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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 12:33

Gilles Ferré et Françoise du Breil laissèrent au moins deux enfants : Bertrand Ferré (Va) -qui suit et Charlotte Ferré (Vb) qui épousa Jean de Beaucé (d'après les notes laissées par M. Gérard de Mellon). Jean de Beaucé, seigneur dud. lieu et de Chevillé fils de autre Jean et de Michelle de la Bouexière.

 

(Vb) Charlotte Ferré est donnée fille ainée de Gilles Ferré et Françoise du Breil, dans l'acte de la Réformation en 1668 propre à la famille de Beaucé, ce qui suppose qu'elle avait au moins une sœur cadette, voir plusieurs.

 

(Va) Bertrand Ferré, chevalier, seigneur de la Garaye, la Villèsblanc, le Pin, Launay-Quinart, Plumaugat, baron souverain de Grimaud en Suisse, épousa d'abord Catherine de Quédillac, fille de messire Bertrand de Quédillac et de dame Catherine de Chateaubriand. Devenu veuf, Bertrand Ferré épousa vers 1529 Péronnelle du Guémadeuc, fille de Jacques et de Françoise de Trélivan. La première alliance fut sans postérité, la seconde vit naitre au moins cinq enfants, à savoir : Charles Ferré (VI a), Jacques Ferré (VI b), Bertrand Ferré (VI c), Bertranne Ferré (VI d) et Marie Ferré (VI e)

 

(VI a) Charles, ainé de la fratrie épousa en février 1548 Bonaventure de Téhillac, fille de Haut et Puissant Jacques de Téhillac et de Christine du Houx. Converti au calvinisme, il fut condamné à comparaître devant le Parlement de Bretagne accusé d’avoir brûlé les images pieuses en sa chapelle de la Ville-es-Blancs, il était aussi impliqué dans un autre fait relaté dans les Mémoires de Charles Gouyon : Un advocat, apellé la Motte-Roux, poussé de Satan et du sr du Vaudoré mon parent, entreprint de nous mettre en mauvais mesnage et commença à me flagorner que ma femme aimoit mieux une de ses damoiselles que moy ; il dit d'autre moy du tiers de son bien qu'il avoit obligé en faveur de mon mariage. Somme, ce mechant estoit marry de nous voir sy bien ensemble; et ledit sr du Vaudoré à pareil. Ce mechant avocat print querelle avec le sr de la Ville-Aussant, frere du sr de la Ville-es Blanc, où ils tuerent un fauconnier apellé Mazure ; lequel auparavant avoit aussy tué le frere du segretaire de mon pere….Henri II donna «au capitaine Breil, gouverneur de Mariembourg, les confiscations et amendes en quoi pourront être condamnés Charles Ferré, sieur de la Garaye, et son frère, ainsi que Jean, sieur de Canquoy, son beau-frère, pour être atteints du faict d'hérésie» ; puis, le 6 janvier 1556, il lui confia le gouvernement d'Abbeville, une des places les plus menacées, par les Espagnols. Charles Ferré préféra s’exiler en Suisse, non sans avoir prit soin auparavant de procéder à un échange de terre avec Claude du Chatel dame de la Moussaye et de la Rivière Moussaye (voir Le protestantisme, page n° 1)De ce fait une partie de l’héritage paternel fut troqué contre des terres en Poitou. Messire Charles Ferré époux de Bonaventure de Téhillac ne comparut jamais devant le Parlement, afin de rendre compte des sacrilèges dont on l'accusait, avec son épouse, il vivait dans l'aisance, là-bas au bord du Lac Léman et jouissait d'un statut social, ayant été reçu bourgeois de Genève le 8 avril 1557. René Ferré, fils de Charles et de Bonaventure de Téhillac mourut semble-t-il sans postérité. 

 

 

Péronnelle du Guémadeuc et ses deux jeunes fils Charles et Bertrand -alias Brient parvinrent à récupérer la Ville-es-Blancs. Précisément, Bertrand Ferré (VI c) fut l'auteur d'une branche cadette dite de la Villaussant dont descendait assurément Guillaume De la Villlaussans marié à Delle Gillette Lorant. Qualifiés Sieur & dame des Granges, ils vivaient au début du XVIIe siècle, et un document daté du 21 novembre 1604 évoque Gilette Rolland, qualifiée de dame des Granges (voir Le manoir des Granges à Sévignac). Les troupes de Saint-Lorent, l'un des lieutenants du duc de Mercoeur assiègea la Ville-es-Blancs au cours des guerres de la Ligue comme en témoigne cet acte émanant de la juridiction de Limoëlan : « …les possesseurs (de la la Ville-es-Blancs ) ayant pendant les guerres civiles de cette province était du party du roy reignant contre le seigneur duc de Mercoeur, sa maison fut assiégée en l’année 1591 par le sieur de St-Lorent qui après plusieurs coups de canon fait tirer contre la dite maison de la la Ville-es-Blancs et tous les actes et papiers furent brûlés, comme il se voit par le procès verbal qui en fut fait  d’autorité de la juridiction de Beaumanoir, de laquelle relève ladite maison. Le 27ème. 9. 1591. On attribue à Jacques Ferré (VI b), frère puiné de Charles, la reconstruction de la Ville-es-Blancs, sans nul doute dès le début du XVIIe siècle. Ses armoiries en alliances avec celles de son épouse Louise Bonnier, ornent l'une des cheminées de l'endroit. La Ville-es-Bllancs disposait d'un colombier selon les actes émanant de la seigneurie du lieu, et grâce aux renseignements fournis par ce précieux document, M. de Mellon propriétaire actuel du lieu, est parvenu à identifier avec précision l'endroit où se dressait ce colombier. De surcroit, un chatelet permettait l'accès à l'endroit. 

Outre Charles, Jacques et Bertrand Ferré, ainsi que nous l'avons vu, la fratrie comptait également Bertranne & Marie Ferré.

 

