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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 14:42

 

 

 

 

 

Notes laissées par Messire Thé, recteur de Trémeur  (voir histoire de Trémeur, page n° 2) :  L'été de 1705, écrit-il fut signalé par des chaleurs extraordinaires ; presque toutes les fontaines desséchèrent. Depuis mai jusqu'à la mi-août, il ne tomba point de pluie. Et, chose extraordinaire, la récolté fut abondante et les grains assez gros . La chaleur était tellement forte que le suif et la chandelle fondaient dans les lieux et les plus obscurs et les plus ombragés. Un incendie général se déclara dans la forêt de Boquen, sans que personne y mit le feu. Deux ans après, le même recteur consignait, que, depuis le 9 janvier 1709, une certaine fièvre sévit toute l'année et fit mourir beaucoup d'hommes et de femmes de ses voisins. Durant la guerre de Philippe, roi d'Espagne (voir Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 1) , on augmenta d'un quart l'impôt des fouages sur la roture. On conservoit en plus l'impôt du sang et de la capitation. L'hiver fut pluvieux, l'été desséché par les ardeurs d'un soleil et la monnaie était très rare. Du 6 janvier au 22 février 1709 inclusivement, le temps fut au sec. Le froid était tellement intense ue deux pieds de neige couvraient le sol, que les chênes çà et là fendaient ; bien plus que les pierres se fendaient. Beaucoup mouraient de froid et d'autres furent dévorés par les loups sortis des forêts par la faim. On vit des oiseaux de la même espèce se tendre des embûches et la pie dévorer la pie, tant elle avait faim. Une troupe de cygne vola jusque dans nos parages et se reposa sur les bords de la rivière. A deux reprise, le froid survint avec la même intensité. Vers le 12 mars, la chaleur du soleil fit fondre la glace peu à peu. Les moissons périrent. Tout le monde se plaignait ; le boisseau de froment, mesure de Broons, valait 10 livres et la pipe de pois chiche 30  livres.

 

 

 

Le recteur M. Ravaudet, écrivait sur le registre de 1725 : « Cette année, le froment a valu depuis la Saint-Jean jusqu'à 16 ou 17 l. le boisseau, mesure de Dinan. La disette de blé fut si grande que Mgr l'évêque de Saint-Malo en fit venir d'Angleterre plusieurs barques chargées, qui firent subsister sa ville épiscopale et les localités voisines. Les pauvres gens ont d'autant plus souffert dans cette disette de grains que le fil et autres marchandises étaient à vil prix, ce qui a fait que dans cette paroisse (où cependant la misère fut moins grande qu'ailleurs) quelques-uns n'ont subsisté pendant plusieurs mois que de choux, d'herbes cuites et de laitages et plusieurs m'ont avoués avoir été trois jours sans manger, sans en avoir été trop incommodés. La récolte fut beaucoup retardée à cause de la pluie continuelle qui dura depuis les débuts d'août jusqu'à la Saint-Michel. On avait la douleur de voir les blés pourrir avant d'arriver à maturité. On ne voyait presque point de blé au marché. Au milieu de toutes ces misères, les riches ouvrirent leurs greniers et leurs bourses et se montrèrent sensibles aux misères de tat de malheureux. Dans cette année, on vit périr à Trémeur, depuis le bas âge jusqu'à vingt et quelques années, un grand nombre de personnes par la petite vérole. »

 

 

 

 

Extrait de Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815 par l'Abbé Auguste Lemasson

 

Messire François Thé devint recteur de Trémeur au début du mois de juillet de l'année 1701, succédant ainsi à messire Huet. Il semblerait qu'il soit natif des environs de Bécherel où la famille Thé est très répandue. Au cours de l'année 1702, messire Thé note qu'il avait fait placer dans l'église de Trémeur un soleil pour la somme de 50 l. et réparer l'église de Trémeur dans la nef, en faisant appel aux « artizans » pour la réparation du confessionnal et des prie-Dieu de la sacristie pour la somme de 16 l. 8 s. le confessionnal au pied du grand-autel. Mais il précise « sans avoir receu le Montant des depens ».

 

 

 

 

Evocation du moulin de Mirebel situé à la limite de Broons et de Trémeur

 

Appartenant à l'Ordre des franciscains, il exerça sa tâche jusqu'au 20 août 1716, date à laquelle il fut muté en la paroisse voisine de Broons.  C'est probablement son neveu pareillement prénommé François qui exerça à Trémeur jusqu'à sa mort survenue en 1760 et auquel on doit la construction du presbytère.

 

 

 

 

Son remplaçant Michel Ravaudet était antérieurement prêtre à Plouasne. Messire François Thé fut à cette occasion désigné par Monseigneur des Maretz, évêque de Saint-Malo, membre du bureau diocésain ; siégeant ainsi auprès des desservants de Irodouer, de Boisgervily et Bécherel. Le premier acte rédigé par messire Thé à Broons remonte au 23 août 1716, soit deux jours après sa nomination en ce lieu. Il était alors suppléé dans sa tâche par messires Le Ray et Richard, Le Breton et Dubois. « Vénérable et discret Missire François Thé, Recteur de Broon Mourut agé de soixante et quatre ans au presb(i)tère en odeur de sainteté, l'onzième aoust mil sept cent trente six et son corps fut inhumé le treize dans le cimetière proche de la porte du Reliqu(e)re du coste du nord en présence de des Messieurs recteurs Deréac, Merdrignac, Gui(t)té, Mégrit, Trédias et trente cinq autre Ecclesiastiques ». J. Le Breton, curé de Broons.

 

 

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 15:21

 

 

 

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 14:57

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 07:47

 

 

Une lettre missive du prétendant Jean de Bretagne, comte de Montfort

Plymouth, 24 juin (1345).

