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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 20:00

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:20

 

Le jour de Saint Sylvestre, on disait aux pâtours de Penguily d'aller dans les étables (dan 'l' tê) couper une touffe de poil sous l'oreille gauche des vaches, en leur assurant qu'elles ne moucheraient plus dans l'année. 

 

On accusait les v'nins (reptiles) de tarir les bovins en leur suçant le pis ; pour éviter cela, à Penguily, on mettait du seù ou du haut-bouée (du sureau) sur le sol à tous les coins de l'étable pour y mettre un terme.

 

Evoquant le joug a bœuf, les habitants de Saint-Gouéno et de Plessala désignaient cette pièce « le jeue »

 

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 16:44

 

 

Il était une fois un homme qui allait au bourg de Corseul. Sur sa route, il vit, pas bien loin de lui, une bête qui ressemblait à un mouton, et ils se trouvaient tous les deux sur le point de passer un pont qui n'avait que la largeur d'une personne. L' homme se dit :

 

« Je vais toujours passer le premier »

 

Il coupa une branche d'arbre, mais justement le mouton et  lui se rencontrèrent sur le pont, et comme aucun ne voulait céder à l'autre, l'homme poussa le mouton, qui était Mourioche ; la bête tomba à l'eau et se mit à rire .

 

-« ah, lui dit l'homme, tu t'es baigné le derrière ! »

 

-« Oui répondit le mouton, mais tu vas te baigner le tien aussi ! »

 

Ils firent route ensemble et arrivèrent près d'une petite rivière. Mourioche sauta par-dessus, et quand l'homme voulut passer, il le jeta dedans et se sauva ensuite à toutes jambes.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 16:09

Près du Lou du Lac existe un étang très profond ; les habitants des environs disent qu'à sa place a existé autrefois une ville que les eaux ont ensevelie, et qu'en certains jours, on entend sonner les cloches 

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 11:09


Les enfants des paysans commençaient leur apprentissage de la garde  des troupeaux dès l'âge de sept à huit ans, garçons et filles y étaient employés quand ils n'étaient pas à l'école. Comme le bétail n'était pas nombreux, les enfants pouvaient le gouverner facilement, c'était un métier qui laissait place aux loisirs... alors les petits bergers se rassemblaient et s'arrangeaient de manière à passer le temps le plus agréablement qu'ils pouvaient. Voici quelques unes de leurs récréations favorites : ils creusaient des petits fours dans les talus, les chauffaient avec des branches d'ajoncs mortes, et y faisaient cuire des pommes prélevées dans le voisinage. Les petits bergers s'amusaient aussi à faire cotir les fleur de digitales -les nunus. Mais les disputes entre « pâtous » pouvaient aussi se terminer par des disputes et des combats à coups de poing ou à coup de mottes de terre, cette humeur batailleuse n'était pas particulièrement liée aux garçons, les pâtourdes se tiraient les cheveux. Sur la limite d'une commune se livraient parfois de petites batailles entre les bergers, avant d'en venir aux mains, ou plutôt aux coups de pierre, chacun des partis avait soin d'épuiser les sobriquets que l'on se renvoyait de temps immémorial de pays à pays, et de chanter des couplets satiriques où la commune voisine était blasonné.

 

Au village de Cambel à Broons, les pâtous avaient recours à placer devant l'entrée du champ les statuaires de la chapelle avec ordre aux saints ainsi représentés de garder les vaches, si celles ci allaient brouter dans le parcellaire du voisin, le saint était fouetté 

Avant de terminer, ouvrons ici une parenthèse touchant aux sobriquets attribués aux habitants des communes des environs de Broons & Lamballe. Les gens de Rouillac étaient donnés « les chats d'Rouilla » ; ceux de Trémeur « les mos d'boeus d'Trémeu » (mos = visage) ; ceux de Sévignac « les Pataous * d'S'vigna » (pataous = balourds) ; ceux de Trédias « les t'qu'chus chas d'Trédia » ; ceux de Plédéliac « les dos p'lés d'Plédélia » ; ceux de la Malhoure « les mangeous d'ânes d'la Malour » ; ceux de Plumaugat « les chouans d'Pieumaouga » ; ceux de Plénée-Jugon « les haousse nez d'Piéunée » ; ceux de Broons * « les totons d'Broons » ; ceux d'Eréac « les nob'd'Eria » ; mais aussi « les mangeoux, d'naviaux »; ceux de Lanrelas «les Vengions d'Lanrela » ; ceux de Dolo « « les chats de Dolo» ; ceux de Mégrit « les Boucans d'Mégrit » ; ceux de Lescouët-Jugon « les Terchaussées d'Lescouët » ; ceux de Saint-Igneuc « les Fumés d'Saint-Igneuc » ; ceux de Saint-Launeuc « Les cous né » -cous noirs … * A Broons, des familles se voyaient attribuer aussi des sobriquets : ainsi certains devenaient les « fouissous d'patat' » et les autres « les pelous'd'jar ». Les premiers étant de grands consommateurs de pommes de terre et les autres, les derniers tisserands en exercice

