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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 17:03

 

 

 

 

Avant Rennes, Vannes fut, durant plus d'un siècle, la ville parlementaire de la Bretagne, de droit plus encore que de fait, peut-être. Nous voudrions rappeler ses titres à cet égard. Ils demeurent peu connus et, pour la plupart, inédits. Cependant l'hôtel acheté par Pierre II, pour servir de logement aux Présidents de Bretagne et d'auditoire au Parlement, devenu Musée de la Société Polymathique, est l'une des curiosités les plus intéressantes de la ville de Vannes. D'ailleurs les bourgeois de cette ville tinrent à honneur, au XVIe siècle, d'obtenir confirmation, par les rois de France, du privilège fondé sur la coutume, les droits acquis et la volonté des ducs qui obligeait le Parlement à tenir ses assises à Vannes. On sait comment la Bretagne n'eut pas à l'origine de cour de justice indépendante de la Cour ducale, puis des Etats convoqués par le souverain. Depuis la fin du XIIIe siècle les procès se jugèrent au Parlement général, c'est-à-dire soit aux Etats, soit devant des commissions judiciaires constituées exclusivement ou en majorité des membres de ces Etats, et qui siégeaient durant et après leurs sessions. A partir de la fin du XIVe siècle un « président en parlement », appelé aussi « juge universel de Bretagne », remplace parfois le duc dans la présidence soit des Etats ou Parlement général, soit de la cour de justice émanée d'eux W. Cependant de plus en plus nombreux se trouvaient les plaideurs qui, par « appellations frivoles », recouraient « des juges ordinaires au Parlement sur interlocutoires. ». Ils arrivaient d'autant mieux à « dissimuler et retarder le bon droit d'autruy » que le Parlement, délégation des Etats, ne se réunissait pas en dehors des sessions des Etats, et que celles-ci n'offraient aucune régularité. Pour mettre fin à ces abus, Jean V, par une ordonnance du 12 février 1425, créa une cour de justice à sessions régulières. Elle était présidée par le Président ou Juge universel de Bretagne, et comprenait, outre les sénéchaux de Rennes et de Nantes, les procureurs généraux et particuliers, et un certain nombre de membres du Conseil du duc. Ses sessions devaient débuter chaque année le jeudi « d'après Jubilate », c'est-à-dire le jeudi de \a. troisième semaine après Pâques. L'ordonnance ne donne pas le nom de Parlement à cette cour de justice. « Toutes les appellations, dit-elle, qui seront faites sur les interlocutoires », c'est-à-dire sur les matières incidentes du procès, et qui n'emporteront principal de cause, seront terminées, comme de parlement, une fois l'an, devant notre Président et notre Conseil . Mais, le nom importe peu à la chose. Une cour de justice ayant pour but de hâter la conclusion des procédures était constituée, fait capital, par des juges que ne désignait pas le pays lui-même représenté par ses Etats, mais que choisissait le duc : membres de son Conseil et officiers de sa justice. Elle était présidée par le Président de Bretagne. Elle devait, de plus, se réunir à Vannes, sauf exceptions : « nostre Conseil qui sera à Vannes, ou ailleurs », L'usage vint de désigner cette cour de justice sous le nom de Parlement des interlocutoires parce qu'on a voulu y voir « la véritable origine du Parlement sédentaire et fixe créé 60 ans plus tard ». L'ordonnance de Jean V sur la justice, du 12 février 1425, est datée de Vannes et désigne Vannes comme le lieu habituel des séances du Parlement des interlocutoires. Vannes doit être considéré, à ce double point de vue, comme le berceau du Parlement de Bretagne. Quels étaient les motifs du choix de Jean V ? Depuis longtemps les ducs avaient fait de Vannes, des bords enchanteurs du Morbihan, leur résidence préférée. Par suite, c'est à Vannes que se réunissait lo Conseil du duc dont devait se composer, tout d'abord, le Parlement des interlocutoires. Les sessions des Etats s'y tenaient plus fréquemment qu'ailleurs. Les routes qui y mènent étaient donc devenues familières aux plaideurs et aux hommes de loi. Ils y trouvaient, pour la plupart, un sérieux avantage, puisque Vannes occupe « quasi le milieu » du pays. Quand il désignait Vannes comme le chef-lieu judiciaire de son duché, Jean V constatait donc un fait que les habitudes de la cour et les besoins des plaideurs avaient créé pour le profit du plus grand nombre, plutôt qu'il n'accordait un privilège à sa bonne ville. Ce rôle de Vannes s'affirma au bout d'un quart de siècle. En 1456, par suite des troubles intérieurs du duché, le Parlement des interlocutoires avait cessé de fonctionner depuis bien des années déjà. Pierre II renouvela l'organisation judiciaire dans une constitution datée de Vannes, en la cour de Parlement, le 20 novembre, dont le sens et la portée n'ont pas été, nous semble-t-il, parfaitement compris par les précédents historiens et commentateurs. Le renvoi des appels sur interlocutoires à une cour de justice spéciale, dont les sessions devaient se tenir annuellement à dates fixes, ne supprimaient pas l'autre cour de justice dont les réunions accompagnaient et suivaient celles des Etats, du Parlement général. Pierre II ne rétablit pas, comme on Ta dit, le Parlement des interlocutoires; tout au contraire il le supprime, mais multiplie les sessions de la cour de justice pour une môme session des Etats : « Pour ce que, dempuis le commencement de ce présent général Parlement, plusieurs interpellacions ont été interjetées par aucunes parties qui... ont fait iceulx apeaulx relever au prochain Parlement advenir, lesquels apeaulx, de bonne raison, sont troictibles à ced Parlement, considéré la forme que l'on a commencé à y besoigner, qu'est par plusieurs cessions et ouvertures entre lesquelles y a grarit espace de temps ». Ainsi la commission judiciaire des Etats de 1456 n'avait pas seulement prolongé ses audiences une fois la session des Etats terminée. Considérant le nombre et l'importance des affaires en cause, et l'impossibilité de les traiter toutes d'une seule haleine, elle avait interrompu ses audiences à plusieurs reprises, parfois durant de longs jours, pour les reprendre ensuite. La cour issue en droit des Etats avait déjà,- antérieurement, procédé fréquemment de la sorte, comme le prouve « enqueste et informacion faictes par ... révérend père en Dieu Mathelin, abbé de Saint-Melaine, près Rennes, et maistre Jehan Loaisel, président de Bretaigne, touchant les droiz royaux et autres usaiges du pais de Bretaigne », en 1455. Jean du Breil, seigneur de la Plesse, âgé de 87 ans, distingue en effet très nettement, dans sa réponse aux enquêteurs, les « Estaz du pays » tenant leurs « paiiemens », et la cour de justice appelée Parlement de Bretagne, que préside le Juge universel de Bretagne, et composée de « gens de conseill ». « Quand besoin est lesd. princes font convocquer et assembler les prélas, barons et aultres gens représentans les Estaz dud. pays, et, o l'avisement d'iceulx ou de la maire partie, font en leurs parlemens constitucions et establissements nouveaulx pour le fait, police et gouvernement du pays, tant en fait de justice que autrement, ou aussi font corecions et interprétacions sur lesd. coustumes à ce que y est estably et ordonné à force de loy et constitucion, et mesmes sont lesd. princes en bonne possession de tennir et faire tennir par le Président et autres gens de conseil en bon nombre commis et desputez par lesd. princes, expédicion des causes d'appel dud. pays, et est ce appelle Parlement de Bretaigne ». Une distinction très nette existait donc entre les Etats et la cour de justice. A celle-ci on donnait déjà communément le nom de Parlement de Bretagne, et ses membres étaient choisis par le souverain parmi les gens de son conseil. Jean du Breil reconnaît le droit qu'a le souverain de convoquer le Parlement de Bretagne pour juger les appels, qu'il aient été ou non portés précédemment devant les Etats, sans avoir à. tenir compte, en quoi que ce soit, des sessions de ces Etats. Il semble aller plus loin encore puisque, s'il attribue aux Etats le droit de légiférer sur la justice, il ne leur reconnaît pas, tout au moins explicitement, celui de prendre des décisions judiciaires. Peut-être un des buts de l'enquête fut-il de préparer la constitution de 1456, et Jean du Breil mit-il une certaine complaisance à faciliter les projets du président Loaisel et de Pierre II. Mais si sa déposition ne correspond pas à l'absolue réalité, elle nous oblige à tout le moins de croire à des usages plus ou moins anciens et fréquents. Pierre II, par sa constitution de 1450, entend codifier les usages, anciens ou récents, qu'il prend soin de mentionner, et modifie complètement, en droit, le caractère primitif de la cour dont il fait un Parlement indépendant des Etats. Tout d'abord il déclare : « les cessions et ouvertures de ced. Parlement que l'on espère à touz temps et en celle forme continuer », c'est-à-dire entre les sessions des Etats et à intervalles plus ou moins éloignés. Puis les plaideurs se voient interdire d'atermoyer jusqu'aux prochains Etats, d'un Parlement général à un autre Parlement général : ils doivent accepter le renvoi à la prochaine session de la cour, et c'est la cour elle-même, « court de Parlement », qui en décide souverainement ainsi. « A esté en la court de Parlement ordonné... que les appellacions qui seront faites durant ce présent Parlement, seront troictibles à la prochaine cession et ouverture ensuyvant led. apel..., et si les parties les relievent au prouchain Parlement avenir, a esté dès à présent interprétée et baillée l'intention de la court que ce sera à la prouchaine session ». Il ne s'agit plus iseulement, comme on le voit, des appels sur interlocutoires, mais de tous les appels, aussi bien ceux sur le fond que les autres. Le pouvoir judiciaire des Etats pubsiste encore en droit, puisque la constitution ne dit pas qu'ils ne pourront plus recevoir les appels portés devant eux, tout d'abord. Mais que devient, en réalité, ce pouvoir, puisque le Parlement juge forcément les appels faits durant les intersessions des Etats, et les juge en dernier ressort. La constitution de 1456 fait donc faire un pas décisif à la distinction entre les Etats et le Parlement. Le Parlement, pour les hommes de loi et les plaideurs, ce ne sont plus les « Estaz » réunis en « parlemens », mais le Parlement tout court, jugeant en dernier ressort, dans des sessions indépendantes de celles des Etats. Siégeant aussi fréquemment la cour devait prendre une forme plus régulière que par le passé. De fait on la trouve composée d'ordinaire de 22 « conseillers au duc » ayant 100 livres de gages, dont 8 conseillers clercs et 14 conseillers laïcs L'acquisition d'un immeuble à Vannes témoigne de l'indépendance et de la stabilité que Pierre II voulait donner à son Parlement. Peu de temps après avoir publié sa constitution le duc s'abouchait avec le Chapitre de Notre-Dame de Nantes. A la fin de l'année 1456 ou au début de la suivante les conditions de la cession du Château-Gaillard par les chanoines furent arrêtées : le Chapitre recevrait 40 livres de rente annuelle en attendant le versement de 1.050 réaux d'or comme prix principal. Mais l'acte de vente l'ut passé à Vannes, le 24 mars 1457 seulement, par le notaire G. de Coëtlogon, le même qui, en 1451, enregistrait les. conventions de mariage du comte d'Etampes avec Marguerite de Bretagne devant les Etats assemblés dans la cohue de Vannes. Vénérable et discret Gilles Guérin, chanoine, représentait le Chapitre; le duc comparut en personne. Il lui plaisait, euns doute, de mettre lui-même à la disposition de son fidèle président, Jean Louise!, l'hôtel bâti par Jean de Malestroit, après avoir voulu que la demeure de l'ancien Chancelier de Bretagne, souverain chef de la justice, devint celle du premier magistrat, « Juge universel » de Bretagne ; qu'une de ses grandes salles se transformât en auditoire pour ses conseillers aux chaperons fourés d'hermines. Dès lors le Château-Gaillard devait demeurer, durant de très longues, années, la « présidenterie », l'hôtel du Président de Bretagne, puis du Premier Président, sinon même des présidents des Grands Jours. Ce ne sera pas sortir du sujet, pensons-nous, que de donner, sur ces personnages, qui se trouvèrent forcément mêlés, d'une façon assez intime, à la vie Vannetaise, des notes biographiques sommaires. Jean Loaisel, dans la séance solennelle des Etats de 1451, où furent arrêtées les conditions du mariage de Marguerite de Bretagne, prenait place en robe et toque de velours, aux pieds mêmes du duc. Il venait alors d'être nommé Président de Bretagne à la place de Guillaume de Lohérie. Gomme tel, il prit la parole « pour demander particulièrement les opinions » des membres des Etats sur la façon dont devait être réglée, dans le contrat, la succession du duché. C'est évidemment sous l'influence de Loaisel, licencié es lois, que fut publiée, dès le lendemain de cette scène mémorable (25 mai), une importante constitution sur la justice suivie, bientôt de plusieurs autres fô ; c'est à lui qu'on doit l'organisation du Parlement. En 1455 Loaisel fut chargé avec l'abbé de Saint-Melaine d'une enquête sur les droits royaux et anciens usages du pays de Bretagne. Nombreux sont les documents témoignant de la confiance des souverains à son égard : don de 60 écus pour l'ouverture des Etats, le 3 mars 1459, à Vannes, qui prouve que le Président devait, à cette occasion, faire face à des dépenses extraordinaires pour tenir son rang ; multiples missions comme ambassadeur à la cour de France (1447, 1456, 1463, 1468), à celle d'Angleterre (1467), pension de 600 livres en 1466 te). Ses fonctions et son caractère faisaient, de cet homme éminent, un des premiers personnages de la cour ducale, un des plus intimes conseillers du souverain. Loaisel appartenait à une famille d'extraction chevaleresque de l'évêché de Rennes, et épousa Jeanne Sévestre, fille du Trésorier de Bretagne, dont il eut au moins un fils. Après Loaisel les Présidents de Bretagne ne firent plus vraisemblablement, de Château-Gaillard, leur résidence habituelle. Depuis l'avènement de François II (1458), en effet, la cour ducale avait quitté Vannes, et une enquête nous révèle comment, très vite, la ville se dépeupla. Nombre de maisons tombèrent en ruines ou furent abandonnées, et celles qui demeurèrent occupées le furent par des gens « de plus petite valleur qu'elles ne souloient estre auparavant ». Néanmoins les deux Présidents de Bretagne dont nous allons donner la biographie sommaire, durent séjourner à Vannes et loger à Château-Gaillard pendant les sessions du Parlement. La famille de Bertrand Millon, seigneur de la Villemorel, qui succéda à Loaisel dans sa charge de Président, se retrouve dès le XIIIe siècle paroisse de Sévignac. Au XVe siècle, elle brillait entre toutes par ses charges et sa fortune territoriale te). Bertrand Millon, sénéchal de Rennes en 1439, conduisit cette même année une ambassade en Angleterre puis, peu après, une ambassade à Rome pour laquelle le duc lui fit remettre 500 écus. Sénéchal de Ploërmel en 1448, conseiller aux Parlements de 1451, 1454 et 1455, il alla exprimer au pape, en 1457, la « vraie, singulière et proche obéissance ecclésiastique du pays de Bretagne ». On le voit siéger comme Président de Bretagne en 1475. Olivier du Breil, seigneur de Challonge-Tréverou et de Gouillon, lui succéda en 1476 ou peu après. Il couronnait ainsi une carrière de magistrat, d'administrateur, de diplomate extrêmement pleine et brillante. Procureur général de Bretagne galou (1442) puis de toute la Bretagne, il sut tenir tète à François Ier et empêcher la condamnation judiciaire de l'infortuné Gilles de Bretagne. Pierre II le fit entrer à son Conseil vers 1453. Sénéchal de Fougères (1458), puis de Rennes (1467), Olivier du Breil prit une part de plus en plus prépondérante, depuis 1448, à presque toutes les missions diplomatiques qui se succédèrent près de la cour de France, de celle d'Angleterre, à Rome. Ce fut, selon du Paz, « un grand homme d'Etat », et André Duchesne ajoute qu'il administra les dignités » dont il fut revêtu « avec tant de prudence qu'il en remporta le glorieux éloge de grand homme de bien ». On trouve mention de sa famille dès le XIe siècle. Il épousa en 1446 Gillette l'Enfant, fille d'un chambellan de François Ier, qui lui survécut : il était mort avant le 19 novembre 1479. Il est regrettable que le nom du successeur d'Olivier du Breil à la Présidence de Bretagne ne nous soit pas connu. C'est lui qui dut préparer la constitution faisant enfin du Parlement de Bretagne une cour d'appel à sessions régulières, tenues au même lieu, un Parlement sédentaire. Les espoirs de Pierre II ne s'étaient pas, en effet, réalisés, et il semble bien que les sessions du Parlement, au début du règne de François II, et sous l'influence des événements politiques, devinrent de nouveau très rares. Mais quand le duc François, l'an 1485, crut tenir enfin sa « principauté en telle et si bonne paix, obéissance, union et tranquillité... que mieux ne plus pacifiquement n'étoit possible », il s'empressa, conformément au « singulier désir » qu'il en avait eu dès son avènement, d'organiser une cour souveraine de justice. Jusque-là, reconnaît-il, en exagérant quelque peu son rôle, la cour de Parlement s'est réunie « par tels ans et raisons que chascun de ses prédécesseurs a vu estre convenable sellon les dispositions et tranquillitez des temps ». François décide que le Parlement, cour souveraine de justice, composée des sénéchaux de Rennes et de Nantes, de 12 conseillers (7 laïcs et 5 clercs) nommés à vie par le duc, tiendra des sessions indépendantes des Etats, à tout le moins chaque année, du 15 juillet au 15 septembre. Le duc ajoute : « Et pour plus grant certitude et utilité de nostre court de Parlement et de tous nos subjectz, cognoissans nostre ville' de Vennes estre lieu autant ou plus à ceste fin propice et nécessaire que nul autre de nostre pais, avons ordonné et estably icelle nostre court de Parlement ordinairement seoir et tenir en nostred. ville de Vennes et non ailleurs, sinon que, pour cause de peste ou quelque autre grant cause ou considération, nous, de nostre propre mouvement, le commandons et ordonnons pour aucunes oupvertures seoir et tenir aultre part ». Voilà donc Vannes reconnue, encore une fois, capitale judiciaire de la Bretagne. Château-Gaillard vit sans doute s'ouvrir, au début de juillet 1486, la première session du Parlement devenu pour toujours sédentaire, du moins le croyait on. Mais à peine créé, le Parlement cessa de fonctionner. François II entrait dans la guerre folle, Vannes tombait aux mains du roi, la duchesse Anne, après le désastre de SaintAunin-du-Gormier, épousait le roi de France. Pendant cette période de bouleversement, y eut-il des Présidents de Bretagne. Pol de Courcy et, d'après lui, la Borderie et M. Frédéric Saulnier ont attribué ce titre à Alain de Coatgoureden. Courcy donne même la date de 1489. Il descendait de bonne race ce seigneur de Kerauffret, Kerscouarc'h, Kermathéan, le Calloët et Lavalot, serviteur fidèle de la duchesse Anne, écuyer de sa maison (1489), son ambassadeur en Angleterre (1489), l'un des cinquante hommes d'armes de sa garde et écuyer de son écurie (1498), époux d'une Kergorlay (1450). Cependant le très consciencieux généalogiste des Coatgoureden ne relève point le titre que Courcy attribue à Alain. Nous-même n'en avons trouvé mention nulle part. En tout cas, si Alain devint réellement Juge universel de Bretagne, il ne dut pas avoir occasion de présider le Parlement. Jean Scliczon reçut certainement, quant à lui, des lettres de provision à la Présidence de Bretagne souscrite par la duchesse Anne. Nous le retrouverons dans la suite de cette étude. Les ducs ont choisi leur bonne ville de Vannes pour y établir le Parlement de Bretagne : ils y font siéger de préférence le Parlement des interlocutoires. (1425), y achètent un hôtel pour le Président et le Parlement de Bretagne réorganisé (1456), la désignent enfin comme la résidence obligée du Parlement sédentaire (1485). Les rois de France, nous allons le voir, reconnurent ce privilège et le maintinrent longtemps.

