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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 12:29

VII

 

 

(VII-c.) Charlotte de Brosse, sœur et héritière de Jean, duc d'Estampes, et fille aînée de René de Brosse, dit de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Bridiers, seigneur de l'Aigle, de Boussac, Sainte-Sevère et autres lieux, tué à la bataille de Pavie, le 24 février 1525, et de Jeanne de Comines, sa première femme ; elle avait épousé François de Luxembourg, IIe du nom, vicomte de Martignes et marquis de Baugé en Savoie, fils de François et de Louise de Savoie. Elle eut deux filles et deux fils : 

 

 

(VIII-a). Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues, tué au siège de Hesdin en 1553, sans laisser de postérité de Claude de Foix, sa femme, qui était morte en couches d'un fils, nommé Henri, et mort en même temps. Portraits ci-dessous.

 

 

 

 

(VIII-b). Sébastien de Luxembourg, qui suit ;

 

(VIII-c). Philippe de Luxembourg, mort jeune

 

(VIII-d). Madeleine de Luxembourg, dame d'Aspremont, mariée, le 13 nov. 1563, à George de la Trémoille, baron de Royan et d'Olonne, seigneur de Saujon et autres lieux, chevalier de l'ordre de St-Michel, sénéchal de Poitou, et capitaine du château de Poitiers, mort en décembre 1584. 

 

 

(VIII)

 

 

(VIII-b). Sébastien de Luxembourg, vicomte de Martigues, duc de Penthièvre, pair de France, chevalier de l'ordre de St-Michel, colonel-général de l'infanterie française et gouverneur de Bretagne, surnommé le chevalier Sans Peur, servit utilement les rois Henri II, François II et Charles IX. Il se trouva en divers sièges et combats, et eut le commandement de l'avant-garde de l'armée au combat de Messignac en 1568. François II le fit chevalier de son ordre de S'-Michel en 1560, et Charles IX érigea pour lui le comté de Penthièvre en Duché-Pairie, par lettres données au Plessis-lez-Tours en septembre 1569, vérifiées au parlement le 15 du même mois. Ce duc fut tué au siège de Saint-Jean d'Angely le 19 novembre suivant. « C'était un grand général, dit M. de Thou, également illustre, et par sa valeur et par l'éclat de sa naissance. " De son épouse Marie de Beaucaire, fille de Jean, seigneur de Puiguillon, sénéchal de Poitou, il eut : 

 

(IX-a). Jeanne de Luxembourg, morte en bas-âge.

 

(IX-b). Marie de Luxembourg, qui suit ; 

 

 

 

Sébastien de Luxembourg

 

 

(IX-b). Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, vicomtesse de Martigues, née à Lamballe le 15 février 1562, et mariée à Paris, le 12 juillet 1579, à Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur. Elle mourut le 6 sept. 1623, et fut enterrée au couvent des Capucins de Paris. De ce mariage vinrent : 

 

 

 

Philippe-Emmanuel de Lorraine

 

 

Philippe de Lorraine, mort jeune le 11 décembre 1590.

 

Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur et de Penthièvre, princesse de Martigues, morte à Paris le 8 septembre 1669, âgée de 77 ans. Elle avait été mariée a Fontainebleau, au mois de juillet 1609, à César duc de Vendôme, d'Estampes et de Beaufort, pair, grand-maltre chef surinten dant-général de la navigation et commerce de France, fils naturel et légitimé de Henri IV, roi de France, et de Gabrielle d'Estrées, duchesse de Beaufort.

 

 

 

 

 

Françoise de Lorraine & César duc de Vendôme

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 04:41

 

(V-b). Antoine de Bretagne, premier du nom, fils de Jean de Brosse, seigneur de Sainte-Sevére, de Malleval, de Boussac, &  de Nicole de Blois, fut tonsuré le 7 mai 1462, associé à l’ordre de Notre-Dame du mont Carmel en 1471, & fait chevalier de l’ordre de St Jean de Jérusalem en 1481. Il fut blessé en 1498, dans un combat sur les côtes de Syrie ; & depuis il se maria, par contrat du 2 avril 1501, avec Jeanne de la Praye, fille unique & héritiere de Jérôme de la Pray, seigneur des Crot, dont il eut pour fils

 

(VI-d). Ponthus de Brosse, qui suit ;

 

VI

 

(VI-d). Ponthus de Brosse, du nom, seigneur des Crot & de Malleval, capitaine de 60 hommes d’armes, se maria le 6 de septembre 1527 avec Marie Sardin, fille de Jean Sardin, seigneur de Beauregard, son testament est daté du 9 septembre 1535. Par ce testament il laisse pour héritier de ses biens ;

 

 

(VII-f). Antoine de Brosse, qui suit ;

 

(VII-g). Charlotte de Brosse, qui épousa en 1548 Charles Domas, seigneur de Pisey.

 

 

VII

 

(VII-f). Antoine de Brosse, II du nom, seigneur des Crot & de Malleval, se maria le 7 janvier 1561, avec Catherine Magnin, fille de Charles Ma nin, seigneur de Sainte Colombe. Il fit son testament le 2 mars 1570, par lequel il fait son héritier Claude de Brosse (VIII-a), & lègue la somme de six mille livres à Philibert de Brosse (VIII-b), prêtre, prieur du Montfauvet, son deuxième fils. 

 

VIII

 

(VIII-b). Claude de Brosse, I du nom, seigneur des Crot & de Malleval, servit avec honneur les rois Charles IX, Henri Ill, Henri IV. Il commandoit pendant les guerres civiles dans les ville & château de Beaujeu. Il épousa par contrat du 26 mai 1572 damoiſelle Anne Grisard. Il fit son testament le 2 de septembre 1605, mourut le 28 du même mois, & fut inhumé dans l'église paroissiale de S. Nicolas de Beaujeu. On y voit son épitaphe, en ces termes : Y gít noble seigneur messire Claude de Brosse, seigneur des Crot & de Malleval, commandant en la ville & château de Beaujeu, lequel décéda le 28 septembre 1605. Priez Dieu pour son âme. Et autour on lit cette devise, Quo fata sèquar. Ses enfants furent :

 

(IX-a) Claude de Brosse, qui suit ;

 

(IX-b). Antoine de Brosse, fut gendarme d’ordonnance dans la compagnie du duc de Bellegarde, grand écuyer de France, & depuis gentilhomme ordinaire de la maison du roi. Il epousa, par contrat du 20 février 1605 Claudine de Marzé. Ayant été compris dans le rolle des gentilshommes pour servir au ban & arrière-ban de l’an 1635, il y fut tué, suivant le certificat du sieur comte de Bonne. Ses enfans furent .

 

(X-g). Jacques Gaspard, enseigne de la colonelle du régiment Lyonnais, tué en Piémont.

 

(X-h). Luc-Adrien de Brosse, dont la postérité est éteinte.

 

 

IX

 

 

(IX-a) Claude de Brosse, II du nom, seigneur des Crot & de Malleval, épousa par contrat du 9 octobre 1641, Catherine Buchet, fille de Jean Buchet, seigneur de Changrenon, & de Jeanne de Cret. Il fit son testament le 14 avril 1648. Ses enfants furent :

 

(X-a). Jean de Brosse.

 

(X-b). Claude de Brosse, qui suit ;

de Brosse

 

X

 

 

(X-b). Claude de Brosse, llI du nom, seigneur des Crot & de Malleval, se maria le 3 janvier 1671 avec Marie Chesnard, fille de Salomon Chesnard, seigneur des Nuguets & de Montrouge. Il fit son testament le 12. avril 1714, lequel porte, qu’il voulait étre inhumé dans le tombeau de ses ancêtres, en l 'église de S. Nicolas de Beaujeu. Ses enfans furent :

 

(XI-a).Salomon de Brosse, marié par contrat du 2. mars 1703; avec dame Marie-Anne de Bethz, veuve du marquis de Pèchery, lieutenant de roi de la haute Alsace. Salomon était capitaine au régiment de Navarre, & chevalier de S. Louis. Il fut tué, par un parti, aux portes d'Arras, en se battant avec la plus grande valeur. Son épitaphe se voit dans l'église de S. Nicolas des fossés a Arras. Il n’a point laissé de postérité ;

 

 

(XI-b). Claude de Brosse, qui suit ;

 

Brosse

(XI-c). Marguerite de Brosse ;

 

de Brosse 

(XI-e). Aimée de Brosse ;

 

de Brosse ;

(XI-g). Claudine de Brosse, -toutes restées filles, ou religieuses en l'abbaye de la Déserte à Lyon.

