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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:20

 

A gauche, Tour de la Montbran,

à droite Chapelle N-D du Temple

 

Fief de Montbran. Au détour de l'un des nombreux circuits qui sont décrits par la route de Lamballe à Pléboulle, en approchant de ce dernier bourg, on voit sur la gauche une vieille construction polygonale qui s'élève au-dessus d'une vallée. Le voyageur qui parcourt cette partie du Penthièvre pour l'étudier, ne manque pas de regarder sur sa carte, puis de recourir à ses livres. La carte lui a appris que cette ruine était la tour de Montbran; que lui diront maintenant les livres ? Dans Ogée, (je ne parle que de la vieille édition) il lira: Le château de Pléboule, place jadis forte, appartient à M. de Montbran; il est actuellement en ruines. Bon, se dira le voyageur, voilà une famille dont je n'ai jamais entendu parler. Poursuivons : M. Marteville, dans sa nouvelle édition d'Ogée, aura peut-être éclairci ce que le vieil ingénieur avait dit d'une façon quelque peu vague; je lis: Il y a, au village de Montbran, une tour fort ancienne, que nous n'avons pas vue par nous-même, et qui est attribuée à des époques si diverses, que nous n'osons rien avancer à son égard. Tout ce que nous savons à ce sujet, c'est que cette tour est octogone, et que cette forme indiquerait qu'elle a été construite à la même époque que les tours d'Elven et d'Oudon, c'est-à-dire postérieurement aux croisades. Faisait-elle partie du château de Pléboulle, ancienne place forte qui appartenait à la famille de Montbrand ? A-t-elle été bâtie et occupée par les Templiers ? Ce sont autant de questions que, pour le moment, il nous est impossible de résoudre. Mais voici « les Côtes-du-Nord » de M. B. Jollivet, imprimées en 1855: nous y trouverons sans doute quelque chose de complet. « Le château de Pléboulle, dit M. Jollivet, aujourd'hui détruit, était, il y a plusieurs siècles, une place fortifiée. En 1471, il appartenait à Jean de la Ferrière. Un peu plus haut on lit que la tour de Montbran a appartenu aux Templiers  (voir Les Templiers, page n° 7). Avec des renseignements aussi précis, le voyageur ne manquera pas de rechercher le château de Pléboulle qui, par parenthèse, n'a jamais existé que dans l'imagination des auteurs qui en ont parlé, et qui se sont plus ou moins fidèlement copiés. Il pourra aussi feuilleter tous les armoriaux pour se rendre compte de l'histoire de la famille de Montbran, autre fiction d'écrivains trop légers: je le préviens à l'avance, que ses recherches seront sans résultat ; il ne trouvera même pas la filiation que M. Jollivet établit si naïvement entre M. Laferrière, l'éminent inspecteur-général des Ecoles de droit, et Jean de la Ferrière, qui possédait au XVe siècle un petit fief en Pléboulle ; l'analogie des noms ne suffit pas pour établir des relations de parenté, et l'historien sérieux évite facilement cet écueil. Je vais à mon tour essayer de faire connaître mon opinion per sonnelle sur les origines de Montbran. Si je voulais donner une explication étymologique du lieu lui même, je rappellerais le mot Brenning qui désignait les anciens chefs bretons, ou encore le mot Bran, nom d'un personnage qui paraît dans une charte inédite de Saint-Jacut, Ysaac filius Bran. Mais sans remonter aussi loin, je constaterai quelques jalons certains. Une charte de 1201, dont l'original existe aux archives des Côtes-du-Nord, est donnée parM., abbé de Saint-Aubin, pour constater que Guillaume Divias, et Jordan Rufus, ont confirmé à cette abbaye une terre qui avait été précédemment donnée par Eudes le Prévost : cet acte se termine ainsi : hec padio confirmata fuit anno ab incarnatione Domini M CC° primo in monasterio Sancte-Crucis de Monbran. J'ai compulsé avec le plus grand soin tous les anciens titres de Saint-Aubin, et j'ai reconnu qu'il n'y avait aucun texte qui pût donner lieu de penser que ce monastère de Sainte- Croix