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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:04

La ville de Vannes aurait donc eu encore, en 1701,  une population d'environ 14.000 habitants malgré les pertes sensibles qu'elle  avait subies à la suite du départ du Parlement rappelé à Rennes en 1689. Ce départ dut entraîner l'exode de plusieurs milliers de personnes attachées par leurs fonctions, leur service, qu leurs intérêts, à cette haute Cour qui se composait d'une centaine de membres : Présidents, Conseillers ou Gens du roi. Il suffit en effet de rappeler que, lors de son arrivée, en 1675, il fallut, pour loger l'afflux de population qui se produisit à ce moment, créer plusieurs quartiers nouveaux, construire ou réédifier de nombreuses maisons. Ce fut pour notre ville le temps de sa plus grande prospérité et la date de son élargissement. Pour nous rendre compte des variations survenues pendant cette période dans le chiffre de la population, nous avons fait le relevé des naissances enregistrées dans les quatre paroisses à trois époques différentes : l'une (1666-1675) qui précéda immédiatement l'arrivée du Parlement, l'autre (1678-1687), coïncidant avec sa présence dans nos murs; la dernière enfin (1698-1707) postérieure à son départ de Vannes. Nous avons trouvé que dans la décade 1666-1675 le nombre des baptêmes avait été de 3.825; dans celle de 1678-1687 (c'est-à-dire durant le séjour du Parlement) ce nombre s'éleva à 6.257 pour retomber à 4.688 dans la décade 1698-1707. Le nombre moyen annuel des naissances aurait donc été de 382 pendant la première période, de 626 pendant la deuxième, et de 469 pendant la troisième. Si l'on admet la justesse approximative de notre évaluation qui porte à 14.000 habitants la population en 1701, ce dernier chiffre de 469 correspondrait à une naissance par an pour 30 habitants. Appliquant ce taux moyen aux deux autres périodes envisagées, le calcul nous donne,, pour celle antérieure à l'arrivée du Parlement, une population de 11.460 habitants qui aurait été portée à 18.780 pendant son séjour. Son départ aurait donc enlevé à notre ville de quatre à cinq mille habitants. Mais, comme il est d'ailleurs naturel, les immigrés de 1675 y auraient laissé un résidu assez important, puisque le nombre des habitants aurait passé en 25 ans de 11.460 à 14.000. C'est un gain de plus de 20%. Nous avons cherché comment était groupée cette population de 14.000 habitants, et nous avons constaté que en nombres ronds -4.000 résidaient dans la ville close, 8.000 dans les faubourgs hors les murs, et 2.000 dans la banlieue rurale appelée alors : « Saint-Patern-les-Champs ». L'étude de notre rôle conduit encore à des observations d'un grand intérêt au sujet de la composition des diverses classes sociales. Toutes les professions y sont notées très exactement pour l'application du tarif afférent à chaque catégorie. Nous en ferons plus loin une analyse détaillée, et nous donnerons en appendice un tableau numérique complet des professions et des métiers exercés à Vannes à cette époque. Mais nous pouvons indiquer tout de suite, dans ses traits généraux, la répartition de la population entre les différentes classes. Le clergé, tant séculier que régulier, comptait 362 têtes, en y comprenant les communautés de femmes. Il y avait, comme il, a été dit déjà, soixante familles nobles. La haute bourgeoisie, comprenant tous les titulaires de charges de justice ou de finance, ainsi que les veuves d'officiers et les bourgeois vivant de leurs rentes, était représentée par 291 personnes. La bourgeoisie marchande comptait 50 marchands en gros (draps, soie, vins, etc.); et, sans doute, marchaient de pair avec eux certains autres représentants de l'industrie et du commerce, ou de professions dites aujourd'hui libérales (médecins, chirurgiens, architectes, imprimeurs, libraires, etc.). Le petit commerce et les gens de métier maîtres ou compagnons formaient un effectif de 973. Nous trouvons encore 618 journaliers., Le nombre des domestiques, y compris ceux du clergé et de la noblesse, s'élevait à 863. Enfin les fermiers, métayers, laboureurs, etc., imposés sous la rubrique : Saint-Patern-les-Champs, étaient au nombre de 311. Nous rappelons encore pour mémoire les mendiants et les écoliers dont les chiffres ont été mentionnés plus haut. Si nous entrons maintenant dans l'examen détaillé des professions, nous constatons que les juges et magistrats du Présidial et des diverses juridictions particulières (Eaux et Forêts, Amirauté, Regaires, Largouët) étaient au nombre de 24.

