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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 07:58

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:02
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 07:43

 

 

 

 

Tour de l'ancienne monnaie à Nantes

 

Le caractère même de Jean V « ce prince bien magnifique », mais qui dirigeait son duché en homme d'affaires avisé, le parcourant sans cesse, s'entourant de conseillers de valeur, sachant épargner tout en menant une politique de prestige, nous permet de penser qu'en créant une monnaie d'or bretonne il recherchait trois objectifs : un de politique extérieure, un de politique intérieure, et un troisième purement économique. Sur le plan extérieur le but de cette création n'est pas d'affirmer un ralliement à la cause du Dauphin, ou au contraire de déclencher contre lui une guerre monétaire, mais simplement d'affirmer la puissance et l'indépendance du duc de Bretagne; le temps n'était pas si lointain où son père se faisait vertement réprimander par Charles VI pour oser frapper monnaie blanche. Le moment était bien choisi : le roi de France avait d'autres préoccupations plus importantes que la politique monétaire de ses vassaux. Le fait d'imiter la monnaie delphinale était également habile : le Dauphin, dont la situation était peu assurée avant la victoire de Baugé en mars 1421 n'avait guère de moyens de pression contre Jean V. Il semble que le duc de Bretagne a pu mener cette politique d'indépendance monétaire à sa guise et que ni Charles VI, ni Henri V, ni le Dauphin ne sont intervenus pour la contrecarrer. Sur le plan intérieur, Jean V trouvait ainsi un moyen d'accroître le prestige ducal, qu'il tenait à renforcer par des marques extérieures spectaculaires : cérémonies, vie de cour, tenue vestimentaire, mécénat ... Cette politique ostentatoire eut ses résultats, les chroniques bretonnes nous renseignent sur ce point; mais l'opération de prestige que constituait la création d'une monnaie d'or n'aboutit qu'à demi : les bretons s'en souviennent encore assez bien en 1455, mais les chroniqueurs bretons ne la mentionnent pas ; seul Perceval de Cagny, plutôt hostile à Jean V, nous en a conservé le souvenir. Du point de vue économique, c'était là une véritable révolution dans la vie monétaire et commerciale du duché. La Bretagne connaissait une période de prospérité qui contrastait avec l'état de délabrement économique des provinces voisines ravagées par les guerres : « la Bretagne, tandis que la guerre sévissait dans tout le royaume, devint comme le grand et bel entrepôt des marchandises de toute la France ». Cette situation était favorable à la création d'une monnaie d'or ducale qui permettait de mettre à la disposition du commerce breton un instrument approprié à des échanges importants ou lointains. Le fait que la Bretagne jouait alors le rôle de place d'échanges entre les négociants français et anglais qui « y transportaient leurs marchandises qu'il ne leur était pas permis de faire passer dans le pays ď obédience adverse » explique peut-être aussi ce choix d'imiter une monnaie dont la vocation était plus terrestre que maritime : le commerce breton traditionnellement orienté vers la Manche et l'Atlantique s'est tourné quelque temps et fort brusquement vers la voie terrestre, favorisant les échanges entre la Normandie anglaise et le Pays de Loire delphinal : « les Bretons, de l'humble paysan au noble incontesté, sont saisis par la fièvre du commerce. Jean V en 1425 se plaint que les paysans abandonnent leurs labours pour se faire courtiers ou marchands. » Cette monnaie d'or ducale tint-elle efficacement le rôle que l'on attendait d'elle ? Il est difficile d'en juger : son aire de circulation est mal connue ; les quelques trouvailles de florins que l'on connaisse furent faites en Bretagne ou aux confins immédiats de la province ; les livres d'empirance sont encore bien plus difficiles à situer dans l'espace que dans le temps. Il semble bien que la monnaie d'or bretonne n'a pas réussi à s'imposer dans les échanges commerciaux à longue distance ; en Bretagne même la monnaie de compte reste le plus souvent l'écu. Jean V fut contraint de renoncer à la frappe de l'or pour des raisons difficiles à définir, mais qui sont certainement économiques, plutôt que politiques. La fabrication s'avérait peut-être trop onéreuse ; il est possible également que le métal manquait : on n'a pas de trace d'une ordonnance de Jean V décriant les monnaies d'or « étrangères », seul moyen d'assurer l'approvisionnement régulier en or des ateliers ducaux par la refonte des espèces décriées ; mais cela ne signifie pas qu'elle n'a pas existé. Le renoncement du Dauphin à ce système qui ne vécût que trois années d'une médiocre activité, porta un coup fatal à la monnaie d'or bretonne qui resta isolée, seule de son poids et de sa valeur, sans possibilité de se faire une place dans la circulation monétaire d'alors, que commençait à dominer le Salut d'or d'Henri VI frappé en grand nombre en Normandie. Sans doute aussi le duc Jean jugea prudent de maintenir l'économie monétaire du duché à l'écart des troubles qui affectaient la monnaie de Charles VII. C'est pourquoi à une réforme de son système il préféra l'arrêt pur et simple de la fabrication d'espèces d'or. L'arrêt de la frappe de monnaies d'or fut une mesure très mal accueillie par les commerçants bretons ; cela ressort du texte de la Constitution du 12 février 1425, par laquelle Jean V s'efforce de porter remède à une vague de spéculation sur l'or : « Pour cause de l'or que le peuple par avarice et pour abondance de la monnoie convoite tant ardamment et le mettent à prix excessif de plus du tiers que il ne vaut, combien que ils n'ayent cause de ce faire et que nostre monnoye soit bonne et de bonne loy ... Pour ce que plusieurs et aussi comme le plus de nostre peuple, en méprisant nostre monnoie et par convoitise et avarice desirans avoir or, font reffus de vendre leurs denrrées si ce n'est par or, quelle chose est cause de grant chéreté en nostre pais, deffendons que doresnavant nul ne soit tant hardy en nostre pays de marchander par or, les uns subgetz de nostre pais avec les autres, sauff à marchander par monnoie tant seulement, et que ce soit des vivres et denrées qui croissent en nostre pais, sur paine de confiscation de la denrée et de amende arbitral. » Nous ne savons le succès de ces mesures; toujours est-il que le phénomène auxquelles elles tentaient de porter remède montre bien que la monnaie d'or ducale avait une certaine implantation dans le pays, qu'elle répondait à un besoin réel et jouait un rôle économique non négligeable. La disparition de la monnaie d'or bretonne, après l'interruption de sa frappe -qui doit donc se placer au plus tard en 1424 -a sans doute été très rapide, même si elle est encore connue des changeurs après 1461. Les abondantes émissions de saluts d'or par Henri VI en Normandie ont dû en précipiter la refonte. La rareté des trouvailles jointe à celle des pièces conservées est une confirmation de sa vie éphémère. Celle-ci fut cependant complexe : ce monnayage comprend deux espèces, dont l'une a connu au moins deux émissions et a été frappée dans au moins trois ateliers : Nantes, Rennes et Vannes.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 16:09