de Montbran ait jamais dépendu de Saint-Aubin : d'un autre côté, cette mention est la seule qui en révèle l'existence. Les rares souvenirs qui se rattachent à cet établissement religieux sont quelques lignes d'aveux des XVIe et XVIIe siècles, et une foire de Sainte-Croix sur laquelle je reviendrai plus bas. Ces aveux, ainsi que je l'ai déjà fait observer en m'occupant de Plancoët, indiquent, à Montbran, des ruines .d'édifices que l'on disait avoir appartenu aux Templiers. Notons en passant que l'on ne doit pas confondre ces ruines avec celles d'autres bâtiments, et d'une chapelle castrale réparés au commencement du XVe siècle par Charles de Dinan. Je lis en effet à cette date, dans un compte du receveur de ce prince. « Poié à Olivier Guéhéneuc, pour avoir couvert et réparé la cohue, salles et selliers de Monbran appartenant à monseigneur, XXII liv. XVIs. vin d. -Poié à Guillaume Garnier, cherpantier, Geoffroi Garnier, coupvreurs, à valoir sur les feurs et marchez pour faire réparer la grande salle, mesmeet chappelle du menoir de Montbran LXXXXVI liv. 13 s. 10 d. » Toutes ces constructions étaient en ruines un siècle après, ainsi que le témoigne l'aveu de 1509: « Aussi appartiennent audit sire plusieurs maisons, mazières audit lieu de Montbran, en oultre lesdits celiers qui sont choisies en ruyne et de nul revenu pour le présent, et joignant audit celier et à ladite pièce de terre où est ladite tour. » Dès 1362 , Pierre de Montfort, sire de Plancoët, était propriétaire de Montbran, puisqu'il en disposait en faveur de Pierre Tournemine : qu'était donc devenue l'abbaye de Sainte-Croix? A une faible distance de Montbran on trouve une chapelle placée sous le vocable de N.-D. du Temple : les quelques maisons qui l'entourent s'appellent également le Temple, et, encore aujourd'hui, on y célèbre la messe pendant la foire de Sainte-Croix de Montbran. Cette chapelle, qui jadis appartenait aux chevaliers de Malte, à cause du membre du Temple-de-Pléboulle, relevant de la commanderie de la Guerche, a une façade du XIVe siècle ; au-dessus du portail est un écusson qui n'a pas encore été expliqué: il porte les armes de Pierre du Guesclin, sire de Plancoët (voir la chapelle du Temple à Pleboulle). Au milieu du siècle dernier, le sire de Matignon s'en prétendait fondateur, à cause de la métairie noble du Bourg-Durant qui avait été achetée en 1618 par Thomas Gouyon deBeaucorps : peut être n'y avait-il tout au plus que des prééminences. En présence de ces faits, je propose les conclusions suivantes que je développerai plus tard dans un travail spécial sur les Templiers en Bretagne : Le monastère de Sainte-Croix de Montbran était un établissement de Templiers ; le village du Temple en dépendait : peut-être ce monastère est-il le même établissement que l'Hôpital de Pléboulle, mentionné dans une charte de Saint-Aubin au milieu du XIIIe siècle. Lors de l'abolition de l'ordre du Temple, les propriétés des chevaliers furent partagées entre les chevaliers de Saint-Jean qui eurent le village du Temple ainsi que la chapelle, et le sire de Plancoët qui fonda un château dont la tour de Montbran est au jourd'hui le seul débris : ce château fut établi sur l'ancien emplacement des Hospitaliers, puisque les ruines de leurs bâtiments existaient encore aux XVIe et XVIIe siècles. Passons maintenant à ce qui concerne ce vieux donjon. La tour de Montbran, telle qu'elle existe aujourd'hui, est à peu près dans le même état qu'au XVIIIe siècle, époque à laquelle on croyait y voir une construction romaine : je ne puis mieux tant que de rappeler ainsi ce qu'en dit l'illustre Montfaucon : « Cette tour, dont il ne reste que des masures, est bien moins considérable que les autres ; elle est encore, à ce qu'on m'écrit, beaucoup moins ancienne et assez mal bâtie. Mais comme il est important de faire connaître les différentes formes de ces octogones gaulois fort anciens dans leur origine, puisque nous en avons vu faits