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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 07:49

 

 

 

Quand un grand écrivain, dans un de ses plus beaux livres, parle d'un homme ignoré pour dire qu'il restera toujours inconnu, ne lui donne-t-il pas par cette mention même une certaine renommée ? Cette renommée suffit pour exciter la curiosité du chercheur, et c'est pourquoi j'ai pensé qu'on n'apprendrait peut-être pas sans intérêt ce que j'ai eu le plaisir de découvrir touchant la famille d'un gentilhomme de l'évêché de Saint-Brieuc, dont Châteaubriant parle ainsi dans ses Mémoires d'outre-tombe « Le jeune Boishue et Saint-Riveul, mon camarade de collège, avaient péri avant ces rencontres, en se rendant à la chambre de la noblesse... Lecteur, je t'arrête regarde couler les premières gouttes de sang que la Révolution devait répandre. Le ciel a voulu qu'elles sortissent des veines d'un compagnon de mon enfance. Supposons ma chute, au lieu de celle de Saint-Riveul on eût dit de moi, en changeant seulement le nom, a ce que l'on dit de la victime par qui commence la grande & immolation : Un gentilhomme, nommé Châteaubriant.fut tué en se rendant a la salle des Etats. Ces deux mots auraient remplacé une longue histoire. Saint-Riveul eût-il joué mon rôle sur la terre ? Etait-il destiné au bruit ou au silence ? Passe maintenant, lecteur, franchis le fleuve de sang qui sépare à jamais le vieux monde dont tu sors, du monde nouveau à l'entrée duquel tu mourras. L'héritière du dernier descendant des Saint-Riveul m'ayant fort obligeamment communiqué les archives de cette maison, c'est à cette source que j'ai puisé la plus grande partie de ce qui fait l'objet de ce mémoire, où je ne vais parler que de deux des seigneuries de cette famille, savoir Saint-Riveul et le Plessix-Gautron; car les autres, qui étaient les Touches, la Ville-Bréheu, la Garde et la Mare-Ferron, n'offrent qu'un intérêt moindre. La maison noble de Saint-Riveul est située dans la paroisse de Plénée (anciennement Plenest). Mieux vaut épargner le temps que de la décrire. Cette seigneurie relevait directement du Roi elle était en partie sujette à rachat, et l'autre partie en était exempte. Elle devait payer à la recette de Jugon, chaque année, au terme de Noël, une rente appelée mangière de onze sous un denier, avec amende faute de paiement. Elle avait moyenne et basse justice, et sa juridiction s'exerçait tant en l'auditoire de la cour de Jugon que dans ceux des paroisses de Plénée, du Gouray et de Tramain. Le fief ou bailliage du Gouray s'étendait dans le Gouray et dans Collinée. Parmi les rentes qui étaient dues au seigneur de Saint-Riveul dans ce bailliage. il y avait une paire de gants qui se payait en l'église de la paroisse du Gouray, le jour de Noël, « en l'endroit de la grande messe, entre l'élévation du Saint-Sacrement.» Faut-il entendre par ces mots que les gants devaient être remis au seigneur de Saint-Riveul entre l'élévation de l;hostie et celle du calice ? Ce moment ne me semblerait pas bien choisi, c'est peut-être plutôt entre la consécration des saintes espèces et l'élévation qui se fait immédiatement avant le Pater. Parmi les vassaux de ce fief on trouve Gilles Haydurand, sieur du Fresne, et Julien Tardive!, sieur des Murs. Jacques du Rocher avait dans l'église paroissiale de Plénée, comme seigneur de Saint-Riveul, trois tombes et un banc qui lui avaient été octroyés du consentement de l'évêque de Saint-Brieuc et de tous les paroissiens de Plénée. La pièce-que voici, citée par MM. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy, qui l'ont trouvée dans le cabinet Cornillet, mentionne un très ancien propriétaire de cette seigneurie. Mai 1253. Guillaume d'Avignon, official de l'archidiacre de Penthièvre, fait savoir que Gebert de Sancto Rivoul et Guillaume Gebert, son neveu, ont renoncé à leurs prétentions sur le moulin que l'abbaye (de Boquen) avait à Plumecheval. » La liste des autres seigneurs de Saint-Riveul, que je puis établir d'après mes recherches, commence à Jehan Le. Court, seigneur de Saint-Riveul et de Perquenen, qui vivait en 1522 et en 1531. Sa famille portait d'azur à l'aigle éployée d'or, avec la devise Li droict chemin est li court. Rolland Le Court possédait les mêmes seigneuries en 1540 et en 1545. On trouve ensuite, en 1551 et 1556, Gilles Durand, mari de Guillemette Le Court, « sieur et dame de Saint-Riveul, de la Vigne, de Perquenen » puis, en 1563, Jehanne Durand, mariée à Charles Bouan, sieur du Chalonge, de la Grignardais, etc. C'est donc par des mariages que la seigneurie fut transmise des Le Court aux Durand et de ceux-ci aux Bouan. Jeanne Durand étant morte, Charles Bouan reçut, en 1571, un aveu au nom et comme tuteur de Jean Bouan, sieur de Saint-Riveul et de Perquenen, qui demeura propriétaire de ces seigneuries jusqu'en 1608 au moins. Depuis 1618 jusqu'en 1657, le seigneur de Saint-Riveul se nomma François Bouan, soit que ce fût un seul personnage, soit qu'il y en ait eu deux successivement, car celui qui existait à la dernière date était fils d'un autre François Bouan. François Bouan, marié à Julienne ou Hélène du Perrier, vendit Saint-Riveul, le 10 avril 1657, pour 27.000 livres en principal, à Jean du Rocher, sieur de la Haye et du Dilly, qui le posséda jusqu'à sa mort arrivée entre 1665 et 1668. Sa veuve, Esther Doudart, acheta la seigneurie des Touches, qui appartenait à la famille Leffroy et qui fut vendue judiciairement le 31 mai 1672. Cette seigneurie avait droit d'enfeu et de sépulture prohibitive à tous autres dans la nef de l'église de Plenest, ledit enfeu séparé et appelé la chapelle des Touches, avec droit d'escabeau et d'accoudoir, d'écussons et d'armoiries dans la vitre du côté du midi. Dans la seconde année après l'acquisition de cette terre, en 1674, Marie-Esther Doudart étant morte, ses biens meubles furent vendus à l'encan à Rennes, rue Vasselot, vis-à-vis de la maison neuve des Carmes, dans laquelle cette dame avait trois chambres garnies. Cette vente fut faite à la requête d'Isaac Gouiquet, sieur du Tertre, tuteur des enfants mineurs de Jean du Rocher et d'Esther Doudart, qui héritaient de celle-ci sous bénéfice d'inventaire. Le fils aîné, Jacques du Rocher, qui succéda à son père comme seigneur de Saint-Riveul, fut pendant plusieurs années de sa minorité sous la tutelle d'Isaac Gouiquet. Le premier de sa famille, il prit les titres de chevalier et de comte de Saint-Riveul et des Touches, que ses descendants gardèrent cependant son fils et premier successeur reçut, en 1758, une lettre d'un procureur à la Chambre des comptes nommé Bidou, dont je conserve l'orthographe, et dans laquelle on lit « Quand à La qualité de Chevalier porté Dans votre arrest D'hommage Elle n'est D'aucune conséquence cependant puisqu'elle ne vous Est pas dûe, il ne faut pas la prendre Dans votre aveu. » Jacques du Rocher passa plusieurs années au service du Roi en qualité d'enseigne des vaisseaux de Sa Majesté et de capitaine commandant cent soldats de la marine: il y était en 1691. Il se rendit, en 1694, acquéreur de la seigneurie de la Garde, en la paroisse de Saint-Judoce. C'est lui qui paraît avoir acheté aussi la seigneurie de la Ville-Bréheu, dont on voit qu'il était propriétaire en 1735. Sa demeure ordinaire était à Dinan. Sa femme, nommée Claude Le Chauff, fille de Guillaume Le Chauff, sieur de Beaunais, descendait des seigneurs de la Motte-au-Chauff,château situé dans la paroisse de Saint-Coulomb, près de Saint-Malo, de la famille desquels un membre va fournir le sujet d'une courte digression. Le 9 mai 1532, jour de la fête de l'Ascension, l'on célébrait aussi la fête de saint Nicolas dans une chapelle dédiée à ce saint, et qui était près les moulins de mer, soit en la paroisse de Saint-Coulomb, soit en une paroisse voisine, et cette fête était l'occasion d'une assemblée dans ce lieu. Jean Le Chauff, jeune gentilhomme âgé de vingt ans, qui demeurait avec son père à la Motte-au-Chauff,lieu de sa naissance, se rendit en pèlerinage à cette chapelle. Lorsqu'il eut accompli sa dévotion et pris son repas, comme il y avait des danses et plusieurs « joyeusetés autour de la chapelle, il se mit à danser. Puis, après avoir dansé, s'être égayé et fait bonne chère, Jean Le Chauff se mit en chemin pour s'en retourner à la maison de son père. Comme il s'en allait, des gens qu'il rencontra lui dirent que Jean Bardoul de la Bardoulaye, Geoffroy Huguet du Plessix et un autre s'étant querellés entre eux, Bardoul et le troisième avaient fort blessé Huguet, qui était tombé presque mort dans un chemin. Jean Le Chauff, à cette nouvelle, fut très peiné et courroucé, parce que Huguet et lui étaient liés d'une grande amitié : « frequentans, beuvans, mangeans et couchans souventes foys lun avec l'autre tant aud lieu de la Mote au Chauf que ailleurs. » Ces amis étaient, en outre, cousins nés de germains. Le Chauff, qui était fort échauffé de vin, s'étant dirigé vers l'endroit où on lui avait dit qu'était Huguet, le trouva tombé à terre et fort blessé. La vue de son cousin, de son grand ami « navré presque à mort le poussa à suivre les meurtriers, qu'il