 

 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 14:25

 

A plusieurs reprises, en 1386, 1392 et 1394, Charles VI contesta le droit de Jean IV à frapper monnaie blanche : « Ipse пес proedecessores Ducis Britanniae non poieranl пес facere debebantnisi monetám nigram certi ponderis et valoris et nihilominus fecerat et fieri faciebat albam, quod erat in prejudicium Domini Regis et juris... » En 1392, Jean IV fit établir par une enquête que les ducs de Bretagne possédaient le droit ancestral de frapper monnaie noire et monnaie blanche. Dans toute cette contestation, et malgré certains commentateur, il n'est nullement question de frappe de monnaie d'or en Bretagne, ce que Charles VI n'aurait pas manqué de reprocher en tout premier lieu à Jean IV, et dont celui-ci aurait dû se justifier au premier chef. Il est donc établi que Jean IV n'a pas frappé de monnaie d'or, et que c'est à son fils Jean V qu'il faut attribuer cette innovation -c'est bien là le sens du mot « entreprint » dans le texte de Perceval de Cagny -que l'étude du Double-florin de Bretagne va nous permettre de mieux comprendre. Le Double-florin de Bretagne n'est connu sous ce nom que par les comptes de Jehan Mauléon que nous avons cités ci-dessus. A. de Barthélémy les commentant faisait absurdement de cette monnaie une pièce de 10 d. de cours. Il faut rapprocher le texte en question de quelques lignes d'un livre d'empirance édité par Saulcy et qu'a commenté Caron : « Doubles ďor de Bretaigne, c'est ung duc assis en chaire et a dessoubz ses pies un lion, et tient le duc en sa main dexire une espée et de l'aultre main ung escu aux hermines, sont ď empirance. »

 

 

