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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 14:36

 

 

 

Geoffroy IV ou Joffrei, seigneur d'Ancenis, fils de Geoffroy III, vivait en 1275 ; on le surnomma le bon baron et on le fait neveu du duc Jean Ier. Il épousa Denise de Doué fillen de Messire Geldouin de Doué, qui lui apporta, dit-on, Ernand et Martigné-Briand. M. de Parthenay racontait que le duc de Bretagne avait trois filles dont il avait fait les nopces à Châteauceaux, dontl'une avait été mariée au seigneur de Parthenay, l'autre au seigneur d'Albret du Mucidan et la troisième au baron d'Ancenis, père de celui-ci. Il eut de sonmariage Geoffroy V, qui suit. (Lobineau, manuscrit cité.)

 

Geoffroy V fut, comme son père, appelé le bon baron; il épousa en premières noces Jeanne de Précigné, soeur cadette de Mme de Craon, dont il eut deux enfants: Geoffroy, qui lui succéda, et Aliénor. Il convola en secondes noces avec Isabeau d'Aire, dont il eut six enfants: Jean, Renaud, Briand, Jeanne, Marguerite et Marie. (Voir tableau généalogique aux Pièces justificatives de notre première édition, d'après les Blancs-Manteaux, t. 39, p. 389.) Geoffroy semble avoir été marié, dès 1296, avec Aliénor, d'après le titre de fondation de l'Hôpital, cité dans notre article sur l'Hôpital d'Ancenis; ce nom d'Aliénor était probablement l'un des prénoms ou le surnom de l'une de ses deux femmes, et vraisemblablement de la première, dont la fille s'appelle aussi Aliénor. Le contrat de mariage de Geoffroy et de Jeanne de Précigné porte la date du 6 novembre 1290; Jeanne de Précigné était fille de Regnaud, seigneur de Marans. (Bi.-M.,t. 47, p.9 I.)

 

Geoffroy VI, fils du précédent et de Jeanne de Précigné, épousa Blanche d'Avaugour et eut de ce mariage deux filles : Jeanne et Catherine. Nous parlerons de Jeanne au chapitre suivant; quant à Catherine, elle fut mariée à Geoffroy de Vironne, seigneur de Thouars et des Essarts en Poitou, dont la petite-fille épousa Charles de Bretagne, fils du comte de Penthièvre. Geoffroy, en ratifiant les volontés testamentaires de son père, fonda, en 1315, l'aumônerie de l'Hôpital d'Ancenis ; cette aumônerie est citée dans les Bl.-M., t. 42, p. 206 (XVIIIe s.) parmi les chapelles et autres bénéfices du diocèse de Nantes.

 

Jeanne, fille de Geoffroy VI et de Blanche d'Avaugour, épousa, en premier mariage, Thébaud ou Guillaume de Rochefort. De ce mariage, naquirent quatre enfants: 1° Jeanne, mariée d'abord à Léon de Montfort et ensuite à Jean ll de Rieux, maréchal de France;2 ° Béatrix, mariée à Jean de Craon, seigneur de la Suze ; 3° Marie, mariée au seigneur de Matignon; 4°et Thébaud I. Le premier mari de Jeanne, Guillaume de Rochefort, fut renommé par sa bravoure et ses talents militaires et devint l'ami et le compagnon d'armes de Du Guesclin. Froissard raconte qu'un jour ayant rencontré Guillaume d'Ancenis, ils cheminèrent ensemble pendant quatre heures et s'entretinrent de l'origine de la maison de Du Guesclin, que Guillaume connaissait et sur laquelle il lui donna de nombreux et curieux détails. Engagé, comme le précédent baron d'Ancenis, dans le conflit entre les maisons de Montfort et de Blois, il s'attacha, ainsi que lui, à la cause de Charles de Blois, et la servit avec un grand courage. Lors du traité conclu en 1363, dans les landes d'Evran, entre Jean de Montfort et Charles de Blois, Guillaume fut un des douze otages donnés à Jean de Montfort par son adversaire pour garantir le traité. Enfin, à la bataille d'Auray, le dimanche 27 septembre 1364, Guillaume, qui commandait le corps de bataille avec quelques autres seigneurs, sous les ordres de Charles de Blois, périt au plus fort de la mêlée, et avec lui tomba toute la fleur de la noblesse. Jeanne d'Ancenis, après la mort de Guillaume, se remaria avec Charles de Dinan; elle n'eut de ce mariage qu'un fils qui mourut en bas âge. Quant à son mari, il se remaria trois autres fois, savoir: avec Constance de Coëtlen, veuve d'Even,vicomte du Fou; avec Jeanne de Beaumanoir et avec Jeanne Raguenel. Il mourut, le 19 septembre 1418, et fut enterré dans l'église des Cordeliers de Dinan. Les armes de Dinan sont de gueules à quatre fusées d'hermines, mises en fasce, accompagnées de six besans de même. Nous citerons, en passant, les documents historiques suivants, qui concernent l'histoire du temps : « Accord entre Guillaume, sire de Rochefort et d'Ancenis, et Regnault de Vivonne, en vertu duquel la terre d'Esnande est délaissée à Catherine d'Ancenis, femme dudit Regnault, « le 10 mars 1363. Il est fait mention: de Jeanne d'Ancenis, soeur de la dame Catherine; de Geoffroy, seigneur d'Ancenis; de Geoffroy II, fils du dit Geoffroy, père de la dame Catherine; de Blanche d'Avaugour, mère de la dame Catherine de Savary de Vivonne, seigneur de Thouars et ayeul de Regnault. » Archives nat., sect. historique, J.183, No 165. « Le 28 Juin 1366, Jeanne d'Ancenis donna à Thébaud de Rochefort, son fils, la tierce partie de tous ses héritages, et pour le cas où Thébaud mourrait sans enfants, elle délaissa cette même portion à Jeanne, Béatrix et Marie, ses filles, soeurs germaines de Thébaud, enfants de Guillaume de Rochefort, mary de la dame d'Ancenis.»   Bl. M., t. 47, p.127 à 149.

