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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:29

 

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 19:07

Les enfants n'étaient guère sevrés qu'à partir du quinzième mois. A ce moment là, ils étaient envoyés chez leur marraine, cependant, parfois des enfants âgés de cinq ou six ans tétaient encore. Afin de les sevrer, les mères se couvraient le sein avec une peau de bique ou se frottaient le sein avec quelque chose d'amer ou de piquant. Voici quelques dictons sur les enfants et les parents : « N'y a point d'cônille qui ne trouve ses cônillons eaux ». Ou encore : « V'êtes p'us fort que l'bon Dieu, v'avez fait p'us grand que vous ». C'est ce qui se disait d'une enfant de plus grande taille que ses parents. « Les petites filles, c'est de l'orine (race) des poules, ça ne quitte point sa mère ». C' était une manière de distinguer les jeunes filles qui restaient à la maison, alors que les garçons, en bons petits paysans, dès qu'ils marchaient seuls se faufilaient dans les écuries et claquaient les fouets.

 

 

Les parents les encourageaient en leur faisant des fouets et en les plaçant à califourchon sur le cou des chevaux. Certains disaient avec orgueil, en parlant de leur rejeton âgé de cinq ans : « ce sera un bon charretier, i' fait bien claquer son fouet ». A Montauban, on considérait que les enfants élevés au lait de chèvre seraient lestes. Les garçons restaient en cotte jusque cinq six ans, coiffés d'un chapeau et non d'un bonnet. C'est la marraine qui offrait sa première culotte au garçon, ou sa première robe à une fille. Au départ, les garçons n'étaient en culotte que le dimanche, ou lors de la visite du propriétaire de la ferme. Ces enfants mis en culotte recevaient le nom de « quat' pouces de brées », « brêlot », « brâitard», « breisard ». Pour les endormir on leur chantait : « Le petit bonhomme Dormi, va t'emporter, couche toi bien vite ; le petit bonhomme Dormi qui te prends ». A Matignon, on disait jadis : « Hattai, viens mon p'tit gars, la grande nuit d'Pléboulle va v'ni te cr (chercher)».


 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 14:28

 

Le mémoire de l'intendant des Gallois de la Tour a été écrit en 1733; j'ai pu en fixer la date précise dans un précédent travail. C'est une enquête fort importante, beaucoup plus détaillée, tout au moins en ce qui concerne l'industrie, que le Mémoire de Nointeiw, qui a été écrit 35 ans auparavant. Elle contient un grand nombre de renseignements qu'on trouverait difficilement ailleurs, et d'autant plus précieux que, pour rhistoire économique de la Bretagne dans la première moitié du XVIIIe siècle, notre documentation est assez pauvre. Sans doute, ce ne sont que des renseignements indirects, de seconde main, et nous ne savons pas au juste comment rintendant a procédé, car nous ne possédons pas les documents dont il s'est servi pour édifier son enquête; il semble bien avoir consulté les subdélégués (le cadre du mémoire, ce sont les subdélégations), ainsi que les « fabricants » et les négociants des ports- dont il analyse les doléances. Il est intéressant, d'ailleurs, d'avoir une description concernant l'ensemble de la Bretagne. Puis, nous pouvons remarquer que les données fournies par le mémoire concordent assez exactement avec celles qui proviennent d'autres sources, notamment des documents conservés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, parmi lesquels on peut citer l'Etat des manufactures de la Bretagne, de 1740 (G 1533) et les Etats des toiles présentées aux bureaux des visites de Bretagne (G 1547 à 1552). Les renseignements du mémoire sont aussi, en grande partie, confirmés par les Considérations sur le commerce de Bretagne, de Pinczon du Sel des Monts, qui datent de 1756. Le mémoire de l'intendant de la Tour nous donne une description détaillée des principales industries et notamment de l'industrie de la toile. En ce qui concerne la toile, il fournit des renseignements précis sur les grands centres de production (Rennes, Vitré, Quintin, Uzel, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix, Landerneau, Lesneven, Locronan), sur les diverses catégories d'étoffes et les diverses façons : noyales ou grosses toiles à voiles des environs de Rennes; petites toiles à voiles de Vitré; toiles à voiles de Locronan; Bretagnes de Quintin et d'Uzel; « toiles cannevaux » de Fougères; toiles blanches à demi-fil ou roscoves et créées; grosses toiles et bourres d'Antrain; bélinges, étoffes mélangées de fil et de laine, de Clisson, etc.

