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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:58

Concarneau

 

Concarneau

 

Vitré.

 

Vitré

 

 

Saint-Brieuc

 

Quimperlé

 

Quimperlé

 

Clisson

 

Clisson

 

 Rennes

 

Rennes

 

Lamballe

 

Lamballe

 

Vannes

 

Vannes

 

Saint-Malo

 

Saint-Malo

 

dinan

 

Dinan

 

Fougères 

 

Fougères

 

Brest 

 

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Landerneau

 

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Quimper

 

Quimper

 

Josselin 

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:12

 

 

L'assemblée des États de Bretagne se tenoit autrefois tous les ans, mais depuis l'année 1630, le roi ne les a plus assemblés que de deux ans en deux ans, excepté dans les circonstances pressantes où les besoins de l'Etat ont déterminé Sa Majesté à convoquer des assemblées extraordinaires, comme en 1741, à l'occasion du dixième; en 1748, à l'occasion des 4 s pour livre de la capitation et de l'emprunt de quatre millions que les États firent à cette occasion, et en 1749, à l'occasion du vingtième. Avant 1718, les assemblées ordinaires étoient tenues dans les années impaires; elles se tiennent depuis dans les années paires. Les Etats n'ont de registres de leurs assemblées que depuis l'année 1567; ils en avoient un qui tenoit dix à douze assemblées antérieures; en 1566, il fut apporté à la Chambre des Comptes de Paris, et il ne leur a point été rendu depuis. La convocation se fait par des lettres de cachet du roi adressées aux évêques, abbés et chapitres de la Province, aux Barons et à certain nombre de gentilshommes à qui il plaît au roi de faire cet honneur, et aux communautés des quarante-une villes de la Province qui ont le droit de députer aux États, c'est ce qui compose les trois corps ou ordres des États: l'église, la noblesse, le tiers état. Ces lettres du roi indiquent le lieu et le jour désigné pour l'ouverture de l'assemblée; elles sont ordinairement accompagnées d'une lettre du gouverneur et du commandant en chef; les États font un fonds de 500 livres pour être payé à celui des officiers du commandant en chef qu'il charge du soin de faire rendre par ses gardes ces lettres à leur adresse. C'est le gouverneur de la Province et le secrétaire d'État qui en a le département qui prennent les ordres du roi pour déterminer le lieu et le temps de l'assemblée. Ce n'est plus, depuis longtemps, que dans les évêchés de Rennes, Nantes, Vannes, Saint-Malo et Saint-Brieuc qu'on assemble les États; ils se tiennent dans les villes capitales de ces évêchés, hors dans l'évêché de Saint-Malo, où ils ne se tiennent que dans la ville de Dinan; ils se sont tenus aussi à Vitré, dans l'évêché de Rennes, et à Ancenis, dans l'évêché de Nantes; les États sont le plus ordinairement assemblés dans la ville de Rennes *. La veille du jour indiqué pour l'assemblée, le commandant en chef ordonne la proclamation, qui se fait dans tous les carrefours de la ville par le hérault des États, revêtu de sa cote d'armes et monté sur un cheval caparaçonné d'une housse de pied, de drap d'argent, semés de fleurs de lys et d'hermines en broderie et précédé d'un trompette. En conséquence de la proclamation de l'ouverture des États, les trois ordres, les présidens à leur tête, se rendent séparément et successivement, le lendemain, à l'heure indiquée dans la salle destinée pour l'assemblée, partant de l'hôtel de leur président; d'abord l'ordre du tiers, ensuite celui dela noblesse et l'ordre de l'église le dernier. Ce qui s'observe ainsi tous les jours pour l'entrée aux États. Les ordres de l'église et de la noblesse sont précédés, dans leur marche, par la maréchaussée, les officiers et trompettes; à la tête, le hérault des États; l'ordre du tiers par le hérault des États seulement. Avant la déclaration du roi du 26 juin 1736, les membres de l'ordre de la noblesse entroient aux États et s'y faisoient inscrire à tout âge, même dansla première enfance; mais par l'article premier de la déclaration, il est ordonné qu'aucun des membres des trois ordres ne pourra avoir entrée-et séance dans l'assemblée avant l'âge de vingt-cinq ans accomplis.

 

 

 

La chapelle des Cordeliers d'Ancenis accueillit à trois reprises

les Etats de Bretagne

 

 

La salle de l'assemblée est ordinairement en une chapelle ou réfectoire d'un couvent de la ville, où le hérault des États a fait construire un théâtre élevé de sept à huit marches, qui occupe la moitié ou les deux tiers de la salle; au fond du théâtre et contre le mur est un dais de velours semé de fleurs de lys et d'hermines en broderie, sous lequel sont placés deux fauteuils égaux, qui se joignent et qui sont adossés au mur, où se placent le président de l'ordre de l'église à droite, et le président de l'ordre de la noblesse à gauche; à côté de l'un et de l'autre, sur des bancs couverts d'un tapis, les évêques se placent à la droite et les Barons à la gauche, et, comme ordinairement il y a peu ou point de Barons qui assistent à l'assemblée, leurs places sont remplies par ceux des gentilshommes les plus considérables, et ordinairement les plus âgés, qui veulent les prendre; les abbés se mettent de même sur le banc des évêques, lorsqu'il y a des places vides. Le reste du théâtre est partagé en trois espaces: l'un, au milieu, en face du dais et des fauteuils des présidens, qui demeurent vides; les deux autres, à droite et à gauche, en retour du banc des évêques et de celui des barons, sont remplis par deux espèces d'amphithéâtres à trois ou quatre rangs de gradins de bois. L'amphithéâtre à droite est partagé en deux, dans sa largeur, par une simple balustrade de bois à hauteur d'appui, les abbés et les députés des chapitres en occupent la partie d'en haut, la plus voisine du banc des évêques, et l'ordre du tiers en occupe la partie d'en bas qui termine le théâtre; le président de l'ordre du tiers y est placé à la tête de son ordre dans le gradin d'en bas, sur un banc un peu plus élevé et couvert d'un tapis vert. L'amphithéâtre à gauche est entièrement occupé par l'ordre de la noblesse. Ces deux amphithéâtres devroient. Être séparés de l'espace vide du milieu, et ils l'étoient, il n'y a pas longtemps encore, par une balustrade de bois à hauteur d'appui de chaque côté; mais, à présent, cette balustrade ne subsiste qu'à l'endroit de la place occupée par le président de l'ordre du tiers. Les deux extrémités du théâtre, et à gauche des marches qui sont pratiquées au milieu pour y monter, sont occupées, à droite, par une tribune destinée aux spectateurs, laquelle est gardée par un cavalier de la maréchaussée en faction, et à laquelle on ne monte point par les marches du théâtre, mais par d'autres marches et une porte qui doit toujours être pratiquée hors du théâtre, et, à gauche, par le bureau des greffiers des États, derrière lequel est celui du greffe. Les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre et y ayant pris leurs places, le procureur général syndic, parlant de sa place, propose à l'assemblée de députer vers MM. Les commissaires du roi, qui sont, à cet effet, assemblés chez le commandant en chef, pour les prier de venir faire l'ouverture des Etats, ce qui s'exécute aussitôt par une députation de six députés de chaque ordre, à la tête desquels sont deux évêques, et cette députation est nommée une fois pour toutes pour recevoir et reconduire MM. Les commissaires du roi, toutes les fois qu'ils entrent aux États pendant la durée de l'assemblée. Le hérault marche toujours à la tête de toutes les députations ; les députés marchent en file, ceux de l'église à droite, ceux de la noblesse à gauche, et le tiers entre derrière les deux files. La députation est reçue, à la porte de la salle des gardes du commandant en chef, par les officiers de ses gardes; les gardes portent leurs armes. Le hérault, marchant à la tête, vient annoncer à MM. les commissaires du roi l'arrivée de la députation, qu'ils reçoivent. Le commandant en chef fait ordinairement quatre ou cinq pas en avant lorsqu'elle entre et lorsqu'elle sort, et on en use ainsi à toutes les députations. La députation, retirée et revenue sur le théâtre, MM. les commissaires du roi se mettent en marche, précédés d'abord par la maréchaussée, le grand prévôt, les officiers et le trompette à la tête, ensuite par les gens de livrée, les pages et les gentilshommes du commandant en chef, puis par ses gardes, le capitaine, les officiers et le trompette à la tête, marchant sur deux files.