Bertranne Ferré (VI d) épousa Julien Ferron, fils de Simon Ferron et de Catherine Dauly, il vivait l'an 1540 (voir La famille Ferron de La Ferronnays, page n° 1). A travers les notices fournies par  le Vicomte du Breil de Pontbriand, on découvre le contrat de mariage de Marie Ferré et  de Julien du Breil de Pontbriand  : Contrat de mariage de Julien du Breil, écuyer, seigneur de la Marre et des Jaunais (Aulnais), capitaine de Redon, accordé le 20e de mars 1551 avec demoiselle Marie Ferré, fille aînée de feu noble et puissant Bertrand Ferré, seigneur de la Garaie, du Pin, de la Villèsblanc, et de noble et puissante demoiselle Péronnelle de Guémadeuc, sa femme, dame du Pin, de Langevinaie, de la Rigoumain et de la Roberdaye, assistée de noble et puissant Charles Ferré, seigneur desdits lieux de la Garaie, de Launay et de la Villèsblanc, fils aîné et héritier principal et noble dudit Bertrand Ferré et de ladite dame du Pin. Les conditions de ce mariage sont, entre autres, que ledit sieur du Breil seroit payé d'une somme de 6,400 livres due à ladite future espouse par noble et puissant Pierre de Plouër, sr de la Bastardière et de Boisrouault, pour l'acquittement d'une rente de 320 livres à laquelle ledit de Plouër étoit engagé envers elle par acte du 29e septembre 1550, reçu par Robert Chaudron, notaire à Nantes ; et, après que ladite future eût reconnu que ses père et mère étoient nobles personnes et qu'elle ne prétendoit rien dans leurs successions que suivant ce qu'elle devoit avoir par rapport à leur gouvernement noble et avantageux suivant l'assise du comte Geffroy, ledit seigneur de la Garaie promet de donner à sadite soeur aînée la somme de cent vingt livres de rente, sur laquelle il retiendroit celle de quarante livres jusqu'au décès de ladite dame du Pin, leur mère. Ce contrat passé devant Julien Ferron et Thomas Baron, notaires royaux au ressort de la cour de Dinan, en présence de révérend père en Dieu frère Georges de Guémadeuc, abbé de St-Jacut ; noble et puissant François du Breil, chevalier, seigneur du Breil, de Lergay et des Hommeaux, gouverneur et lieutenant pour le Roy aux iles de Serq et de Chausé et capitaine de cinq cents hommes de guerre ; noble et puissant François de Guémadeuc, sr de Séréac, d'Arzal, de Kernoyal et de Mesgnies ; Jean du Breil, chevalier, sr de la Tousche, capitaine de Serq; Charles Ferré, écuyer, seigr de la Villèsblanc, frère puisné dudit sieur de la Garaie ; Georges de la Moussaye, seigr de Saint-Derrien ; noble et puissant François de Guémadeuc, seigneur dudit lieu, vicomte de Rezay, seigr de Beaulieu et de Creons quinolles; noble et puissant Briand de Tréal et demoiselle Françoise de Vendel, sa femme, seigneur et dame de l'Adventure, de Beaubois, de Lanrigan, de Sumette et de Varennes; nobles homs Olivier de Lanvaux, tant pour lui que pour delle Anne de Guémadeuc sa femme, seigneur et dame du Matz, de la Chapentrais et de Beaulieu ; François du Breil, seigr de la Roche, capitaine de Chausé; nobles homs Gilles Ferré, seigr de la Barbillonnière, des Coutures et de la Bérardaie, et de nobles homs Jean du Breil, seigneur de Gouillon et du Chalonge. Julien du Breil était fils de Guyon du Breil et de Marie Le Dos (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 1).  

 

Messire Julien du Breil, chevalier de l'ordre du Roi, épousa avec dispense, le 2 mai 1551, Marie Ferré (VI e), dame du Pin, sa cousine, fille de Bertrand Ferré, et de Perronelle de Guemadeuc ; Il transigea sur partages avec messire Ferré, seigneur de la Garaye et de la Villesblancs, par l'avis de plusieurs parents, les 17 juin 1553, et 21 août 1556. Quant à Perronnelle du Guémadeuc, elle mourut dans la religion catholique et la cérémonie de ses funérailles eut lieu le 15 aout 1573 en l'église Saint-Malo de Dinan, son gendre Messire Julien du Breil Sieur de Pont-Briand y était présent. Acte ci-dessous.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 14:40

c

 

C'est à travers la revue nobiliaire qu'apparaît dès le début du XVe siècle, la famille Ferré. Robert Feré est mentionné en la paroisse de Sévignac, en 1428, puis en 1449, les commissaires dépêchés pour l'évêché de Saint-Malo : J. Gibon, auditeur des Comptes & Piere du Parc, procureur de Jugon, mentionnent parmi les feudataires de Sévignac : Me Robert Feré, de la Villesblancs (voir Le château de la Ville es Blancs à Sévignac). Et nos deux commissaires ajoutent : Le mesme, au bourg de SévignacMais c'est lors de l'enquête effectuée en 1475 par les Commissaires Henry de Queblen, auditeur des comptes et Bertrand du Val, Maitre des requestes de l'hotel, qu'est apportée cette précision : Me Robert Feré, a la maison de les Villesblancs, qui fut autres fois à G. de la Motte, sr de la Guerine, et est noble d'ancieneté, mais Piere Feré y a environ 27 ans y adjousta plusieurs terres et métairies qu'il a faict exempter de fouages. La famille Ferré disposait pour armoiries : « D’argent à la fasce d’azur, accompagnée de trois  molettes de même. » Il est cependant difficile d'apporter plus de précision au sujet de cette Maison, quant à sa présence sur la terre de la Ville-es-Blancs.

 

 

Manifestement, G. de La Motte seigneur de la Gueurine en Trémeur dont il est mention, pourrait être Guillaume de La Motte, fils de Alain et époux de Isabeau du Chastelier. Celui-ci fut capitaine de Saint Malo, et, il fut de ceux, avec son père qui suivirent Arthur de Richemont, frère du duc Jean V, dans sa lutte contre les Anglais, mais ce 7 mars 1425, ils furent tués lors du siège de Saint James de Beuvron (voir histoire de Trémeur : manoir de la Gueurine). Est-ce par alliance où par acquêt que la Maison Ferré hérita de cette terre de la Villes-es-Blancs, pour l'heure, il est difficile d'y répondre. Ecuyer René Ferré est le premier membre connu au sein de cette famille, il vivait en 1389. Son fils Jacques, exerçait la charge de Auditeur des Comptes de Bretagne, il fut également secrétaire du duc et conseiller maitre en la Chambre des Comptes en 1420. Selon René Mathurin Marie Pocard du Cosquer de Kerviler le dit Jacques Ferré serait le même personnage que celui évoqué à travers les titres de Dom Lobineau : Maistre Jacques Ferré Phisicien LXXX. liv. bouche à court. deux chevaux à livrée. Jacques Ferré était marié à Guillemette du Margaro (voir le Margaro en Rouillac). De leur union furent issus :

 

Robert Ferré III a), évoqué ci-dessus ainsi que Pierre Ferré III b).

 

III a) Robert Ferré fut chanoine de Rennes, il est cité en cette qualité en 1484 & 1490. Sans doute assista-t-il ce 19 décembre 1490 à la bénédiction nuptiale donnée par Messire Guibé, à l'occasion du mariage par procuration entre la duchesse Anne de Bretagne et l'empereur Maximilien d'Autriche. Robert Ferré mourut sans postérité.

 

