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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:07

 

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 15:35

Ar soudarded zo gwisket e ruz

O lin de lin da lan de lin da la la

Ar soudarded zo gwisket e ruz

Ar veleien zo gwisket e du

 

Gwellañ soudard a oe en arme

O lin de lin da lan de lin da la la

Gwellañ soudard a oe en arme

Oe ur zoudard Ar Fur e añv

 

Eñ a lare d'e gamaraded

O lin de lin da lan de lin da la la

Eñ a lare d'e gamaraded

"Ne gredan ket e varvin ervat.

 

Med pa varvin-me kreiz ar Brezel

O lin de lin da lan de lin da la la

Med pa varvin-me kreiz ar Brezel

Interit me e douar santel.

 

Pa varvin-me e ti ma zad

O lin de lin da lan de lin da la la

Pa varvin-me e ti ma zad

Interit me e vourk Brizak

 

E vourk Brizak kreiz ar vered

O lin de lin da lan de lin da la la

E vourk Brizak kreiz ar vered

Ur sapr-groaz du-hont 'm-eus plantet.

 

Ur wezenn-groaz am-eus plantet

O lin de lin da lan de lin da la la

Ur wezenn-groaz am-eus plantet

Jamez delienn he-deus manket."

 

Med ar bloaz-man eñ zo kouezhet,

O lin de lin da lan de lin da la la

Med ar bloaz-man eñ zo kouezhet,

Soudard Ar Fur a zo marvet

 

Komans e rae 'n douar da gleuzañ

O lin de lin da lan de lin da la la

Komans e rae 'n douar da gleuzañ

Gant ar Vretoned o ouelañ

 

Ar soudarded zo gwisket e ruz

O lin de lin da lan de lin da la la

Ar soudarded zo gwisket e ruz

Ar veleien zo gwisket e du.

 

Ar soudarded zo gwisket e ruz

O lin de lin da lan de lin da la la

Ar soudarded zo gwisket e ruz

Ar veleien zo gwisket e du.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 08:50

1490, 15 juillet. -Anne etc. a touz eté. salut, Comme, aucuns différons se soient paravant ces heures trouvez en cestuy nostre pays et duché, qui oient esté cause de très grans maulx et inconvenians sur le pouvre peuple, préjudice et dommaige de toute la chose publique de nostre dit pays, et en besongnant sur le fait de l'unyon desdiz différens pour icelle unyon faire et accomplir, ait esté, entre autres points principaulx, parlé et de fait ayons voullu et consenty le mariage estre fait de nostre très chère et très amée seur germaine Isabeau de Bretaigne avec nostre bien amé Gabriel, seigneur de Avesnes, filz de nostre très cher et très amé cousin le sire d'Albret, moyennant le consentement de très haulx, très excellans et très puissans nos très honnourez seigneurs et frères les roys des Romains, d'Espaigne et d'Angleterre et de deux d'eulx ; et promeimes en bailler nostre scellé ; Savoir; faisons que nous, congnoessans et voyans que l'unyon desdiz différens est ung souverain bien et avantaige pour la seurté ci deffense de nous, nosdiz pays et subgectz, et que,en deffault d'icelle et par la rigueur et continuation d'iceulx differens, estoient en voye de perdition et de destruction; en considération mesmes des bons, grans, honnourables, utilles et agréables plesirs, bontez et services que par cy davant a faiz nostredit cousin feu mou très redoublé seigneur et père le duc, que Dieu absolle, et dempuis son décès qu'il y a continué envers nous, pour le seurté et aide de nostre personne et deffense de nostredit pays et duché, dont lui suymes très-grandement attenue et obligée; mesmes que suymes bien advertie du grant et bon voulloir et affection -qu'il a de y persister et s'employer, et espoirons que ainsi le face -voullans par ce tenir la promesse par nous faicte à noz très chefs et très amé cousin et cousine la dame de. Laval et le sire de Rieux -avons aujourd'huy voullu, consenti et octroié, voullons, consentons et octroions par ces présentes à nostredit cousin, pour et ou nom de sondit filz, le mariage de nostredicte seur, estre fait avecques ledit Gabriel son filz, moiennant les consentemens ;desdiz roys des Romains, d'Espaigne et d'Angleterre, ou de deux d'eulx, devers lesqueux envoirons officieusement et sans fraude ne dissimulacion entre cy et… (date laissée en blanc) prochain Venant, gens à nous féables pour en avoir leursdiz consentemens par lectres vallables et suffisantes, esquelles sera fait mention de cest notre présent octroy et scellé, dont nous leur envoyrons le double, Et iceulx consentemens baillez comme dit est, voullons, consentons et avons très agréable, dès à présent comme dès lors et dès lors comme présent, que ledit mariage soit tout incontinant fait et acomply, sans autre longueur ne disimulacion y faire en manière quelconque. Et ainsi le promettons faire et entretenir en parolle en promesse de prince, et par la foy et sarment de nostre corps, et sur nostre honneur, sans jamays aller, faire ne pourchasser aucune chose au contraire; Et pour tesmoign de verité de ce, nous en avons baillé ces présentes signées de nostre main et fait sceller de nostre grant scel, Donné en nostre ville de Rennes, le 13e jour de juillet, l'an 1490. Ainsi signé Anne. Par la Duchesse, de son commandement. Scellé à Rennes, le 13 juillet 1490.

