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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 12:13

 

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:59

O bservation sur un enfant à deux têtes, par M. de Lavergne, docteur en médecine à Lamballe. 

 

Françoise Duval, femme d'un laboureur demeurant au village de la Monforiere, paroisse de Plenée en Bretagne, âgée de 35 ans, & mère de plusieurs enfans fort heureusement nés, ressentit, le 11 Novembre 1787, les premieres douleurs de l'accouchement au terme ordinaire d'une grossesse sans accident. Le travail fut long & très-douloureux (voir Accouchement de Plénée.) . La sage~femrne trouvoit que la téte s‘engageoit difficilement…. Enfin cette tête descendit & franchit peu à peu le passage. On fit des efforts multipliés, mais toujours inutiles,

 

 

La Montforière à Plénée-Jugon

 

Pour engager les épaules, qui ne sortoient point malgré les plus vives contractions de l'uterus. Les choses restèrent 14 à 15 heures en cet état; cependant les forces de la malade s'épuisoient ; la tête de l'enſant, sur laquelle on avoit fait les plus violentes contractions & les parties génitales de la mère se tuméffoient, lorsqu'on se détermina à envoyer chercher M. Issaly, chirurgien-accoucheur, avantageusement connu dans le canton, ce fut sur ces entrefaites que cette femme se délivra seule.

 

La premiere tête sortie fut suivie d'une seconde tête, & le tronc vint de suite au grand étonnement de tous les assistans. La mere n’éprouva aucune déchirure sensible, & s'est parfaitement rétablie. La seule incommodité qu'ele ait eue pendant quelque tems, a été une incontinence d'urine, dont elle a été complétement guérie au bout de 2 mois. Les magistrats de Jugon & Plenée, MM. de Néville & Corvaizier, me manderent pour .ässister à la dissection de cet enfant : je me rendis sur le lieu. Nous commengâmes nos recherches dans l'ordre suivant

 

  

 

Extérieur. de l'enfant

 

1° - Il avoit 2 têtes bien conformëes, de grandeur naturelle, portées chacune sur un col particulier qui s'împlantoit régulièrement des traits qui la rapprochoient du sexe féminin : les traits de la tête gauche étoient .plus prononces, & annonçoient un garçon. Leur position respective était un peu oblique, c'est à dire que l'une penchoit légerement à droite, l'autre à gauche, comme 2 branches d'arbre qui sortent symmétriquement d'un tronc commun.

 

2°. Deux bras, bien conformes & de grandeur naturelle, étaient placés aux endroits ordinaires, & un troisieme bras naissoit postérieurement à la jonction des 2 cols. Il étoit un peu plus petit qu’un bras ordinaire, & informe, comme nous le dirons dans la description du squelette ; il étoit couché sur les appophyses des vertebres donales.

 

3° La poitrine, le ventre & les hanches étoient extérieurement tels qu'on les voit dans un seul individu, au volume près, qui étoit un tiers plus grand.

 

4° Il n'y avoit qu'un seul sexe, & il étoit masculin, un anus, 2. cuisses, 2. jambes & 2.pieds, le tout très-bleu conformé & de grandeur naturelle.  

 

5°. Le cordon ombilical étoit unique ; mais it contenoit 2 veines,

&: seulement 2. arteres. La peau n'offroit nulle part rien de remarquable.

 

 

 

Intérieur de l'enfant.

 

 

 