 

 

Communauté des Procureurs du Présidial de Vannes

 

 

 

Corps de la Maîtrise des Eaux et Forets de Vannes

 

 

Il y avait 12 avocats, 34 procureurs, 8 notaires, 17 commis aux différents greffes, 32 huissiers ou sergents royaux, 48 financiers ou fermiers de droits du roi (y compris leurs commis). Nous avons dit déjà que les bourgeois vivant de leurs rentes étaient au nombre de 119, et que l'on comptait 50 négociants en gros ayant boutiques ouvertes. Le nombre des marchands de menues denrées ou d'objets divers était de 77. Il y avait 2 médecins, 10 chirurgiens, 6 apothicaires, 8 perruquiers,

 

 

 

Communauté des barbiers et perruquiers de la Ville de Vannes

 

 

5 imprimeurs ou libraires, 9 maîtres d'écoles et 18 personnes tenant pensionnaires (ces pensions logeaient les écoliers suivant les cours du collège des Jésuites : la plupart des écoliers étaient de jeunes paysans se destinant à la prêtrise et auxquels leurs parents de la campagne apportaient chaque semaine les aliments, pain, lard, beurre, etc., que la maîtresse de pension apprêtait pour leurs repas). On trouve encore 1 maître d'armes, 1 paulmier, 1 maître d'académie, 1 maître de billard, 3 maîtres de danse, 3 peintres, 10 musiciens ou violons. Signalons aussi 4, «orpheuvres ou horlogeurs »,

 

 

Communauté des Orfèvres de Vannes

 

 

et 13 loueurs de chevaux. Dans le commerce de l'alimentation, on comptait 48 cabaretiers, traiteurs, cafetiers, cuisiniers, rôtisseurs ou pâtissiers; 49 bouchers ou garçons bouchers; 21 lardiers; 6 meuniers; 8 fourniers; 47 boulangers. Pour le vêtement et la literie, il y avait 95 cordonniers, 64 tailleurs,

 

 

 

Communauté des Boulangers et "Paticiers" de Vannes

 

 

Communauté des Maîtres Tailleurs de Vannes

 

 

7 matelassiers. Pour le bâtiment : 13 charpentiers, 28 menuisiers, 16 tourneurs, 39 architectes, maçons ou tailleurs de pierre, 18 terrasseurs, 18 couvreurs, 5 vitriers. Parmi les métiers divers, on relève 3 pintiers (potiers d'étain), 3 fourbisseurs, 6 selliers et charrons, 19 maréchaux, 4 armuriers, 14 cloutiers, 11 serruriers, 6 couteliers,

 

 

Communauté des Poilliers, Potiers d'étain et couteliers de Vannes

 

9 chaudronniers, 5 lanterniers, 7 grossiers (taillandiers), 2 esproniers. Dans toutes les professions que nous venons d'énumérer, petits marchands ou maîtres-ouvriers travaillaient généralement seuls, et assez rarement avec le concours d'un compagnon. C'étaient pour la plupart de très petits métiers, dont beaucoup ont disparu depuis l'introduction des machines qui produisent aujourd'hui, en masse et à bas prix, la plupart des objets que l'ouvrier devait autrefois fabriquer de ses mains à l'aide de quelques outils assez primitifs. Mais les industries suivantes, qui durent également se transformer avec le progrès du machinisme, employaient un assez grand nombre de journaliers. Ces industries étaient la tannerie et le tissage des draps et des toiles qui paraissent avoir eu, à l'époque, une certaine importance dans notre ville. Les tanneurs, corroyeurs et blanconiers imposés à la capitation étaient au nombre de 20,

 

 

Communauté des Corroyeurs drapiers sergers teinturiers de Vannes

 

