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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 08:02

Au début du XXe siècle, la IIIe république promulgait un décret interdisant aux petits Bretons de parler la langue bretonne, pour nombre d'entre eux, il s'agissait de leur propre langue maternelle. Curieuse leçon donnée par cet état qui s'arroge le titre de « pays des droits de l'homme ». Roparz Hamon dont nous avons parlé dans ce blog  (voir Roparz Hemonredonna à cette vieille langue celte ses lettres de noblesse mais au cours de cette période trouble, nombre de bretonnants s'adonnèrent à la langue française. Puis des artistes tels Stivell, Glenmor, Tri Yann et quelques autres choisirent le breton dans leur répertoire. Et enfin en 1976, s'inspirant des modèles en cours à travers l'Europe, le musicien Reun L'Hostis, par ailleurs militant de la cause bretonne, décida la création d'une école enseignant en breton. Il parvint à convaincre le maire de Ploudalmézeau, Alphonse Arzuel de lui louer des locaux nécessaires. Diwan était née et avec près de 4100 élèves scolarisés dans l'ensemble de la Bretagne (soit cinq départements) en 2015 et une hausse de 6 % lors de la dernière rentrée, le succès est au rendez vous, d'autant que les résultats scolaires sont aussi intéressants. Le lycée Diwan de Carhaix obtient des performances et classements au baccalauréat très bons.

 

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 07:43

 

 

 

1490, 27 février. -Anne etc. a touz etc, salut. Comme par avant ces heures ayons pryé et donné charge à nostre cousin le conte de Dunoys de retirer et recouvrer des mains de Guillaume de Susplenville et touz autres les bagues cy après déclairées, savoir : une grosse poincte de dyamant à pluseurs carrez tirant sur le jaune, enchâssée en ung chaton d'or, et une fleur-de-Marie pendant en une petite chaisneete, pesant ensemble une once ung gros et demi. Item ung cueur de dyamant plat dessus et desoubz, à pluseurs faces, enchâssé en ung chaton d'or en une fleur-de-Marie, pesant sept gros ung denier. Item une seye d'or où a troys dyamans en escusson et l'un à feste, ung gros ruby au milieu, et sept petites tablettes de diamant, et quatre perles pendantes, une grosse perle ronde a ung petit perthuys qui fut à Jehan de Beaune, lesquelles avoient esté baillées en gaige et pour seurté de certaines sommes de finances à nostre cher et bien amé Jehan Boudet qui les avoit baillées audit de Suplenville, Savoir faisons que nous, considerans les grans affaires et charges que présentement avons, au moyen de quoy nous est requis avoir et recurer présentement fluances, à plain nous conflans ès sens et bonne loiaulté envers nous de nostredit cousin de Dunays et de ses conduicte et dilligence, à icelui avons donné et donnons par ces presentes planiere puissance et auctorité de engaiger ou vendre les dictes bagues a telles sommes et pour tel prins que mieulx à nostre proufilt il regardera et congnoestra estre à faire, tout ainsi que nous mesmes faire le pourrions ; promectant et promectons avoir ferme et agréable ce que par nostredit cousin en sera fait, sans jamais en faire revocacion ne aller au contraire. En tesmoign de ce nous avons signé ces présentes de nostre main et fait sceller de nostre seel, Donné en nostre ville de Rennes, le XXVIIe jour de fevrier l'an mil IIIIc IIIIxx neuff. Ainsi signé, Anne Par la Duchesse, de son commandement, (signé) G, de Forestz. Scellé à Rennes, le dernier jour de février (1490).

 

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 21:04

 

Tanneries, Corroyeries, Mégisseries, Chaussures, Ganteries. A cette catégorie se rattachent l'industrie de la chaussure et la fabrication des cuirs et la ganterie. La tannerie depuis un certain nombre d'années a fait de grands progrès au point de vue de la rapidité de la fabrication. Par contre, cette fabrication -précisément à cause de cette rapidité -a perdu beaucoup de sa qualité. Des cuirs qui autrefois étaient tannés à l'écorce de chêne, ou autres produits inoffensifs, sont actuellement presque exclusivement travaillés avec des acides qui brûlent les peaux. Le cuir n'est pas seulement employé à des oeuvres grossières ; mais sert aussi à fabriquer de véritables petites merveilles. C'est ainsi qu'autrefois l'on fabriquait des tentures d'appartement en cuir gauffré et qu'aujourd'hui la maroquinerie fait des choses superbes. Depuis le temps où la chaussure consistait en une simple semelle tenue par des lanières et la chaussure élégante de l'époque actuelle, l'industrie de la chaussure a beaucoup varié. Au XIVe siècle, la chaussure se faisait avec de grandes pointes d'une longueur démesurée ; au XVIIe siècle les bottes à larges revers en partie garnies de dentelles remplacèrent les souliers. Différents genres de chaussure.