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 07:54

Après 23 années d'un règne calme et glorieux, Alain , dit Barbe-Torte, mourut, laissant un fils en bas âge. Sa veuve, dans l'année même de son deuil, épousa le comte d'Anjou. Celui-ci, pour étendre sa domination, fit périr dans un bain le fils de sa femme; mais n'ayant pas fourni de secours aux habitants pour repousser les Normands dans un moment de danger, les Nantais appelèrent à les commander Hoël, fils naturel de Barbe-Torte, qui fut bientôt reconnu pour duc de Bretagne. En 981, ce prince fut assassiné par un envoyé de Conan, comte de Rennes, qui convoitait le comté Nantais et le titre de duc. Dans le même temps, les habitants et le clergé de Nantes élurent pour évêque le second fils naturel d'Alain-Barbe-Torte, nommé Guerech. Ce prince, qui était laïque, préféra succéder à son frère, tout en conservant l'administration spirituelle de l'évêché qu'il confia a un homme à gages. On lui attribue la seconde reconstruction de la cathédrale. Le Baud, dans son histoire, dit positivement qu'il y employa pendant sept années les revenus de l'évêché, et Travers ajoute qu'il la fit rebâtir dés ses fondements. Si, traversant le choeur de la cathédrale actuelle, l'on entre dans une petite cour appelée cour Saint-Jean, l'on remarque une construction très-ancienne, qui pourrait bien n'être autre chose qu'un reste de l'église de Saint-Félix, reconstruite en partie et restaurée par Guerech ; car il est difficile d'admettre que sept années du revenu de l'évêché fussent suffisantes au Xe siècle pour bâtir une cathédrale. Les murs de cette construction sont en moyen appareil. L'édifice a deux étages qui se correspondent entièrement. L'étage inférieur est en contrebas du sol, l'étage supérieur sert de passage pour aller de l'évêché à la cathédrale. A l'intérieur, comme on peut le remarquer dans la vue que nous donnons ici, cette construction offre des fenêtres géminées. Les pierres des voûtes de ces fenêtres, sont régulièrement taillées, et présentent toutes une égale épaisseur; de telle sorte que la surface de la voûte forme une portion de cercle. La colonne, placée entre les deux fenêtres, varie de forme ; ici, elle est torse; là, elle se compose de quatre colonnettes accolées et réunies. Si nous entrons dans cet édifice , nous ne trouvons rien à noter dans l'étage inférieur, si ce n'est que les colonnes sont d'une extrême simplicité et que le plein cintre règne partout. A l'étage supérieur comme au-dessous, on trouve des voûtes massives. Les colonnes sont surmontées de chapiteaux en forme de pyramide tronquée. Ces chapiteaux sont ornés dans le style des premiers siècles chrétiens. Beaucoup d'antiquaires pensent que ces ornements appartiennent à l'église de Saint-Félix ; mais si l'on songe qu'en Bretagne la population s'est toujours montrée peu facile aux innovations, l'on reste convaincu que la décoration intérieure de ce transept appartient à l'époque de Guerech, c'est-à-dire à la fin du Xe siècle. Quelques figures, dans le style symbolique, aujourd'hui presque entièrement effacées, que l'on devine autant qu'on les voit, et une niche placée au-dessus d'un autel, voilà les preuves de notre opinion. Nous n'osons en dire autant du choeur actuel, peut-être a-t-il été reconstruit ou restauré par Guerech, sur l'emplacement du choeur de l'ancienne cathédrale, peut-être aussi appartient-il à une époque postérieure, soit, par exemple, au XIe siècle; mais ses colonnes, qui seules pouvaient permettre de résoudre cette question, ont été déshonorées par d'absurdes mutilations. -La partie inférieure a été coupée, sans doute, pour élargir le choeur, et les ornements symboliques, dont presque personne dans les deux derniers siècles ne comprenait la valeur, disparurent aussitôt pour faire place à cette écrasante uniformité du style des architectes du XVIIe et du XVIIIe siècle, et pour ne pas détourner les regards qu'attiraient sur les restes des colonnes byzantines des écussons superbement burlesques et ridicules. En 982, Conan, qui convoitait toujours le duché de Bretagne et le comté Nantais, déclara la guerre à Guerech ; mais il fut blessé et vaincu dans les landes de Conquereuil, près Guemené ; débarrassé de son ennemi, Guerech s'occupa de régler les limites du comté Nantais, qui restèrent les mêmes que sous Alain Barbe-Torte, puis il se rendit à la cour du roi de France. A son retour, il fut arrêté par Geoffroy Grisegonelle, comte d'Anjou, qui le contraignit à lui faire hommage du comté de Nantes et de la moitié de la Bretagne, que Foulques, mari de la veuve d'Alain Barbe-Torte avait possédée, en qualité de tuteur du fils d'Alain. Le château d'Ancenis, qui existe encore, fut bâti pendant l'absence de Guerech, par la comtesse Aremburge, son épouse. Geoffroy, comte d'Anjou, voulut le détruire en 987, mais il périt sons ses murs. L'année suivante, Conan, comte de Rennes, ayant appris que Guerech était malade, gagna son médecin, qui le saigna avec une lancette empoisonnée. Ce misérable était abbé de Redon, et se nommait Heroic. Le malheureux duc, pressé d'opter entre une mort certaine et l'amputation du bras, ne put se résoudre à se faire opérer, il laissait un fils nommé Alain, qui lui succéda. A sa mort, le peuple et le clergé réunis, procédèrent à l'élection d'un nouvel évêque, et choisirent Judicaël, neveu de Guerech. La Bretagne, à cette époque, par suite de l'indépendance spirituelle dont elle était redevable à Nominoë, ne reconnaissait plus la suzeraineté de l'archevêque de Tours, mais bien celle de l'archevêque de Dol, qui était en quelque sorte le primat Breton, aussi les élections du clergé se faisaient-elles de la manière la plus profitable aux intérêts du pays.