atteignit à la distance d'un trait d'arbalète Bardoulaye, cria-t-il, voyez là un gentilhomme qui se plaint de vous -Quel est ce gentilhomme ? demanda Bardoul. « C'est mon cousin Plesseix. Ces paroles n'étaient pas prononcées que Le Chauff dégaina Bardoul dégaina de même, et le combat s'engagea. Le résultat fut que Bardoul reçut une blessure dans le côté droit de la poitrine, s'écria qu'il était mort et passa en effet de vie à trépas dans ce même jour, après avoir reçu la bénédiction d'un prêtre. Jean Le Chauff, craignant la justice, s'expatria mais ses parents obtinrent pour lui du roi François Ier des lettres de grâce données à Châteaubriant dans le mois de mai 1532. Ces lettres, qui m'ont fourni le sujet de ce récit, sont dans les archives de la famille du Rocher de Saint-Riveul. Jacques du Rocher mourut le 28 décembre 1739, et son fils aîné, François-Marie du Rocher, fut après lui seigneur de Saint-Riveul. Celui-ci, né en 1695, se maria, en 1726, avec Françoise-Jeanne de la' Haye, fille unique de Vincent de la Haye, lequel était frère du comte de Plouër. Comme la fiancée, qui était orpheline, demeurait au château du Bois-de-la-Motte, paroisse de Trigavou, chez son-oncle par alliance M. de Cahideuc, la bénédiction nuptiale leur fut donnée dans la chapelle de ce château par messire Pierre du Rocher, sieur abbé de Saint-Riveul, recteur de Saint-Judoce, qui était frère de Jacques du Rocher. Françoise-Jeanne de la Haye, dame de Saint-Riveul, était fille d'une cousine germaine d'Angélique Pépin, femme du président à mortier marquis de Marboeuf, cette amie de Madame de Sévigné, dont celle-ci recevait l'hospitalité à Rennes, et qui mérita de recevoir de l'illustre épistolaire cet éloge « C'est une femme qui m'aime, et qui en vérité a de bonnes qualités, et un coeur noble et sincère. » Madame de Marbeuf, qui survécut à ses deux fils, mourut le 19 mai 1734 dans un âge très avancé son testament, par lequel elle déshéritait sa famille, fut annulé, de sorte que Madame de Saint-Riveul hérita d'elle pour un sixième de l'estoc maternel l'illustre Mahé de la Bourdonnais se trouvait au nombre des héritiers de l'estoc paternel on trouve aussi parmi les héritiers dans le même estoc l'un des abbés de Mellerayn, dont M. le chanoine Guillotin de Corson parla dans le Congrès de l'Association Bretonne à Ancenis, en 1894 c'est Thomas Boulain, chanoine de Saint-Malo. M. et Mme de Saint- de la succession, leur ayant apparteue pour 5,000 livres et ce prix, joint à M"" de Sévigné, lettre du 23 octobre 1675. 30.000 livres qu'ils obtinrent ensuite de la vente de leur part de la succession d'une demoiselle de la Hautonnière, leur servit à acquérir la terre du Plessix-Gautron, qu'ils achetèrent en 1742. Des certificats du greffier des Etats de Bretagne nous apprennent que François-Marie du Rocher de Saint-Riveul assista aux Etats à Rennes en 1750, 1752, 1754, 1756 et 1762. Dès 1707, il avait assisté à ceux qui s'étaient tenus à Dinan, mais le certificat ne mentionne pas qu'il y ait eu voix délibérative comme dans les autres, c'est qu'il n'avait alors que douze ans. François-Marie du Rocher de Saint-Riveul avait, en 1767, une pension de 150 livres sur l'Etat du duc de Penthièvre et, la même année, son fils Jean Victor, chevalier de Saint-Riveul, capitaine au régiment d'Aquitaine, en obtint une de 100 livres du même duc. François-Marie mourut en 1775, et sa veuve en 1785. Les archives de la seigneurie de Saint-Riveul font connaître qu'ils laissèrent après eux trois fils, dont l'aîné, qui fut leur héritier principal, portait les noms d'Henri-François-Jean. Né dans le mois de mars de l'an 1730, ce nouveau seigneur de Saint-Riveul avait épousé Anne-Bernardine Roger de Campagnolle. Il assista aux Etats à Rennes en 1786 puis on ne le retrouve plus qu'émigré à Jersey; c'est là qu'il mourut le 5 janvier 1810. Par son testament il institua légataires de ses biens deux gentilshommes et deux prêtres émigrés comme lui, mais non sans leur avoir fait connaître verbalement ses intentions, qu'ils accomplirent fidèlement, si ce n'est que l'un des gentilshommes semble avoir refusé le legs par scrupule pour la légalité c'était un fidéi-commis les légataires n'étaient qu'exécuteurs testamentaires le fils d'Henri de Saint-Riveul et le fils de sa fille furent ses héritiers. Anné-Bernardine Roger de Campagnolle était morte aussi à Jersey le 4 janvier 1800. Le premier frère puîné de Henri-François-Jean de Saint-Riveul, Jean-Victor du Rocher, chevalier de Saint-Riveul, né le 12 novembre 1733, devint capitaine commandant de grenadiers au régiment d'Aquitaine et chevalier de Saint-Louis. Les seigneuries de la Garde, des Vieilles-Cours et de la VilleBréheu lui appartinrent. La Révolution le fit émigrer, et c'est à Saint-Hélier (île de Jersey) qu'il mourut le 7 novembre 1809. Le second puîné, qui se nommait Emmanuel-Marie, né le 4 décembre 1734, vicomte de Saint-Riveul, sieur de la Ramerais, fut capitaine des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, puis chef de division commandant la cinquième escadre en 1786. Le 7 juin 1788, il commandait la station de l'Inde. Dix ans après, en 1798, il fut nommé chef d'escadre par Charles-Philippe, frère du Roi, lieutenant-général du royaume au nom de Louis XVIII. Il mourut en Angleterre en 1800 le quatrain que voici fut fait pour être gravé sur sa tombe Son coeur de l'amitié fut le parfait modèle. Il cultiva les arts il pratiqua le bien. A l'honneur, à son roi dans tous les temps fidèle, Il vécut pour la gloire et mourut en chrétien. Ces deux puînés paraissent être restés célibataires en tout cas, ils n'ont pas laissé de postérité. Leur aîné, Henri-François-Jean, dernier seigneur de Saint-Riveul, fut père de deux fils, dont l'un, le camarade de collège de Châteaubriant, portait les noms d'André-François-Jean. Né au château de Saint-Riveul le 21 avril 1769, ce jeune gentilhomme fut inscrit sur le contrôle de l'école militaire de la compagnie des chevau-légers de la garde du Roi le 1"' mai 1784, y fut reçu le 27 juillet suivant, y fit une année d'exercices avec beaucoup de distinction, au contentement de ses supérieurs commandants, et le service auprès de la personne du Roi avec toute l'exactitude qu'il requiert. » Voilà tout ce qu'on peut savoir de sa courte vie. Le registre des sépultures de la paroisse de Toussaint de Rennes pour 1789 mentionne qu'il mourut le mardi 27 et qu'il fut inhumé le jeudi 29 janvier de cette année, en présence du clergé. Les héritiers de son unique neveu ne savent rien de lui des parents ou alliés de sa famille sont dans la même ignorance à son sujet. Si Châteaubriant ne nous avait appris qu'un gentilhomme, nommé Saint-Riveul, fut tué se rendant à la salle des Etats, » on ne le saurait point. J'ai eu la satisfaction de découvrir quels étaient ses prénoms, les dates de sa naissance et de sa mort et son service dans la compagnie des chevau-Iégers de la garde. Le curé de la paroisse de Toussaint de Rennes, qui enregistra sa sépulture, lui attribua l'âge d'environ 24 ans, mais il n'en avait pas même 20 accomplis. Comment pouvait-il avoir entrée aux Etats de Bretagne malgré la déclaration du roi du 26 juin 1736, qui exigeait pour cela l'âge de 25 ans accomplis ? Je ne me charge pas de l'expliquer. me charge pas de l'expliquer. Son frère, Victor du Rocher de Saint-Riveul, fut nommé sous-lieutenant de remplacement dans le régiment d'Aquitaine-infanterie le ler mars 1786. Il rejoignit à Worms le prince de Condé dans le mois d'octobre 1791, le suivit à Oberkirk, fit sous ses ordres les campagnes de 1792, 1793, 1794, 1795, 1796 et 1797, la première dans la compagnie composée des officiers de son régiment, et les autres avec eux dans la compagnie n° 2 des chasseurs nobles. Il se trouva aux différentes affaires qui eurent lieu pendant le cours de ces campagnes, nommément à celles du 20 et du 21 août, 12 septembre, 19 et 24 octobre 1796 et il montra toujours beaucoup de zèle, de courage et de bonne volonté. Des passeports signés par le prince de Condé nous apprennent que, entre temps, il fit plusieurs petits voyages. Nous le voyons, en dernier lieu, passer par Ulzen le 5 novembre 1797, muni d'un passeport daté d'Uberlingen, 29 octobre, pour aller à Hambourg. La ville d'Uberlingen étant sur le bord du lac de Constance, Victor de Saint-Riveul traversa donc, dans ce voyage, toute l'Allemagne du sud au nord; c'est peut-être alors qu'il quitta l'armée de Condé. Il fut amnistié en 1812 pour fait d'émigration. L'héritage de son père, consistant en des capitaux placés en Angleterre, lui servit à secourir de nombreux prisonniers de guerre français dans ce pays par des prêts d'argent qu'il leur fit. Ce dernier des de Saint-Riveul fut tué en duel à Rennes le 15 juin 1815, dans l'excavation de la promenade du Thabor, qu'on appelle l'Enfer. Comme il n'était pas marié, le dernier descendant de cette famille fut le fils unique de sa soeur, le regretté M. de Benazé, qui représentait, il y a trente et quelques années, le canton de Saint-Jouan-de-l'Isle au Conseil général des Côtes-du-Nord.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:46

