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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 19:21

VII ) Antoine-Joseph des Laurents était vicaire-général de Mgr de la Bastie, lorsqu'il fut appelé à lui succéder en 1767. Ce prélat, dpnt on loue beaucoup la piété et la charité, résolut de donner un peu d'élan àses vassaux en faisant cultiver une partie des immenses landes de Beignon dépendant de sa baronnie du même nom. Il afféagea donc sur ses landes qui ne contenaient pas moins de deux mille quatre cents journaux, sans compter les bois qui s'y trouvaient mêlés, diverses quantités de terrains montant tout ensemble à environ cinq cent cinquante journaux et avoisinant le moulin de Lanvieil et la chapelle de Sainte-Reine.

 

 

Le moulin de Lanvieil en Beignon apparait ici souligné de rouge

 

Les afféagistes étaient les sieurs Hochet ; Le Breton de Ranzégat ; Jousselin de Verrières ; de Fermont etc., toutefois les afféagements faits aux sieurs de Ranzégat, Jousselin et de Fermont avaient seuls de l'importance. Mgr des Laurents avait afféagé cent journaux à M. de Ranzégat, mais ce dernier n'en n'avait enclos et défriché qu'environ quatre-vingt ; l'afféagement de MM. Jousselin et de Fermont était de quatre-cents journaux, dont ils n'eurent le temps d'enclore que la moitié ; des autres terrains afféagés à divers particuliers, il n'y eut que quatre journaux enclos ; ainsi l'évêque de Saint-Malo n'avait réussi à faire défricher que deux-cent quatre-vingt quatre journaux, quand tout à coup la tempête se déchaîna contre lui. Les habitants de Beignon avaient des droits d'usage dans les landes et communs, aussi bien que dans le bois de leur paroisse qui dépendait de la baronnie épiscopale ; ils prétendirent dun côté que Mgr des Laurents leur faisait tort en afféageant une partie de ces landes, et, de l'autre, que les bois de Ténédos et du Feil leur appatenaient en toute propriété ; ils réclammèrent donc en justice contre leur seigneur et évêque, et ils obtinrent de la juridiction royale de Ploërmel un arrêt du 9 mai 1774, condamnant Mgr des Laurents. Cette sentence déclarait nuls les afféagements faits par l'évêque de Saint-Malo, et défendait à ce prélat d'en consentir auun autre avant un tringe en règle, dans lequel ne pourraient être compris les bois du Feil et de Ténédos ; elle ordonnait que les talus et autres ouvrages faits ou commencés pour la clôture de ces afféagements, seraient démolis sous deux mois, faute de quoi elle permettrait au général de la paroisse de Saint-Pierre de Beignon, d'en faire  la démolition aux frais de l'évêque et des afféagistes, et elle condamnait Mgr des Laurents à payer 500 livres de dommages et intérêts au général de la paroisse. On comprend la position difficile où se trouvèrent l'évêque et ses afféagistes : ces derniers avaient non seulement enclos des terres, mais ils avaient construit des maisons d'habitation, créés des prairies, ensemencés des champs : tous ces travaux devaient disparaître. Pour les dédommager, en quelque chose, l'évêque de Saint-Malo afferma à prix réduit sa baronnie de Beignon, en 1767 à Pierre-Paul Le Breton de Lanzégat, et, en 1775, à René-François Jousselin, sr de Verrières, et à Charles de Fermon, et il essaya de les soustraire aux tristes conséquences de la sentence portée contre lui. Mais ce fut en vain, l'arrêt de Ploërmel fut confirmé le 23 juillet 1785 par le Parlement de Bretagne qui renvoya les partis dans la juridiction de Ploërmel pour y faire régler les indemnités prétendues par les afféagistes. Sur ces entrefaites Mgr des Laurents mourut subitement en rentrant à Saint-Malo d'un voyage qu'il venait de faire à Paris. Son successeur, Gabriel Courtois de Pressigny, fut sacré évêque  de Saint-Malo le 15 janvier 1786 et continua de défendre contre les paroissiens de Beignon les droits de son évêché ; il obtint du parlement de Bretagne un arrêt un peu moins dur que la précédente  sentence ; par cet arrêt  de 1786, le parlement condamne encore, il est vrai, les afféagements faits dans les landes de Beignon, mais il adjugeait en toute propriété un tiers de ces communs à l'évêque de Saint-Malo, de sorte qu'après le partage fait, il devait rester encore aux afféagistes une étendue de terrain plus considérable que celle dont ils avaient été dépossédés. Toutefois le partage n'eut point lieu, la conduite des paroissiens de Beignon qui avaient exécutés eux-mêmes la sentence de Ploërmel rasant les constructions, détruisant les cultures des afféagistes  et rendant à l'état de landes incultes et sauvages les teres qu'à grand peine et grands frais on avait cultivées, révolta probablement Mgr de Pressigny, qui ne voulut pas demander le triage. La Révolution vint alors à éclater, et les habitants de Beignon furent réompenser comme ils le méritaient : devenus possesseurs des bois du Feil et de Ténédos, malgré les justes réclamations de l'évêque de Saint-Malo, ils les avaient vendus 32,000 livres, dit M. Marteville, et avait placé cette somme sur l'Etat ; la tourmente révolutionnaire leur fit perdre cette valeur, qui maintenant représenterait près du triple. 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:08