du temps de Caligula, mais dont quelques-uns ont été bâtis dans les siècles bien plus bas, nous avons jugé à propos de donner le plan seulement de celui-là, les pans des murs qui restent ne pouvant plus nous donner aucunes instructions sur la forme extérieure. Voici la description que m'en a envoyée le père prieur de Saint-Jagut : On l'appelle la tour de Montbran, nom d'un petit village dans le territoire duquel elle est bâtie, à 3/4 de lieue de Matignon, diocèse de Saint-Brieuc. Elle est bâtie sur une élévation, et sur le roc qui lui sert de fondement, au milieu d'une grande plate forme en terrasse faite exprès, d'environ 100 pieds de diamètre autour d'une espèce de dos d'Ane de simple terre gazonnée de deux pieds et demi ou trois pieds de hauteur en glacis et en talus par le dehors, et en façon de retranchement. La tour est construite à chaux et à sable, d'assez mauvaise pierre, telle qu'elle s'est trouvée sur les lieux, et au pied même de l'ouvrage ; c'est une espèce de caillou gris et brun, qui prend fort peu la chaux. Elle est octogone en dehors : les huit pans ne sont pas égaux : il y en a quatre qui ont 10 pieds et quelques pouces, et les quatre autres entre 12 et 13 pieds. Dans l'un des pans qui est du côté du midi , il y a une ouverture irrégulière de 8 à 9 pieds de hauteur et de 6 à 7 pieds de largeur, au bas de laquelle on voit encore des assises de pierre dure des deux côtés, qui sont les restes d'une porte de 3 pieds de largeur et dont on ne peut plus dire au juste la hauteur. Ce qui surprend un peu, c'est que cette porte est à 8 pieds de hauteur du terrain de dehors, mais an niveau du terrain en dedans, sans qu'il y paraisse aucune trace d'escalier ou de perron pour y monter : la tour étant sur le roc, il ne peut y avoir de porte plus basse que celle-là. Dans le même pan, deux pieds au-dessus de cette porte, il reste quelques assises de pierre de taille dure ; c'était une fenêtre qui avait au moins 4 pieds de haut ; on n'en peut pas dire la largeur, parce que ce pan est ruiné presque jusqu'à la porte, et qu'un des côtés de la fenêtre a sauté avec le reste : il y avait dans cette tour quelques autres petites fenêtres. La tour a encore 38 pieds de hauteur du côté du nord, où il reste quelques pans presque dans leur entier, et elle ne paraît pas avoir eu jamais davantage. Il y a encore un reste de parapet au haut de l'un de ces pans. Elle est unie et en droite ligne par dehors et du haut en bas ; les murs ont neuf pieds d'épaisseur du côté de la porte : à dix pieds plus haut l'épaisseur est réduite et diminuée de trois pieds et demi, et le dedans de la tour ou l'espace vide est agrandi d'autant ; il y a encore une autre réduction de deux pieds et demi, de sorte, qu'au haut de la tour le mur n'a qu'environ trois pieds d'épaisseur. La tour qui est octogone au dehors est ronde au dedans, et si peu spacieuse qu'elle n'a guère qne quinze à seize pieds de diamètre. Elle était divisée en deux étages avec deux planchers de bois à dix pieds de hauteur l'un de l'autre ; il ne paraît pas qu'il y ait jamais eu de voûte. » Je n'ajouterai que peu de chose à la description du prieur de de Saint-Jacut : je n'ai pas besoin de rappeler à mes lecteurs que la forteresse de Montbran n'a rien de romain ; ses débris sont trop peu caractérisés pour que je puisse fixer la date précise de sa fondation qui, en tout cas, n'est certainement pas antérieure à la seconde moitié du XIVe siècle. Je prends dans le minu du 3 juillet 1499, fait par François de Laval, à la mort de Françoise de Dinan, le résumé de ce qui composait la seigneurie de Montbran : je ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit sur la tour. 21 tenues qui acquittaient des redevances au terme de Saint-Gilles : je remarque parmi elles celles de Robert Ferrière, chevalier, seigneur de la Motte, de Jean de Saint-Mirel, de Jean Goueon, et d'Etienne Bataille.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:38