Une famille a marqué de son emprunte le terroir de Dinan au cours de l'époque médiévale, tantôt désignée Jarnouën ou Jarnouan. Hyacinthe de Fourmon (l'Ouest aux Croisades) rappelle la légende liée aux origines de cette famille qui, suivant une vieille tradition, serait d'origine irlandaise et aurait fait partie d'une émigration de Bretons insulaires, qui vint s'établir, de 360 à la fin du VIe siècle, aux environs de Châteauneuf et près de la Rance. Et notre auteur d'évoquer Jarnoüen alias Jarnwalt, nommé évêque d'Alet en 835 et exerçant les fonctions épiscopales en Guillac et en Guer. Il figure comme évêque d'Alet dans une charte du 11 novembre 835 par laquelle Jarnithim donna aux moines de Redon Ranrid Wallon ; il reparaissait, l'année suivante, toujours en qualité d'évêque d'Alet, et en possession d'un titre qui contenait la donation de la terre de Ran-Helmunoc au même monastère par Rethwobre. S'agissant du premier personnage issu de la Chevalerie on en a connaissance à travers une charte rédigée à Limassol en l'Île de Chypre. Il s'agit d'une procuration pour l'affrètement d'un navire qui lui était nécessaire afin de se rendre de l'île de Chypre à Damiette, et donnée par Hervé de Nantes, durant le mois d'avril de l'année 1249. Ce dernier évoque sa démarche ainsi qu'un certain nombre de Croisés. Parmi eux : «. Jean Jarnouen accompagna le roi saint Louis lors de son premier voyage d'outre-mer ». Il est difficile cependant d'affirmer qu'à cette époque, la famille Jarnoüen était déjà établie sur le terroir de Yvignac ou de Guenroc, en revanche M. Le Panetier de Roissays donne le dit Croisé originaire de Caulnes, un lieu : la Ville ès Jouannou semble avoir conservé trace de cette famille. En revanche, à la fin du siècle suivant, la maison Jarnoüen était sans nul doute bien implantée sur notre bon vieux terroir. C'est ainsi qu'est mentionné Jean Jarnoüen écuyer, lequel ratifia à Dinan, le traité de Guérande ce 25 avril 1381 avec Briend de Châteaubriant, Rolland de Trémereuc, etc. Cette famille disposait des armoiries ainsi dessinées :  «d'argent à trois hameçons de gueules »

 

 

Deux des lieux Yvignacais jadis entre les mains des Jarnouën :

 

Garrouët (à gauche) & Caver (à droite)

 

Les armoiries de cette familles sont aussi sculptées sur la porte qui figure en détail.

 

Guillaume et Olivier Jarnoüen comparaissent pour leur part à la montre d'Olivier de Mauny, qui eut lieu la 12 octobre 1386 à Lille. Il s'agissait d'un rendez-vous des troupes destinées à opérer une descente en Angleterre. L'entreprise échoua, moins par le mauvais vouloir du duc de Bretagne Jean IV, que par les retards du duc de Berry censé le secondé dans cette opération, toutefois les avis divergent, et, selon Album breton, l'échec se produisit par la faute du duc de Bretagne qui refusa d'y prendre part. D'après les Montres nobiliaires touchant la paroisse de Yvignac, figurent quelques membres de cette famille : J. Jarnoen, -probablement Jean, car aussi cité dans le même acte sous la forme de Jean Gernoen, parmi les témoins nobles à « Evignac » l'an 1428. Il est également mentionné, en cette même paroisse, un certain Raoulet Jarnoen présent à « Garouet. ». Mais le même ouvrage précise que ledit Raoult dont le patronyme est cette fois orthographié Jarnouan, se fit représenté à cette montre nobiliaire par Olivier de la Haye, alors archer en brigandine. En 1480, Geoffroy Jarnouan de Caver, est représenté par Pierre son fils qui perçoit la somme de 300 livres de revenu. Il est porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; il est aussi mention d'un certain Raoul Jarnoüan, sans qu'on ne sache s'il s'agit du même personnage ou d'un autre membre de cette maison. Ledit Raoul Jarnoüan perçoit pour ses services, 40 livres de revenu, il est porteur d'une brigandine et comparaît en archer. L'abbé Lesage nous apporte cette précision sur la seigneurie de Caver. Cette seigneurie a été dans un temps un lieu considérable. La tradition dit qu'un propriétaire de cette maison barrait au seigneur du château d'Yvignac le chemin de l'église, et l'obligeait à un long détour quand sa mauvaise humeur ne lui permettait pas de passer sur les terres de Caver. Le château n'existe plus, mais les murs de la chapelle, monument du XVe siècle, dédiée à saint Hubert, portent en alliance trois faces et trois bandes. En 1513, Caver appartenait à Bertrand Jarnouan qui y demeurait, lequel Bertrand avait épousé Gillette du Breil, fille de Olivier et Guillemette Lenfant. Caver possède une grange de ferme, où deux voitures attelées de cinq chevaux peuvent manoeuvrer sans se gêner. Un incendie ravagea depuis une partie des bâtiments ; autre maison noble d'Yvignac qui fut aux mains de cette famille Jarnoüen : Garouët. Le lieu présente l'architecture du XVe siècle dans sa porte et dans sa belle fenêtre ogivale. Elle porte aussi les armes des Jarnouan, à qui elle appartenait en 1513. Voici les notes laissées par le Patrimoine historique et Architectural du Pays de Dinan : A l’opposé du Hac, le manoir de Garrouët, en Yvignac, très moderne, témoigne encore dans la seconde moitié du XVème siècle, d’une formule de la fin du XIVème siècle, contemporaine des Fossés, de la Grand’cour, de la Bellière, Beaumont, La Ferronays. Cette période est riche en propositions variées et très présentes en Pays de Dinan. Cuisine et cellier encadrent une grande salle basse sous charpente (aujourd’hui plafonnée comme toutes les autres), deux fois plus haute. De chaque côté de cette salle « d’apparat », deux escaliers droits intérieurs montent aux chambres de l’étage. L’un deux est conservé : une rareté ! Ceci est d’autant plus remarquable que ce type d’escalier est déjà archaïque, au temps où se multiplient les escaliers à vis dans des tourelles extérieures, de plus en plus ostentatoires à partir de la fin du XVe siècle. La formule des salles-basses-sous-charpente, très proches des « hall houses » d’outre-Manche, se rencontre essentiellement dans l’ancien comté de Rennes, pendant les trois-quarts du XVe siècle. Elle disparaîtra avec la mode pratique des étages carrés plafonnés. Le vicomte du Breil de Pontbriand pense que c'est la fille, ou la petite-fille de Bertrand Jarnouan et de Gillette du Breil, prénommée Marie, qui transporta la terre de Caver dans la famille de Bouillé en épousant l'un des membres de cette maison, prénommé Jacques. Celui ci qualifié de Chevalier est titré sieur de Pierrefontaine, et en 1543 il possédait les terres de Rohemel en Guenroc et de Caver en Yvignac, du chef de sa femme, lesquelles terres passèrent ensuite aux Glé de la Costadais( voir article Notes sur la famille Glé, par l'Abbé Lemasson), puis la Beaume-Le-Blanc de la Vallière. Précisément, les montres nobiliaires de la paroisse de Guenroc évoquaient des membres de la famille Jarnoüen, d'abord en 1447, où il est précisé que Le beau Rocher, en « Guenro » appartient à Regnaud de Jarnouen, au mesme, l'hotel de Rohinel ; Renaud Jarnouan, sieur de Carrier, comparaît en brigandine, et, pour ce qui n'est suffisant point selon sa richesse, sa terre saizie. Geffroy Jarnouan, non comparu. Même paroisse de Guenroc, l'an 1513 : Noble damoiselle Jeanne Jarnouan, a la métairie noble de la Jegnaye -à présent la Giguaie, et la métairie noble de Beau Rochier et celle de la Gilbert, roture.

