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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:07

 

 

 

 

Le mois de Feuvrier

 

Fait chier la veille au fouyer

 

Piée en feuvrier

 

Vaut du fumier

 

 

 

Feuvrier emplit les foussés

 

et 

 

Ma'

 

les essarde

 

Ce mois de février était le mois des amoureux : au temps jadis, Février alla faire la cour aux filles, et il perdit deux jours. Le mois de la chandeleur -le deux février.

 

Quand la chandeleur est claire ;

 

L'hiver est en arrière ;

 

Quand elle est trouble ;

 

L'hiver est dans la douve ;

 

Si on menait ses vaches dans les prés après la chandeleur, point de foin ; du reste il était précisé dans les baux de jadis que les bestiaux ne pourraient aller au pré qu'après le deux février. Cette même date était néfaste aux mariages. A Trigavou, la chapelle Sainte-Agathe était vénérée ce jour, Sainte Agathe guérissait des maux de dents.

 

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 17:04

 

En 1841, parut le mémoire de Ch. Lyell. L'auteur décrit les faluns de Dinan, du Quiou, du Pas du Hac et de Saint-Juvat. Il a recueilli dans ces localités des fossiles appartenant pour la plupart aux faluns de Touraine. L'auteur avait remarqué qu'au Quiou, à Saint-Juvat et dans d'autres localités, on n'avait pas essayé de faire de la chaux avec les faluns qui s'y rencontrent, à cause de leur trop grande friabilité. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'il a inventé un nouveau four pour réduire en chaux les faluns et les sables calcaires à millepores, etc (voir La Mer des Faluns - La Maison des Faluns à Tréfumel). C'est un entrepreneur de travaux publics Médréacais, J.-M. Bougeard, qui édifia ces quatre fours à chaux, profitant en 1892, de l'ouverture de la ligne de chemin de fer entre La Brohinière et Dinan. Précisément, cette dernière ville comptait deux fours à chaux comme l'évoque en 1851 Paul Pierre Dehérain à travers ses écrits publiés dans les Annales agronomiques, cependant, comme il le précise, ces fours à chaux ne servaient qu'aux constructions, l'un à fournée, l'autre à cuisson continue et à la houille. Cependant ces fours étaient ignorés des agriculteurs. Le calcaire utilisé est extrait d'une carrière située tout près du site chaufournier, au sud-ouest. Le sablon calcaire des communes du Quiou et d'Evran est identique; il est généralement de couleur jaune assez prononcée, renferme beaucoup de coquillages fossiles, dont les principaux sont les huîtres, les peignes, les cadrans, les oursins, des dents de poisson , analogues à celles des requins, et quelques os de mammifères. Traité par l'acide hydrochlorique, il donne un résidu de 8 à 10 pour 100, composé presque uniquement de graviers quartzeux, mêlés à très-peu de silice. Le mètre cube de sabion pèse environ 1,200 kilos. Il se présente tantôt sous une forme pulvérulente, tantôt en morceaux plus ou moins compactes, et assez résistants quelquefois pour être employés aux constructions. Les minières sont toutes à ciel ouvert. Les charrettes y chargent le sable tant que la profondeur est peu considérable ; quand elle est trop grande, on le monte à fleur de sol au moyen de paniers, dont la corde s'enroule autour d'un treuil horizontal surplombant au-dessus de la fouille. Marina Gasnier fournit aussi des détails intéressants sur cette exploitation du Quiou : L'établissement ne fonctionnera réellement qu'avec trois des quatre fours puisque l'un d'entre eux a été rapidement endommagé par une infiltration d'eau qui le rend très vite hors d'usage. Une lettre de la mairie du Quiou, datée du 18 janvier 1892, confirme la disposition actuelle des fours à savoir que : les fondements de l'établissement sont situés à 7 m et les bouches des fours à chaux à 5 m au moins au-dessous du niveau du sol. Mais les deux guerres mondiales eurent un effet désastreux sur la destinée de l'usine. C'est d'ailleurs à la veille de la seconde guerre mondiale que le lieu changera de propriétaire, ce dernier se diversifia en ouvrant une fabrique de parpaings. Réouverte au cours de la moitié des années ciinquante, elle fermera définitivement ses portes vingt ans plus tard. 