III b) Pierre Ferré, Chevalier, Seigneur de la Ville-es-Blancs vivait en 1450, il avait été nommé Sénéchal de Rennes en 1466, puis Ambassadeur du duc de Bretagne François II, auprès de la Cour de Londres. Il fut ainsi du nombre des dix sept personnalités bretonnes dépêchées en Ambassade extraordinaire auprès du Roi Edward IV, le duc François II de Bretagne en effet, face à l'hostilité de Louis XI roi de France se rapprocha ainsi du souverain anglais. C'est lui qui « adjousta plusieurs terres et métairies » au domaine des Ferré, notamment la seigneurie de la Garaye en Taden (voir le château de la Garaye en Taden & La Garaye en Taden). En tant que Sénéchal de Rennes, il est cité à de multiples reprises dans les mandements du duc Jean V, il fut ainsi invité à comparaitre le 5 septembre 1464 à Chinon avec quelques autres responsables, pour traiter des différents l'amiable. Ayant un jour une sentence à rendre dans une affaire, un débat s’engagea entre l’un de ses confrères et lui : «…à Nantes le 10ème jour de juillet 1461…touchant le cas de Jehan d’Espinay, lequel a cognu avoir commis pluseur  faulsonneries savoir est ledit maître du Breil de Nantes que ledit d’Espinay doit estre pilorise, savoir une foiz en cette ville de Nantes, et une autre foiz en cette ville de Rennes…maître Ferré est de l’opinion qu’il doit estre pilorise ou eschale à Nantes et qu’il doit suffire… ». Maitre Pierre Ferré s'éteignit en 1487 et fut inhumé en l'église de Sévignac dans laquelle la famille Ferré disposait d'une chapelle et d''un droit d'enfeu. Gaultier du Mottay dans son inventaire des églises et chapelles publiait cette note au sujet de l'église de Sévignac : Dans le pavé, du côté nord de l'évangile, tombeau de Pierre Ferré, sénéchal de Rennes, sr de la Ville-ès-Blancs, mort en 1466 (voir La vieille église de Sévignac). Maitre Ferré avait épousé Olive d'Angoulvent (voir Coëcouvran en Yvignac & La famille d'Angoulvent), dont il eut au moins deux fils et deux filles : Gilles Ferré (IV a), évoqué ci-après ; Jean Ferré (IV b)  qui s'établit en Poitou ; Anne Ferré (IV c) mariée à François Gouyon dont elle eut au moins deux enfants à savoir, Jean Gouyon et Catherine Gouyon ; Jeanne Ferré (IV d) épousa Tristan de Kergu (voir La famille de Kergu à Mégrit

 

Gilles Ferré (IV a) -En 1480, sous l'étendart de Coaiquin (Coetquen) comparaît pour la paroisse de Taden, Gilles Ferré sieur de la Garaye, percevant 160 livres de revenu, il est excusé comme appartenant à une compagnie d'ordonnance. Gilles Ferré  signa le 8 août 1488 la capitulation de la ville de Dinan. Bertrand d'Argentré évoque la prise de Dinan et y cite nombre de personnalités dont le sieur Ferré :  L'armée des François de ce pas marcha à Dinan, conduite par le Vicomte de Rohan envoyé & commis par le Seigneur de la Tremo uille: dedans estoit messire Amaury de la Moussaye sieur dudit lieu, accompagné de ses gentils-hommes Thomas de Quebriac, sieur dudit lieu, Jean Chesnel sieur de Malechat Lieutenant du Capitaine, messire Roland du Breil sieur de Raiz Sénéchal de Rennes, Messire Guillaume Lavalec Alloué, Charles du Breil procureur de Dinan manians les affaires de la ville, messire Bertrand de Quédilac, sieur de Caden, messire Gilles Ferré sieur de la Garaye, Guyon de Vendel sieur dudit lieu, Pierre de Plouër sieur de Plouër, Guillaume le Gac sieur du Plellis, Guillaume de la Bouexiere sieur de Montfort, Alain du Boisadam, Olivier de Perineuc, Briand de Plumaugat, Jean de Tremogon, Pierre de Lespinay sieur de Villegillouart, Guillaume de la Bouexiere sieur de Launay-Baudoin, messire Betrand de Porcon, Gilles Hingant, Jean Ruffier, du Cobas et plusieurs bourgeois, comme Guillemet Cholet, Charles Chauchart, Pierre Bourneuf , Alain de S. Cire, Pierre Lambert, Thomas Picot, & autres, lesquels sommez par le Vicomte de Rohan de rendre la ville au Roy, accorderent par composition, qu’elle seroit mile entre les mains dudit seigneur, qu’il commettoit à la garde d’icelle telle personne que bon luy sembleroit & feroient les habitans le serment au Roy…Gilles Ferré comparaissait encore en l'an 1513 pour la paroisse de Taden : -Gilles Ferré, chevalier, seigneur de la Gueraie, tient maison, bois ancien et trois metairies nobles, et une autre nomée la Tousche-Cheurel, roture, et 15 journaux; il demeure à ladite Gueraie. Il avait épousé vers l'an 1490 Françoise du Breil, dame du Pin en Saint Carné, de Launay Quinart en Saint-Jouan-des-Guérets et de Plumaugat. Françoise du Breil était fille de Charles du Breil, Seigneur du Pin en St-Carné, de la Bouexière, de Plumaugat et de Plumagat en Ploubalay et de Ethaisse de Champagné (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 2).

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 08:06

Au début du règne de Charles X, dès 1825 sur le bord de la Rance, un des membres de la famille de Saint-Pern de Couëllan, créa à Saint-Jouan-de-l'Isle, une papeterie mécanique, conçue sur le modèle anglais, mais ses produits étaient généralement destinés à l'emballage. Cette papeterie existait encore à l'aube du Second Empire. Cette localité disposait également d'une clouterie, de deux tanneries et de carrières d'ardoises.

 

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 07:24

 

 

L'église Notre-Dame de Bon-Secours existait dès le XIIe siècle, ainsi qu'on le voit par des chartes du duc Conan IV et de la duchesse Constance, et elle servit d'abord de chapelle seigneuriale aux premiers comtes de Penthièvre, qui bâtirent le château de la Motte; mais aucune des constructions actuelles ne remonte à une époque aussi reculée. Son plan est un carré long de 60 mètres, divisé en cinq nefs, terminé à l'ouest par deux tours carrées, échancré au nord-ouest par la célèbre chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, et couronné à l'est, dans la largeur de trois nefs seulement, par le choeur dont l'abside se dessine en pentagone. Le carré central, entre la nef principale et le choeur, supporte sur quatre piliers énormes, encadrés dans des constructions plus récentes, une flèche octogone en pierre, de 60 mètres d'élévation, munie de trois clochetons. Cette tour centrale, moins sa flèche, la tour du nord et la chapelle de Bon-Secours ou portail, ouvrant sur la rue, sont les parties les plus anciennes de l'édifice, et leur style accuse le XIIIe siècle.

 

 

Ce portail est le sanctuaire privilégié de la statue de Notre-Dame du Halgoët, devant laquelle fidèles et pèlerins viennent s'agenouiller et accomplir leurs voeux. Tout le côté nord de la nef, avec son triforium en quatre feuilles, accuse le XIVe siècle, et rappelle le choeur de Notre-Dame de Lamballe et celui de la cathédrale de Saint-Brieuc. Il existe des titres positifs établissant l'âge des autres parties du monument. Rolland Taillard, connétable de Guingamp, et un des témoins entendus dans l'enquête pour la canonisation de Charles de Blois, en 1371, nous apprend que ce prince fonda à Notre-Dame une chapelle dite du Trésor, dont il posa lui-même la première pierre. Cette chapelle nous semble celle dont la partie au midi, ouvrant sur l'ancien cimetière et sur le château, a conservé le nom de porte au Duché pignon le plus voisin de la porte au Duc fut relevé en 1670, parce qu'il était tout couleuvré, dit une délibération du temps, et on y perça deux mesquines fenêtres en plein cintre, en parfaite disparate avec les autres. Le chevet, où se voient deux rangs de galeries superposées, et les arcs-boutants intérieurs du pourtour, furent commencés en 1462, et étaient achevés en 1480, ainsi que l'apprennent des comptes de fabriqueurs, conservés aux archives de Notre-Dame. Le surplus de l'église, c'est-à-Sire la tour sud-ouest, le portail ouest et le côté sud de la grande nef, appartiennent au XVIe siècle.Les archives municipales et celles de Notre-Dame rapportent que, la veille de la fête de saint André, au mois de novembre 1535, la tour qui faisait pendant à la tour de l'Horloge s'écroula. Le 5 janvier 1537, fut posée la première pierre de la tour actuelle, dite tour Plate, réédifiée sur les ruines de l'autre dans le style de la Renaissance. C'est à la chute du clocher qu'est due l'anomalie des deux styles brusquement juxtaposés.