 

 

A gauche, Jean de Laval, sire de Châteaubriand, à droite Jean d'Annebaut

 

Pierre III du Guesclin, sire de Plancoët, Montbran, le Plessis-Bertrand et de Saint-Denoual, par sa femme Julienne. Tiphaine du Guesclin, dame desdits lieux, épouse: 1° de Jean de Beaumanoir, sieur de la Hardouinaye et de Merdrignac; 2° de Pierre Tournemine sire de Jaçzon.

-1390, confiscation par le duc;

-1406, cession de Plancoët à Marguerite de Clisson;

-1416, cession à Guillaume deMontauban;

-1418, cession au duc de Bretagne.

-1420, Robert de Dinan, sire de Montafilant et du Guildo.

-1444, Françoise de Dinan, épouse 1° de Gilles de Bretagne; 2° de Gui XIV de Laval, baron de Vitré.

-1499, François de Laval, sire de Châteaubriand.

-1509, Jean de Laval, sire de Châteaubriand, Gavre, Beaumanoir, Clindé et Malestroit.

-1540, Françoise Tournemine, par acquisition: elle avait épousé Claude d'Annebaut, chevalier de l'ordre du roi, son lieutenant et gouverneur en Normandie, amiral de France.

-1553, Jean d'Annebaut, capitaine de 50 lances des ordonnances du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre.

-1563,  Madeleine   d'Annebaut,  épouse  de Jacques de Silly, comte

de Rochefort.

-1570, René Tournemine, chevalier de Tordre, sieur de la Guerche, du Hommet, vicomte de Pléhérel, cousin de la précécédente au IVe degré.

-1591, René Tournemine, sieur de la Guerche, baron de la Hunaudaye.

-1609, Jeanne de la Motte de Vauclerc, cousine germaine du précédent, épouse 1° de François de Coligny, seigneur de Rieux; 2° de Jean de Rieux, marquis d'Asserac; 3° de Sébastien de Rosmadec, baron de Molac.

-1630, Catherine de Rosmadec, épouse de Gui II de Rieux, comte de Châteauneuf, vicomte de Donges. René François de Rieux.

-1675, Jeanne-Pélagie de Rieux, soeur du précédent, épouse de Jean Emmanuel de Rieux, son cousin, marquis d'Ouessant.

-1691, Jean-Gustave de Rieux.

-1713, Jean-Sévère de Rieux.

-1759, Louis-Auguste de Rieux

-1767, Louis-François de Rieux.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 08:45

 

 

 

Pierre Tournemine avait embrassé le parti du connétable de Clisson contre le duc de Bretagne : ce dernier, par suite de l'accord conclu à Paris devant le roi, le 20 juillet 1388, à l'hôtel Saint-Pol, devait restituer au duc la forteresse de Jugon, Châteaulin sur Trieu, Cesson, Erquy et le Plessis-Bertrand : au lieu de remplir ses engagements, Clisson, sans y avoir été autorisé par son souverain, se mit sur le pied de guerre, donna ordre aux officiers qu'il avait dans les châteaux ci-dessus de ne pas recevoir les commissaires ducaux, et répara les fortifications du château de Plancoët. Le duc irrité assiégea cette place, l'emporta d'assaut, et la fit raser entièrement. C'est à la suite de ces événements que Plancoët et Saint-Denoual furent confisqués, et rendus probablement à Tiphaine Du Guesclin et à Pierre Tournemine en 1391, à la suite de l'accord conclu entre le duc et le connétable le 18 mars. De 1406 à 1421, Plancoët passa entre plusieurs mains à la suite de ventes qui furent successivement annûllées : ainsi le 7 novembre 1406, Tiphaine Du Guesclin vendait, moyennant 26,000 écus, cette châtellenie à Marguerite de Clisson, et vers 1569, le duc d'Etampes prétendait se fonder sur cette cession pour revendiquer cette terre : dix ans après, Tiphaine et son mari vendaient encore Plancoët à Guillaume, sire de Montauban, et en 1418 elle en disposait de nouveau en faveur du duc de Bretagne qui l'échangeait en 1420 avec Robert de Dinan contre la châtellenie de Moncontour : l'année suivante , le duc obtenait du sire de Montauban que ce dernier renonçât au bénéfice de la première aliénation. À dater de l'époque où Plancoët fut réunie aux domaines de la maison de Châteaubriant , son histoire cesse d'offrir de l'intérêt : je donne plus bas la liste des personnages qui possédèrent, cette châtellenie à laquelle étaient attachées de nombreuses rentes dues aux baillages de Plancoët, Saint-Lormel, Pluduno, Saint- Pôtan, Saint-Cast, Ruca, Hénanbihen. «La coustume et trespas duditlieu de Plancoët y comprins le devoir de queleaige et bienvenue des navires et bateaux qui descendent en la ripvière dudit lieu près du pont de Plancoët et Saint-Lormelet aux environs d'iceulx lieux ; et doit chacun navire et bateau de queleaige et bienvenue cinq sous, avecq quatre deniers de coustume ancienne par chacun tonneau de ce que est chargé et des chargé esdits lieux et rivière, tant par blé, vins et aultres choses. Et auxi oultre appartiennent à ladite comtesse les briz, peczon de mer et choses aventurées, esturgeonz, morhouz, et aultres peissons reaulx prins et trouvez esdits lieux. » Les prés dudit lieu de Plancoët appelés les prés Rolland, situés entre l'Arguenon et les prés de Montafillant ; les prés dits « Soubz le bouays es nonneaux. » Le marché, se tenant le samedi de chaque semaine, ainsi que la foire de Sainte-Catherine : à cette dernière le sire de Plancoët a droit à « devoir de bouteillage, consistant en deux pots de vin sur chaque pipe ; et à un mouton par an de chaque boucher. » Les poids et balances de Plancoët, « a present ruyneux pour ce que la pluspart des poysées sont désàjustés et aultre partie perdue. « La greffe et garde des seaulx et papiers de la court et juridicion ; le four à ban, les moulins fouleretz et bladeretz, les mesures à foin et à blé, etc. »