 

 

 

 

Lorsque quelquefois il fait si mauvais temps qu'il n'est paspossible d'aller à pied, chacun se rend en chaise à porteur à la salle des États. Les contrôleurs généraux des domaines et de finances marchent les premiers, ensuite les receveurs généraux des domaines et ceux des finances, tous en manteau et rabat; le grand maître des eaux et forêts en épée; les généraux des finances en manteau et rabat; le procureur général de la Chambre des Comptes et le deuxième commissaire du conseil en robe, ensuite le commandant en chef seul, à ses deux côtés et un peu derrière le premier président, marchent le procureur général et les deux avocats généraux du Parlement; et lorsque, soit en entrant dans la salle ou autrement, les deux files sont obligées de se joindre, alors l'intendant marche immédiatement devant le commandant en chef, et le premier président immédiatement après. MM. les commissaires du roi sont reçus à la porte de la salle des États, en dedans, par les mêmes députés qui les ont été priés de venir fairel'ouverture, et étant montés sur le théâtre ils y prennent leur place, et les gardes du commandant en chef s'emparent des marches du théâtre jusqu'à la dernière exclusivement. Toutes les fois que les commissaires du roi entrent aux États (et ils y entrent toutes les fois qu'ils envoyent dire aux États qu'ils veulent y entrer), c'est toujours avec le même cérémonial, et après que le hérault a disposé l'espace vide au milieu du théâtre de la manière suivante : Sous le dais, qui est au milieu du théâtre, on établit un trône ou plate-forme élevée de trois à quatre marches couvertes d'un tapis, où, dans un fauteuil, le dos tourné aux deux présidens de l'église et de la noblesse, se place le commandant en chef, ses pages assis sur les marches du trône, son capitaine des gardes, son secrétaire, ses gentilshommes debout derrière et autour de son fauteuil. A sa droite et à la gauche du trône, un peu en avant, hors du dais et en retour, le long des deux amphithéâtres de l'église et de la noblesse, sont placés deux fauteuils, pour le premier président à droite et pour l'intendant à gauche. L'assemblée étant ainsi formée, le commandant en chef qui, après avoir salué en entrant les présidens et les trois ordres, s'est assis dans son fauteuil, où il s'est couvert, prend la commission générale des mains de son secrétaire et la fait donner au greffier des États, et le premier commis du greffe en fait lecture à haute voix; on en use de même pour les autres commissions particulières, qu'on lit successivement, à l'exception de celle de l'intendant et du deuxième commissaire du conseil, qu'on ne présente et qu'on ne fait lire que le lendemain. Ces commissions restent au greffe, pour y être enregistrées. Après la lecture des commissions, le commandant en chef et le premier président du Parlement après lui, font l'un et l'autre un petit discours étant couverts, auxquels un des deux procureurs syndics des États répond, et il est à remarquer que soit que. le commandant en chef soit maréchal de France ou non, les procureurs généraux syndics des États, lorsqu'ils le haranguent dans l'assemblée, l'appellent Monseigneur; cela a été décidé ainsi à l'occasion de M. le marquis de Brancas aux États de 1788, avant qu'il fut fait maréchal de France. Cette première séance est terminée par la nomination de l'évêque et des assistans qui doivent, le lendemain, célébrer la messe du Saint-Esprit. Le lendemain matin, à l'heure indiquée, les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre, vont à la messe du Saint-Esprit, qui se chante en musique. Dans le choeur sont placés deux prie-Dieu, derrière lesquels sont deux fauteuils égaux pour les présidens de l'église et de la noblesse. A côté de chacun de ces fauteuils est un banc d'environ 15 à 20 pieds de long, ôù se placent les évêques à droite, et les Barons à gauche; à défaut des évêques et des Barons, les abbés et gentilshommes qui veulent s'y placer. Les abbés, les députés du chapitre, les membres de l'ordre de la noblesse, ceux du tiers et les officiers des États se placent dans le choeur indistinctement, derrière les prie-Dieu et bancs ci-dessus. Cette disposition est la même à la messe basse, à laquelle les États assistent tous les jours en corps avant de commencer leur séance. Lorsqu'à l'occasion de quelque Te Deum ou autres cérémonies extraordinaires à laquelle les États ont invité le commandant en chef, il vient y assister; il a sa place à un prie-Dieu en avant et au milieu de ceux des présidens de l'église et de la noblesse, et un fauteuil derrière « lui, et deux ou quatre de ses gardes sous les armes à ses côtés. Le premier président et l'intendant ne se trouvent point à ces sortes de cérémonies, non plus que les autres commissaires du roi, par la difficulté de leur donner des places convenables. Il faut observer que pendant la tenue des États, et même quinze jours devant et après, les actions civiles cessent contre tous les membres de l'assemblée, en vertu d'un arrêt du conseil, qui s'expédie à cet effet avant chaque tenue. Après la messe pontificale du Saint-Esprit, les trois ordres, revenus sur le théâtre, MM. les commissaires du roi ayant envoyé dire aux États qu'ils alloient entrer et étant venus, reçus et placés dans le même ordre et cérémonial que la veille, le commandant en chef commence par faire lire les commissions de l'intendant et du second commissaire du conseil. Après quoi, M. l'intendant fait un discours, à la fin duquel il fait, au nom du roi, la demande du don gratuit. Le procureur général syndic y répond, en représentant la situation des affaires de la Province et le besoin qu'elle a de soulagement: il appelle M. l'intendant, Monsieur. -La plus ancienne assemblée, dont les registres subsistent, remonte à l'année 1567. M. l'abbé de Pontbriant présente aux Etats un volume manuscrit contenant un extrait et une table des délibérations des États de toutes les tenues, depuis celle de 1732, servant de suite à l'extrait qu'on avoit donné déjà de toutes celles depuis 1567 jusqu'en 1732, avec un prospectus ou projet imprimé d'une histoire des États. MM. les présidens ont été priés, à l'unanimité des trois ordres, d'engager M.le duc d'Aiguillon de vouloir bien appuyer de ses bons offices les sollicitations qu'ils sont chargés de faire pour lui d'une abbaye. Il a été écrit, en conséquence, par M. le duc d'Aiguillon. Les commissaires du roi aux États, sont: le gouverneur de la Province, et, en son absence, le commandant en chef, qui a le titre de premier et principal commissaire ; les deux lieutenans généraux de la Province; et les trois lieutenans du roi; le premier président du Parlement, qui prend la qualité de premier commissaire ; les premier, deuxième et troisième présidens à mortier du Parlement; le premier et le second présidens de la Chambre des Comptes; le procureur et deux avocats généraux du Parlement; le procureur général de la Chambre des Comptes. L'intendant, qui prend la qualité de premier commissaire du conseil; le second commissaire du conseil est ordinairement un maître des requêtes ou un président ou conseiller au Parlement; les six généraux des finances; le grand maître des eaux et forets, les receveurs généraux des finances, les receveurs généraux des domaines et les contrôleurs généraux des finances et des domaines. Il est à observer que, lorsque les circonstances ont exigé des assemblées d'États extraordinaires, comme en 1741, 1748 et 1749, les seuls commissaires que le roi y a nommés pour y assister de sa part ont été M. le premier président du Parlement et M. l'intendant, lesquels ont partagé entre eux la gratification de 15,000 l que les États accordent au commandant de la Province, lorsqu'il assiste dans leurs assemblées ordinaires.

 

 

 

 

Description effectuée par Jean-Joseph Expilly

 

* Quelques unes des villes ayant reçut les États de Bretagne et quelques dates : 

 

Rennes 1315 1386 1395 1398 1595 1598 1616 1621 ; Ancenis 1620 1630 1720 ; Vannes 1387 1451 1462 1482 1532 1592 1619 ; Nantes 1389 1622 ; Dinan 1352 1717 ; St Brieuc 1677 1768 ; Vitré 1705 ; Bazouges La Pérouze 1729...

 

 

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 19:55

 

Comme le souligne Jean Queniard, jusqu’en 1576, les États de Bretagne n'étaient que des assemblées minuscules, qui réunissent habituellement, tous ordres confondus, quelques dizaines de députés ; le nombre des nobles dépasse rarement une quinzaine de grands seigneurs. Les sessions sont en général annuelles ; leur principal rôle est le vote des fouages et d’autres taxes, procédure purement rituelle et symbolique, puisque leur montant ne peut être modifié ni par le roi ni par l’assemblée : le nombre des « feux »

 