 

 

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 08:11

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 07:47

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 07:12

Voici la description de ce monument Dinannais faites par J. Pazouges en 1850 :

La Tour de l'Horloge, en y comprenant la flèche qui la couronne, monte en pyramide à soixante mètres du sol. Elle est située à peu près au centre de la ville, et date du quinzième siècle. La municipalité y tenait autrefois ses séances. Au pied de la flèche est une galerie en plomb d'où l'observateur découvre les riants aspects des environs. Ce point-de-vue est très admiré des étrangers ; il est fâcheux seulement qu'il ne soit pas d'un accès parfaitement facile. L'horloge qui, depuis trois cent cinquante années, indique du haut de cette tour la marche du temps, est un présent de la reine-duchesse Anne de Bretague aux Dinannais en 1507, comme l'indique l'inscription suivante, que l'on peut lire encore sur le timbre :

 

 

ANNE, POUR VRAY JE FUS NOUMEE

EN L'AN MIL CINQ CENT SEPT.

DES NOBLES DE LA VILLE NOUMEE

TIERCE DE CE PAYS EN EFFET.

JE FUS EN CETUI AN FONDUE

AU MOIS D'AOUST PAR PHLIPES BUFET

ET DE BON MESTAL BIEN RANDUE

DU POYS DE SIX MILLE ET SEPT.

 

 

La fille sonore de Phlipes Bufet eut la duchesse Anne pour marraine, et, pour parrain , le vicomte de Rohan.

 

 

 

 

 

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:32

 

Caractères de la période qui s'étend du XIVe siècle à l'année 1669. Si nous divisons en deux parties notre étude des relations des métiers rennais avec les pouvoirs ducaux et royaux, et si nous fixons comme limite à la première partie de cette étude l'année 1669, c'est qu'en cette même année 1669 parurent les édits et les règlements de Colbert qui furent les premiers symptômes caractéristiques d'un changement dans la conduite de la royauté à l'égard des marchands et des artisans de Rennes. A partir de cette date seulement, la tutelle royale fut vraiment tracassière et gênante pour les métiers rennais ; jusque-là le fisc royal avait été peu exigeant ; aucun règlement de fabrication n'était émané de Paris, et des ducs de Bretagne il ne nous en reste qu'un. Aucun métier n'avait été soumis à une organisation élaborée auprès du roi et imposée au même métier dans tout le royaume, ainsi que le furent plus tard l'orfèvrerie, la librairie et l'imprimerie, la draperie, la teinturerie, la chirurgie et la coiffure. Si l'on fait abstraction de la Constitution de Vannes, édictée en 1424 par le duc de Bretagne Jean V, constitution qui n'a d'ailleurs de valeur que pour le XVe siècle, nous n'avons aucun édit, aucune déclaration, aucune ordonnance, aucune lettre patente émanant soit des ducs de Bretagne, soit des rois de France, promulgué avant 1669 et concernant en quelque chose les marchands et les artisans rennais, qui n'ait pour objet soit l'approbation ou la confirmation de statuts ou de privilèges, soit l'interdiction de former des confréries et des congrégations, soit, au contraire, l'obligation pour les métiers de se constituer en jurandes, soit enfin la création de lettres de maîtrise. Pour les métiers rennais, la période qui s'étend de la fm du XIVe siècle à l'année 1669 est, et c'est là son caractère essentiel, une période d'organisation ; ce caractère domine alors tous les rapports de ces métiers avec les pouvoirs ducaux et royaux. C'est à cette époque que tous les métiers qui, à Rennes, s'organisèrent jamais en jurandes, rédigèrent et firent approuver et confirmer leurs statuts. Il n'y eut d'exception que pour les vitriers qui n'eurent point de statuts avant 1702 pour les marchands dont le corps fut réorganisé en 1674 et 1735, et pour les orfèvres qui reçurent de nouveaux règlements en 1777.

 

 

Confréries et Communautés.

