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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 05:30

Le Château.

 

 

Nous avons très-peu de documents sur le château de Fougeray, toutefois, si l'on ne trouve pas de preuve de son existence avant le XIVe siècle, il n'en est pas moins probable qu'il remonte a une plus haute antiquité. La plebs ou paroisse de Fulkeriac était au IXe siècle une condita, c'est-à-dire, selon M. de Courson, qu'elle devait sa naissance à un magasin d'approvisionnements établi par les Romains sur les bords de leur voie de Blain a Rennes. Cette position de Fougeray, son importance sous les rois bretons, sa renaissance au XIe siècle sous le gouvernement des Le Boeuf, puînés des puissants barons de Châteaubriant, tout porte à croire qu'il existait dans cette petite ville une forteresse a une époque très-reculée. Le fait d'armes le plus important qui se soit accompli au château de Fougeray est aussi celui qui nous donne la première preuve écrite de son existence. C'était en 1354. Jean de Rieux, l'un des plus zélés partisans de Charles de Blois, en était alors le seigneur; Fougeray lui fut enlevé, et une garnison anglaise y fut placée sous le commandement de Bembro. Bertrand du Guesclin, qui combattait sous le même drapeau que le seigneur de Fougeray, parvint a reprendre cette forteresse par une ruse de guerre racontée par tous les historiens bretons, en particulier par dom Lobineau, Hay du Chastelet et Bertrand d'Argentré. Déguisé en bûcheron et accompagné de quelques soldats, le héros breton s'introduisit dans la place en l'absence de Bembro, s'en empara en combat tant vaillamment, et défit le capitaine à son retour à Fougeray. On trouve dans les auteurs que je viens de nommer ce glorieux fait d'armes raconté avec d'intéressants détails; voici le récit de Bertrand d'Argentré (Hist. de Bret., édit. De 1582) : « Il advint que du Guesclin descouvrit que le château de Foulgeré, bonne place pour lors, estoit mal gardé : car ayant prins un varlet sorty du châsteau en la forest de Teillay, il sceut que messire Robert Bembro, anglois capitaine du châsteau, estoit party d'iceluy pour battre la route de l'armée de Charles de Blois et qu'il estoit aux champs et n'avoit laissé au chasteau pas les meilleurs des siens. Sçachant ces nouvelles, du Guesclin monta à cheval avec ses compaignons, et a l'issue de la forest les fait mettre à pied et accoustrer de biaux de toille à chascun une hache en la main en forme de bucherons et les faict charger chascun un faix de fagots et de huches sur le col, laissant la moitié de sa compagnie en embusche dedans le bois au plus prés qu'il peut du chasteau, pour attendre le signal qui leur seroit donné à l'ouverture de la porte. Ceux qui étoient chargés sortirent de la forest et s'en vont devers le chasteau le col ployé soubs le faix avec leurs haches et quelques courtes dagues cachées soubs leurs habits. Venus à la porte ils huchèrent au portier s'il falloit point de bois au seigneur qui estoit céans, qui respondit qu'ouy. On ouvre les portes a cest adveu, ils entrèrent trois ou quatre et entre iceux ledit Bertrand lequel commença à jetter son faix au devant de ladite porte pour l'empescher de fermer, et ses compagnons de mesme, conséquemment les autres, qui suivoient le dit du Guesclin, donnant le signal a leurs gens. Et quant a lui commença à charger le portier qu'il tua, et ceux qui étoient avec luy crioient Guesclin. A ce bruit accoururent tous les soldais du chasteau et commencèrent d'une et d'autre part à se charger a bon escient et combattre. Où du Guesclin fut tellement blessé, que le sang lui couvroit la veue et le visage; mais pour cela il ne recula, et se combatirent ceux de la maison fort vaillamment et en fut tué plusieurs : mais finalement furent deffaicts et la place gagnée, bien munie de vivres et armes. Bembro capitaine qui estoit absent, ayant faict une course, et chargé par gens de cheval de Charles de Blois qui le descouvrirent, délibéroit se retirer en sa place, mais il fut averry par le chemin qu'elle avoit été surprise; chose qui l'estonna tant qu'il commença à tourner bride pour se sauver en quelque place de son party : mais il fut suivy par du Guesclin, ayant recouvert quelques gens de cheval, qui se trouvèrent à son aide, lequel ledit du Guesclin attrapa par le chemin et le contraignit de tourner visage et faire teste : venant aux mains fut deffaict Bembro et demeura mort sur le lieu, Ce fut le premier exploit de marque de messire Bertrand du Guesclin et qui luy donna reputation d'homme de guerre. » Le souvenir de ce glorieux fait d'armes est resté très-populaire dans le pays de Fougeray. Nous avons dit qu'au XVIe siècle Fougeray appartenait aux seigneurs de la Roche-Giffart, ardents protestants. Le duc de Mercoeur convoitait cette place, et son parti parvint à s'en emparer; mais les huguenots, furieux de cette perte, épiaient l'occasion de reprendre ce château. Dès 1594, un de leurs chefs, La Tremblaye, essaya, mais en vain, « de jouer quelque tour aux ligueurs de Fougeray, » l'année suivante ils furent plus heureux. Le capitaine huguenot Saint-Luc, accompagné de Louis de la Chapelle, seigneur de la Roche.Giffart et de Fougeray, parut sous les murs de cette place; mais ce dernier ne rentra point dans son château, il fut tué sous les murs d'un coup d'arquebuse que lui porta l'un des assiégés. Toute fois la forteresse succomba, les ligueurs en furent chassés et Saint-Luc y entra victorieux. Au mois de décembre de cette même année 1595, fut conclue une trève entre les ligueurs et les royaux, au château de Fougeray. « Les présidents de la Grée et de Marigny, de Molac et de Kergroadès s'étant rendus a Fougeray, qui pour lors était en neutralité, le 14 décembre 1595, pour