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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 12:15

 

Prégent de Coëtivy,seigneur de Taillebourg et de Lesparre, amiral de France, n'eut pas d'enfants de Marie de Laval. Il fut tué au siège de Cherbourg, en 1450. Sa veuve conserva tous les biens qui provenaient de la maison de Laval. Elle les porta en dot, avec le titre de baron de Retz, à son second mari qui fut :

 

André de Laval -ci-dessous, sire de Lohéac, amiral, puis maréchal de France. Il vécut jusqu'en 1486. Marie de Laval mourut le 1er novembre 1458, sans avoir eu d'enfants d'aucun de ses deux maris. Ses biens, qui lui restèrent malgré l'ordonnance de Charles VII, qui les avait confisqués et attribués exclusivement à l'amiral de Coëtivy, passèrent, aussitôt après sa mort, à son oncle René de Laval, frère puîné du fameux Gilles. XIII.

 

 

René de Laval, prit les titres de seigneur de Retz, Lasuze, Blazon, etc ; il mourut en 1474, ne laissant d'Anne de Champagne, sa femme, qu'une fille nommée Jeanne, qui avait épousé, le 11 avril 1446, François de Chauvigny. Maison de Chauvigny.

 

François de Chauvigny, prince de Deols, comte de Châteauroux, vicomte de Brosse, prit le titre de baron de Retz en 1474, du chef de sa femme, par la mort de son beau-père. Il habita presque constamment ses terres du Berry , et mourut en sa vicomte de Brosse , le 25 mai 1490, laissant de sa femme , Jeanne de Laval, un fils unique, qui fut :

 

André de Chauvigny, prince de Deols, comte de Chàteauroux, baron de Retz. Il mourut en 1502 sans laisser d'enfants. Après sa mort, les biens provenants de la maison de Retz furent revendiqués par plusieurs prétendants et donnèrent lieu à de longs procès. Mais c'est ici le lieu de faire observer que l'auteur de l'article Gilles de Betz, dans la biographie de Michaud, a commis une grave erreur quand il a avancé que la succession de Gilles de Laval, après avoir passé à sa fille Marie, et de celle-ci à Jeanne de Laval, épouse de François de Chauvigny, fut léguée par celle-ci à François II, duc deRretagne, par testament en date de 1481. Cette singulière assertion a eu vraisemblablement pour motif ce passage de d'Argentré : Mais finalement Dieu, le créateur, se déplut de cette maison qui était fort grande, tellement qu'il n'en sortit point d'enfants et s'en alla en dissipation, dont il sortit mille et mille procès qui ont duré de notre vivant. Il se trouve, aux Chartres, que cette Jeanne, soeur dudit Gilles, faisait de grandes dissipations, ayant donné le tiers de son bien de ladite baronnie de Raix au duc, bâillant le reste en échange pour les terres de Châteaulin, de Fouesnant et de Rospreden : mais cela ne sortit pas à effet ; ledit Gilles de Raix eut un frère, nommé René de Raix, qui prit part en cette terre, duquel il sortit une fille qui fut mariée au sieur de Chauvigny et mourut sans hoirs. Le respectable d'Argentré commet ici beaucoup d'erreurs en peu de mots. Gilles de Laval eut un frère unique, René, et point de soeur. Cette Jeanne de Retz, ici mentionnée, ne peut être soeur de Gilles de Laval; c'est évidemment Jeanne Chabot, qui, ainsi que nousl'avons vu, échangea au duc de Bretagne, Jean IV, la baronnie de Retz contre les terres de Rosporden , Fouesnant, et Châteaulin-sur-Trieux. Ce que d'Argentré a vu aux Chartres ne peut donc être que ce titre d'échange daté du 17 août 1381 , plus de vingt-cinq ans avant la naissance de Gilles de Laval ; donc ce n'était pas la succession de celui-ci que l'on dissipait ou aliénait par cet échange. Aussi, cette date ayant un peu embarrassé l'auteur de l'article Gilles de Betz, ce critique malencontreux a eu l'idée, pour tout concilier, de la rajeunir d'un siècle et d'écrire 1481 au lieu de 1381. Or, comme François II était le duc régnant en 1481, c'est lui qu'on a déclaré l'heureux légataire de Jeanne, dame de Retz. Enfin, Jeanne de Laval, épouse de François de Chauvigny, n'est point morte sans hoirs, puisqu'elle laissa un fils, André de Chauvigny, qui vécut jusqu'en 1502, c'est-à-dire plus longtemps que François II. La succession ouverte par la mort d'Andréde Chauvigny donna carrièreà de grands procès ; mais, finalement, parmi les biens de la maison de Retz, ceux qui provenaient de la famille de Craon retournèrent aux héritiers de cette famille, et la baronnie de Retz échut en partage à Georges Tournemine. liaison de Tournemine. 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:53

Gui de Laval prit possession, de la baronnie de Retz, aussitôt après la mort de Jeanne Chabot. Il eut deux enfants de sa femme Marie de Craon-la-Suze, Gilles de Laval, et René, qui, après la mort de son frère aîné et de la fille de celui-ci, hérita de la seigneurie de Retz. Gui de Laval mourut jeune en 1416; sa veuve se remaria, à Charles d'Estouteville, seigneur de Villebon, et mourut sans laisser d'enfants de ce second hymen. Gilles de Laval, l'un des plus riches et des plus puissants seigneurs du XVe siècle, a laissé, sous le nom de Barbe-Bleue, dans le pays de Retz, et même bien au delà, un prestige de terreur que quatre siècles n'ont pas suffi pour effacer. Cette vie si pleine d'affreux mystères s'ouvre par une naissance dont la date est environnée de ténèbres. Les écrivains qui nous ont précédé ont voulu prendre pour base de leurs supputations le mémoire que les héritiers de Gilles de Laval firent rédiger douze ou quinze ans après sa mort, et dans lequel il est dit que Gilles était âgé de vingt ans au moment de la mort de son père ; or, comme tous les documents fixent cette mort à l'an 1416, il résulte de là que Gilles serait né eu 1396, et la biographie de Michaud, où l'article Gilles de Retz a été traité avec étendue, n'a pas hésité à adopter cette époque. Cependant une telle date est impossible, car elle est en contradiction manifeste avec celle du mariage de Gui de Laval et de Marie de Craon, qui n'eut lieu qu'en 1404. Nous venons de voir que ce mariage se fit à la suite d'un procès et après divers actes d'institution d'hérédité ou de transaction, de 1400, 1401, 1402, tous si précis et si conséquentsl'un à l'égard de l'autre qu'il est impossible de les déplacer. Gilles de Laval n'a donc pu naître avant l'an 1404. De là cette alternative inévitable : ou Gui de Laval est décédé postérieurement à l'année 1416, ou Gilles de Laval, son fils, n'avait que douze ans et non pas vingt, quand il perdit son père. Cette fixation de date a des conséquences assez graves, car si nous admettons comme deux faits établis que Gilles est né, au plus tôt, en 1404, et que son père est mort en 1416, nous allons le trouver bien jeune à diverses époques importantes de sa vie.

 

 