 

 

 

La Giguaie en Guenroc

 

(cliché édition Le Flohic)

 

 

Noble escuier Bertrand Jarnouan, a le lieu et métairie noble de Rohemel, et en porte la seigneurie.  Un troisième localité fut jadis mentionnée comme disposant de terres appartenant à cette famille Jarnouën : Plorec. En 1459, la paroisse de Plourec comptait parmi ses nobles, les fils de feu Geffroy Jarnouant de la Ville Lambert.

 

 

 

La Ville Lambert en Plorec, le lieu a depuis été métamorphosé

 

 

Enfin nous conclurons cet article consacré à la maison Jarnouën en reprenant les notes de M. Hyacinthe de Fourmon : dans la magistrature nous trouvons Guy Jarnoüen, seigneur de Villarlay, procureur-général au parlement de Bretagne, et son fils, Robert Jarnoüen de Villarlay, investi après lui des mêmes fonctions. Jeanne Jarnoüen épousa, vers 1400, Jean de de Beaumanoir, seigneur de Kermorand, mort en 1439 et enterré aux Jacobins de Dinan; elle en eut Olive de Beaumanoir, mariée, vers 1425, Charles de Gouyon, seigneur de la Boueltardaye, qui était fils de Louis de Gouyon ; Guy Jarnoüen, seigneur de Villartay, marié à Gillette le Meslif en 1620; Robert, son fils; Perrine le Clerc de Callouel, morte veuve Roz-sur-Couesnon le 15 janvier 1695; de ce mariage est issu Jean Jarnoüen de Villarlay, qui vint en 1683, s'établir procureur à Vitré sa descendance nombreuse s'y est perpétuée jusqu'à nos jours.

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 20:29

Le premier château de Quintin nommé Castellum Novum est mentionné dès 1202. Il était désigné au cours des XIIIe & XIV siècle, le Chastel-Neuf, et la ville bâtie autour, la ville du Chastel-Neuf de Quintin, sans doute par opposition au Vieux-Bourg de Quintin. Dans la paroisse de Saint-Donan, sur le bord de la rivière du Gouët, une vieille motte castrale encore existante, à double rempart de terre, par conséquent une forteresse de la plus ancienne féodalité, et qui s'est toujours nommée Château-Boterel.

 

 

Plan de Saint Donan avec mention du château Boterel

 

Là fut croyons nous, le chef-lieu primitif de la grande châtellenie donnée en partage au frère puîné d'Henri d'Avaugour, et c'est pourquoi ce puîné et ses descendants prirent le surnom de Boterel. Ainsi s'exprimait Arthur de La Borderie au sujet de la défense primitive de Quintin. La ville fut démantelée en 1294, mais ses fortifications furent relevées peu de temps après. En 1468, les habitants de la ville étaient tenus de fournir la garde du château, en 1487 la ville fut assiégée et pillée ainsi que le château. Au cours des guerres de la Ligue, Mercoeur assiégea la ville en 1597. C'est à la fin du règne de Louis XIII, qu'une autorisation fut accordée par la Régente de bâtir un nouveau château, mais les travaux ne furent jamais terminés. La démolition du vieux château avait commencé quatre ans plus tôt en 1639. Le château actuel de Quintin repose sur les ruines de l'antique forteresse dont les voûtes sont encore dans un bel état de conservation.

 

 

 

Plan de Quintin

 

l'étoile marque l'emplacement du château actuel 

 

 

La ville du Chastel-Neuf de Quintin (7 mars 1379)

 

Sachent touz que en nostre court de Quintin en droit personelment establiz Guillemot, fiulz Perret Bidault et Peronne sa fame...cognurent et confessèrent eulx avoir vendu, baillé, livré et ottroié, et encore par nostredicte court vendirent, baillèrent, livrèrent et ottroièrent en nom et en titre de vente perpetuelle à Geffrei de Quintin, à ses hairs et à qui cause aura de lui, une place a la maisons desus et le courtil darière, sis en nostre ville du Chastel Neuff de Quintin, dedans les murs et fortresce de nostred. Ville, entre la place au fiulz Henry Jahan que le sieur de la Rocherouxe tient à present, d'une partie, et nostre maison de la mareschaucie, d'autre partie, achevant du chef darière sur les maisons de nostre chappelain de Saint Jahan, et sur les rues de nostre donjon du chief davant, et comme se desreme des terres et des maisons voisinables : c'est à savoir pour la somme de vingt et cinq libvres mongnaie courante, dont lesditz mariez se tindrent pour bien paiez...Donné tesmong le siau estably ès contraz de nostre dicte court mis à ces lettres ensemble o le siau de Robert Le Véer, de prières et requestes desditz mariez. Le lundi après Reminiscere, l'an mil IIIc sexante dez et ouyt.      

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 06:37

 

 

Geoffroi Boterel , Seigneur de Quintin,

 

rapportant de Terre Sainte un fragment de la ceinture de la Vierge. Relique précieuse toujours conservée dans le Sanctuaire (légende)

 

(Archives départementales des Côtes d'Armor)

 

 

 

Dans le principe la seigneurie de Quintin formait l'une des plus grandes subdivisions ou châtellenies entre lesquelles se partageait le comté de Goëllo, d'où elle fut extraite et démembrée au commencement du XIIIe siècle, pour faire l'apanage de Geoffroi Boterel, fils puîné d'Alain Ier, comte de Penthièvre et de sa quatrième femme nommée Eladis, desquels le fils aîné (frère aîné de Geoffroi Boterel) appelé Henri, s'étant vu dépouillé du Penthièvre par le duc de Bretagne Pierre de Dreux et réduit au Goëllo, se réduisit lui-même au modeste titre de Henri d'Avaugour (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 5). L'apanage de Geofroi Boterel était un fief très considérable qui a eu, au moins dans l'usage, depuis le milieu du XVe siècle le titre de comté. D'après les divers aveux de cette seigneurie rendus au duc de Bretage, puis au roi de Frace, au cours des XVe, XVIe et XVIIe siècles, la juridiction du comté de Quintin n'embrassait pas moins de vingt huit paroisses et trèves dont voici la liste, de proche en proche, en allant du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, savoir : 

1 Saint-Donan  2 Plaine Haute  3 Saint-Julien-de la Côte (sa trève)  4  Plaintel  5 Saint-Bedan ou Saint-Brandan (sa trève)  6 Saint-Thurian ou Saint-Thuriau de Quintin (comprenant la ville de ce nom)  7 Le Feil (sa trève)   8 Lanfeins  9  Allineuc  10 L'Hermitage (sa trève)  11  Le Bodéo  12 La Harmoie autrefois Lanhermouët  (sa trève)   13  Haut-Corlai  14 Saint-Bihi (sa trève)  15  Le Bourg (aujourd'hui Vieux Bourg de Quintin)  16 Saint Gildas des Prés  (ces deux dernières, ses trèves)  17  Saint Gilles Pligeau  19   Saint Conan  20  Kerper (ses trèves)   21  Botoha   22   Canihuel   23   Sainte Tréphine  24 Lanrivain (ces trois dernières, ses trèves) 25   Querrien    26  Peumerit Quintin  27  Plounevez Quintin  28 Trémargat (sa trève). 