 

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 19:42

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:10
 

 

 

 

Corporation des Imprimeurs , Libraires et Papetiers. Elle portait : D'azur à  une Bible fermée d'or. Cette corporation n'a laissé aucun document après elle ; mais nous pouvons , au moyen des pièces imprimées qui se trouvent aux archives et à la bibliothèque de la ville, donner le nom de quelques-uns des imprimeurs qui ont existé à Brest, avant la suppression des corporations. Le premier imprimeur que nous connaissions exerçait sa profession à Brest, en 1681. Nous avons de lui les lettres patentes de Louis XIV, données à Versailles au mois de Juillet 168, qui réunirent Brest et Recouvrance en une seule mairie et créèrent la ville de Brest telle qu'elle existe encore maintenant. Elles sont imprimées sur papier grand format in-f* avec un entête. Cet imprimeur se nommait Ollivier Drillet ; il prenait le titre d'imprimeur du roi et de la marine. La famille Drillet appartenait toute entière à cette profession et formait des alliances avec les aulr.es imprimeurs du pays , car un nommé Nicolas du Brayet, imprimeur à Morlaix, en 1647, avait pour épouse Roberte Drillet, probablement soeur, parente au moins du Drillet de Brest. Le second imprimeur que nous pouvons citer se nommait Guillaume Camarec, imprimeur-libraire de la marine; sa boutique était située sur le quai de Brest, rue de la Rive, en face de la Maison du Roi ou Intendance , qui se trouvait au bas de la Grand'Rue et a été démolie en 1793. Les archives possèdent de lui les statuts réformés de la corporation des cordonniers, portant la date de 1699. C'est une belle feuille de parchemin imprimée in-plano. En tête sont les armes de France soutenues par des anges placés dans des nuages. Ce fleuron est fort bien gravé. Une grande lettre ornée, un L, se trouve en tête de la première ligne. On y voit un personnage nimbé placé sur un fond parsemé de fleurs de lys. Après ces deux imprimeurs, nous trouvons Mme Ve Malassis, Romain , imprimeur de la marine et des armées navales de Sa Majesté, qui imprimait en 1722 et 1729 la liste générale des officiers de la marine, petits volumes in-12. Nous ne pousserons pas plus loin nos recherches ; tous les autres imprimeurs de Brest ne datent que d'une époque postérieure à la destruction des corporations.