 

 

Tannerie. -En 1806 le département d'Ille-et-Vilaine possédait un grand nombre de tanneries. Ces tanneries très importantes, approvisionnaient en partie le midi de la France et faisaient de nombreuses expéditions en Italie, en Espagne et en Portugal. En 1809, le département comptait environ 60 ateliers de cuirs et peaux à Rennes, Vitré et Fougères. Les peaux de veaux corroyées dans ce département avaient l'avantage d'être plus propres à être maroquinées que dans le reste de la France. MM. Arot, Brizon, Bréhier,de la Touche et Sandt, propriétaires de tanneries dans l'arrondissement de Rennes, qui envoyèrent à l'exposition de 1806 des peaux tannées, corroyées et passées mégie pour gants, obtinrent un certain nombre de récompenses. Dans l'arrondissement de Montfort existait, vers 1818, une importante tannerie, la plus belle du département. En 1820 plusieurs tanneries de l'arrondissement de Vitré occupaient un nombre relativement élevé d'ouvriers. On trouvait également un grand nombre de tanneries renommées dans les arrondissements de Rennes, Montfort et Fougères. Les peaux corroyées à Rennes, Fougères et Vitré étaient d'une finesse supérieure qui rendait propre à être maroquinées. Elles avaient un avantage sur toutes celles du reste de la France ; c'est qu'elles pesaient beaucoup moins, aussi étaient-elles très recherchées. En 1836, Rennes possédait 8 à 10 tanneries et 23 à 24 corroyeries dont une qui possédait une machine pour le broyage des écorces. Une tannerie importante avec « traite aux pleins, fosses, cuves, séchoirs installée à Vitré, cessa de fonctionner vers 1839. Le Guide du Baigneur signale d'importantes tanneries dans l'arrondissement de Saint-Malo, vers 1844. Du 1er janvier 1852 au 31 juillet 1854 il fut installé trois tanneries et une corroyerie nouvelles dans le département. En 1858, l'industrie du cuir est en progrès et la mégisserie se fait dans les arrondissements de Rennes,Redon et Vitré. Une fabrique de Rennes entreprit vers la même époque la fabrication de la chamoiserie qui lui rapportait annuellement une somme d'environ 42.000 fr. Le nombre des ouvriers occupés dans les tanneries du département étaient de 308 (ouvriers et apprentis). En 1863 la fabrication du cuir avait pris une certaine importance dans le département. A Rennes 29 tanneries, corroyeries, et mégisseries occupaient 172 hommes et 37 femmes dont le salaire moyen était pour les hommes de 2 fr. 10 par jour et pour les femmes de 1 fr. 20. L'arrondissement de Vitré avait 5 tanneries et corroyeries occupant 19 ouvriers qui gagnaient un salaire journalier moyen de 2 francs. On trouvait dans l'arrondissement de Fougères 7 tanneries et 1 corroyerie occupant 23 hommeset4 femmes gagnant un salaire journalier moyen de 1 fr. 75 pour les hommes et l fr. 25 pour les femmes. Un nombre cependant relativement élevé de tanneries et corroyeries ne tarda pas à prendre un essor encore plus grand et l'industrie primitive à faire place à des usines plus importantes et plus perfectionnées. En 1868 l'arrondissement de Vitré ne comptait plus que 4 tanneries sur les 5 que nous avions trouvées en 1863. L'arrondissement de Redon avait une tannerie à cette même époque et l'arrondissement de Rennes avait vu le nombre de ses tanneries, corroyeries et mégisseries passées de 29 à 30. L'arrondissement de Fougères comptait 9 tanneries et une corroyerie. Quelques années plus tard nous trouvons que la fabrication des cuirs et peaux dans le département occupe environ 2 à 3.000 ouvriers gagnant une moyenne de 1 fr. 25 à 2 fr. par jour. La main d'oeuvre nécessitée par le tannage et corroyage des cuirs, l'écorçage et le transport des écorces et leur réduction en poudre, représentait une valeur considérable. On travaillait également dans le département des cuirs forts importés de l'Amérique du Sud. Le nombre total des tanneries, corroyeries et mégisseries situées dans le département d'Ille-el-Vilaine était d'environ 200. Deux tanneries de Rennes les plus importantes du département possédaient des machines à vapeur. L'une d'elle avait une machine de 12 chevaux qui broyait t'écorce et l'autre qui comprimait le cuir et remplaçait le battage à la main. En 1878 les tanneries étaient encore nombreuses et occupaient un personnel relativement élevé. Des établissements en ce genre existaient à Antrain, Bains, Bazouge-la-Pérouse, Chauvigné, Combourg, Dol, Fougères, Gosné, Grand-Fougeray, La Guerche, Guichen, Janzé, Lifîré, Mêlesse, Montfort, Noyal-sous-Bazouges, Paimpont, Plélan-le-Grand, Redon, Saint-Pierre-en-Coglès, Saint- Domineuc, Saint-Georges de Reintinbault, Saint-Malo, Saint-Méen, Tinténiac, Tremblay et Vitré. En 1882 l'arrondissement de Fougères comptait 8 tanneries. L'arrondissement de Rennes possédait 30 tanneries, corroyeries et mégisseries. En 1895 on comptait seulement une douzaine de tanneries et mégisseries à Fougères, alors qu'autrefois cette branche de l'industrie avait connu des moments de prospérité dans tout l'arrondissement de Fougères. En 1901 Rennes avait 9 tanneries, corroyeries et mégisseries. La ville de Vitré avait encore 2 tanneries et 2 mégisseries. Dans l'arrondissement il y avait 1 tannerie à la Guerche, à Retiers et à Martigné-Ferchaud. Dans l'arrondissement de Saint-Malo était installée une usine de tannerie et de corroyerie à Combourg, Dol et Tinténiac. Une ou plusieurs tanneries ou corroyeries étaient également installées à Bain-de-Bretagne, Fougères, Antrain, Bazouges-la-Pérouse, Montfort, Gosné, Saint-Brice-en-Cogles, Grand-Fougeray, Château-Giron, Bécherel et Saint-Méen. A l'heure actuelle l'industrie de la fabrication du cuir a subi d'importantes modifications. Les usines qui jusqu'alors n'avaient pas de machines en ont installé et les maisons qui fabriquaient encore exclusivement avec les anciens procédés, se sont vues dans l'obligation -de par la loi de la concurrence, d'adopter les procédés modernes. Quelques-unes ont bien tenté de continuer malgré tout le tannage par l'écorce de chêne et autres anciens procédés ; mais elles ont vite été obligées d'employer la fabrication par l'acide pour satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante. D'importantes usines existent à Rennes, Fougères, Redon, Saint-Malo, Retiers, Montfort, Gosné, etc... et occupent plusieurs centaines d'ouvriers. La profession des tanneurs est dangereuse pour les ouvriers et peu lucrative. Toujours infectés par les mauvaises odeurs qui se dégagent des peaux, ils sont des proies faciles à toutes les épidémies qui s'abattent sur une région. Si encore des mesures d'hygiène étaient prises pour les préserver quelque peu ; mais ils n'y prennent pas attention et un jour ou l'autre ils sont victimes de leur imprudence.

