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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 13:21

 

En 1793, Broons Lamballe et Rostrenen furent sur le point d'être forcés mais le vingt-neuvième jour de L'an II Moncontour envoya Broons 70 gardes nationaux pour s'y organiser eu compagnie avec les gardes nationaux de Jugon. Les Républicains de Lamballe volèrent aussi leur secours en mars de la même année et l'on parvint ainsi contenir là formidable insurrection dont on était menacé. Le lendemain de l'entrée des Royalistes à Quintin, c'est à dire le 5 thermidor an III, l'adjudant-général Chain peaux reçut du général Chabot l'ordre d'aller avec ses 1.800 hommes occuper le camp établi Saint-Brieuc., et que l'invasion des chouans dans les Côtes-du-Nord avait fait lever ; mais Hoche qui était arrivé Saint-Brieuc le six thermidor, chargea cet ordre et intima à Champeaux celui de retourner Vannes et de renvoyer ses grenadiers dans les cantonnements qu'ils occupaient avant leur expédition. l'adjudant-général Champeaux reçut du général Chabot l'ordre d'aller avec ses 1,800 hommes occuper le camp établi à Saint-Brieuc., et que l'invasion des chouans dans les Côtes-du-Nord avait fait lever ; mais Hoche qui était arrivé Saint-Brieuc le six thermidor en changea cet ordre et intima à Champeaux celui de retourner Vannes et de renvoyer ses grenadiers dans les cantonnements qu'ils occupaient avant leur expédition. Champeaux obéit et peu de temps après Hoche lui confia le commandement de l'arrondissement de Broons et de toute la ligne de défense des départements d'Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord et du Morbihan. Cette partie de la Bretague était infestée par les chouans qui pullulaient. Champeaux les atteignit et les maltraita dans plusieurs rencontres partielles mais, les ayant trouvés réunis près de Caulnes sur la route de Saint-Jouan à Dinan il eut avec ces chouans qui avaient rassemblé sur ce point l'élite de leurs bandes, une action qui dura près de quatre heures. Forcés au pas de charge dans leurs retranchements, ils prirent enfin la fuite laissant le champ de bataille jonché de morts. Le capitaine Cardon, commandant les grenadiers du 2e bataillon de l'Ain, le fourrier Sibuet du même bataillon, et Durand, gendarme Broons s'y distinguèrent par leur bravoure. En vendémiaire an IV la place de Broons, fut de nouveau menacée par les royalistes et des rassemblements considérables eurent lieu peu de distance de la ville mais l'énergie des patriotes parvint de rechef faire avorter leurs projets. La municipalité de Broons contient assure-t-on des documents précieux pour l'histoire de cette guerre civile, que l'on doit déplorer, sous quelque drapeau qu'on ait combattu. Le bourg de Caulnes, jusqu'à l'an de l'ère républicaine, fut le chef-lieu canto nal. Sous la révolution, il devint le théâtre de deux combats sanglants entre les chouans et les bleus. Le général Champeaux en 1795, livra aux royalistes une terrible bataille, qui ne dura pas moins de quatre heures, tant les partis étaient acharnés dans ces luttes fatricides et jamais déplorables. Les troupes régulières de la république demeurèrent victorieuses. Caulnes fut le théâtre d'importants combats entre les royalistes mené par MM J. de Saint-Pern et Crepel, et des soldats républicains casernés au château de Coëlan De chaque côté il y eut un grand nombre de morts, une quinzaine dans un champ qui borde la grande route, vis à vis le bois de la Haie Deux autres rencontres eurent lieu vers la même période au village de la Perchais et des environs. Pendant les Cent jours, une colonne royaliste, commandée par M. du Bois-Hamon, livra au pont de l'Isle un combat très-vif à un détachement de fédérés de Brest, appartenant aux 15e et 86e de ligne et à l'artillerie de marine, et fit prisonnier le major du 86e, 18 officier et 96 soldats. Forcés de prendre la fuite, les royalistes laissèrent sur le terrain un grand nombre de morts.

 

 

 

 

Charles de Boishamon

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 20:26

 

 

 

