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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 12:30

 

Le château de Guémadeuc, dont l'emplacement se distingue à peine, au bord de mer, a soutenu pusieurs sièges (Ogée).Ce château n'était pas fort, plusieurs fois il fut brûlé par les Anglais et plusieurs fois les seigneurs de Guémadeuc furent contraints de déloger de se retirer dans leurs autres maisons. La ligue fut une source de malheurs pour la maison de Guémadeuc encore plus que pour bien d'autres gentilhommes. En effet, en 1591, le baron de Guémadeuc périt pour la cause du roi...et moins d'un an après, en 1592, son château, que défendaient plusieurs gentilhommes du pays, fut pris par les Malouins et détruit de font en comble. Piré rapporte ainsi cet évènement : Au mois d'Avril, le lendemain de Pâques, le matquis de Chanfrain ayant obtenu des Malouins deux gros canons avec tout l'attirail nécessaire de Saint-Malo, au hâvre de Dahouët, où il se réunit au capitaine Roy qui commandait Lamballe. Le Guémadeuc fut aussitôt canonné, et bientôt il y eut une brèche suffisante pour que l'on pût brusquer un assaut. Prévoyant qu'ils ne pourraient défendre avec avantage cette partie du château, les assiégés y mirent le feu au moyen de matières combustibles préparées à l'avance, et ils se retitèrent dans un autre corps-de-logis où ils s'étaient retranchés. Ils y firent trois heures de résistance après quoi ils se rendirent. Quelques pierres amoncelées au milieu d'un pré, voilà tout ce qui reste aujourd'hui de Guémadeuc. Notes laissées par Mr. Habasque en 1836. La salle polyvalente de Pléneuf occupe à présent l'endroit. 

 

 

 

 

 

 

Rolland Ier Madeuc Chevalier Seigneur du Guémadeuc en la parroisse de Pléneuf Diocèse de St. Brieuc l'an 1300 épousa suivant plusieurs Memoires Alix Bertran, dite de Briquebec.

 

 

 

 

Roland II Madeuc son fils Seig. du Guémadeuc l'an 1327. & 1330. eut pour femme Marguerite fille de Hervé Sire de Penhouët, & d'Anne du Chastel.

 

 

 

 

Roland III Seig. Du Guémadeuc l'an 1352 & 1380 leur fils s'allia avec Jeanne fille puisnée de Jean Seig. de Combour, & sœur de Jeanne Dame de Combour, femme de Jean Sire de Chasteaugiron & de Malestroit : Il eut d'elle  (voir La seigneurie de Dol - Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay )

 

 

 

 

 

Roland IV Madeuc Chevalier S. du Guémadeuc, qui épousa 1° Marie Goyon fille de Bertrand Seig. de Matignon, & de Jeanne de Rieux 2° Marguerite de Kerrimel, fille de Geofroy Mareschal de Bretagne, & d'Adelice de Launay, laquelle se remaria à Geofroy S. de Coetrevan, & en eut des enfans : Mes Memoires portent que Clemence Madeuc femme de Guillame Budes Seig. du Hirel estoit du premier lit, mais je croy que Roland Madeuc V. du Nom, fils du dit Roland, estoit issu du second, ou bien je revoquerois en doute le Mariage de Roland VI avec Ysabeau Goyon ; parce qu'elle auroit eté sa cousine germaine, & que ce n'étoit guéres la coutume alors contracter des Alliances si proches

 

 

 

 

