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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 08:13

 

 

Le manoir des Fossés avec armoiries des familles qui ont possédé l'endroit, de gauche à droite : Le Borgne, de la Bouexière, des Nos, Le Doyen et de Kergolay 

 

C'est le plus ancien édifice de Plélan-le-Petit. Il date du milieu du 14ème siècle et le bâtiment encore visible n'est qu'une composante du manoir d'origine. Sur la façade Est, on peut apercevoir 5 meurtrières cruciformes (arbalétrières), deux fenêtres ogivales (avec volets), une porte cochère et une porte piétonne. A l'opposé, la façade Ouest donne sur cour fermée et dispose d'une grande porte cochère ainsi que d'une porte à 5m de hauteur qui était l'unique accès à l'étage.La charpente gothique est une rareté en Bretagne. Certains éléments ont été découverts lors de dégagements effectués par René Jouffe : Fossé en eau, moulin ….Situé aux environs de Dinan, le manoir-porche des Fossés (fief relevant de Montafilant) remonte à la fin du 16e siècle. De plan rectangulaire, il est percé d'une porte cochère et d'une porte piétonne. Ses façades percées de baies géminées trilobées et d'archères cruciformes lui confèrent beaucoup de caractère, de même que la charpente de la grande salle qui occupe tout l'étage. Le manoir a appartenu aux famille Le Borgne (14e siècle), de la Bouexière (15e-16e siècles), des Nos (17e siècle), Le Doyen, des Nos (17e-18e siècles) et de Kergorlay. 


 

Les commissaires qui menèrent enquête cette année 1440 pour la paroisse de Plélan furent Bertrand Sevestre. G. Dupré. Au sein de la noblesse de cette paroisse figure Olivier de la Bouexière, « en son hostel des Fossés. ». Acte ci-dessous.

 

 

 

Titres généraux : contrat de vente par Jehan Durant et Amice, sa femme, à Raoul Le Borgne de tous les biens qui leur appartiennent dans la paroisse de Plélan « souz la seignorie monsour Rolant de Dynam, tant en fez que en rierefez, et souz la seignorie Johan Le Borgne » (cette pièce porte la cote de la seigneurie des Fossés, mais elle ne prouve pas que Jean Le Borgne ait été, en 1339, seigneur des Fossés) ; - ventes à Jehan de La Bouexière, seigneur des Fossés, de diverses rentes et pièces de terre dans la paroisse de Plélan : -copie de lettres de Jeanne, duchesse de Bretagne et comtesse de Penthièvre, confirmant d'autres lettres par lesquelles Jean IV, duc de Bretagne et comte de Montfort, avait accordé à Charles de Dinan, sire de Monfafilant, le droit d'afféager son domaine, en étendant cette faveur aux vassaux nobles de ce seigneur ; -induction d'actes présentés à la Chambre du Domaine, à Rennes, par Julien Le Doyen, pour être maintenu dans le droit de haute justice à cause, de la seigneurie des Fossés ;-fermes de la terre, avec toutes ses dépendances, pour 2,400 et 2,200 livres tournois, au XVIIr siècle, et pour 1,390 livres, en 1772 ; -rôles des rentes payées à la seigneurie dans les bailliages du Grand et du Petit-Breil, de La Cadiais, de La Guerais, de Guérin, de La Mariais et de Sainl-Méloir ; -audiences de la Cour des Fossés tenues au bourg de Plélan ; moyens de blâme et de réformation présentés à ladite Cour par le procureur-fiscal contre les sergents chargés des rôles des bailliages et contre plusieurs vassaux ; -vente d'une coupe de bois ; -quittances de la rente de 4 livres due à la seigneurie de Lamballe, et de celle de 5 boisseaux due à l'abbaye de Beaulieu ; -correspondance relative aux landes du Breil, de Couarra et de La Touche. (La seigneurie des Fossés s'étendait dans les paroisses de Plélan (chef-lieu) et Saint-Michel, sa trêve, de Bourseul, de Corseul et de Saint-Méloir; elle relevait en partie de Dinan, et en partie de Montafilant. -Seigneurs des Fossés : au XVe siècle, Olivier et Jean de La Bouexière ; au XVIe, Pierre et Françoise de La Bouexière; Charles et François Desnos ; au XVIIe, René, Mathurin Desnos, Louis Desnos et Renée Le Doyen, sa femme; Julien Le Doyen ; Catherine Desnos, petite-fille du précédent et femme de François de Thiery; Louis-Florian Desnos, fils de Louis Desnos et de Renée Le Doyen ; au XVIIIe, le précédent et Louis-Florian Desnos, son fils ; Alain-Marie de Guergorlay el ses deux fils, Gabriel-Louis-Marie et Louis-Florian-Paul.


 

1581-1789 Domaine des Fossés. -Paroisse de Plélan : baux à ferme, (à moitié ou à prix fixe), des métairies des Fossés, de La Porte et de La Cour des Fossés, de Belestre, du Bois-Motlay, du Bourg de Plélan, de Trougat, de La Ville-Delor, du pré de La Borgnerie, des moulins à eau et à vent de la seigneurie ; quittance de 8 livres pour droit de visite, délivrée au fermier du Moulin Neuf par le contrôleur-général des poids et mesures au déparlement de Dinan. -Paroisse de Saint-Méloir : baux à ferme de la métairie de Couarra ou de Coasura; copie d'un procès verbal de descente au sujet d'un abattis de bois, fait sur des pièces de terre dépendantes de ladite métairie.

E. 1704. (Liasse.) -9 pièces, parchemin; 14 pièces, papier ; 1 sceau.

 

 

1405-1729. - Fief des Fossés. -Aveux rendus : à Louis Desnos, à Julien Le Doyen et à Louis-Florian Desnos, pour des héritages situés dans les paroisses de Plélan et Saint-Michel, sa trêve, de Saint-Méloir et de Corseul; -à Olivier et à Jean de La Bouexière, pour des tenues citées sans indication de paroisse. -Paroisse de Bourseul : aveux rendus à Jean de La Bouexière pour 4 pièces de terre, dont l'une, contenant un journal et demi, devait à la seigneurie une rente de 17 deniers, au terme de Saiiil-Gilles. - Paroisse de Corseul : aveux fournis pour des pièces de terre situées au village de Paignehel.

E. 1765. (Liasse.) -52 pièces, parchemin ; 72 pièces, papier.

 

 

1509-1733. -Fief des Fossés. -Paroisse de Plélan : aveux et partages fournis pour des tenues et des pièces de terre faisant partie de plusieurs bailliages, savoir : Le Grand et Le Petit-Breil, Guérin, La Hoguelaye, La Robelinaye, Taillefer et La Ville-ès-Souèdre.

E. 1766. (Liasse.) -34 pièces, parchemin ; 93 pièces, papier ; 1 sceau.

 

 

1500-1765. -Fief des Fossés. -Paroisse de Plélan : aveux, partages, contrats d'acquêt et d'échange fournis pour des tenues et des pièces de terre faisant partie du grand bailliage du Breil, situées aux villages de La Boullaye, du Breil, de La Fontenelle, de Paymehel, de Saint-Michel de La Trinité et du Vaufeillet.