 

Extrait du Bulletin Archéologique de Brest

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 14:25

 

 

La cathédrale, dédiée à saint Étienne, s'élève sur l'emplacement de la  chapelle du monastère de Saint-Brieuc, convertie en église épiscopale au  IX e siècle. Sa reconstruction fut entreprise au XIIIe siècle par l'évêque saint Guillaume Pinchon, avec des matériaux dont une partie paraît avoir appartenu au siècle précédent. Elle fut continuée par ses successeurs, au XIVe, XVe et XVIe siècles, et terminée au XVIIIe siècle. Cet édifice, tel qu'il existe aujourd'hui, forme une croix latine d'une longueur totale de 73 mètres, prise du portail au chevet, et d'une largeur de 41 mètres 44 centimètres, aux transepts. La longueur de la nef est de 35 mètres 75 centimètres, et sa largeur moyenne de 6 mètres, 84 centimètres. L'ensemble du vaisseau, dont la plus grande élévation sous clef de voûte est de 19 mètres, peut se diviser ainsi : une nef principale, deux bas côtés, les croisillons , le choeur et son pet son pourtour, les chapelles et les tours. Elle a été bâtie sur une sorte de marécage, et nous croyons que plusieurs de ses parties reposent sur pilotis. Ceci explique pourquoi on n'a pas découvert jusqu'ici de traces de cryptes. Le sol, à diverses époques, a été élevé, en vue sans doute d'échapper à l'action de l'eau que l'on trouve, en certains endroits , à une profondeur de 35 centimètres seulement. Le corps de saint Brieuc avait été anciennement déposé à Saint-Serges d'Angers pour y être à l'abri des profanations des Normands. Lorsque le calme fut revenu, les Briochins redemandèrent les précieux restes de leur patron; mais les moines de Saint-Serges ne pouvaient se résoudre à les rendre, à cause des miracles opérés par ces reliques et des aumônes que .'affluence des fidèles qui venaient les visiter répandaient dans leur couvent.

 

 

Ils ne restituèrent à son église la châsse de saint Brieuc qu'après un procès qui se termina vers l'année 1210. Quelques années après, saint Guillaume Pinchon, originaire de Saint-Alban, fut élevé au trône épiscopal de Saint-Brieuc. C'était un saint prêtre qui, comme Joseph, avait donné des preuves de sa sagesse. Depuis le retour des reliques du saint patron, il était question de rebâtir la cathédrale, et les travaux étaient même déjà commencés; le nouvel évêque s'empressa de continuer l'oeuvre de ses prédécesseurs, à laquelle Guillaume le Borgne, sénéchal de Goëllo, contribua pour une somme de 100 livres, ainsi qu'on le voit par son testament daté de 1215. La mort surprit l'évêque au milieu de ses travaux en 1234 ; il fut néanmoins inhumé dans la cathédrale, bien qu'elle fût loin d'être terminée. Ce serviteur de Dieu avait dit que mort ou vif il achèverait son oeuvre.  Cette parole parut d'abord singulière ; mais elle ne tarda pas à recevoir  une explication frappante par sa réalisation merveilleuse. En effet, les  nombreux miracles opérés à son tombeau déterminèrent le pape Innocent IV à faire inscrire Guillaume au catalogue des saints, en l'an 1247, et les riches aumônes des nombreux pèlerins attirés par ces miracles permirent à Philippe, son successeur, de terminer cette vaste construction. L'enquête pour la canonisation de saint Guillaume témoigne du grand nombre d'aveugles qu'il illumina, de sourds, de muets, de boiteux, de paralytiques et de fébricitants guéris par ses mérites, de démoniaques délivrés, et même de morts ressuscités. On s'étonnera moins, d'après ce qui précède, de la guérison d'une pauvre femme qui, affligée d'un cancer au sein, se l'était coupé au milieu des affreuses douleurs qu'elle ressentait; puis, s'étant recommandée affectueusement à saint Guillaume, « tout à l'instant, regardant à son costé, trouva sa mamelle remise, plus belle qu'elle n'estoit auparavant.» Nous ne prétendons pas distinguer dans la cathédrale ce qui fut fait par saint Guillaume de ce qui est dû à Philippe; nous ne pouvons signaler que les parties qui portent le cachet de la transition opérée au XIIIe siècle, entre le roman et le style ogival. Ces parties sont : les colonnes et les chapiteaux du carré central et du pourtour du choeur; les transepts; le gable occidental et la tour Brieuc, qui fut, au XIVe siècle, le donjon de la cathédrale, nous la feraient croire plus moderne. A Geoffroy'de Rohan appartiendraient plus vraisemblablement les fenêtres du choeur du côté de l'évangile , la voûte à l'intersection du transept où se voient ses armes, et la cuve baptismale aujourd'hui placée dans un enfeu à gauche du porche du Martray. Les fenêtres du choeur du côté de l'épître et une petite fenêtre au transept sud, furent vitrées l'an 1399 par Guillaume Anger, évêque de Saint -Brieuc, mort en 1404. Les chapelles du pourtour du choeur sont de dates différentes. Du côté de l'évangile, on trouve la chapelle d'Avaugour ou Notre-Dame-de-la-Blanche, fondée en 1329 par Blanche d'Avaugour, soeur de Jean, évêque de Saint-Brieuc. Quoique la chapelle ait été remaniée au XIVe.   Les chapelles du pourtour et les chape entre deux contre-forts et s'avançant plus ou moins au dehors de l'église, elles renferment chacune un ou plusieurs enfeux destinés à recevoir les corps des fondateurs et de leurs familles. Les tombes primitive! en ont été arrachées ou déplacées. On y remarque maintenant :

