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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 18:20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 12:03

 

 

Pierre Ruello fut un des représentants du clergé, choisi pour siéger aux Etats généraux afin de représenter le Clergé du Diocèse de Loudéac. Pierre Ruello vit le jour le 26 février 1734 à Collinée, alors trêve ressortant de la paroisse du Gouray. Fils de honorables gens Yves Ruello et Claire Vetel, il fut porté sur les fonts baptismaux le jour même par honorables gens Henry Vétel et Julienne Godo, ses parrain et marraine. Missire Lesné désservant de Collinée précisait dans l'acte que tous étaient de la dite trêve et n'avaient signé. Pierre Ruello fit construire l'an 1756 cette remarquable bâtisse, dont la mairie de Collinée occupe actuellement les murs. Rentré en prêtrise, il devint professeur à Saint-Brieuc, puis exerça successivement au Gouray, à Moncontour et à Loudéac. On sait que sa désignation de représentant du Clergé de Loudéac suscita colère en cette ville dont il était prêtre depuis 1776. Mais, s'il prêta serment à la Constitution le 31 décembre 1790, il se rétracta cinq jours plus tard et devait comme la majeure partie de ses compatriotes Bretons choisir le chemin de l'exil vers Jersey. Il s'éteignit à Loudéac le 15 Messidor an XIII âgé de 70 ans. Voir acte ci-après.

 

 

La bâtisse Ruello 

 

Loudéac, 2 octobre 1791.

Il vient de se faire une insurrection à la fin de la grande messe, au sujet de M. Ruello, ci-devant curé de Loudéac, et qui va être remplacé au premier jour par M. Breton, député à l'assemblée constituante. Quelques mutins, que nous connoissons, ont fait dans l'église, aussi-tôt que la messe a été finie, la motion de savoir si on vouloit pour curé M. Breton ou M. Ruello. La majorité du peuple s'est déclarée pour celui-ci. Cela a occasionné une émeute. La garde nationale a tout de-suite couru aux armes pour l'appaiser ; mais comme elle n'est pas en force contre une ville qui contient près de 6000 âmes, on n'a pas pu s'emparer des mutins de crainte d'occasionner un carnage : mais on menace d'incendier Loudéac et de mettre tout à feu et à sang. Vous voyez, messieurs, que le moment est critique pour nous , et que nous n'avons d'autres ressources que dans la force. Il seroit aussi eussentiel que nous eussions 15 hommes de gendarmerie nationale à cheval. Signés, les administrateurs de Loudéac et officier municipaux réunis. Plusieurs voix : Le renvoi au pouvoir exécutif. Adopté.

 

 

Voici la biographie qui est consacrée à cet ecclésiastique : Le diocèse de Saint-Brieuc, durant la période révolutionnaire. 1896

 

M. Pierre Ruello, le recteur, né à Collinée en 1733, prêtre en 1759, était recteur du Gouray en 1766, et de Moncontour en 1773. Il est dit au registre rapportant son installation à Loudéac, en 1776, qu'il était aussi chef des missions diocésaines. M. Ruello avait de la science et il était au courant des affaires et c'est ce qui lui valut l'honneur d'être choisi par ses confrères pour les représenter, en 1789, aux Etats-généraux. M. Ruello s'oublia un instant dans ce nouveau poste ; il fit le serment de la Constitution civile du clergé, mais son erreur ne dura pas, il fit sa rétractation au bout de quelques jours. Par suite, obligé d'émigrer, il passa à Jersey, d'où il revint en 1801. Il reprit l'exercice de ses fonctions pastorales, et, en 1802, il fut de nouveau nommé à la cure de Loudéac, élevée au degré de cure de première classe. Les prêtres étaient rares à cette époque, la persécution en avait fait périr un grand nombre et rendu infirme un plus grand nombre encore ; le clergé ne se recrutait plus depuis dix ans. Dans cet état de choses, M. Ruello qui avait beaucoup de zèle, s'adonna tellement au travail qu'on dirait, en lisant les registres de son temps, qu'il était seul prêtre dans la paroisse. Il édifia de nouveau ses paroissiens par son zèle et sa charité qui furent admirables, surtout pendant une disette et une maladie contagieuse qui désolèrent le pays au commencement du XIXème siècle. Il était sans cesse occupé à procurer aux malades les secours de la religion lorsqu'il fut atteint lui-même de l'épidémie qui l'emporta à l'âge de 72 ans, le 2 juillet 1805. On n'a cessé de prier sur sa tombe et d'y porter les petits enfants, qu'au moment où a cessé d'exister le cimetière des Pritaux où il fut enterré.

 

 

Acte de décès de Pierre Ruello

 

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 10:16

 

 

La seigneurie de Merdrignac faisait anciennement partie du comté de Porhoët. Dans un titre de Marmoutier sous la date de 1118, on voit Robert de Merdrignac -Robertus de Merdrenniaco, parmi les témoins laïques de la donation faite au prieuré St Martin de Josselin par Geoffroy, vicomte de Porhoët. En 1164, le fils de Robert, Raoul (Radulfus) de Merdrignac et, Josse, (Joscius), fils de celui-ci, sont aussi témoins de la donation de cent quarts de blé -centum quarteria bladia, de la moitié du passage de Nenian, moins la dîme appartenant aux moines de Rhedon, et du tiers du bouteillage de Vannes, faite par Eudon, comte de Bretagne, aux moines desservant l'église du château de Josselin, au prieuré de St Martin. En 1201, Ginan de Merdrignac est témoin d'une sauvegarde accordée aux moines de St-Jacut, par Eudon III, vicomte de Porhoet. En 1218, Robert, vicomte de Merdrignac, épouse Denise Goyon de Matignon. En 1248, Robert est estimateur au 3e partage des biens de Porhoët. En 1252, 57 et 59, ces deux époux, n'ayant point de postérité, firent plusieurs donations à l'abbaye de St-Aubin-des-Bois dont les religieux reconnurent, en 1278, Denise Goyon pour leur fondatrice. On voit, encore, au croisillon sud de la chapelle de St-Aubin, le tombeau de ces deux bienfaiteurs couvert de leurs statues, et auprès du choeur est un tableau ancien sur lequel on lit Sponsalia dona Roberto. Ce sont encore des traces de la reconnaissance des religieux envers ces deux époux qui avaient fourni aux frais de restauration de leur abbaye qu'un incendie avait détruite..

