 

 

 

 

VII

 

 

 

 

 

 

Messire Jean de Tinteniac, Chevalier fort renommé, sire de Tinteniac, de Becherel, & de Romillé, suivit le party de Charles de Bloys, et fut l'un des trente combatans du costé des Bretons contre trente Anglois en celle rnemorable bataille dite des trente, entreprise par Jean de Beaumanoir sire dudit lieu, Mareschal de Bretagne, & messire Richard Bembro Capitaine Anglois : & fut estimé le meilleur combatant de tous du costé des Bretons, & qui mieux merita le nom de preux & vaillant en ceste meslee (voir Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 3 - Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 4). Mais deux ans apres, sçavoir l'an 1352, il fut tué à la bataille de Mauron, que gaignerent Tanguy du Chastel, Garnier de Cadoudal, & Yves de Trezviguidi vaillans Capitaines partisans de la Comtesse de Montfort contre Charles de Blois. Il avoit espousé Jeanne de Dol Dame de Combour de laquelle il ne laissa qu'une fille appellée Ysabeau de Tinteniac, & sa veuve se remaria avec Jean seigneur de Malestroit & de Largouet, duquel elle eut des fils comme nous l'avons dit cy-devant (voir La seigneurie de Dol).

 

 

 

 

 

 

VIII

 

 

 

 

 

Isabeau de Tinténiac, Dame dudit lieu, de Becherel, & de Romillé, fille de Jean susdit & de Jeanne de Dol Dame de Combour, fut femme espouse legitime de Jean de Laval seigneur de Chastillon en Vendelais, d'Aubigné, Montfeur, Mellay Olivier, fils d'André de Laval seigneur desdits lieux, & d'Eustaisse de Bauffay. Ledit André fils de Guy 8. du nom sire de Laval & de Vitré, & de sa seconde femme Jeanne de Beaumont, fille de Louys & d’Agnes Vicomte & Vicomtesse de Beaumont. De ce mariage n'yssut qu'une fille, nommee Jeanne de Laval, laquelle succeda à pere & à mere, & fut mariee deux fois. En premier mariage avec Messire Bertrand du Guesclin Connestable de France, duquel elle n'eut aucuns enfans: en second & par dispence du Sainct Siege avec Guy 12.. du nom, sire de Laval & de Vitré son cousin en tier degré. Duquel mariage issirent deux enfans, Guy de Laval, qui mourut jeune avant pere & mere, & une fille nommee Anne de Laval mariee avec Jean de Monfort fils aisné de Raoul 8. du nom sire de Montfort, & de Gael, de Loheac, & de la Roche-Bernard, & de Janne de Kergotlay Dame dudit lieu, lequel Jean print le nom, les armes de Laval, & fut dit Guy 13. du nom. Il mourut l'an 1415 (voir les défenses des sires de Gaël, page n° 7)

 

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 13:02

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 12:40

 

 

 

Dans les paroisses de Plénée-Jugon et de Tramain, s'étendait une vaste lande de 300 journaux, dite la lande des Brignons, dont la terre était renommée pour la fabrication des pots : elle dépendait du manoir de la Villeneuve, qui, plus tard, lit partie de la haute-justice des Clos, érigée en baronnie en 1682. Les seigneurs de la Villeneuve avaient abandonné aux potiers de Tramain et des villages circonvoisins l'usage de la lande en question, ainsi qu'une très bonne fontaine qui s' y trouvait (voir La seigneurie de la Villeneuve en Plénée-Jugon); ils leur avaient permis, en outre, de se servir des genèts et de la bruyère pour la cuisson de la poterie. Les potiers reconnaissaient le seigneur de la Villeneuve comme seigneur terrien : de plus, ils étaient tenus de s'assembler, chaque année, le dimanche avant la Saint-Jean, et d'accompagner le dernier marié d'entre eux, lequel portait un pot garni de fleurs aux armes du seigneur. Les autres tenaient chacun une fleur, et le cortège, précédé d' un sonneur et d'un joueur d'instrument, se rendait dans l'église de Plénée-Jugon, en la chapelle privative du seigneur de la Villeneuve : celui-ci (ou ses officiers), dans le banc seigneurial, recevait le pot fleuri du dernier potier marié qui s'exposait, faute de remplir ce devoir, à payer 60 sous d'amende. C'était le dimanche des Rameaux que le sergent bailliager de la Vieille-Ville (voir Les Vieilles-Villes à Plénée Jugon), en la châtellenie de Jugon devait, l'année où il faisait la cueillette, présenter au grand autel de l' église de Plénée-Jugon un chapeau de prime-terre et accompagner la procession en portant cette couronne et en ayant soin de marcher le le plus près possible du recteur. Dans cette même paroisse de Plénée-Jugon, le propriétaire d'une maison et d'un jardin sis contre le portail du vieux manoir, qui était lui-même devant l'église, devait au seigneur des Clos, le jour de Pâques-Fleuries, un bouquet des fleurs les plus nouvelles, qu'il lui offrait à son banc à l'église avec 20 sous monnaie. Dans la paroisse de Plénée-Jugon, le seigneur à qui appartenait le Moulin-Ars était tenu de fournir au manoir de la Planche, vassal de la seigneurie des Clos, une rose, à peine d'un écu d'or d'amende ; cette redevance devait être acquittée au moment où la procession du Saint-Sacrement passait devant les halles seigneuriales.