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 05:47

1. Plancoët.

 

 

 

En 1220, Marguerite, dame de Plancoët, donnait à l'abbaye de Saint-Aubin les dîmes d'Hénanbihen que son mari Gui de l'Argentaie avait précédemment engagées au monastère : la charte était scellée par Gui. Quelle était cette dame ? Nous avons déjà vu Rolland de Dinan, en 1207, faire, en faveur de Saint-Sulpice de Rennes, une donation qui prouvait qu'il était sire de Plancoët : une charte non datée, mais antérieure, apprend qu'Olivier, sire de Dinan, père de Rolland, donnait à Saint-Aubin la moitié des dîmes d'Hénanbihen. Ne doit-on pas en conclure que Marguerite était soeur ou fille de Rolland, mais que certainement elle était l'une ou l'autre ? Je crois qu'elle était fille de Rolland, et que ce fut ce dernier, premier sire de Dinan-Montafillant, qui forma en sa faveur la châtellenie de Plancoët (Je vais maintenant faire une enumération un peu monotone peut-être, mais indispensable, de faits mentionnés pour la plupart dans des titres qui n'ont pas encore été publiés. C'est là le seul moyen de mettre un peu d'ordre dans la suite des sires de Plancoët. Nous ne reviendrons pas sur la charte de 1220, par laquelle Marguerite de Dinan, femme de Guy de l'Argentaie (voir Largentaye en Plancoët), donnait à Saint-Aubin les dîmes d'Hénanbihen ; nous rappellerons aussi pour mémoire, qu'un acte de 1227 mentionne à Plancoët la présence de saint Guillaume, évêque de Saint-Brieuc, le jeudi après la Saint-Martin d'été. En 1230, Marguerite confirmait à Saint-Aubin la donation faite 10 ans auparavant, ainsi que tout ce que l'abbaye possédait dans ses domaines. (voir l'abbaye de Saint Aubin des Bois en Plédéliac) J'ai retrouvé sept chartes de l'année 1231 relatives à Marguerite, dame de Plancoët ; elle avait alors pour époux Juhel de Montfort : la plus importante est celle du vendredi après l'Epiphanie, par laquelle cette dame donnait encore une dîme d'Hénanbihen pour doter une chapellenie à l'autel de la Sainte-Trinité de l'église abbatiale de Saint-Aubin ; cette fondation fut ratifiée le vendredi après les octaves de l'Epiphanie, par saint Guillaume; en 1232, Juhel de Monfort confirmait les libéralités de sa femme, et comme il n'avait pas de scel , il se servait de celui de son père Raoul de Montfort. En 1233 , la veille de la Saint-Martin d'hiver , Marguerite de Plancoët était au château de Montafillant  (voir Le château de Montafilan), avec saint Guillaume, et empruntait 20 livres 12 sous à l'abbaye de Saint-Aubin ; la veille de Saint-Benoît, l'évêque de Saint-Brieuc était à Hénanbihen avec Juhel de Montfort et Allain. abbé de Saint-Jacut, et scellait la charte que Juhel donnait pour renoncer aux prétentions qu'il avait élevées sur les dîmes de celte paroisse ; deux ans plus tard, Marguerite de Plancoët ratifiait l'aumône des dîmes de Languenan, faite à Saint-Aubin par Alain Goyon, chevalier. Marguerite de Plancoët mourut vers 1237 ou 1238 : je crois devoir m'arrêter quelques instants sur des chartes de cette dame données en 1237: je ne ferai que mentionner celle par laquelle elle fait un nouvel emprunt de 40 livres à l'abbé de Saint- Aubin, en promettant de les rendre sur sa terre et ses revenus de Plancoët. Mon ami et confrère M. A. de La Borderie, en faisant de mes premiers « Mélanges » un compte-rendu dont je m'empresse de le remercier, émet l'observation suivante: « Je crois encore bien moins que les seigneurs bretons aient eu le droit, au XIIIe siècle, de disposer de la personne, de la famille et des biens, soit de leurs bourgeois, comme le dit M. de Barthélemy, soit même de leurs tenanciers ruraux, puisque tout porte à croire au contraire que, passé le Xe siècle et à part une exception fort restreinte, il n'y a pas eu de serfs en Bretagne.» Un acte de Marguerite de Plancoët me semble favorable à mon opinion ; en voici la traduction : «A tous les fidèles du Christ auxquels ces lettres parviendront, Marguerite dame de Plancoët salut dans le Seigneur; sachez que nous avons donné et concédé, libres et quittes de toute redevance et droit, à l'abbaye de Saint-Aubin, Guillaume Bordon, notre homme, ainsi que ses héritiers : nous les donnons en pure et perpétuelle aumône, et ne conservons, nous et les nôtres, aucun droit, ne nous réservant que la rétribution éternelle. En témoignage de quoi nous avons scellé ces lettres de notre sceau, l'an de grâce 1237.». En présence de cet acte je crois ne pas trop m'avancer en disant qu'au XIIIe siècle, le seigneur pouvait, dans certains cas disposer de la personne, de la famille et des biens de son vassal. Voici maintenant la traduction du testament de la dame de Plancoët; on remarquera qu'elle n'y fait mention ni de son époux, ni de sa famille : « L'an du Seigneur 1237, le mercredi après la Nativité de N.