 

 

Armoiries de Merdrignac

 

Une riche héritière, Jeanne de Merdrignac, réunissait, en 1294, la vicomte de Merdrignac et la baronnie de la Hardouinaye en St-Launeuc. Depuis, ces deux seigneuries n'on plus été séparées. La Hardouinaye étant un château très-fort, flanqué de quatre superbes tours, environné de larges douves sur lesquelles s'abattait un pont levis, devint la demeure ordinaire dans ces temps de guerre, et le manoir de Merdrignac, dont il ne reste aucune trace, fut négligé. Ce château, qui appartenait a Guy, seigneur de Merdrignac et de la Hardouinaie, représentait trois côtés d'un parallélogramme dont chacun avait 48 mètres de développement; il était entouré de fossés ayant près de 10 mètres de largeur, et que l'on franchissait sur un pont levis avisagé aa côté midi. Il a été abandonné, dit-on. dans le XIIIe siècle, et l'on ignore l'époque à la quelle il fut fondé. La plupart des belles pierres de ganite qui liaient été employées a sa construction ont servi à bâtir beaucoup des maisons de Merdrignac. Ces ruines, situées a environ 300 mètres à l'ouest de la ville , sont coupées parle tracé de la nouvelle route royale n° 164 bis, de Rennes à Brest. Ce château était un des monuments les plus anciens de cette localité il était visible à la Vieille-Cour. Il est vraisemblable que ce fut vers ce temps que fut établi comme juveignerie le petit fief de Timadeuc dont l'humble castel s'appelait la Peine en 1429, la Payganie en 1513 et aujourd'hui La Peignie. (ci-dessous d'après site www.manoirdelapeignie.fr)

 

 

A l'époque susdite de 1294, Jeanne de Merdrignac donna sa main à Jean de Beaumanoir, 2e du nom, dont l'illustre famille venait du Maine. Le premier de ce nom dont on ait connaissance, est Hervé de Beaumanoir qui vivait en 1202. Jean II de Beaumanoir eut trois fils : Jean III, Guillaume et Robert. L'ainé, Jean III, Seigneur de Beaumanoir, de Merdrignac et de la Hardouinaye, s'allia à Marie de Dinan, fille de Messire Rolland ou Robert de Dinan, seigneur de Montafilant et de Thomasse de Châteaubriant, laquelle Marie eut en mariage 200 livres de rente ; leurs enfants furent Jean IV du nom et Robert. Jean IV, seigneur de Beaumanoir, de Merdrignac, de la Hardouinaye et de Moncontour, fut, après Duguesclin, le plus renommé des preux. Il remplaça son oncle Robert dans le grade de Maréchal de Bretagne pour Charles de Blois. Il fut capitaine de Josselin, lieutenant général de l'armée contre les Anglais, chef des trente Bretons qui se battirent, le 4e dimanche de Carême 1351, contre 30 Anglais. Ceux ci furent vaincus, mais Beaumanoir fut blessé en remportant la victoire. Il épousa d'abord Tiphaine de Chemillé en Anjou et, en deuxièmes noces, Marguerite de Rohan, fille d'Alain VII et de Jeanne ou Marguerite de Rostrenen, fille de Jean de Rostrenen et de Marguerite d'Avaugour. Ladite Marguerite de Rohan, après la mort de son mari Jean de Beaumanoir, se remaria à Ollivier de Clisson, Connétable de France. Du premier mariage sortirent Jean V, Robert et trois filles qui furent toutes hautement mariées. Du deuxième lit vinrent : 1° Jeanne qui épousa Charles de Dinan, seigneur de Châteaubriant et de Montafilant : ladite Jeanne hérita plus tard de tous les biens de son père ; 2° Isabeau, femme de Jean Tournemine, seigneur de la Hunaudaye ; 3° Marguerite, femme de Galhot, seigneur de Rougé, de Derval et de la Roche-Diré , et Vicomte de la Guerche en Touraine. Où naquit Jean IV le plus illustre de cette illustre famille ? C'est une question qui ne sera peut-être jamais resolue. Evran n'est pas admissible à le réclamer : c'est une branche cadette dite du Besso, qui s'établit dans cette paroisse. Toujours est-il que la Hardouinaye était le principal manoir de ceux qui donnèrent le jour à ce héros. Jean V son fils, seigneur de Beaumanoir, de Merdrignac et de la Hardouinaye, rendit de grands services à Jean le Conquérant, duc de Bretagne, et suivit Bertrand Duguesclin en 1370 avec 19 écuyers. Il épousa Tiphaine Duguesclin, fille unique de Pierre, seigneur du Plessix-Bertrand, et de Julienne, dame de Denonval.

 

 

Jean V de Beaumanoir

d'après illustration de l'ouvrage Le Prieuré royal de Saint-Magloire de Léhon par l'abbé Fouéré-Macé

 

Il mourut sans enfants le 14 février 1385, tué à coups de hache par Roland Moysan son fermier dont il fréquentait trop la fille. Ce meurtre fut commis à l'instigation de Pierre de Tournemine -qui épousa la veuve de la victime, Tiphaine Duguesclin. (Ci dessous d'après l'ouvrage Le Prieuré royal de Saint-Magloire de Léhon par l'abbé Fouéré-Macé)

 

 