 

   

 

                                      

 

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Published by poudouvre
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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 09:52

 

 

 

Desssin du Vicomte Frotier de La Messelière

 

Nous, écuyer Jean Maupetit, sieur des Bignons, sénéchal de la Cour et baronnie de la Hunaudaye, Chateaubriand, Montanlant au siège du Chemin Chaussé. Savoir faisons quant environ les huit heures du matin de ce jour de samedy, vingt septième de décembre mil cinq cent quatre vingt dix sept, seroient venus en notre maison des Bignons noble Messire Jean des Déserts, sieur Becteur de Planguenoual ; Me Ollivier Haugoumart et Pierre Grimault, trésoriers et marguilliers de la fabrice de la dite Eglise de Planguenoual, lesquels nous auroient remontré que par cas fortuit et inopiné le temple de l'Eglise du dit Planguenoual auroit été brûlé et consumé par le feu, la nuit d'entre le jeudy vingt cinquième et vendredy vingt-sixième jour de décembre ; et pour faire état, description et procès-verbal du tout ce qui y est advenu, nous sommes recordé ayant eu en leur compaignie pour adjoint, M. Bolland Poussin, notaire de la dite cour et baronnie de la Hunaudaye, duquel avons prins le serment de fidèlement se porter au rapport des présentes ; ce fait, sans autre divertissement, nous sommes acheminés au bourg de Planguenoual, et arrivé, avons entré dans les costalles et murailles dudit temple et esglise, et y avons vu le sacraire, le superflce jouste clocher, chapelle, chevet des prêtres ; étant au choeur, le retrio, Croit si fit, ymages, enfeus et escabeaux étant en la dite église du tout consumés par le feu et réduit en cendres et à la chute des bois et vouxtes du superSce dudit temple, en avoir été les autels et tombes de pierre rompues et brisées. Et pour savoir la longueur et largeur de la dite Eglise, l'avons fait mesurer par Pierre Griroaut et François Huet, qui s'est trouvé de longueur depuis le pignon du grand autel jusqu'à la principale porte du bas de ladite église, contenir six vingt pieds et de costale à costale quarante un pieds ; et depuis la costale de la chapelle de la Haïaye, jusqu'à la costale de la chapelle de la Ville au Vée, soixante un dix pieds. Et ce fait, lesdits sieurs Recteur et Marguilljer nous ont dit qu'ils avaient fait tout de voir d'appeler et convoquer le peuple au secours pour empêcher l'embrasement de ladite église dans laquelle étoiant tous les ornements d'icelle et joyaux précieux ; lettres, titres, garants, et enseignements concernant revenu des droits de ladite fabrice et frairie de St Michel, môme les lettres, titres de ladite rectorie et frères chapelains, obligations, quittances et autres titres audit sieur recteur appartenant. Que môme, plusieurs lettres au sieur de Porpilly, frère aîné dudit situr recteur de Planguenoual, entre autres lettres faisant mention de la vicompté de Porpilly, son dit frère qu'il lui avait été envoyées depuis peu de temps, pour faire le remboursement au sieur et dame de la Villehervé. Que môme plusieurs autres lettres concernant les successions de ses prédécesseurs étoient à une cache faite entre la muraille et arcade joigne la muraille et le pignon du grand autel et à la trésorerie d'icelle qui étoient sur la chapelle de la Pontaine-Orin ; en laquelle ils nous ont dit y avoir durant toutes les guerres et troubles, conservé les ornemens, lettres et garans. Que l'ornement il y avait mis après la feste du Jubilé de Nostre-Dame de Mi-Août passée, qui étoient une chapelle (chape) deux domoirs (dalmatiques) et un chasuble de veloux cramoisi et broderie d'or, les estolles et fanons à façon d'Angleterre ; -une autre chapelle, deux domoirs, et un chasuble de veloux cramoisi plein, -autre chape et deux domoirs, et un chasuble de veloux noir à broderie, pour la chapelle et frairie de Saint-Michel, -autre chappe, deux domoirs et un chasuble de veloux noir plein, armoyé des armes du sieur de la Villemain-Bérard, -un chasuble de veloux vert, fait à broderie, façon d'Angleterre, -la courtine (le dais) du sacre de damas violet, le parement du grand autel, de cuir doré, façon d'Espagne; -un calice d'argent et la custode d'argent; -la robe de Notre-Dame de veloux cramoisi à fleurions d'or et autre grand nombre de hardes de ladite église. En outre, eaux dudit sieur Recteur qu'il y avait mis pour conserver, qui étoient ses linges, deux accoutrements de taffetas, une piese de sarge, de la vaisselle d'étain, et devant et après, grand nombre de biens, meubles et provisions qui furent du tout consommées et brûlées, quelque diligence que tous purent lui apporter. Et de là nous ont montré deux armoires étantes dans le pignon de la principale viltre de ladite église, derrière le grand autel, auxquelles, nous ont dit qu'estoient lesdites lettres et enseignements du revenu de ladite église et fabrice ; ensemble celles dudit sieur recteur de Planguenoual, et autres y minses en espérance de les sauver. Auroient fait faire des trous et pertuis par dehors dans ledit pignon ea intention de pouvoir plus librement ravoir les dites lettres, ne pouvant entrer dans ladite église à cause de la fumée et du feu qui étoit embrasé en icelle et ne le pas accomplir ni y parvenir que le feu n'eut consommé les lettres, titres, garants et enseignements qui étoient dans ladite cache et armoire, auxquelles il fut impossible d'y arriver comme cy-dessus est dit, à cause que le bois qui tomboit du limbrin de la vouxlte de ladite église étoient en si grand nombre que ledit bois touchoit les armoires cy-dessus ; qui causa que le feu éprins aux fenêtres, y consommit lesdites lettres. Nous requérant de vouloir ouyr et prendre le serment des cy-après nommés, savoir : Missire Jean des Vergers, Missire Guyon Abraham, Michel Coillisant, Guillaume Gour, Anthoine Josset, Maurice Gauthier et Jacques Pensart ; desquels le surment pris de dire vérité, purgée de conseil et enquis d'office et sommairement, les uns après les autres, les avons ouy et enquis comme ensuite :

