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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 06:46

 

 

L'opinion publique avait nettement accusé au mois de juin 1758 un certain nombre de particuliers d'avoir servi d'espions aux Anglais après leur descente à Cancale. Ange Servan de la Marre^ portefaix à Saint-Malo, et Jean Geslin, couvreur d'ardoises, demeurant au village de la Limonnaye, paroisse de Saint-Méloir, furent arrêtés et conduits aux prisons de Saint-Malo. Le premier fut remis en liberté. Jean Geslin convaincu d'avoir accepté une pièce d'or d'un officier anglais en récompense d'un service, dont il ne put justifier la nature, fut condamné le 24 janvier 1759 « à servir à perpétuité sur les galères du Roi. » La maréchaussée générale de Bretagne fut saisie de nouvelles dénonciations aussitôt après la bataille de Saint Cast. Barthélémy Alvarez, Jean Ploret, Jean Gampane, Claude Maze, François Castaret, Claudine Samson, Yves Parga, Julien Grumellon furent arrêtés sous la prévention d'espionnage au profit des Anglais, et écroués à la prison de Saint Malo. Les six premiers furent remis en liberté après quelques jours de détention. Yves Parga et Julien Grumellon furent au contraire maintenus sous les verrous conformément aux réquisitions du procureur du roi. Leur procès devait durer un an. Quelle était sous l'ancien régime la procédure d'un procès de haute trahison? La solution de cette question se trouve sans doute exposée dans tous les cours d'histoire du droit. Il nous semble cependant nécessaire de la traiter ici, non pour faire étalage d'une fausse science juridique, mais pour donner un aperçu de la minutie des procédés des magistrats du XVIIIe siècle, et surtout pour dégager l'histoire du procès de J. Grumellon de l'histoire ae la procédure au sens étroit du mot. L'intendant de Bretagne Lebret écrivit, le 27 septembre, à M. de la Glestière : « II est ordonné au Sr de la Glestière, lieutenant de la maréchaussée à Rennes, de se rendre immédiatement à Saint-Malo avec le Sieur Dureau, greffier de ladite maréchaussée, pour y prendre les ordres de Mr le marquis de La Châtre, à l'effet de procéder aux interrogatoires de différents particuliers détenus comme espions dans les prisons de ladite ville. » -Fait à Rennes, le 27 septembre 1758. L'officier de la maréchaussée arriva le 29 septembre à Saint-Malo et commença ses travaux dès le lendemain. L'affaire de Grumellon allait passer par quatre phases principales avant d'aboutir à la sentence rendue le 29 août 1759.

 

Instruction Militaire.

 

Faite à Saint-Malo et aux environs par Jacques-SébastienJean Gardin, écuyer, sieur de la Glestière, lieutenant de la maréchaussée générale de Bretagne, à la résidence de Rennes, assisté de Me Michel Dureau, greffier. Elle comprenait : 1° L'interrogatoire du prévenu; 2° L'audition des témoins; 3° La communication de tous ces documents à noble Me Joseph-Marie Michelot, avocat au Parlement, substitut du procureur du Roi en l'amirauté de Saint-Malo, faisant fonctions de procureur du Roi, attendu son absence.

 

 

Instruction Juridique.

 

 

1 Les faits relevés à la charge de Grumellon parurent suffisamment établis à ce magistrat pour justifier une information plus approfondie. Il adressa, le 16 octobre, au prévôt général une remontrance tendant à faire écrouer à la prison de Saint-Malo « le Né J. Grumellon comme susp'ect d'avoir servi de guide et d'espion aux Anglais », et à faire établir contre le prévenu une instruction juridique, à laquelle les interrogatoires et informations militaires faites jusqu'à ce jour seront annexées « comme mémoires ». M. de la Glestière et « Me François le Bourguignon, ancien avocat au Parlement, faisant à Saint-Malo fonctions d'assesseur, attendu l'absence de l'assesseur de ladite maréchaussée » furent chargés de cette instruction, en la chambre du conseil de la juridiction ordinaire de Saint-Malo. Ils étaient assistés du greffier Dureau. Les deux magistrats procédèrent à : 1° Un second interrogatoire de Grumellon; 2° Une seconde audition des témoins; 3° Ils rendirent, le 19 octobre, une ordonnance de soit communiqué au procureur du Roi; 4° Et rendirent, le 20, un décret de prise de corps contre J. Grumellon, ordonnant qu'il sera transféré de la prison de Saint-Malo à celle de Rennes où son procès sera instruit criminellement. L'accusé arriva à Rennes le 22 octobre et fut écroué le jour même.

 

 

Instruction Criminelle.

 

 

M Bonnescuelle, conseiller du Roi, et son procureur en la sénéchaussée et siège présidial de Rennes, déposa le 10 novembre 1758 des conclusions tendant à faire déclarer « Le Prévôt général de la maréchaussée incompétent pour instruire et juger par jugement prévôtal et en dernier ressort le procès de J. Grumellon » et demandant « que la connaissance de l'accusation soit renvoyée au lieutenant criminel du siège présidial de Rennes pour que le procès soit instruit et jugé à charge d'appel suivant les ordonnances. » Le siège rendit, le 15 novembre, une sentence conforme et l'accusé fut renvoyé devant le lieutenant criminel Varin « assisté de MM. les conseillers aux mêmes siège et sénéchaussée en nombre suffisant. » Cette nouvelle procédure comprend les documents suivants : 1° Troisième interrogatoire de l'accusé; 2° Inventaire de la procédure des deux premières phases de l'instruction; 3° Quatrième interrogatoire de T'accuse; 4° Troisième audition des témoins; 5° Recollement des témoins; 6° Confrontation de l'accusé et des témoins; 7° Réquisitoire écrit du procureur du Roi requérant l'élargissement immédiat de l'accusé.

 

 

 

Sentence.

 