A douze ans, il entre en possession d'une grande fortune sousla tutelle de son aïeul maternel, Jean de Craon, dont, assure-t-on, il n'écouta guère les conseils. La même année 1416, il y eut un traité de mariage entre lui et Jeanne Painel, fille et principale héritière de Foulque Painel, seigneur de Hambuie et de Briquebec ; ce traité n'était vraisemblablement qu'une fiançaille d'enfants comme on en faisait alors. Mais le mariage n'eut pas lieu , Jeanne Painel étant morte avant la célébration. Gilles de Laval redevenu libre, épousa, par contrat du dernier novembre 1420, alors qu'il n'avait que quinze ans, Catherine de Thouars, fille de Miles de Thouars II, seigneur de Pouzauges, Tiffauges, etc., et de Béatrix de Montejean. En 1425, il accompagna à Saumur le duc de Bretagne, Jean V, qui s'était rendu dans cette ville pour y prêter hommage au roi de France. Bientôt après il passa au service de Charles VII, et prit une part glorieuse dansla lutte de ce monarque contre les Anglais. Il emporta d'assaut le château du Lude, en 1427 ; prit encore aux Anglais les châteaux de Malicorne et de Rennefort, dans le Maine. En 1429, il se signala à la levée du siège d'Orléans, et à la prise de Jargeau. Il assista la même année au sacre du roi à Reims ; et Charles VII pour récompenser la puissante assistance et les brillants services du sire de Retz, lui conféra la dignité de maréchal de France, qui à cette époque ne se donnait qu'à quatre seigneurs puissants, à quatre guerriers illustres du royaume. Gilles de Laval n'avait alors que vingt-quatre ans, et là toutefois se termina la période honorable de sa vie : le reste ne fut plus qu'un tissu de crimes, ou plutôt qu'un long accès de folie. Rentré dans ses foyers, il se livra à un luxe effréné et bizarre, à des prodigalités extravagantes qui finirent par compromettre sa fortune. Celle-ci pourtant était immense, et il est curieux de faire le dénombrement des domaines dont elle se composait. Il reçut d'abord de la succession de son père la baronnie de Retz, renfermant plusieurs châtellenies et seigneuries comme Machecoul, Pornic, Prigny , Vue, St-Étienne-de-Malemort : cette baronnie conférait le titre de doyen des barons du duché de Bretagne. Il tenait encore du chef paternel les terres de Chemillé et de Blazon (Blaison près les Ponts-de-Cé); celles de Fontaine-Milon et de Gratte-Cuisse en Anjou ; la Motte-Achart et la Maurièreen Poitou ; Ambrièreset St-Aubin-de-Fosse-Louvain, dans le Maine, et plusieurs terres en Bretagne et autres lieux. Catherine de Thouars lui apporta en mariage les terres de Pouzauges, de Tiffauges, Lombert, Grez-sur-Maine, Château-Morand , Savenay, Confolens et Chabanois ; ces deux dernières situées en Limousin, étaient entrées dans la maison de Thouars parle mariagedeMilesI,rdeThouars, seigneur de Pouzauges, avec Jeanne, fille d'Eschivat, seigneur deChabanois, Confolens, etc., vers 1350. Enfin, par la mort d'Amaury de Craon, frère de sa mère, tué à la bataille d'Azincourt, en 1415, Gilles de Lavalse trouva unique héritier de toute la fortune de son aïeul Jean de Craon. Celui-ci mourut en 1432, et lui laissala terre de la Suze, dans le Maine, avec l'hôtel de la Suze, à Nantes, et les seigneuries d'Ingrandes et de Champtocé, du Loroux-Rotereau, de Sénehé et de la Voulte (sans doute le château de la Voûte, près Montoire en Vendomois), de la Bénaste, de Bourgneuf, de l'île de Bouin ; ces trois deniers domaines qui sont compris dans le pays de Retz, avaient été portés, comme nous l'avons vu plus haut, dans la famille de Craon-la-Suze, par le mariage de Catherine de Machecoul, dame de la Rénaste, etc., avec Pierre de Craon. La fortune de Gilles de Retz' est évaluée, dans le mémoire de ses héritiers, à un revenu de trente mille livres en vrai domaine (non pas trois cent mille livres, comme le dit la biographie de Michaud , l'auteur ayant pris le change sur un zéro ), sans les autres profits qu'il tirait de ses sujets. Il recevait, en outre, pour son office de maréchal de France, des gages et pensions du roi, avec des dons gratuits -, ce qui pouvait élever sou revenu total à quarante ou cinquante mille livres. Il avait en outre recueilli, tant de ses héritages divers que de son mariage, un mobilier évalué à cent mille écus d'or. De tels chiffres représentaient en ce temps là des valeurs immenses. Une fortune qui aujourd'hui serait composée des mêmes domaines, serait plus grande peut-être qu'aucune de France; mais au XVe siècle, les terres étaient peu habitées , peu cultivées, les bois et autres fruits, n'avaient pas de débouchés, les domaines fonciers ne rapportaient en conséquence pas la vingtième partie de leur revenu actuel. Enfin la fortune de Gilles de Laval, seigneur de Retz, était colossale, et sa composition sert à nous prouver que le sol de la France était alors partagé entre un nombre très-limité de familles. Gilles de Retz commença, dit-on, à dilapider sa fortune dès le temps de sa minorité, et en dépit de la tutelle de Jean de Craon. Quand il fut revenu du service, il monta sa maison avec un luxe de prince, mais avec des bizarreries et un désordre plus destructeurs que le luxe. Il eut une garde de deux cents hommes à cheval, magnifiquement vêtus et équipés, entretenus à ses frais, sorte de dépense que les plus grands princes de son temps osaient à peine se permettre. Il tenait une table ouverte, où les convives étaient traités en mets recherchés, en vins fins, le tout servi dans des vases et une vaisselle de grand prix. Il avait des veneurs, des chevaux, des chiens, des faucons,toujours disposes pour la chasse. Ilfaisait faire jeux, farces, morisques (danses moresques), jouer mystères à l'Ascension et à la Pentecôte, sur de hauts échafauds sous lesquels étaient Hippocras et autres forts vins comme dans une cave. On cite parmis ses fantaisies les plus extraordinaires, sa chapelle, composée de vingt-cinq à trente personnes, chapelains , musiciens, enfants de choeur, qui formaient, avec les serviteurs, une suite de plus de cinquante individus l'accompagnant à cheval dans ses voyages, et vivant partout à ses dépens. Cette chapelle était enrichie d'un grand nombre d'ornements en drap d'or et de soie, en encensoirs, candélabres, croix, plats, burettes et calices de grande valeur. Il avait plusieurs buffets d'orgues, dont un surtout le suivait dans tous ses changements de résidence, porté par six hommes. Il attribuait à ses chapelains les titres d'évêque, d'archidiacre, de chantre, de doyen, comme dans une cathédrale. Il envoya plusieurs fois vers le pape pour obtenir qu'ils fussent mitres comme des prélats ou comme les chanoines de Lyon. Il les entretenait de grands habits d'écarlate et de robes traînantes à fines pannes et fourrures, chapeau de coeur de fin gris, doublé de menu voir. Mais tout ce service, dit le mémoire, n'était que vanité sans dévotion ni bon ordre. Sa prodigalité était plus insensée encore que son faste n'était ambitieux. S'il lui prenait fantaisie d'engager quelque clerc à son service, il lui donnait, outre ses gages, des terres pour lui et ses parents, comme il fit pour un nommé Rossignol, de La Rochelle, enfant de choeur à Poitiers, auquel il abandonna la terre de la Rivière, près Machecoul, valant plus de deux cents livres de rente, plus trois cents écus à ses père et mère. Il faisait, en toute circonstance, des dons excessifs et des marchés de dupe dont le détail semble prouver qu'il ne jouissait pas de la plénitude de son esprit. Ceux qui avaient le gouvernement de sa maison vivaient en grands seigneurs, tandis qu'il manquait de tout et qu'il ne trouvait quelquefois chez lui, aux heures des repas, ni à boire ni à manger. Quand ilséjournaitdans certaines villes comme Nantes, Angers, Orléans, il faisait les plus folles dépenses, empruntant de qui voulait lui prêter, engageant ses bagues et joyaux pour moins qu'ils ne valaient et les rachetant fort cher. Il achetait une aune de drap d'or soixante ou quatre vingts écus, quand elle n'en valait que vingt-cinq; une paire d'orfraies, quatre cents écus, quoiqu'elle n'en valût pas cent ; enfin il était prodigue notoire, n'ayant ni sens, ni entendement, comme en effet il était souvent altéré de sens; quelquefois il partait au plus matin, s'en allant tout seul par les rues ; et quand on lui remontrait que ce n'était pas bien, il répondait plus en manière de fol et d'insensé qu'autrement. Il vendait et engageait ses terres , donnait des blancs seings et procurations de vendre sans y attacher la moindre attention. Déjà il avait vendu au duc de Bretagne les seigneuries d'Ingrandes et de Champtocé ; il avait successivement aliéné à divers particuliers la presque totalité de ses domaines, car on estime que depuis 1432 , époque où il hérita de Jean de Craon , jusqu'à sa mort, il vendit de ses terres pour deux cent mille écus. Sa famille alarmée adressa une supplique au roi pour obtenir un terme à ce désordre. Le roi Charles VII, dû- ment informé du mauvais gouvernement du sire de Retz, lui fit, en son grand conseil, interdiction et défense de vendre ni aliéner ses terres et seigneuries. Le parlement de Paris enregistra ces lettres et défenses, qui furent publiées, à son de trompe, es villes d'Orléans, Tours, Pouzauges, Champtocé, etc., et, par autres lettres, le roi abolit, cassa et annula tous les contrats de vente et aliénations faites par Gilles de Retz. De telles mesures pouvaient bien arrêter la dispersion de son patrimoine, mais non ses extravagances. Il redemanda aux sciences occultes les trésors qui s'échappaient de ses mains prodigues. S'étant mis en tête, dit le mémoire, de parvenir à grande et excessive chevance, il s'entremit de faire alquemie, cuidant trouver la pierre de philosophe ; il envoya en Allemagne et autres pays lointains pour chercher des maîtres de cet art, et fit venir de Palerme un certain M. Anth, en quoi il fit de moult outrageuses dépenses qui ne lui firent aucun profit. » Un autre Italien, nommé François Prélati, et un médecin du Poitou, appelé Corillau, l'entretinrent dans ses funestes illusions, affectèrent de se livrer avec lui à la recherche de la pierre philosophale et des moyens d'évoquer le diable. Gilles de Retz , d'un côté, continuait,dans sa