On voit aux archives de l'église de Dol qu'un Ginan de Merdrignac, père de feu Robert, donna, vers 1377, une demi-mine de froment au monastère de Saint-Michel et autant au chapitre de Dol, à prendre au fief de Renaut Gilbert, en la paroisse de Ros. Ce doit être un membre de la famille de Merdrignac oublié par les chroniqueurs. Jean V eut pour successeur son frère Robert qui, ayant découvert le crime de Tournemine, ne le laissa pas impuni, mais, selon l'usage du temps, il combattit en champ clos sur la place du Bouffay de Nantes, avec autorisation et en présence du duc et de toute la cour, le déloyal chevalier qu'il vainquit. Après ce combat singulier dont on parla dans toute la France, le brave Robert eut la générosité d'obtenir du duc par prières que le vaincu ne fût ni traîné ni pendu. Il était alors de règle que l'accusé d'un crime capital succombant dans ce genre de combat était après livré au bourreau pour être pendu. Robert mourut en 1407, aussi sans enfants. Il fut le dernier seigneur de Merdrignac du nom de Beaumanoir. Cette glorieuse famille y avait régné 113 ans. Alors Merdrignac et la Hardouinaye passèrent dans la famille de Dinan qui descendait des anciens ducs. Cela se fit par le troisième mariage de Charles de Dinan avec Jeanne de Beaumanoir, fille de Jean IV, héros des trente et de Marguerite de Rohan , sa deuxième femme , ou, selon d'autres, de Marguerite de Rostrenen. Charles n'avait point eu d'enfants de ses deux premières femmes : celle-ci lui donna cinq garçons : Henri, Rolland, Robert, Bertrand et Jacques, et deux filles : Thomine, le nom de la deuxième est inconnu. Nous verrons Merdrignac et la Hardouinaye passer successivement aux quatre premiers garçons, puis à la fille unique du cinquième et plus tard aux descendants de Thomine. L'héritière de Beaumanoir apporta les terres et seigneuries de son père et de sa mère à son mari qui possédait Dinan et Châteaubriant, et joignit ainsi à ses belles propriétés celles de Beaumanoir de Merdrignac, de la Hardouinaye, du Guilledo et de Rohan. Jeanne de Beaumanoir mourut le 25 Juin 1398. Charles son mari donna aussitôt à son fils aîné, Henri de Dinan, les seigneuries de Beaumanoir, de la Hardouinaye, de Merdrignac et du Guilledo : ce fils mourut sans avoir été marié en 1403. Rolland, son frère, lui succéda aux seigneuries maternelles en 1404 et à son père en 1418, pour la baronnie de Châteaubriant, puis il mourut un an après sans enfants. Robert lui succéda et décéda aussi sans postérité en 1429 transmettant ses biens à Bertrand, seigneur de Huguetières au pays de Rais, de Chantoceaux, et Maréchal de Bretagne du temps du duc Jean V. Quoique Bertrand eût épouse deux femmes, d'abord Marie de Surgère, ensuite Jeanne d'Harcourt, il n'eut point d'enfants etil mourut en 1444, Son frère Jacques, cinquième fils de Charles de Dinan et de Jeanne de Beaumanoir, ne lui succéda pas, parce qu'il était mort 21 jours avant lui ; mais ledit Jacques avait laissé une fille, Françoise de Dinan, qui recueillit les biens de tous ses oncles. La mère de celle-ci était Catherine de Rohan qui, devenue veuve, se remaria à Jean d'Albret, et de ce mariage sont issus les rois de Navarre qui ont existé jusqu'au 17e siècle. Thomine de Dinan, soeur des cinq frères dont nous venons de parler, épousa messire Jean de la Haye, chevalier, seigneur de Passavant, de Chemillé en Anjou et de Mortaigne en Poitou. De ce mariage sortirent deux fils, Jean et Bertrand, dont on ne dit rien, et une fille, Louise de la Haye, qui fut mariée à Jean de Sepeaux dont la postérité recueillera, comme nous le verrons, la seigneurie de Merdrignac et la Hardouinaye. Haute et puissante dame Françoise de Dinan, dame de Chàteaubriant, de Candé, de Vioreau, des Huguetières, de Montafilant, de Beaumanoir, du Guilledo, de la Hardouinaye, de Merdrignac, du Bodister, etc., fille unique de Jacques de Dinan et de Catherine de Rohan, naquit le 20 Novembre 1436. Elle fut mariée, à peine âgée de neuf ans, au prince Gilles de Bretagne, troisième fils du duc Jean V et de Jeanne de France, fille du Roi Charles VI. Ce prince, après avoir été quatre ans prisonnier, fut cruellement étranglé au château de la Hardouinaye, victime des perverses calomnies d'Artur de Mautauban qui espérait, par ce crime, obtenir la main de Françoise de Dinan. Il fut déçu et heureux d'échapper à la mort, juste châtiment de son forfait, en se renfermant dans un couvent d'abord à Marcoussi, ensuite à Paris. Enfin, ce qu'on aura peine à croire, roman à d'Arnaud dans les épreuves du sentiment. Enfin, ce qu'on aura peine à croire, il mourut Archevêque de Bordeaux. Le même sujet a été traité depuis avec plus de succès par le vicomte de Walsh. L'année de la mort du Prince, sa veuve, qui n'avait pas encore quatorze ans, se remaria à Guy XIV du nom, comte de Laval, baron de Vitré, vicomte de Rennes, veuf d'Isabeau de Bretagne, soeur du susdit Gilles. Guy de Laval mourut en 1486. Françoise de Dinan, veuve pour la deuxième fois, épousa clandestinement un simple écuyer picard, appelé Jean de Proési. Son testament, daté du 31 octobre 1489, révèle cette mésalliance. L'acte contient plusieurs pieuses fondations et des donations considérables faites à ce troisième mari. Rymer, en son douzième volume, p. 444 a inséré un sauve-conduit pour parcourir l'Angleterre donné à Françoise de Dinan par le roi de cette île en 1461. L'acte suppose que cette puissante dame voyageait avec un grand appareil et un nombreux cortège. Elle mourut à Nantes le 3 Janvier 1499 et fut inhumée au choeur de l'église des frères-prêcheurs de cette -ville. Elle n'avait point eu d'enfants du Prince Gilles, mais elle eut de Guy de Laval, quatre fils : Pierre qui mourut avant elle, François, Jacques et Jean. François de Laval succéda à sa mère et prit en mariage, du vivant de celle-ci, Françoise de Rieux, de Derval, de Rougé, de Maletroit, de Chateaugiron, de la Bellière, du Largouet, de St Mars de la Pile de, Guémené, Penfault, de Jans, de Tail, d'Amanlis, etc. , de laquelle il eut deux fils, Jean et Pierre ; il mourut en 1403 à Amboise et fut enterré à Châteaubriant, en l'église de la Trinité. Sa veuve lui survécut 29 ans, vivant vertueusement et religieusement au saint état de veuve et exerçant les oeuvres de miséricorde envers les pauvres. Elle mourut en 1532. Son fils aîné, Jean de Laval, recueillit tous les biens des auteurs de ses jours, moins Montafilant que Pierre avait eu en partage et qu'il donna en mourant à sa femme dont il n'eut point d'enfant. Le susdit Jean prit en mariage Françoise de Foix, fille de messire Odet de Foix, gouverneur de Guyenne, et de Charlotte d'Albret. De ce mariage naquit seulement une fille nommée Anne, qui mourut jeune avant son père. Celui-ci se distingua en Italie où il avait suivi François Ier qui le récompensa en lui donnant des décorations et la lieutenance générale des duché et pays de Bretagne. Etant sans enfants et peut-être peu content de ceux qui devaient recueillir sa succession en ligne collatérale ; il vendit et aliéna plusieurs de ses terres et seigneuries et en donna d'autres à ses amis, spécialement à messire Anne de Montmorency, connétable de France. Il mourut le 11 février 1542, âgé de 56 ans. Il fut inhumé à Châteaubriant. A sa mort, cette immense fortune s'évanouit par le morcellement, comme un colosse se brise dans sa chute. Cependant, une grande partie de ces biens, spécialement la Hardouinaye et Merdrignac, furent recueillis collatéralement par les descendants de Thomine de Dinan dont nous avons parlé. Sa fille Louise de la Haye, ayant épousé Jean de Sepeaux, en eut un fils nommé François, qui prit en mariage Marguerite d'Estouteville qui eut deux fils, Guy et René. Le premier épousa Jeanne de Giury et en eut un fils auquel il donna son nom. Celui-ci se maria à Charlotte de la Marzelière qui lui donna deux fils, Guy et Robert. Le dernier ne se maria point et le premier s'allia à Marie de Rieux. C'est ce Guy de Sepeaux qui obtint quelques débris de la fortune de Jean de Laval. Il n'eut qu'une fille, Catherine de Sepeaux, qu'épousa Henri de Gondy, duc de Retz, pair de France, chevalier des ordres du Roi. La famille de Gondi, venue de Florence, fut attirée à la cour de France auprès de Charles IX par Catherine de Medicis. Elle a fourni à l'Eglise trois Cardinaux, dont un évêque et deux archevêques de Paris. M. de Gondi vendit, vers 1666, la Hardouinaye et Merdrignac à deux frères appelés Douesseau, fermiers généraux ou banquiers à Paris. Ceux-ci, dit-on, établirent les étangs et la grande forge de la Hardouinaye. L'un mourut sans postérité, l'autre laissa une fille qui épousa M. Derval, et donna naissance à Emilie Derval, épouse de Bertrand de Saint-Pern. La famille de Saint -Pern a conservé jusqu'à nos jours la Hardouinaye qui appartient maintenant aux enfants de M. Alexandre de La Lande-Calan, du chef de leurmère, N. de Saint-Pern, décédée en 1639.