Le Tiers Etat ne peut pas, comme la Noblesse, assister en Corps aux Assemblés, il n'y assiste que par Députés, & toutes les Villes n'ont pas droit d'en nommer. Sous le règne de Charles IX. & de Henri III. l'Ordre du Tiers fut peu rempli : mais il s'accrut après l'Edit de pacification publié en 1598. Les Députés des Communautés inscrits dans les Registres des Etats avant l'an 1609 sont ceux de Rennes, de Nantes, de Vannes, de Quimper, de Dinan, de Quimperlé, de Fougères, de Morlaix, de Vitré, d'Aurai, de Hennebont, de St Malo, de Lannion, de Treguier, de Ploermel, de Guingamp, de Concarneau, d Audierne, de Saint Paul de Léon, de Châteaubriant, du Croisic, de Carhaix, de Landerneau, de Penmarch, d'Antrain, de la Guerche, de Brest, de Châteaulin, de St Renan, de Paimpol &c d'Ancenis. On en trouve depuis 1600 des Communautés de Pontivy, du Conquet, de Roscoff, de Machecoul, de Clisson, de Ruis, de Hedé, & de la Roche Bernard. Mais comme il n'y avait rien de réglé -dessus, les Etats assemblés à Nantes l'an 1614 en présence du Roi & de la Reine, demandèrent à Leurs Majestés par le 21 article de leurs remontrances, qu'il fût fait un Rolle des Communautés, qui avoient droit d'entrée aux Etats, afin qu'il n'y eût de lettres expédiées, pour la convocation des Etats, qu'en faveur de ces Communautés. L'article ayant été accordé, le Rolle ne tarda pas à être dresté & présenté au Roi. II contient les noms de 44 villes, dont il y en a quatre qui ne font que deux Communautés. Ces villes sont Rennes, Nantes, Vannes, Quimper, Dinan, Ploermel, Dol, S. Malo, Fougères, St Brieuc, Hennebont, Morlaix, Vitré, Aurai, St Paul de Léon, Guerande, Guingamp, Lamballe, Moncontour, Ancenis, Pontivy, Josselin, Conq, Carhaix, Malestroit, Châteabriant , le Croisic, la Guerche, Clisson, Redon, Quimperlé, Lesneven, Lantreguer, Lannion, Landerneau, Quintin, Monfort, Machecoul, Brest & St Renan, Douarnenez, Rhuys, Antrain & Basouges. Les Etats de 1699 permirent aux Habitans du Port Louis de se pourvoir au Conseil pour y obtenir le droit de lever les deniers d'Octroi & de députer aux Etats de la Province. Le même droit vient d'être accordé aux Habitans de l'Orient. Suivant l'ancien usage nos Rois, avant la tenue des Etats, écrivaient aux Capitaines & aux Habitants des Villes pour les avertir de se trouver aux Etats. L'Assemblée de 1574 faisant réflexion que cet usage était fort négligé, ou que, si l'on écrivait aux Villes, ce n'etait que pour les exhorter à chercher les moyens de faire promptement les levées, elle supplia le Roi de faire revivre l'ancienne Coutume & d'écrire aux Villes, non pour leur demander des levées des deniers, mais pour donner leur avis sur ce qui serait proposé de sa part. L'élection des Députés doit être faite en présence du Gouverneur de la Place. La Communauté de Fougères la fit ainsi l'an 1616. & élut pour ses Députés le Syndic & le Sieur de Brecelon. Mais soit que Mr. de Guemadeuc, qui était son Gouverneur, ne lui eut pas donné une entière liberté, ou qu'elle fut sollicitée par quelque aspirant à là Députation, elle s'assembla une seconde fois en particulier, & élut le Lieutenant de la Juridiction en la place du Sieur de Brecelon. Les Etats, instruits de ce qui s'était passé à Foures, ordonnèrent d'abord que l'élection faite en présence de Mr. de Guemadeuc auroit ìeu : mais dans la suite, pour satisfaire aux désirs de Messieurs les Commissaires, ils consentirent que le Lieutenant entrât dans l'Assemblée, à condition qu'il n'aurait qu'une voix avec les deux autres Députés. Les Etats de 1667 par l'article 17, de leurs remon trances au Roi, supplient Sa Majesté, qu'il soit libre aux Communautés de députer qui bon leur semblera aux Etats, comme elles l'ont pratiqué par le passé : cela suppose quelque atteinte donnée a la liberté des élections. Le Conseil répondit que le Roi prendrait sa résolution sur cet article, lorsque le Duc de Chaunes, Gouverneur de la Province, lui aurait envoyé son avis. Le nombre des Députés de chaque Ville n'a point été fixé jusqu'à présent. Aux Etats de Rennes en 1595. il y avait dix Députés de la Communauté de Rennes ; elle en avait huit en 1596, sept en 1597, neuf en 1598, six en 1605. & neuf en 1671. Mais quelque nombre de Députés que chaque Ville envoyé aux Assemblées, ils n'y ont tous qu'une voix. Le Chef de la Députation a le titre de Député, & les autres sont qualifiés, Aggregés a la Députation. Le régime des réquisitions et des corvées pour la confection et l'entretien des routes, pesait lourdement sur la population des campagnes; les États, dès 1740, viennent au secours du colon chargé des transports militaires. Quant à la corvée, le manuscrit est sobre d'explications; il se contente de dire qu'en 1782, les États votèrent 200,000 livres pour le soulagement des corvoyeurs, et ne fait aucune mention de l'ordonnance du 30 juin 1776 supprimant cette servitude et la remplaçant par un impôt à la charge des propriétaires. Cette ordonnance ne reçut pas un meilleur accueil des autres provinces du royaume. C'est là une des grandes fautes des privilégiés de cette époque.

 

 

 

Quelques dates

 

 

 

 

Ploërmel 1309

 

 

 

 

La première Assemblée où paraissent les Trois Etats, est celle que le Duc Artur II tint a Ploermel l'an 1309. II y a bien de l'apparence que cette Assemblée fut faite pour l'acceptation de la Bulle du Pape Clément V. sur le changement du droit de Tierçage en celui de Neume. Le Régistre de ces Etats, qui est au Château de Nantes, conclut ainsi : Par le Parlement Général, présens les Trois Etats. Rousseau. II semble même que l'usage d'appeller le Tiers Etat au Parlement, fut établi avant l'an 1300 car Jean de Bretagne &Guillaume de Baden font qualifiés dans la Bulle de Clément V. Procureurs du Duc et des Barons, des Nobles & du peuple de Bretagne. es Barons , des Nobles &c du peuple de Bretagne.

 

 

 

 

 

Rennes 1315

 

 

 

 

Le Duc Jean III. assembla son Parlement a Rennes l'an 1315. & y appella le Tiers Etat. La preuve que nous en avons, est une Déclaration donnée au Duc par les Membres de cette Assemblée touchant son droit de Régale fur les Eglises. Cet acte finit ainsi : Et partant en ont été cettes présentes baillées à mondit Seigneur le Duc & rédigées en son dit Parlement tenu en la Cité de Rennes o solemnité des Trois Etats le Jeudi après Misericordia Domini, l'an de N.S. MCCC XV. ans. Par la Cour dudit Parlement, présens les Trois Etats. Rousseau.

 

 

 

 

Dinan 1352

 

 

 

 

Jeanne de Bretagne, femme de Charles de Blois, voulant procurer la liberté a son mari prisonnier en Angleterre, assembla ses Etats a Dinan l'an 1352. & y appella le Tiers Etat ; les lettres de créance qu'elle donna aux Députés, que l' Assemblée envoyait en Angleterre pour y négocier la rançon de Charles, commencent ainsi : Nous Jeanne, Duchesse de Bretagne, Vicomtesse de Limoges et Dame de Guise & de Maesme faisons sçavoir à tous que par l'avisement, conseil & assentement des Prélats, Chapitres, Barons & autres Nobles & des Bourgeois & Habitans de nos bonnes Villes de notre Duché de Bretagne, etc.

 

 

 

 

Vannes 1387

 

 

 

 

Comment ne pas mentionner au début de notre travail les Etats réunis à Vannes, en 1387 ? Etats, il est vrai, insignifiants par eux-mêmes et dont Phistoire n’a pas daigné nous transmettre les actes, mais Etats mémorables en ce qu’ils furent l'occasion d’un crime aux conséquences longues et terribles, Jean IV avait enfin triomphé dans sa querelle contre Blois et Penthièvre. La mort de son rival aux plaines d’Auray avait fondé sa puissance ; le levrier de Charles de Blois, fidèle au succès, était venu saluer Jean le Victorieux, et la couronne ducale, auguste objet du débat, reposait désormais sur la tête de Montfort, reconnu dans le traité de Guérande même par ses rivaux. La maison de Penthièvre restait toute fois redoutable, et la méfiance de son heureux ennemi scrutait rigou reusement tous ses actes. L’union que Jean de Blois, héritier de cette famille, contracta avec Marguerite, fille d’0livier de Clisson, connétable de France, accrut encore ses soupçons et sa haine. Le connétable était à craindre: ancien frère d’armes de du Guesclin, aussi brave que lui mais plus ambitieux, il lui avait succédé dans la première dignité militaire du royaume; la confiance et l'amitié du jeune roi lui étaient acquises. Le faible et infortuné Charles VI pouvait tout accorder au héros dans lequel il voyait le soutien de son trône et l'unique général qui lui fût dévoué. Obéissant à la fois à la peur et au désir de la vengeance, curieux d’ailleurs de donner un gage d’amitiéà l'Angleterre, contre laquelle Clisson faisait en ce moment même de belliqueux préparatifs, le Duc résolut d’immoler son ennemi et ne recula pas plus devant la honte d’une trahison que devant l'horreur d’un assassinat. Réunissant les Etats, il fit affectueusement prier Clisson de s’y rendre, le reçut à sa table, mangea à la sienne, but à la même coupe, lui prodigua les plus heureux souhaits. Et comme le connétable allait partir, Montfort le pressa de venir voir avec lui le beau château de I’Hermine, qu’il faisait alors bâtir. Ils s’y rendirent chevauchant ensemble, et suivis de quelques gentilshommes, parcoururent les salles et burent au cellier. Le duc fit emprisonner Clisson.

 

 

 

 

 

Nantes 1389

 

 

 

 

La lettre que les Etats Généraux écrivirent au Roi de France l'an 1380. pour supplier sa Majesté de pardonner à leur Duc, est scellée des Sceaux de l'Evêque de Rennes & de l'Abbé de S. Melaine pour les gens d'Eglise, & des Sceaux du Vicomte de Rohan & du Sire de Montafilant pour les Barons, les Nobles & les Communes de Bretagne. La réponse que le Roi fit a cette lettre, est addressée aux Prélats, Clergé, Barons, Nobles, Villes & Communes du pays de Bretagne. Le Traité de paix qui suivit ces deux lettres, fut ratifié par les Prélats, les Seigneurs & les bonnes Villes de Bretagne. Les sujets de plainte que le Duc Jean IV. avait contre le Comte de Penthièvre & le Connétable de Clisson, furent communiqués aux Prélats, Barons, Bannerets, Chevaliers, Ecuyers & Députés des Chapitres & Villes du Duché, assemblés a Nantes l'an 1389. dans la maison des Frères Prêcheurs.