conférer avec les députés du duc de Mercoeur, vinrent à bout d'une trève pour les mois de janvier, février, mars et avril. » (Hist. de la Ligue en Bretagne.) Cette trève fut heureusement suivie de la nouvelle officielle de la conversion d'Henri IV. Après la pacification , les États de Bretagne demandèrent a ce roi la démolition de plusieurs places fortes de la province; leur demande fut naturellement agréée, et c'est alors que furent détruites les fortifications de Derval et du Fretay. Tout porte a croire que le château de Fougeray partagea le sort des deux forteresses voisines; démantelé à son tour, il ne se releva plus de ses ruines. La charge de capitaine du château de Fougeray était importante au moyeji âge; en 1476, Jean de Châteaugiron, dit de Derval, seigneur de Fougeray, donna la capitainerie de cette place forte à son fils naturel Georges de Derval, seigneur de la Lanceulle. Cette charge existait encore en 1653, quoiqu'à cette époque le château fut complètement démantelé, car il est dit, dans l'aveu de cette année-là , que « le cens du devoir de guêt sert pour payer le capitaine dudit château, le concierge et les officiers d'iceluy. » Le droit de guet ayant été aboli en 1670, peut-être la capitainerie du château cessa-t-elle d'exister en même temps. L'aveu de 1541 décrit trop brièvement le château de Fougeray : « Le château, place et forteresse de Foulgeré ô ses tours, maisons, clostures de fortes murailles, douves et fossés, étang, chaussées, moulin à eau, coulombier et refuge à pigeon, garennes et refuge à connyns, deux journaux et demy de terre ou environ ô toutes leurs appartenances, le tout en un joignant sise près et adjacent de la ville dudit Foulgeré. » L'aveu de 1653 entre dans beaucoup plus de détails : « Le château, place et forteresse de Foulgeré où il paraît encore des tours, guérittes, machecoullis et clostures de fortes murailles, fauces braies, douves et fossés au joignant lequel est le donjon séparé d'iceluy par un large fossé revestu; auquel donjon il y a plusieurs logements et terrasses et une grande tour couverte d'ardoises, avec une autre qui la joint où est la vue et monstrée d'icelle, dans laquelle il y a uu grand nombre de chambres et cabinets, et marques de ponts dormants pour la communication avecq le donjon, corps de gardes, terrasses, et esprons qui sont autour d'icelle, entre lesquels terrasses et esprons il y a deux petites tours qui servent de corps de garde, et un pout-levis par lequel on entre dans ledit donjon et a l'un des coings de ladittc terrasse une autre plus grosse tour que les deux précédentes qui sert de logement au concierge du chasjeau et au-dessus, jusqu'à la couverture de ladite tour une fuge et refuge à pigeons. Joignant ladite principale entrée du donjon est un estang, l'eau duquel se communique dans les fossés qui sont autour dudit donjon et terrasse avec la chaussée et retenue d'eau et au dessous d'icelle un moulin a eau appelé le moulin du château. Au dessous de ladite chaussée et moulin, un petit pré au joignant duquel sont les grands jardins dudit château avec ses hayes et fossés, et à l'un des costés d'iceluy des mottes élevées a garennes, et contient, le tout ensemble, le nombre de trois journaux de terre ou environ, vieilles douves et fossés, entre lesquels grands jardins, garennes et le chasteau, il y a une grande place où il y paraist encore des vestiges de fortifications, laquelle place contient, avec un jeu de longue paulme qui est a l'un des costés d'icelle, trois à quatre journaux de terre ou environ, en laquelle se vend, les jours des marchés et foires qui tiennent en ladite ville de Foulgeré, des boeufs, vaches, porcs et autres sortes de bestail, marchandises et denrées ; les jardins d'allentour en partie séparent ladite issue. » De nos jours, la grosse tour du donjon de Fougeray reste seule debout a peu près intacte; mais on retrouve encore des vestiges de la tour du concierge que surmontait naguère une fuie à pigeons; on aperçoit aussi dans la cour les fondations d'une troisième tour. Quant a l'étang qui avoisinait le donjon, il a été desséché en partie et converti en un charmant jardin anglais. Le donjon de Fougeray a conservé quelque chose de son aspect primitif; il est couronné de créneaux gothiques, et les poutres de ses ponts-Ievis ont laissé sur la muraille trace de leur ancienne position ; des écussons indéchiffrables, et qui semblent appartenir au XIIIe siècle, sont placés à une grande hauteur; peu de sculpture à l'extérieur du reste, des colonnettes ornent seules l'entrée principale. Les escaliers, bien conservés, conduisent aux différents étages, où se trouvent d'assez belles salles ornées de cheminées et de quelques jolies portes qui ne remontent guère qu'aux XVe et XVIe siècles. Malheureusement ces salles ont beaucoup souffert des ravages du temps et ont été bien des fois remaniées; la garde nationale, établie dans cette tour sous le gouvernement de Juillet, y a laissé des traces de son séjour, d'un pittoresque fort douteux. Malgré cela, la tour de Fougeray est sans contredit le monument le plus imposant du canton. Le château moderne qui l'avoisine fut construit, au XVIIIe siècle, par M. Loquet de Granville, seigneur de Fougeray. Ce dernier fit raser tout ce qui restait encore de l'antique forteresse, sauf le donjon et la tour du concierge; il fit ensuite niveler l'emplacement des fortifications, où il plaça sa cour d'entrée et ses écuries; puis il transporta le champ de foire, dont parle l'aveu précédent, dans la ville, et construisit son château dans cette vieille place d'armes, entre les fortifications et les jardins. Ce nouveau château n'offre de remarquable que les ruines et le beau parc qui l'entourent.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 04:57