Apres avoir examiné l'extérieur de ce singulier individu, nous passâmes à l'examen de son intérieur. Nous trouvâmes d'abord le tube intestinal simple, & n'ayant rien de particulier depuis l'anus jusqu'au milieu du jejunum, où il commençait à être double en remontant vers le duodenum. Nous suivîmes les 2 intestins, qui s'écartoient peu à peu l'un de l'autre, en faisant un angle fort aigu : l'un alloit aboutir à un estomac qui étoit placé un peu du côté gaucher, l'autre traversoit le diaphragme du côté droit, & se rendoit à un second estomac qui étoit dans la poitrine du même côté. Le foie étoit un tiers plus volumineux que dans un enfant ordinaire; il avoit 2. grandes scissures à un demi-pouce l'une de l'autre, où plongeoient les deux veines ombilicales. On y voyoit 2 vésicules du fiel, 2. canaux cystiques, 2 conduits hépatiques & 2. cholédoques. Les autres visceres du bas-ventre étoient simples, & absolument tels qu'on les trouve dans un seul individu à cet âge. Nous ouvrîmes ensuite la poitrine par dessous le diaphragme, pour ne pas endommager les côtes, ni leurs cartilages. Nous considéràmes d'abord le péricarde qui étoit très-volumineux, & nous en fîmes l'ouverture; nous fûmes assez surpris d'y trouver deux coeurs qui se touchoient dans toute leur étendue correspondante : ils étoient bien conformes & pourvus de leurs vaisseaux ordinaires, qui fournissoient les arteres carotides, tant internes qu’externes & autres vaisseaux, à chaque col & à chaque tête. Le défaut d'injection nous empêcha de suivre la distribution ultérieure des autres ramifications; cependant nous vîmes très clairement que les gros troncs artériels descendans s‘unissoient vers les piliers du diaphragme, & qu’il n'y avoit qu’une aorte ventrale. Dans le côté droit de la poitrine, nous trouvâmes le second estomac qui reposoit sur le diaphragme. Le poumon étoit semi-double & de forme irréguliere. La poitrine éroir partagée en 3 cavités. par 2 médiastins ; mais la cavité micayenne n'était presque rien : dans chacune, on voyoit la distribution des bronches venant de chaque trachée-arrere. Les deux oesophages étaient de ſigrandeur naturelle, & leur place ordinaire.

 

Squelette.

 

 

Voici ce que le squelette offrit de particulier ; Il présentoit 2 têtes & 2 cols bien conformes. Il y avoit aussi 2 colonnes vertébrales ; mais elles se confondoient l'une dans l'autre par leurs apophyies transverses opposées, depuis la premiere vertebre dorsale jusqu'à l'extrémité du sacrum. Cette réunion étoit si intime qu’il ne sortoit point de nerfs des côtés accolés. On voyoit 4 omoplates & autant de clavicules. Deux omoplates & deux clavicules étoient dans leur place naturelle & recevaient deux bras bien conformes & très-bien placés. Les deux autres omoplaçes se réunissoient à la partie supérieure du dos, pour former une seule cavité glénoïde, qui recevoir la tête de l'humerus du troiseme bras, dont nous avons parlé plus haut. Les deux autres clavicules étaient situées, entre les deux cols, & s'articuloient en arriere avec les deux omoplates réunies, & en devant avec le sternum, qui étoit semi-double comme la colonne vertébrale, & terminé par deux cartilages xiphoïdes. Le troisieme bras étoit composé d'un humerus & d'un radius seulement,’ au bout duquel étoit un petit os grêle &, long d'un pouce & .demi, terminé par un ongle bien conformé. Ce petit os tenoit lieu .de carpe, de metacarpe & des phalanges qui manquoient. Tout le reste du squelette étoit simple & bien naturel. Il étoit aussi parfaitement symmétrique. dans ses parties doubles. Le côté droit n'anticipoit point sur le côté gauche, & vice versa, en sorte que si cet enfant avoit pu vivre, que le côté droit eût obéi à la tête droite, & le côté gauche à la tête gauche : car il y avoit deux canaux vertébraux bien conformes, qui commençoient à la premiere vertebre dorsale, & finissoient à l'extrémité du sacrum.

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 09:26

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 18:01

 

 