 

Il serait extrêmement désirable qu'aucuns travaux de restauration aux monuments historiques du Morbihan n'eussent lieu sans que la société archéologique, qui les a classés comme tels dans son ces travaux.C'est pour satisfaire à ces vues, en ce qui touche les travaux projetés aux belles verrières de l'église de Beignon canton de Guer, arrondissement de Ploërmel, que je viens entretenir un moment la société de cette église, de ses vitraux, et des travaux qu'on projette d'y exécuter. L'église de Beignon est, comme celle de Saint-Malo-de-Beignon, pleine dusouvenir des évêques de Saint-Malo, qui portaient le titre de barons de Beignon, parce que la baronie de Beignon était réunie à leur évêché. Cette église présente dans sa construction plusieurs caractères des dernières époques ogivales. Mais elle est éminemment remarquable par les verrières qui la décorent, et qui sont probablement un don des évêques de Saint-Malo. Elles paraissent appartenir au XVIe siècle. J'ai  visité cette église le 15 avril 1856. La disposition des meneaux de la fenêtre qui éclaire la chapelle nord fait ressortir le style général, qui appartient à la dernière époque du style ogival : elle est de la nature de celles qu'on a appelées fenêtres flamboyantes. En effet, ce caractère provient surtout du réseau qui remplit le tympan et qui est formé de lignes ondulées prismatiques, présentant quelque analogie avec une flamme droite ou renversée. J'ai remarqué aussi aux angles qui résultent du croisement des transsepts avec la nef et le choeur, des sculptures en bois assez fines. Représentant des anges et d'autres personnages. Le vitrail le plus beau et le plus complet se trouve au fond du transsept gauche, regardant le nord. La fenêtre se compose de trois travées qui, indépendamment des trois compartiments du tympan, renferment chacune six compartiments. La travée gauche montre, en bas, Salomon qui tient un livre et son sceptre : les noms sont généralement écrits en lettres gothiques, soit sur des banderoles, soit  dans un angle du compartiment; au-dessus de Salomon, Ezéchias, puis Joram ; au-dessus il y a plusieurs compartiments dont je ne puis indiquer les personnages avec d'autant plus de motifs qu'il y a beaucoup de lacunes. La travée du milieu porte, en bas, Jessé avec la devise suivante, inscrite en gothique sur une banderole : Egredietur Virga de radiée Jesse. Au dessus de Jessé parait David avec sa harpe. Plus  haut, mais un peu sur la gauche, Osias, et sur la droite Josaphat. Les personnages des compartiments supérieurs sont frustes. Enfin, la travée de droite est consacrée dans le même ordre aux rois Roboam. Abias,  Joathan, etc. La partie supérieure du vitrail, le tympan triangulaire, représente la Vierge-mère avec l'Enfant Jésus; tout autour et surtout au-dessous, à droite et à gauche, se trouvent des anges jouant de divers instruments. Les personnages sont de grandes dimensions : car chaque compartiment est un carré de 50 centimètres de côté. Les couleurs sont de la plus belle eau et du plus vif éclat. Ce vitrail, comme tout le monde l'a déjà compris, figure la généalogie de Jésus-Christ, en partant du père de David, de Jessé, duquel devait naître le Christ suivant la prophétie d'Isaïe : Egredietur Virga de radiée Jesse. Quant aux noms que je n'ai pu désigner aux neuf compartiments supérieurs, etc., pour compléter la généatogie continue de Jessé jusqu'à Jésus-Christ, en supposant quelques noms doublés, comme pour Osias et  Josaphat. Il m'est difficile de donner les raisons de l'ordre dans lequel ces noms se succèdent dans le vitrail. Car l'ordre généalogique est : Jessé, David, Salomon, Roboam, Abias, Aza, Josaphat, Joram, Osias, oathan, Achab, Manassès, etc. Je crois devoir ajouter que celte verrière ressemble beaucoup, comme dimension et comme beauté, à la verrière de l'église de Férel, canton de la Roche-Bernard, qui représent aussi l'arbre de Jessé. Le vitrail de l'est, placé derrière le maitre-autel, et qui est en bon état, quoique moins complet et moins parfait, n'en est pas moins fort remarquable. Dans le tympan on aperçoit : 1° le Père éternel avec ses attributs ordinaires ; 2° plus bas et à gauche, Jésus-Christ portant sa croix, et aidé par un personnage qui m'a paru être, non Simon le Cyrénéen, mais un ange ; à droite, un homme qui parait étendu dans la béatitude, peut-être saint Etienne, premier martyr. Au-dessous du tympan et dans le carré du vitrail, il y a quatre travées : dans les cartouches supérieurs il y a beaucoup de lacunes. Dans un cartouche à droite parait un soldat debout. Au-dessous, on trouve de compartiment en compartiment, en marchant de gauche à droite, 1° le baiser de Judas ; 2° le jugement devant Pilate ; 3° le crucifiement ; 4° l'ensevelissement. Puis en descendant d'étage en étage; 5° Jésus-Christ donnant sa mission à saint Pierre ; 6° saint Pierre prêchant ; 7° saint Pierre guérissant les malades. Dans ce cartouche, je  trouve la date encadrée à part (1540); 8° autre miracle de saint Pierre; 9° crucifiement de saint Pierre la tête en bas. A la suite, il n'y a plus que des débris de vitraux indescriptibles. Il est probable, d'après cela, que l'église elle-même est sous le vocable de saint Pierre, ou que saint Pierre était le patron du donateur. Il y a dans la nef une autre croisée, en deux morceaux, contenant aussi des débris de vitraux. On  distingue l'archange saint Michel terrassant le démon, la Vierge, etc. Le vitrail de l'est placé derrière le maître-autel est solidement attaché, et rien ne parait menacer sa conservation. Mais il n'en est pas de même de celui du nord qui , soit par des mouvements dans la maçonnerie, soit par le jeu propre aux panneaux de verre, est susceptible de tomber par parties considérables d'un moment à l'autre. Déjà plus de trente verres manquent, et plusieurs panneaux sont plissés par l'affaissement général ; l'effondrement n'attend plus peut-être que la rupture de quelques barres de fer plus ou moins oxidées, ou un coup de  vent de nord-ouest. ..