 

 

 

Tannerie de Monfort-sur-Meu

 

 

Tannerie de Tremblay

 

(Cliché du Conseil Régional de Bretagne)  

 

 

Chaussures. -Depuis que la chaussure existe, des « savetiers » puis des cordonniers ont sillonné le département ; mais cette branche de l'industrie, aujourd'hui la plus florissante du département, n'a guère existé avant 1829 ou 1830, dates à laquelle un industriel implanta la fabrication des chaussures de tresses à Fougères. Cette fabrication, depuis cette époque, s'est presque exclusivement cantonnée dans l'arrondissement de Fougères. Ou trouvait bien vers 1840, des manufactures à Vitré, mais ces maisons ne fonctionnaient que par intermittence et n'occupaient à Fougères qu'un personnel restreint. La fabrication des chaussures, exception faite des cordonniers, occupant 2, 3 ou 4 ouvriers, occupait un nombre relativement élevé d'ouvriers (hommes et femmes). Les femmes tressaient la chaussure sur les formes, et les hommes plaçaient la semelle. Les salaires étaient peu élevés et c'est à peine si les hommes arrivaient à gagner 1 franc par jour et les femmes 15 à 20 centimes. Dans son histoire de Rennes, Marteville dit qu'il n'existait pas de fabriques de chaussures à Rennes et que la production de cette branche de l'industrie, vers 1836, était inférieure à 10 000 paires. Vers 1846 on fabriquait à Fougères environ 12 à 15.000. Il y avait 10 fabricants occupant environ 500 femmes (chaussonnières et semelleuses) qui gagnaient environ 0 fr. 50 par jour, et 40 hommes dont le salaire journalier moyen était de 1 franc. Vers 1848 les chaussons de feutre retourné, remplaça la fabrication du chausson de tresses qui donnait du travail à un grand nombre d'ouvriers et qui périclitait par suite de la concurrence des prisons. C'est aussi vers cette date que le chausson cloué fit son apparition à Fougères. De ce fait, les ouvriers en chaussures subirent une réduction de salaire qui était évaluée aux 2/3 des prix antérieurs. En 1849, le Préfet dans son rapport au Conseil général signalait l'extension que prenaient dans l'arrondissement de Fougères les divers ateliers de chaussures de tresses et les 2 fabriques de tresses de laine. Vers 1852, la chaussure de cuir fil son apparition à Fougères. M. François Depasse dans son intéressant ouvrage : « Fougères et ses environs » raconte comme suit l'installation de cette nouvelle branche de l'industrie de la chaussure. «Un ouvrier très habile vint, par hasard, à Fougères. Embauché par un patron, il confectionna des bottines satin, claquées, à talons, qui plurent beaucoup. Il travaillait au prix de 12 francs la douzaine et faisait une demi-douzaine par jour. L'exemple séduisit à la fois le patron qui voyait un article à lancer et les ouvriers qui étaient loin de gagner d'aussi fortes journées. » En 1853 la fabrication de la chaussure occupait à Fougères environ 4500 ouvriers et en 1861 il existait 8 fabriques qui occupaient 451 hommes, 906 femmes et 386 enfants. La moyenne des salaires était de 2 fr. 10 pour les hommes, 1 fr. 20 pour les femmes et 1 franc pour les enfants. En 1868 le nombre des fabricants était passé de 8 en 1861 à 9 en 1868. Par la suite cette nouvelle fabrication se perfectionna considérablement. Vers 1872 la machine à piquer fit son apparition dans les fabriques et en 1873 la couture des semelles à la main fut remplacée par les machines à coudre les semelles. D'après les statistiques, l'industrie de la chaussure faisait vivre en 1872 environ 5.000 personnes à Fougères et les environs. En 1870, 30 fabriques fonctionnaient à Fougères. M. Ardouin-Dumazet dans son ouvrage: Voyage en Bretagne péninsulaire, constate que Fougères en 1896, possède 33 fabriques occupant environ 8.000 ouvriers plus 4 à 500 employés et voyageurs. On y fabriquait ajoute-t-il environ 5 millions de paires de chaussures valant environ 18 millions. Dans cette somme la main-d'oeuvre entrait pour, près de un tiers. Il existait en 1882 une fabrique peu importante à Vitré. L'industrie de la chaussure qui faisait vivre près de 10.000 personnes, appelait nécessairement des industries annexes. Parmi celles-ci nous devons citer les fabriques de boîtes pour empaqueter chaque paire de chaussures ; elles étaient au nombre de trois. Il existait également 4 maisons faisant exclusivement la confection des talons.