 

Jeanne II, fille de Jeanne Iere d'Ancenis et de Guillaume de Rochefort, et dame de Donges, de Rochefort et de Châteauneuf, épousa d'abord Léon de Montfort, dont elle n'eut pas d'enfants. Rien d'important ne nous a paru se rattacher à cette première union. Sous Jeanne II, et par lettres du duc Jean IV, du 18 mai 1831, il fut reconnu que la garde des places, pendant l'année du rachat, appartenait au duc. Jeanne épousa en secondes noces, le 16 février 1374, Jean II de Rieux, qui, depuis, fut maréchal de France, et ce mariage fit passer la terre d'Ancenis dans l'illustre famille de Rieux. La maison de Rieux était issue de Rodoald de Rieux, petit-fils d'Alain le Grand, duc de Bretagne. Les membres de cette famille étaient qualifiés du titre de seigneurs du sang, titre qui leur fut confirmé parles assemblées des Etats de Bretagne, tenus en 1576 et 1582. «Les seigneurs de Rieux, dit Lobineau,paraissaient avec éclat à la cour des ducs et tenaient une position considérable chez eux. Il est bon de se souvenir que le lieu dont ils prenaient le nom avait appartenu à Alain le Grand, et qu'il y avait des comtes de Feillac dès le IXe siècle. » Suivant un mémoire présenté au roi, le 27 septembre 1710, par René de Rieux, marquis d'Ouessant, appuyé d'une généalogie, la maison de Rieux a constamment été alliée aux troisième, quatrième, cinquième, et sixième degrés de parenté avec tous les rois de France, depuis qu'elle a commencé à prendre des alliances dans ce royaume. Elle descend par les femmes de toutes les têtes couronnées de l'Europe. Elle tire son origine des anciens rois de Bretagne dont elle descend en ligne directe, par une suite ininterrompue et sans aucun changement de nom. Elle se trouve confondue dans la maison des ducs de Bretagne avec la branche des Montfort, par Marguerite de Bretagne, grand-mère de Jean VI de Rieux, et avec celle de Blois, par Isabeau de Bretagne, sa femme. Enfin, les seigneurs qui en sont issus ont toujours conservé les marques de leur principauté. (Voir le tableau généalogique de la maison de Rieux, tiré des Blancs-Manteaux, tome 83, aux Pièces Justificatives de notre première édition). Jean II de Rieux obtint la main de Jeanne II d'Ancenis, à la condition de porter les armes et le nom de Rochefort; il était fils de Jean Ier du nom, sire de Rieux et d'Isabelle de Clisson. Voici en quelques mots les principaux traits de sa vie sur laquelle nous reviendrons plus en détail: Il fit ses premières armes dans l'armée anglaise qui aida Pierre le Cruel à reconquérir le trône de Castille; s'étant ensuite attaché au service de la France, il combattit vaillamment sous Charles VI qui le promut au grade de maréchal de France, le 19 décembre 1397, en la place de Louis de Sancerre. Il défit les Anglais qui ravageaient la Bretagne en 1405; l'année suivante, il fut envoyé en Angleterre pour réparer l'honneur des Français, suivi de 600 arbalétriers, 1,200 fantassins et 800 hommes d'armes d'élite, de Bretagne et de Normandie;s'étant joint, là, au prince de Galles, il ravagea plus de soixante lieues de pays, mais sans succès sérieux. Cet échec, et surtout des intrigues, de cour le firent tomber en disgrâce, et il fut destitué, en 1411. Rétabli dans ses fonctions en 1413, il se démit de sa charge, le 12 août 1417, en faveur de son fils, et se retira dans ses terres, où il mourut, le 7 septembre de la même année, à l'âge de 75 ans. En 1382, Jean de Rieux et Jeanne de Rochefort et d'Ancenis, sa femme, fondèrent, le 12 septembre, une chapelle au Château d'Ancenis. Nous donnons le titre, déjà cité, de cette fondation aux Pièces Justificatives I. Du second mariage de Jeanne de Rochefort et d'Ancenis avec Jean II de Rieux naquirent, selon Moreri et Lobineau, neuf enfants :

 

1° Pierre de Rieux, né le 13 septembre 1389, qui épousa, en premier mariage, Jeanne de Molac et, en second, le 27 août 1416, Jeanne de Chateaugiron, morte en 1418. Promu au grade de maréchal de France, en 1417, il fut destitué, l'année suivante, par suite des intrigues de la faction bourguignonne. Il se jeta dans le parti du dauphin (depuis Charles VII), défendit courageusement Saint-Denis contre les Anglais, en 1435, leur enleva Dieppe et les força à lever le siège de Honfleur. Comme il revenait triomphant de cette expédition, il fut arrêté à Compiègne par Guillaume de Flavie, vicomte d'Assie et capitaine de compagnie; enfermé dans le château de cette ville, il y mourut de misère, en 1439, à l'âge de cinquante ans, sans postérité.

 

2° Jean de Rieux, troisième du nom

 

3° Gilles de Rieux, né le 15 mai 1385, mort sans alliance.

 

4°Isabeau de Rieux, née le 14 juillet 1378, qui eut la terre de Nozay en partage et mourut sans alliance, en 1452.

 

5° Jeanne de Rieux, morte en 1417. 6* Béatrix de Rieux qui épousa Jean, seigneur de Rougé, Derval, etc., morte sans enfants, le 8 février 1415.

 

7° Marguerite de Rieux religieuse.

 

8° Marie de Rieux, femme de Jean de la Porte, seigneur de Vezins, la Jaille, etc., morte en 1435

 

9° et Michel de Rieux seigneur de Chàteauneuf seigneur de Ghàteauneufa, né le 28 septembre 1394, mort le 12 janvier 1473; il épousa, le 2 juillet 1415, Antoine, fille de Gilles seigneur de la Choletière, et depuis Jeanne de Malestroit.

 

Jeanne II d'Ancenis mourut, le 3 mai 1423. On trouve, aux Archives départementales, l'hommage rendu par elle, le 3 mars 1422, pour la baronnie d'Ancenis

 

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 14:21

 

 

 

Guihénoc II, fils de Maurice, épousa Mabille. Il assista, en 1127, avec le duc Conan et la noblesse de Bretagne, à la réouverture d'une église de Redon (Pr. de Lobineau, p. 280). Lui et sa femme firent, au commencement du carême de 1132 ou 1133, une donation dans les conditions suivantes, qui augmentait la fondation du prieuré du Cellier : « Moi, Guihénoc d'Ancenis, et Mabille, ma femme, voulant relever le lieu de Sainte-Marie du Cellier, dont l'importance a été amoindrie par la méchanceté des excommuniés, nous lui avons donné librement et avec exemption de toutes charges, comme nous l'avions reçue de Dieu, telle quantité de nos terres entourant la vallée de Vinet, que peut labourer une charrue (probablement dans l'année), et une pareille quantité de pré et de pâture adjacents. De ce don, moi Guihénoc, je suis témoin, ainsi que ma femme, Mabille; Hamon, de Pannecé ; Angevin, fils de Rolland; Breton; Mathieu, fils de Barbotin ; Rodolphe, moine qui a reçu le don. Cela a été fait dans la forêt, sur le terrain même, l'an de l'incarnation de Notre-Seigneur 1132, septième lune, premier jour des lunes de la quadragésime. Paix et sécurité à ceux qui observeront cela. Ainsi soit-il. » (Cartul. Roton : charte latine citée par Lob. Hist. de Br. Vol. Ier).