E. 1767. (Liasse.) -25 pièces, parchemin ; 48 pièces, papier.


 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:19

 

 

 

Marie de Limoges n’avait que trois ans à la mort de son père. Marguerite, sa mère, femme hautaine et ambitieuse, aussi implacable dans ses ressentiments que hardie dans l’exécution de ses desseins, fut chargée d’administrer la vicomté. Dans les grandes familles qui ont les privilèges de la naissance, du pouvoir souverain, il est rare que des tuteurs ambitieux ne profitent pas du titre que leur contère la loi, ou la volonté des mourants, pour s’approprier les droits dont ils ne devraient être que les défenseurs, ou que des passions ennemies ne viennent pas apporter le trouble dans l’État ou dans la famille. La veuve de Gui le Preux, impatiente d’imposer à tous l’autorité de sa fille, ne tarda pas à soulever contre ses prétentions la noblesse du Limousin, le clergé et le peuple et des droits politiques que la royauté lui avait reconnus. Cependant, pressée par les circonstances de remettre cette autorité à la jeune vicomtesse Marie de Limoges, dont la main avait été plusieurs fois sollicitée par les fils des plus grandes familles de France, elle la maria à Artur, comte de Richemont, fils Jean II, petit-fils de Jean 1er, duc de Bretagne. Ce mariage fut célébré en grande pompe dans la basilique de Saint Martin de Tours (ci-dessous).

 

 

Artur de Bretagne n’avait alors que treize ans; Marie, sa belle épouse, à la blonde chevelure, comme ses ancêtres de race germanique, en avait quinze. La vicomtesse mère vint les montrer avec orgueil au peuple limousin, heureuse des beaux jours qu’ils se promettaient, et des brillantes destinées que rêvait pour eux sa tendresse maternelle. Cependant, habituée à commander, cette femme altière ne leur remit pas immédiatement les rênes du pouvoir; c’est qu’elle avait encore à. combattre pour eux. La mort ne tarda pas à clore la carrière politique de cette femme toujours prête à combattre, toujours escortée d’une soldatesque docile à ses ordres, toujours inquiète du maintien des privilèges de sa race. La nouvelle de sa mort fut reçue avec joie par le peuple, par les vassaux de la vicomté, si longtemps humiliés par celle que ses contemporains appelaient la vicomtesse-reine, et que le peuple, qui conserve encore quelques souvenirs de ces temps, appelle encore Marguerite l'enragée. Elle avait administré la vicomté durant quatorze ans (1277). Avec des passions moins vives, une ambition plus juste, si elle avait eu à défendre un trône contre de grands dangers politiques, elle aurait pu être comparée à Blanche de Castille et à Marie Thérèse. Marie de Limoges et Artur de Bretagne prirent alors les rênes de l’administration; mais ils n’avaient ni l’un ni l’autre ce qu‘il fallait, dans cette époque troublée, pour maintenir leur fortune. Ils ne firent que l’amoindrir, pour payer le dévouement de ceux qui s’étaient faits si long temps les complices de l’ambition de leur mère. Ils donnèrent le château de Châlus, ce fleuron de la vicomté, où était tombé avant l’âge le plus grand ennemi de leurs ancêtres, à Gérard de Maumont, qui en prit possession à la tête de bandes armées, et qui en sortit ensuite pour étendre encore son autorité aux dépens de ses voisins. Artur de Bretagne, en attendant une meilleure occasion, s’était mis en possession de sa haute juridiction de justice, sans en faire préalablement hommage à l’abbé de Saint-Martial.

 

 

Château de Châlus

(document Wikipédia)

 

 

Le prélat, dès le début de cette usurpation, interdit le juge et le prévôt, ainsi que les sergents, confia la justice par commission à Guillaume, son neveu, qui à son tour investit des fonctions de juge le bourgeois Jean Glary. La vicomtesse et son mari parurent durant quelque temps se soumettre à cette humiliation, craignant cette fois l’intervention du roi de France qui, à son retour de Bordeaux, s’arrêta encore à Limoges. Les religieux de Saint-Martial allèrent à sa rencontre, le conduisirent processionnellement dans leur abbaye. Il paya cette hospitalité en adjugeant la justice à l’abbé par des lettres patentes que ses agents publièrent aussitôt dans toutes les rues de la ville. Artur et sa femme, loin de chercher à s’attirer les bonnes grâces du prince, n’étaient alors occupés qu’à refaire leur fortune aux dépens de quelques-uns des feudataires de la vicomté, en usurpant les privilèges jus qu’alors reconnus à ceux-ci sur leurs fiefs nobles. Tous ses efforts tendirent aussi à régler les différends qui divisaient souvent le clergé au sujet des Privilèges que se disputaient les églises. La vicomtesse de Limoges mourut sur ces entrefaites, onze ans après sa mère (1291), sans avoir pu imposer son autorité aux bourgeois, au clergé et aux barons du Limousin. Femme du monde, éloignée durant sa jeunesse, et même depuis son mariage, de toute participation aux affaires publiques, dominée par des goûts luxueux, qui énervaient les races féodales en les ruinent, elle passa ses dernières années tantôt à Limoges, ou dans les châteaux du Limousin, tantôt à la cour de Bretagne, dont le riche héritage était promis à son mari et à ses enfants, Jean, Gui et Pierre. Ses officiers, pour faciliter la perception des droits levés sur les marchands, avaient transporté sur la place de Saint Michel-des-Lions le marché aux fruits, du blé et des autres denrées qui, de tous temps, avait lieu dans un cloître près de Saint-Martial. Gérard Faydit, d’Uzerche, abbé de Saint Martial, ne fit aucune opposition à ce changement; par sa faiblesse et sa mauvaise gestion, il appauvrit beaucoup cette abbaye, dissipe ses biens, et laissa même les religieux man quer de vin depuis le jour de saint Lue jusqu’à Pâques, et ne leur fournit le bois, nécessaire au chauffage, que la veille de l’Annonciation de la Vierge‘. Artur de Bretagne, après la mort de sa femme, demeura dans la vicomté, jusqu’à ce qu’il fût appelé à régner en Bretagne par la mort de Jean Il, son père. Jusqu’à cette , époque (1305), il sut vivre en paix, n’ose rien entreprendre contre les barons du Limousin, ni contre l’évêque; il eut seulement quelques démêlés avec Gui de La Porte, abbé de Saint-Martial, qui, mécontent de ce qu’il n’était pas venu lui faire hommage après la mort de sa femme, fit saisir le Château de Limoges et la justice qui en dépendait (1300). Le Château de Limoges était groupé autour de l'antique abbaye de St-Martial. Déjà considérable au ixe siècle, il fut au commencement du siècle suivant ceint de murs et de fossés. Ces fortifications ayant été ruinées durant la guerre des Anglais, elles furent relevées à la fin du XIIe siècle sur un périmètre plus étendu. La première enceinte, d'après un manuscrit cité par Allou, comprenait l'abbaye de Saint-Martial et son cimetière jusqu'au pont Hérisson, joignant l'hôpital Saint-Martial (aujourd'hui l'hôtel des Monnaies), de là au portail Imbert où étaient les prisons ; puis allant à la porte Fustinie, près de Saint-Michel, derrière la maison du Breuil (aujourd'hui la Préfecture), à la place de la Motte, aux portes Poissonnière et Poulaillère et revenant à l'abbaye Saint-Martial. Dans la seconde enceinte, d'après un autre manuscrit, furent enfermés le quartier des Combes et les rues adjacentes, la place des Bancs, les rues Torte, Banléger, les Pousses, Manigne, Cruche d'or, Rafilhon, Boucherie et le quartier de Saint-Pierre du Queyroix. C'est à peu près l'enceinte de la ville actuelle. Il n'est pas douteux qu'il n'y eut eu jadis dans l'enceinte de ce castrum ou ville un château-fort, un édifice d'archi tecture militaire pour la protection des habitants. Allou conteste ce fait et le déclare d'autant moins admissible qu'il ne reste, dit-il, dans la ville actuelle, aucune trace de ce prétendu château, ni aucune tradition qui s'y rapporte. Cette opinion va à rencontre de toutes les données historiques. On ne trouverait pas d'exemple d'un castrum qui n'ait renfermé un château, un donjon, une forteresse quelconque. Il est possible que les ruines du château de Limoges aient disparu et que la tradition, au XIXe siècle, en ait entièrement perdu le souvenir, mais cette tradition était vivante au XVe siècle, elle résulte de documents écrits, et, comme nous le verrons tout à l'heure, elle servait de base à certaines prétentions du vicomte.