 

 

XI

 

 

(XI-b). Claude de Brosse, IV du nom, capitaine au régiment de Villequier, chevalier de l'ordre de Saint Louis, baron de Chavane & seigneur des Crot & de Malleval, épousa, par contrat du 18 avril 1711, Catherine Cottin, ſille de Pierre Cottin, seigneur de la Barre, & de S. Germain d'Amberieu. Il fit son testament le 27 mai 1741, par lequel il institue pour son héritier Claude de Brosse, capitaine au régiment de Picardie ; rappelle Pierre-Michel de Brosse, son second fils, capitaine-aide-major au régiment d'Eu ; & confirme la pension qu'il avait donnée sur ses biens, à Marguerite de Brosse, sa fille, chanoinesse à Alix.

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 18:29

 

Nicole de Bretagne, que nous avons évoquée à la page précédente épousa le 18 juin 1437 Jean de Brosse, deuxième du nom, seigneur de Sainte-Sévère, de Boussac etc. Nicole de Blois-Châtillon, dite de Bretagne, comtesse de Penthièvre, vingt-et-unième dans la liste des barons de L' Aigle. Nicole et son oncle Guillaume, seuls héritiers de tous les biens des Penthièvres. Leurs contestations pour le partage. La terre de l'Aigle mise en sequestre. Nicole en a la jouissance provisoire pendant le procès qui dure trente ans. Louis Xl engagea, l'an 1479, le comte et la comtesse de Penthièvre, à lui céder à lui-même leurs droits sur le duché de Bretagne, pour les faire valoir en cas d'événement. Le prix de la vente fut une somme de trente-cinq mille livres qu'il s'obligea de payer au comte de Nevers, Jean de Bourgogne, leur gendre, et une autre de quinze mille livres, dont se chargea envers Isabeau de la Tour, leur créancière.

 

 

Jean de Bourgogne, comte de Nevers,

gendre de Nicole de Bretagne

 

 

Le roi, de plus, s'obligea de rendre à Nicole, ou à ses héritiers, dès qu'il serait en possession de la Bretagne, toutes les terres et seigneuries qui avaient formé, sous Marguerite de Clisson, le comté de Penthièvre. Le comte de Penthièvre mourut en 1485, et Nicole, sa femme ratifia, le 20 octobre de la même année, la cession qu'elle avait faite à Louis XI de tous ses droits sur la Bretagne. On ignore l'année de la mort de Nicole, qui survécut à son époux. Jean de Brosse et Nicole de Bretagne eurent deux fils et quatre filles, savoir :

 

(V-a). Jean de Bretagne -alias Jean III de Brosse, comte de Penthièvre, qui fut baron de l'Aigle ; qui suit  

 

(VI-b). Antoine de Brosse, auteur de la branche des seigneur des Clos & Malleval  

 

(V-c). Bernarde de Bretagne, qui épousa Guillaume Paléologue VII, marquis de Montferrat ;

 

(V-d). Paule de Bretagne, qui fut mariée en 1485 à Jean de Bourgogne, duc de Brabant, comte de Nevers ;

 

(V-e). Hélène de Bretagne, mariée en 1485 à Boniface V, marquis de Montferrat, frère de Guillaume ;

 

(V-f). Claude de Bretagne, qui en 1485 épousa Philippe, duc de Savoie, comte de Genève.

 

 

Claude de Bretagne, duchesse de Savoie

 

 

Philippe II, duc de Savoie, époux de Claude  de Bretagne

 

V

 

 

(V-a). Jean de Bretagne, alias Jean III de Brosse, comte de Penthièvre, vingt-unième baron de l'Aigle, seigneur de Boussac, mourut en 1502. Il poursuivit inutilement toute sa vie, ainsi qu'avoit fait son père, la restitution de ses terres de Bretagne, & vivoit en 1492. Il épousa le 15 mai 1468 Louise de Laval, fille de Gui XIV du nom comte de Laval, & d'Ysabeau de Bretagne, sa première femme, morte en 1480, dont il eut :

 

(VI-a.) René de Brosse -alias de Bretagne, qui suit ;

 

 

(VI-b.) Magdeleine de Brosse, alliée 1° à Janus de Savoye, comte de Genève, 2°. à François, bâtard de Bretagne, baron d’Avaugour ;

 

 

(VI-c.) Isabeau de Brosse, troisième femme de Jean IV du nom sire de Rieux, maréchal de Bretagne ;

 

 

(VI-c.) Marguerite de Brosse ;

 

 

(VI-c.) Catherine de Brosse, dite de Bretagne, mariée à Jean, baron du Pont, & de Rostrenen ;

 

VI

 

 

(VI-a.) René de Brosse, continua ses poursuites pour la restitution de ses terres de Bretagne auprès du roi Louis XII. Il en fit même hommage le 20 mai 1505, mais il n'y fut point rétabli, & n'en obtint pas davantage du roi François Ier. Le déplaisir qu’il en conçut le porta à quitter la France, & il suivit en Italie le connétable de Bourbon au service de l’empereur Charles V, pour lequel il combattit lors de la baraille de Pavie le 24. février 1524. René de Brosse avait été marié trois fois. Il avait épousé en 1504. Jeanne de Commines, fille du célèbre historien Philippe de Commines, seigneur d'Argenton, en Poitou, et d'Hélène de Chambes, de la maison des comtes de Montsoreau, en Anjou; il en eut quatre enfants, dont l'aîné fut Jean, de qui nous allons parler ci -après. Il eut, pour seconde femme, suivant quelques-uns, Françoise de Maillé, qui mourut peu de temps après son mariage sans lui donner d'enfants. Il l'avait épousée en 1516, et en 1521 il prit pour sa troisième femme Jeanne de Goufi (d'autres disent Grafi), de la maison de Lucinge, en Savoye, que quelques-uns disent avoir été sa seconde femme. Il en eut Françoise, dite de Bretagne, mariée en 1545 à Claude Gonfler de Boissy, comte de Caravas et duc de Roannez.

 

Du premier mariage vinrent

 

(VII-a.) François de Brosse, mort jeune ;

 

(VII-b.) Jean de Brosse, IV du nom, qui suit;

 

(VII-c.) Charlotte de Brosse, mariée à François de Luxembourg, vicomte de Martigues ; voir page consacrée à cette Maison.

 

 

(VII-d.) Jeanne de Brosse, dite de Bretagne, alliée à René de Laval, baron de Bressuire, morte sans postérité

 

Du second mariage sortit

 

(VII-e.) Françoise de Brosse, dite de Bretagne, dame de Palluau, de Bourg-Charente, de Pousauges, & de Sr Leu, seconde femme de Claude Gouffier, duc de Rouannez, grand écuyer de France, mariée le 24 décembre 1545, morte en couches le 26 novembre 1558 ;

 

VII

 

(VII-b.) Jean de Brosse, IV du nom, dit de Bretagne, duc d'Estampes, comte de Penthièvre & gouverneur du Bourbonnais, puis de Bretagne, ayant recherché tous les moyens pour rentrer en la jouissance du comté de Penthiévre, & de ses autres seigneuries, fut obligé d’épouser Anne de Pisseleu, maitresse du roi François Ier, fille de Guillaume, seigneur de Heilli, & d'Anne Sanguin, sa seconde femme, à laquelle ce roi étoit en peine de donner une dignité à la cour. Il mourut sans enfans en 1564 à Lamballe, & sa veuve vivoit encore en 1575 

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:37

 

 

Charles de Blois et Jeanne de Penthièvre

 

