Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 13:01

Bien qu'étant d'excellents soldats, les Bretons du Pays Gallos ne  quittaient point volontiers leurs villages pour aller au régiment, et essayaient par tous les moyens même surnaturels de se dérober au service militaire. (La Bretagne a toutefois payé un lourd tribu au cours de la Première Guerre Mondiale, puisque pour l'ensemble des cinq départements Bretons, il y a eut plus de 130.000 morts soit près de 4/5 % de sa population). Le jour du tirage il y avait des rencontres de bons ou de mauvais présages. Si le conscrit rencontrait ce jour là sur son chemin un prêtre ou une religieuse, c'était un mauvais présage, idem si une femme ou une fille décidait de son tirage au sort. En revanche, s'il croisait le chemin d'une fille ou d'une femme de mauvaise réputation, il pouvait se considérer comme sûr d'avoir un bon numéro ; et en principe il lui offrait un café. Mais si elle lui adressait la parole en premier, il était sûr d'avoir le n° 1, donc le « piaou » . Mais pour tirer le bon numéro, il y avait des moyens nombreux : cueillir une branche de gui d'épine blanche, puis s'agenouiller devant un calvaire. On faisait dire ensuite trois messes et pour plus d'efficacité se rendre aux messes avec du gui et du fer blanc dans la poche, morceau de fer trouvé sans qu'il ne soit cherché. Les feuilles de « tirande » -sorte de glaïeul, donnait les mêmes résultats, idem avec les grains de sel dans la poche, Celui qui a dans son « toutrond » (paletot court) l'aiguille qui avait servi à coudre le linceul d'un enfant mort-né était assuré de tirer aussi le bon numéro. C'est ce qu'on pensait à Saint-Méloir-des-Bois. Ceux qui avaient mis dans leur poche sans le savoir la bague d'une femme mariée étaient aussi protégés, et ceux qui avaient dans la poche de leurs « hannes » -culottes, un « bro » (dard) et un « v'nin » de reptiles aussi.

 

 

Les conscrits de Sévignac

cliché revue Ar Men

 

 

Le jour du tirage au sort, les conscrits se rendaient chef-lieu en  marchant en rang, le bâtons à marottes sur l'épaule, portant souvent le chapeau et chantant des marches pour aller au pas. Autrefois, il y avait souvent des batailles de conscrits des différentes communes, et dans ces mêlées les bâtons servaient de massues. Alors ceux qui étaient retenus sortaient en s'écriant : « bon pour le service ». Ce que redoutaient nombre de paysans. Les réformés pouvaient avoir des difficultés à se marier, et longtemps après on pouvait leur reprocher cela comme une tâche. A Saint-Glen, Penguily, etc., les conscrits faisaient avant de partir, des quêtes pour frais de route. Les uns donnaient de l'argent, d'autres du blé, de l'avoine, des œufs, des pommes de terre…Rares étaient les jeunes gens d'origine paysanne cherchant à échapper au tirage au sort en se mutilant, toutefois certains avaient recours aux soins des sorciers qui leur faisait piquer les testicules par des abeilles.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 12:08

Si la première personne qu'on rencontre le matin est un couturier, on aura de la malchance toute la journée. En revanche les couturières sont plus appréciées et il en va de même des « dersouères » (les repasseuses) qui font des mariages très avantageux. Les domestiques doivent être redemandés par leur maître avant que le coucou ait chanté. Si un domestique n'a rien entendu dire à son maître quand le coucou chante, il en conclut qu'on ne veut plus de ses services. On donne en rengageant un domestique un denier à Dieu ; et en « plusieurs pays » les fermiers, au moment de renouveler leur louage, emmènent leurs domestiques à l'auberge et leur paie un café. Il y a des foires aux domestiques ; la plus considérable est celle de Rennes qui a lieu le jour de Saint-Pierre, Place du Champ-de-Mars. Certains domestiques ne se louaient qu'au moment de la « métive », autrement dit lors de la moisson ; ils arboraient alors un épis de blé vert sur leur chapeau. Les autres, qui se louaient le reste de l'année arboraient une rose sur leur chapeau, un fouet passé au tour du cou signifiait qu'ils étaient aussi charretiers. La foire aux domestiques de Lamballe se tenait à la Saint-Jean. A Vigneux près de Nantes, filles et garçons se rendaient à la foire le lendemain de la Trinité, foire précédée d'une assemblée. C'était fréquemment à la Saint-Jean que se tenaient ces foires, d'où le proverbe : « Faire la Saint-Jean su' l'année ». La lessive précédent la Saint-Jean était désignée « lessive de fous l'camp ». Les nouveaux maîtres donnaient aux servantes une quenouille garnie de rubans, et aux commis un fouet. Parfois, il était d'usage, que, la veille de Noël, enfants et domestiques étaient envoyés chez leurs parents manger de la morue. Quant aux domestiques qui quittaient une place où ils étaient bien, on disait d'eux : « Aise a l'cu pointu, malaise dure bien »  

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:32

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:34

 

3) Le volcanisme dans le Bassin de Chateaulin. 

 

 Le  bassin  supérieur  de   l'Aulne   dans   la région  de  

 

