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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 20:59

 

 

Le diocèse de Cornouaille, disparu en 1790, était, avec ceux de Nantes et de Vannes, un des plus étendus de la Bretagne. Il offrait une configuration bizarre, dont personne jusqu'à présent n'a réussi à rendre raison, faisant vers l'intérieur du pays une saillie prononcée, au nord de Pontivy, jusqu'aux abords de Loudéac. Il s'appelait en latin diocesis corisopitensis, ce qui ne signifiait pas du tout « de Quimper », mais ne signifiait pas non plus « de Cornouaille ». Il présentait encore d'autres particularités dignes de remarque. Ne pourrions-nous pas, considérant d'une même vue ces particularités diverses, les expliquer dans une certaine mesure? C'est ce qu'il vaut la peine de tenter. Peut-être la question si controversée de l'origine du diocèse s'en trouvera-t-elle éclaircie. Il a été démontré que le mot Corisopitum, employé de nos jours pour désigner Quimper en latin, n'est qu'une innovation de basse époque. Au moyen âge, des clercs en veine de pédan-tisme, quand ils ne voulaient pas se borner à transporter tout simplement le mot breton Kemper dans leur latin, le traduisaient; ils mettaient Confluentia (le Confluent). Le radical Corisopit est fourni par l'adjectif Corisopitensis, qui apparait au IXe siècle à propos de l'évêque Félix et qui se rapporte à un territoire, non à une ville. Ainsi, plus tard, on se servit en français, pour l'évêque et l'évêché, de l'expression « de Cornouaille » préférablement à « de Quimper ». Tel est le fait dont il faut partir. Un autre fait important ne semble pas avoir retenu l'attention des érudits. C'est que Corentin, tenu pour le premier évêque de la région, n'appartenait pas à la première génération des saints bretons; il n'était pas un immigré. La tradition, toujours portée cependant à vieillir ses héros, le fait naitre en Bretagne-Armorique. Il n'a pas été formé dans une des grandes écoles monastiques du pays de Galles, comme Paul-Aurélien, Tugdual, Brieuc, Malo et Samson. S'il a peut-être mené un instant la vie d'un moine avant de parvenir à l'épiscopat, du moins personne ne fait de lui un abbé-évêque. Par là il se distingue radicalement des grands saints de la Domnonée. Sans être moins breton qu'eux, il a dans ses allures quelque chose de moins celtique, de plus régulièrement romain. Là-dessus deux réflexions viennent à l'esprit : Si le diocèse de Cornouaille portait un nom latin sans rapport avec le nom de la ville chef-lieu et ¦ autant qu'on en peut juger - avec la toponymie bretonne, ne serait-ce pas parce qu'il était la continuation d'une organisation antérieure aux émigrations, c'est-à-dire d'un diocèse gallo-romain, désigné par un nom d'origine gauloise, et dont le chef-lieu ne se trouvait pas là où fut dans la suite celui du diocèse breton?Si Corentin ne ressemble pas aux évêques de la Domnonée, ne serait-ce pas parce qu'il exerçait son autorité dans un pays le sien où, immédiatement avant lui, il y avait eu des évêques, où, en conséquence, les usages romains se trouvaient déjà fixés? Il n'aurait fait ainsi qne s'asseoir sur une chaire établie par d'autres, qu'il avait connus, dont il ne reniait pas l'héritage. La forme Corisopitum exactement Coriosopitum – se trouve, en tant que génitif pluriel, dans l'expression civitas Coriosopitum, figurant sur les plus anciens manuscrits, dont un du VIe siècle, de la Notice des provinces et cités de la Gaule. On n'a pas le droit d'écarter cette leçon sous le prétexte qu'elle usurpe la place de Coriosolitum et que la cité des Coriosolites subsistait lors de l'établissement de la Notice. Qui nous dit en effet que des scribes n'ont pas pu commettre une bévue, soit qu'ils aient confondu en une seule deux cités portant deux noms faciles à confondre, soit qu'ils aient substitué par erreur au nom de la civitas Coriosolitum celui d'un simple pagus Coriosopitum de la cité des Osismes ? Les scribes, voire les rédacteurs, de la Notice des Dignités, contemporaine de celle des provinces, en ont fait bien d'autres. Et il faut encore considérer ceci. Au XVe siècle une coutume certainement très ancienne voulait que, lorsqu'un nouveau prélat allait prendre possession du siège de saint Corentin, il passâtune nuit au monastère de Locmaria. C'est de là qu'il partait le lendemain matin pour faire son entrée solennelle dans sa ville épiscopale, sise au confluent de l'Odet et du Stéïr, la ville bretonne, Kemper-Corentin. Or Locmaria, où il a été découvert des restes romains, et qu'une charte du XIe siècle appelle civitas Aquilonia, devait être, s'il existait des évêques dans le pays avant les Bretons, le lieu de leur résidence. Il y a apparence que la vieille coutume exprimait une réalité historique, que les évêques gallo-romains avaient eu quelque temps leur chaire à Aquilonia- Locmaria, que leurs successeurs bretons s'installèrent en amont, à Quimper, et que le transfert fut l'uvre de Corentin. Peu à peu, on le voit, une explication générale se précise, hypothétique à beaucoup d'égards, cohérente néanmoins. Elle peut s'énoncer comme suit : La cité des Osismes (ou Osismiens), correspondant grosso modo à un Finistère agrandi, s'étendait sur une vaste surface. Comme celles des Namnètes, des Redons, des Vénètes et des Coriosolites, elle avait au début du Ve siècle un évêque. Ce dernier, qui avait probablement résidé d'abord dans l'antique Vorgium (notre Carhaix), était déjà passé à Aquilonia, dans le pays des Coriosopites, quand les Bretons se présentèrent. Dans le nord, sur le littoral de la Manche, l'autorité des abbés-évêques Paul-Aurélien et Tugdual réduisit à rien le champ d'action du pouvoir ecclésiastique gallo-romain. De ce côté les Bretons organisèrent les choses entièrement à leur guise. Dans le sud-ouest, au contraire, les pouvoirs antérieurs subsistèrent tels quels jusqu'à l'accession de Corentin. Même après lui l'évêché garda son caractère. Les diocèses de Léon et de Tréguier, installés dans la partie nord des anciens Osismes, ne se constituèrent définitivement, avec des limites précises, qu'au IXe siècle, au temps de Nominoé. A la même époque se constitua aussi celui de Saint-Brieuc, sur un territoire qui avait appartenu à la cité des Corio-solites; mais il ne s'étendit pas jusqu'aux limites que cette cité avait eues vers le sud. Brieuc et ses successeurs jusqu'à 848 n'ayant pas, semble-t-il, été des évêques, la région très peu peuplée qui, en plein Argoat, aurait dû relever d'eux, avait été de fait abandonnée à l'apostolat de saint Corentin. D'autre part, lorsque les Bretons du Bro-Weroch, qui durent à l'origine relever de l'évêché des Coriosopites, avaient pu enfin installer un prélat breton à Vannes, ils avaient laissé hors de son diocèse la région d'entre Pontivy et Loudéac parce qu'il ne s'y trouvait aucun des leurs ; les évêques de Cornouaille la conservèrent sous leur juridiction.

