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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 18:05

A présent nous poursuivrons ces pages consacrées à la famille d'ncenis en empruntant des extraits de la filiation fournie par M. E.Maillard.

 

 

 

Le comte de Nantes, Judicaël, successeur de Guérech, pour assurer la défense de sa frontière et de la rivière de Loire, du côté de l'Anjou, tailla dans son comté un large fief et le donna, avec le Château construit par Aremberge, à l'un de ses plus braves guerriers, Alfred (ou Alfrid, nom aussi breton que germain), qui fut le premier Baron d'Ancenis. C'est donc par inféodation, et non par apanage, que la Baronnie d'Ancenis fut créée. Il existe du reste, sur ce point, un témoignage spécial qui ne peut être passé sous silence, quel que soit le degré de confiance qu'on y attache: c'est la prétendue charte d'Alain-Fergent qui, relativement au différend des seigneurs d'Ancenis et du Pont, pour la place de neuvième baron de Bretagne, porte ceci: « Dicebatur quod castellania de Ancenisio fuerat olim, ex largitione seu donatione cujusdam principis Britanniae, uni prœdecessorum ipsius domini de Ancenisio concessa pro suis legitimis servitiis et bene meritis.» (D. Morice, preuves II, préface, p. XXV, en note.).... Alfred Ier fut le premier seigneur d'Ancenis, c'est aussi le premier Baron indiqué par Lobineau dans sa généalogie de la maison d'Ancenis (manuscrit déposé à la bibliothèque de Rennes, et faisant suite à son ouvrage sur les Barons de Bretagne). Il prit le titre de prince et les seigneurs d'Ancenis portèrent-ce titre jusqu'à la mort d'Aliénor, époux de Jeanne de Montfort (1386). Marié avec Odeline, il en eut deux enfants: Alfred et Gestin ; celle-ci épousa, en secondes noces, Bilic, dont elle eut un fils, appelé Bernard.

 

Alfred II, fils du précédent, fut marié à Origone ou Orguen et eut d'elle trois enfants : Guihénoc ou Guéthénoc, Payen Mederic qui devint moine, sous le nom Barbotin. Aux Etats de Bretagne, tenus à Nantes, le 15 mai 1057, sous le prince Yvon, duc de Bretagne, il y eut un débat sur la préséance entre le seigneur du Pont et le seigneur d'Ancenis, qui se disputaient le septième titre de baron. Ce conflit résulte de l'extrait suivant une pièce du XIVe siècle, reproduite dans les Bl. M. t, 39, 890. « Le prince Yvon Ier, duc de Bretagne, assigna son Parlement en sa cité de Nantes, au 15 mai 1057. Un débat s'étant élevé sur la préséance des neufs prélats et des neufs barons de Bretagne, le duc fit faire prompte information. au cousté senestre se se voyoient les neufs barons en la manière que cy après s'ensuyt : 1° sire d'Avaugour. 7° Le sire du Pont. Ja soit ce que aucun disoient que le seigneur d'Encenis debvoit estre le 7e et non mie le seigneur du Pont. »

 

Alfrid II, fils d'Alfrid Ier, maria sa mère,Odeline,à un autre prince, nommé Bili, et lui donna en mariage le Cellier; elle eut de son second mariage un fils nommé Bernard, après la mort duquel Odeline renonça au monde et donna Notre-Dame du Cellier à l'abbaye de Redon, ce qui fut confirmé en 1050, par Odric, fils de Simon, cousin de Bernard, et amorti par Alfrid II, seigneur supérieur, en 1050, et par son fils Guihénoc, qui suit. » (Lobineau, manuscrit cité).

 

Gruihénoc, fils d'Alfred II et d'Origone, eut deux femmes, de chacune desquelles il eut plusieurs enfants; sa seconde femme s'appelait Agnès

 

Maurice succéda à Guihénoc, son père; il ratifia et développa même la donation faite par son père à l'abbaye de Marmoutier. « Qu'on apprenne que Maurice d'Ancenis a fait remise au bienheureux saint Martin de la taxe sur toutes choses nous appartenant et passant par son château d'Ancenis, tant par eau que par terre. Cela a été fait dans notre chapitre où, aussi à la même heure, Hervé d'Oudon, nous a exemptés à perpétuité de la taxe sur toutes choses nous appartenant dans quelque endroit qu'elles passent sur son territoire. Et tous deux ont reçu de Guillaume, abbé de notre monastère, la promesse d'une part dans les prières de ce monastère. A cela assistait Gestin, de Mésanger, qui était venu avec eux. Dans la même semaine, arrivèrent la comtesse Ermengarde et son fils Conan, dans notre chapitre, avec plusieurs de ses barons, parmi lesquels figurait Maurice, susnommé, qui avait avec lui son fils Guihénoc, par lequel il fit ratifier le don d'exemption de taxe qu'il nous avait fait. A cette concession assistaient la comtesse elle-même, son fils Conan et plusieurs autres, entre autres, Hubert, du Cellier. » (Titre de Marmoutier; charte latine, Lob. Hist. de Br. vol. Jer).ls du Comte Hoël. Alfred II d'Ancenis puis vers 1110 : Maurice. La garde du château d'Ancenis était confiée, en l'année 1095, à Brient, fils d'Urvoy.

 

En 1105, Maurice et les autres barons furent convoqués à Nantes, par le duc Alain Fergent, pour assister à la publication des donations faites par celui-ci à l'Eglise, dans la crainte que la propriété des choses données ne pût être contestée.

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:51

 

Aremburge alias Aremburgis, femme de Guerech fut celle qui aménagea le château d'Ancenis vers 981-985. Tout comme les premiers possesseurs de la Guerche qui ont fait l'objet de la dernière étude sur ce blog, le dénommé Guerech exerçait la charge épiscopale sur l'évêché de Nantes. Pierre Le Baud, de sa plume nous dresse la situation suivante : « Et ainsi Hoelle noble Comte de Nantes occis, les Nantois constituerent Comte et Prince sur eux en son lieu ledit Guerech son frère, qui ja avoit esté denoncé évesque, lequel, comme dit a esté, estoit pourveu en Conseil, et si estoit vaillant & noble batailleur, & prudent en toute chose louable. »  Guerech désireux de conserver le Pays Nantais, et souhaitant venger la disparition de son frère Hoël, prit part au combat contre Conan Le Tort alors Comte de Rennes, lequel fut tué lors de la bataille de Coquereuil le 27 juin 992. En réalité Hoël, comte de Nantes et son frère Guerech évêque de cette même cité étaient les fils illégitimes de Alain Barbetorte qui régna sur une partie de la Bretagne après l'occupation scandinave. Lorsque ce Prince s'en fut en exil avec son père, le Comte Mathuedoi de Poher, il eut, d'une relation illégitime avec une noble dame prénommée Judith, les princes Hoël et Guerech. La querelle entre la Maison de Rennes et celle de Nantes n'en n'était pas à ses débuts puisque le dit Barbetorte avait lui même finit assassiné en 980 sur ordre de Juhel Bérenger, Comte de Rennes et père dudit Conan Le Tort. Revenons à Aremburge, dont le nom teutonique laisse supposer qu'elle était issue d'une de ces tribus scandinaves implantées au bord de la Loire, et quand la paix fut revenue, quelques unes de ces tribus coulèrent des jours paisibles aux abords du fleuve et certaines s'unirent aux grandes maisons bretonnes. En réalité, c'est peu après la bataille de Conquereuil que Guerech devenu veuf épousa alors Aremburge. Il semblerait que l'aménagement d'une défense à Ancenis, était destinée à protéger Nantes des attaques Angevines, car d'allié, le duc d'Anjou Geoffroy Grisegonelle allait devenir en territoire Nantais un Personata non grata. C'est d'ailleurs sur ordre de Guerech que Aremburge fit construire sur la rive de la Loire cette forteresse : Et uxor ejus Aremburgis castrum Ancenicii ad Ligerim fluvium construxit, quod Alanus eorum filius dum vixit in dominatu suo retinuit. Le duc d'Anjou vint assiéger le castel en 987 mais en vain.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 19:05

 

 

 

Thibaud, alias Theobaldus, Theotbaldus ou Deotbadus, est désigné évêque de Rennes dans une charte du Mont-Saint-Michel. Ce prélat se désista de sa charge épiscopale et se retira au prieuré Saint-Melaine de Rennes dont il devint le premier abbé. Lui même était né de l'union d'un ecclésiastique nommé Loscoran et d'une jeune fille noble. Le dit Theobaldus fut aussi celui qui fonda une lignée épiscopale qui devait lui succéder sur le siège de Rennes : deux de ses fils et deux de ses petits-fils. On comprend mieux pourquoi vers la seconde moitié du XIIe siècle, l’Église mit fin à pareils excès, en entreprenant une profonde Réforme.