Bolazec    occupe un  synclinorium de terrains dévoniens limité par failles, coincé entre les axes anticlinaux de la forêt de Beffou au Nord, où affleurent les terrains volcaniques briovériens et de Plourac'h-Callac, au Sud formé des phyllades de St-Lô. Les terrains du Coblencien sont envahis par des sills de dolérite qui ont transformé les schistes à leur contact. L'examen des photographies aériennes, dans ce pays de collines dérivant d'un plateau disséqué, révèle de nombreuses adaptations des cours d'eau à la structure volcanique. Evitant les sills qu'ils franchissent à l'occasion de failles ou de décrochements, les ruisseaux creusent les bandes schisteuses. Le versant de la rive Nord de l'Aulne, de Lohuec au pont de Bolazec sur près de 6 km, coïncide exactement avec un long sill orienté E.N.E.-W.S.W. Les hautes collines de Trovern (289 m), de Pengalet (259 m), de Coz-Castel (305 m) et de Landresmeur (307 m) sont aussi armées de sills. Elles prolongent les hauteurs volcaniques du Goariva et de la forêt de Beffou. Les terrains volcaniques briovériens et dévoniens sont ici en contact direct par faille. C'est encore un sill qui arme la colline de Lohuec. Plus au Sud, entre le village Quénéquen et le pont True! (Poul- an-fol -Moulin de Rospellen), de gros sills de dolérites s'incurvent passant de la direction W.S.W./E.N.E. à la direction N.W./S.E. On peut suivre le tracé de l'un d'entre eux sur les photographies aériennes. La végétation y donne en effet une trace sombre ; les versants et les ruisseaux épousent parfaitement la courbure du sill qui souligne la structure périclinale de la couverture dévonienne bordant l'anticlinal de Plourac'h-Callac. Entre le pont de Bolazec et le pont Truel, l'Aulne prend une direction méridienne, coupant et recoupant de nombreux sills. La vallée encaissée devient étroite et le profil longitudinal voit sa pente s'accentuer. Les gués et les rétrécissements locaux du cours sont causés par les traversées de sills. Redressés la plupart du temps dans une position verticale, ces sills sont formés par des roches basiques, verdâtres, grisâtres ou noires, dures, libérant par décomposition d'abondantes boules, souvent de formes ovoïdes et aplaties. Ces roches appartiennent à deux types principaux : dolérites albitisées, les plus nombreuses et dolérites à labrador et pyroxene. Une venue de spilite à pyroxene, noire, grenue, très dure, passant à un tuf, impose sur près de 4 km un tracé rectiligne à la vallée du ruisseau du Moulin de Rospellen. On a affaire à un volcanisme sous-marin se manifestant presque essentiellement sous forme de sills injectés à des profondeurs variables autour du haut fond brioverien de Plourac'h et annonçant la phase bretonne du plissement hercynien. Plus à l'Ouest, en piémont de l'Arrée, au Nord de Brasparts, d'autres sills de dolérite s'insèrent dans les formations schisteuses du Coblencien armant une partie des collines aux flancs raides qui culminent vers 160-180 m et qui constituent l'un des éléments principaux du paysage de la région. Les manifestations volcaniques de la phase bretonne ont affecté plus particulièrement la bordure interne occidentale de la fosse centrale armoricaine, au moment où elle se déprimait à nouveau, il y a 350-340 millions d'années (Dinantien) pour former le géosynclinal carbonifère. Il s'agit encore d'un volcanisme sous-marin, se manifestant au Nord par des coulées et brèches où dominent spilites et kératophyres, au Sud par des coulées et des sills. Une bande de terrains volcaniques s'étire au Nord de la région de Lopérec (Sud-Ouest de Brasparts) jusqu'à celle de Locmaria Berrien (Sud du Huelgoat). Les premières éruptions ont débuté avant et après le dépôt discordant sur les formations sédimentaires dévoniennes d'un puissant conglomérat provenant de l'érosion des premiers reliefs édifiés par la phase bretonne du plissement hercynien. On peut observer dans la carrière de Keroc'h au Nord de Plouyé des galets roulés de brèche volcanique voisinant avec des galets de granites, de quartz et des blocs de quartzite dans la masse de conglomérat, immédiatement bordée vers le Sud par une épaisse brèche volcanique à éléments de kératophyre et ciment de spilite. A proximité, près de Guerricau, la mise en place des coulées dans les sédiments meubles du fond sous marin a provoqué la formation de jaspes rouges à hématite, que l'on retrouve plus à l'Ouest, près de Lannédern, à la chapelle de Coat ar-Roc'h où ils sont mélangés à des jaspes noirs à magnetite. Les jaspes ferrugineux et les brèches à ciment de spilite sont des roches très dures. L'ensemble de cette formation volcano-sédimentaire redressée à la verticale se marque bien dans le relief. Venant du Sud après avoir parcouru les molles collines schisteuses du synclinorium dinantien culminant vers 140 m, on aborde la zone de piémont de l'Arrée par une ligne de collines généralement plus élevées (160 à 200 m) aux versant raides. Limite de géosynclinal, c'est la trace d'un vieux rivage breton, jalonné par les éruptions volcaniques. Les photographies aériennes révèlent très nettement le long affleurement des terrains volcaniques décrochés par failles, en avant de l'Arrée. Sur plus de 6 km, la crête d'interfluve de Lannédern armée par les jaspes s'étire en bloquant l'écoulement vers le Sud des eaux qui, arrivant de l'Arrée, suivent la pente d'une vieille surface d'aplanissement. Cette crête est longée par la vallée rectiligne N.E./S.W. du ruisseau du Grand Pont. Les filons de microgranite qui semblent avoir précédé ou suivi de peu les venues éruptives renforcent en bien des points les reliefs volcaniques qui leur sont associés. Le piémont de la Montagne Noire est aussi souligné par une bande de formations volcaniques interstratifiée dans des schistes situés à la limite des terrains dévoniens et dinantiens. On peut y reconnaître des roches de coulée bleu-vert, du type andésite, des tufs, des sills de dolérite, fournissant des boules et libérant du fer qui forment les débris de croûtes ferrugineuses qui ont recouvert d'anciennes surfaces d'aplanissement à l'époque tertiaire et dont les blocs parsèment actuellement les replats entre 180 et 200 m d'altitude. Entre St-Thois et Laz, la densité des affleurements de sills et coulées explique la massivité des hautes collines aux pentes raides, qui forment un piémont à la crête des roc'h au Sud (Menez Fennec 180 m) et dominent par un escarpement de 100 m de commandement la vallée de l'Aulne au Sud-Ouest de Châteauneuf-du-Faou. Vers l'Est, jusque dans la région de Motreff, les sills de dolérite plus rares ne se marquent guère dans le paysage.

 

III. - Le volcanisme breton

 