 

 

1° Michel Gollisant, poissonnier de la paroisse de Planguenoual, et y demeurant au bourg, âiçé à son dire, de cinquante ans, tesmoin fait jurer par serment dird vérité, purgé de conseil et enquis d'office sommairement, dépose savoir ; la situation d'une cache étant faite faire par Missire Jean des Déserts, sieur recteur de Planguenoual sur un embrun qui étoit entre le pignon de la trésorie, en la chapelle de la Fontaine Orain, joignant l'huis de ladite trésorie, pour y avoir été par diverses fois en compaignie dudit sieur de Planguenoual et, à cause des troubles avoir été failte pour en icelle conserver et motte en sûreté le tout des ornemens, biens et richesses de la dite fabrice; ensemble les titres, garants et enseignements d'icelle et de la frairie de Saint-Michel et des frères chapelains, que les biens et moyens dudit sieur de Planguenoual, lorsqu'il survenoit quelque troupe de gens de guerre et incontinent que le sieur de Vauvrix avec ses troupes et régiment vint loger de St-Brieuc à Hillion et à Quoyesmieux, allant et venant à toute heure, et par plusieurs troupes, ravageant et picorant tout ce qu'il pouvoit trouver en la dite paroisse de Planguenoual et autres lieux. Le témoin fut alors prié par ledit sieur recteur de Planguenoual d'aider à porter et mettre dans la dite cache afin d'être en lieu de sûreté, comme chose accoutumée, le tout des ornemens, calices et richesses de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel ; même les accoutremens, titres et enseignemens dudit sieur de Planguenoual que autres biens et provisions, ce que le témoin fit. Et en premier lieu, il porta le tout des ornemens de veloux de ladite fabrice, parement d'autel, calice, custode, lettres et enseignemens qui furent mis dans un coffre et une barrique de bois ; et un charnier plein de lard qui y fut salé et saupoudré. Et en ladite barrique et coffre y fut mis et aida le témoin à mettre par ordre ce qui en suit : (suit la nomenclature des orne«ens déclarés par le recteur, y compris les accoutremens de taffetas appartenant à ce dernier), et un grand nombre de vaisselle d'étaing el d'airain, comme plat, assiettes, flacons, pintes, poiles, bassins espèces de vaisselle, plusieurs linges, tant de ladite fabrice que audit sieur de Planguenoual deux casiers pleins de lettres et livres que ledit sieur de Planguenoual disoit être partie des enseignements de la plus grande part de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel; que mesme, ledit sieur y ayant accommodé le tout de ce que dessus en ladite cache, fut fermée et bouchée, selon qu'elle avait accoutumé d'être. Et s'en alla le témoin avec ledit sieur de Planguenoual à son logis où étant, lui fut mis entre les mains plusieurs grands paquets de lettres que il apporta et furent mises entre deux armoires s'entrehabitant, étant dans le pignon de la grande vitre de ladite Eglise, joqque le derrière du grand autel et on en tira plusieurs audit sieur de Planguenoual, les mettant en pacquet et par ordre, qui faisaient mention du bien et revena de la dite fabrice et frairie de Saint-Michel ; on il y avait plusieurs cognoissances, quittances et autres marques, lettres de ladite fabrice et dudit sieur de Planguenoual et du sieur de Portpilly, son frère aîné. Et lui dit, incontinent que lesdites armoires furent fermées, que toutes les lettres et enseignements qui concernoient le bien et revenu de ladite fabrice et frairie et frères chapelains et ensemble les siennes et autres étoient là dedans, que si cela étoit de cas fortuit perdu, que c'étoit la ruine de la fabrice et frairie et la sienne. Et que-du-dempuis tous les biens ci-dessus ont toujours été laissés aux dites caches et armoires, attendant voir le département des gens de guerre qui ordinairement y ont voltigeant en ladite paroisse. Et du dempuis le commencement des guerres, quelque troupe ou armée qui ait été logé ou séjourné en ladite paroisse ou siège de Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour, et autres places où avoient été Anglois, Lansquins, (lansquenets) Espagnols et autres étrangers; toujours iceux biens étoient demeurés auxdites caches et armoires, et jamais n'y avoient été trouvés. Et ce néanmoins, le témoin les y a toujours vus, par y avoir été mis ordinairement par ledit sieur de Planguenoual, jusque la nuit du jour de la Nativité Notre-Seigneur, vingt-cinquième jour de décembre dernier, environ l'heure de onze heures du soir que le témoin étant couché dans son lit et en sa demeure qui est fort près de ladite église, ouyt un grand bruit et étonnement de feu par la fenestre de son logis et se jetta hors du lit, à l'envers. regardant vers ladite église où il vit le feu on grande abondance au haut du clocher de ladite église, incontinent, il sortit de son logis pour venir donner avertissement audit sieur Recteur, et étoit levé pour venir au secours du feu, lui et tous ses gens et auparavant que le témoin fut parler audit sieur de Planguanoual, il vit tout le clocher de ladite église par terre, à l'envers. Il s'échemina à venir à l'église, et, tôt après ledit sieur Recteur et tous ses gens, allant, ledit sieur par le bourg, de porte en porte, amasser le peuple pour éteindre le feu. Et vint le témoin, en criant au feu et à l'aide, droit à une petite porte de ladite église qui est près la chapelle de la Ville au Vais que il trouva ouverte et ne sait par qui avoit été, et se rend bien certain que n'avoit été aucun des gens dudit sieur de Plaaguenoual qui l'on ouverte parce qu'il fut le premier qui donna l'avertissement et qui s'avisa du feu ; et au soir, avoir assisté à la fermeture de ladite porte qui se ferma par dedans avec une barre de bois et toutes les autres avec les clefs, tant par dedans que par dehors. Et étant arrivé à ladite porte qu'il vit ainsi ouverte, se jeta au dedans de ladite église peur aller droite la dite cache pour sauver et mettre hors d'icelle, même desdites armoires, les biens ci-dessus qu'il savoit être dedans ; où il n'y put arriver quelque diligence qu'il y put apporter à raison du feu qui étoit si grand par toute ladite église, à raison môme du Yent qui étoit si grand et si impétueux qui ruenoit le feu si fort vars la haut de ladite église ou étoit ladite cache et armoire, qu'il n'étoit possible à personne d'en approcher. Et n'y avoit aucun moyen sans se perdre et brûler. En criant au feu par force, se trouva beaucoup de personnes, on fut avisé de mettre des échelles sur ladite trésorerie au pignon où habitoit ladite cache et des trous et pertuits par dehors, endrait desdites armoires pour faira fraction et essayer d'en tirer tous les biens qui étoient. Et y fit le témoin tout devoir jusqu'à l'extrémité ; mais à cause du grand feu et vent, ne put être le vent empêché qu'il ne brûlât et consommât tout ce qui étoit dans ladite cache et armoire. Et ce parlant se jetta en bas pour aider à percer le pignon de ladite église par dehors, endrait desdites armoires pour sauver lesdites lettres, et ne put être sitôt fait que le feu n'eut tout brûlé et consommé les dites lettres, sans jamais en pouvoir sauver aucuns qui ne fussent réduits en cendres. Et se rend le témoin certain que ledit sieur de Planguenoual avoit fait tout porter et mettre ce qu'il pouvoit avoir de choses de conséquence qui appartiennent à ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et à autres, en ladite cache et armoire pour les sauver et mettre en lieu de sûreté eomme il avoit accoutumé faire. Et ne sait la forme et oralement de ladite église, fors que un peu auparavant ouir le tumulte et bruit du feu, il avoit oui des quevaliers (cavaliers) et gens de guerre, puis (depuis) la nuit fermée à l'entour de ladite église. Et est ce qu'il dit savoir du fait ci-dessus, lecture lui faite de sa déposition et & dit contenir vérité et ne sçait signer.

 

 

2° Noble messire Jean des Vergers, prêtre de la paroisse dudit Planguenoual, et y demeurant jouque le bourg et cimetière d'icelle église, âgé de quarante ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité, purgé do conseil et enquis d'office sommairement, dit : que jeudy dernier, vingt cinquième de décembre, il assista au serviee de la feste de Noël, en l'église de Planguenoual où il y avoit de grande congrégation et assemblée de peuple qui assista en pareil aux vespres y dites et célébrées. La nuit advenue dudit jour de Noël, alla souper chez ledit sieur Recteur de Planguenoual, duquel lieu sorti et mis, environ les neuf heures du soir â se retirer et venir à son logis, il passa à travers le cimetière de ladite église où il arrêta et passa avis la principale porte de ladite église pour présenter son orai son, sans qu'il aperçut aucun feu; et comme il étoit à faire son oraison, il ouyt nombre de quevaliers arriver vers ladite église, tellement qu'il se retira promptement. Et tôt après il fut logé en sa dite chambre qui est toute proche du cimetière, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qu'il le causa de sortir dehors et étoit environ les onze heures. Et s'acheminant audit cimetière, apperçut le feu dans les lambrains et couverture de ladite église et le clocher d'icelle déjà tombé par terre et brûlé. Et étant entré en icelle, par une petite porte près la chapelle de laVilleauvée laquelle se ferme avec une barre de bois par dedans, et néanmoins la trouva ouverte, sans pouvoir savoir qui l'avoit ouverte, et se rend certain qu'elle avoit été fermée le soir. Et étant en la dite église, vit le clocher et la plateforme d'icelui tombés par terre et brûlés. Lequel voulant aider à sa puissance avec beaucoup d'autres y présents et assistants ledit sieur Recteur qui s'efforçoit de faire ce qu'il pouvoit, avertissant le peuple de s'y employer, afin que tous ensemble ils eussent pu sauver les ornemens, lettres, titres et enseignemens tant de l'église, frairie de Saint-Michel, frères chapelains que autres qui étoient en une cache dessus la chapelle de la Pontaine-Orain. Etalors ledit sieur Recteur print le sacraire où étoit le précieux corps de Notre Seigneur Jésus-Christ pour le sauver et le mettre hors de ladite église, pour empêcher d'être brûlé. Et se força le témoin pour arriver à ladite cache pour sauver les ornemens qui étoient cachés, entr'autres : (suit la désignation des ornements, objets, titres, papiers, etc., décrits dans la précédente déposition).... Et ne purent sauver que la trésorerie de ladite église qui faisoit séparation de ladite cache. Et n'arrêta le tout de la dite église à être brûlé que environ trois heures, non plus que si c'eut été un morceau de paille, tant le feu étoit âpre, par l'impétuosité du vent qu'il faisoit. Et ne pourroit aire ni rendre certain de la cause dudit feu, étant advenu inopinément et sans qu'on ait pu apprendre la forme ni l'embrasement d'icelle, par quelles personnes ni autrement le feu avoit été mis et n'ayant oui aucun bruit que les cavalliers qu'il entendit comme il se logeoit la soir en sa chambre. Et tel est son record, lecture lui en faite, a dit contenir vérité et signé.

 

 

3° Missire Guyon Abraham, prêtre de la paroisse Planguenoual et y demeurant près le bourg et église, âgé de vingt-huit ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité purgé du conseil, et enquis d'office et sommairement, dit que jeudy dernier, vingt-cinquième de ce mois de décembre, il assista au service de la fête de Noël, en l'église de Planguenoual, où il y avoit grande congrégation et assemblée de peuple qui assistèrent en pareil au service et aux vêpres y dites et célébrées. Après le monde être tout sorti et retiré de ladite église, ferma les huis et porte d'icelle, tant avec barres de bois que avec clefs de fer, par dedans et par dehors de ladite église. Et la nuit suivante du dit jour, étant couché chez ledit sieur de Planguenoual, à environ les onze heures du soir, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qui le causa de sortir dehors, et s'acheminant au cimetière avec ledit sieur Recteur de Planguenoual et ses autres gens apperçurent le feu étant dans le clocher lequel étoit déjà par terre et au lambrain de ladite église en drait le clocher. Et venant pour entrer dans ladite église, apperçut l'huisset de derrière icelle, près la chapelle de la Villeauvée, ouvert; lequel il se rend certain l'avoir fermé avec une barre de Lois. Lequel voulant aider à sa puissance, avec beaucoup y présents et qui y survinrent, et môme ledit sieur Recteur se forçant, print le sacraire où étoit le précieux corps de Notre Seigneur et le sauva, priant tout le monde de s'efforcer de sauver les ornements, lettres et garants qui étoient dans ladite église; et alors le témoin appelant des assistants se força pour gaigner à une caiche qui étoit sur la chapelle de la Fontaine Grain, qui étoient entre autres choses : (suit la nomenclature des objets désignés par le Recteur et le premier témoin). ... Et ne pouvoir dire ni se rendre certain de la cause dudit feu ; étant advenu inopinément sans qu'on ait pu apprendre la forme de l'embrasement d'icelui, par quelles personnes ni autrement le feu y auroit été mis. Bien dit que environ les huit à neuf heures du soir, il ouit des cavaliers vers ladite église, comme s'ils eussent passé contre le cimetière; et est ce qu'il dit. Lecture faite de sa déposition, a dit contenir vérité a signé.