 

 

 

 

Vannes 1451

 

 

 

 

Les premiers que nous rencontrions ensuite et qui méritent de nous arrêter, sont ceux de 1451. En proie aux dissensions et à la guerre, notre province n'avait pu, depuis longues années, jouir de ces assemblées où se discutaient ses intérêts les plus chers et qui étaient pour ses souverains l'occasion des réformes les plus utiles. Pierre II venait d'entrer en possession du duché. Prince d'une humeur sombre et soupçonneuse, ayant mené jusqu'alors la vie la plus solitaire, il écouta le conseil, que son prédécesseur et son frère lui avait donné en mourant, de bannir cette mélancolie et de se rendre, par une vie moins retirée, par un accueil franc et ouvert, accessible au peuple qu'il était appelé à gouverner, Fut ce l'effet de ces dernières paroles d'un mourant ou de l'austère piété du nouveau duc, sincèrement désireux de remplir ses devoirs de souverain et de faire le bonheur de ses sujets? Je ne sais, mais l'histoire atteste que pendant la courte durée de son règne, Pierre II fut toujours véritablement populaire. Si quelques-uns de ses actes por tèrent encore l'empreinte de son malheureux caractère, la Bretagne les oublia, en voyant un prince généreux jusqu'à la profusion, appli qué aux affaires, soutenant noblement tous ceux qui avaient par leurs services bien mérité de leur pays, portant d'ailleurs aussi haut qu'au cun de ses prédécesseurs le vieux drapeau breton, détestant les impôts et craignant toujours d'en surcharger son peuple. A peine avait-il ceint le cercle ducal, qu'il convoquait les Etats à Vannes pour le 25 mai 1451 « La veille, disent les registres, fut crié et banni que nul ne s'avance à entrer au dedans du parquet du Parlement, sauf les seigneurs et conseillers et ceux qui y sont ordonnés, sur peine de soixante livres d'amende, » présentement et incontinent exécutée. lLe Parlement de la province se réunit à Vannes, le 13 de novembre 1455 dans la grande salle des Halles. Le Duc s’y rendit, vêtu d’une robe de drap d’or, et accompagné du comte d’Etampes. Son chancelier exposa tous les faits que je viens de raconter, et conclut à ce que les Etats fussent consultés sur la double question du mariage de Marguerite et‘ de la succession au duché. Ils émirent unanimement un avis conforme à celui des parents de la jeune princesse et aux désirs de tous. Le testament de François Ier, décidèrent-ils, devait être fidèlement observé, ils ajoutaient même, étrange idée, de prétendre légiférer sur Phistoirel-que les femmes avaient été constamment exclues de la succession au duché. Les faits donnaient à cette assertion le plus complet démenti François d’Etampes priant alors le sénéchal de Nantes de parler en son nom, remercia par son organe le Duc et les Etats de Phonneur qu’ils lui faisaient, déclara qu’il était heureux de recevoir Marguerite de Bretagne pour épouse, qu’il avait promis d’exécuter fidèlement les dernières volontés du père de la princesse, qu’il renouvelait aujourd’hui son engagement en jurant sur les saints Evangiles. Marguerite de Bretagne, conduite par sa mère et par la duchesse régnante, la vertueuse Françoise d’Amboise, entra alors dans le parquet des Etats ; sa sœur Marie et un nombreux cortège de nobles dames la suivaient; le comte d’Etampes descendit près d’elle, et l'évêque de Nantes les fiança ; puis le Duc décréta le mariage que confirmèrent les Etats assemblés. Ils ajoutèrent que, tant qu’il resterait des mâles issus de la maison de Bretagne, Marguerite ne pourrait succéder au duché. Deux jours après, aux Cordeliers de Vannes, les mêmes Etats prononçaient l'union de Marie, sœur de Marguerite, avec le fils du vicomte de Rohan; et le 16 novembre, dans la chapelle des Lices, une jeune fille aux riches parures, à la longue robe trainante, à la coiffe d’or enrichie de pierreries, était agenouillée devant l'autel à côté de son fiancé. L’évêque de Nantes célébrait le mariage de François, comte d’Etampes et de Marguerite de Bretagne.

 

 

 

 

 

 

 

Vannes 1462

 

 

 

 

Lorsqu’en 1462, les Etats de la province se retrouvèrent convoqués à Vannes, le siége ducal était occupé par le jeune couple dont nous venons de voir bénir l'union en cette même ville, en 1455. François II, brillant et beau, nourri dans les fêtes de la cour de France, en transporta jusqu’en Bretagne le luxe, la gaité, la joie incessante, les tournois et les chasses. Les intérêts de ses peuples n’étaient cependant pas négligés, et, dans la tenue qui nous occupe, le Duc promulgue des constitutions nouvelles. La plupart rappelaient celles de Pierre II, et tendaient à en assurer l'exécution; il y avait aussi quelques dispositions nouvelles. Ainsi, pour que les notaires n'exigeassent pas d’honoraires plus considérables que ceux fixés par la loi, il leur était ordonné de mentionner sur le dos des actes ce que leur avaient payé les parties, et la déchéance punissait celui que l'on pouvait convaincre d‘avoir exigé plus qu’il n’avait inscrit, ou que les constitutions ne permettaient. Les faussaires et faux témoins étaient condamnés à être fouettés en public et à se voir couper, les uns l'oreille, les autres le poing; en cas de récidive, la peine de mort était prononcée

 

 

 

 

Vannes 1532

 

 

 

 

Ce fut en 1532, dans la grande salle du manoir épiscopal de Vannes, que les Etats se réunirent pour cette importante affaire. Le roi y assista-t-il? Attendit-il à Chateaubriant l'issue des délibérations? Les documents et les annalistes varient à cet égard; la première opinion est pourtant la plus probable. Outre la probabilité, elle a même pour elle des pièces authentiques. Ce qui est sûr, du reste, malgré le témoignage des actes officiels, souvent assez suspects en pareille matière, c'est que la proposition d’unir définitivement notre province à la France, loin d’obtenir dès l'abord l'universalité des suffrages, suscita une vive opposition et des débats orageux au sein des Etats. Les partisans de la vieille nationalité bretonne, puisant dans les circonstances un surcroît d’énergie, repoussaient obstinément la domination étrangère, même masquée sous la forme d’une alliance. Leurs pères avaient su défendre l'indépendance du duché; avait-on le droit de sacrifier cet héritage? Qu’allait devenir la Bretagne une fois province du royaume ? Oubliée, abandonnée, par suite de son extrême éloignement de la capitale, elle verrait ses deniers publics employés uniquement au profit de la France, ses bénéfices prodigués à des étrangers, ses gentilshommes entraînés à des guerres lointaines absolument étrangères à ses intérêts, son peuple foulé d'impôts, impuissant à faire monter jusqu’aux oreilles d’un souverain si éloigné de lui ses prières et ses plaintes. Les intérêts de la Bretagne lui étaient particuliers comme ses mœurs; pourquoi son gouvernement ne le serait-il pas de même et ne resterait-il pas aux mains de ses enfants, seuls capables de régir avec la sollicitude, avec l'amour qu'elle méritait, leur vieille terre de granit minée par les flots?

 

 

 

 

 

 

 

 

Vannes 1592

 

 

 

 

Henri de Bourbon, roi de Navarre, est appelé au trônc par sa naissance, mais il est protestant, et bien des catholiques redoutent de voir un huguenot occuper le trône des rois très-chrétiens. Un parti puissant se forme pour empêcher la couronne de reposer sur sa tête; ce parti prend pour roi le cardinal de Bourbon; il prète serment à la Sainte-Union, et la Ligue est fondée. En Bretagne plus que partout ailleurs elle eut de profondes racines. Le vif attachement de nos populations à leurs croyances religieuses les y engageait naturellement, et des circonstances politiques particulières contribuaient à les y jeter plus unanimement encore. Le duc de Mercœur gouvernait notre province au nom du dernier roi; cet illustre guerrier réunissait à un degré éminent les défauts et les qualités qui font les chefs de parti. Il était ambitieux, austère de mœurs et de principes, courageux soldat, général habile, et chéri pour sa libéralité; il joignait, en outre, à des talents réels pour gouverner une foi ardente et profonde. Il considérait sa femme comme la légitime héritière des droits des Penthièvre au duché, et la cause qu’il servait comme celle du catholicisme ; son influence en Bretagne lui paraissait assez puissante pour arriver au double but qu’il se proposait, en faisant triompher sa religion et ses droits. Ce fut lui qui convoqua les Etats à Vannes en 1592. Le serment de l'Union, profession de foi des ligueurs y fut solennellement prêté, et‘ la publication des actes du Concile de Trente condamnant le protestantisme ordonnée par toute la province.