 

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 12:38

 

Formation de la Rabine

 

 

 

Elle correspond à des siltites ampéliteuses à nodules qui surmontent les grès micacés fossilifères du sommet de la Formation de Bosquen, mais le passage entre ces deux formations n'est pas visible. Cette unité est peu puissante (quelques dizaines de mètres au maximum). Les conditions d'affleurement sont comparables à celles de la localité-type (la Rabine à l'Ouest de la Chapelle - Chaussée, Nord de Rennes) ; les affleurements sont peu nombreux et localisés. C'est au Nord de Rouillac que cette formation est la mieux représentée : - près du Château de la Moussaye de nombreux nodules se rencontrent à proximité de grès micacés du Frasnien inférieur, appartenant à la Formation de Bosquen. - Au Nord des Touchelles plusieurs gisements sont alignés suivant une direction N.110 - N120° jusqu'à la bordure de l'étang de Rochereuil. - Au Nord de Veauvert (Fig. 21-c) à proximité de schistes fossilifères (Givetien de la Formation de Bosquen, de nombreux nodules fossilifères témoignent en surface de l'existence de cette unité. Un gisement isolé a été découvert au Sud-Est du Gouray (Le Pré). Il constitue le point le plus occidental connu dans le Synclinorium du Ménez-Bélair. Les nodules fossilifères y sont rares. Par contre, ce gisement présente l'intérêt de se trouver à proximité du Groupe d'Eréac attribué au Carbonifère (cf. ci-après).L'existence de cette formation dans la partie occidentale du Synclinorium du Ménez-Bélair n'est actuellement marquée que par la présence de nodules à la surface des champs. Cependant, près du château de la Moussaye une tranchée de drainage a permis d'observer les siltites en place.

 

 

 

 

Caractères lithologiques et pétrographiques

 

 

 

 

Les faciès observés présentent une grande analogie avec ceux qui ont été décrits au Nord de Rennes (Babin & Paris, 1973) : ce sont des siltites ampéliteuses comportant quelques niveaux plus clairs et plus micacés, riches en nodules fossilifères. Ces faciès sont le plus souvent extrêmement altérés en argiles grises ou noires. Les concrétions fossilifères, de forme ellipsoïdale, ont une taille variable centimétrique à décimétrique. On peut en distinguer deux types : - des nodules sombres, très siliceux, lisses et patinés, à cassure esquilleuse, - des concrétions initialement riches en pyrite, prenant un aspect poreux par altération. Elles présentent une zonation externe parallèlement à la plus grande section. Ces deux catégories de nodules sont fossilifères, mais les nodules pyriteux livrent une faune plus riche. Dans les faciès kérabitumineux de Porsguen (Finistère) Babin (1961) a décrit des types de concrétions analogues.

 

 

 

Données paléontologiques

 

 

 

La faune récoltée est peu diversifiée et assez mal conservée (Babin & Régnault, 1978). Elle paraît identique à celle de la localité-type de la Rabine (Nord-Ouest de Rennes) et très voisine de celle des schistes kérabitumineux de Porsguen (Babin & al. 1976). Cette faune comprend en effet : des Bivalves : Buchiola cf. retrostriata, Buchiola sp, Posidonia cf. venusta, des Céphalopodes : Tornoceras, (Aulatornoceras), sp. Tornoceras simplex, Bactritides indéterminés, des Ostracodes indéterminables. L'absence apparente de Cheiloceratides dans cet assemblage faunique semblerait indiquer un âge Frasnien. Cependant, un spécimen provenant de la localité-type de la Rabine (synclinorium du Ménez-Bélair oriental) rapporté à Tornoceras sp. par Babin (in Babin & Paris, 1973), semble identique à des spécimens connus dans le Famennien inférieur de la Montagne Noire (communication orale M.R. House). Il se pourrait donc, vu la similitude existant entre les faunes des divers gisements du Synclinorium du Ménez-Bélair, que la Formation de la Rabine puisse être d'âge famennien inférieur dans la localité-type et dans la région étudiée. Les recherches de spores effectuées dans les siltites ampéliteuses pour préciser cet âge, n'ont pas abouti (restes organiques indéterminables -carbonification très importante).

 

 

 

Discussion

 

 

Dans le gisement de la Moussaye, immédiatement au Sud et en contact avec les siltites ampéliteuses de la Formation de la Rabine, apparaissent des siltites micacées beiges à intercalations gréseuses centimétriques : ces wackes quartzeuses fines mal classées constituent des bancs irréguliers lenticulaires. La position stratigraphique de ces faciès par rapport à ceux de la Formation de la Rabine, n'a pu être précisée compte tenu de la mauvaise qualité des affleurements et de l'absence de faune. Deux hypothèses peuvent être envisagées : - on peut considérer que la Formation de la Rabine occupe le coeur d'une structure synclinale, auquel cas ces faciès représenteraient le sommet de la Formation de Bosquen. Cette possibilité sera retenue pour la représentation cartographique des différentes unités dévoniennes bien qu'elle se heurte à l'absence apparente dans ces niveaux des faunes connues immédiatement au Nord dans des grès micacés. -il est également possible que ces schistes et grès surmontent la Formation de la Rabine, représentant ainsi le Dévonien terminal. Une telle superposition ne serait pas sans rappeler celle qui existe en Rade de Brest où les schistes à intercalations gréso-calcareuses de la Formation du Zorn succèdent aux schistes Kérabitumineux de la Formation de Porsguen. Dans le synclinorium médian armoricain, ces dépôts néodévoniens sont connus depuis le Finistère jusqu'au Nord de Rennes (Fig. 22) avec des caractères lithologiques et fauniques assez constants. Aussi paraît-il probable qu'une communication ait existé au Dévonien supérieur entre les régions occidentales (Rade de Brest) et orientales (Nord de Rennes). L'isolement actuel de ces témoins résulte vraisemblablement de disparitions tectoniques ou d'érosions anté-carbonifères et post-hercyniennes.

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