chapelle et au milieu de son clergé, de vaquer à ses habitudes de dévotion superstitieuse, tandis que de l'autre il se livrait aux pratiques les plus impies, à la dépravation la plus criminelle, à de sanglantes orgies, enfin à des meurtres multipliés, dans le but de se rendre propice le génie du mal. Il faisait enlever partout, dans les villes et les campagnes, des jeunes garçons, des jeunes filles, qu'il immolait dansles souterrains de ses châteaux, pour tracer avec leur sang des caractères magiques, et pour faire avec leur coeur ou d'autres parties de leur corps des charmes diaboliques, qui devaient faire apparaître le démon, et permettre de lier conversation avec lui. Ses gens attiraient dans les châteaux, par des friandises ou par quelques promesses, ces innocentes victimes que l'on ne voyait plus sortir; ou bien des émissaires, parcourant les campagnes et les rues des villes, enveloppaient d'un grand sac, à la faveur de la solitude ou des ténèbres, les individus qui leur étaient indiqués, ou ceux qui leur semblaient avoir les conditions requises de fraîcheur et de beauté pour l'affreux sacrifice auquel ils étaient dé- voués. Ces sinistres disparitionsont laissé tant de terreur après elles, que le peuple de Nantes et de Retz en conserve encore l'impression, et qu'il n'a cessé de croire aux empocheurs, qui, dans son idée, rivalisent avec les loups garous et les sorciers. Enfin les crimes de Gilles de Retz comblèrent tellement la mesure, que la justice dut intervenir, quels que fussent le rang et la puissance du coupable. Il fit, peu de temps avant son arrestation , ses pâques à Machecoul, moyens d'évoquer le diable. Gilles de Retz , d'un côté, continuait,dans sa chapelle et au milieu de son clergé, de vaquer à ses habitudes de dévotion superstitieuse, tandis que de l'autre il se livrait aux pratiques les plus impies, à la dépravation la plus criminelle, à de sanglantes orgies, enfin à des meurtres multipliés, dans le but de se rendre propice le génie du mal. Il faisait enlever partout, dans les villes et les campagnes, des jeunes garçons, des jeunes filles, qu'il immolait dans les souterrains de ses châteaux, pour tracer avec leur sang des caractères magiques, et pour faire avec leur coeur ou d'autres parties de leur corps des charmes diaboliques, qui devaient faire apparaître le démon, et permettre de lier conversation avec lui. Ses gens attiraient dans les châteaux, par des friandises ou par quelques promesses, ces innocentes victimes que l'on ne voyait plus sortir; ou bien des émissaires, parcourant les campagnes et les rues des villes, enveloppaient d'un grand sac, à la faveur de la solitude ou des ténèbres, les individus qui leur étaient indiqués, ou ceux qui leur semblaient avoir les conditions requises de fraîcheur et de beauté pour l'affreux sacrifice auquel ils étaient dé- voués. Ces sinistres disparitionsont laissé tant de terreur après elles, que le peuple de Nantes et de Retz en conserve encore l'impression, et qu'il n'a cessé de croire aux empocheurs, qui, dans son idée, rivalisent avec les loups garous et les sorciers. Enfin les crimes de Gilles de Retz comblèrent tellement la mesure, que la justice dut intervenir, quels que fussent le rang et la puissance du coupable. Il fit, peu de temps avant son arrestation, ses pâques à Machecoul, sire de Retz se couvrait de gloire dans les armées du roi de France. Malgré les précautions qu'il avait prises pour faire disparaître les traces de ses meurtres, soit en enfouissant les cadavres, soit en lesbrûlant pour en disperserles cendresau vent, on trouva quarante-six corps à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul. Une barbarie accompagnée d'actes aussi insensés eût" fait hésiter la justice de nos jours, et il est vraisemblable qu'un tel accusé serait conduit aux Petites-Maisons plutôt qu'à l'échafaud; mais en ce temps-là prévalait une autre jurisprudence : Gilles de Laval fut condamné, pour crimes d'hérésie, de sortilège, de félonie et de meurtres, à être brûlé vif. Les approches de la mort ne l'intimidèrent pas, et, gardant jusqu'au bout ses pensées de dévotion vaniteuse, il demanda et obtint d'être conduit processionnellement par l'évêque de Nantes au lieu du supplice. Le duc de Bretagne,par considération pour la famille et pour les anciens servicesdu maréchal, permit que le coupable fût étranglé sur le bûcher avant qu'on y mit le feu. Le corps, à peine noirci par les flammes, fut retiré et remis à ses parents, qui lui firent donner la sépulture dans l'église des Carmes. L'exécution eut lieu le 25 octobre 1440, sur la prairie de Biesse ou de la Madeleine, dans un lieu maintenant traversé parla rue quidébouche du pontde laBelle-Croix. La Relie-Croix, aujourd'hui brisée et enlevée, se reconnaît encore, surle bord de la rue, au fût qui la supporta; c'était une élégante construction aux colonnettes ogivales, aux dentelures délicates, monument d'expiation élevé à la lugubre fin du maréchal par la piété de sa fille Marie. La renomméede Gilles de Laval, maréchal de Retz, vit encore dans la mémoire du peuple, mais elle s'y est infixée avec des images d'horreur et d'effroi ; c'est un cauchemar populaire qui ne représente que meurtres, que taches de sang indélébiles, qu'empocheurs rôdant dans l'ombre. La tradition ne le connaîtque sousle nom de Barbe-Bleue. Sans doute il est le type de cruauté sur lequel Perraud a modelé son célèbre conte ; seulement Perraud a jugé plus convenable de prêter à son héros les crimes de Henri VIII, roi d'Angleterre, que ceux du sire de Retz. En effet, Gilles de Laval n'eut jamais qu'une femme, Catherine de Thouars, qu'il n'a pas fait mourir et qui lui survécut plus de vingt ans. Après le supplice de Gilles de Laval, que devinrent ses immenses domaines et la baronie de Retz ? Les auteurs nous laissent à ce sujet des données contradictoires. Il nous semble toutefois qu'en observant de près les faits, nous leur avons trouvé une marche conséquente et à peu près certaine. Dégageons d'abord la dot de Catherine de Thouars; cette dame n'avait eu de son mariage avec Gilles de Laval qu'une seule fille, dont nous parlerons bientôt: devenue veuve par le supplice du maréchal, elle se remaria à Jean de Vendôme, vidame de Chartres, et porta à son second mari son riche patrimoine, composé des terres de Pouzauges, Tiffauges, Chabanois, Confolens, Savenay. Elle eut deux enfants de ce nouveau mariage; et comme elle survécut à sa première fille, Marie de Laval, morte sans postérité, ses biens passèrent aux enfants du second lit et restèrent définitivement dans la famille des vidâmes de Chartres. Marie de Laval, qui pouvait être âgée de dix-huit ans, hérita-t-elle des biens de son père? D'Argentré l'affirme sans hésiter, et prétend que, lors de son mariage avec le sire de Coëtivy, elle stipula, pour condition,que son mari prendrait le nom, les armes et le cri de Retz ; que, si des acquêts avaient lieu pendant le mariage, il n'en prendrait que le tiers ; et quelques autres conditions qui, depuis, semblèrent tellement dures à Coëtivy, qu'il en appela à une assemblée de famille pour tàcher de les faire modifier, demandant l'autorisation de porter ses armes écartelées de celles de Retz, et dans le cas où il n'aurait pas d'enfants, que les héritiers de Retz récompensassent les siens dans une juste proportion de la plus-value; mais qu'il ne put rien obtenir. « Ceci, dit d'Argentré, se passait en l'an 1443, et en sont les lettres aux Chartres. » Voilà une assertion bien précise, bien détaillée ; mais comment la concilier avec une ordonnance du roi Charles Vit, rendue cette même année 1443, le 22 avril, et publiée dansle recueil de dom Morice ? Par cette ordonnance , le roi donne à Prégent, sire de Coëtivy , amiral de France, « toutes les terres, seigneuries, châteaux, châtellenies, cens, rentes, revenus, possessions, biens meubles et héritages quelconques qui furent et appartinrent à feu Gilles, en son vivant seigneur de Relz, maréchal de France, quelque part que les choses soient assises et situées. Comment qu'elles soient dites, nommées et appelées , soit par amende, condamnation, droit ou titre de confiscation, tant pour les cas, crimes, délits et désobéissances commis envers nous et notre royale Majesté par ledit feu sire de Retz, lui vivant, comme pour les cas et délits pour lesquels, puis trois ans en çà, il a été exécuté ou autrement, en quelque manière qu'il nous puisse ou doive appartenir. » Cet acte semble impliquer , en même temps, confiscation d'une part, donation de l'autre. Il n'y est nullement question de Marie de Laval, héritière naturelle de Gilles de Retz. Était-elle, dès lors , mariée à l'amiral de Coëtivy, ou ne l'a-t-elle été que depuis ? Le mariage ne fut-il qu'une transaction sur cette confiscation? Mais alors Marie n'était pas en position d'imposer des conditions bien dures à son mari, et telles que celles mentionnées par d'Argentré. Cette ordonnance a-t-elle été rendue à la sollicitation de Coëtivy pour avoir raison des prétentions et des refus de la famille; mais elle est presque du commencement de l'année où eurent lieu les actes mentionnés par d'Argentré, et en ce temps-là rien ne se faisait que très-lentement en matière de chancellerie. Cette anomalie historique me parait très-peu-conciliable. Pareil procédé fut employé,du reste, quelques mois après, au sujet des terres de Chantocé et d'Ingrandes, que Gilles de Retz avait vendues au duc de Rretagne , et dont ce prince s'était emparé de concert avec le duc d'Anjou, roi de Sicile, malgré l'annulation prononcée par édit royal de toutes les ventes faites par le sire de Retz. Charles VII, parlettres datées de Chinon le 28 août 1443, confisqua ces deux terres sur le duc de Bretagne, non point à cause de l'indue possession, mais sous pré- texte que le duc de Bretagne entretenait des intelligences avec les Anglais, et il les remit également à l'amiral de Coëtivy, pour lui et pour ses hoirs. Enfin, que l'héritage de Retz ait appartenu aux époux de Coëtivy par héritage de Marie de Laval ou par donation faite à Coëtivy, peu importe; mais il est certain qu'il passa aux héritiers de la femme, non à ceux du mari.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:35