La confrontation de Grumellon et de ses accusateurs eut lieu le 12 janvier 1759. Le réquisitoire du procureur du Roi est daté du 20 août de la même année. L'accusé subit, le 29 août, un nouvel interrogatoire « debout derrière le bureau » devant tous les magistrats réunis et il fut, séance tenante, renvoyé « hors procès. » Cette sentence est signée des conseillers du Roi : Babin, Varin, Le Marchand, Duval et Desrieux. Ces minutieux procédés d'instruction présentaient au prévenu toutes les garanties d'impartialité compatibles avec l'état de l'esprit public à l'époque. Mais ils compliquent d'une étrange matière le compte rendu du procès. Nous ne tiendrons aucun compte dans l'exposé ci-après de l'ordre chronologique des dépositions ou des interrogatoires. Nous choisirons avec la plus grande impartialité les réponses les plus précises sur chaque fait particulier et nous chercherons à éclaircir successivement chacune des charges relevées contre l'accusé. Mais, avant d'entrer dans l'étude détaillée du procès, il nous semble indispensable de tracer la silhouette de Grumellon et d'exposer brièvement les soupçons et les accusations qui motivèrent son arrestation. Julien-Charles Grumellon était né à Saint-Lormel, le 10 novembre 1715, de René Grumellon, laboureur faisant valoir son bien, qui fut assassiné le 21 juin 1718, et de Jeanne Vaumeloysel. Il habita Lancieux pendant sa jeunesse et revint ensuite se fixer au village de Villemousiard, en SaintLormel. Sa famille tenait un rang honorable dans cette paroisse et jouissait du privilège de voir ses membres inhumés dans l'église. M. de la Glestière nous trace le portrait suivant de l'inculpé au moment de son premier interrogatoire, le 2 octobre 1758 : « Devant nous..., etc., mandé et fait venir..., etc., un particulier de la taille d'environ 5 pieds, 2 pouces, quelques lignes, portant cheveux longs noirs, barbe et sourcils noirs, les yeux bruns, le visage ovale, le front haut, le nez mince et assez long, vêtu d'un justaucorps de peluche brune et d'une veste de drap fleuri à fond rouge de petites fleurs, garnie de boutons de poils de chèvre rouge, culotté d'étoffe brune, bas de laine lie de vin. » Détail particulier, l'inculpé ignorait son âge et n'avoua que 35 ou 36 ans. La rumeur publique l'avait désigné comme l'un des agents secrets employés par Bligh pendant son séjour dans la région- Le vicomte de Courville et l'écuyer de Lormel l'arrêtèrent le 28 septembre, et « le remirent incontinent à l'exempt de la maréchaussée de Dinan qui les suivait à vue et était chargé d'ordres pour arrêter ledit Grumellon. » Que lui reprochait-on? 11 était soupçonné : 1° D'avoir entretenu des intelligences avec les Anglais avant et pendant les descentes de l'année 1758; 2° De s'être volontairement livré à nos ennemis et d'avoir joui d'un traitement de faveur pendant sa captivité- On l'accusait en outre formellement : 1° D'avoir pratiqué l'espionnage au profit des Anglais sur la rive gauche de l'Arguenon, et d'avoir dénoncé, à Bligh, le faible effectif des défenseurs du Guildo; 2° D'avoir indiqué à l'armée anglaise les points guéables de la rivière, ce qui lui permit de forcer le passage; 3° D'avoir fait assassiner par les Anglais son oncle germain Jean Grumellon, dit Villareu, capitaine de la paroisse de Saint-Lormel. Etudions la procédure dans cet ordre L'attitude de J. Grumellon justifia de nombreux soupçons avant sa capture par les Anglais. Ecoutons les dépositions des témoins. Toussaint Cordon lieutenant garde-côte, était de service, lts mardi 5 septembre, au corps de garde de l'Isle, paroisse de Saint-Cast. Jl « vit venir le Né Grumellon de la paroisse de Saint-Lormel, qui était monté sur un cheval ou jument bai, qui avait crins et queue, et ledit Grumellon était lors vêtu d'un justaucorps ou surtout brun, ayant par-dessous une veste et une culotte rouges... Il s'offrit pour venir au Guildo savoir ce qui se passait de la part des Anglais, et en faire ensuite son rapport...» Il fut éconduit. * II franchit cependant le Guildo, et vint rôder dans la région comprise entre l'Arguenon et le Frémur de Saint-Briac, bien que des bandes de maraudeurs anglais infestassent déjà ces paroisses. Bernard de Courville « étant proche du couvent des Carmes vit environ les 6 heures du soir un particulier qui parut venir du côté de Saint-Briac, étant monté sur un petit cheval ou jument bai (autant que se rappelle le déposant) auquel particulier le Sr de Lormel demanda d'où il venait (en ces termes) « D'où viens-tu Grumellon? » et ce particulier répondit qu'il venait de Saint-Briac... et le mercredi suivant (le 6) étant proche le gué du Guildo, vit passer le susditGrumellon monté sur un cheval, étant vêtu d'un justaucorps ou surtout brun et d'une veste raz fleuri rouge, auquel il demanda où il allait, et Grumellon lui répondit qu'il allait vers Saint-Briac et poursuivit son chemin. » Or le quartier général de Bligh était en ce moment à SaintBriac. Jacques Langlois W confirme la déposition du témoin précédent. Il ajoute que le Sr de Lormel ayant traité Grumellon de mauvais sujet, il résolut de l'arrêter s'il le rencontrait encore dans ces parages. Mais l'accusé n'alla pas à Saint-Briac le 6 septembre, et il passa de fort étrange manière à Lancieux la nuit du 6 au 7. Louis Morel dépose en ces termes : « Le mercredi 6 septembre, autant qu'il peut se rappeler, le Né Grumellon vint en l'auberge ou cabaret du Sabre situé en la paroisse de Lancieux, où le déposant prend pension, et se mit à table à souper avec le déposant et autres, ils tinrent table jusqu'à environ 11 heures avant minuit, et comme ils étaient à boire, arriva un particulier qui parut au déposant être pris de boisson, et qui dit qu'il venait de voir passer une vingtaine de chevaux anglais qui n'étaient conduits que par un seul homme, le déposant avec ledit Grumellon et le Né Jacques Quintin, frère du cabaretier, formèrent le projet d'aller s'embusquer pour tâcher de surprendre quelques-uns desdits chevaux, ils s'armèrent chacun d'un fusil et allèrent de compagnie jusqu'au bourg de Saint-Briac, proche le cimetière dudit lieu où après avoir resté jusque environ les 2 heures avant le jour ils s'en retournèrent de compagnie au susdit cabaret du Sabre, où ils se couchèrent et passèrent le reste de la nuit, et le matin du jeudi ils se mirent à déjeuner ensemble, et comme ils déjeunaient, le Sr de Pracomtal, employé des fermes du roi, arriva qui dit au déposant qu'il aurait bien souhaité sauver la couette de son lit, de sorte que le déposant et ledit Sr de Pracomtal prièrent ledit Grumellon de prêter son cheval pour emporter ladite couette, ce qu'il leur accorda, et pendant que ladite couette fut emportée, le Sr de Pracomtal se mit à déjeuner avec le déposant et ledit Grumellon. Au retour dudit cheval ou jument, ledit Grumellon la mena paître dans un pré, et environ 1 heure 1/2 après-midi ayant vu les Anglais qui s'avançaient vers le village du Sabre, le déposant et le Sr de Pracomtal quittèrent le village et y laissèrent ledit Grumellon, sans savoir où il alla, ni ce qu'il fit depuis. Ajoute que depuis ce temps a ouï dire par bruit commun que ledit Grumellon sortant du cabaret du Sabre avait parlé aux soldats anglais qui passaient et les avait salués. » Le Sr de Pracomtal complète la déposition précédente :« Le dimanche ou le lundi suivant (le 10 ou le 11) le déposant étant dans le susdit cabaret vit entrer ledit Grumellon qui était tout défiguré et en mauvais (état, et qui portant la parole dit au déposant que les Anglais l'avaient mis dans l'état où il était, l'avaient fait mourir de faim, et que heureusement il s'était échappé de leurs mains. »Les dépositions de tous ces témoins éclairaient d'un jour singulier la mentalité de Grumellon et donnaient prise au soupçon. On cherche vainement, le mobile qui poussa un habitant de Saint-Lormel à quitter la quiétude de son domicile pour se rapprocher d'une région où les bandes anglaises, assouvissant librement leurs instincts de pillage, semaient la désolation et la mort. L'accusé fut donc appelé à justifier minutieusement de l'emploi de son temps avant sa capture. Mais M. de la Glestière avait à coup sûr reçu des dénonciations nombreuses contre Grumellon. Il jugea utile de rechercher si ce dernier n'avait pas entretenu jadis un commerce d'amitié avec des sujets britanniques. Le magistrat procéda par insinuations plutôt que par interrogations. Il ne. put rien découvrir. L'accusé déclara qu'il n'avait jamais effectué le voyage de Jersey ni de Guernesey, qu'il n'avait pas entretenu de relations avec les Anglais, après leurs descentes, et qu'il servait à Saint-Cast au mois de juin dans la compagnie de son oncle Villorien Grumellon. Il reconnut qu'il escorta à cette époque, de Saint-Cast à Dinard, un convoi de 40 prisonniers anglais et qu'il prêta son cheval à l'un d'eux qui était malade et ne pouvait marcher. Il s'attira, dit-il, à ce sujet l'inimitié du Sr de la Chapelle-Gorju un de ses accusateurs actuels. Il nia enfin avec énergie être allé au camp de Saiht-Briac et avoir assisté à l'incendie des barques effectué dans la nuit du 4 au 5 septembre, près du Pont-Briand. M. de la Glestière l'interrogea alors sur les événements récents : -Interrogé où il passa le 4, le 5 et le 6e de septembre dernier, et s'il n'alla pas à Saint-Briac et dans les cantons voisins? -Dit que le lundi 4 de septembre dernier, ayant entendu du matin sonner le tocsin à Saint-Lormel il s'y rendit incontinent et s'informant du sujet du tocsin, il apprit que la flotte anglaise paraissait de nouveau à la côte, il alla chercher sa jument qu'il avait mise à paître dans la prairie nommée l'Etang-Quioual, ayant monté sa jument, il fit route vers une hauteur qui est environ à 3 portées de fusil de Saint-Gast d'où il aperçut un grand nombre de vaisseaux et de bateaux entre Saint-Briac et Lancieux, pour lors il pouvait être 4 heures après-midi, après avoir resté sur ladite hauteur pendant quelque temps à considérer lesdits vaisseaux qui lui parurent être ancrés, il fit chemin vers le Guildo où il arriva environ les 6 heures du soir du côté de Saint-Pôtan où il se rafraîchit à la porte de Fcoi8 Lucas aubergiste, où il but ladite chopine de cidre de cheval (sic) après quoi il passa à la faveur du bateau ordinaire au Guildo en Créhen et fit chemin vers Lancieux et rencontra en son chemin Pierre de la Brousse, domestique du Sr Piquet de Saint-Malo, qui conduisait un harnais avec d'autres particuliers que le répondant ne connaît pas, vers le Guildo, pour lors le soleil étant couché, ensuite il passa à DrouetW à la faveur.de Joseph Hardy, du village de la Jiglaye, paroisse de Ploubalay, guide ordinaire audit passage, et se rendit à la Lansonnière chez sa sœur, en la paroisse de Lancieux; n'ayant trouvé sa sœur, il alla la chercher sur la hauteur où est situé le moulin du Tertre de la Roche, d'où il aperçut un grand feu du côté de Saint-Briac, il trouva sur ladite hauteur plusieurs particuliers et non sa sœur, de sorte qu'il se rendit à l'auberge du village du Sabre, situé en la paroisse de Lancieux, environ les 9 heures du soir, et y resta la plus grande partie de la nuit, et environ une heure avant le jour, comme il n'y avait ni foin ni avoine dans l'auberge, il mena sa jument qu'il avait laissée à la porte de l'auberge dans un clos qui lui appartient et qui est situé à environ une portée de fusil de ladite auberge où il la mit à paître, et resta à la garder, étant jour il mena sa jument dans la cour de ladite auberge et lui, répondant, se mit à déjeuner et resta jusqu'à environ midi qu'il monta sur sa jument et fit route vers le Guildo pour se rendre à Saint-Lormel et passa par Drouette, étant au passage du Guildo il y rencontra le Né Gabriel Lemasson, habitant dudit lieu, qui dit qu'il s'en revenait du côté de Lancieux pour savoir de quel côté les Anglais avaient pris, et du Guildo le répondant se rendit seul en sa demeure à Saint-Lormel où il arriva environ les 5 heures à 6 heures du soir, et y passa la nuit, et resta en sa demeure jusque environ 1 heure après-midi du mercredi 6 septembre qu'il alla au Guildo pour se rendre chez sa sœur en la paroisse de Lancieux pour lui aider à emporter ses effets pour les sauver des Anglais... » Grumellon s'arrêta au cabaret du Sabre; nous savons d'après la déposition de Louis Morel comment il y passa la nuit du 6 au 7 septembre et la matinée du lendemain. Son interrogatoire confirme entièrement la véracité de la déposition du témoin. Il nia cependant, lors de la confrontation, avoir salué les soldats anglais et leur avoir adressé la parole. Bref le prétexte qui amena Grumellon au village du Sabre était très louable; mais, il paraît s'être bien plus occupé de festoyer au cabaret que d'aider sa sœur à sauver ses richesses avant l'arrivée des Anglais. Notons enfin qu'il n'avoua pas être allé au corps de garde de l'Isle malgré la déposition de Toussaint Gordon 