 

 

4° Antoine Josset, bouchier de la paroisse de Planguenoual et y demeurant au village de I'Hospital, et

 

 

5° Guillaume Gour, cultivateur, demeurant au bourg, relatent dans leurs déclarations les faits déjà connus et mentionnent tous les ornements et papiers qui avaient été déposés dans la cachette, ainsi que quelques provisions de bouche, pour les soustraire à l'avidité des gens de guerre.

 

 

6° François Breart, maçon de muraille, de la paroisse de Planguenoual et y demeurant âgé à son dire, de cinquante ans, témoin fait jurer par son serment dire vérité, purjréde conseil, et enquis comme les précédens, dépose que à la prière et requête du sieur rectenr de Planguenoual, dès le commencement des guerres, présents troubles, il se transporta en l'église de Planguenoual et y étant, ledit sieur recteur lui dit vouloir faire faire une caiche secrette au pignon de la trésorerie de ladite église en un embrun qui étoit pendant en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; que ne savoir lieu plus propre en ladite église, ni ailleurs pour ficher et, assurer des gens de guerre les ornements, calice, lettres, rentiers, comptes ; autres enseignements et richesses de ladite fabrice ; môme de ceux de la frairie de St Michel ; et en print le pisrnon (l'opinion) de ce témoin. Lequel après avoir visité ledit lieu et y pensé longuement, trouva que c'étoit le lieu et endroit le plus commode qu'il se put trouver pour faire une bonne et belle et assurée caiche. Et de son métier de maçon y travailla et fit ce qui étoit requis et au-dedans de laquelle, avant même qu'elle fut achevée et accommodée ce témoin vit accommoder et mettre en un coffre et une barrique de bois le tout des ornemens, calice, lettres et richesses qu'il avoit accoutumé de voir en ladite fabrice, frairie de St Michel ; même plusieurs grand nombre de biens appartenant audit sieur de Planguenoual, comme accoutrements linge, et vaisselle d'étaing et d'airain ; et a toujours oui et enteudu qu'ils y ont été conservés. Et en parle le témoin pour avoir aidé à y mettre par plusieurs fois, les biens, richesses, lettres et garants, tant de ladite fabrice, frairie de Saint-Michel que dudit sieur de Planguenoual. Même en l'année qu'il étoit trésorier et administrateur des biens et revenus de ladite fabrice en l'an.... et puis les présents troubles et alors qu'il était mention de soldats et gens de guerre qui se acheminassent pour venir sur le quartier tous les biens de ladite fabrice, frairie et dudit sieur de Planguenoual étoient mis la dedans et conservés toujours, pour quelque siège qui a été passé par l'une et l'autre partie, fust à Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour et autres places ; régiment, armée ni compagnie qui aient logé en ladite paroisse et autres lieux ; Anglois, Lansquenets, Espagnols, Lorains et autres nations de gens, qui aient été ravager en ladite église, n'avoir jamais trouvé ladite caiche. Et toujours tous les biens y ont été conservés jusqu'à la nuit de la Nativité de Notro-Seigneur, vingt-cinquième de décembre dernier, que le témoin a entendu tous les biens et lettres concernant les biens et revenus de la dite fabrioe et frairie que dudit sieur de Planguenoual, même de son frère aisné, y ont été brûlés, consommés en cendres par le feu inopinément. Même oe témoin a entendu que le tout des lettres, garants, que avoit accoutumé à mettre ledit sieur de Planguenoual en deux armoires qui étoient dans le pignon de la grande vitre de ladite derrière le grand autel d'icelle, y ont été brûlés et consommés en poudre par le feu ; auxquelles armoires le témoin a vu par plusieurs différentes fois mettre grand nombre de lettres.… parce que c'étoit un lieu de sûreté pour les conserver. Est-ce qu'il dit et ne sait la forme, ni manière du brulement de ladite église. Lecture lui faite de sa déposition a dit prouver, tenir vérité et ne savoir signer :

 

 

7° Jacques Pensart, charpentier de bois de la paroisse de Planguenoual et y demeurant à la maison de Villeauvêe, âgé de trente-huit ans,ainsi que dit, témoin fait jurer par serment dire vérité, purgé de conseil et enquis d'office, comme les précédents, dépose: que dès le commencement des guerres et présents troubles ne put autrement cotter l'an, ni le jour, -il fut prié par le sieur de Planguenoual d'aller travailler de son métier, sans savoir à quelle oeuvre c'étoit, jusqu'à ce qu'il ne fut à la demeurance du sieur recteur, où étant on sa compaignie, en l'église dudit Planguenoual, il lui dit et. remontre avoir l'intention de faire une caiche secrette, pour conserver des coureurs et des gens de guerre qui ravagèrent partout, les ornements, calice, lettres garants, et autres richesses de la fabrice dudit Planguenoual, de la frairie Saint-Michel, et les siennes. Et après avoir été en plusieurs lieux et endroits de la dite église, trouva que le lieu le plus sûr et le plus commode pour faire ladite caiche, c'étoit par entre le pignon de la trésorerie de ladite fabrice, sur l'embrun (le lambris), qui étoit en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; et ce fait, le témoin accommoda de ce qui étoit nécessaire de son métier ladite caiehe sur les embruns, ce qui étoit assez commode et secret, et après qu'elle fut prête, il fut mis le tout des biens et richesses, tant d'ornements que lettres, garants de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et ensemble celle dudit sieur de Planguenoual, que toujours quelque armée, troupe et ravagement qui fussent survenu- en ladite paroisse, ils ont été conservés jusqu'à la nuit de la Nativité de Notre-Seierneur, que le témoin notoirement entendu que. au brûlement de ladite église, ils ont été brûlés et consommés en cendres; et avoir ainsi été mises pour les conserver, à cause du voiligemert et ravaigement qui journellement sont en ladite paroisse- Et est ce qu'il dit et ne savoir la façon du brûlement et embrasement de ladite église par quelles personnes ni comment sinon inopinément. Lecture lui faite de sa déposition ; à dit contenir vérité et ne savoir signer. « Ainsi signé à l'original; Des Vergiers, Abraham, Maupetit, P. Poussin. » Les droits honorifiques dans les Eglises, comme les titres nobiliaires, étaient attachés, non pas à une famille, mais à une terre. C'est ainsi que les chapelles particulières portaient le nom de la seigneurie et quand la terre passait par acquêt ou héritage dans une autre famille, les nouveaux titulaires devenaient propriétaires de tous les droits honorifiques attachés à cette terre, chapelles, bancs, escabeaux. enfeux, etc., à moins de clauses contraires, c qui était rare, les droits seigneuriaux étant une cause de recherches pour les amateurs.

 

Vicomte de Lourmel.

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 05:10

 

 

 

Mar' le haleux

 

 

Ce mois était désigné mois des cocus. Ceux qui étaient nés au mois de mars étaient des entêtés, des râbatous autrement dit des radoteurs et grognons.

 

Ma' o ses martiaux

Avri' do ses coutiaux

 

Il ne fallait pas allé regarder son grain dans les champs avant le premier dimanche de mars, car il serait exposé à ne pas pousser.

 

Autant de bérouées (bruines) en mars

Autant de felées en mai

 

Le jour de Saint-Joseph, les oiseaux des champs se marient.

 

S'il fait beau temps,

Quand Mar' a vingt iunes nés (nuits),

Prenez garde ês vênés,

Notre-Dame arrive,

Qui les rejette o' l' pieds,

 

En mars il ne fallait pas aller chercher après la nuit close car elle était venimouse Si les grenouilles chantaient avant le 25 mars, elles retardaient leur chant d'autant de jours qu'elles l'avaient avancé

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 20:15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 23:59

 

Le 20 septembre 1416 Guillaume du Margaro seigneur du Margaro à Rouillac et sa femme Plossette de Bréhant, fondèrent un hôpital dédié à Saint Armel, auquel fut associée une chapelle dédicacée à Sainte-Catherine. Attaché à l’ordre de Saint-Lazare, cet hôpital était taxé 100 livres, et ses fondateurs, les du Margaro en étaient les patrons temporels :  "cappela sancte Catherine in hospitali de Sevignac, domini de Margoro». 

 

Actes concernant la fondation, en 1416, de l'hôpital de Saint-Armel et de la ehapelle de Sainte-Catherine de Sèvignac, par Guillaume du Margaro et Plossette de Brehant, sa femme

 

 

Ensuit la déclaration du revernu de l'nôpital de Sainte-Catherine de Sévignac que fait et entend faire noble et discret dom Pierre du Margaro, prêtre chapelain et administrateur dud. hôpital, a MM. Les gens de la Chambre des comptes roy. Premier : une maison et jardin, avec une chapelle fone en l'honneur de Dieu et madame Sainte Catherine, en laquelle maison est situé led. Hôpital, le tout comme le poursuit, située au bourg dud Sévignac; item un trait de dixme avec ses appartenances, nommée la dixme Quinier, dans la paroisse de Plénée du diocèse de Saint-Brieuc, item un autre trait de dixme, située en la paroisse de Brehant, au tenement du Plessis; davantage d'un autre trait de dixme scise près le bourg de Sévignac, appelée le fé du Beaubois et a été fondée de deffunt, haut et puissant messire Guillaume du Margaro, et de madame Plossette de Brehant, sa compaigne et épouse en leur temps, seigneur et dame dud lieu du Margaro, et, enfanter, ainsi qu'il est à plein contenu en la Lettre de fondation en faite dez le 20e jour septembre l'an 1416 signée dud. Messire Guillaume du Margaro -Fait par la Cour de Beaumanoir sous le sceau d'ycel!e avec les passements de P. Ferré, avec les sceaux de Robin de la Moussaye, Duquel hôpital confesse led. Pierre du Margaro être châpelain et administrateur ufruitier d'yceluy, sous; et de par Claude du Margaro, escuyer seigneur à présent dud dit Iieu du Margaro, de Couecouvran et de Langouëdre, comme successeur desd; chevalier et dame à qui appartiennent la présentation et donaison d'icelles, quelles jouissances desd, choses héritelles que devant ont été. baillées dud. seigneur du Margaro et Plossette de Brehant, ses prédécesseurs. Le 11e d'octobre 1556, Ainsi signé, J. Leffroy èt J. Volance

 

 

Le plan de Sévignac, l'étoile rouge marque l'emplacement de cette léproserie Saint-Armel et de la chapelle Sainte-Catherine

 

 

 

Pièce de procédure

 

 

1667. Déduisant Charles Lanezart, escuyer, seigneur de la Fontenelle, la Ruays-Margaro, ses moyens d'intervention entre messire Mathurin Bounier se disant dévolutaire du bénéfice simple et chapellenie de Sainte-Catherine et l'hopital de Saint-Armel autrefois fondés, et dès l'an 1416, par messire Guillaume du Margaro, chevalier, et dame Plossette de Brehant, son épouse, sur discret prètre et messire Urbain d'Espinay, abbé de Boquien, dernier possesseur de la chapellenie, contondant par le moyen de son dévolu la 4e légitimé nomination faite par led, intervenant de la personne de noble et discret messire René de Brehant, seigneur, abbé de Galie, prieur de Saint-Maur et Saint-Melleuc, bachelier de Sorbonne, dit qu'il a vit très grande raison de nommer led. seigneur abbé de Galinée, parent et de la famille et du nom des seigneurs fondateurs. Le 4 juin 1667.

 

Archives de Chabrillan

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 20:24

Pierre Ferré (VIII a) fils de Daniel Ferré, seigneur de la Ville-es-Blancs et de Catherine de Champagné naquit le deux août 1615 à Rennes. Manifestement c'est lui qui est à quatre reprises mentionné comme étant le père illégitime de ces jeunes filles nées respectivement en 1649, 1652, 1654 et 1655. En feuilletant les pages des registres paroissiaux de Sévignac, on découvre un acte faisant mention de la première de ces naissance. La mère de l'enfant s'appelait Maurye Régnault et selon toute vraisemblance, celle ci avait été baptisée le 27 février 1611 à Sévignac. Acte ci-dessous : Amaurye fille Pierre Regnault & barbe Rouvrays sa femme fut baptisée le vingt septième jour de février (1611) parain Louis Guérin qui la tenue sur fonts marainne Jullienne Piot. La jeune femme rentra très certainement au service de la famille Ferré de la Ville-es-Blancs, 

 

 

 

 

C'est en 1649, le premier juin que la jeune Julienne fille illégitime de Maurye Regnault advouée au Sieur de la Vayrie fut baptizée par missire Moysan, avec pour parrain Jan Aubin et pour marraine Julienne Letexier. Acte ci-dessous.   

 

 

C'est également Missire Moysan, qui laissait ces notes dans le registre paroissial de Sévignac à la date du 29 janvier 1652 : "Claude fille illégitime de Maurye Regnault advouée à Escuyer Pierre Ferré de la Villesblanc, fut née le treiziesme de juillet 1651, tenue sur fonts par Richard Bezard le 29 janvier 1652, présente Claude Caruel qui luy donna son prénom.  Acte ci-dessous.