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 20:43

 

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 19:24

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 09:31

D'après publication de la Société d'Emulation 22

 

Haches à douilles

 

Fig. 2. – Hache trouvée à Erquy (Côtes-du-Nord)

 

 

 

Fig.4 – Hache trouvée La Moussaye, en Pénée-Jugon (Côtes-du-Nord). Collection Duroguet fils Lamballe

 

Collection Fornier Rennes

Fig, 7. – Hache provenant de Plénée-Jugon (Cotes-du-Nord). Collection Duroguet fils Lamballe

 

 

 

 

Bracelets trouvés en 1880 dans la commune de Matignon.

 

 

On ne suit pas au juste l'endroit ni dans quelles circonstances ils ont été découverts. Le plus souvent, les cultivateurs qui rencontrent de pareilles pièces dissimulent leur provenance, de peur Je se voir réclamer par le propriétaire la moitié du trésor. Les numéros 3 et 7 ont été vendus à Saint-Brieuc; les numéros 2, 4, 5 et 6 ont été apportés à Rennes par un bijoutier ambulant qui les a vendus à un horloger de cette ville.

 

 

Le n°2 pèse 69 g 60; sa densité = 15, 640 collection Sachez de Launay Rennes

 

Le n°3 pèse 101 g 35; sa densité = 15, 713 collection Sachez de Launay Rennes

 

Le n°4 pèse 136 g 57; sa densité = 15,752. Musée de St-Germain

 

Le n° 5 pèse 109 g 80; sa densité = 16,029.

 

Le n° 6 pèse 197 g 18; sa densité = 15,006. Collection Fornier Rennes

 

Le n° 7 pèse 70 g 40; sa densité = 16,184. Musée de St-Germain

 

 

Fig. 8 et 9 Bracelets trouvés en 1869 dans un tumulus, commune de Créhen

 

 

 

Ils ont été vendus à un horloger de Dinan par un cultivateur qui n'a pas voulu faire connaître le lieu exact de Ia trouvaille. Dans la commune de Crélien existent encore plusieurs tumuli et dolmens, et on y découvre assez fréquemment des haches en pierre polie.

 

Le n ° 8 pèse 55 g 75 ; sa densité = 16,893

 

Le n° 9 pèse 63 g 24; sa densité = 15,751. Collection Fornier   Rennes

 

 

ces bracelets sont en or natif, c'est-à-dire qu'une certaine quantité d'argent est unie à l'or. Ils sont tous sans ornementation, à l'exception du bracelet (Fig. 4), qui présente à ses deux extrémités des dents de loup, au nombre de six, séparées du bord extérieur par deux lignes parallèles. Les dents de loup et les lignes sont faites de simples traits

 

Une épée, en tout point semblable à celle de Saint-Brandan et très complète, a été trouvée en 1843 à Maroué, près Lamballe (Côtes-du-Nord), et fait partie de la collection de M. Chapelais-Villeguérin Conservateur des hypothèques à Bayeux. Le tube, la garde, les rivets, les trous de rivets dans le tube, la poignée, la lamu, la taille, tout est identique, à tel point que le dessin de l'une peut passer pour le dessin de l'autre. Cette superbe épée figurée ici, a été trouvée dans la commune de Saint-Brandan, distante d'environ 8 à 9 lieues de la commune de Maroué.

 

 

 

 

Fig. 2. – Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est droite, sur le plat de la lame existe une nervure médiane, qui, en s'arroudissant à droite et à gauche du talon, va rejoindre les rebords droits de chaque côté. Trouvée en 1864 à Caiorguen, arrondissement de Dinan, Le dépôt de Calorguen contenait 360 haches à talon, avec on sans anneau latéral, entassées perpendiculairement

 

 

Trouvée à Calorguen quelques exemplaires ont un anneau; latéral. C'est le type qui se rencontre le plus ordinairement. Fig. 4– Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est légèrement curviligne. Sur le plat de la lame trois nervures parallèles; les nervures des rebords sont assez fprtement accentuées. Trouvée aux environs de Dinan

 

 

Fig 5) – hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est droite. Sur le plat de la lame une nervure médiane. Près le talon deux autres petites nervures, partant du même point de la nervure médiane, rejoignent la nervure du talon en forme de triangle

 

Trouvée à Calorguen. Dans un autre exemplaire trouve au même lieu, la nervure du talon est curviligne, et la hache a un anneau latéral. Fig. 6- Hache à rebords droits et à talon, avec anneau latéral. La nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame une nervure médiane partant à peu près du centre de la lame, et ayant à droite et à gauche quatre autres nervures se reliant deux à deux à la nervure médiane et aboutissant au talon. Trouvée à Caîorguen.

