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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 09:31

D'après publication de la Société d'Emulation 22

 

Haches à douilles

 

Fig. 2. – Hache trouvée à Erquy (Côtes-du-Nord)

 

 

 

Fig.4 – Hache trouvée La Moussaye, en Pénée-Jugon (Côtes-du-Nord). Collection Duroguet fils Lamballe

 

Collection Fornier Rennes

Fig, 7. – Hache provenant de Plénée-Jugon (Cotes-du-Nord). Collection Duroguet fils Lamballe

 

 

 

 

Bracelets trouvés en 1880 dans la commune de Matignon.

 

 

On ne suit pas au juste l'endroit ni dans quelles circonstances ils ont été découverts. Le plus souvent, les cultivateurs qui rencontrent de pareilles pièces dissimulent leur provenance, de peur Je se voir réclamer par le propriétaire la moitié du trésor. Les numéros 3 et 7 ont été vendus à Saint-Brieuc; les numéros 2, 4, 5 et 6 ont été apportés à Rennes par un bijoutier ambulant qui les a vendus à un horloger de cette ville.

 

 

Le n°2 pèse 69 g 60; sa densité = 15, 640 collection Sachez de Launay Rennes

 

Le n°3 pèse 101 g 35; sa densité = 15, 713 collection Sachez de Launay Rennes

 

Le n°4 pèse 136 g 57; sa densité = 15,752. Musée de St-Germain

 

Le n° 5 pèse 109 g 80; sa densité = 16,029.

 

Le n° 6 pèse 197 g 18; sa densité = 15,006. Collection Fornier Rennes

 

Le n° 7 pèse 70 g 40; sa densité = 16,184. Musée de St-Germain

 

 

Fig. 8 et 9 Bracelets trouvés en 1869 dans un tumulus, commune de Créhen

 

 

 

Ils ont été vendus à un horloger de Dinan par un cultivateur qui n'a pas voulu faire connaître le lieu exact de Ia trouvaille. Dans la commune de Crélien existent encore plusieurs tumuli et dolmens, et on y découvre assez fréquemment des haches en pierre polie.

 

Le n ° 8 pèse 55 g 75 ; sa densité = 16,893

 

Le n° 9 pèse 63 g 24; sa densité = 15,751. Collection Fornier   Rennes

 

 

ces bracelets sont en or natif, c'est-à-dire qu'une certaine quantité d'argent est unie à l'or. Ils sont tous sans ornementation, à l'exception du bracelet (Fig. 4), qui présente à ses deux extrémités des dents de loup, au nombre de six, séparées du bord extérieur par deux lignes parallèles. Les dents de loup et les lignes sont faites de simples traits

 

Une épée, en tout point semblable à celle de Saint-Brandan et très complète, a été trouvée en 1843 à Maroué, près Lamballe (Côtes-du-Nord), et fait partie de la collection de M. Chapelais-Villeguérin Conservateur des hypothèques à Bayeux. Le tube, la garde, les rivets, les trous de rivets dans le tube, la poignée, la lamu, la taille, tout est identique, à tel point que le dessin de l'une peut passer pour le dessin de l'autre. Cette superbe épée figurée ici, a été trouvée dans la commune de Saint-Brandan, distante d'environ 8 à 9 lieues de la commune de Maroué.

 

 

 

 

Fig. 2. – Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est droite, sur le plat de la lame existe une nervure médiane, qui, en s'arroudissant à droite et à gauche du talon, va rejoindre les rebords droits de chaque côté. Trouvée en 1864 à Caiorguen, arrondissement de Dinan, Le dépôt de Calorguen contenait 360 haches à talon, avec on sans anneau latéral, entassées perpendiculairement

 

 

Trouvée à Calorguen quelques exemplaires ont un anneau; latéral. C'est le type qui se rencontre le plus ordinairement. Fig. 4– Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est légèrement curviligne. Sur le plat de la lame trois nervures parallèles; les nervures des rebords sont assez fprtement accentuées. Trouvée aux environs de Dinan

 

 

Fig 5) – hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est droite. Sur le plat de la lame une nervure médiane. Près le talon deux autres petites nervures, partant du même point de la nervure médiane, rejoignent la nervure du talon en forme de triangle

 

Trouvée à Calorguen. Dans un autre exemplaire trouve au même lieu, la nervure du talon est curviligne, et la hache a un anneau latéral. Fig. 6- Hache à rebords droits et à talon, avec anneau latéral. La nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame une nervure médiane partant à peu près du centre de la lame, et ayant à droite et à gauche quatre autres nervures se reliant deux à deux à la nervure médiane et aboutissant au talon. Trouvée à Caîorguen.

 

 

Fig- 7- Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame une nervure médiane, et une autre nervure formant demi-cercle, ayant pour diamètre la nervure du talon. Les sept haches ci-dessous font partie de la collection Fornier. Trouvée à Calorguen.

 

 

 

Fig. 8. – Hache à rebords droits et à talon; la nervure du talon est curviligne. Sur le plat de la lame et joignant le talon, une nervure ovalaire. Huit nervures partent du fond du talon, traversent le centre de la nervure ovalaire et viennent s'étaler sur le plat de la lame, qui est longue et s élargît à la partie inférieure. Collection ou Chatelier. Trouvée à Plénée-Jugon,arrondissement de Dînan.

 

 

Statuettes en bronze

 

Trouvées à Corseul

Fig. 1. – Statuette de Pallas ou Minerve, vue de face et de dos.

Fig. 2. Statuette d'un Lare Auguste.

Fig. 3 Statuette d'une jeune femme

Ces trois statuettes appartiennent au Musée archéologique de la ville de Rennes, et y figurent sous les n° 553, 546 et 547. Elles ont élu découvertes à des époques différentes à Corseul, arrondissement de Dinan. Elles proviennent de la collection de M. le président de Robien qui les a décrites dans son catalogue manuscrit, la première, page 57,la deuxième,page 56, planche 11, et la troisième pages 54 et 55, planche 111.

 

1° Statuette du Pallas ou Minerve

Pallas ou .Minerve, déesse de la Sagesse, la tête couverte d'un casque, qui a pour cimier un quadrupède accroupi; sur la poitrine, l'égide, où est appliquée la tête de la Gorgone, vêtue de la tunique talaire, tunica talaris, sur laquelle est jeté le peplum; la main droite appuyée sur la lançe (qui manque); à gauche sur son bouclier (qui manque). Cette description, donnée dans le Catalogue du de Rennes Musée est exacte. Il est certain que la position du bras droit indique que la main devaii s'appuyer sur une lance. Les artistes arment le plus ordinairementde la haste le bras de Pallas. Pindare (Olymp. VII, 79, appelle cette déesse hastâ fremen.)

 

La main gauche devait reposer sur un bouclier ; le bas pend le long du corps, et devait avoir un point d'appui comme un bouclier. Quelquefois Pallas tient une patére ou une chouette dans une mais presque jours elle soutient une lance de l'autre main. Le quadrupède accroupi qui surmonte le casque est un sphinx ou un griffon. Cette déesse a été désignée sous trois noms Pallas, Athénée, Minerve. Chez les Grecs, son premier et son véritable nom fut Pallas. Elle fut appelée Athénée à Athènes Ailiènes, à cause du culte particulier que celle cité lui avait voué, et alors elle tien: une chouette, Les Latins la nommèrent Minerve.

 

 

 

2° La seconde statuette figure au Catalogue Au Musée de Hautes sous le n° 546, voici ce qu'on y lit « Lare Auguste, la tête ceinte d'une couronne de laurier, attachée avec des leerninisques ou bandelettes, les yeux incrustés de perles fines (qui manquent), vêtu d'une tunique courte, tenant de la main gauche un rhyton, dont la partie supérieure est brisée; le bras droit, qui tenait une patére, est cassé à la naissance de l'épaule, et la jambe gauche au-dessous du genou. » Les Lares étaient les esprits tutélaires, qui exerçaient une influence protectrice sur l'intérieur de la maison, sur le maître et sur sa famille; on les appelait alors Lares familiares. On croyait encore que leur protection s'étendait aux rues, aux routes, aux champs, aux bâtiments, à la campagne comme dans la ville; de là les épithétes de Lares compitales, Lares viales, Lares rurales. Ces statuettes sont fréquentes dans les collections. On les avait tout d'abord regardées comme représentant des échansons, pocillatores, à cause du rhyton et de la coupe qu'elles tiennent dans les mains; mais on n'a pas tardé à reconnaître ce qu'elles figurent réellement. Elles sont sans cesse reproduitesà Pompéi, dans les cuisines, les chambres à four, sur les portes extérieures;runies deux deux, une de chaque côté de l'autel. Enfin, sur un bas-relief du Vatican, le Lare est présenté dans la même attitude, avec les mêmes attributs, les mêmes draperies, la même couronne; et au dessous, sur le socle, est écrit Laribus Augustis.

 

3° La troisième statuette représente te une jeune femme tête nue, coiffure tutulée, les cheveux relevés sur le devant par un peigne, pecten, en forme de diadème;ses yeux sont incrustes de perles d'Orient, et elle porte des pendants d'oreilles en perles; de la main droite, elle élève une espèce de mouchoir; l'avant-bras gauche manque; la chlamyde entre'ouverte laisse voir le sein droit; ses pieds reposent sur des sandales. » Catalogue du Musée de Rennes, n° 547.) Il est difficile de dire ce que représente cette statuette: malgré toutes les recherches que nous avons pu faire, nous ne sommes arrivé à aucune solution. Les jambes sont croisées, et par suite elle devait avoir un autre point d'appui à terre. L'avant-bras gauche manque, mais lit forme du coude indique que cet avant-bras devait s'avancer presque horizontalement, et probablement s'appuyer soit sur une colonne, soit sur tout autre objet. Le bras droit est levé; ht main pouvait tenir un objet de toilette en étofte, qui pendait en dessous, et qui, au-dessus de la main, devait se replier et venir reposer sur l'avant-bras oit on voit une cassure carrée, faite intentionnellement pour soutenir un objet quelconque.

E. F

 

 

 

Fig. 3 – Bracelet en or.

 

Collection Danjou de la Garesse, Rennes.

 

Il a été découvert en 1882, près Matignon , dans la propriété de M. Dubreuil de Marzan. Il pèse 143 gr. 42. Sa densité est de 15,6767. Ce bracelet est d'une forme toute particulière; ne serait-ce pas un de ces bijoux que Ies femmes portaient au bas de la jambe, au-dessus de la cheville

 

 

Haches à douille

 

 

Trouvaille de la Ruëe, eu Plurien fig. 1. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supcrieure; un filet, visible seulement sur les deux faces opposées,se trouve à une certaine distance au-dessous du bourrelet, au lieu de toucher immédiatement ce bourrelet comme dans le tvpe ordinaire.

 

Fig. 2, – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure, et immédiatement au dessous un filet assez saillant. Le long du corps de la hache, de chaque côté, un sillon peu profond. La face opposée présente la même ornementation.

 

Fig. 3. – Hache à douille épaisse, légèrement arrondie, avec un gros bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, vers le milieu de sa longueur, un bouton très saillant.

 

Fig. 4. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure, deux boutons en ligne à une petite distance au-dessous du bourrelet, sur les deux laces opposées.

 

Fig.5. – Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure sur une des f aces, trois boutons posés 1, 2. De chaque coté de l'anneau, deux boutons posés carrément. Du côté opposé à l'anneau, deux boutons faisant ligne avec ceux de la lace principale. Sur la quatrième face, aucune ornemertation

 

Fig. 6. Hache à douille arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure; sur une des iaces, trois boutons posés 2, 1.

 

Fig. 7. Hache à douille carrée, avec bourrelet à la partie supérieure sur une des faces, six boulons en ligne; le premier et le dernier sont sur les angles de la hache.