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:23

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:35

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 08:58

 

 

VI ) Vincent des Maretz, successeur de Mre du Guémadeuc, acheva l'oeuvre de ce dernier évêque au manoir de Saint-Malo de Beignon. Ses armoiries : D'azur au dextrochère d'argent tenant trois fleurs de lys de même, apparaissent, en effet, sur les belles voûtes qui faisaient communiquer le châteaau avec l'église paroissiale ; les frises, les guirlandes et autres décorations de ce riche travail de sculpture, sont de même style que les ornements des boiseries de la grande salle de réception. Je crois donc qu'il faut attribuer à Mgr des Maretz tous les panneaux sculptés quii font la principale curiosité du château actuel de Beignon. Son successeur, Mgr Jean-Joseph de Fogasse de la Bastie, fit aussi sculpter les belles stalles de l'église paroissiale de Saint-Malo de Beignon, et l'on y voit encore son écusson : De gueules au chef d'argent chargé de trois rose au champ. Mais ce prélat termina une affaire bien plus importante, relativement à la forêt de Brécilien  ou de Paimpont. Nous avons dit précédemment qu'en 1260, Guillaume de Lohéac avait confiméles évêques de Saint-Malo dans la possession des droits d'usage que leur avait concédé dans la forêt de Brécilien le seigneur de toute cette région. Ce droit, consistait, comme nous l'apprend la charte de 1467, à prendre des bois pour la construction du manoir de Saint-Malo de Beignon,  et du bois de chauffage pour cette demeure et pour le four-à-ban épiscopal. En 1412, Mgr de la Motte, puis en 1575 Mgr Thomé,  avaient  eu quelques difficultés à ce sujet, avec le seigneur de Montfort, propriétaire de Brécilien, mais au XVIIe siècle, un grave et long différend surgit tout à coup entre les évêques de Saint-Malo et les possesseurs de la forêt. Voici à quelle occasion : Le duc de Trémoille, seigneur de Montfort, ayant dessein de vendre sa forêt de Brécilien, obtint du roi des lettres patentes en 1627 et 1633, en vertu desquelles M. de Tarnouarn de Couvran, conseiller au parlement de Bretagne, fut commis par arrêt de ce parlement de régler le triage à chacun des usagers, c'est à dire à l'évêque de Saint-Malo, aux abbés de Paimpont et de Montfort, à la prieure de Telhouët, aux prieurs de Montfort, etc., qui tous avaient droit dans la forêt. Par sentence du 1er septembre 1634, il régla le droit d'usage de l'évêque de Saint-Malo à 110 charretées de bois de chauffage pour son château de Saint-Malo de Beignon, et pour son four-à-ban, et à six charretées à bois de mérain pour les bâtiments et entretien d'iceux.

 