 

Le dit Théobaldus épousa d'abord une certaine Oirelan, fille de Alveus, archidiacre de Nantes, de laquelle alliance naquit un fils nommé Gualterius alias Gautier, son père Thibaud, avec le grand âge, devait lui céder son siège épiscopal l'an 954 sous le Pape Agapete II et l'empereur Otton surnommé le Grand. De son union avec une certaine Oideline, Gautier fut père d'au moins trois enfants, un fils et deux filles (*). Warinus alias Guérin fils de Gautier, devait succéder à la tête de l'évêché de Rennes l'an 982 sous le pape Benoist III et l'empereur Otton II. Il obtint ce siège du vivant de son père et de son grand-père.

 

D'une seconde alliance avec une dénommée Génargat, Thibault eut deux autres fils : Mainguené et Tristan. Thibault constitua pour sa seconde épouse un domaine, dont on ne nous dit pas s'il fut prélevé sur les domaines de son église, mais c'est probable. Mainguené quant à lui se vit remettre la terre de Saint Cyr près de Rennes. Ce chevalier vivait l'an 1037. Il est aussi regardé comme le premier possesseur de la Guerche. Son fils Sylvestre de la Guerche devait pour sa part succéder à l'évêque Mainus l'an 1076, donné seigneur de Pouencé, Sylvestre de la Guerche exerçait aussi la charge de Chancelier de Bretagne en 1046. Il s'éteignit le 18 janvier 1096, et il est admis que son oncle Tristan recueillit alors l'évêché de Rennes.

 

Mainguené fut à l'origine de la reconstruction du monastère de Saint-Cyr près de Rennes. Son fils, Sylvestre de la Guerche vivait sous les règnes des ducs Alain III et Conan II. Il assista très probablement à cette Réforme mise en place par le pape Grégoire VII, visant à purifier les mœurs du clergé. Ainsi, fut-il alors décidé du célibat des prêtres, de la simonie, et du trafic de bénéfices. Bref, tout ce à quoi s'étaient adonnés les membres de la famille de Sylvestre de la Guerche. Précisément, le dit Sylvestre fut déclaré suspens par le légat Hugues de Die au Concile de Poitiers en 1078 pour simonie et pour avoir accepté l'épiscopat avant d'être clerc, son clergé avec constance implora pour lui l'absolution et finit par l'obtenir. Une supposition émise par Michel Brand'Honneur laisse entendre qu'en dédommagement de la perte de la charge épiscopale, l'héritier de Sylvestre aurait reçut cette terre de la Guerche des mains mêmes du jeune duc de Bretagne Conan II. C'est certainement son successeur qui aménagea une défense, sans doute en utilisant un ancien oppidum. Sylvestre de la Guerche fonda le prieuré Saint Nicolas, en faveur des religieux de Saint-Melaine, avec le consentement de ses fils Guillaume marié à Emma de Pouancé et Geffroy de la Guerche. Quelques générations suivantes, on trouve Emme de la Guerche, fille aînée et principale héritière de Gautier, seigneur de la Guerche de Pouancé. Emme de la Guerche épousa en premières noces Juhael VII, seigneur de Châteaubriant, puis en secondes noces, Robert de Vitré. Elle eut de son premier mariage Hugues de Guerche seigneur de la Guerche et de Pouancé marié une des filles de Maurice de Craon dont Geoffroy II du nom seigneur de la Guerche de Pouancé mort le 13 juillet 1195, qui laissa pour héritier Guillaume seigneur de la Guerche qui prit le parti d'Artur, duc de Bretagne, mourut le septembre 1223. La ditte maison de la Guerche passa par alliance dans celle des vicomtes de Beaumont en Maine, en 1269. Le château de la Guerche fut assiégé puis incendié par les troupes de Henri Plantagenêt en 1173 afin de punir le possesseur du lieu Geoffroy Ier, puis fut définitivement détruit au cours du XVe siècle. C'est ruelle du Château en cette ville de la Guerche que se situait ce château disposant d'une tour carrée de pierre datant du XIe siècle aménagée à l'emplacement de la défense primitive.

 

* Oran fille de Gautier épousa Hervé de Langan, Yvette fille de Gautier épousa Hervé de Corglès. 

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 14:25

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 14:15

 

 

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 13:07

Armoiries des diverses familles seigneuriales de Retz

 

Asculfe ou Radulfe de Retz, en 1204, portait sur son scel: d'azur, au palmier ou arbre de.,... avec deux loups ou chiens deissants contre le palmier. (Ce scel est figuré à la fin du recueil de Dom Morice.)

 

 

2° La famille Chabot (de 1230 à 1406 ) : d'or à trois chabots ( poissons à grosses têtes, sorte de trigles) de gueules. La branche de Retz y ajoutait un lambel à trois pendants. Cependant un scel de Gérard VI de Retz est de gueules à la croix de..... (Dom Morice. )

 

 

3° Jean IV, duc de Bretagne, porta le titre de baron de Retz de 1381 à 1399 ; il avait les armes de Bretagne; néanmoins son trouve un scel publié par Dom Lobineau ;

 

 

 

4° La maison de Laval, de 1406 à 1440, et de 1450 à 1474 , en succédant à celle de Chabot, dut, par suite de l'obligation imposée par Jeanne Chabot à Gui de Laval, dans l'acte par lequel elle l'institua son héritier, quitter les armes de Montmorency-Laval, pour prendre celles de Retz proprement dites, dont il est mention alors pour la première fois, et qui sont indiquées : d'or à la croix de sable ;

 

 

5° Gilles de Laval, dont deux scels ont été publiés par Dom Lobineau et Dom Morice, portait de gueules semé de fleurs de lis, et, sur le tout, les armes de Retz;

 

 

6° Prégent de Coëtivy (de 1240 à 1250) portait fascé d'or et de, sable ; mais selon d'Argentré, il dut prendre les armes et le cri de Retz;

 

 

7° Le maréchal de Lohéac dutporter les armes de Laval Montmorency ;

 

 

8° La Maison de Chauvigny (de 1474 à 1502) : d'argent à cinq fusées, et deux demi-fusées de gueules;

 

 

 

9° Maison de Tournemine (de 1502 à 1530) : d'or écartelé d'azur ;

 

 

10° Maison d'Annebaud (de 1530 à 1565) : de gueules à la croix de vair ;

 

 

11° Maison de Gondi (de 1565 à 1675): d'or à deux masses de sable en sautoir, liées d'un cordon de gueules passé en sautoir vers la pointe ;

 

 

 

12° Maison de Créqui (de 1675 à 1716): d'or au créquier de gueules;

 

 

13° Maison de Neufville - Villeroi (de 1716 à 1792): d'azur au chevron d'or accompagné de trois croix ancrées de même.