-S., moi Marguerite, dame de Plancoët, j'ai fait ce testament : d'abord je veux que 60 livres soient prises sur ma terre et mes revenus pour acquitter mes dettes ; dans ces dettes se trouvent 40 livres que l'abbé et les moines de Saint-Aubin, de l'ordre de Citeaux, m'ont prêtées; le reste sera distribué par mes aumôniers. Je veux en outre que l'on prélève 100 livres sur madite terre et mesdits revenus, savoir 50 livres pour le couvent des religieuses de Mortain : le surplus sera distribué pour le salut de mon âme par mes aumôniers. Je donne enfin aux religieuses de Mortain, en pure et perpétuelle aumône, 100 sous de rente annuelle, au jour de la Nativité de N.-S. à percevoir sur mes moulins de Plancoët. Je désigne pour mes exécuteurs testamentaires mon vénérable Père l'évêque de Saint-Brieuc et l'abbé de Saint-Aubin qui, à ma demande, ont mis leurs sceaux à ces lettres pour témoignage de ce qui précède. Marguerite eut un fils de son premier mariage, nommé Gui de l'Argentaie, et deux de son second époux, Geoffroy et Olivier de Montfort: en 1250, ces trois personnages étaient en procès pour des torts réciproques qu'ils se reprochaient : ces querelles cessèrent par un compromis passé devant l'official de la cour de Saint-Brieuc. Nous reviendrons ultérieurement sur ce qui concerne particulièrement les seigneurs de l'Argentaie ; pour le moment, je ne m'occuperai que de la châtellenie de Plancoët qui échut après la mort de Marguerite, à Geoffroy de Montfort. A cet égard nous devons cependant faire une observation, c'est que le motif de la discussion élevée entre les sires de Montfort et Gui de l'Argentaie, provenait évidemment de ce que ce dernier s'était emparé de Plancoët. Le cartulaire de Saint-Aubin contient des actes de 1247, de 1250 et de 1251 dans lesquels Gui s'intitule seigneur de Plancoët: dans l'une de ces chartes figure Geoffroy Tournemine comme pleige de Gui de l'Argentaie, et je suis trèsporté à penser que, vers cette époque, les trois fils de Marguerite de Plancoët en vinrent aux mains : le testament de Geoffroy Tournemine, fait en 1284, contient cette mention : pro domibus succensis apud Plancoit similiter fiât emenda, similiter et de aliis rebus perditisin guerra. Je pense que cette réparation fait allusion à ce qui se passa entre les trois seigneurs de Plancoët, alors que Geoffroy Tournemine soutenait Gui de l'Argcntaie. En 1269, Geoffroy de Montfort, alors seigneur de Plancoët, se refusait à exécuter le testament de sa mère, et Eudes, archidiacre de Penthièvre, ordonnait aux prêtres de Hénanbihen, de Plancoët et de Quintenic, de l'excommunier s'il ne se rendait pas aux exhortations qui devaient lui être faites préalablement. J'ignore quelle issue eut cette affaire, mais il y a lieu de croire, qu'à la suite d'arrangements, les Montfort avaient recouvré les dîmes d'Hénanbihen données par leurs ancêtres : en 1277, en effet, les deux frères les engageaient à Saint-Aubin pour une somme de 37 livres qui leur avait été fournie. Je n'ai pas retrouvé encore de titres qui donnassent de renseignements précis sur les sires de Plancoët, de 1277 à 1346. Seulement un passage du tome 39 (p. 221) de l'immense collection des Blancs-Manteaux, mentionne en 1319 un Geoffroy de Montfort, seigneur de Plancoët, fils de Raoul de Montfort. En 1346, Pierre de Montfort, sire de Plancoët, avait fait «plusieurs énormes griefs et excez » aux religieux de Saint-Jacut : accompagné de quelques autres gentilshommes ils avaient « passé par-dessus les murs, emporté les biens desdits religieux, emmené les deux palefrois de l'abbé, battu et féru son palefreur. » Le roi Philippe VI, par lettres du 29 juin, ordonnait au bailli de Cotentin de réprimer cette infraction à la sauvegarde royale dont jouissait le monastère. Pierre de Montfort, en 1362, donna à son filleul, Pierre Tournemine, 100 livres de rentes sur la terre de Montbran : sa fille unique, Jeanne, épousa en secondes noces Pierre Du Guesclin, seigneur du Plessis-Bertrand : celui-ci eut un fils nommé également Pierre, qui de Julienne de Saint-Denoual eut une fille nommée Tiphaine Du Guesclin, qui épousa 1° Jean de Beaumanoir ; 2° Pierre Tournemine, sire de La Hunaudaye, filleul de Pierre de Montfort et assassin de son premier époux.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 20:12