 

 

Si l'on entre dans l'église par le portail de l'ouest, on est frappé de leur dissemblance : l'ogive se montre avec toute sa poésie aux travées du nord ; la Renaissance avec tout son luxe aux travées du sud. Me Philippe Beaumaner et Me Jehan Hémery furent les maîtres de la nouvelle oeuvre ; mais, l'ouvrage à peine commencé, ils eurent pour successeurs, dès 1539, Jean Moal, puis Gilles le Nouëzec, de 1548 à 1566; enfin Jean le Cozic, remplacé en 1574 par Yves Auffret, auquel on doit les deux fenêtres à meneaux fleurdelisés de la chapelle sous la tour Plate, portant la date de 1581. La tour Plate, flanquée d'éperons gigantesques, avec ses pilastres grecs, ses niches luxueuses et ses mascarons grimaçants, porte à sa base, sur un long cartouche que déroule un élégant jouvenceau du temps de François Ier, la double inscription gothique que voici. Sur la face nord :

 

La vigille S. André, vers le soir,

là m cnq cents tràte et cnq

la gràde âme piteuse à voir

fut de ceste tour qui à terre vint.

 

Sur la façade ouest :

 

Au none, dit le cinquiesme jour l'an mil

cinq cents trâte-sait, la première pierre.…

 

 

Le reste va se perdre sous le toit d'une masure. Les canaux de la plate-forme, au lieu d'affecter les formes fantastiques des gargouilles, ont tous l'aspect de canong braqués.

 

 

Cette particularité sert encore de date. Le portail de l'ouest, encaissé entre ses deux tours, est digne d'une cathédrale. Il se compose de deux portes géminées, séparées par un trumeau que surmonte une niche élégante. D'innombrables guirlandes de fleurs et de génies entremêlés, présentent dans les voussures un inextricable fouillis d'ornements creusés dans le granit avec une verve et une délicatesse prodigieuses ; les statues des douze apôtres, placées dans des niches, sont remarquables d'attitude et d'expression. De chaque côté de ce tympan se voient un buste d'homme et un buste de femme, costumés à la mode du XVIe siècle. On croit qu'ils représentent Jean de Brosse et Anne de Pisseleux, sa compagne, auxquels, comme nous l'avons vu, le roi François Ier restitua le comté de Penthièvre en 1535 ; le milieu du fronton est timbré d'un écu, aujourd'hui martelé, supporté par deux hercules. Dans les travées sud de la nef, la Renaissance a dissimulé la masse de ses lourds piliers sous une profusion de féeriques ciselures : ici des dais vides de leurs statues, et des fleurs ; là, les quatre vertus cardinales, la Prudence, la Force, la Tempérance et la Justice, personnifiées dans de vivantes statuettes ; partout de riches écussons, mais dont les armoiries ont disparu. Sur les quatre gros piliers qui supportent la flèche, des mascarons grimaçants et sarcastiques, sortent à demi du fût des colonnes ; roi, évêque, chevalier, page, princesse couronnée, femme embéguinée, chien, lionceau, dragon, tout cela servait de consoles à des statues détruites. Le buffet d'orgues est orné de sculptures en chêne, exécutées en 1646. N'oublions pas non plus le fameux bourdon, véritable monument de l'art breton au XVIe siècle, dont l'airain sonore appelle les fidèles au pardon de Bon-Secours. Il porte pour inscription :

 

Fondeur Guymark.

L'an 1568 fute feit ceste cloche pour servir Dieu

et Notre-Dame de Guingamp;

Gérôme Gégou, gouverneur de ce chapelle,

le fit faire.

 

 

Le nombre des autels était autrefois très-considérable à Notre-Dame : chaque confrérie avait le sien; plusieurs seigneurs avaient aussi leurs chapelles et leurs enfeux. L'enfeu de Rolland Phélippes, sieur de Coëtgouréden, sénéchal de Charles de Blois, découvert avec sa statue, derrière des boiseries informes, dans le collatéral sud, a été restauré ayec goût, ainsi que l'enfeu et la statue de Pierre Morel, évêque de Tréguier en 1385, enterré à Notre-Dame de Guingamp en 1401. Les descendants de Rolland Gouicquet, défenseur de Guingamp en 1489, possédaient trois tombes dans la chapelle Saint-Étienne, et avaient d'autres prééminences dans la chapelle de Saint-Denis ou de la Trinité (côté de l'Évangile), concédées en 1507, « après mûre délibération , par la plus grande et saine partie des bourgeois, en considération des louables ouvrages et bienfaits de Rolland Gouicquet. »

 

 

 

Depuis quelques années, de grandes et intelligentes réparations ont été faites dans cette église. La forêt de boiseries, armoires ou buffets qui masquaient les fenêtres, les niches, les crédences et même les arcades, a été abattue. Des vitraux à sujets, offerts par les familles les plus notables de Guingamp, garnissent aujourd'hui les fenêtres et retracent, soit l'histoire des patrons des donateurs, soit celle du patron de la chapelle ou l'histoire du pèlerinage de Bon-Secours. Au sommet de la fenêtre absidale, on distingue les portraits du duc Pierre et de la duchesse Françoise d'Amboise, les bienfaiteurs de Guingamp au XVe siècle. Aux quatre couches de badigeon qui empâtaient les sculptures de l'église, on a substitué des fresques dans deux chapelles, en même temps qu'un lavage et un grattage général rendaient au granit des colonnes et des piliers sa couleur primitive. Les voûtes du choeur ont été peintes en bleu avec arabesques d'or ; des autels en pierre, en style du XVe siècle, ont remplacé les autels en bois avec ornements rocailles, à l'instar des boudoirs du temps de la Régence. Enfin le portail de Bon-Secours , entièrement remis à neuf, a retrouvé toutes les splendeurs de l'art catholique du XIIIe siècle. En persévérant dans cette voie, et en rasant les échoppés qui s'attachent encore comme une lèpre aux flancs extérieurs de cette belle église, la ville de Guingamp honorera l'art et s'honorera elle-même.