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 18:24

 

 

La victoire de Saint-Cast eut un immense retentissement en Bretagne, et, selon l'expression de M. Ropartz, le récit de ces événements « a été transmis à la postérité avec la pompe surhumaine de l'épopée! ». Nous possédons beaucoup de narrations pittoresques de la descente de Saint-Briaç, mais il n'en existe encore aucune relation historique exacte. Les versions des chroniqueurs contemporains, et les études des écrivains qui relatèrent ces faits de guerre sont très souvent contradictoires. Mais, il est un point sur lequel l'accord unanime ne pouvait laisser planer aucun doute : la trahison du Guildo. La résistance de Rioust des Villes-Audrains n'aurait été brisée, qu'après qu'un traître : Julien Grumellon, de la paroisse de Saint-Lormel, eût révélé à Bligh le faible effectif des défenseurs du cours d'eau, et n'eût indiqué aux colonnes anglaises les gués de l'Arguenon. De nombreux auteurs nous donnent des détails circonstanciés sur ce fait historique. « L'après-midi, écrit M. Rioust des Villes-Audrains les ennemis firent partir un de leurs espions, habitant du pays, qui ayant pris un grand détour, vint de notre côté, vit le peu de monde que nous étions, et par le même détour alla en rendre compte au général Bligh. » Le récit du recteur de Saint-Gast est formel à cet égard : « Le samedi les Anglais corrompirent par argent un Né Grumellon de la paroisse de Saint-Lormel, qui, après avoir examiné et rapporté aux ennemis la petite poignée de monde qui s'opposait à leur passage les conduisit à Sainte-Brigitte... » « Ce traître, avance l'abbé Manet, était un Né Grumellon, de la paroisse de Saint-Lormel, qui s'était laissé gagner par argent et qui leur indiqua en sus les points les plus faciles de passage... » « Rioust des Villes-Audrains, écrit M. J. Geslin de Bourgogne, tint l'armée anglaise en échec jusqu'au moment où un traître de Saint-Lormel, Grumellon, dirigea les colonnes anglaises à travers les grèves de Quatre- Vaux pour tourner le Guildo... » M. Bertrand Robidoufait les suppositions suivantes : « Mais un traître d'une paroisse voisine gagné par argent, par peur plutôt, révéla le petit nombre des défenseurs du pays. Le traître s'appelait Grumellon, il était de Saint-Lormel... » M. Sigismond Ropart attribue un autre mobile à ce crime : « II avait 43 ans quand il vendit son pays. Il n'avait pas l'excuse du besoin... Julien fut donc poussé par l'ambition la plus honteuse, ou par la crainte; à moins qu'il n'ait voulu venger le sang de son père sur les paroisses de la rive gauche de l'Arguenon. » M. Arthur de la Borderie, lui-même, n'hésite pas à certifier l'authenticité de ce fait, avec la haute autorité qui se dégage de toutes ses œuvres : « Les Anglais, on le sait, écrit-il, n'osèrent franchir le gué du Guildo, le 9 septembre au soir, qu'après avoir été informés par un traître du petit nombre des volontaires qui, par leur vaillante résistance avaient pendant 24 heures arrêté la marche des envahisseurs. « Les relations donnent à ce traître, qui était du Guildo même, le nom de Grumellon... » Gomment douter de la réalité de ce fait après une telle série de témoignages accablants? Mais, l'histoire est une science exacte, et celui qui s'y adonne ne doit pas se laisser impressionner par l'unanimité des jugements antérieurs. Notre incrédulité contemporaine exige des références; les récits historiques créent la présomption dans nos esprits; les textes authentiques seuls déterminent la conviction. Or, une étude approfondie des lieux et des faits nous a amené à douter de la réalité de la trahison du Guildo. Bligh ne voulait pas la bataille. Or, chaque étape de son armée vers l'Ouest le rapprochait de ce point fatal où il allait venir se heurter en aveugle à la masse principale des troupes du duc d'Aiguillon. Le 10 septembre il n'avait même pas encore la notion confuse du danger vers lequel il courait. Il' ignorait tout de la marche et des projets de son adversaire : les historiens anglais l'avouent, et le désarroi manifeste dans lequel se réunit le conseil de guerre anglais le même jour au Pont-Brûlé en Matignon le démontre. Bligh eût connu tous ces faits, si le service d'espionnage avait été organisé dans son armée. Il utilisa à coup sûr comme guides des paysans terrifiés par la menace de la potence, mais l'incohérence de tous les actes du commandement anglais, jusqu'aux dernières heures de cette campagne, semble démontrer qu'il manqua d'espions et ne sut jamais -rien de ce qui se passait à quelques lieues du camp. L'étude de M. Ropartz sur « Le traître de Saint-Lormel » contribua surtout à faire naître le doute dans notre esprit. « Les vieillards ont connu Grumellon, écrit-il W : dans les dernières années du XVIIe siècle, vers 1780, il habitait, au Guildo, vis-à-vis du couvent des Carmes, une petite maison d'où il pouvait voir le théâtre même de sa trahison. C'était un homme grand, maigre, marchant droit avec une sorte de tournure militaire. Il vivait seul et personne ne le hantait. Souvent les enfants le poursuivaient, en lui criant : « Va donc montrer le passage aux Anglais! » « II semble ensuite avoir disparu du Guildo, et l'on perd sa trace. » Ainsi donc, Grumellon échappa au châtiment de son forfait. et le traître put narguer pendant de longues années le mépris de ses concitoyens. Ce fait invraisemblable épaississait encore à nos yeux le mystère dont était entourée la trahison du Guildo. Ce point d'histoire n'en était que plus intéressant à éclaiFcir. Nous avons été assez heureux pour pouvoir reconstituer intégralement d'après les Archives départementales d'Ille-et-Vilaine (Série B, Présidial de Rennes) les dossiers de procédures de haute trahison au profit des Anglais instruites en Bretagne de 1758 à 1760. Nous nous efforcerons de retracer à l'aide de ces documents inédits toute l'affaire de trahison du Guildo.

 

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 19:39

 

 

 