 

 

Sceau de Marguerite de Bourgogne, mère de Marie de Limoges ;

 monnaie en alliance Bretagne-Limousin

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 14:03

 

 

 

 

Monnaies de François II (1 -2 , et Anne de Bretagne (3)

 

Bretons.

Sous François II, des ateliers fonctionnaient à Morlaix, Nantes, Vannes et Rennes. On forgea sous ce règne des écus d'or, des gros et des demi-gros d'argent, des blancs, des deniers et des doubles. A dater du règne d'Anne de Bretagne, on ne remarque plus que deux ateliers, Nantes et Rennes. Avant son premier mariage, cette princesse continua les gros, les blancs à la targe ou douzains et les doubles de son père ; elle ne frappa les pièces d'or appelées « cadières » que pendant son veuvage. On peut considérer que, à dater du mariage de Louis XII avec l'héritière du duché, le monnayage breton suivit les mêmes phases et fut soumis aux mêmes règlements que celui du reste du royaume. Pendant les guerres, le duc de Mercoeur frappa des monnaies royales à Dinan, avec l'assentiment des Etats de la Ligue réunis à Nantes. Plusieurs chefs de partisans firent de même, mais sans autorisation quelconque : dans les ruines du château de St-Quihouët, on a trouvé, en 1828, un moule de fer qui avait servi à couler des écus de Henri III à la date de 1581. A la faveur des troubles, la fausse monnaie fut fabriquée dans notre province sur une assez grande échelle : la tradition place des ateliers de faux-monnayeurs dans un certain nombre de nos anciens châteaux : l'absence de toute répression dut, en effet, favoriser cette déloyale industrie. Dans les nombreux actes que nous publions, on remarquera la mention de redevances faites « en monnaie ayant cours dans le pays, monela cursilis » : cette formule se rapporte au temps où la monnaie ducale, la monnaie tournois et celle des provinces voisines avaient un cours reconnu dans la province. Plus tard il n'en fut plus ainsi, et les actes stipulaient que les paiements devaient être faits en « bonne et forte monnaie », en « bons et forts deniers ». Alors la monnaie subissait des variations si multipliées et si considérables que, payées avec les espèces nouvelles, les redevances anciennes étaient singulièrement diminuées. Nous terminerons par quelques mots sur les différentes espèces dont il est fait mention dans nos chartes

 

Esterlins. Nous ne voyons ces monnaies paraître qu'accidentellement : l'esterling était le denier anglais, et les abbayes bretonnes qui possédaient des bénéfices en Angleterre recevaient nécessairement des redevances en esterlins. Les premiers, frappés par les Plantagenets, représentent une tête couronnée de face ; au revers, une croix cantonnée de douze besants, avec le nom de l'atelier monétaire. Le seigneur du Goëllo, en 1202, donnait à Beauport une rente de 10 livres d'esterlins sur son manoir de Ravendal, au diocèse de Durham. Une charte du prieuré de Dinan établit qu'en 1268, en Bretagne, 230 livres d'esterlins étaient reçus pour la même valeur que 1,000 livres de tournois.

 

 

Monnaie de Nantes. C'était celle qui fut frappée dans cette ville à dater de la fin du XIIe siècle : il en est peu question dans la partie de la province dont nous nous occupons, puisque jusqu'ici nous ne connaissons qu'un texte de 1224, de l'abbaye de Beauport, qui en fasse mention. Cette monnaie de Nantes, alors anonyme, portait les mots DUX BRITANE autour d'une croix ancrée ; au revers, NANTIS CIVI autour d'une croix ordinaire. D'après une ordonnance de saint Louis, le nantois à Vécu était évalué à raison de 15 nantois pour 12 tournois.


 


 

Monnaie d'Anjou. Nous la voyons employée dans des chartes de Beauport et de St-Aubin. De 1094 jusqu'aux premières années du XIIIe siècle, les deniers angevins eurent un cours général en Bretagne, principalement, comme nous l'avons déjà dit, depuis le mariage de la fille de Conan IV avec Geoffroi d'Angleterre. Il était naturel que les princes anglais, qui possédaient alors l'Anjou, fissent circuler leurs monnaies françaises dans le pays breton dont ils étaient maîtres.


 


 

Monnaie de Rennes. Les détails que nous avons donnés plus haut ont mis nos lecteurs au fait de ces espèces : un acte de St-Aubin mentionne, en 1232, quadraginta solidos Redonensis monete ; ce devait être des pièces anonymes, identiques, sauf les légendes, aux pièces de Nantes que nous venons de décrire. D'après les textes conservés par D. Morice, la monnaie de Rennes fut très-répandue de 1084 à 1150 environ : de cette date jusqu'au commence ment du XIIIe siècle, elle disparaît dans les actes pour être remplacée par celle d'Anjou. Elle reparaît vers 1219, sous Pierre Mauclerc ; mais les tournois et les parisis lui font une rude concurrence. A la domination anglaise avait succédé l'influence française, et les espèces monétaires s'en ressentaient nécessairement. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les titres de St-Aubin et de Jugon parlent de monnaie bretonne : cette désignation générale indique alors la monnaie ducale, fabriquée dans plusieurs ateliers.


 

Monnaies de Guingamp. -Nous n'avons trouvé que peu de mentions de la monnaie guingampoise, bien qu'elle fût, nous l'avons dit, fort répandue. A notre connaissance, elle est nommée, en 1158, dans un règlement du duc de Normandie donné à Caen, et, en 1215, dans un acte de l'abbaye de Bonrepos. D'après M. Lecointre-Dupont, le denier guingampois valait en Normandie 0,053 avant 1158, et 0,056 après cette date : à la première époque, la livre représentait 12 fr. 71, le sou, 64 centimes ; à la seconde époque, la livre valait 13 fr. 44, et le sou, 0,67. Parmi les monnaies de Guingamp, il en est une variété qui jusqu'ici n'a pas été expliquée , en voici la description :


 

+ QVEMPERLI. Croix pattée, cantonnée d'un ou deux astérisques.


 

R. + GUINGAMP. Profil droit barbare. Tous les numismatistes qui se sont occupés de ce denier y ont vu le nom de la ville de Quimperlé. Bigot pense qu'il est peut-être le produit du monnayage de Alain le Noir, gendre de Conan III , ou de Conan IV qui se retira à Guingamp après avoir été dépossédé par Geoffroi d'Angleterre : il fait remarquer, du reste, que l'histoire de Quimperlé ne révèle aucun fait qui puisse expliquer l'émission de cette monnaie. Ne serait-il pas plus simple de chercher dans le Goéllo même quelque localité où on aurait temporairement frappé une monnaie guingampoise, à Quimper-Guézennec, par exemple, antique seigneurie que son titre de vicomté signale comme ayant été détachée des domaines de Guingamp. Nous ne proposons toutefois cette conjecture qu'avec la plus grande réserve.