 

Fig. S. Hache à douille carrée, très épaisse, avec bourrelet à la partie supérieure et deux filets assez saillants faisant le tour de la hache; du lilet. inférieur partent quatre filets, minces, parallèles, se prolongeant jusqu'au milieu de la hache, et terminés chacun par un bouton dans un cercle. Cette ornementation est répétée sur la face opposée.

 

Fig. 9. – Hache à douille carrée, épaisse, de module plus grand que les précédentes, avec bourrelet à la partie supérieure et deux filets peu saillants faisant le tour de chacuhe. Du filet inférieur partent sept petits nlets se prolongent jusqu'au milieu de la hache, et se terminent chacun par un petit bouton. Même ornementation sur la face opposée. Collection Le Moine, à Lamballe.

 

Toutes ces haches ont été trouvées en février ou mars 1887, au village de la Ruée, en Plurien (Côtes-du-Nord). Elles étaient enlouies à environ 0,80 mètre de profondeur, et formaient trois couches rectangulaires superposées. Il y en avait près de 800. Depuis, une époque indéterminée, mais antérieure au mois de juillet 1887, une trentaine d'autres haches ont été découvertes dans ce même champ, À 15 mètres environ du lieu de la première trouvaille. Presque toutes ces haches sont en parfait état de conservation elles présentent une patine très belle et sont à peu près du même aspect comme coloration. Elles ont été acquises par M. Jules Le Moine, archéologue à Lamballe (Côtes-du-Nord), et occupent une place importante dans sa collections

 

 

Haches à douille

 

Trouvaille de la Ruëe, eu Plurien

 

fig. 10. – Hache à douille légèrement arrondie aux angles, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, un boulon dans un cercle.

 

Fig. 11. – Hache à douille carrée, légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie .supérieure. Sur une des laces, à un tiers de la longueur au-dessous du bourrelet, deux boutons en ligne, cntourés chacun par un cercle. Sur la face opposée, même ornementation, mais à un quart de la longueur au-dessous du bourrelet.

 

Fig. 12. Hache a douille légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des laces, un bouton dans un double cercle; sur la face opposée, même ornementation mais un peu plus rapprochée du bourrelet. Une autre hache présente la même ornementation sur les deux faces opposées, mais plus rapprochée du bourrelet.

 

Fig.13). – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure; au dessous, deux filets assez épais faisant le tour de la hache; sur une des faces, la partie intérieure, près le tranchant, un bouton dans un double cercle.

 

Fig. 14. – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure: au dessous, deux filets assez épais; l'un, le plus rapproché du bourrelet, faisant le tour de la hache: l'autre n'existant que sur trois faces. Au-dessous des filets, deux boutons en ligne dans un double cercle; la partie inférieure, près le tranchant, un bouton dans un double cercle.

 

fig- l5- – Hache à douille légèrement arrondie, avec bourrelet à la partie supérieure. Sur une des faces, trois boutons entourés chacun d'un cercle, posés 3, 1. Sur la face opposée, deux boutons en ligne, chacun dans un cercle.

 

Fig. 16. – Hache à douille avec bourrelet à la partie supérieure; au dessous, deux filets faisant letour de la hache. Sur une des faces, un bouton dans un double cercle, relié au filet inférieur au-dessous du bourrelet, par lui filet très mince. Sur la race opposée, même ornementation.

 

Fig. 17. – Hache a douille assez mince, avec bourrelet a la partie supérieure; un filet mince part du milieu du bourrelet, et se prolonge jusqu'aux deux tiers environ de la hache, où il se termine par un bouton au milieu d'un cercle.

 

Fig. 18. – Hache à douille carrée, de module plus grand que celui des précédentes, avec bourrelet à la partie supérieure, et filet au dessous taisant le tour de la hache. Sur une des faces, quatre filets descendant du bourrelet plus bas que la moitié de la hache, où ils se terminent par des boutons. Même ornementation sur la face opposée. Les irrégularités signalées dans l'ornementation du quelques-unes de ces haches prouvent que l'ouvrier apportait peu de soin, et peut-être peu d'intelligence dans la fabrication dt: ses instruments. Les haches figures aux n° 8, 9 et 18 sont bien plus parfaites comme travail.

E.F F.

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 16:16

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 13:23

 

 

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 07:36

 Jean de Chateaubriand & Marguerite de La Chapelle

 

 

Jean de Chateaubriand, sieur de Guerrande épousa Marguerite de La Chapelle. Contrat fait et passé le 26 décembre 1650, devant De Giquet et de La Mothe, notaires sous la juridiction de la Hunaudaye, entre écuyer Jean de Chateaubriand, fils aîné, héritier présomptif principal et noble d'écuyer Christophe de Chateaubriand et de demoiselle Jeanne Berthelot, d'une part, et demoiselle Marguerite de La Chapelle» d'autre part. De leur union naquirent entre autres enfants Michel & Amaury de Chateaubriand.

 

 

 

A gauche Le Chesnay en Mégrit, à droite Les Touches en Guitté (d'après Le Flohic)

 

 

1° Michel de Chateaubriand            1° Amaury de Chateaubriand

    Sieur de La Salle                          Sieur de La Ville-André

épousa le                                       épousa le 

4 septembre 1688 à Mégrit       15 octobre 1677 à Brusvily

           Renée Poilvé                  Jeanne du Rocher de Quengo

 

 

A gauche acte de mariage de Michel de Chateaubriand et de Renée Poilvé, à droite, acte de naissance de Amaury de Chateaubriand, époux de Jeanne du Rocher de Quengo

 

 

A gauche, manoir de La Hautière à Mégrit avec armoiries Poilvé, à droite, manoir du Quengo à Brusvily avec armoiries du Rocher; au centre armoiries de Chateaubriand

 

2° Jean-Frs de Chateaubriand      2° François de Chateaubriand

     épousa le 8 février 1717                épousa le 27 août 1713

  Charlotte Marie Le Limonier     Péronnelle Lamour de Lanjegu                

   

 

 

A gauche, acte de mariage de Jean-François de Chateaubriand et de Marie Le Limonier, le 8 février 1717 à Mégrit, à droite, l'acte de mariage de François de Chateaubiand et de Péronnelle Lamour de Lanjégu, le 27 août 1713 à Guenroc.

 

 

Les églises de Mégrit -à gauche, et de Guenroc -à droite 

 

3° Jean Gab. de Chateaubriand  3° René Aug. de Chateaubriand

       baptisé le 29 avril 1719        baptisé le 23 septembre 1718   

                   (sans postérité)                    épousa Appoline de Bédée

                                                      dont l'écrivain René de Ch.

                                                                    1768-1848

 

 

A gauche, acte de baptême de Jean-Gabriel de Chateaubriand, à Mégrit le 29 avril 1719, à droite, acte de baptême de René-Auguste de Chateaubriand, le 23 septembre 1718 en Guitté

 

 

 

Les églises de Mégrit -à gauche, et de Guitté -à droite 

 

 

L'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, René de Chateaubriand

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 19:18

 

Armoiries Prigent, Sauvaget, de Froulaye, et de Créquy

 

Le domaine de la Villeneuve résute sans nul doute de ces défrichements entrepris au cours de la période féodale, très précisément dès le début du XIIIe siècle. La Villeneuve en Plénée est mentionnée dès cette période et la famille Prigent, alias Pregent ou Priegent disposa très certainement très tôt de l'endroit situé près de l'ancien chemin pavé. Cette famille Prigent, connue en ce lieu de la Villeneuve disposait pour armoiries d'après un sceau de 1407 « trois fleurs de lys au pied nourri ».  Geoffroy Prigent fut sénéchal de Dinan, il est évoqué dans une première charte de Boquen touchant la paroisse de Le Gouray, puis en 1218 au sujet de l'Accord au sujet de la Vigne de Sevignac : Omnibus, etc., Gaufridus Prigent salutem in eo qui est ce vera salus. Noverit universitas vestra quod cum essem senescallus nobilis viri Petri comitis Brittanie in tota terra Rollandi de Dinnano, versa es concentio inter Gaufridum Batelle, ex una parte, et monachos de Boquian, ex altera, super vinea quadam quam monachi habebant in feodo ipsius Batelle . G. Batelle requirebat circa vineam ex utra parte auferrentur usque ad fundum fossati; requirebat insuper ab eis ad se vel ad filium suum faciendum auxilium, et ad filiam suam maritandam, et quod in curia sua responderent et ei emendam redderent . E contrario monachi dicehant hec omnia se de jure non debere reddere. Super his omnibus facta est composicio amicabilis inter ipsos coram me apud Sevinar : predicti monachi pro bono pracis dederunt predicto G. Batelle XXXIII solidos : predictus G. Batelle com (sic) assencu filii sui primogeniti concessit ex utraque parte fructera circa vineam usque ad chimino integra remanere; ex parte vero agri arabillis ita provisum fuit ut nec ager perturbetur ad colendum nec clausura vinee prematur. Concessit eciam predictus monachis predictam vineam de cetero possidendam quitam et liberam ab omni calumpnia et exactione, et quod monachis de cetero in curia sua vel suorum post eum non tenebuntur respondere, nec ipsis vel suis monachi auxilium ad militem faciendum nec ad filiam maritandam, nec aliquam emendam, vel aliud aliquod servicium persolvent preter unam minam frumenti ad velanem mensuram de Jugun ei annuatim reddendam et emendam si predicta frumenti infra natale Domini non fuerit persoluta; etc. Actum anno Domini M° CC° XVIII°. (Arch. des Côtes du Nord.). Alain Prigent, fils de Geoffroy, faisait un accord en 1257 pour les droits d'usage dans la forêt de Boquen. Le 10 juilet 1427, est cité Guillaume Prigient. En 1475, Jehan Pregent, (100 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ; Jehan Prigent était marié avec Annette Gauteron, damoiselle du dit lieu Le Plessix en Sévignac (voir la seigneurie du Plessix Gautron à Sévignac). Annette Gauteron transmettra aux posssseurs de la Villeneuve la terre de Beauvais en Sévignac.  Ci dessous

 

 

 

Jéhan Prigent a présenté pour lui et sa mère, Olivier Prigent et Jean Poussin, porteur d’une brigandine et comparaît en archer. Olivier Prigent, disposait en 1535 de la seigneurie de la Villeneuve en Plénée, seigneurie avec moyenne justice, mais Olivier Prigent possédait également en la même paroisse de la Porte et de la Girardais. Sa fille Olive épousa Christophe Sauvaget, capitaine des francs-archers de l'évêché de Saint-Brieuc, seigneur des Clos, de la Croix de Pierre, de Parqueven, du Minihy et de la Ville-Pierre. Quelques générations plus tard, nous trouvons un des descendants de Christophe Sauvaget et de Olive Prigent en la personne de Jean Sauvaget, titré seigneur des Clos, il exerçait la charge de guidon des gendarmes de la Reine, autrement dit, il était porteur de l'étendard de cette compagnie.

 

 

Manoir des Clos

 

Il eut d'Olive Bertho, dame de Corgouët, qu'il épousa en 1527, plusieurs enfants, dont  Charles Sauvaget, dit le baron des Clos, celui-ci épousa, en 1654, Marie Libault de Pinieux, et leur fils, Jean-Baptiste Sauvaget, dit le marquis des Clos, fut brigadier de cavalerie et mestre de camp d'un régiment de son nom. Il fut tué à la levée du siége de Turin en 1706. Jean-Baptiste Sauvaget, avait épousé Marie-Anne de Visdelou de Bienassis (voir le château de Bienassis en Erquy), et leur fille Marie-Anne-Jeanne-Françoise Sauvaget, dame des Clos, du Cargouët etc., épousa Charles-François de Froulay -acte ci-dessous, comte de Froulay et de Montflaux, ambassadeur de France auprès de la république de Venise en 1732, lieutenant-général des armées du roi en 1738 etc.