L'importance qu'avait Guérande au IXe siècle, fit croire à M. de la Borderie que cette ville était « une fondation des Bretons qui, sous Nominoë, débordèrent au sud de la Vilaine et s'établirent dans l'espèce de péninsule comprise entre cette rivière, le bas cours de la Loire et la mer ». La science archéologique ne permet pas d'accepter une telle hypothèse. C'est que, des fouilles faites dans l'intérieur de la ville, il résulte que l'origine de Guérande doit être reculée de trois siècles environ. Les travaux de reconstruction de l'église Saint-Aubin, opérés il y a une trentaine d'années, et des fouilles faites en 1899, on amené la découverte de monuments du plus haut intérêt qui révèlent d'une façon indubitable l'existence de la ville à la fin du VIe siècle. L'un de ces monuments est un sarcophage de granit, conservé aujourd'hui dans la crypte de l'église, composé d'une auge recouverte d'un couvert en batière décoré de croix pattées, de cercles et d'imbrications. Sa forme et son ornementation dénotent un monument de la fin du VIe siècle. Ce sarcophage chrétien ne peut être celui d'un homme vulgaire, mais d'un personnage important, d'un chef militaire ou d'un évêque. De plus, sous l'espèce de déambulatoire qui termine le choeur de l'église Saint-Aubin, existent, sous le dallage, les substructions d'une construction semi-circulaire de 1m 95 de diamètre. Les murs épais de trente centimètres, sont faits de petits moellons assez régulièrement taillés en petit appareil, reliés par un mortier blanc composé de chaux, de sable et de coquilles d'huîtres. Dans cette construction singulière, M. Maître crut reconnaître « les restes d'une habitation civile qui fut utilisée pour l'érection du premier oratoire». Pour accepter cette hypothèse, il faudrait supposer ou bien que l'établissement du premier temple fut bien postérieur à la fondation de la ville, ou bien que cette construction circulaire n'était que le reste d'une villa gallo-romaine. La première explication est en contradiction formelle avec les habitudes des chrétiens de cette époque. Lorsque ceux-ci s'établissaient dans une région. ils commençaient par construire un temple autour duquel ils érigeaient leurs demeures. Il n'est pas possible aussi de voir dans le monument circulaire, les restes d'une habitation gallo-romaine il n'a aucun des caractères des constructionsde cette époque. Cette construction faisait plutôt partie d'un ensemble de monuments, ou même d'un monument unique, dont les substructions furent retrouvées en 1875 par M. Muterse qui a recueilli et conservé des briques et du mortier offrant la même composition que celui qui servit & la construction circulaire. La brique n'a nulle apparence des terres cuites romaines, mais ressemble singulièrement aux briques que substructions de l'église de Guérande antérieures au Xe siècle, l'ouest des églises c'était une règle invariable. Or, d'après la disposition des ruines découvertes sous l'église de Guérande, le baptistère supposé se trouverait à l'Est. Mais d'autre part, l'exiguité de ce monument peut laisser croire à l'existence d'une absidiole d'un petit monument, trop peu considérable pour avoir servi d'église, mais répondant aux plans connus des premiers baptistères isolés Un baptistère seul aurait été édifié en premier lieu, en attendant la construction d'une église rendue bientôt nécessaire par l'accroissement de la population. De plus, on ignore et des fouilles, impraticables, pourraient seules le démontrer s'il n'existe pas, à l'est du monument circulaire, les substructions de nouvelles constructions. La question d'orientation, en supposant l'édification successive d'un baptistère et d'une église, put être, du reste, rendue inobservable par suite de l'on retrouve dans les ruines mérovingiennes il en est de même du mortier. On se trouve ici en présence des restes d'une église chrétienne, peut-être d'un baptistère destiné a l'immersion des catéchumènes et ceci est corroboré par l'existence d'une source à cet endroit. Comme tous les baptistères mérovingiens, celui de Guérande était édifié à proximité d'une nappe d'eau destinée & l'alimenter. Cependant, la disposition de l'ensemble des substructions peut laisser place à d'autres hypothèses. On sait, en effet, que les baptistères primitifs étaient placés à l'ouest des églises c'était une règle invariable. Or, d'après la disposition des ruines découvertes sous l'église de Guérande, le baptistère supposé se trouverait à l'Est. Mais d'autre part, l'exiguité de ce monument peut laisser croire à l'existence d'une absidiole d'un petit monument, trop peu considérable pour avoir servi d'église, mais répondant aux plans connus des premiers baptistères isolés Un baptistère seul aurait été éditié en premier lieu, en attendantla construction d'une église rendue bientôt nécessaire par l'accroissement de la population. De plus, on ignore et des fouilles, impraticables, pourraient seules le démontrer s'il n'existe pas, à l'est du monument circulaire, les substructions de nouvelles constructions. La question d'orientation, en supposant l'édification successive d'un baptistère et d'une église, put être, du reste, rendue inobservable par suite constructionsparticulières qui forcèrent à déroger à la règle générale. Les baptistères primitifs étaient de petites constructions généralement octogonales, dans lesquelles se trouvaient une piscine ou cuve destinée aux baptêmes,et un autel pour la célébration des offices religieux.Un ou plusieurs côtés de ces constructions se terminaient en cul-de-four. C'est bien la disposition des substructions de Saint-Aubin. Mais la présence de substructions différentes, sous la nef et le choeur, obligent à croire qu'il existait, à une même époque, deux monuments religieux, l'un, un baptistère édinë à l'origine, l'autre une église construite à l'ouest pour répondre aux nécessités du culte. L'architecture et la disposition de ces monuments primitifs ne peuvent être précisées. Du baptistère, la partie en cul-defour est seule connue. De l'église, quelques débris de murs en petit appareil sont parvenus jusqu'à nous. Sans doute des fouilles méthodiques permettraient de lever le voile qui cache les origines de ces monumentsantiques. Sous le choeur de Saint-Aubin, elles feraient connaître si le sarcophage de granit était isolé. Si l'on arrivait à prouver qu'il provient d'une crypte, les origines de Guérande s'éclaireraient d'un jour singulier car un sarcophage ainsi placé ne saurait être que celui d'un saint ou d'un très grand personnage. La présence même de ce sarcophage construit en pierre aussi dure que le granit et recouvert de sculptures que les artistes de l'époque gravaient d'habitude sur des pierres tendres comme le marbre ou la pierre blanche, prouve assez qu'on se trouve en présence du tombeau d'un homme placé bien au-dessus du vulgaire. Ses caractères attestent la fin du VIe siècle, et ces données archéologiques sont renforcées par les faits historiques.