 

 

Fig- 7- Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame une nervure médiane, et une autre nervure formant demi-cercle, ayant pour diamètre la nervure du talon. Les sept haches ci-dessous font partie de la collection Fornier. Trouvée à Calorguen.

 

 

 

Fig. 8. – Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame et joignant le talon, une nervure ovalaire. Huit nervures partent du fond du talon, traversent le centre de la nervure ovalaire et viennent s'étaler sur le plat de la lame, qui est longue et s élargît à la partie inférieure. Collection ou Chatelier. Trouvée à Plénée-Jugon,arrondissement de Dînan.

 

 

Statuettes en bronze

 

Trouvées à Corseul

Fig. 1. – Statuette de Pallas ou Minerve, vue de face et de dos.

Fig. 2. Statuette d'un Lare Auguste.

Fig. 3 Statuette d'une jeune femme

Ces trois statuettes appartiennent au Musée archéologique de la ville de Rennes, et y figurent sous les n° 553, 546 et 547. Elles ont élu découvertes à des époques différentes à Corseul, arrondissement de Dinan. Elles proviennent de la collection de M. le président de Robien qui les a décrites dans son catalogue manuscrit, la première, page 57,la deuxième,page 56, planche 11, et la troisième pages 54 et 55, planche 111.

 

1° Statuette du Pallas ou Minerve

Pallas ou .Minerve, déesse de la Sagesse, la tête couverte d'un casque, qui a pour cimier un quadrupède accroupi; sur la poitrine, l'égide, où est appliquée la tête de la Gorgone, vêtue de la tunique talaire, tunica talaris, sur laquelle est jeté le peplum; la main droite appuyée sur la lançe (qui manque); à gauche sur son bouclier (qui manque). Cette description, donnée dans le Catalogue du de Rennes Musée est exacte. Il est certain que la position du bras droit indique que la main devaii s'appuyer sur une lance. Les artistes arment le plus ordinairementde la haste le bras de Pallas. Pindare (Olymp. VII, 79, appelle cette déesse hastâ fremen.)

 

La main gauche devait reposer sur un bouclier ; le bas pend le long du corps, et devait avoir un point d'appui comme un bouclier. Quelquefois Pallas tient une patére ou une chouette dans une mais presque jours elle soutient une lance de l'autre main. Le quadrupède accroupi qui surmonte le casque est un sphinx ou un griffon. Cette déesse a été désignée sous trois noms Pallas, Athénée, Minerve. Chez les Grecs, son premier et son véritable nom fut Pallas. Elle fut appelée Athénée à Athènes Ailiènes, à cause du culte particulier que celle cité lui avait voué, et alors elle tien: une chouette, Les Latins la nommèrent Minerve.

 

 

 

2° La seconde statuette figure au Catalogue Au Musée de Hautes sous le n° 546, voici ce qu'on y lit « Lare Auguste, la tête ceinte d'une couronne de laurier, attachée avec des leerninisques ou bandelettes, les yeux incrustés de perles fines (qui manquent), vêtu d'une tunique courte, tenant de la main gauche un rhyton, dont la partie supérieure est brisée; le bras droit, qui tenait une patére, est cassé à la naissance de l'épaule, et la jambe gauche au-dessous du genou. » Les Lares étaient les esprits tutélaires, qui exerçaient une influence protectrice sur l'intérieur de la maison, sur le maître et sur sa famille; on les appelait alors Lares familiares. On croyait encore que leur protection s'étendait aux rues, aux routes, aux champs, aux bâtiments, à la campagne comme dans la ville; de là les épithétes de Lares compitales, Lares viales, Lares rurales. Ces statuettes sont fréquentes dans les collections. On les avait tout d'abord regardées comme représentant des échansons, pocillatores, à cause du rhyton et de la coupe qu'elles tiennent dans les mains; mais on n'a pas tardé à reconnaître ce qu'elles figurent réellement. Elles sont sans cesse reproduitesà Pompéi, dans les cuisines, les chambres à four, sur les portes extérieures;runies deux deux, une de chaque côté de l'autel. Enfin, sur un bas-relief du Vatican, le Lare est présenté dans la même attitude, avec les mêmes attributs, les mêmes draperies, la même couronne; et au dessous, sur le socle, est écrit Laribus Augustis.

 

3° La troisième statuette représente te une jeune femme tête nue, coiffure tutulée, les cheveux relevés sur le devant par un peigne, pecten, en forme de diadème;ses yeux sont incrustes de perles d'Orient, et elle porte des pendants d'oreilles en perles; de la main droite, elle élève une espèce de mouchoir; l'avant-bras gauche manque; la chlamyde entre'ouverte laisse voir le sein droit; ses pieds reposent sur des sandales. » Catalogue du Musée de Rennes, n° 547.) Il est difficile de dire ce que représente cette statuette: malgré toutes les recherches que nous avons pu faire, nous ne sommes arrivé à aucune solution. Les jambes sont croisées, et par suite elle devait avoir un autre point d'appui à terre. L'avant-bras gauche manque, mais lit forme du coude indique que cet avant-bras devait s'avancer presque horizontalement, et probablement s'appuyer soit sur une colonne, soit sur tout autre objet. Le bras droit est levé; ht main pouvait tenir un objet de toilette en étofte, qui pendait en dessous, et qui, au-dessus de la main, devait se replier et venir reposer sur l'avant-bras oit on voit une cassure carrée, faite intentionnellement pour soutenir un objet quelconque.

E. F

 

 

 

Fig. 3 – Bracelet en or.

 

Collection Danjou de la Garesse, Rennes.

 

Il a été découvert en 1882, près Matignon , dans la propriété de M. Dubreuil de Marzan. Il pèse 143 gr. 42. Sa densité est de 15,6767. Ce bracelet est d'une forme toute particulière; ne serait-ce pas un de ces bijoux que Ies femmes portaient au bas de la jambe, au-dessus de la cheville

 

 

Haches à douille

 

 

Trouvaille de la Ruëe, eu Plurien fig. 1. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supcrieure; un filet, visible seulement sur les deux faces opposées,se trouve à une certaine distance au-dessous du bourrelet, au lieu de toucher immédiatement ce bourrelet comme dans le tvpe ordinaire.