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Au Moyen-Age, en cas d'alerte, lés habitants des places combattaient avec la garnison ; il fallait donc que l'arc et plus tard l'arbalète ne fussent pas en leurs mains des fardeaux inutiles. Depuis le XIVe siècle au moins, les habitants tiraient de l'arc. Cet exercice devint pour eux une obligation après la création (en 1425) des milices paroissiales, qui devinrent les Bons-corps. Dès cette époque, les tireurs ne faisaient-ils pas leur apprentissage au jeu du papegaut ? Le Papegaut était un oiseau de bois ou de carton peint auquel on tirait, à l'arc d'abord, puis à l'arbalète ; et, quand les armes à feu eurent remplacé les armes à corde, on tira à l'arquebuse et enfin au mousquet. On a écrit : «L'institution du papegaut en Bretagne remonte au XVe siècle : François II, par une ordonnance de 1483, l'établit à Nantes, Rennes et Saint-Malo. » La vérité est que le papegaut existait près de cent ans auparavant, en 1398, à Quimperlé. Nous le trouvons en faveur à Vannes en 1455 ; et l'ordonnance nous le montre en grand honneur à Nantes même, longtemps avant 1482. Elle est rendue en réponse à une requête de nombre de « bourgeois fréquentans le jeu d'arc... à chacune fête (dimanche), » en faveur du « roi. fait au mois de mai, en abattant d'un coup de flèche une enseigne d'oiseau nommé papegaut, assis sur une haute tour de notre ville, etc. » L'abatteur avait déjà, comme on voit, le titre de roi ; l'année de sa royauté révolue, il aura le titre d'ancien roi, et jouira de quelques prérogatives : il donnera son avis « sur la bonne confection, sur le loyal abat du papegaut, etc. » Le tir solennel du mois de mai est un concours. Tout concours suppose un exercice préalable, et François II nous apprend que cet exercice se faisait «continuellement... à chaque fête », avant même que l'abatteur eût aucun privilège. Nous avons dit plus haut que le duc Jean V, conseillé par son frère, le connétable de Richemont, créa les milices paroissiales (1425). L'ordonnance du duc suppose que beaucoup savent tirer de l'arc. Il importait que tous en fissent l'apprentissage. Nul doute qu'à partir de cette date les ducs n'aient créé des papegauts en nombre de villes, surtout aux places « maritimes ou frontières ». On ne peut douter que, à ce double titre, Concarneau n'ait eu très anciennement son papegaut. Dans le mandement de 1451, le duc Pierre II rappelle que, pendant la guerre de Cent ans, « les habitants de Concarneau se sont souvent armés pour faire résistance aux Anglais. » Comment leurs services auraient-ils été utiles, si les habitants n'avaient pas su tirer de l'arc ?si les habitants n'avaient pas su tirer de l'arc ? Voici, je crois, une autre preuve de l'ancienneté du papegaut : C'est le sénéchal qui, sur le rapport des chevaliers du jeu, « déclarait l'abat du papegaut bien et dûment fait », proclamait le roi et le mettait en possession des émoluments attribués « à rabatteur .» Le tir du papegaut était, comme nous dirions aujourd'hui, une affaire municipale. Du pouvoir attribué au sénéchal ne peut-on pas conjecturer que le papegaut a précédé la création des communautés urbaines ? Or, en grand nombre, elles sont antérieures à 1450. L'ordonnance de 1482 ne marque donc pas la date de la première institution du papegaut en Bretagne ; mais elle semble avoir innové en accordant « au roi pour l'année de sa royauté seulement, exemption de toutes tailles, aides, emprunts, etc., et de guet, garde de portes et autres subsides et subventions personnels. » En outre, le duc lui « donne l'impôt de 20 pipes (40 barriques) de vin nantais qu'il fera vendre en détail dans sa maison ou autre maison de la ville. » Deux observations : 1° François II n'exempte que le vin de Nantes, vin breton payant beaucoup moins cher que le vin étranger importé en Bretagne ; nous ne voyons pas ailleurs cette restriction imposée à rabatteur. 2° L'exemption des tailles, aides etc., impôts variables, cessera bientôt ; mais elle sera compensée, avec avantage pour l'abatteur, par une exemption bien plus large des droits sur le vin vendu au détail. François II compte par pipes : les Rois de France, ses successeurs, compteront par tonneaux. Au XVIe siècle, après la réunion de la Bretagne à la France, il fut fait, au point de vue des finances sans doute, une recherche des lettres autorisant le papegaut ; or, plusieurs villes les avaient perdues : elles firent sans peine la preuve de l'usage ; l'usage fut pris pour la preuve du droit, et les Rois de France accordèrent très libéralement des autorisations. On a écrit : « Henri II, Charles IX, Henri III, encouragent le papegaut ; mais en paroles seulement. Mais les villes savent faire de larges sacrifices en sa faveur.» Les faits démontrent au contraire de la part des Rois une extrême libéralité que la cour des comptes et le conseil d’État trouveront excessive, et de la part des communautés unies aux fermiers des impôts, une rapacité insatiable et une honteuse lésinerie. Faut-il des exemples de la libéralité royale et de la rapacité des fermiers de l'impôt ? Nous les trouvons à Concarneau. En septembre 1557, Henri II accorde à cette ville le droit de papegaut, par des lettres ainsi relatées dans un arrêt du Conseil du 27 juillet 1671 : « Permission aux habitants de Concarneau de tirer tous les ans au mois de may au jeu du papegault de l'arquebuze, et de vendre par celuy qui l'aurait abatu, la quantité de trente tonneaux de vin en ladite ville ou autres lieux que bon lui semblerait en la jurisdiction d'icelle, francs et exempts de tous droits d'impôts et de billots, lettres vérifiées en la dite Chambre des Comptes pour l'exemption de vingt-cinq tonneaux de vin seulement. » Une exemption de droits sur 30 tonneaux ou 120 barriques n'est pas un mince avantage : la cour des Comptes le juge excessif et réduit à 25 tonneaux ou 100 barriques ; mais, sans parler du titre et des honneurs de roi, l'exemption même réduite récompense royalement l'adresse de l'abatteur. Mais à quelle somme en monnaie actuelle peut s'évaluer ce prix ? Les éléments d'un calcul exact nous font défaut. Procédons par approximation -disons mieux -par comparaison. papegaut de Quimper : exemption sur 30 tonneaux (120 barriques) réduite à 25 tonneaux (100 barriques). Or, nous sommes renseignés en ce qui concerne Quimper. En 1594, pendant les troubles, Quimper saisit l'occasion de supprimer le tir du papegaut, pour unir à ses finances (c'est-à-dire confisquer à son profit) les émoluments du papegaut. De ce chef, le miseur porte à son compte une somme de 600 livres, soit aujourd'hui 3.169 francs au minimum. Mais -disons-le tout de suite -en 1671, nous allons voir l'exemption sur 25 tonneaux réduite à 15 tonneaux. Il nous faudradonc réduire nos chiffres des deux cinquièmes : 240 livres. -Il restera seulement 360 livres, ou 1.901 francs. Au début du XVIIe siècle, bien que devenus moins utiles, les exercices du papegaut étaient encore en grande faveur, lorsque, par édit de 1605, Henri IV les supprima, pour «unir leurs exemptions d'impôts au trésor royal, » Le Parlement de Bretagne refusa l'enregistrement de l'édit, les Etats protestèrent ; et une déclaration de mars 1606 « interprétant » ou plus exactement retirant l'édit, rétablit le jeu, mais à l'arquebuse seulement ; l'arc et l'arbalète étaient passés de mode. Au milieu du XVIIe siècle, le pouvoir royal