 

Montbran relevait d'un château dont il ne reste plus depuis plusieurs siècles qu'une tour démantelée : voici comment s'exprime à son égard l'aveu du 2 novembre 1570 : « Confesse ledit sire (René Tournemine) tenir prochement de ladite dame (Marie de Beaucaire) aux devoirs davant déclairés un fief et bailliage s'étendant en la ville de Montbran, paroisse de Pléboulle ; droit de foire à la Sainte-Croix en septembre, chaque année. Item appartient audit sire, audit lieu et ville de Montbran, une vieille tour et forteresse a champs et une pièce de terre où elle est située, contenant en terre arrable, rochers et vallées, douze journeaux avecques une vieille esglise ruinée, de luy dépendante et plusieurs autres édiflices que l'on dict avoir esté de l'ordre des Templiers.» Enfin Saint-Pôtan relevait du château d'Yrlan ou Yslan, sur lequel je trouve la mention suivante dans l'aveu précité : « Item le bouais, taillix et garenne dudit Yslan, contenant en fons d'héritaiges six journeaux, joignant au moulin daroin déclairé, et d'aultre au chemin qui va de la Villegaud à la Villemoys: et, à cause de ce, y a garannyer ou forestier franc de tous subsides ruraux. » Ce texte serait un peu vague s'il était seul pour établir l'existence de l'ancien château d'Yslan, mais le même aveu contient un autre passage qui ne peut laisser aucun doute ; le voici : «Esquelles choses cy dessus le dit sire a les lieux de cinq places fortes dont l'une d'icelles, qui est le chasteau de la Hunaudaye, est en bonne et deue réparation, et les quatre aultres, scavoir le chasteau de Plancouet, le chasteau de la Motte de Corron, le chasteau de la Motte d'Yslan, et la tour de Montbran sont tous quatre ruineux. » Ces points de départ étant posés, nous allons maintenant suivre la chronologie des sires de la châtellenie de Plancoët ; nous reviendrons ensuite sur chacun des autres membres.