Caron ajoute : « Ce type n'a jamais été retrouvé. C'est une imitation des monnaies de Louis de Crécy, comte de Flandre » ; quelques années plus tard, il écrivait : « le double florin est le cavalier qui figure dans nos collections et dont le poids varie de 3 g 47 à 3 g 20 et tombe même à 2 g 98. Le florin est notre demi-cavalier dont l'existence ... nous est révélée par la découverte de Monheim ». Cette opinion ne peut être reçue : Garon assimile les pièces de Jean V à celles des ducs François, qui appartiennent à un système pondéral différent, et rapproche ces dernières de textes qui leur sont notablement antérieurs. Engel et Serrure reprennent à leur compte la première hypothèse de Caron : « le florin d'or et le double d'or au duc assis, imitation des monnaies de Louis de Crécy, comte de Flandre, ne sont pas encore retrouvés ». Dieudonné lui, a reconnu le florin : « les comptes mentionnent, à côté de ce florin dit Petit double, un Double d'or à la chaise », mais se garde bien d'avancer aucune hypothèse quant à cette dernière pièce. Le rapprochement fait par Caron puis Engel et Serrure entre cette monnaie -qui reste toujours à découvrir en nature -et la chaise d'or du comte de Flandre Louis de Male (plutôt que de Louis de Crécy) est tout aussi trompeur que celui du florin de Bretagne, du franc à cheval et du « cavalier » des ducs François : le poids de cette pièce ne peut convenir à l'appellation «Double-florin»; de plus un détail montre bien que cette prétendue filiation n'existe pas : il n'y a pas de lion sous les pieds du comte de Flandre. On connaît des monnaies qui présentent un souverain assis, les pieds posés sur un lion et qui auraient pu passer pour le prototype de cette imitation bretonne : ce sont le Parisis d'or et le Lion d'or de Philippe VI ; mais une simple remarque suffît pour les écarter : il n'y a sur elles aucun écu. Une seule monnaie répond valablement à la description donnée par le livre d'empirance : elle représente un roi assis sur une chaise curule, tenant l'épée et le sceptre, accosté de deux écussons ; à ses pieds, deux lions couchés Le signalement transmis par le changeur de l'imitation bretonne est légèrement différent : le type de la monnaie bretonne était-il quelque peu varié ? Nous pensons plutôt que ce manuscrit, postérieur à 1461, décrit cette pièce « de mémoire ». Cette monnaie, française, est la «chaise d'or » frappée par le Dauphin Régent Charles, dont le nom véritable, celui qui était employé à l'époque, est « Double d'or », nom donné par le livre d'empirance à son imitation bretonne, laquelle dès lors n'a pu être frappée que par le duc Jean V. Non seulement c'est la seule monnaie qui réponde assez précisément à la description, mais c'est aussi la seule qui puisse par son poids être qualifiée de Double-florin : poids droit 6 ,118 g. Cette monnaie taillée à 40 au marc était accompagnée de sa moitié, le demi-double taillé à 80 au marc (poids droit 3,059 g), dont les deux seuls exemplaires connus sont comparables en poids : 2,95 g et 3,02 g aux florins de Bretagne; ceux-ci ont bien été taillés à 80 au marc, comme nous le supposions ci-dessus. L'empirance donnée au Double-florin de Bretagne par le manuscrit : 3 s. 9 d. nous donne un titre très bas : 19 1/2 carats (812 millièmes) par rapport au prototype d'or fin à 1/2 carat de remède (1000 à 979 millièmes) et même au titre de 22 carats 1/4 (927 millièmes) donné par un texte peu sûr. Curieusement ce même changeur donne pour le florin de Bretagne des empirances moins élevées : 2 s. 1 d. soit 21 1/2 carats (895 millièmes) et 6 d. soit 23 4/10 carats (983 millièmes); il est pourtant pour le moins très vraisemblable que le titre de ces deux espèces était le même à une même date. La date de création de ces deux monnaies d'or bretonnes n'est guère difficile à déterminer : Hilaire Gillart nous avait dit en 1455 que « passé à trente ans » -donc avant 1425 -« il vit des florins d'or, qui avoient esté forgés en Bretagne ». Les comptes de Jehan Mauléon prouvent la circulation des deux espèces avant le 23 mars 1421. Un savant calcul - il faut remonter à la prise de Caen par Henri V le 4 septembre 1417 -permet de se rendre compte que Perceval de Cagny place vers 1419-1420 le moment où Jean V « entreprint et fist faire monnoye d'or ». Un texte du 16 décembre 1420 mentionne des florins d'or qui sont sans doute, mais cela n'est pas spécifié, des florins de Bretagne. Mais surtout nous connaissons une ordonnance donnée à Vienne-lès-Jargeau, par laquelle le Dauphin Charles rappelle qu'il a ordonné de faire « es monnoyes obéissant à mond. seigneur et à nous des deniers ďor fin appelez doubles ďor » et « autres deniers ďor fin, appelez demydoubles d'or », datée du 24 août 1420. Le monnayage d'or de Jean V, manifestement calqué sur celui instauré peu avant cette date par le Dauphin, n'a pu être frappé qu'après août 1420. Remarquons que le 30 septembre de cette même année, le Duc de Bretagne accorde à ses monnayeurs de nouveaux privilèges. Ce sont les réformes nécessaires des ateliers de