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 12:13

 

 

Saint-Cast le Guildo

 

 

Plouer sur Rance

 

 

Saint-Potan

 

 

Andel

 

 

Sévignac

 

 

Loscouët sur Meu

 

 

Collinée

 

 

Plémy

 

 

Pléboulle

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 09:28

 

 

 

 

Le monument ancien le plus remarquable aux environs de St Brieuc , est la tour de Cesson, bâtie sur le sommet d'un cap élevé qui forme la pointe orientale de l'embouchure de la petite rivière du Legué. Le Duc de Bretagne, Jean IV, fit construire ce fort en 1395, pour protéger la côte et s'opposer aux invasions des pirates dans la baie de St-Brieuc et le Legué même. Une moitié seule de cette tour que l'on a ruinée par la mine, reste encore debout, et j'ai vu peu de constructions plus fortes ni plus solides. Elle était de forme ronde à l'extérieur, hexagone en dedans. La maçonnerie en est en pierres , dis posées par assises régulières mais non taillées. Le ciment qui les unit a acquis une telle dureté, qu'il surpasse celle de la pierre même. Les murs de la tour ont au premier étage seize pieds d'épaisseur; ils sont un peu moins forts dans les parties supérieures de l'édifice. Il y avait quatre étages, et le sommet se terminait en plate-forme; son état de ruine ne laisse plus voir s'il était muni d'un parapet saillant et de machicoulis, mais il y a lieu de le croire, ces accessoires ne manquant jamais dans toutes les fortifications du quatorzième siècle. Un escalier en vis, pratiqué dans l'épaisseur même des murs de la tour, donnait accès à ses différents étages. On voit dans les parties supérieures des restes de cet escalier. Chaque étage était éclairé par des fenêtres en forme d'embrasures, les unes carrées, les autres cintrées. On y voit aussi quelques barbacanes et des meurtrières pour placer du canon. Dans l'intérieur de la tour on voit des portes en ogive qui communiquaient d'une salle dans l'autre. De même que dans presque toutes les tours isolées, la porte extérieure de celle-ci n'était point au rez-de-chaussée mais au premier étage, elle est tout simplement carrée et a l'apparence d'une grande fenêtre plutôt que celle d'une porte. On y parvenait par un pont-levis, et l'on voit encore la coulisse qui en recevait la flèche. Ce pont-levis s'abattait sur la crête de la contrescarpe du fossé circulaire qui environne ce fort. L'usage de construire de ces fortes tours isolées remonte à une très-haute ancienneté. Elles furent comme nous l'avons déjà dit les premières habitations , les premiers châteaux des seigneurs et des chefs de guerre ; elles furent les premières citadelles qui maîtrisèrent les villes lors de l'affranchissement des communes, et qui retinrent leurs habitants dans le devoir et l'obéissance envers le prince, lorsque Louis le Gros permit l'organisation municipale des cités. Plus tard, quand la poliorcétique eut pris un bien plus grand développement et que la France vil s'élever de toutes parts des châteaux et des forteresses considérables, on continua néanmoins à bâtir en certaines localités des tours isolées, parce que ce genre de fortification était fort utile pour défendre l'accès d'un passage, d'un défilé, l'entrée d'une rivière, d'un port, etc, et que pour peu qu'une tour de cette espèce fut solidement construite, il suffi sait d'une garnison très-peu nombreuse pour la mettre en état de résister à l'attaque d'un ennemi très-supérieur, surtout aux époques où l'usage de l'artillerie était encore peu répandu. Pendant la guerre de la succession de Bretagne, entre Blois et Montfort, c'est par là qu'arrivaient les Anglais, alliés de Montfort; Montfort avait-il le dessus, il tenait Cesson et y recevait ses renforts d'Angleterre; Blois était-il le plus fort, il s'emparait de Cesson, et empêchait les Anglais de débarquer. En trente ans de combats, Cesson passa ainsi, plusieurs fois, de l'un à l'autre. Au temps de la Ligue, il devint le repaire d'un capitaine ligueur qui pillait et rançonnait tout le pays; mais un jour vint où Henri IV, résolu à remettre toutes choses en ordre, obligea les gouverneurs de forteresses à se soumettre, ou, quand ils ne se soumettaient pas, les fit pendre. Le château de Cesson fut alors abattu et il ne resta debout que la tour du donjon ouverte à tous les vents. -Aujourd'hui elle appartient à un riche propriétaire, ancien représentant, esprit sagace et instruit, unissant, comme quelques hommes de notre époque, les idées d'égalité et un instinctif amour du luxe, à la fois démocrate et châtelain. De même que les seigneurs d'autrefois, il a voulu avoir son château, un château moderne et un jardin, un jardin malgré le sol de roc où ne s'enfoncent pas les racines, malgré les ouragans qui arrachent ses arbres, malgré l'air âcre et salin, qui, comme sur tous les bords de la mer, ronge les feuilles et penche les branches, du côté de la terre : cette inclinaison uniforme d'un seul côté donne aux rivages de la mer une solennelle tristesse ; l'homme sent que là sa force est impuissante ; c'est une autre main qui courbe ces arbres, et leur donne leur pli pour toujours. Mais, lui, dure tête bretonne, avec la ténacité de sa race, il a creusé ça et là de larges espaces où il a planté des arbres verts; ces pauvres petits arbres, du fond de ces trous, élèvent timidement la tête de quelques pouces, jusqu'à ce que l'âpre brise, passant par dessus, les arrête brusquement et leur dise aussi en son langage : Tu ne monteras pas plus haut! -Quant au château, il eut un instant la pensée de le bâtir dans les flancs de la vieille tour ; des divans de soie de son salon on eût aperçu la plaine de la mer par les fenêtres à ogives percées dans un mur épais de dix pieds; mais il fut intimidé par cette masse de pierres qui se tiennent à peine et surplombent au-dessus de sa tête ; il désespéra d'atteindre, âvec ses petits étages, le haut de cette ruine découronnée et il se résigna à construire son château au pied de la tour, à quelques pas dans son ombre. Là, il a bâti un pittoresque logis, une sorte de villa italienne, peinte de vives couleurs, avec une galerie à jour courant le long du toit plat, il y a rassemblé les stucs et les marbres, les vases et les dorures, tout le luxe de notre temps. Mais, lorsqu'on sort de cette jolie et coquette demeure, le contraste des deux sociétés tout à coup apparaît saisissant : le petit château, accroupi au bas de la tour, s'abaisse comme humilié et craintif; tous ses détails s'amoindrissent ; il semble qu'à peine un homme passerait par ses portes étroites ; on dirait qu'on le peut saisir à deux mains par les arcs de sa balustrade, comme par des anses, et l'enlever de terre, et l'emporter comme un joujou d'enfant; et vis-à-vis, au contraire, s'élève la haute tour, montée sur un énorme monceau de débris écroulés; les grandes pierres de son faîte pendent dans le vide, et sur l'azur du ciel s'arrêtent les degrés de son escalier rompu : dressée à l'extrémité d'un promontoire qui s'avance dans la mer, de plusieurs lieues, de toute la côte et de l'Océan, on aperçoit sa masse longue et sombre; tout à l'entour les champs sont nus, sans arbres, presque sans maisons ; ébréchée et crevée, elle s'allonge vers le ciel, comme un colossal obélisque; au-dessous, à plusieurs centaines de pieds, la mer frappe de ses vagues sa base de rochers, les vents la battent incessamment ; et de ses flancs s'envolent, en jetant de longs cris, les oiseaux aux ailes grises, vers l'Océan. La tour de Cesson, circulaire à l'extérieur et hexagone au dedans, fut élevée par le duc Jean IV à la fin du XIVe siècle. D'un aspect sévère et grandiose, elle a un diamètre intérieur de cinq mètres cinquante centimètres; une double enceinte de fossés, taillés à pic dans le roc, ou revêtus en fond de cuve, l'entoure. Sa base est un massif légèrement conique, et les murs ont environ quatre mètres d'épaisseur à l'étage inférieur. Ils contenaient un escalier en hé lice conduisant à la plate-forme, des couloirs et des tuyaux acoustiques, pour faire parvenir rapidement les ordres dans toutes les parties de la forteresse, et mettre en communication les défenseurs de ses quatre étages. Chacun d'eux était éclairé par des fenêtres, les unes carrées, les autres cintrées, formant par leurs profondes embrasures un petit appartement garni de bancs de pierre. On y voit aussi quelques barbacanes et des meurtrières pour placer du canon. Des portes en ogive faisaient communiquer, à l'intérieur, d'une salle dans l'autre. Au premier étage se trouvait la porte d'entrée à plein-cintre. Le pont-levis se manœuvrait à l'aide d'une armature courbe en fer, engagée à l'extrémité d'une poutre qui rentrait dans la muraille par deux coulisses, l'une verticale et l'autre arquée. Deux chaînes , suspendues au bout de l'arc, portaient le tablier qui s'abattait sur la crête de la contrescarpe du fossé. L'appareil de ces constructions annonce le XIVe siècle, et elles n'étaient pas sans doute terminées lors des deux sièges de Saint Brieuc, en 1375 et en 1394 , puisqu'il n'y est pas fait mention de la tour de Cesson. Le chanoine Ruffelet, qui écrivait en 1771, dit que, de son temps, on y voyait les armes de Bretagne et de Navarre en alliance. Cette indication vient préciser, à peu d'années près, la date de cette forteresse, qui aurait été élevée entre l'an née 1386, pendant laquelle le duc Jean IV épousa Jeanne de Navarre, et l'année 1399, celle de sa mort. Au commencement d'août 1592, Saint-Laurent, lieutenant du duc de Mercœur, vint mettre le siège devant Cesson ; mais le marquis de Sourdéac accourut au secours de la place, et, dans un combat des plus vifs, il battit Saint-Laurent, le fit prisonnier et le retint captif dans cette même tour où il s'était flatté d'entrer d'une autre manière. Le duc de Mercœur ne tarda pas à venger l'honneur de son lieutenant; il vint lui-même mettre le siège devant Cesson, qu'il prit par capitulation, après lui avoir fait essuyer quatre cents volées de canons. Cette tour demeura au pouvoir des Ligueurs jusqu'en 1598, année où elle fut reprise par le maréchal de Brissac et remise sous la domination du roi. Henri IV la fit démolir la même année, à la demande des habitants de Saint-Brieuc. La mine qu'on fit jouer à cette intention, fendit de haut en bas le colosse, dont une moitié seulement s'affaissa sur elle-même. L'autre moitié, encore debout sur son promontoire, et d'une hauteur de plus de vingt mètres, en servant de guide aux pilotes, offre au paysagiste et à l'archéologue un précieux débris du passé : c'est la couronne brisée de la cité de Saint-Brieuc. Des fouilles, pratiquées sous la tour, ont amené la découverte de chausse-trappes qu'on jetait dans les gués pour enferrer les hommes et les chevaux ; de boulets en potain ; d'un grand nombre d'épées rompues, de vouges, d'épieux et de faucilles, d'une lourde hache, enfin de médailles, de pote ries et de tuiles romaines , qui indiquent que la forteresse du moyen âge avait succédé à un établissement plus ancien. Plusieurs de ces débris sont déposés au musée de Saint-Brieuc. Description effectuée par Fréminville et Pol de Courcy