 

Geoffroy Ier, fils de Guihénoc II, épousa Marguerite, fille unique de Brient de Varades, dont elle ne tarda pas à recueillir la succession qui comprenait la seigneurie de Varades, laquelle, à partir de cette époque, fut unie à la Baronnie d'Ancenis. Leurs possessions s'étendaient au delà de Joué; ils firent des donations à l'abbaye de Melleray, qui venait d'être fondée.

 

Guihénoc III, fils de Geoffroy, épousa en premières noces Mahault, et, en secondes, Mathilde; il eut trois enfants : Geoffroy, Renaud et Aliénor. Il se croisa et fit des donations au monastère de Melleray avant son départ et après son retour : Guihénoc, fils de Geoffroy, d'Ancenis, ayant pris la croix de Dieu,quand il voulut aller à Jérusalem, donna en aumône, à Melleray, une maison, située près d'Ancenis, sur le bord de la Loire, exempte de toutes rentes et libre du pouvoir séculier. Sa femme Mahault et ses enfants y consentirent. Les témoins de cette donation furent Philippe, abbé de Clermont; Geoffroy, de Blois, oncle du même Guihénoc, et sa mère Marguerite; Geoffroy, de Melleray ; Geoffroy, Pislard et autres. Le même Guihénoc donna aussi tous les dimanches, et, pendant l'Avent et la Quadragésime, le quatrième et le sixième dimanche. Les témoins sont l'abbé

Philippe; Geoffroy de Blois; Brient frère de la femme de Guihénoc; Geoffroy son fils; sa mère Marguerite; la dame de Châteaubriant, cousine germaine du côté maternel, et plusieurs autres. A cette donation consentit Geoffroy, fils de Guihénoc, en présence de tous les sus-nommés. (Tit. De Mellerayj; charte latine citée par Lobineau, H. de Br., vol.1er

 

 

Geoffroy II remplaça Guihénoc, son père; il épousa Marquisie et eut deux enfants: Geoffroy et Brient. Il fit donation aux moines de Melleray, et confirma celle faite par son père aux mêmes moines;

 

Geoffroy III dit Lobineau dans le manuscrit cité, seigneur d'Ancenis, fils aîné de Geoffroy II et de Marquisie vivait en 1242. Il accompagna Pierre Mauclerc au voyage M de Syrie, en 1238, et en revint en 1240. Il eut un fils nommé Geoffroy, qui suit : Voici, en effet, quelques-uns des faits du temps. En 1230, Geoffroy III prit part, comme les autres Barons de Bretagne, aux conférences qui eurent lieu sous les murs d'Ancenis entre ceux-ci et Saint-Louis (voir p. 39), et au traité passé ensuite avec le roi de France. Ce fut à la suite de ces événements que Mauclerc, brouillé avec saint Louis et déchu du bail de Bretagne, abdiqua en faveur de son fils, Jean et prit la croix (1236) pour la conquête de la Terre Sainte, à l'imitation des grands seigneurs du temps, qui avaient cédé aux exhortations du pape Grégoire IX et qui, d'ailleurs, croyaient ainsi expier leurs fautes. Il passa en Syrie, en 1238-1239, accompagné de nombreux seigneurs bretons, parmi lesquels figurait Geoffroy III, qui suivait en cela l'exemple de ses ancêtres Chotard et Guihénoc III. On sait que tous ces seigneurs, affaiblis par les divisions, revinrent dans leur patrie sans succès appréciable.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 18:05

A présent nous poursuivrons ces pages consacrées à la famille d'ncenis en empruntant des extraits de la filiation fournie par M. E.Maillard.

 

 

 

Le comte de Nantes, Judicaël, successeur de Guérech, pour assurer la défense de sa frontière et de la rivière de Loire, du côté de l'Anjou, tailla dans son comté un large fief et le donna, avec le Château construit par Aremberge, à l'un de ses plus braves guerriers, Alfred (ou Alfrid, nom aussi breton que germain), qui fut le premier Baron d'Ancenis. C'est donc par inféodation, et non par apanage, que la Baronnie d'Ancenis fut créée. Il existe du reste, sur ce point, un témoignage spécial qui ne peut être passé sous silence, quel que soit le degré de confiance qu'on y attache: c'est la prétendue charte d'Alain-Fergent qui, relativement au différend des seigneurs d'Ancenis et du Pont, pour la place de neuvième baron de Bretagne, porte ceci: « Dicebatur quod castellania de Ancenisio fuerat olim, ex largitione seu donatione cujusdam principis Britanniae, uni prœdecessorum ipsius domini de Ancenisio concessa pro suis legitimis servitiis et bene meritis.» (D. Morice, preuves II, préface, p. XXV, en note.).... Alfred Ier fut le premier seigneur d'Ancenis, c'est aussi le premier Baron indiqué par Lobineau dans sa généalogie de la maison d'Ancenis (manuscrit déposé à la bibliothèque de Rennes, et faisant suite à son ouvrage sur les Barons de Bretagne). Il prit le titre de prince et les seigneurs d'Ancenis portèrent-ce titre jusqu'à la mort d'Aliénor, époux de Jeanne de Montfort (1386). Marié avec Odeline, il en eut deux enfants: Alfred et Gestin ; celle-ci épousa, en secondes noces, Bilic, dont elle eut un fils, appelé Bernard.

 

Alfred II, fils du précédent, fut marié à Origone ou Orguen et eut d'elle trois enfants : Guihénoc ou Guéthénoc, Payen Mederic qui devint moine, sous le nom Barbotin. Aux Etats de Bretagne, tenus à Nantes, le 15 mai 1057, sous le prince Yvon, duc de Bretagne, il y eut un débat sur la préséance entre le seigneur du Pont et le seigneur d'Ancenis, qui se disputaient le septième titre de baron. Ce conflit résulte de l'extrait suivant une pièce du XIVe siècle, reproduite dans les Bl. M. t, 39, 890. « Le prince Yvon Ier, duc de Bretagne, assigna son Parlement en sa cité de Nantes, au 15 mai 1057. Un débat s'étant élevé sur la préséance des neufs prélats et des neufs barons de Bretagne, le duc fit faire prompte information. au cousté senestre se se voyoient les neufs barons en la manière que cy après s'ensuyt : 1° sire d'Avaugour. 7° Le sire du Pont. Ja soit ce que aucun disoient que le seigneur d'Encenis debvoit estre le 7e et non mie le seigneur du Pont. »

 

Alfrid II, fils d'Alfrid Ier, maria sa mère,Odeline,à un autre prince, nommé Bili, et lui donna en mariage le Cellier; elle eut de son second mariage un fils nommé Bernard, après la mort duquel Odeline renonça au monde et donna Notre-Dame du Cellier à l'abbaye de Redon, ce qui fut confirmé en 1050, par Odric, fils de Simon, cousin de Bernard, et amorti par Alfrid II, seigneur supérieur, en 1050, et par son fils Guihénoc, qui suit. » (Lobineau, manuscrit cité).