Très cher et especial amy. Ne vous desplaise, sy ne vous escripvies par nos genz, tanqe nous fumes a Waltam : quar nous cuidiens pour certain vous voer et parller o vous avant nous partir; mes pour la haste de nous aler quant a nostre cousin de Norhanton, ce ne pot estre. De quoy nous desplait qe nous ne peumes parller a vouz. Sy vous prions chèrement que vous vueillez parseverer en vostre bon et loial service entour noz chiers enffanz et nostre nourriture, corne touz jourz avez fait. Et ne les vueillez lesser par vostre courtoisie. Et a l'aide de Dieu nous entendons vous guerredoner de la grant amour et belle garde que touz jourz avez fait et ferez pour nous. Cher amy, nous vous recommandons toutes noz besoignes par delà et nous vueillez mander par ce message et par touz autres souvent Testât de noz enffanz et de vous, et nous vueillez saluer Perrote et Jehanne noz demoiseles. Hastez Monseigneur Jehan Goupegorge de venir après nous corne nous luy avons escript. Très cher amy, le Saint Esperit vous ait en se garde. Escript à Pieu Mue le jour de la Saint Jehan Baptiste. De par le duc de Bretaigne Conte de Montfort. Le document publié ci-dessus est tiré des Archives du Public Record Office à Londres, dans le fonds de l'Ancien Correspondence. C'est une lettre missive d'un. réel intérêt -car l'on sait combien les pièces de correspondance privée sont rares, même pour le XIVe siècle. Elle a été écrite par Jean, comte de Montfort, l'un des héros de la guerre de Succession de Bretagne, le prétendant à la couronne ducale de Bretagne contre Charles de Blois, l'époux de la vaillante Jeanne de Flandre qui avait, au dire de Froissart, « un cœur d'homme et de lion ». Comme la plupart des lettres missives, la lettre de Jean de Montfort ne comporte, comme élément de date, que le quantième et le mois, sans millésime. Mais nous pouvons la dater de 1345, d'après le curriculum vitae de ce prince tel que les chartes contemporaines et les témoignages des chroniqueurs ont permis de l'établir. Montfort était alors en Angleterre, où il s'était réfugié après Pâques ; on sait que la Cour des pairs de France, par arrêt de 1341, l'avait débouté de ses prétentions à la succession du duc Jean IV, reconnaissant comme héritier légitime l'époux de Jeanne de Penthièvre, Charles de Blois. Il avait été détenu au Louvre, puis élargi sous conditions, c'est-à-dire prisonnier à vue. Mais ce régime de surveillance lui pesait d'autant plus qu'il n'avait pas perdu l'espoir de rentrer en possession de son héritage breton. Il se camoufla en marchand, trompa la surveillance de ses gardiens et fila en Angleterre à la cour d'Edouard III. Edouard III le reçut fort bien, comme il avait reçu Robert d'Artois, comme il devait accueillir en même temps le normand Geoffroy d'Harcourt. Au cours de cette lutte séculaire qui mettait aux prises la France et l'Angleterre, les sympathies anglaises allaient naturellement à tous les réfugiés, à tous les proscrits de France, dont le concours était précieux et l'appui indispensable. Quelques années auparavant Robert d'Artois avait guidé l'armée anglaise lors des premières expéditions en Thiérache et en Tournaisis. Jean de Montfort pouvait rendre les mêmes services dans la Bretagne, qui était devenue depuis 1341 un nouveau théâtre d'opérations de la guerre de Cent Ans. La guerre de Succession de Bretagne avait, en effet, fourni à Edouard III une occasion qu'il n'avait pas laissé échapper, et l'on devine avec quelle joie l'évadé fut accueilli. La première invasion anglaise en Bretagne, celle de 1342-1343, n'avait pas donné tous les résultats attendus. Une seconde expédition, mieux préparée, sous la bannière des Montfort et avec la présence du prétendant, avait plus de chances de réussir. L'arrivée inopinée de Jean de Montfort hâta les préparatifs de cette nouvelle campagne, qui en réalité n'avaient jamais cessé, même après les trêves de Malestroit de 1343. Le 17 avril, Edouard III retint à son service pour la campagne future le comte de Northampton ; le 24 avril, il le nomma son capitaine et lieutenant en France et dans le duché de Bretagne en particulier). Un mois après, le 20 mai 1345, Jean de Montfort se rendait près de Westminster au château de Lambeth, et là, dans la chambre de l'archevêque de Cantorbery, où se trouvait assemblé le conseil de la couronne, devant le chancelier, le trésorier, il prêtait au roi d'Angleterre l'hommage lige que maître Jean de Thoresby, gardien des rôles de la chancellerie, ne négligea pas d'enregistrer. « Mon seigneur, dit Montfort au roi, jeo vous reconoisse droiturel roi de France et. a vous, comme à mon seigneur lige et droiturel roi de France, face mon homage pur la dite duché de Bretaigne, quil jeo clayme tenir de vous mon seigneur et devienk vostre home lige de vie et de membre, et de terrien honure, a vivre et morir, contre toutes gentz. » Ce fut une grande cérémonie. Les esprits avisés ne se trompèrent pas sur la portée politique de cet hommage que les ducs de Bretagne n'avaient cessé de prêter jusque-là au roi de France, leur suzerain, et c'est pour l'avoir rendu au roi d'Angleterre que les vassaux fidèles à la dynastie capétienne tinrent Jean de Montfort pour un félon et pour un traître. Ce dernier avait vu dans l'alliance anglaise un moyen efficace de rentrer en possession du duché de Bretagne. Quant au roi d'Angleterre, qui depuis 1340 portait le titre de roi de France, il estimait que la vassalité bretonne était un acheminement, sinon à la possession complète du royaume de France, qu'il considérait lui être dévolu par droit successoral, du moins à la reconstitution de l'Empire plantagenet. L'Angleterre pensait aux provinces perdues depuis Philippe- Auguste, et quoique maîtresse de la Guyenne, ne pouvait se résoudre à n'être, dans l'Europe féodale, qu'une puissance insulaire. Le développement logique de cette politique d'expansion l'amenait en 1342, en 1345, à occuper la péninsule armoricaine, comme elle occupera Calais en 1346. Les ports bretons, comme ceux de la mer du Nord, étaient des bases continentales indispensables. Il ne faut pas s'étonner que Jean de Montfort, évadé de France, ait cherché auprès du roi d'Angleterre un asile et un appui, et qu'il ait prêté hommage à l'ennemi de la France. Tous deux prétendants, l'un au trône de France, l'autre au duché breton, le suzerain et le vassal avaient uni par un pacte commun leurs rancunes, leurs espérances, leurs ambitions. Au lendemain de la mort du duc Jean III (30 avril 1341), le roi d'Angleterre avait pris nettement parti pour la cause montfortiste. Dès juin 1341, deux de ses envoyés, Richard de Swafham et Gauvain le Corder, quittaient Londres porteurs d'instructions, s'embarquaient à Dartmouth à destination de Guérande et s'abouchaient avec Montfort à Nantes. Ces négociations secrètes durèrent longtemps, car les envoyés anglais attendirent 41 jours la réponse définitive de Jean de Montfort aux questions qu'avait personnellement posées le roi d'Angleterre. La réponse avait en effet traîné parce que Jean de Montfort était perplexe; il était allé à Paris voir le roi Philippe VI de Valois, avec qui il avait eu un entretien. Mais iJ n'en demeure pas moins vrai que dès le mois d'août 1341, avant même que la Cour des Pairs eût réglé le sort de la succession bretonne en faveur de Charles cfè Blois, furent jetées à Nantes, entre Montfort et l'Angleterre, les bases d'une alliance éventuelle et d'une coopération future. Ces intelligences secrètes continuèrent même pendant la détention de Jean de Montfort. Les Comptes de l'Echiquier nous apprennent qu'en mars 1343, par exemple, un valet de Montfort vint en Angleterre, envoyé par son maître (*). Cela prouve que Edouard III et Jean de Montfort n'avaient pas cessé de correspondre, jusqu'au jour où le prétendant breton jugea le moment opportun de s'évader de Paris. Certains seraient enclins à juger très sévèrement la conduite de Montfort et à considérer son alliance avec l'Angleterre comme une trahison. Ce serait aller trop loin. Car il ne faut pas oublier que le duché de Bretagne, bien qu'il fût rattaché par les liens de vassalité à la dynastie capétienne, suzeraine, n'avait pas cessé, pendant tout le XIIIe siècle, de graviter dans l'orbite anglais. Sous saint Louis, le duc Pierre de Dreux, dit Mauclerc, s'était allié à l'Angleterre contre la France. Sous Philippe le Bel, le duc Jean II avait été le capitaine général des troupes anglaises contre la France en Guyenne. Il y avait d'ailleurs un lien qui rattachait étroitement les ducs de Bretagne aux rois anglo-normands, un lien plus fort que toutes les alliances matrimoniales ou les sympathies personnelles. C'était le comté de Richmond en Angleterre, un des premiers fiefs distribués par le Conquérant. L' «Honneur de Richmond » était formé d'un grand nombre de domaines, disséminés dans sept comtés d'Angleterre (voir Aperçus sur le Comté de Richmont en Angleterre, possessions des Ducs de Bretagne, par Paul Jeulin, page n° 1...). Ces 200 domaines, inscrits dans le Domesday Book, rapportaient gros à leur propriétaire. C'est ce qui explique pourquoi les ducs de Bretagne qui le possédaient, dès le temps de Conan IV au XIIe siècle, tenaient tant à leurs possessions anglaises. La rpyauté normande, d'autre part, estimait qu'en politique il ne fallait pas faire du sentiment. Elle sut habilement tirer parti de cette situation équivoque d'un duc de Bretagne, vassal du roi de France, grand propriétaire en Angleterre. Quand le duc était un vassal trop soumis, trop français, le roi d'Angleterre confisquait le fief, le Richmondshire, et il ne consentait à le restituer qu'au prix d'une alliance formelle, à tout le moins d'une neutralité bienveillante. Depuis l'avènement de Pierre Mauclerc en 1213 jusqu'au milieu du XIVe siècle, à la mort de Jean III, l'histoire des rapports des ducs de Bretagne avec les rois d'Angleterre nous offre de nombreux exemples de confiscations et de restitutions successives. Et il ressort très clairement que les ducs de Bretagne ne renonçaient pas de gaieté de cœur à ces possessions éloignées, dont les revenus constituaient un sérieux appoint dans le trésor ducal à une époque où la fortune ékit basée sur la terre. L'Honneur de Richmond -dont la plus grande agglomération de terres se trouvait dans le Yorkshire et qui s'appelait Richmondshire, du nom du château-fort de Richmond planté sur un roc au-dessus de la Swale, avait appartenu au duc Jean III, investi du fief en 1334 par Edouard III. A la mort du duc, pour indemniser Jean de Montfort de la perte du comté de Montfort-l'Amaury, que lui avait confisqué Philippe VI, et pour lui marquer de bonnes intentions à son endroit, Edouard III donna à Jean de Montfort le comté de Richmond « avec les châteaux, villes, villages, fiefs et tout ce qui en dépend » (24 septembre 1341). Et encore ne le lui donnait-il que conditionnellement, tant que le comté de Montfort ne lui aurait pas été restitué. Sitôt rentré en possession de son fief de Montfort-l'Amaury, Jean de Montfort devait rendre le comté de Richmond au roi d'Angleterre. C'étaient là des conditions un peu dures qui laissent percer chez Edouard III une arrière-pensée de méfiance. Sans doute il avait pesé à sa juste valeur l'alliance que le prétendant venait de signer avec lui contre lé roi de France; mais il ne la trouvait pas encore assez cimentée, surtout pas assez rémunératrice. Comme il le disait en notifiant aux barons et prélats le pacte signé, le comte de Montfort avait eu une attitude fort louable en reconnaissant le roi d'Angleterre comme roi de France et en s'alliant avec lui. Peut-être ultérieurement pourrait-il le dispenser de rendre le comté de Richmond, comme convenu, mais à condition qu'il donnât de nouveaux gages d'amitié plus certains et plus complets. A vrai dire Edouard III ne se liait qu'avec prudence, mesurant sa générosité aux actes plus qu'aux assurances verbales, proportionnant sa gratitude, prêt à retirer d'une main ce qu'il donnait de l'autre, calculant froidement le pour et le "contre d'une affaire, avec un cynisme officiellement déclaré. Il ne voulait pas être dupe, car il savait par expérience que les alliés sont souvent, comme le disait Jean, sire de Beaumont, tels que le coq placé au faîte du clocher qui tourne son bec au vent. Aussi mesurait-il son appui au mieux de ses intérêts personnels, et en 1341 Montfort n'était pas encore ce qu'il fut en 1345, lui un vassal français, l'homme lige du roi d'Angleterre. Le comté de Richmond joue un rôle capital dans les rapports de la Bretagne et de l'Angleterre au XIVe siècle. La royauté anglaise sut en tirer un parti fort habile; avec cet appât, elle pouvait être sûre d'attirer à elle les ducs régnants, a fortiori un prétendant besogneux dont les ressources étaient restreintes) et qui avait bien du mal à assurer « sa nourriture ». Il fallait vivre, et une rente annuelle de 10.000 livres" tournois -c'est ainsi qu'avait été estimé l'Honneur de Richmond en 1325 -comptait pour quelque chose dans le budget d'un réfugié. Jean de Montfort, brisant ses chaînes et quittant le royaume de France, ne pouvait aller ailleurs qu'en Angleterre. En se réfugiant en Angleterre, où l'appelaient ses intérêts immédiats, Montfort avait aussi l'excuse d'y retrouver sa femme et ses enfants. Ceux-ci y vivaient depuis le mois de mars 1343. Lorsqu'Edouard III était revenu à Londres après avoir dirigé en personne pendant cinq mois l'expédition de Bretagne, d'octobre 1342 à mars 1343, il avait ramené avec lui la comtesse de Montfort et ses enfants. Jeanne de Flandre demeura d'abord à Exeter pendant tout le carême, puis à Londres. Mais, le 22 octobre de la même année, on lui assigne comme résidence le château de Tykhill, dans le comté d'York. Un chevalier, Guillaume Frank, qui en est le connétable, pourvoit aux dépenses de sa maison et de sa suite A vrai dire elle est gardée à vue et elle le sera jusqu'à sa mort. Pourquoi ? C'est un mystère difficile à éclaircir. On a supposé M que Jeanne était folle. Mais c'est là une pure supposition. Il est curieux de constater que dans la lettre missive que nous publions, Montfort ne fait aucune allusion à sa femme, mais qu'en revanche il parle de ses enfants, dont le sort semble lui causer quelques soucis. Séparés de leur mère, les enfants étaient alors depuis octobre 1343 à la Tour de Londres, l'une des résidences royales, pourvue de beaux jardins, dotée d'une ménagerie où des lions fraternisaient avec un léopard, et d'une riche collection d'armes et engins de guerre. Les enfants de Bretagne y avaient un hôtel spécial, un gardien, William de Wakefield, et des dames de compagnie, notamment une certaine demoiselle (domicella) Jeanne. C'est sans doute à cette gouvernante de ses enfants que Montfort envoie ses salutations par la voie de son correspondant. Jean de Montfort prie également son correspondant de faire le nécessaire pour que Jean Coupegorge vienne le retrouver au plus tôt. Il n'est pas inutile de donner quelques renseignements sur ce personnage. Coupegorge est d'origine bretonne M. C'est un chapelain que nous trouvons dès 1334 employé en Angleterre comme « attorné », c'est-à-dire procureur du duc de Bretagne Jean III. A ce titre, il avait la gestion des biens du duc en Angleterre, biens dont l'ensemble constituait l'Honneur de Richmond. Le Richmondshire avait en effet été légué en héritage en 1334 au duc de Bretagne Jean III par suite de la mort de Jean de Bretagne, comte de Richmond. Coupegorge, procureur de Jean III, était, avec Jean Malechat, l'exécuteur testamentaire du comte de Richmond défunt. Il demeura jusqu'en 1341, c'est-à-dire jusqu'à la mort du duc, l'attorney de Jean III. Ce devait être un bon agent. Car, en 1335, Edouard III le chargea de négocier avec le duc de Bretagne une alliance, et notamment le mariage de Jean de Cornwall, frère du Roi, avec la fille de Guy de Bretagne, nièce du duc régnant. Les pourparlers matrimoniaux entre le prince anglais et Jeanne de Penthièvre échouèrent, puisque Jeanne épousa par la suite Charles de Blois. Mais il faut noter qu'à cette époque, en 1335, et cela dans une lettre patente officielle, le roi d'Angleterre tenait la fille de Guy de Bretagne, nièce du duc régnant Jean III, comme héritière du duché. Il fondait alors, il est vrai, de grandes espérances sur ce mariage anglo-breton qui eût rattaché plus étroitement encore que par l'Honneur de Richmond la Bretagne à l'Angleterre; six ans après, en 1341, il tenait pour nuls les droits de Jeanne, qu'il avait auparavant reconnus, et soutenait ceux de Montfort par nécessité et par intérêt politique. Les bons services de Jean Goupegorge lui valurent d'être appelé en 1339 aux fonctions de clerc du Roi, d'être pourvu de bénéfices en 1341 et même d'être inscrit le troisième sur la liste des quémandeurs susceptibles d'être promus. Jean III mourut et Goupegorge vint en Bretagne sans doute pour apurer les comptes de la succession du duc défunt en ce qui concernait f'Honneur de Richmond. Mais il était en même temps chargé d'une mission. Car une lettre patente d'Edouard III du A juin 1341 autorise Goupegorge, qui part en Bretagne « au service,, du Roi », à confier ses affaires à deux attorneys. Jean de Montfort, mis conditionnellement en possession du comté de Richmond par lettre patente royale du 24 septembre 1341, demanda à Goupegorge de continuer à gérer ses possessions anglaises. Ce clerc du roi, agent d'affaires, termina sa carrière dans son pays d'origine, en Bretagne. Il était en 1343 receveur général de Bretagne, c'est-à-dire fonctionnaire anglais, et relevait des lieutenants qu'Edouard III constitua en Bretagne, pour administrer en son nom, et qui furent successivement, en 1342 le comte de Northampton, en 1343 Jean de Hardeshull et le Sire de Lohéac, en 1345 de nouveau le comte de Northampton. William de Bohun, comte de Northampton, connétable d'Angleterre, cousin du roi, comme Jean de Montfort, avait en effet commandé en 1342 le premier corps expéditionnaire qu'Edouard III avait envoyé en Bretagne. En 1345, le 24 avril, il fut à nouveau désigné par le roi comme son lieutenant et capitaine général en Bretagne, commandant en chef les forces anglaises en France. C'est le comte de Northampton dont Jean de Montfort parle dans sa lettre missive et qu'il a hâte de rejoindre. Il est même tellement pressé qu'il s'excuse auprès de son correspondant de n'avoir pu faire, au moment de son départ, toutes ses visites d'adieu. En effet, par lettre du 3 juin 1345, Edouard avait prié le comte de Northampton d'accompagner lui-même Montfort, de l'aider à recouvrer ses droits, de lui prêter tous les secours possibles, de lui donner tous les conseils. L'armée anglaise était concentrée à Portsmouth et la flotte qui transportail; les contingents en Bretagne mit à la voile avant le 11 juin. Jean de Montfort avait dû s'attarder en Angleterre. Il avait séjourné à Waltham et était encore à Plymouth le 24 juin. C'est là qu'à la veille de s'embarquer à destination de la Bretagne il écrivit à son très cher et spécial ami, sans doute le chancelier d'Angleterre, pour lui recommander ses enfants et ses affaires. Quand on lit cette lettre intime du prétendant breton, on devine entre les lignes que ces derniers jours, passés en Angleterre avant la traversée, ont été assombris par des pressentiments. La chevauchée de Montfort en Bretagne, dans cette Bretagne alors occupée par des garnisons anglaises de Brest à Vannes, ne devait pas être de longue durée. Car, après avoir mis le siège devant Quimper, Montfort mourait subitement le 26 septembre 1345 devant Hennebont