 

 

Communauté des marchands de draps de la Ville de Clisson

 

 

Communauté des marchands de draps, merciers, 

& quincalliers de la Ville de Vitré

 

 

 

Communauté des tailleurs de la Ville de Quintin

 

 

Communauté des marchands de draps, de toile,

de la ville de Landerneau

 

 

Communauté des marchands et soie de Lesneven

 

Le mémoire montre bien que c'est une industrie presque exclusivement rurale, dont les produits sont concentrés entre les mains des gros tisserands, ou fabricants des bourgs, et surtout des marchands de toiles des villes, qui en tirent le principal bénéfice. Les salaires des artisans de la campagne sont, en effet, très bas. L'industrie rurale n'est soumise à aucune maîtrise et jurande et n'observe que très peu les règlements que les inspecteurs des manufactures négligent ou sont incapables de faire respecter. C'est précisément à cette inobservance des règlements que l'intendant attribue surtout la décadence qu'il constate partout dans Ja « manufacture » des toiles, ainsi que la très forte diminution des produits de cette industrie (la baisse en est parfois des deux tiers), et le mémoire donne, à cet égard, des indications très précises. Une autre cause de la décadence, affirme l'intendant, c'est la concurrence des manufactures étrangères et surtout de l'industrie anglaise, ainsi que la ruine du commerce que faisaient les ports bretons avec les îles d'Amérique. Nous savons, d'autre part, qu'à partir de 1735, l'industrie de la toile s'est sensiblement relevée. Dans beaucoup de subdélégations, un certain nombre d'ouvriers filent et tissent la toile, ou encore fabriquent des étoffes de laine grossières, mais qui ne servent qu'à la consommation locale, et dont le revenu est peu important. Par contre, la fabrique de tricots de Vitré emploie un grand nombre d'ouvriers et travaille pour l'exportation. En bien des régions de la Bretagne, on note l'existence de tanneries, mais la plupart d'un produit très restreint et n'employant que quelques ouvriers. C'est Rennes qui est le centre le plus important : la tannerie y occupe 300 ouvriers et a été florissante pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle. On peut remarquer que l'industrie de la verrerie a un caractère très analogue; il existe des verreries dans un assez grand nombre de subdélégations, mais aucune n'a le caractère d'un établissement important, à l'exception peut-être de celle que le sieur Leclerc a établie à Nantes, mais qui est en décadence dès 1733 (D. Les papeteries, nombreuses surtout dans la région de Morlaix, ne sont que de petits établissements, n'employant que quelques ouvriers, et fabriquant du papier de mauvaise qualité. A Nantes seulement, à cause du commerce avec les îles d'Amérique, on note l'existence de raffineries, mais qui semblent en décadence. Dans la même ville l'intendant signale une fabrique de cotonnades, qui paraît avoir été une manufacture au sens moderne du mot, puisque les 1.000 ouvriers qu'elle emploie sont logés dans l'établissement et que 100 métiers y sont groupés. Tout exceptionnelle aussi nous apparaît la fabrique de bas au métier de Nantes, qui est en progrès au moment où M. de la Tour écrit son mémoire. On remarquera que l'intendant de la Tour est très mal renseigné sur les établissements métallurgiques et les exploitations minières de la province : il n'en cite que fort peu ei avec très peu de précision. Au contraire, le mémoire indique avec soin la provenance des matières premières, notamment des laines et du fil, qui est produit surtout dans la province. Il note aussi les débouchés des industries textiles, des tanneries, etc. D'ailleurs, il n'y a guère que la toile dont les produits soient exportés; les autres industries suffisent à peine aux besoins de la région. Pour la plupart des « manufactures », on indique le revenu annuel de chacune, ainsi que les salaires des ouvriers : les fileuses gagnent, en général, de 4 à 5 sous par jour; les tisserands, de 8 à 10 s. Les tanneurs, verriers, papetiers gagnent de 8 à 10 sous, rarement 12 sous.