 

 

 

supplément : 

 

La première maison de Machecoul issue de Bernard Ier, roi de Rays, portait à la fin du XIIe siècle un poisson porté en pal. On le voit en 1214 sur un sceau de Béatrix, fille de Bernard, seigneur de Machecoul, vivant en 1201, qui avait épousé Aimery de Thouars. Aimery, de 1242 à 1246 succéda au titre vicomtal de son frère Guy, mais, en 1214, son sceau représentait au droit les armes de Thouars, au contre-sceau le poisson de Machecoul, fief qu'il possédait par sa femme. Olivier de Dreux, fils naturel de Pierre de Dreux et de Nicole de …, fut la tige des seigneurs dits de Machecoul de la deuxième race. Il n'était seigneur que d'une partie de Machecoul. Machecoul fut séparé de la baronnie de Rays, en faveur de Bernard, fils de Raoul Ier, seigneur de Rays. « Le département de la Loire-Inférieure, théâtre et victime de la plus affreuse guerre civile des temps modernes, qui a vu, comme le reste de la Vendée, faire des coupes réglées de maisons, de chaumières et de châteaux, va encore se voir privé des ruines du château de Machecoul. « On a besoin de pierres pour les chemins vicinaux, lesquels, il faut en convenir, sont dans un état affreux ; or il n'y a pas de pierres dans la plaine de Machecoul, et le château inutile et inhabitable, en offre un mine abondante. On s'est décidé à y puiser. La commune n'est pas riche, et elle doit user de toutes ses ressources pour répondre au besoin pressant des communications : nous convenons de tout cela, et nous n'accusons pas les autorités de Machecoul; mais on nous permettra de gémir sur la disparition complète de cette antique forteresse, à laquelle se rattache une foule de souvenirs qui ne sont pas sans intérêt pour le pays.

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:47

 

François-Emmanuel de Blanchefort, de Bonne, de Créqui,, duc de Lesdiguières, gouverneur de Dauphiné, prit, par suite de son mariage avec Paule Françoise de Gondi, le titre de duc de Retz, bien que le duché-pairie de Retz dût être légalement éteint pa l'absence d'enfants mâles de Pierre de Gondi ; ce ne put donc être que par tolérance ; du reste , ses successeurs firent de même. Paule-Françoise resta veuve en 1681, et vécut jusqu'au 21 janvier 1716. Dame digne de vénération , dit son biographe,par tout ce qu'elle a fait pour la gloire de sa maison. C'est à ses soins que l'on est redevable de l'histoire de Gondi, imprimée chez Coignard, en 1705. Elle laissa un fils unique, Jean-François-Paul de Bonne de Créqui, duc de Lesdiguières, né en 1678 ; il épousa, en 1696, Louise-Bernardine de Durfort de Duras, et mourut à Modène, en Italie, en 1702, à l'âge de 24 ans, sans laisser de postérité. Maison de Neufville-Villeroi. A la mort de la duchesse de Lesdiguières, en 1716, la seigneurie de Retz passa aux descendants de MargueriteFrançoise de Retz, deuxième fille de Henri de Gondi. Elle avait épousé, en 1645, Louis de Cossé, duc de Brissac, mort le 26 février 1661, âgé de 35 ans; ellemême décéda le 30 mai 1670, laissant de son mariage : 1° Henri-Albert de Cossé, duc de Brissac, qui mourut le 29 décembre 1698, à l'âge de cinquante-quatre ans, sans laisser de postérité, bien qu'il se fût marié trois fois; 2° Marie-Marguerite de Cossé, mariée le 28 mars 1662 à François de Neufville-Villeroi, pair et maréchal de France. Elle mourut le 20 octobre 1708, en sa soixantième année, laissant un fils, Louis-lNicolas de Neufville, duc de Villeroi et de Beaupreau, pair de France. Il épousa, le 20 avril 1694, Marguerite Letellier, fille de Michel Letellier, marquis de Louvois, morte le 23 avril 1711, âgée de trente ans. De ce mariage naquit :

 

Louis Anne de Neufville, pair de France, qui hérita de la seigneurie de Retz , en 1716, et prit le titre de duc de Retz. Il épousa, le 15 avril de la même année, Marie-Renée de Montmorency, fille de Charles-Frédéric de Montmorency, duc de Luxembourg, pair de France et lieutenant général. La seigneurie de Retz et le château de Machecoul sont restés dans la famille de Neufville-Villeroi jusqu'à la révolution. A cette époque, les nombreux et gothiques châteaux qui couvraient ce sol féodal furent tous incendiés et démolis; leurs ruines n'ont même, quelquefois , pas trouvé d'acquéreurs. Le château de Machecoul a subi le même sort. C'était un noble et respectable manoir qui semblait le contemporain et l'émule de celui de Clisson. C'étaient mêmes masses , mêmes ogives, mêmes voûtes; il devait dater, comme lui, du quatorzième siècle, et avait été bâti, eu conséquence, par la famille Chabot. Mais Clisson était dans un site enchanteur, assis sur des rochers pittoresques encadrés de verdure et baignés par les eaux limpides de la Sèvre; Machecoul, au contraire, élevait ses cré- neaux dans une plaine à l'aspect aride, où la végétation est déprimée par le vent de mer, corrodée par l'action combinée de l'air salin et d'un soleil sans ombrage. A Clisson appartiennent la poésie des lieux et les héroïques souvenirs du grand connétable; à Machecoul, la mélancolie d'un climat délétère et les lugubres traditions de Gilles de Laval. Cependant, ce vieux manoir, entouré de sa sombre muraille et des eaux croupissantes du Falleron, était, au-dedans, d'une grande magnificence d'architecture , oeuvre de la plus belle époque du moyen-âge. Au-dehors et sur la campagne on ne voyait que la chemise d'enceinte, que meurtrières étroites, tours à mâ- chicoulis et à créneaux, les unes rondes, les autres carrées. Mais, dans les cours et sur les façades inté- rieures , on retrouvait les trésors de l'architecture ogivale. Les croisées, les portesétaient ornées de sculptures, les escaliers tournants étaient multipliés et formaient un labyrinthe de toutes les parties du château. De grandes salles étaient voûtées avec de puissantes nervures, qui venaient se réunir en des clefs sur lesquelles étaient sculptés les écus de l'une ou l'autre famille des antiques barons. De petites salles également voûtées et chargées d'ornements capricieux avaient servi de boudoirs aux châtelaines de Retz; enfin, un mobilier d'une valeur incalculable, musée de tous les âges, avait été amassé pendant des siècles par tant de puissants seigneurs. La révolution vint, et ce château aux murs de bronze dût se dissoudre comme la poussière sous les éclats de cette foudre irrésistible. Machecoul fut une des villes les plus maltraitées de la guerre vendéenne, la plupart des maisons de la ville furent brûlées; les deux partis s'y rendirent coupables de scènes de carnage. Le château et les cours servirent de parcs aux prisonniers, puis d'arènes sanglantes. Les crimes occultes de Gilles de Retz furent surpassés par des crimes commis au grand jour et avec une rage plus effrénée que celle de l'insensé maréchal. Enfin le feu fut mis à ce magnifique séjour, deux fois souillé par tant de meurtres; les flammes s'élevèrent dans les nues, et projetèrent, pendant plusieurs nuits, de sinistres clartés qui furent aperçues de huit à dix lieues. Le château incendié, démantelé, réduit à ses masses de pierres, à l'enceinte de ses cours imbibées de sang et empestées de cadavres, fut mis à l'encan Qui, en ce triste temps, avait besoin d'un château ducal? Qui pouvait revendiquer ces reliques d'un âge proscrit? Le donjon des Chabot, des Laval, des Gondi fut adjugé, dans le tumulte, au premier qui osa l'accepter, comme ces étoffes de rebut que, du haut de leurs tréteaux, des marchands ambulants jettent à la tête des passants. Qu'allaient devenir ces ruines splendides entre les mains de leur impossible propriétaire? Force fut à celui-ci de les convertir en carrière, en chantier de pierres à bâtir; et, cependant, la spéculation ne fut pas très-bonne d'abord. Les maisons de Machecoul étaient par terre, il est vrai, mais on n'avait pas d'argent pour les relever, encore moins pour en construire de nouvelles; puis les vieux murs du château, construits en pierres de moyen appareil, étaient tellement solides qu'aucune force ne pouvait détacher ces pierres du ciment qui les enveloppait. La mine renversait les pans de mur et les faisait rouler au loin dans les fossés, sans les désagréger. L'oeuvre de destruction fut ainsi suspendue pendant quarante ans ; et, grâce à cette circonstance, les murs étaient encore debout, les voûtes intactes en 1825. On ne pouvait alors se défendre d'un sentiment d'admiration et de deuil tout à la fois, en voyant ces débris d'une magnificence antique aux prises avec les injures du temps, envahis par les plantes sauvages, et menacés de la cupidité humaine ; on apercevait avec une impression d'effroi, d'horreur et de pitié, ces souterrains encore béants, auxquels se rattachaient de téné- breux .souvenirs. Mais, hélas ! les matériaux ayant repris faveur autour de Machecoul, l'on est retourné à la charge sur le vieux château, et l'on est parvenu, labore improbo, à isoler ces pierres de leur gangue si résistante. Les voilà entassées en informes pyramides; elles se vendent à la charretée.... Et bientôt il faudra déplacer des récoltes et excaver des sillons pour découvrir quelques restes d'une demeure jadis magnifique et redoutable ! 