 

Jean IV, duc de Bretagne, eut à peine pris possession de sa nouvelle seigneurie qu'il se vit dans l'obligation de remplir un rôle qui, vraisemblablement, le flatta peu. Ce fut de prendre rang parmi les quatre seigneurs qui portaient l'évêque de Nantes à son entrée. Il reçut de Jean de Montrelais, nommé à l'évêché de Nantes, une lettre datée du 29 mars qui le sommait de se trouver à Nantes le mardi de la semaine sainte, et d'y remplir son devoir de baron de Retz, en portant l'évêque à l'église comme ses prédécesseurs les sires de Retz l'avaient toujours fait en telle circonstance. Le vainqueur d'Auray ne jugea pas à propos de décliner cet honneur, et il porta l'évêque, de concert avec les trois autres barons du diocèse accoutumés à cette cérémonie. C'étaient les seigneurs de Chàteaubriant, d'Ancenis et de La Roche-Bernard. Le duc se montra plus jaloux de ses droits temporels, et il le fit sentir à Marguerite (ou Catherine), dame de Machecoul et de la Bénaste, épouse de Pierre de Craon-la-Suze, qui faisait bâtir, sans avoir pris son autorisation, un château à la Bénaste, dans le pays de Retz. Elle fut citée à comparaître devant le duc et son conseil séant à Vannes, pour le jeudi de la Pentecôte, par Prégent de Trélever, maître d'hôtel et garde du pays de Retz. Elle fut condamnée à démolir les constructions qu'elle avait commencées. Mais l'échange de la baronie de Retz que Jean IV avait obtenu par ruse ou par violence, ne fut jamais exécuté de bonne foi et donna lieu à une foule de difficultés. Jeanne n'avait jamais pu s'acclimater en ses nouvelles châtellenies, au milieu de vassaux et de sujets dont elle n'entendait pas la langue, dont les moeurs lui étaient antipathiques. Elle obtint du duc de Bretagne qu'il lui laissât, à titre de prêt, les châteaux de Prinçay, de Prigny, de St-Étienne-de-Malemort pour y faire sa résidence ; plus tard le duc eut la pensée de faire payer cher le loyer de ces trois châteaux; car, lorsque aux conférences d'Aucfer, près Redon, il régla, avec Olivier de Clisson, l'indemnité qui était due au duc de Penthièvre, il donna à ce dernier la seigneurie de Chàteaulin-sur-Trieux, au mépris de la convention qui déjà avait attribué cette châtellenie à Jeanne Chabot. Celle-ci réclama vivement contre une telle injustice et plaida contre le duc pour obtenir la résiliation de l'échange de 1381. Enfin le duc de Bourgogne fut choisi pour arbitre de ce différend, et ce puissant seigneur, relevant noblement la cause de l'opprimée, ordonna, par sa sentence du 24 avril 1399, que le duc restituât à Jeanne la baronnie de Retz avec les châteaux de Machecoul, Prinçay, Pornic, Prigny, etc., et qu'il lui payât une somme de seize mille livres. Cette sentence fut confirmée par le roi le 12 juin de la même année, et le duc rendit les terres le 21 juillet 1399. Jeanne, à peine remise en possession de son patrimoine , et se sentant vieillir, s'occupa de choisir son héritier. Elle n'avait que des parents éloignés; son idée cependant semble avoir été de chercher ceux que la nature et la loi lui indiquaient comme ses plus proches.

 

 

Elle jeta les yeux sur Gui de Laval II, seigneur de Blazon, fils de Gui de Laval Ier, dit Brumor, et petit-fils de Foulque de Laval et de Jeanne la Folle. Toutefois Gui de Laval ne pouvait hériter naturellement, car l'exhérédation dont avait été frappée Jeanne la Folle, à cause de son mariage avec Jean de la Musse Pont-Huë, l'écartait de la succession ; une institution spéciale, faite par Jeanne de Retz en sa faveur, pouvait seule écarter cet obstacle. Elle s'y détermina, et institua Gui de Laval son héritier en 1400, à condition qu'il prendrait le nom et les armes de Retz ( d'or, à la croix de sable ) ; et dans le cas où Gui n'accepterait pas, elle institua, par le même acte, Jean de Craon, fils de Catherine, ou Marguerite de Machecoul. Gui de Laval accepta l'hérédité le 25 septembre 1401. Mais Jeanne se brouilla bientôt avec le successeur qu'elle s'était choisi ; et dans son ressentiment, ne songeant plus qu'à l'écarter, elle reporta, par un nouvel acte du 14 mai 1402, son héritage à Catherine de Machecoul , fille et principale héritière de Louis de Machecoul, seigneur de la Rénaste et du Coustumier, veuve de Pierre de Craon, seigneur de la Suze, Ingrandes et Champtocé. Cette famille remontait à Gérard de Machecoul qui avait épousé Eustache Chabot, fille de Gérard ler. Elle avait toujours possédé des fiefs importants dans le pays de Retz, et en dernier lieu, le mariage de Catherine de Machecoul avait porté, dans la famille de Craon-la-Suze, les seigneuries du Coustumier, de la Bénaste, de Bourgneuf et de Bouin. Mais Gui de Laval ne voulut pas se laisser éconduire, sans résistance, d'une succession qui lui avait été authentiquement concédée. Il intenta un procès à Jean de Craon, fils et héritier de Catherine de Machecoul. Ce procès heureusement ne dura pas longtemps, et se termina à l'amiable, par le mariage de Gui avec Marie, fille de Jean de Craon. Celle-ci céda, par son contrat de mariage, en 1404 , à Gui de Laval son époux, toutes ses prétentions à la baronnie de Retz. Peu de temps après cette alliance qui rendit enfin à Jeanne Chabot quelques moments de paix pour ses vieux jours, elle mourut, le 16 janvier 1406. maison de Laval. 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:30

 

 

 

Le pays de Retz, au midi de l'embouchure de la Loire, était la contrée comprise entre ce fleuve, la mer, la limite du Poitou et le lac de Grand-Lieu. Faisant originairement partie du territoire des anciens Agésinates et des Poitevins, il fut conquis à la Bretagne par les victoires que Nominoé remporta sur Charles le Chauve, par celle, surtout, que gagna, en dernier lieu, Erispoé, fils de Nominoé, et qui fut suivie d'un traité fait à Angers en 851, dans lequel Erispoé, roi de Bretagne, reçut du roi de France l'investiture du comté de Nantes et du pays de Retz. Le nom de Retz, qui, pendant le moyen âge, s'écrivait, en latin, Badesius, et en français, Baiz, Bays, Baix , provient d'une ville gauloise, Batiastum, qui fut située sur ce territoire, mais dont on cherche vainement les vestiges aujourd'hui. Machecoul a été, de temps immémorial, la capitale du pays de Retz. Cette contrée a formé, dès l'origine des fiefs, une seigneurie dans l'intérieur de laquelle se trouvaient d'importantes châtellenies, telles que : Legé, la Rénaste, Pornic, Bourgneuf, Prigny, Vue, Saint-Étienne-de-Malemort ou de Mer-Morte, Prinçay, situé dans la forêt de ce nom (commune de Chéméré), enfin Machecoul lui-même, qui, dans le principe, eut quelquefois des seigneurs distincts des barons de Retz. Il est à peu près impossible de démêler la filiation et la succession des sires de Retz et de Machecoul antérieurement au XIIIe siècle. Les Chartres et les chroniques bretonnes mentionnent un Justin de Retz avec Arsculfe, son fils, vers 1070. Nous trouvons un sire de Retz, présent aux obsèques d'Alaiu-Fergent, duc de Bretagne en 1119; Garsire de Retz, en 1125; Roland de Retz, en 1144; enfin, Arsculfe de Retz, en 1204. Dans le même temps, on trouve un Amauri de Machecoul (1203); Bernard de Machecoul (1204) ; Beatrix de Machecoul (1204); Aimeri de Machecoul (1224); Oliver de Machecoul(1276-1287). On ne peut commencer à établir de succession chronologique , parmi les seigneurs de Retz, qu'à partir du moment où la famille Chabot, originaire du Poitou, et possédant déjà en cette province les fiefs importants de Vouvent, de Mervent, de la Grève et de la Rocheservière, implanta l'une de ses branches cadettes dans la seigneurie de Retz, ce qui eut lieu vers la première moitié du XIIIe siècle. Halson de Chabot.

 

Gérard Chabot était le second fils de Thibaut Chabot III, seigneur de la Rocheservière et de la Grève et de Marguerite, dame de la Motte-Achardet de la Maurière. Il eut en partage les terres de la Motte-Achard et de la Maurière, et épousa Eustache de Retz, dite Àliette, fille et héritière de Raoul, sire de Retz, de Machecoul, Falleron, Froidefond, etc. Peut-être ce Raoul (Badulfus), désigné dans les titres de la maison de Chabot, n'est-il autre que Arsculfe, que nous avons déjà mentionné comme ayant été seigneur de Retz en 1204. Gérard Chabot et Eustache de Retz laissèrent trois enfants : 1° Gérard II, 2° Geoffroi, seigneur de la Maurière, et 3° Eustache Chabot, mariée à Gérard de Machecoul, seigneur du Coustumier et de la Bénaste Gérard Ier était mort avant 1250.