 

 

 

 

 

 

Dinan 1717

 

 

 

 

Nous passons maintenant sans transition au XVIIIe siècle. Quelques auteurs, en plaçant à Vannes la session des Etats tenus réellement à Dinan en l'an 1717, et à laquelle se rattachent les derniers mouvements de la nationalité bretonne avant 1789, nous autorisent à la faire entrer dans le cadre de notre travail. Quelques mots sur la conspiration de Pontcallec formeront donc le complément de cette seconde partie où, après avoir montré la Bretagne définitivement unie à la France en 1532, nous venons de la voir, en 1592, tout près de recouvrer sous le duc de Mercœur son antique indépendance. Philippe, duc d’Orléans, exerçait la régence pendant la minorité de Louis XV. Trois millions de livres de joyeux avènement avaient été accordés par les Etats; le gouvernement, se servant en cette occasion de l'organe du maréchal de Montesquiou, voulut exiger le vote par acclamation d’un million de livres de plus, à titre de don gratuit. On vit alors le Président de la Noblesse se lever et répondre que la demande, faite impérieusement par le représentant du Roi de France, était une atteinte aux priviléges bretons. Il lut le contrat de mariage de la duchesse Anne qui sanctionnait ces franchises, et la lecture en fut accueillie par d’unanimes applaudissements. Les trois Ordres répondirent à la demande qui leur était faite : « que les Bretons étaient les sujets dévoués du Roi; qu’en toutes circonstances ils s’étaient efforcés de donner à la monarchie des preuves éclatantes de leur zèle ; mais que le droit de la province était de voter librement les impôts, et qu’ils n’accorderaient le don gratuit qu’après avoir consulté l'état de leurs finances, comme c’était leur devoir. » Le Régent ordonna immédiatement la dissolution des Etats et la levée des subsides par voie d’autorité. Ce prince corrompu, si libéral en paroles, si despotique à la moindre résistance opposée même justement à ses caprices souverains, violait ainsi la loi qu’il eût du faire respecter et les enga gements sacrés, pris par la couronne de France à Pégard de la Bre tagne. Les Bretons résistèrent. Leur Parlement décida que la dissolution des Etats et la levée forcée des impôts étaient une double atteinte portée au traité d’Union. Des troupes furent envoyées pour comprimer le mécontentement; la fermentation s’accrut; alors eut lieu la conspiration de Pontcallec. Les Bretons, convaincus que les liens qui les unissaient à la France se trouvaient rompus par violation même du pacte d’Union, résolurent

 

 

                     

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:00

 

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 18:30

 

 

 

On sait le mépris dont était entourée la profession de cordier. Guillaume Sevestre « vivant cordier de profession » meurt au village de Quessedor en Maroué « dans la communion ecclésiastique, après avoir reçu le Saint-Sacrement d'Eucharistie, et l'Extrême-Onction et le jeudy suivant vingt-neuffiesme dudit mois (avril 1700) aurait été inhumé dans l'Eglise paroissialle dudit Maroué en présence du prestre du clergé et ayant grande messe chantée. Cependant les manants et habitants de ladite parroiesse de Maroué se seraient advisées de détairer le corps et cadavre dudit feu Sevestre et l'ont ignominieusement exposé dans un grand chemin ..."Les juges de Lamballe seraient dessandus et auroient fait d'abondant enterrer le dit cadavre en leur présence et du public de laditte parroisse; qui se serait formalisé d'une telle action, et le dimanche neufviesme de ce mois (mai), incontinent l'issue de la grande messe, après avoir chassé de ladite église les femmes des exposants et les avoir fort maltraités, et malgré le recteur de ladite parroisse et tout le Cierge ils auroient de force entré dans ladite Eglise et forcé là porte d'icelle quy avoit été fermée par ledit recteur et ont encore déterré ledit cadavre et enlevé dudit lieu, l'ont porté au village de Quessedor où il est actuellement, et comme par "arrest du vingtiesme mars 1681, la cour aurait condamné pareille entreprise des parroissiens de Saint-Garadec à ces causes, ledits exposants, etc. » (extrait des registres du Parlement). Les exposants, parents du défunt, sont mis sous la sauvegarde de la justice, et le Parlement ordonne la réinhumation du cordier. Les juges de Lamballe interviennent de nouveau et dans leur requête ils disent: « et par une forme toute contraire aux lois du christianisme l'exposant honteusement dans un grand chemin, comme un exçomunié ou plutôt comme un chien... et joignant le mépris au scandal et à a barbarie ils l'ont, en présence de plus de quatre ou cinq cents personnes qui les suivoient, porté de our en plein midy ledit, corps et exposé dans le grand chemin. » Voici enfin la sentence définitive, on frémit en voyant la date : -18 décembre 1700. «... le corps dudit Sevestre déterré depuis la réinhumation faite en notre présence sera une seconde foys réinhumé dans l'église dudit Maroué, fait défense aux habitants dudit Maroue, et à tout autre de le déterrer... » Il s'agit bien là d'une petite révolte causée par l'orgueil de ces gens qui se trouvaient humiliés de voir un cordier, lépreux sans doute, enterré avec leurs parents. Ces faits n'étaient pas absolument rares, l'extrait du Parlement en effet, fait allusion à celui de Saint-Caradec; Le Maout raconte un fait analogue arrivé à Planguenoual, non loin de Maroué.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 18:39

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 12:29

VII

 

 

(VII-c.) Charlotte de Brosse, sœur et héritière de Jean, duc d'Estampes, et fille aînée de René de Brosse, dit de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Bridiers, seigneur de l'Aigle, de Boussac, Sainte-Sevère et autres lieux, tué à la bataille de Pavie, le 24 février 1525, et de Jeanne de Comines, sa première femme ; elle avait épousé François de Luxembourg, IIe du nom, vicomte de Martignes et marquis de Baugé en Savoie, fils de François et de Louise de Savoie. Elle eut deux filles et deux fils : 

 

 

(VIII-a). Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues, tué au siège de Hesdin en 1553, sans laisser de postérité de Claude de Foix, sa femme, qui était morte en couches d'un fils, nommé Henri, et mort en même temps. Portraits ci-dessous.

 

 

 

 

(VIII-b). Sébastien de Luxembourg, qui suit ;

 

(VIII-c). Philippe de Luxembourg, mort jeune

 

(VIII-d). Madeleine de Luxembourg, dame d'Aspremont, mariée, le 13 nov. 1563, à George de la Trémoille, baron de Royan et d'Olonne, seigneur de Saujon et autres lieux, chevalier de l'ordre de St-Michel, sénéchal de Poitou, et capitaine du château de Poitiers, mort en décembre 1584. 

 

 

(VIII)

 

 

(VIII-b). Sébastien de Luxembourg, vicomte de Martigues, duc de Penthièvre, pair de France, chevalier de l'ordre de St-Michel, colonel-général de l'infanterie française et gouverneur de Bretagne, surnommé le chevalier Sans Peur, servit utilement les rois Henri II, François II et Charles IX. Il se trouva en divers sièges et combats, et eut le commandement de l'avant-garde de l'armée au combat de Messignac en 1568. François II le fit chevalier de son ordre de S'-Michel en 1560, et Charles IX érigea pour lui le comté de Penthièvre en Duché-Pairie, par lettres données au Plessis-lez-Tours en septembre 1569, vérifiées au parlement le 15 du même mois. Ce duc fut tué au siège de Saint-Jean d'Angely le 19 novembre suivant. « C'était un grand général, dit M. de Thou, également illustre, et par sa valeur et par l'éclat de sa naissance. " De son épouse Marie de Beaucaire, fille de Jean, seigneur de Puiguillon, sénéchal de Poitou, il eut : 

 

(IX-a). Jeanne de Luxembourg, morte en bas-âge.

 

(IX-b). Marie de Luxembourg, qui suit ; 

 

 

 

Sébastien de Luxembourg

 

 

(IX-b). Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, vicomtesse de Martigues, née à Lamballe le 15 février 1562, et mariée à Paris, le 12 juillet 1579, à Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur. Elle mourut le 6 sept. 1623, et fut enterrée au couvent des Capucins de Paris. De ce mariage vinrent : 

 

 

 

Philippe-Emmanuel de Lorraine

 

 

Philippe de Lorraine, mort jeune le 11 décembre 1590.

 

Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur et de Penthièvre, princesse de Martigues, morte à Paris le 8 septembre 1669, âgée de 77 ans. Elle avait été mariée a Fontainebleau, au mois de juillet 1609, à César duc de Vendôme, d'Estampes et de Beaufort, pair, grand-maltre chef surinten dant-général de la navigation et commerce de France, fils naturel et légitimé de Henri IV, roi de France, et de Gabrielle d'Estrées, duchesse de Beaufort.

 

 

 

 

 

Françoise de Lorraine & César duc de Vendôme

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 04:41

 

(V-b). Antoine de Bretagne, premier du nom, fils de Jean de Brosse, seigneur de Sainte-Sevére, de Malleval, de Boussac, &  de Nicole de Blois, fut tonsuré le 7 mai 1462, associé à l’ordre de Notre-Dame du mont Carmel en 1471, & fait chevalier de l’ordre de St Jean de Jérusalem en 1481. Il fut blessé en 1498, dans un combat sur les côtes de Syrie ; & depuis il se maria, par contrat du 2 avril 1501, avec Jeanne de la Praye, fille unique & héritiere de Jérôme de la Pray, seigneur des Crot, dont il eut pour fils

 

(VI-d). Ponthus de Brosse, qui suit ;

 

VI

 

(VI-d). Ponthus de Brosse, du nom, seigneur des Crot & de Malleval, capitaine de 60 hommes d’armes, se maria le 6 de septembre 1527 avec Marie Sardin, fille de Jean Sardin, seigneur de Beauregard, son testament est daté du 9 septembre 1535. Par ce testament il laisse pour héritier de ses biens ;

 

 

(VII-f). Antoine de Brosse, qui suit ;

 

(VII-g). Charlotte de Brosse, qui épousa en 1548 Charles Domas, seigneur de Pisey.

 

 

VII

 

(VII-f). Antoine de Brosse, II du nom, seigneur des Crot & de Malleval, se maria le 7 janvier 1561, avec Catherine Magnin, fille de Charles Ma nin, seigneur de Sainte Colombe. Il fit son testament le 2 mars 1570, par lequel il fait son héritier Claude de Brosse (VIII-a), & lègue la somme de six mille livres à Philibert de Brosse (VIII-b), prêtre, prieur du Montfauvet, son deuxième fils. 