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:36

Georges Tournemine, baron de la Hunaudaie, seigneur de Saffré, de l'une des plus antiques et des plus nobles maisons de Bretagne, fut, par arrêt, déclaré héritier de la baronie de Retz, comme étant aux droits de Jeanne deSaffré, sa grand-mère.Celle-ci était la fille d'Alain de Saffré, qui avait épousé Philippe, fille de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot, dite la Folle ; et cette dernière était la fille de Gérard Chabot III. Ce lignage, qui remontait à un siècle et demi, et qui franchissait toute la maison de Laval, devait cependant souffrir quelques difficultés, par l'acte d'exhérédation qu'avait subi Jeanne la Folle en 1333, et qui n'avaitjamais été aboli, si ce n'est d'une manière individuelle, par l'institution que Jeanne la Sage fit de Gui de Laval II pour son héritier, en 1400. Quoi qu'il en soit, Georges Tournemine eut la chance de gagner son procès et de rester maître de la baronnie de Retz. Ce seigneur eut une très-grande-part à la victoire remportée sur les Vénitiens, en 1509, par Hercule d'Est, duc de Ferrare, allié du roi Louis XII. Il n'eut point d'enfants de Renée de Villeblanche, sa première épouse ; mais il laissa d'Anne de Montejean, sa seconde femme, une fille unique, Françoise Tournemine, qui se rendit célèbre à la cour de François Ier, sous le nom de la maréchale d'Annebaud, par sa beauté, ses grâces et son esprit. Elle avait épousé d'abord :

 

Pierre de Laval-Châteaubriand, seigneur de Montafilant, puis : René de Montejean, sans en avoir d'enfants; ce ne fut qu'en troisièmes noces qu'elle se maria avec Claude d'Annebaud. Maison d'Annebaud.

 

Claude d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz, amiral, puis maréchal de France, laissa de Françoise Tournemine un fils unique qui fut :

 

 

Jean d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz. Il se distingua à Cérisolles, au siège de Fossan, et fut tué à la bataille de Dreux en 1566. Il s'était marié deux fois : 1° à Antoinette de la Baume, dont il eut une fille nommée Diane, qui mourut avant lui, sans enfants, en 1560 ; 2° à Claude Catherine de Clermont, dame de Dampierre, l'une de femmes les plus accomplies de son temps. Il n'en eut point d'enfants, et il lui légua la baronie de Retz, que bientôt après elle porta dans la maison de Gondi. Maison de Gondi.

 

 

Albert de Condi, né à Florence, et venu fort jeune en France, à la suite de Catherine de Médicis, devint baron de Retz par son mariage avec Claude-Catherine de Clermont, veuve Jean d'Annebaud, qui eut lieu le 4 septembre 1565. Il assista à la bataille de SaintDenis , en 1567 ; à celle de Moncontour, en 1569 ; reprit Belle-Ile, en 1570, sur les Anglais qui venaient de s'en emparer; fut créé, l'année suivante, marquis de BelleIle et maréchal de France, sous le nom de maréchal de Retz. Le roi Henri III, pour reconnaître les services que lui avait rendus le maréchal, érigea la baronnie de Retz en duché-pairie, par lettres du mois de novembre 1581 , en faveur d'Albert de Gondi et de ses descendants mâles. Ce nouveau duché fut composé de Retz et des chàtellenies de Machecoul, Prigny, Bourgneuf, la Bénaste , l'ornic, Prinçay, Legé, Arthon, les Huguetières, le Boisde-Seudy. Nous avons dit que Claude de Clermont était une des femmes les plus remarquables de son temps ; elle eut occasion de montrer sa supériorité lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent annoncer au duc d'Anjou , depuis Henri III, son élection au trône de Pologne, en 1573. Ils firent leur harangue en latin, et la dame de Retz, seule au milieu de tous les hommes de la cour, se trouva en état de leur répondre en cette langue. Le maréchal de Retz et Claude de Clermont laissèrent plusieurs enfants, dont l'aîné, Charles de Gondi, marquis de Belle-Ile, né en 1569, fut nommé général des Galères, en 1579, à l'âge de dix ans. Il donna, plus tard, des preuves de sa valeur, et fut tué en 1596, en voulant surprendre le Mont-Saint-Michel. Il avait épousé Antoinette d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans, duc de Longueville, et de Marie Bourbon, dont il eut Henri de Gondi qui fut duc de Retz. Les autres enfants du maréchal furent : 1° Henri, évêque de Paris, puis cardinal; 2° Philippe-Emmanuel de Gondi, père du célèbre cardinalde Retz (Jean-François-Paul) ; 3° Jean-François, premier archevêque de Paris, et six filles. Le maréchal de Retz mourut le 22 avril 1602, et la maréchale le suivit au tombeau en 1603. Ils survécurent ainsi à leur fils, Charles de Gondi, tué en 1596, et le duché-pairie de Retz passa immédiatement au fils de ce dernier.

 

Henri de Condi -ci-dessous, duc de Retz, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, était né en 1590 ; il épousa, le 15 mai 1610, Jeanne de Scépeaux, fille unique et héritière de Gui de Scépeaux III, duc de Reaupreau, comte de Chemillé, et de Marie de Rieux. De ce mariage naquirent deux filles seulement : Catherine, née le 28 décembre 1612, et Marguerite-Françoise,née le 19 avril 1615. Jeanne de Scépeaux, duchesse de Retz, mourut au château de Prinçay le 20 novembre 1620, à l'âge de 32 ans; Henri de Gondi, son époux, lui survécutjusqu'au 12 août 1659, époque où il mourut également à Prinçay. L'aînée de ses filles, Catherine de Gondi, avait épousé, avec dispenses du pape, son cousin-germain, Pierre de Gondi, fils de Philippe-Emmanuel, et frère du fameux cardinal de Retz. Le mariage fut célébré au châ- teau de Machecoul, dans le mois d'août 1633.

 

 