Mgr de Harlay, alors évêque de Saint-Malo résolu de se pourvoir contre cette sentence, qu'il jugea préjudiciable au droits de son évêché. Il en fut détourné par le duc de Trémoille, qui lui fit agrémenter sa proposition, d'augmenter de 20 journaux  le terrain de la forêt  désigné pour fournir annuellement les 110 charretées de bois de chauffage et les 6 charretées de bois à mérain. L'évêque accepta cette transaction, qui fut signée le 10 juin 1636. Mais une autre  difficulté se présenta, les 20 journaux d'augmentation devaient être mesure de forêt ; comme le procès-verbal d'arpentage et désignation du 18 mars 1637 ne suivit que la mesure ordinaire, plus faible d'un tiers que la mesure ordinaire, le procureur dudit évêque protesta de nullité, prétendant qu'il fallait 30 journaux, mesure ordinaire, pour en faire 20, mesure de forêt. Mgr de Harlay en resta là, mais sous l'épiscopat de son successeur, Mgr de Neufville, le duc de Trémoille vendit sa forêt  de Brécilien à une société de plusieurs seigneurs voisins; aussitôt l'évêque de Saint-Malo fit opposition à ce contrat de vente, le disant opposé à ses intérêts, et, le 27 juin 1653, il la fit signifier aux acquéreurs, avec protestation, qu'il userait à l'avenir de son droit d'usage, non sur le pied de la sentence de 1634, mais selon l'usance et les titres qu"il possédait. Les nouveaux propriétaires de Brécilien promirent alors au prélat de le satisfaire, sans cependant prendre d'engagement formel. Mgr de Neufville et son successeur, Mgr de Villemontée (portrait ci-dessous), purent jouir en paix de leur droit d'usage.

 

 

Lorsque Mgr du Guémadeuc  fit reconstruire une partie du château de Beignon, et réclama les quatre cents pieds  de chêne dont nous avons précédemment parlé, la querelle redevint plus vive que jamais ; aussi ce prélat eut-il fermé les yeux, en 1702, sans avoir pu achever ses nouvelles constructions, que les propriétaires de la forêt envoyèrent deux à trois hommes, bûcherons, et gens de la forge de Paimpont, qui, dans l'espace deux jours abattirent presque tout le haut bois du canton voisin de Trégouët, désigné dans la sentence de 1634 ; quoique le canton voisin fût le gage de la satisfaction toujours promise aux évêques, eut égard à l'insuffisance du canton de Trégouët. Mgr des Maretz et Mgr de la Bastie continuèrent donc le procès engagés contre les propriétaires de Brecilien, et l'affaire ne se termina qu'en 1759. A cette époque, on convint donc de s'en remettre  à des arbitres qui furent Pierre Le Lorrin, avocat au parlement de Paris, et René de la Rousselière du Châtelet,  avocat au parlement de Rennes ; les parties intérressées étaient, d'un côté, Jean-Joseph de Fogaces de la Bastie, évêque de Saint-Malo et baron de Beignon ; de l'autre côté, Jacques de Farcy, sgr de Cuillé, Charles d'Andigné, sgr de la Châsse, Suzanne de Farcy, ctesse du Rumain, Jean-Baptiste de Farcy, sgr de Mué, Théodore de Ravenel, sgr du Bois-Teilleul, Jean d'Andigné, sgr du Plessix-Bardoul, et autres associés, propriétaires de la châtellenie de Brecilien.

 

 

Il fût arrêté que les propriétaires de la forêt délivreraient, sans frais, pour chacun an, audit seigneur évêque et à ses successeurs à perpétuité, propriétaires  des châteaux et baronnie de Beignon,  le nombre de cinquante cordes de bois toutes buchées et  dressées, mesure de ladite forêt, et huit charretées de bois d'oeuvre ou à mérain, chaque charretées composée de vingt cinq pieds cube, en une ou plusieurs pièces ayant au moins chaque pièce 12 pieds  de longueur, fors que de deux ans en deux ans, ils en fourniraient une au moins de 25 pieds de longueur, lequel bois sera livré par les lesdits seigneurs propriétaires tout équarri et cubé comme bois marchand en chantier.  Le 11 septembre 1759, Mgr Fogasses de la Bastie accepta cettesentence d'arbitrage et le procès prit fin. Ces droits d'usage suscitèrent beaucoup de chicane ces deux derniers siècles ; ils remontaient au moyen-âge, et depuis les choses avaient bien changé : les forêts avaient perdus de leur étendue, les usagers avaient quelquefois outrepassés leur droit, les grands seigneurs avaient quitté la province et demeuraient à la cour ; mais surtout l'esprit de foi et de piété, de toutes les donations faites jadis au clergé, allaient s'affaiblir de plus en plus. L'esprit révolutionnaire apparaissait, au contraire, aussi bien dans les campagnes que dans les villes; on en eût une preuve dans le procès qu'intentèrent les habitants de Beignon au successeur de Mgr de la Bastie.   

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 05:39

 

 