 

 

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:29

 

 

 

Mar' o ses martiaux,

Avri' do ses coutiaux,

Avri' do ses coutiaoux,

Ecorche vache et viaoux.

Fret avri',

Chaou mai,

Ameun' le bieu au bal aï.

Avril frais, mai chaud,

Emplit le grenier jusqu'au haut.

En avri',

tout oisé fait son nid,

Excepté la caille et la perdrix.

Avri'

ne s'en va pas sans épi.

Mar' tue,

Avri' qu'écorche

En ma' (mai) qui l'emporte.

N'y a si genti' avri',

Qui n'ait son chapé d'grési.

A la mi-avri',

le blé est en épi .

A la saint mar ,

Le cocu (coucou) est à l'épinard  (épine);

A la mi-avril 

S'i n'est point v'nu, i' n peut v'ni.

A la mi avril, 

Ne te découvre pas d'un fil,

A la mi mai fait ce qui te plaît.

 

Le premier avril, le jour du poisson, le jour où l'on envoyait les gamins et les naïfs chez quelques voisins, chercher la corde à tourner le vent ou la pierre à tourner la courée des cochons.Si celui quon avait essayer de tromper avait été pris, alors on courait devant lui avec une poêle à frire en clamant qu'on allait fricasser le poisson. Il fallait planter ses pommes de terre le premier jour du croissant d'avril ou de mai 

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 05:59

 

VIII ) 