 

I

 

 

Jeanne de Bretagne 1324-1384 ; surnommé la Boiteuse, comtesse de Penthièvre et de Goello, dame d'Avaugour, de Mayenne, de Laigle, etc. Elle était fille unique et héritière de Gui de Bretagne, comte de Penthièvre et de Guingamp (voir ducs de Bretagne au Xe & XVe siècle, page n° 15), et de Jeanne d'Avaugour, comtesse de Goello (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 9). Dès l'âge de 13 ans, cette princesse, après avoir été recherchée par Edouard, roi d'Angleterre, pour Jean, comte de Comouailles, son frère, avait été fiancée à Charles, comte d'Evreux, fils du roi de Navarre, qui n'en avait que trois. Une telle inégalité d'âge ayant été blâmée par les états de Bretagne et par les parents de la jeune comtesse, on demanda et on obtint du roi de Navarre la rupture des conventions. Elle fut accordée sous la condition que Charles de Blois compterait à ce prince, à titre d'indemnité, dix mille livres tournois payables en dix ans , et en outre une somme de vingt mille livres en deux ans, pour le cas où cette jeune princesse parviendrait au duché de Bretagne du vivant de Charles de Blois. Le roi Philippe de Valois, qui régla lui-même toutes ces conditions, s'en rendit garant par le traité de mariage. Charles de Blois 1312-1364, était le second fils de Guy de Chastillon, comte de Blois, et de Marguerite de Valois (sœur de Philippe de Valois -alias Philippe VI roi de France), fut marié par le roi Philippe de Valois, son oncle, par acte passé à Paris le 4 juin 1337.

 

 

Enfants :

 

 

II-a). Jean de Bretagne, Ier du nom, qui suit ;

 

 

II-b). Gui de Bretagne, mort en étage en Angleterre, sans alliance, après une longue captivité;

 

 

II-c). Henri de Bretagne, qui ratifia avec sa mère le traité de Guérande, en 1381. Ayant suivi le duc d'Anjou, son beau frère, en Italie, en 1382, il y épousa la fille d'Honorat Cajetan, comte de Fundi, gouverneur de la Campanie. Il est qualifié Henri, despote de Romamie, fils de defunt Charles, duc de Bretagne, dans des lettres datées du château d'Angers, du 6 mai 1384, portant ratification du mariage de Louis d'Anjou, fils aîné du roi de Sicile et de Marie de Bretagne, avec Luzie, fille de Barnabo, duc de Milan. En 1398, il assista le même Louis II d’Anjou, son neveu, dans la guerre qu’il entreprit contre Lancelot, usurpateur du royaume de Naples. Il plaidait l'année suivante contre son frère aîné, pour ses droits dans la succession de sa mère, mais le comte de Penthièvre demeura son héritier par sa mort sans enfants, arrivée au mois de décembre 1400. Il fut inhumé dans l'église des Cordeliers d’Angers ;

 

 

II-d). Marguerite de Bretagne, dame de Laigle, mariée, en 1351, avec Charles d’Espagne, comte d'Angoulême, seigneur de Cognac, de Lunel, etc., chevalier de l'ordre de l'Etoile, connétable de France, ( tué au château de Laigle par ceux de la faction du roi de Navarre en 1353) fils d'Alphonse d'Espagne, dit de la Cerda, baron de Lunel, et petit fils de Ferdinand d'Espagne, fils aîné d'Alphonse V, roi de Castille;

 

 

II-e). Marie de Bretagne, dame de Mayenne, de Chilly et de Longjumeau, mariée, e 9 juillet 1360, avec Louis de France, Ier du nom, duc d'Anjou et de Touraine, pair de France, comte du Maine, de Provence, de Forcalquier et de Piémont, couronné roi de Naples et de Sicile par le pape Clément VII, à Avignon, le 30 mai 1382, mort au château de Bisilia, près de Bari, dans la Feuille, le 20 septembre 1384. Il était frère du roi Charles V, et second fils de Jean, roi de France et de Bonne de Luxembourg-Bohême. Marie de Bretagne, reine de Naples, de Sicile et de Jérusalem, mourut à Angers le 12 novembre 1401., et fut enterrée dans l'église de Saint-Maurice. De ce mariage sont descendus les rois de Naples, de Sicile et d'Aragon, ducs de Calabre, de Lorraine et de Bar, comtes de Barcclonne, de Provence, de Piémont et du Maine, etc.

 

 

II

 

 

II-a). Jean de Bretagne, Ier du nom, 1345-1404, comte de Penthièvre et de Goëllo, vicomte de Limoges, seigneur d'Avaugour, de Laigle, d'Avesnes, de Landrecies et de Novion, né à Jugon le 5 février 1345, était en otage à Londres depuis l'âge de 6 ans (1351), lorsqu'il apprit, en 1384, la mort de sa mère. Son frère Gui vivait encore et partageait sa captivité. Clisson avait fait demander au comte de Penthièvre s'il accepterait sa fille avec la terre de Châteauceaux, pour prix de sa délivrance. Cette offre ayant été agréée avec joie, les noces de Jean de Bretagne avec Marguerite Clisson, se firent à Moncontour en presence du connetable et d'un grand nombre de seigneurs bretons, dont les principaux étaient les sires de Laval, de Léon, de Rochefort, de Derval, de Beanmanoir et de Rostrenen. Dès que le duc Jean IV eut été informé de la négociation de ce mariage, il en conçut une si vive inquiétude, qu'il avait conclu une alliance d'armes avec le duc de Berry le 8 mai de la même année, avait fait arrêter au château de I'Ermine et charger de fers Olivier de Clisson, et n'avait consenti à lui laisser la vie et la liberté qu'en payant 100,000 francs de rançon, et en abandonnant au duc les villes et châteaux de Josselin, Lamballe, Broon, Jugon, Blein, Guingamp, la Roche-Derrien, Châtelaudren, Clisson et Château-Guy. Tel était l'état des affaires du connétable, lorsqu'il conclut le mariage de sa fille avec le comte de Penthièvre.

 

 

 

 

Jean de Penthièvre et Margot de Clisson

 

 

Enfants :

 

 

III-a). Olivier de Bretagne, premier du nom qui suit ;

 

 

III-b). Jean II de Bretagne, comte de Penthièvre et de Périgord, vicomte de Limoges, seigneur de Laigle, d'Avesnes et de Landrecies, fut connu, du vivant de son frère aîné, sous le nom de seigneur de Laigle. Il succéda à son neveu dans la vicomté de Limoges, et, malgré la décadence de sa maison, il sut administrer sa fortune avec tant de sagesse et d'économie qu'il put acheter, le 4 mars 1437, le comté de Périgord de Charles d'Orléans, petit-fils du roi Charles V, pour la somme de seize mille réaux d'or. Peu d'années après il succéda aux biens de Marguerite de Clisson, sa mère, décédée en 1441. Le comte de Penthièvre mourut en novembre 1454. Il avait épousé Marguerite de Chauvigny dame de Saint-Chartier, fille de Gui de Chauvigny et d'Antoinette de Cousan, sa troisième femme. Marguerite de Chauvigny, comtesse de Penthièvre , fit son testament le 22 juillet 1473, et fut inhumée dans la chapelle du château de Laigle, qu'elle avait fondée.

 

 

III-c). Charles II de Bretagne, qui suit :

 

 

III-d).Guillaume de Bretagne, qui suit ;

 

 

 

III-e). Jeanne de Bretagne, mariée 1° en 1407, avec Robert de Dinan, mort le 13 mars 1429, seigneur de Montafilant et du Guildo, troisième fils de Charles de Dinan, baron de Châteaubriand et de Jeanne de Beaumanoir ; & en 1448, avec Jean de Harpedane, chevalier, seigneur de Belleville et de Montagu, conseiller et chambellan du Roi, fils de Jean de Harpedane, dit de Belle ville, chevalier, seigneur de Belleville, de Montagu, de Saint-Hilaire, etc., et de Jeanne de Mucidan.