 

Gruihénoc, fils d'Alfred II et d'Origone, eut deux femmes, de chacune desquelles il eut plusieurs enfants; sa seconde femme s'appelait Agnès

 

Maurice succéda à Guihénoc, son père; il ratifia et développa même la donation faite par son père à l'abbaye de Marmoutier. « Qu'on apprenne que Maurice d'Ancenis a fait remise au bienheureux saint Martin de la taxe sur toutes choses nous appartenant et passant par son château d'Ancenis, tant par eau que par terre. Cela a été fait dans notre chapitre où, aussi à la même heure, Hervé d'Oudon, nous a exemptés à perpétuité de la taxe sur toutes choses nous appartenant dans quelque endroit qu'elles passent sur son territoire. Et tous deux ont reçu de Guillaume, abbé de notre monastère, la promesse d'une part dans les prières de ce monastère. A cela assistait Gestin, de Mésanger, qui était venu avec eux. Dans la même semaine, arrivèrent la comtesse Ermengarde et son fils Conan, dans notre chapitre, avec plusieurs de ses barons, parmi lesquels figurait Maurice, susnommé, qui avait avec lui son fils Guihénoc, par lequel il fit ratifier le don d'exemption de taxe qu'il nous avait fait. A cette concession assistaient la comtesse elle-même, son fils Conan et plusieurs autres, entre autres, Hubert, du Cellier. » (Titre de Marmoutier; charte latine, Lob. Hist. de Br. vol. Jer).ls du Comte Hoël. Alfred II d'Ancenis puis vers 1110 : Maurice. La garde du château d'Ancenis était confiée, en l'année 1095, à Brient, fils d'Urvoy.

 

En 1105, Maurice et les autres barons furent convoqués à Nantes, par le duc Alain Fergent, pour assister à la publication des donations faites par celui-ci à l'Eglise, dans la crainte que la propriété des choses données ne pût être contestée.

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:51

 

Aremburge alias Aremburgis, femme de Guerech fut celle qui aménagea le château d'Ancenis vers 981-985. Tout comme les premiers possesseurs de la Guerche qui ont fait l'objet de la dernière étude sur ce blog, le dénommé Guerech exerçait la charge épiscopale sur l'évêché de Nantes. Pierre Le Baud, de sa plume nous dresse la situation suivante : « Et ainsi Hoelle noble Comte de Nantes occis, les Nantois constituerent Comte et Prince sur eux en son lieu ledit Guerech son frère, qui ja avoit esté denoncé évesque, lequel, comme dit a esté, estoit pourveu en Conseil, et si estoit vaillant & noble batailleur, & prudent en toute chose louable. »  Guerech désireux de conserver le Pays Nantais, et souhaitant venger la disparition de son frère Hoël, prit part au combat contre Conan Le Tort alors Comte de Rennes, lequel fut tué lors de la bataille de Coquereuil le 27 juin 992. En réalité Hoël, comte de Nantes et son frère Guerech évêque de cette même cité étaient les fils illégitimes de Alain Barbetorte qui régna sur une partie de la Bretagne après l'occupation scandinave. Lorsque ce Prince s'en fut en exil avec son père, le Comte Mathuedoi de Poher, il eut, d'une relation illégitime avec une noble dame prénommée Judith, les princes Hoël et Guerech. La querelle entre la Maison de Rennes et celle de Nantes n'en n'était pas à ses débuts puisque le dit Barbetorte avait lui même finit assassiné en 980 sur ordre de Juhel Bérenger, Comte de Rennes et père dudit Conan Le Tort. Revenons à Aremburge, dont le nom teutonique laisse supposer qu'elle était issue d'une de ces tribus scandinaves implantées au bord de la Loire, et quand la paix fut revenue, quelques unes de ces tribus coulèrent des jours paisibles aux abords du fleuve et certaines s'unirent aux grandes maisons bretonnes. En réalité, c'est peu après la bataille de Conquereuil que Guerech devenu veuf épousa alors Aremburge. Il semblerait que l'aménagement d'une défense à Ancenis, était destinée à protéger Nantes des attaques Angevines, car d'allié, le duc d'Anjou Geoffroy Grisegonelle allait devenir en territoire Nantais un Personata non grata. C'est d'ailleurs sur ordre de Guerech que Aremburge fit construire sur la rive de la Loire cette forteresse : Et uxor ejus Aremburgis castrum Ancenicii ad Ligerim fluvium construxit, quod Alanus eorum filius dum vixit in dominatu suo retinuit. Le duc d'Anjou vint assiéger le castel en 987 mais en vain.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 19:05

 

 

 

Thibaud, alias Theobaldus, Theotbaldus ou Deotbadus, est désigné évêque de Rennes dans une charte du Mont-Saint-Michel. Ce prélat se désista de sa charge épiscopale et se retira au prieuré Saint-Melaine de Rennes dont il devint le premier abbé. Lui même était né de l'union d'un ecclésiastique nommé Loscoran et d'une jeune fille noble. Le dit Theobaldus fut aussi celui qui fonda une lignée épiscopale qui devait lui succéder sur le siège de Rennes : deux de ses fils et deux de ses petits-fils. On comprend mieux pourquoi vers la seconde moitié du XIIe siècle, l’Église mit fin à pareils excès, en entreprenant une profonde Réforme.

 

Le dit Théobaldus épousa d'abord une certaine Oirelan, fille de Alveus, archidiacre de Nantes, de laquelle alliance naquit un fils nommé Gualterius alias Gautier, son père Thibaud, avec le grand âge, devait lui céder son siège épiscopal l'an 954 sous le Pape Agapete II et l'empereur Otton surnommé le Grand. De son union avec une certaine Oideline, Gautier fut père d'au moins trois enfants, un fils et deux filles (*). Warinus alias Guérin fils de Gautier, devait succéder à la tête de l'évêché de Rennes l'an 982 sous le pape Benoist III et l'empereur Otton II. Il obtint ce siège du vivant de son père et de son grand-père.

 

D'une seconde alliance avec une dénommée Génargat, Thibault eut deux autres fils : Mainguené et Tristan. Thibault constitua pour sa seconde épouse un domaine, dont on ne nous dit pas s'il fut prélevé sur les domaines de son église, mais c'est probable. Mainguené quant à lui se vit remettre la terre de Saint Cyr près de Rennes. Ce chevalier vivait l'an 1037. Il est aussi regardé comme le premier possesseur de la Guerche. Son fils Sylvestre de la Guerche devait pour sa part succéder à l'évêque Mainus l'an 1076, donné seigneur de Pouencé, Sylvestre de la Guerche exerçait aussi la charge de Chancelier de Bretagne en 1046. Il s'éteignit le 18 janvier 1096, et il est admis que son oncle Tristan recueillit alors l'évêché de Rennes.