et notre rôle enregistre 24 sargiers, 5 drapiers, 26 texiers en lange, 10 escardeurs et flleurs de laine, 42 texiers en toile. Nous aurons épuisé la nomenclature des professions mentionnées dans ce rôle quand nous aurons noté les 41 jardiniers, les 10 archers et les 2 bedeaux qui y figurent. Nous avons encore, cependant, à analyser la population rurale dont les imposés, au nombre de 311, habitaient les villages ou les fermes isolées de la banlieue de Vannes. Ces fermes et ces villages existent tous encore aujourd'hui, et sont connus sous les mêmes noms qu'ils portaient au XVIIe siècle. Ils étaient groupés alors en subdivisions, appelées pairies, dont les noms nous sont familiers : Le Rohic Bohalgo, Harcal, Gonleau, Cliscouet, Trussac, Bernusse, Le Teninio, Le Bondon, etc. Les cultivateurs comprenaient 3 fermiers, 16 tenuyers, 225 métayers, 16 jardiniers. Quatre-vingt journaliers sont aussi imposés nominativement, ainsi que 3 texiers, 6 meuniers, 3 charretiers, 2 maréchaux, 1 charpentier, 2 tailleurs, 1 matelot et 9 autres personnes parmi lesquelles plusieurs porte-chaises. Enfin, on ne comptait pas moins de 44 boulangers habitant la banlieue. Le seul village de Bohalgo en renfermait 25, et nous savons qu'un emplacement spécial leur était réservé aux halles de Vannes pour la vente de leur pain. Ce n'est pas sans quelque surprise que l'on constate le grand nombre de ces boulangers : 57 dans la ville et 44 dans la banlieue. Beaucoup d'habitants, cependant, pétrissaient et fabriquaient eux-mêmes leur pain, qu'il portaient ensuite à cuire dans l'un ou l'autre des fours banaux existant alors. Il y avait en effet à Vannes les fours à ban du duc ou du roi, ceux de l'évoque, ceux des seigneuries de Kaër et de Boismourault, tous jadis en possession d'un monopole dans l'étendue de leurs juridictions respectives. La seule explication que l'on puisse donner de ce grand nombre de boulangers, c'est que la population ouvrière, vivant au jour le jour» était trop pauvre pour acheter de la farine à l'avance et préparer elle-même son pain qu'elle prenait, au fur et à mesure de ses besoins immédiats, chez le boulanger qui lui faisait sans doute aussi crédit à l'occasion. Il a paru intéressant de rechercher encore comment étaient groupées dans les divers quartiers de la ville les principales professions dont nous venons de faire rénumération. Les tanneurs, les drapiers et les tisserands habitaient en majorité les rues qui rayonnent de la place Gabello, c'est à-dire les quartiers de Boismourault, du Champ-Gauchard, de l'étang au duc et de Groutel. Les bouchers et les lardiers avaient presque tous quitté la rue de la Vieille-Boucherie et s'étaient établis dans le quartier de Bourg-Maria (aujourd'hui de l'Abattoir), principalement dans les rues Saint-Martin et du Puits. Sur les deux rives du port résidaient les gros marchands ou. négociants. Autour du Grand-Marché, et aussi dans la rue Saint-Nicolas, la Grand'rue, les carrefours du Lion-d'or et de la porte Sainct-Patern; c'est-à-dire hors les murs, se trouvaient la plupart des magasins de détail, tant pour l'alimentation que pour les étoffes, l'habillement ou les objets de ménage. On ne trouvait qu'un très petit nombre de ces boutiques dans la ville close occupée en grande partie par les classes supérieures ou bourgeoises. Les demeures appuyées aux remparts, et qui toutes possédaient des jardins, étaient habitées par les nobles, les ecclésiastiques prébendes, ou par de riches bourgeois. Il en était de même dans les petites rues étroites de la cité où le commerce et les métiers n'étaient que faiblement représentés. Ainsi dans les deux plus grandes artères de la ville, la Lice et la rue Saint-Vincent, on ne trouve : dans la première, que 10 commerçants ou artisans sur 41 imposés; dans la seconde, que 7 sur 50 imposés. Le Carouër Main-Lièvre seul fait exception à cette prépondérance de l'élément bourgeois. Le fait s'explique par la situation de cette place; le voisinage de la cathédrale, du présidial et des halles devait en faire un centre de commerce très achalandé.

 

Extrait de La population de la ville de Vannes au début et à la fin du  XVIIIe siècle par E. Martin


 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 09:12

1490, 7 avril. - Mandement de deffense aux gens de guerre de la Duchesse de nous prendre vivres ne ustencilles des parroessiens  de Saint-Qué, Èstable, Plorhent (Plourhan) et Treveneuc, sans les poier.

 

Scellé devant le vice-chancelier, le 7 avril 1490,

 

 

10 avril, -Mandement de deffense aux gens de guerre de non prendre vivres ne utencilles sur les parroessiens de Tredias et Sainte Urielle sans Ies poier et de non d'eulx exiger deniers sans exprès mandement de la Duchesse.