 

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 06:06

 

 

Armoiries de Plancoët

 

Largentaye fut le berceau d'une race chevaleresque à laquelle Marguerite de Dinan, veuve de Geoffroy Gouyon, sire de Matignon, porta l'importante chastellenie de Plancoët. Guy de Largentaye, fils de Guy et de Marguerite de Dinan, fut dépossédé, en 1252, de Plancoët, par les fils du 3e mariage de sa mère avec Juhaël de Montfort. Le nom de Largentaye était encore porté, en 1381, par l'un des signataires du traité de Guérande. D'après Courcy, Largentaye aurait appartenu quelque temps à l'illustre maison de Malestroit; nous trouvons ce fief, au XVIe siècle, aux mains des Montbourcher du Bordago, dont Jeanne, dame de Largentaye, épousa successivement le sieur de Landujan, puis, en 1559, Marc de Rosmadec-Pontcroix, chevalier de l'Ordre du Roi, gouverneur de Dinan. Elle mourut sans postérité néanmoins, son mari hérita d'elle et transmit Largentaye à sa fille unique d'un second mariage avec Guillemette de la Vallée de Saint-Jouan. Cette fille, Bonaventure de Rosmadec, épousa, en 1604, Claude de Clisson, seigneur de Keralio, chevalier de l'Ordre du Roi, et fut mère d'Olivier de Clisson, seigneur de Keralio, Largentaye et autres lieux, marié en 1630 à Jeanne du Perrier du Menez. Les Clisson durent aliéner Largentaye, dont nous trouvons propriétaire écuyer François Lesquen, aussi seigneur de la Ménardais, en Créhen, sénéchal de Saint-Malo et fils d'une Artur malouine, de la même famille qu'un Artur qui acquit vers le même temps le château de Keralio-Lezernant, demeure principale des Clisson au pays de Tréguier. François Lesquen épousa, en 1656, Henriette Gourcuff, de famille basse bretonne ils transmirent Largentaye à leurs fils puînés Etienne et Louis-Jean, dont la postérité s'éteignit en 1756. Largentaye revint à leur neveu Constant de Lesquen, page du Roi, marié en 1747 à Reine Le Noir, dame de Carlan, en Meslin, près Lamballe, et de Craffault, en Plédran, prés Saint-Brieuc. Agathe-Eléonore de Lesquen, demeurée seule héritière de leurs biens par la mort de son frère, tué à Quiberon, épousa en 1796 Frédéric Rioust des Villeaudrains, fils du courageux défenseur du Gué du Guildo. Leur postérité, plus connue de nos jours sous le nom de Largentaye, hérité de son aïeule, en habite toujours les châteaux de Largentaye en Saint-Lormet et de Craffault, en Plédran. Largentaye occupe un beau site élevé sur les bords de l'Arguenon, où se mire la jolie chapelle ogivale. L'habitation elle-même est très imposante par sa masse moderne.

 

 

Frotier de la Messelière

 

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 15:57

 

 

Merdrignac fut presque dépeuplée dans le XVIIe siècle par la peste qui sévit du mois de mai 1632 au mois d'avril 1633. On trouve à cet égard, sur le registre des décès, à la date de 1632, la note suivante qui nous est transmise par M. Bagot du Parc : Le mercredi, 12e jour de mai, 1632, le marché fut à la Touche-Brichore, à cause de la contagion qui était à la ville, et y fut tenu jusqu'au 21e jour de décembre 1633, qu'il retourna en la ville. Et un petit marché fut au jour du mercredi, pendant ces 30 mois, et s'y tenait comme miracle, à cause que le marché était au dimanche.». Jean Ogée

 

Ci dessus la croix des Pestiférés à la Vieille-Cour, aux abords de la ville de Merdrignac; et ci-dessous, les premiers registres paroissiaux de l'année 1632.

 

 

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 15:04

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 14:46

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 11:21

J'ai, à diverses reprises, écrit à plusieurs des membres de la Société des Traditions populaires qui habitent la province pour leur demander de traiter cette question des costumes; mais tous m'ont répondu que, quant aux origines, les éléments de comparaison faisaient défaut, et que, pour les évolutions contemporaines, il était malaisé de les suivre. J'avais pensé être plus heureux en m'adressant à l'abbé Abgrall, qui dans un très intéressant mémoire sur les Costumes et les usages bretons s'était occupé incidemment de l'évolution du costume, et avait émis sur ce sujet des idées judicieuses. Il disait : que le costume est un art, qu'il comporte un changement, un mouvement continuel, comme tout ce qui est du ressort de l'intelligence et de l'activité humaine. En l'espace de 50 à 80 ans, on peut constater des écarts profondément marqués. Dans les albums d'Olivier Perrin (de Rostrenen), dessinés vers 1830, et dans son tableau de la foire de Quimper, au Musée de cette ville (daté 1820), on trouve les mêmes éléments dans les habillements rustiques, mais aussi bien des détails modifiés, des perfectionnements dans la coupe, dans les formes générales, chaque région tendant à une plus grande élégance, sinon à une plus grande richesse dans l'ornementation. Lorsque je lui demandai, sachant qu'il a fait, avec un grand soin et une parfaite intelligence, d'innombrables photographies des statues et des vitraux que l'on rencontre dans les églises et les chapelles du Finistère, de préciser et de me dire si, dans les verrières anciennes ou dans des groupes sculptés, il avait rencontré des personnages ayant un costume apparenté à ceux que l'on voit dans le bel ensemble de mannequins habillés du Musée de Quimper, ou à ceux encore en usage à l'heure actuelle, il me répondit qu'il ne pouvait rien ajouter aux idées générales exposées dans son mémoire. En réalité, les documents certains et datés ne remontent guère, en ce qui concerne la Bretagne, qu'à l'année 1820, et le plus curieux est en effet, parce qu'il est à peu près localisé, le tableau assez naïf, mais très sincère, d'Olivier Perrin, qui représente un marché de Quimper et qui figure au Musée de cette ville. Olivier Perrin est l'auteur de la Galerie Bretonne, publiée un peu plus tard, et les costumes bretons y abondent; mais presque tous rentrent dans un même type, qui paraît être celui de la Cornouaille à cette époque et qui est caractérisé par le grand chapeau, les bragou-braz ou larges culottes, la ceinture de cuir avec une grande boucle, mais non le costume breton d'un pays déterminé. Cette sorte de moyenne ne permet pas des comparaisons aussi précises que si l'auteur avait, par exemple, revêtu ses personnages du costume de Pont-Aven ou de celui de Pont-l'Abbé. En ce qui concerne la Basse-Bretagne, la question de l'évolution aurait pu être traitée avec de nombreuses pièces à l'appui, par notre regretté collègue Morel-Retz, universellement connu sous le pseudonyme de Stop ; il avait dessiné en 1848 les costumes de la partie sud (Morbihan et Finistère), de la péninsule armoricaine, et un peu plus de vingt ans après il avait fait, dans la même région, un autre album de costumes qui constatait la modification profonde qu'ils avaient subie. Mais je n'ai pu savoir ce que ces albums sont devenus après sa mort. Depuis que nous possédons des documents certains, et je n'en connais pas d'antérieurs au XIXe siècle, le costume du Finistère a subi une évolution considérable ; pour le moment je ne m'occupe que de celui des hommes. Dans certains pays le changement a été si radical que les grands-pères, s'ils revenaient au monde, ne reconnaîtraient plus, dans l'habillement de leurs petits-fils, que des fragments de ce qu'il était autrefois. M. Abgrall dit que le bragou qui, il y a quarante ans, était en usage dans la plus grande partie de la Cornouaille, a maintenant disparu. La conclusion est, ce me semble, un peu absolue ; le bragou devient sans doute rare, mais on le retrouve encore dans le Finistère même. Je ne crois pas toutefois que maintenant il y ait des communes où le costume soit aussi bien conservé qu'il l'était, en 1874, dans la commune de Nevé, canton de Pont-Aven. Elle avait une population rurale qui formait la majorité, et comprenait aussi des marins ; ceux-ci se distinguaient à première vue des paysans : au lieu de bragous blancs, plissés depuis la poche jusqu'au genou, et au-dessous desquels venaient s'agrafer des guêtres noires, ils portaient de longs pantalons rappelant par leur forme les anciennes chausses à la marinière, et leur veste était d'un bleu foncé, alors que celle des laboureurs était bleu clair. Dès cette époque, un changement s'opérait, et il a dû s'accentuer depuis ; parmi les jeunes, surtout aux environs du bourg, beaucoup avaient renoncé au bragou et portaient des pantalons modernes, souvent de couleur noire, mais aussi de couleurs diverses, comme ceux des habitants des villes ; à la ceinture de cuir avait succédé la ceinture d'étoffe faisant plusieurs fois le tour du corps, et le gilet à petits boutons avait fait place à un gilet ordinaire ; le chapeau ancien, le grand feutre noir avec le ruban et la boucle, s'était apetissé, et parfois même avait été remplacé par un chapeau mou. Ils ne gardaient guère du costume primitif que la veste, et encore il y avait une tendance à adopter la couleur et la forme de celles que portaient les gens de Pont-Aven. Je crois qu'en Bretagne l'évolution du costume à l'époque moderne suit à peu près le même processus qu'à Nevé : c'est le bragou qui disparaît le premier, pour des raisons de mode ou de commodité, peut-être d'économie; pour des causes analogues, l'ancien chapeau cède la place à un chapeau plus moderne.