 

 

III

 

 

III-a). Olivier de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, seigneur d’Avesnes, de Landrecies, etc., épousa en premières noces, au mois de juillet 1406, Isabelle de Bourgogne, quatrièrne fille de Jean-sans-Peur, duc Bourgogne, comte de Flandre et d Artois, et de Marguerite de Baviere. Cette alliance, que la comtesse Marguerite de Clisson avait elle-même négociée, releva toutes ses espérances surle duché de Bretagne, et lit plus que compenser l’éloignement de la maison de Rohan, que le duc Jean V avait détachée de son parti. Elle était devenue héritière pour un tiers de l’immense fortune que le connétable de Clisson, son père, avait laissée à sa mort, en 1407, et à ce titre elle avait un grief récent contre le duc, qui, profitant de l'état désespéré d'olivier de Clisson, était venu l'assiéger dans son château de Clisson, et n’avait consenti à le laisser mourir en paix qu’en le frappant d’une contribution de cent mille francs, que le vicomte de Rohan et la comtesse de Penthièvre avaient été forcés de payer. Le comte Olivier passa le reste de ses jours dans le Hainaut, et les termina dans sa terre d'Avesnes le 28 septembre 1433. Il n'avait pas eu d'enfants d'Isabelle de Bourgogne, sa première femme. De Jeanne de Lalaing, la seconde, dame du Quiévrain (morte le 10 août 1467, et inhumée à côté de son mari, dans la chapelle de Notre-Dame du château d'Avesnes), fille de Simon de Lalaing, IVe du nom, baron de Quiévrain, et de Jeanne de Barbançon, il avait eu, selon du Chesne, un fils et une fille :

 

IV-a). N. de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur d'Avesnes et de Landrecies, qui survécut à son père, et mourut avant d'avoir atteint sa majorité ;

 

IV-b). N. de Bretagne, morte jeune.

 

Filles naturelles d' Olivier, comte de Penthièvre.

 

IV-c). Marguerite, bâtarde de Bretagne, femme de Brandelas, baron de Caumont, de Cartelnau et de Castel. Par son contrat de mariage, du 2 janvier 1444, Jean de Bretagne, vicomte de Limoges, son oncle, lui assigna 3000 écus d'or sur les terres de Terme, Boussignac et Sengeyrac;

 

IV-d). Vaudrude, bâtarde de Bretagne, mariée, en 1441, avec Randonnet de Fumel, seigneur de Monsegur.

 

 

III-c). Charles de Bretagne, Ile du nom, baron d’Avaugour, seigneur de Reignac, de Thors, des Essarts, etc., assista Olivier de Bretagne, comte de Penthièvre, son frère aîné, lors de l'arrestation de Jean V, duc de Bretagne, en 1420. Ses terres, confisquées par ce prince, furent données à Richard de Bretagne, comte d'Etampes, qui en jouit très-long-temps. Sa veuve plaidait à ce sujet contre le même Richard en 1434. Il avait épousé Isabeau de Vivonne dame de Thors et des Essarts, fille de Savari de Vivonne, chevalier, seigneur de Thors, et de Jeanne d‘Aspremont, dame de Reignac. Ils ont laissé une fille :

 

(IV-e). Nicole de Bretagne, qui suit.

 

 

III-d). Guillaume de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur d'Avesnes, de Novion et autres terres, dernier des fils de Jean de Bretagne, comte de Penthièvre, et de Marguerite de Clisson,succéda à Jean II, son frère, dans la vicomté de Limoges, envertu de la donation que celui-ci lui en avait faite. Guillaume avait été donné en otage, en 1421, au duc de Bretagne, par sa mère et ses frères. Il y resta jusqu'au traité du 27 juin 1448, c’est-à-dirependant plus de 26 ans, quoiqu'il n'eût pris aucune part à la faute commise par sa famille. Il en conçut une telle affliction qu’il perdit la vue. Néanmoins Jean de Bretagne, son frère, le maria, en 1450, avec Isabelle de la Tour, fille de Bertrand de la Tour, IVe du nom, comte d.Auvergne et de Boulogne, et de Jacquette du Peschin. Il mourut en 1455, laissant trois filles sous la tutelle d'Isabelle de la Tour (remariée depuis avec Arnaud-Amanieu d'Albret, sire d'Orval), savoir :

 

IV-f). Françoise de Bretagne, qui suit ;

 

IV-h).Jeanne de Bretagne, mariée, en 1475, avec Jean de Surgères, seigneur de Balon, mort en 1483, fils de Jacques de Surgères, seigneur de la Flocelière, et de Renée de Maillé. Elle vivait encore en 1499;

 

IV-i).. Charlotte de Bretagne, femme d’Antoine de Villequier, baron de Montrésor, fils d’André de Villequier ; chevalier, seigneur de Montrésor, de Menetou-Salon, de îles d'Olerou, de Marennes, d’Arvert et de Brouhé, vicomte de la Guerche en Touraine et de Saint-Sauveur en Normandie, premier chambellan du roi Charles VII, et d'Antoinette, dame de Maignelais. Elle était veuve, et tutrice de François de Villequier, leur fils, suivant un acte du 1er septembre 1490.

 

 

IV

 

 

(IV-e). Nicole de Bretagne, comtesse de Penthièvre, dame de Reignac, de Thors, des Essarts, etc., épousa, par contrat du 18 juin 1437, Jean de Brosse, vicomte de Bridiers, seigneur de Boussac et de Sainte-Sevère, conseiller et Chambellan du Roi, fils de Jean de Brosse, Ier du nom, seigneur de Sainte-Sevère et de Boussac, maréchal de France, et de Jeanne de Naillac. Ayant été appelée par droit de représentation à succéder au comté de Penthièvre en 1454, elle et son mari en firent hommage au duc Jean V. Jean de Brosse fut nommé lieutenant-général en Guienne en 1453. Ayant refusé de prendre part à la ligue du bien public, que le duc de Bretagne François Il avait fait approuver dans ses états en 1465, ce prince confisqua de nouveau le comté de Penthièvre, et refusa de le rendre nonobstant le traité de Saint-Maur, conclu le 29 octobre de la même année. Le duc n'avait qu'une fille. Le roi Louis XI, par traité de l'année 1479, se lit transporter tous les droits que Nicole de Bretagne et son mari pouvaient avoir sur le duché, pour les faire valoir en cas d'événement. Une somme de cinquante mille livres fut le prix de cette cession, et Nicole devait en outre rentrer dans toutes les terres et seigneuries qui, sous Marguerite de Clisson, avaient composé le comté de Penthièvre. Jean de Brosse mourut en 1485, et Nicole de Bretagne, sa veuve, ratifia, le 20 octobre de la même année, la cession qu'elle avait faite à Louis XI de ses droits sur le duché de Bretagne. (voir suite  en détail)

 

 

Jean IV de Brosse, arrière petit-fils de Nicole de Bretagne et son épouse Anne de Pisseleu

 

 

Nicole de Bretagne eut une nombreuse postérité, qui, de son chef, prit le nom de Bretagne, et écartela de ses armoiries. Le comté de Penthièvre passa, par suite d'un mariage, et par droit de représentation, en 1565, à Sébastien de Luxembourg, fils de François de Luxembourg, vicomte de Marfigues, et de Charlotte de Bretagne, arrière-petite-fille de Nicole. Sébastien obtint l'érection de Penthièvre en duché pairie le 15 septembre 1569. Marie de Luxembourg, sa fille et son héritière, porta ce duché en mariage, en 1576, à Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, qui entreprit, mais sans succès, de faire revivre à son profit les droits de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne. Françoise de Mercoeur, sa fille unique, ayant épousé César, duc de Vendôme, fils naturel du roi Henri IV, celui ci succéda au duché de Penthièvre en 1623. Par décret du 10 décembre 1687, ce duché, qui était échu à Louis-Joseph de Vendôme, son petit-fils, passa à Anne-Marie de Bourbon, princesse de Conty. En 1696 François-Louis de Bourbon, prince de Conty, vendit le duché de Penthièvre au comte de Toulouse (fils naturel de Louis XIV), dans la maison duquel il a subsisté jusqu'à la révolution.