 

 

illustration dûe aux Archives départementales des Côtes d'Armor

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 13:21

 

En 1793, Broons Lamballe et Rostrenen furent sur le point d'être forcés mais le vingt-neuvième jour de L'an II Moncontour envoya Broons 70 gardes nationaux pour s'y organiser eu compagnie avec les gardes nationaux de Jugon. Les Républicains de Lamballe volèrent aussi leur secours en mars de la même année et l'on parvint ainsi contenir là formidable insurrection dont on était menacé. Le lendemain de l'entrée des Royalistes à Quintin, c'est à dire le 5 thermidor an III, l'adjudant-général Chain peaux reçut du général Chabot l'ordre d'aller avec ses 1.800 hommes occuper le camp établi Saint-Brieuc., et que l'invasion des chouans dans les Côtes-du-Nord avait fait lever ; mais Hoche qui était arrivé Saint-Brieuc le six thermidor, chargea cet ordre et intima à Champeaux celui de retourner Vannes et de renvoyer ses grenadiers dans les cantonnements qu'ils occupaient avant leur expédition. l'adjudant-général Champeaux reçut du général Chabot l'ordre d'aller avec ses 1,800 hommes occuper le camp établi à Saint-Brieuc., et que l'invasion des chouans dans les Côtes-du-Nord avait fait lever ; mais Hoche qui était arrivé Saint-Brieuc le six thermidor en changea cet ordre et intima à Champeaux celui de retourner Vannes et de renvoyer ses grenadiers dans les cantonnements qu'ils occupaient avant leur expédition. Champeaux obéit et peu de temps après Hoche lui confia le commandement de l'arrondissement de Broons et de toute la ligne de défense des départements d'Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord et du Morbihan. Cette partie de la Bretague était infestée par les chouans qui pullulaient. Champeaux les atteignit et les maltraita dans plusieurs rencontres partielles mais, les ayant trouvés réunis près de Caulnes sur la route de Saint-Jouan à Dinan il eut avec ces chouans qui avaient rassemblé sur ce point l'élite de leurs bandes, une action qui dura près de quatre heures. Forcés au pas de charge dans leurs retranchements, ils prirent enfin la fuite laissant le champ de bataille jonché de morts. Le capitaine Cardon, commandant les grenadiers du 2e bataillon de l'Ain, le fourrier Sibuet du même bataillon, et Durand, gendarme Broons s'y distinguèrent par leur bravoure. En vendémiaire an IV la place de Broons, fut de nouveau menacée par les royalistes et des rassemblements considérables eurent lieu peu de distance de la ville mais l'énergie des patriotes parvint de rechef faire avorter leurs projets. La municipalité de Broons contient assure-t-on des documents précieux pour l'histoire de cette guerre civile, que l'on doit déplorer, sous quelque drapeau qu'on ait combattu. Le bourg de Caulnes, jusqu'à l'an de l'ère républicaine, fut le chef-lieu canto nal. Sous la révolution, il devint le théâtre de deux combats sanglants entre les chouans et les bleus. Le général Champeaux en 1795, livra aux royalistes une terrible bataille, qui ne dura pas moins de quatre heures, tant les partis étaient acharnés dans ces luttes fatricides et jamais déplorables. Les troupes régulières de la république demeurèrent victorieuses. Caulnes fut le théâtre d'importants combats entre les royalistes mené par MM J. de Saint-Pern et Crepel, et des soldats républicains casernés au château de Coëlan De chaque côté il y eut un grand nombre de morts, une quinzaine dans un champ qui borde la grande route, vis à vis le bois de la Haie Deux autres rencontres eurent lieu vers la même période au village de la Perchais et des environs. Pendant les Cent jours, une colonne royaliste, commandée par M. du Bois-Hamon, livra au pont de l'Isle un combat très-vif à un détachement de fédérés de Brest, appartenant aux 15e et 86e de ligne et à l'artillerie de marine, et fit prisonnier le major du 86e, 18 officier et 96 soldats. Forcés de prendre la fuite, les royalistes laissèrent sur le terrain un grand nombre de morts.

 

 

 

 

Charles de Boishamon

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 20:26

 

 

 