 

 

II mourut le 27 février 1744, laissant de son mariage avec Marie-Anne Sauvaget, entre autres enfants Renée-Charlotte de Froulay, mariée le 18 mars 1717 avec Louis-Marie de Créquy, marquis de Créquy. Une des femmes lés plus distinguées, du XVIIIe siècle. Ci-dessous

 

 

L'actuel manoir fut reconstruit au cours du XVe siècle, par la famille Prigent, puis agrandit dans le cours du XVIIIe siècle par la famille Sauvaget. pavillons et ailes latérales. Les armes des Sauvaget sont sculptées sur chaque pavillon. Au XIXe siècle, le corps de logis est abondamment repris, la chapelle est reconstruite et désorientée afin de l'agrandir. Ces travaux sont conduits par les de Lorgeril dont les armes sont sculptées sur la porte d'entrée. Le cadastre ancien montre trois avenues menant au manoir et un plan d'eau à l'est. Le domaine est acquis en 1956 par l'institution Croisade des Aveugles qui y exerce un enseignement technique agricole. Manoir précédé d'une cour bordée de deux ailes de communs et fermée par une clôture en bois au sud. Plan en équerre avec une tour d'escalier dans l'angle contenant un escalier en vis sans jour en maçonnerie. Toit en pavillon sur les pavillons latéraux ; toit conique sur l'escalier principal ; escalier secondaire à noyau évidé formant main courante. Corps de logis à étage carré. Ailes latérales à étage de comble. Chapelle intégrée (d'après la description de Manoirs de France) ..Dans les paroisses de Plénée-Jugon et de Tramain, s’étendait une vaste lande de 300 journaux dite la lande des Brignons, dont la terre était renommée pour faire des pots : elle dépendait du manoir de la Villeneuve qui plus tard fit partie de la haute-justice des Clos érigée en baronnie en 1682. Les seigneurs de la Villeneuve avaient abandonné aux potiers de Tramain et des villages circonvoisins l’usage de la lande en question, ainsi qu’une très-bonne fontaine qui s’y trouvait : ils leur avaient permis en outre de se servir des genêts et de la bruyère qui y croissaient pour la cuisson de la poterie. Cette tolérance n’était pas, il faut l’avouer, bien onéreuse : les potiers reconnaissaient le seigneur de la Villeneuve pour seigneur terrien; de plus ils étaient tenus de s’assembler, chaque année, le dimanche avant la Saint-Jean-Baptiste, et d’accompagner le dernier marié d’entre eux lequel portait un pot, aux armes du sei gneur et garni de fleurs. Les autres potiers tenaient chacun une fleur, et le cortège précédé d’un sonneur et d’un joueur d’instrument se rendait dans l’église paroissiale de Plénée-Jugon en la chapelle privative du seigneur de la Villeneuve: celui-ci, ou ses officiers, dans le banc seigneurial, recevait l’offrande du dernier marié des potiers qui s’exposait, en se dispensant de ce service, à payer soixante sous d’amende. Ajoutons que le seigneur de la Villeneuve tenait aussi à avoir des étrennes : le premier jour de l’an, les potiers de Tramain allaient au manoir lui présenter un « chef-d‘œuvre de leurs mains et métier, à peine de quinze sous d’amende. Sur tous les vases d’un prix supérieur à trois sous, on devait mettre les armes du seigneur de la Villeneuve à peine de quinze sous d’amende. En 1780, Le Clos appartenait à Mme de la Fruglaye qui possédait aussi la terre de la Villeneuve, toutefois, c'est Maître Gabriel de Neuville, Avcocat au Parlement de Bretagne et sénéchal de plusieurs juridictionss qui résidait avec sa famille en l'endroit. (voir histoire de Broons, page n° 23). Le ministre Louis de Chappedelaine disposa de la Villeneuve (voir le ministre Louis de Chappedelaine), et ensuite l'endroit fut cédé en 1956 à l'Abbé Richard et la Croisade des Aveugles. Il est depuis dédicacé à Sainte-Odile et est connu sous le nom de Villeneuve-Sainte-Odile. Saint-Odile étant la patronne des non-voyants.

 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 20:04

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:29

 

 

Pour bien comprendre les événements qui vont suivre et qui intéressent si vivement l'histoire de Dinan, il importe de remonter un peu dans la généalogie des Beaumanoir du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux). Nous citons rapidement, de père en fils, les successeurs de cette branche qui furent :

1° Robert, frère de Beaumanoir « Bois ton sang », chambellan du duc de Bretagne, époux de Tiennette du Besso.

2° Jean Ier, époux de Jeanne Boutier.

3°Jean II, sgr. de Claye, époux de Hamette du Bois-Hamon.

4° Jean III, époux de Jeanne de la Bérue.

5° Brient, chambellan de Louis XI, époux, en 1458, de Marguerite du Creux.

6° Gilles, chambellan du duc François II, époux de Jacquemine du Parc. 7° François, chambellan de Louis XII, mort à Angers en 1509 sans mariage.

7° Charles, frère du précédent, époux d'Isabeau de Busson.

8° Jacques, échanson du roi François Ier, époux 1° 15 juin 1538, de Adélice de laFeuillée dont il eut deux filles, Marguerite et Jeanne, cette dernière morte jeune. Marguerite épousa, en 1551, Tanguy de Rosmadec, sgr de Molac. Jacques épousa en secondes noces Jeanne de Quellenec dont le frère, Charles, fut tué à Paris à la St-Barthélemy (1572), laissant sa fortune à son neveu ci-après.

9° Toussaint de Beaumanoir, fils de Jacques (2e mariage), épousa Anne de Guémadeuc dont il eut Hélène, l'objet de cette notice. Ajoutons que Jacquemine de Beaumanoir, soeur de Toussaint et tante d'Hélène, épousa François de Guémadeuc dont elle eut Françoise de Guémadeuc, mariée à M. de Vignerot sieur du Pont de Courlay. Toussaint de Beaumanoir, vicomte du Besso, baron du Pont-l'Abbé et de Rostrenen, naquit à Jugon le 1er septembre 1554. Il épousa Anne de Guémadeuc vers 1586. Il avait environ 32 ans et était chevalier des ordres du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, et maréchal de camp des armées de Bretagne. Dans la guerre de la Ligue, Toussaint embrassa le parti d'Henri IV (il était huguenot) et fut chargé du commandement de l'infanterie en Bretagne. En 1590, après s'être signalé en différents combats, il passa à Rennes le 9 février, allant rejoindre le prince de Dombes au siège d'Ancenis que les Ligueurs tenaient au nom de Mercoeur. Là, il fut grièvement blessé au bras d'un coup d'arquebuse. On le rapporta à Rennes où il mourut le 17 mars 1590, laissant sa jeune femme enceinte de son premier enfant (voir Histoire de Jugon, page n° 4 : les guerres de la Ligue). Il avait lui-même 36 ans. La jeune veuve enferma son deuil dans le manoir de Dinan appelé aujourd'hui le Vieux Couvent (nous verrons pourquoi) et faisant face à la rue de Ladrerie conduisant à St-Sauveur. Cet intéressant manoir, magnifique spécimen du début de la 1re Renaissance en Bretagne, avait été construit par Jacques de Beaumanoir dont nous avons parlé plus haut et était devenu le séjour habituel des vicomtes du Besso. C'est là qu'Hélène naquit ; elle fut baptisée à l'église St-Sauveur le 22 août 1590 * (note personnelle, il s'agit d'une erreur de l'auteur, en réalité l'enfant baptisée se nommait Hélène de Beaumont, fille de Christophe et de Jacquemine de Tréal, sieur et dame de la Ville-Arnoul), cinq mois après la mort de son père, un peu plus de six mois après le départ de celui-ci pour rejoindre le prince de Dombes. Sa tutelle fut confiée naturellement à sa mère Anne de Guémadeuc, mais cette tutrice était bien jeune et bien belle encore pour ne pas susciter des convoitises. Un de ses soupirants,M. de la Vallée Plumaudan, tenta un enlèvement qui échoua et il fut décapité en effigie en 1592. Deux ans après, le 17 juillet 1594, elle épousa M. de la Marzelière, chevalier du roi et capitaine de 50 hommes d'armes, lequel fut tué en duel, le 9 mars 1604, par Montgommery, gouverneur de Pontorson. La mère d'Hélène, en convolant en secondes noces,perdait une partie de ses droits de tutelle. On lui adjoignit, le 31 mars 1595, le baron de Molac comme curateur. L'enfant avait alors 4 ans. Le marquis Tanguy de Rosmadec, baron de Molac, était, nous l'avons vu, oncle par alliance de l'enfant, ayant épousé Marguerite de Beaumanoir, soeur du premier lit de Toussaint. Le baron de Molac ne garda pas longtemps la curatelle; il fut remplacé, le 25 juin 1599, par Jean de Quellenec, le grand-père de Toussaint. Déjà le 16 janvier 1599, Hélène de Beaumanoir, qui n'avait alors que 8 ans 1/2, avait été fiancée, par contrat, avec René de Tournemine,baron de la Hunaudaye, fils de René Ier et de Marie de Coëtlogon. Le fiancé, dit on, n'avait que 16 ou 17 ans. Le mariage évidemment ne pouvait être consommé. Cependant le compte de tutelle fut rendu vers 1601 ; sans doute que dès ce moment la vie commune commença. Que pouvait être ce mariage d'une enfant de onze ans avec un jeune homme qui n'en avait pas vingt ? L'amour n'en pouvait être le lien. René chercha ailleurs des plaisirs plus faciles, et Hélène, dès qu'elle fut nubile, chercha de son côté aussi peut-être de quoi compenser l'abandon de son mari. De là des troubles terribles dans le ménage, troubles qui durèrent cinq ans. Cette guerre commença en 1604. Hélène, qui avait 14 ans, prétendit que son mari la battait. Elle s'enfuit dans son domaine du Pont où son mari vint l'assiéger. Elle implora le secours de son cousin le baron de Molac, gouverneur de Dinan, qui accourut; mais déjà la place était forcée, et Hélène était aux mains de son mari. Elle réclama la protection de Molac et s'enferma à Dinan sous la garde du gouverneur. Dinan, menacé d'un coup de main par Tournemine, fut obligé de s'entourer d'une garde permanente. Hélène intenta contre son mari une action en dissolution de mariage, et le Parlement ordonna que la jeune femme se retirerait à Rennes pour y être plus en sûreté. En 1606, le baron de la Hunaudaye se rencontra en campagne, près de Rhuys, avec M. Toussaint de Guémadeuc, un cousin d'Hélène. Les luttes de famille avait naturellement indisposé les deux cousins l'un contre l'autre. Une collision eut lieu; les serviteurs prirent fait et cause pour leurs maîtres ; M. de Guémadeuc fut tué dans le combat, et Tournemine reçut un coup de pistolet au genou et mourut en languissant en 1609. Toussaint de Guémadeuc, la victime précédente, fut inhumé à Québriac, dont il était le seigneur, le 4 décembre 1606. Hélène était donc débarrassée de son mari. Elle avait alors 19 ans et était sans enfants. Elle convola bientôt en secondes noces et épousa Charles de Cossé, marquis d'Acigné, frère du duc de Brissac.Le contrat de mariage eut lieu le 12 août 1609. Hélène ne fut pas plus heureuse avec ce nouvel époux volage et tracassier. Il se livra à une telle vie de folles prodigalités que le maréchal de Brissac, son frère, dut faire interdire les deux époux par arrêté du Parlement en 1615, pour éviter leur ruine commune. Malgré l'arrêt du Parlement, le marquis dépensait son argent en folies, et comme sa femme était un obstacle à ses débordements, il fit séquestrer Hélène dans un de ses châteaux. Il alla même, pour pouvoir se débarrasser de sa femme sans perdre ses droits à sa fortune, jusqu'à lui faire reconnaître un enfant supposé. Hélène parvint à faire prévenir le Roi de tous ces méfaits, et le marquis fut mis à la Bastille en août 1626. Hélène demanda l'annulation de son mariage, ce qu'elle obtint par arrêt du 25 janvier 1528. M. d'Acigné fut banni du royaume, condamné à 24 mille livres de dommages-intérêts, 12 mille livres d'amende et la confiscation du reste de ses biens. Hélène de Beaumanoir avait alors 38 ans. Elle était relativement jeune encore, mais ces luttes l'avaient usée et des infirmités précoces minaient sa vie. Elle s'enferma dans son manoir de Dinan qu'elle affectionnait tout particulièrement. Le 28 avril 1612, nous la voyons marraine à St-Sauveur au baptême de Tanneguy du Breil de Pontbriand dont Tanneguy de Rosmadec, gouverneur de Dinan, était le parrain. Nous la retrouvons encore marraine à St-Sauveur le 11 novembre 1631. Elle avait alors près d'elle une de ses nièces, Françoise de Guémadeuc, épouse de Messire François de Vignerot, marquis de Pontcourlay, à laquelle elle avait fait don d'une partie de ses biens par acte du 16 janvier 1629. Cette donation irrita les Rosmadec, qui se sentaient frustrés, et qui, après la mort d'Hélène, intentèrent un long procès aux Vignerot.