 

Fig. 2, – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure, et immédiatement au dessous un filet assez saillant. Le long du corps de la hache, de chaque côté, un sillon peu profond. La face opposée présente la même ornementation.

 

Fig. 3. – Hache à douille épaisse, légèrement arrondie, avec un gros bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, vers le milieu de sa longueur, un bouton très saillant.

 

Fig. 4. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure, deux boutons en ligne à une petite distance au-dessous du bourrelet, sur les deux laces opposées.

 

Fig.5. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure sur une des f aces, trois boutons posés 1, 2. De chaque coté de l'anneau, deux boutons posés carrément. Du côté opposé à l'anneau, deux boutons faisant ligne avec ceux de la lace principale. Sur la quatrième face, aucune ornemertation

 

Fig. 6. Hache à douille arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure; sur une des iaces, trois boutons posés 2, 1.

 

Fig. 7. Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure sur une des faces, six boulons en ligne; le premier et le dernier sont sur les angles de la hache.

 

Fig. S. Hache à douille carrée, très épaisse, avec bourrelet à la partie supérieure et deux filets assez saillants faisant le tour de la hache; du lilet. inférieur partent quatre filets, minces, parallèles, se prolongeant jusqu'au milieu de la hache, et terminés chacun par un bouton dans un cercle. Cette ornementation est répétée sur la face opposée.

 

Fig. 9. – Hache à douille carrée, épaisse, de module plus grand que les précédentes, avec bourrelet à la partie supérieure et deux filets peu saillants faisant le tour de chacuhe. Du filet inférieur partent sept petits nlets se prolongent jusqu'au milieu de la hache, et se terminent chacun par un petit bouton. Même ornementation sur la face opposée. Collection Le Moine, à Lamballe.

 

Toutes ces haches ont été trouvées en février ou mars 1887, au village de la Ruée, en Plurien (Côtes-du-Nord). Elles étaient enlouies à environ 0,80 mètre de profondeur, et formaient trois couches rectangulaires superposées. Il y en avait près de 800. Depuis, une époque indéterminée, mais antérieure au mois de juillet 1887, une trentaine d'autres haches ont été découvertes dans ce même champ, À 15 mètres environ du lieu de la première trouvaille. Presque toutes ces haches sont en parfait état de conservation elles présentent une patine très belle et sont à peu près du même aspect comme coloration. Elles ont été acquises par M. Jules Le Moine, archéologue à Lamballe (Côtes-du-Nord), et occupent une place importante dans sa collections

 

 

Haches à douille

 

Trouvaille de la Ruëe, eu Plurien

 

fig. 10. – Hache à douille légèrement arrondie aux angles, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, un boulon dans un cercle.

 

Fig. 11. – Hache à douille carrée, légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie .supérieure. Sur une des laces, à un tiers de la longueur au-dessous du bourrelet, deux boutons en ligne, cntourés chacun par un cercle. Sur la face opposée, même ornementation, mais à un quart de la longueur au-dessous du bourrelet.

 

Fig. 12. Hache a douille légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des laces, un bouton dans un double cercle; sur la face opposée, même ornementation mais un peu plus rapprochée du bourrelet. Une autre hache présente la même ornementation sur les deux faces opposées, mais plus rapprochée du bourrelet.

 

Fig.13). – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure; au dessous, deux filets assez épais faisant le tour de la hache; sur une des faces, la partie intérieure, près le tranchant, un bouton dans un double cercle.

 

Fig. 14. – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure: au dessous, deux filets assez épais; l'un, le plus rapproché du bourrelet, faisant le tour de la hache: l'autre n'existant que sur trois faces. Au-dessous des filets, deux boutons en ligne dans un double cercle; la partie inférieure, près le tranchant, un bouton dans un double cercle.

 

fig- l5- – Hache à douille légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, trois boutons entourés chacun d'un cercle, posés 3, 1. Sur la face opposée, deux boutons en ligne, chacun dans un cercle.

 

Fig. 16. – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure; au dessous, deux filets faisant letour de la hache. Sur une des faces, un bouton dans un double cercle, relié au filet inférieur au-dessous du bourrelet, par lui filet très mince. Sur la race opposée, même ornementation.

 

Fig. 17. – Hache a douille assez mince, avec bourrelet a la partie supérieure; un filet mince part du milieu du bourrelet, et se prolonge jusqu'aux deux tiers environ de la hache, où il se termine par un bouton au milieu d'un cercle.

 

Fig. 18. – Hache à douille carrée, de module plus grand que celui des précédentes, avec bourrelet à la partie supérieure, et filet au dessous taisant le tour de la hache. Sur une des faces, quatre filets descendant du bourrelet plus bas que la moitié de la hache, où ils se terminent par des boutons. Même ornementation sur la face opposée. Les irrégularités signalées dans l'ornementation du quelques-unes de ces haches prouvent que l'ouvrier apportait peu de soin, et peut-être peu d'intelligence dans la fabrication dt: ses instruments. Les haches figures aux n° 8, 9 et 18 sont bien plus parfaites comme travail.

E.F F.

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 16:16

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 13:23

 

 

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 07:36

 Jean de Chateaubriand & Marguerite de La Chapelle

 

 

Jean de Chateaubriand, sieur de Guerrande épousa Marguerite de La Chapelle. Contrat fait et passé le 26 décembre 1650, devant De Giquet et de La Mothe, notaires sous la juridiction de la Hunaudaye, entre écuyer Jean de Chateaubriand, fils aîné, héritier présomptif principal et noble d'écuyer Christophe de Chateaubriand et de demoiselle Jeanne Berthelot, d'une part, et demoiselle Marguerite de La Chapelle» d'autre part. De leur union naquirent entre autres enfants Michel & Amaury de Chateaubriand.