 

 

 

 

 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:36

 

 

 

 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:20

La Seigneurie.

 

Un aveu rendu au roi en 1541 par Jean de Laval, et deux autres aveux rendus par les seigneurs de la Roche-Giffart, l'un en 1653, l'autre en 1678, nous font connaître assez bien la seigneurie de Fougeray. Cette seigneurie s'étendait dans toute la paroisse de Fougeray, dans une partie des paroisses de Pierric, Derval, Luzanger, Sion, Mouais et Guémené. La châtellenie de Sion. les forges de la Hunaudière, la forêt de Thiouzé, beaucoup de moulins, d'étangs et de bois en faisaient partie. Le seigneur de Fougeray était fondateur des églises de Fougeray, de Pierric et de Sion; il avait droit d'enfeu dans celle de Luzanger.

 

 

Il avait un droit sur les tanneurs de Fougeray et de Pierric, et droit de chasse prohibitive. dans toutes les paroisses ci-dessus désignées. Châtellenie d'ancienneté au moyen âge, la seigneurie de Fougeray fut érigée eu marquisat, en 1644, en faveur de Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, elle relevait directement du roi. Le seigneur de Fougeray avait dans l'origine le droit de guêt, pour la garde de son château, sur tous les hommes du marquisat; mais en 1665 le général de la paroisse de Fougeray refusa de payer ce devoir, fixé, depuis 1505, à trois sols par chaque homme marié; un procès s'ensuivit entre le seigneur du lieu Henri de la Chapelle et le général; il se termina, en 1670, a l'avantage des paroissiens. Le seigneur de Fougeray avait :

 

« le droit de coustume et péage sur toutes les marchandises qui passent dans l'étendue dudit marquisat. »

 