 

 

Costume de Merdrignac

 

En Haute-Bretagne, le bragou a disparu depuis de longues années, mais dans mon enfance, vers 1850, j'ai encore vu de vieux paysans qui portaient une culotte courte, serrée comme au siècle dernier, et des bas de laine, généralement roux. Mon père avait à Merdrignac, à la limite des Côtes-du-Nord et du Morbihan, des fermes dont les chefs, âgés alors de 60 ans environ, avaient encore des culottes courtes, survivance probable du XVIIIe siècle, et une veste en laine rousse avec des soutaches rouges.

 

 

Costume de Jugon

 

Leurs petits-fils, restés mes fermiers jusqu'en 1890, n'avaient gardé aucun vestige de l'ancien costume. Sur la côte, dans le pays de Matignon (Côtes-du-Nord), où j'ai passé mon enfance,je me souviens très bien d'avoir vu les vieillards porter une veste courte appelée tout-rond, qui avait le haut collet piqué et rigide que l'on voit encore dans certains costumes d'officiers de l'Empire; c'était probablement une survivance d'une époque pourtant peu éloignée, et dès 1860 elle s'était éteinte.

 

 

Costume de Matignon

 

Vers 1850, beaucoup de laboureurs portaient des chapeaux en feutre verni, de forme assez semblable à ceux des matelots du premier Empire, et c'était aussi vraisemblablement une survivance. Pour les matelots, au lieu de la vareuse actuelle, ils avaient de longs vêtements de laine qui leur tombaient jusqu'à mi-cuisse, avec deux fentes longitudinales qui commençaient un peu plus bas que les poches. Ces vêtements, qu'on ne voit plus aujourd'hui, étaient en général bleus, mais il y en avait des jaunes, et plus rarement des rouges. Pour le costume des femmes l'évolution n'est pas tout à fait la même que pour ceux des hommes ; bien que la coiffe subisse des transformations, elle survit, la plupart du temps, aux robes et aux corsages anciens, qui peu à peu sont remplacés par des vêtements plus voisins de ceux des villes que des habillements même du milieu de ce siècle. Ici je m'occuperai surtout de la Haute-Bretagne, parce que c'est un pays moyen, un pays demi-sang, pour employer l'heureuse expression que Bourgault-Ducoudray a appliquée aux chansons populaires, et que c'est aussi celui où j'ai pu observer les changements de visu, et je parlerai des femmes de la côte, entre le cap Fréhel et Saint-Malo, dont j'ai suivi l'évolution pendant près d'un demi-siècle, et surtout de celles du canton de Matignon où je suis né. Des douze communes qui le composent, six sont baignées par la mer, mais trois seulement ont une population de marins et de pêcheurs de quelque importance; les six autres sont tout à fait rurales. Dans mon enfance, les six communes littorales portaient une coiffure appelée dalet, qui présentait des variantes peu importantes de commune à commune : dans trois communes de l'intérieur, on trouvait une coiffure apparentée, mais plus grande et moins élégante ; les trois autres avaient la caunette, corruption vraisemblable de cornette, qui en différait radicalement. Les femmes de ces trois groupes portaient des cotillons de rayé, étoffe fabriquée par les tisserands locaux, et qui, sur une trame de fil, avait été recouverte d'un tissu de laine; elle présentait des rayures verticales alternées, les unes claires, les autres foncées : c'est de cette particularité que l'étoffe tirait son nom. Vers 1850, ces raies étaient alternativement bleu foncé ou bleu clair, ou vert clair, souvent larges de l'épaisseur du doigt environ; cette couleur bleue, qui probablement avait toujours été dominante, avait peu à peu remplacé les cotillons rouges rayés de blanc, qu'on ne portait plus guère que comme jupe de dessous et qu'on ne fabriquait plus; ceux en laine grise ou rousse, qui n'ayant point été teints, gardaient la couleur de la toison du mouton, étaient d'un usage plus courant que les cotillons rouges, mais les paysannes qui se piquaient de quelque élégance, les considéraient déjà comme démodés, et c'était surtout les femmes d'un certain âge qui les portaient. Ils sont rares aujourd'hui, et le cotillon bleu lui-même a une tendance à disparaître : les femmes jeunes le remplacent, tout au moins les dimanches, par des robes noires ou grises, de fabrication étrangère au pays. Des femmes âgées conservaient seules une sorte de veste, de la même étoffe que le cotillon, qui avait, à deux ou trois doigts au-dessous de la taille, une bande plissée, et qui s'ouvrait sur le devant ; mais le corps, sorte de corsage qui dessinait mieux la taille, était déjà plus en usage, et il est encore porté les jours de travail, et même les dimanches, par les paysannes qui ont conservé le cotillon ou qui n'ont pas une robe complète faite comme celle des ouvrières des villes. C'était à ce corsage qu'était attachée la devantière, tablier surmonté d'une large pièce carrée, nommée piécette, piquée sur le corsage par des épingles à grosse tête, dites épingles à piécette; en dessous passait le mouchoir de cou, qui était une sorte de châle très court. La devantière, qui souvent ne différait du cotillon que par la couleur, couvrait tout le devant de la robe et était ornée de poches saillantes, hautes de 20 centimètres environ et larges à l'avenant, qui permettaient d'y mettre beaucoup, de choses. Les élégantes commencèrent par le diminuer en longueur et en