 

 

 

A gauche Le Chesnay en Mégrit, à droite Les Touches en Guitté (d'après Le Flohic)

 

 

1° Michel de Chateaubriand            1° Amaury de Chateaubriand

    Sieur de La Salle                          Sieur de La Ville-André

épousa le                                       épousa le 

4 septembre 1688 à Mégrit       15 octobre 1677 à Brusvily

           Renée Poilvé                  Jeanne du Rocher de Quengo

 

 

A gauche acte de mariage de Michel de Chateaubriand et de Renée Poilvé, à droite, acte de naissance de Amaury de Chateaubriand, époux de Jeanne du Rocher de Quengo

 

 

A gauche, manoir de La Hautière à Mégrit avec armoiries Poilvé, à droite, manoir du Quengo à Brusvily avec armoiries du Rocher; au centre armoiries de Chateaubriand

 

2° Jean-Frs de Chateaubriand      2° François de Chateaubriand

     épousa le 8 février 1717                épousa le 27 août 1713

  Charlotte Marie Le Limonier     Péronnelle Lamour de Lanjegu                

   

 

 

A gauche, acte de mariage de Jean-François de Chateaubriand et de Marie Le Limonier, le 8 février 1717 à Mégrit, à droite, l'acte de mariage de François de Chateaubiand et de Péronnelle Lamour de Lanjégu, le 27 août 1713 à Guenroc.

 

 

Les églises de Mégrit -à gauche, et de Guenroc -à droite 

 

3° Jean Gab. de Chateaubriand  3° René Aug. de Chateaubriand

       baptisé le 29 avril 1719        baptisé le 23 septembre 1718   

                   (sans postérité)                    épousa Appoline de Bédée

                                                      dont l'écrivain René de Ch.

                                                                    1768-1848

 

 

A gauche, acte de baptême de Jean-Gabriel de Chateaubriand, à Mégrit le 29 avril 1719, à droite, acte de baptême de René-Auguste de Chateaubriand, le 23 septembre 1718 en Guitté

 

 

 

Les églises de Mégrit -à gauche, et de Guitté -à droite 

 

 

L'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, René de Chateaubriand

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 19:18

 

Armoiries Prigent, Sauvaget, de Froulaye, et de Créquy

 

Le domaine de la Villeneuve résute sans nul doute de ces défrichements entrepris au cours de la période féodale, très précisément dès le début du XIIIe siècle. La Villeneuve en Plénée est mentionnée dès cette période et la famille Prigent, alias Pregent ou Priegent disposa très certainement très tôt de l'endroit situé près de l'ancien chemin pavé. Cette famille Prigent, connue en ce lieu de la Villeneuve disposait pour armoiries d'après un sceau de 1407 « trois fleurs de lys au pied nourri ».  Geoffroy Prigent fut sénéchal de Dinan, il est évoqué dans une première charte de Boquen touchant la paroisse de Le Gouray, puis en 1218 au sujet de l'Accord au sujet de la Vigne de Sevignac : Omnibus, etc., Gaufridus Prigent salutem in eo qui est ce vera salus. Noverit universitas vestra quod cum essem senescallus nobilis viri Petri comitis Brittanie in tota terra Rollandi de Dinnano, versa es concentio inter Gaufridum Batelle, ex una parte, et monachos de Boquian, ex altera, super vinea quadam quam monachi habebant in feodo ipsius Batelle . G. Batelle requirebat circa vineam ex utra parte auferrentur usque ad fundum fossati; requirebat insuper ab eis ad se vel ad filium suum faciendum auxilium, et ad filiam suam maritandam, et quod in curia sua responderent et ei emendam redderent . E contrario monachi dicehant hec omnia se de jure non debere reddere. Super his omnibus facta est composicio amicabilis inter ipsos coram me apud Sevinar : predicti monachi pro bono pracis dederunt predicto G. Batelle XXXIII solidos : predictus G. Batelle com (sic) assencu filii sui primogeniti concessit ex utraque parte fructera circa vineam usque ad chimino integra remanere; ex parte vero agri arabillis ita provisum fuit ut nec ager perturbetur ad colendum nec clausura vinee prematur. Concessit eciam predictus monachis predictam vineam de cetero possidendam quitam et liberam ab omni calumpnia et exactione, et quod monachis de cetero in curia sua vel suorum post eum non tenebuntur respondere, nec ipsis vel suis monachi auxilium ad militem faciendum nec ad filiam maritandam, nec aliquam emendam, vel aliud aliquod servicium persolvent preter unam minam frumenti ad velanem mensuram de Jugun ei annuatim reddendam et emendam si predicta frumenti infra natale Domini non fuerit persoluta; etc. Actum anno Domini M° CC° XVIII°. (Arch. des Côtes du Nord.). Alain Prigent, fils de Geoffroy, faisait un accord en 1257 pour les droits d'usage dans la forêt de Boquen. Le 10 juilet 1427, est cité Guillaume Prigient. En 1475, Jehan Pregent, (100 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ; Jehan Prigent était marié avec Annette Gauteron, damoiselle du dit lieu Le Plessix en Sévignac (voir la seigneurie du Plessix Gautron à Sévignac). Annette Gauteron transmettra aux posssseurs de la Villeneuve la terre de Beauvais en Sévignac.  Ci dessous

 

 

 

Jéhan Prigent a présenté pour lui et sa mère, Olivier Prigent et Jean Poussin, porteur d’une brigandine et comparaît en archer. Olivier Prigent, disposait en 1535 de la seigneurie de la Villeneuve en Plénée, seigneurie avec moyenne justice, mais Olivier Prigent possédait également en la même paroisse de la Porte et de la Girardais. Sa fille Olive épousa Christophe Sauvaget, capitaine des francs-archers de l'évêché de Saint-Brieuc, seigneur des Clos, de la Croix de Pierre, de Parqueven, du Minihy et de la Ville-Pierre. Quelques générations plus tard, nous trouvons un des descendants de Christophe Sauvaget et de Olive Prigent en la personne de Jean Sauvaget, titré seigneur des Clos, il exerçait la charge de guidon des gendarmes de la Reine, autrement dit, il était porteur de l'étendard de cette compagnie.