 

 

IV-f). Françoise de Bretagne, comtesse de Périgord, vicomtesse de Limoges, dame d’Avesnes, de Novion, de Landrecies, etc., fut mariée, en 1470, avec Alain, surnommé le Grand, sire d'Albret comte de Gaure, vicomte de Tartas, fils de Jean d'Albret, vicomte de Tartas, et de Catherine de Rohan. Cette princesse fit son testament en 1481. Le sire d'Albret lui ayant survécu, se mit sur les rangs pour épouser Anne de Bretagne, fille unique du duc François II, et il fit même valoir aux yeux de celui-ci ses droits à lui succéder au duché de Bretagne. D'après un traité qu'ils conclurent, Alain d'Albret conduisit au secours du duc une armée de Gascons et de Navarrais, qui fit lever le siége de Nantes aux Français en 1486. Mais le duc François II ayant éludé l'accomplissement de sa promesse, et préféré Maximilien, roi des Romains, pour époux de sa fille, le sire d'Albret, outré de ce manque de foi, livra la ville de Nantes au roi de France. Il mourut au mois d'octobre 1522, ayant eu de son mariage avec Françoise de Bretagne ;

 

 

1°. Jean d’Albret, roi de Navarre, comte de Foix, de Gaure et de Périgord, vicomte de Limoges et de Tartas, aïeul de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV, qui à son avènement à la couronne de France, en 1589, y réunit le Périgord et le Limousin;

 

2°. Amanieu d'Albret, cardinal, évêque de Pamiers, mort en 1520;

 

3°. Pierre d’AIbret, comte de Périgord, mort célibataire ;

 

4°. Gabriel d'Albret, seigneur d'Avesnes et de Lesparre, vice-roi de Naples ;

 

5°. Louise d'Albret, vicomtesse de Limoges, dame d’Avesnes et de Landrecies, mariée, en 1495, avec Charles de Croy, prince de Chimay ;

 

6°. Isabelle d'Albret, alliée avec Gaston II de Foiz, comte de Candale et de Benauges;

 

7°. Charlotte d'Albret , femme de César Borgia, duc de Valenlinois;

 

8°. Anne d'Albret, nommée dans le testament de Françoise de Bretagne, sa mère.

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 09:39

 

 

 

 

 

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 07:33

 

Le dénouement.

 

 

Le premier acte de Jean V après, sa délivrance fut d'ordonner la démolition du château de Châteauceaux qui fut exécutée de suite. Puis il s'occupa de reconnaître les services qui lui avaient été rendus pendant ses malheurs, en ayant soin de commencer par les sujets et amis dévoués qui s'étaient ingéniés à adoucir sa captivité dans ses diverses prisons, ou qui mème avaient tenté de l'en tirer. Il se mit aussi très promptement en devoir de remplir les vœu qu'il avait faits pendant sa captivité pour obtenir de Dieu d'avoir la vie sauve. Le plus connu de ses voeux est celui par lequel il avait promis de donner à Notre-Dame des Carmes de Nantes son pesant d'or le duc ne lésina point pour se faire peser il revêtit de pied en cap son armure, ainsi vêtu il pesait 190 livres 7 onces, soit 380 marcs dès le ià juillet il fit livrer aux Carmes par son trésorier une énorme quantité de bijoux de toute sorte formant ce poids en or et en pierreries. Lobineau a en l'indiscrétion de remarquer que la valeur extraordinaire de ce voeu « marque assez l'excès de la peur qu'il avait eu de mourir». Et l'on peut en dire autant du nombre infini de voeux faits par le prince à la même fin. A saint Yves il avait promis son pesant d'argent, et c'est avec cette somme que fut élevé le magnifique tombeau de ce saint, détruit pendant la Révolution et si heureusement rétabli par le dernier évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, Mgr Bouché.

 

 

Puis c'était 250 l de cire à Saint-Pierre de Vannes, autant à Notre-Dame du Bondon, puis des présents de toute sorte aux églises de Redon, de Gràces, de Brelevenez, de Saint-Julien de Vouvantes, et hors de Bretagne, aux sanctuaires de Sainte-Catherine de Fierbois, de Notre-Dame des Vertus, de Saint Jean d'Angéli, etc. On pourrait presque à la lettre dire que notre duc s'était voué à tous les saints du paradis. Tous ces voeux furent, je le répète, promptement et strictement acquittés. Il avait fait de plus celui du pèlerinage de Terre-Sainte, il en fut dispensé par le pape à condition d'envoyer un gentilhomme vénérer à sa place le saint Sépulcre. Un seul de ses voeux ne fut pas rempli celui de ne plus mettre d'impôt sur ses sujets, ce n'est pas le prince qui en sollicita l'annulation, ce fut les Etats de Bretagne, jugeant que le gouvernement de la nation deviendrait impossible. Du reste l'authenticité de ce dernier voeu a été contestée. Et les Penthièvre ? Ah les Penthièvre, ils faillirent s'en tirer à bon marché. Jean V a reçu chez les chroniqueurs bretons le surnom de Jean le Bon, nous allons voir qu'il le méritait. Moins d'un mois après sa libération il accorda aux Penthièvre leur pardon sous cette condition que les deux auteurs directs de l'attentat, Olivier et Charles, se présenteraientaux prochains Etats ou Parlement général de Bretagne convoqué à Vannes pour le 16 septembre et là, en présence des prélats, des barons et des députés du tiers, diraient humblement au duc Nostre très redoubté seigneur, par mauvais conseil et par jeunesse, nous vous avons pris, mis les mains en vous et en monseigneur Richard, votre frère, et longuement détenus contre vos volontés, follement et comme mal conseillez dont nous deplaist e suimes repentans, et vous en crions merci, en vous suppliant qu'il vous plaise nous pardonner et nous impartir vostre grace et misericorde. » Margot de Clisson et ses deux autres fils devaient dire « Nous avons aucunement porté et soutenu la prinse et detention de vostre personne et de monseigneur vostre frère de quoi nous deplaist et suimes repentant. Mais en tant que nous l'avons fait, nous vous supplions que vous plaise nous pardonner et nous impartir vostre grace el misericorde, et vous en crions merci. Moyennant cette amende honorable –et peut être une amende d'argent pour les frais de guerre le duc pardonnait toutes les injures, toutes les menaces, tous les mauvais traitements qu'on lui avait prodigués, les Penthièvre reprenaient tous leurs droits et tous leurs biens. Ah oui ce duc c'etait bien Jean le Bon Les Penthièvre acceptèrent d'abord cette grâce et, pour gage de leur comparution devant les Etats, ils mirent aux mains du duc leur frère Guillaume qui personnellement n'avait pris nulle part à l'attentat. Mais au moment de comparaître devant le Parlement et les Etats de Bretagne convoqués à Vannes en septembre 1420, ils ne purent croire à la magnanimité de Jean V, ils flairèrent à tort un piège imaginé pour s'emparer de leurs personnes et leur faire expier au centuple les tourments infligés pat eux au duc, ils firent défaut. Le 7 octobre on décida de les ajourner de nouveau. Mais en Bretagne quand on voulait epuiser toutes les ressources de la procédure, on pouvait aller, dit d'Argentré, jusqu'à neuf défauts « Il y eut en la cause des Penthièvie (continue le même auteur) force solemnitez et formes dajournements eu plusieurs endroits.» Cela dura fort longtemps, si bien que la sentence définitive ne fut rendue à Vannes, que le 16 février 1420. Elle prononçait contre les Penthièvre (Olivier et Charles) la peine due aux félons, aux traitres et aux criminels de lèse-majesté la mort et la confiscation de tous leurs biens. Les coupables étant en fuite échappèrent à la mort mais le vaste apanage des Penthièvre fut réuni au domaine ducal. La principale victime de cette félonie, ce fut justement le plus innocent des Penthièvre, ce pauvre jeune Guillaume, livré comme otage par ses frères et qui, pendant vingt-huit ans (1420-1448), fut promené captif à travers toute la Bretagne, du château de Nantes à celui de Vannes, du donjon de l'Isle à ceux de Brest et d'Aurai. Si bien que quand la pitié du duc François Ier, fils de Jean V, voulut enfin (en 1448) le rendre à la liberté, le pauvre prince était presque devenu aveugle à force de pleurer. Ce complot des Penthièvre nous avons cru nécessaire de le raconter avec détail. Car s'il tient peu de place dans le temps pas même un semestre (13 février à 5 juillet 1420) il n'en a pas moins une grande importance comme symptôme très caractéristique de la situation politique de la Bretagne. Après cette épreuve, il est clair que la monarchie ducale de Bretagne et avec elle la nation bretonne est bien une maintenant et bien compacte. Dès qu'on touche au duc, symbole de l'indépendance nationale, défenseur armé de la nation, la nation entière se lève pour défendre en lui le symbole de sa propre dignité, la garantie de sa paix au dedans, de sa sécurité au dehors. Donc, union intime des diverses classes entre elles et avec le duc, voilà ce que met en pleine lumière cet étrange et très curieux épisode. Le dualisme issu de la longue lutte du XIVe siècle semble définitivement disparu. Comme à Dinard le 3 août 1379, il n y a plus maintenant chez; nous qu'une nation, un peuple, une race, une Bretagne ».