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Au Moyen-Age, en cas d'alerte, lés habitants des places combattaient avec la garnison ; il fallait donc que l'arc et plus tard l'arbalète ne fussent pas en leurs mains des fardeaux inutiles. Depuis le XIVe siècle au moins, les habitants tiraient de l'arc. Cet exercice devint pour eux une obligation après la création (en 1425) des milices paroissiales, qui devinrent les Bons-corps. Dès cette époque, les tireurs ne faisaient-ils pas leur apprentissage au jeu du papegaut ? Le Papegaut était un oiseau de bois ou de carton peint auquel on tirait, à l'arc d'abord, puis à l'arbalète ; et, quand les armes à feu eurent remplacé les armes à corde, on tira à l'arquebuse et enfin au mousquet. On a écrit : «L'institution du papegaut en Bretagne remonte au XVe siècle : François II, par une ordonnance de 1483, l'établit à Nantes, Rennes et Saint-Malo. » La vérité est que le papegaut existait près de cent ans auparavant, en 1398, à Quimperlé. Nous le trouvons en faveur à Vannes en 1455 ; et l'ordonnance nous le montre en grand honneur à Nantes même, longtemps avant 1482. Elle est rendue en réponse à une requête de nombre de « bourgeois fréquentans le jeu d'arc... à chacune fête (dimanche), » en faveur du « roi. fait au mois de mai, en abattant d'un coup de flèche une enseigne d'oiseau nommé papegaut, assis sur une haute tour de notre ville, etc. » L'abatteur avait déjà, comme on voit, le titre de roi ; l'année de sa royauté révolue, il aura le titre d'ancien roi, et jouira de quelques prérogatives : il donnera son avis « sur la bonne confection, sur le loyal abat du papegaut, etc. » Le tir solennel du mois de mai est un concours. Tout concours suppose un exercice préalable, et François II nous apprend que cet exercice se faisait «continuellement... à chaque fête », avant même que l'abatteur eût aucun privilège. Nous avons dit plus haut que le duc Jean V, conseillé par son frère, le connétable de Richemont, créa les milices paroissiales (1425). L'ordonnance du duc suppose que beaucoup savent tirer de l'arc. Il importait que tous en fissent l'apprentissage. Nul doute qu'à partir de cette date les ducs n'aient créé des papegauts en nombre de villes, surtout aux places « maritimes ou frontières ». On ne peut douter que, à ce double titre, Concarneau n'ait eu très anciennement son papegaut. Dans le mandement de 1451, le duc Pierre II rappelle que, pendant la guerre de Cent ans, « les habitants de Concarneau se sont souvent armés pour faire résistance aux Anglais. » Comment leurs services auraient-ils été utiles, si les habitants n'avaient pas su tirer de l'arc ?si les habitants n'avaient pas su tirer de l'arc ? Voici, je crois, une autre preuve de l'ancienneté du papegaut : C'est le sénéchal qui, sur le rapport des chevaliers du jeu, « déclarait l'abat du papegaut bien et dûment fait », proclamait le roi et le mettait en possession des émoluments attribués « à rabatteur .» Le tir du papegaut était, comme nous dirions aujourd'hui, une affaire municipale. Du pouvoir attribué au sénéchal ne peut-on pas conjecturer que le papegaut a précédé la création des communautés urbaines ? Or, en grand nombre, elles sont antérieures à 1450. L'ordonnance de 1482 ne marque donc pas la date de la première institution du papegaut en Bretagne ; mais elle semble avoir innové en accordant « au roi pour l'année de sa royauté seulement, exemption de toutes tailles, aides, emprunts, etc., et de guet, garde de portes et autres subsides et subventions personnels. » En outre, le duc lui « donne l'impôt de 20 pipes (40 barriques) de vin nantais qu'il fera vendre en détail dans sa maison ou autre maison de la ville. » Deux observations : 1° François II n'exempte que le vin de Nantes, vin breton payant beaucoup moins cher que le vin étranger importé en Bretagne ; nous ne voyons pas ailleurs cette restriction imposée à rabatteur. 2° L'exemption des tailles, aides etc., impôts variables, cessera bientôt ; mais elle sera compensée, avec avantage pour l'abatteur, par une exemption bien plus large des droits sur le vin vendu au détail. François II compte par pipes : les Rois de France, ses successeurs, compteront par tonneaux. Au XVIe siècle, après la réunion de la Bretagne à la France, il fut fait, au point de vue des finances sans doute, une recherche des lettres autorisant le papegaut ; or, plusieurs villes les avaient perdues : elles firent sans peine la preuve de l'usage ; l'usage fut pris pour la preuve du droit, et les Rois de France accordèrent très libéralement des autorisations. On a écrit : « Henri II, Charles IX, Henri III, encouragent le papegaut ; mais en paroles seulement. Mais les villes savent faire de larges sacrifices en sa faveur.» Les faits démontrent au contraire de la part des Rois une extrême libéralité que la cour des comptes et le conseil d’État trouveront excessive, et de la part des communautés unies aux fermiers des impôts, une rapacité insatiable et une honteuse lésinerie. Faut-il des exemples de la libéralité royale et de la rapacité des fermiers de l'impôt ? Nous les trouvons à Concarneau. En septembre 1557, Henri II accorde à cette ville le droit de papegaut, par des lettres ainsi relatées dans un arrêt du Conseil du 27 juillet 1671 : « Permission aux habitants de Concarneau de tirer tous les ans au mois de may au jeu du papegault de l'arquebuze, et de vendre par celuy qui l'aurait abatu, la quantité de trente tonneaux de vin en ladite ville ou autres lieux que bon lui semblerait en la jurisdiction d'icelle, francs et exempts de tous droits d'impôts et de billots, lettres vérifiées en la dite Chambre des Comptes pour l'exemption de vingt-cinq tonneaux de vin seulement. » Une exemption de droits sur 30 tonneaux ou 120 barriques n'est pas un mince avantage : la cour des Comptes le juge excessif et réduit à 25 tonneaux ou 100 barriques ; mais, sans parler du titre et des honneurs de roi, l'exemption même réduite récompense royalement l'adresse de l'abatteur. Mais à quelle somme en monnaie actuelle peut s'évaluer ce prix ? Les éléments d'un calcul exact nous font défaut. Procédons par approximation -disons mieux -par comparaison. papegaut de Quimper : exemption sur 30 tonneaux (120 barriques) réduite à 25 tonneaux (100 barriques). Or, nous sommes renseignés en ce qui concerne Quimper. En 1594, pendant les troubles, Quimper saisit l'occasion de supprimer le tir du papegaut, pour unir à ses finances (c'est-à-dire confisquer à son profit) les émoluments du papegaut. De ce chef, le miseur porte à son compte une somme de 600 livres, soit aujourd'hui 3.169 francs au minimum. Mais -disons-le tout de suite -en 1671, nous allons voir l'exemption sur 25 tonneaux réduite à 15 tonneaux. Il nous faudradonc réduire nos chiffres des deux cinquièmes : 240 livres. -Il restera seulement 360 livres, ou 1.901 francs. Au début du XVIIe siècle, bien que devenus moins utiles, les exercices du papegaut étaient encore en grande faveur, lorsque, par édit de 1605, Henri IV les supprima, pour «unir leurs exemptions d'impôts au trésor royal, » Le Parlement de Bretagne refusa l'enregistrement de l'édit, les Etats protestèrent ; et une déclaration de mars 1606 « interprétant » ou plus exactement retirant l'édit, rétablit le jeu, mais à l'arquebuse seulement ; l'arc et l'arbalète étaient passés de mode. Au milieu du XVIIe siècle, le pouvoir royal