 

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 08:01

Bretons.


 

M. Poey d'Avant, adoptant l'opinion émise par Bigot, attribue à St-Brieuc et à Jugon des deniers de Jean II qui portent les initiales B et I. Nous devons avouer que ni les archives ni la tradition locale n'ont pu nous procurer aucun indice à l'appui de cette hypothèse : nous croyons qu'à aucune époque il n'a été frappé de monnaie dans ces villes. Passant sur le règne d'Arthur II, qui ne présente aucun incident numismatique, nous arrivons à Jean III. Nous sommes à l'époque où les rois de France cherchaient à réglementer les monnaies féodales pour arriver à les supprimer. En 1313, Louis X écrivait sévèrement à Jean III pour lui reprocher l'affaiblissement de ses monnaies ; en 1316, il en fixait le poids, l'aloi et le type ; et, en 1320, Jean III recevait une nouvelle semonce royale. En 1339, l'inobservation des ordonnances du roi en traînait la saisie des coins et monnaies du duc de Bretagne, et de fortes amendes dont Philippe de Valois faisait remise, à condition que le duc ne retombât plus en récidive. La longue lutte de Charles de Blois contre Jean de Montfort exerça une influence notable sur le monnayage breton. On vit paraître des monnaies d'or, des gros blancs à la fleur de lys, à la couronne et à l'étoile, des demi-gros, des doubles et des petits tournois, des doubles parisis. Les officiers des monnaies de Charles de Blois imitaient les monnaies étrangères, celles du roi de France d'abord, puis celles du Maine et de Flandres. Les pièces bretonnes, alors d'un très-faible aloi, avaient besoin de ressembler aux bonnes monnaies en circulation pour être acceptées. Cette imitation peu scrupuleuse du numéraire motivait de la part du duc Charles des ordres sévères pour prohiber dans ses Etats le cours de la monnaie étrangère, dont les siennes ne pouvaient supporter la comparaison. Charles trouva quelquefois de la résistance sur les points où il voulut établir des ateliers monétaires. Ainsi, à Quimper-Corentin, les vicaires épiscopaux s'opposèrent énergiquement à l'établissement d'un hôtel des monnaies, bien que le duc eût déclaré que cette mesure lui était imposée par les nécessités de la guerre, et qu'il n'entendait nullement porter préjudice aux droits de l'évêque. Barthélemy, maître de la monnaie ducale, envoyé de Guingamp à Quimper, ne paraît pas avoir rempli sa mission. On battait aussi monnaie au château de Brest, sous la surveillance du châtelain, et a Quimperlé en 1304 ; mais c'était toujours en vertu de commissions données par le roi d'Angleterre. Dès 1343, ce prince avait envoyé des monnayers en Bretagne pour forger le numéraire nécessaire à ses troupes ; ces ateliers n'émettaient probablement que de la monnaie anglaise. Jean IV ne se fit pas faute, comme son compétiteur, d'imiter les monnaies de ses voisins : il émit des gros, des doubles et des deniers dont les types rappellent certaines pièces brabançonnes, anglaises et flamandes. Il copia sur tout le numéraire de France, et fit forger des « francs à cheval » d'or, pendant que Charles de Blois émettait des « royaux ». Sous le règne de Jean IV, on frappait à son nom à Rennes, à Nantes, à Vannes, à Guérande, à Dinan et à Quimperlé. Ce prince et ses sujets eurent de graves démêlés, à la faveur desquels le roi de France voulut s'emparer du duché. La numismatique en conserve le souvenir par des monnaies qui ne portent pas de nom ducal ; elles furent forgées en vertu d'une ordonnance de Charles V, datée de septembre 1374, et appplicable aux ateliers de Nantes, Rennes et Vannes. Quelques années après la paix conclue entre le duc et le roi de France , celui-ci, alors Charles VI, chercha a contester à Jean IV le droit de frapper dans son duché d'autre numéraire que des deniers et des oboles. L'enquête de 1392 ne produisit aucune preuve authentique en faveur des ducs : elle constata simplement que Charles de Blois et Jean IV avaient fait forger toutes sortes de monnaies sans être inquiétés. Néanmoins, les gens du roi ne purent triompher de l'opiniâtreté des Bretons, et, jusqu'à la réunion à la couronne, les ducs de Bretagne émirent des pièces d'or, d'argent et de billon. Sous Jean V, on frappa monnaie à Morlaix, Fougères, Dinan, Nantes, Redon et Vannes : c'était des francs d'or, des grands blancs, des blancs et des demi-blancs, des gros et des demi-gros, des deniers et des doubles. L'imitation des monnaies étrangères diminua notablement, et le produit du monnayage breton, véritablement autonome, circula sans difficulté hors de la province. Ce système continua sous François Ier, Pierre II et Arthur III : seulement, le nombre des ateliers diminuait, et la fabrication monétaire se concentrait à Rennes, à Nantes et à Morlaix. L'enquête de 1455 constate que le duc Jean IV avait fait forger « des monnaies d'or petites comme moutonnets », et le duc Jean V « des flourins d'or ». Louis XI, à son tour, essaya d'abord d'interdire au duc François II l'émission des monnaies d'or et d'argent ; mais, bientôt, pour obtenir une alliance utile, il abandonna ses prétentions, et reconnut expressément les droits du duc. Les lettres patentes d'octobre 1465, confirmées à Caen au mois de décembre suivant, sont la reconnaissance officielle par le roi de France, du fait de la « monnaie blanche » de Bretagne.