 

 

Deux ans plus tard, Missire Lemercier, de sa plume, mentionnait le baptême de Perrine fille illégitime de Maurye Regnault, advouée à escuyer Pierre Ferré seigneur de la Villesblanc fut baptizée le 4e Mars tenue sur fonts par Pierre  Bezard Gillette Lemercier. Acte ci-dessous

 

 

Missire Moysan mentionne le quatrième enfant illégitime de Maurye Régnault en 1655 : Mathurine fille illégitime de Maurye Regnalt advouée à Escuyer Pierre Ferré, Sr de la Villesblanc, fut baptizée le 28e jour d'octobre, Tenue sur fonts par escuyer Mathurin Lemintier Sr de St André et h(onorable) fe(mme) Françoise Bezard Marainne.

 

 

A l'exception de Julienne qui atteignit la maturité, les trois autres fillettes moururent probablement en bas-âge, sans que l'on en connaisse la date exacte, en effet, les premiers actes de décès ne furent enregistrés à Sévignac qu'à partir du premier janvier 1669 par Missire Christophe Tronnel. Julienne épousa Maître Toussaint Durand, lui-même attaché à la juridiction de la Ville-es-Blancs en tant que notaire. Maître Toussaint Durand et Julienne eurent cinq enfants. C'est sous l'identité de Julienne du Manoir que la jeune femme est mentionnée, lors du décès de sa mère Maurye Régnault. Décès survenu le 8e janvier 1691 au Bignon, lieu évoqué dans ce rentier datant de 1756, et cité à l'article touchant Anne-Louise Ferré Dame de la Ville-es-Blancs et épouse de Charles d'Acigné. Voici l'acte de décès mentionné par missire Jan Hamonic  : Maurie Regnault du Bignon aagée d'environ soixante-dix-sept ans et Mauricette Grignon du village de l'Echalay décédèrent le huitiesme janvier Mil sept cent quatre vingt onze après avoir reçu les derniers sacrements pendant leur maladie & furent inhumées, sçavoir ladite  Regnault dans l'église de Sévignac soubz l'une des tombes de la Villesblanc par moy, soubz signé recteur et ladite Grignon aagée de quarante cinq ans dans la chapelle de St Cado par moy soubz signé Missire Jan Lemercier le neufviesme dud. Moy & an, assistèrent à la sépulture de ladite Regnault Julienne et Françoise Du manoir ses filles Laurent Le Collinet son gendre Allain Leclerc & autres... Ainsi apparaît une cinquième fille de Maurye Régnault, Françoise, qui, comme sa soeur Julienne, porte le nom patronymique de du Manoir. C'est elle, Françoise du Manoir qui épousa le dit Laurent Le Collinet, donné ici comme gendre de Maurye Régnault.

 

 

Le mariage de Françoise Du Manoir et de Laurent Le Collinet se déroula en la chapelle de la Villesblanc, comme on le voit ci-dessous à  travers cet acte rédigé par Missire Jean Hamounic  : Jay soubz signé Missire Jan Hamounic certifie avoir administré la bénédiction nuptialle à Laurent Le Collinet et Françoise du Manoir dans la chapelle de la Villesblanc en presence d'Escuyer René Ferré sieur de la Villesblanc et dame Anne-Louise Descartes dame de la Villesblanc François Le Collinet, Maistre Mathurin Derouillac et plusieurs autres, le mardy troisiesme jour du Moy de mars 1666. A foy de quoy jay signé le presant. Hamounic. Douze enfants naquirent au sein du foyer du couple.

 

 

Ci dessous l'acte de décès de Françoise du Manoir, âgée de 57 ans et inhumée le 9 mars 1704. Elle serait donc née vers 1647 et semblerait l'aînée de la fratrie. Rien n'exclu qu'elle ait vu le jour ailleurs qu'à Sévignac, l'hypothèse que sa mère eût été domestique à Rennes chez le dit Sieur Pierre Ferré peut être plausible, et en ce cas, Françoise aurait pu naître à Rennes.

 

 

Ci-dessous l'acte de décès de Julienne du Manoir, âgée de 55 ans, inhumée le 12 juillet 1706. 

 

 

 

Nous savons que la famille Ferré disposait comme indiqué dans la montre nobiliaire datée de 1475 évoquée page n° 1 au sujet de Me Robert Ferré de la Villesblanc, avec cette précision 'le mesme, au bourg de Sévignac". Cet endroit est connu sous le nom du Manoir et manifestement les filles illégitimes de Pierre Ferré de la Ville es Blancs reçurent pour nom patronymique celui de cette terre relevant de la seigneurie de la famille Ferré. D'autres enfants illégitimes reçurent pareillement des patronymes liés aux terres de leurs géniteurs, ce fut le cas de la famille De Millia, vivant au début du XVIIe siècle à Sévignac, et ces desendants regardés comme bâtards de la famille Le Borgne de Millia, idem avec ces demoiselles de la Bichonnais mentionnées à Sévignac dans la seconde moitié du XVIIe siècle mais dont on ignore l'origine du géniteur, à Broons le patronyme du Blanc-Mouton fait allusion à la terre seigneuriale de Langourla qui appartint un temps aux Le Mintier. Le lieu et métairie noble du grand manoir, près le bourg de Sévignac, appartenance, dépendances, consistant en ses maisons logements, étables, écuries, et granges, cour rues, déport, issus, franchises, landes communes, puis, four, courtil, colombier, jardin, verger, courtil, et garennes à lapin, contenants le tout ensemble compris, le fond pour les maisons : un journal et demy, joignant d'occident au chemin qui conduit du bourg de Sévignac au dit lieu du manoir du midy au chemin qui conduit du dernier au Plessix Gautron, d'occident aux maison et jardins du petit manoir, cy après le clos quenus, contenant sept journaux les dittes deux pièces se tenantes, joignant dudit bourg de Sévignac au Garnil. L'endroit désigné la Cour d'en Haut proche du Manoir faisait sans nul doute partie du domaine. La lecture du rentier de 1756 évoque aussi la parcelle des demoiselles située à l'angle de la route conduisant à la Cour d'en Haut et au Manoir, juste en face l'actuel cimetière.  La cloture des demoiselles contenante cinq journaux la cloture de lange contenant un journal et demy la prée Harivel ou Yeux de Coq, tant fauchable qu'en bois, contenant trois journaux et demy les dittes quatres pièces de terre s'entretenant et joignant d'orient et midy, au chemin qui conduit du bourg de Sévignac au Plessix d'occident à terre du grand manoir et du nord à la pièce du Hay de Guillaume Goudelin et au clos paris de Jacquemine Paumier les petits clos ferchaux contenant deux journaux et demy les grands clos ferchaux contenants trois journaux et demy, les dittes deux pièces se joignantes, un chemin entre joignant d'orient au chemin qui conduit du bourg de Sévignac à la Lande de Guitternel, du midy aux perrières de Jeanne Paumier d'occident à terre de Nicolas Tronel, et du nord au chemin qui conduit des dits manoirs au Plessis.".Au manoir du bourg, une bâtisse tapie sur les arrières offre des ouvertures du XVIe siècle, les autres dépendances sont plus récentes. Quand on emprunte la voie conduisant à la maison des associations, on longe les arrières d'anciennes soues à cochons, auprès desquelles étaient jadis visibles des douves. A la Cour d'en Haut, les bâtiments étaient semble-t-il disposés autour d'une cour close. Une belle cheminée y voisine avec une porte cintrée, et une margelle de puits offrait des armoiries à présent effacées, étaient-ce celles des Ferré ? Sur la façade de l'endroit, on devine un réemploi de matériaux. S'agissant de l'ancienne métairie de Nancollet, une bouche à feu pour mousqueton a été incorporée dans un des bâtiments, la pièce pourrait provenir de l'ancien château de la Villes-es-Blancs. La seigneurie de la Villes-es-Blancs disposait du droit de Moyenne et basse justice, et il est probable que son auditoire de justice était implanté audit lieu Villaussant à Sévignac, l'endroit proche du restaurant le Relais de Rochereuil. A travers le nom Villaussant peut-être faut il voir l'altération de Ville au sceau. Pour ce qui touchait les dossiers de haute justice, la Ville-es-Blancs relevait de la seigneurie de Beaumanoir-Limoëlan, et pour partie de la sénéchaussée de Jugon.  Ci-dessous, l'ancien bâtiment du Manoir avec ses ouvertures et sa cheminée, margelle de puits armoriée à la Cour d'en Haut  et bouche à feu à Nancolet

 

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 08:18

 

 

Henriette-Marie-Augustine-Jeanne-Françoise Le Vicomte de la Houssaye avait vu le jour en la paroisse Saint-Etienne de Rennes, et c'est en cette même ville qu'elle épousa en 1800 Florimond-Jean-Baptiste-Marie-Hyppolite de Carné-Trécesson, fils de César de Carné, marquis de Trécesson et de Angélique de Kermenguy de Saint-Laurent. A leur foyer naquit un seul fils : Henri de Carné, marquis de Coëtlogon né en 1802. C'est à Saint Brieuc où elle demeurait qu'elle trépassa le 29 Prairial an XI, soit le 18 juin 1803, elle était âgée de 22 ans.

 

 

 

 

Henri de Carné-Trécesson et Léonie de Chappedelaine

 

C'est le 14 germinal an X – 4 avril 1802, que Henri de Carné-Trécesson naquit en la ville de Rennes, de l'union de Florimond et de Henriette Le Vicomte de la Houssaye. Le 13 septembre 1837 à Sévignac, Monsieur Henri-Marie-Toussaint de Carné alors âgé de 30 ans, propriétaire domicilié à Guingamp, épousait Mademoiselle Léonie-Marie de Chappedelaine âgée de 25 ans, fille de Monsieur Jean-Baptiste de Chappedelaine et de dame Thérèse Picot de Limoëlan (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1), présente et consentante audit mariage. En dot la mariée apportait à son époux le château de Beaumont (voir Le château de Beaumont en Guitté), en Guitté, et des terres en Guitté, Guenroc et Médréac (notes de M. de Mellon) De leur union naquirent : 

 

Henri de Carné-Trécesson 1834-1912 épousa Marie de Guéhéneuc de Boishüe ; Léon de Carné-Trécesson 1835-1900, épousa Elisabeth de Lorgeril, puis Marie Léon de Trévérret ; Hélène de Carné-Trécesson 1837-1837 ; Edmond de Carné-Trécesson 1839-1855 ; Alphonse de Carné-Trécesson 1841-1911 épousa Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe -dont Marie mariée à Geoffroy, comte de Mellon, puis Thérèse Guéheneuc de Boishüe ; Amaury de Carné-Trécesson 1844-1910 épousa Gabrielle Vallée ; Louis de Carné-Trécesson 1846-1926 épousa Clotilde de Guéhéneuc de Boishüe -dont Christian de Carné-Trécesson, puis Marguerite Dargent ; Roger de Carné-Trécesson 1849 ; Marie de Carné-Trécesson 1851-1931 épousa Alphonse d'Avout.

 

C'est à Monsieur Henri de Carné-Trécesson, que le réaménagement de la Ville-es-Blancs est dû.  Monsieur de Henri de Carné devint maire de Sévignac de 1860 à 1866 et conseiller général des Côtes du Nord. Quand on consulte les registres d'état civil, on observe la première signature Henri de Carné Coetlogon, la seconde ne porte plus le patronyme Coëtlogon. Ci-dessous.