demanda encore aux villes la justification de leurs droits au papegaut : 37 villes produisirent les lettres du duc François II (1482), et des lettres, confirmatives ou non, des Rois François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIII, et même une de Louis XIV, faisant preuve du droit. Concarneau produisit non les lettres mêmesde Henri II, que la ville crut peut-être prudent de garder ; mais l'expédition authentique dont nous avons parlé plus haut. Par arrêt du 27 juillet 1671, le Conseil d'Etat admet les productions de 36 villes, y compris Concarneau. Mais il réduisit presque toutes les exemptions, notammentcelles de Concarneau, à 15 tonneaux. C'était la moitié de l'exemption accordée en 1557, déjà réduite à 25 tonneaux par la cour des Comptes. Après l'arrêt de 1671, on voit en plusieurs villes l'abatteur traitant avec les fermiers des devoirs pour une somme de 300 ou 350 livres (environ 1.000 ou 1.150 francs). Marché lésionnaire auquel l'abatteur se soumet par peur du procès dont le fermier le menace. D'autres vendent leur droit à un cabaretier, qui, encouragé par le fermier, le paiera un prix dérisoire. Mais bientôt les chiffres indiqués plus haut, 300, 350 livres, deviendront l'exception, comme nous allons voir. Un siècle environ après l'arrêt de 1671, le 31 décembre 1768, les Etats de Bretagne, jugeant l'apprentissage et l'encouragement du tir inutiles, demandèrent la suppression des papegauts et l'emploi de leurs deniers à « l'entretien des hôpitaux en état de retirer, nourrir et élever les enfants trouvés. » A ce moment, 43 villes faisaient tirer au papegaut. Plusieurs protestèrent contre la suppression projetée : notamment Saint-Malo ; mais d'autres parurent renoncer au « jeu », dans l'intérêt de leurs hôpitaux. Un arrêt du Conseil du 7 mai 1770 supprima les papegauts, sauf pourtant celui de Saint-Malo, et peut-être ceux de Groix et de la Roche-Bernard, que nous voyons existants encore en 1776. Nous avons vu plus haut les fermiers des devoirs acquérant pour un prix vil, à 300 et 350 livres, des exemptions valant beaucoup plus : leur rapacité ne se contente pas de ce premier succès ; et, cent ans après, les fermiers paient moins cher des exemptions qui valent plus qu'après l'arrêt de 1671. Elles valent plus, parce que les droits exemptés sont augmentés des 2 sous par livre, créés en 1705. Voici les divers prix que je relève en 1770 : Les abatteurs reçoivent 800 livres (Saint-Malo), 400 livres (Nantes et Rennes), 300, 240, 200, 180, 150, 130, 120, 90, 75, 70, 63, 60. Deux abatteurs à Guérande et Piriac ne reçoivent rien. L'abatteur de Lesneven est réduit d'année en année (240, 200,180). Le papegaut de Malestroit est évalué à 83 livres, moitié pour l'hôpital, moitié pour rabatteur, soit 41 livres 10 sols à chacun. On compte 6 livres à celui qui abat la tête de l'oiseau, 6 livres à celui qui a le blanc (?) ; 2 livres au greffier ; 4 livres au tambour. -Reste au roi, 23 livres, 10 sous L'abatteur de Concarneau est mieux traité. Voici une lettre écrite le 6 juillet 1770, par le subdélégué de l'intendance : « On tire le papegault en cette ville chaque année au mois de may authorisé par lettres patentes de 1557 par lesquelles l'abateur devait jouir de la liberté de vendre et débiter quitte et franc de tout tribut, de droit d'impôt et billot, entrée de port et hâvre et autres subsides et impositions quelconques, trente tonneaux de vin de tel crû que bon lui semblerayt pendant un an ; mais bien s'en faut qu'il retire cet avantage depuis plusieurs années, causé, prétend-on, par diverses difficultés que font les fermiers des devoirs. Depuis plusieurs années, l'abatteur s'accommode avec eux et en a retiré l'un 300 livres, les autres 340 jusqu'à 350, attribution bien au-dessous du véritable droit. » C'est-à-dire 606, 686, 707 francs de nos jours. Quelle était donc la valeur du « véritable droit » auquel le subdélégué fait allusion, sans nous le faire connaître ? Les archives de Quimper vont encore nous renseigner. -Nous avons vu plus haut que les droits du papegaut (sur 15 tonneaux) pouvaient être évalués, après l'arrêt de 1671, environ 1.900 fr. de notre monnaie. Depuis, ils furent quelque peu augmentés par l'exemption des deux sous pour livres, après 1705. A la suppression, les droits de Quimper, 15 tonneaux, furent unis à ceux de Penmarc'h (10 tonneaux), soit en tout l'exemption sur 25 tonneaux que Quimper estimait, en 1594, 600 livres ou 3.169 francs actuels. Ces droits réunis furent attribués à l'hospice de Quimper. Ils sont compris aux comptes de l'hospice pour la somme de 1.200 livres, environ 2.400 francs de notre monnaie. Dans cette somme, Penmarc'h figure pour 2/5 et Quimper pour 3/5, soit 480 livres pour Penmarc'h, 720 pour Quimper. Telle devait être, à peu près, la valeur du « véritable droit» à Concarneau. On voit que la plainte du subdélégué est trop fondée. A propos de la suppression des papegauts, rappelons un fait qui montrera avec quelle insouciance étaient gardées les archives municipales. En novembre 1770, le maire de Concarneau, député aux Etats, demande copie des lettres établissant le papegaut ; il a besoin de cette pièce pour que les droits de rabatteur soient régulièrement transportés à l'hôpital. La communauté s'assemble et « nomme deux commissaires pour faire la perquisition des lettres... Les commissaires descendent aux archives et ne trouvent rien ; » mais ils ont appris que les lettres peuvent être aux mains de tierces personnes. « La communauté charge les commissaires de toutes perquisitions à cet égard et d'en faire un rapport. » Les commissaires (Dupont Bodélio et Morineau) rapportent, non l'original des lettres du 7 septembre 1557, mais une copie authentique tirée le 6 octobre 1669 (Mes Billette et Caradec, notaires royaux), qui leur a été remise par l'héritier d'un ancien maire. Un dernier mot sur le règlement du papegaut. -La religion chrétienne avait mis son empreinte sur toutes nos institutions. Les règlements du jeu de papegaut avaient un caractère non seulement moral, mais religieux. Des pénalités sont portées contre les arquebusiers querelleurs, ivrognes, blasphémateurs : ceux-ci peuvent même être dégradés de leurs armes. Il va sans dire que les archers ou chevaliers du jeu forment une compagnie que le roi commande. A la procession de la Fête-Dieu célébrée au mois de juin, le roi paraissait dans l'éclat de sa dignité nouvelle, « à la tête de la compagnie marchant en bataille pour assister le Saint-Sacrement que les chevaliers ont promis et juré de conserver et défendre au péril de leur vie. » «Commandement est fait expressément à tous chevaliers ... d'avoir devant les yeux l'honneur de Dieu en recommandation et qu'ils se déporteront (s'abstiendront de paraître) à la butte le dimanche des Rameaux, le Vendredi-Saint, Pasques, Pentecostes, Toussains et Noël, lesquelles fêtes sont prohibées et deffendues dudict exercice, ains (mais) employées au service de Dieu... » Cet article du règlement de Rennes montre en quel esprit ce règlement a été conçu, et les citations que nous avons faites d'autres règlements témoignent que cet esprit n'inspirait pas seulement les archers de Rennes. Je crois à propos de donner ici la liste de dix-neuf des derniers abatteurs du papegaut, à partir de 1742 jusqu'au dernier tir en 1770. Cette liste peut intéresser les Concarnois portant aujourd'hui les noms qui vont suivre.