 

 

 

 

Monnaies de Jean III (1), Pierre II (2) Arhur III (3)


 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 09:22

 

 

 

 

Monnaies des ducs Conan II (1), Jean Ier le Roux (2), et Arthur II (3)

 

Bretons.


 

Dans l'Introduction, nous avons parlé des guerres civiles qui suivirent la mort du comte Alain III. Eudes, son frère, tige de la maison de Penthièvre, frappa monnaie, d'abord comme tuteur de son neveu Conan II, puis comme comte breton indépendant. Nous croyons devoir donner tout d'abord la description des pièces émises par ce prince : + EDO DA : x IIITVIII (Edo dux Britanie), monogramme destiné à imiter celui de Herbert, comte du Maine, sur les monnaies du Mans.

R) + REDONS CIAITAS. Croix.

+ EDO DUX BRITANNIE. Temple tétrastyle.

R). + EDONIS CIVITAS. Croix cantonnée au deuxième d'une lunaire.

L'explication de ces deux types si différents nous semble facile. Mais remarquons tout d'abord que, à la fin du XIe siècle, il y eut un changement notable dans la monnaie de Bretagne : il semble que les nummi Karolici de l'ancien système carlovingien avaient été remplacés. En 1095, en effet, on parlait des « vieux deniers de Rennes », auxquels avaient succédé des pièces appelées popelicani. Si on fait un relevé des monnaies employées dans les actes bretons depuis 1050, on remarque que les espèces du Mans, qui jouissaient d'une grande faveur dans l'ouest de la France et qui même étaient la monnaie courante en Normandie, furent reçues en Bretagne jusqu'au milieu du XIIe siècle. Ensuite vint à peu près exclusivement, pendant près de quatre-vingts ans, la monnaie de Rennes, qui fut brusquement remplacée par celle d'Anjou, au moment où l'Angleterre, sous Conan IV, commença à dominer dans notre province. Eudes, voulant avoir une monnaie à son nom, chercha naturellement à imiter les pièces les plus répandues. Il fit donc graver un monogramme qui rappelait à la fois celui d'Herbert et celui des anciens nummi Karolici. Quand Eudes eut été repoussé de Rennes par les barons bretons, il adopta le temple des monnaies normandes. Peut être la légende Edonis civitas, qui se lit sur le denier à ce type, ne serait-elle qu'une sorte de trompe-l'oeil, pour indiquer, sous l'apparence d'une monnaie rennaise, la « cité d'Eudes », c'est-à-dire la ville de Dol. M. de Longpérier a proposé d'attribuer au comte Eudes et à la ville de Dol, des deniers aux légendes ODO DUX DOLEO CIVES, type de l'étoile à cinq pointes et du monogramme carlovingien. Jusqu'ici ces monnaies avaient été données à Eudes l'Ancien, sire de Déols : nous croyons que de nouvelles découvertes sont nécessaires avant d'adopter définitivement l'opinion du savant académicien. Conan II prit le monogramme Conanus : c'est à lui et à Conan III que, contrairement à une opinion assez générale, nous attribuons les monnaies à ce type. Nous renvoyons à Conan IV celles où ce monogramme n'est plus représenté que par les lettres IVS. Des chartes de ces deux derniers princes établissent que Alain III donna à l'abbaye de S-Melaine, qu'il venait de reconstruire, la dîme de la fabrication monétaire. Cette libéralité fut confirmée par la duchesse Constance, en 1193, et par la duchesse Alix, en 1213. En 1225, Pierre Mauclerc, voulant faire cesser toute intervention des moines dans le monnayage, s'engagea pour lui et ses successeurs à payer une rente de 40 liv. Six ans plus tard, saint Louis reconnaissait au prince qui gouvernait la Bretagne le droit de frapper la monnaie d'argent et de billon. Pierre Mauclerc avait des ateliers non-seulement à Rennes, mais aussi à Nantes et à Guingamp. Arrêtons nous un moment à celui-ci. Nous avons vu que le comte Eudes, tige de la maison de Penthièvre, avait frappé monnaie à son nom. Ses descendants continuèrent cette fabrication, de même qu'ils persistèrent à se qualifier tous comtes des Bretons, comme leurs aînés à Rennes. Le comte Etienne forgea des pièces nombreuses à Guingamp, ville qui faisait partie de la dot de sa femme. Il y grava son nom et une tête barbare, qui dégénéra en un objet confus, par suite d'une fabrication séculaire et très active. La grande quantité des espèces guingampaises tient à ce que celles-ci furent émises non-seulement par les descendants directs de ce prince, mais aussi par les branches collatérales dont les chefs tranchaient également du souverain . Les pièces de Guingamp continuèrent à porter le nom d'Etienne jusqu'en 1205, époque à laquelle le comte Alain, ayant réuni dans sa main tous les domaines de sa famille, signa ses pièces. Pierre Mauclerc s'étant emparé, en 1223, de ce pays, l'atelier guingampais émit des deniers aux armes de Dreux. Bien que l'on connaisse des monnaies portant avec le nom de Guingamp ceux de Jean Ier, de Jean II, d'Arthur II et de Jean III, nous doutons que l'atelier de cette ville ait été maintenu dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Nous pensons qu'à Rennes on continua les espèces guingampaises, à cause de la popularité dont elles jouissaient, non-seulement en Bretagne, mais encore dans les provinces voisines. Les enquêtes faites en 1391 pour établir contre les gens du roi le droit de monnayage du duc de Bretagne, ne font aucune mention de l'atelier de Guingamp. Jean Ier se montra d'abord très-peu soucieux des droits de St-Melaine ; mais il les reconnut par un acte de 1249, et la part des moines fut affermée pour trois ans, moyennant 300 liv. La différence entre les actes de 1225 et de 1249 indique que la forge des monnaies de Bretagne avait pris un grand développement. En 1254, le duc rachetait définitivement le droit dont S-Melaine jouissait depuis un siècle et demi. Les ducs de Bretagne , en repoussant de leurs ateliers l'intervention monacale, étaient peut-être mus par le secret désir d'une fraude trop commune alors : tout contrôle étranger les gênait dans l'imitation et l'altération des monnaies. En 1274, le duc Jean 1er fut averti par le roi qu'il eût à cesser d'altérer son numéraire : c'était lui enlever le quart des bénéfices que le duc voulait réaliser. Sous Jean II, le roi de France intervint encore pour lui interdire la fabrication des doubles deniers commencée par son père

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 13:55

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 13:30

Bretons.