largeur, rétrécirent les poches, et à la forme primitive, qui était carrée, substituèrent la piécette amincie vers la taille ; elles rétrécirent aussi vers le haut sa largeur, et l'antique devantière devint presque un tablier de soubrette, à la réserve qu'il garda toujours au bas des coins coupés carrément. Cette forme, due peut-être à l'influence des tabliers coquets des femmes de la côte aux environs de Saint-Malo, amena peu à peu les simples paysannes, non à adopter les tabliers des élégantes, mais à diminuer la longueur et l'ampleur de leur devantière. Le mouchoir de cou, que l'on appelait ainsi pour le distinguer du mouchoir de pouchette, ou mouchoir de poche, qui était presque un objet de luxe et dont on se servait le moins possible, était croisé sur la poitrine, qu'il dessinait très peu, et par derrière sa pointe dépassait à peine le haut du cotillon. Les élégantes le firent bouffer sur la poitrine en dégageant le cou et en laissant voir, au lieu de l'ancien col de chemise où du simple fichu de cou, un fichu brodé ou une collerette; progressivement il s'allongea par derrière jusqu'à ressembler aux châles du temps de Louis-Philippe, dont il était au reste une imitation, avec cette circonstance qu'ils ne furent adoptés à la campagne qu'après être devenus rares à la ville. Toutefois, peut-être pour des raisons de commodité, la plupart des paysannes se contentèrent de draper sur le devant leur mouchoir de cou, à la nouvelle mode, et de l'allonger par derrière, sans lui donner la longueur des châles des grosses fermières ou des élégantes de bourg. En hiver, tout ce costume disparaissait presque sous un manteau de couleur brune ou noire, formant de grands plis rigides et d'un tissu assez serré pour braver la pluie : la coiffe était protégée par un fourreau de même étoffe, qui portait le nom de capot et qui se terminait sur le dos par une sorte de carrick cache-nuque, qui tombait sur les épaules et recouvrait le haut du manteau, appelé grande devantière, pour le distinguer de la petite devantière ou tablier. Pour la coiffure, dont je parle en dernier lieu, parce qu'elle est plus intéressante au point de vue de l'évolution que le reste de l'habillement, il y en avait, dans ce canton, ainsi que je l'ai dit, trois variétés principales; mais dans les trois groupes la coiffure de dessous était sensiblement la même; elle se composait d'un serre-tête qui prenait à peu près toute la boîte crânienne et laissait à peine voir par devant la naissance des cheveux, divisés en deux par une raie. Par derrière, les cheveux qui étaient abondants et fort longs, formaient, lorsqu'ils étaient détachés, une sorte de crinière que l'on peignait avec soin et qui, à partir de la nuque, était repliée sur le serre-tête. C'est par-dessus que la coiffe, attachée avec des épingles, était posée. Le dalet, avec des variantes légères, était porté dans six communes et était la coiffe, mais seulement apparentée, de trois autres; elle était en toile unie et on la portait même écrue, lorsqu'elle était neuve. Elle se composait d'une extrémité triangulaire plissée qui partait du serre tête et était nommée chupiron; elle s'attachait à une large bande empesée de toile, qui, lorsqu'elle était dépliée, retombait sur les épaules; quand ses ailes avaient été attachées sur le haut de la tête avec des épingles, elles ressemblaient assez à des gouttières en toile. Cette coiffure dépassait le front de quelques centimètres dans les communes de la côte; elle s'avançait plus dans les trois communes rurales. C'était la forme en usage vers 1850; elle était probablement ancienne, et elle était sensiblement la même chez les vieilles femmes et chez les jeunes tilles, ce qui semblé montrer que dans le commencement du siècle elle était à peu près la même qu'à cette époque. Vers ce moment se produisit une évolution qui scandalisa tout d'abord les femmes âgées ; quelques jeunes femmes, qui peut-être avaient vu ailleurs des coiffes un peu différentes et couvrant moins le front, commencèrent à diminuer le devant de la coiffe, de façon à laisser voir le haut de la figure, et il se produisit un rétrécissement dans le sens de la longueur; en même temps elles firent sortir du serre-tête qui les emprisonnait et les cachait presque entièrement, les bandeaux de cheveux qui, partagés par une raie, ornèrent les deux côtés du front. Actuellement, la pointe de derrière, qui d'abord avait été diminuée et qui, de rigide, était devenue plissée, presque flottante, à peine empesée, a complètement disparu; elle n'est plus représentée que par un ruban croisé tout petit, qui fait partie du serre-tête. Les élégantes ont même renoncé au serre-tête et aux cheveux relevés à partir de la nuque, et elles l'ont remplacé par une résille. Dans ce groupe on peut constater la tendance à montrer les cheveux et le front, autrefois ombragés par la coiffe, la diminution de la grandeur de la coiffe et la substitution de la toile brodée à la toile simple Dans les groupes voisins s'est produite une évolution analogue : c'est ainsi que sur la côte, de l'embouchure de la Rance à l'Arguenon, le coq plissé, autrefois très apparent, a été presque recouvert par les ailes de la coiffure, et celle-ci, très grande autrefois, est devenue assez petite.

 

 

Coiffe de Lamballe

 