demanda encore aux villes la justification de leurs droits au papegaut : 37 villes produisirent les lettres du duc François II (1482), et des lettres, confirmatives ou non, des Rois François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIII, et même une de Louis XIV, faisant preuve du droit. Concarneau produisit non les lettres mêmesde Henri II, que la ville crut peut-être prudent de garder ; mais l'expédition authentique dont nous avons parlé plus haut. Par arrêt du 27 juillet 1671, le Conseil d'Etat admet les productions de 36 villes, y compris Concarneau. Mais il réduisit presque toutes les exemptions, notammentcelles de Concarneau, à 15 tonneaux. C'était la moitié de l'exemption accordée en 1557, déjà réduite à 25 tonneaux par la cour des Comptes. Après l'arrêt de 1671, on voit en plusieurs villes l'abatteur traitant avec les fermiers des devoirs pour une somme de 300 ou 350 livres (environ 1.000 ou 1.150 francs). Marché lésionnaire auquel l'abatteur se soumet par peur du procès dont le fermier le menace. D'autres vendent leur droit à un cabaretier, qui, encouragé par le fermier, le paiera un prix dérisoire. Mais bientôt les chiffres indiqués plus haut, 300, 350 livres, deviendront l'exception, comme nous allons voir. Un siècle environ après l'arrêt de 1671, le 31 décembre 1768, les Etats de Bretagne, jugeant l'apprentissage et l'encouragement du tir inutiles, demandèrent la suppression des papegauts et l'emploi de leurs deniers à « l'entretien des hôpitaux en état de retirer, nourrir et élever les enfants trouvés. » A ce moment, 43 villes faisaient tirer au papegaut. Plusieurs protestèrent contre la suppression projetée : notamment Saint-Malo ; mais d'autres parurent renoncer au « jeu », dans l'intérêt de leurs hôpitaux. Un arrêt du Conseil du 7 mai 1770 supprima les papegauts, sauf pourtant celui de Saint-Malo, et peut-être ceux de Groix et de la Roche-Bernard, que nous voyons existants encore en 1776. Nous avons vu plus haut les fermiers des devoirs acquérant pour un prix vil, à 300 et 350 livres, des exemptions valant beaucoup plus : leur rapacité ne se contente pas de ce premier succès ; et, cent ans après, les fermiers paient moins cher des exemptions qui valent plus qu'après l'arrêt de 1671. Elles valent plus, parce que les droits exemptés sont augmentés des 2 sous par livre, créés en 1705. Voici les divers prix que je relève en 1770 : Les abatteurs reçoivent 800 livres (Saint-Malo), 400 livres (Nantes et Rennes), 300, 240, 200, 180, 150, 130, 120, 90, 75, 70, 63, 60. Deux abatteurs à Guérande et Piriac ne reçoivent rien. L'abatteur de Lesneven est réduit d'année en année (240, 200,180). Le papegaut de Malestroit est évalué à 83 livres, moitié pour l'hôpital, moitié pour rabatteur, soit 41 livres 10 sols à chacun. On compte 6 livres à celui qui abat la tête de l'oiseau, 6 livres à celui qui a le blanc (?) ; 2 livres au greffier ; 4 livres au tambour. -Reste au roi, 23 livres, 10 sous L'abatteur de Concarneau est mieux traité. Voici une lettre écrite le 6 juillet 1770, par le subdélégué de l'intendance : « On tire le papegault en cette ville chaque année au mois de may authorisé par lettres patentes de 1557 par lesquelles l'abateur devait jouir de la liberté de vendre et débiter quitte et franc de tout tribut, de droit d'impôt et billot, entrée de port et hâvre et autres subsides et impositions quelconques, trente tonneaux de vin de tel crû que bon lui semblerayt pendant un an ; mais bien s'en faut qu'il retire cet avantage depuis plusieurs années, causé, prétend-on, par diverses difficultés que font les fermiers des devoirs. Depuis plusieurs années, l'abatteur s'accommode avec eux et en a retiré l'un 300 livres, les autres 340 jusqu'à 350, attribution bien au-dessous du véritable droit. » C'est-à-dire 606, 686, 707 francs de nos jours. Quelle était donc la valeur du « véritable droit » auquel le subdélégué fait allusion, sans nous le faire connaître ? Les archives de Quimper vont encore nous renseigner. -Nous avons vu plus haut que les droits du papegaut (sur 15 tonneaux) pouvaient être évalués, après l'arrêt de 1671, environ 1.900 fr. de notre monnaie. Depuis, ils furent quelque peu augmentés par l'exemption des deux sous pour livres, après 1705. A la suppression, les droits de Quimper, 15 tonneaux, furent unis à ceux de Penmarc'h (10 tonneaux), soit en tout l'exemption sur 25 tonneaux que Quimper estimait, en 1594, 600 livres ou 3.169 francs actuels. Ces droits réunis furent attribués à l'hospice de Quimper. Ils sont compris aux comptes de l'hospice pour la somme de 1.200 livres, environ 2.400 francs de notre monnaie. Dans cette somme, Penmarc'h figure pour 2/5 et Quimper pour 3/5, soit 480 livres pour Penmarc'h, 720 pour Quimper. Telle devait être, à peu près, la valeur du « véritable droit» à Concarneau. On voit que la plainte du subdélégué est trop fondée. A propos de la suppression des papegauts, rappelons un fait qui montrera avec quelle insouciance étaient gardées les archives municipales. En novembre 1770, le maire de Concarneau, député aux Etats, demande copie des lettres établissant le papegaut ; il a besoin de cette pièce pour que les droits de rabatteur soient régulièrement transportés à l'hôpital. La communauté s'assemble et « nomme deux commissaires pour faire la perquisition des lettres... Les commissaires descendent aux archives et ne trouvent rien ; » mais ils ont appris que les lettres peuvent être aux mains de tierces personnes. « La communauté charge les commissaires de toutes perquisitions à cet égard et d'en faire un rapport. » Les commissaires (Dupont Bodélio et Morineau) rapportent, non l'original des lettres du 7 septembre 1557, mais une copie authentique tirée le 6 octobre 1669 (Mes Billette et Caradec, notaires royaux), qui leur a été remise par l'héritier d'un ancien maire. Un dernier mot sur le règlement du papegaut. -La religion chrétienne avait mis son empreinte sur toutes nos institutions. Les règlements du jeu de papegaut avaient un caractère non seulement moral, mais religieux. Des pénalités sont portées contre les arquebusiers querelleurs, ivrognes, blasphémateurs : ceux-ci peuvent même être dégradés de leurs armes. Il va sans dire que les archers ou chevaliers du jeu forment une compagnie que le roi commande. A la procession de la Fête-Dieu célébrée au mois de juin, le roi paraissait dans l'éclat de sa dignité nouvelle, « à la tête de la compagnie marchant en bataille pour assister le Saint-Sacrement que les chevaliers ont promis et juré de conserver et défendre au péril de leur vie. » «Commandement est fait expressément à tous chevaliers ... d'avoir devant les yeux l'honneur de Dieu en recommandation et qu'ils se déporteront (s'abstiendront de paraître) à la butte le dimanche des Rameaux, le Vendredi-Saint, Pasques, Pentecostes, Toussains et Noël, lesquelles fêtes sont prohibées et deffendues dudict exercice, ains (mais) employées au service de Dieu... » Cet article du règlement de Rennes montre en quel esprit ce règlement a été conçu, et les citations que nous avons faites d'autres règlements témoignent que cet esprit n'inspirait pas seulement les archers de Rennes. Je crois à propos de donner ici la liste de dix-neuf des derniers abatteurs du papegaut, à partir de 1742 jusqu'au dernier tir en 1770. Cette liste peut intéresser les Concarnois portant aujourd'hui les noms qui vont suivre.