 

 

-Pareil mandement pour les parroessiens de Locoal, Lostanc et  Rianteux

 

Scellé devant le vice chancelier, le 10 avril 1490.

 

 

15 avril. -Mandement de deffense a Jacques de la Chapelle de non prendre ne faire prendre ne piller aucuns deniers, biens ne vivres  sur les parroessiens de Morieue sans les poier.

 

Se. devant le vice Chancelier, le 18 avril 1490

 

 

16 avril.-Mandement de deffense aux gens de guerre de la garnison de la Hardouynaie de non piller les parroessiens de Medrignac, ne prendre aucuns vivres sans les poier.

 

 

-Pareille deffense aux gens de la garnison de la Chèse pour les parroessiens do Pleumyeuc (Plumieux)

 

 

-Autre pareille deffense aux gens de guerre de ladite garnison de la Hardouinaye pour les parroessiens de Megrit.

 

 

-Pareille deffense aux gens de la garnison de Jocelin pour les parroessiens de Ménéac .

 

Scellés devant le vice-chancelier le16 avril 1490

 

 

Mandement de prohibition et deffense aux gens de guerre estans a présent à Foulgevé et autres, de non piller les parroessiens de Baign (Bain) ne prendre d'eulx aucuns vivres sans les poier.

 

Se. devant le vice-chancelier, le 18 avril 1490

 

 

21 avril. -Mandement de prohibicion et deffense à Eustache de Langan et autres gens de guerre de la Duchesse, de non contraindre les parroessiens de la parroesse de Plèlan près Dinan à leur porter vivres ne utencilles sans les poier.

 

-Pareil mandement pour les parroessiens d'Ivignac

 

 

- Autre pareil mandement à Jacques de la Chapelle et autres gens  de-guerre pour jes parroessiens de Ploernuc (Pléneuf).

 

 

-Pareil manldement pour les parroessiens de Laméaugon,

 

Scellés devant le vice-chancelier, le 21 avril 1490. 

 

 

24 avril. -Prohibition et deffense aux gens de guerre de Guerande de non prendre aucuns apatilz ne vivres de la parroesse de Saint-Nezaire (Saint-Nazaire) saris les poier.

 

 

-Deffense aux gens de guerre des garnisons de Saint-Brieuc de Moncontour et ailleurs, de non prendre vivres ne piller sur les parroessiens des parroesses de Yffiniac, Billion,. Pommerel et Melin.

 

Scellés devant Ie vice-chancelier, le 24 avril 1490.

 

 

29 avril. -Mandement pour les parroessiens de Trêmeur, s'adressant aux officiers d'armée et sergens généraux, de faire deffense à Eustache de Langan et autres gens d'armes estans au chasteau de la Hardouinaye, de non prendre desdiz parroessiens vivres, chevaux ne autres biens sans les poier raisonnablement. Daté du 29 jour d'avril.

 

 

-Autre mandement pour les parroessiens de Plumaudan, de tel effect et substance.

 

Scellés devant le vice-chancelier, le 29 avril 1490.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 07:58

Les enfants étaient en principe scolarisés dès l'âge de 5 ans, toutefois, selon les saisons, et selon les besoins des services à la maison et avant que l'école ne soir rendue obligatoire, l'effectif d'une classe pouvait diminuer de cinquante pour cent. Certains n'allaient à l'école que pour apprendre les prières et leur catéchisme. En dehors de ces deux matières, l'école devenait presque du luxe. Toutefois il était fréquent d'entendre des paysans illettrés dire : « Etait-on diot de mon temps, de ne pas apprendre à lire ». Ou encore : « Je veux que mon petit gars aille à l'école pour qu'il ne soit pas diot comme moi ». Il était assez rare de voir à l'école des enfants âgés de plus de quatorze ans. Ceux qui habitaient loin du bourg emportaient dans un panier des provisions pour le repas du midi. Souvent, ils faisaient avec d'autres enfants le chemin, mais durant la saison des nids, ces enfants s'attardaient quelque peu le long dudit chemin. En l'absence de montre ou d'horloge. Ils consultaient des espèces d'augures et disaient ; « Je sé matin assez, mon p'tit dé me l'a dit ». Ou bien ils observaient les pies sur la route ; s'ils voyaient le blanc : «Nous seront à l'heure ».  Si au contraire ils voyaient le noir ils concluaient ; «  Nous serons en retard ».