 

 

De même que la vie municipale, la vie corporative fut au Moyen-Age fort peu active en Bretagne, à Rennes en particulier. Les marchands et les artisans rennais avaient bien éprouvé de bonne heure le besoin de s'unir. Nous savons qu'au XIVe siècle ils avaient formé un certain nombre de « frairies » ou confréries. Un document de 1340 cité par M. de la Bigne-Villeneuve dans un mémoire inédit présenté à un congrès des Sociétés archéologiques de Bretagne, tenu à Brest en 1852, document relatif à la fondation de l'hôpital Sainte-Anne, nous apprend que cet hôpital eut parmi ses fondateurs les prévôts et les élus de plusieurs « frairies » de métiers. Sont mentionnées :

1° La confrérie de « Notre-Dame de Meaoust (de l'Assomption) tenue par les boulangers ; »

2° Celle de « Sainte-Anne tenue par les lissiers en fil ; »

3° Celle de « Saint-Barthélémy tenue par les baudroiers ; »

4° Celle de « Notre-Dame de Septembre (de la Nativité) tenue par les foulons et drapiers ; »

5° Celle de « Saint-Martin tenue par les boursiers ; »

6° Celle de « Saint-Philippe et Saint-James tenue par les merciers (marchands) ; »

7° Celle de « Saint-Eloi tenue par les selliers et mintiers » (ouvriers en menu fer) ;

8° Celle de Saint-Michel tenue par les parcheminiers ; »

9° Celle du « Saint-Sacrement tenue par les bouchers ; »

10° Celle de « Notre-Dame des Avents (de la Conception) tenue par les cordonniers . »

 

II n'est pas impossible que d'autres confréries de métier que celles énumérées ci-dessus, aient alors existé à Rennes ; ce qui paraît certain, c'est que les métiers qui participèrent à la fondation de l'hôpital Sainte-Anne étaient les plus florissants d'alors. Ces confréries ressemblent-elles aux associations d'artisans et de marchands nommées aussi confréries au XVe et au XVIe siècles, et communautés dans les actes du XVIe et du XVIIe. Ces associations sont toutes réglementées par des statuts approuvés par les ducs de Bretagne ou les rois de France, statuts qui diffèrent fort peu du XVe au XVIIe siècle, si bien qu'entre les confréries du XVe siècle et les communautés du XVIe et du XVIIe il n'y a qu'une différence de titres. Des confréries de 1340, au contraire, trois au moins, celles des boursiers, des bouchers et des boulangers n'en possèdent pas. Les boursiers, en effet, n'eurent pas de statuts avant 1395, les boulangers avant 1454 et les bouchers avant 1482 ou 1493. D'autre part, nous n'avons trouvé aucune trace de ceux qu'auraient pu obtenir les tissiers en fils, les parcheminiers et les baudroiers. N'est-il donc point permis de penser que pour certaines corporations l'organisation en confréries libres précéda celle en communautés en jurande et qu'il est même des métiers qui ne constituèrent jamais que des confréries libres ? Quelles différences maintenant peuvent permettre de distinguer la confrérie libre de la communauté en jurande ? Il ne faut pas que le nom de confrérie employé au XVe et au XVIe siècles pour désigner une association identique à ce que fut la communauté en jurande, fasse illusion. La plupart des statuts des communautés, aussi bien quand elles portent ce titre que lorsqu'on les appelle confréries, contiennent deux catégories de prescriptions, les unes relatives à l'admission des nouveaux maîtres, à l'exercice des métiers, aux monopoles des corporations, les autres concernant la participation des maîtres à certains exercices religieux, les services funèbres à célébrer lors de la mort d'un membre de la corporation ou de quelqu'un de sa maison et parfois les secours à attribuer aux veuves et aux orphelins de maîtres. Au XVIIIe siècle, on désignait sous le nom de dépenses de confréries, tous les frais qu'entraînait l'exécution de cette dernière catégorie de règlements. N'indiquait-elle pas, dans la communauté en jurande, une survivance de l'ancienne confrérie libre ? Celle-ci n'était vraisemblablement qu'une association pieuse et charitable. Quand le commerce et l'industrie se développèrent, marchands et artisans rennais jugèrent utile de se réserver des monopoles, de restreindre la concurrence, de réglementer la fabrication ; c'est alors qu'ils soumirent à l'approbation de leurs ducs des statuts imités de ceux qu'avaient déjà adoptés depuis longtemps les corporations de Paris et des grandes villes industrielles et commerçantes. Ainsi, nous semble-t-il, la communauté en jurande se superposa à la confrérie libre dont elle conserva d'ailleurs longtemps le nom. La plupart des corporations formèrent donc à la fois une communauté et une confrérie, composées des mêmes maîtres, administrées par les mêmes officiers, possédant la même caisse et les mêmes statuts, mal distinguées l'une de l'autre par le public et leurs membres eux-mêmes. 