L'orogenèse cadomienne qui a affecté les ermations du Briovérien discordantes sur le socle pentévrien a amené la mise en place de roches volcaniques entre -800 et -600 millions d'années. Elles constituent, avec les roches sédimentaires qu'elles ont transformées à leur contact, des formations stratifiées, modifiées parfois par un métamorphisme épizonale en épidiorite ou amphibolite (Loquirec -Plestin les Grèves-Forêt de Beffou), interstratifiées dans les séries sédimentaires, plissées et faillées. L'étage d'Erquy, à la base du Briovérien, comprend une série volcanique basique, effusive et sous-marine provenant d'un magna spilitique. Entre le cap d'Erquy et la pointe du Verdelet se succèdent de bas en haut à travers les terrains des sills à texture grenue,, puis doléritique, ensuite des tufs formés dans les sédiments meubles près de la surface des hauts fonds marins, surmontés de coulées à pillows-lavas avec des hyaloclastites (pointe de la Heussaye près d'Erquy ou du Guilben près de Paimpol). Au contact des sills et coulées, les schistes et quartzites du Briovérien ont été transformés en adinoles. Cet ensemble volcano-sédimentaire s'étire en une longue bande de Loquirec (albitophyre-schistes tufacés) à Erquy, traversant de l'Ouest à l'Est le Trégor (porphyrites et andésites de Paimpol) et la baie de St-Brieuc. Il forme aussi l'anticlinal de Beffou et les anciennes coulées portent les sommets de Gros Pavé et de Goariva. Dans le Porzay, quelques coulées à pillow-lavas et sills doleritiques moins abondants représentent l'étage d'Erquy. L'extrémité Nord-Est du Trégor a été le siège d'un volcanisme à roches plus acides, dont les sills, dykes, tufs, brèches et coulées affleurent largement, incorporés pour une bonne part au socle cristallin cadomien remobilisé par l'orogenèse hercynienne. Ce sont des rhyolites ou porphyres pétro-siliceux et des trachytes souvent devenus des orthophyres avec des obsidiennes bulleuses. Des dolérites et roches microgrenues en sills nombreux affleurent sur la rive orientale de la baie de Morlaix (presqu'île de Barnenez). Elles ont le même âge (au moins 600 millions d'années) que les coulées à pillows-lavas de Penn-ar-vir dans le Porzay. Dans la partie occidentale du bassin de Châteaulin et en presqu'île de Crozon les roches volcaniques ont été mises en place au Caradoc pendant le cycle orogénique calédonien. C'est aussi un volcanisme sous-marin basique à spilites, de bordure de géosynclinal, où les tufs fossilifères et ferrugineux sont abondants. Les coupes fournies par les falaises des plages de la Palue et Lostmac'h ou celles de l'Aber montrent une organisation du complexe volcanique identique à celle d'Erquy, avec des sills de dolérites et roches micrc grenues en profondeur, des jaspes, des tufs, coulées à pillow-lavas et des hyaloclastites sur les hauts fonds de la mer ordovicienne. Certains tufs seraient formés (pointe de Raguenez) par des retombées d'éruptions aériennes. Le cycle orogénique hercynien a provoqué pendant toute sa durée la mise en place d'importantes venues volcaniques tant en Bretagne septentrionale que sur les bordures de la fosse centrale armoricaine. Les premières manifestations éraptives se sont produites lors de la phase bretonne par la mise en place de nombreux sills de dolérite issus d'un magna spilitique (bande de spilite du moulin de Rospellen) dans les schistes de Coblencien, en particulier autour du cours supérieur de l'Aulne (dolérites de Bolazec). Lors de la phase bretonne, les éruptions eurent pour siège la bordure méridionale du bassin de Châteaulin (piémont de la montagne noire) avec sills doléritiques, coulées et tufs, ainsi que sa bordure septentrionale (piémont de l'Arrée) avec d'abondants tufs andésitiques, des jaspes ferrugineux et des brèches à spilite et kératophyre. C'est encore un volcanisme sous-marin, prélittoral issu d'un magna spilitique. Cet aperçu historique montre la permanence, au cours de centaines de millions d'années et de trois cycles orogéniques, de manifestations éruptives identiques aboutissant à la mise en place de séries caractérisées par des épanchements de laves sous-marines à débit en oreillers ( « pillows-lavas ») intimement liées à des formations sédimentaires marines (tufs ou brèches hyaloclastiques). Les laves sont souvent des spilites. Sous les coulées basaltiques viennent toujours en profondeur les dolérites en sills. Ces formations volcaniques sont interstratifiées dans les formations sédimentaires, sauf les porphyres et orthophyres incorporés au socle cristallin du Trégor. Plissées par les mouvements tectoniques après leur mise en place, elles se présentent en bancs ou lits minces à fort pendage, ce qui exclut les ressauts successifs ou les corniches sur les versants et falaises. Généralement, ce sont des roches dures, résistantes, qui ont été nivelées par les surfaces d'aplanissement comme toutes les autres roches. Les affleurements rubanés au milieu de formations schisteuses plus tendres peuvent influencer le tracé du réseau hydrographique ou aligner les collines armées de sills. La grande densité des affleurements, généralement en rapport avec les coulées et les formations pyroclastiques, explique l'existence de longues crêtes d'interfluve. Bloquant l'érosion régressive, les roches volcaniques ont permis la conservation d'un palier de plateaux plus élevés en piémont de l'Arrée et de la Montagne Noire dans le bassin de Châteaulin. Portées en altitude par la tectonique, les roches des coulées peuvent donner une haute ligne de collines isolées aux formes de « Menez ». Affectées par une forte schistosité, elles forment un roc'h au sommet du Goariva. C'est l'érosion marine, très sélective, qui met le mieux en valeur les affleurements de roches volcaniques et l'organisation structurale des complexes sills-coulées, lorsqu'elle attaque les roches perpendiculairement au plan de stratification comme c'est le cas le plus général. La zone des coulées et brèches, plus épaisses et plus résistantes, donne les pointes les plus importantes (pointe de la Heussaye, pointe du Guilben, pointe de Lostmac'h) ; les sills ou dykes isolés dans les formations sédimentaires tendres ne donnent que peu de saillies, bien marquées lorsqu'elles sont formées de roches à texture grenue (pointe de Kerdra, pointe de Caroual). Les dykes et sills de dolérite sont souvent altérés au bord de la mer et donnent des formes en creux. Groupés, ils arment les roches encaissantes et forment des pointes larges et allongées (presqu'île de Barnenez). L'aspect tourmenté et déchiqueté des pointes les plus importantes est lié à l'érosion différentielle exercée par la mer. Des bancs parallèles de roches dures sont dégagés et avancent en muraille dans les flots. A la pointe de Lostmac'h, l'attaque par la houle se fait perpendiculairement au plan de stratification et deux coulées de lave, parallèles, avancent ensemble dans la mer, tandis qu'à la pointe de la Heussaye ce sont les brèches pyroclastiques et les adinoles qui saillent, obliquement à la direction générale de la presqu'île. A l'île de l'Aber, les dolérites sont attaqués par l'érosion marine et les petites pointes qui donnent une allure si tourmentée aux rivages de l'île sont formées pour la plupart par la roche encaissante : le grès de Kermeur. Les formations volcaniques jouent un rôle non négligeable dans le relief de la péninsule. Quoique mises en place pendant une très longue période géologique, elles présentent souvent une remarquable unité d'origine (magna spilitique) et de structure (coulées sous-marines et sills). Du fait de l'ancienneté des éruptions, il ne subsiste plus que des formations interstratifiées dégagées par l'érosion donnant sur le littoral des pointes et caps tourmentés et, dans l'intérieur des terres, de longues crêtes d'interfluves de hautes collines et des rétrécissements de vallées et de rias. Il ne s'agit pas véritablement de formes particulières révélées par l'érosion différentielle à partir de surfaces d'aplanissement,mais d'une action des bancs linéaires de roches volcaniquesqui guident le réseau hydrographique et le travail de l'érosion marineou arment les reliefs en jouant souvent le rôle d'une barrière à la progression de l'érosion régressive.