 

 

Gérard Chabot II a laissé souvenir de plusieurs de ses actes : il fut l'un des exécuteurs testamentaires de Geoffroi de Châteaubriant, en 1262; il s'empara, par force, de la part qui revenait, en l'île de Bouin, à Maurice , seigneur de Bellisle ; mais Alphonse de France, comte de Poitiers, la lui fit rendre, par mandement, en 1265. Il confirma, l'année suivante, les dons que sa mère, Eustache de Retz, avait faits à l'abbaye de Buzai, où elle fut ensevelie. Il plaida, la même année, pour une dîme que Raoul, sire de Retz , son aïeul, avait donnée aux religieuses du Val-de-More ou Morière ; puis il finit par la leur abandonner avec d'autres biens, par son testament de l'an 1281. Il assista, en janvier 1276, à une assemblée tenue à Nantes par le duc de Bretagne, Jean Ier, dans laquelle ce prince, mû par un sentiment de justice, renonça au bail de rachat, impôt établi précédemment par Pierre de Dreux, et d'après lequel tous les revenus des mineurs étaient attribués au duc pour entretenir des hommes d'armes, jusqu'à ce que les mineurs fussent en âge de servir eux-mêmes. Le duc déclara qu'il se contenterait, à l'avenir, d'une année de revenu. Le scel de Gérard Chabot, apposé à cet acte de délibération, avec ceux des autres seigneurs assistants, représente le sire de Retz sur son cheval, portant, sur l'écu et sur le caparaçon, les armes de Chabot (d'or, à trois Chabots de gueules avec un lambel à trois pendants, indice de la branche cadette). Au mois d'avril de la même année, Gérard Chabot et Olivier Ier de Clisson, qui avaient été excommuniés par l'évêque de Nantes, au sujet d'un différend que ces seigneurs avaient eu avec Guillaume de Rochefort, vicomte de Donges, se soumirent à payer vingt marcs d'argent; convention qui fut signée à Oudon le mardi de la semaine sainte. Gérard suivit, en 1285, Philippe le Hardi dans la croisade que fit ce monarque en Catalogne, pour venger, contre le roi d'Aragon, le massacre commis sur les Français aux Vêpres Siciliennes. Nombre de seigneurs bretons accompagnèrent également le roi de France dans cette expédition; ce furent les sires de Laval, de Donges, de Châteaugiron, de Rougé, etc. Dans l'assemblée tenue, par Jean II, duc de Bretagne, à Ploërmel, le 19 août 1294, dite l'assemblée des Osts du duc de Bretagne, pour le dénombrement des vassaux et des hommes d'armes, le sire de Retz déclara qu'il devait, à cause de sa terre de Retz, cinq chevaliers, et qu'il s'enquerraits'il devait quelque chose, et combien, pour sa terre de Machecoul. Gérard épousa, en premières noces , Amicie de Château-Gonthier ; en deuxièmes , Jeanne de Craon. Il eut de cette dernière : 1° Gérard III; 2° Raoul, mort avant 1329; 3° Guillaume, seigneur delà Motte-Achard et de la Maurière, de Falleron, St-Étiennede-Vaujoux, etc. Ce Guillaume se maria deux fois, d'abord à Guillemette de Pressay, ensuite avec Marguerite de Bourgneuf; il mourut en Sicile, laissant, de sa première femme, un fils, nommé Simon Chabot, qui revint en France, et plaida contre les barons de Retz , qui s'étaient emparés des biens de son père. Simon mourut sans enfants, ses biens revinrent aux sires de Retz. Son scel est trois abots Chavec deux étoiles en chef.

 

Gérard Chabot III vivait en 1332. Il épousa Marie-Clémence de Parthenay, dont il eut Gérard IV et Jeanne qui fut surnommée la Folle, pour avoir épousé, sans le consentement de ses parents, Jean de la Musse Pont-Huë. Elle fut exhérédée, pour ce fait, en 1333. Devenue veuve quelques années plus tard, elle épousa Foulque de Laval, seigneur de Chaloyàu en Bourgogne. Foulque de Laval défendit avec un grand zèle la cause de Charles de Rlois, contre le comte de Monfort, qui se disputèrent pendant vingt-quatre ans la couronne ducale de Bretagne. Il fut fait prisonnier, avec quatre cents chevaliers, au mois de septembre 1350. Remis en liberté, il ménagea, en faveur de son suzerain, un traité avec Raoul de Cahours, chevalier breton, qui lui livra, en 1351, les forteresses de Beauvoir-sur-Mer et de Lampans, l'île de Bouin et l'île Chauvet, points importants sur la frontière du Poitou. Foulque de Laval vivait encore en 1358 ; Jeanne la Folle mourut dès 1341, et fut enterrée dans l'abbaye de Buzai. Ils laissèrent plusieurs enfants, entre autres Gui de Laval Ier, surnommé Brumor, un des chevaliers les plus accomplis de son temps, qui épousa Jeanne de Montmorency, dame Blazon, dont il eut Gui de Laval II, que nous verrons appelé, plus tard, à la baronnie de Retz. Foulque de Laval et Jeanne la Folle eurent encore une fille, nommée Philippe, mariée à Alain de Saffré, seigneur de Saffré et de Sion ; la postérité de ceux-ci possédera un jour aussi la baronie.

 

Gérard Chabot IV, sire de Retz, delà Motte Achard, de la Maurière, etc., était mort en 1342, laissant , de Catherine de Laval, dame d'Avrilly, en Anjou, son épouse : Gérard Chabot V, sire de Retz, de la Motte Achard, etc., qui mourut avant l'an 1362. Il avait épousé Philippe, fille de Robert, seigneur de Briquebec, maréchal de France, dont il eut Gérard VI et Jeanne, surnommée la Sage, par opposition avec sa grand-tante, Jeanne la Folle.

 

Gérard Chabot VI assista Charles de Blois à la bataille d'Auray, en 1364, et y fut fait prisonnier. Rendu à la liberté, le sire de Retz vint joindre à Dreux, en 1371, le connétable du Guesclin; la compagnie qu'il amena se composait de lui, Gérard, chevalier banneret, de Brumor de Laval, chevalier bachelier, et de vingt-huit écuyers, parmi lesquels on remarque Hervé de Bruc, Bertrand de Bruc, etc. Il mourut peu de temps après, n'ayant pas eu d'enfants de Marguerite de Sancerre, sa femme, et laissant la baronie de Retz à sa soeur.

 

Jeanne la Sage ne paraît pas s'être jamais mariée, quoi qu'en ait dit Moréri qui lui attribue pour mari un François de Chauvigny. Cette assertion de Moréri eut sans doute pour cause un passage obscur de d'Argentré, où Jeanne Chabot, dite la Sage, est confondue sous le nom de Dame de Betz avec Jeanne de Laval, qui porta le même titre,un siècle plustard, et épousa en effet François de Chauvigny. Mais dans aucun de ses actes parvenus jusqu'à nous, Jeanne Chabot ne figure comme mariée, et réciproquement dans la généalogie de la maison de Chauvigny, donnée par la Thaumassière, en son histoire du Berry, on ne reconnaît aucun François de Chauvigny qui ait pu être le contemporain, ni l'époux de Jeanne Chabot. Celle-ci, qui vécut plus de trente ans à partir de son avènement à la seigneurie de Retz, eut une vie fort agitée, fort tourmentée ; elle manifesta une incertitude dans ses idées, un défaut de suite dans ses actions qui font un peu contraste avec son surnom de Sage. Peut-être aussi ne fut-elle pas parfaitement libre dans ses actions , et se trouva-t-elle dominée par des motifs qu'il nous est difficile d'apprécier. Sa carrièreest particulièrement marquée par deux actes importants au sujet de son patrimoine et de son héritage, et elle revint sur chacun d'eux à grand renfort de procès et de déceptions. Le premier de ces actes fut de céder à Jean IV, duc de Bretagne, par contrat du 17 août 1381, la baronie de Retz et toutes ses châtellenies, en échange des terres de Rosporden, de Fouesnant, et de Châteaulin-sur-Trieux, situées en Basse-Bretagne. Cet échange était évidemment disproportionné. L'ambitieux Jean IV voyant une femme isolée, dernière héritière de son nom, en possession de riches seigneuries , abusa vraisemblablement de sa puissance pour l'amener à souscrire un contrat qui ressemblait plutôt à une spoliation qu'à un échange. Aussi Jeanne ne cessâ- t-elle de lutter contre cet acte injuste et d'en provoquer la résiliation. Quoi qu'il en soit, le traité reçut d'abord son exécution au commencement de l'année 1382. Alain du Bois, procureur général de la Dame de Retz, prit au nom de celle-ci, possession des châtellenies de Rosporden, Fouesnant et Chàteaulin, et reçut le serment des vassaux et sujets le 7 janvier. Quelques jours après, le 26 janvier, la Dame de Retz donna procuration au même Alain du Bois, à Gérard Goyon et à Jean Guinier de mettre le duc en possession de la baronie de Retz. Cette cérémonie n'eut lieu cependant que le 25 mars 1383 , jour auquel Jean, duc de Bretagne, comte de Montfort et baron de Retz, fit lire les lettres d'échange en présence d'un notaire et de plusieurs seigneurs qui virent et reconnurent les sceaux; lesquelles lettres étant lues, Gérard Goyon déclara au nom de Jeanne Chabot, le duc de Bretagne seigneur et baron de Retz, le mit en possession de ladite baronnie, du château de Machecoul et des autres châtellenies dépendantes de Retz, et il commanda à tous les vassaux et sujets de la baronnie de faire hommage et de prêter serment au duc comme à leur vrai seigneur; les quittant de tout serment prêté à ladite Dame de Retz.