 

 

 

Manufacture de chaussures de Fougères

 

 

La chaussure fabriquée à cette époque à Fougères se composait presqu'exclusivement de bottines pour femmes et fillettes. Cependant certaines maisons commencèrent à fabriquer de la chaussure pour hommes. Depuis quelques années la majorité des fabriques fougeraises sont pourvues de machines à monter d'importation américaine et dites « Boston ». Les ouvriers employés à cette machine « Boston » reçoivent les tiges et sont chargés d'y adapter les semelles. Pour fournir suffisamment de travail à une machine une équipe de cinq ouvriers est nécessaire. Cette équipe est ainsi composée : L'opérateur, s'occupant exclusivement de la machine; le monteur en bout, dont le travail consiste à former le bout des chaussures; l'afficheur de semelles, qui à l'aide de quelques semences affiche, c'est-à-dire, adopte la semelle pour faciliter le travail de la machine. Enfin 2 compagnons (de 13 à 18 ans), limite extrême, font un travail de moindre importance. Une machine peut faire en moyenne 100 paires par jour. Le travail à la machine « Boston » exige une grande attention, une dépense de force et d'énergie peu ordinaire à tel point qu'un opérateur, après une dizaine d'années passées à sa machine, ne peut continuer à moins qu'il soit doué d'une force extraordinaire. Les salaires avant la grève de 1906, étaient les suivants : L'opérateur 0 fr. 08 la paire sur lequel il devait prélever le prix des fournitures.

 

 

 

 

Le monteur de bout, 0 fr. 065 la paire sur lesquels lui aussi devait prélever le prix de ses fournitures, et enfin l'afficheur de semelles, qui comme les précédents payait ses fournitures, avait 0 fr. 06 la paire. Les compagnons étaient payés à la journée et gagnaient environ de 2 fr. à 2 fr. 50 par jour. L'industrie de la chaussure à Fougères subit selon les années un chômage de plusieurs semaines. A Rennes deux maisons importantes occupent près de 100 ouvriers et font des chaussures de luxe qui sont vendues dans des succursales parisiennes. Il y a quelques années, l'un des principaux fabricants de Fougères tenta l'installation d'un atelier à Rennes qui pour différentes raisons disparut peu après. Des maisons de Paris possèdent à Rennes des entremetteurs qui fournissent du travail à des ouvriers rennais. En résumé, l'industrie de la chaussure est la plus importante du département en ce sens qu'elle fait vivre le plus grand nombre de travailleurs. Hélas en 2009 la dernière usine de chaussures de la ville de Fougère fermait ses portes….

 

 

 

 

Ganterie. -En 1836, l'industrie de la ganterie possédait deux fabriques à Rennes qui produisait une moyenne de 70 à 75 paires de gants par semaine ou 14.000 paires par an. Aujourd'hui cette branche de l'industrie a presque complètement disparu et c'est à peine s'il existe encore quelques fabricants n'occupant pas d'ouvriers.

 

J. Coupel

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 13:46

 