 

1742 -Robert Melgven Le Bihan.

 

1743 -Robert Melgven.

 

1744 -François Bolloré.

 

1745 -Jean Le Bouédec, matelot.

 

1746 -Robert Melgven.

 

1748 -Jean Saillant.

 

1749 -François Michel, boucher.

 

1750 -René Brisson.

 

1751 -Jean-Pierre Brisson.

 

1757 -Le Nadan.

 

1760 -Nicolas Keralain, matelot.

 

1761 -François Michel.

 

1762 -Philippe-Louis Cornilleau, procureur.

 

1763 -François Michel.

 

1764 -Yves Dauzon.

 

1766 -François Michel.

 

1767 -Julien Kerevel.

 

1769 -François Le Raz.

 

1770 -François Broustel.

 

 

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 19:30

 

 

 

 

 

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 12:24

 

 

 

 

L'acte dont je vais donner le texte, bien qu'il semble d'un assez faible intérêt au premier abord, est peut-être l'un de ceux qui honorent le plus le règne du duc Jean V : l'ingénieur-géographe Ogée, dans son dictionnaire de Bretagne où perce trop souvent l'esprit adopté par les auteurs de l'Encyclopédie, dit assez cavalièrement : « Il (Jean V) eut le surnom de Bon, qu'il méritait sans doute. » M. Guépin, dans l'histoire de Nantes, avoue que ce prince, bien que peu brave et doué d'une médiocre intelligence, faisait pourtant marcher de front tout ce qui pouvait améliorer le sort moral, physique et intellectuel de ses sujets : avouons qu'on s'abonnerait encore à avoir des souverains aussi médiocres ! Dans la Biographie Bretonne, M. LeJan s'exprime ainsi : «En somme, Jean V, prince médiocre, eut un règne très-beau pour la nation. D'où vient cette anomalie?.... N'exagérons pas, toutefois, l'incapacité de Jean V, à qui nous ne pouvons attribuer l'initiative des choses puissantes accomplies sous son gouvernement, mais qui a le mérite très-réel de l'avoir suivie. Le peuple en jugea ainsi, car il l'appela Jean-le-Bon. » Moi , je me permets de dire que le peuple a eu dix fois raison, si le fait que je signale aujourd'hui a été, comme je le crois, connu parmi les Bretons, et, probablement, s'il n'est pas resté unique. Au commencement du XVe siècle, la châtellenie de Moncontour appartenait à Olivier de Clisson, qui la donnait, le 28 janvier 1406, à sa fille Marguerite, comtesse de Penthièvre : quatre ans plus tard, celle-ci abandonnait cette seigneurie au duc de Bretagne moyennant 2000 livres de rente : nous avons eu déjà occasion, quelques pages plus haut, de voir comment il se fit que l'on dût indemniser les sires de Montafilant qui avaient aussi, à cette époque, des droits sur Moncontour. Je ne sais trop à quelle époque de sa vie si agitée le connétable résida à Moncontour: ce qu'il y a de positif, c'est que pour embellir son château il voulut établir des jardins, et pour réaliser son désir, s'empara de la propriété d'une femme nommée Isabelle Torio, démolit deux maisons qui appartenaient à celle-ci et oublia complètement de l'indemniser. Bien des années s'écoulèrent, et Isabelle Torio devait craindre que le bon plaisir du sire de Clisson n'acquît force de chose jugée, lorsque, pour son bonheur, elle devint subgiée du duc de Bretagne. Jean V, alors seigneur de Moncontour, considéra que sa conscience l'obligeait à réparer les torts causés par l'injustice des anciens propriétaires du fief, et indemnisa sa sujette par des lettres conçues en ces termes : « Jehan par la grâce de Bieu duc de Bretaigne, conte de Montfort et de Richemond, à nostre bien amé et féal secretaire Alain Guillet, nostre receveur de Lamballe, salut : Receues avons la supplicacion et humble requeste de nostre pouvre subgiée Ysabel Torio demeurant en nostre ville de Lamballe, contenant coment feu le sire de Cliçon avoit autrefois fait démolir et abatre deux maisons appartenantes à ladicte impétrante, et en la place des dictes maisons fist fere et édifier les jardins de nostre chastel de Moncontour, sanz ce que elle peust avoir dudit sire de Cliçon aucune satisfacion ne récompense, ainsi que de ce nous avons esté bien informez et acertainez, nous suppliant sur ce lui pour voir de remède convenable. Pour ce est-il que nous qui usons et possédons lesdiz jardins, avons aujourd'huy fait veoir ladicte supplicacion en nostre conseill, et par icelui le cas meurement considéré, a esté ordonné que pour la descharge de nostre conscience nous rendons et poyons, ou façons rendre et poyer à ladicte suppliante, pour son desdomaige et récompense des dictes maisons, la somme de soixante livres monnoie. Pourquoy vous mandons et commandons que incontinent ces lectres veues, vous poyez à ladicte suppliante ladicte somme de soixante livres, lui ordennée, comme dict est, sauff à elle à avoir son recours de demander en plus large son desdomaige et récompense, si elle voit l'avoir affere, envers les hoirs dudit feu le sire de Cliçon qui fist démolir lesdictes maisons ; et gardez que en ce n'ait faulte, et rapportez ces présentes avecque la quictance de ladicte suppliante : ladicte somme de soixante livres vous seraalloée et mise en elère descharge par noz bien amez et féaulx conseillers les gens de noz comptes aucquelx mandons et commandons ainsi le fere, car ainsi le voulons et nous plaict, nonobstant queulxconques ordonnances touchant nostre trèschier et très-amé ainsné filz le conte de Montfort, ne autre ad ce contraires. Donné en nostre ville de Nantes le XVIe jour de mars, l'an mil cccc trante. Par le duc : de son commandement et en son conseill auquel vous, le séneschal de Rennes et de Nantes, Jehan Mauléon, le général maistre des monnoies, Jehan Chauvin, Jehan Garin, le trésorier, et autres estiez. » La dernière phrase de ce titre était là pour empêcher les difficultés qui auraient pu provenir de la part de François de Bretagne comte de Montfort, auquel Jean V avait donné la châtellenie de Moncontour. Le duc tenait fortement à ce que cet acte de justice reçût sans retard son effet, car à la charte, qui est accompagnée de la quittance, datée du 31 mars, est annexé le billet suivant, autographe, de Jean de Malestroit évêque de Nantes et chancelier de Bretagne : « Allain Guillet, receveur de Lamballe, je vous fais savoir de par messire le duc que se vous faites difficulté de poier incontinent les soixante livres cy dedans quelque assignacion ne atournance du fait de monsieur le conte, mon filleul, de votre requeste non obstant, que jamais vous ne servirez le duc ung jour, car il a bien à plain entendu le cas de la povre femme qui est tant piteux que plus ne peut le garder qu'il n'y ait faulte sans y querre excusacion de vérification ne aultrement, car je me suis chargé et charge de ce vous fere valoir, et que partant le poyement de ladicte povre femme est seur. Escryt a Nantes soubz mon seign manuel le XIIIe jour de Mars l'an mil cccc trante. J. évesque de Nantes. » Outre cet ordre du chancelier, je vois encore un avis donné par le receveur général des finances du duc, en ces termes : « Allain Guillet, je vous certiffie que si vous en faillez, et que ne la faites contente, que james le duc ne vous amera ; et le fésant je me oblige de le vous fere bailler ès comptes, ou le vous poier du mien. Me raportez cest mandement et l'acquit. A. Guinot. Depuis bien longtemps le château de Moncontour a disparu : peut-être trouverait-on aujourd'hui difficilement l'emplacement sur lequel le connétable de Clisson avait brutalement établi ses jardins ; mais le souvenir de la bonne action survit, et un petit fragment de perchemin, conservé aux archives des Côtes-du-Nord, vient rendre un témoignage authentique à la mémoire du prince auquel le peuple avait donné le surnom de Bon.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 16:13

 

 

Seigneurie d'Islan, en Saint-Pôtan. J'ai rapporté plus haut les textes qui prouvaient que le château de la Motte d'Islan avait été le chef-lieu d'un fief en Saint-Pôtan : ce fief comprenait une grande partie de la paroisse dont les rentes se payaient à la Saint-Michel et formaient le haillage de Saint-Pôtan ; il faut y ajouter quelques rentes peu considérables en Saint-Cast, les bois et garennes d'Islan, le moulin, l'étang de la rivière de Dieudy, la « dixme au vé » en Saint-Cast. Les archives de Penthièvre (Lamb. boîte 165, liasse 8-1) contiennent un acte de ferme du 24 avril 1563, par lequel Jean Rabel, écuyer, seigneur de Crehen, receveur général de Lamballe, afferme pour 5/4 de froment de rente à Guyon Bouan, seigneur de la Brientaye « les boays , garennes et franchises de Liselan. » Le comte de Penthièvre, à cette époque, l'avait saisi « a raison de sa terre et seigneurye de Lambale par causse du rachapt advenu par le debcès de feu monseigneur d'Annebault. » Je suis persuadé que la seigneurie d'Islan ne commença à exister qu'après la mort de Marguerite de Plancoët : à mon avis, ce fut un démembrement de cette dernière terre fait en faveur de Olivier de Montfort, frère de Geoffroy, fils et successeur de Marguerite. Olivier de Montfort paraît ne pas avoir eu de postérité, et après lui, la terre de Saint-Pôtan fut de nouveau réunie à la châtellenie de Plancoët. D'après une ancienne tradition, il y avait jadis une ville dans l'endroit où s'élevait le château d'Islan, et le chef-lieu de la paroisse y aurait été primitivement : c'est là un souvenir de l'ancien château fort, qui a aujourd'hui complètement disparu ; on ne soupçonnerait même pas son existence si les aveux ne fournissaient quelques données suffisantes pour retrouver son emplacement. Je noierai ici, en passant, que le seigneur principal dans la paroisse de Saint-Pôtan paraît avoir été le sire de Matignon, à cause de son manoir de Broûello. Le sieur de Launay-Goyon devait au sire de Matignon le jour de la Madeleine, une touret d'argent pour espervier ; les seigneurs du Guilleuc devaient an jour de la Saint-Jean-Baptiste un chapeau de roses, à peine d'une amende de 15 sous, s'ils manquaient de tenir leur redevance prête lorsque le sergent du baillage la venait chercher. Les prééminences de fondateur dans l'église paroissiale de Saint-Pôtan étaient partagées entre le sire de Matignon et le sire de Plancoët.

 

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