 

 

 

 

Communauté des Scelliers et Carpliers de la ville de Rennes

 

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 16:26

 

 

Nantes

 

 

Brest

 

 

Saint-Brieuc

 

 

Pontivy

 

 

Fougères

 

 

Quimper

 

 

Rennes

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 22:41

Du-Guesclin mourut le 13 juillet 1389, on procéda alors sur sa personne à ce curieux rituel dit Mos Teutonicus. Cette coutume puisait semble-t-il ses origines au cours des Croisades, quand les Chevaliers germaniques mourraient loin de chez eux. Pour des raisons hygiéniques, on procédait à l'éviscération du cadavre, en rélevant les entrailles et le coeur, ensuite dans une cuve d'eau bouillante parfumée de divers arômes composés de vin et d'épices, était placé le corps du défunt. C'est ainsi qu'il fut procédé sur la dépouille de du Guesclin. La chaleur accéléra sa décomposition, et au Puys en Velay, il fallut embaumer le corps détérioré. C'est le Maréchal de Sancerre qui fit procéder à l'embaumement du Connétable puis le fit conduire dans l'église des Cordeliers du Puys en Auvergne, où ses entrailles et ses viscères furent enterrées, & son corps y demeura quelques jours en dépôt (voir Le tombeau des entrailles de Du Guesclin à l'église de Saint-Laurent du Puys par Paul Deschamps). Mais, le 18 juillet, alors que le cortège conduisait la dépouille du grand guerrier vers sa Bretagne natale, il fallut se livrer au rituel du Mos Teutonicus, et c'est au couvent des Cordeliers de Montferrant qu'il fut ainsi placé dans la cuve d'eau bouillante : le corps de Monseigneur Bertrand fut bouilli en l'eau, et fut ôtée toute la chair et les os, et fut coulé dans le corps de la glaise  et fimes bien notre devoir envers le dit corps... Mais le roi de France ordonna que le squelette de son bien aimé serviteur reposa en la nécrople royale de Saint-Denis, laissant au Couvent des Jacobins de Dinan, le coeur de du-Guesclin (depuis transféré en la Basilique Saint Sauveur). Charles VI ordonna qu’on fît devant lui et sa cour les obsèques de Du Guesclin avec toute la pompe royale. L’église fut donc préparée pendant qu’on se divertissait. Une chapelle ardente fut élevée au milieu du choeur. Le deuil fut conduit par messire Olivier de Clisson, connétable de France, et représenté par le frère du défunt. Les religieux de l’abbaye ne manquèrent pas en cette circonstance de faire valoir leurs droits et prérogatives. Ils forcèrént le roi à composer avec eux pour le prix qu’ils exigeaient.

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 20:52

 