 

 

Voici la raison de cet abandon : Les héritiers de Coëtlogon,prétendant que le nom de Coëtlogon leur appartenait exclusivement, ont cité devant le tribunal de Pontoise les héritiers de Carné, pour leur faire faire défense de l'ajouter à leur nom. Sur cette demande, est intervenu, le 17 janv. 1861, un jugement ainsi conçu : «Attendu que le nom patronymique d'une famille est pour elle une propriété qui lui donne le droit de s'opposer à ce que ce nom soit porté par une autre famille qui n'y serait point dûment autorisée, soit seul, soit par addition au nom patronymique de cette famille, quelles que soient l'honorabilité et la position sociale de celle-ci; que les demandeurs ne sont pas tenus de justifier de l'intérêt qu'ils peuvent ou croient avoir à former leur action ; qu'ils sont seulement tenus de déclarer qu'ils n'entendent point qu'une autre famille porte le nom qui leur appartient ; -Attendu que les demandeurs, César-Bernard-Félicité-Alfred de Coëtlogon et Charles-Louis-Emmanuel de Coëtlogon, justifient, par les actes de l'état civil par eux produits, qu'ils sont issus du mariage de Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon avec Marie-Anne Charlotte-Constance de Clugny, lequel sieur Jean-Baptiste-Félicité de Coëtlogon était issu de Allain-Emmanuel-Félicité de Coëtlogon et de Marguerite-Thérèse-Bernarde-Eugénie de Roy de Vaquière, lequel Allain-Emmanuel Félicité de Coëtlogon était issu du mariage de Charles-Elisabeth de Coëtlogon avec Marie-Catherine-Françoise de Vetères du Revès ; -Attendu, au reste, qu'il n'est pas contesté que les demandeurs sont, par eux et par leurs auteurs, depuis un temps immémorial, en possession, comme nom patronymique, du nom de Coëtlogon ; -Attendu que si, par le mariage de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, héritière de la branche aînée de la famille de Coëtlogon, avec Gilles-Jacques Pierre de Trécesson, des sires de Carné, la terre érigée en marquisat de Coëtlogon a été apportée dans la famille de Carné, et si, sous la législation qui a précédé le 19 juin 1790, les auteurs de Carné-Trécesson pouvaient, soit comme propriétaires de la terre de Coëtlogon, soit comme étant aux droits de Perrine-Marie-Catherine de Coëtlogon, ajouter à leur nom patronymique et y incorporer le nom de Coëtlogon, il ne résulte d'aucun des actes par eux produits qu'ils aient réellement pris ce nom ; -Attendu, en effet. (lci, à l'appui de cette proposition, le jugement analyse un certain nombre de titres et d'actes produits par les héritiers de Carné, lesquels actes sont signés de Carné seulement, bien que, dans certains, le titre de marquis de Coëtlogon, joint à plusieurs au tres titres de seigneuries, soit donné à leurs auteurs. Puis le jugement continue ainsi : « Attendu que le titre de marquis de Coëtlogon, donné dans ces actes à l'un de leurs auteurs, est sans doute un argument en faveur des défendeurs; mais que ces actes, faits en l'absence d'abord du seigneur de Coëtlogon, puis de la dame sa veuve, ne peuvent être considérés que comme contenant des qualifications résultant des droits seigneuriaux qu'ils possédaient sur les diverses terres énoncées auxdits actes; ils n'établissent pas suffisamment que le nom de Coëtlogon faisait partie intégrante de leur nom patronymique ; -Attendu que le décret national du 19 juin 1790 porte qu'aucun citoyen français ne pourra prendre que le vrai nom de sa fa mille, et le décret de la Convention nationale du 6 fruct. an 2, qu'aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ; -Que les défendeurs ne peuvent se prévaloir de l'exception contenue en l'art. 2, puisque leurs auteurs n'avaient réellement jamais pris le nom de Coëtlogon ;-Attendu que si, néanmoins, le sieur Florimond-Jean-Baptiste-Hippolyte-Marie de Carné a pris, depuis ces lois, le nom de Coëtlogon, les défendeurs ne peuvent opposer valablement la prescription ; -Qu'en effet, la prescription ne peut être acquise pour les choses qui ne sont pas dans le commerce ; -Attendu que le jugement : du 29 frim. an 13, qui a attribué au et aïeul des défendeurs les droits immobiliers résultant à son profit de la coutume de Bretagne, comme représentant, par Marie Perrine Catherine de Coëtlogon, la branche aînée de la famille de Coëtlogon, n'a rien statué et n'avait rien à statuer quand au nom de famille ;-Qu'au surplus, dans ce acte même, l'auteur des défendeurs est désigné sous les noms de César-Hippolyte Jean Baptiste-René de Carné de Trécesson;-Par ces motifs, fait aux parties de Me Lefrançois défense de porter à l'avenir ou ajouter à leur nom celui de Coëtlegon...

 

C'est au château de la Ville-es-Blancs,  le 8 novembre 1869, à l'âge de 69 ans que Henri-Marie-Toussaint de Carné s'éteignit. Monsieur Guillaume Guitton, demeurant le Manoir, âgé de 69 ans et cultivateur, deuxième adjoint de M. de Carné, fit cette déclaration, assisté de Monsieur Jacques Gesret, demeurant le bourg, âgé de 63 ans et secrétaire de mairie. Dame Léonie-Marie de Chappedelaine, décéda le 2 février 1878 égaement à Sévignac, à l'âge de 65 ans, d'après la déclaration effectuée en mairie de Sévignac par Monsieur Pierre Gesret, receveur-buraliste, demeurant Sévignac, âgé de 70 ans, assisté de Monsieur Hippolyte Guinard, instituteur à Sévignac, agé de 35 ans.

 

 

Henri de Carné (fils) et Marie Guéhéneuc de Boishüe

 

L'aîné de leurs enfants fut prénommé Henri-Jean-Baptiste-Antoine, il naquit  à Limoëlan (voir Balade touristique 2013 : Limoëlan à Sévignac la chapelle des Rothouers & le moulin du Clergé à Eréac) le 17 janvier 1835, selon la déclaration effectuée le lendemain en mairie de Sévignac par Hyacinthe-Jean-Baptiste-Michel-Hyppolite de Chappedelaine, 29 ans, Capitaine du génie, demeurant Bedfort, assisté de Marhurin Gicquel, 31 ans, insitituteur à Sévignac.  Le 22 novembre 1872, il épousa à Plumaugat Marie Guéhéneuc de Boishüe, fille de Charles et de Marie-Caroline de Plouays (voir Les villages de Plumaugat, page n° 5). Le marié titré Chevalier de Saint-Louis, est donné membre de la Légion d'Honneur, membre du Conseil Général des Cotes-du-Nord, et maire de Sévignac. Âgé de 37 ans, il est propriétaire demeurant à Sévignac. Marie-Carolie-Félicie de Guéhéneuc, âgée de 23 ans est native de Mordelles en Île et Vilaine, et demeurant Plumaugat -ses parents possédaient le château de l'Hozier. Le couple vint s'établir à la Ville-es-Blancs, mais leur union fut sans postérité. Leur neveu Christian de Carné-Trécesson étant devenu orphelin de sa mère vers l'âge de six ans, le père de ce dernier, Louis de Carné-Trécesson, Officier de carrière nommé à Tonkin, le confia au sénateur et à son épouse. Regardé comme héritier naturel de la Ville-es-Blancs, Sous-Lieutenant au 247e Régiment d'Infanterie il fut tué à l'ennemi en 1916 dans la Meuse. Voici la biographie consacrée au sénateur de Carné : Le marquis de Carné est né à Sevignac (Côtes-du Nord) Ie 21 janvier 1834. Maire de Sevignac, conseiller général du canton de Broons, M. de Carné a, pour la première fois, été élu sénateur le 10 octobre 1880, par 270 voix sur 487 votants, en remplacement de M. Allenou, décédé. Il fut réélu le 25 janvier 1885, au premier tour, par 739 voix contre 526 à M. Deroyer et, le 7 janvier 1894, également au premier tour, par 714 voix contre 513 à M. Larerc. M. le marquis de Carné a fait au Sénat partie de plusieurs commissions et pris à diverses reprises la parole, notamment dans la discussion des questions agricoles, économiques, contre les dispositions de la loi sur l'enseignement primaire, etc. Il a, durant plusieurs années, fait partie du bureau du Sénat, comme représentant de la droite, en qualité de secrétaire. Il est monarchiste

 

 

Sous son mandat, le bourg de Sévignac s'orna d'une église néo-gothique, et les enfants bénéficièrent d'une première école sise aux Jardins de Nancolet, construite sur la terre concédée gratuitement à la commune par la famille de Carné, et désservie par les religieuses de Broons. Mais quand advint la séparation du bien de l'Eglise et de l'Etat, les bâtiments furent confiqués et les religieuses expulsées. L'école privée devint école laïque. En 1900, sous le mandat du sénateur, fut acquis le parcellaire dit du Champs-Vainqueur appartenant à un négociant établit au bourg de Sévignac, M. Magloire Plessix. C'est l'entreprise Réglain de Dinan à laquelle la même municipalité avait fait appel lors de la construction de l'église, qui se chargea de l'aménagement de cette école, encore en activité aujourd'hui. Enfin, la soeur du sénateur, Madame d'Avout, propriétaire de Badouard au bourg de Sévignac, donna la terre située sur les arrières de Badouard, en vue d'aménager une école privée. C'est l'abbé Ange-Marie Lécuyer, alors désservant de Guitté, et dont les parents exploitaient la ferme de Badouard, qui, le 23 septembre 1910, signa devant notaire, l'acte acquisition de cette parcelle de 16 ares. Ainsi naquit l'école Saint-Yves, longtemps désservie par les religieuses, et servant aujourd'hui d'annexe à la mairieLe 23 janvier 1912, le sénateur de Carné s'éteignait à la Ville es Blancs. Voici ce qu'on pouvait lire dans les quotidiens : 

 

Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. le marquis de Carné-Coëtlogon, vicomte de Trécesson, ancien sénateur des Côtes-du-Nord, décédé dans sa soixante-dix-huitième année, au château de la Ville-ès-Blancs (Côtes-du- Nord) Fils du marquis de Carné et de la marquise, née de Chappedelaine, M. Henri de Carné fut d'abord; un brillant officier de cavalerie. En 1870, les mobiles des Côtes-du-Nord le choisirent pour leur colonel. Après la guerre, M. de Carné prit une grande part aux luttes politiques de son département. En 1871, il est élu maire de Sévignac et conseiller général. En 1880, il devient sénateur des Côtes-du-Nord de 1880 à 1912, il a fait partie sans discontinuer de la haute Assemblée, où ses convictions politiques et religieuses invariables lui valent la plus vive sympathie de ses amis et l'estime de.ses propres adversaires. On se rappelle que, lors du dernier renouvellement, le marquis de Carné, déjà souffrant de la maladie qui devait l'emporter, avait décliné toute candidature. A la mort de M. le comte de Maillé, il fut élu président de la droite du Sénat. Pendant plusieurs années, il présida avec tact, intelligence et, autorité ce groupe, qui compte tant d'hommes éminents qui sont restés l'honneur du parti monarchiste et du Parlement français. La disparition de ce très galant homme causera à tous ceux qui l'ont connu d'unanimes regrets

 

 

Les obsèques du marquis de Carné, ancien sénateur, conseiller général de Côtes du Nord, maire de Sévignac, décédé à l'âge de 78 ans ont été célébrées, avant hier en l'église de Sévignac (dimanche 28 janvier 1912), en présence d'une foule nombreuse. La famille était représentée par la marquise de Carné ; la contesse de Carné-Trécesson ; les contesses Alphonse et Amaury de Carné-Trécesson ; le conte et la contesse Louis de Carné-Trécesson ; le baron et la baronne d'Avout ; Mme de Guehénneuc, religieuse de la Retraite ; conte et contesse Maurice de Guéhénneuc ; Mme de Guéhénneuc, religieuse de Saint-Vincent de Paul ; conte et contesse de Carné-Trécesson ; vicomte et vicomtesse de Mellon ; vicomte Christian de Carné-Trécesson ; Mlle Jacqueline de Carné-Trécesson ; M. Olivier de Carné-Trécesson ; Mlles Léonie et Yvonne d'Avout ; M. Henri d'Avout etc.

 

Marie de Carné, fille de Alphonse de Carné-Trécesson et de son épouse Marguerite de Guéhéneuc de Boishüe, avait vu le jour en 1879 à Plumaugat. C'est à Médréac, qu'elle épousa le comte Geoffroy de Mellon, par ailleurs propriétaire en cette même localité du château de l'Epinay (voir Les villages de Plumaugat, page n° 5). Ce sont eux qui en 1936 héritèrent de la Ville-es-Blancs, à la mort de Marie de Guéhéneuc de Boishüe, épouse du sénateur. Leur petit fils Gérard est aujourd'hui propriétaire de la Ville-es-Blancs. 

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 19:06

Marie-Louise Ferré (X d) épousa ce 13 février 1736 Messire Jean-François Le Vicomte, Chevalier Seigneur de la Houssaye de la paroisse de Toussaint, ville et évêché de Rennes, Conseiller au Parlement de Bretagne. La jeune femme était âgée de trente-deux ans, le marié de quarante-six ans. Fils de Messire Jean-Pierre Le Vicomte, Seigneur de la Houssaye en Quessoy (voir Les possesseurs de la Houssaye en Quessoy)  et du Seurre en Hénon et de dame Françoise Courtoys. Son père était Conseiller du Roi au Présidial de Rennes. C'est en la chapelle de la Ville-es-Blancs qu'eut lieu la cérémonie en présence de Louise d'Epinoze, Dame de la Villesblancs, Angélique Ferré, Augustin Le Vicomte frère, Messire Joachim Ferré, Chevalier seigneur de la Salle Villesblancs, damoiselle Marie du Breil, demoiselle du Chalonge (voir Le château du Chalonge en Trévron) monsieur René Le Gentel avocat. Missire François Gesret désservant de Sévignac célébra la cérémonie. Ci dessous une écuelle couverte en argent, Rennes 1735-1736 par Jean-Baptiste Boullemer reçu en 1705. De forme circulaire, le corps uni est gravé, comme le couvercle des armoiries de la Famille Ferré de la Villesblancs (Paroisse de Sévignac). Elle s'agrémente de deux anses en forme de godrons rayonnants et de cavets, le couvercle à doucine est souligné d'une frise de godrons et se termine par un bouton orné d'un profil féminin reposant sur une terrasse rayonnante. Pds. 754 g. Long. 30,5 cm. Diam. 17,8 cm. Haut. 11,5 cm. Historique. Cette écuelle ayant appartenu à la dite dame Le Vicomte.