La longue étendue des côtes de France a été, à toutes les époques de notre histoire, exposée aux deux modes d'attaque par mer : les bombardements et les descentes. Les grandes descentes ont été rares depuis la fin de la guerre de Cent ans; et leurs succès furent plus rares encore, lorsqu'elles eurent pour but des opérations régulières sur un territoire étendu et peuplé. Elles ont été plus fréquentes et plus heureuses, lorsqu'elles se sont proposé l'occupation de territoires bornés ou de positions particulières telles que les presqu'îles et les îles. Il ne convenait plus au XVIIIe siècle d'exagérer les dangers des invasions maritimes parties d'Outre-Manche. Notre incontestable supériorité militaire sur l'Angleterre lui interdisait de tenter la conquête d'un établissement permanent sur nos côtes, ou de s'emparer, sur le territoire français, de quelque place forte lui assurant la domination du pays et de la mer. Mais la suprématie maritime de la Grande-Bretagne lui facilitait le débarquement d'un corps expéditionnaire destiné à opérer près des côtes, à lever des contributions, à piller les villes ouvertes, à tenter une attaque brusquée contre les arsenaux maritimes, à ruiner les principaux ports d'armement. Les descentes de Synclair à Lorient en 1746, de Marlborough à Cancale en juin 1758, de Bligh à Cherbourg et à Saint-Briac aux mois de juillet et de septembre de la même année, sont les derniers exemples des incursions anglaises sur notre sol national. Aucune ville bretonne n'a plus souffert que Saint-Malo de nos guerres incessantes avec nos voisins d'Outre-Manche : sa liberté, sa fortune, son existence même furent souvent menacées. Aucune ville française ne leur fit plus de mal. Les exploits des corsaires malouins : les Bouvet, les Dangeron, les Magon, exaspéraient le gouvernement anglais au milieu du XVIIIe siècle, et ruinaient le commerce maritime de nos rivaux. Pitt décida, en 1758, de tenter un effort immense contre le vieux port breton, et de le réduire par une attaque combinée de l'armée et de la flotte britanniques. Mais la cité corsaire, couverte sur son front de mer par les fortifications érigées par Vauban, protégée sur son front de terre par la splendide ceinture de ses nouveaux remparts, apparut au duc de Marlborough comme une forteresse inexpugnable. Le général anglais rembarqua, le 12 juin 1758, à Cancale, les 13,000 hommes dont le commodore Howe avait assuré le débarquement, le 4 juin précédent. C'était un échec. Le pillage systématique des paroisses des évêchés de Dol et de Saint-Malo, la destruction d'une partie de la flotte malouine, les 3.363.223 livres de dégâts effectués dans le pays, ne couvraient pas les frais immenses de l'armement anglais. Marlborough céda le commandement au général Bligh, et celui-ci dirigea immédiatement contre Cherbourg une expédition dont le succès dépassa les prévisions les plus optimistes du cabinet de Londres. Bligh, grisé par ce facile succès, entreprit d'effectuer contre Saint-Malo l'attaque devant laquelle son prédécesseur avait reculé. Il cherchait la gloire; cette néfaste campagne devait briser sa fortune et le couvrir d'infamie. Le but avoué de la nouvelle expédition anglaise était l'attaque de Saint-Malo et l'achèvement de la ruine de son port. Mais, par suite de circonstances inexplicables, le débarquement du corps expéditionnaire s'effectua le 4 septembre 1758 dans l'anse de la Fosse, près de Saint-Briac. L'infranchissable fossé de l'embouchure de la Rance séparait l'armée anglaise de son objectif principal. Bligh s'efforça en vain pendant les deux journées suivantes de réparer les conséquences de cette grossière erreur initiale. Il lui fut impossible d'élaborer un nouveau plan de campagne contre la cité corsaire. Se rembarquer immédiatement eût été avouer l'avortement de ses conceptions stratégiques; il voulut sauver la face, donner le change à l'opinion publique anglaise et il laissa ses troupes dévaster librement le pays. Mais les dangers de la navigation côtière dans cette région et la mauvaise tenue des fonds dans les parages du Décollé obligèrent le commodore Howe à conduire sa flotte à l'excellent mouillage de la baie de Saint-Gast. L'impérieuse nécessité de maintenir toujours la liaison du corps expéditionnaire, avec la flotte obligea Bligh à effectuer sur terre un mouvement parallèle. L'armée leva le 8 septembre le camp de Saint-Briac et marcha sur Matignon par Ploubalay, Trégron, et le gué de l'Arguenon, situé près du couvent des Carmes du Guildo. Le Guildo (guedum dolosum) est un petit port, formé par la rivière de l'Arguenon, près du lieu où son estuaire s'élargit entre la presqu'île de Saint-Jacut, à l'Est, et le village de Notre-Dame du Guildo, à l'Ouest. Le passage du cours d'eau s'effectuait au XVIIIe siècle en bateau et très rarement à gué. Il eût été très imprudent à une personne inexpérimentée dé tenter sans guide le passage de la rivière à marée basse. L'Arguenon forme dans cette partie de son cours plusieurs fosses, sortes de souilles profondes, séparées les unes des autres par des seuils, dont chaque marée modifie l'orientation et l'emplacement. Le passage du Guildo s'effectuait en 1758, non pas en face des maisons des deux rives, comme il s'est fait postérieurement, mais plus en amont de la rivière, près d'un rocher dont la masse surplombe la fosse du Chaland. Charles Lebret et sa fille Rosé, femme de Pierre Perée,  exploitaient à cette époque le privilège du passage, moyennant une redevance aux carmes du Guildo. Aussi les habitants du pays avaient-ils progressivement renoncé à braver les dangers du passage à gué, et les riverains ne possédaient que des notions très imprécises sur les déplacements journaliers des seuils de la rivière. Ajoutons, enfin, que la rive Ouest, couverte de constructions et de levées de terre boisées, domine la rive Est, et que sa l'orme concave permet de battre le gué du Chaland par des feux croisés. Le passage de vive force de l'Arguenon .exigeait, dans ces conditions, de la décision et du coup d'œil de la part des chefs; beaucoup de courage chez les soldats. Cent paysans mal armés, rangés sous les ordres d'un chef improvisé, M. Rioust des Villes-Audrains, tinrent pendant trente heures l'armée anglaise en échec devant ce passage les 8 et 9 septembre 1758. Rioust ne se retira, le 9 septembre, à 5 heures du soir, que sous la menace d'une manœuvre enveloppante d'une colonne Anglaise passée au gué de Quatre-Vaux. Le reste de l'armée franchit ensuite le gué du Chaland. Bligh campa le même soir à Saint- Jahuguel et entra le lendemain à Matignon. Mais le retard imposé à la marche des troupes anglaises, par l'opiniâtre résistance des défenseurs du Guildo, avait permis au duc d'Aiguillon de concentrer l'armée de Bretagne à Pluduno-Saint-Pôtan. Les deux adversaires étaient au contact; une bataille était imminente. Bligh n'osa pas tenter la fortune des armes. Il se replia sur la baie, de Saint-Cast. Mais nos bataillons gagnèrent son armée de vitesse, la rejoignirent sur la plage et infligèrent à l'arrière-garde anglaise une sanglante défaite, le 11 septembre 1758. Telle est la brève histoire de cette campagne de sept jours  

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 15:19

 

 

Château de la Saudraie à Saint Glen et Paul Sébilllot

 

Paul Sébillot, cet auteur auquel ont doit ces précieuses notes connues sous le nom de Coutumes populaires de Haute-Bretagne. Pourtant rien ne prédestinait ce Matignonnais à s'orienter vers ces remarquables travaux, car après des études de droits à Rennes, il avait aussi fait preuve de son talent de peintre….Il évoque la Saudraie dans ses travaux.

 

 

Château de la Noë St-Yves à Bain de Bretagne et Amédée Guillotin de Corson

 

Amédée Guillotin de Corson, ce Nozéen passa son enfance au château de la Noë-St-Yves. Il fut ordonné prêtre en juillet 1861. Passionné de sa Bretagne natale, il est surtout l'auteur de multiples ouvrages, l'un des plus connu étant le Pouillé historique de l'Archevêché de Rennes, mais comme son compatriote Sébillot, il s'intéressa également aux Traditions et légendes de Haute-Bretagne 

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 06:24

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 19:54

 

Gwerzo 'm eus laret deoc'h ma sad

Ha laret deoc'h ma mamm

Gwerzo 'm eus laret deoc'h ma sad

Ha laret deoc'h ma mamm

 

Ma n'garet ket men dimeein

Ha rein den me me choant

Ma n'garet ket men dimeein

Ha rein den me me choant

 

Ma n'garet ket men dimeein

Ha rein den me me choant

Ma n'garet ket men dimeein

Ha rein den me me choant

 

E han da hwiskein ma dilhad

Hag d'ar e han c'hovant

E han da hwiskein ma dilhad

Hag d'ar e han c'hovant

 

Men galanted 'chomo dre man

Hag he c'houilo d'ho c'choant

Men galanted 'chomo dre man

Hag he c'houilo d'ho c'choant

 

Yaouank yaouank yaouank ma merc'h

Yaouank mad ho kavan

Yaouank yaouank yaouank ma merc'h

Yaouank mad ho kavan

 

Yaouank yaouank yaouank ma merc'h

Yaouank mad ho kavan

Yaouank yaouank yaouank ma merc'h

Yaouank mad ho kavan

 

Veid boud lakaet en ho chonj

Da gawein ur galant

Veid boud lakaet en ho chonj

Da gawein ur galant

 

Veid boud lakaet en ho chonj

Da gawein ur galant

Veid boud lakaet en ho chonj

Da gawein ur galant

 

Da gawein ur galant

Da gawein ur galant

Da gawein ur galant

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 12:05

Nous évoquions dans un précédent article le chirurgien Issaly qui avait assisté cette femme en train d'accoucher à la Montforière en Plénée. Précisément, une autre famille avait aussi fourni à la paroisse de Plénée alors désignées Plenest deux chirurgiens au cours du XVIIe siècle. La famille Rochelle. Le premier membre de cette maison qui soit arrivé en la Province de Bretagne fut maître Abraham Rochelle, originaire de Azay-le-Rideau, où il exerçait la fonction de notaire (voir  Le protestantisme, page n° 5). C'est à Tours le 25 juillet 1602, que maître Abraham Rochelle avait épousé une dénommée Nicole Regnault, fille de Titus Régnaut, alors procureur au siège royal de Tours, et de dame Marie Jumeau. Ladite Marie apparaît dans un acte ainsi que son frère le 10 septembre 1616 à Tours. Celui-ci, maître Jehan Renault, récolta le siège qu'occupait son père, il devint procureur au siège du présidial de Tours. Abraham Rochelle -alias Isaac, fut pour sa part choisi par le puissant seigneur Amaury IV Gouyon de la Moussaye, comme régisseur du domaine de la Moussaye, tâche consistant en la garde et l'entretien dudit domaine. Il semblerait que ce soit en mai 1621 qu'il fut nommé à ce poste. Nicole Régnaut son épouse, avait mis cinq enfants au monde, tous baptisés selon le principe de l'Eglise Réformée.

1° Isaac Rochelle, l'aîné de la fratrie, il s'éteignit en 1634

2° Balthazar Rochelle, le cadet fut titré sieur du Pavillon et de la Rigaudière. Ledit Balthazar épousa Jeanne Dorsmaine. Ils eurent  trois enfants, à savoir : Robert Rochelle baptisé en 1637, Jean Rochelle, baptisé en 1630 et Marie Rochelle, baptisée en 1631.  

3° Rachel Rochelle;

4° Marie Rochelle; 

5° Jacob Rochelle, le benjamin fut baptisé vers 1610, selon Claude-Guy Onfray. Il devint chirurgien et exerça à Plénée à partir de 1643 ;  sa fonction, une fonction encore très embryonnaire, les chirurgiens pansaient les plaies, mais avaient encore à cette époque une fâcheuse tendance à amputer leurs patients. Jacob Rochelle épousa damoiselle Renée de Cahideuc, fille de Louys, attaché à la garde du comte de Laval, et de Jeanne Grenier. C'est au château de Terchant en la paroisse de Ruillé-le-Gravelais près de Laval qu'eut lieu leur union selon le rituel protestant.