du-Guesclin se transporta au plus vite en Auvergne, où l’armée française achevait son mouvement de concentration sous la direction du maréchal de Sancerre, d’Olivier de Clisson et des deux Mauny. Le connétable pouvait disposer de quinze mille hommes. Au lieu de marcher en Guienne par la route du Périgord, Bertrand passa en Velay, franchit les montagnes qui séparent cette province du Gévaudan, et commença les hostilités le 15 mai 1380. Le désir de justifier la confiance des habitants de ce pays, de les affranchir de l’espèce d’esclavage auquel on les tenait asservis, lui rendit une partie de sa première ardeur : il se rappelait que, vingt-cinq ans auparavant, dans une occasion semblable, la Normandie était venue implorer son assistance. Les Anglais, de leur côté, ne s’imaginaient point que Duguesclin voulût pénétrer au milieu des affreuses gorges du Gévaudan; ils perdirent leur assurance quand les échos de ces montagnes répétèrent ce formidable nom. Ces partisans ne manquaient point de courage; mais, craignant de lutter contre la fortune d’un général que le sort trahissait rarement, ils s’empressèrent de rappeler les détachements disséminés par les campagnes, et se renfermèrent dans Châteauneuf de Randon, forteresse bâtie au pied des montagnes de Mende, non loin des sources du Lot et de l’Allier leurs bandes se réunirent derrière les hautes murailles de ce boulevard, qui passait pour inexpugnable. Duguesclin ne réglait point sa conduite d’après les opinions du vulgaire: il n’hésita pas former le siège de Châteauneuf de Randon, annonçant hautement l'intention de ne point abandonner la province avant d’avoir conquis la forteresse. Plusieurs assauts échouèrent complètement : Bertrand n’en parut point. Le sire de Roos, gouverneur de la place, guerrier brave et expérimenté, s’était mesuré plusieurs fois avec le rude Breton ; il sut si bien ménager ses ressources que le siège durait depuis un mois et les Français n’avaient point gagné un pouce de terrain. Mais le sire de Roos, perdant quantité de monde en soutenant des attaques répétées, courait un danger imminent ; il envoya demander des secours au sénéchal d’Aquitaine ce dernier, instruit de la reprise des hostilités en Gévaudan se rapprocha d’Agen. Le connétable, irrité de l’opiniâtre résistance des Anglais multiplia ses tentatives en conduisant lui-même les soldats la brèche Mes amis, leur disait-il avec la verve de ses premiers ans, Dieu le veut, nous aurons ces gars, et si le soleil pénètre dans Randon nous entrerons aussi. L’armée, d’abord inquiète sur la santé de son général, poussa des cris de joie en le voyant déployer une vigueur surprenante; mais son allégresse fut de courte durée la fatigue ne tarda pas d’accabler le connétable un affaissement effrayant suivit de près ces courts instants de bien-être. Le lendemain, se déclara une maladie que l’on jugea mortelle dès son début ; on cacha néanmoins au connétable son véritable état. Il n’éprouvait que le regret de se voir arrêté dans son expédition tenant extrêmement conquérir Châteauneuf de Randon, défendu par un guerrier dont il estimait le caractère. Le maréchal de Sancerre, Olivier de Clisson, ses lieutenants, le rassurèrent en lui promettant de redoubler d’efforts contre les assiégés. En effet, ils firent les dispositions d’un assaut décisif; la ville fut cernée de différents côtés l’armée française s’avança de front et sur trois lignes vers la muraille. Olivier de Mauny conduisait la gauche, le maréchal de Sancerre la droite, et Clisson le centre; le dernier dirigeait les machines de guerre, les catapultes, les crocs, les engins. La première ligne se composait d’archers armés à la légère, portant chacun une échelle. Les trompettes réunies donnèrent le signal; leur son éclatant fit tressaillir l’âme martiale de Duguesclin: il sortit de sa tente armé de pied en cap, au mépris des prières de ses écuyers, et voulut guider les combattants. Sa présence inattendue doubla l’ardeur des Français les cris de Duguesclin! Duguesclin! se firent entendre sur les différents points. Les Anglais déployaient une valeur surprenante. Le sire de Roos, constamment en haleine, se portait l’endroit où le danger paraissait le plus pressant; il amortissait les coups des béliers, brisait les crocs au mo ment où ces machines s’attachaient aux créneaux. Mais son activité ne put maîtriser la fougue des assiégeants une portion du rempart, s’étant écroulée sous les coups répétés des catapultes, offrit une large ouveture; les assiégés la fermèrent très-promptement. Les