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:30

 

 

II. - Le volcanisme en Bretagne Occidentale (fig. 2).

 

 

Entre les terrains granitiques et cristallophylliens qui forment l'essentiel du socle du Léon et du Trégor et la Cornouaille, la Fosse centrale armoricaine est formée par une énorme accumulation de terrains sédimentaires, principalement des schistes qui se sont déposés du Briovérien au Dinantien. Sur les schistes briovériens, plissés par l'orogénèse cadomienne, les formations sédimentaires paléozoïques reposent en discordance. L'ensemble a été affecté ensuite par le plissement hercynien. Les zones d'instabilité tectonique que sont les bords de la fosse ont été le siège d'une importante activité volcanique. 1) Le volcanisme briovérien du Porzay et de Befpou. La puissante série sédimentaire schisto-gréseuse du Briovérien qui forme le Porzay à l'Est de la baie de Douarnenez passe insensiblement sur ses bordures septentrionales et orientales à une formation volcano sédimentaire qui rappelle celle d'Erquy, avec sills de dolérite ouralitisée et des coulées de porphyrite alternant avec des formations pyroclastiques. Armant des sommets de collines, sills et coulées forment des crêtes d'interfluves dirigées NW/SE au Sud de Ploeven et orientent le réseau hydrographique dans le triangle : Plomodiern, Cast, Plonevez-Porzay. Ils affleurent dans les falaises au Sud de Telgruc, formant les pointes orientées à l'Ouest qui encadrent très nettement l'anse du Caon.

 

 

 

Légende du croquis Fig. 2. -

 

1) Principaux affleurements de schistes briovériens.

 

2) Principaux affleurements de grès armoricain.

 

3) Affleurements de terrains dinantiens.

 

4) Granite.

 

5) Failles.

 

6) Coulées, brèches et tufs.

 

7) Sills de dolérite.

 

8)Amphibolites (anciennes roches volcaniques briovériennes  métamorphiques).

 

A) Coulées à pillow-lavas de la pointe de Lostmac'h.

 

B) Sills de la pointe de Kerdra.

 

C) Complexe volcanique de Saint-Thois (Montagne Noire).

 

D) Brèche volcanqieu de Kerroc'h (Arrée).

 

E) Menez et roc'h volcaniques de Goariva.

 