 

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 09:57

 

 

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 22:58

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:44

 

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:24

On connaissait l'histoire de la bête de Gévaudan, mais celle de Plumaudan nous est relatée par ce journal en date du Mercredi 21 mai 1890 par l'Union Malouine.

 

 

« Depuis plusieurs semaines, Plumaudan est visité par une bête extraordinaire, une grosse bête blanche, qui se promène la nuit à travers champs, laissant sur le sol et sur un grand nombre de pieds d'arbres des traces de son passage. Sa présence fut signalée pour la première fois vers la mi-carême. Les premières semaines de son séjour dans ces campagnes, elle paraissait timide et se montrait rarement, mais elle s'est enhardie, et ces jours derniers, on l'a vue tout près des habitations. Dernièrement, une petite fille de l'école l'ayant rencontrée dans le Champ du Moulin en s'en retournant dîner, rebroussa chemin au plus vite et rentra au bourg plus morte que vive. Quelques-unes de ses compagnes, poussées par la curiosité et fortes de leur nombre, s'en allèrent à la découverte dans la direction indiquée. Elles ne tardèrent pas à découvrir la fameuse bête. Celle-ci traversait tranquillement un champ. Elle est toute blanche, disent elles, de la taille d'un âne, et a de longues griffes aux pattes. Les versions les plus curieuses circulent dans la commune sur la nature de ce singulier promeneur et y répandent une véritable terreur. Pour qui a vu les tracas de ses ongles sur les pieds des pommiers dont il se plaît à déchirer l'écorce, il n'y a pas de doute qu'on ne se trouve en face d'un ours blanc échappé de quelque ménagerie. Il est urgent d'organiser une battue pour débarrasser. »

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 15:52
 

 

 

Nous avons dans le cours du texte de celle étude rapporté avec quelques détails les faits qui se l'apportaient aux ancêtres immédiats de François-Edouard Tirel de la Martinière. Nous pensons qu'il peut être intéressant de donner ici une vue d'ensemble de la famille. Disons immédiatement que nous laisserons de côté les branches, anglaises des Tyrel, de même que les familles françaises des Tirel d'Assy et des Tirel de Poix ; celle dernière, qui est d'origine picarde, a bien donné ultérieurement des rameaux en Bretagne, rameaux auxquels appartient Jeannel Tirel qui fut amiral de France en 1418. Mais si elle a avec celle qui nous occupe une origine commune, elle s'en détacha, en tous cas, au dire de Ghérin, avant le début du XIIIe siècle. Nous indiquerons également que le nom de « la Martinière » qui est, un nom de fief -il n'y a pas moins 65 localités portant, ce nom dans le Dictionnaire des communes, dont 9 sont situées dans la. Manche ou dans l'Eure -est un patronyme extrêmement répandu. On ne s'étonnera donc pas de ne retrouver notamment ici, ni le nom du géographe célèbre Bruzen de la Martinière, auteur des 6 in-folio du « Grand Dictionnaire Géographique, Historique et Critique » (Paris 1739) ni celui de la Baronne Boyvin de la Martinière chez qui, au dire de Brachel, faillit, être arrêté par le Prince de Polignac en 1830. Aucun d'eux n'a le moindre lieu de parenté avec la famille Tirel de la Martinière. Nous étudierons seulement, ici la famille Tirel de la Martinière, qui posséda, les fiefs de Tirel, la Bastonnière, la Motte, Sigias, Jouvence (en la paroisse de Blancarville), de Boisvordun, du Genesté et de la Martinière. D'après les lettres d'anoblissement de 1097 ils portent « d'azur à un lion rampant d'or, cantonné de quatre molettes d'éperon aussi d'or ». Les armoriaux donnent quelques variantes de ce blason. Quant à Hector Charles Thirel, Avocat au Parlement de Rouen, il porte « d'azur à un chevron, accompagné dé 3 molettes, 2 en chef et 1 en pointe, celle-ci surmontée d'un lionceau, le tout d'or ». Pour établir cette généalogie nous nous baserons sur les documents du Cabinet des litres,'réuni par d'Hozier, d'Hozier de Serigny el Chérin et qui figurent à la Bibliothèque Nationale sous les cotes suivantes : « Pièce Originales, 2829 ». v. Dossiers bleus, 632 ». — « Carrés de d'Hozier, 600 ». « Nouveau d'Hozier, 314 » an nom « Thirel » et « Chérin, 195 » au nom « Tirel de la Martinière ». Au « Nouveau d'Hozier 316» (Article « Tirel ») on trouve fort peu de choses ; quant à l'article de «Dossiers bleus 634 », au mot « Tirel », il ne concerne que les Tirel d'Assy et les Tirel de Poix. Ajoutons enfin que les divers documents .réunis au nom de la Martinière « Dossiers bleus 432 ». « Carrés de d'Hozier 418 ». Nouveau d'Hozier 227 » ne renferment aucune pièce susceptible de nous intéresser. Les généalogistes et notamment Glérambaut et Chérin, font remonter celle famille au XIIIe siècle, sans d'ailleurs pouvoir établir de façon certaine que les Tirel qu'ils rencontrent à celle époque soient les ancêtres en ligne directe de ceux dont ils étudient la filiation. En ce sens, il est possible de remonter plus loin qu'eux. Nous trouvons en effet dans la chronique des premiers ducs de Normandie que nous a laissé Orderic Vital sous le nom de « Historiée ecclesiastiae libri très », mention faite à trois reprises d'un compagnon de Guillaume Cliton qui serait né dans le dernier quart du XIe siècle. Guillaume Cliton, dit, encore Guillaume le Normand (Guillelmus Normannus) comte de Flandre et duc de Normandie, fils de Robert Courte-Heuse, et par conséquent petit fils de Guillaurne-le-Conquerant, naquit en 1102. Le roi d'Angleterre Henri, frère de Robert, avait battu ce dernier, à Tinchebrai le 28 septembre 1106, lui avait pris le duché de Normandie et l'avait envoyé en captivité au pays de Galles. Quant à Guillaume son fils, son oncle en avait confié la garde à Hélie de Saint Saën et Tirel de Mainières, qui. lui restèrent fidèlement attachés jusqu'à sa mort. Mais ce jeune prince, séduit par Louis VI Le Gros qui en avait fait un comte de Flandre se tourna à son tour contre le Roi d'Angleterre; il fut mortellement blessé au siège d'Alost en 1128. A sa prière le roi fit grâce aux seigneurs normands, (dont Tirel) qui avaient embrassé sa cause. Voici les trois textes que nous possédons sur ce sujet. «

(Anno 1124) -Ipse (Guillelmus Normannus) cum Helia, pedagogo suo et Tirello de Maineriis externa mapalia. In magno metu et egestate pervagatus est».