 

Extrait de L'industrie et le commerce de la Bretagne dans la première moitié du XVIIIe siècle par Henri Sée 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 13:42

 

 

 

 

 

 

 

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 05:32

 

 

Les confréries de médecins et chirurgiens ne datent guère, en province , que des lettres patentes du roi Henri III confirmant à son « bien aimé  premier Barbier et valet de chambre ordinaire, Jehan de Percontal, » les privilèges accordés par ses prédécesseurs (mai 1575). Ces lettres règlent la hiérarchie des barbiers chirurgiens et indiquent les principaux statuts auxquels ils doivent obéir. Le premier barbier du roi, grand-maître de la confrérie, nomme dans chaque ville des lieutenants autour desquels se groupent les maîtres-jurés, et ce faisant, auront regard et Visitation sur les autres maistres, à ce qu'il ne se commette aucun abus, feront bien et loyaument entretenir et garder les Statuts, ordonnances et privilèges d'icelui estât, feront bons et loyaux rapports de leurs visitations, et pour cet effet, entrant en leurs dictes élections, presteront le serment es-mains eluy notre premier barbier, ou ses lieutenants et commis. Paieront lesdits Barbiers et chirurgiens, chacun, quand ils seront passés maistres, cent sols tournois pour aider et subvenir aux frais qu'il convindra faire pour l'entretenement de ladite confrairie, à ce que, avec l'aide de Dieu et d'iceulx glorieux Saint Cosme et Saint Damiens, ils puissent plus souverainement oeuvrer au corps humain. » A ces maîtres-jurés doivent obéissance les autres maîtres, les compagnons et les apprentis: ces derniers doivent comparaître au premier appel, à peine de deux sols six deniers d'amende. Tout est prévu, même le chômage obligatoire de saignées et de purgations, sauf permission des maîtres-jurés, les jours de fêtes carillonnées. Nous trouvons, à Saint-Malo, les traces de cette puissante organisation dans la première moitié du XVIIe siècle. Le premier document qui nous soit parvenu est la sentence suivante, du 15 juin 1639, condamnant divers chirurgiens navigants à payer la cotisation de 20 sols prévue aux statuts Extraict du papier et registre du greffe de la Cour et Juridiction de Sainct-Malo. Du mercredi quinziesme jour de Juin mil six cents trente neuf, devant Messieurs les Alloué et Lieutenant, à l'audience Pierre Dufaux et consorts de pied Maistres chirurgiens jurés et reçeus en cette ville de Sainct-Malo. Ledit Dufaux present pour lui et sesdicts consorts et Gingats procureur et Pepin advocat. contre Raoul Guisnel present et Godalles procureur et Gravé advocat; Ollivier Pelé present et Jallobert procureur. Jean Ruault la Cliesnave present et Gervais advocat et procureur. Louis Pirou par Pirou procureur, Alain Biochet present, fin deffaut. Appelés aux fins de l'action et requeste et à payer chacun desdicts deffendeurs la somme de vingt sols pour l'entretien de la Confrairie de Sainct Cosme et Sainct Damian, avec offre que font lesdicts demandeurs de faire célébrer les services et Guisnel de leur consentementet suivant leurs offres et celles desdicts demandeurs portées en leur requeste de faire célébrer les services y portés. Condamnés payer chacun d'eux la somme de vingts sols par an pour estre employés à ladicte Confrairie; sera ledit Biochet rappelé. Le present deslivré audict Dufaux et consorts demandeurs le requérant pour leur valloir et servir ainsy que de raison en attendant le mettre en plus ample forme, si requis est. Signé BOULAINE, commis au greffe et ensuite est escrit. Nous soubzsignés, acquiessons à la sentence cy dessus et de l'autre part, et promettons y obéir sur l'hypotèque de nos biens comme si y étions dénommés et condamnés. Faict à Sainct Malo, ce saiziesme juin, mil six cent trente neuf. Signés 0. BOURDON. Jean LOYSEL, J. LE GENTILHOMME, F. LE TIXIER, G. LORAND, Jean BLANCHE, T. VALLÉE, MANOURY, Gille BENIC, P. DUJARDIN, CHANTEAU, Jean MERVEN, Raoul GUYNEL. G. DAVY, Jean L'HERMITE et Jan PORRET. portés en leur requeste. Ledict Guisnel dict n'y estre tenu et insiste. Portées présentes ouyes. ont esté et sont lesdicts Pelé. Ruault, Piro

 

Docteur Hervo

 

 

 

La Communauté des Apothicaires de la Ville de Saint-Malo

 

 