Les schistes attaqués par la mer reculent, formant la baie, tandis que la pointe du Bellec au Sud, armée par des sills doléritiques et un filon de kersanton, forme un saillant. Il en est de même pour celle de Pennar-vir au Nord, où, sur sa face septentrionale, on peut observer dans la petite crique de Trez Bihan une coulée de spilite à pillow-lavas, interstratifiée et datée en géochronologie absolue de 600 à 630 millions d'années. La face Sud de l'éperon rocheux est armée par des sills de dolérite. Au Sud du Trégor, la bordure septentrionale du bastion de hautes terres qui encadrent le bassin de Châteaulin et ses prolongements est constituée en majeure partie par un complexe de roches volcaniques et sédimentaires briovériennes, semblables à celles d'Erquy, où des schistes verdâtres sont intimement mêlés à des roches volcaniques, à des amphibolites et à des épidiorites. L'ensemble forme l'anticlinal de Beffou, ainsi appelé parce que les terrains du début du Briovérien, limités par failles, surgissent au milieu des formations sédimentaires dévoniennes. L'affleurement forme une longue amande effilée d'une dizaine de kilomètres de long, large au maximum de 2 et de direction dominante E.N.E.-W.S.W. Des décrochements, provoqués par des failles méridiennes, accidentent ses contours. Il y a coïncidence très exacte des affleurements volcaniques avec les plus hauts reliefs de la région qui dominent brutalement au Nord les plateaux du massif granitique de Plouaret et au Sud ceux installés sur les schistes dévoniens de la haute Aulne et de l'anticlinal briovérien de Plourac'h-Callac. La plupart des sommets dépassent 300 m, séparés de leur piémont, 60 à 100 m plus bas, par des pentes parfois très raides comme en forêt de Beffou. La base de la série affleure au Sud et est formée par une série de coulées basaltiques noires ou bleu-verdâtres très résistantes pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur, en pendage à 40-50° vers le Nord. Ces coulées portent les plus hauts sommets, ceux de Goariva à 314 m et celui du Gros Pavé (322 m) en forêt de Beffou. Les collines de Goariva sont de vastes dômes aux pentes fortes. L'épaisseur de l'ensemble de la série des coulées, qui paraît être d'au moins 300 m, explique avec le pendage à 45° en moyenne l'aspect convexe de ces collines du type « menez ». Un roc'h isolé (3 à 4 m de haut) dresse ses formes déchiquetées inclinées vers le Nord au sommet du Goariva. Il s'agit en fait d'un banc de spilite, affecté localement par une très forte schistosité. On a affaire à une roche d'épanchement en partie dévitrifiée, mais moins basique que les roches qui l'entourent. C'est vraisemblablement le seul exemple en Bretagne d'un roc'h formé par une roche volcanique. Le Gros Pavé en forêt de Beffou a tous les aspects d'un horst, basculé vers le Sud, encadré sur 3 de ses côtés par des failles qui déterminent de grands talus, raides et des escarpements. Il est composé par une série importante de roches où alternent des amphibolites et des coulées volcaniques. Dans la partie septentrionale de l'anticlinal de Beffou, l'absence des hauts reliefs coïncide avec la moindre importance des coulées et la prédominance des formations schisteuses. Relief et volcanisme sont étroitement liés. L'analyse morphostructurale de la région à partir des photographies aériennes révèle que ces collines de roches volcaniques sont des reliefs résiduels, qui, à cause de leur grande résistance aux agents d'érosion, portent actuellement témoignage de l'existence d'anciens horsts qui ont déformé une vieille surface d'érosion. D'évidentes traces d'aplanissement s'observent en effet au sommet de toutes ces collines volcaniques. Les formations volcaniques de l'anticlinal de Beffou n'ont été mises en valeur que par l'action d'une tectonique de failles qui les a révélées. 2) Le volcanisme ordovicien de la presqu'île de Crozon et du Menez Hom (fig. 2). Des rives occidentales de la presqu'île de Crozon, à la zone des grandes failles N.E.-S.W., qui interrompent à l'Est du Menez Kerque, au Sud de Châteaulin, la continuité de la crête du Menez Hom, s'étire une bande de terrains volcaniques, sur près de 50 km, large de 2 à 3 km par endroit. Ce sont des dykes, sills, coulées, tufs, jaspes et brèrches interstratifiés au milieu des terrains sédimentaires de l'Ordovicien moyen (schistes d'Angers) et supérieur (grès de Kermeur, schistes, calcaires de Rosan), occupant la dépression qui isole le cap de la chèvre entre Lostmac'h et Morgat, et celle qui fait communiquer la baie de Douarnenez avec la vallée de l'Aulne par l'Aber et Argol, longeant ensuite le versant oriental de la crête de grès armoricain du Menez Hom. Il s'agit de venues volcaniques basiques sous-marines qui se produisirent au Caradoc, en rapport avec le cycle orogénique Calédonien, dont c'est sans doute la principale manifestation en Bretagne. Les pointes encadrant les plages de la Palue et de Lostmac'h permettent d'observer l'organisation en profondeur du complexe volcanique. Du Sud vers le Nord, affleurent en pendage vers le Nord, successivement sur 3 km à partir du grès armoricain qui forme l'Ordovicien inférieur, les schistes d'Angers et les grès de l'Ordovicien moyen avec à leur base les sills de la pointe de Kerdreux, puis les grès, schistes et calcaires de l'Ordovicien supérieur avec sills (pointe de Kerdra) font à nouveau affleurer l'Ordovicien supérieur et le Silurien avec des coulées, des brèches et des tufs (pointe de Losmarc'h). La pointe de Kerdra est formée par de gros sills gabbro-doléritiques. Lorsqu'il s'agit de roches de texture grenue, le sill avance comme une muraille sombre à travers la plage. Cette roche a tendance à se débiter en grosses boules ou blocs à angles arrondis. Les roches plus claires de faciès doléritiques sont davantage altérées et se décomposent aussi en boules encadrées par des fissures avec concrétions ferrugineuses. Elles ne donnent pas de saillants importants. On passe par transition du faciès gabbro au Sud au faciès dolérite au Nord. Le complexe volcanique de la pointe de Lostmarc'h est remarquable par les formes qu'il engendre. L'érosion différentielle marine accentue le contraste entre les formations volcaniques, disposées ici en bancs parallèles avec un pendage de 75°N. Les coulées de basalte et les brèches très résistantes donnent deux minces murailles déchiquetées qui s'avancent parallèlement et profondément dans les flots, avec falaises verticales, formant les branches de la queue de cheval (Lostmac'h), de la presqu'île tourmentée, haute d'une trentaine de mètre, large d'autant à sa base et longue de 150 mètres. La branche Nord, formée par des coulées à pillows-lavas emballées dans un carbonate de calcium blanc, est bordée sur sa face septentrionale par un tuf, brèche formée par des fragments noirâtres de laves, morceaux de coulées et de pillows éclatés sous l'eau, remaniés, classés par la mer ordovicienne en éléments de quelques millimètres à plusieurs centimètres ; le tout emballé dans un ciment calcaire blanc. Certains tufs, attaqués par la mer sont en retrait par rapport aux coulées. On distingue des tufs qui correspondent à des laves qui se sont mises en place dans des sédiments calcaires meubles du fond sous marin et des tufs fossilifères qui proviennent du remaniement sous l'eau du matériel pyroclastique et qui contiennent des calcaires blancs fossilifères. A ces tufs sont associés des minerais de fer d'origine volcanique transformés en surface en limonite. Le complexe volcanique de la Palue-Lostmac'h montre à la fois un volcanisme effusif et intrusif. Lors des éruptions sous-marine du Caradoc, des sills se sont mis en place à une certaine profondeur (4 à 500 m) sous le fond de la mer dans les formations de l'Ordovicien moyen (pointe de Kerdra), au-dessus, des laves se sont mélangées aux sédiments superficiels formant des tufs ferrugineux, tandis que des coulées sous l'eau se transformaient en pillow-lavas et tufs (pointe de Lostmarc'h). A l'Est, dans la baie de Morgat, on retrouve un complexe volcanique d'organisation identique sur la rive orientale, les pointes de Raguenez, de Kerglintin et l'île de PAber doivent aussi leurs formes tourmentées à l'érosion marine qui oppose les saillies des coulées tufs et grès résistants aux creux des sills doléritiques et des schistes tendres. Le découpage des côtes est compliqué par des failles et des filons de quartz et de kersantite qui recoupent le complexe volcano-sédimentaire. Les tufs ferrugineux de Rozan, interstratifiés avec des bancs calcaires, offrent peu de résistance à l'érosion marine. Fossilifères, composés par des cendres et scories, ils semblent résulter des dépôts sous l'eau des produits de projection aérienne. A l'intérieur, de Lostmac'h à Trégarvan sur les bords de l'Aulne, les formations volcaniques qui affleurent en longues bandes étroites ne se remarquent guère dans le paysage. Les sills de dolérite sont trop peu nombreux et les tufs ferrugineux ne se révèlent guère plus résistants à l'érosion que les schistes et grès dans lesquels ils s'insèrent. 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 21:24

I) Inventaire des reliefs d'origine volcanique en Bretagne occidentale  et septentrionale par Jacques Garreau

 

En Bretagne Occidentale et Septentrionale, les terrains volcaniques sont localisés d'une part sur les bordures de la fosse centrale armoricaine caractérisée par les formations sédimentaires de Pantécambrien et du Paléozoïque entre la presqu'île de Crozon à l'Ouest et l'extrémité orientale du bassin de Châteaulin, d'autre part au Nord, sur les plateaux du Trégor, du Goélo, du Penthièvre et des pays de l'Arguenon et de la Rance formés par des terrains allant du Pentévrien au Carbonifère, composés principalement par des roches métamorphiques et éruptives. Les éruptions se sont produites à plusieurs reprises au cours des quelques 500 millions d'années environ qui se sont écoulées depuis le début du Briovérien jusqu'au Permien. Les principaux épisodes volcaniques se situent au début du Briovérien entre -750 et -600 M. A. (cycle orogénique cadomien), à la fin de POrdovicien supérieur (caradoc) vers -440 M.A. (cycle orogénique calédonien) vers 400 M.A. au Dévonien et 340 M.A. au Dinantien (phase tectonique bretonne du cycle orogénique hercynien). Les coulées de lave, les brèches, les tufs, toujours en rapport semble-t- il avec des éruptions sous-marines, ne se sont conservés que parce qu'ils ont été recouverts par des terrains sédimentaires. Ce sont actuellement des formations volcaniques inter stratifiées que l'érosion exhume. Les sills sont nombreux particulièrement à travers les formations schisteuses dévoniennes, tandis que des essains de filons traversent le socle des plateaux septentrionaux.

 

Le volcanisme des plateaux septemtrionaux fig. I.

 

 

 

2) Filons de dolérite du Trégor et de la Rance.

 

3) Coulées à pillow-lavas observables en falaise.

 

4) Bordures de la Fosse Centrale Armoricaine.

 

5) Formations briovériennes avec terrains volcaniques.