 

Geofroi Ier dit Boterel, naquit selon Lobineau, en 1207, peu d'années avant la mort de son père advenue en 1212. Ce serait par conséquent Henri d'Avaugour, frère aîné de Geofroi, qui à la majorité de celui-ci eût donné en partage la seigneurie de Quintin. Le testament de Guillaume Le Borgne, sénéchal du Goëllo, du 10 avril 1215, montre en effet qu'à cette date la châtellenie de Quintin n'était point encore distraite du Goëllo. Ce sénéchal se trouvant en 1215 créancier de son seigneur Henri d'Avaugour, celui ci avait pris en sa faveur des dispositions consignés dans ce testament...Ce Geofroi vivait en 1226 et en 1238, « je le trouve par actes » dit du Paz...Son surnom de Boterel, passa à ses descendants comme ne sorte de surnom patronymique. Par lui même il n'avait rien de très flatteur car il signifie crapaud. Mais si l'on admet que le vieux Château Boterel de Saint Donan, ait été, comme il semble probable, le chef lieu primitif de l'apanage de Geofroi, ce serai là l'origine de son surnom, qui rappellerai non la laideur physique du premier sire de Quintin, mais son premier titre féodal, et c'est pourquoi il se serait transmit à tous ses descendants.

 

 

 

 

Jean Ier Boterel, inconnu à du-Paz et à dom Morice. Probablement fils du précédent. Le 27 avril 1283 dans une convention conclue à Carhaix entre le duc de Bretagne Jean Ier Le Roux et Henri d'Avaugour, petit-fils et héritier principal du frère aîné de Geofroi Boterel, ce Avaugour donne au duc trois cautions, dot la première est « monseignor Jehan Boterel, seignour de Quintin » . Il mourut le 19 juillet 1293, suivant le Nécrologe des Cordeliers de Dinan, où on lit : « XIV Kal. Augustis, anno Domini M. CC. XCIII, obiit dominus Johannes Botherel, dominus de Quintino ». Enfants : on ignore le nom de la femme de Jean Ier Boterel, mais il y a lieu de regarder comme ses fils 1° Geofroi Boterel II, qui suit ; 2° Eon ou Yvon, donné comme frère de Geofroi II par dom Morice, et, dont on veut que soient issus les « Boterel de la Ville-Geffroi »

 

Geofroi Boterel II ou de Quintin, figure dans trois actes publiés par MM. Geslin de Bourgogne et de Barthélémy (tome III de l'ouvrage intitulé Anciens évêchés de Bretagne, actes datés de 1332, 1337 & 1339. Femme et enfants : d'une femme appelée Aliénor selon D. Lobineau et D. Morice, mais dont on ignore le nom de famille, Geofroi II eut quatre enfants : 1° Jean II Boterel qui suit ; 2° Guillaume ; 3° Plesou (fille) mariée en 1335 à Guillaume du Vieuxchâtel, fils de Geofroi, chevalier, seigneur du Vieuxchâtel ; 4° Aliette, mariée à Yvon III de Quélen, sieur de Quélen, chevalier, laquelle eut en partage la terre de Plounevez-Quintin. Geofroi Boterel II sire de Quintin fut tué à la bataille de la Roche-Derrrien, le 8, 19 ou 20 juin 1347, car il y a incertitude sur le jour précis ; selon D. Lobineau et D. Morice, ce n'est pas Geofroi Boterel II, c'est son fils Jean II qui aurait périt à la Roche Derrien, mais ils n'en donnent aucune preuve, car si l'auteur des Chroniques de Saint Denys et Thomas d'Agworth, dans l'histoire d'Edouard III d'Avesbury mettent l'un et l'autre parmi les victimes de cette bataille « le sire de Quintin », ils n'en donnent le prénom ni l'un ni l'autre. Le seul document où on le trouve est le Nécrologe de l'Abbaye de Beauport : où on lit : « Junius XIX. Commemoracio domini Gaufridi de Quintin qui interfectus fuit juxta la Roche Derrien ». Il s'agit donc bien de notre Geofroi, et non de so dils qui suit.

 

Jean II Boterel ou de Quintin, succéda à son père Geofroi II en 1347, et fut tué cinq ans après en combattant, comme lui, pour la cause de Charles de Blois à la bataille de Mauron (13 août 1352). Le chef des Anglais, William Bentley, dans une lettre où il rend compte de cette journée, met au nombre des morts « le sire de Quyntine », qui à cette date ne peut être que Jean II. Selon D. Lobineau et D. Morice, il fut marié deux fois. On ignore le nom de sa première femme. La seconde était Philippe ou Philippine de Dinan, vicomtesse de la Bellière, mariée à Jean Boterel dès 1332, dont on a un codicille daté de 1348, le dimanche avant Noël et l'extrait d'un autre testament daté de 1363. Enfants : de l'une et l'autre de ses femmes, cela est incertain (- selon D. Morice et D. Lobineau) trois enfants : 1° Geofroi III qui suit ; 2° Clémence, qui épousa Jean, seigneur du Juch ; 3° Jeanne, morte sans alliance. Ci dessous gisant de Jean II Boterel tombé au combat de Mauron + 1352

 

 

 

 

Geofroi III Boterel ou de Quintin, succéda à son père en 1352, soutint comme lui le parti de Charles de Blois et combattit dans l'armée de ce prince à la bataille d'Auray le 29 septembre 1364. Femme et enfants : il épousa Tiphaine de Boisglé, dont il eut trois enfants : 1° et 2° Jean III et Geofroi IV qui suivent, qui lui succèdent l'un après l'autre dans la seigneurie de Quintin ; 3° Plesou, mariée à Geofroi, seigneur du Perier, dont nous retrouverons bientôt la postérité. En 1372, Geofroi III maria son fils Jean avec Marguerite de Rohan, fille de Jean Ier, vicomte de Rohan. Dans le contrat de mariage, daté mardi après la Quasimodo (28 avril 1372) le futur époux est appelé « Jehan, fils aisné de monsr Gieffroy Boterel, sire de Quintin et de dame Téphéne de Boisglé ». ( D. Morice. Preuves II). En 1381, Geofroi était mort car parmi les seigneurs bretons qui ratifient le second traité de Guérande, conclu entre le roi de France Charles VI et le duc Jean IV, on trouve, sous la date du 2 mai 1381 « Jehan, sire de Quintin, chevalier ». On trouve aussi, il est vrai, dans ces ratifications, sous la date du 10 avril 1381 (nouv. Style), un Geffroi de Quintin ; mais ce personnage qui n'a pas la qualification de sire de Quintin, est justement le frère puîné de Jean.  

 

Jean III Boterel ou de Quintin, était en possession de cette seigneurie en 1381 et peut être en 1379 ; mais non en 1378 : car dans les Trésoreries des guerres du roi de France pour cette dernière année, on le voit figurer plusieurs fois comme faisant à la solde du toi, sous les ordres de du-Guesclin, la campagne de Bretagne, et toujours il est nommé « Jehan de Quintin, escuier », jamais il n'est qualifié comme sire de Quintin comme il l'est, on vient de le voir, dans la ratification du traité de Guérande : preuve que le sire de Quintin, à cette date (1378) était encore Geofroi III, père de Jean III. Ce dernier mourut en 1384 ou au duc de Bretagne le 23 juin 1385. Femme : Marguerite de Rohan lui survécut longtemps et ne mourut qu'en mars 1441 ; mais comme il n'eut, ou du moins ne laissa d'elle aucun enfant, la seigneurie de Quintin passa après lui à son frère puîné qui suit.