 

 

Manoir des Clos

 

Il eut d'Olive Bertho, dame de Corgouët, qu'il épousa en 1527, plusieurs enfants, dont  Charles Sauvaget, dit le baron des Clos, celui-ci épousa, en 1654, Marie Libault de Pinieux, et leur fils, Jean-Baptiste Sauvaget, dit le marquis des Clos, fut brigadier de cavalerie et mestre de camp d'un régiment de son nom. Il fut tué à la levée du siége de Turin en 1706. Jean-Baptiste Sauvaget, avait épousé Marie-Anne de Visdelou de Bienassis (voir le château de Bienassis en Erquy), et leur fille Marie-Anne-Jeanne-Françoise Sauvaget, dame des Clos, du Cargouët etc., épousa Charles-François de Froulay -acte ci-dessous, comte de Froulay et de Montflaux, ambassadeur de France auprès de la république de Venise en 1732, lieutenant-général des armées du roi en 1738 etc.

 

 

II mourut le 27 février 1744, laissant de son mariage avec Marie-Anne Sauvaget, entre autres enfants Renée-Charlotte de Froulay, mariée le 18 mars 1717 avec Louis-Marie de Créquy, marquis de Créquy. Une des femmes lés plus distinguées, du XVIIIe siècle. Ci-dessous

 

 

L'actuel manoir fut reconstruit au cours du XVe siècle, par la famille Prigent, puis agrandit dans le cours du XVIIIe siècle par la famille Sauvaget. pavillons et ailes latérales. Les armes des Sauvaget sont sculptées sur chaque pavillon. Au XIXe siècle, le corps de logis est abondamment repris, la chapelle est reconstruite et désorientée afin de l'agrandir. Ces travaux sont conduits par les de Lorgeril dont les armes sont sculptées sur la porte d'entrée. Le cadastre ancien montre trois avenues menant au manoir et un plan d'eau à l'est. Le domaine est acquis en 1956 par l'institution Croisade des Aveugles qui y exerce un enseignement technique agricole. Manoir précédé d'une cour bordée de deux ailes de communs et fermée par une clôture en bois au sud. Plan en équerre avec une tour d'escalier dans l'angle contenant un escalier en vis sans jour en maçonnerie. Toit en pavillon sur les pavillons latéraux ; toit conique sur l'escalier principal ; escalier secondaire à noyau évidé formant main courante. Corps de logis à étage carré. Ailes latérales à étage de comble. Chapelle intégrée (d'après la description de Manoirs de France) ..Dans les paroisses de Plénée-Jugon et de Tramain, s’étendait une vaste lande de 300 journaux dite la lande des Brignons, dont la terre était renommée pour faire des pots : elle dépendait du manoir de la Villeneuve qui plus tard fit partie de la haute-justice des Clos érigée en baronnie en 1682. Les seigneurs de la Villeneuve avaient abandonné aux potiers de Tramain et des villages circonvoisins l’usage de la lande en question, ainsi qu’une très-bonne fontaine qui s’y trouvait : ils leur avaient permis en outre de se servir des genêts et de la bruyère qui y croissaient pour la cuisson de la poterie. Cette tolérance n’était pas, il faut l’avouer, bien onéreuse : les potiers reconnaissaient le seigneur de la Villeneuve pour seigneur terrien; de plus ils étaient tenus de s’assembler, chaque année, le dimanche avant la Saint-Jean-Baptiste, et d’accompagner le dernier marié d’entre eux lequel portait un pot, aux armes du sei gneur et garni de fleurs. Les autres potiers tenaient chacun une fleur, et le cortège précédé d’un sonneur et d’un joueur d’instrument se rendait dans l’église paroissiale de Plénée-Jugon en la chapelle privative du seigneur de la Villeneuve: celui-ci, ou ses officiers, dans le banc seigneurial, recevait l’offrande du dernier marié des potiers qui s’exposait, en se dispensant de ce service, à payer soixante sous d’amende. Ajoutons que le seigneur de la Villeneuve tenait aussi à avoir des étrennes : le premier jour de l’an, les potiers de Tramain allaient au manoir lui présenter un « chef-d‘œuvre de leurs mains et métier, à peine de quinze sous d’amende. Sur tous les vases d’un prix supérieur à trois sous, on devait mettre les armes du seigneur de la Villeneuve à peine de quinze sous d’amende. En 1780, Le Clos appartenait à Mme de la Fruglaye qui possédait aussi la terre de la Villeneuve, toutefois, c'est Maître Gabriel de Neuville, Avcocat au Parlement de Bretagne et sénéchal de plusieurs juridictionss qui résidait avec sa famille en l'endroit. (voir histoire de Broons, page n° 23). Le ministre Louis de Chappedelaine disposa de la Villeneuve (voir le ministre Louis de Chappedelaine), et ensuite l'endroit fut cédé en 1956 à l'Abbé Richard et la Croisade des Aveugles. Il est depuis dédicacé à Sainte-Odile et est connu sous le nom de Villeneuve-Sainte-Odile. Saint-Odile étant la patronne des non-voyants.

 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 20:04

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:29

 

 

Pour bien comprendre les événements qui vont suivre et qui intéressent si vivement l'histoire de Dinan, il importe de remonter un peu dans la généalogie des Beaumanoir du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux). Nous citons rapidement, de père en fils, les successeurs de cette branche qui furent :

1° Robert, frère de Beaumanoir « Bois ton sang », chambellan du duc de Bretagne, époux de Tiennette du Besso.

2° Jean Ier, époux de Jeanne Boutier.

3°Jean II, sgr. de Claye, époux de Hamette du Bois-Hamon.

4° Jean III, époux de Jeanne de la Bérue.