Roland V. Seig, du Guémadeuc l'an 1400 & 1420 epousa en 1ere nopces Jeanne du Parc Dame de Launay, & de Crenoles. Il en eut Roland & Sibille, femme sans enfans de Geofroy Pean Seig. de la Roche Jagu & Jeane Madeuc femme de Jean du Chastelier S. Branxian (voir La famille du Chastelier en Eréac - histoire de Lanrelas, page n° 9 ), &. dont Catherine femme de Jean de Villeblanche S. du Plessis-balisson (voir La châtellenie du Plessix-Balisson par l'abbé Auguste Lemasson, page n° 1), & mere de Françoise, de laquelle & de Guy sire d'Espinay (voir La Maison de la famille d'Espinay, présentée par du-Paz, page n° 1), sont décendus les Marquis d'Espinay, le Mareschal de Schomberg, la Princesse de Guemené Duchesse de Montbason, & La seconde femme de Roland fut Honorée de Montbourcher, fille d'Alain & de Jeane le Voyer, Dame de la Tourniole, de la Vigne & de Lestourbillonnaye, ils vivoient ensemble l'an 1415 & eurent de leur mariage charles Madeuc, qui a fait la Branche de la Tourniole, Regnaut S. de Lestourbillonaye, mort l'an 1404. Brient & Bonabes morts sans enfants, & Marguerite femme de Bertrand Goyon, Seig. de Launay, dont est issu le Marquis de la Moussaye (voir Le château de la Roche Jagu en Ploëzal - Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs)

 

 

 

 

Roland VI Madeuc Seig. du Guémadeuc l'an 1430 & 1460 Chambellan du Duc de Bretagne, se maria avec Isabeau ou Jeane Goyon fille de Jean Seig de Matignon & de Marguerite de Mauny, leurs enfans furent Roland, Constance alliée 1° à Pierre Seig. de Kermené 2° à Guillaume de Coetlogon Seig. de Lescouet, & Marie Madeuc femme de Jean Sei.de s. Meloir, de la Gree &  Langourjant, & mere de Jean, de laquelle & d'Affain d'Avaleuc sortit Jeane d'Avaleuc femme de Christophle Seig. de Denoual.

 

 

 

 

Roland VII Madeuc Seig. du Guémadeuc, & épousa Catherine, fille de Pierre VIII. Seig. de Rostrenen & de Jeanne de Guerneur Dame du Ponthou, il eut d'elle Roland, Marguerite & Aliette, Marguerite Madeuc, eut une sœur du même nom, mariée à Géofroy de Quellenec, Seig. de Bienassis  ; & d'eux sont issus les Seigneurs de la Goubelaye,de Delien, & du Hilliguit, ou bien elle fut mariéc trois fois ; car il paroist par le Contract de Mariage de Bertrand Budes que Marguerite Madeuc epousa Jean le Voyer, Seig. de la Corniliere & du Coedic, & apres luy Messire Olivier de la Felle, S. de Guébriant, & qu'elle fut mère de Jeane le Voyer femme de Jean le Bouteiller mère de Marguerite, morte sans enfans, de Catherine le Voyer, Dame de la Cornilliere, femme de Jacques le Felle Seig. de Guébriant Chevalier, fils d'un premier mariage dudit Olivier, & de Françoise le Voyer, Dame du Coedic femme dudit Bertrand Budes, & Trisayeulle du Mareschal de Guébriant, qui par ce moyen décendoit deux fois de la Maifon du Guémadeuc. Aliette Madeuc épousa Jean S. de Liscoet. 

(voir Le château de Rostrenen et ses possesseurs par M. Habasque (extrait de l'Annuaire des Côtes du Nord )

 

 

 

Roland VIII Madeuc Seig. du Guémadeuc, prit alliance avec Perronelle fille de Jean Sire de Coetquen (voir La maison de Coëtquen), & de Jaquemine Tournemine, dont Jacques, François Madeuc qui fit la branche du Vaumadeuc, issuë de luy & de Madelaine de la Croix, Dame de la Parvile parroisse de Plerin Evéché de Sainct Brieuc, à laquelle il donna le nom du Vaumadeuc. Comme je ne fuis pas assez informé de sa postérité, je craindrois de me tromper dans la suite que j'en donnerois, que je laisse à traiter à ceux qui en aurent plus de conoissance. René Prothenotaire, & Jaquemine, de laquelle, & de Alain S. du Cambout, est issue la Maison du Cambout

 

 

 

 