La Communauté des maîtres Chirurgiens de la Ville de Saint-Malo

 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 19:44

La sénéchaussée était tout le pays compris dans le ressort de la juridiction d'un sénéchal dont les fonctions ont été différentes selon les temps. Cette dénomination, particulièrement usitée dans les provinces de droit écrit, indiquait l'officier dont les fonctions étaient de rendre la justice, soit au nom du souverain, soit au nom du seigneur, et en cette qualité le sénéchal était au dessus de tous les juges. La charge de sénéchal ne fut exercée à Dinan que sous le règne du duc François II, en 1471. Avant la création de cette charge, la justice émanait, pour le criminel, du capitaine ou vicomte qui, plus tard, en 1340, prit le nom de gouverneur; et pour le civil, du premier magistrat municipal, qui avait le titre de prévôt, puis celui de syndic, et enfin, de nos jours, celui de maire. Peu à peu, ainsi que quelques documents le prouvent, ces deux chefs, militaire et civil, se virent privés de leurs attributions judiciaires, et ne conservèrent, à proprement parler, que les droits administratifs attachés à leurs fonctions respectives ou n'exercèrent plus que des droits judiciaires de nulle importance. l'avons dit plus haut, ce fut en 1471 qu'une juridiction à part et presqu'indépendante prit place dans celte ville, et que surgit l'aristocratie des gens de robe

 

 

Juges civils et criminels à Dinan.

 

1471-Messire Rolland Du Breil;

 

1491-Bertrand de Cassée;

 

1530-Jean Glé de la Cotardais;

 

1545-François Glé de la Cotardais;

 

1560-Maître De la Douette;

 

1570-Charles Marot de la Meffrais

 

1580-Raoul Marot;

 

1627-Noble homme François Pepin;

 

1632-Jean Pépin;

 

1645-Louis Le Liepvre;

 

1659-François Le Liepvre de la Baucherais;

 

1699-Jean-Baptiste-Joseph Leliepvre;

 

1705-Pierre Le Pertel (maire) ;

 

1715-Maître Gilles Durand de la Penezais;

 

1735-Chauvel;

 

1740-Jean-Anne Coupé de la Fougerais

 

;1747-Maître Jean-Guy Dénouai du Plessix;

 

1754-Ledissez-Peilarun;

 

Prison. Plusieurs documents et rapports du lieutenant général de police de Dinan nous font connaître qu'il y avait dans cette ville deux   maisons  de justice. La première était située entre la rue dite de la Voûte et celle  des Merciers: elle servait à la détention préventive des accusés. Ce pâté de maisons très élevées, sales et maussades a été démoli il y a deux ans, afin de rendre plus faciles les abords de ce quartier de la ville qui est extrêmement fréquenté. Cette démolition de marchés,s'installent plus aisément et sans encombre pour les passants. Nous concevons que la prison préventive fut pour ainsi dire annexée au siège de la sénéchaussée, qui, comme nous l'avons rappelé ailleurs, était au milieu de la Halle proprement dite. Cette maison, comme nous avons pu en juger nous-même avant sa disparition, était loin de répondre aux considérations d'humanité et de justice qui demandaient que ce séjour ne causa d'autre peine que celle d'être privé de sa liberté: Carcer ad conlinendos homines non ad puniendos haberi débet.

 

 

 

La Communauté des Avocats de la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Huissiers & Sergents de  la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Notaires de la Ville de Dinan

 

 

La Communauté des Officiers de la Juridiction de la Ville de Dinan 

 

 

La Communauté des procureurs de la Ville de Dinan

 

Extrait de Recherches sur Dinan et ses environs, par Luigi Odorici,.

 

Illustrations. Charles d'Hozier.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 15:28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 21:58