5° Brient, chambellan de Louis XI, époux, en 1458, de Marguerite du Creux.

6° Gilles, chambellan du duc François II, époux de Jacquemine du Parc. 7° François, chambellan de Louis XII, mort à Angers en 1509 sans mariage.

7° Charles, frère du précédent, époux d'Isabeau de Busson.

8° Jacques, échanson du roi François Ier, époux 1° 15 juin 1538, de Adélice de laFeuillée dont il eut deux filles, Marguerite et Jeanne, cette dernière morte jeune. Marguerite épousa, en 1551, Tanguy de Rosmadec, sgr de Molac. Jacques épousa en secondes noces Jeanne de Quellenec dont le frère, Charles, fut tué à Paris à la St-Barthélemy (1572), laissant sa fortune à son neveu ci-après.

9° Toussaint de Beaumanoir, fils de Jacques (2e mariage), épousa Anne de Guémadeuc dont il eut Hélène, l'objet de cette notice. Ajoutons que Jacquemine de Beaumanoir, soeur de Toussaint et tante d'Hélène, épousa François de Guémadeuc dont elle eut Françoise de Guémadeuc, mariée à M. de Vignerot sieur du Pont de Courlay. Toussaint de Beaumanoir, vicomte du Besso, baron du Pont-l'Abbé et de Rostrenen, naquit à Jugon le 1er septembre 1554. Il épousa Anne de Guémadeuc vers 1586. Il avait environ 32 ans et était chevalier des ordres du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, et maréchal de camp des armées de Bretagne. Dans la guerre de la Ligue, Toussaint embrassa le parti d'Henri IV (il était huguenot) et fut chargé du commandement de l'infanterie en Bretagne. En 1590, après s'être signalé en différents combats, il passa à Rennes le 9 février, allant rejoindre le prince de Dombes au siège d'Ancenis que les Ligueurs tenaient au nom de Mercoeur. Là, il fut grièvement blessé au bras d'un coup d'arquebuse. On le rapporta à Rennes où il mourut le 17 mars 1590, laissant sa jeune femme enceinte de son premier enfant (voir Histoire de Jugon, page n° 4 : les guerres de la Ligue). Il avait lui-même 36 ans. La jeune veuve enferma son deuil dans le manoir de Dinan appelé aujourd'hui le Vieux Couvent (nous verrons pourquoi) et faisant face à la rue de Ladrerie conduisant à St-Sauveur. Cet intéressant manoir, magnifique spécimen du début de la 1re Renaissance en Bretagne, avait été construit par Jacques de Beaumanoir dont nous avons parlé plus haut et était devenu le séjour habituel des vicomtes du Besso. C'est là qu'Hélène naquit ; elle fut baptisée à l'église St-Sauveur le 22 août 1590 * (note personnelle, il s'agit d'une erreur de l'auteur, en réalité l'enfant baptisée se nommait Hélène de Beaumont, fille de Christophe et de Jacquemine de Tréal, sieur et dame de la Ville-Arnoul), cinq mois après la mort de son père, un peu plus de six mois après le départ de celui-ci pour rejoindre le prince de Dombes. Sa tutelle fut confiée naturellement à sa mère Anne de Guémadeuc, mais cette tutrice était bien jeune et bien belle encore pour ne pas susciter des convoitises. Un de ses soupirants,M. de la Vallée Plumaudan, tenta un enlèvement qui échoua et il fut décapité en effigie en 1592. Deux ans après, le 17 juillet 1594, elle épousa M. de la Marzelière, chevalier du roi et capitaine de 50 hommes d'armes, lequel fut tué en duel, le 9 mars 1604, par Montgommery, gouverneur de Pontorson. La mère d'Hélène, en convolant en secondes noces,perdait une partie de ses droits de tutelle. On lui adjoignit, le 31 mars 1595, le baron de Molac comme curateur. L'enfant avait alors 4 ans. Le marquis Tanguy de Rosmadec, baron de Molac, était, nous l'avons vu, oncle par alliance de l'enfant, ayant épousé Marguerite de Beaumanoir, soeur du premier lit de Toussaint. Le baron de Molac ne garda pas longtemps la curatelle; il fut remplacé, le 25 juin 1599, par Jean de Quellenec, le grand-père de Toussaint. Déjà le 16 janvier 1599, Hélène de Beaumanoir, qui n'avait alors que 8 ans 1/2, avait été fiancée, par contrat, avec René de Tournemine,baron de la Hunaudaye, fils de René Ier et de Marie de Coëtlogon. Le fiancé, dit on, n'avait que 16 ou 17 ans. Le mariage évidemment ne pouvait être consommé. Cependant le compte de tutelle fut rendu vers 1601 ; sans doute que dès ce moment la vie commune commença. Que pouvait être ce mariage d'une enfant de onze ans avec un jeune homme qui n'en avait pas vingt ? L'amour n'en pouvait être le lien. René chercha ailleurs des plaisirs plus faciles, et Hélène, dès qu'elle fut nubile, chercha de son côté aussi peut-être de quoi compenser l'abandon de son mari. De là des troubles terribles dans le ménage, troubles qui durèrent cinq ans. Cette guerre commença en 1604. Hélène, qui avait 14 ans, prétendit que son mari la battait. Elle s'enfuit dans son domaine du Pont où son mari vint l'assiéger. Elle implora le secours de son cousin le baron de Molac, gouverneur de Dinan, qui accourut; mais déjà la place était forcée, et Hélène était aux mains de son mari. Elle réclama la protection de Molac et s'enferma à Dinan sous la garde du gouverneur. Dinan, menacé d'un coup de main par Tournemine, fut obligé de s'entourer d'une garde permanente. Hélène intenta contre son mari une action en dissolution de mariage, et le Parlement ordonna que la jeune femme se retirerait à Rennes pour y être plus en sûreté. En 1606, le baron de la Hunaudaye se rencontra en campagne, près de Rhuys, avec M. Toussaint de Guémadeuc, un cousin d'Hélène. Les luttes de famille avait naturellement indisposé les deux cousins l'un contre l'autre. Une collision eut lieu; les serviteurs prirent fait et cause pour leurs maîtres ; M. de Guémadeuc fut tué dans le combat, et Tournemine reçut un coup de pistolet au genou et mourut en languissant en 1609. Toussaint de Guémadeuc, la victime précédente, fut inhumé à Québriac, dont il était le seigneur, le 4 décembre 1606. Hélène était donc débarrassée de son mari. Elle avait alors 19 ans et était sans enfants. Elle convola bientôt en secondes noces et épousa Charles de Cossé, marquis d'Acigné, frère du duc de Brissac.Le contrat de mariage eut lieu le 12 août 1609. Hélène ne fut pas plus heureuse avec ce nouvel époux volage et tracassier. Il se livra à une telle vie de folles prodigalités que le maréchal de Brissac, son frère, dut faire interdire les deux époux par arrêté du Parlement en 1615, pour éviter leur ruine commune. Malgré l'arrêt du Parlement, le marquis dépensait son argent en folies, et comme sa femme était un obstacle à ses débordements, il fit séquestrer Hélène dans un de ses châteaux. Il alla même, pour pouvoir se débarrasser de sa femme sans perdre ses droits à sa fortune, jusqu'à lui faire reconnaître un enfant supposé. Hélène parvint à faire prévenir le Roi de tous ces méfaits, et le marquis fut mis à la Bastille en août 1626. Hélène demanda l'annulation de son mariage, ce qu'elle obtint par arrêt du 25 janvier 1528. M. d'Acigné fut banni du royaume, condamné à 24 mille livres de dommages-intérêts, 12 mille livres d'amende et la confiscation du reste de ses biens. Hélène de Beaumanoir avait alors 38 ans. Elle était relativement jeune encore, mais ces luttes l'avaient usée et des infirmités précoces minaient sa vie. Elle s'enferma dans son manoir de Dinan qu'elle affectionnait tout particulièrement. Le 28 avril 1612, nous la voyons marraine à St-Sauveur au baptême de Tanneguy du Breil de Pontbriand dont Tanneguy de Rosmadec, gouverneur de Dinan, était le parrain. Nous la retrouvons encore marraine à St-Sauveur le 11 novembre 1631. Elle avait alors près d'elle une de ses nièces, Françoise de Guémadeuc, épouse de Messire François de Vignerot, marquis de Pontcourlay, à laquelle elle avait fait don d'une partie de ses biens par acte du 16 janvier 1629. Cette donation irrita les Rosmadec, qui se sentaient frustrés, et qui, après la mort d'Hélène, intentèrent un long procès aux Vignerot.