« (Anno 1127.) Ipse (Guillelmus Normannus) piedagogo suo Reliai de Sancto Sidonio, qui diutius pro illo exulavit et, cum Tirello de Maineriis exheredari perlulil, Monsteriolum castram donavit ».

« (Anno 1128). Helias et Tirellus, aliique domestici Ducis qui semper ci fidèles fuerunt lethale vulnus juvenis heri Flandrensibus el omnibus extraneis celaverunt, et oppidanos ad deditionem expugnando coegerunt».

Après lui nous sautons un siècle et nous arrivons à celui qui est le premier dont les généalogies fassent mention ;

II. Hugues Tirel : il est qualifié d'écuyer dès le début du XIIIe siècle. Un Vidimus du 3 juin 1538, lequel en reproduit un autre du 13 septembre 1427, esl relatif à un acte du premier septembre 1221 portant que « Ricardus de Tourville, miles vendidit Hugoni Tirel, militi » une vavassorerie située à Tourvllle, près de Pont-Audemer ; depuis cette date celle-ci porta toujours le nom de Vavassorerie Tirel. Les généalogistes lui attribuent pour fils :


 

III. Gautier Tirel, connu par une dotation qu'il-fit en mars 1203 à l'abbaye du Gard. Il eut deux enfants Jean et Richard.


 

IV. Richard Tirel, écuyer du baillage de Caen nous est connu par une quittance de gages, datée de Compiègne, du 25 septembre 1339 au cours des guerres de Vermandois. Celle pièce est scellée d'un sceau bien conservé que Demay nous décrit ainsi : « Sceau rond de 20mm. Ecu à la fasce, un bâton en bande brochant, et accompagné d'une étoile en -chef el à sénestre, à la bordure engrèlée dans un trilobé.


 

Légende : DI TYREL. »


 

IV. Jean Tirel, écuyer du baillage de Caen, qui était à l'ost de Flandre » en 1302. On a de lui une quittance de gages datée d'Arras, du 30 septembre 1302. Cette pièce est scellée d'un sceau reproduisant le même blason. Voici comment il est décrit par Demay : « Sceau rond de 23 millim. -Ecu portant une fasce, au bâton en bande brochant, à, la. bordure engrèlée.

Légende : + S... HAN T ... L. »


 

De ce dernier descendirent, deux fils Robert et Guillaume.


 

V. Robert Tirel, écuyer, commanda en 1354 une compagnie pendant la guerre de Saintonge contre les Anglais, sous les ordres de Guichart d'Anglure.


 

V. Guillaume Tirel, dit Taillevent, écuyer, fut d'abord queu du Roi en 1346. On le trouve ensuite jusqu'en 1368 « écuyer de l'ostel de Mgr le Dalphin de Viennois », c'esl-à-dire des futurs Jean II et Charles V avant leur accession au trône (ordres de paiement de 1346, 1355, 1368) puis à nouveau queu du Roi, c'est-à-dire de Charles V et de Charles VI (ordres de paiement de 1371, 1377, 1388 et 1389). L'office de grand Queue de France, nous apprend le P. Anselme dans le chapitre qu'il consacre a ceux qui l'ont rempli, conférait la surintendance sur tous les officiers des cuisines ; il a été, dit-il, exercé par les plus grands seigneurs ; mais c'est par erreur qu'il place Guillaume Tirel, (qu'il appelle d'ailleurs à tort Taillement) au XVe siècle, en lui attribuant une quittance du 23 juillet 1473. Celles que nous possédons montrent que c'est 1373 qu'il faut lire. Il avait pour armoiries des armes parlantes, assez difficiles à déchiffrer sur la quittance de 1371 où l'on croit lire trois billettes posées en fasce, accompagnés de six besans 3 en chef et 3 en pointe, mais qui se lisent très facilement quand on se-rapporte au sceau de la-quittance de novembre 1388 ou à sa pierre tombale. Voici comment Demay les décrit d'après la première de ces pièces : « Sceau rond de 23 millim. Ecu à la fasce portant 3 marmites et accompagné de six roses ou six quintefeuilles, 3 en chef et 3 en pointe dans un quadrilobe.

 

+ ILLAUME TIREL.

 

Il épousa en premières noces Jehanne fille de Jehan le Bouant qui mourut, le 20 septembre 1363 dont il eut un fils Jehan qui suivra. Il épousa ensuite Ysabeau, fille de Joudouin le Chandelier. Ils furent tous trois inhumés dans l'église du prieuré d' Hanemont près Saint-Germain-en-Laye, nous dit Glairambaut. Hanemont ou Hannemont pas plus d'ailleurs que Henuemont n'existe comme hameau dans le Dictionnaire des Communes. Toutefois la Carte à 1/80.000 nous montre sur le territoire de Saint-Germain-en-Laye une ferme d'Hennecmont, qui représente précisément cet ancien prieuré. Le prieuré d'Hannemont -Ennéae mons -nous apprend Dom Beaunier, dépendait, du Monastère de Chanoines réguliers de Sainte Catherine du Val des Ecoliers. On connaît l'histoire de ce dernier monastère, dit encore de Sainte Catherine de la Couture et qui s'élevait à Paris là où est actuellement le Lycée Charlemagne. Il avait été fondé par les sergents d'armes en exécution du voeu qu'ils avaient fait en 1214, alors qu'ils défendaient le pont de Bouvines. Saint-Louis en avait posé la première pierre en 1229 Rien d'étonnant donc à ce que le sergent d'armes Guillaume Tirel ait choisi pour lieu de sa sépulture un prieuré qui dépendait du monastère qui était un peu la propriété des sergents d'armes du Roi. Glairambaut nous a conservé une très belle reproduction de la pierre tombale de Guillaume Tirel, entouré de ses deux femmes, pierre qui se trouvait encore, au début du XVIIIe siècle au milieu de la sacristie de l'église du prieuré. Sous trois élégantes arcatures gothiques, ornées de gracieuses figurines se tiennent les trois personnages. C'est d'abord,, au centre Guillaume Tirel, représenté en homme d'armes. Il porte le surcot par dessus la colle de maille, le cou est entouré du camail et la tête est coiffée du heaume. Il porte des chaussures à la poulaine avec des éperons à molettes de dimensions énormes. Au ceinturon pendent d'une part le carquois, d'autre part l'épée et au devant de lui, il porte son écu où se lisent, admirablement les 3 quintefeuilles de chef et les 3 quintefeuilles de pointe, et sur la fasce les 3 marmites qui rappellent son ancienne dignité. A sa droite c'est sa première femme Jehanne le Bouant qui est représentée avec la surcolle lacée par derrière, sur le devant de laquelle sont dessinées les deux fentes destinées à mettre ses mains pour les maintenir au chaud. Le vêtement a d'énormes manches qui tombent jusqu'au pied et qui sont ouvertes pour laisser passer les bras, recouverts, eux, de manches engainantes à la manière de celles des hommes. Les cheveux partagés par une raie médiane retombent en nattes de chaque côté. A sa gauche, c'est Ysabeau le Chandelier. Ici encore nous trouvons la robe à longues manches. Mais les fentes du devant ont disparu. Quant à la tête, elle est recouverte de la huve, sorte de voilette empesée qui entoure tout le crâne et retombe en plis gracieux de chaque côté du visage. Elle est enfin surmontée de ses atours qui sont ici figurés sous forme d'une corne rabattue sur le front. Ces figures sont, exquises. Quicherat qui a reproduit les modes de 1350 d'après une figure de pierre tombale extraite du recueil de Gaignières ne les a pas connues. Elles eussent à merveille illustré ses descriptions; elles auraient pu servir à montrer l'évolution du costume féminin pendant, la seconde moitié du XIVe siècle. Enfin tout autour de la pierre tombale, figure l'inscription que voici : Cy gist demoiselle Jehanne la Tirelle femme de Guillaume Tirel, fille de feu Jehan le Bouant qui trespassa l'an MCCCL XIII le mercredy avant la leste Saint Mathieu apostre et evangeliste. Priés Dieu pour elle. Gy gyst Guillaume Tirel, sergent, d'armes du Roi notre Sire, jadis Queu du Roy Philippe cl de Monsr le Roi Carle et dauphin de Vienne qui trespassa l'an MCCCLX. Et cy gist Ysabeau la Tirelle, femme de Guillaume Tirel et fille de feu Joudoin le Chandelier, qui trespassa l'an MCCC...

 

VI. Le fils de Guillaume Tirel, Jehan I Tirel, nous est connu par un contrat d'achat qu'il passa le 15 mai 1374 devant les tabellions de la Vicomte de Pont-Audemer. Il mourut antérieurement à 1409 car nous connaissons à la date du 27 février 1408 un contrat de vente passé par Marie de Guerpin qui est dite sa veuve.


 

VII. Leur fils, Guillaume Tirel seigneur des fiefs de Tirel et, de la Babonnière avait épousé Colette Le Moyne. Il mourut vers 1430, tué dans les rangs des Anglais dont il avait embrassé le parti el sa femme mourut, vers 1435. C'est ce que nous apprend une enquête en date du 25 décembre 1490 faite par le lieutenant général du Vicomte de Mortain à la requête de leur fils Richard écuyer âgé alors d'environ 70 ans. Ils eurent deux enfants : Richard et Jean.


 

VIII. Richard, dont il vient d'être question, né vers 1420 fut à la mort de sa mère en 1435, mis sous la garde du Roi. L'enquête de 1490 dont nous venons de parler, et qui survint lorsqu'il avait 70 ans, tendait « à le faire mettre hors la Garde du Roi et autoriser à gouverner,soi-même ses biens ».


 

VIII. Leur autre fils Jean II Tirel, chevalier, fut trésorier d'hôlel du Roi d'Angleterre et Receveur Général de Normandie. Nous avons de lui une déclaration de provisions prises pour Henri VI, en la, vicomte de Pont-Audemer, en janvier 1431 et un contrai d'achat en 1448 d'une maison sise à Pont-Audemer où sur une poutre étaient sculptées les armes ancestrales et qui resta durant, plusieurs siècles dans sa famille. Il mourut lui aussi au service du roi d'Angleterre ; il fut tué lors de la prise de Pont-Audemer le 12 août 1449. La ville ayant été pillée, une partie de ses biens fut détruite. Quant au reste, il fui confisqué, comme ayant appartenu à un seigneur « du parti d'Angleterre ». Ces biens provenaient soit d'acquisitions personnelles, comme la maison de Pont-Audemer, soit de biens à lui attribués par le roi Henri VI, biens sis au baillage de Rouen et au pays de Caux, et eux mêmes confisqués à divers seigneurs demeurés du parti du dauphin. De sa femme Jeanne Rastel il eut trois fils : Simon, Colin et Thomas dont la tutelle fut confiée à leur mère lors de la tenue des Assises de Ponl-Audemer, le 24 juillet 1450.