Je crois qu'il ne faut accepter que sous bénéfice d'inventaire la gravure des Départements de France, de Girault de Saint-Fargeau, qui représente une femme de Dinard; toutefois, on peut considérer comme exacte la dimension considérable de l'ornement plissé, dit coq. On doit faire les mêmes réserves pour le costume de Cancale, qui, de la forme monumentale de 1829, est devenue le coquet papillon d'aujourd'hui. On peut constater la même évolution pour la caunette, qui grande et couvrant le front, s'est rétrécie et s'est éloignée de la forme géométrique qu'elle avait il y a quarante ans. Dans une grande partie de la Bretagne du Nord, dans l'intérieur du pays parlant français et dans les environs de Lanvollon et de Paimpol, il y avait autrefois une coiffure, aussi ample que celle des Cauchoises, et que certaines coiffes de l'Eure dessinées par Philippe en 1834, aussi encombrantes que les hennins du XVe siècle. Ces coiffes étaient désignées sous le nom de « catioles » : elles n'étaient pas particulières à une commune, mais constituaient une sorte de coiffure aristocratique; elles n'étaient portées que par des femmes riches ou se rapprochant de la petite bourgeoisie : une paysanne ordinaire n'aurait osé s'en parer. Les fillettes la prenaient, le dimanche, après la première communion, et en 1875 j'ai encore vu dans la grande commune de Ploubazlanec, canton de Paimpol, des fillettes dont la coiffe était presque aussi longue qu'elles étaient hautes. Dans l'Ille-et-Vilaine, cette coiffe monumentale s'est rétrécie peu à peu, comme la peau de chagrin du roman de Balzac, et à l'heure actuelle, presque partout, elle est remplacée par deux cylindres en dentelles, un peu plus gros qu'un doigt, que l'on voit, avec quelque surprise, posés sur les cheveux des élégantes et des grosses fermières. En résumé, dans la Haute-Bretagne, la coiffure s'est peu à peu rétrécie en dégageant le front, et aux coiffes monumentales ont succédé des coiffes plus petites, rejetées en arrière, bien plus ornées, et qui né rappellent les anciennes que par des traits parfois presque effacés. Les anciennes coiffures avaient une aire géographique assez bien déterminée, et, tout au moins, sur la côte, elles correspondaient à des groupes présentant dans la physionomie ou les proportions, des caractères très différents de la population de l'intérieur, et parfois de celle du littoral qui l'avoisinait. Ils n'étaient pas aussi tranchés que ceux des Bigoudens de Pont-Labbé (Finistère), qui diffèrent autant des habitants de Fouesnant, séparés seulement par la rivière de l'Odet, qu'un Norvégien du Nord, métissé de Lapon, d'un Français de la Saintonge. Toutefois, en ce qui concerne mon canton natal, celui de Matignon, il était facile, il y a trente ans, tout costume à part, de faire, à première vue, la différence entre les trois groupes qui le composaient. Je parle des femmes seulement. Les Capresses, ou femmes de la péninsule de Fréhel, qui n'étaient pas métissées, se distinguaient par la coupe régulière de leur figure, leur teint mat, le nez bien dessiné, et presque dans le prolongement du front, comme celui de certaines statues grecques, l'ampleur de leur chevelure noire -plus rarement, mais parfois rousse,-leurs yeux noirs, et aussi par la longueur de leurs proportions et l'élégance de leurs attaches. Elles ne travaillaient pas autant à la terre que leurs voisines, mais se livraient aux travaux du ménage ou à la pêche. Dans d'autres communes maritimes, le type était moins bien conservé. Pour les communes ne touchant pas à la mer, dans trois, les femmes étaient grandes, mais peu élégantes, et dans trois autres -celles qui portaient les caunettes -le type devenait généralement lourd, et les attaches assez grossières; il n'y avait plus là que des personnes occupées à la terre. Le long de la côte, le premier type, plus ou moins bien conservé, avait, de l'E. à l'O., des limites naturelles : à l'O. l'embouchure du Gouessant, à l'E. celle de l'Arguenon. Les femmes qui portaient le Coq se voyaient de l'embouchure de l'Arguenon à celle de la Rance: plus élégantes sur le bord de la mer et des fleuves, plus lourdes, dans l'intérieur ; il en était de même pour les pignons, sur la rive droite de la Rance, pour le groupe portant la coiffure de Cancale, qui finissait à peu près à un ruisseau venant de Dol pour se jeter à la mer ; de là jusqu'à l'embouchure du Couesnon, c'était une autre coiffure, et un type voisin, mais présentant pourtant des différences.

 

 

costume de Cancale

 

On peut remarquer que ces coiffures,s'éloignent peu de la mer, de 3 à 6 kilomètres, à moins que, comme sur les deux rives de la Rance, l'estuaire du fleuve ne soit un véritable prolongement de la mer; dans ce cas, elles s'arrêtent à peu près à l'endroit où la marée cesse de se faire sentir. Il est peut-être permis d'en conclure que ces coiffures correspondent à des tribus venant de la Bretagne insulaire, et qui ont refoulé du rivage les anciens habitants; et peut-être quelques particularités de la coiffure remontent-elles jusqu'à cette époque éloignée, le coq par exemple, dont je ne connais pas de similaire, et même le dalet, qui a quelque ressemblance avec la coiffe des femmes d'Ouessant. Malheureusement, les dessins anciens, ou les descriptions, ne nous permettent que de poser cette hypothèse.

 

Paul Sébillot

 

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 19:41

Originaire de Caulnes près Saint-Malo, vers 1482, il entra jeune à l'âge de 18 ans, chez les Dominicains à Dinan et, peu après sa profession, fut envoyé pour ses études de théologie à Paris. Il y conquit la licence en théologie le 6 février 1528 : le septième sur 26 dont 16 séculiers, et le premier des réguliers. Le 19 juin, il fut promu docteur en théologie. Dès lors, il semble avoir été en vedette dans l'Université, car, dès 1529, nous le voyons au titre d'inquisiteur, faire enquête sur l'orthodoxie d'Inigo de Loyola, le futur fondateur de la Compagnie de Jésus. C'est sans doute cette activité précoce qui lui vaut l'ironie de Rabelais dans son Pantagruel. En 1534, c'est Ory qui, avec le P. Liévin, fut chargé d'examiner le commentaire de Sadolet sur l'Epître aux Romains de saint Paul. Il était alors prieur du couvent saint Jacques de Paris et, peut-être à cause de ses occupations, il semble avoir été remplacé par son confrère Valentin Liévin au début de l'année 1535 pour un second examen des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. C'est en 1535 qu'il fut nommé Inquisiteur général du royaume. Le cardinal de Tournon, dans une lettre au cardinal de Paris, Jean du Bellay, datée de Chaumont-en-Bassigny 22 septembre 1535 mentionnait comme candidat à ce poste : « nostre maistre Bynet qui est icy, et suys seur que la meilleure opinion que Nostre Saint-Pere peult avoir de luy doibt estre procédee du bon témoignage que vous en avez porté; et puisqu'il plaist a Sa Sainteté et que vous trouvez bon qu'il ayt ceste charge d'inquisiteur de la foy, je suis content qu'il l'accepte. » Ce Gilles Binet, que le cardinal de Bellay recommande à Tournon, est lui aussi un Dominicain, mais, pour la fonction d'Inquisiteur général, il est encore trop jeune, « car il s'en fault deux ou troys ans qu'il n'ayt les quarante completz, comme il dit estre requis a cest office ». Telle est sans doute la raison pour laquelle Mathieu Ory lui est préféré, ainsi qu'il apparaît par le diplôme royal, daté de Lyon 30 mai 1536, qui est conservé aux Archives nationales de Paris. Le cardinal de Tournon, en 1536, recommande au chancelier Antoine Du Bourg « le présent porteur, frère Mathieu Ory, inquisiteur général du royaume, dont on conteste, à tort, l'office ». Engilbert Clausse, conseiller au Châtelet, lui est officiellement adjoint en qualité de procureur général près l'Inquisition. Nous possédons assez peu de détails sur son activité à cette époque. On le voit engager des poursuites contre le prédicateur Jean Michel à Bourges. Peut-être est-ce pour obtenir une confirmation papale de ses pouvoirs qu'il se trouve à Rome vers le 18 novembre 1538 ; il peut ainsi apporter son témoignage personnel en faveur de l'orthodoxie d'Ignace de Loyola. Le 15 juillet 1539, un Bref de Paul III l'investit officiellement de ses fonctions et, peu de temps après à Paris, des lettres royales lui ordonnent de communiquer le procès de Dolet à des juges séculiers (23 juillet 1540). Il accompagne habituellement le cardinal de Tournon et il a sous ses ordres six inquisiteurs subordonnés qui parcourent pour lui les provinces. En 1542, la Congrégation générale de son Ordre lui reconnaît son titre d'Inquisiteur; il examine et approuve le Bréviaire du Cardinal Quinones. Durant les années 1543 et 1544, il est très occupé des affaires de Dolet qui, dans son Second Enfer, s'en plaint amèrement au cardinal de Tournon : qu'aulcun plein de sens frénétique Contre vertu ayant toujours la picque Vous ont remply (en mentant) les oreilles De plusieurs cas et de grandes merveilles Touchant mon faict. C'est au cours même du procès d'Etienne Dolet que Mathieu Ory soumet à la Faculté de théologie de Paris son Alexipharmacon et qu'après en avoir reçu l'autorisation il le fait publier par le libraire Jean André avec un Privilège royal pour quatre ans (daté du 24 juin 1544). II y a, déclare Ory, trois espèces d'hérésie, suivant qu'elle s'oppose à la raison naturelle, à la Sainte Ecriture, aux dogmes de l'Eglise sacrosainte. « Prima. . . vocatur caecitas mentis, sive ebrietas in scripturis sacris... In hanc lapsi sunt athaei, et plures ex Lutheranis, qui per tot dévia in inventionibus suis ambulantes dixerunt, atque scripserunt innumera, quae nulla gens quantumcumque legum, aut morum fuerit expers, umquam probaverit, aut probare possit, utque superioribus, sive in his quae sunt religionis, et divini cultus non sit parendum, aut quod locus ad religionis cultum non sit habendus, et similia, quae gentes semper in suis ritibus serventui. »