Le 15 novembre 1786, Mgr de Pressigny afferma la baronnie de Beignon à Gilles Béthuel, sous le cautionnement solidaire de Charles Chartier de la Ville-Michel, greffier en chef du parlement de Bretagne, et d'Alexandre Rozy, avocat au même parlement et fils d'un ancien maire de Redon. Nous voyons par cet acte que la baronnie de Beignon consistait alors dans le château et la retenue de Saint-Malo, la métairie de la Ruaudais, les prairies du château, les moulins à eaux de la Fosse-Noire, du château et de Trémorio, les moulins à vent d' Aiguillon et de Lanviel, les prairies de l'ancien étang du château, tous les revenus casuels féodaux de la juridiction seigneuriale, les rentes par deniers et grains dues par les vassaux, les rentes féodales dues par les affégagistes, la moitié des dîmes de Saint-Pierre-de-Beignon et d'autres dîmes dans les paroisses de Maure, Campel, Mernel, Iffendic, Bois-Gervily, Montauban, Saint-Malo-de-Phily, Guipry, Lieuron, Bréal, Goven, Guichen et Saint-Thurial. Outre le château, Mgr de Pressigny se réservait la retenue, les bois, certains moulins et les carrières d'ardoises ; il affermait toute la baronnie à Gilles Béthuel, au prix de trente un mille cinq cents francs ; mais sur cette somme, et en diminution, le preneur s'obligeait de payer plusieurs rentes considérables qui réduisaient beaucoup le revenu de la seigneurie. C'était d'abord les portions congrues des recteurs et curés des paroisses de Maure, Iffendic, Mernel, Bois-Gerbily, Lieuron, Saint-Malo-de-Phily, Guipry et Guichen ; puis des rentes de grains au prieur de Saint-Solen en Mernel, au commandeur de la Goëffrie en Messac, aux chapelains de Notre-Dame de Guipry,  de Saint-Yves en Mernel, de Piédru en Saint-Malo de Beignon, et enfin aux seigneurs de Montauban, de la Châteigneraye en Mernel et de la Cochère en Messac. Toutes ces rentes dont quelques unes, telles que celles de la Coëffrie et de Notre-Dame de Guipry, étaient chacune de plus de deux cents boisseaux de grains, diminuaient singulièrement, on le comprend, les revenus de la baronnie  de Beignon. Cependant la Révolution marchait toujours, détruisant les vieilles institutions religieuses et françaises ; les campagnes comme les villes devinrent la proie de quelques vauriens, et les châteaux furent livrés aux flammes par les paysans égarés que conduisaient  les ennemis de la religion et de l'ordre social.  Le 28 juillet 1790, environ quatre cents campagnards des paroisses environnant Beignon, de Maure, Mernel, Saint-Séglin, Bruc, etc., tous vassaux de l'évêque de Saint-Malo, baron de Beignon, s'insurgèrent  contre l'autorité de ce prélat, vinrent en furieux à Saint-Malo de Beignon, s'emparèrent violemment des vivres et boissons de Me Jean-Baptiste Pacheu, notaire et procureur, l'un des sous-fermiers de la baronnie ; menacèrent de mettre le feu au château épiscopal  et n'y renoncèrent qu'à la vue des titres seigneuriaux quils livrèrent aux flammes  avec de sauvages démonstrations de joie. Ils partirent ensuite, satisfaits d'avoir assouvi leur haine, mais ils revinrent dès le lendemain 29 ; toutefois ils se contentèrent ce jour-là de piller la maison du concierge et quitttèrent définitivement Saint-Malo de Beignon, sans avoir mis le feu au manoir de Beignon, comme ils en faisaient sans cesse la menace. Ces violences et la persécution qu'il éprouvait à Saint-Malo même n'était pas de nature à retenir longtemps Mgr de Pressign dans son diocèse, qui venait d'être supprimé par l'Assemblée nationale ; d'ailleurs l'émigration devenait de plus en plus en vogue ; aussi ce prélat quitta-t-il la Bretagne dès le commencement de 1790 pour se retirer en Bourgogne, son pays natal, et de là à Chambéry en Savoie. En lui partait le dernier évêque de Saint-Malo et le dernier baron de Beignon. Le bourg de Saint-Malo de Beignon, dit M. Cayot Delandre, se compose maintenant d'une quarantaine de chaumières habitables, et d'un nombre à peu près égal de maisons en ruines qui donnent à ce village un aspect de désolation et de misère. Auprès de ces chétives habitations s'élève une petitte église délabrées, nue et froide, dont le choeur est pavé de grandes dalles armoriées ; c'est là que trois évêques dorment du dernier sommeil.

 

 

Mgr de Pressigny

 

Ce pauvre village est devenu ainsi triste et désert depuis que la Révolution a chassé ces prélats qui faisaient sa fortune. Ils avaient établis auprès de leur manoir un collège qui a subsisté jusqu'à l'époque de cette Révolution, et dont on montre encore quelques vestiges. Les nombreuses ruines qui encombrent le village  sont celles des maisons qui étaient habitées par les délégués de leur juridiction seigneuriale  et par les écoliers qui venaient étudier à Saint-Malo de Beignon, sous leur protection ; l'absence  de ces hôtes nombreux a rendu ces logements inutiles à la population fort restreinte de cette petite commune. Parmi ces vieux logis, j'en remarquai un dont la porte est ornée d'un fronton sculpté ; on me dit que c'était  la demeure de l'official de Saint-Malo de Beignon ; dans une autre maison, M. Mowat é découvert une belle cheminée de granit richement ornementée, portant cette inscription en lettres gothiques : JEHANIE REGNIER. Quant au château de Saint-Malo de Beignon, il avoisine la vieille église romane de la paroisse ; c'est une belle et agréable habitation dont les vastes jardins sont baignés par un cours d'eau que les habitants du village appellent fièrement rivière de Saint-Malo et qui va se jetter un peu plus loin dans l'Aff.  Dans ce manoir, construit par les évêques de Saint-Malo, le duc de Nemours, fixa en 1843, sa résidence pendant son séjour au camp de manoeuvres de Thélin dont il avait le commandement supérieur. Le propriétaire ayant mis sa maison à la disposition de Leurs Altesses Royales, le prince et la princesse l'habitèrent pendant trois semaines durant lesquelles Saint-Malo de Beignon fut le centre  d'une activité extraordinaire et le rendez-vous d'innombrables visiteurs.