 

6) Bassin dinantien de Châteaulin.

 

(A) Volcanisme ordovicien de Lostmac'h et l'Aber.

 

(B) Volcanisme briovérien de Telgruc.

 

(C) Volcanisme dévono-carbonifère de Saint-Thois.

 

(D) Volcanisme dévono-carbonifère de Lannédern-Locmaria.

 

(E) Volcanisme dévonien de Bolazec.

 

(F) Volcanisme briovérien du Goariva et de Beffou.

 

(G) Volcanisme briovérien de Barnenez.

 

(H) Volcanisme briovérien de Loquérec.

 

(I) Volcanisme briovérien de la pointe de Guilben.

 

(J) Volcanisme briovérien de la pointe de Heussaye.

 

De la baie de Morlaix à l'Ouest, à celle de Cancale à l'Est s'étend un  vaste ensemble de plateaux (Trégor-Goélo-Penthièvre-Pays de l'Arguenon et de la Rance) entourant la baie de St-Brieuc qui en marque le centre. Quoi qu'accidenté par des cours d'eau qui s'y encaissent, le relief est sous la dépendance d'une succession de niveaux d'érosion étages qui s'élèvent progressivement du Nord vers le Sud. On a affaire en majeure partie à des terrains cristallins, formés de roches éruptives (granites, gabbros, diorites) ou métamorphiques (gneiss, micaschistes, amphibolites) d'âges variés, mises en place ou formées lors des cycles orogéniques cadomien et hercynien. Les schistes, grès et formations volcaniques du Briovérien (entre 1 milliard et 500 millions d'années) représentent l'essentiel des roches sédimentaires. Le socle pentévrien (environ 1 milliard d'année) qui affleure en baies de St-Brieuc et de Lannion est recouvert en discordance par les terrains sédimentaires briovériens qui contiennent, interstratifiés, des tufs, des coulées à pillows-lavas et des brèches (hialoclastites) qui correspondent à des venues volcaniques géosynclinales datant d'environ 750 millions d'année (cycle orogénique cadomien). Ce complexe de roches sédimentaires et volcaniques forme un long affleurement allant de Loquirec (partie Ouest de la baie de Lannion) à Erquy (rive orientale de la baie de St-Brieuc). Une autre bande étroite, orientée du N.E. au S.E., borde, de la baie de la Fresnaye jusqu'à la vallée du Gouessan, le massif de diorite qui forme un axe anticlinal parallèle à la côte Est de la baie de St-Brieuc. Tous les terrains cristallins, sédimentaires et volcaniques, sont recoupés en particulier autour de Guingamp, de St-Brieuc et du pays de la Rance par un grand nombre de filons de dolérite en essaims dont on n'est pas certain qu'ils aient provoqué en surface un volcanisme effusif aboutissant à la formation de trapps de basalte. C'est à la pointe de la Heussaye, au Sud d'Erquy, sur le rivage oriental de la baie de Saint-Brieuc que peuvent être le mieux observées les formations volcano-sédimentaires de la base du Briovérien et les formes du relief littoral qui en dérivent. Entre le Cap d'Erquy au Nord, formé de grès et poudingues transgressifs sur les schistes du Briovérien, et la pointe du Verdelet au Sud (micro-granodiorite), la baie, creusée dans les formations gréso-schisteuses tendres du Briovérien, est accidentée par la pointe de Caroual et surtout par celle de la Heussaye où la série volcanique débute par des spilites compactes formant des sills dont la puissance varie de quelques mètres à une centaine de mètres. Entre les sills, les formations sédimentaires ont recristallisé au contact des venues spilitiques donnant des « adinoles » (métamorphisme d'une roche sédimentaire au contact d'une roche basique), sorte de roche à caractère de tuf et paraissant résulter du mélange des minéraux de la roche eruptive et du sédiment. Ces formations très dures, de couleur verte, gris bleuté ou noire, souvent litées, font saillies sur l'estran. forment les falaises qui avancent comme des murailles dans les flots donnant à la pointe un contour tourmenté. Au dessus de ces roches, mises en place à proximité de la surface des terrains sédimentaires, suivent une dizaine de coulées à « pillowslavas » qui témoignent d'un volcanisme effusif sous-marin. Les laves qui composent les pillows sont des spilites de même nature que celles des sills. Les dimensions des oreillers varient de 25 cm à 2 m de grand axe. Entre les pillows se trouvent des tufs à éléments très fins formant une roche très dure, à cassure plus ou moins conchoïdale, de couleur gris-bleu avec un litage plus sombre, parfois vert. Ce ne sont pas des cinerites et elles se sont formées en milieu marin par mélange intime sur le fond de la mer de la fraction proprement volcanique et de la fraction sédimentaire meuble (sable- argile). Au sommet de l'ensemble des coulées à pillows-lavas se situent des brèches volcaniques, avec une matrice brèchoïde englobant des pillows refroidis, brutalement éclatés. Il s'agit de l'émiettement sous l'eau de la croûte vitreuse des pillows. Cette brèche très résistante aux agents de l'érosion est une « hyaloclastite ». Les strates de ce complexe volcano-sédimentaire n'affleurent pas horizontalement, mais sont toutes redressées à la verticale. L'analyse de l'allure des pillow-lavas, en particulier de leur dissymétrie de formes, le sommet étant plus convexe que la base aplatie, permet de se rendre compte que la série est renversée vers le Nord (pendage vers le Sud à 60-80°). La pointe de la Heussaye correspond au flanc septentrional d'un anticlinal d'axe E.W., dont le flanc Sud a disparu sous l'action d'une faille dirigée N 100°-110o. L'épaisseur de la série volcanique (environ 300 m pour l'ensemble des bancs), la dureté de l'ensemble, ainsi que la verticalité des strates liées à la tectonique et attaquées sur la tranche par la mer, expliquent l'existence de la pointe de la Heussaye, éperon rocheux haut de 18 à 20 m, large à la base de 500 m, qui avance de 400 m dans la mer. Au Sud de la pointe, les roches volcaniques ne sont plus représentées que par des sills d'assez faible puissance qui donnent de petits pointements rocheux, sauf à la pointe de Caroual où, plus nombreux, ils forment un petit massif saillant au milieu de la baie entre le cap d'Erquy et la pointe de Verdelet. Au Nord de la pointe de Caroual, les sills sont formées de spilites à texture doléritique, tandis que vers le Sud on a affaire à des roches spilitiques également mais à faciès grenus et plus résistantes. Les mesures de géochronologie absolue ont donné, pour les spilites d'Erquy, entre 800 et 900 M.A. Toute la série d'Erquy (complexe volcano-sédimentaire) est discordante sur le socle pentévrien qui affleure sous forme d'un massif de diorite datée de 1 100 et 1 300 M.A. Longeant ce massif à l'Est, une mince bande de formation volcanique briovérienne, se rattachant à l'étage d'Erquy, court de la baie de la Fresnaye au N.E. jusqu'à Pommeret au S.W. La grande résistance à l'érosion de ces formations qui s'appuient sur des amphibolites vraisemblablement pentévriennes explique la rigidité du tracé du Frémur qui les longe. Au large d'Erquy, les îlots de Gloméré, de l'archipel de la Jaune ou de celui des Portes d'Erquy, au centre de la baie, ceux du grand et petit Lejon et au Nord ceux de Barnouic sont formés principalement par des andésites et des rhyolites. Dans la région de Paimpol, les affleurements de terrains volcaniques briovériens sont très étendus. Les albitophyres de Pors-Hir, au Nord de Lézardrieux et de Tréguier, sont une formation complexe, de roches massives, souvent bréchoïdes à phéno-cristaux où alternent des bancs de roches plus acides du genre trachyte avec d'autres plus basique du genre andésite. Ces formations ont subi un métamorphisme. Elles affleurent en long dykes (1), orientés généralement E.N.E.