 

 

Autre astuce pour connaître l'heure, en consultant les graines du pissenlit et en soufflant dessus. Ils regardaient aussi les cônilles (corbeaux) partir ou revenir. Les corbeaux étaient exacts dans leurs déplacements. Quand les enfants manquaient l'école, ils faisaient le renard. Les jeux étaient divers, les enfants tiraient des graines qui se trouvent dans les baies d'églantier et les fourraient brusquement entre la peau et la chemise de leurs camarades afin de les faire se gratter. Un autre prenait deux tiges de fétuque et les croisait l'une sur l'autre, puis es introduisait dans la bouche de ses camarades en disant ; « Je vais t'apprendre un joli jeu, ne serre pas trop les dents ». Et le naïf se laissait faire, c'est alors que l'autre enfant tirait et les graines restaient dans la bouche ! Cela s'appelait « tirer la jument » ou « passer le sas » . D'autres enfants invitaient les naïfs à voir le lièvre danser, ils leur frottait les yeux avec du suc blanc d'une espèce d'euphorbe, dite flangoué ou flanga, très corrosif, la vue se troublant, les victimes voyaient alors leur vue se troubler et les lièvres danser. 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 15:12

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:29

 

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 19:07

Les enfants n'étaient guère sevrés qu'à partir du quinzième mois. A ce moment là, ils étaient envoyés chez leur marraine, cependant, parfois des enfants âgés de cinq ou six ans tétaient encore. Afin de les sevrer, les mères se couvraient le sein avec une peau de bique ou se frottaient le sein avec quelque chose d'amer ou de piquant. Voici quelques dictons sur les enfants et les parents : « N'y a point d'cônille qui ne trouve ses cônillons eaux ». Ou encore : « V'êtes p'us fort que l'bon Dieu, v'avez fait p'us grand que vous ». C'est ce qui se disait d'une enfant de plus grande taille que ses parents. « Les petites filles, c'est de l'orine (race) des poules, ça ne quitte point sa mère ». C' était une manière de distinguer les jeunes filles qui restaient à la maison, alors que les garçons, en bons petits paysans, dès qu'ils marchaient seuls se faufilaient dans les écuries et claquaient les fouets.

 

 

Les parents les encourageaient en leur faisant des fouets et en les plaçant à califourchon sur le cou des chevaux. Certains disaient avec orgueil, en parlant de leur rejeton âgé de cinq ans : « ce sera un bon charretier, i' fait bien claquer son fouet ». A Montauban, on considérait que les enfants élevés au lait de chèvre seraient lestes. Les garçons restaient en cotte jusque cinq six ans, coiffés d'un chapeau et non d'un bonnet. C'est la marraine qui offrait sa première culotte au garçon, ou sa première robe à une fille. Au départ, les garçons n'étaient en culotte que le dimanche, ou lors de la visite du propriétaire de la ferme. Ces enfants mis en culotte recevaient le nom de « quat' pouces de brées », « brêlot », « brâitard», « breisard ». Pour les endormir on leur chantait : « Le petit bonhomme Dormi, va t'emporter, couche toi bien vite ; le petit bonhomme Dormi qui te prends ». A Matignon, on disait jadis : « Hattai, viens mon p'tit gars, la grande nuit d'Pléboulle va v'ni te cr (chercher)».


 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 14:28

 

Le mémoire de l'intendant des Gallois de la Tour a été écrit en 1733; j'ai pu en fixer la date précise dans un précédent travail. C'est une enquête fort importante, beaucoup plus détaillée, tout au moins en ce qui concerne l'industrie, que le Mémoire de Nointeiw, qui a été écrit 35 ans auparavant. Elle contient un grand nombre de renseignements qu'on trouverait difficilement ailleurs, et d'autant plus précieux que, pour rhistoire économique de la Bretagne dans la première moitié du XVIIIe siècle, notre documentation est assez pauvre. Sans doute, ce ne sont que des renseignements indirects, de seconde main, et nous ne savons pas au juste comment rintendant a procédé, car nous ne possédons pas les documents dont il s'est servi pour édifier son enquête; il semble bien avoir consulté les subdélégués (le cadre du mémoire, ce sont les subdélégations), ainsi que les « fabricants » et les négociants des ports- dont il analyse les doléances. Il est intéressant, d'ailleurs, d'avoir une description concernant l'ensemble de la Bretagne. Puis, nous pouvons remarquer que les données fournies par le mémoire concordent assez exactement avec celles qui proviennent d'autres sources, notamment des documents conservés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, parmi lesquels on peut citer l'Etat des manufactures de la Bretagne, de 1740 (G 1533) et les Etats des toiles présentées aux bureaux des visites de Bretagne (G 1547 à 1552). Les renseignements du mémoire sont aussi, en grande partie, confirmés par les Considérations sur le commerce de Bretagne, de Pinczon du Sel des Monts, qui datent de 1756. Le mémoire de l'intendant de la Tour nous donne une description détaillée des principales industries et notamment de l'industrie de la toile. En ce qui concerne la toile, il fournit des renseignements précis sur les grands centres de production (Rennes, Vitré, Quintin, Uzel, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix, Landerneau, Lesneven, Locronan), sur les diverses catégories d'étoffes et les diverses façons : noyales ou grosses toiles à voiles des environs de Rennes; petites toiles à voiles de Vitré; toiles à voiles de Locronan; Bretagnes de Quintin et d'Uzel; « toiles cannevaux » de Fougères; toiles blanches à demi-fil ou roscoves et créées; grosses toiles et bourres d'Antrain; bélinges, étoffes mélangées de fil et de laine, de Clisson, etc.