 

VIII

 

(VIII-b). Claude de Brosse, I du nom, seigneur des Crot & de Malleval, servit avec honneur les rois Charles IX, Henri Ill, Henri IV. Il commandoit pendant les guerres civiles dans les ville & château de Beaujeu. Il épousa par contrat du 26 mai 1572 damoiſelle Anne Grisard. Il fit son testament le 2 de septembre 1605, mourut le 28 du même mois, & fut inhumé dans l'église paroissiale de S. Nicolas de Beaujeu. On y voit son épitaphe, en ces termes : Y gít noble seigneur messire Claude de Brosse, seigneur des Crot & de Malleval, commandant en la ville & château de Beaujeu, lequel décéda le 28 septembre 1605. Priez Dieu pour son âme. Et autour on lit cette devise, Quo fata sèquar. Ses enfants furent :

 

(IX-a) Claude de Brosse, qui suit ;

 

(IX-b). Antoine de Brosse, fut gendarme d’ordonnance dans la compagnie du duc de Bellegarde, grand écuyer de France, & depuis gentilhomme ordinaire de la maison du roi. Il epousa, par contrat du 20 février 1605 Claudine de Marzé. Ayant été compris dans le rolle des gentilshommes pour servir au ban & arrière-ban de l’an 1635, il y fut tué, suivant le certificat du sieur comte de Bonne. Ses enfans furent .

 

(X-g). Jacques Gaspard, enseigne de la colonelle du régiment Lyonnais, tué en Piémont.

 

(X-h). Luc-Adrien de Brosse, dont la postérité est éteinte.

 

 

IX

 

 

(IX-a) Claude de Brosse, II du nom, seigneur des Crot & de Malleval, épousa par contrat du 9 octobre 1641, Catherine Buchet, fille de Jean Buchet, seigneur de Changrenon, & de Jeanne de Cret. Il fit son testament le 14 avril 1648. Ses enfants furent :

 

(X-a). Jean de Brosse.

 

(X-b). Claude de Brosse, qui suit ;

de Brosse

 

X

 

 

(X-b). Claude de Brosse, llI du nom, seigneur des Crot & de Malleval, se maria le 3 janvier 1671 avec Marie Chesnard, fille de Salomon Chesnard, seigneur des Nuguets & de Montrouge. Il fit son testament le 12. avril 1714, lequel porte, qu’il voulait étre inhumé dans le tombeau de ses ancêtres, en l 'église de S. Nicolas de Beaujeu. Ses enfans furent :

 

(XI-a).Salomon de Brosse, marié par contrat du 2. mars 1703; avec dame Marie-Anne de Bethz, veuve du marquis de Pèchery, lieutenant de roi de la haute Alsace. Salomon était capitaine au régiment de Navarre, & chevalier de S. Louis. Il fut tué, par un parti, aux portes d'Arras, en se battant avec la plus grande valeur. Son épitaphe se voit dans l'église de S. Nicolas des fossés a Arras. Il n’a point laissé de postérité ;

 

 

(XI-b). Claude de Brosse, qui suit ;

 

Brosse

(XI-c). Marguerite de Brosse ;

 

de Brosse 

(XI-e). Aimée de Brosse ;

 

de Brosse ;

(XI-g). Claudine de Brosse, -toutes restées filles, ou religieuses en l'abbaye de la Déserte à Lyon.

 

 

XI

 

 

(XI-b). Claude de Brosse, IV du nom, capitaine au régiment de Villequier, chevalier de l'ordre de Saint Louis, baron de Chavane & seigneur des Crot & de Malleval, épousa, par contrat du 18 avril 1711, Catherine Cottin, ſille de Pierre Cottin, seigneur de la Barre, & de S. Germain d'Amberieu. Il fit son testament le 27 mai 1741, par lequel il institue pour son héritier Claude de Brosse, capitaine au régiment de Picardie ; rappelle Pierre-Michel de Brosse, son second fils, capitaine-aide-major au régiment d'Eu ; & confirme la pension qu'il avait donnée sur ses biens, à Marguerite de Brosse, sa fille, chanoinesse à Alix.

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 18:29

 

Nicole de Bretagne, que nous avons évoquée à la page précédente épousa le 18 juin 1437 Jean de Brosse, deuxième du nom, seigneur de Sainte-Sévère, de Boussac etc. Nicole de Blois-Châtillon, dite de Bretagne, comtesse de Penthièvre, vingt-et-unième dans la liste des barons de L' Aigle. Nicole et son oncle Guillaume, seuls héritiers de tous les biens des Penthièvres. Leurs contestations pour le partage. La terre de l'Aigle mise en sequestre. Nicole en a la jouissance provisoire pendant le procès qui dure trente ans. Louis Xl engagea, l'an 1479, le comte et la comtesse de Penthièvre, à lui céder à lui-même leurs droits sur le duché de Bretagne, pour les faire valoir en cas d'événement. Le prix de la vente fut une somme de trente-cinq mille livres qu'il s'obligea de payer au comte de Nevers, Jean de Bourgogne, leur gendre, et une autre de quinze mille livres, dont se chargea envers Isabeau de la Tour, leur créancière.

 

 

Jean de Bourgogne, comte de Nevers,

gendre de Nicole de Bretagne

 

 

Le roi, de plus, s'obligea de rendre à Nicole, ou à ses héritiers, dès qu'il serait en possession de la Bretagne, toutes les terres et seigneuries qui avaient formé, sous Marguerite de Clisson, le comté de Penthièvre. Le comte de Penthièvre mourut en 1485, et Nicole, sa femme ratifia, le 20 octobre de la même année, la cession qu'elle avait faite à Louis XI de tous ses droits sur la Bretagne. On ignore l'année de la mort de Nicole, qui survécut à son époux. Jean de Brosse et Nicole de Bretagne eurent deux fils et quatre filles, savoir :

 

(V-a). Jean de Bretagne -alias Jean III de Brosse, comte de Penthièvre, qui fut baron de l'Aigle ; qui suit  

 

(VI-b). Antoine de Brosse, auteur de la branche des seigneur des Clos & Malleval  

 

(V-c). Bernarde de Bretagne, qui épousa Guillaume Paléologue VII, marquis de Montferrat ;

 

(V-d). Paule de Bretagne, qui fut mariée en 1485 à Jean de Bourgogne, duc de Brabant, comte de Nevers ;

 

(V-e). Hélène de Bretagne, mariée en 1485 à Boniface V, marquis de Montferrat, frère de Guillaume ;

 

(V-f). Claude de Bretagne, qui en 1485 épousa Philippe, duc de Savoie, comte de Genève.

 

 

Claude de Bretagne, duchesse de Savoie

 

 

Philippe II, duc de Savoie, époux de Claude  de Bretagne

 

V

 

 

(V-a). Jean de Bretagne, alias Jean III de Brosse, comte de Penthièvre, vingt-unième baron de l'Aigle, seigneur de Boussac, mourut en 1502. Il poursuivit inutilement toute sa vie, ainsi qu'avoit fait son père, la restitution de ses terres de Bretagne, & vivoit en 1492. Il épousa le 15 mai 1468 Louise de Laval, fille de Gui XIV du nom comte de Laval, & d'Ysabeau de Bretagne, sa première femme, morte en 1480, dont il eut :

 

(VI-a.) René de Brosse -alias de Bretagne, qui suit ;

 

 

(VI-b.) Magdeleine de Brosse, alliée 1° à Janus de Savoye, comte de Genève, 2°. à François, bâtard de Bretagne, baron d’Avaugour ;

 

 

(VI-c.) Isabeau de Brosse, troisième femme de Jean IV du nom sire de Rieux, maréchal de Bretagne ;

 

 

(VI-c.) Marguerite de Brosse ;

 

 

(VI-c.) Catherine de Brosse, dite de Bretagne, mariée à Jean, baron du Pont, & de Rostrenen ;

 

VI

 

 

(VI-a.) René de Brosse, continua ses poursuites pour la restitution de ses terres de Bretagne auprès du roi Louis XII. Il en fit même hommage le 20 mai 1505, mais il n'y fut point rétabli, & n'en obtint pas davantage du roi François Ier. Le déplaisir qu’il en conçut le porta à quitter la France, & il suivit en Italie le connétable de Bourbon au service de l’empereur Charles V, pour lequel il combattit lors de la baraille de Pavie le 24. février 1524. René de Brosse avait été marié trois fois. Il avait épousé en 1504. Jeanne de Commines, fille du célèbre historien Philippe de Commines, seigneur d'Argenton, en Poitou, et d'Hélène de Chambes, de la maison des comtes de Montsoreau, en Anjou; il en eut quatre enfants, dont l'aîné fut Jean, de qui nous allons parler ci -après. Il eut, pour seconde femme, suivant quelques-uns, Françoise de Maillé, qui mourut peu de temps après son mariage sans lui donner d'enfants. Il l'avait épousée en 1516, et en 1521 il prit pour sa troisième femme Jeanne de Goufi (d'autres disent Grafi), de la maison de Lucinge, en Savoye, que quelques-uns disent avoir été sa seconde femme. Il en eut Françoise, dite de Bretagne, mariée en 1545 à Claude Gonfler de Boissy, comte de Caravas et duc de Roannez.

 

Du premier mariage vinrent

 

(VII-a.) François de Brosse, mort jeune ;

 

(VII-b.) Jean de Brosse, IV du nom, qui suit;

 

(VII-c.) Charlotte de Brosse, mariée à François de Luxembourg, vicomte de Martigues ; voir page consacrée à cette Maison.