 

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 19:38

 

 

La plus ancienne charte dans laquelle j'aie retrouvé une mention de Plancoët est un acte de 1179 par laquelle Geoffroy, seigneur de Dinan confirme à l'abbaye de Saint-Jacut toutes les libéralités faites à ce monastère par ses ancêtres, ainsi que par ses vassaux ; cet acte est daté: « apud Plancoit. » En 1213, cette localité appartenait encore aux sires de Dinan : dans un acte que je n'ai pu retrouver en original, mais dont il est fait mention dans Dupaz, on lisait qu'à cette date Rolland de Dinan, du consentement de Geoffroy son frère et de ses autres héritiers, donnait à l'abbaye de Saint-Sulpice une mine de froment, rente annuelle et perpétuelle, à être prise sur ses moulins de Plancoët : Amicie, soeur de Rolland de Dinan, était alors abbesse de Saint-Sulpice. Sept ans plus tard, Plancoët appartenait à une dame nommée Marguerite, qui avait épousé Gui, sire de l'Argentaie. Avant de déterminer de quelle famille était cette dame, et de rechercher la suite des seigneurs de Plancoët, je crois indispensable de faire connaître quelle était, au XVIe siècle, la circonscription territoriale de cette châtellenie. La châtellenie de Plancoët se composait de trois membres et s'étendait dans les paroisses de Saint-Lormel, Corseul, Pluduno, Saint-Pôtan, Saint-Cast, Hénanbihen, Ruca, Pléboulle et Erquy : ces membres étaient Plancoët proprement dit, Montbran, et Plancoet en Saint-Pôtan ; ils formaient primitivement trois fiefs distincts qui furent successivement réunis, probablement par suite d'alliances. Le fait me paraît indubitable, puisque dans chacun de ces trois membres je retrouve les traces du château-fort qui en était le chef-lieu tout d'abord. Dans les derniers aveux, les personnes qui possédaient la terre de Plancoët avaient grand soin de réserver le droit de guet pour ces châteaux depuis longtemps démolis et ruinés, prévoyant le cas où il leur conviendrait de les rétablir. Les ruines du château de Plancoët sont ainsi décrites dans l'aveu du 18 mai 1509 : « En la parouesse dudit lieu de Plancouet y a ung emplacement de chasteau situé près la ville dudit lieu de Plancoët où anciennement avoit chasteau et place forte qui fut abatue par les ennemys contraires de ce pays et duché de Bretaigne durant les guerres ; contenant deux journaulx de terre ou environ, habitants d'une part à la ripvière dudit lieu de Plancoet nommé Arguenon, et d'aultre à terre ès hers feu Jehan Le Bret, fils Thomas Le Bret , d'aultre au chemin par lequel l'on va de la ville dudit lieu de Plancoct à la ville de Dinan. La justice à quatre posts étoit assise au tertre de la Savière près la ville dudit lieu de Plancoct en la parouesse de Corsoult. » Le sire de Plancoët avait le droit de bris et autres aventures de mer depuis le pont de Plancoët jusqu'à la pierre « dessous la Ferté appelée la Cormorannyère, au-dessous de Saint-Lormel. »

 

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 14:10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 07:21

 

 

La famille Le Doaré, une famille bretonne passionnée par la photograpie, à l'image de Jean-Marie, amateur et fondateur d'un studio photograhique au début du XXe siècle à Châteaulin. Il s'orientera vers la carte postale. Son fils Jos effectuera ses études dans cette école de Vaugirard spécialisée dans l'enseignement de l'image. Proche des milieux militantistes de la culture bretonne, Jos le Doaré lance sa maison d'édition en 1949 et très vite celle ci constituera un véritable trésor en photographiant l'ensemble de la Bretagne.

 

 

Saint Nazaire

 

 

Île aux Moines

 

 

 

Vannes

 

 

Dinan

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 21:09

 

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