« Item deux halles ou cohues dans ladite ville de Foulgeré pour l'estallage et vente de plusieurs sortes de marchandises qui se vendent toutes tes semaines que se tient marché le jeudy dans ladite vilte, et, outre cinq foires par chacun an, l'une en carême, l'autre a l'Ascension, la troisième à la feste de saint Jean descolé, la quatrième le jour saint Luc, et la cinquième le jour saint Thomas, avant Noël. »

 

« Item au bourg de Pierric une autre foire qui se tient le jour de saint Lien, où ledit marquis prend semblablement droit de péage. » « Item une autre halle dans laquelle il y a un four banal pour cuire le pain des sujets et habitants de ladite ville de Foulgeré. »

 

« Item au joignant de l'une desdites halles un grand logis au haut duquel est l'auditoire pour l'exercice de la juridiction dudit marquisat, avec ses galeries, chambres criminelles, appartenances et dépendances : les audiences de la juridiction dudit marquisat tiennent ordinairement deux jours la semaine, sauf les extraordinaires selon l'abondance des affaires, et au-dessous est la prison et cachots, et basse-fosse pour les criminels et coupables avec les logements et nécessaires pour loger le geollicr et garde desdites prisons. » 

 

« Item appartient audit seigneur de Foulgeré le droit de bailler mesures tant à blé qu'à vin en l'étendue dudit marquisat avec le droit de police. »

 

« Item les moulins de Chère, du Chêne-Prier, de la Haye, de Gault, de la Minière, de Lennaulx, de Pierric et d'Auvers. »

 

« Item le droit de pêche prohibitive dans les rivières d'Aaron, de Chère et marais d'Auvers. » 

 

« Item le droit de quintaine que sont tenus courir les poissonniers qui peschent sur lesdites rivières et marais, le mardy après la feste de Pasque, lorsqu'il leur est assigné par ledit seigneur sous peine de l'amande, pour laquelle courir doivent ledit seigneur fournir de fust de lance, le capitaine dudit château (de Fougeray), de chevaux, le sieur propriétaire de la Bornière d'éperons, et le propriétaire des vignes de la Sauldre de fer pour la lance, de clous, de marteau et tenailles pour couldre ledit fer de lance, et doit tenir ladite quintaine sur bout. »

 

« Et oultre a ledit seigneur droit de sceaux et papiers dans toute sa juridiction. »

 

Cette juridiction était haute, moyenne ct basse, et un grand nombre de manoirs, tant en Fougeray que dans les paroisses voisines, en relevaient noblement. D'après une appréciation faite en justice en 1748 -lorsque M. Loquet de Grandville acheta Fougeray - le revenu de ce marquisat s'élevait a cette époque a 7,251 livres, mais la châtellenie de Sion n'en faisait plus alors partie.

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 12:38

 

 

Les Seigneurs.

 