 

IX. Thomas Tirel, né au début de :1445, mourut, en bas âge


 

IX. Simon Tirel, l'aîné des trois, né en 1442, écuyer, servit comme homme d'armes dans la Compagnie de « mon tres redouté seigneur, Monseigneur de Briquebec » comme le qualifient, deux ordres de paiement passés à son nom aux dates des 16 avril cl 19 juillet 1478.


 

IX. L'autre fils enfin, Colin ou Nicolas Tirel, né en 1443, mourut le 27 décembre 1524, à l'âge de 80 ans ; sa femme mourut l'année suivante le 14 août 1525. Avec son frère Simon, il. récupéra, lors de l'abolition générale, le 7 juin 1468, une partie des biens de leur père, notamment une terre prise par celui-ci à fief en 1448 et qui avait été confisqués, nous l'avons vu, par Charles VII au moment où la province de Normandie avait été réduite en son obéissance. On lui connaît deux enfants, Jean et Michel.

 

X. Jean Tirel, sieur du Verbisson, avocat, conseiller en Court-laye, épousa Catherine Diguel ou Daguet. Un certificat, du curé de Notre-Dame de Pont-Audemer au XVIIIe siècle, indiquait qu'à cette époque on voyait encore dans son église leur pierre tombale : Jean Thirel, décédé le 24 mars 1541 et Catherine Diguel, fille de Guillaume Diguel, écuyer, gouverneur de la Ville et Château de Pont-Audemer, son épouse, décédée le 25 novembre 1573. Ces pierres tombales ont disparu aujourd'hui. Le travail de Réauley sur les pierres tombales conservées dans l'arrondissement de Pont-Audemer n'en fait pas mention. Au reste l'église Notre-Dame elle-même a disparu. On ne connaît plus à Pont-Audemer que l'église Saint-Ouen, qui a été bâtie du XIe au XVIe siècle, l'église de l'Hospice, et dans un faubourg de la ville l'église Saint-Germain qui fut, bâtie du Xe au XIIIe siècle. Quant à l'église du Sépulcre, encore appelée Notre-Dame du Pré, qui semble bien être celle dans laquelle figuraient les pierres tombales ci-dessus, et qui remontait au XI-XIIe siècle, il n'en restait plus en 1837, qu'une partie de la. Nef. La descendance de Jean Thirel se poursuivit jusqu'au XVIIIe siècle et s'éteignit, en la personne de deux frères, l'abbé Thirel de la Pinconnière et, Charles Hector Tirel, avocat au Parlement de Rouen. Celui-ci brisait les armes de la famille d'un chevron el remplaçait le lion par un lionceau qui surmontait la molette de la pointe, ainsi que nous l'avons vu au début de celle étude. Ce dernier n'eut que trois filles : Catherine, qui épousa son cousin Charles Tirel, sieur de Séglas, Marie-Catherine qui épousa Jacques Bruno de Boutehen, écuyer, Sieur des Landes, Conseiller des Requêtes à Rouen, et Marie, épouse de François-Nicolas le Brument, sieur de Boishamel.

Encore y a-t-il lieu d'observer que la filiation de Catherine ainsi donnée par certains généalogistes ne paraît pas exacte. Nous verrons plus loin que pour d'autres, la femme de Charles Tirel, sieur de Séglas aurait été fille de Jean Tirel, avocat au siège de Pont-Audemer. Cette dernière opinion paraît la plus vraisemblable, car dans divers actes concernant la succession de Charles-Hector Tirel et de son frère l'abbé de.la Pinconnière en décembre 1719, février 1720 et mars 1727, on trouve bien mention de Marie-Catherine et de Marie Tirel, ainsi que de leurs époux ès-qualités. Par contre dans aucun de ces actes il n'est fait état de dame de Séglas.


 

X. Michel Tirel, l'autre fils de Nicolas Tirel, fut également avocat en Court-laye. Il fut pourvu à Rouen de l'Office d' Avocat du Roi en la Vicomte de Pontauton et Pontheaurdemer. Né vers 1483 il mourut le 7 octobre 1529. De sa femme Catherine Le Merre (morte le 10 octobre ,1516 il eut deux fils : Michel et Richard.


 

XI. Michel entra dans l'ordre de Saint-Benoît. Il fut prieur claustral de l'abbaye de Grestain.


 

XI Richard Tirel, avocat, sieur de Jouvence en la paroisse de Blacarville, né en 1507, mourut en 1582. Il habitait comme ses ancêtres Pont-Audemer. En 1562 comme les troupes catholiques du duc d'Aumale s'apprêtaient à investir la ville, alors aux mains des huguenots, il gagna sa terre de Jouvence, laissant à ses domestiques la garde de sa maison. Le 16 juillet, les troupes envahirent la ville, et, bien que lui-même fut catholique sa maison n'en fut pas moins entièrement pillée, ses lettres et papiers déchirés et jetés à la rue ; c'est ce qui résulte du procès-verbal qu'il en fit dresser par l'enquêteur du Roi en la Vicomte de Pont-Audemer le 20 juillet de la même année. De sa femme Marie Fortin, morte en 1557), il eut deux fils : Michel Tirel qui suit (Branche A) et Pierre Tirel, qui suivra (Branche B.).


 

Branche A

XII. Michel Tirel, « licencié es lois, conseiller du Roi, lieutenant général de M. le vicomte en la Vicomte de Pont-Audemer », né en 1543, mourut le 4 juillet 1585. Ses titres sont relatés sur sa pierre tombale, laquelle existait encore en 1715 dans l'église Notre-Dame de Pont-Audemer. Il laissait sa fortune fort amoindrie, sans doute du fait du pillage de 1502, mais aussi, dit une note indiscrète, du fait de la mauvaise administration de la femme. Par contre la situation se rétablit « grâce à la bonne conduite de ses enfants et petits enfants. » Il avait épousé Magdeleine du Vivier le 11 janvier 1579, la fille, (certains actes disent la veuve), du lieutenant criminel d'Evreux, Robert du Vivier, Ils eurent trois enfants qui furent :


 

XIII. Robert Tirel, avocat au Parlement de Rouen, lieutenant aux Eaux et Forêts de Ponl-Audemer, et en 1632, bailli de Greslain à Pont-Audemer. Il mourut, en 1658 sans laisser de postérité.


 

XIII. Jean-Bapliste Tirel, qui fut, bénédictin et prieur de Grestain, comme son oncle.


 

XIII Nicolas Tirel, receveur des deniers communs et octrois de Pont-Audemer, puis lieutenant du vicomte de cette ville, né en 1582, mort en 1657, qui épousa par contrat du 17 avril 1638 Magdeleine le Grix. Ils eurent trois enfants : Charles, Jean et Gaspard.

 

 

XIV. Jean Tirel, né en 1640 fut comme son oncle et son grand'oncle, bénédictin.


 

XIV. Gaspard Tirel, né en 1641 fut en même temps que son frère Pierre, anobli en janvier 1697. Il prend depuis cette date la qualité d'écuyer. Il servit d'abord en Flandre de 1665 à 1668, comme nous l'apprend un certificat, du 15 décembre 1668. Au cours de la troisième année, il reçoit un brevet royal lui conférant la charge de lieutenant en la Compagnie du capitaine de Fougeray au régiment du Dauphin. En 1669, la campagne terminée, il entre aux mousquetaires et participe avec son régiment à la défense de Candie (certificat en italien du 28 août 1669). Réformé à la suite de la paix d'Aix-la-Chapelle, il reçoit en date du 6 février de 1673, un certificat daté de Saint-Germain-en-Laye et qui lui est délivré par Janville, sous-lieutenant, commandant la 2e Compagnie des Mousquetaires à Cheval de la Garde du Roy et Maître de Camp de Cavalerie. Celui-ci atteste les « fidèles services du Sieur Thirel, mousquetaire du roi pour six ans en Flandres, Candie, Vivarès, Allemagne et Hollande, d'où il est sorti comme capitaine de Chevaux légers». Le roi en effet l'a mis à la tête d'une des six compagnies de chevaux légers données a chacune des deux compagnies de mousquetaires. Quelques jours auparavant, le premier février 1673, il reçoit de la main de Louvois une réquisition portant de « payer à M. de Tirelle, 7.500 livres pour la levée en armement d'une compagnie de chevau-légers que le roi lui a accordée ».


 

XIV. Charles Tirel, fils aîné de Nicolas Tirel naquit en 1639, il obtint comme son frère des lettres d'anoblissement au mois de janvier 1697. Il est à partir de cette date qualifié écuyer, sieur de Séglas. Cet anoblissement, ainsi d'ailleurs que celui de Gaspard Tirel, faisait, partie d'une fournée de 500 personnes anoblies moyennant finances. Toutefois il est juste de faire observer que lorsque vint, dix-huit ans plus tard, l'édit d'août 1715 qui révoquait tous les anoblissements faits dans ces conditions postérieurement au premier janvier 1689, Charles et Gaspard Tirel furent exceptés de cette mesure. Des lettres patentes d'avril 1716 les maintenaient au contraire dans la noblesse en faisant état des services rendus à la cause royale par leurs ancêtres, et reconnaissant pour légitime la filiation en ligne directe depuis Hugues Tirel chevalier, en 1220, jusqu'à Jean Tirel, sieur de Boismont et Jean-Charles Tirel, sieur de Séglas, fils et héritiers de Charles Tirel alors décédé. C'est à cette occasion que d'Hozier établit le règlement d'armoiries que nous avons rapporté au début de cette étude, fixant ainsi les armes de cette famille telles qu'elle les porte encore aujourd'hui. D'abord Conseiller du Roi, lieutenant civil et criminel en l'élection de Pont-Audemer, Charles Tirel fut ensuite nommé le 30 juillet, 1676 à la charge de Substitut du Procureur Général pour l'élection de Pont-Audemer. C'est à ce titre et en cette qualité que, par lettres datées de. Versailles du 15 février 1685, il reçut mandat « d'assister au consistoire de la Religion prétendue réformée qui doit se tenir prochainement à Pont-Audemer ». Il mourut le 8 octobre 1710. Il avait épousé par contrai du 25 mars 1659, Catherine Tirel de la Railerie (ou de la Rillerie, disent certaines transcriptions) que certains actes indiquent comme fille de Jean Tirel, sieur de la Ratterie et de la Pinchonnerie, premier avocat du Roi au siège de Pont-Audemer, et d'autres comme fille de Charles-Hector Tirel, avocat au Parlement, de Rouen, dernier représentant, de la branche de XI, Jean Tirel, sieur du Verbisson. Nous avons dit plus haut pourquoi celle dernière opinion ne nous paraît pas fondée. Ils eurent quatre enfants : Jean, Jean-Gharlos, Marguerite et Madeleine.