La Bretagne n'avait pas été plus sensible que les autres provinces du  royaume au prestige exercé par Louis XIV dès les premières années de son règne. Devant les miracles de cette fortune, elle cessa d'invoquer ses droits, et parut durant un demi-siècle avoir oublié ses plus chères  traditions. Le sentiment de la résistance à l'arbitraire, qui fit une si terrible explosion dans l'insurrection de 1675 et qui se réveilla sous la régence avec tant de force au sein de la noblesse, ne rencontra aux états de Bretagne, pendant tout le règne de Louis XIV, que des organes rares et timides, tant on y était écrasé par la grandeur du monarque et déshabitué de vivre d'une autre pensée que la sienne ! De leurs prérogatives souveraines, placées sous la sanction d'une sorte de traité international, les états ne conservèrent plus qu'un pompeux cérémonial, voilant à peine leur abdication politique. Une grande chère, un jeu effréné, des bals, des plaisirs, des profusions scandaleuses, suppléèrent, pour une génération, à ces droits constitutionnels, trop opposés au système de l'administration monarchique pour que cette incompatibilité ne rendît pas plus tard une crise inévitable. Après avoir longuement exposé l'ordre préséances et la splendide décoration de la salle des états, un ancien premier président, depuis intendant en Bretagne, nous donne ainsi qu'il suit le proramme d'une session législative : « Le lendemain, après une messe pontificale du Saint-Esprit, le gouverneur remet au greffier les commissions des deux commissaires du conseil, et après qu'elles ont été lues, le premier d'entre eux fait au nom du roi- la demande du don gratuit. Le procureur-général, syndic de la province, répond à son discours pour représenter l'état où elle se trouve et le besoin qu'elle a des bontés du roi. Les commissaires se retirent aussitôt pour donner lieu à la délibération, qui était longue autrefois, parce qu'avant de la faire il était d'usage d'examiner les contraventions aux précédents contrats, d'en former une plainte aux commissaires, et enfin on négociait longtemps sur la somme demandée; mais à présent les états l'accordent toujours unanimement, sans même que les ordres fassent aucune délibération particulière ou générale. Ainsi l'on ne tarde pas à faire savoir au commissaires par six députés de chaque ordre, à la tête desquels sont toujours les présidents de l'église et de la noblesse, que la demande du roi a été accordée ; le gouverneur en fait aussitôt part à la cour. Le troisième jour, les états nomment les commissions pour vider les différentes affaires qui se présentent; mais quoiqu'elles ne regardent que les intérêts des états, il est d'usage d'en informer les commissaires du roi ainsi que des résolutions. Lorsque sa constitution n'était plus qu'une parodie, la Bretagne n'avait pas trop à se plaindre, si une femme spirituelle traçait avec une verve charmante le tableau de ses faiblesses. Dans l'esquisse de ses moeurs politiques sous le gouvernement du duc de Chaumes, Mme de Sévigné est presque toujours demeurée dans la vérité. La force des choses me conduit donc à reproduire ici les témoignages du seul historiographe de ses états, devenu quelques mois plus tard le témoin presque souriant de ses malheurs : « Une infinité de présents, des pensions, quinze ou vingt grandes tables, un jeu continuel, des bals éternels, des comédies trois fois la semaine, unegrande braverie, voilà les états... J'oublie trois ou quatre cents pipes de vin qu'on y boit. Aussi tous les pavés de Vitré semblent métamorphosés en gentilshommes. On voit arriver en foule au vaste banquet riches et pauvres députés, M. le premier président, les procureurs et avocats-généraux du parlement, huit évêques, cinquante Bas-Bretons dorés jusqu'aux yeux, cent communautés, etc ; je ne crois pas qu'il y ait une province assemblée qui ait un aussi grand air que celle-ci.Toute la Bretagne était ivre aujourd'hui; quarante gentilshommes avaient dîné en bas et avaient porté quarante santés, celle du roi avait été la première, et tous les verres cassés après l'avoir bue... Sa majesté en effet a écrit de sa propre main des bontés infinies pour sa bonne province de Bretagne.

 

 