Nantes, Rennes et Vannes pour que la frappe de l'or y soit possible qui ont entraîné la révision du statut des monnayeurs bretons. La date de naissance du monnayage d'or des ducs de Bretagne est donc septembre ou octobre 1420, selon que l'on considère que les réformes l'ont précédée ou suivie. La fabrication des doubles d'or et des demidoubles du Dauphin ne se poursuivit que jusqu'en février 1421 : fin janvier la seconde émission de l'écu d'or est ordonnée ; mais en septembre 1422 réapparaît une pièce de même poids que le demi-double, au type équestre : le « franc à cheval » de Charles VII, fabriqué jusqu'à la fin de 1423. Jean V cessa sans doute de faire frapper son double d'or au début de 1421 ; il continua à émettre des florins : il n'y a guère de place en ces quelques mois pour deux émissions. Mais pourquoi le duc de Bretagne, qui emprunte pour son double florin un type du Dauphin, crée-t-il un type original pour le florin ? Il est permis d'imaginer que dans les comptes de Jean Mauléon la mention « florin de Bretagne » recouvre une imitation du demi double d'or du Dauphin, émise jusqu'en février 1421, qui aurait cédé la placeà une pièce identique en taille et valeur, mais à un type différent, propre au duché, au moment de l'arrêt de la fabrication du prototype du Dauphin, ou quelques mois après, sur une requête de celui-ci lors de son entrevue avec Jean V à Sablé en mai 1421, ou encore au moment de l'émission du « franc à cheval » de Charles VII -si celui-ci n'a pas donné lieu à une imitation plus fidèle, comme peut le faire croire le dessin de Lautier. Il est possible que trois monnaies d'or bretonnes restent à retrouver ; ces hypothèses sont évidemment invérifiables, faute de documents ; seule l'existence du double-florin est attestée. Il reste surprenant que Jean V ait imité une monnaie aussi rare que le double-d'or. Il suffît de se replacer dans le cours de l'histoire pour que cette apparente anomalie devienne toute naturelle. Le Dauphin en créant en août 1420 ou peu avant ces deux monnaies, après une émission d'écus (juin-octobre 1419), semblait ériger, quelques mois après le traité de Troyes, un système monétaire nouveau, original, se voulant indépendant. Le duc de Bretagne a pris à ce moment la décision de frapper l'or, et ce sont évidemment des espèces se référant à ce système neuf - que l'on pouvait croire durable -qu'il a fait fabriquer, et non pas des écus. C'est dans les ateliers proches de la Bretagne qu'ont été fabriqués les doubles d'or et demi-doubles du Dauphin : on a retrouvé des doubles de Tours et de La Rochelle ; on ne connaît des demi-doubles qu'issus de cette dernière Monnaie, mais on sait qu'il en a également été frappé à Angers et à Poitiers. Cela n'est certainement pas étranger au fait que ces espèces, très rapidement entrées en Bretagne, par la voie commerciale de la vallée de la Loire et Nantes, ont été imitées en Bretagne. Cependant ce nouveau système monétaire créé par le Dauphin entrait en concurrence avec l'ancien système, reposant sur l'écu d'or et l'agnel, qui était encore en vigueur dans la France de Charles VI : la septième émission de l'écu, pour Paris, est du 26 février 1420, et dans celle de Henri V : la seconde émission de l'agnel est du 25 septembre 1419. Le choix de son système monétaire par Jean V est-il le reflet de son choix politique ? Il est extrêmement difficile de s'avancer sur ce terrain rendu glissant par la politique de non-engagement menée par le duc de Bretagne qui « ne voulut plus s'entremettre de la guerre d'entre les Françoys et les Angloys mais se délibéra de garder son pays et ses subgedz ďestre oprimez ». L'enlèvement de Jean V par les Penthièvre a été organisé avec l'appui du Dauphin, qui le considère comme son prisonnier. Jean V est délivré le 5 juillet 1420; il semble être en bons termes avec Henri V qui lui demande le 1er août de signer le traité de Troyes, qui ordonne le 29 novembre que la trêve avec la Bretagne soit respectée, qui libère Arthur de Richemont, frère de Jean V en janvier 1421, qui demande le mois suivant au duc de Bretagne de faire respecter la trêve. Le Breton Du Juch mène des négociations avec l'Anglais Colvyle. Mais pendant le même temps des négociations parallèles sont menées avec le Dauphin, qui aboutissent au traité de Sablé le 8 mai 1421, par lequel Jean V s'engage à fond aux côtés du Dauphin. Ce traité sera d'ailleurs rompu très peu de temps après et Jean V signera le traité de Troyes le 8 octobre 1422. Adopter le système monétaire du Dauphin fut-il pour Jean V un acte politique de ralliement à sa cause, en plaçant le prospère duché de Bretagne dans le même monde monétaire que la France du Dauphin ? Fut-il au contraire un acte dirigé contre le Dauphin, Jean V lançant sur le marché des pièces de même type, de même poids, voulant avoir la même valeur que celles du Dauphin, mais de moins bon titre ? Fut-il un acte à seule fin économique, le duc voulant appuyer la monnaie d'or bretonne nouvelle-née sur le système nouveau du Dauphin, qui lui paraissait plein de promesses ?