 

 

 

 

Geofroi IV Boterel ou de Quintin, frère puîné du précédent, lui succéda dans la seigneurie de Quintin en 1385 et la posséda jusqu'à sa mort survenue en 1428 ; ce qui constitue un règne seigneurial de près d'un demi-siècle. Femmes : il épousa successivement trois femmes, savoir 1° Béatrix de Thouars, fille de Renaud de Thouars, seigneur de Pouzauges, laquelle mourut vers 1414, selon du Paz, et certainement avant le 5 février 1416 ; 2° Jeanne d'Avaugour, dame de Kergrois ; 3° Jeanne d'Assé. Mais il n'eut de ces femmes, aucun héritier. De 1385 jusque vers 1425, on trouve le nom de ce seigneur à chaque instant dans les actes et les documents de l'histoire de Bretagne, toujours en place honorable et importante, au premier rang de l'aristocratie bretonne. Le 15 mai 1405, de concert avec sa femme Alix de Thouars, il fonda et dota, en l'église Notre-Dame de Quintin qui jusque là n'était autre chose que la chapelle de son château, un collège de cinq chapelains, la dite fondation étant (dit le fondateur) approuvée « par nostre très cher et très amé nepveu Jehan, seigneur du Perier, nostre hoir presomptif ». Ce Jean du Perier était le fils aîné de Plesou, sœur de Jean III et de Geofroi IV, sires de Quintin, et il posséda cette seigneurie après la mort de Geofroi, en qui finit la maison de Quintin proprement dite, qu'on pourrait aussi appeler maison Boterel, puisqu'on trouve ce surnom joint au nom de tous les sires de Quintin qui y appartiennent. (voir La châtellenie du Plessix-Balisson par l'abbé Auguste Lemasson, page n° 6

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:07

 

 

 

Le plus ancien membre de la famille Glé dont nous ayons  retrouvé la trace est Geoffroy qui signait le 6 mars 1375 le reçu dont nous reproduisons la teneur ci-après : « Sachent tuit que je, Gieffroy Glé, escuier, confesse avoir receu de Jacques Renart, Tresorier des guerres du Roy, CLI (151) livres sur les gages de moy et de IX autres escuiers de ma Chambre, desservis et à desservir en ces présentes guerres ou pais de Pierregort et de Limosin, en !a Comp. et soubs !e gouvernement de Mons. Alain de Beaumanoir, « Donné sous mon scet, le 6 mars 1375 scellé en cire rouge : 3 glés, les deux afrontez. » (Lobineau, Preuves, t. 11, col. 576.) Nous aurons occasion de reparler de ce scel qui nous a conservé les plus anciennes armoiries connues de la famille Glé. Nous n'entreprendrons pas de reproduire ici tous les noms des Glé qui figurent dans les colonnes de dom Lobineau et de dom Morice. Ce travail ne rentre pas dans notre plan. Il nous suffit d'avoir fait remarquer l'ancienneté de cette famille et de dire qu'à l'instar de la noblesse de ce temps, elle avait vaillamment payé de sa personne au cours des guerres si nombreuses autrefois.

 

 

 

Le premier membre de la famille Glé qui posséda la Roche, s'appelait François. Il s'intitulait seigneur de la Roche, dans un acte de tutelle du 7 février 1550. L'aveu qu'il rendit le 9 novembre 1555 à Jean de Bretagne,duc d'Etampes et comte de Penthiëvre, nous apprend comment cette terre lui était advenue. C'était; lisons-nous sur cet acte, « pour cause d'une donnaison à luy en faicte par feu damoyselle Guyonne Le Porc, en son temps dame du Mesnil et de la Boüexière. » François GIé, écrit G. du Mottay, à la page 64 de l'Annuaire des Côtes-du-Nord de 1858, recevait, l'an 1546, quinze livres d'appointements comme alloue et juge ordinaire de la cour de Dinan, tandis que le sénéchal d'alors, qui s'appelait Jean Glé, touchait pour ses fonctions la sommé de 40 livres. Qu'était-ce que ce Jean Glé ? Peut-être le frère ou plutôt le père de François. Un point demeure acquis nous savons à n'en pouvoir douter, grâce au Journal de F. Grignart, que François Glé, sieur de la Roche, appartenait à la branche des Glé de la Costardaye. D'autre part, ce même François Grignart, qui connaissait parfaitement le seigneur de la Roche, lequel était son parrain, nous fait savoir qu'il était en même temps son oncle, mais sans entrer dans plus de détails sur cette parenté. Il est bien vrai que Courcy dans. son Armorial, cite Jean Glé de la Costardaye, vivant en 1513, comme l'époux en premières noces de Jeanne Grignart de Champsavoy mais dans une généalogie de la famille Grignart qu'il a fait paraître en 1908, (M. le Vte H. de la Messelière ne parle pas de cette Jeanne Grignart. Par contre, il indique une Gillette Grignart, soeuf de François, l'auteur du Journal précité, laquelle Gillette pourrait bien avoir été l'épouse de François Glé, sieur de la Roche. La chose parait d'autant plus vraisemblable qu'ainsi que nous le verrons, les Grignart se trouvèrent parmi les plus proches héritiers lors du décès du fils de François Glé. Quoiqu'il en soit de cette question, elle ne nous renseigne pas sur les liens de parenté qui rattachaient le seigneur de la Roche aux autres membres de la famille des Glé, et en particulier à Bertrand Glé de la. Costardaye que nous trouverons tout à l'heure. Au reste, la généalogie des Glé est fort obscure à ses premiers degrés aussi donnons-nous ci-contre un tableau d'ensemble, qui permettra d'embrasser d'un coup d'oeil la succession de la branche des Glé de la Costardaye dans la terre de la Roche.

 

 

 

 

Armoiries Glé

 

 

François Glé succéda à son parent Jean Glé dans son office de sénéchal de Dinan, et ce, d'après Odorici, dès l'année 1545. II remplissait encore ces fonctions lorsqu'il mourut dans sa maison de la Roche en Lancieux, au mois de septembre 1560. Son corps fut ramené à Dinan et inhumé dans l'une des chapelles du choeur de l'église St-Sauveur, ainsi qu'en témoigne cette note à nous communiquée par M. R. du Guerfly : « Macé Apuril, sr de l'Isle, fondait à S'-Sauveur une chapelle qui joignt d'un côté à celle que dota et fonda defunct noble homme François Glé, en son vivant sieur de la Roche et de Ponthail et seneschal de Dinan. » A son décès, François Glé laisait un fils appelé Gilles, âgé de sept ans seulement. Il le confia, par testament, en la garde de son parent Jean Grignart de Champsavoy. Mais, nous dit le fils de celui-ci, en son Journal « Le dit enfant Gilles mourut au mois de décembre, chez son oncle, en la maison de Champsavoy, et fut inhumé à Dinan. »

 

 

 

A la mort de Gilles, la seigneurie de la Roche, nous semble-t- il,  devait revenir à l'autre fils de Jean Glé, c'est-à-dire à Bertrand, le conseiller au Parlement, dont nous allons parler plus au long tout à l'heure; cependant pour certaines conventions faictes ô le s' de la Costardaye, héritier de l'enfant, dont le dit sr de Champsavoy avoit esté garde, nous voyons que ce dernier jouissait de la terre de la Roche durant les années 1563 et 1564, et son fils François Grignart, écrit dans son Journal qu'il fit alors plusieurs séjours au manoir de la Roche, en compagnie de son précepteur, maistre Jean Bougaud.