 

1742 -Robert Melgven Le Bihan.

 

1743 -Robert Melgven.

 

1744 -François Bolloré.

 

1745 -Jean Le Bouédec, matelot.

 

1746 -Robert Melgven.

 

1748 -Jean Saillant.

 

1749 -François Michel, boucher.

 

1750 -René Brisson.

 

1751 -Jean-Pierre Brisson.

 

1757 -Le Nadan.

 

1760 -Nicolas Keralain, matelot.

 

1761 -François Michel.

 

1762 -Philippe-Louis Cornilleau, procureur.

 

1763 -François Michel.

 

1764 -Yves Dauzon.

 

1766 -François Michel.

 

1767 -Julien Kerevel.

 

1769 -François Le Raz.

 

1770 -François Broustel.

 

 

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 19:30

 

 

 

 

 

 

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L'acte dont je vais donner le texte, bien qu'il semble d'un assez faible intérêt au premier abord, est peut-être l'un de ceux qui honorent le plus le règne du duc Jean V : l'ingénieur-géographe Ogée, dans son dictionnaire de Bretagne où perce trop souvent l'esprit adopté par les auteurs de l'Encyclopédie, dit assez cavalièrement : « Il (Jean V) eut le surnom de Bon, qu'il méritait sans doute. » M. Guépin, dans l'histoire de Nantes, avoue que ce prince, bien que peu brave et doué d'une médiocre intelligence, faisait pourtant marcher de front tout ce qui pouvait améliorer le sort moral, physique et intellectuel de ses sujets : avouons qu'on s'abonnerait encore à avoir des souverains aussi médiocres ! Dans la Biographie Bretonne, M. LeJan s'exprime ainsi : «En somme, Jean V, prince médiocre, eut un règne très-beau pour la nation. D'où vient cette anomalie?.... N'exagérons pas, toutefois, l'incapacité de Jean V, à qui nous ne pouvons attribuer l'initiative des choses puissantes accomplies sous son gouvernement, mais qui a le mérite très-réel de l'avoir suivie. Le peuple en jugea ainsi, car il l'appela Jean-le-Bon. » Moi , je me permets de dire que le peuple a eu dix fois raison, si le fait que je signale aujourd'hui a été, comme je le crois, connu parmi les Bretons, et, probablement, s'il n'est pas resté unique. Au commencement du XVe siècle, la châtellenie de Moncontour appartenait à Olivier de Clisson, qui la donnait, le 28 janvier 1406, à sa fille Marguerite, comtesse de Penthièvre : quatre ans plus tard, celle-ci abandonnait cette seigneurie au duc de Bretagne moyennant 2000 livres de rente : nous avons eu déjà occasion, quelques pages plus haut, de voir comment il se fit que l'on dût indemniser les sires de Montafilant qui avaient aussi, à cette époque, des droits sur Moncontour. Je ne sais trop à quelle époque de sa vie si agitée le connétable résida à Moncontour: ce qu'il y a de positif, c'est que pour embellir son château il voulut établir des jardins, et pour réaliser son désir, s'empara de la propriété d'une femme nommée Isabelle Torio, démolit deux maisons qui appartenaient à celle-ci et oublia complètement de l'indemniser. Bien des années s'écoulèrent, et Isabelle Torio devait craindre que le bon plaisir du sire de Clisson n'acquît force de chose jugée, lorsque, pour son bonheur, elle devint subgiée du duc de Bretagne. Jean V, alors seigneur de Moncontour, considéra que sa conscience l'obligeait à réparer les torts causés par l'injustice des anciens propriétaires du fief, et indemnisa sa sujette par des lettres conçues en ces termes : « Jehan par la grâce de Bieu duc de Bretaigne, conte de Montfort et de Richemond, à nostre bien amé et féal secretaire Alain Guillet, nostre receveur de Lamballe, salut : Receues avons la supplicacion et humble requeste de nostre pouvre subgiée Ysabel Torio demeurant en nostre ville de Lamballe, contenant coment feu le sire de Cliçon avoit autrefois fait démolir et abatre deux maisons appartenantes à ladicte impétrante, et en la place des dictes maisons fist fere et édifier les jardins de nostre chastel de Moncontour, sanz ce que elle peust avoir dudit sire de Cliçon aucune satisfacion ne récompense, ainsi que de ce nous avons esté bien informez et acertainez, nous suppliant sur ce lui pour voir de remède convenable. Pour ce est-il que nous qui usons et possédons lesdiz jardins, avons aujourd'huy fait veoir ladicte supplicacion en nostre conseill, et par icelui le cas meurement considéré, a esté ordonné que pour la descharge de nostre conscience nous rendons et poyons, ou façons rendre et poyer à ladicte suppliante, pour son desdomaige et récompense des dictes maisons, la somme de soixante livres monnoie. Pourquoy vous mandons et commandons que incontinent ces lectres veues, vous poyez à ladicte suppliante ladicte somme de soixante livres, lui ordennée, comme dict est, sauff à elle à avoir son recours de demander en plus large son desdomaige et récompense, si elle voit l'avoir affere, envers les hoirs dudit feu le sire de Cliçon qui fist démolir lesdictes maisons ; et gardez que en ce n'ait faulte, et rapportez ces présentes avecque la quictance de ladicte suppliante : ladicte somme de soixante livres vous seraalloée et mise en elère descharge par noz bien amez et féaulx conseillers les gens de noz comptes aucquelx mandons et commandons ainsi le fere, car ainsi le voulons et nous plaict, nonobstant queulxconques ordonnances touchant nostre trèschier et très-amé ainsné filz le conte de Montfort, ne autre ad ce contraires. Donné en nostre ville de Nantes le XVIe jour de mars, l'an mil cccc trante. Par le duc : de son commandement et en son conseill auquel vous, le séneschal de Rennes et de Nantes, Jehan Mauléon, le général maistre des monnoies, Jehan Chauvin, Jehan Garin, le trésorier, et autres estiez. » La dernière phrase de ce titre était là pour empêcher les difficultés qui auraient pu provenir de la part de François de Bretagne comte de Montfort, auquel Jean V avait donné la châtellenie de Moncontour. Le duc tenait fortement à ce que cet acte de justice reçût sans retard son effet, car à la charte, qui est accompagnée de la quittance, datée du 31 mars, est annexé le billet suivant, autographe, de Jean de Malestroit évêque de Nantes et chancelier de Bretagne : « Allain Guillet, receveur de Lamballe, je vous fais savoir de par messire le duc que se vous faites difficulté de poier incontinent les soixante livres cy dedans quelque assignacion ne atournance du fait de monsieur le conte, mon filleul, de votre requeste non obstant, que jamais vous ne servirez le duc ung jour, car il a bien à plain entendu le cas de la povre femme qui est tant piteux que plus ne peut le garder qu'il n'y ait faulte sans y querre excusacion de vérification ne aultrement, car je me suis chargé et charge de ce vous fere valoir, et que partant le poyement de ladicte povre femme est seur. Escryt a Nantes soubz mon seign manuel le XIIIe jour de Mars l'an mil cccc trante. J. évesque de Nantes. » Outre cet ordre du chancelier, je vois encore un avis donné par le receveur général des finances du duc, en ces termes : « Allain Guillet, je vous certiffie que si vous en faillez, et que ne la faites contente, que james le duc ne vous amera ; et le fésant je me oblige de le vous fere bailler ès comptes, ou le vous poier du mien. Me raportez cest mandement et l'acquit. A. Guinot. Depuis bien longtemps le château de Moncontour a disparu : peut-être trouverait-on aujourd'hui difficilement l'emplacement sur lequel le connétable de Clisson avait brutalement établi ses jardins ; mais le souvenir de la bonne action survit, et un petit fragment de perchemin, conservé aux archives des Côtes-du-Nord, vient rendre un témoignage authentique à la mémoire du prince auquel le peuple avait donné le surnom de Bon.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 16:13

 

 