 

 

 

Détail des Armoiries ornant cette écuelle.

 

Anne-Jeanne-Louise Ferré Dame de la Ville-es-Blancs, épouse du Sieur Charles d'Acigné étant morte sans postérité en  1785, la seigneurie de la Ville-es-Blancs échu à Jean-Baptiste Le Vicomte, son cousin. 

 

 

«Mainlevée de la succession d’Anne ferré, dame de la Villes es Blancs, veuve de Charles d’Andigné, marquis de la Chasse, accordée à Jean-Baptiste Le Vicomte, comte de la Houssaye, président à mortier au Parlement de Bretagne. Sentence rendue par maître Kersanté, le plus ancien procureur de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan.»

 

Messire Jean-Baptiste-Marie-Anne-Renault Le Vicomte, chevalier, comte de la Houssaye, seigneur de Coetsurel, de la Villemorin etc., conseiller au Parlement de Bretagne, en 1759, président à moitier, en 1775. Il était né à Sévignac, le 21 septembre 1739, fils de Messire Jean-François Le Vicomte, chevalier, seigneur de la Houssaye,conseiller au Parlement de Bretagne, en 1731, et de demoiselle Marie-Louise de Ferré de Villesblanc. Jean-Baptiste Le Vicomte de la Houssaye épousa :

 

1° en Saint-Jean de Rennes, le 11 avril 1765, dlle Marie-Anne-Céleste de Saint-Pern du Lattay (voir le château du Lattay en Guenroc, ses possesseurs, page n° 2), née en 1748.

 

2° en Saint-Michel de Saint-Brieuc, le 7 juillet 1772, dlle Gabrielle-Marie-Anne de la Rivière, fille de messire Gilles-Jacques de la Rivière, chevalier, sgr de Beauchesne et de dlle Emilie Corentine le Ny de Coetudavel, née en cette paroisse de Saint-Michel, le 16 août 1754. De cette seconde union naquirent trois enfants :  Jean Baptiste Le Vicomte de la Houssaye (ci-dessous) Henriette Le Vicomte  de la Houssaye (qui transporta la Ville-es-Blancs dans la famille de Carné (ci-après) et Sophie Le Vicomte de la Houssaye qui transporta la Houssaye à la famille de la Nouë en épousant à Londres en 1798 Hilarion de la Nouë.

 

 

M. Le Vicomte émigra, avec sa seconde femme et leurs enfants en 1792 (voir Discours prononcé par le Président de la Houssaye, à l’assemblée constituanteSon fils, Jean-Baptiste-Marie Le Vicomte de la Houssaye, né à Rennes, le 23 janvier 1776, devenu sous-lieutenant au régiment du Dresnay dans l'armée royaliste, fut tué à Quiberon (voir Le Drame de Quiberon) le 12 thermidor, an III, deux jours avant son oncle,capitaine au même régiment. Celui-ci. Augustin-Jean-Marie,dit le chevalier de la Houssaye, naquit à Sévignac le 19 janvier 1742. Ancien officier des Mousquetaires du Roi, il émigra, en 1792, et devenu capitaine au régiment du Dresnay, ainsi que nous l'avons dit, il fut tué à Vannes, le 14 thermidor an III. De son mariage avec Mlle Marie Gratien. il ne laissait aucune postérité.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 13:23

Jacques Ferré, aussi désigné Charles releva en partie, ainsi que nous l'avons vu le manoir de la Ville-es-Blancs. Toutefois, sur les arrières, au croisement de deux corps de bâtiment, on distingue clairement une partie antérieure. Jacques Ferré épousa en 1583 à Rennes Louise Bonnier, descendante de cette très-ancienne famille de la province de Bretagne qui occupa, dès une époque très reculée, un rang élevé et remplit de hautes charges dans l'armée et dans l'État. Elle a été plusieurs fois maintenue dans la noblesse de Bretagne et déclarée noble d'ancienne extraction Jean Bonnier, Seigneur de la Gaudinaye, qui vivait au XVIe siècle, est regardé comme aieul de cette maison, même si un autre Jean Bonnier, de l'Évêché de Nantes, fut maintenu dans la Noblesse de Bretagne par l'ancienne Réformation, en 1426. Jacques Ferré et Louise Bonnier eurent entre autres enfants :

 

Elie Ferré (VII a) qui fut un temps seigneur de la Ville-es-Blancs et s'éteignit sans postérite ;

 

René Ferré (VII b), qui suit & Françoise Ferré unie à Julien d'Yvignac (voir les possesseurs de la seigneurie d'Yvignac). 

 

Daniel Ferré (VII c), seigneur de la Villes-Blancs, de la Vayrie en Saint Solen épousa Renée de Champagné, fille de René de Champagné et Thomasse de la Lungraie, sieur et dame du Feil et du Coudrai. Le dit René de Champagné manifestement descendait des comtes de Suze, seigneurs de Belfort, sans doute d'une branche cadette, était également issue de cette maison Damoiselle Catherine de Champagné, épouse d'Amaury Gouyon, quatrième du nom, Marquis de la Moussaye (voir Généalogie de la famille de Champagné, page n° 1) . Trois enfants sont connus au sein de leur postérité :

 

Pierre Ferré (VIII a), dont nous reparlerons à la fin de cette étude ;

 

René Ferré (VIII b) qui succéda à son ainé à la tête de la seigneurie à laquelle étaient rattachés les baillages de Persil en Plénée-Jugon et Trémaudan en Plestan -relevant de la sénéchaussée de Jugon

 

Françoise Ferré (VIIIc). 

 

(VIII b) Messire René Ferré contracta alliance le 14 février 1658 avec Anne Descartes fille de Joachim Descartes, Sieur de Chavagne, Conseiller au Parlement de Bretagne et de Marguerite Dupont. La famille Descartes était originaire de Touraine, et comptait parmi ses membres, outre le grand mathématicien et philisophe René Descartes, une des branches de cette Maison illustre, arrivée en Bretagne, formait une véritable dynastie de Robins :  six d'entre eux siègèrent en tant que Conseillers au Parlement de Bretagne de 1585 à 1734 -d'après une étude de Xavier d' Aucourt. Joachim Descartes, grand-père de Anne Descartes épouse de Messire René Ferré, fut du nombre. Ci-dessous à droite, son portrait et celui d'un parent, le physicien René Descartes (à gauche).

 

 

Messire René Ferré, sieur de la Viilèblancs (Sévignac), de Galet et de la Noe-Grignon (voir Le manoir de la Noë Grignon à Plénée & La famille Grignon de Plénée), devait lui même siéger au Parlement jusqu'au 19 août 1686, sur sa propre renonciation : le 19 août 1686, Nicolas Deschamps Sieur de Mirebeau, Conseiller du Roi, Lieutenant General au Bailliage de Mont-Luçon, fut reçû en l'office de Conseil, ler Secretaire du Roi, Maison, Couronne de France & de ses Finances, au lieu de feu Guy Bouchard. Le même jour Nicolas Palet fut pourvû de l'office de Conseiller Secretaire du Roi, Maison, Couronne de France en la Chancelerie de Bretagne, sur la resignation de René Ferré Sieur de la Villes-blancs. René Ferré s'éteignit à la Ville-es-Blancs et fut inhumé le 27 septembre 1687, il avait 70 ans.  De son union avec Anne Descartes, le sire Ferré de la Villes-es-Blancs laissait plusieurs enfants :

 

Anne-Louis Ferré (IX a) cité le 6 mai 1689 au Parlement de Bretagne -ci après ;

 

Marguerite Ferré (IX b) née en 1660 épousa Jean-Baptiste Le Vicomte, Sgr de Bonamour ;

 

Guy Ferré (IX c), né en 1661, titré seigneur de la Salle Villesblancs de la Vigne épousa Marie Anne Guihart, ce sont les parents de Joachim-Angélique Ferré lui même titré seigneur de la Salle Villesblancs lors du mariage de sa parente Marie-Louise Ferré avec Jean-François Le Vicomte. Joachim Ferré était décédé en 1741 et fut marié à Marie-Françoise du Pré de Pellan et père de Perrine-Guyonne Ferré, décédée l'an XII et de Anne-Marie-Louise Ferré, décédée en 1820. A Rennes, le dit Joachim-Angélique Ferré disposait de la Maison de la Coqueterie, ainsi mentionnée : "Au sud-ouest des bâtiments actuels de l'hospice, entre eux et le boulevard de Strasbourg, se trouvait autrefois la maison de la Coqueterie. Cette maison, après avoir appartenu aux Coquet, passa par succession aux Gensier  de la Brosse qui la vendirent en 1619 aux Poulart. En 1654, elle était passée par alliance aux Pré de Pélan, qui l'avaient encore en 1717, était passée par alliance dès 1729 à Joachim-Angélique Ferré de la Villesblanc et fut détruite par un incendie en 1748. Les Ferré en vendirent les ruines en 1749 à Nicolas Audran, libraire imprimeur"  ;

 

Pierre-Joachim Ferré (IX d), naquit à Rennes en 1663, devint religieux Jésuite (chanoine) et mourut également à Rennes. Une notice intéressante nous donne le lieu de sa sépulture : A l'endroit (ancienne cathédrale de Rennes) est intervenu Me Christophe Mahé, avocat au Parlement, faisant pour messire Charles-François-René D'Andigné, chevalier, seigneur de La Châsse, conseiller au Parlement de Bretagne, mary et procureur de droit de dame Anne-Jeanne-Louise-HeIeinne Ferré de La Villesblanc, qui a requis que vérification soit faite de ce que les armes de la famille des Ferré, qui sont d'argent à une face d'azur, accompagné de trois molettes de gueules, sont rélevées en bosse dans la voûte de la ditte église, qui est dans le collatéral droit de la nef, et qu'il y a une tombe d'un Ferré, chanoyne, qui est à l'entrée, dans les recherches du choeur, du côté droit ou de l'Épître. Et a signé Mahé 

 

Anne-Renée Ferré (IX e), née en 1664 à la Ville-es-Blancs, entra également dans les Ordres et devint Religieuse professe en l'abbaye Saint-Sulpice de Rennes. Voici les notes laissées par l'Abbé Guillotin dans le Pouillé de l'évêché de Rennes :  dans les débrits du cloître qui environnait l'ancienne cour du monastère, nous avons encore retrouvé plusieurs pierres tombales des deux siècles derniers, ce sont ceux de Mmes Bouvron de St-Germain (1691), Ferré de la Villes-Blancs (1699), Saliou de Chef du Bois (1700), Mellet (1702), Berthin (1778), et de Quillieux du Plessix. Et l'Abbé Guillotin de conclure : ce sont toutes des religieuses ;

 

Prudence Ferré (IX f), née vers 1667 épousa François des Rondiers.

 

 

(VIIIc) Françoise Ferré, soeur de Messire René Ferré épousa Alain de Lesquen le 17 Février 1630. Alain, Chevalier, Seigneur de Lesquen, de la Villemeneust, du Vaumorvan, de la Duchays, la Ville-Auvray, la Ferté & la Ville-Geoffoy, était Chevalier de l'Ordre du Roi, Maître-d'Hôtel ordinaire de Sa Majesté, en considération de ses services, depuis 10 ans, dans les armées & dans les Etats de la Province. Fils de Gilles de Lesquen et de sa première épouse Bertranne Collet, lui même devint veuf de Françoise Ferré. Le 11 février 1640 Alain de Lesquen épousait en seconde noce Marie de Ploeuc. Issue du premier lit, Renée de Lesquen fut unie à Eustache Ferron, seigneur du Chesne (voir La seigneurie du Chêne-Ferron en Saint-Carné)

 

(IX a) Anne-Louis Ferré, seigneur de la Ville-es-Blancs, épousa Louise d'Epinose (voir Etude de la généalogie d'une famille Espagnole établie en Bretagne : la famille d'Espinose par Aubert de La Chesnaye Des Bois, François-Alexandre (1699-1783), il fut tout comme son père et son grand-père maternel, Conseiller au Parlement. Poste dont il fut pourvu le 7 janvier 1689, au lieu de Thierry résignant (n° 1149), et dispensé, par lettres du 28 mai 1688, de parenté avec son oncle Descartes (n° 386). C'est à Notre-Dame Nantes, le 4 septembre 1694 qu'eut lieu le mariage de Chevalier Anne-Louis Ferré et de Louise d'Espinoze, le jeune homme, Conseiller au Parlement de Bretagne, était agé de 39 ans, il avait vu le jour  au quartier Saint-Georges à Rennes, la jeune femme agée de 24 ans, avait vu le jour à Saint-Vincent de Nantes. Parmis les enfants qui naquirent au sein de leur foyer il faut citer

 

Anne-Louise-Renaude Ferré (X a) -épousa, en 1715 Jean Baptiste du Breil, chevalier, seigneur du Chalonge, la Gibonnaye et le Pontruffier, dit le comte du Chalonge, capitaine de cavalerie, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, né en 1679. Jean-Baptiste du Breil mourut au château du Chalonge en 1739, Anne Ferré lui survécut et mourut elle-même au Chalonge,

 

François-Louis-Joachim Ferré (X b)

 

un enfant anonyme (X c)

 

Marie-Louise Ferré (X d) qui transporta le domaine de la Villes-es-Blancs  dans la famille Le Vicomte (page suivante).