 

Arthur de La Borderie

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 07:11

Châteauceaux était une belle seigneurie et une grande forteresse située en terre angevine sur la rive gauche de la Loire, mais ayant devant elle la Bretagne de l'autre côté du fleuve sur la rive droite, et sur la rive gauche la frontière bretonne à une lieue ou une lieue et demie vers l'ouest. Aussi malgré sa situation territoriale qui le donnait à l'Anjou, Châteauceaux était un lieu autant, sinon plus breton qu'angevin. Depuis le XIIIe siècle, il avait presque toujours appartenu à des princes bretons, et toujours il avait joué dans les guerres de Bretagne un rôle important. La situation du château, planté sur une haute roche, était très forte cette roche baignant son pied dans la Loire, le blocus semblait presque impossible les Penthièvre, depuis qu'ils l'avaient, s'étaient plu à augmenter les défenses de cette place ils la réputaient inexpugnable. Aussi la fière comtesse de Penthièvre, l'altière Margot de Clisson, quand elle entendit parler d'un siège, ne songea point à quitter ce château elle s'occupa seulement de compléter les approvisionnements,de renforcer la garnison et elle attendit ensuite, avec un grand calme, les assiégeants, bien sûre qu'au pis aller un mois ou deux d'efforts inutiles, d'attaques désastreuses, d'échecs honteux pour les assaillants ne manqueraient pas de l'endébarrasser Loin de songer à fuir, elle ne pensa qu'à se bien défendre c'est elle qui commandait dans la place, où elle n'avait avec elle que son quatrième fils, encore un enfant, appelé G ni lia il me à peine âgé de quinze ou seize ans et que, nous l'avons dit, on destinait à l'Église Ses trois autres fils, sortis de la place, tenaient la campagne, et leur mère comptait sur eux pour l'aider, par leurs attaques du dehors, à venir à bout del'armée bretonne. En somme ce fut un beau siège, bien attaque, bien défendu Le chef des Bretons était le comte de Porhoët verse dans les perfectionnements de l'art militaire, il emmena avec lui uni nombreuse et puissante artillerie : on ne voulut pas dégarnir Nantes toujours menacée par Jean de Penthièvre. Mais des villes de l'intérieur, notamment de Ploërmel et de Vannes, on tiia giand nombre de gros canons et de fortes bombardes Pour se rendre à Chàteauceaux on suivit la rive droite de la Loire parce quec était la terre bretonne. Arrivés devant le château, on établit sur la Loire un pont de bois large et solide, par où passa toute l'armée, toute l'artillerie, et qui eut pour premier résultat de couper la place sa communication si utile avec le fleuve, car ce pont rendait les assiégeants absolument maîtres du cours de la Loire à cette hauteur. Le comte de Porhoët, vit de suite les difficultés de son entreprise. entre autres la longueur forcée du siège et le danger très probable d'avoir à subir du dehors les attaques combinées de ces trois Penthièvre, Olivier, Jean et Charles, qui n'étaient sortis de Châteauceaux que pour le mieux secourir. Aussi, après avoir établi son camp tout autour de la place. son premier soin fut de le fortifier d'une façon formidable. On creusa à l'entour un profond fossé, dont la terre rejetée du côté du camp forma un retranchement couronné d'une enceinte continue faite de poteaux de bois, de robustes madriers, et qui valait une muraille de pierre. Cette enceinte avait trois portes protégées, tout comme celles des villes, par ces fortifications avancées qu'on appelait des boulevards* et des barrières. Ainsi ce camp élait une vaste forteresse, enveloppant toute la place assiégée, s'appuyant sur le pont de la Loire, et formant autour de Châteauceaux un blocus infranchissable Cela fait, les Bretons attaquèrent la place. « Ils levèrent (dit Le Baud) leurs engins (leurs machines de jet) devant le château, ils assortirent (ils mirent en batterie) leurs canons et leurs bombardes, dont ils abattirent les couvertures et les pavillons des tours et battirent les murs. « Mais ils ne réussirent pas à faire brèche, parce que (dit d'Argentré) « les murailles étoient fortes, de vieil ciment, qui tenoit comme si elles eussent été d'une pièce et si (aussi) y avoit des hommes dedans qui tiroient incessamment et faisoieut de grands efforts de se défendre et résister de grand courage tellement que le siège y séjourna longuement sans y advancer beaucoup ». Ce siège fut long en effet commencé vers le 8 ou 10 mai, il se prolongea jusqu'aux derniers jours de juin. Leb princes de Penthièvre avaient donc tout le temps de préparer leurs attaques contre les assiégants, pour dégager la place. Un jour de très grand matin, le sire de Laigle (Jean de Penthièvre), avec une grosse troupe, se jeta à l'improviste très impétueusement sur le camp breton, espérant tout au moins à cette heure matinale, en forcer par surprise les premières barrières, puis de là se glisser dans la place. Mais le guet était bien fait, les premièresbarrières si résistantes que les assaillants usèrent leurs efforts contre elles, et, pendant qu'ils étaient là, tout le camp s'émut, tomba sur eux, leur tua beaucoup de monde et les mit en pleine déroute. Après une telle réception on n'y revint plus, nul n'osa inquiéter les assiégeants. Ceux-ci reprirent sans se lasser leur travail contre la place étant parvenus à reconnaitre les points les plus faibles de l'enceinte, ils concentrèrent là tous leurs efforts, le tir de tous leurs engins et de toute leur artillerie: ils réussirent enfin à ouvrir une brèche, il ne restait plus qu'à l'élargir pour la rendre praticable c'était l'affaire de quelques jours. A cette nouvelle,la comtesse de Penthièvre s'émut. Elle connaissait la piteuse issue de l'attaque tentée contre le camp breton par son fils Jean donc, pour elle, plus de secours à espérer du dehors. Maintenant elle était à la merci d'un assaut. Si le premier échouait, le second ou le troisième réussirait, car il était bien clair que les Bretons bien établis, bien approvisionnés, recevant des recrues tous les jours, étaient désormais très résolus à ne pas lâcher prise. Si la place était emportée de vive force, après toutes ses insultes contre le duc, toutes les colères excitées par ses attentats, point de quartier à espérer pour Margot de Clisson. Et puis elle n'était pas seule dans Châteauceaux avec elle il y avait son jeune fils Guillaume, sa fille Jeanne,sa bru Isabeau de Vivonne femme du sire d'Avaugour dans un assaut, tous ces princes et princesses pouvaient périr. La fière Margot, atterrée, commença à entrevoir qu'il lui fallait à son tour plier, céder, s'humilier; elle eut beau se révolter contre cette conclusion, chercher de tous côtés une autre issue il n'y en avait point. Alors, avec cette énergie de volonté qu'elle tenait de son père, aussitôt elle envoya un trompette aux assiégeants dire qu'elle voulait traiter. Les chefs bretons répondirent qu'il fallait d'abord délivrer le duc, sans quoi point de capitulation la comtesse devait commencer par le représenter ou, s'il n'était pas à Châteauceaux, l'envoyer chercher. Par ailleurs (dit Le Baud, qui avait connu dans sa jeunesse les acteurs de cette histoire) « la conclusion du traité fut que la comtesse rendrait aux seigneurs bretons la place de Châteauceaux pour en faire leur volonté et au parsus, feroit réparation de l'injure faite au duc à l'égard et ordonnance desdits seigneurs et ce faisant, luy permettroient de partir paisiblement, elle et ses enfans, dudit chastel avec leur famille et gens de la garnison, pour s'en aller où bon leur sembleroit ». Quant au duc, il était moins loin que les Bretons ne croyaient. Nous l'avons laissé, au commencement d'avril, enfermé dans le château de Saint-Jean d'Angéli il y resta deux mois, avril et mai, et chose curieuse, la bonté et les malheurs de ce prince créèrent autour de lui, dans cette terre naturellement hostile à sa cause. un véritable courant sympathique qui se manifesta de diverses façons, même par des tentatives de délivrance. Dès que le comte de Penthièvre, Olivier de Blois, s'en aperçut, il le lira de là et le fit pendant tout le mois de juin errer de prison en prison, le traînant de Saint-Jean d'Angéli dans le pays de Niort, où il l'enferma d'abord au château de Fors. puis en celui du Coudrai Salbart de là on le transféra à Bressuire, ce qui le rapprochait notablement de la Bretagne, et enfin on le ramena à Clisson, que le duc, on s'en souvient, avait traversé le premier jour de sa captivité mais cette fois il y fut plus longtemps, il dut passer dans le château de Clisson la plus grande partie de juin. Olivier de Blois, qui s'était constitué le geôlier de sa victime, l'avait menée là, à sept lieues seulement de Chàteauceaux, pour suivre plus aisément les péripéties du siège de cette place, C'est donc là qu'il reçut le message de sa mère ordonnant d'envoyer de suite Jean V à Châteauceaux pour y être remis aux seigneurs bretons. Ce fut pour Olivier un coup de foudre. Sa foi en sa mère était si grande qu'il n'avait jamais douté de la réussite du complot tramé par elle. Il comptait toujours très fermement sortir de cette affaire duc de Bretagne. Et de fait, tant qu il restait maître de Jean V, il avait dans cette partie la chance du joueur qui tient en main le roi d'atout. Mais, s'il lâchait son atout, il lâchait tout, de duc de Bretagne il tombait au rang ignominieux de criminel de lèse-majesté, condamné à mort avec confiscation de tous ses biens. Du trône il était précipité dans un gouffre: quelle chute Pourtant il n'eut pas l'idée de résister la vie de sa mère était en jeu puis, regimber contre cette volonté de fer ? Impossible. Toutefois, avant de lâcher sa proie, il voulut user d'une dernière ruse. Au lieu de dire la vérité au duc, il vint lui conter que, par ordre de sa mère, il allait l'envoyer à Chàteauceaux, où la comtesse de Penthièvre le mettrait en liberté s'il voulait au préalable accepter certaines conditions. La première condition, c'était le mariage de lui Olivier de Blois, alors veuf, avec Isabeau de Bretagne fille de Jean V, déjà promise au duc d'Anjou, roi de Sicile, la seconde condition, c'était le don à Olivier de Blois en faveur de Cesson (près Saint-Brieuc) Le duc devait s engager en outre à garantir aux Penthièvre la jouissance de tous les biens possédés par eux avant la trahison du 13 février, et de grosses pension, sur le trésor. Jean V promit, signa et jura tout ce qu'on voulut absolument comme Clisson, trente ans plus tût, dans le château de l'Hermine. Après quoi Olivier de Blois n'osant, comme auteur principal de l'enlèvement du duc, affronter le courroux des barons de Bretagne, remit Jean V aux mains de son frère Jean sire de Laigle, qui lui n'avait pas personnellement pris part à cet attentat. Sous la conduite ou plutôt l'escorte respectueuse de Jean de Penthièvre. le duc se rendit à Châteauceaux le vendredi 5 juillet 1420. Les acclamations enthousiastes de l'armée bretonne lui apprirent là le triomphe complet de sa cause et le dernier mensonge d'Olivier de Blois. Aussitôt Margot de Clisson et tous les siens, parents, amis, serviteurs, soldats, sortirent du château, vies et bagues sauves, et le soir même Jean V alla coucher à Nantes, au palais ducal de la Tour-Neuve.