Tihern, ou plutôt Teuhaire (Teharius), marié à Ynnoguen ou Gwen, fut, dans la première moitié du IXe siècle, le père de trois enfants : Brient, premier seigneur de Châteaubriant; Hervé et Bos, ou le Boeuf; ce dernier s'appelait peut-être Brient comme son frère aîné et comme ses descendants, mais son surnom a prévalu de son temps : « Sciticet a Brientio et Herveo atque Bove, necnon et matre eorum Guenno nomine. » (Cartulaire de Redon, 235.) Ce Le Boeuf eut en partage, paraît-il, la lisière des forêts qui entouraient Châteaubriant a l'Ouest et au Midi, et il devint ainsi seigneur des paroisses de Fougeray, Jans, Nozay et Issé. Parmi ses successeurs on remarque Brient Le Boeuf, vivant en 1214, et inhumé dans l'église abbatiale de Melleray, où son tombeau se voyait encore en 1664. En 1235, Nicolle Le Boeuf, dame de Fougeray, épousa Geffroy, seigneur de Rieux, et lui apporta la seigneurie de Fougeray. Puis vinrent Guillaume I, Jean I, Guillaume II, Jean II et Jean III, tous successivement seigneurs de Rieux et de Fougeray. Vers 1425, Marie de Rieux, fille de Jean III, apporta les terres de Nozay et de Fougeray dans la maison d'Amboise, en épousant Louis d'Amboise, seigneur d'Amboise et vicomte de Thouars. De cette union naquit, entre autres enfants, la bien heureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, l'une des gloires les plus pures de notre Eglise bretonne. Cette pieuse princesse eut quelques rentes sur la seigneurie de Fougeray, mais .cette terre elle-même fut donnée a sa sœur Marguerite, qui épousa, en 1446, Louis de la Trémouille, seigneur dudit lieu. En 1474, ce dernier seigneur échangea la seigneurie de Fougeray contre celle de Saint-Mars-la-Pile, que possédait Jean de Châteaugiron, seigneur de Derval. Celui-ci mourut en 1482, sans enfants légitimes, laissant Fougeray a sa soeur Gillette, veuve de Jean Raguenel, seigneur de Malestroit. Cette dame avait deux filles; l'une d'elles, Françoise Raguenel, épousa Jean IV, seigneur de Rieux, et lui apporta en dot la terre de Fougeray. Une seule fille naquit de cette dernière union ; elle se nommait Françoise de Rieux, et s'unit en 1488 à François de Laval, seigneur de Châteaubriant, qui devint ainsi seigneur de Fougeray. Leur successeur fut leur fils Jean de Laval, l'un des plus grands seigneurs de son temps; mais il mourut sans laisser d'enfants, en 1542. Sa cousine Anne de Montéjean, veuve de Jean VII, seigneur d'Acigné, hérita, entre autres terres, de celle de Fougeray. Ce fut très-probablement son fils, Jean VIII, seigneur d'Acigné, qui vendit la seigneurie de Fougeray, de 1562 à 1567, a René de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart. Les seigneurs de cette maison, dont nous parlerons plus loin, possédèrent Fougeray jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, préféra l'exil a l'abjuration du protestantisme, qu'avaient embrassé ses pères, et il vendit, avant de quitter la France, ses terres de Fougeray et de la Roche-Giffart à Catherine de Rougé, femme de François, marquis de Créquy Cette dame étant morte après ses enfants, son neveu L,ouis-Gilles de Rougé hérita de la seigneurie de Fougeray, qu'il donna en dot a sa fille Innocente-Catherine de Rougé, mariée à Jean de Kerhoent de Kergournadec, marquis de Coëteufao. Ce seigneur menait une vie fort dissipée, et à sa mort le marquisat de Fougeray fut vendu à Jean-Charles Loquet, sieur de Grauville (1748). Sa famille posséda Fougeray jusqu'à la Révolution. M. Chapelier, puis M. Judicelly sont devenus depuis cette époque propriétaires du château de Fougeray.

 

 
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 16:48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 16:26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 15:33

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 15:14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 05:14

 

 

 

« La maison de Kergournadeac'h, dit l'antiquaire Marc de Vulson, est une des plus anciennes de toute la Bretagne, et a toujours été comptée pour l'une des quatre premières de l'évéché de Léon, avec celles de Penhoët, du Châtel et de Carman, toutes illustres. » L'étymologie de Kergournadeac'h, qui se tourne en Français par ville de l'homme qui ne fuit pas, a un principe plein d'honneur et d'antiquité, qui est que Saint-Paul-Aurélien, qui a été le premier évêque de Léon, au VIe siècle, venant d'Angleterre, et ayant abordé à l'île de Baz, en laquelle demeurait le comte de Guyture, il la trouva désolée d'un horrible serpent, ou plutôt d'un monstre si épouvantable, qu'il dévorait hommes, femmes et bestiaux ; de ta teste duquel serpent sortoit un glatis sèment comme si vingt braques glatissoient. Le comte, averti de la venue du saint personnage, lui fit ses plaintes; le Saint promit de ne boire ni manger, qu'il n'eût vu le serpent, et s'étant revêtu de ses habits sacerdotaux, précédé de la croix et suivi de tous les habitants de l'île la chercher le serpent ; mais, l'ayant rencontré, il fut aussitôt abandonné de toute la compagnie qui prit l'épouvante et la fuite, fors un seul chevalier de la paroisse de Cléder, qui demeura près du Saint, lequel aborda le serpent, lui jeta sou étole au cou. Le chevalier s'offrit à le tuer, mais le Saint ne le voulut, ainsi le conduisit ainsi par son étole jusqu'à la pointe de l'île, et là lui commanda, de la part de Dieu, de se précipiter dans la mer et de jamais n'aller habiter ni infecter aucune terre habitée par des chrétiens. A quoi il obéit, et s'appelle encore ce lieu Tout-al-Sarpant, c'est-à-dire le trou ou l'abîme du serpent. Le comte prit de là sujet de donner à ce chevalier le titre de Ker-gour-n'a-Tec'h, que l'hymne de l'octave de Saint-Paul traduit par ces deux vers :

 

Villa viri non fugientis ;

Miles erat tune temporis.