 

 

(VII-d.) Jeanne de Brosse, dite de Bretagne, alliée à René de Laval, baron de Bressuire, morte sans postérité

 

Du second mariage sortit

 

(VII-e.) Françoise de Brosse, dite de Bretagne, dame de Palluau, de Bourg-Charente, de Pousauges, & de Sr Leu, seconde femme de Claude Gouffier, duc de Rouannez, grand écuyer de France, mariée le 24 décembre 1545, morte en couches le 26 novembre 1558 ;

 

VII

 

(VII-b.) Jean de Brosse, IV du nom, dit de Bretagne, duc d'Estampes, comte de Penthièvre & gouverneur du Bourbonnais, puis de Bretagne, ayant recherché tous les moyens pour rentrer en la jouissance du comté de Penthiévre, & de ses autres seigneuries, fut obligé d’épouser Anne de Pisseleu, maitresse du roi François Ier, fille de Guillaume, seigneur de Heilli, & d'Anne Sanguin, sa seconde femme, à laquelle ce roi étoit en peine de donner une dignité à la cour. Il mourut sans enfans en 1564 à Lamballe, & sa veuve vivoit encore en 1575 

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:37

 

 

Charles de Blois et Jeanne de Penthièvre

 

 

I

 

 

Jeanne de Bretagne 1324-1384 ; surnommé la Boiteuse, comtesse de Penthièvre et de Goello, dame d'Avaugour, de Mayenne, de Laigle, etc. Elle était fille unique et héritière de Gui de Bretagne, comte de Penthièvre et de Guingamp (voir ducs de Bretagne au Xe & XVe siècle, page n° 15), et de Jeanne d'Avaugour, comtesse de Goello (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 9). Dès l'âge de 13 ans, cette princesse, après avoir été recherchée par Edouard, roi d'Angleterre, pour Jean, comte de Comouailles, son frère, avait été fiancée à Charles, comte d'Evreux, fils du roi de Navarre, qui n'en avait que trois. Une telle inégalité d'âge ayant été blâmée par les états de Bretagne et par les parents de la jeune comtesse, on demanda et on obtint du roi de Navarre la rupture des conventions. Elle fut accordée sous la condition que Charles de Blois compterait à ce prince, à titre d'indemnité, dix mille livres tournois payables en dix ans , et en outre une somme de vingt mille livres en deux ans, pour le cas où cette jeune princesse parviendrait au duché de Bretagne du vivant de Charles de Blois. Le roi Philippe de Valois, qui régla lui-même toutes ces conditions, s'en rendit garant par le traité de mariage. Charles de Blois 1312-1364, était le second fils de Guy de Chastillon, comte de Blois, et de Marguerite de Valois (sœur de Philippe de Valois -alias Philippe VI roi de France), fut marié par le roi Philippe de Valois, son oncle, par acte passé à Paris le 4 juin 1337.

 

 

Enfants :

 

 

II-a). Jean de Bretagne, Ier du nom, qui suit ;

 

 

II-b). Gui de Bretagne, mort en étage en Angleterre, sans alliance, après une longue captivité;

 

 

II-c). Henri de Bretagne, qui ratifia avec sa mère le traité de Guérande, en 1381. Ayant suivi le duc d'Anjou, son beau frère, en Italie, en 1382, il y épousa la fille d'Honorat Cajetan, comte de Fundi, gouverneur de la Campanie. Il est qualifié Henri, despote de Romamie, fils de defunt Charles, duc de Bretagne, dans des lettres datées du château d'Angers, du 6 mai 1384, portant ratification du mariage de Louis d'Anjou, fils aîné du roi de Sicile et de Marie de Bretagne, avec Luzie, fille de Barnabo, duc de Milan. En 1398, il assista le même Louis II d’Anjou, son neveu, dans la guerre qu’il entreprit contre Lancelot, usurpateur du royaume de Naples. Il plaidait l'année suivante contre son frère aîné, pour ses droits dans la succession de sa mère, mais le comte de Penthièvre demeura son héritier par sa mort sans enfants, arrivée au mois de décembre 1400. Il fut inhumé dans l'église des Cordeliers d’Angers ;

 

 

II-d). Marguerite de Bretagne, dame de Laigle, mariée, en 1351, avec Charles d’Espagne, comte d'Angoulême, seigneur de Cognac, de Lunel, etc., chevalier de l'ordre de l'Etoile, connétable de France, ( tué au château de Laigle par ceux de la faction du roi de Navarre en 1353) fils d'Alphonse d'Espagne, dit de la Cerda, baron de Lunel, et petit fils de Ferdinand d'Espagne, fils aîné d'Alphonse V, roi de Castille;

 

 

II-e). Marie de Bretagne, dame de Mayenne, de Chilly et de Longjumeau, mariée, e 9 juillet 1360, avec Louis de France, Ier du nom, duc d'Anjou et de Touraine, pair de France, comte du Maine, de Provence, de Forcalquier et de Piémont, couronné roi de Naples et de Sicile par le pape Clément VII, à Avignon, le 30 mai 1382, mort au château de Bisilia, près de Bari, dans la Feuille, le 20 septembre 1384. Il était frère du roi Charles V, et second fils de Jean, roi de France et de Bonne de Luxembourg-Bohême. Marie de Bretagne, reine de Naples, de Sicile et de Jérusalem, mourut à Angers le 12 novembre 1401., et fut enterrée dans l'église de Saint-Maurice. De ce mariage sont descendus les rois de Naples, de Sicile et d'Aragon, ducs de Calabre, de Lorraine et de Bar, comtes de Barcclonne, de Provence, de Piémont et du Maine, etc.

 

 

II

 

 

II-a). Jean de Bretagne, Ier du nom, 1345-1404, comte de Penthièvre et de Goëllo, vicomte de Limoges, seigneur d'Avaugour, de Laigle, d'Avesnes, de Landrecies et de Novion, né à Jugon le 5 février 1345, était en otage à Londres depuis l'âge de 6 ans (1351), lorsqu'il apprit, en 1384, la mort de sa mère. Son frère Gui vivait encore et partageait sa captivité. Clisson avait fait demander au comte de Penthièvre s'il accepterait sa fille avec la terre de Châteauceaux, pour prix de sa délivrance. Cette offre ayant été agréée avec joie, les noces de Jean de Bretagne avec Marguerite Clisson, se firent à Moncontour en presence du connetable et d'un grand nombre de seigneurs bretons, dont les principaux étaient les sires de Laval, de Léon, de Rochefort, de Derval, de Beanmanoir et de Rostrenen. Dès que le duc Jean IV eut été informé de la négociation de ce mariage, il en conçut une si vive inquiétude, qu'il avait conclu une alliance d'armes avec le duc de Berry le 8 mai de la même année, avait fait arrêter au château de I'Ermine et charger de fers Olivier de Clisson, et n'avait consenti à lui laisser la vie et la liberté qu'en payant 100,000 francs de rançon, et en abandonnant au duc les villes et châteaux de Josselin, Lamballe, Broon, Jugon, Blein, Guingamp, la Roche-Derrien, Châtelaudren, Clisson et Château-Guy. Tel était l'état des affaires du connétable, lorsqu'il conclut le mariage de sa fille avec le comte de Penthièvre.

 

 

 

 

Jean de Penthièvre et Margot de Clisson

 

 

Enfants :

 

 

III-a). Olivier de Bretagne, premier du nom qui suit ;

 

 

III-b). Jean II de Bretagne, comte de Penthièvre et de Périgord, vicomte de Limoges, seigneur de Laigle, d'Avesnes et de Landrecies, fut connu, du vivant de son frère aîné, sous le nom de seigneur de Laigle. Il succéda à son neveu dans la vicomté de Limoges, et, malgré la décadence de sa maison, il sut administrer sa fortune avec tant de sagesse et d'économie qu'il put acheter, le 4 mars 1437, le comté de Périgord de Charles d'Orléans, petit-fils du roi Charles V, pour la somme de seize mille réaux d'or. Peu d'années après il succéda aux biens de Marguerite de Clisson, sa mère, décédée en 1441. Le comte de Penthièvre mourut en novembre 1454. Il avait épousé Marguerite de Chauvigny dame de Saint-Chartier, fille de Gui de Chauvigny et d'Antoinette de Cousan, sa troisième femme. Marguerite de Chauvigny, comtesse de Penthièvre , fit son testament le 22 juillet 1473, et fut inhumée dans la chapelle du château de Laigle, qu'elle avait fondée.

 

 

III-c). Charles II de Bretagne, qui suit :

 

 

III-d).Guillaume de Bretagne, qui suit ;

 

 

 

III-e). Jeanne de Bretagne, mariée 1° en 1407, avec Robert de Dinan, mort le 13 mars 1429, seigneur de Montafilant et du Guildo, troisième fils de Charles de Dinan, baron de Châteaubriand et de Jeanne de Beaumanoir ; & en 1448, avec Jean de Harpedane, chevalier, seigneur de Belleville et de Montagu, conseiller et chambellan du Roi, fils de Jean de Harpedane, dit de Belle ville, chevalier, seigneur de Belleville, de Montagu, de Saint-Hilaire, etc., et de Jeanne de Mucidan.