Jacques Ier Seig. du Guemadeuc, dont il prit le nom, épousa Françoise fille & héritière de Jean Seig. de Trevecar, de Beaulieu & du Verger, Vicomte de Rezé, & en eut Jacques 2. Georges du Guémadeuc, Abbé de Saint Jegu (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1), François Seig. de Beaulieu & de Sereac, marié à Jeanne Gastinel Dame de la Mottealement ; de laquelle il eut dix filles, desquelles six furent Religieuses, & d'autres mariées aux Maisons de Beauregard, le Moine, de Salaran, & de Chavaignes, Perronelle du Guémadeuc sœur dudit François, épousa 1° Bertrand Ferré Seig. de la Ville es blancs Jean de Guigny S. de la Garoulaye. Jeanne fut aliee à Olivier de Lanvaux Seig. de Beaulieu & du Matz, & Catherine épousa Jean de Quellence Seig. de Bienassis, qui en eut un fils mort sans enfans, & se remaria à Jeame de Lesongar Dame de Protencas & du Hilliguit, de laquelle il eut des enfans.

 (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n° 2)

 

 

 

 

Jacques II seig. du Guémadeuc, Trevecar, Launay-Madeuc,Crenoles, & Vicomte de Rezé, épousa Madeleine du Chastellier 2, fille de François Vicomte de Pommerit, Baron de Marcé, & de Jeanne de Rohan fille de Louis Seig. de Guemené,& de Louise fille de François Sire de Rieux, & de Jeanne fille d'Alain Seig. de Rohan, & de Margueritte fille de Jean V Duc de Bretagne, & de Jeanne de Navarre depuis Reine d'Angleterre. D'eux naquirent François & Catherine femme d'Amaury Gouyon Seig. de la Moussaye, & d'eux est et descend le Marquis de la Moussaye (voir Memoire de René, sire de Rieux, Prince de la Maison de Bretagne, marquis d'Ouessant, Présenté au Roy la Généalogie de íà Maison. 1710- extraits 

 

 

 

 

François seig. du Guémadeuc, mal nommé Thomas par du Paz, Vicomte de Rezé Baron dc Bleddac, & grand Escuier, hereditaire de Bretagne, mourut l'an 1574. il fut marié deux fois 1° Margueritte, Dame de Quebriac Blossac,& fille de Thomas & de Claude de Guité, fiile de Guillaume & de Jeanne de Tréal, & de Bodegat; & de Marie de Ramé Dame de Vigneu, & de Bleheber fille de Jean & de Jeanne de Rohan issuë de Marguerite Budes 2° à Helene de la chappelle Dame de Beusves, de Pledran, de Limoelan, de Tretone, du Cleio, la Villeheliou, Saint Melene, Lanjovan, Kerraoet, Anguignac, le Plessix-melle, Sennone & Antrehais, fille de Jean Seig. de Beusves, & de Marguerite Dame de Kerfalio. Du 1er. lit sortirent Thomas & Georges Seig. de Trevecar & de Beaulieu, marié à Suzane de Sevigné Dame de Cadoudal, de Beaurepere & du Chastelet. Du 2e. Lit sortit Jane du Guémadeuc, Dame de Beusves & de toutes les terres cy-dessus.mariee 1° à Touffaints de Beaumanoir Vicomte du Besso, Baron du Pont & de Rostrenan 2° à Renaut Seig. de la Marzeliere qui n 'en eut point d'enfans. Helene de Beaumanoir fa fille unique, mourut sans posterité du Baron de la Hunaudaye, & de Charles de Cossé Marquis d'Acigné. (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1)

 

 

 

 

Thomas Seig. du Guémadeuc, & de Quebriac, & Vicomte de Rezé, Baron de Blossac, & grand Escuier de Bretagne, épousa Jacquemine de Beaumanoir, fille de Jacques Vicomte du Besso (voir La vicomté du Besso à Saint-André-des-Eaux& de Jeanne du Quellenec sa seconde femme, dont Toussaint Seig. du Guémadeuc mort sans enfans.Thomas, Marguerite épousa 1° le S. de la Charroniere 2°. Charles de Roncherolles Baron de Hugueville, Jaquemine épousa René du Breil Seig. de Pontbriant & du Pin. Suzanne du Guémadeuc mariee 1°. à François de seig. de Kerfauson, dont René seig. de Kefauson, tué au siege de St. Omer, l'an 1638. 2° à.Alain Parcevaux S. de Mefarnou, dont Françoise Dame de Mefarnou, femme de René Barbier, Marquis de Ketian, 3° à Jean de Kerlivet sans enfans.