 

 

L'Hôtel Beaumanoir.

 

 

Vers la fin de sa vie, Hélène, qui avait fondé un couvent de Sainte-Catherine dans son propre manoir de Dinan, fit à ce couvent des legs importants et lui donna des maisons et des rentes. Puis, sa santé étant trop altérée, elle se retira au château de Limoëlan en Sévignac, qui était sa propriété, et y mourut d'hydropisie vers la fin de juillet 1636, à l'âge de 46 ans(voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1 & la seigneurie de Limoëlan et ses possesseurs, page n° 2) . Son corps fut apporté le 10 août à Dinan et inhumée dans la chapelle des Religieuses de Sainte-Catherinepar Mgr l'Évêque de St-Malo, Achille du Harlay. C'est pendant les luttes avec le marquis d'Acigné qu'Hélèn de Beaumanoir eut l'idée de créer le couvent des Catherinettes et de s'y enfermer. Elle ne pouvait agit elle-même puisqu'elle était en puissance de so mari ; elle employa deux filles d'Yvignac, Perronelle et Françoise d'Yvignac, la tante et la nièce, qui obtinrent de Mgr Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo, l'autorisation, en date du 20 décembre 1625, d'ouvrir à leurs frais le dit couvent. Bien entendu que c'était Mme d'Acigné qui faisait tous ces frais ; déjà, par acte du 2 juin 1620, elle avait consigné 1000 fr. de rente pour le dit couvent où les deux demoiselles d'Ivignac se firent religieuses. Un peu plus tard des religieuses de l'ordre réformé de St-Dominique vinrent habiter l'hôtel Beaumanoir, de là le nom de Vieux Couvent, et elles y devinrent si nombreuses que la petite cour qu'on y voit encore et qui leur servait de cimetière, s'emplit de leurs tombes. Le grand-père du propriétaire actuel fit transporter au cimetière de Dinan toute une charretée d'ossements provenant de ces fouilles. Ce magnifique hôtel, admirable type (comme le château de la Garaye), de la première époque de la Renaissance, est fort intéressant à visiter. Le corps principal du logis possède une tour octogonale en avant-corps, percée de fenêtres rectangulaires à angles supérieurs arrondis et surmontées des élégantes accolades qui caractérisent la Renaissance. Partout, à l'intérieur, les pleins cintres des portes ont remplacé l'ogive du moyen âge, et un splendide escalier de pierres, tournant sa large spirale autour d'une colonne légère, monte aux étages avec ses 60 marches monumentales.Les appartements intérieurs ont été profondément modifiés, mais on y voit encore les étroits corridors et les petites cellules des religieuses. Ces cellules ne sont pas dans le corps de l'hôtel, mais dans un bâtiment latéral construit par Hélène elle-même pour servir de chapelle et où elle fut provisoirement enterrée. Dans l'hôtel on visite avec intérêt la cuisine avec sa large cheminée et les servitudes qui vont jusqu'à la rue du Jerzual où il y avait une sortie. Toute la place était enclose sur le devant, où s'ouvre encore le beau portail Renaissance avec son magnique fronton si richement ajouré surmontantun bel arc surbaissé du style Tudor.

Hélène de Beaumanoir, par P. de Lhommeau
Hélène de Beaumanoir, par P. de Lhommeau
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