XV. Magdeleine Tirel, née le 16 octobre 1674, épousa François de Guérin. écuyer, soigneur et patron de Marconville.


 

XV. Marguerite Tirel, née le 18 janvier 1671, épousa en 1693, Jacques de Lyvet, écuyer, sieur de la Noé et de Boislouvel.


 

XV. Jean-:Charles, sieur de Séglas, né le 19 novembre 1672, servit durant cinq années à la. 2° Compagnie de mousquetaires, aux côtés de son frère aîné do 1699 à 1704. Il épousa d'abord Marie-Marguerite Collet, fille de Firmin Collet, vicomte de Pont-Audemer. Puis celle-ci étant morte le 25 octobre 1713, il épousa en secondes noces la fille du Doyen des Auditeurs de la Chambre des Comptes de Rouen, Anne Hébert. Dès son premier mariage il eut :


 

XVI. Jean-Charles-Philippe Tirel, écuyer, né le 20 août 1712 et qui entra à son tour en novembre 1732 dans la 2e Compagnie de Mousquetaires.


 

XV. Jean Tirel, sieur de Boismont, écuyer, seigneur et patron de Boisbenard était l'aîné des quatre enfants de Charles Tirel, Il naquit en 1666 et servit durant onze ans à la 2e Compagnie des Mousquetaires, ainsi qu'en témoigne le certificat qui lui est délivré le 3 mars 1703, au moment ou il s'apprête à quitter l'armée. Son congé lui est accordé le 28 mars 1703. Il mourut le 12 août 1718. Il avait épousé, par contrat, le premier février 1706 Françoise Carrey, fille de François Carrey, écuyer, seigneur et patron de Saint-Gervais, Saint-Jean et du prieuré de Saint-Eustache d'Asnières, conseiller de Grand'Chambre au Parlement de Noommirmandie et de feue Marguerite Moysans. Il en eut deux fils :


 

XVI. Jean-Baslisie Tirel, écuyer, né en 1708, dont on ignore s'il eut des descendants.


 

XVI. Nicolas Tirel de Boismont. Né à Boschénard-Commin le 16 janvier 1716 ; il fut successivement chanoine de Rouen, abbé de Gresl-ain au diocèse de Lisieux, prieur de Lihons en Santerre. « Il préférait ; dit Tastet, les amusements frivoles à l'instruction sérieuse, la dissipation à l'étude des livres saints ». Venu à Paris sur les instances de ses amis, il devint rapidement un prédicateur fort goûté, par la connaissance qu'il avait des moeurs, des passions et des caractères. En 1750, il prononça un panégyrique de Saint-Louis, dans un style à la fois plein d'éclat et d'élégance. Il devint alors prédicateur ordinaire de Louis XV. Elu à l'Académie française le 22 septembre 1755 au fauteuil de Boyer, évoque de Mirepoix, grâce, dit Collé qui le détestait « à l'ardeur scandaleuse de la duchesse de Chaulnes », il devint l'orateur en titre de la Compagnie, et prononça en son nom les oraisons funèbres du Dauphin, de Louis XV et de Marie-Thérèse. L'administration de l'Assistance Publique ignore sans doute qu'il fut, de façon au moins indirecte, un de ses bienfaiteurs. Prié par la Duchesse de la Rochefoucauld de prêcher en faveur d'une fondation qu'elle projetait, il prononça à Paris dans la chapelle de la Charité un sermon qui fit une telle impression que la quête qui s'ensuivit fut particulièrement fructueuse. Les 150.000 livres que l'on recueillit alors formèrent les premiers fonds de la dotation de l'Hospice la Rochefoucauld, Il fut l'ami des philosophes et fréquentait le salon de Mlle de Lespinasse. Il a laissé, outre des recueils de sermon, des Lettres secrètes sur l'état actuel de la religion, et du clergé de France. Il mourut à Paris le 20 décembre 1786, entre les bras de l'abbé Maury, le plus cher de ses amis, et son élève, en faveur duquel il avait résigné les plus riches de ses bénéfices. C'est vis-à-vis. de l'abbe Maury qu'on lui prête ce trait qui ne manque pas d'esprit. Celui-ci, qui briguait l'Académie, et peut être espérait même succéder à son protecteur au fauteuil qu'il occupait, lui demandant un jour quelques détails sur sa jeunesse : « Eh là. l'abbé, répondit-il en souriant, vous me prenez mesure ! » Son successeur fut l'historien et poète Claude de Rulhière. Il occupait, selon l'ancienne numérotation le cinquième fauteuil, lequel est représenté aujourd'hui, nous apprend ce fauteuil est de nos jours occupé par M, Jules Cambon,

 

Branche B,


 

XII. Pierre I Tirel, second fils de Richard Tirel, à la suite de la ruine partielle de son père, consécutive au pillage de 1562, prit d'abord la charge de contrôleur au Grenier à sel de Pont-Audemer. Il exerça cette fonction durant 30 années, au cours desquelles il fut en outre nommé échevin de la ville. En 1595, il s'adressa à Henri IV pour obtenir des lettres de reconnaissances de noblesse. Depuis deux générations en effet, son frère Richard et son grand-père Michel, l'un et l'autre avocats, avaient négligé de faire figurer le titre d'écuyer dans les actes authentiques. Il faisait valoir que son grand-père Michel et son grand' oncle Jean, tous deux fils de Colin Thirel, étant avocats à Pont-Audemer, ville franche, donc non soumise aux impôts, n'avaient aucun intérêt à revendiquer leur qualité d'écuyers, n'étant par ailleurs pas gens de guerre. Au contraire, le frère de leur bisaïeul Colin, Simon Thirel, qui fut homme de guerre, avait pris plusieurs fois cette qualité. A l'appui de sa requête, Pierre Tirel apportait encore le certificat du commissaire enquêteur de 1502. Les lettres sollicitées lui furent accordées par le Roi en septembre 1505 ; elles fuirent ensuite enregistrées en la Chambre des Comptes et Cour des Aides de Normandie, les 11 mars 1596 et 11 janvier 1597. Il prit dès lors le titre d'écuyer, sieur de Jouvence. Son frère Michel étant mort depuis 10 ans à cette époque, cette reconnaissance de noblesse ne put profiter à la branche aînée; c'est ce qui explique qu'en 1697, les représentants de celle-ci aient sollicité un anoblissement, qui leur fut ensuite confirmée en en 1716, ce que nous avons vu plus haut. On ignore encore la date exacte de la mort de Pierre I Tirel. Toutefois il vivait encore au début du XVIIe siècle, puisqu'on le voit obtenir le 10 avril 1600, du Lieutenant Général de Rouen, une sentence à son profit contre les habitants de Pont-Audemer. II avait épousé Marie Gosselin de la Vacherie de qui il eût deux enfants Pierre II Tirel, qui suit (Branche C) et Richard Tirel qui suivra (Branche D). Elle même mourut vers 1624, puisqu'on voit ses deux fils se partager sa succession le 30 décembre 1624

 

Branche C.

XIII. Pierre II Tirel, écuyer, émancipé par son père le 4 mai 1599, Conseiller et Procureur du Roi en la Vicomte de Pont-Audemer, épousa, par traité du 5 août 1600, reconnu le 29 décembre 1610, Catherine le Corniec de-Sainte-Hélène ; celle-ci mourut en 1633 à l'âge de 57 ans. Ils eurent quatre enfants : Claude, Robert, Marie-Thérèse et Pierre.


 

XIV. Claude Tirel, sieur du Lion, mourut sans postérité.


 

XIV. Robert Tirel, fut prêtre.


 

XIV. Marie-Thérèse Tirel, épousa Jean Grossin,


 

XIV. Pierre Tirel, sieur de Boismorand, écuyer, naquit en 1607 ; il fait une transaction avec son père le 17 juin 1633. Il servit d'abord en qualité de volontaire. On le trouve au siège de Cany le 8 septembre 1641, date à laquelle M. de la Tour, maréchal de camp et gouverneur d'Arras lui délivre un certificat. A l'enquête sur les faux-nobles, en 1667, il l'ut reconnu comme étant de noble extraction et maintenu. Il mourut en 1686. Par traité du 28 avril 1652, reconnu le 18 septembre 1657, il avait épousé Marguerite Louvel de Pineville, (morte en 1694) et qui lui donna deux enfants : Marguerite cl Jacques.


 

XV. Marguerite Tirel, épousa en 1680 Gabriel Le Fort chevalier, seigneur de Bonnebos, Manneville et Escarbouville.


 

XV. Jacques Tirel, Sieur de Boismorand, né en 1653, épousa en 1687 Françoise Godard et mourut après 1719, Ils eurent deux enfants.

 

XVI. Pierre Tirel, né en 1688.


 

XVI. Marguerite Tirel, née en 1689, On ignore s'ils eurent eux-mêmes des descendants,

_

Branche D.


 

XIII, Richard Tirel, second fils de Pierre I Tirel, écuyer, Conseiller et assesseur au bailliage de Pont-Audemor, émancipé en même temps que son frère le 4 mai 1599, épousa par traité du 14 avril 1607, reconnu le 7 mai 1612, Marguerite Beuzelin. Il eut six enfants dont deux seulement firent souche ; ce sont :


 

XIV. Richard Tirel, écuyer, sieur de Jouvence, Conseiller du Roi, Contrôleur au Grenier à sel de Pont-Audemer. Il fut maintenu dans la noblesse avec ses frères Philippe, Charles et François-Nicolas par arrêts de la Cour des Aides de Normandie du 29 mars 1656, confirmé par l'arrêt du 10 novembre 1664 et le jugement du 21 novembre 1667, prononcé par M. de la Galissonnière, intendant de la Généralité de Rouen ; il termina sa carrière comme religieux carme à Pont-Audemer.


 

XIV. Jacques Tirel, qui fut moine bénédictin à. Grestain.


 

XIV. Nicolas Tirel, écuyer, qui fut curé de l'église Notre-Dame de Pont-Audemer.


 

XIV. Philippe Tirel, écuyer, Sieur du Geneslé qui suivra


 

(Branche E.


 

XIV. Charles Tirel, écuyer, Sieur de Boisverdun, qui servit dans l'armée et fut fait prisonnier le 26 mai 1642 à la bataille d'Honcourt. Il figure avec ses frères dans le jugement de maintenue de noblesse. On ignore s'il eut des enfants.


 

XIV. François-Nicolas Tirel, Sieur dela Marlinière qui suivra (Branche F.).


 

Branche E.