 

la partie de la péninsule peuplée par les colonies bretonnes, il est très-rare de trouver des pièces mérovingiennes : il semblerait que les émigrés avaient sur tout recours à l'échange en nature ; les monnaies romaines et les métaux au poids suffisaient au reste. Dans le cartulaire de Landevennec, nous remarquons un passage où le roi Gradlon achète des terres avec l'or et l'argent qu'il a reçus des Francs ; plus loin, nous voyons des acquisitions faites moyennant « cinq livres d'or » ; plus loin encore, moyennant « trois sous d'argent ». Or, comme il n'y avait pas de sous effectifs d'argent au Ve ni au VIe siècle, il faut conclure qu'il s'agit là d'or et d'argent au poids. Un ancien chant breton, recueilli par M. de La Villemarqué, nous montre Nominoë apportant à Rennes, en lingots d'argent, le tribut de la province. La redevance « d'un denier d'or », payé au XIe siècle à la cathédrale de Nantes, est encore une réminiscence de l'époque où les métaux précieux étaient employés au poids dans les transactions, puisque, depuis le IXe siècle jusqu'à saint Louis, il n'y eut pas de monnaie d'or en France. Le denier d'argent nous semble avoir été importé en Bretagne par les ducs et comtes amovibles qui gouvernaient les marches bretonnes, au nom des souverains francs. C'est à ces lieutenants impériaux qu'il faut attribuer la fabrication des deniers de Louis le Débonnaire, portant les noms de Rennes et de Nantes. A l'avènement de Nominoë, les ateliers royaux de ces deux villes tombèrent au pouvoir du nouveau roi de Bretagne. Est-il probable qu'on retrouve un jour des monnaies au nom ou au monogramme de ce prince ou de ses successeurs? Nous n'hésitons pas à répondre négativement. Cette courte dynastie frappa monnaie, il est vrai ; mais elle paraît avoir conservé les types carlovingiens qu'on retrouve dans la province jusqu'au XIe siècle. Deux textes, empruntés au cartulaire de St-Sauveur, vont justifier notre opinion : l'abbé Convoïon donnait à un certain Buduoret « viginti solidos Karoliscos »; en 865, une saline était engagée « proviginti Karolicis solidis ». Vers le milieu du IXe siècle, furent frappées à Rennes et à Nantes des monnaies au monogramme de Karolus, avec la légende NAMNETIS CIVITAS – GRATIA D – I REX ; HREDONIS CIVITAS – GRATIA D – I REX. Ces pièces, en tout conformes aux prescriptions de l'édit de Pistes, publié en 864, rappellent que, suivant la tradition, Charles le Chauve donna à Salomon le droit de frapper monnaie. «Rex Carolus Salomoni, Britonum régi, habere permisit coronam auream, gemmis preciosis ornatam, seu circulum aureum ad jus libitum, et purpuream, atque episcopalem sedem et numismata aurea atque argentea ». Ces monnaies, correctement frappées, nous les attribuons à Erispoë et à Salomon. Entre elles et celles qui portent les premières un nom ducal, on remarque une série de pièces aux types et à l'aloi plus ou moins altérés, aux légendes en désordre : ce sont des copies dégénérées des monnaies que nous venons de signaler. Bien que ce monnayage ait duré près de deux siècles, on ne doit pas s'étonner de la rareté des espèces qu'il produisit. Depuis la mort de Salomon jusqu'à l'avènement de Geoffroi Ier, l'Armorique fut souvent ravagée par les Normands et les Danois : la monnaie ne put guère y être forgée que dans les moments où la province était libre de la domination étrangère. Nous citerons la paix due aux exploits d'Alain le Grand, en 879 ; celle qui suivit la conquête d'Alain Barbe-Torte, en 936 ; enfin, le moment où Conan le Tort se déclara indépendant dans Rennes, en 990. La ville de Nantes, tombée au pouvoir des Normands, puis des comtes d'Anjou, cessa probablement d'avoir un atelier monétaire dès la seconde moitié du Xe siècle : la prépondérance exclusive de la monnaie et du type de Rennes vient à l'appui de cette conjecture. Le Chronicon Briocense parle des monetas argenteas et parvos denarios nigros que forgea le comte Geoffroi : si on retrouvait des pièces au type carlovingien, avec le nom de Gaufredus , elles appartiendraient incontestablement à ce prince. Nous attribuons à son fils, Alain III, le denier de la collection Dobrée, que Bigot donnait à Alain Ier. Autour d'un monogramme carlovingien dégénéré, on lit : + ALA-RIX ; au revers, RIDONI CVI. A nos yeux, ce denier est la plus ancienne pièce vraiment ducale connue jusqu'à ce jour. Le mot rix n'est évidemment là, suivant l'habitude constante des monnayeurs du moyen-âge, que pour conserver l'apparence de l'ancienne légende GRATIA D-I REX. Bigot assignait à Alain III un autre denier, dont voici la description : + ALAMNVS. Croix. + REDONIS, étoile évidée à cinq pointes. Des numismatistes ont pensé à rejeter l'émission de cette pièce jusqu'au milieu du XII siècle, et ont proposé Alain le Noir ou Alain de Rohan: sans aller aussi loin, nous serions portés à croire que cette pièce peut être contemporaine d'Alain Fergent (1084 à 1112).

 

 

 

 

 

 

Monnaies émises sous Salomon de Bretagne (1) Alain le Grand (2), et Alain Barbetorte (3)

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 07:53

Monnaies et Prix.

 

Monnaies.

-Nous ne pouvons achever cette étude sans donner un aperçu de l'histoire monétaire de la province. Il ne faut pas s'attendre à trouver ici autre chose qu'un résumé très-rapide des travaux des numismatistes et de nos recherches personnelles. Chaque année fait connaître d'anciennes monnaies bretonnes dont l'existence n'était pas soupçonnée : elles forment déjà une collection importante, mais non pas assez complète pour qu'il soit possible d'en entreprendre dès à présent la monographie.

 

 

 

 

Stratères Armoricaines :

Coriosolite (1) Osime (2) Redone (3) Namnète (4) Vénète (5)
 

Armoricains .


 