Pierre de Condi, comte de Joigny, marquis de la Garnache et des Iles-d'Or, baron de Montmirel et de Villepreux, général des Galères, chevalier de l'Ordre du roi, prit le titre de duc de Retz à la mort de son beaupère en 1659. Le duché-pairie de Retz, qui devait s'é- teindre à défaut d'enfant mâle de Henri de Gondi, fut maintenu en faveur de Pierre et de ses descendants mâles, s'il en avait, par nouvelles lettres du roi datées de Saint-Germain-en-Laye, au mois de février 1634, et enregistrées au parlement de Paris le 4 mars suivant. Pierre de Gondi combattit avec distinction dans la guerre contre les Rochellais et contre les protestants de l'île de Rhé; il fut blessé d'un coup de mousquet qui lui cassa l'épaule, et il se démit du généralat des Galères en 1635. Il paraît qu'à dater de cette époque, jusqu'à sa mort arrivée le 20 avril 1676 , il vécut retiré dans ses terres du duché de Retz. Il se trouvait notamment à Machecoul en 1654, lorsque son frère, le cardinal de Retz , songea à s'évader du château de Nantes, où il était détenu sous la garde du maréchal de la Meilleraye. Le prisonnier mit d'abord dans ses intérêts Louis de Cossé, duc de Brissac et de Beaupreau, qui avait épousé Marguerite-Françoise de Gondi, soeur de la duchesse de Retz et cousine-germaine du cardinal. Les ouvertures qui furent faites, par M. de Brissac, au duc de Retz , pour ménager au fugitif un asile à Machecoul, furent mal accueillies de madame de Retz. Le cardinal , rebuté par une partie de sa famille, ne résolut pas moins de tenter l'évasion, et son audace s'accroissant en raison des difficultés , ce ne fut plus une fuite vers Machecoul, ce fut une attaque ouverte, une révolution dans Paris même qu'il médita. Quarante relais de chevaux furent secrètement disposés par ses soins vers la capitale , et quand tout fut prêt, il s'évada un samedi, 8 août, à cinq heures du soir. Quatre gentilshommes qui l'attendaient au pied des murs, en feignant d'abreuver leurs chevaux dans la Loire, lui présentèrent un cheval et prirent avec lui, en toute hâte, la route de Mauves ; mais en sortant de la ville le cheval du cardinal se cabra, etse renversaavec son cavalier qui, jeté rudement contre le poteau de la porte, ne se releva qu'avec une épaule brisée. Malgré sa souffrance , Je cardinal remonta sur son cheval, mais il fallut renoncer à courir vers Paris. Poursuivi de près parles gardes du maréchal de La Meilleraye, il fut obligé de passer la Loire avec précipitation et de se réfugiera Reaupreau. M. de Rrissac, qui était fort aimé dans le pays, dit le cardinal en ses mé- moires, rassembla, en peu de temps , deux cents gentilshommes ; M. de Retz, qui l'était encore plus dans son quartier, en rassembla trois cents, avec lesquels il s'avança jusqu'auprès de Beaupreau pour recueillir son frère. Nous passâmes, dit celui-ci, presque à la vue de Nantes, d'où quelques gardes du maréchal sortirent pour escarmoucher, mais ils furent repoussés jusque dans la barrière, et nous arrivâmes à Machecoul, qui est dans le pays de Retz, avec toute sorte de sûreté. Madame de Brissac, qui s'était comportée en héroïne dans toute cette action, me donna , en me quittant, une bouteille d'eau impériale. J'eus, en revanche, beaucoup à souffrir de la dureté de madame de Retz et de monsieur son père. Ils ne purent s'empêcher de me témoigner leur mauvaise volonté dès que je fus arrivé. Celle-là se plaignit de ce que je ne lui avais pas confié mon secret d'évasion ; celui-ci pesta assez ouvertement contre l'opiniâtreté que j'avais à ne pas me soumettre aux volontés du roi. La vérité est que l'un et l'autre mouraient de peur du maréchal de La Meilleraie, qui, enragé de mon évasion, et encore plus de ce qu'il avait été abandonné de toute la noblesse, menaçait de mettre tout le pays de Retz à feu et à sang. Leur frayeur alla jusqu'au point de s'imaginer ou de vouloir faire croire que mon mal n'était que délicatesse, qu'il n'y avait rien de démis, et que j'en serais quitte pour une contusion. J'étais cependant dans mon lit, où je sentais des douleurs incroyables, et où je ne pouvais seulement me tourner. Tous ces discours m'impatientèrent au point que je résolus de quitter ces gens-là, et de me jeter dans Belle-Ile, où je pouvais au moins me faire transporter par mer. Le trajet était fort délicat, parce que le général de La Meilleraie avait fait prendre les armes à toute la côte. Je ne laissai pas de le hasarder. Je m'embarquai au port de La Roche, qui n'est qu'à une petite demi lieue de Machecoul, sur une chaloupe que Geselaie, capitaine de vaisseau et bon homme de mer, voulut piloter lui-même. » Il paraît que l'épaule du cardinal ne le fit pas trop souffrir pendant la course d Machecoul au Port-la-Roche, car la petite demi-lieue qu'il indique, n'a pas moins de sept à huit kilomètres. On ne s'embarque plus aujourd'hui au Port-la-Roche, qui n'est qu'un misérable hameau abandonné au milieu du Marais et au bord du Dain, bras de mer devenu simple fossé qui sépare l'île de Bouin du continent. La mer s'est retirée devant les alluvions toujours croissantes de ces marais, au point qu'il faut descendre environ six kilomètres après le Port-la-Roche jusqu'à celui du Frêne, pour trouver à flot une chaloupe capable d'aller à Belle-Ile. Pierre de Gondi et Catherine de Gondi laissèrent deux filles: 1° Marie-Catherine, religieuse bénédictine au Calvaire de Paris, en considération de laquelle ses parents fondèrentle couvent du Calvaire de Machecoul; 2° PauleFrançoise de Gondi, qui prit le titre de duchesse de Retz avec ceux de marquise de la Garnache, comtesse de Joigny et de Sault, baronne de Mortagne. Elle naquit à Machecoul le 12 mars 1655 , et porta , par son mariage, le 12 mai 1675 , la seigneurie de Retz dans la maison de Créqui. Maison de Créqui.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:15

 

Prégent de Coëtivy,seigneur de Taillebourg et de Lesparre, amiral de France, n'eut pas d'enfants de Marie de Laval. Il fut tué au siège de Cherbourg, en 1450. Sa veuve conserva tous les biens qui provenaient de la maison de Laval. Elle les porta en dot, avec le titre de baron de Retz, à son second mari qui fut :

 

André de Laval -ci-dessous, sire de Lohéac, amiral, puis maréchal de France. Il vécut jusqu'en 1486. Marie de Laval mourut le 1er novembre 1458, sans avoir eu d'enfants d'aucun de ses deux maris. Ses biens, qui lui restèrent malgré l'ordonnance de Charles VII, qui les avait confisqués et attribués exclusivement à l'amiral de Coëtivy, passèrent, aussitôt après sa mort, à son oncle René de Laval, frère puîné du fameux Gilles. XIII.

 

 

René de Laval, prit les titres de seigneur de Retz, Lasuze, Blazon, etc ; il mourut en 1474, ne laissant d'Anne de Champagne, sa femme, qu'une fille nommée Jeanne, qui avait épousé, le 11 avril 1446, François de Chauvigny. Maison de Chauvigny.

 

François de Chauvigny, prince de Deols, comte de Châteauroux, vicomte de Brosse, prit le titre de baron de Retz en 1474, du chef de sa femme, par la mort de son beau-père. Il habita presque constamment ses terres du Berry , et mourut en sa vicomte de Brosse , le 25 mai 1490, laissant de sa femme , Jeanne de Laval, un fils unique, qui fut :

 

André de Chauvigny, prince de Deols, comte de Chàteauroux, baron de Retz. Il mourut en 1502 sans laisser d'enfants. Après sa mort, les biens provenants de la maison de Retz furent revendiqués par plusieurs prétendants et donnèrent lieu à de longs procès. Mais c'est ici le lieu de faire observer que l'auteur de l'article Gilles de Betz, dans la biographie de Michaud, a commis une grave erreur quand il a avancé que la succession de Gilles de Laval, après avoir passé à sa fille Marie, et de celle-ci à Jeanne de Laval, épouse de François de Chauvigny, fut léguée par celle-ci à François II, duc deRretagne, par testament en date de 1481. Cette singulière assertion a eu vraisemblablement pour motif ce passage de d'Argentré : Mais finalement Dieu, le créateur, se déplut de cette maison qui était fort grande, tellement qu'il n'en sortit point d'enfants et s'en alla en dissipation, dont il sortit mille et mille procès qui ont duré de notre vivant. Il se trouve, aux Chartres, que cette Jeanne, soeur dudit Gilles, faisait de grandes dissipations, ayant donné le tiers de son bien de ladite baronnie de Raix au duc, bâillant le reste en échange pour les terres de Châteaulin, de Fouesnant et de Rospreden : mais cela ne sortit pas à effet ; ledit Gilles de Raix eut un frère, nommé René de Raix, qui prit part en cette terre, duquel il sortit une fille qui fut mariée au sieur de Chauvigny et mourut sans hoirs. Le respectable d'Argentré commet ici beaucoup d'erreurs en peu de mots. Gilles de Laval eut un frère unique, René, et point de soeur. Cette Jeanne de Retz, ici mentionnée, ne peut être soeur de Gilles de Laval; c'est évidemment Jeanne Chabot, qui, ainsi que nousl'avons vu, échangea au duc de Bretagne, Jean IV, la baronnie de Retz contre les terres de Rosporden , Fouesnant, et Châteaulin-sur-Trieux. Ce que d'Argentré a vu aux Chartres ne peut donc être que ce titre d'échange daté du 17 août 1381 , plus de vingt-cinq ans avant la naissance de Gilles de Laval ; donc ce n'était pas la succession de celui-ci que l'on dissipait ou aliénait par cet échange. Aussi, cette date ayant un peu embarrassé l'auteur de l'article Gilles de Betz, ce critique malencontreux a eu l'idée, pour tout concilier, de la rajeunir d'un siècle et d'écrire 1481 au lieu de 1381. Or, comme François II était le duc régnant en 1481, c'est lui qu'on a déclaré l'heureux légataire de Jeanne, dame de Retz. Enfin, Jeanne de Laval, épouse de François de Chauvigny, n'est point morte sans hoirs, puisqu'elle laissa un fils, André de Chauvigny, qui vécut jusqu'en 1502, c'est-à-dire plus longtemps que François II. La succession ouverte par la mort d'Andréde Chauvigny donna carrièreà de grands procès ; mais, finalement, parmi les biens de la maison de Retz, ceux qui provenaient de la famille de Craon retournèrent aux héritiers de cette famille, et la baronnie de Retz échut en partage à Georges Tournemine. liaison de Tournemine. 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:53