 

 

L'Hôtel Beaumanoir.

 

 

Vers la fin de sa vie, Hélène, qui avait fondé un couvent de Sainte-Catherine dans son propre manoir de Dinan, fit à ce couvent des legs importants et lui donna des maisons et des rentes. Puis, sa santé étant trop altérée, elle se retira au château de Limoëlan en Sévignac, qui était sa propriété, et y mourut d'hydropisie vers la fin de juillet 1636, à l'âge de 46 ans(voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1 & la seigneurie de Limoëlan et ses possesseurs, page n° 2) . Son corps fut apporté le 10 août à Dinan et inhumée dans la chapelle des Religieuses de Sainte-Catherinepar Mgr l'Évêque de St-Malo, Achille du Harlay. C'est pendant les luttes avec le marquis d'Acigné qu'Hélèn de Beaumanoir eut l'idée de créer le couvent des Catherinettes et de s'y enfermer. Elle ne pouvait agit elle-même puisqu'elle était en puissance de so mari ; elle employa deux filles d'Yvignac, Perronelle et Françoise d'Yvignac, la tante et la nièce, qui obtinrent de Mgr Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo, l'autorisation, en date du 20 décembre 1625, d'ouvrir à leurs frais le dit couvent. Bien entendu que c'était Mme d'Acigné qui faisait tous ces frais ; déjà, par acte du 2 juin 1620, elle avait consigné 1000 fr. de rente pour le dit couvent où les deux demoiselles d'Ivignac se firent religieuses. Un peu plus tard des religieuses de l'ordre réformé de St-Dominique vinrent habiter l'hôtel Beaumanoir, de là le nom de Vieux Couvent, et elles y devinrent si nombreuses que la petite cour qu'on y voit encore et qui leur servait de cimetière, s'emplit de leurs tombes. Le grand-père du propriétaire actuel fit transporter au cimetière de Dinan toute une charretée d'ossements provenant de ces fouilles. Ce magnifique hôtel, admirable type (comme le château de la Garaye), de la première époque de la Renaissance, est fort intéressant à visiter. Le corps principal du logis possède une tour octogonale en avant-corps, percée de fenêtres rectangulaires à angles supérieurs arrondis et surmontées des élégantes accolades qui caractérisent la Renaissance. Partout, à l'intérieur, les pleins cintres des portes ont remplacé l'ogive du moyen âge, et un splendide escalier de pierres, tournant sa large spirale autour d'une colonne légère, monte aux étages avec ses 60 marches monumentales.Les appartements intérieurs ont été profondément modifiés, mais on y voit encore les étroits corridors et les petites cellules des religieuses. Ces cellules ne sont pas dans le corps de l'hôtel, mais dans un bâtiment latéral construit par Hélène elle-même pour servir de chapelle et où elle fut provisoirement enterrée. Dans l'hôtel on visite avec intérêt la cuisine avec sa large cheminée et les servitudes qui vont jusqu'à la rue du Jerzual où il y avait une sortie. Toute la place était enclose sur le devant, où s'ouvre encore le beau portail Renaissance avec son magnique fronton si richement ajouré surmontantun bel arc surbaissé du style Tudor.

Hélène de Beaumanoir, par P. de Lhommeau
Hélène de Beaumanoir, par P. de Lhommeau
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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 21:09

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:27

 

 

 