 

1° La tombe de saint Guillaume avec sa statue, qui porte tous les  caractères de la seconde moitié du XVe siècle. Elle est toujours ornée d'un ex-voto qu'y dépose la piété des fidèles

 

 

 

 

2e La tombe, avec statue, de Mgr André le Porc de la Porte, mort en 1632 et inhumé aux Ursulines, d'où ses restes ont été transportés, en  1833, dans l'enfeu de la famille de Boisgeslin;

 

3e La tombe en marbre noir, sans épitaphe, de l'évêque constitutionnel  Jacob, mort en 1801 et enterré à gauche, à l'entrée du choeur, sous l'arcade où reposait l'évêque Thépault du Breignou, mort en 1766;

 

4e La tombe de Mgr Caffarelli, mort en 1815 et inhumé derrière le choeur,  dans l'enfeu d'un de ses prédécesseurs, Denis de la Barde, mort en  1675;

 

 

 

5e La statue tumulaire de Mgr Le Groing de la Romagère, mort en 1841  et inhumé dans le transept méridional ;

 

 

 

6e Enfin le tombeau du dernier évêque , Mgr le Mée, décédé en 1858,  prélat auquel la cathédrale devait d'importantes restaurations, et le diocèse plusieurs fondations considérables, comme le couvent des soeurs du Saint-Esprit et le séminaire, reconstruits par ses soins.

 

 

 

 

Nous ne pouvons passer sous silence le buffet d'orgues de 1540, un des  plus curieux morceaux de sculpture en bois qui orne la cathédrale. Il est couvert d'arabesques dans le style de la Renaissance, au milieu desquelles se jouent des enfants nus et des oiseaux d'une grande délicatesse de détails. Dans chaque panneau se détachent plusieurs médaillons, portant des têtes d'hommes et de femmes en costumes du règne de François Ier. Le plafond à caissons est décoré de stalactiques fouillées avec un goût et un soin merveilleux. 

 

 

 

 

Le XVIIe siècle n'a rien laissé après lui dans la cathédrale, et le XVIIIe siècle en a reconstruit la nef, qui menaçait ruine. De 1705 à 1730, un pieux évêque, natif d'Auvergne, Louis Fretat de Boissieux, ancien lieutenant des vaisseaux du roi, fit démolir la grande nef, en conservant néanmoins la partie inférieure des murs et des piliers qui présentait une grande solidité. Les collatéraux restèrent en partie debout et la nouvelle nef conserva, comme l'ancienne, sept travées de chaque côté ; mais elle fut reconstruite dans le style du XVIIIe siècle, c'est-à-dire avec des voûtes à plein cintre surbaissé, des entrecolonnements semi-circulaires, des colonnes à chapiteaux d'ordre toscan et des moulures plates aussi régulières qu'insignifiantes. Toute la dépense de cette vaste entreprise fut couverte par la générosité du comte de Toulouse, gouverneur de Bretagne et premier chanoine de Saint-Brieuc, à cause de son duché de Penthièvre, et surtout par les libéralités de l'évêque lui-même, qui s'imposa les plus dures privations pour augmenter encore ses dons. Ce travail bien exécuté est irréprochable dans son genre ; mais il perd beaucoup à la comparaison des ogives élancées, des galeries du choeur et des combles; l'art matérialiste du XVIIIe siècle, n'est dépassé en laideur, dans la basilique de Saint-Brieuc, que par la façade informe et sans caractère de cette église, à l'ouest.