Les états ne doivent pas être longs, il n'y a qu'à demander ce que veut le roi; on ne dit pas un mot, voilà qui est fait... Notre présent est déjà fait; on a demandé trois millions, nous avons offert sans chicaner 2,500, 000 liv. Pour le gouverneur, il trouve, je ne sais pas comment, plus de 40,000 écus qui lui reviennent; M. de Lavardin aura 80,000 francs, M. de Molac 2,000 pistoles, M. de Boucherat, le premier président, le lieutenant du roi, autant, le reste des officiers à proportion. Il faut croire qu'il passe autant de vin dans le corps des Bretons que d'eau sous les ponts, puisque c'est là-dessus qu'on prend l'infinité d'argent qui se donne à tous les états. Le jour de la signature, on ajouta 2,000 louis d'or à Mme de Chaulnes et beaucoup d'autres présens. Ce n'est pas que nous soyons riches, mais nous sommes honnêtes; entre midi et une heure, nous ne savons pas refuser nos amis. On voulait enfin, dans l'humeur de faire des présents, proposer aux états d'envoyer 10,000 écus à Mme de Grignan, gouvernante de Provence, et M. de Chaulnes soutenait qu'on écouterait la proposition. D'Harrouis s'embarquait à payer 100,000 francs plus qu'il n'avait de fonds et trouvait que cela ne valait pas la peine d'en parler. Un Bas-Breton me dit qu'il avait pensé que les états allaient mourir de les voir ainsi faire leur testament et donner leur bien à tout le monde En voyant les états déployer un tempérament aussi débonnaire et une libéralité aussi illimitée, il n'y a guère à s'étonner si la monarchie considéra la Bretagne comme rentrée dans le droit commun du royaume. Lors donc que la guerre de Hollande, en soulevant l'opinion de l'Europe contre Louis XIV, eut fait éprouver à son gouvernement ses premiers embarras financiers, celui-ci trouva naturel d'étendre à cette province la perception des plus productifs entre tous les impôts, ceux du timbre, du tabac et de la marque sur la vaisselle d'étain. Au commencement de 1675, l'on était encore séparé par un espace de dix-huit mois de la réunion périodique des états : afin de procurer au roi des ressources immédiates, un arrêt du conseil rendit la perception provisoire de ces trois contributions obligatoire en Bretagne en escomptant le consentement des états, dont on se tint, et non sans raison, pour assuré, car on l'obtint plus facilement que celui des populations elles-mêmes. Les bureaux de timbre étaient en effet à peine installés dans les principales villes de la province que l'émeute les rasait, menaçant de faire un mauvais parti aux employés du fisc et aux soldats préposés à leur défense. La ville de Nantes fut un moment au pouvoir d'une insurrection fomentée par une poissarde, et la vie de l'évêque, prisonnier de l'émeute, répondit au peuple de celle des principaux agitateurs. M. de Chaulnes dut quitter Rennes pour s'enfermer dans Port-Louis, laissant la duchesse en butte à cette haine universelle dont il est à regretter que Mme de Sévigné ait ignoré certaines conséquences populaires, triste prélude des sanglantes expiations sur lesquelles son esprit s'est déployé avec si peu d'à propos.Mais quoique l'émeute eût soulevé deux fois la ville de Rennes dans le cours de cette funeste année, ces actes, dont la corde et la roue firent une trop cruelle justice, n'étaient rien auprès des agitations qui mirent la Basse-Bretagne en feu. Lorsque les cultivateurs de cette contrée se virent menacés de perdre par l'impôt sur le tabac l'une des plus chères jouissances de leur vie de labeurs et de privations, la rage et le désespoir transformèrent en bêtes féroces ces populations douces et paisibles. Armés de leurs faux et des vieux mousquets de la ligue , les paysans de la Cornouaille , des pays de Léon et de Tréguier coururent sus aux agents du fisc, et bientôt après aux gentilshommes qui, sur le mandement du gouverneur de la province, s'étaient rassemblés pour maintenir l'ordre public. De la pointe du Ratz aux falaises de la Manche, sur tout le territoire actuel du Finistère, des milliers d'hommes, hurlant en langue bretonne des chants de mort, se formèrent en compagnies, élisant des chefs, et signant un pacte dans lequel, aux naïves réclamations d'un peuple honnête, se mêlaient déjà les plus folles aspirations du communisme. Des pillages, des incendies et des meurtres, dont la trace a complètement échappé à l'histoire, signalèrent cette jacquerie de six mois, réprimée après une véritable bataille livrée aux environs de Carhaix par l'armée aux ordres du duc de Chaulnes. Sitôt que le gouverneur se retrouva maître du pays, une forêt de potences s'éleva à Quimper, à Pontivy, à Guingamp, à Tréguier, et des centaines de malheureux, pris à peu près au hasard, vinrent expier des violences très coupables assurément, mais dont la responsabilité politique remontait à d'autres. Si l'insurrection avait été sauvage, la répression fut atroce et s'étendit à toute la Basse-Bretagne : sur sa côte la plus reculée, du lieu même où j'écris ces pages, j'aperçois la tour judiciairement démolie de l'une des paroisses confédérées, et peut-être à l'horizon s'élèvent encore quelques-uns des chênes séculaires aux branches desquels furent accrochées vingt-deux victimes. Le duc de Chaulnes rentra à Rennes en conquérant, « en ordre de bataille et marche de guerre, dit un témoin oculaire, l'infanterie mèche allumée des deux bouts, balle en bouche, et les officiers à la tête de leurs compagnies.» Quatre jours après, le 16 octobre 1675, le conseil du roi rendait à Versailles.un arrêt qui ordonnait la démolition de tout un faubourg de Rennes renfermant une population d'environ quatre mille âmes. Mme de Sévigné vit errer en pleurs, au sortir de Rennes, ces malheureux qu'il était défendu de recueillir souspeine de mort, qui n'avaient ni nourriture ni de quoi se coucher.Une ancienne capitale mise à sac, sa population divisée en trois classesselon les fortunes et soumise à une énorme contribution de guerre,le parlement, source de sa richesse, objet constant de ses complaisances et de son orgueil, transféré à Vannes, et que Rennes ne reconquit, au bout de plusieurs années, qu'au prix d'une contribution extraordinaire de 500,000 francs, c'étaient là de grands maux sans doute : ils disparaissaient toutefois auprès d'une douleur bien plus cruelle encore. Après la rentrée du duc de Chaulnes dans la