 

 

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 09:25

 

Pleslin

 

 

Saint-Jouan-de-L'Isle

 

 

Pleboulle

 

 

Eréac

 

 

Trémorel

 

 

Vildé-Guingalan

 

 

Plumaugat

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 09:16

Un homme de Calorguen, nommé Jean Lhermitte, a raconté bien des fois, qu'un soir revenant de Rennes le long du canal, arrivé sous l'Angevinais, un peu en deçà de Donha, il entendit dans le bois quelque chose qui remuait, et il vit tout à coup une énorme bête blanche qui voulut se jeter sur lui. Il n'avait jamais eu peur de sa vie, et il crut, comme on y voyait pas très bien, que c'était un des chiens de la ferme de Boutron, où il y en avait de très gros. Il se défendit en la frappant avec un gros bâton. A la fin, la bête le lâcha et se jeta dans la rivière, qu'elle traversa. Alors il monta à Boutron et frappa à la porte de la maison ; on lui ouvrit, et il put s'assurer que tous les chiens étaient là. Il fut pris d'une si grande frayeur qu'il n'osa retourner seul chez lui, et on fut obligé d'aller le reconduire.(extrait de traditions et superstitions de la Haute-Bretagne par Paul Sébillot).

 

 

Manoir de Boutron à Calorguen

(d'après éditions Le Flohic)

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 14:56

 

 

Le manoir et la maison noble de la Vieille-Vigne (Vieille-Ville) appartenant au Sr Duzel (Uzel) qui la donna à sa sœur femme du Sr de Couesquen.

 

Les maisons nobles de la Moussaye à Jacques Gouyon, Sr de la Moussaye, comme aussi les maisons de Pastomer, le Cran, St-Meleuc, les Grassus, Persil, les Noes, Herezars, la Cour de Plouer, les maisons et mestairies nobles de Caesdan, de la Bouxière, de Loran, de la Villeneufve

 

Quengor, le bas Caesdan, a noble Jacques le Meneu, Sr de Beauregard

 

 

Caesden

 

Les maisons du grand et petit Breil au Sr du Besso (Beaumanoir).

 

La maison de la Ville-Josse à Françoise Le Moenne demoiselle dame de la Ryaie

 

 

La Ville-Josse

 

Les maisons nobles de la Porte, de la Villeneuffve, et de la Grandaye à Olivier Pregen (Prigent) noble.

 

 

Armoirie Prigent

 

Les maisons nobles de la Tousche, des hors douelz, de la Ville Pierre, de la Fontenelle à noble Jean Sauvaget, Sr du Clos.

 

La maison noble des Clos à noble Christofle Sauvaget

 

La maison et manoir noble de St-Ygneu, de Trela à noble antoine Le Cours.

 

La maison de Penqueven à demoiselle Jeanne Sauvaget

 

 

Perqueven

 

La maison noble de la Ville-Pierre au nommé du Parc.

 

La mestrie du Kilout à noble Jean Badouart.

 

La maison noble de St Myrel à noble Jean Vollence.

 

La maison de la Grant Melle (Grand-Mère) à noble Pierre Rebours.

 

 

 

Grand-Mère

 

La maison noble de la Porte Robert à demoiselle Jeanne Robert mère de Pierre Rebours.

 

La maison noble de la Villedouart à l'abbaye de Bocquyen.

 

La maison noble de la Barbotaye au nommé Berruyer Sr de Couetbicor noble.

 

 

Armoiries Sauvaget

 

La mestairie de Pont taillefer à noble Thomas de la Fontaine Sr de Bréhigné

 

La maison noble des Posteaux, à Jean Rouillon, l'on ne sait s'il est noble.