-W.S.W., à travers le massif granitique cadomien de Perros autour de Plougrescan et dans l'île des Héaux. De très nombreux affleurements, mêlés à des filons de microgranite, donnent un important massif, situé au Nord de Paimpol et portant la pointe de l'Arcouest. Ces formations, pour la plupart d'anciennes spilites associées à un substratum de roches granitiques, ne s'en différencient pas quant à la dureté. Aucune forme particulière de relief ne peut leur être imputée. De Lannion à Paimpol s'étire un long affleurement large de 2 à 4 km, formé de plusieurs bandes de terrains volcaniques se développant vers l'Est. Les albitophyres et tufs de Tréguier forment la bande principale, septentrionale, qui traverse tout le Trégor. De Lannion à Tréguier, c'est une roche tufacée, en bancs redressés à pendage vers le Sud, alternant avec des schistes verts, tandis que, de Lézardrieux aux falaises de Pors-Even, coulées et brèches dominent, témoignant d'éruptions sous-marines, avec des andésites, des trachytes et des rhyolites. Ces dernières roches donnent, de Lézardrieux à l'extrémité de l'archipel de Paimpol (roches du Roho) en passant par Ploubazlanec, une importante série de coulées redressées à la verticale, en pendage vers le Sud, alternant avec des lits tufacés ou bréchoïdes. Ce sont les porphyres pétrosiliceux de Lézardrieux qui s'opposent nettement à la formation des schistes et tufs de Tréguier par leur résistance à l'érosion actuelle. Alors que les affluents du Léguer, du Guindy et du Jaudy ont affouillé les schistes tufacés, les porphyres pétrosiliceux provoquent l'étranglement de la ria du Trieux au Nord de Lézardrieux. Tufs et porphyres sont bordés au Sud par une bande de spilite qui s'élargit considérablement entre Lézardrieux et Paimpol. On a affaire à d'abondantes coulées épaisses de 50 cm à 2 m environ, à surface rugueuse, donnant tantôt des laves cordées, tantôt des pillows-lavas, et alternant en concordance avec des lits de porphyrite, de tufs, ou de calcaire dolomitique et de schistes verts et rouges. Intercalées entre les coulées spilitiques se trouvent au Sud de Tréguier des strates formées d'une brèche porphyrique, contenant des blocs de porphyrite qui pourraient avoir été arrachés par des explosions aux cheminées volcaniques ou qui proviendraient de l'éclatement des coulées ou des pillows-lavas au contact de l'eau lors des éruptions sous-marines. La formation des spilites de Paimpol semble offrir à l'érosion une résistance d'ensemble non négligeable, et a donné une longue crête d'interfluve qui s'étire de Paimpol à Tréguier particulièrement entre Lézardrieux et Paimpol, là où les formations sont les plus épaisses. Ce relief domine nettement au Sud la dépression entaillée dans la bande des phyllades de St-Lô, qui s'étire de la baie de Paimpol à Lannion. Le contraste lithologique entre des coulées volcaniques résistantes et des schistes tendres prend ici toute sa valeur. Les formes remarquables du relief de la série ophiolitique (2) sont le rétrécissement très prononcé de la ria du Trieux au Sud de Lézardrieux et la longue pointe de Guilben, (2 km de long sur 100 à 400 m de large) orientée E-W qui s'avance solitaire au milieu de la baie de Paimpol, avec ses coulées à pillows-lavas et ses cornalines rouges. Les formations ophiolitiques d'Erquy apparaissent encore plus au Sud avec les ondulations et les failles qui affectent la grande bande Est-Ouest des phyllades de St-Lô. Cependant, aucune forme particulière de relief continental ne se dégage, car les nombreux sills et coulées sont en bancs peu épais au milieu des schistes. Il en est de même pour les affleurements de porphyrites de Plourivo (Sud de Paimpol). (2) Par séries ophiolitique nous entendons ici un cortège de sills de dolérites et de coulées, formés de spilite, et mis en place par des épanchements sous-marins, géosynclinaux. Attribués par erreur sur la feuille géologique de Tréguier (2e édition) à l'époque carbonifère, on y trouve la série d'Erquy avec des sills de spilite et des bancs tufacés. Les crêtes d'interfluve sont fixées sur les formations volcaniques circonscrivant les bassins hydrographiques des tributaires de la baie de Paimpol. Dans la partie Ouest de la baie de Lannion, on peut observer la discordance près du Moulin de la rive en Loquirec entre le socle pentévrien, complexe des gneiss granitique et de gneiss dioritique, affecté par une rétromorphose épizonale, et daté d'environ un milliard d'année et les formations du complexe ophiolitique d'Erquy. La base du Briovérien est formée par les schistes tufacés à niveaux de poudingue (chloritoschites à albite de Loquirec), redressés qui forment la pointe de Loquirec. Vers l'Est, ils sont suivis par la formation des schistes verts de Plestin, composés principalement d'oligoclase acide, épidote, amphibole, sphène et chlorite. On peut repérer sur les falaises de Porz Mellec, de la pointe de l'Armorique, d'anciennes coulées à pillow-lavas transformés en amas d'épidote. Ces roches, dont l'âge est d'environ 750 millions d'années, représenteraient l'équivalent épimétamorphique des formations volcaniques basiques, sous-marines de la région de Paimpol. La dureté des bancs d'origine volcanique et leur disposition en strates verticales rendent compte de l'existence des saillants, les baies étant creusées dans les formations schisteuses. Plus à l'Ouest, sur la rive orientale de la baie de Morlaix, se détache, allongée du N.N.W. au S.S.E., la longue presqu'île de Barnenez, petit cap de 2 km de long, 500 m de large au maximum, et culminant à 46 m. C'est l'extrémité d'une bande de sills de dolérite formant un croissant de 6 km de long jusque dans l'intérieur des terres au Sud-Est de Plouézoc'h. La roche à texture doléritique à l'Ouest passe à une roche grenue à l'Est et envahit sous forme de sills des schistes noirs qui ont été attribués au Carbonifère sur la 2e édition de la feuille géologique de Lannion publiée en 1966. Mais des mesures géochronologiques récentes (1968) ont montré que les roches basiques de la pointe de Perrohan, à l'extrémité de la presqu'île, ont plus de 500 millions d'années (âge minimal) et représenteraient la continuation vers l'Ouest des formations volcaniques de l'étage d'Erquy. De la baie de Morlaix à celle du mont St-Michel, les terrains volcaniques, malgré la densité de leurs affleurements, n'offrent pas dans l'intérieur des formes particulières de relief et passent souvent inaperçus dans la topographie. Cela tient à plusieurs raisons. Malgré la grande dureté des brèches, des coulées à pillow-lavas et des formations pyroclastiques, redressées en bancs subverticaux, leur épaisseur reste trop faible pour former des reliefs durables. Depuis la destruction des reliefs de l'époque hercynienne, toutes ces formations volcaniques affleurent au moins depuis la fin de l'ère secondaire, et ont été nivelées par les surfaces d'érosion continentales ou marines. L'érosion sélective actuelle à son action limitée la plupart du temps par la faible différence de résistance à l'érosion qui oppose les formations volcaniques en bancs durs, mais souvent trop minces, aux vastes affleurements de roches cristallines ou métamorphiques qui les encadrent. Sur le littoral, l'érosion marine très sélective met remarquablement en valeur les formations volcaniques. Elles donnent souvent des pointes et des écueils, mais qui ne prennent une certaine importance que lorsque la densité des bancs de roches volcaniques est élevée avec un pendage subvertical et lorsque les formations encaissantes offrent peu de résistance à l'attaque de la mer.