L'ordonnance énonce ensuite tous les détails de la cérémonie qui s'accomplissait lors de l'ouverture de la foire. « Le boeuf donné par le seigneur, couvert d'une serge de couleur éclatante, les cornes ornées de rubans, était promené par le champ de foire. pour esbattre les marchands; l'un d'eux chevauchait le boeuf, tenant en main une épée, tandis que quatre cierges de cire étaient portés autour par ses confrères. Des menestreuz fournis aussi par le seigneur ouvraient la marche triomphale. Les sergents et les officiers du seigneur faisaient ouvrir la voie à la procession joyeuse des marchands en tête desquels devaient corner les menestreuz; en ce faisant le dit seigneur devait faire publier les bans, et les marchands étaient tenus eux arrêter pour ouïr les dites bannies » Cette procession terminée, le boeuf servait à préparer un repas pour lequel il incombait encore au seigneur de fournir le boucher, le cuisinier, le local et les bois pour dresser la table, les pots, pelles, vaisselle, sel, etc.… Après avoir été ainsi régalés, les marchands étaient « tenus délier et étaler leurs denrées en ladite foire et marché. » De tout tort qui leur était causé, le seigneur était responsable. L'amende à payer en ce cas par le seigneur était équivalente aux frais de la cérémonie décrite plus haut. D'après une estimation de l'époque, cette amende pouvait s'élever à 36 l. 6 s. 4 d. Si le seigneur ou quelqu'un de ses gens était directement coupable de l'offense faite aux marchands, l'amende à payer était double. Si le seigneur se refusait à toute réparation des dommages causés, les marchands ne revenaient point vendre dans sa châtellenie. Nombre et prospérité des marchands de Rennes. Petits marchands et marchands jurés. Sur le degré de prospérité des marchands rennais, nous n'avons point de renseignements précis. Nous savons qu'à côté d'un petit nombre de gros marchands existait une foule de petits détaillants en général assez misérables. Au XVIIIe siècle les uns et les autres se plaignent de la difficulté des affaires et de l'âpreté de la concurrence; ils se disent tous fort peu riches. Leur nombre s'élevait en 1755 à 450. En 1776, ils n'étaient plus que 380. Nous aurons à exposer plus loin les graves conflits qui éclatèrent au XVIIIe siècle entre les petits marchands et les maîtres-marchands jurés, conflits qui eurent pour cause lointaine l'établissement, auprès des maîtres de l'ancienne et puissante corporation en jurande des marchands de Rennes, d'un nombre considérable de petits marchands sans jurande. Les artisans. C'est dans le courant des XIVe, XVe et XVIe siècles que s'organisèrent à Rennes la plupart des communautés d'artisans en jurande. Il s'en faut de beaucoup que tous les métiers exercés à Rennes aient ainsi constitué des corporations jurées. La plupart demeurèrent métiers libres en dépit des ordonnances et des édits royaux. Trente métiers s'organisèrent successivement en communautés jurées. Mais jamais on ne vit coexister à Rennes ces trente communautés. En 1626, en effet, alors que le nombre des communautés était de vingt-sept, celles des sergiers et des drapiers se fondirent en une seule. Le rapport sur la situation des maîtres des divers métiers rennais, dressé par l'intendant en 1755, nous apprend qu'à cette date, les communautés des bonnetiers, des esquerdeux, des éperonniers, des chapeliers et des fourbisseurs et armuriers n'existaient plus. Ce rapport de 1755, ainsi que les rapports de même nature établis en 1767 et en 1776, nous fournit de précieux renseignements sur le nombre des artisans (maîtres ou patrons) qui exerçaient à Rennes les divers métiers, soit que ces métiers fussent libres, soit qu'ils constituassent des corporations en jurande. Le rapport de 1755 nous éclaire en outre sur la situation de fortune des maîtres.L'état de 1776 ne donne aucun renseignement sur les apothicaires, les chirurgiens, les drapiers et les tanneurs. Ces quatre professions furent cependant représentées à Rennes par des communautés en jurande jusqu'en 1791. Nous avons les registres des délibérations des apothicaires, des drapiers et sergiers et des tanneurs jusqu'à cette année 1791.

 

Métiers libres.

 

Boulangers forains

 

-1755 : 26 dans la gène.

-1767 : 6

 

Confiseurs

 

-1755 : 9 aisés  

-1767 : id

 

Cafetiers

 

-1755 : 2 pauvres.

-1767 : 4

 

Teneurs de billards

 

-1755 : 7 -4 sont aisés; 3 pauvres.

-1767 : 5

 

Bonnetiers

 

-1755 : 12 sont dans la gêne. Eurent des statuts.

-1767 : 11

 

Brodeurs

 

-1755 : 2

-1767 : id.  

 

Blanchisseuses

 

-1755 : 100 le métier est exercé par des femmes, dont les maris exercent une autre profession. En général, très peu aisés.           

-1767 : 139 

 

Chapeliers      

 

-1755 : 16 ce ne sont que des dégraisseurs, II fort peu aisés.

 

Eperonniers

 

-1755 : 2 avaient autrefois des statuts. Ils sont fort pauvres.

 

Filassiers

 

-1755 : 4 très pauvres. »

 

Fripiers

 

-1755 : 75 la moitié vivent dans l'aisance ; les autres sont pauvres.

-1767 :115

 

Tisserands

 

-1755 : 40 pauvres.

-1767 : 64

 

Carreleurs ou Savetiers

 

-1755 : 80 id.

-1767 : 114

 

Charpentiers

 

-1755 : 43 -10 sont dans l'aisance. Les autres pauvres.

-1767 : 68

 

Couvreurs

 

-1755 : 41 -12 à 15 dans l'aisance. Les autres sont pauvres

-1767 : 32

 

Peintres -1755 : 4 -1 aisé. Les autres sont dans la gêne.

-1767 : 8

 

Maçons et Tailleurs de pierres.

 

-1755 : 120 très pauvres.

-1767 : 52

 

Terrassiers

 

-1755 : 100 id.

-1767 : 26

 

Charretiers

 

-1755 : 14 id.

-1767 : 6

 

Charrons

 

-1755 : 9 vivent tout juste de leur travail.

-1767 : 10

 

Chaudronniers

 

-1755 : 10 aisés.

-1767 :12

 

Cloutiers

 

-1755 : 12 pauvres.