 

Mainguené fut à l'origine de la reconstruction du monastère de Saint-Cyr près de Rennes. Son fils, Sylvestre de la Guerche vivait sous les règnes des ducs Alain III et Conan II. Il assista très probablement à cette Réforme mise en place par le pape Grégoire VII, visant à purifier les mœurs du clergé. Ainsi, fut-il alors décidé du célibat des prêtres, de la simonie, et du trafic de bénéfices. Bref, tout ce à quoi s'étaient adonnés les membres de la famille de Sylvestre de la Guerche. Précisément, le dit Sylvestre fut déclaré suspens par le légat Hugues de Die au Concile de Poitiers en 1078 pour simonie et pour avoir accepté l'épiscopat avant d'être clerc, son clergé avec constance implora pour lui l'absolution et finit par l'obtenir. Une supposition émise par Michel Brand'Honneur laisse entendre qu'en dédommagement de la perte de la charge épiscopale, l'héritier de Sylvestre aurait reçut cette terre de la Guerche des mains mêmes du jeune duc de Bretagne Conan II. C'est certainement son successeur qui aménagea une défense, sans doute en utilisant un ancien oppidum. Sylvestre de la Guerche fonda le prieuré Saint Nicolas, en faveur des religieux de Saint-Melaine, avec le consentement de ses fils Guillaume marié à Emma de Pouancé et Geffroy de la Guerche. Quelques générations suivantes, on trouve Emme de la Guerche, fille aînée et principale héritière de Gautier, seigneur de la Guerche de Pouancé. Emme de la Guerche épousa en premières noces Juhael VII, seigneur de Châteaubriant, puis en secondes noces, Robert de Vitré. Elle eut de son premier mariage Hugues de Guerche seigneur de la Guerche et de Pouancé marié une des filles de Maurice de Craon dont Geoffroy II du nom seigneur de la Guerche de Pouancé mort le 13 juillet 1195, qui laissa pour héritier Guillaume seigneur de la Guerche qui prit le parti d'Artur, duc de Bretagne, mourut le septembre 1223. La ditte maison de la Guerche passa par alliance dans celle des vicomtes de Beaumont en Maine, en 1269. Le château de la Guerche fut assiégé puis incendié par les troupes de Henri Plantagenêt en 1173 afin de punir le possesseur du lieu Geoffroy Ier, puis fut définitivement détruit au cours du XVe siècle. C'est ruelle du Château en cette ville de la Guerche que se situait ce château disposant d'une tour carrée de pierre datant du XIe siècle aménagée à l'emplacement de la défense primitive.

 

* Oran fille de Gautier épousa Hervé de Langan, Yvette fille de Gautier épousa Hervé de Corglès. 

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 14:25

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 13:07

Armoiries des diverses familles seigneuriales de Retz

 

Asculfe ou Radulfe de Retz, en 1204, portait sur son scel: d'azur, au palmier ou arbre de.,... avec deux loups ou chiens deissants contre le palmier. (Ce scel est figuré à la fin du recueil de Dom Morice.)

 

 

2° La famille Chabot (de 1230 à 1406 ) : d'or à trois chabots ( poissons à grosses têtes, sorte de trigles) de gueules. La branche de Retz y ajoutait un lambel à trois pendants. Cependant un scel de Gérard VI de Retz est de gueules à la croix de..... (Dom Morice. )

 

 

3° Jean IV, duc de Bretagne, porta le titre de baron de Retz de 1381 à 1399 ; il avait les armes de Bretagne; néanmoins son trouve un scel publié par Dom Lobineau ;

 

 

 

4° La maison de Laval, de 1406 à 1440, et de 1450 à 1474 , en succédant à celle de Chabot, dut, par suite de l'obligation imposée par Jeanne Chabot à Gui de Laval, dans l'acte par lequel elle l'institua son héritier, quitter les armes de Montmorency-Laval, pour prendre celles de Retz proprement dites, dont il est mention alors pour la première fois, et qui sont indiquées : d'or à la croix de sable ;

 

 

5° Gilles de Laval, dont deux scels ont été publiés par Dom Lobineau et Dom Morice, portait de gueules semé de fleurs de lis, et, sur le tout, les armes de Retz;

 

 

6° Prégent de Coëtivy (de 1240 à 1250) portait fascé d'or et de, sable ; mais selon d'Argentré, il dut prendre les armes et le cri de Retz;

 

 

7° Le maréchal de Lohéac dutporter les armes de Laval Montmorency ;

 

 

8° La Maison de Chauvigny (de 1474 à 1502) : d'argent à cinq fusées, et deux demi-fusées de gueules;

 

 

 

9° Maison de Tournemine (de 1502 à 1530) : d'or écartelé d'azur ;

 

 

10° Maison d'Annebaud (de 1530 à 1565) : de gueules à la croix de vair ;

 

 

11° Maison de Gondi (de 1565 à 1675): d'or à deux masses de sable en sautoir, liées d'un cordon de gueules passé en sautoir vers la pointe ;

 

 

 

12° Maison de Créqui (de 1675 à 1716): d'or au créquier de gueules;

 

 

13° Maison de Neufville - Villeroi (de 1716 à 1792): d'azur au chevron d'or accompagné de trois croix ancrées de même.

 

 

 

supplément : 

 

La première maison de Machecoul issue de Bernard Ier, roi de Rays, portait à la fin du XIIe siècle un poisson porté en pal. On le voit en 1214 sur un sceau de Béatrix, fille de Bernard, seigneur de Machecoul, vivant en 1201, qui avait épousé Aimery de Thouars. Aimery, de 1242 à 1246 succéda au titre vicomtal de son frère Guy, mais, en 1214, son sceau représentait au droit les armes de Thouars, au contre-sceau le poisson de Machecoul, fief qu'il possédait par sa femme. Olivier de Dreux, fils naturel de Pierre de Dreux et de Nicole de …, fut la tige des seigneurs dits de Machecoul de la deuxième race. Il n'était seigneur que d'une partie de Machecoul. Machecoul fut séparé de la baronnie de Rays, en faveur de Bernard, fils de Raoul Ier, seigneur de Rays. « Le département de la Loire-Inférieure, théâtre et victime de la plus affreuse guerre civile des temps modernes, qui a vu, comme le reste de la Vendée, faire des coupes réglées de maisons, de chaumières et de châteaux, va encore se voir privé des ruines du château de Machecoul. « On a besoin de pierres pour les chemins vicinaux, lesquels, il faut en convenir, sont dans un état affreux ; or il n'y a pas de pierres dans la plaine de Machecoul, et le château inutile et inhabitable, en offre un mine abondante. On s'est décidé à y puiser. La commune n'est pas riche, et elle doit user de toutes ses ressources pour répondre au besoin pressant des communications : nous convenons de tout cela, et nous n'accusons pas les autorités de Machecoul; mais on nous permettra de gémir sur la disparition complète de cette antique forteresse, à laquelle se rattache une foule de souvenirs qui ne sont pas sans intérêt pour le pays.