 

 

 

Jean Glé, seigneur de la Costardaye, en 1513, se maria deux  fois, semble-t-il. Il aurait épousé d'abord Jeanne Grignart, dont serait né François Glé puis en secondes noces, Marguerite du Cellier, qui lui aurait donné Bertrand Glé. Celui-ci devint docteur-ès-lois, puis, comme son père, embrassa la magistrature. Suivant son contrat de mariage, il aurait été sénéchal de Dinan vers 1550. Toujours est-il que, d'après M. le conseiller Saulnier, il était conseiller aux Grands Jours de Bretagne dès 1537. Il occupait en même temps la charge d'alloué au Présidial de Rennes, lorsqu'il fut pourvu, par lettres du 10 juillet 1554, de l'office de Conseiller originaire au Parlement de Bretagne, charge qui venait d'être créée et dans laquelle il fut reçu le 2 août suivant. II jouissait d'assez de réputation comme légiste et fut, en 1575, l'un des commissaires chargés de procéder à la Réformation de la Coûtume de Bretagne. (Levot Biographie Bretonne.) Bertrand Glé mourut le 13 octobre 1581 et fut inhumé le même jour aux Cordeliers de Rennes. Il avait, lors de son trépas, près de cinquante ans de services. C'est à lui qu'on doit d'avoir élevé à Médréac le château de la Costardaye, qui subsiste toujours-et appartient maintenant à M. F. Rioust de Largentaye. Bien qu'on n'ait conservé aucun aveu rendu par Bertrand Glé pour la terre de la Roche, on ne peut douter qu'il n'ait tenu cette seigneurie, après avoir lu la déclaration produite le 7 juin 1583, par Guy Glé, son héritier principal, « pour la maison noble de la Roche, métairie, bois de haute futaye, colombier, garenne, étang, emplacement de moulin et juridiction, le tout provenant de la succession de Bertrand Glé. » Ce dernier, de son mariage avec Perronnelle du Pan, dame du dit lieu, de Bagatz et de Bonespoir, laquelle il avait épousée par contrat du 3 mars 1550, avait en effet laissé cinq enfants. Deux filles, Perronnelle et Marie, un fils appelé Marc, lequel ne vécut pas, Guy que nous avons déjà vu, et Claude, que son frère partagea noblement de la terre de la Roche dont il portait le titre. Claude se fit d'église, devint prêtre et fut pourvu de l'office de conseiller-clerc au Parlement, par lettres du 26 octobre 1581, au lieu et place de son père décédé. Sa réception est du 10 février 1582. Dès l'année 1599, on le trouve en possession de la commende de l'abbaye augustinienne de N.-D, de Beaulieu, alors en Mégrit, et dont Mathurin Glé, l'un de ses oncles, avait naguère été commandataire aux débuts du XVIe siècle.

 

 

 

 

Notre-Dame de Beaulieu

 

 

Claude Glé prêta serment de fidélité au Roi en qualité de Commendataire, devant la Chambre des Comptes de Nantes, l'an 1600. Il mourut à Rennes et y fut inhumé le 14 mars 1606. M. de l'Hommeau assure, dans son Histoire de Lancieux, que c'est cet ecclésiastique qui lègua à la fabrique de Lancieux, pour servir de presbytère, le bâtiment encore employé à cet usage. Cette habitation, malgré les transformations qu'on lui a fait subir, semble en effet assez ancienne, mais nous n'avons trouvé nulle part trace de cette donation.

 

 

 

 

 

Chambre des Comptes de Bretagne à Nantes

 

(document Wikipédia)

 

 

 

A la mort de Claude Glé, la terre de la Roche revint à son frère Guy, seigneur d'Ossé et de la Costardaye, puis vicomte de Médréac l'an 1610, par suite d'acquêt passé avec les héritiers de Toussaint de Beaumanoir. Guy Glé épousa à Guenroc, le 22 janvier 1583, noble dame Jeanne de Bouillé, fille de Gilles et de Françoise de Coëtquen (voir article Quelques notes sur la famille Jarnoüen). Ce mariage lui valut d'ajouter à ses possessions les terres de Caver en Yvignac, de Rophemel en Guenroc et de Pierre-Fontaine. Durant les guerres de la Ligue, Guy Glé embrassa le parti du roi et reçut en récompense le collier de St-Michel. Nous ignorons l'année de son décès. En tout cas, il figure encore sur un acte de 1612. (Quant à sa femme, elle trépassa à la Costardaye le 12 avril 1622. Des cinq fils qu'elle avait donnés à son mari, Guillaume, Henry et Guy, moururent en bas âge, les deux qui survécurent vont faire l'objet du paragraphe suivant.

 

 

 

 

Détail du puits de Caver en Yvignac

 

 

 

Jean qui fut seigneur de la Costardaye, et son frère François, qui fut seigneur du Pan, se partagèrent à la mort de Guy Glé l'héritage paternel. Tous deux achetèrent, le 14 février 1626, conjointement avec les seigneurs de la Boüexière et de Bienassis, la baronnie de Bécherel d'avec Henri de la Trémoïlle, baron de Vitré. L'an 1627, les acquéreurs se partagèrent la baronnie, dont la plus grande partie, y compris la ville de Bécherel, demeura aux deux frères Glé. En 1629, François Glé prend le titre de baron de Bécherel. Il devait du reste jouir d'assez de considération en Bretagne, car on le trouve en 1619 désigné comme député en cour de la noblesse, lors des Etats de Vannes. (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 2754.) Les mêmes Archives (C. 2950), nous apprennent aussi qu'il reçut à cette occasion 4200 livres pour ses frais de voyage et de représentation. D'autre part, d'Hozier le cite parmi les Chevaliers de St-Michel ou de l'Ordre du Roi, et ce dès 1616. Enfin, les titres de la seigneurie de Rofemel, conservés aux Archives des Côtes-du-Nord, le mentionnent comme faisant partie des gentilshommes ordinaires de la Chambre du Roi. Nous savons qu'il fonda en 1629, dans l'église de Bécherel, une grande messe quotidienne avec diacre et sous-diacre et six chapelains placés sous la présidence du recteur de la paroisse, pour desservir ad turnum cette fondation. (Pouillé de l'archidiocèse de Rennes, op. cité, IV, p. 144.) François Glé, seigneur du Pan, de Caver, de Rofemel et de Beauchesne, ne laissa pas d'enfant de son mariage avec Marguerite de Quistinic, fille et héritière de Julien et de Jeanne du Pargatz, et déjà veuve, avec un fils unique, de Marc de Rosmadec, seigneur du Plessis-Josso. A sa mort, arrivée avant 1645, son frère, Jean Glé, lui succéda dans tous ses domaines. Mais nous ignorons s'il,possédait déjà la terre de la Roche ou s'il hérita seulement alors de cette seigneurie, pour laquelle il rendait aveu à la cour de Lamballe en 1647. Cet acte ne manque pas d'intérêt c'est, en effet, la première fois que nous trouvons la Roche porter le nom de Roche-Glé.

 

 

La Roche-Glé

 

(cliché du Service Régional de l'inventaire de Bretagne)

 

 

C'est aussi la première fois que nous voyons mentionné remplacement de l'ancien château qui devait naguère exister en ce lieu. Voici du reste le sommaire de cette pièce «. Aveu de Jean Glé, sieur de la Costardaye, pour la maison de la Roche-Glé, jardins, emplacement de chasteau en Lanxieux et Ploubalay, colombier et garenne, le tout contenant 30 journeaux de terre, non compris trois journeaux et demi annexés à la Closture du Demaine. La dixme de la Roche s'étendant aux villages de la Ville es Vitels, de la Ville au Provost et de la Commerays et le bailliage de la Morandais sur lequel est dû 4 livres, 13 deniers, 10 godets de froment et 3 poules, le dit bailliage contenant environ 100 journeaux de terre.»

 

 

 

 

Figure portant les armoiries de la famille Glé à Médréac

 

(Cliché éditions Le Flohic)

 

 

Jean G!é, déjà vicomte de Médréac, Bagatz (en Guichen) et Ranléon, prit, au décès de son frère, le titre de. baron de Bécherel. Il mourut à Guitté le 10 mai 1649, mais c'est à, Médréac qu'on l'inhuma, et son coeur fut porté à Bécherel. Ses obsèques furent présidées par l'évoque de Vannes, Charles de Rosmadëc, enfant de. St-Jouan, « suivi d'un gros clergé. Son décès a été regrettéde tout le peuple. » C'est lui le signataire de la thèse illustrée, signalée par le Comte de Palys dans la Revue Historique de l'Ouest année 1890, p. 46. De son mariage avec Marie de Montigny, qu'il avait épousée par contrat du 25 mai 1645, Jean Glé laissa deux filles. L'ainée, Marie-Vincente, ne lui survécut que peu d'années. Elle décéda à Rennes au mois de juillet 1657. Son corps, ramené à Médréac, fut enterré près de son feu père « et il y avait un gros clergé à cette cérémonie, » rapportent les Régistres paroissiaux de Guitté. 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 21:50