Seigneurie d'Islan, en Saint-Pôtan. J'ai rapporté plus haut les textes qui prouvaient que le château de la Motte d'Islan avait été le chef-lieu d'un fief en Saint-Pôtan : ce fief comprenait une grande partie de la paroisse dont les rentes se payaient à la Saint-Michel et formaient le haillage de Saint-Pôtan ; il faut y ajouter quelques rentes peu considérables en Saint-Cast, les bois et garennes d'Islan, le moulin, l'étang de la rivière de Dieudy, la « dixme au vé » en Saint-Cast. Les archives de Penthièvre (Lamb. boîte 165, liasse 8-1) contiennent un acte de ferme du 24 avril 1563, par lequel Jean Rabel, écuyer, seigneur de Crehen, receveur général de Lamballe, afferme pour 5/4 de froment de rente à Guyon Bouan, seigneur de la Brientaye « les boays , garennes et franchises de Liselan. » Le comte de Penthièvre, à cette époque, l'avait saisi « a raison de sa terre et seigneurye de Lambale par causse du rachapt advenu par le debcès de feu monseigneur d'Annebault. » Je suis persuadé que la seigneurie d'Islan ne commença à exister qu'après la mort de Marguerite de Plancoët : à mon avis, ce fut un démembrement de cette dernière terre fait en faveur de Olivier de Montfort, frère de Geoffroy, fils et successeur de Marguerite. Olivier de Montfort paraît ne pas avoir eu de postérité, et après lui, la terre de Saint-Pôtan fut de nouveau réunie à la châtellenie de Plancoët. D'après une ancienne tradition, il y avait jadis une ville dans l'endroit où s'élevait le château d'Islan, et le chef-lieu de la paroisse y aurait été primitivement : c'est là un souvenir de l'ancien château fort, qui a aujourd'hui complètement disparu ; on ne soupçonnerait même pas son existence si les aveux ne fournissaient quelques données suffisantes pour retrouver son emplacement. Je noierai ici, en passant, que le seigneur principal dans la paroisse de Saint-Pôtan paraît avoir été le sire de Matignon, à cause de son manoir de Broûello. Le sieur de Launay-Goyon devait au sire de Matignon le jour de la Madeleine, une touret d'argent pour espervier ; les seigneurs du Guilleuc devaient an jour de la Saint-Jean-Baptiste un chapeau de roses, à peine d'une amende de 15 sous, s'ils manquaient de tenir leur redevance prête lorsque le sergent du baillage la venait chercher. Les prééminences de fondateur dans l'église paroissiale de Saint-Pôtan étaient partagées entre le sire de Matignon et le sire de Plancoët.

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:51

 

 

« Une foire audit lieu de Montbran par chacun an commanczante au jour et feste de Saincte-Croix en septembre, aveucques ung marché au lundi lardier audit lieu de Montbran, et vallent par aucuns ans les coustumes de ladite foire dix livres monnaye, et auxi appartenoit les bouteillages à ladite foire savoir, par chacune pippe de vin, deux potz de vin, qui est baillé, afferme aveucques la dite coustume, aveucques une cohue et lieu pour ataller les drapiers qui vendent drap à ladite foire. La prée et ripvière de Montbran contenant en sous la journée de soixante hommes fauchours ou environ, habitante d'une part au chemin par lequel l'on va dudit lieu au Chemin Chaussé, et au chemin par lequel l'on va dudit lieu à Lamballe, et à ladite pièce de terre ou est ladite tour, et à terres de Bertran Hersart Ville-Marquier ; et au bas de ladite praierie est chausée retenue et atache de eau avecques ung moulin à eau qui est à présent choist et ruynears. Deu au terme Sainct-Gille foire de Dinan une perre de campannes à faulcon par Gilles Chariot sur l'obligacion de sa méson et héritaiges estans audit lieu de Montbran. Nous avons dit que dès le milieu du XIVe siècle, le fief de Montbran étoit réuni à la châtellenie de Plancoët, puisqu'en 1362 Pierre de Montfort assignait 100 livres de rentes sur Montbran à son filleul Pierre Tournemine, qui, plus tard, fut à son tour sire de Plancoët : en 1414, le 3 juillet, Tiphaine Du Guesclin, veuve de Pierre Tournemine, transportait au duc une rente sur les héritages et terrains de Plancoët, Montbran, la Motte et Saint-Enogat, en échange de la châtellenie de Pontcallec, puis elle lui abandonnait ces terres en ne se réservant qu'une simple renie. A la mort de Tiphaine Du Guesclin, Ysabeau de Montboucher, veuve de Jean de Malétroit, sire de l'Argentaie, vint avec sa fille Perrette, demeurer au manoir de Montbran, se prétendant être la plus proche héritière de Tiphaine; cette démarche ne pouvait être supportée parle sire de la Hunaudaie, qui avait jeté son dévolu sur cette terre, sans doute à titre d'héritier de Pierre Tournemine, second époux de Tiphaine: un jour il envoya l'un de ses gens, Denis Robert, pour s'assurer adroitement du gouvernement de ladite méson, et de la manière des fermeures, se proposant de le suivre de près pour exécuter le projet qu'il avait conçu. Robert se rendit à Montbran, déguisé d'une robe de gris et autres vestemens que n'avoit pas accoustumé avoir, et se présenta sous prétexte d'acheter une portion de pré ; puis, après avoir étudié les lieux, il s'aboucha avec un individu nommé Rolland qui avait un cellier par lequel on pouvait pénétrer dans le manoir qui était alors soigneusement fermé. Le sire de la Hunaudaie arriva bientôt, accompagné de quelques hommes et de Alain le Bourdet, bâtard de sa maison et seigneur de Saint-Ilan en Langueux, entra chez Rolland, pour se rafraîchir, puis s'introduisit dans le baille du manoir; et celle dame Ysabeau descendit d'une chambre et vint fère chière audit seigneur de la Hunaudaye, et parlèrent ensemble, et après ce, l'on apporta du vin, et beurent ensemble, et tantost cettuy (Robert) vit que un nommé Allain le Bourdet comancza a oupvrir un petit huis de la grant porte, lequel estoit fermé et ataché o clous et berre, et tantost ledit sires qui tenoit ladite dame par soubz les braz dit o ladite dame Ysabeau qui le avoit amené audit hostel et qu'il estoit sien, et que il vouloily venir demeurer une aultre piécze ; et celle dame Ysabeau dist que il estoit o sa fille et en estoient a contrariété, et sur ce ledit sires dist à ladite dame Ysabeau que allassent voire hors le baille dudit manoir; et celle dame dis: Je ne liroy point dehors, et ledit sires lui distque si feroit : et lors commancza a la tirer par les bras, oultre son voulloir, et la mena jusques au petit usset. Sur ce elle prant un lévrier par le collier, cuidant impescher ledit sires de la mettre hors ledit baille, et y eust un des gens dudit sires qui ferit ledit lévrier tellement que s'en yssit dehors ; et tantost ledit sires la mist hors dudit baille, et fut oultre son plésir, car elle n'en estoit point comptante, et quant elle fut dehors, elle aparessoil estre moult courouczé, et y eut entreulx plusieurs injures etparolles rumouroux. Etcelui témoin dist ledit sires que s'en allast et que jamais ne y demouroyt, et tantost les gens de ladite dame Ysabeau s'en allèrent dehors, et se départit ladite dame Ysabeau et ses gens, et lui furent baillez ses chevaulx, et avecques ladite dame Ysabeau estoient deux jeunes filz de Monboucher et une damoiselle nomée Angelote. » J'ai tenu à reproduire une partie de la déposition de Denis Robert, l'un des hommes qui agirent dans cette affaire pour le sire de la Hunaudaie: les autres témoins s'exprimèrent dans des termes analogues : cependant je vois dans leurs récits quelques détails omis par Robert. Ainsi Jean Bili rapportait qu'au moment où la dame de Montboucher était mise hors du manoir, elle s'écria plusieurs fois : Force au duc ! En effet, d'après Jean Salmon, ancien receveur-général de Tiphaine, cette dame avait obtenu du duc de Bretagne la permission de prendre possession de la terre de Montbran, et ce fut seulement l'année suivante, au mois d'août, après la mort du duc , que le sire de la Hunaudaie fit son expédition. J'ai remarqué aussi la déposition de Rolland Ribaud qui venait raconter une impression de son enfance : « ce déposant qui estoit lors jeune et autres petiz enffanz jouant à la paulme par le dehors dudit manoir, dit que comme estoient ainsi à jouer, arriva le sire de la Hunaudaie derrein décédé, et entra audit manoir, ne sceit-il par quel lieu , ne comment pour ce que quant il aperceut, il entendit à prendre sa robe qu'il avoit despoillée pour jouer, et tantost après ce il vit ledit sires qu'il cognoissoit tenir ladite dame par le bras o une main et, o l'autre, la tenir par derrière environ l'essue du petit-huys de la porte dudit manoir et l'amena de hors et avecque celle dame estoit ladite jeune damoiselle qui plouroit. » Le sire de la Hunaudaye resta maître de Montbran, et peu après l'échangea avec le sire de Chastenubriant contre des terres que ce dernier possédait dans la paroisse de Plédéliac : Montbran fut ainsi de nouveau réuni à la chutellenie de Plancoët. Le 14 février 1729, le comte de Rieux afféageait, moyennant une rente mengière de 3 sous tournois, à Renée de Fontlebon de la Touche, la pièce de terre où est la tour, en exceptant celle-ci, et la prairie de Montbran : 20 ans plus tard, Renée de Fontlebon, qui avait épousé le seigneurde Boisriou-Bodin, mourait, sans enfants, et ses héritiers vendaient pour 800 livres, les terrains ci-dessus afféagés à Claude Boulloux, épouse de Mathurin Le Restif, seigneur de la Fauvelais. 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:20