 

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 14:02

 

 

 

Rennes, étoile rouge le Parlement, étoile bleue les Cordeliers

 

 

A Rennes, le 26 janvier 1789, à 8 heures du matin, sur le Champ Montmorin, l'actuel Champ de Mars, se rassemble une foule de six cents à quinze cents personnes, selon les témoignages ; il y avait là une majorité de domestiques et de ces gagne-petits qui durant la tenue des Etats se muaient en porteurs de chaises. La veille, des billets avaient couru la ville convoquant artisans et ouvriers à protester contre le prix du pain ; on avait distribué de l'argent pour stimuler les bonnes volontés. Quelques jours avant une pétition avait déjà circulé dénonçant l'égoïsme de la municipalité bourgeoise et réclamant le maintien de la Constitution bretonne : car le problème est là, la chèreté du pain n'est qu'un prétexte, le véritable enjeu est politique. Depuis l'ouverture de la session le 29 décembre 1788, les Etats de Bretagne sont paralysés par la résistance passive des 54 députés du Tiers qui ne veulent pas délibérer avant que les deux autres ordres ne leur aient accordé le doublement de leur députation, le vote par tête et une réforme fiscale. Les privilégiés s'y refusent, le comte de Thiard, commandant militaire de la Province, suspendit les séances jusqu'au 3 février, mais les 951 représentants de la noblesse occupent les lieux et refusent d'obtempérer à ce qu'ils jugent être un abus de pouvoir et une victoire pour le Tiers. Le Bastion, surtout, dénonce les prétentions des bourgeois, leur alliance avec les commissaires du roi pour abattre les privilèges de la province, il s'irrite des bravades des Etudiants en Droit et des Jeunes Gens 9è Rennes qui ont manifesté aux Etats et obligé les modérés du Tiers à se conformer aux consignes des « Patriotes ». Pour affaiblir la solidarité de ses adversaires, cette faction de la Noblesse va donc s'efforcer de soulever le petit peuple contre le « Haut Tiers » et dès le début de janvier 1789, le chevalier de Guer dans sa lettre au peuple de Rennes dénonce les inégalités de la capitation et la manipulation des tarifs d'octroi, au bénéfice de l'oligarchie municipale. Mais les étudiants en Droit, passant de l'action directe à l'affirmation des principes, les exposent dans leur déclaration du 18 janvier 1789. Ils rejettent les allêgations du chevalier, réaffirment l'union du Tiers face aux aristocrates et apparaissent ainsi, sous la conduite de leur prévôt, le futur général Moreau, comme l'aile militante du parti patriote à Rennes. Il s'agit alors, pour le Bastion, d'infirmer dans les faits cette solidarité de principe et de démontrer que les soi-disant « Patriotes » du Tiers ne sont qu'une minorité plus turbulente que réellement puissante et de surcroît désavouée par le menu peuple. Le 26 janvier, donc, quand la foule fut rassemblée, Helaudais, portier à la Commission intermédiaire des Etats de Bretagne, grimpa sur une caisse, lut un mémoire réclamant la baisse du pain, demanda si l'on voulait changer la Constitution qui avait fait leur bonheur et proposa d'aller au Parlement porter leurs plaintes, qu'on les y attendait. Au palais, trois magistrats reçurent le placet et promirent de faire baisser le prix du pain sous les acclamations de la foule. Mais au moment de la dispersion, des heurts se produisirent au bas de la place entre les manifestants et des étudiants en droit qui s'étaient trouvés là, sur le seuil du café de l'Union, leur