V ) Mgr du Guémadeuc a laissé la réputation d'un ardent chasseur et Mme de Sévigné n'a pu s'empêcher de plaisanter spirituellement sur les goûts cynégitiques de ce prélat ; les propriétaires de la forêt de Brécilien, ave lesquels il avait procès à cause de son droit d'usage, prétendaient qu'il construisait sans cesse et sans nécessité des écuries et des chenils : il se plaigait lui-même, en 1688, d'être obligé de mettre ses chevaux en cinq écuries, et, en 1697, il réclama avec instance le droit de chasser dans la forêt de Brécilien. C'est probablement de lui qu'il est question dans une légende populaire que j'ai entendu raconter à Beignon. Un évêque de Saint-Malo aimait si passionnément la chasse, dit-on, qu'il chassait parfois le dimanche, comme les autres jours. Il arriva qu"une fois, le prélat partit de grand matin pour se livrer à son délassement favori. Comme c'était jour de fête, il se promettait de rentrer de bonne heure. Mais une fois lancé à la poursuite du gibier, l'évêque s'oublia, et quand il revint à Saint-Malo de Beignon, il trouva toute la population assemblée dans l'église, attendant avec le recteur, le retour de sa Grandeur, pour avoir la sainte-messe. Au moment où il rentra dans le temple, Monseigneur vit le mécontentement des paysans qui se lassaient d'attendre, et il essaya de se disculper en leur disant : Ne faut-il pas bien, mes bons amis, que le seigneur s'amuse un peu ? Maintenant l'évêque va faire son devoir ; mais une vieille femme, moins patiente ou plus hardie  que bien d'autres, ne put s'empêcher de répondre en murmurant :  Si le diable emporte le seigneur, que deviendra l'évêque ? Cette parole attira l'attention du prélat  qui, faisant aussitôt  réflexion sur sa conduite, rentra en lui-même, s'approcha humblement du recteur, ou plutôt, dit la tradition, du plus jeune prêtre présent dans l'église et le pria d'écouter sa confession, quil voulut faire par esprit de pénitence devant les paroissiens. A partir de ce moment là, le bon évêque renonça complètement à l'exercice de la chasse, voyant que son peuple s'en scandalisait ainsi. Je ne sais ce quil y a de vrai dans cette légende ; toujours est-il  que si Mre Sébastien du Guémadeuc avait des goûts un peu turbulents, cela ne l'empêchait pas de remplir exactement ses devoirs d'évêque. En 1695, il donna encore aux habitants de Beignon une preuve de sa piété en faisant construire dans ccette paroisse la chapelle de Sainte-Reine, qui est demeurée depuis lors un lieu vénéré dns tout le pays. Mgr du Guémadeuc mourut à Saint-Malo de Beignon, le 4 mars 1702, et fut inhumé dans le choeur de l'église de cette paroisse ; on voit encore devant le maîte-autel la pierre ardoisière qui recouvre ses restes ; cette dalle porte l'écusson du prélat : de sable au léopard d'argent, accompagné de 6 coquilles de même, surmonté dune couronne et d'un chapeau d'évêque. Au dessous, on lit cette inscription :

 

CY GIST  ILLUSTRISSIME ET VENERENDISSIME PERE EN DIEU

MESSIRE SEBASTIEN DU GUEMADEUC

EN SON VIVANT EVEQUE DE SAINT MALO

LEQUEL EST DECEDE LE 2 MARS 1702

PRIEZ DIEU OUR LUI

 

Mre Sébastien du Guémadeuc fut le dernier évêque de Sait-Malo enterré à Saint-Malo de Beignon ; un religieux carme, dit M. Tresvaux, y prononça son oraison funèbre.

 

 

Chapelle Sainte Reine de Beignon

(cliché Patrimoine de France)

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 19:45

 

 

IV ) Si nous voulons maintenant connaître plus exactement la maison seigneuriale de Saint-Malo de Beignon, ouvrons le procès-verbal de cet édifice fait en 1668, par ordre du même évêque Sébastien du Guémadeuc, qui restaurait alors ce château : Etant entrés, dit Me Jean Richomme, sénéchal de Saint-Malo, dans la cour dudit château, y avons vu deux grands corps de logis, l'un du côté du soleil levant, et vers le jardin, et l'autre du costé du midy vers l'estang, et estant entrés par une porte qui est au coin qui joint les deux corps de logis, etc. De ces deux corps de bastiments, l'un était ancien, l'autre avait été construit récemment par Mgr Sébastien du Guémadeuc, qui demandait du bois, pour l'achever de l'intérieur. Dans le procès-verbal dont nous parlons, il est fait mention de plusieurs belles salles, notamment d'une grande salle de 42 pieds de long, de 22 de laize et de 17 pieds de hauteur sous poutre, ayant huit fénêtres. Voici en outre ce qui est dit de l'église paroissiale et de la chapelle du château : Ledit seigneur évesque nous a conduit dans la dite église paroissialle  de S. Malo de Beignon, dans laquelle il nous a fait voir, au maître-autel d'icelle, par lui fait faire de neuf, avec deux niches au costés, pilastres, colonnes et chapitaux, frises et corniches et chevrons brisés,  avec écussons de ses armes y comprit les embrasures de la grande vitre dudit grand autel, qui a aussi ses frises et ses corniches, lequel retable, ledit seigneur nous a dit avoir fait faire, depuis quelques années, de neuf, pour l'embellissement  et ornement dudit autel, et nous a fait voir un endroit où il a dessein de faire un banc pour les prestres de ladite paroisse avec un prie-Dieu et son accoudoir.