Gui de Laval prit possession, de la baronnie de Retz, aussitôt après la mort de Jeanne Chabot. Il eut deux enfants de sa femme Marie de Craon-la-Suze, Gilles de Laval, et René, qui, après la mort de son frère aîné et de la fille de celui-ci, hérita de la seigneurie de Retz. Gui de Laval mourut jeune en 1416; sa veuve se remaria, à Charles d'Estouteville, seigneur de Villebon, et mourut sans laisser d'enfants de ce second hymen. Gilles de Laval, l'un des plus riches et des plus puissants seigneurs du XVe siècle, a laissé, sous le nom de Barbe-Bleue, dans le pays de Retz, et même bien au delà, un prestige de terreur que quatre siècles n'ont pas suffi pour effacer. Cette vie si pleine d'affreux mystères s'ouvre par une naissance dont la date est environnée de ténèbres. Les écrivains qui nous ont précédé ont voulu prendre pour base de leurs supputations le mémoire que les héritiers de Gilles de Laval firent rédiger douze ou quinze ans après sa mort, et dans lequel il est dit que Gilles était âgé de vingt ans au moment de la mort de son père ; or, comme tous les documents fixent cette mort à l'an 1416, il résulte de là que Gilles serait né eu 1396, et la biographie de Michaud, où l'article Gilles de Retz a été traité avec étendue, n'a pas hésité à adopter cette époque. Cependant une telle date est impossible, car elle est en contradiction manifeste avec celle du mariage de Gui de Laval et de Marie de Craon, qui n'eut lieu qu'en 1404. Nous venons de voir que ce mariage se fit à la suite d'un procès et après divers actes d'institution d'hérédité ou de transaction, de 1400, 1401, 1402, tous si précis et si conséquentsl'un à l'égard de l'autre qu'il est impossible de les déplacer. Gilles de Laval n'a donc pu naître avant l'an 1404. De là cette alternative inévitable : ou Gui de Laval est décédé postérieurement à l'année 1416, ou Gilles de Laval, son fils, n'avait que douze ans et non pas vingt, quand il perdit son père. Cette fixation de date a des conséquences assez graves, car si nous admettons comme deux faits établis que Gilles est né, au plus tôt, en 1404, et que son père est mort en 1416, nous allons le trouver bien jeune à diverses époques importantes de sa vie.

 

 