 

 

Il faut dire que l'endroit qui abritait un temple appartenait au sieur Gouyon de la Moussaye. Avec son épouse, Jacob Rochelle résidait au Besle en Plénée, il s'éteignit à Plénée le 14 janvier 1656. Renée de Cahideuc, sa veuve mourut quant à elle le 15 novembre 1680 à Plénée, elle était âgée de 61 ans. Six enfants étaient nés de leur union :

-Marie Rochelle -voir article qui lui est consacré en fin d'article

-Rachel Rochelle,

-Jacob Rochelle -qui suit,

-Catherine Rochelle, mourut âgée de 23 ans en 1671 à Terchant,

-Daniel Rochelle, s'éteindra âgé de 16 ans à Terchant

-Michel Rochelle, titré sieur de la Rigaudière.

Tous furent baptisés de 1642 à 1652 par un pasteur, probablement par le Ministre de la Moussaye David de la Place.   

 

 

Un chirurgien au cours du XVIIe siècle

(d'après tableau de David Tenier le Jeune) 

 

Jacob Rochelle, fils de autre Jacob et de Renée de Cahideuc fut baptisé le 12 mars 1646. Il reçut pour parrain Isaac Le Cler et pour marainne Marie La Lore, d'Olisset. Jacob Rochelle fut Maître-Chirurgien, il épousa Henriette Jupchaud, fille de Maître Estienne Jupchaud, sieur de la Crânne en Sévignac -débouté de la noblesse lors de la réformation de 1668, et de Judith de Saint-Cyr de Sion. Ledit père de la jeune épousée était lui-même attaché au Marquisat de la Moussaye. Le jeune couple était établi dans la Rue Herso Pot ou la Grande Rue en 1685, toutefois, ils étaient propriétaires terriens de Tréla et du Tertre. Jacob Rochelle fit l'acquisition de la charge de chirurgien royal le 20 juillet 1695 pour la somme de 187 livres (-Gilbert Noël : Plénée-Jugon, des origines au XIXe siècle). De son union avec Henriette Jupchault naquirent plusieurs enfants, à savoir  : 

 

-René Rochelle, l'aîné fut baptisée le 29 septembre 1675 (voir le temple de la Moussaye)

-Catherine Rochelle, sa soeur cadette fut baptisée le 7 octobre 1677. Lors de la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, c'est probablement elle qui s'exila le 8 février 1689 et débarqua à Guernesey d'où elle revint. Le 31 mai 1708 à Plénée, elle épousa Claude du Quélen, sieur de Villeglé après avoir abjuré, puis François Rouxel, sieur de la Cloture en la paroisse de Maroué.

-Pierre Rochelle, fut baptisé le 14 janvier 1680

-Jacob Rochelle, baptisé le 6 décembre 1682

-Henriette Rochelle, mourut âgée de 18 mois en 1685.

-Jacob Rochelle, mourut âgé de 18 mois en 1686.

-Marie-Catherine Rochelle, fut baptisée le 17 octobre 1686.  Le 2 octobre 1714 à Plénée-Jugon, elle épousa Ecuyer Julien de Trémaudan, sieur de la Daviais dont elle eut  trois enfants (voir La famille de Trémaudan). Catherine Rochelle devait s'éteindre le 15 mai 1719. -Marguerite de la Rochelle fut baptisée le 21 août 1689 à Pléne, elle abjura  en 1714.

-Françoise de la Rochelle, fut baptisée le 9 avril 1693 à Plénée, elle abjura en 1714

 

Jacob Rochelle, maître-chirurgien s'éteignit en cette même localité de "Plenest" le 31 août 1719 à l'âge de 73 ans après s'être converti sincèrement au catholicisme tout comme sa femme et leurs cinq enfants (encore vivants), en effet la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, les y obligèrent : Noble homme Jacob Rochelle, sieur dudit lieu étant mort dans la communion de l'église après avoir reçû les sacrements de pénitence Eucharistie et extrême onction, le trente unième d'août mil sept cent dix neuf fut le second septembre dudit an inhumé dans l'église, présens Catherine, Françoise et Marie Rochelle et plusieurs autres personnes de qualité". Signature: P.R.Rouxel prêtre.

 

Marie Rochelle, fille de Jacob  et de Renée de Cahideuc, épousa successivement Me Philibert Fanjoux, apothicaire, dont elle eut un fils prénommé Rachel, lequel fut inhumé dans les bois le 31 juillet 1694, mais aussi deux filles dont une Marie est dite demoiselle de Fanjoux, l'autre prénommée Jeanne est mariée à Abel Bellavenne de Paray-le-Monial dont elle aura trois enfants (sources familles Jartru Chassenard 03 et autres). Devenue veuve de celui-ci, elle épousa en seconde noce Me Maurice Desmoulins, sieur du Besle, avocat, fils de écuyer Henry des Moulins, sénéchal de la Moussaye, donné aussi sieur du Bel ou du Besle, et décédé en sa maison du Bel le 14 mars 1661 (voir Le protestantisme, page n° 6), elle avait abjuré le 4 décembre 1658.  De cette seconde union devaient naître un fils prénommé Maurice baptisé en 1678 et deux autres enfants dont un fils prénommé Isaac. Henri des Moulins, fils de autre Maurice devait abjurer la religion protestante en janvier 1708, il devait épouser en 1708 à Plénée Marie Poulce qui abjura à même date. Marie Rochelle épouse de Maurice des Moulin s'éteignit le 26 février 1686 -acte de décès ci-dessous.

 

 

 

 

 

Son veuf se remaria l'année suivante à Plénée avec Charlotte Marval, également issue d'un foyer protestant, dont il eut cinq autres enfants, le dernier prénommé Joseph fut sieur du Besl. Maurice des Moulins et Charlotte Marval sont recensés présents au Bele en 1685 (voir Actes divers touchant la paroisse de Plénée, page n° 15). Maurice des Moulins devait trépasser le 26 mars 1720 âgé de soixante quinze ans, après avoir passé la plupart de sa vie éloigné de l'Eglise catholique, fut inhumé en la chapelle St Joachim... Acte ci-dessus

 

 

 

Le Bêle à Plénée-Jugon

(merci à M. et Mme Andrew Barden)

 

 

Le Bêle, demeure XVIIe avec porte cintrée à double rangée de claveaux,les fenêtres sont ornées de lintaux à accolade, un charmant puits à dome, maçonné, voisine avec une remise. Les armoiries figurant sur la cheminée pourraient être celles de la famille des Moulins, à savoir :  " d'or à trois anilles de sable"

 

 

Claude-Guy Onfray : Livre des Baptêmes, Mariages & Mortuaires de l'Eglise réformée assemblée à La Moussaye en Plénée-Jugon. Depuis l'an 1619 jusques l'an 1683.   

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 18:47

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 15:03

 

 

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 08:12

 

Les archives du château de Keroullas m'ont déjà fourni les éléments d'une étude, publiée dans la Revue, sur un recueil manuscrit de Gilles et de Maurice le Borgne, que j'y ai découvert. Encouragé par cette bonne fortune, je m'étais promis d'y faire de nouvelles recherches et de les diriger sur la personne de cette héritière qui est restée si intéressante par ses amours et ses malheurs que la poésie populaire a chantés Lorsque Mme du Boisriou eut la complaisance de m'autoriser à consulter de nouveau ses archives, ce fut avec ardeur que je me mis à travailler. Je ne m'attendais pas à y trouver des renseignements bien circonstanciés mais il me semblait que je serais payé de ma peine, si je mettais seulement la main sur quelque date ou quelque détail ignoré. Je n'ai pas été complètement déçu mais je n'ai pas été non plus entièrement satisfait. Le château de Keroullas où l'héritière aimait à jouer « aux dés avec les enfants des seigneurs n'existe plus; il a été incendié. La demeure actuelle est du XVIIe siècle et n'a conservé qu'un très petit nombre de papiers du temps de la penn herez. Ce que j'y ai recueilli, je l'offre aux lecteurs de la Revue avec cette excuse, pour me faire pardonner ma pauvreté, qu'aucun indice n'est à dédaigner, s'il se rapporte à des figures aussi touchantes que celle de Marie de Keroullas. Il semble que ce qui les concerne nous intéresse au plus haut degré. Elles nous sont sympathiques dans toute la force du terme parce que leur souvenir n'est pas venu jusqu'à nous dans la seule forme banale d'un mémoire généalogique et que ce qu'elles ont senti et ce qu'elles ont souffert ne nous est pas étranger. La chanson du Barzaz Breiz n'est pas peut-être absolument présente à l'esprit de tous les lecteurs; je ne crois pas inutile d'en rappeler le sujet. Marie de Keroaltas, riche héritière de Plourin, dans l'évêché de Léon, était recherchée en mariage par plusieurs jeunes seigneurs. Il y avait Pennanrun; il y avait Sataun, qui arrivait tous les samedis, « monté sur son petit cheval noir »; et il y avait, par dessus tout, Kerthomaz, le plus aimable, que l'héritière allait remarqué au nombre de ses admirateurs et dont elle était loin de repousser les hommages. Elle avait même accepté ses cadeaux, un anneau d'or, un sceau et des chaînes d'or, lorsque, du fond de la Cornouaille, François du Chastel, marquis de Mezle, se présenta. De son manoir de Chateaugal, il avait entendu parler de ce brillant parti, et il venait, « avec sa mère et une suite nombreuse » pour mettre aux pieds de la jeune fille sa fortune et son nom. Eblouie de cette proposition d'alliance et de ce nom des du Chastel dont le prestige, au bas Léon, était plus grand que partout ailleurs, la mère de l'héritière accorda au marquis la main de sa fille. Elle se garda d'autant plus soigneusement de consulter les goûts de cette dernière, qu'elle même aimait secrètement Kerthomaz. La penn-herez se résigna ; au moment du départ, elle embrassa en sanglotant la porte du vieux manoir mais ette partit avec celui qu'elle n'aimait pas. Le marquis était dur sa vie était celle d'un avare. Marie qui était douce et charitable, ne put se faire à un tel homme et à l'oubli de Kerthomaz. Elle mourut, deux mois après son arrivée à Chateaugal. Frappés d'un coup si cruel, Kerthomaz et la malheureuse mère finirent leur vie au fond d'un cloître sombre. Voilà, en résumé, ce que dit la chanson recherchons maintenant ce qu'y ajoute l'histoire et le peu qu'elle nous offre de renseignements complémentaires et de rectifications. Le chanteur populaire a coupé son récit en trois périodes distinctes l'enfance, le mariage et la mort je suivrai également cette classification.