 

 

Le duc de Nemours et son épouse

furent les hôtes deSaint-Malo de Beignon

 

Depuis lors, le village est redevenu solitaire, mais le manoir conserve toujours son riant aspect et son frais entourage. En terminant cette étude sur Saint-Malo de Beignon, je dois rappeler au lecteur qu'un enfant de Beignon occupe aujourd'hui le siège épiscopal de Patern : c'est une gloire pour cette paroisse de voir Mgr Bécel évêque de Vannes, et c'est pour elle comme un souvenir des anciens évêques de Saint-Malo qui habitèrent jadis ce pays. Depuis la disparition de l'évêché de Saint-Malo, Beignon et Saint-Malo de Beignon font aujourd'hui partie du diocèse de Vannes, et Mgr Bécel en comblant de ses bienfaits sa paroisse natale, en restaurant son intéressante église et en aimant revoir cette solitude, continue dignement la vieille tradition des successeurs de Saint-Malo et de Saint-Jean-de-la Grille. Beignon doit s'en montrer fier et reconnaissant. Ainsi s'exprimait M L'abbé Guillotin de Corson en 1876 dans la revue de Bretagne et de Vendée. Depuis, le manoir bordant la rivière "de Saint-Malo" a été détruit suite à deux incendies en 1937 et en 1958. Et en 1977, une partie ocupée par ce manoir détruit est noyée sous l'étang de Aleth. Les jardins des évêques ont été magnifquements restaurés et la partie subsitante du manoir des évêques bordant l'église, ses possesseurs, envisagaient pour projet de transformer l'endroit en Café librairie. Voila ce qu'on pouvait lire dans l'édition d'un grand quotidien en date du 12 mai 2014. Que devient ce projet, va-t-il se confirmer, espérons le....Saint-Malo de Beignon est un de ces joyaux dont peut d'enorgueillir la Bretagne  (voir A travers le bourg de Saint-Malo-de-Beignon  et Un café librairie en projet à l'ancienne résidence des Évêques)

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 19:21

VII ) Antoine-Joseph des Laurents était vicaire-général de Mgr de la Bastie, lorsqu'il fut appelé à lui succéder en 1767. Ce prélat, dpnt on loue beaucoup la piété et la charité, résolut de donner un peu d'élan àses vassaux en faisant cultiver une partie des immenses landes de Beignon dépendant de sa baronnie du même nom. Il afféagea donc sur ses landes qui ne contenaient pas moins de deux mille quatre cents journaux, sans compter les bois qui s'y trouvaient mêlés, diverses quantités de terrains montant tout ensemble à environ cinq cent cinquante journaux et avoisinant le moulin de Lanvieil et la chapelle de Sainte-Reine.

 

 

Le moulin de Lanvieil en Beignon apparait ici souligné de rouge

 