 

La maison noble de la Chapelle à noble Olivier Agan.

 

 

Chapelle Agan

 

La maison de la Tousche à noble Rolland Labbé, de même que la mestairie des Landes.

 

La maison des Noe à Jean Grignon, homme de pratique, l'on ne sait s'il est noble.

 

 

Noë Grignon

 

La maison noble de Couescar au Sr de Lymoyllan.

 

La maison noble de Langouhèdre à noble Claude du Margaro, S(iieur) dud(it) lieu.

 

La maison noble de la Hauterie au Sr de la Gueurme noble.

 

La maison noble du Temple à noble Jean de Quehougant.

 

 

Le Temple

 

La maison noble de la Forest à noble Jean le Quarangeré (Le Garangier) de même que les mestairies du haut et de Lorien (Lorrain)

 

 

Armoiries Le Garangier

 

La maison noble de Lentin, au nommé Grassart, noble

 

La maison noble de la Ville au Provost à noble Robert Gauetron (Gauteron),Sr du Plesseix.

 

 

Armoiries Gauteron

 

La maison noble de Belleveüe à noble Jean Sauvaget.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:17

 

 

 

 

 

Armoiries Volance,  Le Berruyer, Chérot, de la Plesse, Urvoit

 

L'histoire de la seigneurie de Saint-Mirel est lié à une famille noble  originaire de l'évêché de Saint Brieuc où elle vivait dès le XIIIe siècle : la famille Volance ; un certain Olivier Volance est cité en 1298 dans un partage de Geoffroi de Bréhan est regardé comme l'ancêtre des Maisons du Tertre-Volance (voir Actes divers touchant la paroisse de Plénée, page n° 17) et de Saint-Mirel ; cette famille Volance possédait entre autres la Coste en Maroué, le Tertre-Volance et Saint-Mirel en Plénée, et elle disposait pour armes « d'argent à sept molettes de sable disposées 3, 3 et 1 ».  On cite également Rolland Volance, qui est donné défaillant lors de la Revue des troupes de l'évêché de Saint-Brieuc en 1480. Aux aveux rendus à la juridiction royale de Jugon de 1494 1526 comparaît Jehan Volance, pour la terre noble de Saint-Mirel, en la paroisse de Plénée-Jugon. Ledit Jehan Volance, était fils de Margilie Sauvaget et de Jehan Volance. On trouve Amaury Volance écuyer, seigneur de Saint Mirel, qui épousa en 1546 Hélène de Saint Meloir, fille aînée de Jean de Saint Meloir, écuyer seigneur de la Colombière ; en 1556, un certain Maître Jean Volance, attaché à une étude notariale. L'héritière de l'endroit, Marguerite Volance de Plénée, qui disposait également de la terre du Tertre Volance et de la Barbottais en Plénée, épousa vers 1569, Jean Le Berruyer fils de Robin, seigneur de Coëbicor à Eréac. En 1691, la terre du Tertre Volance et de Saint-Mirel étaient entre les mains d’un certain Jean Le Berruyer (voir Quelques notes sur Coëbicor en Eréac, et sur ses possesseurs, page ° 1..). Marié avec Ursulle Le Bel de Penguily, il demeurait avec sa compagne sa maison de Saint-Mirel, tandis que la terre du Tertre-Volance était entre les mains de la famille de Trémaudan (voir La famille de Trémaudan). La famille Cherot posséda également l'endroit  au XVIIe siècle, Jacques Cherot sieur de Saint-Mirel épousa Claude Brousté, et leur fille Olive devint l'épouse en 1696 du sieur Jean Urvoit. Au cours du XVIIIe siècle, il est mention de la famille de la Plesse dont les armoiries étaient « d'azur à deux épées d'argent posées en sautoir ». François de la Plesse, naquit à Plénée le 10 avril 1716 de l’union de Maistre François de la Plesse, avocat à la Cour de Rennes et Demoiselle Jeanne Urvoit, Sieur et dame de Saint-Mirel. François-Marc de la Plesse était lui-même sénéchal de la Moussaye (voir L'épidémie de Plénée, page n° 3) et avocat au Parlement de Bretagne (voir Le Parlement de Bretagne en images), il était marié à Renée Lemoine dont il eut treize enfants, parmi eux citons : Marie-Anne de la Plesse née en 1747 à Plénée ; Vincent de la Plesse né en 1748 à Plénée ; Jean-Baptiste de la Plesse né en 1749 à Plénée, mort à Plénée en 1750; Renée-Claude de la Plesse née en 1750 à Plénée, morte à 6 semaines à Miliac en Sévignac ; Marie-Françoise de la Plesse né en 1752 à Plénée; Pierre-Julien de la Plesse né en 1753 à Plénée ; François-René de la Plesse né en 1754 à Plénée; Guillaume-Rolland de la Plesse né en 1756 à Plénée, mort au bourg de Sévignac en 1756; Renée-Guillemette de la Plesse née en 1757 à Plénée, morte en 1759 à Plénée ; Marie Ange de la Plesse née en 1758 à Plénée, mort à Quihériac en 1758; Françoise-Jullienne de la Plesse née en 1760 à Plénée; Claude François de la Plesse né en 1762 à Plénée ; Louis Amateur Plesse né en 1763 à Plénée. La famille Urvoy de Saint Mirel se retrouva en possession de cette terre ayant hérité de la famille de la Plesse. La famille Urvoy fut anoblie sous la Restauration, et portait pour armoiries : « d'azur à 3 molettes d'or ». Adrien-Marie-Joseph Urvoy de Saint-Mirel naquit à Dinan le 6 mars 1797, c'est lui qui fut anobli le 30 mars 1816 ; Marié avec Clémentine de Serizay de Grillemont, il s'éteignit à Dinan le 5 mai 1832.