 

L'enfance

 

 

Ce qui est consacré à l'enfance n'est pas long de la part du poète : l'héritière de Kerhoulaz avait bien du plaisir à jouer aux dès avec des enfants de seigneurs. Aussi bien, est-il vrai que dans grand nombre d'existences le bonheur ne tient pas large place. Marie de Keroulas était fille unique de François de Keroullas et de Catherine de Lanuzouarn. Ses premières années furent heureuses elle n'interrompait ses jeux avec les enfants des manoirs voisins que pour apprendre à lire et à former les caractères élégants de cette longue et fine écriture, dont on verra plus loin un fac similé que j'ai fait faire, d'après une signature retrouvée au bas d'une transaction de 1578. A une époque où les études des jeunes seigneurs ne portaient guère au delà de savoir « lire, escrire et réciter leurs heures. » Marie de Keroullas reçut donc une instruction aussi complète qu'on pouvait désirer. C'est aussi que devaient se réunir en sa personne tous les biens de sa maison. Son grand-père, Tanguy de Keroullas, et sa grand'mère, Loyse de Kermellec, étaient « morts et décédés riches de leurs biens ; » et cette fortune avait passé entre les mains de son père qui était l'aîné et le chef de la famille. Il fallait que son instruction répondit à la situation qu'elle devait un jour occuper dans le monde, de même que sa toilette, d'après l'auteur de ta chanson, était l'objet de soins particuliers, « comme il sied à une héritière de Kerhoulaz. A la mort de son père, vers la fin de 1561 ou au début de 1562, elle n'était encore qu'une fillette et elle ne put comprendre l'importance de cet événement. Mais, les incidents qui en furent la conséquence sont nettement indiqués dans la strophe suivante « Cette année elle n'a point joué, car ses biens ne le lui permettraient pas, elle est orpheline du côté de son père, l'agrément de ses parents serait bon à avoir » Ces paroles font évidemment allusion à de graves contestations qui s'élevèrent dans la famille à la mort de François de Keroullas. L'ouverture de son testament en fut, sans nul doute, l'origine. Les rares pièces que j'ai pu consulter ne sont pas assez instructives pour me permettre de me prononcer formellement. Ce que je crois pouvoir affirmer, c'est que François de Keroulas, imitant en ce point la conduite de beaucoup d'aînés, avait laissé venir la mort sans avoir donné à ses juveigneurs le partage qui leur revenait, et que, « faisant son testament et ordonnance de dernière volonté, il avait voulu les indemniser, en les favorisant au détriment de sa fille. Il en naquit des querelles qui durent avoir un grand retentissement au pays d'alentour, et la tranquillité du vieux manoir de Keroulas en fut profondément troublée. Les oncles et tantes qui traînaient ainsi l'héritière en procès étaient le sieur de Mezhelou, Hervé de Keroullas, qui mourut avant l'apaisement de ces difficultés Yvon, le sieur du Quellenec, qui épousa Jeanne de Kergoat ; Louis, le sieur du Cribinec,qui épousa Jeanne le Roux, de la maison de Brescanvel; enfin, Marie et Catherine de Keroullas. Cette question de partage ne fut définitivement réglée qu'en 1578, par une transaction du 10 avril, au bas de laquelle Marie de Keroullas apposa la signature dont le fac-simile accompagne cet article. Comme s'il ne suffisait pas de ce procès de famille, on vit bientôt se joindre à ses neveux le vieux Bernard de Keroullas, grand-oncle de l'héritière, qui, à la mort de François, vint de son manoir de Lanvaon, en Plouguerneau, pour réclamer également son partage, en vertu d'un contrat inexécuté du 13 septembre 1533. Ce différend ne fut tranché qu'en 1568. Toutes ces revendications étaient peut-être justes au fond ; mais l'orpheline avait à se débattre contre les plus proches parents du côté de son père, et il n'en fallait pas tant pour frapper l'imagination du peuple des campagnes. Nous avons un fidèle écho des propos qui se tenaient alors, près du manoir, aux causeries des chaumières, dans cette parole mélancolique qui termine la première partie de la chanson et que le poète a placée sur les lèvres de Marie, comme sur celles d'une enfant déjà vouée au malheur « Aucun de mes parents paternels e m'a jamais voulu de bien ; ils ont toujours souhaité ma mort pour hériter ensuite de ma fortune. » Cette première partie de la ballade, consacrée à l'enfance et à la minorité de l'héritière, embrasse un espace de temps qui commence à l'année 1563 pour s'étendre au moins jusqu'à l'année 1578. Tous les auteurs qui ont parlé de Marie de Keroullas ont fixé son mariage, après M. de Fréminville, à l'année 1565. Or elle fut placée sous la tutelle de sa mère, par acte du 25 février 1568, et Catherine de Lanuzouarn figure encore en qualité de « tutrice de demoyselle de Keroulas, sa fille. » dans une quittance sur parchemin du receveur des fouages pour l'évêché de Léon, en date du 20 avril 1573. Il eût été d'ailleurs à désirer pour l'héritière que cette période de sa jeunesse tranquille se prolongeât longtemps car le mariage, qui apporte ordinairement le bonheur et l'amour, ne devait lui réserver qu'amertume et que larmes

 

Le mariage

 

 