II est extraordinaire que la politique du parlement de Rennes ait été si largement négligée par les historiens bretons pendant presque tout le xvne siècle. Le livre d'Henri Carré sur le parlement à l'époque d'Henri IV se termine évidemment en 1610, tandis qu'Alphonse Le Moy, en étudiant le parlement au XVIIIe, a laissé presque entièrement de côté le siècle précédent, commençant son livre à la mort de Louis XIV, en 1715. Il n'y a pas de livre, donc, sur l'histoire parlementaire entre 1610 et 1715, mais on peut consulter : l'article de Séverin Canal sur « Les origines de l'intendance de Bretagne », pour les réactions du parlement contre les premiers intendants bretons, que Richelieu et Mazarin avaient créés ; l'article d'Henry Salomon sur « La fronde en Bretagne », pour le rôle du parlement entre 1648 et 1653 ; et les études de Jean Lemoine et d'Arthur de La Borderie sur la révolte du papier timbré en 1675, pour l'activité du parlement lors de cet événement. Tous ces auteurs, néanmoins, s'occupèrent assez peu des intérêts du parlement, et personne n'étudia l'histoire parlementaire proprement dite au XVIIe siècle. De plus, il est évident que l'époque qu'on pensait cruciale, celle des premières années du règne de Louis XIV et de l'administration de Colbert, reste pour l'histoire parlementaire. II est extraordinaire que la politique du parlement de Rennes ait été si largement négligée par les historiens bretons pendant presque tout le XVIIe siècle. Le livre d'Henri Carré sur le parlement à l'époque d'Henri IV se termine évidemment en 1610, tandis qu'Alphonse Le Moy, en étudiant le parlement au xvmc, a laissé presque entièrement de côté le siècle précédent, commençant son livre à la mort de Louis XIV, en 1715. Il n'y a pas de livre, donc, sur l'histoire parlementaire entre 1610 et 1715, mais on peut consulter : l'article de Séverin Canal sur « Les origines de l'intendance de Bretagne », pour les réactions du parlement contre les premiers intendants bretons, que Richelieu et Mazarin avaient créés ; l'article d'Henry Salomon sur « La fronde en Bretagne », pour le rôle du parlement entre 1648 et 1653 ; et les études de Jean Lemoine et d'Arthur de La Borderie sur la révolte du papier timbré en 1675, pour l'activité du parlement lors de cet événement. Tous ces auteurs, néanmoins, s'occupèrent assez peu des intérêts du parlement, et personne n'étudia l'histoire parlementaire proprement dite au XVIIe siècle. De plus, il est évident que l'époque qu'on pensait cruciale, celle des premières années du règne de Louis XIV et de l'administration de Colbert, reste pour l'histoire parlementaire der ; c'est pourquoi les prédécesseurs de Louis XIV et de Colbert, qui y avaient souvent pensé, ne firent presque rien, ou plutôt aggravèrent le problème en créant et vendant de plus en plus d'offices et rendant la vénalité encore plus importante dans l'Etat. Colbert, néanmoins, pensa avoir une solution. Il proposa au roi l'édit de décembre 1665, qui limitait brutalement les prix maxima d'un grand nombre des offices vénaux de judicature. Par ce moyen Colbert espérait atteindre deux buts : mettre fin à la hausse spéculative des prix des offices judiciaires et rendre plus facile la suppression éventuelle de ces mêmes offices. La limitation des prix serait le premier moyen de diminuer le nombre des offices. En effet, l'édit annonçait que le roi comptait supprimer tout office à la mort de son détenteur, en remboursant toutefois aux héritiers le prix établi par l'édit. L'acte comportait une liste d'une variété d'offices et établissait leurs nouveaux prix légaux. Cet édit de décembre 1665, qui frappait tous les officiers, était particulièrement pénible pour les magistrats du parlement de Bretagne. Dans le parlement de Rennes, un office de conseiller originaire, réservé en principe aux Bretons, se vendait avant 1665 entre 135 000 et 187 000 livres : un prix moyen de 150 000 livres était jugé normal. Or, l'édit de 1665 fixait le prix de cet office à 100 000 livres, ce qui représentait une perte immédiate d'environ 50 000 livres de capital pour presque tous les officiers originaires. Par surcroît de malheur, cet édit amorça une chute irréversible des prix de ces offices. En effet, si à la mort du Roi-Soleil un conseiller originaire valait approximativement 75 000 livres, il ne valait plus qu'environ 30 000 livres à la fin de l'ancien régime. L'office de conseiller non originaire connut le même destin. Les offices non originaires, qui se vendaient à un prix entre 90 000 et 103 000 livres, furent fixés à 70 000 livres par l'édit de 1665. Leurs prix tombèrent à 40 000 livres en 1715 et ils se vendirent très difficilement au xvme siècle. Ce fut un succès éclatant pour Colbert car la hausse spéculative des prix des offices fut totalement renversée. Ce qui était vrai pour le parlement de Bretagne était aussi valable pour le parlement de Paris et probablement pour les autres parlements du royaume. La chute générale des prix des offices parlementaires dura jusqu'à la fin de l'ancien régime. Cette condition inquiéta les magistrats. En Bretagne, le parlement protesta vivement contre l'édit de 1665 par ses remontrances de juin 1666, dans lesquelles les magistrats se plaignirent de la ruine imminente de leurs familles que l'édit atteindrait. Une remontrance de 1672 renouvela ces plaintes, mais ni l'une ni l'autre n'émurent Colbert ou le roi. De toute façon, l'édit de 1665 fut annulé en 1689, mais la chute des prix n'en continua pas moins. De plus, Colbert s'occupa de la vénalité de deux autres manières. Par le même édit de 1665, la paulette, ou le droit annuel, ne fut renouvelée que pour trois ans au lieu des neuf ans ordinaires. En réduisant son terme, Colbert proclama son désir de la voir un jour définitivement abolie. Or, c'était la paulette qui, depuis 1604, garantissait la transmission héréditaire des charges moyennant le paiement annuel au gouvernement du soixantième de la valeur de l'office porté sur les états du roi. Regardée comme une sorte de prime d'assurance, la paulette était une aubaine pour les officiers, qui en réclamaient le renouvellement chaque fois qu'elle était prête à expirer. Aussi ce projet alarma- t-il tous les officiers sans exception, y compris les parlementaires bretons, qui se prononcèrent dans leur remontrance de 1666. Enfin, l'édit de 1665 éleva l'âge nécessaire pour être conseiller de vingt-cinq ans à vingt-sept ans, indiquant l'espoir de Colbert d'élever ainsi la maturité, donc la compétence de la magistrature. Inutile de dire que cette prescription agaçait les magistrats bretons car elle réduisait le nombre de personnes susceptibles d'acheter un office et rendait plus difficile la transmission d'un office à un héritier. Dans l'ensemble, donc, l'édit de 1665 représentait un grand danger pour les intérêts particuliers des parlementaires bretons. Nous savons aujourd'hui que toutes leurs appréhensions étaient peu fondées : la paulette ne sera pas supprimée pendant le règne de Louis XIV, et il y aura toujours des dispenses d'âge vendues par la monarchie. Dès l'édit de 1665, pourtant, les parlementaires bretons furent soucieux de cette attaque contre la vénalité, d'autant plus que le gouvernement supprima deux offices dans le parlement entre 1665 et 1672. La crainte de perdre leurs office fut plus tard exacerbée par une baisse continue des épices, qui étaient les redevances dues aux juges par les plaideurs dans les tribunaux et dont le montant dans le parlement breton était plus important que les gages fixés des offices. Pour le parlement de Rennes, la baisse est démontrée par leurs registres de comptabilité ; elle s'amorça dès les années 1670, s'accentua vers 1680 et se détériora davantage vers 1690. La Grand-Chambre, par exemple, perçut 44 809 livres en épices pour le semestre d'août 1673, mais seulement 16 928 pour le semestre d'août 1695. Il s'agit là d'un exemple extrême. Dans l'ensemble, le pourcentage des pertes en épices au règne de Louis XIV était de quarante cinq pour cent et donc semblable à la chute des prix des offices. Ce phénomène n'était pas dû aux efforts de Colbert, bien qu'il ait voulu abolir les épices et rendre la justice « gratuite ». Ses règlements pour la taxation et la perception des épices n'étaient pas la cause de la baisse des épices dans le parlement de Bretagne. Elle fut probablement due à deux conditions : la détérioration de la situation financière pendant le règne de Louis XIV et la tendance, surtout après 1689, de l'administration royale à réserver des causes importantes aux nouveaux intendants, au lieu du parlement. De toute façon la baisse des épices, ainsi que la chute des prix des offices, soucièrent toutes deux les parlementaires bretons pendant presque tout le règne de Louis XIV. Ce fut l'une des causes de l'intransigeance politique du parlement envers la couronne, dont on reparlera. Il y a bien sûr des raisons politiques aux positions qui seront prises par le parlement ; mais les soucis financiers y furent certainement pour beaucoup. Louis XIV et Colbert eurent affaire également aux pouvoirs politiques des parlements, qui étaient fondés sur leur droit d'enregistrer la législation de la monarchie avant de la faire exécuter dans leurs juridictions. Ce droit, acquis dès le XVe siècle, comportait le pouvoir de remontrer contre une loi jugée en conflit avec les ordonnances, les lois fondamentales ou les intérêts du roi et du peuple. La loi restait alors sans effet jusqu'à ce que le roi répondît aux objections parlementaires ou utilisât un des moyens de contrainte, tels que lettres de jussion ou lit de justice. Quand la monarchie était faible, surtout au temps d'une régence, un parlement, tel que le parlement de Paris, pouvait frustrer la législation royale ou même provoquer une crise sérieuse dans l'Etat. C'est ce qui se passa pendant la Fronde. Il est clair qu'en exerçant leurs pouvoirs politiques les parlements contrôlaient ou partageaient le pouvoir législatif royal. De temps en temps les rois, notamment Louis XIII, s'efforcèrent de régler et de limiter les remontrances parlementaires. Il en fut de même sous Louis XIV. L'ordonnance civile de 1667 et les lettres patentes de février 1673, encore plus sévères que la précédente, demandaient que tout acte royal fût enregistré promptement et avant toute remontrance. Le cas échéant, une seule remontrance serait permise ; le roi la lirait, l'accepterait ou non, et tout serait dit. Le parlement devrait alors faire exécuter la loi sans aucune hésitation. De même, ces ordres de 1667 et 1673 interdisaient aux parlements de modifier les actes royaux, car les parlements avaient pris l'habitude d'altérer les articles d'un acte pour mieux les conformer à leur gré. Dans l'ensemble, donc, Louis XIV tenta de priver les parlements de la plus grande partie de leurs fonctions politiques et législatives et de les restreindre à leurs fonctions juridiques. Il y réussit d'une certaine manière. Le parlement de Paris et la plupart des parlements provinciaux cessèrent de remontrer dès avant 1673, et il sera désormais fort rare, sauf pendant les révoltes populaires de l'Ouest en 1675, que le roi considère que ses parlements lui causent certaines difficultés. Tout cela montrait aux parlements que le roi attendait d'eux de la discipline, de l'obéissance et un certain zèle pour son service. Le parlement de Rennes en ressentira lui aussi les effets Enfin, Colbert voulait réformer la législation française, qui était embrouillée, contradictoire, irrationnelle ou périmée et réclamait une vraie codification légale qui ferait de Louis XIV l'égal de l'empereur Justinien. Le roi fit mine d'accepter le projet et un Conseil de justice, réuni en 1665 et dirigé en partie par Pussort, oncle de Colbert, commença son travail. Il en résulta les ordonnances suivantes : civile (1667), des eaux et forêts (1669), criminelle (1670), du commerce (1673), de la marine (1681) et le « Code noir » (1685). Mais ces ordonnances civiles et criminelles étaient plutôt des codes de procédure. Néanmoins, elles irritèrent les tribunaux du royaume, surtout les parlements, qui les acceptèrent de mauvaise grâce et sous pression, car elles contredisaient certains articles du droit coutumier et des usages locaux. Les réformes légales de Colbert étaient donc une cause supplémentaire d'inquiétude pour les parlementaires, y compris les Rennais, dans les premières années du règne de Louis XIV. C'est donc dans cette atmosphère tendue entre les parlements et la couronne que se situe l'expérience particulière du parlement de Bretagne. De la mort d'Henri IV, en 1610, jusqu'au règne personnel de Louis XIV, en 1661, le parlement de Bretagne eut plusieurs heurts avec la monarchie, mais rien qui eût pu changer radicalement les relations fondamentales qui existaient entre le gouvernement royal et celui de la province. Il paraissait, bien au contraire, selon une « sorte de contrat tacite entre la royauté et la noblesse locale », que la Bretagne resterait fidèle aussi longtemps que le parlement et la noblesse jouiraient d'une large autonomie juridique et sociale. De temps en temps, pourtant, ce contrat semblait être en péril. En 1638, par exemple, le parlement protesta amèrement contre l'exercice des pouvoirs juridiques par l'intendant breton de Lasnier, annula sa commission et remontra au roi. Mais un arrêt du (Conseil royal cassa l'action du parlement, mit à la raison trois officiers, y compris le premier président, et confirma tous les pouvoirs de Lasnier ; le parlement fut réduit au silence. L'intendance, cependant, ne dura pas en Bretagne. En effet, Lasnier quitta la province en 1640 et ne fut remplacé qu'en 1647 par un nouvel intendant, Coëtlogon de Méjusseaume, qui gardait son office de conseiller au parlement. Cette fois les protestations du parlement furent même plus vives qu'en 