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:47

 

François-Emmanuel de Blanchefort, de Bonne, de Créqui,, duc de Lesdiguières, gouverneur de Dauphiné, prit, par suite de son mariage avec Paule Françoise de Gondi, le titre de duc de Retz, bien que le duché-pairie de Retz dût être légalement éteint pa l'absence d'enfants mâles de Pierre de Gondi ; ce ne put donc être que par tolérance ; du reste , ses successeurs firent de même. Paule-Françoise resta veuve en 1681, et vécut jusqu'au 21 janvier 1716. Dame digne de vénération , dit son biographe,par tout ce qu'elle a fait pour la gloire de sa maison. C'est à ses soins que l'on est redevable de l'histoire de Gondi, imprimée chez Coignard, en 1705. Elle laissa un fils unique, Jean-François-Paul de Bonne de Créqui, duc de Lesdiguières, né en 1678 ; il épousa, en 1696, Louise-Bernardine de Durfort de Duras, et mourut à Modène, en Italie, en 1702, à l'âge de 24 ans, sans laisser de postérité. Maison de Neufville-Villeroi. A la mort de la duchesse de Lesdiguières, en 1716, la seigneurie de Retz passa aux descendants de MargueriteFrançoise de Retz, deuxième fille de Henri de Gondi. Elle avait épousé, en 1645, Louis de Cossé, duc de Brissac, mort le 26 février 1661, âgé de 35 ans; ellemême décéda le 30 mai 1670, laissant de son mariage : 1° Henri-Albert de Cossé, duc de Brissac, qui mourut le 29 décembre 1698, à l'âge de cinquante-quatre ans, sans laisser de postérité, bien qu'il se fût marié trois fois; 2° Marie-Marguerite de Cossé, mariée le 28 mars 1662 à François de Neufville-Villeroi, pair et maréchal de France. Elle mourut le 20 octobre 1708, en sa soixantième année, laissant un fils, Louis-lNicolas de Neufville, duc de Villeroi et de Beaupreau, pair de France. Il épousa, le 20 avril 1694, Marguerite Letellier, fille de Michel Letellier, marquis de Louvois, morte le 23 avril 1711, âgée de trente ans. De ce mariage naquit :

 

Louis Anne de Neufville, pair de France, qui hérita de la seigneurie de Retz , en 1716, et prit le titre de duc de Retz. Il épousa, le 15 avril de la même année, Marie-Renée de Montmorency, fille de Charles-Frédéric de Montmorency, duc de Luxembourg, pair de France et lieutenant général. La seigneurie de Retz et le château de Machecoul sont restés dans la famille de Neufville-Villeroi jusqu'à la révolution. A cette époque, les nombreux et gothiques châteaux qui couvraient ce sol féodal furent tous incendiés et démolis; leurs ruines n'ont même, quelquefois , pas trouvé d'acquéreurs. Le château de Machecoul a subi le même sort. C'était un noble et respectable manoir qui semblait le contemporain et l'émule de celui de Clisson. C'étaient mêmes masses , mêmes ogives, mêmes voûtes; il devait dater, comme lui, du quatorzième siècle, et avait été bâti, eu conséquence, par la famille Chabot. Mais Clisson était dans un site enchanteur, assis sur des rochers pittoresques encadrés de verdure et baignés par les eaux limpides de la Sèvre; Machecoul, au contraire, élevait ses cré- neaux dans une plaine à l'aspect aride, où la végétation est déprimée par le vent de mer, corrodée par l'action combinée de l'air salin et d'un soleil sans ombrage. A Clisson appartiennent la poésie des lieux et les héroïques souvenirs du grand connétable; à Machecoul, la mélancolie d'un climat délétère et les lugubres traditions de Gilles de Laval. Cependant, ce vieux manoir, entouré de sa sombre muraille et des eaux croupissantes du Falleron, était, au-dedans, d'une grande magnificence d'architecture , oeuvre de la plus belle époque du moyen-âge. Au-dehors et sur la campagne on ne voyait que la chemise d'enceinte, que meurtrières étroites, tours à mâ- chicoulis et à créneaux, les unes rondes, les autres carrées. Mais, dans les cours et sur les façades inté- rieures , on retrouvait les trésors de l'architecture ogivale. Les croisées, les portesétaient ornées de sculptures, les escaliers tournants étaient multipliés et formaient un labyrinthe de toutes les parties du château. De grandes salles étaient voûtées avec de puissantes nervures, qui venaient se réunir en des clefs sur lesquelles étaient sculptés les écus de l'une ou l'autre famille des antiques barons. De petites salles également voûtées et chargées d'ornements capricieux avaient servi de boudoirs aux châtelaines de Retz; enfin, un mobilier d'une valeur incalculable, musée de tous les âges, avait été amassé pendant des siècles par tant de puissants seigneurs. La révolution vint, et ce château aux murs de bronze dût se dissoudre comme la poussière sous les éclats de cette foudre irrésistible. Machecoul fut une des villes les plus maltraitées de la guerre vendéenne, la plupart des maisons de la ville furent brûlées; les deux partis s'y rendirent coupables de scènes de carnage. Le château et les cours servirent de parcs aux prisonniers, puis d'arènes sanglantes. Les crimes occultes de Gilles de Retz furent surpassés par des crimes commis au grand jour et avec une rage plus effrénée que celle de l'insensé maréchal. Enfin le feu fut mis à ce magnifique séjour, deux fois souillé par tant de meurtres; les flammes s'élevèrent dans les nues, et projetèrent, pendant plusieurs nuits, de sinistres clartés qui furent aperçues de huit à dix lieues. Le château incendié, démantelé, réduit à ses masses de pierres, à l'enceinte de ses cours imbibées de sang et empestées de cadavres, fut mis à l'encan Qui, en ce triste temps, avait besoin d'un château ducal? Qui pouvait revendiquer ces reliques d'un âge proscrit? Le donjon des Chabot, des Laval, des Gondi fut adjugé, dans le tumulte, au premier qui osa l'accepter, comme ces étoffes de rebut que, du haut de leurs tréteaux, des marchands ambulants jettent à la tête des passants. Qu'allaient devenir ces ruines splendides entre les mains de leur impossible propriétaire? Force fut à celui-ci de les convertir en carrière, en chantier de pierres à bâtir; et, cependant, la spéculation ne fut pas très-bonne d'abord. Les maisons de Machecoul étaient par terre, il est vrai, mais on n'avait pas d'argent pour les relever, encore moins pour en construire de nouvelles; puis les vieux murs du château, construits en pierres de moyen appareil, étaient tellement solides qu'aucune force ne pouvait détacher ces pierres du ciment qui les enveloppait. La mine renversait les pans de mur et les faisait rouler au loin dans les fossés, sans les désagréger. L'oeuvre de destruction fut ainsi suspendue pendant quarante ans ; et, grâce à cette circonstance, les murs étaient encore debout, les voûtes intactes en 1825. On ne pouvait alors se défendre d'un sentiment d'admiration et de deuil tout à la fois, en voyant ces débris d'une magnificence antique aux prises avec les injures du temps, envahis par les plantes sauvages, et menacés de la cupidité humaine ; on apercevait avec une impression d'effroi, d'horreur et de pitié, ces souterrains encore béants, auxquels se rattachaient de téné- breux .souvenirs. Mais, hélas ! les matériaux ayant repris faveur autour de Machecoul, l'on est retourné à la charge sur le vieux château, et l'on est parvenu, labore improbo, à isoler ces pierres de leur gangue si résistante. Les voilà entassées en informes pyramides; elles se vendent à la charretée.... Et bientôt il faudra déplacer des récoltes et excaver des sillons pour découvrir quelques restes d'une demeure jadis magnifique et redoutable ! 