capitale de la province, dix mille hommes étaient venus renforcer son armée, et, s'établissant dans les villages comme en pays conquis, vivaient à discrétion chez les malheureux habitants. Cette occupation impitoyable fut signalée par des forfaits sans nom, exposés par Mme de Sévigné avec un dégagement qui attriste, et qu'un contemporain moins spirituel, mais plus ému, raconte dans ces lignes dont la lecture donne le frisson : « Plusieurs habitants de cette ville et faubourgs de Rennes ont été battus par des soldats qui étaient logés chez eux. Les soldats ont tellement vexé les habitants qu'ils ont jeté de leurs hôtes et hôtesses par les fenêtres, après les avoir battus et excédés, ont violé des femmes, lié des enfants tout nus sur des broches pour les vouloir faire rôtir, rompu et brûlé les meubles, démoli les fenêtres et vitres des maisons , exigé grandes sommes de leurs hôtes, et commis tant de crimes qu'ils égalent Rennes à la destruction de Hierusalem. Pendant que les splendeurs de. Versailles fascinaient l'Europe, que Racine faisait soupirer Bérénice, et que Bossuet enseignait les justices de Dieu à ceux qui jugent la terre, ces choses-là se passaient sans bruit et sans écho dans une loyale province demeurée à peu près seule paisible à l'ouverture du grand règne et dans la faiblesse du grand roi ! Et dans quelles circonstances de telles horreurs étaient- elles consommées ? Lorsque les états rassemblés à Dinan, afin de désarmer à force de dévouement une inexorable justice, sanctionnaient par acclamation toutes les mesures financières prises par la cour, ajoutant à cet acte de respectueuse obéissance un don gratuit de 3 millions voté sans débat ! C'était sous le coup de ces désastres que Mme de Sévigné s'écriait qu'il n'y avait plus de Bretagne, et qu'un mois après la monarchique marquise s'étonnait qu'en quelque lieu du monde on puisse aimer un gouverneur. Le 2 mars 1676 , une amnistie incomplète vint enfin arrêter le marteau des démolisseurs et permettre à la Bretagne de respirer sous ses ruines. pouvoir absolu renversait dans la péninsule. Ce n'était pas seulement les forteresses et les maisons que le pouvoir absolu renversait dans la péninsule. Le règne de Louis XIV y fit table rase d'un système municipal aussi vieux que la Bretagne elle-même. En 1685, le ministère avait repoussé, comme peu agréables au roi, trois candidats choisis par l'assemblée de ville pour remplir les fonctions de maire à Nantes , et par un respect ironique pour les droits des électeurs il avait été prescrit que trois nouveaux candidats choisis avec une entière liberté de suffrage fussent présentés à sa majesté. En 1693, le maire de la même ville touchant au terme de son mandat, l'assemblée était sur le point de se réunir pour désigner à la couronne des candidats selon l'usage. Ce fut alors que le roi investit des fonctions de maire de la ville de Nantes, érigée en office héréditaire, le sieur de Port-Lavigne. « Cette ordonnance, dit un écrivain breton, en même temps qu'elle changea nos maires électifs en très humbles valets de sa majesté, annulait l'élection du premier chef de la milice, puisque le maire en était le colonel né. La vénalité des charges allait également bon train. Le marquis de Sévigné acheta 180,000 livres la charge héréditaire de lieutenant- général de la ville et comté de Nantes. En 1695, les maires vendaient publiquement les moindres grades de la milice bourgeoise. Un M. de Boisgon osa rappeler les franchises jurées par Louis XIV; mais M. de Sévigné lui Tel était le régime qu'avaient inauguré en Bretagne les usurpations voilées aux yeux de la noblesse par le prestige personnel du prince pour lequel elle avait répandu tant de sang; mais l'abdication de leurs vieux droits et de leur honneur politique répugnait trop à ces gentilshommes à la fois fiers et modestes pour qu'on ne dût pas compter avec certitude sur une réaction prochaine. Inconnus à Versailles, froissés par de grands seigneurs de fraîche date, les fils des trente ne tardèrent pas à se demander si c'était bien là le dernier mot de la monarchie, et pareille question soulevée au lendemain de Malplaquet et d'Hochstett, en présence de la France envahie, ne manqua pas d'éveiller des doutes et de susciter d'amers regrets : il y avait là tout le programme d'une révolution. En aboutissant à des conséquences sinistres, très contraires à celles qu'on avait attendues, le règne de Louis XIV avait porté un coup mortel au principe d'autorité et suscité dans toute la France le goût, pour ne pas dire la passion, des réformes. Malheureusement il n'existait pour celles-ci aucune base généralement acceptée par l'opinion, car pendant que la noble école groupée autour du duc de Bourgogne rêvait des programmes aristocratiques, celle des réformés, des jansénistes et des libres penseurs se complaisait déjà dans des utopies quasi -révolutionnaires. De là l'avortement de toutes les combinaisons politiques tentées sous la régence. Pour la Bretagne, il n'en fut point ainsi : cette province possédait, avec des traditions chères à tous, des institutions déterminées dont il ne s'agissait que de réclamer la rigoureuse application. Sans aucun concert, le sentiment public s'établit donc sur un terrain commun, et la première pensée des Bretons, en voyant disparaître le vieux roi, ce fut que la vieille constitution bretonne allait renaître. Tout peuple pénétré d'une idée fixe est indomptable : aussi la Bretagne ne tarda-t-elle pas à triompher de la monarchie française, en la poussant fort au-delà du point où elle même aurait aimé s'arrêter. Dans l'année même où mourut Louis XIV, on avait pu s'apercevoir aux états de Saint-Brieuc que la patience bretonne était à bout et que cette assemblée politique ne tarderait pas à sortir de l'inertie où elle s'était maintenue depuis le commencement du règne. La crise préparée par un si long abus de la puissance éclata en effet en 1717 aux états de Dinan. En présence des audacieuses innovations stérilement tentées par le gouvernement de la régence, la Bretagne, pour son compte, ne fit appel qu'à des droits anciens et parfaitement définis; mais dans ses réclamations ainsi limitées elle se montra inflexible, et à Dinan s'ouvrit contre le pouvoir absolu la lutte de soixante ans qui devait aboutir à la convocation des états généraux….