De cette année 1573 au 10 avril 1578, je perds la trace de Marie de Keroulas. A cette dernière date, je la retrouve dans la transaction dont j'ai déjà parlé, et ou elle paraît sous la curatelle de son mari, noble et puissant François du Chastel, seigneur de Mezle et de Chateaugal. C'est donc en cet intervalle de cinq ans, du mois d'avril 1573 au mois d'avril 1578, que s'accomplit ce mariage forcé dont la plus grande partie de la chanson est employée à reproduire les épisodes. Les personnages de cette émouvante histoire d'amour, avec l'héritière et sa mère, sont le sieur de Mezle et le sieur de Kerthomas. Ce qu'était l'héritière en ces années de sa jeunesse, la chanson nous le dit, et son témoignage peut être cru parce que c'est, pour ainsi dire, celui de témoins oculaires. Elle se présente à notre osprit, ornée de grâces et de vertus, aimant les pauvres et observant pieusement tous les préceptes de la religion, obéissant en cela à une tradition toujours suivie dans sa maison, depuis que les Keroulas avaient pris ponr devise En Dieu mon coeur  . En opposition avec cette douce physionomie de jeune fille pieuse et charitable, la figure sèche et implacable de sa mère nous apparaît dans tout l'odieux de son vilain rôle. Catherine de Lanuzouarn était la troisième des quatre filles d'Yves de Lanuzouarn, seigneur de Lanuzouarn,et de Jeanne Gouzillon. Sa conduite à l'égard de sa fille permet de supposer qu'elle était dure, égoïste et cupide. A ce portrait déja fort peu flatteur, il convient d'ajouter qu'elle était ignorante. Tandis que ses soeurs savaient écrire, elle ne savait même pas assembler les lettres de son nom; et, quand il s'agissait de donner sa signature, elle était obligée de recourir à l'un de ses parents, comme elle fit, par exemple, en 1574. L'un de ses beaux-frères, Loys de Keroullas, signa pour elle, « à sa requeste, » un aveu qu'elle dut fournir à Jacques de Tournemyne, « La dicte dame advouant non sachant escrire » Le trait le plus odieux de son caractère, tel que le dépeint la chanson, est cette basse rivalité vis-à-vis de sa fille. Elle aime le sieur de Kerthomas qui est aimé de l'héritière, et c'est une de ses principales raisons pour accorder la main de Marie à François du Chastel. Il était inutile de chercher dans les actes qui m'ont passé entre les mains des preuves capables.de démontrer ce qu'il y a eu de vrai dans le sentiment qu'on lui a ainsi prêté ; mais l'examen des dates permet parfois de curieuses hypothèses. A force d'investigations dans les archives de Keroullas et à la Bibliothèque nationale, j'ai fini par reconstituer en partie ce que j'appellerai l'état civil de Catherine de Lanuzouarn. Il résulte du travail auquel je me suis livré, que la mère de l'héritière a été mariée trois fois. Or, elle contracta la troisième union en 1579, l'année même du mariage de Kerthomas. N'est-il pas vraisemblable de penser qu'elle avait gardé jusque-là dans son coeur l'espérance folle de s'unir à celui qu'elle aimait? Elle apprit son mariage, et se décida alors à prêter une oreille favorable a l'une des nombreuses propositions qui, sans doute, lui avaient été faites, depuis dix-sept ans qu'elle était veuve avec un double douaire. En premières noces, elle avait épousé un seigneur de la maison du Com et de Kerengarz Ces terres étaient en Lannilis, et le cimetière de cette paroisse possédait, il y a quelques années, et possède peut-être encore la pierre tombale assez curieuse d'un des derniers représentants de cette famille, François du Com, seigneur de Kerengarz. Les archives de Keroullas conservent un acte où Catherine de Lanuzouarn est formellement rappelée avec le titre de douairière des maison du Com, Kerengar, Keroullas, et de Messelou. Il n'y a donc pas de doute possible sur l'existence de ce premier mariage. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il ait duré longtemps. Après la mort de son premier mari, la toute jeune douairière ne tarda pas à se montrer sensible aux attentions du fils aîné de Keroullas, qu'elle avait peut-être connu lorsqu'il venait visiter sa terre de Mesholou, qui était située, comme la maison de Lanuxouarn, dans la paroisse de Piouenan. J'estime qu'elle vécut dix à douze ans avec son second époux, et elle devint veuve pour la deuxième fois. Au moment du mariage de l'héritière, elle était encore jeune, et nous verrons que sa troisième union ne resta pas stérile. Ces explications ne semblent pas faites pour diminuer la vraisemblancede la tradition recueillie par le poète, qui a fait, de la mère, une rivale de la fille dans son amour pour Kerthomas. Des trois amoureux évincés, le sieur de Kerthomas est le seul en évidence. Les deux autres, Salaun et Pennanrun, méritent moins d'attention. Le premier appartenait peut être à la famille Salaun, dont une branche était fie dès le XVIe siècle dans le pays de Léon. Quant au second, pour démontrer combien sa personnalité serait difficile à établir, il me suffiera de rappeler qu'il y eut des terres nobles du nom de Pennanrun, en Quimerch, en Ergué-Gabéric, en Trégunc, en Scaer et en Dirinon, pour ne citer que ces cinq paroisses, et, qu'entre autres familles,les du Bourblanc, les de Lansullien, les du Louet, les de la Rocherousse, les Toutenoutre et les de Trémie ont été seigneurs d'une terre quelconque de Pennanrun. Par un effet voulu du poète, quand la jeune fille supplie sa mère de ne pas donner sa main à François du Chastel, puisqu'elle en aime un autre, elle nomme Pennanrun !e premier, parce que, dans son amour, elle le place le dernier « Donnez moi plutôt à Pennanrun ,ou, si aimez mieux à Salaün ; donnez moi plutôt à Kerthomaz, c'est celui-là le plus aimable ; il vient souvent en ce manoir et vous le laissez me faire la cour . » Jusqu'à ce moment, elle n'a pas été insensible aux assiduités de Salaun, et elle ne savait peut-être pas exactement elle-même de quel côté penchait son coeur. Mais François du Chastel arrive, « avec son bien et son grand nom, ce marquis là ne lui plût pas », et !e vrai sentiment se fait jour. Quand Sataun se présente « le samedi soir, selon sa coutume, monté sur son petit cheval noir , il a beau lui dire «Soyez gentille, héritière » elle l'envoie assez brusquement aider la compagnie qui est allée conduire les chiens à l'eau. « Kerthomaz est celui que j'aime depuis longtemps, celui que j'aimerai toujours » Le sieur de Kerthomas, dont la sympathique figure forme un contraste frappant avec les traits désagréables et repoussants de François du Chastel, était lui même un héritier dont les avances valaient la peine de ne pas être dédaignées. M. de FréminviUe qui, le premier, a publié la ballade dans les Antiuités du Finistère sous une forme un peu différente, moins complète et moins intéressante que la version de M. de la Villemarqué, a vu en Kerthomas un cadet de la maison de Gouzillon. M. Joseph de Kersauson, à la page 44 de sa belle Histoire généalogique, en a fait ce qu'il était réellement, c'est a-dire un aîné de la maison de Kerouartz. L'erreur de M. de Fréminville se comprend d'autant mieux que deux raisons contribuent à rendre son opinion vraisemblable.D'abord, il existait un lien de parenté entre Marie de Keroullas et les Gousillon par sa grand'mère maternelle qui, nous l'avons vu, était une fille de cette maison. En second lieu, les Gouzillon ont réellement été seigneurs de Kerthomas mais ce fat après les Kerouartz et cette terre, sans nul doute, passa entre leurs mains par le mariage, en 1615, de Marguerite, fille du Kerthomas de la ballade, avec un Gousillon,seigneur de Kergroas. Le témoignage de M. de Kersauson est ici d'autant plus utile à recueillir, que les alliances de sa famille avec cette de Kerouartz lui permettent d'être informé mieux que personne sur cette question. Le sieur de Kerthomas n'était autre qu'Alain de Kerouartz, fils de François de Kerouartz, sieur dudit lieu, et de Marguerite Nuz. Il ne portait pas le nom de sa maison, parce que son père vivait. Il était connu sous le nom de cette terre de Kerthomas, qui était venue dans sa famille par sa grand' mère de Poutmic, et il le prend encore dans l'acte de tutelle de Claude de Keriech, passé à Ploudalmezoau, le 26 décembre 1582, où il est désigné, avec son père, au nombre des parents de l'enfant. Bien des motifs devaient l'appeler à Keroullas Il habitait la paroisse de Lannilis où était situé Kerouartz or Catherine de Lanuzouarn, par son premier mariage avec un sieur du Com et de Kerengarz n'était une étrangère pour aucune des familles nobles de cette région. En venant à Keroullas, elle ne s'était guère éloignée du centre de ses anciennes relations; et les enfants de Kerouartz avaient dû franchir bien souvent la petite distance qui sépare Lannitis du vieux manoir, caché entre les arbres, où grandissait l'héritière. Lorsque Marie de Keroullas était devenue une jeune fille, l'amitié qui l'unissait au fils aîné de François de Kerouartz s'était changée tout naturellement en un sentiment plus tendre. Il semble qu'aucune alliance ne convenait mieux qu'un mariage entre ces deux jeunes gens. Les Keroulas n'étaient pas aussi anciens que les Kerouartz; mais Alain de Kerouartz n'était encore que le sieur de Kerthomas, tandis que Marie de Keroulas avait immédiatement la jouissance de toute la fortune de son père. Indépendamment des valeurs mobilières dont je n'ai trouvé nulle mention, elle était dame de Keroullas en Plourin, du Quellenec en Ploumoguer, de Mezhelou en Plouënan, du Cribinec en Plouëdern et de Touronce en Plouzané. Des deux côtés, l'agrément des parents ne pouvait manquer de se produire,quand l'arrivée de François du Chastel vint rompre des projets qui, peut-être, étaient & la veille de recevoir la consécrationdes fiançailles. Ce personnage, dont la chanson fait à tort un marquis, était le fils aîné d'Antoine du Chastel, seigneur de Mesle et de Chateaugal, et de Marie le Scaff. Il n'a laissé que de tristes souvenirs dans l'histoire, et les quelques renseignements nouveaux que je donnerai sur son compte ne sont pas de nature à rendre sa mémoire plus sympathique. Une tradition recueillie par M. de la Villemarqué rapporte qu'il était petit, gros, laid, et d'une avarice sordide. Gouverneur de Quimperlé, pendant la Ligue, il laissa surprendre cette place,en 1590, par les royalistes et dom Taillandier raconte e qu'il se sauva presque nu au milieu de la nuit, avec des femmes, passa la rivière et prit la route de son manoir de Chateangal où il se tint caché. Il fut néanmoins décoré de l'ordre de Saint-Michel par Henri IV, et, lorsqu'il mourut, en 1599, après avoir été marié trois fois, on lui érigea un tombeau, orné des insignes de son ordre, et dont la pierre se voit encore dans le cimetière de Landelleau. En se présentant à Keroullas, malgré a sa suite nombreuse et tout son apparat, le sieur de Mezle fut un vrai trouble-fête. Dans la maison de Kerouartz, sise en pays de Léon et très voisine, tout souriait à Marie, rien ne lui était étranger. Dans les biens du Chaste! situés fort loin, au fond de la Cornouaille, tout lui était inconnu; et je crois volontiers que ce nom ne réveillait en elle que l'image sombre de Tremazan et de son donjon énorme,si triste là-bas, en Landunvez, au bord de la grande mer. Malgré la douleur de sa fille, Catherine de Lanuzouarn fut inflexible, et Marie devint dame de Mezle, au lieu d'être dame de Kerthomas. Lorsqu'il lui fallait partir, il y eut une scène déchirante « et dur eût été le coeur qui n'eut pas pleuré de voir la pauvre héritière embrasser la porte en sortant, comme si elle eût prévu ce qui devait bientôt arriver sa chère maison abandonnée, puis transformée en ferme peu de temps après sa mort, enfin, l'incendie dévorant soit beau manoir do Keroullas. »

 

La mort

 

 

M. de la Villemarqué a fait observer très justement que la poésie populaire avait un peu précipité la fin de Marie de Keroullas, et que, non seulement elle n'était pas morte deux mois après son mariage, mais qu'elle avait eu le temps de mettre au monde trois enfants de son union avec François du Chastel. J'ai déjà dit que la première pièce où j'ai trouvé son nom joint à celui de son mari est une transaction conclue avec ses oncles pour mettre fin à des contestations de partage. Le 10 avril 1578, dans la grande salle de Keroullas, les deux époux apposèrent au bas de cet acte une signature dont le présent fac-simile est la reproduction très exacte.