plus braves chevaliers français avaient succombé en voulant forcer cette barrière; d’autres trouvèrent la mort en plantant leurs bannières sur les bastions; de leur côté, les Anglais venaient d’éprouver une perte énorme la nuit sépara les deux partis. Du guesclin décida qu’on donnerait un autre assaut le lendemain; il fit au préalable sommer le gouverneur en lui renvoyant ses blessés et en offrant des conditions très-honorables. Le sire de Roos avait pu juger de l’étendue du dommage; ses troupes paraissaient hors d’état de soutenir une seconde lutte; les murailles, fortement ébranlées, menaçaient de céder au moindre choc la place courait risque d’être en levée de vive force. Il assembla un conseil de guerre, et proposa de subir une capitulation conditionnelle c’est-à-dire de rendre Châteauneuf si, une époque déterminée, le Sénéchal d’Aquitaine n’avait point paru accompagné d’un corps d’armée. Sa proposition fut unanimement approuvée; il s’agissait de la faire agréer au connétable, qui pouvait évidemment entrer en possession de la ville le jour suivant sans dé ployer de grands efforts. Bertrand, préférant les voies de la conciliation, accorda au gouverneur une se maine entière de répit. Les termes de la suspension d’armes portaient que si le 12 juillet personne ne s’était présenté pour contraindre les Français lever le siège, le sire de Roos remettrait le lendemain la place au connétable Bertrand Duguesclin. Cette convention étant ratifiée, les hostilités cessèrent, et le général français permit aux Anglais de sortir pour ramasser des vivres, et leur en fournit lui-même: il invita le gouverneur, ainsi que ses officiers, venir prendre le clairet et les épices dans son quartier. Cependant les fatigues du siège avaient empiré l’état de Duguesclin; les symptômes les plus alarmants se manifestèrent: on ne put cacher plus longtemps au connétable son danger. Il en reçut la nouvelle avec un calme intrépide on l’avait vu pendant quarante ans affronter sans crainte la mort dans les combats, on le vit aussi regarder sans effroi l’approche d’un trépas infaillible; il se prépara en véritable chrétien ce terrible passage. Après avoir rempli ses devoirs de religion, il s’entretint avec les chevaliers, la plupart ses élèves, et les exhorta rester fidèles au roi de France; il leur parla aussi des devoirs du guerrier Souvenez-vous que les gens d’église, les femmes les enfants, le pauvre peuple ne sont point vos ennemis, et que vous portez les armes pour les défendre, et non pour les opprimer. Je vous l’ai toujours recommandé; je vous le répète encore, en vous disant un éternel adieu. C’est ainsi que le héros breton consacrait ses derniers accents plaider la cause de l’humanité. Duguesclin ne put adresser cette allocution ses officiers sans éprouver une douloureuse fatigue; il s’assoupit un moment, et puis demanda son épée de connétable. La vue de cette arme qu’il avait portée sans reproche, parut ranimer ses esprits; il la prit dans ses mains défaillantes et s’inclina devant la croix qui en surmontait le pommeau ,baisa ce signe révéré, en faisant découvrir sa tête blanchie par les ans et par de glorieux travaux; il remit ensuite l’épée à Olivier de Clisson, en lui disant : Vous direz au roi que je suis bien marri que je ne lui ai fait plus longtemps services. Si Dieu m’en avoit donné le temps, j’avois bon espoir de vuider son royaume de ses ennemis d’Angleterre; il a bons serviteurs qui s’employeront à cet effet, et vous, messire Olivier, pour le premier je vous prie de reprendre l’épée qu’il me commit quand il me bailla l’état de connétable. Je lui recommande ma femme et mon frère. Adieu je n’en puis plus. Ayant prononcé ces mots, Bertrand laissa tomber sa tête sur la poitrine de l’inconsolable Sancerre; il la souleva quelques instants après pour jeter un dernier regard sur ses compagnons d’armes, prosternés religieusement autour du lit funèbre. Ses yeux se fermèrent pour toujours, et sa belle âme s’envola vers le ciel On n’entendit bientôt plus dans le camp que sanglots et gémissements chaque soldat croyait avoir perdu son père; tous rappelaient sa bonté, sa bienfaisance, et nullement sa valeur, car les vertus touchent bien plus les hommes que le courage. Les étrangers se plurent aussi lui payer un juste tribut d’admiration. Le sire de Roos était convenu de livrer la place au connétable Duguesclin le 13 juillet, si personne ne s’était présenté la veille pour faire lever le siège : les traités s’exécutaient alors à la lettre, et ne souffraient aucune interprétation