Les afféagistes étaient les sieurs Hochet ; Le Breton de Ranzégat ; Jousselin de Verrières ; de Fermont etc., toutefois les afféagements faits aux sieurs de Ranzégat, Jousselin et de Fermont avaient seuls de l'importance. Mgr des Laurents avait afféagé cent journaux à M. de Ranzégat, mais ce dernier n'en n'avait enclos et défriché qu'environ quatre-vingt ; l'afféagement de MM. Jousselin et de Fermont était de quatre-cents journaux, dont ils n'eurent le temps d'enclore que la moitié ; des autres terrains afféagés à divers particuliers, il n'y eut que quatre journaux enclos ; ainsi l'évêque de Saint-Malo n'avait réussi à faire défricher que deux-cent quatre-vingt quatre journaux, quand tout à coup la tempête se déchaîna contre lui. Les habitants de Beignon avaient des droits d'usage dans les landes et communs, aussi bien que dans le bois de leur paroisse qui dépendait de la baronnie épiscopale ; ils prétendirent dun côté que Mgr des Laurents leur faisait tort en afféageant une partie de ces landes, et, de l'autre, que les bois de Ténédos et du Feil leur appatenaient en toute propriété ; ils réclammèrent donc en justice contre leur seigneur et évêque, et ils obtinrent de la juridiction royale de Ploërmel un arrêt du 9 mai 1774, condamnant Mgr des Laurents. Cette sentence déclarait nuls les afféagements faits par l'évêque de Saint-Malo, et défendait à ce prélat d'en consentir auun autre avant un tringe en règle, dans lequel ne pourraient être compris les bois du Feil et de Ténédos ; elle ordonnait que les talus et autres ouvrages faits ou commencés pour la clôture de ces afféagements, seraient démolis sous deux mois, faute de quoi elle permettrait au général de la paroisse de Saint-Pierre de Beignon, d'en faire  la démolition aux frais de l'évêque et des afféagistes, et elle condamnait Mgr des Laurents à payer 500 livres de dommages et intérêts au général de la paroisse. On comprend la position difficile où se trouvèrent l'évêque et ses afféagistes : ces derniers avaient non seulement enclos des terres, mais ils avaient construit des maisons d'habitation, créés des prairies, ensemencés des champs : tous ces travaux devaient disparaître. Pour les dédommager, en quelque chose, l'évêque de Saint-Malo afferma à prix réduit sa baronnie de Beignon, en 1767 à Pierre-Paul Le Breton de Lanzégat, et, en 1775, à René-François Jousselin, sr de Verrières, et à Charles de Fermon, et il essaya de les soustraire aux tristes conséquences de la sentence portée contre lui. Mais ce fut en vain, l'arrêt de Ploërmel fut confirmé le 23 juillet 1785 par le Parlement de Bretagne qui renvoya les partis dans la juridiction de Ploërmel pour y faire régler les indemnités prétendues par les afféagistes. Sur ces entrefaites Mgr des Laurents mourut subitement en rentrant à Saint-Malo d'un voyage qu'il venait de faire à Paris. Son successeur, Gabriel Courtois de Pressigny, fut sacré évêque  de Saint-Malo le 15 janvier 1786 et continua de défendre contre les paroissiens de Beignon les droits de son évêché ; il obtint du parlement de Bretagne un arrêt un peu moins dur que la précédente  sentence ; par cet arrêt  de 1786, le parlement condamne encore, il est vrai, les afféagements faits dans les landes de Beignon, mais il adjugeait en toute propriété un tiers de ces communs à l'évêque de Saint-Malo, de sorte qu'après le partage fait, il devait rester encore aux afféagistes une étendue de terrain plus considérable que celle dont ils avaient été dépossédés. Toutefois le partage n'eut point lieu, la conduite des paroissiens de Beignon qui avaient exécutés eux-mêmes la sentence de Ploërmel rasant les constructions, détruisant les cultures des afféagistes  et rendant à l'état de landes incultes et sauvages les teres qu'à grand peine et grands frais on avait cultivées, révolta probablement Mgr de Pressigny, qui ne voulut pas demander le triage. La Révolution vint alors à éclater, et les habitants de Beignon furent réompenser comme ils le méritaient : devenus possesseurs des bois du Feil et de Ténédos, malgré les justes réclamations de l'évêque de Saint-Malo, ils les avaient vendus 32,000 livres, dit M. Marteville, et avait placé cette somme sur l'Etat ; la tourmente révolutionnaire leur fit perdre cette valeur, qui maintenant représenterait près du triple. 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:08

 