 

 

 

L'endroit situé aux confins de Plénée et à quelques lieues du Gouray avait manifestement suscité convoitise au cours du Néolithique, si l'on en juge par la présence de deux menhirs (voir Le passé de Plénée Jugon, partie antique -I & II), et les traces d'un cromlech aux abords de la chapelle de Saint-Mirel. La seigneurie de Saint-Mirel ne disposait que du droit de basse-justice. Quant au manoir du lieu, il fut édifié au cours du XVIe siècle par la famille Volance. Le siège de cette seigneurie se présentait sous la forme d'un manoir à cour close, un double porche y donnant accès. Un colombier en torchis, au toit conique, occupait l'un des angles de la cour, et une tour aménagée en petit appareillage, hébergeait un escalier. Cette tour à présent en ruines jouxtait le grand porche. D'impressionnants murs d'enceinte sont encore visibles sur les arrières. Une première chapelle avait été fondée l'an 1668 par l'abbé Chérot, alors recteur de la paroisse alors désignée « Plenest ». L'édifice religieux fut fermé pendant la Révolution et ouvert de nouveau au culte le 25 vendémiaire an XIV. La chapelle de Saint-Mirel fut reconstruite par la famille Urvoy de Saint-Mirel, alors propriétaire des lieux. Bénite le 22 juillet 1899, l'édifice se présente sous la forme d'un plan rectangulaire avec chevet à pans coupés et renfermait une statue moderne de Sainte-Anne

Cette chapelle est cependant très abîmée, comme l'ensemble voisin, et a fait l'objet récemment d'une mise en vente. Le bénitier avait été arraché par une barre à mines. La chapelle de Saint-Mirel, légèrement en retrait du reste du domaine, se dresse à flan de coteau, près d'affleurements rocheux et d'un bosquet

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 13:25

 

 

III. La lutte de l'enclos et du champs ouvert


 