 

XIV. Philippe Tirel, écuyer, sieur du Genesté ou du Génetay, fils de Richard Tirel, épousa le 9 janvier 1662, Catherine Villecocq. Le jugement du 21 novembre 1667, rendu par l'intendant et commissaire député à la recherche de la noblesse, Barrin de la Gallissonnière, donnait acte à Philippe Tirel, Sieur du Génesié, époux de Catherine Villecocq, fils de Richard Tirel, écuyer, sieur de Séglas, et Marguerite Beuzelin, petit-fils de Pierre Tirel, écuyer, Sieur de Jouvence et de Marie Gosselin de la représentation de ses titres, et rappelait les lettres d'anoblissement donnés par Henri IV en septembre 1595 à son aïeul Pierre Tirel. Il eut deux enfants :

 

XV. Charles Tirel, sieur de Boisverdun qui eut lui-même un fils :


 

XVI. Charles Tirel, dont on perd la trace.


 

XV. Philippe-Nicolas Tirel, sieur de Génetay, né vers 1665, marié d'abord à Françoise Guérin de Tourville, épousa à l'âge de 30 ans en secondes noces en l'église de Saint-Martin-Saint-Firmin, le 12 décembre 1695, Marie-Geneviève de Malortic, âgée alors de 29 ans et veuve de François Tirel, Sieur d'Esville. De ce second mariage naquit :


 

XVI. Nicolas-Joachim Tirel, du Génetay, écuyer, sieur de Jouvence, né et baptisé à Blacarville le 22 octobre 1698, que l'on retrouva plus tard capitaine-major de la capitainerie de Rocques de Risles. Il épousa à Fourmetot le 12 juillet 1723 -après contrat de mariage du 21 avril précédent Marie-Marguerite-Thérèse Lambert. De ce mariage naquit :


 

XVII. Louis-François Tirel du Génetay, écuyer, né à Blacarville, le 3 décembre 1729, et baptisé le 4 en la paroisse Notre-Dame de cette ville. Il épousa à Pont-Audemer, le 8 novembre 1756, Catherine-Marguerite de Vivefoy. Il était a cette époque lieutenant de grenadiers du bataillon de Pont Àudemer. De cette union naquit un fils :


 

XVIII. Nicolas-Joachim-Louis-Pierre Tirel du Génetay, né et baptisé à Corneville ( les 28-29 juin 1757. Il fut admis à l'âge de 9 ans, en août 1766, à l'Ecole Royale Militaire de la Flèche. Les preuves qu'il dû fournir à cette occasion nous ont fourni les renseignements que nous possédons sur cette branche, Nous perdons sa trace à partir de cette date.


 

Branche F.

XIV, François-Nicolas Tirel, Sieur de la Martinière, fils de Richard Tirel est désigné dans l'histoire de la famille, tantôt sous le prénom de François-Nicolas, tantôt simplement sous celui de François. On a vu dans le texte de cette étude, comment alors qu'il était « employé dans le service de la Marine du Port de Marseille », il eut une affaire d'honneur avec un capitaine de vaisseau « qui était d'une famille puissante » et qu'il eut le malheur de tuer son adversaire; pour éviter les effets des édits de Louis XIV contre le duel, il fut obligé de se cacher pendant quelques temps, ayant été condamné par contumace. C'est ce qui explique que, nommé dans l'arrêt de la Cour de Normandie du 29 mars 1656, reconnaissant sa qualité de noble conjointement avec ses frères Richard, Philippe et Charles, son nom disparaisse de l'arrêt de 1664 et du jugement définitif du 21 novembre 1667. On perd alors sa trace jusqu'en 1680, date où on le retrouva en Bretagne, lors de la naissance de son fils aîné, à Bourseul. II a définitivement abandonné son second prénom et n'est plus désigné dans les actes ultérieurs que sous le nom de François. Lorsqu'il meurt au château de Limoëlan en Sévignac le 7 mai 1706 (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1) l'acte dressé à cette occasion ne fait mention d'aucun âge même approximatif ; aucun de ses frères ou neveux demeures en Normandie, ne figure parmi les témoins. Il fut inhumé dans le choeur de l'église. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de lui dans le cours de cette étude. Nous mentionnerons seulement que de sa femme Jeanne des Champs il laissa cinq enfants : Marie-Anne, Henry-Louis, Henry-François, Françoise-Thérèse et Rose-Françoise. François Nicolas Tirel, sieur de la Martinière, mort en 1706 fut fermier général des terres de Limoëlan. Il demeurait « un quart de lieue à l’ouest de Limoëlan, une vieille gentilhommière enfouie dans les terres et sans grand caractère, la Grèsse, une simple ferme ».

 

XV. Marie-Anne Tirel, demoiselle de la Martinière, née en 1678, mourut à Broons le 19 mars 1732, à l'âge de 55 ans, n'ayant pas été mariée.

 

 

 


 

XV. Françoise-Thérèse Tirel de la Martinière, dite, avant son mariage, demoiselle du Vergé, épousa à Broons, le 20 janvier 1727, François-Toussaint Pioger, sieur de Saint-Perren, écuyer, qui fut le parrain de son neveu, le curé d'Auger-Saint-Vincent. Ils eurent (au moins un fils et une fille. Ce sont :

 

XVI. Henri-Anne-François Pioger, écuyer, né et baptisé à Broons le 13 juillet 1728.


 

XVI. Suzanne-Anne-Françoise Pioger de Saint-Perren, née à Broons le 13 avril 1731.


 

XV. Rose-Françoise Tirel de la Martinière, épousa Guillaume du Puy, sieur de Lissoreul. Elle fut marraine en même temps que son beau-frère. Ils moururent tous deux avant 1739, en laissant des enfants, qui parurent au partage de la succession de leur aïeule Jeanne des Champs, le 21 octobre 1739.


 

XV. -François-Henry Tirel de la Martinière, né à Bourseul en 1681, Conseiller-Maître en la Chambre des Comptes, Sénéchal des juridictions de Broons, Beaumanoir et Limoëlan, épousa Anne des Martins. Il en eut un fils :


 

XVI, -François-Henry Tirel de la Martinière, né à Broons le 5 mars 1724 et dont la descendance est demeurée inconnue.

 

XV. Henry-Louis Tirel de là Martinière, l'aîné des fils de François Tirel et de Jeanne des Champs, naquit à Bourseul le 10 mars 1680.

 

 

 

 

Il succéda à son père dans la charge de fermier général des seigneuries de Broons, Beaumont (voir Le château de Beaumont en Guitté), Beaumanoir et Limoëlan. Il épouse à Saint-Malo, par contrat du 16 novembre 1726 Marie Guyonne Symon dont il eut sept enfants, tous nés au château de Limoëlan. Ce sont :

 

XVI. Marie-Jeanne Tirel, demoiselle de la Martinière, née le 26 (baptisée le 28) septembre 1727. Elles eut pour parrain Notre homme Jean-Baptiste le Bonhomme, sieur de la Fontaine, bourgeois de Saint-Malo, et dont la fille devait devenir plus tard sa belle-soeur. Elle ne se maria pas.


 

XVI. Louis-Henry-Anne Tirel, sieur de la Martinière, né en 1729, qui suivra. (Branche G.).


 

XVI. Louis-Jean Tirel de la Martinière, né le 21 février 1730, qui eut pour parrain Louis de Lorraine, prince de Lambesc el pour marraine la fille de celui-ci, Jeanne-Louise de Lorraine, princesse de Lambesc. Il fut plus tard désigne sous le nom de sieur des Landes.


 

XVI. François-Edouard Tirel, sieur de la. Martinière, né le 23 mars 1733, que l'on trouve dans un acte de 1751, « novice chez les Pères de la Compagnie de Jésus » et en 1703 « prêtre », puis curé d'Auger-Saint-Vincent, qui a fait l'objet de ce travail.


 

XVI. Françoise-Louise-Jeanne Tirel de la Martinière, demoiselle des Landes, née le 31 octobre 1734. En 1763, elle n'était pas mariée.


 

XVI. Jean-Baptiste-Marie Tirel, né le 24 juillet 1736. Il est désigné en 1763 sous le nom de Sieur de la Metrie. Il eut un fils qui fut garde du roi en 1789, chevalier de Saint-Louis ; il émigra. De son mariage avec une demoiselle de la Treille, il eut des enfants dont on ignore la descendance.


 

XVI. Joseph-Louis-Marie Tirel, né le 5 juin 1740, prit le nom de Sieur de la Grèse ; il n'eut pas d'enfant.

 

 

 

Porte cintrée à double rangée de claveaux, à la Gresse en Sévignac

 

 

XVI. Louis-Henry-Anne Tirel, sieur de la. Martinière, fils aîné de Henry-Louis el de Marie-Guyonne Simon, naquit à Limoëlan en Sévignac le 20 janvier 1729. Nous avons dit comment il fut successivement fermier général des Lorraine-Lambesc, puis des Picot de Clorivière à Limoëlan en Sévignac, puis fermier général des Franquetot de Coigny, à la Moussaye en Plénée (voir Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs). Il quitta le château de la Moussaye a la fin de 1771. En effet sa signature qui figure au bas de nombreux actes de mariages de bourgeoisie ou de petite noblesse locale, sur les registres de Plénée-Jugon, jusqu'à la naissance de son dernier fils en juin 1771, disparaît entièrement à partir de celle époque. Son dépari est donc antérieur de onze ans à l'époque ou le duc de Coigny vendit le château de la Moussaye, puisque c'est seulement en 1782 que celui-ci. Passa, entre les mains du Comte Jean-Jacques de la Motte de Broons-Vauvert. Avocat au Parlement de Rennes, il épousa probablement à Saint-Malo, Olympe-Sophie le Bonhomme, fille de Jean-Baptisle le Bonhomme, sieur de la Fontaine, qui avait été parrain de Marie-Jeanne Tirel, l'aînée des enfants d'Henry-Louis. Il mourut à Granville le 22 ventôse An VII (12 mars 1801). Ils eurent huit enfants dont les quatre premiers naquirent au château de Limoëlan et les quatre derniers au château de la Moussaye. Ce sont :


 

XVII. Olympe-Marie-Antoine-Jean-Baptiste Tirel, née à Sévignac le 16 novembre 1759, décédée le 2 mars 1761.

 

 

 


 

XVII. Louis-François-Jean-Baptiste Tirel, né à Sévignac, le 2 juin 1761 et endoyé le même jour ; baptisé le 24 juin. On ignore ce qu'il devint.

 

XVII. Sophie-Félicité-Joséphine-Thérèse Tirel de la Martinière, née à Sévignac le 15 octobre 1763. Elle épousa à Saint-Malo, en 1783, Pierre-Nicolas de Perrée, Conseiller maître en la Chambre des Comptes.


 

XVII. Renée-Marie-Michelle-Xavier Tirel, née à Sévignac, le 9 septembre 1765.


 

XVII. Pierre-Paul-Henry-Prosper Tirel, né à la Moussaye en Plénée, le 15 décembre 1768, ondoyé le même jour, baptisé le 9 juin 1769, mourut le 9 mars suivant à la Moussaye, et fut inhumé à Sévignac.