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 13:49

 

 

On hésite à y reconnaître notre pièce tant elle présente d'anomalies : il y a des fautes d'orthographe : BRETONV pour BRITONV, IN AIVTORIV pour IN ADIVTORIV; les légendes longues et abrégées semblent s'être contaminées entre elles : on a en effet IOHANNES avec deux N et GRA, et au revers IN AIVTORIV et MEVM, au lieu des couples habituels IOHAN NES/GRACIA ou IOHANES/GRA, et IN ADIVTORIVM/MEVM ou IN ADIVTORIV/ME(V). Mais surtout le type est différent : le chevalier galope à gauche, brandit son épée de la main gauche et n'a pas de bouclier; il est revêtu d'une tunique à ses armes, portée au-dessus de son armure. S'agit-il d'un mauvais dessin, ou d'une pièce encore inconnue en nature ? Disons simplement pour l'instant que c'est de toute façon un florin de Bretagne, comme le prouve le poids donné : 2 deniers 6 grains, soit 2,87 g. Mais la liste des monnaies bretonnes ayant cours le 17 septembre 1374 ne s'arrête pas au « breton d'or » : suivent les figures de quatorze pièces d'argent ou de billon, parmi lesquelles un blanc imité de la florette de Charles VI, un double tournois imité de celui de Charles VII, monnaies dont les prototypes furent émis en 1417 et 1436 et qui ne pouvaient en aucun cas exister en 1374. Il y a eu rapprochement abusif du texte cité et des monnaies décrites. C'est sans doute à Philippe de Lautier, général des monnaies de François Ier, qu'il est imputable : les textes cités sont des copies de son manuscrit autographe de 1559, dont les figures furent éditées ensuite par J. B. Haultin, en 1619. Ce ne sont donc pas là des documents originaux, mais en quelque sorte le premier traité de numismatique française connu, qui n'est pas sans mérite, malgré quelques erreurs grossières, comme celle-ci. Les Bénédictins nous ont fait connaître le texte d'une enquête sur les droits royaux et anciens usages du pays de Bretagne, de 1455, où l'on trouve le témoignage suivant : « Jehan Orege demeurant en la ville de Dinan, âgé de 88 ans ou environ ... dit qu'il lui semble que le duc Jehan ayeul du Duc de présent fit faire monnoie ďor petite comme moutonnets ...» Il s'agit bien ici du duc de Bretagne Jean IV, grand-père de Pierre II qui régnait en 1455. Le vieux Dinannais n'est pas très précis dans sa description : sa référence à l'agnel pourrait faire croire qu'il parle de la monnaie qui nous intéresse ; mais le fait qu'il ne soit guère sûr de ce qu'il avance : « il lui semble » et que la suite de sa déposition est beaucoup plus affirmative nous amène à douter de la valeur de sa première assertion, seul témoignage qui permettrait de justifier l'attribution de monnaies d'or à Jean IV. En effet Jean Orege poursuit : « ... et sçait bien que le Duc Jehan, père du Duc de présent, en fit faire que l'on appeloit flourins de Bretagne. » Sa déposition est confirmée dans la même enquête par Maistre Hilaire Gillart, de 66 ans ou environ, qui « sçait bien que passé à trente ans, il vit des florins ďor, qui avoient esté forgés en Bretagne, et en porta ce tesmoin à Rorne dès celui temps. » Ce sont là deux témoignages très affirmatifs : l'emploi de la tournure « sçait bien » le montre assez, et concordants sur le nom de la monnaie : florin et sur le règne : celui de Jean V. Nous ne connaissons que deux mentions contemporaines de cette monnaie, en dehors des livres d'empirance. Dom Lobineau nous énumère les monnaies employées dans le compte de Jehan Mauléon, Trésorier de l'épargne et Receveur-général des profits des monnaies, depuis son dernier compte en juin 1414, jusqu'au 23 mars 1421 : « Nobles. Veils moutons. Florins de Bretaigne. Loyaux de Bretaigne. Morisques. Moutonnez. Heaumez. Doubles florins de Bretaigne ...» (suivent des noms de monnaies d'argent). Ces monnaies d'or sont pour la plupart faciles à identifier : il s'agit du noble anglais et de ses imitations, du mouton d'or de Jean le Bon, bien sûr du florin de Bretagne que nous étudions ici, du royal d'or de Charles de Blois, du dinar, de l'agnel et de l'écu ou demi-écu heaume de Charles VI ; nous reviendrons ci-après sur la monnaie mystérieuse qui se cache sous l'appellation « Double-florin de Bretagne ». La seconde mention contemporaine se trouve dans les chroniques de Perceval de Cagny. Ce personnage, qui passa toute son existence au service des ducs d'Alençon Pierre, Jean I et Jean II, non loin de la Bretagne, dicta ses précieuses chroniques entre 1436 et 1438, alors que Jean V régnait encore sur le duché de Bretagne. On y lit à propos de ce dernier : « Et après ce entreprint et fist faire monnoye d'or. Son père ne la fist oncques plus forte que blance, et leurs prédécesseurs n'avoient fait que monnoye noire. » II y a là une affirmation nette, sans équivoque, émanant d'un personnage digne de foi, chroniqueur attentif et contemporain des faits évoqués, qui infirme totalement la timide première assertion de Jean Orege. Le témoignage de Perceval de Cagny est corroboré par quelques documents qui prouvent que Jean IV n'a effectivement pas frappé l'or. Il s'agit tout d'abord de cette lettre du 1er février 138539 par laquelle Jean IV renonce à recouvrer en or certaines sommes, parce qu'on lui a fait remarquer qu'il ne frappait pas de monnaie d'or : « Et combien que puis naguères par nos autres lettres nous eussions conssanti que durant noslre plesir les procuracions, que ont acoustumé à estre levées en noslre duché par monnoie, le feussent par or, considéré la grafve complainte qui sur ce nous a esté faicle pour ce que à présent nous ne feismes monnoie d'or et qu'il ne puel bonnement estre trouvé ne recouvré en nostre pais, vous mandons que nonobstant nosd. lettres d'autrefois lesquelles nous rappelons et anullons en ce cas, vous deffendez et faictes deffendre que nuls ne aucuns ne contraignent a icelle levée ne paiement leur estre fait des dites procuracions fors en nostred. monnoie et pour le pris et cours qu'elle est ordenée. »