 

 

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 13:53

 

 

 

C'est cette vallée que les plus vieux ouvrages relatifs à notre pays appellent «vallis viridis » ou vallée verte, et que nous appelons encore aujourd'hui « les Champs Vaux-Verts », ou, par corruption, « les Champs Vauverts ». Cette vallée, que couronnait la cathédrale, bâtie par Jean de Châtillon, était, parait-il, l'endroit préféré de nos lointains aïeux. C'est qu'ils allaient, « sur l'herbette épaisse », admirer les beautés du soleil couchant et le retour des barques qui rentraient de la pèche. C'est là que les temps sont changés qu'ils allaient, en famille, à la sortie des offices, exhiber leurs beaux habits du dimanche, ce qu'on appelait, à Saint-Malo, jusqu'à la moitié de ce siècle, « faire son coup de pétard ». Disons, de suite, qu'après l'ère des Champs Vaux-Verts, c'est sur les remparts de la Grand-Porte, qu'à la fin de la grand-messe, nos aïeules allaient faire leur « coup de pétard » en robes de popeline rose et en chapeaux à la Bergère. Aujourd'hui, on le sait, c'est en été, et surtout sur la patte d'oie, à marée haute, que le « coup de pétard malouin », en fraîches toilettes estivales, accomplit le cycle suprême de sa lointaine et pittoresque évolution. Autour de la cathédrale nouvellement blottie se groupaient sans souci de l'alignement, les maisons des habitants. Ces maisons, appuyées aux rochers, n'étaient guère que d'humbles cabanes de pêcheurs faites de roseaux, de goémons et de galets. La ville avait alors trente-trois journaux de « terrain haut » . Jean de Châtillon conçut le projet d'enclore ces trente trois journaux d'une forte muraille de pierre, et c'est alors que furent commencés ce que nous appelons encore aujourd'hui « les vieux remparts » dont on découvre dans le Nord et dans l'Est, quelques derniers vestiges. Du côté de la vieille voûte qui mène à la caserne Saint-François et allant de la rue de la Fosse à la rue de Dinan, il existe même encore une vieille petite ruelle qui s'appelle « la rue des Vieux-Remparts », ce qui nous indique bien quelle était, de ce côté de la ville, la limite de l'enceinte commencée par Jean de Châtillon. Du côté Nord, du côté du Fort A la Reine, les vieux remparts sont encore bien visibles. Promenez-vous par là, en regardant du côté de la ville. Vous découvrirez des débris de créneaux, des pans de murs couverts d'herbes et de ronces ou même métamorphosés en minuscules jardinets, par les maisons adjacentes. Ce sont ces minuscules jardinets, larges comme des mouchoirs de poche, qui nous permettent de dire, le cadastre du Clos-Poulet en main, que nous comptons, à Saint-Malo, autant de jardins qu'il y a de jours dans les années bissextiles. Vous remarquerez aussi, par là, la porte qui débouche juste en face le Fort à la Reine, ancien bastion du Cheval-Blanc, porte si vieille, si oubliée, que son nom même est inconnu et qu'aucune Municipalité, sans doute de crainte d'un anachronisme, n'a osé reconstituer son appellation.

 

 

Cette porte, cependant, mérite bien de sortir de son injuste oubli. Tout jadis, du temps des seigneurs du Cheval-Blanc, elle était une des principales sorties du très vieux Saint-Malo et, dernier souvenir de sa très lointaine origine, elle porte encore, du côté de la rue, un écusson qui pourrait peut-être redire sa très curieuse histoire. Telle était, dans sa primitive étendue, la vieille ville de Saint-Malo, large seulement de trente-trois journaux et qui ne pouvait s'étendre qu'en empiétant sur la mer qui, alors, l'entourait de toutes parts. Or, cette étroite superficie constitua, jusqu'en 1708, toute la ville, ou plutôt toute l'île de Saint-Malo. De tous les côtés, en effet, la mer venait battre le pied de ses remparts. Quant au Sillon, il n'existait pas. Sur son emplacement actuel se trouvait seulement une sorte de langue de sable que le déluge de 709 avait épargnée et que la mer ne recouvrait guère que durant les grandes marées. Encore cette lingue de sable n'allait-elle pas tout à fait aboutir à la chaîne de nielles et de dunes sur lesquelles, plus tard, est venu se fonder Paramé. Entre elles et le commencement des dunes, dont les deux principales étaient la Hogue d'Aleth, appelée aujourd'hui la Hoguette, et le Tertre-au-Merle, devenu « la Montagne Saint-Joseph », il y avait un bras de mer, un pas, qu'on ne pouvait jamais franchir qu'en bateau. Ce fut seulement en l'année 1309 que l'île Saint-Jean de la Grille cessa d'être une île pour devenir une presqu'île. C'est, en effet, à cette année 1509 que remonte la création de la levée de terre artificielle qui fut édifiée entre Saint-Malo et qui, connue un long sillon s'étendant entre les deux pays, reçut le nom de « Sillon » Ainsi que nous l'avons dit, la ville de Saint-Malo, à quatre reprises différentes, recula son enceinte de murailles, afin de pouvoir respirer plus à l'aise. La première fois que, se sentant gênée dans ses entournures et trop à l'étroit dans son corselet de pierres, elle agit ainsi, ce fut en l'année 1708. Ce premier accroissement nous a donné tout le quartier Saint-Vincent. Avant 1708, en effet, c'est à la Croix du Fief que s'arrêtait le rempart, du côté Est, et c'est là même que se trouvait l'entrée principale de la ville, débouchant sur la Poissonnerie et la tour dite « de la Poissonnerie ». Là aussi, à l'endroit où se trouve aujourd'hui une statue de la Vierge, s'élevait une grande croix, la Croix du Fief, que les gens du quartier appellent parfois « la Croix du Fiel ». Cette croix s'appelait « la Croix du Fief » parce que tous les trois mois, au pied de cette croix, les gens de la prévôté ecclésiastique venaient avertir à son de trompe, après le dernier son de l'Angélus de midi, tous les tenanciers en roture de l'Evoque et du Chapitre, d'avoir à payer leurs redevances, sous les trois jours, si mieux n'aimaient voir leurs meubles vendus et leur personne emprisonnée pour encourir ensuite le bannissement, non seulement de la Ville, mais de tout le territoire relevant de la juridiction ecclésiastique. C'est aussi A cette porte de « la Croix du Fief » que le Mercredi-Saint de chaque année, le grand chanoine pénitencier, accompagné de son chapelain, de son enfant de choeur et de quatre massiers, se rendait en habit de choeur publier l'ordonnance qui prescrivait à tous les juifs et païens, sous peine du hart et du fouet, de déguerpir avant le premier son de l'Angélus, avec défense de rentrer avant le mercredi de Pâques, à midi. De telles gens, en effet, disait l'ordonnance, ne pouvaient souiller la ville de leur présence, pendant la Semaine-Sainte. 

 

 

En tous cas, c'est, on le voit, de tout l'emplacement existant entre la Croix du Fief et la Porte Saint-Vincent actuelle que s'accrut notre ville, en 1708, le nouveau rempart allant, en se dirigeant vers l'Ouest, aboutir A la Grand-Porte. Alors, en d'autres termes, quand, quittant le « Vieux-Quai », large d'environ dix mètres, on entrait en ville, on avait, A sa gauche, immédiatement, la Poissonnerie,et, A sa droite, la grande « Croix du Fief », plantée juste en face de la rue Jean de Châtillon. La rue Jean de Châtillon, avec ses beaux hôtels tout ciselés de fines sculptures, était la rue aristocratique. Elle bordait la mer et quand ses riches habitants ouvraient leurs pittoresques fenêtres aux grands vitraux coloriés, ils apercevaient à leurs pieds la jolie anse de « Mer Bonne » où, par un long canal creusé dans le granit, venaient s'abriter les galères élégantes et les barques de pêcheurs, contre les vents souillant du large. Au bout de la rue, et datant du XIIe siècle, s'élevait aussi, un vieux couvent de moines rouges, couvent alors complètement en ruines et dont, aujourd'hui, depuis bien longtemps, il ne subsiste plus une seule pierre. Après le premier agrandissement de St-Malo, sur une parcelle du terrain située derrière ce couvent et nouvellement englobée dans la ville, les Juifs et les Maures obtinrent permission de fonder un quartier. Ainsi, ils purent désormais habiter St-Malo, même durant la Semaine Sainte, et la rue où ils s'établirent conserva jusqu'à ces derniers temps le nom de « rue des Juifs, » nom qu'elle n'a abandonné que pour prendre celui de « rue Chateaubriand » Le second accroissement de St-Malo eut lieu en l'année 1714. Allant depuis la Hollande jusqu'à l'Eperon, c'est lui qui nous a donné tout le quartier do la Porte de Dinan. La ligne des anciens remparts, de ce côté de la ville, se trouvait, en effet, sur l'emplacement où existe aujourd'hui la rue d'Estrées. Dans cette portion de rempart disparue se trouvait, on le sait, un grand carré où l'on déposait le poussier et qui, pour cette raison, s'appelait « le Poussier carré ». Le troisième accroissement de St-Malo se place en l'année 1721 et s'étend depuis l'angle flanqué du bastion St-Louis, jusqu'à l'Eperon, auquel s'était arrêté le deuxième accroissement. Le second et le troisième accroissement de St-Malo nous donnèrent, en même temps que le rempart qui les borde, les quartiers de la rue de Dinan et de la rue de Toulouse. Grâce aux corsaires dont les fabuleuses fortunes étaient alors à leur apogée, ces quartiers se bâtirent comme par enchantement : ils se bâtirent de magnifiques hôtels aux colossales proportions, formant, avec les autres maisons plus anciennes, le plus étrange et le plus pittoresque contraste. Alors, c'est la deuxième métamorphose qui s'accomplit. La première physionomie de notre ville ne subsiste, en effet, que jusqu'en l'année 1661, année durant laquelle se place le fameux incendie qui, en l'espace de douze heures, détruisit deux cent quatre-vingt-sept maisons. Jusqu'alors, St-Malo n'était qu'un amas confus de maisonnettes dégringolant, au long de ruelles très escarpées, du haut en bas de notre rocher. Ces maisonnettes, construites en bois du Nord, couvertes en roseaux du marais de Dol, appelées « bedoues » et réunies les unes aux autres par des arcades et des voûtes, avaient absolument l'air, avec leurs entablements en saillie, d'un gros paquet d'allumettes très-inflammables, suivant la pittoresque définition de Vauban. Quand le paquet d'allumettes eut pris feu, et qu'il fut interdit aux Malouins de construire à l'avenir des maisons de bois, commença la deuxième métamorphose, le deuxième âge, l'âge de pierre, célèbre surtout par la construction des somptueux hôtels que nos ancêtres, A l'époque de la Course, se bâtirent autour de leurs remparts. 