-1767 : 7

 

Ferblantiers

 

-1755 : 4

-1767 : id.

 

Fondeurs

 

-1755 : 4

-1767 : id. 4

 

Fourbisseurs-Armuriers

 

-1755 : 2 -1 riche ; l'autre dans la gêne.

-1767 : 2

 

Gaîniers

 

-1755 : 7 dans la gêne.

-1767 : 6

 

Taillandiers

 

-1755 : 20 -4 vivent avec assez d'aisance. Les autres vivent avec peine. 

-1767 :16

 

Tonneliers

 

-1755 : 17 pauvres.

-1767 :25

 

Sassiers

 

-1755 : 9

-1767 : 6

 

Tourneurs

 

-1755 : 24 -2 dans la gêne et les autres dans la misère.

-1767 : 20

 

Cordiers

 

-1755 : 4 pauvres.

-1767 : 6

 

Matelassiers

 

-1755 : 10

-1767 : 10

 

Faïenciers

 

-1755 : 20 -6 dans l'aisance ; les autres dans la gêne.

 

Pelletiers-Foureurs

 

-1755 : 3 -1 dans l'aisance; les autres dans 4 la gêne.

 

Fabricants de peignes

 

-1755 : 11 pauvres.

-1767 : 9

 

Tapissiers

 

-1755 : 10 -1 dans l'aisance; les autres, pauvres.

-1767 : 11

 

Talonniers et Fabricants de socques.

 

-1755 : 16 pauvres.

-1767 : 7

 

Fabricants de chandelles

 

-1755 : 54 vivent tout juste de leur travail. 60

 

Lardiers-Charcutiers

 

-1755 : 53 dans la gêne.

-1767 : 32

 

Meuniers

 

-1755 : 4  

-1767 : id.

 

Poulaillères

 

-1755 : 17

-1767 : 23

 

Loueurs de chevaux

 

-1755 : 48

-1767 : 42

 

Jardiniers

 

-1755 : 64

-1767 : id.

 

Paveurs

 

-1755 : 11 -6 aisés; les autres, pauvres.

-1767 : 16

 

Portefaix

 

-1755 : 80 dans la misère.

 

Encaveurs

 

-1755 : 50

-1767 : id.

 

Cartiers (fabricants de cartes à jouer)

 

-1755 : 9 demi-aisance.

-1767 : 9

 

Doreurs

 

-1755 : 1 pauvre. -1767 : 9

 

Graveurs-Ciseleurs

 

-1755 : 5 dans la gène.

-1767 : 5

 

Horlogers.

 

-1755 : 93 dans l'aisance; 9 dans la gêne.

-1767 : 10

 

Joueurs d'instruments

 

-1755 : 9 Dans la gêne.

-1767 : 16

 

Maîtres d'école

 

-1755 : 35 -1767 : 25

 

Maîtres à danser et d'escrime

 

-1755 : 5 vivent tout juste de leur travail.

-1767 : 8

 

Sculpteurs

 

-1755 : 16 -3 dans l'aisance; les autres dans la gêne.

-1767 : 5

 

Bouquetiers

 

-1755 : 1 sans la gêne.

-1767 : 6

 

Cabaretiers-Débitants

 

-1767 : 68

 

Amidonniers

 

-1767 : 4

 

Bourreliers

 

-1767 : 12

 

Bougrainiers

 

-1767 : 3

 

Clissiers .

 

-1767 :4

 

Ebénistes

 

-1767 : 2

 

Imagiers-Domino tiers & Marchands de vins et cidre

 

-1767 : 63

 

Marchands de chaux, briques, lattes, sabots,

 

-1767 : 11

 

 

 

 

Communauté des Boulangers forains de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Couvreurs de la ville de Rennes

 

 

Communauté des Maçons et Entrepreneurs de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Peintres Vitriers Sculpteurs & Doreurs

de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Taillandiers et Cloutiers de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Tourneurs de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Cordiers et Filassiers de la ville de Rennes

 

 

 

 

Communauté des Orlogers et Graveurs de la ville de Rennes

 

 

 

Communauté des Maîtres à Danser de la ville de Rennes

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 10:45

 