 

 

Les fragments de vitraux dans la cathédrale sont trop incomplets pour être décrits, et nous regrettons qu'on n'ait pas employé à les conserver les sommes dépensées pour les tableaux qui couvrent les murs sans les orner. Il convient cependant de signaler à l'attention des amateurs une Nativité de Jouvenet et deux tapisseries des Gobelins provenant du château de Saint-Germain. L'une, la scène du Centurion, n'a pas moins de 5 mètres sur 4; l'autre est un saint Germain ou un saint Guillaume, dont l'attitude n'est pas très-heureuse. Il est à croire que M. -Mérimée, inspecteur des monuments historiques, n'a traversé Saint-Brieuc que de nuit; autrement nous ne saurions expliquer le laconisme des lignes qu'il consacre à l'inspection de la cathédrale, dans son Voyage dans l'Ouest : « Je ne connais à Saint-Brieuc aucun monument qui mérite d'être décrit. La cathédrale, restaurée nouvellement , est très-médiocre ; au XVe siècle, lorsque le gothique manque de richesse, il ne lui reste aucun mérite. » Cette allégation manque de justesse en ce qui concerne la cathédrale, qui renferme, comme nous l'avons fait voir, de riches parties du XIVe et du XVe siècle.

 

Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor

 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:04

La ville de Vannes aurait donc eu encore, en 1701,  une population d'environ 14.000 habitants malgré les pertes sensibles qu'elle  avait subies à la suite du départ du Parlement rappelé à Rennes en 1689. Ce départ dut entraîner l'exode de plusieurs milliers de personnes attachées par leurs fonctions, leur service, qu leurs intérêts, à cette haute Cour qui se composait d'une centaine de membres : Présidents, Conseillers ou Gens du roi. Il suffit en effet de rappeler que, lors de son arrivée, en 1675, il fallut, pour loger l'afflux de population qui se produisit à ce moment, créer plusieurs quartiers nouveaux, construire ou réédifier de nombreuses maisons. Ce fut pour notre ville le temps de sa plus grande prospérité et la date de son élargissement. Pour nous rendre compte des variations survenues pendant cette période dans le chiffre de la population, nous avons fait le relevé des naissances enregistrées dans les quatre paroisses à trois époques différentes : l'une (1666-1675) qui précéda immédiatement l'arrivée du Parlement, l'autre (1678-1687), coïncidant avec sa présence dans nos murs; la dernière enfin (1698-1707) postérieure à son départ de Vannes. Nous avons trouvé que dans la décade 1666-1675 le nombre des baptêmes avait été de 3.825; dans celle de 1678-1687 (c'est-à-dire durant le séjour du Parlement) ce nombre s'éleva à 6.257 pour retomber à 4.688 dans la décade 1698-1707. Le nombre moyen annuel des naissances aurait donc été de 382 pendant la première période, de 626 pendant la deuxième, et de 469 pendant la troisième. Si l'on admet la justesse approximative de notre évaluation qui porte à 14.000 habitants la population en 1701, ce dernier chiffre de 469 correspondrait à une naissance par an pour 30 habitants. Appliquant ce taux moyen aux deux autres périodes envisagées, le calcul nous donne,, pour celle antérieure à l'arrivée du Parlement, une population de 11.460 habitants qui aurait été portée à 18.780 pendant son séjour. Son départ aurait donc enlevé à notre ville de quatre à cinq mille habitants. Mais, comme il est d'ailleurs naturel, les immigrés de 1675 y auraient laissé un résidu assez important, puisque le nombre des habitants aurait passé en 25 ans de 11.460 à 14.000. C'est un gain de plus de 20%. Nous avons cherché comment était groupée cette population de 14.000 habitants, et nous avons constaté que en nombres ronds -4.000 résidaient dans la ville close, 8.000 dans les faubourgs hors les murs, et 2.000 dans la banlieue rurale appelée alors : « Saint-Patern-les-Champs ». L'étude de notre rôle conduit encore à des observations d'un grand intérêt au sujet de la composition des diverses classes sociales. Toutes les professions y sont notées très exactement pour l'application du tarif afférent à chaque catégorie. Nous en ferons plus loin une analyse détaillée, et nous donnerons en appendice un tableau numérique complet des professions et des métiers exercés à Vannes à cette époque. Mais nous pouvons indiquer tout de suite, dans ses traits généraux, la répartition de la population entre les différentes classes. Le clergé, tant séculier que régulier, comptait 362 têtes, en y comprenant les communautés de femmes. Il y avait, comme il, a été dit déjà, soixante familles nobles. La haute bourgeoisie, comprenant tous les titulaires de charges de justice ou de finance, ainsi que les veuves d'officiers et les bourgeois vivant de leurs rentes, était représentée par 291 personnes. La bourgeoisie marchande comptait 50 marchands en gros (draps, soie, vins, etc.); et, sans doute, marchaient de pair avec eux certains autres représentants de l'industrie et du commerce, ou de professions dites aujourd'hui libérales (médecins, chirurgiens, architectes, imprimeurs, libraires, etc.). Le petit commerce et les gens de métier maîtres ou compagnons formaient un effectif de 973. Nous trouvons encore 618 journaliers., Le nombre des domestiques, y compris ceux du clergé et de la noblesse, s'élevait à 863. Enfin les fermiers, métayers, laboureurs, etc., imposés sous la rubrique : Saint-Patern-les-Champs, étaient au nombre de 311. Nous rappelons encore pour mémoire les mendiants et les écoliers dont les chiffres ont été mentionnés plus haut. Si nous entrons maintenant dans l'examen détaillé des professions, nous constatons que les juges et magistrats du Présidial et des diverses juridictions particulières (Eaux et Forêts, Amirauté, Regaires, Largouët) étaient au nombre de 24.