quartier général. Les rapports n'étaient pas excellents entre étudiants et gens de livrée. Les domestiques essuyaient souvent les sarcasmes destinés aux maîtres et partageaient donc l'animosité des aristocrates contre ces jeunes robins dont les prétentions méritaient bien une leçon. Un tas de bûches fournit des armes aux valets qui semblent s'être livrés à une véritable chasse à l'homme dans le centre de la ville et avoir frappé tous ceux que leur visage juvénile et leur mise désignaient comme de possibles étudiants. Du coup les jeunes gens s'arment et appellent à l'aide la Province. Elle dénonce « la déclaration de l'ordre de la Noblesse rendue publique et traduite même en langue bretonne... (qui) tend évidemment à soulever le peuple contre ses légitimes représentants et à semer la division dans l'ordre le plus nombreux et le plus utile à l'Etat... ». « ... considérant que la lettre du Chevalier de (hier est également insidieuse par la distinction qu'il établit entre le peuple et le bourgeois, distinction démentie par les assemblées qui ont eu lieu jusqu'ici ». la jeunesse des villes voisines, ainsi Omnes Omnibus, un graveur qui était des leurs, par aussitôt pour Nantes réclamer des secours. Le lendemain les jeunes « Patriotes » rennais dénoncent partout la Saint-Barthélémy du Tiers et les Nobles de leur côté se font porter des fusils au couvent des Cordeliers où se tenaient les Etats, toujours sur cette même place du Palais. Les esprits s'échauffent, le Tiers réclame la punition des responsables de la veille, mais ni le comte de Thiard, ni le Parlement ne bougent. Vers 3 heures, dans l'après-midi du 27 janvier, un ouvrier teinturier arrive, blessé à la main, au café de l'Union : on l'avait vu le matin à la faculté de Droit et des valets venaient de l'assaillir sur le Mail. Les jeunes gens se précipitent alors vers le Palais pour réclamer justice ; M. de Melesse, chef de la maréchaussée, les arrête et parlemente avec eux. Mais des Cordeliers surgissent brusquement une vingtaine de nobles, l'épée ou le pistolet à la main, ils tirent et le combat s'engage avec les jeunes gens. Des renforts arrivent des deux côtés et l'on ferraille bientôt sur toute la place tandis que claquent des coups de pistolets et de carabines ; le magasin de la milice est pillé par les jeunes gens qui s'emparent de 133 fusils, la plupart sans chien d'ailleurs. Le sang coule, outre une soixantaine de blessés, un garçon boucher et deux jeunes aristocrates restent sur le pavé : Saint Riveul et Guéhéneuc de Boishüe . Les combats durèrent jusqu'au soir et la noblesse s'enferma dans les Cordeliers, s'attendant au pire et divisée quant à l'opportunité de toute cette affaire. Le lendemain matin quatre cents grenadiers et chasseurs viennent prendre position sur la place du Palais et M. de Thiard va pouvoir s'efforcer de calmer les esprits et négocier une trêve malgré l'arrivée des contingents envoyés par les jeunes gens de Nantes et Saint-Malo. La Correspondance de M. de la Bellangerais, la lecture des registres de délibération des principales villes de Bretagne expriment bien le retentissement qu'ont pu avoir, dans l'opinion de la Province et même dans la capitale, les événements de Rennes. En Bretagne la période électorale qui commence va en être profondément marquée : l'aristocratie cherchant à se justifier et même à se venger, le Tiers à la fois sur le qui-vive et bien décidé à exploiter à fond la faute politique commise par ses adversaires