Il serait extrêmement désirable qu'aucuns travaux de restauration aux monuments historiques du Morbihan n'eussent lieu sans que la société archéologique, qui les a classés comme tels dans son ces travaux.C'est pour satisfaire à ces vues, en ce qui touche les travaux projetés aux belles verrières de l'église de Beignon canton de Guer, arrondissement de Ploërmel, que je viens entretenir un moment la société de cette église, de ses vitraux, et des travaux qu'on projette d'y exécuter. L'église de Beignon est, comme celle de Saint-Malo-de-Beignon, pleine dusouvenir des évêques de Saint-Malo, qui portaient le titre de barons de Beignon, parce que la baronie de Beignon était réunie à leur évêché. Cette église présente dans sa construction plusieurs caractères des dernières époques ogivales. Mais elle est éminemment remarquable par les verrières qui la décorent, et qui sont probablement un don des évêques de Saint-Malo. Elles paraissent appartenir au XVIe siècle. J'ai  visité cette église le 15 avril 1856. La disposition des meneaux de la fenêtre qui éclaire la chapelle nord fait ressortir le style général, qui appartient à la dernière époque du style ogival : elle est de la nature de celles qu'on a appelées fenêtres flamboyantes. En effet, ce caractère provient surtout du réseau qui remplit le tympan et qui est formé de lignes ondulées prismatiques, présentant quelque analogie avec une flamme droite ou renversée. J'ai remarqué aussi aux angles qui résultent du croisement des transsepts avec la nef et le choeur, des sculptures en bois assez fines. Représentant des anges et d'autres personnages. Le vitrail le plus beau et le plus complet se trouve au fond du transsept gauche, regardant le nord. La fenêtre se compose de trois travées qui, indépendamment des trois compartiments du tympan, renferment chacune six compartiments. La travée gauche montre, en bas, Salomon qui tient un livre et son sceptre : les noms sont généralement écrits en lettres gothiques, soit sur des banderoles, soit  dans un angle du compartiment; au-dessus de Salomon, Ezéchias, puis Joram ; au-dessus il y a plusieurs compartiments dont je ne puis indiquer les personnages avec d'autant plus de motifs qu'il y a beaucoup de lacunes. La travée du milieu porte, en bas, Jessé avec la devise suivante, inscrite en gothique sur une banderole : Egredietur Virga de radiée Jesse. Au dessus de Jessé parait David avec sa harpe. Plus  haut, mais un peu sur la gauche, Osias, et sur la droite Josaphat. Les personnages des compartiments supérieurs sont frustes. Enfin, la travée de droite est consacrée dans le même ordre aux rois Roboam. Abias,  Joathan, etc. La partie supérieure du vitrail, le tympan triangulaire, représente la Vierge-mère avec l'Enfant Jésus; tout autour et surtout au-dessous, à droite et à gauche, se trouvent des anges jouant de divers instruments. Les personnages sont de grandes dimensions : car chaque compartiment est un carré de 50 centimètres de côté. Les couleurs sont de la plus belle eau et du plus vif éclat. Ce vitrail, comme tout le monde l'a déjà compris, figure la généalogie de Jésus-Christ, en partant du père de David, de Jessé, duquel devait naître le Christ suivant la prophétie d'Isaïe : Egredietur Virga de radiée Jesse. Quant aux noms que je n'ai pu désigner aux neuf compartiments supérieurs, etc., pour compléter la généatogie continue de Jessé jusqu'à Jésus-Christ, en supposant quelques noms doublés, comme pour Osias et  Josaphat. Il m'est difficile de donner les raisons de l'ordre dans lequel ces noms se succèdent dans le vitrail. Car l'ordre généalogique est : Jessé, David, Salomon, Roboam, Abias, Aza, Josaphat, Joram, Osias, oathan, Achab, Manassès, etc. Je crois devoir ajouter que celte verrière ressemble beaucoup, comme dimension et comme beauté, à la verrière de l'église de Férel, canton de la Roche-Bernard, qui représent aussi l'arbre de Jessé. Le vitrail de l'est, placé derrière le maitre-autel, et qui est en bon état, quoique moins complet et moins parfait, n'en est pas moins fort remarquable. Dans le tympan on aperçoit : 1° le Père éternel avec ses attributs ordinaires ; 2° plus bas et à gauche, Jésus-Christ portant sa croix, et aidé par un personnage qui m'a paru être, non Simon le Cyrénéen, mais un ange ; à droite, un homme qui parait étendu dans la béatitude, peut-être saint Etienne, premier martyr. Au-dessous du tympan et dans le carré du vitrail, il y a quatre travées : dans les cartouches supérieurs il y a beaucoup de lacunes. Dans un cartouche à droite parait un soldat debout. Au-dessous, on trouve de compartiment en compartiment, en marchant de gauche à droite, 1° le baiser de Judas ; 2° le jugement devant Pilate ; 3° le crucifiement ; 4° l'ensevelissement. Puis en descendant d'étage en étage; 5° Jésus-Christ donnant sa mission à saint Pierre ; 6° saint Pierre prêchant ; 7° saint Pierre guérissant les malades. Dans ce cartouche, je  trouve la date encadrée à part (1540); 8° autre miracle de saint Pierre; 9° crucifiement de saint Pierre la tête en bas. A la suite, il n'y a plus que des débris de vitraux indescriptibles. Il est probable, d'après cela, que l'église elle-même est sous le vocable de saint Pierre, ou que saint Pierre était le patron du donateur. Il y a dans la nef une autre croisée, en deux morceaux, contenant aussi des débris de vitraux. On  distingue l'archange saint Michel terrassant le démon, la Vierge, etc. Le vitrail de l'est placé derrière le maître-autel est solidement attaché, et rien ne parait menacer sa conservation. Mais il n'en est pas de même de celui du nord qui , soit par des mouvements dans la maçonnerie, soit par le jeu propre aux panneaux de verre, est susceptible de tomber par parties considérables d'un moment à l'autre. Déjà plus de trente verres manquent, et plusieurs panneaux sont plissés par l'affaissement général ; l'effondrement n'attend plus peut-être que la rupture de quelques barres de fer plus ou moins oxidées, ou un coup de  vent de nord-ouest. ..

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:23

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:35

 

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