 

 

Communauté des marchands de draps de la Ville de Clisson

 

 

Communauté des marchands de draps, merciers, 

& quincalliers de la Ville de Vitré

 

 

 

Communauté des tailleurs de la Ville de Quintin

 

 

Communauté des marchands de draps, de toile,

de la ville de Landerneau

 

 

Communauté des marchands et soie de Lesneven

 

Le mémoire montre bien que c'est une industrie presque exclusivement rurale, dont les produits sont concentrés entre les mains des gros tisserands, ou fabricants des bourgs, et surtout des marchands de toiles des villes, qui en tirent le principal bénéfice. Les salaires des artisans de la campagne sont, en effet, très bas. L'industrie rurale n'est soumise à aucune maîtrise et jurande et n'observe que très peu les règlements que les inspecteurs des manufactures négligent ou sont incapables de faire respecter. C'est précisément à cette inobservance des règlements que l'intendant attribue surtout la décadence qu'il constate partout dans Ja « manufacture » des toiles, ainsi que la très forte diminution des produits de cette industrie (la baisse en est parfois des deux tiers), et le mémoire donne, à cet égard, des indications très précises. Une autre cause de la décadence, affirme l'intendant, c'est la concurrence des manufactures étrangères et surtout de l'industrie anglaise, ainsi que la ruine du commerce que faisaient les ports bretons avec les îles d'Amérique. Nous savons, d'autre part, qu'à partir de 1735, l'industrie de la toile s'est sensiblement relevée. Dans beaucoup de subdélégations, un certain nombre d'ouvriers filent et tissent la toile, ou encore fabriquent des étoffes de laine grossières, mais qui ne servent qu'à la consommation locale, et dont le revenu est peu important. Par contre, la fabrique de tricots de Vitré emploie un grand nombre d'ouvriers et travaille pour l'exportation. En bien des régions de la Bretagne, on note l'existence de tanneries, mais la plupart d'un produit très restreint et n'employant que quelques ouvriers. C'est Rennes qui est le centre le plus important : la tannerie y occupe 300 ouvriers et a été florissante pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle. On peut remarquer que l'industrie de la verrerie a un caractère très analogue; il existe des verreries dans un assez grand nombre de subdélégations, mais aucune n'a le caractère d'un établissement important, à l'exception peut-être de celle que le sieur Leclerc a établie à Nantes, mais qui est en décadence dès 1733 (D. Les papeteries, nombreuses surtout dans la région de Morlaix, ne sont que de petits établissements, n'employant que quelques ouvriers, et fabriquant du papier de mauvaise qualité. A Nantes seulement, à cause du commerce avec les îles d'Amérique, on note l'existence de raffineries, mais qui semblent en décadence. Dans la même ville l'intendant signale une fabrique de cotonnades, qui paraît avoir été une manufacture au sens moderne du mot, puisque les 1.000 ouvriers qu'elle emploie sont logés dans l'établissement et que 100 métiers y sont groupés. Tout exceptionnelle aussi nous apparaît la fabrique de bas au métier de Nantes, qui est en progrès au moment où M. de la Tour écrit son mémoire. On remarquera que l'intendant de la Tour est très mal renseigné sur les établissements métallurgiques et les exploitations minières de la province : il n'en cite que fort peu ei avec très peu de précision. Au contraire, le mémoire indique avec soin la provenance des matières premières, notamment des laines et du fil, qui est produit surtout dans la province. Il note aussi les débouchés des industries textiles, des tanneries, etc. D'ailleurs, il n'y a guère que la toile dont les produits soient exportés; les autres industries suffisent à peine aux besoins de la région. Pour la plupart des « manufactures », on indique le revenu annuel de chacune, ainsi que les salaires des ouvriers : les fileuses gagnent, en général, de 4 à 5 sous par jour; les tisserands, de 8 à 10 s. Les tanneurs, verriers, papetiers gagnent de 8 à 10 sous, rarement 12 sous.