...La demeurance du Seigneur-évêque : ce ntait pas seulement le premier logis dans l'ordre hiérarchique, c'était aussi le plus ancien de la cité épiscopale. Tout semble, en effet, confirmer la tradition qui place le monastère bâti par saint Brieuc, au lieu même où s'éleva plus tard le manoir épiscopal, près de l'église. Les successeurs des moines vécurent-ils en commun, depuis qu'ils furent chanoines séculiers? C'est ce qu'on ignore; mais on sait que les demeures qu'ils ont habitées jusqu'à la Révolution, les plus belles de la ville, dit le Terrier, n'avaient été données à la mense que depuis le XVe siècle. A dater de ce moment, au moins, chacun vécut à sa guise, loin des obligations de la vie conventuelle. Très-anciennement, le palais épiscopal avait occupé le vaste terrain compris entre la rue actuelle de la Préfecture et la nouvelle route de Brest, entre la Vicairie et les Pavés-Neufs ; mais , plus tard , des bandes de terrain plus ou moins larges en furent aliénées. Vis-à-vis la chapelle du Saint-Sacrement était le grand portail bâti par Olivier du Chastel, au commencement du XVIe siècle. Cet évêque avait fermé, par deux portes, la venelle qui séparait la cathédrale de l'évêché, et qui fut pour cela appelée Entre les Portes ; c'est aujourd'hui la rue de la Préfecture. En arrière, au fond de la cour d'honneur, était le principal corps de logis que le même prélat avait fait rebâtir ; à droite en entrant, étaient les prisons des Regaires; à gauche, les bâtiments de service.

 

 

Une pompe, établie au-dessus de Cardenoual , amenait l'eau de la fontaine Abraham au manoir de l'évêque, d'où elle s'échappait par un ingoguet gout, tout écoulement d'eau à travers la ville.), qui traversait la rue St-Gilles, comme il le fait encore aujourd'hui. Denis de La Barde, vers 1660, puis M. de Bellecize, vers 1780, commencèrent la reconstruction du palais épiscopal sur un plan plus vaste et plus somptueux ; mais ni l'un ni l'autre n'allèrent loin dans cette entreprise. L'évêque constitutionnel occupa l'ancien manoir épiscopal tant que la Révolution le toléra; mais, dépouillé de tout et jeté en prison, il ne trouva plus de palais, ni même toujours de pain , lorsqu'il fut mis en liberté. Quand l'Empereur rétablit l'évêché de St-Brieuc, M. Caffarelli s'installa dans un hôtel sur le Marché au blé ; et, après lui, M. de La Romagère resta dans une partie de l'ancien manoir épiscopal jusqu'à l'achat du palais actuel, en 1824. « En la place du Pilori ou Martroy neuf, dit le terrier de l'évêque, il y avait anciennement plusieurs maisons et petits jardins que l'évêque Allain de Lamballe fist détruire pour faire ladicte place, et après avoir faict tirer cette place en carré, il resta deux ou trois petites places vagues, nommées Oritel et Chameloux, proches les rues St-Per et Vicairie, une autre près des prisons et du grand jardin du manoir épiscopal, où l'on fist un jardin dans lequel M. Louis de La Bouexiere fist bastir une petite maison, après l'avoir achepté. » Allain de Lamballe occupa le siége de St-Brieuc, de 1313 à 1320; ce fut donc dans les premières années du XIVe siècle que cette place fut ouverte ; mais elle resta séparée du Martray par de vieilles maisons, qui ne furent déblayées qu'en 1787 et 1788. Autour de cette place, à quelques pas de l'église, au centre de la cité, se groupaient les plus anciennes et les plus importantes habitations de St-Brieuc: l'évêché, Quincangroigne, la Grange, qui fut plus tard l'Hôtel-de- Ville et l'hôtel du gouverneur. La maison bâtie par le chanoine La Bouexière, fut reconstruite par un Le Noir, Sr de Carlan, au XVIIe siècle ; c'est l'Hôtel-de-Ville aujourd'hui. M. Denis de La Barde la retira par puissance de fief, et y établit provisoirement son séminaire avant qu'il n'eût acheté la grande maison de la Grenouillère.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 14:13

A travers les campagnes, les galanteries étaient souvent de longues  durées ; il n'y avait guère de communes, voir de villages, où il était facile de trouver des gens qui avaient courtisé leur femme, pendant, cinq, six ou dix ans. Les filles en général n'étaient pas pressées de se marier, les jeunes gens, à moins d'avoir besoin d'une ménagère, étaient lents à prendre une décision. Il était naturel qu'un soupirant paya à boire à son futur beau-père, leur offrit du tabac ou d'autres petits cadeaux. La beauté féminine, la grâce ou la gentillesse n'était pas les atouts recherchés par le soupirant. En revanche, la robustesse, la fille forte en chair et haut en couleur était appréciée. On disait d'elles : « Olle a une belle conscience, olle est bien pommée » ce qui signifiait qu'elle avait une belle poitrine. « Olle est ben foutue su' son bois » -elle est droite et de bonne mine. « C'est une belle coiffe, c'est un biau cotillon, c'est un biau brin de fille » « Olle a la joe su' l'oeil » -elle a les yeux vifs. Les filles offraient elles aussi tabac et café à leurs galants. Quand un paysan se décidait à courtiser une jeune femme, il se rendait à la ferme de celle ci et contemplait les talons des sabots de celle ci, s'ils étaient « bousous », c'était signe que celle ci s'occupait bien de son troupeau et que par conséquent elle deviendrait bonne ménagère. Des toiles d'araignées dans la maison : pas de fille à marier ! Rares étaient ceux qui demeuraient célibataires dans les campagnes, un dicton voulaient qu'après leur mort ceux ci étaient contraints à « faire des charretées d'épines tout déchaux », autrement dit pieds nus. La fille restée célibataire était pour sa part qualifiée de talons jaunes. Mais même à un âge avancé, une fille gardait l'espoir « N'y a point d'vieux chaudron qui ne trouve sa crémaillère ». Il n'était pas rare qu'un jeune homme prit une épouse âgée de quinze ans de plus que lui. Les garçons se mariaient en général beaucoup plus jeunes que les filles. Nombreux étaient les endroits où les amoureux se rencontraient : aux assemblées, aux foires, à la messe, aux champs, en veillée. Ainsi à Andel,  et dans quelques communes alentours, les jeunes filles se rendaient à la messe puis après vêpres allaient embrasser l'étole qu'elle se faisait poser sur la tête. Alors les jeunes gens rentraient discrètement dans l'église, prenaient par le doigt la jeune fille qu'ils préféraient, et sans mot dire l'emmenaient.

 

 

 

Andel

 

 

Cela s'appelait « tirer l'assemblée ». Celles qui s'en retournaient seules, on disait d'elles qu'elles « allaient sur la grise », les jeunes gens leur lançaient des mottes ou les poursuivaient en les raillant. Parfois le jeune soupirant venait voir « sa promise » à la ferme, laissant son bâton près de la porte d'entrée, s'il plaisait à la jeune fille, alors celle ci plaçait le bâton près du banc du foyer. On disait d'un jeune fille ayant des galants qu'elle était « sous le chapé ». -Les galants se réunissaient alors le dimanche au foyer de celle ci avec les parents de la jeune fille courtisée. La jeune fille assise à la table voyait chaque soupirant se succéder afin de discuter avec elle, lui prenaient la main, la complimentaient et s'approchaient si près près d'elle, qu'elle « était sous leur chapé ». Cette tradition avait court à Landehen près de Lamballe.

 

 

Landehen

 

Couteaux et ciseaux coupaient l'amitié, en revanche les épingles l'attachaient, ce qui explique que les courtisans offraient des épingles à la jeune fille adulées. Si celle ci acceptait le mouchoir offert, c'était bon signe. Parfois certains jeunes hommes avaient des manières brusques, c'était le cas de ceux de Pléhérel dont on disait : « Faire l'amour comme les garçons d'Plêré ». Quand les jeunes filles reconduisaient leur soupirant, on disait d'elles, qu'elles donnaient leur sac.

 

Il faudrait une langue de Sigovie,

 

Pour répondre à vos glorifiances,

 

Quand les épines mortes,

 

Qui sont entre votre porte et la nôtre,

 

Fleurirons des roses,

 

Vos amours seront les nôtres.

 

Le couplet de Landehen près de Lamballe.

 

 

Su un jeune homme était refusé par le père seulement ou par la fille,  alors, il disait « J'ai mon sac, mais je n'ai pas ma corde ». Un galant ayant reçu son congé d'une fille « recevait sa chieuvre »

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 20:12

 

 

 

 

 

 

 

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