1638, si bien qu'au début de 1648 il paraissait certain qu'un heurt majeur entre le tribunal et le gouvernement serait désormais inévitable, avec, bien entendu, de lourdes conséquences pour les deux parties. Mais le début de la Fronde, en 1648, préoccupa le gouvernement et mit fin à cette crise en Bretagne, car l'intendance fut pratiquement abolie dans tout le royaume avant la fin de l'année. Au lieu de participer d'une manière sérieuse au grand soulèvement, le parlement et les états s'amusèrent à s 'entrebatailler, même un peu après la fin de la Fronde. Avec le retour au calme des années 1650, le parlement de Bretagne put se rendre compte que le gouvernement de Mazarin et d'Anne d'Autriche respectait ses privilèges et son autorité, à une exception près. En 1655-1657, quand Mazarin demanda au parlement de Paris l'enregistrement des édits fiscaux, il fit également pression sur le parlement de Rennes. En Bretagne on s'émouvait d'un édit qui confirmait les usurpations dans les terres vaines et vagues et dans le domaine royal, contre un fort paiement. Réagissant avec ardeur, le parlement refusa l'enregistrement et remontra au roi. Sans doute les intérêts particuliers des magistrats bretons, comme ceux des autres propriétaires, étaient-ils en jeu. Quand le parlement eut refusé de céder même devant des lettres de jussion, Mazarin ordonna à trois magistrats de quitter Rennes pour l'exil. La situation resta tendue jusqu'en 1657, quand les Etats rachetèrent l'édit, tout en augmentant généreusement le « don gratuit ». Après cet épisode, Mazarin ne fit aucune pression sur le parlement et les dernières années de son administration s'écoulèrent dans la tranquillité. Donc, après les deux administrations de Richelieu et de Mazarin et malgré les attentats du pouvoir royal contre lui, le parlement de Bretagne réussit à garder intacts tous ses pouvoirs politiques anciens. Il restait à savoir si cette pression du gouvernement se répéterait et s'intensifierait sous le règne personnel de Louis XIV. Il est bon de noter que la puissance du parlement provenait en partie de sa capacité de pouvoir coordonner sa politique avec celle des Etats, ce qui lui permettait de temps en temps d'ériger une coalition formidable contre les demandes du gouvernement. Cette politique du parlement date des guerres de religion, au XVIe siècle, quand les Etats réclamèrent le droit d'opposer devant le parlement toute législation royale portant atteinte aux privilèges provinciaux ; c'est-à-dire les édits fiscaux, multipliés et rendus plus onéreux par les troubles intérieurs du royaume. Par l'édit de juin 1579, Henri III céda et reconnut aux Etats le droit de présenter leur opposition aux nouvelles lois devant le parlement. De fait, c'était donner la sanction royale à une coopération importante entre deux grandes institutions provinciales, à l'association du parlement, qui avait le droit de refuser l'enregistrement des lois, et des Etats, qui pouvaient négocier la modification ou la suppression de ces mêmes lois au moyen de leurs pouvoirs sur la levée des impôts bretons. Il semble que les assemblées bretonnes coopérèrent assez fréquemment au XVIe siècle ; de toute façon elles pouvaient coopérer d'une certaine manière. La nature précise de leurs relations pendant les premières décennies du xvne siècle n'est pas encore bien connue, à quelques exceptions près. En 1629, leur opposition à la Compagnie des cent associés de Morbihan, qui voulait créer un nouveau port breton, jouissant des exemptions juridiques et financières, persuada Richelieu de supprimer le projet. Ils coopérèrent aussi, mais avec moins de succès, quand Mazarin présenta son édit sur les usurpations terriennes en 1655. Il y eut probablement d'autres exemples de cette coopération dans la première moitié du xvne siècle, d'autant plus que le procureur général syndic, c'est-à-dire l'officier politique et administratif qui réglait les affaires des Etats entre leurs séances, était toujours, depuis 1636, un magistrat du parlement. Cela aurait dû faciliter la communication entre les deux institutions, mais on ne sait pas encore combien de fois le parlement et les Etats coopérèrent avant le règne de Louis XIV. Toutefois, l'importance de cette coopération se révèle clairement dans les premières années du nouveau règne. Prenons, par exemple, le cas d'un édit envoyé au parlement en 1664, qui voulait supprimer les notaires, sergents, procureurs et d'autres magistrats dans les villes et justices seigneuriales de Bretagne pour y créer et vendre beaucoup plus de ces offices. Cet édit provoqua une levée de boucliers dans le parlement et dans les états car ces offices seigneuriaux faisaient partie de la propriété et des revenus des officiers du parlement et des membres de la noblesse des Etats. Il va sans dire que les notaires, procureurs et sergents des villes, eux aussi, protestèrent à leur façon. Au mois de juin 1664 le parlement examina l'édit, contre lequel plusieurs magistrats protestèrent vivement. Le premier président d'Argouges fit de son mieux pour calmer les esprits afin de faire enregistrer l'édit ; mais, dit-il à Colbert, « ... ce n'est pas que je ne fasse pas tout mon possible et tout ce que je doibs pour rendre l'affaire aultrement, mais je crains de nen pouvoir estre le maistre, c'est un (sic) estrange chose... » Enfin, le parlement résolut de ne pas se prononcer sur l'édit mais de le transmettre au procureur général syndic pour que les Etats puissent le considérer à leur tour et, si possible, en obtenir la suppression moyennant paiement du « don gratuit ». Le parlement ne refusait pas encore l'enregistrement, mais il espérait tourner la difficulté en transmettant l'édit aux Etats. Ceux-ci ne se réuniraient qu'au mois d'août 1665, de sorte qu'un délai de plus d'un an interviendrait, freinant ainsi la législation royale. L'efficacité de l'action du parlement apparut à la réunion des Etats de 1665 à Nantes. Entre les commissaires du roi et les délégués des Etats de longues négociations eurent lieu au sujet de l'édit, à la fin desquelles la couronne céda et en ordonna la suppression qui fut incluse dans le contrat biennal, signé par les représentatifs du roi et ceux des Etats. Le 21 janvier 1666 le parlement, soulagé, enregistra ce contrat, scellant ainsi la disparition d'un édit dont il désapprouvait la teneur. Donc, l'entente facile entre le parlement et les Etats fortifiait énormément l'influence politique bretonne sur la couronne. C'était précisément à cette sorte d'activité que Colbert voulait mettre fin, pour obtenir de la Bretagne, et plus généralement de toutes les autorités et institutions provinciales, plus plus de zèle et plus d'obéissance au service du roi qu'elle ne le faisait. C'est pourquoi il voulait appliquer sans discussion aux pays d'Etats, y compris la Bretagne, tous les édits fiscaux dont les pays d'élections étaient ou seraient chargés. Il voulait mettre fin aux marchandages et accommodements tels ceux que les commissaires du roi devaient effectuer au sujet du « don gratuit » à Nantes en 1665. En 1665, ce but ne fut pas atteint, mais le contrôleur général ne l'abandonna pas pour autant. De toute façon, entre 1665 et 1669, la couronne traita le parlement et les Etats avec respect et ne fit pas de pression excessive sur eux. Les pouvoirs politiques du parlement, en particulier, s'exercèrent en pleine liberté. Bien entendu, le parlement ne gagna pas toujours dans ses différends avec le gouvernement. Son échec le plus pénible fut l'application de l'édit de 1665 qui réformait la vénalité en limitant le prix des offices parlementaires. Malgré une remontrance du parlement, Colbert resta ferme, et tout fut dit. Dans d'autres affaires le parlement eut plus de succès. Pendant 1666 et 1667 il transmit régulièrement aux Etats des édits, déclarations, lettres patentes, etc., qu'il ne voulait pas accepter. A cause de cette stratégie de nombreuses lois furent négociées par les Etats : la poste, les finances municipales, le haras, etc. Et la couronne toléra de bonne grâce ce rôle du parlement. Au cours d'autres différends, le gouvernement, tout en maintenant la fermeté de sa politique, se montra prêt à pactiser avec le parlement plutôt que de l'avilir. Dans la réformation de la noblesse bretonne, par exemple, les sensibilités du parlement furent respectées. Une déclaration du 7 juillet 1667 autorisa la réformation en Bretagne, essentiellement pour les mêmes raisons qui la provoquaient partout en France : le désir de Colbert de diminuer le nombre de « faux nobles » sur les rôles de la taille et, donc, d'augmenter les revenus royaux. Mais une telle réformation choquait inévitablement la noblesse bretonne, à cause des frais légaux qui s'imposeraient pour prouver son rang et du principe inadmissible de cette intrusion du pouvoir central dans les secrets de la vie privée. Entre juillet 1667 et mai 1668, le parlement essaya de négocier avec la couronne au sujet de la réformation et obtint enfin deux concessions mineures : la réformation serait opérée par une commission de magistrats du parlement et les amendes contre les usurpateurs seraient réduites de 1 000 à 500 livres. La première concession était mineure car les juges du parlement devaient être choisis par le gouvernement qui les sélectionna en effet parmi le groupe des magistrats dévoués à la couronne. Mais le comportement du gouvernement par rapport au parlement était plus significatif : la couronne accepta de négocier avec le tribunal pendant plus d'un an. Tout en imposant finalement par lettres de jussion la déclaration établissant la réformation, elle le fit assez doucement et le parlement parut même l'accepter. Le gouvernement ménagea aussi le parlement lorsqu'il lui présenta l'ordonnance civile le 16 novembre 1667. Un conseiller d'Etat, muni des lettres de cachet, vint en demander l'enregistrement immédiat et sans modification. Mais le parlement protesta contre ce coup d'autorité et l'administration, cette fois, se retira quelque peu. Le parlement reçut un délai de quatre mois pour en discuter avant que l'ordonnance ne fût exécutée. Pendant ce sursis, d'Argouges travailla de toutes ses forces pour obtenir l'assentiment et la bonne volonté de ses collègues. Le 8 avril 1668 il put faire savoir à Colbert que les magistrats étaient d'accord pour que l'ordonnance fût mise en œuvre, « une victoire, dit-il, aussi glorieuse pour le roy que celle de la FrancheComté ». Bien sûr, le gouvernement triompha dans cette affaire, mais il y parvint en utilisant la modération et la raison. Les moyens puissants n'étaient pas encore en vigueur. En 1669 et 1670, pourtant, l'attitude du gouvernement envers le parlement devint plus sévère. Il n'y eut pas encore d'effort systématique pour réduire les pouvoirs politiques du tribunal breton, mais l'administration ne trouva plus qu'il était commode de négocier et de pactiser avec le parlement. Au mois de mars 1669, par exemple, le roi lui-même réprimanda le parlement pour avoir empêché le recrutement dans les ports bretons des marins pour la flotte, recrutement qui fut prescrit par le nouvel édit de 1669, la première loi établissant ce que l'on appelait les « classes maritimes ». Si le parlement persistait, avertissait le roi, il enverrait une force militaire pour soutenir les capitaines de vaisseaux. En face de cet avertissement brutal, le parlement devint plus circonspect ; mais ce n'était que la première d'une série d'initiatives rigoureuses appliquées au tribunal. Vers la fin de l'année, en décembre 1669, le gouvernement décida de contraindre le parlement à accepter neuf actes royaux pour la Bretagne, y compris l'ordonnance des eaux et forêts, des règlements pour les offices judiciaires et un édit prescrivant la vente en Bretagne des offices de justice et de finances. Plutôt que d'attendre une remontrance du tribunal ou de souffrir la communication des édits aux Etats, l'administration envoya un certain Chamillart, maître des requêtes et père de celui qui deviendra contrôleur général en 1699, avec l'ordre du roi sous forme de lettres de jussion que les édits fussent enregistrés immédiatement et sans altération. Devant cet agent royal, apparemment un personnage formidable, le parlement n'eut aucun choix. Il obéit au roi et enregistra les édits sans aucune amélioration. Un troisième exemple de la nouvelle sévérité du gouvernement se présenta en 1670 quand le duc de Chaulnes fut désigné gouverneur de Bretagne. Quand le parlement reçut les lettres patentes nommant Chaulnes à cet honneur, il les modifia sérieusement. D'abord, le pouvoir de Chaulnes, accordé par le roi, de surveiller la justice en Bretagne, fut totalement supprimé. Le devoir de Chaulnes d'intervenir dans les affaires commerciales de la province connut le même sort. Le nouveau gouverneur se voyait aussi interdit d'entrer dans le parlement quand il le voulait et de l'assembler par son ordre. Tous ces pouvoirs et fonctions, et d'autres bien sûr, furent pour le moment annulés par le parlement. Mais la réaction du gouvernement fut extrêmement rapide. Des lettres de jussion du 15 décembre 1670 cassèrent l'acte du parlement et demandèrent un enregistrement « pur et simple ». Il fut aussi interdit au parlement de délibérer sur les lettres de jussion ; ce dernier suivit en effet la volonté du roi et rendit à Chaulnes ses pleins pouvoirs. Une fois de plus le gouvernement dominait le parlement de Bretagne. Entre 1671 et 1673 la pression sur le parlement fut fermement augmentée. Dès 1673, en effet, les pouvoirs politiques du parlement furent à peu près supprimés ; et l'événement du papier timbré, en 1675, avec l'exil du parlement à Vannes fut plutôt l'épilogue d'une histoire que le dénouement d'un drame. Dès 1673 le parlement ne modifia plus la législation royale et cessa de l'envoyer aux Etats : il enregistra tout