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:36

Georges Tournemine, baron de la Hunaudaie, seigneur de Saffré, de l'une des plus antiques et des plus nobles maisons de Bretagne, fut, par arrêt, déclaré héritier de la baronie de Retz, comme étant aux droits de Jeanne deSaffré, sa grand-mère.Celle-ci était la fille d'Alain de Saffré, qui avait épousé Philippe, fille de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot, dite la Folle ; et cette dernière était la fille de Gérard Chabot III. Ce lignage, qui remontait à un siècle et demi, et qui franchissait toute la maison de Laval, devait cependant souffrir quelques difficultés, par l'acte d'exhérédation qu'avait subi Jeanne la Folle en 1333, et qui n'avaitjamais été aboli, si ce n'est d'une manière individuelle, par l'institution que Jeanne la Sage fit de Gui de Laval II pour son héritier, en 1400. Quoi qu'il en soit, Georges Tournemine eut la chance de gagner son procès et de rester maître de la baronnie de Retz. Ce seigneur eut une très-grande-part à la victoire remportée sur les Vénitiens, en 1509, par Hercule d'Est, duc de Ferrare, allié du roi Louis XII. Il n'eut point d'enfants de Renée de Villeblanche, sa première épouse ; mais il laissa d'Anne de Montejean, sa seconde femme, une fille unique, Françoise Tournemine, qui se rendit célèbre à la cour de François Ier, sous le nom de la maréchale d'Annebaud, par sa beauté, ses grâces et son esprit. Elle avait épousé d'abord :

 

Pierre de Laval-Châteaubriand, seigneur de Montafilant, puis : René de Montejean, sans en avoir d'enfants; ce ne fut qu'en troisièmes noces qu'elle se maria avec Claude d'Annebaud. Maison d'Annebaud.

 

Claude d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz, amiral, puis maréchal de France, laissa de Françoise Tournemine un fils unique qui fut :

 

 

Jean d'Annebaud  -ci-dessous, baron de Retz. Il se distingua à Cérisolles, au siège de Fossan, et fut tué à la bataille de Dreux en 1566. Il s'était marié deux fois : 1° à Antoinette de la Baume, dont il eut une fille nommée Diane, qui mourut avant lui, sans enfants, en 1560 ; 2° à Claude Catherine de Clermont, dame de Dampierre, l'une de femmes les plus accomplies de son temps. Il n'en eut point d'enfants, et il lui légua la baronie de Retz, que bientôt après elle porta dans la maison de Gondi. Maison de Gondi.

 

 

Albert de Condi, né à Florence, et venu fort jeune en France, à la suite de Catherine de Médicis, devint baron de Retz par son mariage avec Claude-Catherine de Clermont, veuve Jean d'Annebaud, qui eut lieu le 4 septembre 1565. Il assista à la bataille de SaintDenis , en 1567 ; à celle de Moncontour, en 1569 ; reprit Belle-Ile, en 1570, sur les Anglais qui venaient de s'en emparer; fut créé, l'année suivante, marquis de BelleIle et maréchal de France, sous le nom de maréchal de Retz. Le roi Henri III, pour reconnaître les services que lui avait rendus le maréchal, érigea la baronnie de Retz en duché-pairie, par lettres du mois de novembre 1581 , en faveur d'Albert de Gondi et de ses descendants mâles. Ce nouveau duché fut composé de Retz et des chàtellenies de Machecoul, Prigny, Bourgneuf, la Bénaste , l'ornic, Prinçay, Legé, Arthon, les Huguetières, le Boisde-Seudy. Nous avons dit que Claude de Clermont était une des femmes les plus remarquables de son temps ; elle eut occasion de montrer sa supériorité lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent annoncer au duc d'Anjou , depuis Henri III, son élection au trône de Pologne, en 1573. Ils firent leur harangue en latin, et la dame de Retz, seule au milieu de tous les hommes de la cour, se trouva en état de leur répondre en cette langue. Le maréchal de Retz et Claude de Clermont laissèrent plusieurs enfants, dont l'aîné, Charles de Gondi, marquis de Belle-Ile, né en 1569, fut nommé général des Galères, en 1579, à l'âge de dix ans. Il donna, plus tard, des preuves de sa valeur, et fut tué en 1596, en voulant surprendre le Mont-Saint-Michel. Il avait épousé Antoinette d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans, duc de Longueville, et de Marie Bourbon, dont il eut Henri de Gondi qui fut duc de Retz. Les autres enfants du maréchal furent : 1° Henri, évêque de Paris, puis cardinal; 2° Philippe-Emmanuel de Gondi, père du célèbre cardinalde Retz (Jean-François-Paul) ; 3° Jean-François, premier archevêque de Paris, et six filles. Le maréchal de Retz mourut le 22 avril 1602, et la maréchale le suivit au tombeau en 1603. Ils survécurent ainsi à leur fils, Charles de Gondi, tué en 1596, et le duché-pairie de Retz passa immédiatement au fils de ce dernier.

 

Henri de Condi -ci-dessous, duc de Retz, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, était né en 1590 ; il épousa, le 15 mai 1610, Jeanne de Scépeaux, fille unique et héritière de Gui de Scépeaux III, duc de Reaupreau, comte de Chemillé, et de Marie de Rieux. De ce mariage naquirent deux filles seulement : Catherine, née le 28 décembre 1612, et Marguerite-Françoise,née le 19 avril 1615. Jeanne de Scépeaux, duchesse de Retz, mourut au château de Prinçay le 20 novembre 1620, à l'âge de 32 ans; Henri de Gondi, son époux, lui survécutjusqu'au 12 août 1659, époque où il mourut également à Prinçay. L'aînée de ses filles, Catherine de Gondi, avait épousé, avec dispenses du pape, son cousin-germain, Pierre de Gondi, fils de Philippe-Emmanuel, et frère du fameux cardinal de Retz. Le mariage fut célébré au châ- teau de Machecoul, dans le mois d'août 1633.