 

 

(Cliché édition Le Flohic)

 

Rentrés au château, l'évêque et son sénéchal visitèrent les appartements qui joignent l'église et entrèrent de là  dans la tribune ou jubé, qui existe toujours dans la nef de celle-ci puis dans la chapelle privée de Mre de Guémadeuc. Je laisse encore la parole à Jean Richomme : Estant entrés dans le jubé donnant sur la grande église de la paroisse, (avons vu iceluy) jubé, garni de menuiserie fait en cadre et en balustrade, lambissé avec chassis et vitrage et parquettés, de 30 pieds de long sur 12 de large, avec un autel de bois en sculpture, marche-pied et crédence, prie-dieu et accoudouer, le tout basty de neuf et soutenu de deux piliers et d'une poutre de 34 pieds de long. Duquel jubé étant sortis et traversant les précédentes chambres, avons montés par trois degrés à main gauche, et sommes entrés dans une chapelle sur le portail, du costé de la ville, laquelle est parquettée et lambrissée partout en sculptures, avec frises et corniches tout autour, et un plafond, un autel, un marche-pied et crédence, prie-dieu et accoudouer, percée d'une ancienne fenêtre en pierre de taille haute de seize pieds et large de sept.  La conclusion de ce curieux procès-verbal est que, pour achever la restauration du manoir épiscopal de Beignon, entreprise par Mre de Guémadeuc, il faudra pour le moins, quatre cents pieds de chêne, depuis cinq, jusqu'à douze pieds de grosseur. On voit que le bon évêque bâtissait grandement.

 

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 18:02

 

III ) Le 8 juillet 1682, Mre Sébastien du Guémadeuc, évêque et seigneur de Saint-Malo rendit aveu au roi de France pour son évêché, nous trouvons dans sa déclaration, et dans les notes manuscrites du même temps, ce qu'était la seigneurie ou la baronnie de Saint-Malo de Beignon. L'évêque de Saint-Malo confessa d'abord tenir en franc régaire et fief amorty et estre seul seigneur patron, fondateur et supérieurdes églises et paroisses de S. Malo et S. Pierre de Beignon situées entre les fins et mettes de la juridiction royale de Ploërmel, sans y estre aucunement subjet, ni ses hommes et vassaux d'icelles paroisses desquelles tous les manants et habitans sont universellement ses hommes tenanciers et sujets avec obéissance à sa cour et juridition. Ce franc régaire se composait  : de la ville et paroisse de S. Malo de Beignon en entier, à devoir de quelque peu de rente en denier et à devoir de faner et de charroyer les foins  des prairies de la seigneurie. Du bourg de la paroisse de S. Pierre de Beignon  en leur entier et sans aucune exception, n'y ayant pas un pouce  de fief d'autre seigneurie à devoir de rentes en deniers et avoines comme minée, gallenée, crublée, devoir de fumage, charrois généraux et septimaux, quintaine ou bouhours, dîmes à la douziesme ; de plusieurs fiefs et rente en Mernel et dans cette paroisse, de la mouvance noble de la Châteigneraye, prévôté féodée de l'évêque, de la Guinebergère, du Pont-Rouault, du Corrouët, de la Périère, de la Pacaudaye, de la Vieuville, etc. ; en la paroisse de Maure, de la mouvance noble de Pellan et de la Lambardaye, et de plusieurs fiefs et tenues, en les paroisses de Lohéac, Guipris, Mauron, Guers et S. Lery, de plusieurs fiefs, sergentises, maisons, greniers, rentes, mouvances, etc.  De ce régaire dépendaient aussi les maladreries dont il est curieux de constater l'existence en plein XVIIe siècle :  Déclare ledit évêque de S. Malo tenir dudit seigneur Roi, la totale juridiction sur certaine nation et sectes de pauvres gens vulgairement appelés coquins et sur leurs villages qu'on appelle maladryes estant en plusieurs endroits et paroisses de son dit évesché particulièrement ès paroisses de Ploërmel, Guer, Campénéac, Caro, Mohon,Guilliers, Mauron, Guignen Ploualay, Plelan et autres. Enfin ; Beignon formait une baronnie pour raison et cause desdits baillages et fiefs amortys en franc régaire cy dessus mentionnés et déclarés confesse ledit évesque avoir droit de baronnie, juridition et justice haute, basse et moyenne qui s'administre et s'exerce par ses juges et officiers. Le chef-lieu de cette baronnie, résidence de l'évêque était le manoir épiscopal de Saint-Malo de Beignon, maison de franchise et immunités, avec ses appartenances et dépendances, droits, prééminences et libertés, chapelle, auditoire, prison, parc, estang, canaux, fontaines, jardins, colombiers et garennes près laquelle maison  et aux environs il y a cinq moulins, deux à vent et trois à eau, y compris le moulin à foulons, rabines et bois de fustaye, une métairie noble appelée la Ruaudaye...un four à ban, etc. La déclaration mentionne encore les divers droits seigneuriaux de l'évêque de Saint-Malo dans les paroisses de Beignon, notamment ceux de corvées et charrois, d'usage dans la forêt de Brécilien, de foires et de marchés, de quintaines et de bouhours, mais elle n'entre point dans les détails sur l'exercice fort original de ces deux derniers droits.