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 20:36

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 12:49

Aux yeux des paysans d'autrefois, la propriété foncière conservait un  grand prestige. Un homme eut-il possédé la fortune de Rothschild, s'il ne possédait pas de terres était moins considéré que le propriétaire de trois ou quatre fermes de médiocres étendues. Etre « cuterrous », c'était avoir du bien au soleil. Dans l'ensemble, les paysans étaient respectueux avec le clergé dès lors où ceux ci ne sortaient pas de leur rôle spirituel. Pourtant nombre de proverbes étaient assez irrévérencieux avec les curés : « Gras comme un recteur » ; « Il est comme not' recteur, qui s'en va de tab'e quand il est saû : comme notre recteur qui quitte la table quand il est ivre » ; « I'n frappent point ès contre-hus de genêt : ils aiment mieux les riches que les pauvres » ; « un homme qui n'a que des ruses de prêt'e » ; « Paresseux comme un curé » ; « Le monde devienne t'i' fainéant, i's font tous prêt'e ». Les bonne soeurs appelées sœurs trottine sont souvent accusées de mettre le trouble dans les ménages. Les paysans disaient des religieuses qu'elles allaient dire la nuit leur chapelet dans les champs et si elles perdaient une pâtenôtre, le laboureur aurait beau travailler, il trouverait du chiendent dans son champ. Le recrutement des prêtres incitait les ambitions de beaucoup de commerçants et de gros paysans qui voyaient bien un de leur fils devenir prêtre. En général les parents des prêtres rentraient largement dans les dépenses qu'ils avaient faites pour les élever. En Haute Bretagne, pays essentiellement agricole, le paysan était le plus estimé, venaient ensuite les métiers exigeant force et adresse : charpentier, menuisier, maçon ou maréchal-ferrant. Ces derniers exerçaient souvent en même temps l'art de guérir les bêtes, et celui d'arracher les dents. Voici quelques proverbes sur les métiers pénibles ou méprisés :

 

 

Il y a treis métiérs d'fainiants

 

Les chassous, les pêchous, les oisillous

 

Le cheva' des peissonniers

 

Les médecins de campangne

 

Et les maltôtiers

 

Sont treis métiers d'bêtes 

 

Alleluia,

 

Marchez sur quatre bâtons :

 

les huissiers sont des fripons,

 

Et les avocats des liche-plats

 

Et les procureurs

 

Sont des voleurs.

 

 

 

Les métiers les mois prisés étaient ceux pratiqués assis et pour  lesquels aucune force corporelle n'était nécessaire, parmi ceux ci étaient inclus les tailleurs, les cordiers, et surtout les tisserands. Ces derniers se voyaient attribuer le sobriquet de « t'chu d'châ ». Le châ étant une espèce de bouillie d'avoine qu'on mettait sur la trame pour faire la toile. A Saint Donan on disait d'eux : « sans la colle, le tessier serait noble ». Les tisserands trouvaient difficilement à se marier avec des filles de fermiers, toutefois dans le Mené les tessiers épousaient journellement des filles de fermier. Le cordonnier était qualifié de « cu-cousu » ou « cu-collé » et étaient accusés d'être pires que les évêques. Au village de la Caisse d'Or en Maroué existait une corderie, les derniers y furent enterrés vers 1820 en un lieu à part nommé caquinerie. En 1854, le préjugé n'était pas complètement disparus. Au siècle précédent, ils étaient très vénérés, ainsi en 1716 un caqueux étant mort à Plurien, toute la noblesse assista à son enterrement et fut inhumé dans l'église, mais la population l'exhuma trois jours plus tard et porta sa dépouille au cimetière des cordiers. La justice intervint. Le pillotou ou marchand de pillots désignait le chiffonnier ambulant échangeant vaisselle ou mouchoirs contre des chiffons, des peaux de lapins. A leur sujet il se disait : « sauter comme un pillotou ». Quand ceux ci arrivaient dans un village ou dans l'aire d'une ferme, ils criaient « marchand d'pillous » ou encore : « la bourgeoise, av'ous des pillos ? ». C'est probablement en souvenir des sermons que les prêtres faisaient au sujet des cabaretiers qu'un proverbe disait d'eux : « L'enfer est pavé de crânes de cabaretiers ». Les meuniers n'avaient pas non plus très bonne réputation * (un moulin à Sévignac désigné Cachegrain) : « Meunier larron, voleur de blé c'est ton métier ». On rangeait également dans les métiers méprisés les « sanous de trées ou de pouërs » -les châtreux ; et surtout les « écorchous » autrement dit les équarrisseurs.

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 06:11

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article