Comme rectification au Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord (commune de Saint-Glen), M. Berthelot du Chesnay dépose, sur le bureau, un plan du monument dit La Haye-aux-Lions. Dressé en 1907, sur la demande de M. le Dr Guébhard, Président de la Commission des « Enceintes », à la Société Préhistorique de France, ce plan montre qu'à la place des deux tumuli, signalés par l'auteur du répertoire, il faut voir deux « mottes » entourées de talus élevés et de douves profondes. De plus, le déboisement du terrain qui les avoisine, a permis de reconnaître que ces deux « mottes » font partie d'un Camp retranché, ou château, entouré comme elles de talus et de fossés, remplis d'eau. Des fouilles, pratiquées à diverses époques par MM. Le Commandant Martin et Berthelot du Chesnay, dans les deux mottes dites, à tort, le Grand et le Petit tumulus, ne semblent laisser aucun' doute sur l'origine médiévale de cette fortification. Le « Petit tumulus », tout en argile plastique, n'a donné que des poteries modernes, quelques traces de foyers, et des ossements d'animaux en nombre. Le « Grand tumulus », formé comme le petit, de l'argile sortie des douves, a été exploré l'an dernier seulement et moins complètement. Il a fourni quelques poteries sans intérêt archéologique ; quelques morceaux de fer, déformés par la rouille, et une indication plus précieuse, qui faisait entièrement défaut dans le premier, A 0 m. 60 en dessous du sommet, et paraissant occuper la plate-forme sur tonte sa largeur, on a rencontré, en effet, une couche horizontale de grandes ardoises, ou mieux de lames de schistes talqueux, non taillées, mais percées d'un trou. D'autre part, aucune trace de soubassements en pierre, bien que la fouille ait. été descendue à deux mètres en dessous du sommet. Il y a donc présomption que cette motte portait, à l'origine, une tour en bois, recouverte des ardoises dont nous venons de parler, seuls vestiges qui en restent aujourd'hui. La Haye-aux-Lions » doit donc être classée comme « Enceinte anhistorique », car si nous avons des données sur son âge, nous n'en avons aucune, ni sur ses constructeurs, ni sur l'usage qu'ils en ont fait. M. le Dr Guébhard, en s'associant à ces conclusions, écrit qu'il serait heureux de trouver, parmi les membres de la Société, des adhérents et des collaborateurs pour l'étude des enceintes préhistoriques ou anhistoriques, si nombreuses dans notre pays. Saint-Brieuc, 25 lévrier 1908 C. Berhelot du Chesnay

 

 

Editions Le Flohic

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 10:26

 

Il y avait au village même des Champsgeraux un manoir, aujourd'hui disparu, par suite de la création du chemin vicinal des Champsgeraux à Plesder. De ce manoir, il ne reste qu'un écusson, aux armes des Nicolas, timbré d'une couronne de marquis et encastré, de côté, dans une construction neuve. Une chapelle moderne occupe le côté nord de la place du village et est dédiée à Notre-Dame. Près du village de la Gravelle se trouve le manoir de ce nom qui semble avoir été aussi la résidence des seigneurs des Champsgeraux, car on y voit encore, sur le portail de la cour un écusson aux armes des de la Lande, dont : Catherine de la Lande, dame des Champsgeraux, fut inhumée le 30 juillet 155 1 dans l'église d'Evran. Cet écusson, de forme octogonale, est accolé à un écusson triangulaire portant un lion. Le manoir de la Gravelle est en partie des XVIIe et XVIIIe siècles et on y remarque encore un colombier à pans coupés à l'un des angles de la cour. Raoulet Rouault était, en 1474, seigneur des Champsgeraux et de Launay-Pinel. En 1513 ces deux seigneuries appartenaient à Jean Rouault. Peut-être est-ce l'écusson des Rouault qui est accolé, sur le portail de la Gravelïe, à celui de Catherine de la Lande. François Martin, sieur du Plessix, fils aîné de Guillaume Martin et de Renée Fautret,; mariés en 1518, épousa : 1° vers 1550, Jeanne Rouault, héritière des Champsgeraux; 2° Bertranne du Chalonge. II. eut du premier lit : Gilles Martin, seigneur du Plessix et des Champsgeraux, qui épousa Yvonne des Déserts, dont : Jeanne Martin, dame des Champsgeraux, et du Plessix, mariée à Jean Nicolas, sieur de la Touche, anobli en 1614, dont : Jean Nicolas, écuyer, seigneur des Champsgeraux, conseiller au Parlement de Bretagne, mort aux Champsgeraux, le 27 août 1641 et inhumé aux Jacobins de Dinan. Il avait épousé en 1619 Louise Le Vayer, dame de Clays, dont : Jean Nicolas, chevalier, seigneur de Clays et des Champsgeraux, président aux enquêtes du Parlement de Bretagne, marié à Marquise Pépin, fille de René Pépin, seigneur du Fretay, de Sévigné, de la Bastonnays et de Partenay, et de Jeanne Çibouault de Pinieuc, dont, outre plusieurs enfants morts jeunes : 1° Germain Nicolas, seigneur de Clays, marié à Magdeleine Chenu de Clermont ; 2° Malo, qui suit ; 3° Mathurin, prieur de Châteaugiron ; 4° Silvie, mariée à Henri Guéhenneuc, seigneur de Boishuë. Malo Nicolas, chevalier, marquis des Champsgeraux, capitaine au régiment des fusiliers du Roi, épousa, le 31 octobre 1685, Marie Renée de Rosmadec, veuve d'Isaac, marquis de la Palluelle et vicomtesse du Besso, fille de Sébastien, marquis de Rosmadec-Molac et d'Anne-Renée de Kerohant-Kergournadec'h.