 

A gauche, Tour de la Montbran,

à droite Chapelle N-D du Temple

 

Fief de Montbran. Au détour de l'un des nombreux circuits qui sont décrits par la route de Lamballe à Pléboulle, en approchant de ce dernier bourg, on voit sur la gauche une vieille construction polygonale qui s'élève au-dessus d'une vallée. Le voyageur qui parcourt cette partie du Penthièvre pour l'étudier, ne manque pas de regarder sur sa carte, puis de recourir à ses livres. La carte lui a appris que cette ruine était la tour de Montbran; que lui diront maintenant les livres ? Dans Ogée, (je ne parle que de la vieille édition) il lira: Le château de Pléboule, place jadis forte, appartient à M. de Montbran; il est actuellement en ruines. Bon, se dira le voyageur, voilà une famille dont je n'ai jamais entendu parler. Poursuivons : M. Marteville, dans sa nouvelle édition d'Ogée, aura peut-être éclairci ce que le vieil ingénieur avait dit d'une façon quelque peu vague; je lis: Il y a, au village de Montbran, une tour fort ancienne, que nous n'avons pas vue par nous-même, et qui est attribuée à des époques si diverses, que nous n'osons rien avancer à son égard. Tout ce que nous savons à ce sujet, c'est que cette tour est octogone, et que cette forme indiquerait qu'elle a été construite à la même époque que les tours d'Elven et d'Oudon, c'est-à-dire postérieurement aux croisades. Faisait-elle partie du château de Pléboulle, ancienne place forte qui appartenait à la famille de Montbrand ? A-t-elle été bâtie et occupée par les Templiers ? Ce sont autant de questions que, pour le moment, il nous est impossible de résoudre. Mais voici « les Côtes-du-Nord » de M. B. Jollivet, imprimées en 1855: nous y trouverons sans doute quelque chose de complet. « Le château de Pléboulle, dit M. Jollivet, aujourd'hui détruit, était, il y a plusieurs siècles, une place fortifiée. En 1471, il appartenait à Jean de la Ferrière. Un peu plus haut on lit que la tour de Montbran a appartenu aux Templiers  (voir Les Templiers, page n° 7). Avec des renseignements aussi précis, le voyageur ne manquera pas de rechercher le château de Pléboulle qui, par parenthèse, n'a jamais existé que dans l'imagination des auteurs qui en ont parlé, et qui se sont plus ou moins fidèlement copiés. Il pourra aussi feuilleter tous les armoriaux pour se rendre compte de l'histoire de la famille de Montbran, autre fiction d'écrivains trop légers: je le préviens à l'avance, que ses recherches seront sans résultat ; il ne trouvera même pas la filiation que M. Jollivet établit si naïvement entre M. Laferrière, l'éminent inspecteur-général des Ecoles de droit, et Jean de la Ferrière, qui possédait au XVe siècle un petit fief en Pléboulle ; l'analogie des noms ne suffit pas pour établir des relations de parenté, et l'historien sérieux évite facilement cet écueil. Je vais à mon tour essayer de faire connaître mon opinion per sonnelle sur les origines de Montbran. Si je voulais donner une explication étymologique du lieu lui même, je rappellerais le mot Brenning qui désignait les anciens chefs bretons, ou encore le mot Bran, nom d'un personnage qui paraît dans une charte inédite de Saint-Jacut, Ysaac filius Bran. Mais sans remonter aussi loin, je constaterai quelques jalons certains. Une charte de 1201, dont l'original existe aux archives des Côtes-du-Nord, est donnée parM., abbé de Saint-Aubin, pour constater que Guillaume Divias, et Jordan Rufus, ont confirmé à cette abbaye une terre qui avait été précédemment donnée par Eudes le Prévost : cet acte se termine ainsi : hec padio confirmata fuit anno ab incarnatione Domini M CC° primo in monasterio Sancte-Crucis de Monbran. J'ai compulsé avec le plus grand soin tous les anciens titres de Saint-Aubin, et j'ai reconnu qu'il n'y avait aucun texte qui pût donner lieu de penser que ce monastère de Sainte- Croix de Montbran ait jamais dépendu de Saint-Aubin : d'un autre côté, cette mention est la seule qui en révèle l'existence. Les rares souvenirs qui se rattachent à cet établissement religieux sont quelques lignes d'aveux des XVIe et XVIIe siècles, et une foire de Sainte-Croix sur laquelle je reviendrai plus bas. Ces aveux, ainsi que je l'ai déjà fait observer en m'occupant de Plancoët, indiquent, à Montbran, des ruines .d'édifices que l'on disait avoir appartenu aux Templiers. Notons en passant que l'on ne doit pas confondre ces ruines avec celles d'autres bâtiments, et d'une chapelle castrale réparés au commencement du XVe siècle par Charles de Dinan. Je lis en effet à cette date, dans un compte du receveur de ce prince. « Poié à Olivier Guéhéneuc, pour avoir couvert et réparé la cohue, salles et selliers de Monbran appartenant à monseigneur, XXII liv. XVIs. vin d. -Poié à Guillaume Garnier, cherpantier, Geoffroi Garnier, coupvreurs, à valoir sur les feurs et marchez pour faire réparer la grande salle, mesmeet chappelle du menoir de Montbran LXXXXVI liv. 13 s. 10 d. » Toutes ces constructions étaient en ruines un siècle après, ainsi que le témoigne l'aveu de 1509: « Aussi appartiennent audit sire plusieurs maisons, mazières audit lieu de Montbran, en oultre lesdits celiers qui sont choisies en ruyne et de nul revenu pour le présent, et joignant audit celier et à ladite pièce de terre où est ladite tour. » Dès 1362 , Pierre de Montfort, sire de Plancoët, était propriétaire de Montbran, puisqu'il en disposait en faveur de Pierre Tournemine : qu'était donc devenue l'abbaye de Sainte-Croix? A une faible distance de Montbran on trouve une chapelle placée sous le vocable de N.