 

 

Communauté des Procureurs du Présidial de Vannes

 

 

 

Corps de la Maîtrise des Eaux et Forets de Vannes

 

 

Il y avait 12 avocats, 34 procureurs, 8 notaires, 17 commis aux différents greffes, 32 huissiers ou sergents royaux, 48 financiers ou fermiers de droits du roi (y compris leurs commis). Nous avons dit déjà que les bourgeois vivant de leurs rentes étaient au nombre de 119, et que l'on comptait 50 négociants en gros ayant boutiques ouvertes. Le nombre des marchands de menues denrées ou d'objets divers était de 77. Il y avait 2 médecins, 10 chirurgiens, 6 apothicaires, 8 perruquiers,

 

 

 

Communauté des barbiers et perruquiers de la Ville de Vannes

 

 

5 imprimeurs ou libraires, 9 maîtres d'écoles et 18 personnes tenant pensionnaires (ces pensions logeaient les écoliers suivant les cours du collège des Jésuites : la plupart des écoliers étaient de jeunes paysans se destinant à la prêtrise et auxquels leurs parents de la campagne apportaient chaque semaine les aliments, pain, lard, beurre, etc., que la maîtresse de pension apprêtait pour leurs repas). On trouve encore 1 maître d'armes, 1 paulmier, 1 maître d'académie, 1 maître de billard, 3 maîtres de danse, 3 peintres, 10 musiciens ou violons. Signalons aussi 4, «orpheuvres ou horlogeurs »,

 

 

Communauté des Orfèvres de Vannes

 

 

et 13 loueurs de chevaux. Dans le commerce de l'alimentation, on comptait 48 cabaretiers, traiteurs, cafetiers, cuisiniers, rôtisseurs ou pâtissiers; 49 bouchers ou garçons bouchers; 21 lardiers; 6 meuniers; 8 fourniers; 47 boulangers. Pour le vêtement et la literie, il y avait 95 cordonniers, 64 tailleurs,

 

 

 

Communauté des Boulangers et "Paticiers" de Vannes

 

 

Communauté des Maîtres Tailleurs de Vannes

 

 

7 matelassiers. Pour le bâtiment : 13 charpentiers, 28 menuisiers, 16 tourneurs, 39 architectes, maçons ou tailleurs de pierre, 18 terrasseurs, 18 couvreurs, 5 vitriers. Parmi les métiers divers, on relève 3 pintiers (potiers d'étain), 3 fourbisseurs, 6 selliers et charrons, 19 maréchaux, 4 armuriers, 14 cloutiers, 11 serruriers, 6 couteliers,

 

 

Communauté des Poilliers, Potiers d'étain et couteliers de Vannes

 

9 chaudronniers, 5 lanterniers, 7 grossiers (taillandiers), 2 esproniers. Dans toutes les professions que nous venons d'énumérer, petits marchands ou maîtres-ouvriers travaillaient généralement seuls, et assez rarement avec le concours d'un compagnon. C'étaient pour la plupart de très petits métiers, dont beaucoup ont disparu depuis l'introduction des machines qui produisent aujourd'hui, en masse et à bas prix, la plupart des objets que l'ouvrier devait autrefois fabriquer de ses mains à l'aide de quelques outils assez primitifs. Mais les industries suivantes, qui durent également se transformer avec le progrès du machinisme, employaient un assez grand nombre de journaliers. Ces industries étaient la tannerie et le tissage des draps et des toiles qui paraissent avoir eu, à l'époque, une certaine importance dans notre ville. Les tanneurs, corroyeurs et blanconiers imposés à la capitation étaient au nombre de 20,

 

 