 

R. Dupuis Contre-Révolution et radicalisulion : les conséquences de la journée des Bricoles à Rennes, 26 et 27 janvier 1789.

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 05:22

2.3. La position marginale du commerce : la tradition occultée

 

 

 

 

Les institutions du commerce, chambres du commerce ou général du commerce, ont tendance à jouer une partition particulière. Certes, elles n'adoptent pas toujours la même démarche. Mais il semble que, le plus souvent, elles se préoccupent relativement peu des aspects provinciaux. Cette tonalité est donnée par la ville qui se considère et est considérée par d'autres comme la principale ville commerçante de la province : Nantes, dont le général du commerce admet parfaitement qu'il s'est délibérément marginalisé par rapport au Tiers État dans les événements du second semestre 1788. Dès qu'il est question d'États généraux, le commerce nantais décide d'envisager la situation à l'échelon national. En juillet, il adresse des circulaires aux grandes villes du royaume, à l'effet d'organiser l'action à venir. L'objectif est simple : obtenir du ministère un réaménagement de la représentation du Tiers aux États généraux. Le négoce de Lorient est parfaitement d'accord pour investir son homologue nantais de tout pouvoir d'initiative. Le 20 septembre, le commerce nantais suggère aux grandes places négociantes du royaume de lancer une offensive auprès du gouvernement pour obtenir deux députés pour chacune d'elles aux États généraux : « la réclamation étant générale, elle en sera plus favorablement accueillie ». Très évidemment, il fait fi du système traditionnel qui imposait d'en passer par les États de Bretagne, et cela en toute conscience : « II nous paraîtrait y avoir des inconvénients à faire des démarches auprès des États de Bretagne pour les instruire du parti que nous avons pris », écrit-il, le 19-10-88, aux prieurs et consuls de Saint-Malo. Les Malouins admettent le procédé : le 25 octobre, ils adressent au roi leur requête pour obtenir un député négociant aux États généraux. Dans un premier temps, les Rennais semblent réticents à court-circuiter lès États provinciaux ; mais ils franchissent le pas, le 17 novembre La préoccupation très vive d'obtenir une représentation nationale n'empêche pas les négociants de s'intéresser aussi au niveau provincial à l'effet d'avoir une satisfaction identique. Ils comptent sur la prochaine session des États de Bretagne pour agir en ce sens et se faire réserver des sièges dans l'institution provinciale. Malgré tout, on peut admettre que les négociants bretons sont animés d'un esprit provincial assez faible.

 

2.4. La position des aristocrates : la tradition incontournable

 

 

II n'y a pas lieu de s'arrêter longuement sur cette position, qui demeure constante et nous ne chercherons pas à être exhaustifs. Le parti aristocrate n'entend pas céder un pouce de terrain. Il est amené à combattre à un double niveau : provincial, puisque le Tiers -qui n'est pas uniformément patriote - a entamé en octobre 1788 une véritable campagne pour remodeler les États généraux de Bretagne ; et national, surtout à partir du moment où l'on connaît les choix du roi pour les États généraux, par le résultat du Conseil du 27 décembre. Dans cette lutte contre le virus dauphinois, les institutions de la province sont des armes essentielles. Le parlement de Bretagne se fait remarquer par quelques mesures spectaculaires. Au moment de reprendre son service, le 11-10-88, tout en enregistrant la déclaration qui liquide la réforme Lamoignon, il demande que les États généraux soient réunis dans les formes légales et constitutionnelles, donc selon la tradition. Il essaie de paralyser le parti adverse au nom de la protection de la constitution bretonne : il entend empêcher tout écrit, toute assemblée qui, d'une façon ou d'une autre, a pour objectif de remettre en cause le statu quo. Cela donne deux arrêts remarquables. Le 18 novembre, le parlement ordonne la suppression d'une requête aux officiers municipaux de Nantes « en ce qu'il résulte de ladite requête que des changements pourraient être faits à la constitution de la province, sans le concours des trois ordres : fait défense de la vendre, colporter et distribuer... ». L'arrêt du 8-1-89 condamne trois imprimés et fait défense à tous citoyens de former des assemblées autres que celles autorisées par les ordonnances, arrêts et règlements. L'un des considérants est très intéressant, car il renvoie à une démarche que nous avons évoquée, il y a peu. Voici le début de l'arrêt : « La cour, toutes chambres assemblées, considérant que l'effervescence dangereuse qui se propage de plus en plus dans la province et qui menace la sûreté des personnes et des propriétés, a eu pour principe les assemblées de gens inconsidérés ou pervers qui, sans aucun caractère, se sont permis d'attaquer la constitution de l'État et celle de la province ; qu'en invitant le peuple des villes et celui des campagnes à s'occuper des principes de droit public, en ramenant toutes les idées au seul droit naturel, droit nécessairement modifié dans les sociétés humaines ; en rappelant tout à une égalité qui n'existe point dans la nature... ». Le parlement n'exagère pas sur l'effervescence. C'est l'époque de la session avortée des États de Bretagne. Celle-ci est l'occasion pour les deux ordres privilégiés de la province d'exprimer avec beaucoup de solennité leur position. Il le font tantôt séparément, tantôt conjointement. La prise de position la plus spectaculaire de la noblesse, qui a valeur d'entraînement pour le clergé, est «de ne jamais consentir aucun changement dans la constitution de la province, de ne participer à aucune assemblée, aucune administration par laquelle on voudrait remplacer les États ». Le haut clergé suit en des termes très proches. Quelques jours plus tard, le 12 janvier, dans une protestation plus circonstanciée, la noblesse réaffirme sa détermination à n'accepter de modification qui ne soit le fait des États eux-mêmes. A la veille de se séparer, le 27 janvier, les deux ordres mettent un point final à leur copie en condamnant à la fois le résultat du Conseil du 27 décembre et le règlement royal du 20 janvier, subversifs l'un de la constitution de la monarchie, l'autre de la constitution bretonne. Et ils font un extrait raisonné de cette séance, dans lequel ils laissent entendre qu'ils n'ont jamais été hostiles à l'accroissement du nombre des députés du Tiers. L'ouverture est par trop modeste pour provoquer un changement de situation. Le ministère le comprend bien et adopte, le 16 mars, un règlement spécial à la Bretagne pour la convocation des États généraux. Le règlement rompt avec la tradition, sans aligner complètement la province sur le reste du royaume. Les ordres privilégiés ont perdu la première manche. Extrait de Patriotisme et provincialisme en Bretagne (1788-1790) Yvon Le Gall