 

 

Or, ces hôtels, au point de vue de la beauté, représentant, chez nous, sans conteste, le dessus du panier, semblent, aujourd'hui, avoir été bâtis, en quelque sorte, par un unique sentiment de vanité, afin de dissimuler tout le tohu-bohu, tout le bric-à-brac de masures qui constituaient surtout alors l'intérieur de la ville. « C'est comme dans les paquets d'asperges », disait le duc de Nemours, visitant St-Malo ; « les plus belles sont par dessus. » Quant au dernier accroissement de St-Malo, il eut lieu en l'année 1736. C'est lui qui nous donna le quartier St-Thomas et le rétablissement de la chaussée du Sillon. Commencés par Vauban et terminés par Garangeau, nos remparts, on le sait, furent, en grande partie, bâtis aux frais de la Ville, dont ils constituaient la propriété, et, pendant longtemps même, les seuls impôts qu'on payait à St-Malo étaient l'indemnité pour l'entretien des remparts et la nourriture des chiens du guet. Quant à la première enceinte de murailles, elle avait été, cela va de soi, entièrement, elle aussi, bâtie par la Ville. Cette première enceinte d'ailleurs, était assez primitive, s'il faut s'en rapporter A la description qu'en fait l'abbé Manet. « Cette clôture, » dit-il, « était assise sur le contour du » rocher, dont elle suivait exactement les divers zigzags et les diverses pentes et contre-pentes». Sa forme, par conséquent, était très bizarre, son élévation très inégale, et sa construction en simples moellons piqués grossièrement, trop faible en certains endroits. Des encorbellements en pierres, saillants en dehors et soutenant de distance en distance des latrines publiques, ajoutaient néanmoins quelque chose à sa mince épaisseur au niveau des chemins de ronde, et de mauvaises tourelles, dans le goût antique, étaient à peu près nulles pour sa défense...

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:56

 

 

 

Il était donc autrefois, il y a longtemps, bien longtemps, dans la Bretagne-Armorique, sur les bords d'une petite rivière appelée Penfeld, une paisible bourgade de pêcheurs, vivant de ce que lui procurait la mer, et à proximité d'un Castellum, premier point fortifié dans ces parages, qui ne fut d'abord qu'une simple citadelle isolée sur un promontoire, et qui portait à cette époque reculée le nom de Goesocribates. Cette citadelle était de création romaine... Peu à peu, et lorsque la bourgade commença à compter quelques maisons, les habitudes se modifièrent. La citadelle, ou le château autour duquel s'étaient groupés ces habitants s'appelait, ainsi que je l'ai dit plus haut, Goesocribates ; le port s'appelait Brivates-Portus, et la ville Ocismor. Suivant les uns, Brest viendrait du mot breton Breiz, qui signifie Bretagne. M. de Courcy pense que ce nom vient de Bec-Rest, -le bout du bots -en raison de la position de cette ville à l'extrémité de la forêt de Landerneau qui s'étendait jusqu'à la mer. Selon les autres, et Pierre Le Baud est de ce nombre, Brest viendrait de l'anagramme suivant :

 

Britannorum Regum Equorea Statio

 

par une légère altération de ce ae en e simple : aequorea statio -station maritime. Pendant bien longtemps cette station maritime des rois bretons, cette belle rade de Brest fut presque déserte, ce beau port fut un marais, cette ville un simple hameau, au-dessus duquel dominait seul un lourd château. Au XIIIe siècle, Brest ne pouvait pas encore s'appeler une ville, ce n'était qu'un village ayant un certain nombre de feux. La légende de Bretagne assure que le duc Conan de Mériadec, après avoir chassé toutes les garnisons romaines du pays de Léon acheva là construction du Château. Conan admira le port naturel, le golfe avec lequel il communique, le mulgul ou le détroit qui conduit à la mer, et la rivière de Landélorn, dont les rivages étaient couronnés de forêts. Il trouva cette situation si belle, qu'il ordonna de terminer les travaux commencés par les Romains. En 1064, Conan II, duc de Bretagne, appela sur ces rives une colonie d'ouvriers qui s'y établirent à demeure et pour lesquels il érigea une chapelle, mais il ne leur accorda aucun privilège autre que celui de se réfugier dans le château en cas de guerre. C'est de cette époque que le château de Brest compte parmi les principales places du duché.

 

 

Les Anglais et les Espagnols le convoitaient, De son côté, la Bretagne appréciait de quel intérêt était pour elle que cette forteresse qui pouvait donner accès sur son territoire, ne tombât pas un jour dans leurs mains, En 1239, fut signé le traité de Quimperlé qui le cédait en toute propriété à Jean II, le duc régnant. Profitant du désordre qui était dans les affaires de Hervé III, vicomte de Léon, il acheta de ce dissipateur le château de Brest qui ne lui coûta qu'une haquenée blanche et cent livres de rentes. Ce n'était vraiment pas cher. En 1341, le château de Brest prit une part active dans la querelle entre Blois et Montfort. En 1364, la France visait ouvertement à s'emparer de la Bretagne, Trop faible pour lui résister, Jean IV se ligua avec les Anglais et leur abandonna le château de Brest, à la charge par eux de le défendre et de le lui remettre à la paix, La forteresse de Brest resta sous le drapeau de l'Angleterre jusqu'en 1376. A la mort d'Edouard III, le château fut rendu au duc de Bretagne, mais deux ans après, sous les ordres de Thomas Percy, les Anglais prirent pour la deuxième fois possession du château-fort de Brest. A la signature de-la paix, le traité qui liait Jean IV à l'Angleterre n'avait plus sa raison d'être, cependant ce ne fut qu'après de longues négociations que Richard II consentit à remettre Brest aux délégués de la Bretagne. Cent ans plus tard, le roi de France s'était emparé de la plupart des places fortes de la Bretagne, mais Brest restait encore au duc et refusait de se soumettre Le vicomte de Rohan livra le château à Charles VIII. Le mariage de la duchesse Anne avec le roi de France mit un terme aux sanglants démêlés qui duraient depuis plus d'un siècle, Dom Morice appelait ce château le nid d'aigles, Jean IV l'avait entouré d'une ceinture de murailles en 1341 ; les Anglais l'augmentèrent d'une tour et d'un bastion en 1384 ; Sourdéac le rendit inaccessible du côté de la rivière en 1593; enfin, Vauban le répara en 1681, Située sur un rocher escarpé à l'entrée du port, cette forteresse a la forme d'un trapèze, Les cinq tours qui la composent sont :

 

La tour d'Azénor.

La tour de Brest.

La tour de César.

La tour de la Madeleine.

La tour des Anglais.

 

Entre la tour d'Azénor et le bastion de Sourdéac, on trouve le donjon : c'est là qu'étaient les appartements habités par les anciens gouverneurs. D'après une vieille chronique écrite en 1776, le château renfermait quelques logements pour les troupes, quelques magasins de peu de valeur, et enfin une église ou chapelle, qui était la paroisse de la ville. La tour du donjon était distribuée dans la forme suivante : la chapelle ducale, les salles d'honneur, cabinets, offices, caves, caveaux et généralement tout ce qui constitue un logement très analogue aux moeurs de ce temps éloigné. En arrivant par la place du Château, après avoir traversé un charmant square de date toute récente, on rencontre le portail. Ce portail a été construit en entier, en 1464, sous le duc François II, père de la duchesse Anne, La tour de César est ronde à l'extérieur et hexagone à.l'intérieur. Une petite tourelle à toit pointu surbaissé placé extérieurement, renferme l'escalier qui conduit aux divers étages, Son sommet est encore couronné de ses créneaux et mâchicoulis.

 

 

Par le chemin de ronde, en quittant la tour de César, on parvient à la magnifique plate-forme de la grosse tour de Brest, d'où l'on a le spectacle grandiose de la rade du port. Le sommet de la tour de Brest a été refait par Vauban, comme ceux des autres ouvrages, pour y mettre de l'artillerie de gros calibre, La longue courtine qui suit cette tour et forme un des grands côtés du trapèze, domine l'entrée du port, et conduit ait Donjon. Cette partie du château était autrefois séparée du reste de la fortification par un fossé large et profond ; sa porte à pont-levis en faisait une citadelle indépendante. Dans la grande enceinte, il y avait des maisons, de hauts arbres, etc. Aujourd'hui, le donjon se compose de trois tours; le donjon proprement dit, la tour du Midi; ou de la duchesse Anne, et la tour d'Azénor, Cette dernière tour, svelte et élancée avec sa couronne de machicoulis est aussi élégante que le nom qu'elle porte, Elle a d'ailleurs sa légende, et son nom lui vient de la belle Azénor, fille d'un prince de Léon, qui tenait sa cour à Brest, en 537. La tour où fut emprisonnée cette infortunée princesse a conservé son nom : c'est là tour Azénor, La tour du Midi se présente imposante avec ses vieux créneaux. C'est cette tour que la duchesse Anne habita quand elle vint à Brest en 1505, après avoir fait un pèlerinage au Folgoët. Aux pieds du château même, la rivière do Penfeld qui forme le port, partage là ville en deux parties ; l'une, sur la rive gauche, comprend la Ville de Brest et le château ; l'autre sur la rive droite se nomme Recouvrance, C'est l'ancien bourg Sainte Catherine. Cette partie de la ville a reçu le nom de Recouvrance, en mémoire de la chapelle de Notre-Dame de Recouvrance, fondée en 1346, par Jean de Montfort pour le retour ou la recouvrance, comme on disait autrefois pour recouvrement, des navires expédiés de Brest...