A douze ans, il entre en possession d'une grande fortune sousla tutelle de son aïeul maternel, Jean de Craon, dont, assure-t-on, il n'écouta guère les conseils. La même année 1416, il y eut un traité de mariage entre lui et Jeanne Painel, fille et principale héritière de Foulque Painel, seigneur de Hambuie et de Briquebec ; ce traité n'était vraisemblablement qu'une fiançaille d'enfants comme on en faisait alors. Mais le mariage n'eut pas lieu , Jeanne Painel étant morte avant la célébration. Gilles de Laval redevenu libre, épousa, par contrat du dernier novembre 1420, alors qu'il n'avait que quinze ans, Catherine de Thouars, fille de Miles de Thouars II, seigneur de Pouzauges, Tiffauges, etc., et de Béatrix de Montejean. En 1425, il accompagna à Saumur le duc de Bretagne, Jean V, qui s'était rendu dans cette ville pour y prêter hommage au roi de France. Bientôt après il passa au service de Charles VII, et prit une part glorieuse dansla lutte de ce monarque contre les Anglais. Il emporta d'assaut le château du Lude, en 1427 ; prit encore aux Anglais les châteaux de Malicorne et de Rennefort, dans le Maine. En 1429, il se signala à la levée du siège d'Orléans, et à la prise de Jargeau. Il assista la même année au sacre du roi à Reims ; et Charles VII pour récompenser la puissante assistance et les brillants services du sire de Retz, lui conféra la dignité de maréchal de France, qui à cette époque ne se donnait qu'à quatre seigneurs puissants, à quatre guerriers illustres du royaume. Gilles de Laval n'avait alors que vingt-quatre ans, et là toutefois se termina la période honorable de sa vie : le reste ne fut plus qu'un tissu de crimes, ou plutôt qu'un long accès de folie. Rentré dans ses foyers, il se livra à un luxe effréné et bizarre, à des prodigalités extravagantes qui finirent par compromettre sa fortune. Celle-ci pourtant était immense, et il est curieux de faire le dénombrement des domaines dont elle se composait. Il reçut d'abord de la succession de son père la baronnie de Retz, renfermant plusieurs châtellenies et seigneuries comme Machecoul, Pornic, Prigny , Vue, St-Étienne-de-Malemort : cette baronnie conférait le titre de doyen des barons du duché de Bretagne. Il tenait encore du chef paternel les terres de Chemillé et de Blazon (Blaison près les Ponts-de-Cé); celles de Fontaine-Milon et de Gratte-Cuisse en Anjou ; la Motte-Achart et la Maurièreen Poitou ; Ambrièreset St-Aubin-de-Fosse-Louvain, dans le Maine, et plusieurs terres en Bretagne et autres lieux. Catherine de Thouars lui apporta en mariage les terres de Pouzauges, de Tiffauges, Lombert, Grez-sur-Maine, Château-Morand , Savenay, Confolens et Chabanois ; ces deux dernières situées en Limousin, étaient entrées dans la maison de Thouars parle mariagedeMilesI,rdeThouars, seigneur de Pouzauges, avec Jeanne, fille d'Eschivat, seigneur deChabanois, Confolens, etc., vers 1350. Enfin, par la mort d'Amaury de Craon, frère de sa mère, tué à la bataille d'Azincourt, en 1415, Gilles de Lavalse trouva unique héritier de toute la fortune de son aïeul Jean de Craon. Celui-ci mourut en 1432, et lui laissala terre de la Suze, dans le Maine, avec l'hôtel de la Suze, à Nantes, et les seigneuries d'Ingrandes et de Champtocé, du Loroux-Rotereau, de Sénehé et de la Voulte (sans doute le château de la Voûte, près Montoire en Vendomois), de la Bénaste, de Bourgneuf, de l'île de Bouin ; ces trois deniers domaines qui sont compris dans le pays de Retz, avaient été portés, comme nous l'avons vu plus haut, dans la famille de Craon-la-Suze, par le mariage de Catherine de Machecoul, dame de la Rénaste, etc., avec Pierre de Craon. La fortune de Gilles de Retz' est évaluée, dans le mémoire de ses héritiers, à un revenu de trente mille livres en vrai domaine (non pas trois cent mille livres, comme le dit la biographie de Michaud , l'auteur ayant pris le change sur un zéro ), sans les autres profits qu'il tirait de ses sujets. Il recevait, en outre, pour son office de maréchal de France, des gages et pensions du roi, avec des dons gratuits -, ce qui pouvait élever sou revenu total à quarante ou cinquante mille livres. Il avait en outre recueilli, tant de ses héritages divers que de son mariage, un mobilier évalué à cent mille écus d'or. De tels chiffres représentaient en ce temps là des valeurs immenses. Une fortune qui aujourd'hui serait composée des mêmes domaines, serait plus grande peut-être qu'aucune de France; mais au XVe siècle, les terres étaient peu habitées , peu cultivées, les bois et autres fruits, n'avaient pas de débouchés, les domaines fonciers ne rapportaient en conséquence pas la vingtième partie de leur revenu actuel. Enfin la fortune de Gilles de Laval, seigneur de Retz, était colossale, et sa composition sert à nous prouver que le sol de la France était alors partagé entre un nombre très-limité de familles. Gilles de Retz commença, dit-on, à dilapider sa fortune dès le temps de sa minorité, et en dépit de la tutelle de Jean de Craon. Quand il fut revenu du service, il monta sa maison avec un luxe de prince, mais avec des bizarreries et un désordre plus destructeurs que le luxe. Il eut une garde de deux cents hommes à cheval, magnifiquement vêtus et équipés, entretenus à ses frais, sorte de dépense que les plus grands princes de son temps osaient à peine se permettre. Il tenait une table ouverte, où les convives étaient traités en mets recherchés, en vins fins, le tout servi dans des vases et une vaisselle de grand prix. Il avait des veneurs, des chevaux, des chiens, des faucons,toujours disposes pour la chasse. Ilfaisait faire jeux, farces, morisques (danses moresques), jouer mystères à l'Ascension et à la Pentecôte, sur de hauts échafauds sous lesquels étaient Hippocras et autres forts vins comme dans une cave. On cite parmis ses fantaisies les plus extraordinaires, sa chapelle, composée de vingt-cinq à trente personnes, chapelains , musiciens, enfants de choeur, qui formaient, avec les serviteurs, une suite de plus de cinquante individus l'accompagnant à cheval dans ses voyages, et vivant partout à ses dépens. Cette chapelle était enrichie d'un grand nombre d'ornements en drap d'or et de soie, en encensoirs, candélabres, croix, plats, burettes et calices de grande valeur. Il avait plusieurs buffets d'orgues, dont un surtout le suivait dans tous ses changements de résidence, porté par six hommes. Il attribuait à ses chapelains les titres d'évêque, d'archidiacre, de chantre, de doyen, comme dans une cathédrale. Il envoya plusieurs fois vers le pape pour obtenir qu'ils fussent mitres comme des prélats ou comme les chanoines de Lyon. Il les entretenait de grands habits d'écarlate et de robes traînantes à fines pannes et fourrures, chapeau de coeur de fin gris, doublé de menu voir. Mais tout ce service, dit le mémoire, n'était que vanité sans dévotion ni bon ordre. Sa prodigalité était plus insensée encore que son faste n'était ambitieux. S'il lui prenait fantaisie d'engager quelque clerc à son service, il lui donnait, outre ses gages, des terres pour lui et ses parents, comme il fit pour un nommé Rossignol, de La Rochelle, enfant de choeur à Poitiers, auquel il abandonna la terre de la Rivière, près Machecoul, valant plus de deux cents livres de rente, plus trois cents écus à ses père et mère. Il faisait, en toute circonstance, des dons excessifs et des marchés de dupe dont le détail semble prouver qu'il ne jouissait pas de la plénitude de son esprit. Ceux qui avaient le gouvernement de sa maison vivaient en grands seigneurs, tandis qu'il manquait de tout et qu'il ne trouvait quelquefois chez lui, aux heures des repas, ni à boire ni à manger. Quand ilséjournaitdans certaines villes comme Nantes, Angers, Orléans, il faisait les plus folles dépenses, empruntant de qui voulait lui prêter, engageant ses bagues et joyaux pour moins qu'ils ne valaient et les rachetant fort cher. Il achetait une aune de drap d'or soixante ou quatre vingts écus, quand elle n'en valait que vingt-cinq; une paire d'orfraies, quatre cents écus, quoiqu'elle n'en valût pas cent ; enfin il était prodigue notoire, n'ayant ni sens, ni entendement, comme en effet il était souvent altéré de sens; quelquefois il partait au plus matin, s'en allant tout seul par les rues ; et quand on lui remontrait que ce n'était pas bien, il répondait plus en manière de fol et d'insensé qu'autrement. Il vendait et engageait ses terres , donnait des blancs seings et procurations de vendre sans y attacher la moindre attention. Déjà il avait vendu au duc de Bretagne les seigneuries d'Ingrandes et de Champtocé ; il avait successivement aliéné à divers particuliers la presque totalité de ses domaines, car on estime que depuis 1432 , époque où il hérita de Jean de Craon , jusqu'à sa mort, il vendit de ses terres pour deux cent mille écus. Sa famille alarmée adressa une supplique au roi pour obtenir un terme à ce désordre. Le roi Charles VII, dû- ment informé du mauvais gouvernement du sire de Retz, lui fit, en son grand conseil, interdiction et défense de vendre ni aliéner ses terres et seigneuries. Le parlement de Paris enregistra ces lettres et défenses, qui furent publiées, à son de trompe, es villes d'Orléans, Tours, Pouzauges, Champtocé, etc., et, par autres lettres, le roi abolit, cassa et annula tous les contrats de vente et aliénations faites par Gilles de Retz. De telles mesures pouvaient bien arrêter la dispersion de son patrimoine, mais non ses extravagances. Il redemanda aux sciences occultes les trésors qui s'échappaient de ses mains prodigues. S'étant mis en tête, dit le mémoire, de parvenir à grande et excessive chevance, il s'entremit de faire alquemie, cuidant trouver la pierre de philosophe ; il envoya en Allemagne et autres pays lointains pour chercher des maîtres de cet art, et fit venir de Palerme un certain M. Anth, en quoi il fit de moult outrageuses dépenses qui ne lui firent aucun profit. » Un autre Italien, nommé François Prélati, et un médecin du Poitou, appelé Corillau, l'entretinrent dans ses funestes illusions, affectèrent de se livrer avec lui à la recherche de la pierre philosophale et des moyens d'évoquer le diable. Gilles de Retz , d'un côté, continuait,dans sa chapelle et au milieu de son clergé, de