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 14:46

 

 

Nous n'avons trouvé que les couples suivants : 1/1, 1/2, 1/3, 2/3, 2/4, 2/5. Il y a donc des monnaies qui associent un droit à légende longue avec un revers à légende courte, pièces en quelque sorte hybrides qui seraient frappées avec un coin de droit de Jean IV et un coin de revers de Jean V, évidemment au début du règne de celui-ci. Cependant la complexité des liaisons de coins retrouvées ne permet pas de penser à une succession chronologique simple : on a l'impression d'être en présence d'un certain nombre de coins utilisés en même temps et sans appariement préconçu. Le fait que les coins de droit à titulature longue ne sont employés que lors de la première émission n'a pas de véritable signification chronologique : Nantes et Vannes emploient la titulature courte pour la première émission également, et ce dernier atelier n'a jamais employé, semble-t-il, la titulature longue. L'abréviation des légendes, que Bigot présente comme une simple « remarque », se gardant bien d'en faire un argument pour justifier sa classification et ses attributions n'a pas de valeur signifiante; sans doute cette simplification a-t-elle été utilisée d'emblée par le graveur de Vannes et après la fabrication d'un certain nombre de coins par le graveur de Nantes, dans le seul but de faciliter leur tâche. Une autre hypothèse, assez séduisante, peut venir à l'esprit : celle qui consiste à attribuer à Jean V les florins à l'О pointé, en laissant à Jean IV tous les autres. Elle présente l'avantage de reposer sur l'absence ou la présence d'un signe particulier qui ne peut pas ne pas avoir de signification. Mais le changeur qui a rédigé le livre d'empirance qui nous a donné ce précieux renseignement nous a également appris que les pièces à l'О pointé étaient d'un titre inférieur à celui des autres : il faut donc voir dans ce signe particulier non pas l'indice d'un changement de règne, mais -ce qui est beaucoup plus conforme aux habitudes monétaires de l'époque -la marque d'un affaiblissement de la monnaie. Bien sûr, il est possible d'imaginer que cet affaiblissement a pu coïncider avec le changement de duc; mais rien n'empêche de penser qu'il soit survenu sous le règne de Jean IV, qui aurait frappé aux deux titres et son successeur au seul titre affaibli, ni de croire qu'il ait été décidé au cours du règne de Jean V, auquel cas son père n'aurait frappé qu'aux bonnes conditions, et lui même aux deux titres différents. Rien ne permet d'éliminer l'une ou l'autre de ces trois hypothèses, s'il est bien prouvé que Jean IV et Jean V ont frappé l'un et l'autre cette monnaie d'or. Car c'est bien là qu'est le problème; il est curieux qu'aucun auteur ne se soit penché sur cet aspect de la question : il a été implicitement admis par Bigot et par ses successeurs que cette monnaie a été frappée par les deux ducs Jean, sans que l'un ou l'autre de ces érudits numismates ne cherche à prouver ce qui n'est après tout qu'une hypothèse. Sans doute ont-ils été induits en erreur par le texte suivant, dont la date ne doit pas être prise à la lettre : « Le 17e jour de septembre 1374, la monnaie cy après déclarée avoit cours en la duché de Bretaigne. Portraict des monnoyes de Bretaigne ausquelles fui donné cours, en attendant la monnoye ordonnée estre faicte par led. sr. Roy, en laquelle la légende auroil seullemenl ces mots : Moneta Britanniae au lieu de Johannes dux Britanniae, et fut ordonné que, incontinent que lad. nouvelle monnoye le pais seroit remply, la vieille précédente monnoye cy après portraicte, seroit descriée et mise au feu pour billon, le tout ainsi que s'ensuit : Bretons d'or à 22 caratz et demy, de deux deniers 6 grains de poids chacune pièce, valiant 14 s. 3 d. tz.