 

 

 

Il n'est pas invraisemblable de supposer que la date de cette transaction suivit de très près celle du mariage, parce que ce dernier événement était une occasion toute naturelle de régler définitivement des intérêts qui étaient depuis longtemps en souffrance. Même en acceptant l'hypothèse que cette année 1578 fut réellement celle du mariage, il faudrait encore admettre que Marie de Keroullas vécut pendant plus de quatre ans avec son mari car ils firent tous les deux le voyage de Saint-Pol à la fin de l'année 1582, pour signer avec Olivier de Quelen et sa tënune, Françoise de Lampezre, une transaction qui ftit passée, le 26 novembre, chez Me Jean Penfentenyo, dont la maison était située « près les Carmes, en la paroisse du Crucifix. Ce fut une des dernières actions de Marie de Keroullas. Moins de six mois après, elle avait cessé de vivre; et, dans ce court intervalle, François du Chastel avait eu le temps, non seulement de se consoler de la mort de sa femme, mais même de préparer une nouvelle union. Le 21 mai 1583, il signait le contrat de son second mariage avec Catherine de Quelen, fille d'Yves, seigneur de Saint-Bihy, et de Jeanne Jourdain, et veuve, avec plusieurs enfants d'Yvon de Guer, seigneur de Kervichart et de la Porteneuve. Des trois orphelins que Marie de Keroullas avait laisses, l'aîné, Vincent, mourut sans héritiers en 1615. il avait épousé Jeanne de Guer, !a fille aînée de la seconde femme de son père. Le cadet, Tanneguy, fut tué au siège d'Ostende, en 1602, sans avoir été marié. La terre de Keroullas passa de cette manière entre les mains de leur soeur, Mauricette, qui avait épousé Maurice du Rusquec et qui, veuve en i634 et se remaria en 1628 à Jacques Visdolou, seigneur d'Elliant et du Billegait. Elle mourut, sans enfants, en 1627, et fat enterrée en l'église « des pères Cordeliers de Quimper-Corentin. J'ai retrouvé une copie de son testament, datée du manoir du Hillegnit en Plougastel-Saint-Germain, le 8 août de l'année de sa mort. J'y ai vainement cherché le souvenir de sa mère qu'elle n'avait pas connue. Elle ne fait mention de ses « immeubles et despendances de Keroullas que pour les hypotecquer spécialement au payement d'une rante de soixante livres tournoises qu'elle lègue aux dicts peres Cordeliers, afin qu'ils prient Dieu pour son âme. Elle !ègue une rente de pareille somme « au collège des pères Jésuitesqui se bastit en la ville de Quimper-Corentin, enfin, une autre rente de douze livres. aux Ursulines de la même ville. Dès qu'il apprit sa mort, Jean de Keroullas, son oncle à la mode de Bretagne, cousin germain de sa mère, et fils d'Yvon, seigneur du Quellenec,s'empressa de faire valoir ses droits à lui succéder collatéralement et c'est ainsi que la seigneurie de Keroullas reprit son ancien lustre en revenant aux mains de ceux qui portaient son nom, après avoir été abandonnée pendant près d'un demi-siècle qu'elle finit en possession des du Chastel. Avant de mourir, en effet, l'héritière avait eu le chagrin de voir désolée et vide sa grande maison qu'elle avait tant aimée. Admettons, si l'on veut, avec la chanson, que la douairière ait continué à y mener joyeuse vie après le mariage de sa fille mais ces réjouissances ne durèrent pas au delà de l'année 1579. En cette année, le sieur de Kerthomas, Alain de Kerouarts, devenant le beau-frère de celle dont il n'avait pu faire sa femme, épousa la propre soeur de son rival, Isabeau du Chastel; et, par une coincidence dont j'ai déjà fait ressortir la singularité, Catherine de Lanuxouarn se souvint qu'elle était encore jeune, et, convolant en troisièmes noces, elle accorda sa main au sénéchal de Lesneven, licencié-ès-lois et conseiller du roi, François Dourdu, sieur de Coateren. Le départ de la douairière laissa donc le manoir de Keroulas entièrement inhabité, mais ce ne fut pas pour de longues années; et, dès que François du Chastel eut perdu sa femme, peut-être même avant, il transforma la maison en ferme et la bailla au sieur de Keralsy, Jehan Lancelin, d'une famille de gentilshommes pauvres de Ploumoguer, comme il y en avait alors beaucoup qui vivaient dans les champs du travail de leurs mains. Il le connaissait, parce que l'un des cousins germains de son beau-père,d'une branche cadette et peu aisée de la famille de Keroullas, avait épousé Madeleine Lancelin, dame de Cohars. Le sieur de Keralsy fit valoir le domaine, pendant un certain nombre d'années, et mourut vers 1591. Son héritier, Guillaume Lancetin, sieur de Coetgarz, régla alors avec le sieur de Mezle les questions sujettes à litige par un arrangement du 7 novembre de la même année, et François du Chastel céda la ferme à un paysan, Ambroise Perrot, qui la tenait encore en 1595. A cette époque, le sieur de Mezle revint dans le pays, il y était amené par un double motif. D'abord, devenu veuf pour la seconde fois, il avait choisi ou ne devait pas tarder à choisir sa troisième femme; comme il avait pris la première, dans la paroisse de Plourin. Il épousa effectivement, à une date qui ne m'est pas exactement connue, Anne de Kerouzeré,fille de Christophe de Kerouzéré et veuve de Jérôme de Kerléan, qu'il avait connus tous les deux au rang des partisans de la Ligue. Son échec de Quimperlé avait du reste modéré son ardeur et i! avait transformé son zèle ligueur en un zèle royaliste très accentué. Au temps dont je parle, en 1595, son fils Vincent faisait partie de la garnison du château de Brest qui tenait pour le roi sous les ordres du sire de Sourdéac, René de Rieux. Lui-mème était au mieux avec ce dernier; et, en attendant de lui rendre l'immense service de déjouer la conspiration, qui fut, l'année suivante, dirigée contre Ouessant, il vaquait tranquillement a ses affaires dans son manoir de Keroullas. Depuis le commencement des guerres civiles, il n'avait pas trouvé le moment favorable pour remettre au jour de mesquines questions d'intérêt qui le préoccupaient; et c'était le second motif qui l'avait appelé dans l'éveché de Léon. Nous allons voir, par ce qu'il y vint faire,quel point il a mérité la réputation d'avarice quesa mémoire a gardée. Oubliant, en effet, quel important personnage il était auprès d'un tel adversaire,il éleva une contestation contre Guillaume Lancelin, sieur de Coëtgarz, l'héritier de ce gentilhâtre de Ploumoguer qui avait tenu Keroullas en ferme pendant quelques années. Au mépris de l'acte régulier de 1591, que j'ai déjà cité et qui était destiné à établir la situation de la ferme au moment ou elle passait des mains du sieur de Keralsy dans celles d'Ambroise Perrot, il fit porter des réclamations sur une foule de points qui n'avaient pu y être visés. Il prétendit, entre autres choses, que le sieur de Coëtgarz, enlevant de Keroullas, à la mort de Jehan Lanedin, les meubles du défunt, en avait fait sortir également plusieurs espaces de ceux qui appartenaient au manoir, comme « potz de fer, & bassins, treppiers, landiers, & broches, vaisselle d'estain, nombres de couetes, lingeries, et plusieurs aultres choses qu'il estimoit à la valeur de cinquante escus plus. » Il accusa également le défunt sieur de Keralsy, qui avait été en quelque sorte son homme d'affaires, d'en avoir profité pour enlever quelques meubles du manoir de Touronce, en PIouzané. Il demanda de ce chef trente écus. Il réclama, enfin, une indemnité pour les réparations que la gestion de Jehan Lancelin avait rendues nécessaires à Keroullas. Le preneur avait reçu la maison « à tiltre de ferme, à la charge de l'entretenir ce qu'i n'auroit faict, ains, entre aultres choses,auroit laissé ruisné la cave dudict manoir. » GuillaumeLancelin se défendit de sou mieux et répondit point par point. L'acte qui donne en détail chacune de ses réponses à ces diverses contestations est très curieux, mais trop long pour que j'en fasse ici le résumé complet. De défendeur qu'il était, Guillaume Lancelin se fit même demandeur mais il avait affaire à plus puissant que lui; et il crut prudent d'accepter une transaction qu'il vint signer, de Ploumoguer, le 13 février 1595, dans la maison du gouvernement de la chapelle de Saint-Eloi, tout près de Keroullas. Vis à vis du sieur de Coëtgars, le sieur de Mezle et de Chateaugal était un opulent seigneur. Indépendamment de sa fortune personnelle, il administrait les biens de ses enfants, c'est-à-dire tous les biens de KerouHas, les biens des enfants de Kerléan et. sans doute, les biens des enfants de Guer, dont l'aînée devait un jour s'unir à l'aîné de ses fils, sans compter la part des biens d

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Published by poudouvre
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