 

 

Pierre de Condi, comte de Joigny, marquis de la Garnache et des Iles-d'Or, baron de Montmirel et de Villepreux, général des Galères, chevalier de l'Ordre du roi, prit le titre de duc de Retz à la mort de son beaupère en 1659. Le duché-pairie de Retz, qui devait s'é- teindre à défaut d'enfant mâle de Henri de Gondi, fut maintenu en faveur de Pierre et de ses descendants mâles, s'il en avait, par nouvelles lettres du roi datées de Saint-Germain-en-Laye, au mois de février 1634, et enregistrées au parlement de Paris le 4 mars suivant. Pierre de Gondi combattit avec distinction dans la guerre contre les Rochellais et contre les protestants de l'île de Rhé; il fut blessé d'un coup de mousquet qui lui cassa l'épaule, et il se démit du généralat des Galères en 1635. Il paraît qu'à dater de cette époque, jusqu'à sa mort arrivée le 20 avril 1676 , il vécut retiré dans ses terres du duché de Retz. Il se trouvait notamment à Machecoul en 1654, lorsque son frère, le cardinal de Retz , songea à s'évader du château de Nantes, où il était détenu sous la garde du maréchal de la Meilleraye. Le prisonnier mit d'abord dans ses intérêts Louis de Cossé, duc de Brissac et de Beaupreau, qui avait épousé Marguerite-Françoise de Gondi, soeur de la duchesse de Retz et cousine-germaine du cardinal. Les ouvertures qui furent faites, par M. de Brissac, au duc de Retz , pour ménager au fugitif un asile à Machecoul, furent mal accueillies de madame de Retz. Le cardinal , rebuté par une partie de sa famille, ne résolut pas moins de tenter l'évasion, et son audace s'accroissant en raison des difficultés , ce ne fut plus une fuite vers Machecoul, ce fut une attaque ouverte, une révolution dans Paris même qu'il médita. Quarante relais de chevaux furent secrètement disposés par ses soins vers la capitale , et quand tout fut prêt, il s'évada un samedi, 8 août, à cinq heures du soir. Quatre gentilshommes qui l'attendaient au pied des murs, en feignant d'abreuver leurs chevaux dans la Loire, lui présentèrent un cheval et prirent avec lui, en toute hâte, la route de Mauves ; mais en sortant de la ville le cheval du cardinal se cabra, etse renversaavec son cavalier qui, jeté rudement contre le poteau de la porte, ne se releva qu'avec une épaule brisée. Malgré sa souffrance , Je cardinal remonta sur son cheval, mais il fallut renoncer à courir vers Paris. Poursuivi de près parles gardes du maréchal de La Meilleraye, il fut obligé de passer la Loire avec précipitation et de se réfugiera Reaupreau. M. de Rrissac, qui était fort aimé dans le pays, dit le cardinal en ses mé- moires, rassembla, en peu de temps , deux cents gentilshommes ; M. de Retz, qui l'était encore plus dans son quartier, en rassembla trois cents, avec lesquels il s'avança jusqu'auprès de Beaupreau pour recueillir son frère. Nous passâmes, dit celui-ci, presque à la vue de Nantes, d'où quelques gardes du maréchal sortirent pour escarmoucher, mais ils furent repoussés jusque dans la barrière, et nous arrivâmes à Machecoul, qui est dans le pays de Retz, avec toute sorte de sûreté. Madame de Brissac, qui s'était comportée en héroïne dans toute cette action, me donna , en me quittant, une bouteille d'eau impériale. J'eus, en revanche, beaucoup à souffrir de la dureté de madame de Retz et de monsieur son père. Ils ne purent s'empêcher de me témoigner leur mauvaise volonté dès que je fus arrivé. Celle-là se plaignit de ce que je ne lui avais pas confié mon secret d'évasion ; celui-ci pesta assez ouvertement contre l'opiniâtreté que j'avais à ne pas me soumettre aux volontés du roi. La vérité est que l'un et l'autre mouraient de peur du maréchal de La Meilleraie, qui, enragé de mon évasion, et encore plus de ce qu'il avait été abandonné de toute la noblesse, menaçait de mettre tout le pays de Retz à feu et à sang. Leur frayeur alla jusqu'au point de s'imaginer ou de vouloir faire croire que mon mal n'était que délicatesse, qu'il n'y avait rien de démis, et que j'en serais quitte pour une contusion. J'étais cependant dans mon lit, où je sentais des douleurs incroyables, et où je ne pouvais seulement me tourner. Tous ces discours m'impatientèrent au point que je résolus de quitter ces gens-là, et de me jeter dans Belle-Ile, où je pouvais au moins me faire transporter par mer. Le trajet était fort délicat, parce que le général de La Meilleraie avait fait prendre les armes à toute la côte. Je ne laissai pas de le hasarder. Je m'embarquai au port de La Roche, qui n'est qu'à une petite demi lieue de Machecoul, sur une chaloupe que Geselaie, capitaine de vaisseau et bon homme de mer, voulut piloter lui-même. » Il paraît que l'épaule du cardinal ne le fit pas trop souffrir pendant la course d Machecoul au Port-la-Roche, car la petite demi-lieue qu'il indique, n'a pas moins de sept à huit kilomètres. On ne s'embarque plus aujourd'hui au Port-la-Roche, qui n'est qu'un misérable hameau abandonné au milieu du Marais et au bord du Dain, bras de mer devenu simple fossé qui sépare l'île de Bouin du continent. La mer s'est retirée devant les alluvions toujours croissantes de ces marais, au point qu'il faut descendre environ six kilomètres après le Port-la-Roche jusqu'à celui du Frêne, pour trouver à flot une chaloupe capable d'aller à Belle-Ile. Pierre de Gondi et Catherine de Gondi laissèrent deux filles: 1° Marie-Catherine, religieuse bénédictine au Calvaire de Paris, en considération de laquelle ses parents fondèrentle couvent du Calvaire de Machecoul; 2° PauleFrançoise de Gondi, qui prit le titre de duchesse de Retz avec ceux de marquise de la Garnache, comtesse de Joigny et de Sault, baronne de Mortagne. Elle naquit à Machecoul le 12 mars 1655 , et porta , par son mariage, le 12 mai 1675 , la seigneurie de Retz dans la maison de Créqui. Maison de Créqui.

 

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