 

 

 

Jean V

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:41

Les débuts de la lutte.

 

 

 

 

Il y eut donc bientôt sur pied une belle force, une belle armée, pour délivrer le duc. Mais le délivrer, comment ? On ne savait même pas où il était, la duchesse qui le faisait activement chercher par des agents secrets, n'avait rien appris de certain. Restait la ressource, en attendant mieux, de punir les coupables, c'est-à-dire d'enlever aux de Blois l'apanage de Penthièvre perdu par leur félonie, et d'abord de prendre leurs places Avant la fin février, Lambale leur capitale était assiégée, serrée de très près. Quand les Penthièvre apprirent ces nouvelles, ils devinrent fous de colère. Ils avaient compté évidemment que, le duc pris, leur parti relèverait la tête en Bretagne. Par malheur ce parti était mort, et dans leur apanage même personne ne bougea. Pour apaiser le terrible orage amassé contre eux, ils employèrent d'abord un expédient un peu trop puéril. Il y avait à Châteauceaux un varlet, c'est-à-dire un page, qui ressemblait un peu à Jean V on lui mit les bottes, la robe du duc, on lui banda les yeux, on le jeta dans une barque qui descendit le fleuve, on le conduisit de la sorte jusqu'à la Loire on dit à tout le monde que c'était le duc que l'on allait noyer; puis, comme ce jeune homme ne reparut pas à Chàteauceaux, on envoya des gens à Nantes répandre le bruit qu'on avait effectivement retiré de la Loire, sous une souche de saule, le cadavre de Jean V. On croyait que l'armée formée pour délivrer ce prince, le sachant mort, se dirait qu'elle n'avait plus rien à faire et se disperserait. Comme si au contraire, dans ce cas. elle n'eût pas eu à coeur de poursuivre plus que jamais sa campagne pour tirer vengeance de ce crime. Cette farce grotesque n'eut d'ailleurs aucun succès et ne trompa personne. Alors, tout naturellement, c'est sur le pauvre duc, toujours prisonnier à Châteauceaux, que l'orage tomba. Un soir, Olivier de Blois et son frère Jean sire de Laigle, couverts de leurs cuirasses, hérissés de dagues et d'épées, entrent tout à coup a grand fracas dans la prison de Jean V et lui mettant tous deux le poing sous le nez, lui crient que si le siège de Lamballe continue, ils lui feront immédiatement « voler la teste de dessus les espaules. Que s'il veut la conserver, il lui faut de suite écrire aux chefs de l'armée bretonne l'ordre formel de lever ca siège et de laisser en paix les autres places de Penthièvre sans quoi la duchesse de Bretagne ne reverrait la tête de son mari que plantée sur une pique au sommet du donjon de Chàteauceaux. Le duc écrivit tout ce qu'on voulut et donna au messager chargé de cette lettre, pour en mieux garantir l'authenticité, une petite chaîne d'or qu'il portait habituellement sur la peau pour suspendre son Agnui, chaîne dont, bien entendu, le comte de Penthièvre, lors de sa prise, l'avait dépouillé, mais qu'il consentit à lui remettre momentanément en cette occasion. Kermelec, l'un des serviteurs du duc et comme lui prisonnier à Châteauceaux, fut chargé de porter aux chefs bretons cette chaîne et cette lettre. Sous peine de mettre le duc en péril, il lui fut enjoint de revenir à Chàleauceaux rendre compte de sa mission et reprendre sa prison. Il partit pour la Bretagne vers le 5 ou 6 mars. Huit jours après, et avant son retour, Margot de Clisson fit sortir le duc de Châteauceaux, craignant sans doute que son séjour en ce lieu, necessairement connu en Bretagne par la mission de Kermelec, n'attirât sur cette place l'effort de l'armée bretonne. Le duc et son frère Richard furent conduits vers la mi mars de Châteauceaux à Vendrines, où Olivier de Blois leur prodigua encore les injures et les plus cruelles menaces, puis de là à Nuaillé près de la Rochelle, enfin jusqu'à Saintes, en plein pays français, à près de cinquante lieues des bords de la Loire. Vers la fin de mars, on le fit remonter vers le nord, on l'enferma au chàteau de Saint-Jean d'Angeli, où il passa les deux mois d'avril et de mai. Nous l'y retrouverons plus tard. Jean de Kermelec eut beau exhiber aux chefs de l'armée bretonne les lettres du duc ordonnant de cesser le siège de Lambale, il eut beau représenter les dangers que faisait courir à la vie de Jean V la continuation de la guerre le siège ne fut pas interrompu. Car nul ne doutait que les ordres du duc n'eussent été extorqués par la violence. Quant au reste, la conduite des Penthièvre avait soulevé chez tous les Bretons, dans toutes les classes, une telle indignation, que rien n'en pouvait arrêter l'effet on voulait, quoi qu'il en pût advenir, prendre du crime sur les coupables une éclatante justice En l'absence de Richemont, que le roi d'Angleterre n'avait pas voulu lâcher même momentanément, l'armée bretonne était commandée par les quatre capitaines-généraux, entre lesquels Alain de Rohan comte de Porhoët, comme fils du lieutenant-général du duc, semble avoir occupé le premier rang. Lambale se rendit au commencement de mars, et ses fortifications furent démolies aussitôt par Fouquet Renart. Guingamp, investi avant la reddition de Lamballe, capitula le 5 mars, mais ne fut pas démoli, Jugon, la Roche-Derien, Chàteaulin-sur-Trieu,la Roche-Suhart, toutes places et châteaux bien fortifiés furent pris sans grande résistance en mars et avril. Le château de Broon se défendit plus longtemps, il tenait encore le 8 mai, mais il avait déjà capitulé sous condition d'un certain délai, car la duchesse ce jour-là en ordonnait la démolition dès qu'il serait rendu. C'est Charles de Monfort, seigneur de Frinodour, qui eut l'honneur de cette conquête, on lui avait laissé le soin de ce siège avec un foit détachement, pendant que le reste de l'armée bretonne se dirigeait vers la Loire. Les Penthièvre, exaspérés par la prise de leurs places et la perte de leur apanage, avaient voulu prendre des représailles sur le comté Nantais, et de Châteauceaux ils dirigeaient contre la frontière bretonne de fréquentes incursions, dans lesquelles ils faisaient de grands ravages. La duchesse de Bretagne n'hésita pas à répondre à ces insolentes provocations elle ordonna le siège de Châteauceaux. Giosse et difficile opération, car la place passait pour imprenable. Mais là se trouvait, on en était sùr, Margot de Clisson, la première cause de cette guerre, l'auteur véritable de cette odieuse conjuration, et si l'on pouvait prendre Margot. tout serait gagné du même coup l'on finissiail la guérie et l'on recouvrerait le duc.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:24