 

XVII. Marie-François-Corentin-Xavier Tirel de la Martinière, né en 1767 qui suivra (Branche L).


 

XVII. Henry-Prosper Tirel de la Martinière, né et ondoyé le 2 avril 1770, baptisé le 23 juillet. On ignore ce qu'il devint. En tout cas, il était mort antérieurement à 1799

 

XVII. Edouard Tirel de la Martinière, né à Plénée en 1771, qui suivra (Branche J.)

 

Branche H

XVII. Marie-François-Xavier-Corcnlin Tirel de la Martinière, fils de Louis-Henry, naquit au château de la Moussaye le 2 décembre 1767 et fut baptisé le lendemain en l'église paroissiale de Plénée.

 

 

 

 

Il épousa à Granville le 6 février 1792 Jeanne-Charlotte-Henriette le Boucher de Vallefleur, fille de Luc-François de Vallefleur, écuyer, seigneur et patron de Loronz, Gasligny, etc., et de Marie-Rosalie-Léonor Tanqueray de la Membrière. Il fut nommé en 1809 par le Premier Consul, Caissier de la Monnaie de Toulouse. Il se fixa dans cette vilie où ses descendants habitent encore, et mourut en 1824. Il eut deux fils, Charles et Henri.


 

XVIII. Henri-Pierre-Emile-Félicité Tirel de la Martinière, né à Granville en 1794, fut capitaine adjudant-major au 18° léger et mourut à Toulouse, sans alliance.


 

XVIII. Charles-François Tirel de la Martinière, son frère aîné était né à Paris, le 14 novembre 1792. Son père ayant été nommé en 1809 à l'Hôtel des Monnaies, Charles Tirel vint terminer ses études à Toulouse. Avant son entrée à l'Ecole Polytechnique, il avait présenté à l'Académie des Jeux Floraux, en 1811, c'est-à-dire à peine âgé de 19 ans, une ode sur le Canal du Midi. Le prix allait lui être décerné, mais Alexandre Soumet ayant au même moment écrit une ode sur la naissance du Roi de Rome, les circonstances et l'opportunité firent que le chantre de Napoléon II l'emporta sur le chantre de Riquet. Sorti de Polytechnique, il fut d'abord lieutenant d'Artillerie à Metz, puis à Toulouse, où il rejoignit sa famille, Nommé ensuite à Rennes, son père l'engagea à démissionner afin de le conserver auprès de lui ; il quitta donc l'armée en 1819. En 1820 à l'occasion de la naissance de l' « Enfant du miracle », il composait une ode sur Chambord, qui fut fort appréciée et que suivirent nombre d'autres odes et élégies qu'il présenta chaque aunec à l'Académie des jeux floraux, En 1823, il se maria, et épousa à Toulouse Rose-Hélène Dufour de Rouffiac. L'année suivante son père étant mort il lui succéda dans la charge de Commissaire du Roi, près la Monnaie de Toulouse. La chute de la branche aînée en 1830, fut un coup sensible pour l'auteur de l'Ode à Chambord. Il manifesta ostensiblement ses regrets en oubliant d'illuminer à l'anniversaire des Trois Glorieuses. Le pouvoir de son côté manifesta ses sentiments en lui donnant un successeur. Il se cantonna donc dès ce moment dans la poésie et la gestion de ses biens. Nommé maître es jeux floraux en 1831, il fut élu en 1832 « l'un des quarante mainteneurs de l'Académie des Jeux Floraux » de Toulouse et prit séance le 27 janvier 1833. C'est en cette qualité qu'il eut l'honneur de recevoir en séance privée de l'Académie, en juillet 1838, le Vicomte de Chateaubriand, à l'époque où le grand homme sur le déclin dînait chez la femme du conseiller à la Cour Castelbajac, immortalisée dans la littérature sous le nom de l'Ocitanienne. Jusqu'à la fin, il resta fidèle à la poésie même dans les circonstances de la vie qui semblaient le moins propre à ce genre de distraction. Ayant à soutenir à Coutances un procès important contre certains membres de sa famille) il eut l'idée de s'adresser en vers à l'une de ses cousines, qui était son adversaire ; celle-ci lui répondit de même. Et ainsi tandis que les papiers timbrés et les plaidoieries allaient leur train entre les hommes de lois, les élégies et les billets ingénieux s'échangeaient de leur côté entre les deux parents, retraçant les péripéties d'une lutte courtoise d'ailleurs et qui se termina à la satisfaction des deux parties. Dans ce conflit poético-judiciaire, Érato avait vaincu Thémis. Il expira au cours d'un séjour en Normandie où l'appelaient ses affaires de famille le 14 novembre 1846. Dans son éloge funèbre, prononcé à l'Académie, son confrère, après avoir retracé sa vie, résumait ainsi son existence : « Sa vie commença dans la poésie, elle finit dans la prière ». Son fils craignant que cet éloge ne contint quelques réserves s'abstint de paraître à la cérémonie, et lorsque ce morceau fut publié, il jugea que ses appréhensions n'avaient pas été vaines ; aussi s'empressa-t-il d'en faire disparaître tous les exemplaires qu'il en put rassembler ; de ce fait ceux-ci sont devenus à peu près introuvables. Heureusement les dépôts publics nous les ont conservés dans les collections des compte-rendus des séances de l'Académie, nous permettant ainsi de retracer quelques traits de son existence. Charles Tirel de la Martinière laissait trois enfants : Alfred, Blanche et Louis.


 


 

XIX. Blanche-Charlotte Tirel de la Martinière, née à Toulouse en 1826, entra en religion et mourut au Couvent d'Aulias.


 

XIX. Louis-Marie Tirel de la Martinière, né à Toulouse en 1827 fut camérier d'honneur des papes-Pie IX et Léon XIII. Suivant l'exemple de son arrière grand-oncle, il entra chez les Jésuites. Il mourut à Saint-Cloud en 1883.


 

XIX. Alfred-Charles Tirel de la Martinière, fils aîné de Charles-François, naquit à Toulouse en 1824 et y mourut en 1892. De sa femme Henriette de Malefitte (1826-1875) qu'il avait épousée à Toulouse en 1852, il eut un fils.


 

XX. Anne-Charles-Isidore-Henry Tirel de la Martinière, né à Toulouse en 1859, avocat, qui ne s'est pas marié et avec qui s'éteindra la branche aînée de la famille.


 

Branche J


 

XVII. Edouard Tirel de la Martinière, fils cadet de Louis-Henry et représentant de la branche cadette de la famille, naquit au château de la Moussaye, le 19 juin 1771 et fut baptisé à Plénée le lendemain. Il servit d'abord dans la Marine, puis démissionna ; il entra dans l'Administration des Finances et devint directeur des Contributions Directes. Il mourut à Montauban le 13 octobre 1832. De sa femme Joséphine-Rosalie Blanchet, il avait eu trois enfants : Nicolas-Edouard, Joséphine et Sophie-Nathalie.


 

XVIII. Joséphine Tirel de la Martinière épousa Maurice Hue, avocat,


 

XVIII. Sophie-Nathalie Tirel de la Martinière épousa un officier du nom. de Caraut, dont le fils Maurice se maria et mourut sans postérité.


 

XVIII. Nicolas-Edouard Tirel de la Martinière, naquit à Granville le 12 prairial An IX (1er juin 1801). Il fut lui aussi Directeur des Contributions Directes et épousa à Chartres en 1856 Caroline-Amélie Gaslonde. Ils eurent deux enfants :


 

XIX. Gustave-Charles-Désiré Tirel de la Martinière, né en 1852, mourut à l'âge de 21 ans, en 1873, non marié


 

XIX. Edouard-Marie Tirel de la. Martinière, qui était l'aîné, naquit le 16 février 1849. Successivement auditeur au Conseil d'Etat et substitut au Tribunal de la Seine, il fut élu député de la Manche le 4 octobre 1885 et lé demeura pendant deux législatures jusqu'en 1893. Il était également conseiller général de ce département pour le canton de la Haye du Puits ; il y fut réélu le 31 juillet 1892. Il mourut le 15 avril 1918. Par sa femme Marie-Louise Colmet qu'il avait épousée le 27 mai 1875, il se rattachait étroitement à cette région de Senlis, dans laquelle son arrière grand-oncle avait eu les malheurs que nous avons contés.

 

 

 

Edouard-Marie Tirel de La Martinière

 

Le grand-père de Marie-Louise Colmet, Armand Colmet, avoué à Paris, avait en effet épouse Fanny Payen (1795-1832); il était par suite devenu le gendre de Maître Jacques-Martin Payen, notaire à Senlis, dont nos Bulletins nous apprennent qu'il prêta serment le 30 avril 1789, qu'il fut président de la Chambre des Notaires en 1812-1813, et que l'on retrouva en 1827 comme notaire honoraire. Au reste d'autres liens unissaient encore cette famille à la région de Senlis. La femme de Maître Payen, Françoise Regnard de Gozengré, était la petite-fille de Nicolas II Regnard, procureur à Senlis, et l'arrière petite-fille de Nicolas I Regnard, conseiller du Roi, substitut au baillage de Senlis, mort en 1719. Edouard-Marie Tirel de la Martinière et Marie-Louise Colmet eurent deux filles :


 

XX. Amélie-Marie-Louise-Andrée Tirel de la Martinière, née en 1876, épousa à Paris le 14 décembre 1897 André-Maximin Consolat.


 

XX. Louise-Marie-Julie-Caroline Tirel de la Martinière, née à Paris en 1885, morte à Paris en juillet 1907, avait épousé à Paris, le 17 mars 1906 Jean- Joseph-Antoine Isaïc, Comte d'Indy, fils du compositeur, le maître Vincent d'Indy. Ils eurent une fille.


 

XXI. Isabelle-Louise-Jeanne-Marie-Amélie d'Indy, née à Paris VIII, le 8 juillet 1907, qui épousait à Paris VII le 4 juillet 1930 Jean-Guillaume-Joseph-Marie, Comte d'Harcourt, né à Paris VIIe, le 16 septembre 1906 fils du.Comte Joseph d'Harcourt, petit-fils du Comte Pierre d'Harcourt, et du Vicomte de Melun. Dans la branche cadette, comme dans la branche aînée, s'éteint ainsi le nom des Tirel de la Martinière, Nous avons tenté de reconstituer la généalogie de cette famille depuis le XIe siècle jusqu'à nos jours avec la plus grande conscience. Nous espérons y être parvenu. Sur certains points où les documents conservés au Cabinet des Titres permettaient plusieurs hypothèses, nous avons choisi celle qui nous paraissait la plus probable. Et si par hasard quelque généalogie particulière différait sur certains points de la nôtre, nous nous en consolerions par celle réflexion assez mélancolique, et d'ailleurs non signée, qui se trouve conservée dans l'un des registres ; « Malgré les recherches, c'est un noeud gordien pour celui qui désir (sic) trouver Tirel dans l'ouvrage.de Monsieur le Baron d'Ozier (sic) généalogiste». Celle note peut servir à la fois de conclusion à notre élude et d'excuse à ses imperfections.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 13:52

 

 

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Published by poudouvre
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