vaquer à ses habitudes de dévotion superstitieuse, tandis que de l'autre il se livrait aux pratiques les plus impies, à la dépravation la plus criminelle, à de sanglantes orgies, enfin à des meurtres multipliés, dans le but de se rendre propice le génie du mal. Il faisait enlever partout, dans les villes et les campagnes, des jeunes garçons, des jeunes filles, qu'il immolait dansles souterrains de ses châteaux, pour tracer avec leur sang des caractères magiques, et pour faire avec leur coeur ou d'autres parties de leur corps des charmes diaboliques, qui devaient faire apparaître le démon, et permettre de lier conversation avec lui. Ses gens attiraient dans les châteaux, par des friandises ou par quelques promesses, ces innocentes victimes que l'on ne voyait plus sortir; ou bien des émissaires, parcourant les campagnes et les rues des villes, enveloppaient d'un grand sac, à la faveur de la solitude ou des ténèbres, les individus qui leur étaient indiqués, ou ceux qui leur semblaient avoir les conditions requises de fraîcheur et de beauté pour l'affreux sacrifice auquel ils étaient dé- voués. Ces sinistres disparitionsont laissé tant de terreur après elles, que le peuple de Nantes et de Retz en conserve encore l'impression, et qu'il n'a cessé de croire aux empocheurs, qui, dans son idée, rivalisent avec les loups garous et les sorciers. Enfin les crimes de Gilles de Retz comblèrent tellement la mesure, que la justice dut intervenir, quels que fussent le rang et la puissance du coupable. Il fit, peu de temps avant son arrestation , ses pâques à Machecoul, moyens d'évoquer le diable. Gilles de Retz , d'un côté, continuait,dans sa chapelle et au milieu de son clergé, de vaquer à ses habitudes de dévotion superstitieuse, tandis que de l'autre il se livrait aux pratiques les plus impies, à la dépravation la plus criminelle, à de sanglantes orgies, enfin à des meurtres multipliés, dans le but de se rendre propice le génie du mal. Il faisait enlever partout, dans les villes et les campagnes, des jeunes garçons, des jeunes filles, qu'il immolait dans les souterrains de ses châteaux, pour tracer avec leur sang des caractères magiques, et pour faire avec leur coeur ou d'autres parties de leur corps des charmes diaboliques, qui devaient faire apparaître le démon, et permettre de lier conversation avec lui. Ses gens attiraient dans les châteaux, par des friandises ou par quelques promesses, ces innocentes victimes que l'on ne voyait plus sortir; ou bien des émissaires, parcourant les campagnes et les rues des villes, enveloppaient d'un grand sac, à la faveur de la solitude ou des ténèbres, les individus qui leur étaient indiqués, ou ceux qui leur semblaient avoir les conditions requises de fraîcheur et de beauté pour l'affreux sacrifice auquel ils étaient dé- voués. Ces sinistres disparitionsont laissé tant de terreur après elles, que le peuple de Nantes et de Retz en conserve encore l'impression, et qu'il n'a cessé de croire aux empocheurs, qui, dans son idée, rivalisent avec les loups garous et les sorciers. Enfin les crimes de Gilles de Retz comblèrent tellement la mesure, que la justice dut intervenir, quels que fussent le rang et la puissance du coupable. Il fit, peu de temps avant son arrestation, ses pâques à Machecoul, sire de Retz se couvrait de gloire dans les armées du roi de France. Malgré les précautions qu'il avait prises pour faire disparaître les traces de ses meurtres, soit en enfouissant les cadavres, soit en lesbrûlant pour en disperserles cendresau vent, on trouva quarante-six corps à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul. Une barbarie accompagnée d'actes aussi insensés eût" fait hésiter la justice de nos jours, et il est vraisemblable qu'un tel accusé serait conduit aux Petites-Maisons plutôt qu'à l'échafaud; mais en ce temps-là prévalait une autre jurisprudence : Gilles de Laval fut condamné, pour crimes d'hérésie, de sortilège, de félonie et de meurtres, à être brûlé vif. Les approches de la mort ne l'intimidèrent pas, et, gardant jusqu'au bout ses pensées de dévotion vaniteuse, il demanda et obtint d'être conduit processionnellement par l'évêque de Nantes au lieu du supplice. Le duc de Bretagne,par considération pour la famille et pour les anciens servicesdu maréchal, permit que le coupable fût étranglé sur le bûcher avant qu'on y mit le feu. Le corps, à peine noirci par les flammes, fut retiré et remis à ses parents, qui lui firent donner la sépulture dans l'église des Carmes. L'exécution eut lieu le 25 octobre 1440, sur la prairie de Biesse ou de la Madeleine, dans un lieu maintenant traversé parla rue quidébouche du pontde laBelle-Croix. La Relie-Croix, aujourd'hui brisée et enlevée, se reconnaît encore, surle bord de la rue, au fût qui la supporta; c'était une élégante construction aux colonnettes ogivales, aux dentelures délicates, monument d'expiation élevé à la lugubre fin du maréchal par la piété de sa fille Marie. La renomméede Gilles de Laval, maréchal de Retz, vit encore dans la mémoire du peuple, mais elle s'y est infixée avec des images d'horreur et d'effroi ; c'est un cauchemar populaire qui ne représente que meurtres, que taches de sang indélébiles, qu'empocheurs rôdant dans l'ombre. La tradition ne le connaîtque sousle nom de Barbe-Bleue. Sans doute il est le type de cruauté sur lequel Perraud a modelé son célèbre conte ; seulement Perraud a jugé plus convenable de prêter à son héros les crimes de Henri VIII, roi d'Angleterre, que ceux du sire de Retz. En effet, Gilles de Laval n'eut jamais qu'une femme, Catherine de Thouars, qu'il n'a pas fait mourir et qui lui survécut plus de vingt ans. Après le supplice de Gilles de Laval, que devinrent ses immenses domaines et la baronie de Retz ? Les auteurs nous laissent à ce sujet des données contradictoires. Il nous semble toutefois qu'en observant de près les faits, nous leur avons trouvé une marche conséquente et à peu près certaine. Dégageons d'abord la dot de Catherine de Thouars; cette dame n'avait eu de son mariage avec Gilles de Laval qu'une seule fille, dont nous parlerons bientôt: devenue veuve par le supplice du maréchal, elle se remaria à Jean de Vendôme, vidame de Chartres, et porta à son second mari son riche patrimoine, composé des terres de Pouzauges, Tiffauges, Chabanois, Confolens, Savenay. Elle eut deux enfants de ce nouveau mariage; et comme elle survécut à sa première fille, Marie de Laval, morte sans postérité, ses biens passèrent aux enfants du second lit et restèrent définitivement dans la famille des vidâmes de Chartres. Marie de Laval, qui pouvait être âgée de dix-huit ans, hérita-t-elle des biens de son père? D'Argentré l'affirme sans hésiter, et prétend que, lors de son mariage avec le sire de Coëtivy, elle stipula, pour condition,que son mari prendrait le nom, les armes et le cri de Retz ; que, si des acquêts avaient lieu pendant le mariage, il n'en prendrait que le tiers ; et quelques autres conditions qui, depuis, semblèrent tellement dures à Coëtivy, qu'il en appela à une assemblée de famille pour tàcher de les faire modifier, demandant l'autorisation de porter ses armes écartelées de celles de Retz, et dans le cas où il n'aurait pas d'enfants, que les héritiers de Retz récompensassent les siens dans une juste proportion de la plus-value; mais qu'il ne put rien obtenir. « Ceci, dit d'Argentré, se passait en l'an 1443, et en sont les lettres aux Chartres. » Voilà une assertion bien précise, bien détaillée ; mais comment la concilier avec une ordonnance du roi Charles Vit, rendue cette même année 1443, le 22 avril, et publiée dansle recueil de dom Morice ? Par cette ordonnance , le roi donne à Prégent, sire de Coëtivy , amiral de France, « toutes les terres, seigneuries, châteaux, châtellenies, cens, rentes, revenus, possessions, biens meubles et héritages quelconques qui furent et appartinrent à feu Gilles, en son vivant seigneur de Relz, maréchal de France, quelque part que les choses soient assises et situées. Comment qu'elles soient dites, nommées et appelées , soit par amende, condamnation, droit ou titre de confiscation, tant pour les cas, crimes, délits et désobéissances commis envers nous et notre royale Majesté par ledit feu sire de Retz, lui vivant, comme pour les cas et délits pour lesquels, puis trois ans en çà, il a été exécuté ou autrement, en quelque manière qu'il nous puisse ou doive appartenir. » Cet acte semble impliquer , en même temps, confiscation d'une part, donation de l'autre. Il n'y est nullement question de Marie de Laval, héritière naturelle de Gilles de Retz. Était-elle, dès lors , mariée à l'amiral de Coëtivy, ou ne l'a-t-elle été que depuis ? Le mariage ne fut-il qu'une transaction sur cette confiscation? Mais alors Marie n'était pas en position d'imposer des conditions bien dures à son mari, et telles que celles mentionnées par d'Argentré. Cette ordonnance a-t-elle été rendue à la sollicitation de Coëtivy pour avoir raison des prétentions et des refus de la famille; mais elle est presque du commencement de l'année où eurent lieu les actes mentionnés par d'Argentré, et en ce temps-là rien ne se faisait que très-lentement en matière de chancellerie. Cette anomalie historique me parait très-peu-conciliable. Pareil procédé fut employé,du reste, quelques mois après, au sujet des terres de Chantocé et d'Ingrandes, que Gilles de Retz avait vendues au duc de Rretagne , et dont ce prince s'était emparé de concert avec le duc d'Anjou, roi de Sicile, malgré l'annulation prononcée par édit royal de toutes les ventes faites par le sire de Retz. Charles VII, parlettres datées de Chinon le 28 août 1443, confisqua ces deux terres sur le duc de Bretagne, non point à cause de l'indue possession, mais sous pré- texte que le duc de Bretagne entretenait des intelligences avec les Anglais, et il les remit également à l'amiral de Coëtivy, pour lui et pour ses hoirs. Enfin, que l'héritage de Retz ait appartenu aux époux de Coëtivy par héritage de Marie de Laval ou par donation faite à Coëtivy, peu importe; mais il est certain qu'il passa aux héritiers de la femme, non à ceux du mari.

 

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Published by poudouvre
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