 

 

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 18:30

 

 

Joyeuse Garde

 

L'antique château où nous sommes était la demeure habituelle des princes du Léonais, rois, comtes et vicomtes, suivant le temps, suzerains ou vassaux. Du haut des tours qui s'élevaient à cent pieds au-dessus de ces débris, peu s'en fallait qu'ils n'embrassassent d'un seul regard toute l'étendue de leur empire. La Roche était le palais du prince, Landerneau la ville des gens de justice, des moines et des clercs, des marchands et des marins. Les antiquaires qui ont parlé de La Roche et de Landerneau, ont tout dit quand ils ont rapporté que le vrai nom de la ville est Lan-Ternok, de saint Terné ou Ternok qui y bâtit une chapelle ou un monastère, autour duquel des maisons vinrent se grouper; que, dans les temps modernes, cette ville était le chef-lieu de la baronnie de Léon, appartenant à la maison de Rohan. Quant au château, il reçut son nom de Roch-Morvan, en français La Roche-Maurice, de Morvan, prince du Léonais. Suivant la légende de saint Riek, longtemps avant, il y avait à la même place un autre château, bâti sans doute par les Romains. Lorsque le roi Bristok régnait à Brest, le prince Elhorn, d'après la même légende, était seigneur de La Roche. Dans ce temps-là, un dragon désolait la contrée. Le roi avait ordonné de tirer au sort, tous les samedis, le nom de la personne que le dragon devait dévorer. Elhorn avait vu tous les siens enlevés l'un après l'autre; il ne lui restait plus que sa femme et son fils Niok, dont le tour était arrivé. Dans son désespoir, le malheureux père se jeta d'une fenêtre de son château dans la rivière, qui s'appelait alors le Dourdoun ou le Dourdu, soit à cause de la profondeur de ses eaux, soit à raison de la couleur noire que leur donnait le reflet des rochers; mais il fut secouru à temps par deux pèlerins, Deventer et Derlen, qui revenaient de la Terre Sainte et qui délivrèrent le pays de l'horrible dragon. Depuis, la rivière se nomma l'Elhorn. Quelle que soit l'origine du nom que porte cette rivière, il n'en est pas en Bretagne dont les bords soient plus riants et les eaux plus limpides. Elle forme le joli port de Landerneau, qui n'a point reçu son nom d'un saint appelé Temok, auquel il ne nous est pas plus possible de croire qu'à une foule d'autres saints de la Bretagne. Le nom de Lan'Temok, comme celui de Lan'huon et tous ceux qui commencent par la syllabe Lan, se rapporte à l'établissement politique des Kimris.Du château de La Roche que nous n'avons pas quitté, vous apercevez un bois taillis que traverse la route de Landerneau à Brest. Ce bois est ce qui reste de l'ancienne forêt de Talamon, au bord de laquelle était une forteresse qui a existé jusqu'au XVIIe siècle; ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine. D'après certains antiquaires bretons, cette forteresse ne serait rien moins que le château de la Joyeuse-Garde, si célèbre dans les romans du Cycle d'Arthur. C'est là, disent-ils, que demeurait Lancelot du Lac, l'amant de la reine Genièvre, que la chevalerie prit naissance, que l'ordre de la Table-Ronde fut institué. Ces vieux murs furent témoins des amours de la blanche Iseult et du beau Tristan de Léonais. N'en déplaise aux antiquaires, cette prétention n'est fondée sur aucun titre. Les romans du Cycle d'Arthur, qui sont la seule autorité sur laquelle on puisse s'appuyer, n'ont jamais rien dit de pareil. Ce fut du XVe au XVIe siècle que, pour flatter la vanité des Rohan, on imagina de changer le nom de Castel gouelet forest (château au de la forêt ou près de la forêt), ou de Goy-Ia-forét comme l'appelle Froissart, en celui de Joyeuse-Garde, qui n'appartient point à ce château. C'est dans la Grande-Bretagne que les romanciers ont placé le château de Joyeuse-Garde, qu'Arthur établit l'ordre de la Table Ronde, et que Merlin vit enchanté dans la tombe où sa femme l'a enfermé. Mais ce qui est beaucoup plus vrai, c'est dans la petite Bretagne, dans le pays où nous sommes, que furent composés ces poëmes merveilleux, dont les héros, à la fois bardes et chevaliers, appartiennent presque tous au Léonais. Un prince de ce pays, le roi Méliadus (Meliau), «était l'homme du monde qui plus savait de harpe à cettui temps et qui mieux trouvait chants et notes. » Tristan, son fils, devint encore plus habile. Merlin l'avait prédit à Méliadus « qui se délectait à le voir, car c'était la plus belle créature de son âge qui fût en tout le monde. » Qu'on se rappelle les charmants couplets que Tristan apprenait ou chantait à la blonde Iseult, en parcourant les campagnes d'Albion avec elle :

 

« Bons lais de harpe vous appris,

Lais Bretons de notre pays. »

 

Comme on l'a vu dans notre introduction, la contrée connue depuis sous le nom de Basse-Bretagne, était alors le pays de la poésie et de la liberté. L'une et l'autre périrent sous le fer des Carlovingiens. C'est dans le Léonais que l'indépendance bretonne trouva ses derniers défenseurs. Morvan , qui passe pour le fondateur du château de La Roche, où nous sommes encore, osa s'affranchir du tribut, et braver la puissance de l'Empereur. Louis-le-Débonnaire lui envoya d'abord Witchaire, qui lui fit les promesses les plus brillantes pour l'engager à se reconnaître le vassal des Francs; mais la courageuse femme du prince breton lui conseilla de préférer la guerre à la honte. Il différa jusqu'au lendemain la réponse qu'attendait l'ambassadeur. Inspiré par sa noble femme, il dit alors à Witchaire : « Hate-toi de porter ces paroles à ton roi : les champs que je cultive ne sont pas à lui; je ne reconnais point son autorité. Qu'il gouverne les Francs; Morvan veille à la fidèle observation des lois parmi les Bretons, en se refusant à payer aucune espèce de cens et de tribut. Que les Francs osent déclarer la guerre, et sur le champ je pousserai moi-même le cri du combat »..

 

 

.Soumis au régime féodal, le pays perdit jusqu'au souvenir de son histoire. Le Léonais ne fut plus qu'un comté qui continua d'appartenir à la famille royale de Morvan. Un de ses descendants, Êven, surnommé le Grand, se distingua par la résistance qu'il opposa aux Normands. Il fut le fondateur de la ville de Lesneven qu'il fortifia, et dont le nom veut dire cour d’Ëven. Landerneau n'avait pas de murailles; mais il n'était qu'à une portée de canon des châteaux de La Roche et de La Foret. Les seigneurs de Léon répondirent avec empressement aux divers appels faits à la chrétienté pour délivrer la Palestine du joug des infidèles. L'un d'eux y mourut prisonnier. D'origine royale, il avaient l'humeur aventureuse et prodigue. Pour faire de l'argent, Hervé lll céda au duc Jean-le-Roux le château de Brest, qui était la plus importantelplace de son comté. Hervé IV vendit, un à un, au même prince, tous les domaines que son père lui avait laissés; quand il partit pour la croisade, il n'avait pour tout bien que son armure et son cheval. Sa fille, Anne de Léon, se trouva fort heureuse de recevoir l'hospitalité et la main de Prigent de Coetmen, vicomte de Tonquédec, dont elle n'eut pas d'enfants. En elle finit la branche aînée des princes de Léonais, qui s'éteignit dans les dernières années du XIIIe siècle. Ni Landerneau ni La Foret ne furent vendus; ils appartenaient à une branche cadette de Léon, dont le chef joua un rôle fort équivoque dans la lutte de Penthièvre et de Montfort. La ville de Landerneau n'y gagna autre chose que d'êtretour à tour pillée par l'un et l'autre parti. Au milieu du XIVe siècle, Jeanne de Léon, seul rejeton de la branche cadette, fut mariée au vicomte de Rohan, auquel elle porta la seigneurie de Landerneau et ce qui restait de biens à sa maison. C'est à cette alliance que les Rohan durent le titre de princes et de barons de Léon. Le sort de Landerneau pendant la ligue fut d'être, comme au temps de Montfort et de Charles de Blois, pillée par les deux partis ; on a surtout gardé le souvenir d'une expédition de Fontenelle, en 1592: telle était la condition des villes qui n'avaient point de murs. Les habitants de Landerneau ne demandaient qu'à vivre en paix ; les guerres de succession et de religion jetaient le trouble dans les opérations de leur commerce, qui était considérable. Leur principale industrie consistait dans la fabrication des toiles et des cuirs. lls recevaient du dehors les articles nécessaires à la consommation du pays; particulièrement les vins, que leur fournissait l'Espagne, à laquelle ils vendaient leurs tissus... 

 

 

 

Aristide Guilbert.  

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 06:56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 06:33

 

 

 
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 19:52

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