 

Depuis ce temps, les seigneurs de Kergournadec'h ont seuls le droit d'entrer dans le choeur et d'aller à l'offrande en l'église cathédrale de Léon, bottés, éperonnés et l'épée au côté, privilège que l'ou dit avoir été accordé par Saint-Paul au premier seigneur de Kergournadeac'h, et que ses successeurs ont toujours conservé jusqu'à présent (1644). Nuz, est effectivement donné ancêtre mytique des seigneurs de Kergournadeac'h. Le premier dont il y soit fait mention, après celui des légendes, est Olivier de Guergournadeach, qui vivait en 1288 ; Guyomar, son fils, se signala dans les guerres de Montfort et de Charles de Blois. Fait prisonnier dans une rencontre, il déclara qu'il aimait mieux mourir que de vendre un petit coin de sa terre pour payer sa rançon, tant il aimait son vieux château ! En quoi ses descendants l'ont imité ; car on les voit sans cesse mettre leur vieux château sous la protection spéciale des ducs, et non-seulement le vieux château avec les officiers, serviteurs, damoiseaux, mais les pigeons et les lapins du dit château. La terre de Kergournadeac'h passa, vers 1504, dans la famille de Kerhoënt, par le mariage d'Alain de Kerhoënt avec. Jeanne de Kergournadec'h, héritière de sa maison. Olivier de Kerhoënt, fils des précédents fut seigneur de Kergournadec'h, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, il fut enterré en décembre 1594 en l'église paroissiale de Cléder. Ledit Olivier de Kerhoënt, seigneur de Kergournadec'h, avait épousé en 1559 Marie de Ploeuc, dame de Coëtenfao. Leur fils François épousa Jeanne de Botignau, dont il n'eut que deux filles, Renée et Claude de Kerhoënt, « et le bonhomme a dit depuis que s'il avait eu des garçons, comme il n'avait que des filles, il leur eût fait prendre le beau nom de Kergournadeac' h, comme déjà lui et feu son père Olivier en avaient pris les armes plaines èchiquetèes d'or et de gueules, et laissé celles do Kerhoent, qui sont lozangées d'argent et de sable. » Renée de Kerhoënt, sa fille aînée, épousa, le 1er mai 1616, à l'âge de quinze ans, Sébastien, marquis de Rosmadec, baron de Molac et de Tyvarlen, gouverneur de Dinan et de Quimper. «. Lequel ayant été mis, en son jeune âge, à l'académie du sieur Benjamin, s'était rendu si adroit à tous les exercices, qu'il avait gagné plus de trente bagues aux assemblées de noces et autres cérémonies où il s'était trouvé.» Il fit rebâtir le château de Kergournadeac'h, que Vulson, qui y avait séjourné quelque tems, disait être l'une des plus belles et régulières maisons, en son architecture, qui se pussent voir en France. » Aussi, nous en a-t-il laissé deux vues gravées par Jean Picart, l'une à la fin de sa Généalogie des Rosmadec, et l'autre au second frontispice de sa Science héroïque.

 

 

On y voit que le château» en 1644, était construit en belles pierres de taille, flanqué de quatre grosses tours, avec mâchicoulis, guérites et meurtrières. Dans l'enceinte du château, régnait un vaste corps-de-logis avec ses portes et ses fenêtres gothiques. Derrière le château, on remarquait un bel étang entouré de quelques bois, et plus loin, une chapelle groupée sur une petite éminence.» Miorcec de Kerdanet. Dans son Voyage en Bretagne Édouard Vallin décrit l'endroit : « le château de Kergournadeac'h, édifice en ruine qui semble n'avoir jamais été achevé. Quoi qu'il en soit, ses murs à demi écroulés, ses grosses tours à créneaux et à mâchicoulis donnent une haute idée du plan qu'avait conçu l'architecte, et l'on ne peut s'empêcher d'admirer celte puissante forteresse que l'on achève par la pensée telle qu'elle dut être conçue primitivement. ». Et cette note supplémentaire : Le beau château de Kergournadeac'h, en Cleder, bâti en 1630 par le marquis de Rosmadec-Molac sur l'emplacement d'une antique forteresse, ne fut jamais achevé et n'offre plus que des ruines saisissantes au milieu de hautes futaies. Sa forme était carrée et chaque angle était flanqué d'une tour ronde, munie de machicoulis et surmontée d'une tourelle avec hautes cheminées. C'est aujourd'hui près des ruines du château 

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