 

Extrait de L'industrie et le commerce de la Bretagne dans la première moitié du XVIIIe siècle par Henri Sée 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 13:42

 

 

 

 

 

 

 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 05:32

 

 

Les confréries de médecins et chirurgiens ne datent guère, en province , que des lettres patentes du roi Henri III confirmant à son « bien aimé  premier Barbier et valet de chambre ordinaire, Jehan de Percontal, » les privilèges accordés par ses prédécesseurs (mai 1575). Ces lettres règlent la hiérarchie des barbiers chirurgiens et indiquent les principaux statuts auxquels ils doivent obéir. Le premier barbier du roi, grand-maître de la confrérie, nomme dans chaque ville des lieutenants autour desquels se groupent les maîtres-jurés, et ce faisant, auront regard et Visitation sur les autres maistres, à ce qu'il ne se commette aucun abus, feront bien et loyaument entretenir et garder les Statuts, ordonnances et privilèges d'icelui estât, feront bons et loyaux rapports de leurs visitations, et pour cet effet, entrant en leurs dictes élections, presteront le serment es-mains eluy notre premier barbier, ou ses lieutenants et commis. Paieront lesdits Barbiers et chirurgiens, chacun, quand ils seront passés maistres, cent sols tournois pour aider et subvenir aux frais qu'il convindra faire pour l'entretenement de ladite confrairie, à ce que, avec l'aide de Dieu et d'iceulx glorieux Saint Cosme et Saint Damiens, ils puissent plus souverainement oeuvrer au corps humain. » A ces maîtres-jurés doivent obéissance les autres maîtres, les compagnons et les apprentis: ces derniers doivent comparaître au premier appel, à peine de deux sols six deniers d'amende. Tout est prévu, même le chômage obligatoire de saignées et de purgations, sauf permission des maîtres-jurés, les jours de fêtes carillonnées. Nous trouvons, à Saint-Malo, les traces de cette puissante organisation dans la première moitié du XVIIe siècle. Le premier document qui nous soit parvenu est la sentence suivante, du 15 juin 1639, condamnant divers chirurgiens navigants à payer la cotisation de 20 sols prévue aux statuts Extraict du papier et registre du greffe de la Cour et Juridiction de Sainct-Malo. Du mercredi quinziesme jour de Juin mil six cents trente neuf, devant Messieurs les Alloué et Lieutenant, à l'audience Pierre Dufaux et consorts de pied Maistres chirurgiens jurés et reçeus en cette ville de Sainct-Malo. Ledit Dufaux present pour lui et sesdicts consorts et Gingats procureur et Pepin advocat. contre Raoul Guisnel present et Godalles procureur et Gravé advocat; Ollivier Pelé present et Jallobert procureur. Jean Ruault la Cliesnave present et Gervais advocat et procureur. Louis Pirou par Pirou procureur, Alain Biochet present, fin deffaut. Appelés aux fins de l'action et requeste et à payer chacun desdicts deffendeurs la somme de vingt sols pour l'entretien de la Confrairie de Sainct Cosme et Sainct Damian, avec offre que font lesdicts demandeurs de faire célébrer les services et Guisnel de leur consentementet suivant leurs offres et celles desdicts demandeurs portées en leur requeste de faire célébrer les services y portés. Condamnés payer chacun d'eux la somme de vingts sols par an pour estre employés à ladicte Confrairie; sera ledit Biochet rappelé. Le present deslivré audict Dufaux et consorts demandeurs le requérant pour leur valloir et servir ainsy que de raison en attendant le mettre en plus ample forme, si requis est. Signé BOULAINE, commis au greffe et ensuite est escrit. Nous soubzsignés, acquiessons à la sentence cy dessus et de l'autre part, et promettons y obéir sur l'hypotèque de nos biens comme si y étions dénommés et condamnés. Faict à Sainct Malo, ce saiziesme juin, mil six cent trente neuf. Signés 0. BOURDON. Jean LOYSEL, J. LE GENTILHOMME, F. LE TIXIER, G. LORAND, Jean BLANCHE, T. VALLÉE, MANOURY, Gille BENIC, P. DUJARDIN, CHANTEAU, Jean MERVEN, Raoul GUYNEL. G. DAVY, Jean L'HERMITE et Jan PORRET. portés en leur requeste. Ledict Guisnel dict n'y estre tenu et insiste. Portées présentes ouyes. ont esté et sont lesdicts Pelé. Ruault, Piro