 

Anne-Louis Ferré siégea au Parlement de Bretagne de 1689 à 1723.  il s'éteignit le 17 avril 1735 à la Ville-es-Blancs. Son épouse mourut aussi à la Ville-es-Blancs le 9 décembre 1739, actes ci-dessous.

 

 

Ils laissèrent pour héritier

 

(X b) François-Louis-Joachim Ferré, Chevalier, Seigneur de la Ville-es-Blancs, né à Rennes en avril 1700. Il fut également Conseiller au Parlement de Bretagne de  1722 à 1730, date de son trépas survenu à Alençon. En 1709 il avait épousé Marie-Hélène des Rondiers. Leur fille, Anne-Jeanne-Louise-Hélène Ferré, née à Rennes en 1730 et décédée en cette même ville en 1785 fut dame de la Ville-es-Blancs, elle avait épousé Messire Charles-René-François d'Acigné attaché également au Parlement de Bretagne. Leur union fut sans postérité. Messire Charles François René d'Andigné et dame Anne Jeanne Françoise Helenne Feré son épouse, Seigneur et dame de la Chasse et de la Ville-es-Blanc, tiennent noblement un pré sittué près la maison noble du Bignon, contenant cinq journaux appellé le pré Gueroüif, joignant d'orient au ruisseau qui conduit du pont de la Maladrie à la Ville-Marie, du midy au chemin qui conduit de celuy cy après à la mare au Pasoüer, d'occident au chemin qui conduit de la Maladrie au Bignon, et du nord au pré du Bignon de Julien Huquet, sur lequel pré est deub dix sols monnois.

 

 

Le Bignon à Sévignac

 

Quelques actes émanant de la juridiction de la Ville-es-Blancs évoquent les possesseurs du lieu : 1777-1789. -Audiences tenues au bourg de Sévignac par maîtres Goudelin et Rebours, avocats postulants, vu la vacance de la charge de sénéchal. - Mandements de notaire et procureur accordés : au sieur Leclerc par messire Charles d'Andigné de La Chasse, mari et procureur d'Anne Ferré, dame de La Ville-ès-Blancs; au sieur Derouillac par messire Jean-Baptiste Le Vicomte, chevalier, seigneur de La Houssaye et de La Ville-ès-Blancs.-Adhésion des officiers de la juridiction, le 6 juin 1788, aux protestations du procureur-général-syndic des États, aux délibérations de la Commission intermédiaire, aux réquisitoires du procureur-général du Parlement et aux arrêts de la Cour concernant les enregistrements faits par autorité royale.-Émancipation de Laurence Hamonic.- Mainlevée de la succession de Laurent Paumier au profit de Guillaume Berhaut, etc.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 12:33

Gilles Ferré et Françoise du Breil laissèrent au moins deux enfants : Bertrand Ferré (Va) -qui suit et Charlotte Ferré (Vb) qui épousa Jean de Beaucé (d'après les notes laissées par M. Gérard de Mellon). Jean de Beaucé, seigneur dud. lieu et de Chevillé fils de autre Jean et de Michelle de la Bouexière.

 

(Vb) Charlotte Ferré est donnée fille ainée de Gilles Ferré et Françoise du Breil, dans l'acte de la Réformation en 1668 propre à la famille de Beaucé, ce qui suppose qu'elle avait au moins une sœur cadette, voir plusieurs.

 

(Va) Bertrand Ferré, chevalier, seigneur de la Garaye, la Villèsblanc, le Pin, Launay-Quinart, Plumaugat, baron souverain de Grimaud en Suisse, épousa d'abord Catherine de Quédillac, fille de messire Bertrand de Quédillac et de dame Catherine de Chateaubriand. Devenu veuf, Bertrand Ferré épousa vers 1529 Péronnelle du Guémadeuc, fille de Jacques et de Françoise de Trélivan. La première alliance fut sans postérité, la seconde vit naitre au moins cinq enfants, à savoir : Charles Ferré (VI a), Jacques Ferré (VI b), Bertrand Ferré (VI c), Bertranne Ferré (VI d) et Marie Ferré (VI e)

 

(VI a) Charles, ainé de la fratrie épousa en février 1548 Bonaventure de Téhillac, fille de Haut et Puissant Jacques de Téhillac et de Christine du Houx. Converti au calvinisme, il fut condamné à comparaître devant le Parlement de Bretagne accusé d’avoir brûlé les images pieuses en sa chapelle de la Ville-es-Blancs, il était aussi impliqué dans un autre fait relaté dans les Mémoires de Charles Gouyon : Un advocat, apellé la Motte-Roux, poussé de Satan et du sr du Vaudoré mon parent, entreprint de nous mettre en mauvais mesnage et commença à me flagorner que ma femme aimoit mieux une de ses damoiselles que moy ; il dit d'autre moy du tiers de son bien qu'il avoit obligé en faveur de mon mariage. Somme, ce mechant estoit marry de nous voir sy bien ensemble; et ledit sr du Vaudoré à pareil. Ce mechant avocat print querelle avec le sr de la Ville-Aussant, frere du sr de la Ville-es Blanc, où ils tuerent un fauconnier apellé Mazure ; lequel auparavant avoit aussy tué le frere du segretaire de mon pere….Henri II donna «au capitaine Breil, gouverneur de Mariembourg, les confiscations et amendes en quoi pourront être condamnés Charles Ferré, sieur de la Garaye, et son frère, ainsi que Jean, sieur de Canquoy, son beau-frère, pour être atteints du faict d'hérésie» ; puis, le 6 janvier 1556, il lui confia le gouvernement d'Abbeville, une des places les plus menacées, par les Espagnols. Charles Ferré préféra s’exiler en Suisse, non sans avoir prit soin auparavant de procéder à un échange de terre avec Claude du Chatel dame de la Moussaye et de la Rivière Moussaye (voir Le protestantisme, page n° 1)De ce fait une partie de l’héritage paternel fut troqué contre des terres en Poitou. Messire Charles Ferré époux de Bonaventure de Téhillac ne comparut jamais devant le Parlement, afin de rendre compte des sacrilèges dont on l'accusait, avec son épouse, il vivait dans l'aisance, là-bas au bord du Lac Léman et jouissait d'un statut social, ayant été reçu bourgeois de Genève le 8 avril 1557. René Ferré, fils de Charles et de Bonaventure de Téhillac mourut semble-t-il sans postérité. 

 

 

Péronnelle du Guémadeuc et ses deux jeunes fils Charles et Bertrand -alias Brient parvinrent à récupérer la Ville-es-Blancs. Précisément, Bertrand Ferré (VI c) fut l'auteur d'une branche cadette dite de la Villaussant dont descendait assurément Guillaume De la Villlaussans marié à Delle Gillette Lorant. Qualifiés Sieur & dame des Granges, ils vivaient au début du XVIIe siècle, et un document daté du 21 novembre 1604 évoque Gilette Rolland, qualifiée de dame des Granges (voir Le manoir des Granges à Sévignac). Les troupes de Saint-Lorent, l'un des lieutenants du duc de Mercoeur assiègea la Ville-es-Blancs au cours des guerres de la Ligue comme en témoigne cet acte émanant de la juridiction de Limoëlan : « …les possesseurs (de la la Ville-es-Blancs ) ayant pendant les guerres civiles de cette province était du party du roy reignant contre le seigneur duc de Mercoeur, sa maison fut assiégée en l’année 1591 par le sieur de St-Lorent qui après plusieurs coups de canon fait tirer contre la dite maison de la la Ville-es-Blancs et tous les actes et papiers furent brûlés, comme il se voit par le procès verbal qui en fut fait  d’autorité de la juridiction de Beaumanoir, de laquelle relève ladite maison. Le 27ème. 9. 1591. On attribue à Jacques Ferré (VI b), frère puiné de Charles, la reconstruction de la Ville-es-Blancs, sans nul doute dès le début du XVIIe siècle. Ses armoiries en alliances avec celles de son épouse Louise Bonnier, ornent l'une des cheminées de l'endroit. La Ville-es-Bllancs disposait d'un colombier selon les actes émanant de la seigneurie du lieu, et grâce aux renseignements fournis par ce précieux document, M. de Mellon propriétaire actuel du lieu, est parvenu à identifier avec précision l'endroit où se dressait ce colombier. De surcroit, un chatelet permettait l'accès à l'endroit. 

Outre Charles, Jacques et Bertrand Ferré, ainsi que nous l'avons vu, la fratrie comptait également Bertranne & Marie Ferré.

 

Bertranne Ferré (VI d) épousa Julien Ferron, fils de Simon Ferron et de Catherine Dauly, il vivait l'an 1540 (voir La famille Ferron de La Ferronnays, page n° 1). A travers les notices fournies par  le Vicomte du Breil de Pontbriand, on découvre le contrat de mariage de Marie Ferré et  de Julien du Breil de Pontbriand  : Contrat de mariage de Julien du Breil, écuyer, seigneur de la Marre et des Jaunais (Aulnais), capitaine de Redon, accordé le 20e de mars 1551 avec demoiselle Marie Ferré, fille aînée de feu noble et puissant Bertrand Ferré, seigneur de la Garaie, du Pin, de la Villèsblanc, et de noble et puissante demoiselle Péronnelle de Guémadeuc, sa femme, dame du Pin, de Langevinaie, de la Rigoumain et de la Roberdaye, assistée de noble et puissant Charles Ferré, seigneur desdits lieux de la Garaie, de Launay et de la Villèsblanc, fils aîné et héritier principal et noble dudit Bertrand Ferré et de ladite dame du Pin. Les conditions de ce mariage sont, entre autres, que ledit sieur du Breil seroit payé d'une somme de 6,400 livres due à ladite future espouse par noble et puissant Pierre de Plouër, sr de la Bastardière et de Boisrouault, pour l'acquittement d'une rente de 320 livres à laquelle ledit de Plouër étoit engagé envers elle par acte du 29e septembre 1550, reçu par Robert Chaudron, notaire à Nantes ; et, après que ladite future eût reconnu que ses père et mère étoient nobles personnes et qu'elle ne prétendoit rien dans leurs successions que suivant ce qu'elle devoit avoir par rapport à leur gouvernement noble et avantageux suivant l'assise du comte Geffroy, ledit seigneur de la Garaie promet de donner à sadite soeur aînée la somme de cent vingt livres de rente, sur laquelle il retiendroit celle de quarante livres jusqu'au décès de ladite dame du Pin, leur mère. Ce contrat passé devant Julien Ferron et Thomas Baron, notaires royaux au ressort de la cour de Dinan, en présence de révérend père en Dieu frère Georges de Guémadeuc, abbé de St-Jacut ; noble et puissant François du Breil, chevalier, seigneur du Breil, de Lergay et des Hommeaux, gouverneur et lieutenant pour le Roy aux iles de Serq et de Chausé et capitaine de cinq cents hommes de guerre ; noble et puissant François de Guémadeuc, sr de Séréac, d'Arzal, de Kernoyal et de Mesgnies ; Jean du Breil, chevalier, sr de la Tousche, capitaine de Serq; Charles Ferré, écuyer, seigr de la Villèsblanc, frère puisné dudit sieur de la Garaie ; Georges de la Moussaye, seigr de Saint-Derrien ; noble et puissant François de Guémadeuc, seigneur dudit lieu, vicomte de Rezay, seigr de Beaulieu et de Creons quinolles; noble et puissant Briand de Tréal et demoiselle Françoise de Vendel, sa femme, seigneur et dame de l'Adventure, de Beaubois, de Lanrigan, de Sumette et de Varennes; nobles homs Olivier de Lanvaux, tant pour lui que pour delle Anne de Guémadeuc sa femme, seigneur et dame du Matz, de la Chapentrais et de Beaulieu ; François du Breil, seigr de la Roche, capitaine de Chausé; nobles homs Gilles Ferré, seigr de la Barbillonnière, des Coutures et de la Bérardaie, et de nobles homs Jean du Breil, seigneur de Gouillon et du Chalonge. Julien du Breil était fils de Guyon du Breil et de Marie Le Dos (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 1).  

 

Messire Julien du Breil, chevalier de l'ordre du Roi, épousa avec dispense, le 2 mai 1551, Marie Ferré (VI e), dame du Pin, sa cousine, fille de Bertrand Ferré, et de Perronelle de Guemadeuc ; Il transigea sur partages avec messire Ferré, seigneur de la Garaye et de la Villesblancs, par l'avis de plusieurs parents, les 17 juin 1553, et 21 août 1556. Quant à Perronnelle du Guémadeuc, elle mourut dans la religion catholique et la cérémonie de ses funérailles eut lieu le 15 aout 1573 en l'église Saint-Malo de Dinan, son gendre Messire Julien du Breil Sieur de Pont-Briand y était présent. Acte ci-dessous.

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