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 15:16

E Kastell-Paol ez on-me ganet
O Kêr Santel a Vro-Leon
O parrez va c'hentadoù karet
Te zo Rouanez va c'halon!

 

Nann, n'ez eus ket, nann, n'ez eus ket
Ur barrez ken mat d'am c'halon er bed!
Me gar va c'hleuz alaouret
Va zour dantelezet!
Me gar va c'hleuz alaouret
Va zour dantelezet! 


Ur gouriz mor a zeu da walc'hiñ
Ha da drempañ hon douaroù
Pa vez ur gourlenn, pebezh dudi
Taoler ur sell war hon aochoù !

Hon tourioù kaer ha dantelezet
A bar an deiz laouen drezo
Hon iliz vras ken brav kizellet
Zo gwir Rouanez an holl vro

War dour Greiskêr gwintet en uhel
Ma soñj din klevet alies
Ar c'hilhog o kanañ en avel :
"Kastelliz, karit ho parrez !"

 

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 14:50

Aux calendes d’hiver, grain dur, feuille tombante ; mare pleine dès le matin, avant qu’on sorte. Malheur à qui se fie à l’étranger ! Aux calendes d’hiver, intérieur brillant; à la fois vent et tempête : c’est un travail très lourd que de cacher un secret. Aux calendes d'hiver, les chevreuils (sont) maigres ; la tête du bouleau jaunit ; la maison d'été (devient) veuve. Malheur à qui fait un reproche pour une bagatelle ! Aux calendes d’hiver se courbe le bout des branches ; le désordre (Sort) habituellement de la tête du méchant ; là où il n’y a pas de don (du génie), il n’y aura pas d'instruction. Aux calendes d’hiver, rude température ; (c'est) le contraire au premier mai ; hormis Dieu, il n’y a point de devin. Aux calendes d’hiver, la plume des oiseaux est blanche, le jour court, les coucous gémissent : la miséricorde est le premier devoir de Dieu. Aux calendes d’hiver, (il fait) dur, (il fait) sec ; le corbeau est noir de jais ; plus rapide (la flèche s’élance) de Parc ; quand le vieillard tombe, la lèvre du jeune homme rit. Aux calendes d’hiver, les cerfs pâtissent. Malheur au malade, quand les astres ont fourni une courte carrière en vente, mieux vaut bonté que beauté. Aux calendes d’hiver, point de feu de broussailles (sur les monts ; charrue dans le sillon).

 

 

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