-Bien que les monnaies armoricaines forment une suite parfaitement caractérisée dans la numismatique des Gaules, il est encore difficile d'assigner à chacune des nombreuses variétés de ces pièces une attribution bien certaine. Grâce aux notes qu'a bien voulu nous remettre M. de Saulcy, nous essayerons d'indiquer sommairement la classification de nos monnaies armoricaines : M. de Saulcy a mis courtoisement à notre disposition son expérience bien connue, ainsi que sa collection qui est sans contredit la plus riche suite gauloise qui ait jamais été formée. Les monnaies armoricaines, si faciles à reconnaître par leur fabrique et leurs types, ne comprennent pas seulement les pièces antiques forgées dans notre péninsule ; on les retrouve depuis la Morinie jusques et y compris la Saintonge. Nous ne nous occuperons ici que de celles qui se rattachent directement au cadre que nous avons adopté. Les plus anciennes monnaies armoricaines, celles qui peuvent remonter à deux siècles au plus avant l'ère chrétienne, sont en or, et appartiennent à la série des imitations des statères de Philippe de Macédoine. Elles ne portent pas de légendes : on sait que les doctrines druidiques interdisaient toute espèce d'épigraphie. A mesure que l'on se rapproche de la conquête de Jules César, l'or tend à s'altérer : d'abord il pâlit ; ensuite on voit paraître les statères d'argent, et enfin les statères de potin, qui ont presque l'apparence du bronze. Dans les derniers temps, particulièrement chez les Sautones, on aperçoit des lettres initiales : c'est un signe de la décadence des doctrines druidiques sur plusieurs points. La tête d'Apollon des monnaies macédoniennes, d'abord copiée assez correctement, s'altéra bientôt pour être transformée en symbole gaulois. Cette tête, coiffée d'une manière bizarre, surmontée souvent d'une lyre, d'un sanglier ou d'un hippocampe, et entourée de petites têtes qui se rattachent à la principale par des cordons perlés, finit par ne plus avoir de rapports avec le type primitif : c'est alors Belinus, appelé aussi Ogmius par Lucien. Les monnaies d'Armorique rappellent la description que ce satyrique donne de la principale divinité des Gaulois : de la bouche de cette statue sortaient des chaînes d'or attachant de nombreux auditeurs ; Lucien en fit le dieu de l'éloquence. Au revers de ces médailles, le bige macédonien devint un char conduit par un cheval ; plus tard ce cheval fut androcéphale et monté par un cavalier. On trouve dans la série armoricaine, outre les statères, des demi-statères et des quarts de statères.Les monnaies des Redones sont caractérisées par un cavalier tenant une épée et un bouclier : sous le cheval on voit divers symboles : une sorte de foudre, une lyre, un hippocampe, signe des nations maritimes, une roue, emblème parlant du nom même du peuple. Au sujet de l'hippocampe ou cheval marin, nous croyons devoir rappeler ici un petit bas-relief, conservé au musée de Dinan, et qui offre tous les caractères de l'art gaulois. Ce monument représente un triton conduisant par la bride un hippocampe : cet animal fantastique est représenté comme sur les monnaies armoricaines, et la tête du triton offre la plus grande analogie avec le profil que l'on voit sur les médailles des Curiosolites. Les Osismii semblent avoir eu deux types faciles à distinguer ; peut-être les monnaies des populations du littoral différaient-elles de celles de l'intérieur. Dans la première catégorie se place la tête de Belinus, surmontée d'un signe cruciforme : sous le cheval du revers un quadrupède, bœuf ou bison ; sur sa croupe, un oiseau. Nous pensons que la seconde classe se reconnaît au sanglier et au génie ailé qui se trouvent à la place du bison. Dans les monnaies gauloises, on peut constater l'influence mutuelle du voisinage de certains peuples : peut-être, comme en Grèce, y avait-il chez nos ancêtres des alliances monétaires. Ainsi, les Osismii étaient limitrophes des Curiosolites et des Venetes : le symbole de ceux-ci était le sanglier ; le génie ailé se trouvait chez les Venetes : il est donc naturel de penser que les monnaies portant la tête osismienne, avec le symbole cruciforme, et au revers le sanglier et le génie ailé sous le cheval, furent émises dans les régions qui confinaient aux pays de Vannes et de Tréguier. Les Venetes, peuple maritime, avaient l'hippocampe au-dessus de la tête de Belinus ; sous le cheval du revers , un génie ailé. Nous ferons remarquer que ce type était analogue à celui des Aulerci ; seulement, chez ceux-ci, la tête du dieu n'est surmontée d'aucun symbole. Les Aulerci Cenomanni avaient le génie ailé sous le cheval ; chez les Aulerci Diablintes, ce génie tenait deux objets qui sont peut-être des têtes humaines. Les monnaies des Nannetes représentaient également un personnage sous le cheval du revers ; mais il différait complètement de celui des Venetes et des Aulerci. Sur les statères de ces derniers, le personnage semblait voler sous le cheval, dans la direction du galop de ce quadrupède ; chez les Venetes, il était debout, à mi-corps, et tenait deux des jambes du cheval. Enfin les Curiosolites, qui nous intéressent plus particulièrement, avaient pour symboles spéciaux tantôt une lyre tantôt un sanglier sous le cheval attelé. A en juger par les dépôts considérables trouvés dans les communes de St-Gouéno, de St-Denoual et d'Hénanbihen, ainsi que dans les îles anglaises, les monnaies de cette peuplade se divisent en trois groupes principaux : 1° Profil humain, grossièrement dessiné, tourné à droite, les cheveux frisés et disposés de manière à former deux grosses boucles ; devant la figure, un fleuron et quelquefois un symbole ayant la forme d'un S. Cheval androcéphale ; de sa bouche sort un fleuron.Cet animal fantastique est guidé par un personnage placé dans un char, et tenant un fouet ; devant le cheval, une croix ; dessous, une lyre : le champ est entouré d'un grenetis et d'un cercle lobé.

2° Même tête que ci-dessus. Cheval libre ayant une tête qui, par sa forme, se rapproche de celle d'un oiseau ou du griffon. Ce cheval, sur lequel est un sanglier, semble guidé par un être fantastique dont on n'aperçoit que les rudiments, et duquel part un cordon perlé ; à ce cordon sont suspendus quatre globules disposés en croix et placés devant le cheval.

3° Même tête que ci-dessus. Cheval guidé par un personnage dont on n'aperçoit le plus souvent que le bras ; au-dessous un sanglier ; au dessus un symbole indéterminé duquel s'échappe un double ruban qui se termine par un fleuron devant le cheval, et quelquefois par un petit quadrilatère. Les archéologues croient y reconnaître un anathema. Nous ne dirons rien des monnaies romaines, très-communes en Bretagne. Ces pièces d'importation étrangère ne se rattachent pas étroitement à l'histoire monétaire de notre province. Il y a lieu de croire que les Armoricains, comme les autres Gaulois, imitèrent quelquefois les monnaies romaines ; mais ce n'était là qu'une fabrication clandestine. Notons seulement que les monnaies postérieures à Constantin sont beaucoup moins communes que celles du Haut Empire. Les pièces romaines les plus fréquentes, dans le pays curiosolite, sont de Postume, Gallien, Valérien, Salonine, Claude le Gothique, Marius et Philippe Ier ; elles correspondent à une époque où les légions romaines sillonnaient l'Armorique. On croit que chaque corps d'armée, outre sa caisse, avait des ateliers monétaires ambulants, auxquels on doit cette masse de petits bronzes qui circulaient encore, il y a peu d'années, parmi nos liards. La domination franque s'étendait, du vie au IXe siècle, sur une partie du Broërec, entre Vannes et la Vilaine, ainsi que sur les pays de Rennes et de Nantes : aussi a-t-on attribué, avec raison, des tiers de sou d'or mérovingiens à Vannes, Nantes, Rennes, Cambon, Rezé, Marcillé, Vindelles, Caro et Musillac. Un homme dont le monde savant déplore la fin prématurée, Ch. Lenormant, avait cru retrouver des monnaies de la Ligue armoricaine, fabriquée, pendant la période mérovingienne, par les chefs bretons. Il est reconnu aujourd'hui que le groupe de triens qu'il a publié n'appartenait pas à la Bretagne. D'ailleurs, les recherches de Ch. Lenormant reposaient sur un système historique que M. de La Borderie a péremptoirement détruit. Dans plusieurs cités de la IIIe Lyonnaise, les monnaies mérovingiennes représentent des personnages qui semblent se rattacher à des souvenirs locaux : on en remarque à Tours même au Mans et à Angers. Cette influence des monétaires francs de la province de Tours se révèle dans les marches bretonnes. Des triens de Rennes portent un personnage tantôt debout , tenant une palme, tantôt assis, tenant une croix, tantôt enfin à genoux, tenant un bâton : peut-être est-ce saint Melaine ou saint Amand. Sur les pièces de Cambon, on voit un personnage debout, bénissant ou tenant une croix, ou bien encore deux personnages tenant ensemble une croix et placés au-dessus d'un navire. N'y a-t-il pas là un souvenir évident des anciens missionnaires bretons venus d'outre-Manche? Nous parlerons plus tard du bas-relief de Beauport, représentant saint Rion, et saint Maudez, et qui semble rendre la même idée que le tiers de sou de Cambon. A Marcillé et à Nantes, il existe aussi des personnages sur les pièces mérovingiennes.


 

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Published by poudouvre
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