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 17:56

2.2. La position des patriotes : la tradition amendable

 

 

 

C'est surtout sur les patriotes qu'il convient de s'arrêter, car on devine ce que sera la comportement de l'autre camp. Les patriotes se trouvent dans une situation délicate. Ils sont pris dans une contradiction. Ils ne peuvent accepter le maintien du système traditionnel qui les laisserait sans voix. Mais s'ils demandent une modification aux règles en vigueur, ne risquent-ils pas de faire régresser les privilèges de la province auxquels chacun pense que beaucoup sont attachés? Comment tourner l'obstacle? Les données de la remise en cause du système traditionnel ne sont mises en place que progressivement, quoique dans un laps de temps relativement court : entre la fin octobre et la fin décembre, où l'essentiel est désormais fixé dans un document célèbre à l'époque, les délibérations du Tiers État breton réuni à Rennes du 22 au 27 décembre. Pendant ces deux mois, il y a une partie de bras de fer entre les tendances plus ou moins avancées du Tiers. Et ce sont les plus audacieuses qui l'emportent. Les arrêtés pris en janvier et en février ajoutent relativement peu. Les revendications du Tiers bouleversent effectivement l'organisation des États de Bretagne, puisqu'elles consistent à donner au troisième ordre une place plus convenable : doublement, vote par tête, réservation de la députation aux membres de l'ordre, mais aussi accès du bas clergé aux États, etc. Évidemment, tout cela ne saurait être isolé du contexte national. Les écrits circulent mieux que jamais et l'on sait que les projets fleurissent. Les événements dauphinois ne sont pas oubliés:n'offrent-ils pas une solution rêvée ? Malheureusement, le miracle dauphinois ne se reproduit pas en terre bretonne. La noblesse et le haut clergé campent sur leurs positions. Et le problème reste entier : comment concilier ces revendications avec les traditions bretonnes ? Il faut bien admettre que la plupart des délibérations et des prises de position ne paraissent pas s'en préoccuper. Le plus souvent, les revendications sont présentées sans qu'il soit fait la moindre allusion aux traditions bretonnes. Cela ne signifie pas qu'on n'y pense point, mais peut-être qu'on n'a pas su trouver la démarche adéquate. Il arrive quand même que la question soit posée, et ce dans deux optiques différentes. - Dans la première, il s'agit de modérer l'évolution, d'empêcher les choses d'aller trop loin. Cela apparaît dans les délibérations de certaines municipalités urbaines, parfois importantes.