Comment un mode de tenure si répandu autrefois et dont les vestiges sont si fréquents encore aujourd'hui a t-il pu passer inaperçu, au point que, depuis le XVIIIe siècle, les auteurs n'en font que de rares mentions et qu'il a presque échappé à Marc Bloch lui-même ? Il est certain que le régime des champs ouverts avec ses contraintes (ou ce qui revient à peu près au même, ses ententes inévitables) recula depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Un document de valeur inestimable, le plan cadastral du duché de Penthièvre, nous fait toucher du doigt ce recul. Côte à côte y figurent des champagnes intactes, ensembles clos à champs lanières appartenant à des propriétaires différents, des champagnes en voie de dissociation, avec quelques parcelles closes au milieu de groupes ouverts, des champagnes mortes où toutes les parcelles sont encloses, voire même dans un ou deux cas regroupées. Un regret : pour deux communes, où le champ ouvert règne aujourd'hui à peu près exclusivement, Binic et Yffiniac, nous ne possédons pas le cadastre du XVIIIe siècle et nous ne pouvons donc suivre la filiation, entre l'ancien et l'actuel paysage. Peut-être un dépouillement systématique des archives notariales permettrait-il de suppléer à cette lacune. Au cours du XIXe siècle les champagnes se disloquent un peu partout. Nous ne croyons pas que, depuis 1918, ait survécu aujourd'hui aucune pratique culturale collective. Mais le plus remarquable dans cette évolution, c'est le silence et le mystère dont elle s'est entourée. En 1635, les commentaires de la Très Ancienne Coutume de Bretagne par Belorgau, en 1694 ceux de La Bigotière font une certaine part aux « gaigneries » et expliquent en quoi elles consistent. Au XVIIIe siècle les commentateurs de la Nouvelle Coutume, même Poulain-Duparc, ne semblent même plus savoir de quoi il s'agit, ne parlent des gaigneries que tout à fait incidemment et comme s'il s'agissait d'une quelconque terre à blé, et donnent du mot défensable la simpliste explication : « Ce mot doit être pris ici dans le sens de prohibé. » Les recueils d'usages locaux du XIXe siècle ne parlent qu'incidemment de la vaine pâture qui est liée aux champs ouverts, et pas du tout du mode général de tenure : entre le XVIIe et le XIXe siècle, un voile pudique s'est abattu sur la « champagne » ! Lorsque le Roi, en 1768, fait faire, par l'intendant, une vaste enquête sur les clôtures, -enquête qui s'insère dans le cadre général de la lutte pour l'individualisme agraire et dont le but certain est d'encourager à la disparition des pratiques collectives -plusieurs subdélégués dans leur réponse l'ignorent -ou feignent d'ignorer -l'existence de champagnes sur leur circonscription : ceux de Hédé, de Hennebont, de Pontrieux, de Tréguier, de Ploermel, de Pontivy, par exemple. Ou bien ils répondent à côté, -rappelant, par exemple, que chacun a le droit de clore, mais négligeant de dire que l'on ne profite pas toujours de ce droit. Ou encore ils déclarent bien haut : « Nous ne savons même pas ce qu'est le parcours », tel celui de Rhuis, un des pays où l'openfield a été le plus vivace. Comptons ceux qui se décident à avouer l'existence des champagnes : Ancenis, Dinan, Josselin, LambaUe, Malestroit, Morlaix, Pontchâteau, Pontcroix, Redon. Soit 9 en tout sur З9, alors que, pour presque tous les autres, nous savons, par d'autres sources, l'existence de tels champs ! Le ton d'ailleurs sur lequel ils en parlent témoigne d'une sorte de pudeur, d'embarras même. Comme le dit l'auteur anonyme d'un mémoire de 17692 qui décrit de façon très précise l'assolement biennal obligatoire, il s'agit là ď a usages, droits qui tiennent encore de la barbarie du gouvernement féodal ». Les subdélégués qui ont déjà la mentalité du fonctionnaire de l'époque contemporaine ont-ils peur d'être accusés de négligence en signalant que leur circonscription comporte encore tant d'institutions « barbares » ? Celui de Lamballe déclare : « Peu de plaines ou champagnes. » Peu? Ouvrons le cadastre de Penthièvre. Paroisse d'Hillion : 26 champagnes intactes, 3 ou 4 en partie dégradées, mais aussi plusieurs groupes de champs ayant exactement la même forme, répondant à un nom commun, mais non désignés sous le terme de champagnes. Paroisse de Pléneuf : 2З champagnes au moins. Paroisse de Maroué : 18 champagnes vivantes, et la trace de 4 ou 5 autres dégradées ou remembrées. Inutile d'insister : certaines feuilles du cadastre sont entièrement composées de champagnes, ou presque. Notre subdélégué de Lamballe est un plaisantin ou un aveugle. Celui de Dinan et celui de Pontcroix essaient de minimiser la chose. A Pontcroix les pratiques collectives sont agréablement appelées « la bonne intelligence des habitants ». Les gens de Dinan « jouissent paisiblement de leurs droits et laissent volontiers passer leurs bestiaux sur leurs terrains sans contestations ». Et au surplus, nous dit le subdélégué de Morlaix, si cela existe, c'est qu'on ne peut pas faire autrement à cause de « l'entremêlage des parcelles ». Mais est-il sincère, celui d'Antrain, qui n'a