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:17

L'appel aux armes. La duchesse Jeanne de France.

 

 

 

 

Margot triomphait trop tôt. Elle allait trouver dans la duchesse de Bretagne, Jeanne de France femme de Jean V, une antagoniste dont l'énergie en cette circonstance fut tout à fait digne des deux grandes Jeannes du XIVe siècle Jeanne de Penthièvre et Jeanne de Montfort. La duchesse était à Vannes quand elle apprit l'attentat des Penthièvre contre le duc. Dès le lendemain (le 16 février 1420) elle convoqua le conseil du duc et les principaux seigneurs présents à la cour. Dans ce conseil elle rendit une ordonnance appelant aux armes tous les Bretons, particulièrement tous les nobles et tous les vassaux astreints par leurs fiefs au service militaire. Pour lever, dresser, former les troupes qui répoudraientà cet appel, elle nomma le vicomte de Rohan lieutenant-général du duc absent dans toute la Bretagne et, sous lui, capitaines généraux, en basse Bretagne le comte de Porhoët son fils et le sire de Guémené, en haute Bretagne, le sire de Châteaubriant et le sire deRieux.En même temps la duchesse convoqua les Etats généraux du duché pour le 23 février. Du 16 au 23 février, Vannes se remplit de seigneurs, de prêtres, de bourgeois venant de tous les coins de la Bretagne exprimer à leur souveraine leur indignation contre l'attentat, leur résolution de tout faire pour le venger et délivrer le duc. Le 23 février, les trois Etats étaient là au grand complet. La duchesse se présenta devant eux avec ses deux fils, l'aîné François, héritier du duché âgé de dix ans, l'autre son puîné Pierre qui avait deux ans à peine. Elle n'eut pas besoin d'un long discours en quelques mots elle rappela l'odieuse trahison, le péril du duc, et adjura ses fidèles Bretons de voler à son secours elle y emploierait sans compter tout le trésor amassé pendant la minorité de Jean V et, si ce n'était assez tous ses joyaux. « Et en ce disant tenoist la dite dame duchesse ses deux fils, qu'elle montroit aux prelats, aux barons, aux gens des bonnes villes, et plouroit (dit Le Baud) moult tendrement.» Tous les assistants émus, indignés, enthousiasmés, jurèrent de s'employer corps et biens à la délivrance du duc. Les contingents militaires ailluèrent immédiatement aux lieux de rendez-vous, non seulement les contingents féodaux, mais aussi les volontaires des paroisses, jaloux de prendre part à cette campagne. Une tradition, recueillie par Pierre Le Baud qui avait connu des témoins de ce grand mouvement national, porte le chiffre total de cette levée à 50.000 hommes. On s'est récrié contre ce chiffre et en eflet, à cette époque, en Bretagne, il était bien difficile de former, de faire manoeuvrer, surtout d'armer, d'approvisionner une armée aussi considérable. En outre on a les chiffres précis des contingents de troupes régulières fournies dans cette circonstance par quelques régions de la Bretagne, j'entends, en hommes d'armes, archers, arbalétriers – et de ces chiffres il semble résulter que le total de l'armée régulière dut monter à environ dix-huit mille hommes, ce qui est pour ce temps un très beau nombre. Mais cette armée, comme nous le verrons, ayant opéré sur divers points de la Bretagne pour prendre les diverses places des Penthièvre, vit successivement, partout où elle se portait, les gens des paroisses se joindre à elle contre l'ennemi qu'elle assiégeait, et ainsi, successivement mais non simultanément, il put bien y avoir une quarantaine de mille hommes à prendre part dans des conditions diverses à cette campagne. En tous cas on peut dire qu'à l'appel de la duchesse la nation bretonne, moralement, se leva comme un seul homme pour flétrir, rejeter et condamner d'un même coeur l'odieux attentat. Mais la duchesse ne s'en tint pas là. Voulant mettre à la tête de ses troupes un chef illustre, dont le nom fût un gage assuré de victoire, elle pria le roi d'Angleterre de permettre à Arthur, comte de Richemont, son prisonnier depuis Azincourt, de venir prendre le commandement de l'armée bretonne destinée à délivrer le duc Jean V, frère de Richemont, Elle envoya des ambassadeurs au dauphin pour lui donner des explications, adoucir son ressentiment, obtenir au moins de lui la neutralilé. Aux Espagnols, aux rois de Navarre et de Castille, liés depuis longtemps à la Bretagnepar des alliances et des traités de commerce, elle envoya demander du secours. Mais elle s'appliqua surtout, par ses envoyés, à persuader aux nombreuses compagnies bretonnes servant alors en France de revenir momentanément prêter à la cause du duc le secours de leurs armes et elle obtint de ce côté d'importants résultats 

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Published by poudouvre
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