indirecte. La mort du connétable pouvait, d’après les lois en vigueur, dispenser le général anglais de tenir sa parole; d’ailleurs, il lui était facile de profiter de la consternation des troupes. Il annonça du haut des remparts, au maréchal de Sancerre, que lui et les siens allaient venir rendre à Duguesclin les clefs de Châteauneuf. En effet, il sortit de la place au soleil couchant, escorté de sa garnison, pour exécuter une capitulation dont les fastes de la guerre ne fournissaient point d’exemple. Il descendit l’éminence qui le séparait des lignes du blocus, traversa le camp au milieu d’une haie formée d’archers et d’habitants de ces lieux agrestes, accou rus des montagnes pour joindre leurs regrets ceux de l’armée. En voyant l’air morne des soldats des deux nations, on aurait cru que les Anglais et les Français ne faisaient qu’un même peuple naguère ; le prince Noir avait reçu en deçà du détroit un semblable témoignage d’admiration. Que doit-on penser d’un siècle où les hommes savaient s’estimer ainsi? Le gouverneur, parvenu la tente du connétable, fut reçu par le maréchal de Sancerre, qui se tenait à cheval devant le front des divisions rangées en bataille: la bannière de Duguesclin, plantée sur un tertre, était roulée en signe de deuil, l’aspect du corps de Bertrand, gisant sur un lit de parade, environné des marques distinctives de sa charge le sire de Roos s’inclina profondément, et déposa les clefs de Châteauneuf sur les pieds du défunt en disant d’une voix émue : Messire Duguesclin, c’est à vous que je remets les clefs de la place dont j’étais gouverneur; en même temps il tomba genoux devant le corps, et, par un mouvement spontané, tous les assistants l’imitèrent. Dans ce moment la plaine, les hauteurs voisines, le camp entier, offrirent le spectacle de personnes de tout âge, de tout rang, de tout pays, prosternées devant les dépouilles mortelles d’un grand homme : les derniers rayons d’un beau jour vinrent éclairer cette scène attendrissante Le surlendemain les gens de la maison de Duguesclin commencèrent àembaumer son corps, ils envoyérent les entrailles au Puy pour être déposées Notre Dame, auprès de l’armure consacrée récemment par le héros. En attendant que les réparations faites la primatiale fussent terminées on plaça les entrailles dans l’église des Jacobins, fondée par la maison de Polignac. Les écuyers bretons pour se conformer aux dernières volontés de leur maître, se mirent en devoir de le transporter Dinan, où il voulait être enterré,dans l’église des Dominicains, auprès de sa première femme, Tiphaine Raguenel. Bertrand affectionna toujours Dinan, qu’il appelait son lieu de prédilectio: sa famille possédait un hôtel, que lui-même habita longtemps Le château de Bellièvre, que Tiphaine lui apporta en dot, s’élevait non loin de cette ville. Son parrain, Bertrand de Saint-Pern, résidait également à Dinan Les bacheliers et les écuyers dont se composa sa première compagnie, qu’il appelait ses gars et qui le suivirent plus de vingt ans au milieu des combats, sortirent tous de Dinan ou des villages environnants. Les écuyers du connétable, menant le convoi funèbre, se mirent en route vers la fin de juillet ; ils traversèrent une partie de la France, et passaient par le Mans pour entrer en Bretagne, lorsque les officiers du roi les arrêtèrent en leur ordonnant, de la part de Charles V, de conduire ces restes précieux à l’abbaye de Saint-Denis : le monarque désirait que le héros breton reposât dans la sépulture royale. Charles V, ne voulant point priver entièrement la ville de Dinan d’un dépôt qu’elle réclamait instamment, lui envoya, dans une boîte de plomb, le coeur de Duguesclin. L’enthousiasme avec lequel les habi tants et tout le duché reçurent la dépouille la plus noble de leur illustre compatriote, atteste que Bertrand n’emporta point dans la tombe la haine des Bretons, comme quelques écrivains l’ont pensé en effet, son pays, jaloux de venger sa mémoire des attaques de quelques obscurs détracteurs, lui élevé des statues. Rennes, Nantes, Dinan, saint-Brieux, en ont décoré leurs places publiques. D’après les intentions de Duguesclin, on plaça son cœur dans l’église des Dominicains de Dinan, auprès de Tiphaine Raguenel, et sous une pierre tumulaire de marbre noir, sur laquelle on incrusta en lettres d’or l’inscription suivante Cy gist le cueur de Messire Bertrand Duguesclin, connestable de France, qui trespassa le XIII julet l’an IIIc XXXXxx (1380), et dont le corps respose avecques ceux des rois.à Sainct-Denis en France  