rien compris à l'enquête royale et croit qu'il est question de supprimer les clôtures et plaide pour leur maintien ? En face de cette défaveur qui s'abat sur le champ ouvert, l'enclos a droit à tous les éloges. Belle-Isle n'est bien cultivée' que depuis la généralisation des clôtures. Le défrichement n'est possible qu'après clôture ; les terres ouvertes de Pontchâteau, soumises à l'assolement biennal (un an de jachère sur deux) sont forcément négligées par .leur propriétaire. Il faut que la propriété de chacun soit bien fondée par des clôtures ou des intersignes équivalents, parce que l'esprit de propriété est seul capable de porter la culture à sa perfection ! La clôture élevée à la dignité d'un intersigne : on sait ce que ce mot implique de valeur mystique pour un Breton Il n'est pas que les beaux esprits. Le -paysan lui-même, propriétaire ou fermier, ne manifeste guère de sympathie pour l'openfield. Source de conflits : les bornes qui se déplacent la nuit, la courbure du champ voisin qui s'accentue au détriment du vôtre. Source, surtout, de contraintes : l'on n'est pas chez soi ! L'accès est réglementé, parfois même surveillé. Aujourd'hui encore, un fait caractéristique : alors qu'il y a à peine trente ans que l'assolement obligatoire a fini de disparaître, il est à peu près impossible, en 1948, de recueillir un témoignage direct de cultivateurs à son sujet. Manifestement, ils ne veulent pas que l'on puisse rappeler un temps où ils n'étaient pas maîtres sur leurs terres... Seuls consentent à en parler, encore, des gens en quelque sorte extérieurs à la culture : employés de mairie, gardes-champêtres… On peut dès lors se demander pourquoi, devant cette hostilité générale, les champagnes se sont par endroits maintenues. En remarquant qu'elles sont denses surtout au bord de la mer, plus rares en Bretagne intérieure, on a invoqué le surpeuplement des régions littorales : la champagne a l'avantage de ne pas laisser un pouce de terrain inoccupé, de supprimer le talus au médiocre rendement financier, et la désastreuse ombre portée de la haie. Malheureusement, cette théorie séduisante n'est pas conforme aux faits. D'une part, le XVIIIe siècle fut une période de faible peuplement en Bretagne, -et peut-être de dépeuplement rural : la peur de la milice précipitait alors les ruraux vers les villes. Le mouvement de recul des champagnes est donc antérieur au début de l'essor démographique du pays qui date du XIXe siècle. L'achèvement de leur, dislocation est bien postérieur à l'exode rural de la fin du XIXe : sauf exceptions locales qu'auraient à préciser des études plus poussées, on ne peut donc lier le maintien de la champagne au surpeuplement. D'autre part, la seule région de l'intérieur où elle reste développée, c'est le bassin de la Vilaine inférieure, qui ne compte qu'une faible densité de population, et où son augmentation, au XIXe siècle, a été satisfaite par le partage de landes immenses, par une véritable colonisation intérieure avec création de fermes nouvelles. Mais peut-être l'énigmatique dénomination de domaine peut-elle dans cette contrée nous mettre sur la voie d'une explication. Au moins en ce qui concerne la rive droite de la Vilaine, nous sommes là dans le ressort d'un ancien mode de tenure, le domaine congéable, qui, n'ayant pas été assimilé à une servitude féodale, a, malgré une première amorce de suppression en 1791, survécu à la Révolution et ne s'est éteint que lentement. Dans ce type de bail, la terre appartient au propriétaire, mais les superficies, y compris les talus, au tenancier : il n-a donc pas le droit d'en édifier sans le consentement du propriétaire, qui ne le donne presque jamais, car, au départ du fermier, il faudrait lui en rembourser la valeur. Simple question : les domaines au sens actuel du mot ne seraient-ils pas établis sur d'anciens domaines congéables. Même moribonde, même disparue, la champagne continue à expliquer toute une partie de la vie et du paysage rural. Longtemps se maintient le hameau groupé en ligne, ancien coeur habité de l'openfield embryonnaire. Les maisons se vident une à une, permettant aux survivants de s'agrandir. L'usage du sillon comme unité de mesure très vivace en certaines communes, souvent inconnu dans la commune voisine, témoigne, lui aussi, d'une existence prolongée de la champagne. Et surtout le cadastre : ces champs qui restent étroitement lanières, bien qu'aujourd'hui enclos, ces parcelles bizarrement courbes, même en terrain plat, dont la concavité ne peut s'expliquer si l'on n'invoque un temps où l'araire déviant sur un champ ouvert, mordait petit à petit sur le voisin… Sous la verdure de ses chemins creux, derrière le fouillis de ses uniformes enclos individualistes, tout parle encore d'un long passé plus complexe où l'openfield tenait une place importante ; mais il attend encore l'historien qui en. déchiffrera et en datera les énigmes. André Meynier, professeur à la Faculté des Lettres, Rennes

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 19:09

 

 

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