 

Docteur Hervo

 

 

 

La Communauté des Apothicaires de la Ville de Saint-Malo

 

 

La Communauté des maîtres Chirurgiens de la Ville de Saint-Malo

 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 19:44

La sénéchaussée était tout le pays compris dans le ressort de la juridiction d'un sénéchal dont les fonctions ont été différentes selon les temps. Cette dénomination, particulièrement usitée dans les provinces de droit écrit, indiquait l'officier dont les fonctions étaient de rendre la justice, soit au nom du souverain, soit au nom du seigneur, et en cette qualité le sénéchal était au dessus de tous les juges. La charge de sénéchal ne fut exercée à Dinan que sous le règne du duc François II, en 1471. Avant la création de cette charge, la justice émanait, pour le criminel, du capitaine ou vicomte qui, plus tard, en 1340, prit le nom de gouverneur; et pour le civil, du premier magistrat municipal, qui avait le titre de prévôt, puis celui de syndic, et enfin, de nos jours, celui de maire. Peu à peu, ainsi que quelques documents le prouvent, ces deux chefs, militaire et civil, se virent privés de leurs attributions judiciaires, et ne conservèrent, à proprement parler, que les droits administratifs attachés à leurs fonctions respectives ou n'exercèrent plus que des droits judiciaires de nulle importance. l'avons dit plus haut, ce fut en 1471 qu'une juridiction à part et presqu'indépendante prit place dans celte ville, et que surgit l'aristocratie des gens de robe

 

 

Juges civils et criminels à Dinan.

 

1471-Messire Rolland Du Breil;

 

1491-Bertrand de Cassée;

 

1530-Jean Glé de la Cotardais;

 

1545-François Glé de la Cotardais;

 

1560-Maître De la Douette;

 

1570-Charles Marot de la Meffrais

 

1580-Raoul Marot;

 

1627-Noble homme François Pepin;

 

1632-Jean Pépin;

 

1645-Louis Le Liepvre;

 

1659-François Le Liepvre de la Baucherais;

 

1699-Jean-Baptiste-Joseph Leliepvre;

 

1705-Pierre Le Pertel (maire) ;

 

1715-Maître Gilles Durand de la Penezais;

 

1735-Chauvel;

 

1740-Jean-Anne Coupé de la Fougerais

 

;1747-Maître Jean-Guy Dénouai du Plessix;

 

1754-Ledissez-Peilarun;

 

Prison. Plusieurs documents et rapports du lieutenant général de police de Dinan nous font connaître qu'il y avait dans cette ville deux   maisons  de justice. La première était située entre la rue dite de la Voûte et celle  des Merciers: elle servait à la détention préventive des accusés. Ce pâté de maisons très élevées, sales et maussades a été démoli il y a deux ans, afin de rendre plus faciles les abords de ce quartier de la ville qui est extrêmement fréquenté. Cette démolition de marchés,s'installent plus aisément et sans encombre pour les passants. Nous concevons que la prison préventive fut pour ainsi dire annexée au siège de la sénéchaussée, qui, comme nous l'avons rappelé ailleurs, était au milieu de la Halle proprement dite. Cette maison, comme nous avons pu en juger nous-même avant sa disparition, était loin de répondre aux considérations d'humanité et de justice qui demandaient que ce séjour ne causa d'autre peine que celle d'être privé de sa liberté: Carcer ad conlinendos homines non ad puniendos haberi débet.

 

 

 

La Communauté des Avocats de la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Huissiers & Sergents de  la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Notaires de la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Officiers de la Juridiction de la Ville de Dinan 

 

 

La Communauté des procureurs de la Ville de Dinan

 

Extrait de Recherches sur Dinan et ses environs, par Luigi Odorici,.

 

Illustrations. Charles d'Hozier.

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