 

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 16:21

 

 

Guillaume du Guerclin fils de Robert du Guerclin & de Jeanne Malemains ne fut marié que je sache.

 

 

Robert du Guerclin autre fils desdits Robert & Jeanne Malemains ne fut aussi marié. Ces deux icy suivirent les guerres avec leur frere aisné Messire Bertrand, & firent paroistre leur force & proüesse en maintes batailles & rencontres, sieges & Prises de villes, chasteaux & forteresses.

 

 

Juliane du Guerclin ſille de Robert du Guerclin & de Jeanne Malemains, fut premierement Religieuse en l'Abbaye de sainct Su pice en l’Evesché de Renes, ainsi que porte le testament de sa mere, puis Prieure des Couets, qui est un Prieuré de filles, qui estoit autres fois membre descendant de l'Abbaye de sainct Sulpice situé en l’Evesché de Nantes, delà la riviere de Loire. Mais la Royne Anne y mit depuis des Carmelines. Et en fin elle fut esleuë & benite Abbesse de sainct George de Renes environ l'an 1377 apres le decez de la Marquise de Rieux. Elle gouverna l'Abbaye 28. ans & deceda le 27.de Mars l'an de grace 1405. commençant l'an au Premier jour de janvier, & fut inhumée au Chapitre d'icelle Abbaye, oû y a Pierre tombale sur laquelle est escrit ce qui s'enſuit : Cy gist Dame Juliane du Guerclin, en son vivant Abbesse de ceans, qui trespassa le XVII. de Mars l'an M.CCCV 

 

 

Agathe du Guerclin autre fille desdits Robert du Guesclin & de Jeanne Malemains fut aussi Religieuse dc sainct Sulpice, & Prieure des Couetz, apres que sa soeur Juliane eut esté esleuë & beniste Abesse de sainct George. Je n’ay trouvé les alliances de Loiette, Jeanne, & Collette du Guerclin autres filles. Quant à Clemence du Guerclin leur soeur, le sieur d'Argentré a escrit, & nous l’avons suivy cy-deddus au Chapitre des Barons de Rais, qu'elle dut mariee avec Messire Fralin de Husson seigneur de Ducé, de Champsevon, de Grippon, de Saincte Cecile, & de Charancé en Normandie, & que de ce mariage vint une fille nommee Tiefaine de Husson, mariee avec Bremor de Laval sieur de Chemillé & de Blaison en Anjou. Je n’ay que debatre, mais cela estant il ſaut qu'elle ait esté mariee deux ſois. Car ces jours derniers sçavoir au commancement du mois de juillet 1618, visitant les titres du chasteau du Verger en Anjou, appartenans à Monsieur le Prince de Guemené, je trouve trois actes : l'un daté du 17. de juillet l'an I364 ; l'autre du Mercredy avant la feste de la Nativité sainct-Jean Baptiste audit an, par lesquels Messire Bertrand du Guesclin, qui fut depuis Connestablc de France, donne à sa sœur Clemence du Guerclin, & à Monsieur Raoul de Beauchamp Chevalier seigneur de Beauchamp son mary, cinquante livres de rente, outre cent livres qui luy avoient esté donnees auparavant, mariage faisant d'elle & dudit Chevalier, & leur fait assiete du tout, c'est de cent cinquante livres, sur le lieu, manoir, & terre de quatre Voies, ou quatre Vents (car les actes sont difficiles à lire en cet endroit) és Paroisses de sainct Meen de Cancale, & de sainct Meloir ...

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Published by poudouvre
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