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 14:16

Le type équestre, différent de celui du franc, se retrouve sur des florins et ducats italiens de la fin du XIVe siècle et du début du XVe siècle : à Milan sous les Visconti, en Savoie ... Le florin au chevalier de Gueldre se présente de manière légèrement différente. Pourtant cette monnaie bretonne n'a ni l'origine française qu'on lui a donnée, ni l'origine italienne que l'on pourrait lui attribuer : c'est en Bretagne qu'il faut rechercher le véritable prototype de cette pièce, mais en dehors du monde de la numismatique, dans celui de la sigillographie : c'est certainement le sceau équestre du duc Jean IV qui a servi de modèle au créateur du type ; les sceaux équestres de Jean V donnent une représentation du duc à cheval légèrement différente L'étude des poids d'exemplaire nous montre que c'est à un système proche de celui du florin qu'est rattachée cette espèce : ces poids s'étalent entre 2,67 g et 3,13 g; mis à part trois exemplaires, deux légers à 2,67 g et 2,76 majorité d'entre elles entre 2,92 g et 3,02 g. Le poids moyen, calculé sur trente-trois exemplaires, ressort à 2,94 g. Tout cela rend probable une taille de 80 pièces au marc de 244,75 g. Nous sommes loin du florin de Florence dont le poids varie autour de 3,50 g, mais un grand nombre de florins de la fin du XIVe siècle et plus encore du début du XVe siècle sont de poids sensiblement plus faible. D'ailleurs, ce nom de florin était donné à tant de monnaies de poids et de valeurs tellement divers qu'il faut le comprendre comme le mot denier dans le sens très général de monnaie; il se distingue de ce dernier par le fait qu'il est réservé à une monnaie d'or. Une autre constatation peut être faite au simple vu de la courbe de répartition des poids d'exemplaire :


 


 

2,66 à 2,70 g X 1

2,71 à 2,75 g 0

2,76 à 2,80 g X 1

2,81 à 2,85 g 0

2,86 à 2,90 g XXX 3

2,91 à 2,95 g XXXXXXXXXXX 11

2,96 à 3,00 g XXXXXXXXXXXX 12

3,01 à 3,05 g XXXX 4

3,06 à 3,10 g 0

3,11 à 3,13 g X 1


 


 

Nous avons affaire à une courbe de répartition typique d'une série parfaitement homogène du point de vue pondéral ; nous pouvons donc en conclure que la taille au marc de cette espèce n'a jamais été modifiée au cours de son existence, et que si cette monnaie a connu plusieurs émissions, ce ne peut être que sur le titre qu'ont porté les affaiblissements. Nous n'avons aucune analyse de ces pièces et nous sommes obligés de nous fier aux données anciennes : les textes du XVIe siècle nous donnent un titre de 22 1/2 carats (937 millièmes); un manuscrit de la seconde moitié du XVe siècle nous donne les empirances 2 s. 1 d. et 6 d., soit les titres 21 1/2 carats (895 millièmes) et 23 4/10 carats (983 millièmes); un livre d'empirance de la première moitié du XVe siècle nous donne 2 s. 3 d. et 17 d. d'empirance, soit 21 3/10 carats (887 millièmes) et 22 3/10 carats (929 millièmes). Gardons-nous bien de considérer ces chiffres comme exprimant le titre réel de ces monnaies : l'empirance n'est qu'une évaluation commerciale, faite par les changeurs d'après leur expérience personnelle, et donc très variable. Une chose est sûre cependant : il y a eu au moins deux émissions dont la seconde, affaiblie en titre, a reçu un signe distinctif que nous précise le manuscrit que nous avons cité en dernier lieu : Ni Bigot, ni Poey d'Avant ne connaissaient ce texte, publié par Saulcy et que Caron fut le premier à commenter. Il n'avait d'ailleurs rencontré aucune monnaie répondant précisément à cette description. Deux trésors récents nous ont révélé des florins de Nantes et de Vannes présentant cette particularité de l'О pointé. Une deuxième certitude est que cette espèce a été frappée dans trois ateliers bretons : les pièces issues de Nantes (lettre d'atelier N) et de Vannes (lettre d'atelier V) étaient connues depuis longtemps ; une monnaie de Vannes est au Cabinet des Médailles depuis le XVIIe siècle. Récemment les deux trésors déjà cités ont révélé des florins portant la lettre d'atelier R, qui furent frappés à Rennes. Mais auquel des ducs Jean devons-nous attribuer ces monnaies : Jean IV (1345-1365-1399) ou Jean V (1399-1442) ? Devons-nous les partager entre ces deux princes ou les attribuer à un seul d'entre eux ? Bigot les partage entre Jean IV et Jean V d'après leur style : « les monnaies de Jean V se distinguent facilement de celles de son père par leur exécution plus soignée. On les reconnaît au premier coup d'oeil. On remarquera que le nom du prince est écrit sur les dernières par un seul N et qu'elles ne portent que ADIVTORIV et GBA au lieu de GRACIA et ADIVTOBIVM. » Cette attribution n'a jamais été remise en question, bien qu'elle ne soit pas toujours suivie par les experts et marchands. Bigot fait reposer son argument stylistique sur la connaissance de six pièces. Il en attribue quatre, toutes de Nantes, à Jean IV, et deux, une de Nantes et une de Vannes à Jean V. C'est bien peu nous semble-t-il pour pouvoir juger d'une évolution réelle du style. L'attribution des monnaies d'exécution plus soignée au prince le plus récent est un raisonnement qui a déjà été utilisé pour justifier l'attribution à Charles VI de certains francs à pied. Il a été réfuté depuis : les exemplaires de facture plus soignée conviennent mieux au créateur du type qu'à son continuateur. Par ailleurs l'abréviation de la légende n'est sans doute pas étrangère à l'impression favorable que peuvent laisser les florins à légende courte : la composition est plus facile à lire et donc d'autant plus agréable à notre oeil. Les légendes de droit et de revers se présentent en effet sous leur forme complète et sous différentes formes abrégées :

