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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 14:46

 

 

Nous n'avons trouvé que les couples suivants : 1/1, 1/2, 1/3, 2/3, 2/4, 2/5. Il y a donc des monnaies qui associent un droit à légende longue avec un revers à légende courte, pièces en quelque sorte hybrides qui seraient frappées avec un coin de droit de Jean IV et un coin de revers de Jean V, évidemment au début du règne de celui-ci. Cependant la complexité des liaisons de coins retrouvées ne permet pas de penser à une succession chronologique simple : on a l'impression d'être en présence d'un certain nombre de coins utilisés en même temps et sans appariement préconçu. Le fait que les coins de droit à titulature longue ne sont employés que lors de la première émission n'a pas de véritable signification chronologique : Nantes et Vannes emploient la titulature courte pour la première émission également, et ce dernier atelier n'a jamais employé, semble-t-il, la titulature longue. L'abréviation des légendes, que Bigot présente comme une simple « remarque », se gardant bien d'en faire un argument pour justifier sa classification et ses attributions n'a pas de valeur signifiante; sans doute cette simplification a-t-elle été utilisée d'emblée par le graveur de Vannes et après la fabrication d'un certain nombre de coins par le graveur de Nantes, dans le seul but de faciliter leur tâche. Une autre hypothèse, assez séduisante, peut venir à l'esprit : celle qui consiste à attribuer à Jean V les florins à l'О pointé, en laissant à Jean IV tous les autres. Elle présente l'avantage de reposer sur l'absence ou la présence d'un signe particulier qui ne peut pas ne pas avoir de signification. Mais le changeur qui a rédigé le livre d'empirance qui nous a donné ce précieux renseignement nous a également appris que les pièces à l'О pointé étaient d'un titre inférieur à celui des autres : il faut donc voir dans ce signe particulier non pas l'indice d'un changement de règne, mais -ce qui est beaucoup plus conforme aux habitudes monétaires de l'époque -la marque d'un affaiblissement de la monnaie. Bien sûr, il est possible d'imaginer que cet affaiblissement a pu coïncider avec le changement de duc; mais rien n'empêche de penser qu'il soit survenu sous le règne de Jean IV, qui aurait frappé aux deux titres et son successeur au seul titre affaibli, ni de croire qu'il ait été décidé au cours du règne de Jean V, auquel cas son père n'aurait frappé qu'aux bonnes conditions, et lui même aux deux titres différents. Rien ne permet d'éliminer l'une ou l'autre de ces trois hypothèses, s'il est bien prouvé que Jean IV et Jean V ont frappé l'un et l'autre cette monnaie d'or. Car c'est bien là qu'est le problème; il est curieux qu'aucun auteur ne se soit penché sur cet aspect de la question : il a été implicitement admis par Bigot et par ses successeurs que cette monnaie a été frappée par les deux ducs Jean, sans que l'un ou l'autre de ces érudits numismates ne cherche à prouver ce qui n'est après tout qu'une hypothèse. Sans doute ont-ils été induits en erreur par le texte suivant, dont la date ne doit pas être prise à la lettre : « Le 17e jour de septembre 1374, la monnaie cy après déclarée avoit cours en la duché de Bretaigne. Portraict des monnoyes de Bretaigne ausquelles fui donné cours, en attendant la monnoye ordonnée estre faicte par led. sr. Roy, en laquelle la légende auroil seullemenl ces mots : Moneta Britanniae au lieu de Johannes dux Britanniae, et fut ordonné que, incontinent que lad. nouvelle monnoye le pais seroit remply, la vieille précédente monnoye cy après portraicte, seroit descriée et mise au feu pour billon, le tout ainsi que s'ensuit : Bretons d'or à 22 caratz et demy, de deux deniers 6 grains de poids chacune pièce, valiant 14 s. 3 d. tz.

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Published by poudouvre
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