-D. du Temple : les quelques maisons qui l'entourent s'appellent également le Temple, et, encore aujourd'hui, on y célèbre la messe pendant la foire de Sainte-Croix de Montbran. Cette chapelle, qui jadis appartenait aux chevaliers de Malte, à cause du membre du Temple-de-Pléboulle, relevant de la commanderie de la Guerche, a une façade du XIVe siècle ; au-dessus du portail est un écusson qui n'a pas encore été expliqué: il porte les armes de Pierre du Guesclin, sire de Plancoët (voir la chapelle du Temple à Pleboulle). Au milieu du siècle dernier, le sire de Matignon s'en prétendait fondateur, à cause de la métairie noble du Bourg-Durant qui avait été achetée en 1618 par Thomas Gouyon deBeaucorps : peut être n'y avait-il tout au plus que des prééminences. En présence de ces faits, je propose les conclusions suivantes que je développerai plus tard dans un travail spécial sur les Templiers en Bretagne : Le monastère de Sainte-Croix de Montbran était un établissement de Templiers ; le village du Temple en dépendait : peut-être ce monastère est-il le même établissement que l'Hôpital de Pléboulle, mentionné dans une charte de Saint-Aubin au milieu du XIIIe siècle. Lors de l'abolition de l'ordre du Temple, les propriétés des chevaliers furent partagées entre les chevaliers de Saint-Jean qui eurent le village du Temple ainsi que la chapelle, et le sire de Plancoët qui fonda un château dont la tour de Montbran est au jourd'hui le seul débris : ce château fut établi sur l'ancien emplacement des Hospitaliers, puisque les ruines de leurs bâtiments existaient encore aux XVIe et XVIIe siècles. Passons maintenant à ce qui concerne ce vieux donjon. La tour de Montbran, telle qu'elle existe aujourd'hui, est à peu près dans le même état qu'au XVIIIe siècle, époque à laquelle on croyait y voir une construction romaine : je ne puis mieux tant que de rappeler ainsi ce qu'en dit l'illustre Montfaucon : « Cette tour, dont il ne reste que des masures, est bien moins considérable que les autres ; elle est encore, à ce qu'on m'écrit, beaucoup moins ancienne et assez mal bâtie. Mais comme il est important de faire connaître les différentes formes de ces octogones gaulois fort anciens dans leur origine, puisque nous en avons vu faits du temps de Caligula, mais dont quelques-uns ont été bâtis dans les siècles bien plus bas, nous avons jugé à propos de donner le plan seulement de celui-là, les pans des murs qui restent ne pouvant plus nous donner aucunes instructions sur la forme extérieure. Voici la description que m'en a envoyée le père prieur de Saint-Jagut : On l'appelle la tour de Montbran, nom d'un petit village dans le territoire duquel elle est bâtie, à 3/4 de lieue de Matignon, diocèse de Saint-Brieuc. Elle est bâtie sur une élévation, et sur le roc qui lui sert de fondement, au milieu d'une grande plate forme en terrasse faite exprès, d'environ 100 pieds de diamètre autour d'une espèce de dos d'Ane de simple terre gazonnée de deux pieds et demi ou trois pieds de hauteur en glacis et en talus par le dehors, et en façon de retranchement. La tour est construite à chaux et à sable, d'assez mauvaise pierre, telle qu'elle s'est trouvée sur les lieux, et au pied même de l'ouvrage ; c'est une espèce de caillou gris et brun, qui prend fort peu la chaux. Elle est octogone en dehors : les huit pans ne sont pas égaux : il y en a quatre qui ont 10 pieds et quelques pouces, et les quatre autres entre 12 et 13 pieds. Dans l'un des pans qui est du côté du midi , il y a une ouverture irrégulière de 8 à 9 pieds de hauteur et de 6 à 7 pieds de largeur, au bas de laquelle on voit encore des assises de pierre dure des deux côtés, qui sont les restes d'une porte de 3 pieds de largeur et dont on ne peut plus dire au juste la hauteur. Ce qui surprend un peu, c'est que cette porte est à 8 pieds de hauteur du terrain de dehors, mais an niveau du terrain en dedans, sans qu'il y paraisse aucune trace d'escalier ou de perron pour y monter : la tour étant sur le roc, il ne peut y avoir de porte plus basse que celle-là. Dans le même pan, deux pieds au-dessus de cette porte, il reste quelques assises de pierre de taille dure ; c'était une fenêtre qui avait au moins 4 pieds de haut ; on n'en peut pas dire la largeur, parce que ce pan est ruiné presque jusqu'à la porte, et qu'un des côtés de la fenêtre a sauté avec le reste : il y avait dans cette tour quelques autres petites fenêtres. La tour a encore 38 pieds de hauteur du côté du nord, où il reste quelques pans presque dans leur entier, et elle ne paraît pas avoir eu jamais davantage. Il y a encore un reste de parapet au haut de l'un de ces pans. Elle est unie et en droite ligne par dehors et du haut en bas ; les murs ont neuf pieds d'épaisseur du côté de la porte : à dix pieds plus haut l'épaisseur est réduite et diminuée de trois pieds et demi, et le dedans de la tour ou l'espace vide est agrandi d'autant ; il y a encore une autre réduction de deux pieds et demi, de sorte, qu'au haut de la tour le mur n'a qu'environ trois pieds d'épaisseur. La tour qui est octogone au dehors est ronde au dedans, et si peu spacieuse qu'elle n'a guère qne quinze à seize pieds de diamètre. Elle était divisée en deux étages avec deux planchers de bois à dix pieds de hauteur l'un de l'autre ; il ne paraît pas qu'il y ait jamais eu de voûte. » Je n'ajouterai que peu de chose à la description du prieur de de Saint-Jacut : je n'ai pas besoin de rappeler à mes lecteurs que la forteresse de Montbran n'a rien de romain ; ses débris sont trop peu caractérisés pour que je puisse fixer la date précise de sa fondation qui, en tout cas, n'est certainement pas antérieure à la seconde moitié du XIVe siècle. Je prends dans le minu du 3 juillet 1499, fait par François de Laval, à la mort de Françoise de Dinan, le résumé de ce qui composait la seigneurie de Montbran : je ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit sur la tour. 21 tenues qui acquittaient des redevances au terme de Saint-Gilles : je remarque parmi elles celles de Robert Ferrière, chevalier, seigneur de la Motte, de Jean de Saint-Mirel, de Jean Goueon, et d'Etienne Bataille.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:38