Droit : 1 IOHANNES DEI GRACIA BRITONV DVX

2 IOHANES DEI GRA BRITONV DVX

Revers : 1 DEVS IN ADIVTORIVM MEVM INTENDE

2 DEVS IN ADIVTORIVM MEVM INTEDE

3 DEVS IN ADIVTORIV MEV INTENDE

4 DEVS IN ADIVTORIV MEV INTEDE

5 DEVS IN ADIVTORIV ME INTENDE


 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 18:27

 

 

Des deux monnaies d'or bretonnes que nous étudions ici, l'une est bien connue; il s'agit du florin de Bretagne au chevalier, qui peut être décrit ainsi : + IOHAN(N)ES DEI o GRA(CIA) o BRITONV o DVX (lettre d'atelier) Le duc, armé de toutes pièces et la visière baissée, brandissant une épée et tenant son écu, courant à droite sur un cheval caparaçonné à ses armes. + DEVS o IN ADIVTORIV(M) o ME(VM) o INTE(N)DE Croix fleurie et feuillue dans un entourage quadrilobé, avec une moucheture d'hermine à chaque angle rentrant. Cette belle monnaie, attribuée traditionnellement aux ducs Jean IV (1345-1365-1399) et Jean V (1399-1442), est rare; notre catalogue donnera au lecteur toutes indications sur les exemplaires passés en vente, conservés dans des collections publiques ou que nous avons pu voir dans le commerce. Il importe cependant qu'il sache dès à présent que deux trésors dont l'étude nous a été confiée nous ont apporté un matériel important et nouveau qu'il nous a semblé opportun d'utiliser ici. Les numismates ont baptisé cette monnaie de divers noms : Duby la nomme « écu », Aussant, « demi-écu d'or »; Bigot l'appelle « franc d'or » et en fait une imitation du franc à cheval de Charles V ; dans ses errata, il corrige en « escu d'or »; Poey d'Avant la baptise « écu » ; Garon parle de « franc à cheval » et assimile à cette pièce le «cavalier» des ducs François (1442-1450 et 1458-1488); Engel et Serrure utilisent les termes de « franc ďor », « breton d'or » ou d'« écu d'or au cavalier»; Dieudonné la nomme «cavalier ďor» ou « breton ďor », tout en précisant : « c'est un florin ». Ce terme avait déjà été employé par Bigot et par Engel et Serrure qui y voyaient une monnaie non retrouvée, et par Caron qui l'appliquait au demi-cavalier au nom de François. Ces divergences de vocabulaire marquent nettement les hésitations des numismates qui ne savaient à quel système monétaire rattacher cette espèce, ce qui les a parfois conduit à commettre à son sujet des erreurs. Ce n'est là en effet ni un franc à cheval, ni un « cavalier » comme ceux des ducs François, ni un écu, ni un demi-écu, mais bien un florin; les textes attestent le bien-fondé de cette appellation : si nous avons trouvé « breton d'or » dans des textes du XVIe siècle, « petit double » dans un texte de la seconde moitié du XVe siècle, les quelques mentions qui sont faites de cette espèce dans la première moitié de ce siècle le sont sous le nom de « fleurin de Bretaigne»; de plus c'est le terme qu'emploient les Bretons eux-mêmes dans leurs réponses à l'enquête sur les droits royaux et anciens usages du pays de Bretagne, en 1455.

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