 

 

Bâtisse XVIe à Saint-Malo de Beignon 

 

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 09:39

 

Guillaume Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo

 

II ) Guillaume Le Gouverneur portait lui même de l'intérêt à Saint-Malo de Beignon, car dès le 3 janvier 1612, il avait fait un accord avec Pierre Le Gobien, archidiacre de Porhoët, pour régler la juridiction de ce dernier. Par cer acte, l'évêque transféra à Saint-Malo de Beignon, la juridiction de l'archidiaconé de Porhoët, qui, jusqu'à lors, s'était exercée à Ploërmel, et voulut que cette juridiction, fût tenue conjointement avec celle de l'officialité épiscopale ; mais en 1622, Pierre Le Gobien, réclama contre cet arrangement, et Saint-Malo de Beignon fut abandonnée par lui. La question des foires de Beignon revint encore sous l'épiscopat de Mre Ferdinand de Neufville. Les fermiers des coutumes de Guer et le seigneur de cette ville s'opposèrent, paraît-il, à la bonne tenue de ces foires. Mais, au mois de mai 1650, Louis XIV accorda à l'évêque de Saint-Malo des lettres patentes confirmant les foires et marchés de Beignon et de Saint-Malo de Beignon, précédemment faites par Henri IV.

 

 

Le 2 mai suivant, François d'Avaugour, baron de la Lohière et seigneur de Guer, donna par écrit, son consentement à l'établissement de ces foires, et une sentence du siège royal de Ploërmel leva l'opposition faites par les fermiers des coutumes de la ville de Guer contre les foires et les marchés de Beignon ; enfin, le 16 juin 1651, le parlement de Bretagne rendit un avis favorable à Mgr de Neufville. Malheureusement, ce prélat, ayant sur les entrefaites quitté Saint-Malo, pour devenir évêque de chartres, l'arrêt du parlement ne fut exécuté que cent ans plus tard, le 22 juin 1768, à la prière de Mre Antoine-Joseph des Laurens, et les juges royaux de Ploërmel, furent seulement alors commis pour mettre ledit seigneur-évêque en possession desdits foires et marchés. Mre Ferdinand de Neufville laissa encore d'autres souvenirs à Saint-Malo de Beignon. Le 3 juillet 1655, se trouvant à son manoir de Beignon,  il convint avec Gabriel Macé recteur de la paroisse de Saint-Malo de Beignon, d'échanger le vieux presbytère paroissial qui était  renfermé dans l'embas de l'enclos dudit palais épiscopalà raison de quoy ledit recteur ne pourrait être libre en sa charge, la maison d'ailleurs étant ancienne, caduque et menaçant ruine, contre une belle maison située dans le plus beau du lieu de cette ville de Saint-Malo de Beignon, proche l'église, ayant un jardin au derrière, assez spacieux et propre pour le service de ladite maison, que ledit seigneur évêque consentoit à bailler en eschange de laditte maison presbytéralle qui n'avoit aucun jardin.

 

 

Cet évêque avait succédé sur le siège épiscopal de Saint-Malo à son oncle, Mre Archille de Harlay ; il voulut fonder un service pour ce prélat dans l'église de Saint-Malo de Beignon, mais, étant parti pour Chartres, avant d'avoir réalisé ce projet, ce fut Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, qui au nom de Henry de Harlay, prêtre de l'Oratoire, principal héritier de Mgr de Harlay, fit cette fondation. Le 24 octobre 1658, il donna à Gabriel Macé,  recteur de Saint-Malo de Beignon, une maison et jardin appelée la Borguerie, hors et joignant l'enclos du château, étant de la succession dudit deffunt, comme l'ayant acquis par retrait feodal  par luy fait  sur les sieurs Jean et Yves de Quédillac, dont ledit deffunt evêque fit enfermer partie dudit jardin et maison de la Borguerie dans l'enclos dudit château de S. Malo de Beignon, pour le rendre régulier et carré de ce côté là. Cette donation ainsi faite par ledit seigneur de Villeroy à la charge par ledit Macé de dire, célébrer ou faire dire et célébrer comme il le promet et s'y oblige  et ses successeurs en la rectorie de S. Malo de Beignon, par chacun an, à perpétuité, en l'église dudit lieu, un service complet de trois vigilles à trois leçons et une autre messede requiem pour le repos des âmes dudit seigneur evesque de S. Malo et des seigneurs de la maison de Villeroy présents et à venir, et ce à pareil jour que ledit sgr evesque est décédé, qui fut le 20 novembre, et seront tenus ledit sieur Macé et ses successeurs recteur de S. Malo fournir audit service, pain, vin, luminaires et autres choses nécessaires. Puisque nous parlons du recteur de Saint-Malo de Beignon, notons ici quel était son revenu ; voici comment s'exprime à ce sujet le Pouillé de Saint-Malo, au siècle suivant : La cure de Saint-Malo de Beignon est à la présentation de l'ordinaire et possédée par Mre Pierre Fleury, qui, par sa déclaration du 6 juillet 1728, fait monter le total de ses revenus à 268 livres 5 deniers, les charges modifiées  par le bureau diocésain montent à 40 livres 15 dol 6 deniers. partant, reste net la somme de 245 livres 9 sols  6 deniers pour la subsistance dudit recteur. A la même époque, le recteur doyen de Beignon, Mre Guillaume Mahé avait 503 livres 8 d. de revenu ses charges montaient à 218 livres 2 d., et il restait pour sa subsistance la somme de 285 livres 6 d. 