 

 

A gauche, Jean de Laval, sire de Châteaubriand, à droite Jean d'Annebaut

 

Pierre III du Guesclin, sire de Plancoët, Montbran, le Plessis-Bertrand et de Saint-Denoual, par sa femme Julienne. Tiphaine du Guesclin, dame desdits lieux, épouse: 1° de Jean de Beaumanoir, sieur de la Hardouinaye et de Merdrignac; 2° de Pierre Tournemine sire de Jaçzon.

-1390, confiscation par le duc;

-1406, cession de Plancoët à Marguerite de Clisson;

-1416, cession à Guillaume deMontauban;

-1418, cession au duc de Bretagne.

-1420, Robert de Dinan, sire de Montafilant et du Guildo.

-1444, Françoise de Dinan, épouse 1° de Gilles de Bretagne; 2° de Gui XIV de Laval, baron de Vitré.

-1499, François de Laval, sire de Châteaubriand.

-1509, Jean de Laval, sire de Châteaubriand, Gavre, Beaumanoir, Clindé et Malestroit.

-1540, Françoise Tournemine, par acquisition: elle avait épousé Claude d'Annebaut, chevalier de l'ordre du roi, son lieutenant et gouverneur en Normandie, amiral de France.

-1553, Jean d'Annebaut, capitaine de 50 lances des ordonnances du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre.

-1563,  Madeleine   d'Annebaut,  épouse  de Jacques de Silly, comte

de Rochefort.

-1570, René Tournemine, chevalier de Tordre, sieur de la Guerche, du Hommet, vicomte de Pléhérel, cousin de la précécédente au IVe degré.

-1591, René Tournemine, sieur de la Guerche, baron de la Hunaudaye.

-1609, Jeanne de la Motte de Vauclerc, cousine germaine du précédent, épouse 1° de François de Coligny, seigneur de Rieux; 2° de Jean de Rieux, marquis d'Asserac; 3° de Sébastien de Rosmadec, baron de Molac.

-1630, Catherine de Rosmadec, épouse de Gui II de Rieux, comte de Châteauneuf, vicomte de Donges. René François de Rieux.

-1675, Jeanne-Pélagie de Rieux, soeur du précédent, épouse de Jean Emmanuel de Rieux, son cousin, marquis d'Ouessant.

-1691, Jean-Gustave de Rieux.

-1713, Jean-Sévère de Rieux.

-1759, Louis-Auguste de Rieux

-1767, Louis-François de Rieux.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 08:45

 

 

 

Pierre Tournemine avait embrassé le parti du connétable de Clisson contre le duc de Bretagne : ce dernier, par suite de l'accord conclu à Paris devant le roi, le 20 juillet 1388, à l'hôtel Saint-Pol, devait restituer au duc la forteresse de Jugon, Châteaulin sur Trieu, Cesson, Erquy et le Plessis-Bertrand : au lieu de remplir ses engagements, Clisson, sans y avoir été autorisé par son souverain, se mit sur le pied de guerre, donna ordre aux officiers qu'il avait dans les châteaux ci-dessus de ne pas recevoir les commissaires ducaux, et répara les fortifications du château de Plancoët. Le duc irrité assiégea cette place, l'emporta d'assaut, et la fit raser entièrement. C'est à la suite de ces événements que Plancoët et Saint-Denoual furent confisqués, et rendus probablement à Tiphaine Du Guesclin et à Pierre Tournemine en 1391, à la suite de l'accord conclu entre le duc et le connétable le 18 mars. De 1406 à 1421, Plancoët passa entre plusieurs mains à la suite de ventes qui furent successivement annûllées : ainsi le 7 novembre 1406, Tiphaine Du Guesclin vendait, moyennant 26,000 écus, cette châtellenie à Marguerite de Clisson, et vers 1569, le duc d'Etampes prétendait se fonder sur cette cession pour revendiquer cette terre : dix ans après, Tiphaine et son mari vendaient encore Plancoët à Guillaume, sire de Montauban, et en 1418 elle en disposait de nouveau en faveur du duc de Bretagne qui l'échangeait en 1420 avec Robert de Dinan contre la châtellenie de Moncontour : l'année suivante , le duc obtenait du sire de Montauban que ce dernier renonçât au bénéfice de la première aliénation. À dater de l'époque où Plancoët fut réunie aux domaines de la maison de Châteaubriant , son histoire cesse d'offrir de l'intérêt : je donne plus bas la liste des personnages qui possédèrent, cette châtellenie à laquelle étaient attachées de nombreuses rentes dues aux baillages de Plancoët, Saint-Lormel, Pluduno, Saint- Pôtan, Saint-Cast, Ruca, Hénanbihen. «La coustume et trespas duditlieu de Plancoët y comprins le devoir de queleaige et bienvenue des navires et bateaux qui descendent en la ripvière dudit lieu près du pont de Plancoët et Saint-Lormelet aux environs d'iceulx lieux ; et doit chacun navire et bateau de queleaige et bienvenue cinq sous, avecq quatre deniers de coustume ancienne par chacun tonneau de ce que est chargé et des chargé esdits lieux et rivière, tant par blé, vins et aultres choses. Et auxi oultre appartiennent à ladite comtesse les briz, peczon de mer et choses aventurées, esturgeonz, morhouz, et aultres peissons reaulx prins et trouvez esdits lieux. » Les prés dudit lieu de Plancoët appelés les prés Rolland, situés entre l'Arguenon et les prés de Montafillant ; les prés dits « Soubz le bouays es nonneaux. » Le marché, se tenant le samedi de chaque semaine, ainsi que la foire de Sainte-Catherine : à cette dernière le sire de Plancoët a droit à « devoir de bouteillage, consistant en deux pots de vin sur chaque pipe ; et à un mouton par an de chaque boucher. » Les poids et balances de Plancoët, « a present ruyneux pour ce que la pluspart des poysées sont désàjustés et aultre partie perdue. « La greffe et garde des seaulx et papiers de la court et juridicion ; le four à ban, les moulins fouleretz et bladeretz, les mesures à foin et à blé, etc. »

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