sans discussion, comme s'il avait même cessé de lire les nouvelles lois. Naturellement, les remontrances disparurent. La dernière remontrance du parlement de Rennes pendant le règne de Louis XIV fut écrite en décembre 1672. La plus grande partie des pouvoirs politiques du parlement fut donc perdue, quoiqu'il gardât son prestige immense comme premier tribunal de province et ses pouvoirs juridiques et administratifs, qui étaient importants. Il est vrai que ces derniers impliquaient un poids politique, mais ils étaient tout autre chose que le pouvoir d'influer directement sur la législation royale. Pendant ces années, de plus, les Etats souffraient euxmêmes de la pression royale. Ce fut entre 1671 et 1673 que la couronne mit fin aux négociations et marchandages qui accompagnaient le vote du « don gratuit » par les Etats et la signature du contrat biennal entre les Etats et les commissaires du roi. Ces deux développements étant étroitement liés, du point de vue de la couronne, les années 1671-1673 furent une époque critique dans l'histoire de la province et les années politiques les plus importantes pendant le règne de Louis XIV. Ce processus de l'abaissement systématique du parlement et des Etats paraît commencer en 1671. Le gouvernement devint encore plus rigoureux dans ses relations avec les deux assemblées, montrant ainsi sa nouvelle politique. Dans tout le cours de 1671, l'administration envoya au parlement près d'une douzaine d'édits fiscaux qui menaçaient les privilèges de la Bretagne. Le parlement, trouvant ces édits inadmissibles, les communiqua aux Etats prévus à Vitré pour le mois d'août. Parmi ces édits il y avait celui du contrôle des exploits, déjà enregistré par force en décembre 1669 et maintenant complété par une déclaration du 24 mars 1671 qui en augmentait le tarif. Le contrôle des exploits était un impôt sur une espèce de document légal, l'exploit, qui s'employait dans les cours royales et ecclésiastiques pour les ajournements et assignations condamnant quelqu'un à payer ou à donner au demandeur ce qu'il lui devait. Dès lors, il faudrait soumettre ces exploits, avant qu'ils ne fussent utilisés, au commis du fermier général du domaine royal pour un contrôle coûtant cinq sous. Les exploits de retrait lignager, séquestres féodaux, saisies féodales ou réelles, tous seraient compris dans ce nouvel impôt. Il paraissait évident que le gouvernement voulait désormais effectuer sérieusement le contrôle des exploits en Bretagne en 1671, dont il avait apparemment suspendu l'exécution dès 1669. Le parlement n'aima pas du tout cela et décida de remontrer, quoique les remontrances ne fussent pas écrites en prévision de la réunion des Etats de 1671. D'autres édits établirent un impôt sur les documents légaux, tels que le greffe des affirmations et la consignation des amendes. Tous déplurent au parlement et furent communiqués aux Etats, qui reçurent encore du parlement une série d'autres édits et déclarations qui violaient la coutume bretonne ; l'un interdisait les voyages des Français dans les pays étrangers sans la permission du roi, et un autre soumettait les offices dans la chancellerie du parlement à un contrôle gouvernemental plus étroit. La réunion des Etats de 1671 s'annonçait orageuse. En effet, elle le fut. La noblesse dénonça vivement le contrôle des exploits, la consignation des amendes et le greffe des affirmations. Les ordonnances des eaux et forêts (1669) et de procédure criminelle (1670) furent aussi condamnées, comme le furent tous les édits communiqués aux Etats par le parlement. En remerciement de la coopération du parlement, les Etats protestèrent formellement pour la première fois contre la limitation des prix des offices parlementaires. Naturellement, cette protestation fut sans effet, mais elle confirma les liens entre le tribunal et les Etats. Le rôle normal du gouvernement fut de négocier avec les Etats, changeant ou supprimant les édits répugnants pour obtenir le « don gratuit » ou même pour l'augmenter, d'autant plus que plusieurs de ces édits contrevenaient aux prescriptions du dernier contrat ». Mais cette fois-ci la couronne ne voulait rien céder, et le duc de Chaulnes, assistant à ses premiers Etats, travailla habilement pour dompter l'opposition croissante qu'il y trouva. A un moment donné les Etats offrirent un « don gratuit » de 2,5 millions de livres, à condition que les édits fussent supprimés, mais Chaulnes le rejeta. Les Etats voulurent examiner les contraventions au contrat de 1669, y compris les édits, comme s'ils comptaient refuser le « don gratuit » dans sa totalité, mais Chaulnes les en dissuada. Enfin un « don gratuit » de 2,2 millions de livres fut voté, sans conditions préalables et sans que les édits fiscaux fussent modérés. C'était la première fois que le « don gratuit » avait été autorisé sans donner aucune satisfaction aux plaintes des Etats. Le précédent de 1671 deviendra encore plus important dans l'avenir ; pour le moment il suffit de noter que la coopération entre le parlement et les Etats en 1671 s'avéra rigoureusement inutile. Après la fin des Etats le parlement décida de continuer sa lutte contre les impôts sur les documents légaux : le contrôle des exploits, le greffe des affirmations et la consignation des amendes. Le 23 mai 1672 le parlement décida d'écrire les remontrances qu'il avait autorisées en 1671, en attendant la réunion des Etats. Le fondement légal de cette remontrance fut un article inclus dans le contrat entre les Etats et le roi depuis 1614. Cet article stipulait qu'aucun acte royal, y compris les arrêts du Conseil, ne pouvait être valable en Bretagne sans l'assentiment des Etats et la vérification dans les cours souveraines, c'est-à-dire le parlement ou, dans certains cas, la chambre des comptes. Bien que l'administration ait violé cet article au cours du XVIIe siècle, le parlement ne l'avait jamais formellement mis à l'épreuve. C'est ce qu'il se proposait de faire pendant l'été de 1672, alors qu'il écrivait ses remontrances. Au mois de septembre Colbert demanda au parlement ce qu'il advenait des édits sur le contrôle, le greffe et la consignation. Il dut être furieux lorsqu'il eut lu la réponse à sa question : le parlement préparait des remontrances fondées sur cet article du contrat. Dès que d'Argouges fut arrivé à Paris au mois d'octobre avec ses remontrances parlementaires, il reçut des signes manifestes du déplaisir du roi et de Colbert. Le premier président fut averti que sa compagnie devrait être plus prudente en obéissant aux volontés du roi, avertissement qu'il communiqua ensuite au parlement. En effet, la couronne avait déjà pris sa décision. Un arrêt du Conseil d'Etat, scellé le 17 septembre 1672, annula les remontrances du parlement d'une manière retentissante. Il cassa l'arrêt du parlement du 23 mai 1672, déclarant les remontrances en contravention avec l'ordonnance civile de 1667 ; on se rappelle que cette ordonnance commandait aux parlements provinciaux d'enregistrer la législation royale dès qu'elle était reçue et d'écrire toutes remontrances dans un délai de six semaines. Donc, les remontrances du parlement étaient déjà illégales. Cet arrêt du Conseil prit acte aussi de la thèse du parlement selon laquelle un article dans le contrat des Etats autorisait ses remontrances, puisque le parlement protestait contre les actes royaux non approuvés par les Etats ou par lui-même. Mais cet article représentait « un attentat à l'autorité royale », dit l'arrêt du Conseil, et, donc, les remontrances du parlement étaient une fois de plus illégales. Tous les édits et déclarations dont il était question, le contrôle, le greffe et la consignation, devraient être enregistrés par le parlement sans aucun délai. De plus, les magistrats qui avaient présidé aux séances parlementaires qui votèrent les remontrances devraient se rendre à Paris pour expliquer leurs actions. Le parlement reçut cet arrêt le 22 octobre 1672 et fut suffisamment ému pour exécuter tout ce qu'il ordonnait. Ses remontrances furent retirées, ainsi que son opposition au contrôle, au greffe et à la consignation. Ce fut une victoire importante pour l'administration royale. Mais la couronne n'avait pas encore terminé. Elle avait remarqué l'efficacité de la coopération politique entre le parlement et les Etats, une coopération à laquelle il fallait évidemment mettre fin. Par un autre arrêt du Conseil d'Etat du 17 septembre 1672, le parlement se trouva dans l'interdiction de communiquer aux Etats aucun acte royal qu'il devait enregistrer. Quelques mois plus tard, en février 1673, cet arrêt fut complété par un deuxième, qui défendit au parlement même de recevoir les opinions des Etats sur la législation royale. Donc, ces deux arrêts supprimèrent la coopération légale entre le parlement et les Etats et annulèrent les effets de l'édit d'Henri III de 1579, qui autorisait cette coopération. C'était affaiblir le parlement, qui se trouva dès lors presque seul devant la couronne. L'importance de l'affaiblissement du parlement devint claire vers la fin de l'année. Le 19 décembre, le redoutable Chamillart fit son entrée au parlement avec six édits dont il demanda l'enregistrement immédiat. Les édits étaient certainement inadmissibles, d'autant plus qu'il y en avait trois qui s'appliquaient au parlement même. Un de ceux-ci créa et érigea en titre d'offices dix greffiers et substituts du procureur général dans le tribunal, et le parlement de Rennes, comme tous les parlements, détestait une telle création d'offices au sein de sa propre compagnie. L'édit créa ces mêmes officiers dans tous les présidiaux et sénéchaussées de Bretagne, de sorte qu'il s'en suivrait une vente d'environ soixante-quinze offices de justice (le chiffre est approximatif). Une telle vente d'offices sans l'approbation du parlement ou des Etats était en principe interdite par le contrat des Etats et le roi ; mais ces restrictions ne furent plus respectées. Parmi les trois autres actes un édit de novembre 1672 souleva encore plus de consternation car il établissait une chambre royale du domaine pour rechercher, pendant de longues années, les empiétements sur le domaine opérés par de nombreux seigneurs nobles et roturiers, y compris les parlementaires. Pour les propriétaires, même les innocents, il serait difficile et coûteux de rassembler les preuves légales qu'une telle chambre demanderait. Un autre édit de novembre 1672 imposa en Bretagne des francfiefs et nouveaux acquêts moyennant le paiement de deux années de revenus terriens : ce fut donc un impôt détesté par les roturiers qui possédaient des terres nobles. Ces deux actes effrayèrent donc les propriétaires bretons, et l'opposition de la province se manifesta d'abord dans le parlement. Pour le tribunal, les six édits de décembre 1672 représentaient des questions importantes d'ordre politique, constitutionnel et fiscal. Il s'agissait de décider si le gouvernement pourrait légiférer à son gré en Bretagne ou si les assemblées bretonnes, le parlement et les Etats, garderaient un certain pouvoir d'influer sur la législation royale. Le prestige du parlement lui-même était en jeu à cause des offices que le gouvernement comptait vendre dans le tribunal contre sa volonté. La crise était latente quand le parlement décida, le 23 décembre 1672, de remontrer contre les six édits et d'en retarder l'enregistrement. Depuis l'ordonnance civile de 1667 il était défendu de retarder l'enregistrement des actes royaux, et c'est pour une faute identique que le parlement avait été réprimande par l'arrêt du Conseil du 17 septembre 1672. Néanmoins, le parlement décida de défier une fois de plus l'administration royale. La Grand-Chambre du parlement, toutes chambres assemblées, fut la scène de plusieurs discours échauffés et peu respectueux de la monarchie, ardemment applaudis. Selon le Journal d'un bourgeois de Rennes, les officiers du parlement suspendirent leur travail dès le 19 décembre, ajoutant par surcroît une grève à leur politique d'opposition. Le 5 janvier 1673 une députation parlementaire quitta Rennes pour porter les remontrances au roi. Trois magistrats compétents du parlement étaient déjà à Paris, y représentant le tribunal devant l'administration. Ils comprenaient, cependant, que le gouvernement ne tolérait plus la résistance parlementaire, surtout au moment où la guerre de Hollande venait de commencer. Leurs conseils de modération à leurs collègues ne furent pas écoutés, ni leurs prévisions de la ruine que le parlement aurait à souffrir pour sa désobéissance. L'événement du 19 décembre 1672, avertirent ces magistrats, « va attirer sur le parlement, sur la ville de Rennes, et generallement sur toute la province des malheurs qui passera (sic) l'imagination... ». C'était aussi l'opinion de Colbert qui écrivit à son Chamillart : « Comme c'est la seule compagnie du royaume qui résiste aux volontés du roy, Sa Majesté ne peut pas souffrir que cela dure plus longtemps ; et assurément, si elle ne se met dans le mesme train que les autres, elle aura fort à souffrir. » En effet, l'événement justifia ses prévisions. Le 17 janvier 1673, trois personnes entrèrent soudain dans le parlement : le maître des requêtes Chamillart, maintenant intendant à Caen ; le marquis de Coëtlogon, gouverneur de Rennes ; et un huissier du Conseil d'Etat. Montrant un arrêt du Conseil du 7 janvier 1673, Chamillart déclara que le roi commandait l'enregistrement immédiat des six édits en question. L'arrêt du parlement, autorisant les dernières remontrances, fut jugé en contravention avec l'ordonnance civile et condamné à être arraché du registre secret du tribunal à la vue des magistrats. Donc, Chamillart s'empara du registre secret et ordonna à l'huissier de trouver l'arrêt offensant que l'huissier coupa avec des ciseaux, déchirant ainsi le registre parlementaire, pour