 

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 08:56

 

 

 

 

 

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 08:08

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 20:06

 

 

 

 

 

 

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 13:23

 

La manufacture de chapellerie eut « peu de succès ». Les actionnaires ne réalisèrent point de gros bénéfices, et Antheaume connut de pénibles embarras d'argent ; il se donnait pourtant beaucoup de peine afin de trouver des débouchés à ses marchandises : il confia de nombreuses pacotilles à des capitaines de navires marchands. Il demanda à Necker l'entreprise de la coiffure des troupes royales. Qu'advint-il de la manufacture après 1790? Le registre des délibérations des actionnaires est arrêté cette année-là, à la date du 27 mars. Sans doute, la manufacture disparut pendant la Révolution. Aucune grande industrie ne prospéra donc à Rennes. Toute la vie économique de la ville se concentra dans une population assez nombreuse de marchands, trafiquant prudemment des denrées qui pouvaient se débiter dans la ville et les environs, et de maîtres artisans de condition parfois aisée, plus souvent médiocre et même misérable, occupant chacun un très petit nombre de compagnons.

 

Les métiers rennais.

 

 

La plupart des métiers furent représentés à Rennes, et chacun par un grand nombre de maîtres. La ville, en effet, était, nous l'avons vu, étendue et peuplée. Si nombreux toutefois que fussent les métiers et les maîtres de chaque métier, on ne distingua point comme dans tant d'autres villes de métiers majeurs et de métiers mineurs. En fait, cependant, une certaine hiérarchie s'établit parmi les métiers rennais. Les plus importants, ceux dont les maîtres étaient le plus nombreux et le plus riches, formèrent des confréries, puis des communautés en jurande. Leurs privilèges, leur organisation, qui consacraient l'aisance relative de leurs membres, en firent une véritable aristocratie ouvrière. D'autre part, certains métiers furent officiellement réputés vils et déshonorants. La Très ancienne Coutume de Bretagne désignait ainsi comme gens de vilains métiers dont l'exercice enlevait le droit de tester en justice :

 

Les écorcheurs de chevaux et vilaines bêtes,

 

La garçaille et truandaille,

 

Les pendeurs de larrons,

 

Les porteurs de plateaux en taverne,

 

Les vidangeurs,

 

Les pelletiers,

 

Les poissonniers,

 

Les crieurs de vin

 

Les marchands.

 

Parmi les corporations en jurande, la communauté des marchands se distingua par le nombre de ses maîtres, la richesse de quelques-uns d'entre eux, les privilèges particuliers que leur fortune valut à ceux-ci. Les riches marchands pouvaient participer à l'administration des hôpitaux et même au gouvernement de la ville. Au Moyen-Age, d'ailleurs, et souvent même jusqu'au XVIIIe siècle, les marchands ont possédé partout une incontestable suprématie dans le monde économique. Les relations commerciales étant fort difficiles, la différence était considérable entre la valeur des marchandises à la sortie des mains du producteur et leur valeur d'échange. Cette différence profitait au marchand seul qui, courant tous les risques, recueillait tous les bénéfices. Aussi les capitaux s'accumulèrent-ils aux mains de la classe commerçante. Elle s'éleva rapidement dans l'échelle sociale et forma une riche bourgeoisie qui parvint souvent à la noblesse. Les artisans ne sortirent pas de leur humble situation, et restèrent pendant de longs siècles économiquement subordonnés aux marchands détenteurs des capitaux. Parfois même, comme à Lyon dans l'industrie de la soierie, comme en Flandre dans l'industrie de la draperie, le maître artisan devint le salarié du maître marchand dont il exécutait les commandes, sans pouvoir vendre directement ses marchandises aux consommateurs. A Rennes, dont l'activité industrielle et commerciale fut toujours peu intense, cette suprématie de la classe marchande s'affirma moins fortement que dans des centres économiques tels que Lyon. Une nombreuse population de magistrats, d'hommes de loi, de fonctionnaires, empêcha que les commerçants ne tinssent la première place dans la ville, même parmi les bourgeois. Les artisans drapiers restèrent indépendants des maîtres marchands qui avaient bien la permission de vendre du drap, mais sans qu'il fût interdit pour cela aux maîtres artisans de l'offrir directement au public. Cette industrie de la draperie fut, même après le XVIe siècle, assez florissante à Rennes.  

 

Les marchands de Rennes dans les foires de la région.

 

 

Les marchands rennais, au XVe siècle du moins, et sans doute de tout temps, ne se contentaient point de débiter leur marchandise dans la ville et les faubourgs; ils allaient aussi l'étaler dans les foires de la région. Une ordonnance relative aux foires et marchés, dont le texte nous a été conservé dans un registre de la communauté des marchands de Rennes commencé en 1437, nous apprend quels étaient les privilèges des marchands qui s'en allaient ainsi exposer leurs marchandises en vente dans les foires de Bretagne. Les marchands, qu'on désignait alors généralement sous le nom de merciers, avaient la faculté de choisir dans le lieu où se tenait la foire, l'endroit où ils dresseraient leurs étalages. Le seigneur du lieu devait leur fournir bois, osier et outils pour établir leur logement et leurs étaux; il était en outre tenu de les garantir de toute extorsion et ne pouvait lever sur eux « plus ample coutume que dans la prochaine ville marchande étant en châtellenie ». Le jour de l'ouverture de la foire, il avait à donner aux merciers le pain blanc, une pipe de vin, une livre de poivre, une tresse d'ail et un boeuf bon et suffisant 

 

 

Communauté des Marchands de vin de la ville de Rennes

 

 

Communauté des Marchands Merciers & Quincailleurs

de la ville de Rennes

 

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