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 20:33

 

I ) Mgr François Thomé, fut successivement Chanoine et Trésorier de Rennes, puis abbé commendataire de l'Abbaye Notre-Dame de Vieuxville et Prieur de Noyal sous Vilaine. Il fut nommé évêque de Saint-Malo le 25 février 1573 et prit part aux Etats de Ploëmel en 1580, il abdiqua en faveur de Charles de Bourneuf. Il fut le premier évêque de Saint-Malo qui fut inhumé en l'église Saint-Malo de Beignon, le 17 février 1591.

 

 

 

Le tombeau de Jean du Bec se trouve à gauche 

(cliché des éditions Le Flohic)

 

Le 10 janvier 1610, Mgr Jean du Bec se trouvant en son manoir de Saint Malo de Beignon, fit son testament dont plusieurs exemplaires existent encore. Après avoir réglé tous les détails de ses funérailles, qu'il voulait être faites à son abbaye de Mortemer, le prélat légua à l'église et fabrique de S.Mallo de Beignon, la somme de cent escus pour achepter des ornements et sur chacun d'eux faire mettre en broderye les escussons de ses armes. Il donna, en outre, la somme de trois cent livres pour faire célébrer des messes et services dans la dite église à son intention. Enfin Jean du Bec laissait la somme de cinq cents escus pour faire parachever la chapelle de Saint-Malo, située près de la fontaine qui dépend de ce lieu, pour y fonder  deux messes par chacune sepmaine à perpétuité, l'une au mercredy, et l'autre au vendredy, ensemble faire bastir une chambre pour y loger et remettre au chapelain qui célébrera ou fera célébrer lesdites deux messesn et à cette fin, achepter les ornements nécessaires, le tout selon les marchés et dessins faits précédemment avec les maçons et charpentiers. Quatre jours après avoir fait son testament, Mgr Jean du Bec mourut à Saint Malo de Beignon, le 20 janvier 1610 ; son corps fut embaumé et solennellement porté en l'Abbaye de Mortemer pour y être inhumé, mais son coeur et ses entrailles fuent déposés dans le sanctuaire de l'église paroissiale de Saint Malo de Beignon. Maintenant encore, l'on voit, à demie-cachée sous le marchepied du maître d'autel de cette église, une pierre tombale portant un écusson fuselé d'argent et de gueules, qui est du Bec, timbré d'une crosse et d'une mitre. Le marchepied couvre en grande partie deux inscriptions latines gravées sur cette dalle, mais on distingue ces mots de l'une d'elles : SAXUM PRECORDIA. R. P. JOHANNIS ; c'est tout ce qui reste à Beignon du monument funéraire de Jean du Bec, évêque de Saint-Malo

 

 

L'un des exécuteurs testamentaires de Monseigneur du Bec fut Jacques Doremer, vicaire général du diocèse sous Mgr du Bec et sous son successeur Guillaume Le Gouverneur. Le 7 juillet 1628, e dernier évêque de Saint-Malo se trouvant à Saint-Malo de Beignon, fonda les messes ordonnées par Jean du Bec ; mais quoi que la chapelle de Saint-Malo eut été probablement achevée car elle existe encore -depuis détruite, il décida que ces deux meses seraient dites dans l'église paroissiale de Saint-Malo de Beignon, à l'autel du choeur, à la charge du chapelain de tenir un cierge allumé, durant a célébration desdites messes, sur le tombeau où ont été enterrés le coeur et les entrailles du deffunct seigneur évêque Jean du Bec, et au finissement d'icelles de dire le psaume  De profundis avec les oraisons : Deus qui inter apostolicos et Deus largitor  et Fidelium.

 

 

L'ancienne chapelle de Saint-Malo à Saint Malo de Beignon

 

Mgr Le Gouverneur nomma en même temps Pierre Hamon, chapelain de cette fondation et lui assiga à cet effet une rente annuelle de 30 livres. Le lendemain, qui était un dimanche, on montra aux paroissiens de Saint-Malo de Beignon, assemblés pour la grand'messe, les beaux ornements que l'exécuteur testamentaire de Mgr du Bec avait fait faire pour leur église ; c'était un chasuble de velours viollet avec estole et fanon aussy en velours garny de ftange de saye  par le bas et le tout parementé  et enrichy de luisant et clinquant d'or avec un escusson des armorires dudit feu seigneur evesque relevée en broderie sur le derrière du chasuble ; de plus un coussinet et oreiller aussy de velours, une bource et un vollet de pareille étoffe et mesme un voile de taffetat enrichy de dentelles d'or.

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