mettre l'arrêt du Conseil à sa place. Chamillart proclama l'enregistrement des six édits et sollicita les observations des magistrats. Un président à mortier, Claude Cornulier, dit : « Monsieur, nous ne devons en cette occasion que notre présence à l'exécution des ordres du Roy. » Chamillart répliqua : « Je ne crois pas, Messieurs, qu'il y ayt aucun dans la Compagnie qui veuillent contrarier les ordres du Roy. » Puis les visiteurs sortirent. Chamillart enleva le registre secret et le garda pendant plus de vingt-quatre heures. Après cette journée dramatique le parlement se sentit humilié. Il fit savoir à d'Argouges, alors à Paris, qu'il devrait parler au roi de la « submission » et du « silence » qu'avait montrés le parlement pendant la visite de Chamillart. D'Argouges fut même remercié de ses services au tribunal « pendant notre disgrâce et dans un temps d'orage ». Avant le 17 janvier le parlement n'était que trop heureux de se passer de ses services, jugés trop favorables à la couronne. Maintenant il était sollicité. Le parlement comprit aussi que le gouvernement comptait nuire au principe des remontrances parlementaires en les rendant impuissantes et inutiles. Cette politique du gouvernement lui paraissait encore plus perturbante que sa propre humiliation. Le tribunal résolut de protester formellement, mais respectueusement, contre ce que le roi faisait aux remontrances parlementaires. Une lettre du parlement de Rennes fut rapidement écrite et adressée au roi, à Colbert, au secrétaire d'Etat Pomponne et au duc de Chaulnes. Dans cette lettre le parlement exprima la théorie ancienne selon laquelle les parlements, étant les créations des rois, faisaient vraiment partie de la monarchie et étaient obligés d'avertir le roi quand sa législation nuisait au bien-être du royaume. Le parlement dit que : « ... s'il est vray que le tribunal soit une Emanation de la Justice du prince et le médiateur entre luy et ses peuples, II ne peut sans trahir lâchement l'honneur de son ministère consentir aveuglement à son anéantissement et à la perte de ses Sujets sans au moins les avertir qui lui est permise par le moyen de ses très humbles remonstrances... » Le pouvoir de remontrer efficacement était une obligation imposée par : « ... les lois de sa conscience envers Dieu, de son devoir envers le roy, de sa tendresse et de sa charité envers les peuples, et de sa propre conservation envers Luy mesme...» A Paris, bien sûr, on ne tint aucun compte de cette lettre ; l'administration n'admit jamais que les « soi-disant cours souveraines » partageassent dans aucun sens les pouvoirs royaux. Néanmoins, elle exprima assez bien la position des parlements français sous le Roi-Soleil. Elle fut aussi la dernière protestation sérieuse contre la politique du gouvernement émise par le parlement de Rennes sous Louis XIV. En effet, on peut dire que l'activité du parlement en 1672-1673 marqua l'apogée de sa résistance politique au roi. Il y aura son rôle dans la révolte bretonne de 1675, qu'on verra plus loin, et quelques perturbations parlementaires vers la fin du règne, causées par les exigences financières contre les officiers en forme d'augmentations de gages et d'autres contributions forcées. Mais la résistance au parlement de Rennes y sera relativement faible ; il ne retrouvera plus les pouvoirs exercés dans les premières années du règne avant la mort de Louis XIV. Pour convaincre le parlement de son obligation d'obéissance, s'il en était encore besoin, le gouvernement renvoya Chamillart à Rennes le 7 juin 1673. Il apportait plusieurs édits et déclarations pour l'enregistrement immédiat du parlement, ce qui fut accordé sans hésitation. Deux de ces actes s'appliquaient directement au parlement. Le tribunal dut enregistrer l'édit de février 1673 qui réglait la levée des épices, vacations de commissaires et les autres frais de justice. Il y eut aussi la déclaration de février 1673 qui renouvelait et rendait plus rigoureuses les prescriptions de l'ordonnance civile pour l'enregistrement des actes royaux. (Peut-être cette déclaration fut-elle provoquée par la résistance du parlement de Rennes en 1672. Colbert n'avait-il pas dit que ce parlement était la « seule compagnie du royaume » qui troublait le roi ?) Ensuite vinrent huit édits, dont les plus significatifs créaient un certain nombre d'offices de justices (greffiers d'enregistrement des oppositions, conseillers greffiers conservateurs des hypothèques, greffiers d'arbitrages, etc.), réglaient les droits seigneuriaux sur les terres et fiefs relevant du roi et érigeaient une communauté pour tous les arts et métiers existant en dehors d'une communauté. Presque tous les édits et déclarations étaient d'ordre fiscal, destinés à soutenir la guerre contre la Hollande. Cette fois le parlement ne fit même pas semblant d'y résister. Il n'eut pas de paroles ardentes à leur sujet. Le parlement était docile. Que feraient donc les Etats, réunis à Vitré en 1673 ? Pour les Etats, tout était en question. Aux édits fiscaux avait été jointe la création, en juin 1673, d'une chambre de justice pour rechercher l'usurpation de justices seigneuriales par les propriétaires bretons. Les objections aux « réformations » de la noblesse et du domaine royal étaient toujours valables pour cette nouvelle chambre. Les édits fiscaux et la chambre de justice étaient tous les deux inadmissibles, et les Etats voulaient obtenir leur suppression. De plus, l'arrêt du Conseil d'Etat du 17 septembre 1672, qui empêchait le parlement de communiquer les actes royaux aux Etats, était regardé par l'assemblée, dit le duc de Chaulnes, comme « l'anéantissement de leurs privilèges, si on leur ôte, après la parole qui leur fut donnée, toute connaissance des édits qui pourraient les toucher ». La grande question était de savoir si les Etats voteraient ou non le « don gratuit ». S'ils le votaient, essaieraient-ils d'y attacher des conditions, d'obtenir de la couronne des concessions sur les édits, la chambre de justice, etc. ? Chaulnes travaillait habilement. Il expulsa de Vitré les deux gentilshommes les plus opiniâtres et laissa savoir que des édits encore plus sévères suivraient si les Etats ne se montraient pas plus dociles. Après des débats assez animés, les Etats observèrent le précédent de 1671. Le « don gratuit » fut voté sans conditions et même augmenté jusqu'à 2,6 millions de livres. Mais pour obtenir la suppression des édits fiscaux et de la chambre de justice les Etats y ajoutèrent une autre somme, également de 2,6 millions de livres, à condition que ces actes fussent annulés. Cette offre fut vivement acceptée par le gouvernement, qui y gagnait 5,2 millions de livres au lieu des 2,2 millions de 1671. Les Etats se dispersèrent dans une exultation générale, pensant que la Chambre et les édits étaient condamnés. En réalité, le gouvernement n'était pas sincère. 11 garda l'argent mais laissa les édits en vigueur. La « réformation de justice » était simplement retardée, pas supprimée. L'arrêt du 17 septembre 1672 restait également en vigueur. En 1673, donc, le pouvoir politique des Etats était aussi affaibli que celui du parlement. L'administration avait prouvé qu'elle pouvait forcer le parlement à accepter n'importe quel acte royal, sans aucune crainte de ses remontrances. Les Etats avaient perdu le pouvoir de marchander et de compromettre avec le gouvernement en votant le don gratuit. Il n'était plus nécessaire pour le gouvernement de mettre sa législation en discussion en Bretagne. Les deux assemblées bretonnes les plus importantes étaient effectivement maîtrisées. Tout ceci était déjà évident en 1673. La révolte populaire de 1675 en Bretagne scella les nouvelles conditions politiques. Le rôle du parlement de Rennes dans la révolte du papier timbré de 1675 ne fut pas héroïque. Il n'y vit pas l'opportunité d'une révolte sérieuse contre l'administration, il n'osa pas essayer de profiter de l'occasion pour se venger de Colbert. Il hésita et se laissa enfin entraîner par les foules dans une sorte de quasi résistance, limitée et passive, aux impôts royaux. Comparé à son opposition au gouvernement en 1671-1673, ce ne fut pas grand-chose. Mais ce fut assez pour que le roi et Colbert exilent le parlement à Vannes pendant quinze ans. D'abord, le parlement enregistra les nouveaux impôts de papier timbré, monopole du tabac, droit de marque sur la vaisselle d'étain sans aucune hésitation ou opposition (4 août 1673, 10 octobre et 14 novembre 1674). A ce moment le tribunal n'encourageait pas une révolte contre les nouvelles taxes. Mais elles étaient profondément impopulaires et, comme on le sait, de sérieuses émeutes se déroulèrent contre elles dans l'ouest de la France pendant le printemps et l'été de 1675. De Bordeaux, en mars, la fièvre s'étendit à Rennes, en avril, et de Rennes aux autres villes et à la campagne bretonne, où régnait une appréhension mal fondée concernant la création de la gabelle en Bretagne. Pour réprimer ces émeutes urbaines et rurales, le gouvernement dut mettre six mille hommes de troupe au service du duc de Chaulmes, qui s'occupa en fin d'été de la basse Bretagne et rentra ensuite à Rennes. L'histoire de ces révoltes n'a pas place dans ce récit, mais il nous faut évaluer l'activité du parlement pendant la crise. Le duc de Chaulnes accusa le parlement d'avoir favorisé les émeutiers de Rennes : « Le parlement conduit toute cette révolte... depuis les procureurs jusques aux présidents à mortier le plus grand nombre va à combattre l'autorité du roy, c'est la pure vérité... La véritable source de ce soulèvement vient du Parlement... », etc. Ces propos étaient exagérés. Un historien américain, Léon Bernard, a confirmé la thèse de Barthélémy Pocquet selon laquelle les réactions du parlement étaient de réprimer les émeutiers rennais et de rétablir l'ordre. Au mois d'avril, par exemple, le parlement interdit l'attroupement des foules et le port des armes et expulsa les vagabonds et « gens sans aveu » de la ville. Pendant tout l'été de 1675 il fit ce qu'il put avec ses ordres judiciaires pour maintenir l'ordre à Rennes. Par contre, le parlement était moins enthousiaste pour la restauration des bureaux pour la distribution du tabac, du papier timbré et du contrôle, saccagés dans « l'émotion » populaire du 18 avril. Le parlement ne les restaura qu'après avoir été formellement sollicité par le duc de Chaulnes en personne dans le courant du mois de mai. Quand le bureau du papier timbré eut été pillé de nouveau le 17 juillet, le parlement ne le restaura qu'après avoir reçu une nouvelle requête du gouverneur. En somme, le parlement manquait de vigueur et de zèle en ce qui concernait les nouvelles taxes. De plus, d'Argouges lui-même, qui aurait dû soutenir les impôts, demanda à Colbert de les suspendre à cause des difficultés financières en Bretagne. De Chaulnes aurait préféré que le premier président se montre plus courageux en défendant carrément les intérêts du roi. De plus, le gouverneur éprouvait de grandes difficultés à dissuader le parlement d'envoyer une députation au roi pour demander la révocation des taxes. Il ne sut persuader le parlement d'envoyer ses membres dans les rues de Rennes et à travers la basse Bretagne pour exhorter les paysans à respecter les volontés du roi. Donc, le parlement aurait dû se ranger d'une façon plus décisive du côté du roi dans l'affaire du papier timbré. Ce manque de zèle fut aussi condamnable dans l'opinion de Colbert qui blâma même le parlement de n'avoir pas pu prévenir les désordres dès le début. Dans ces affaires, le gouvernement soupçonna toujours la complicité, au moins passive, des magistrats locaux avec les rebelles. Les parlements de Bordeaux, Rouen et Metz s'étaient trouvés condamnés et punis dans les premières décennies du siècle pour ce soupçon. Il n'est pas étonnant que le roi et Colbert aient observé cette tradition en 1675 et exilé le parlement à Vannes, à Vannes. C'était aussi, et peut-être même davantage, une C'était aussi, et peut-être même davantage, une punition pour la ville de Rennes, qui vivait des revenus créés par le tribunal. De toute façon, l'humiliation du parlement était dès lors publique, et pendant ses quinze ans à Vannes le tribunal se comporta d'une manière exemplaire. Les événements de 1675 pesèrent aussi sur les Etats, qui se réunirent anxieusement en novembre 1675. Un « don gratuit » sera dès lors fixé par la monarchie à deux millions de livres en temps de paix et à trois millions pendant les guerres. « Poser des conditions au vote du don gratuit fut, dès lors, considéré comme une sorte de rébellion. » Le déclin politique des Etats accompagnait celui du parlement. Les années 1670, donc, voyaient la fin d'une vieille politique, celle de la négociation formelle des assemblées avec la monarchie. Dans un sens politique, ces années facilitèrent les « réformations », investigations et préparèrent la voie à l'intendant établi en 1689. Mais ce n'était pas du tout la fin de toute histoire politique sous Louis XIV. Les Etats se ressaisiront vers la fin du règne, retrouvant de larges pouvoirs sur l'administration financière de la capitation et d'autres impôts. Le parlement gardera une bonne partie de ses pouvoirs judiciaires et administratifs, même si les intendants les grignoteront. Mais tout cela est une autre histoire et une autre forme de politique pour ces institutions bretonnes. La période était passée pendant laquelle le parlement et les Etats pouvaient influer directement sur la législation royale, partageant, pour ainsi dire, le pouvoir législatif pour la défense d'un ensemble complexe de coutumes, usages et traditions locaux et celle d'un groupe d'intérêts vénaux, financiers et terriens. 

 

 

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Published by poudouvre
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