 

 

La carrière de Mathieu Ory, dans la suite, n'est qu'une suite d'applications de la doctrine exprimée dans l'Alewipharmacon. Ainsi, le dimanche 28 juin 1545, on le voit interdire soixante-cinq ouvrages pernicieux. Le roi Henri II le confirme le 18 novembre 1547 dans ses fonctions d'inquisiteur général du royaume, puis de nouveau en 1549 et 1550, et deux ans plus tard (17 mai 1552) le Pape Jules III. A Lyon, il se trouve avec le cardinal de Tournon quand cinq étudiants huguenots, revenant de Suisse, y sont arrêtés (16 mai 1552) et jetés en prison. Ils ne sortiront de captivité, malgré les instances des protestants de Berne, que pour être condamnés au bûcher (16 mars 1553). Entre temps, il accompagne Tournon à Rome et, durant le trajet de retour, il déconseille à ce dernier de passer par Genève où il aurait rencontré Calvin. L'affaire du Christianismi restitutio de Michel Servet l'occupe au mois d'avril 1553. Le 4 de ce mois, au château de Roussillon, il participe à la réunion où est condamné l'ouvrage; les deux jours suivants, il interroge lui-même Servet. Celui-ci s'enfuit le 7 à Genève où l'attend le bûcher préparé par Calvin tandis que le 17 juin, à Vienne, Ory préside l'autodafé de Servet. Une autre grave négociation l'attire en Italie durant l'année 1554. Depuis de nombreuses années, la duchesse Renée de France, fille de François Ier et mariée au duc de Ferrare, donnait lieu à de nombreuses plaintes de son mari pour son attachement au calvinisme. Le 18 mars 1554, le duc, après avoir banni de ses Etats toute personne suspecte de favoriser la Réforme, demande au Roi de France un convertisseur habile et énergique pour convaincre sa femme. C'est Mathieu Ory qui lui est envoyé par le roi Henri II; il quitte la France au début de juin et, à Ferrare, il se retrouve avec un jésuite français nommé Claude Pelletier. La duchesse, tenue sous stricte surveillance par son mari, reçoit Ory à plusieurs reprises et même lui laisse espérer qu'elle assistera, au début du mois d'août, à sa messe. « II rédige un traité sur le très saint sacrement pour elle et le traduit en langue vulgaire, mais il demande à Pelletier de l'expliquer et commenter oralement à la Duchesse, parce que certains points rédigés dans la manière scolastique avaient besoin d'explication ». Pour la fête de l'Assomption (15 août), le duc et ses deux filles communient de la main d'Ory, mais la duchesse ne se rend pas encore. Ce sera seulement le 2 septembre, que celle-ci finit par assister à sa messe et Mathieu Ory repart en croyant l'affaire conclue. En réalité, la duchesse ne se confessera et ne communiera que quelques jours plus tard, après de nouvelles instances du P. Pelletier. Plus que jamais, le P. Ory est bien en cours auprès du roi Henri II. Il semble aussi avoir renoué plus intimement ses relations avec la Compagnie de Jésus, car, le 26 janvier 1555, le secrétaire de la Compagnie de Jésus écrit de Rome au P. Pelletier que Frère Ory a fait savoir de France « à Frère Gabriel, de son ordre, pénitencier, notre ami, en lui disant de s'informer de nos affaires, parce qu'on avait parlé devant le Roi de deux questions ». Le 6 septembre de la même année, à Saint Germain en Laye, le roi Henri II signe l'ordre de doubler la pension de trois cents livres, accordées à Mathieu Ory, docteur en théologie et inquisiteur général de la foi, à raison de ses services, et pour subvenir aux dépenses faites par lui dans l'exercice de ses fonctions. Ory meurt, moins de deux ans plus tard, le 12 juin 1557, laissant le souvenir d'un champion intrépide de l'orthodoxie. Le roi Henri II, par l'édit de Compiègne (24 juillet 1557), va enchérir sur lui en prescrivant d'appliquer uniformément la peine de mort aux hérétiques convaincus. Ce qui nous paraît le plus significatif chez ce partisan convaincu de la tradition ecclésiastique, est sa très profonde estime pour l'étude des langues, c'est-à-dire du grec et de l'hébreu. Trop souvent, l'on interpréterait dans un sens absolument restrictif l'appréciation d'un compagnon d'Ignace de Loyola sur ses contemporains à Paris : Qui graecizabant, lutheranizabant ». Pas plus qu'Ory, Loyola ne déconseilla aux siens les acquisitions positives de l'humanisme, mais en se gardant du travers de tous ceux « qui voluerunt suo sensu, et humano spiritu, res fidei nostrae tractare, et literas sacras, non in spiritu, sed litera légère, et suum sensum, non Christum in scripturis quaerere». On ne saurait exagérer l'importance de cette conciliation, tant prônée par Ory dans son Alexipharmacon, pour l'avenir du catholicisme.

 

Henri Bernard-Maître. 

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 19:30

 

Didostait, mignoned, a barrez Plodiern

Ma kontin deoh va zourmant'
Me zo bet en item
E Conlie 'm-eus tremenet
Ouspenn daou viz hanter
O houzañv merzerinti, an naon hag ar vizer.

 

Ar Jeneral Keratry hag a noblisité
A halve ar Bretoned da zevel eun arme
Evid savetei ar vro partial a rankan
Hag an dour em daoulagad kenavo a laran.

 

Ni oe kaset da Conlie da ober pinijenn
Da zibri bara loued er fank hag el lagenn
Ar yenijenn, ar glahar, an hirnez, ar kleñved
A lakas meur a hini da gousked er vered. 

 

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