 

 

III

 

 

III-a). Olivier de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, seigneur d’Avesnes, de Landrecies, etc., épousa en premières noces, au mois de juillet 1406, Isabelle de Bourgogne, quatrièrne fille de Jean-sans-Peur, duc Bourgogne, comte de Flandre et d Artois, et de Marguerite de Baviere. Cette alliance, que la comtesse Marguerite de Clisson avait elle-même négociée, releva toutes ses espérances surle duché de Bretagne, et lit plus que compenser l’éloignement de la maison de Rohan, que le duc Jean V avait détachée de son parti. Elle était devenue héritière pour un tiers de l’immense fortune que le connétable de Clisson, son père, avait laissée à sa mort, en 1407, et à ce titre elle avait un grief récent contre le duc, qui, profitant de l'état désespéré d'olivier de Clisson, était venu l'assiéger dans son château de Clisson, et n’avait consenti à le laisser mourir en paix qu’en le frappant d’une contribution de cent mille francs, que le vicomte de Rohan et la comtesse de Penthièvre avaient été forcés de payer. Le comte Olivier passa le reste de ses jours dans le Hainaut, et les termina dans sa terre d'Avesnes le 28 septembre 1433. Il n'avait pas eu d'enfants d'Isabelle de Bourgogne, sa première femme. De Jeanne de Lalaing, la seconde, dame du Quiévrain (morte le 10 août 1467, et inhumée à côté de son mari, dans la chapelle de Notre-Dame du château d'Avesnes), fille de Simon de Lalaing, IVe du nom, baron de Quiévrain, et de Jeanne de Barbançon, il avait eu, selon du Chesne, un fils et une fille :

 

IV-a). N. de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur d'Avesnes et de Landrecies, qui survécut à son père, et mourut avant d'avoir atteint sa majorité ;

 

IV-b). N. de Bretagne, morte jeune.

 

Filles naturelles d' Olivier, comte de Penthièvre.

 

IV-c). Marguerite, bâtarde de Bretagne, femme de Brandelas, baron de Caumont, de Cartelnau et de Castel. Par son contrat de mariage, du 2 janvier 1444, Jean de Bretagne, vicomte de Limoges, son oncle, lui assigna 3000 écus d'or sur les terres de Terme, Boussignac et Sengeyrac;

 

IV-d). Vaudrude, bâtarde de Bretagne, mariée, en 1441, avec Randonnet de Fumel, seigneur de Monsegur.

 

 

III-c). Charles de Bretagne, Ile du nom, baron d’Avaugour, seigneur de Reignac, de Thors, des Essarts, etc., assista Olivier de Bretagne, comte de Penthièvre, son frère aîné, lors de l'arrestation de Jean V, duc de Bretagne, en 1420. Ses terres, confisquées par ce prince, furent données à Richard de Bretagne, comte d'Etampes, qui en jouit très-long-temps. Sa veuve plaidait à ce sujet contre le même Richard en 1434. Il avait épousé Isabeau de Vivonne dame de Thors et des Essarts, fille de Savari de Vivonne, chevalier, seigneur de Thors, et de Jeanne d‘Aspremont, dame de Reignac. Ils ont laissé une fille :

 

(IV-e). Nicole de Bretagne, qui suit.

 

 

III-d). Guillaume de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur d'Avesnes, de Novion et autres terres, dernier des fils de Jean de Bretagne, comte de Penthièvre, et de Marguerite de Clisson,succéda à Jean II, son frère, dans la vicomté de Limoges, envertu de la donation que celui-ci lui en avait faite. Guillaume avait été donné en otage, en 1421, au duc de Bretagne, par sa mère et ses frères. Il y resta jusqu'au traité du 27 juin 1448, c’est-à-dirependant plus de 26 ans, quoiqu'il n'eût pris aucune part à la faute commise par sa famille. Il en conçut une telle affliction qu’il perdit la vue. Néanmoins Jean de Bretagne, son frère, le maria, en 1450, avec Isabelle de la Tour, fille de Bertrand de la Tour, IVe du nom, comte d.Auvergne et de Boulogne, et de Jacquette du Peschin. Il mourut en 1455, laissant trois filles sous la tutelle d'Isabelle de la Tour (remariée depuis avec Arnaud-Amanieu d'Albret, sire d'Orval), savoir :

 

IV-f). Françoise de Bretagne, qui suit ;

 

IV-h).Jeanne de Bretagne, mariée, en 1475, avec Jean de Surgères, seigneur de Balon, mort en 1483, fils de Jacques de Surgères, seigneur de la Flocelière, et de Renée de Maillé. Elle vivait encore en 1499;

 

IV-i).. Charlotte de Bretagne, femme d’Antoine de Villequier, baron de Montrésor, fils d’André de Villequier ; chevalier, seigneur de Montrésor, de Menetou-Salon, de îles d'Olerou, de Marennes, d’Arvert et de Brouhé, vicomte de la Guerche en Touraine et de Saint-Sauveur en Normandie, premier chambellan du roi Charles VII, et d'Antoinette, dame de Maignelais. Elle était veuve, et tutrice de François de Villequier, leur fils, suivant un acte du 1er septembre 1490.

 

 

IV

 

 

(IV-e). Nicole de Bretagne, comtesse de Penthièvre, dame de Reignac, de Thors, des Essarts, etc., épousa, par contrat du 18 juin 1437, Jean de Brosse, vicomte de Bridiers, seigneur de Boussac et de Sainte-Sevère, conseiller et Chambellan du Roi, fils de Jean de Brosse, Ier du nom, seigneur de Sainte-Sevère et de Boussac, maréchal de France, et de Jeanne de Naillac. Ayant été appelée par droit de représentation à succéder au comté de Penthièvre en 1454, elle et son mari en firent hommage au duc Jean V. Jean de Brosse fut nommé lieutenant-général en Guienne en 1453. Ayant refusé de prendre part à la ligue du bien public, que le duc de Bretagne François Il avait fait approuver dans ses états en 1465, ce prince confisqua de nouveau le comté de Penthièvre, et refusa de le rendre nonobstant le traité de Saint-Maur, conclu le 29 octobre de la même année. Le duc n'avait qu'une fille. Le roi Louis XI, par traité de l'année 1479, se lit transporter tous les droits que Nicole de Bretagne et son mari pouvaient avoir sur le duché, pour les faire valoir en cas d'événement. Une somme de cinquante mille livres fut le prix de cette cession, et Nicole devait en outre rentrer dans toutes les terres et seigneuries qui, sous Marguerite de Clisson, avaient composé le comté de Penthièvre. Jean de Brosse mourut en 1485, et Nicole de Bretagne, sa veuve, ratifia, le 20 octobre de la même année, la cession qu'elle avait faite à Louis XI de ses droits sur le duché de Bretagne. (voir suite  en détail)

 

 

Jean IV de Brosse, arrière petit-fils de Nicole de Bretagne et son épouse Anne de Pisseleu

 

 

Nicole de Bretagne eut une nombreuse postérité, qui, de son chef, prit le nom de Bretagne, et écartela de ses armoiries. Le comté de Penthièvre passa, par suite d'un mariage, et par droit de représentation, en 1565, à Sébastien de Luxembourg, fils de François de Luxembourg, vicomte de Marfigues, et de Charlotte de Bretagne, arrière-petite-fille de Nicole. Sébastien obtint l'érection de Penthièvre en duché pairie le 15 septembre 1569. Marie de Luxembourg, sa fille et son héritière, porta ce duché en mariage, en 1576, à Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, qui entreprit, mais sans succès, de faire revivre à son profit les droits de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne. Françoise de Mercoeur, sa fille unique, ayant épousé César, duc de Vendôme, fils naturel du roi Henri IV, celui ci succéda au duché de Penthièvre en 1623. Par décret du 10 décembre 1687, ce duché, qui était échu à Louis-Joseph de Vendôme, son petit-fils, passa à Anne-Marie de Bourbon, princesse de Conty. En 1696 François-Louis de Bourbon, prince de Conty, vendit le duché de Penthièvre au comte de Toulouse (fils naturel de Louis XIV), dans la maison duquel il a subsisté jusqu'à la révolution.

 

 

IV-f). Françoise de Bretagne, comtesse de Périgord, vicomtesse de Limoges, dame d’Avesnes, de Novion, de Landrecies, etc., fut mariée, en 1470, avec Alain, surnommé le Grand, sire d'Albret comte de Gaure, vicomte de Tartas, fils de Jean d'Albret, vicomte de Tartas, et de Catherine de Rohan. Cette princesse fit son testament en 1481. Le sire d'Albret lui ayant survécu, se mit sur les rangs pour épouser Anne de Bretagne, fille unique du duc François II, et il fit même valoir aux yeux de celui-ci ses droits à lui succéder au duché de Bretagne. D'après un traité qu'ils conclurent, Alain d'Albret conduisit au secours du duc une armée de Gascons et de Navarrais, qui fit lever le siége de Nantes aux Français en 1486. Mais le duc François II ayant éludé l'accomplissement de sa promesse, et préféré Maximilien, roi des Romains, pour époux de sa fille, le sire d'Albret, outré de ce manque de foi, livra la ville de Nantes au roi de France. Il mourut au mois d'octobre 1522, ayant eu de son mariage avec Françoise de Bretagne ;

 

 

1°. Jean d’Albret, roi de Navarre, comte de Foix, de Gaure et de Périgord, vicomte de Limoges et de Tartas, aïeul de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV, qui à son avènement à la couronne de France, en 1589, y réunit le Périgord et le Limousin;

 

2°. Amanieu d'Albret, cardinal, évêque de Pamiers, mort en 1520;

 

3°. Pierre d’AIbret, comte de Périgord, mort célibataire ;

 

4°. Gabriel d'Albret, seigneur d'Avesnes et de Lesparre, vice-roi de Naples ;

 

5°. Louise d'Albret, vicomtesse de Limoges, dame d’Avesnes et de Landrecies, mariée, en 1495, avec Charles de Croy, prince de Chimay ;

 

6°. Isabelle d'Albret, alliée avec Gaston II de Foiz, comte de Candale et de Benauges;

 

7°. Charlotte d'Albret , femme de César Borgia, duc de Valenlinois;

 

8°. Anne d'Albret, nommée dans le testament de Françoise de Bretagne, sa mère.

 

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