Communauté des Corroyeurs drapiers sergers teinturiers de Vannes

 

et notre rôle enregistre 24 sargiers, 5 drapiers, 26 texiers en lange, 10 escardeurs et flleurs de laine, 42 texiers en toile. Nous aurons épuisé la nomenclature des professions mentionnées dans ce rôle quand nous aurons noté les 41 jardiniers, les 10 archers et les 2 bedeaux qui y figurent. Nous avons encore, cependant, à analyser la population rurale dont les imposés, au nombre de 311, habitaient les villages ou les fermes isolées de la banlieue de Vannes. Ces fermes et ces villages existent tous encore aujourd'hui, et sont connus sous les mêmes noms qu'ils portaient au XVIIe siècle. Ils étaient groupés alors en subdivisions, appelées pairies, dont les noms nous sont familiers : Le Rohic Bohalgo, Harcal, Gonleau, Cliscouet, Trussac, Bernusse, Le Teninio, Le Bondon, etc. Les cultivateurs comprenaient 3 fermiers, 16 tenuyers, 225 métayers, 16 jardiniers. Quatre-vingt journaliers sont aussi imposés nominativement, ainsi que 3 texiers, 6 meuniers, 3 charretiers, 2 maréchaux, 1 charpentier, 2 tailleurs, 1 matelot et 9 autres personnes parmi lesquelles plusieurs porte-chaises. Enfin, on ne comptait pas moins de 44 boulangers habitant la banlieue. Le seul village de Bohalgo en renfermait 25, et nous savons qu'un emplacement spécial leur était réservé aux halles de Vannes pour la vente de leur pain. Ce n'est pas sans quelque surprise que l'on constate le grand nombre de ces boulangers : 57 dans la ville et 44 dans la banlieue. Beaucoup d'habitants, cependant, pétrissaient et fabriquaient eux-mêmes leur pain, qu'il portaient ensuite à cuire dans l'un ou l'autre des fours banaux existant alors. Il y avait en effet à Vannes les fours à ban du duc ou du roi, ceux de l'évoque, ceux des seigneuries de Kaër et de Boismourault, tous jadis en possession d'un monopole dans l'étendue de leurs juridictions respectives. La seule explication que l'on puisse donner de ce grand nombre de boulangers, c'est que la population ouvrière, vivant au jour le jour» était trop pauvre pour acheter de la farine à l'avance et préparer elle-même son pain qu'elle prenait, au fur et à mesure de ses besoins immédiats, chez le boulanger qui lui faisait sans doute aussi crédit à l'occasion. Il a paru intéressant de rechercher encore comment étaient groupées dans les divers quartiers de la ville les principales professions dont nous venons de faire rénumération. Les tanneurs, les drapiers et les tisserands habitaient en majorité les rues qui rayonnent de la place Gabello, c'est à-dire les quartiers de Boismourault, du Champ-Gauchard, de l'étang au duc et de Groutel. Les bouchers et les lardiers avaient presque tous quitté la rue de la Vieille-Boucherie et s'étaient établis dans le quartier de Bourg-Maria (aujourd'hui de l'Abattoir), principalement dans les rues Saint-Martin et du Puits. Sur les deux rives du port résidaient les gros marchands ou. négociants. Autour du Grand-Marché, et aussi dans la rue Saint-Nicolas, la Grand'rue, les carrefours du Lion-d'or et de la porte Sainct-Patern; c'est-à-dire hors les murs, se trouvaient la plupart des magasins de détail, tant pour l'alimentation que pour les étoffes, l'habillement ou les objets de ménage. On ne trouvait qu'un très petit nombre de ces boutiques dans la ville close occupée en grande partie par les classes supérieures ou bourgeoises. Les demeures appuyées aux remparts, et qui toutes possédaient des jardins, étaient habitées par les nobles, les ecclésiastiques prébendes, ou par de riches bourgeois. Il en était de même dans les petites rues étroites de la cité où le commerce et les métiers n'étaient que faiblement représentés. Ainsi dans les deux plus grandes artères de la ville, la Lice et la rue Saint-Vincent, on ne trouve : dans la première, que 10 commerçants ou artisans sur 41 imposés; dans la seconde, que 7 sur 50 imposés. Le Carouër Main-Lièvre seul fait exception à cette prépondérance de l'élément bourgeois. Le fait s'explique par la situation de cette place; le voisinage de la cathédrale, du présidial et des halles devait en faire un centre de commerce très achalandé.

 

Extrait de La population de la ville de Vannes au début et à la fin du  XVIIIe siècle par E. Martin


 

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Published by poudouvre
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