 

 

 

 

En voici quelques exemples. Le plus célèbre est sans doute la délibération de la municipalité de Rennes du 24-11-1788. Alors que le mouvement est enclenché depuis un mois par ses propres soins, la municipalité rennaise persiste à ne pas demander le vote par tête (doléance fondamentale). Elle s'en justifie ainsi : « L'Assemblée, pour prévenir toute induction défavorable à son attachement et à son respect pour tout ce qui tient à la constitution de la province, déclare reconnaître que le droit de la nation est de voter aux États de la province par ordre et non par tête. » Ce faisant, elle est en retrait par rapport aux assemblées de paroisses et de corporation. La situation est identique à Nantes, à Guingamp, à Saint-Malo. La radicalisation du mouvement contraint en général les réticents à s'aligner sur les mots d'ordre qui gagnent du terrain. Par contre Guingamp persiste. - Dans la seconde, il s'agit d'éliminer les entraves à la réforme des institutions. Il faut justifier la démarche et le fond. La démarche, parce que pour obtenir satisfaction, les patriotes s'adressent au roi. N'est-ce pas en contradiction flagrante avec la nature contractuelle des privilèges ? La réponse est simple : le recours au roi répond à une nécessité. Nécessité parce que l'affaire doit être décidée avant la tenue des États provinciaux prochains ; et parce qu'il est le seul qui puisse apporter une solution : dans quelques adresses, proclamations ou délibérations, le roi apparaît comme l'incarnation du progressisme face aux forces réactionnaires coalisées que sont la noblesse bretonne et le parlement. Dans un court papier de 1788 adressé à la noblesse, un auteur anonyme met très bien les choses au point en deux propositions. « Le Tiers aurait dû, selon vous, s'adresser aux États provinciaux pour demander le redressement de ses griefs. Cette manière de raisonner est vraiment nouvelle. Je me plains d'être lésé par un tribunal ; je me plains que ce tribunal, par sa composition même, sera intéressé à persister dans son injustice ; et vous vous obstinez à me renvoyer par-devant ce tribunal qui deviendra juge et partie ». Selon vous, « le Tiers ne peut adresser ses doléances au souverain parce que ni le roi ni les États généraux n'ont le droit de changer la constitution de la Bretagne. Mais messieurs, permettez-moi de vous dire que vous dénaturez entièrement l'état de la question : ce n'est pas le roi, ce ne sont pas les États généraux, mais ce sont les Bretons eux-mêmes qui veulent changer cette constitution, qui pèse sur eux ; c'est la partie la plus nombreuse, la plus riche, la plus forte, la plus intéressante, qui demande une autre forme d'administration. Elle ne veut point faire usage de sa force pour réformer une constitution qui l'entrave. Elle prend le moyen le plus sage, le plus doux, le plus légal, qui est le recours au Souverain ». La démarche est indissociable du fond. Au fond, la façon la plus radicale de régler la question est de dire qu'on a affaire à un « fantoche de constitution ». C'est ce qu'ont l'air de se permettre certains ecclésiastiques du second ordre. Les habitants de Saint-Germain-du-Pinel (subdélégation de Vitré) sont bien proches quand ils évoquent cette « prétendue constitution de la province » qui « peut d'autant moins être opposée au peuple des campagnes qu'elle n'a jamais été consentie par lui ». Ils terminent leur délibération sur un thème qu'on retrouve ailleurs : « que d'ailleurs on ne prescrit point contre les droits sacrés du peuple, parce qu'ils sont ceux de l'humanité qu'aucune possession contraire ne peut anéantir ». Il convient de ruiner l'arme favorite de la noblesse : le temps. Il va sans dire que l'idée d'imprescriptibilité a été soufflée aux ruraux par quelques avocats. Les habitants de Saint-Rieul (subdélégation de Lamballe) ne s'en cachent pas quand ils reprennent l'argument à leur compte. Un curé du diocèse de Nantes n'emploie pas le mot, mais l'idée y est : est inconstitutionnelle toute disposition qui écarte un droit naturel, et le temps n'y fait rien. « Est-il des constitutions, en peut-il être qui puissent mettre un juste obstacle au bien-être du peuple ? », interroge le général de la paroisse de Plestan (subdélégation de Lamballe), faisant presque écho à la communauté des procureurs du présidial de Rennes, demandant : « A-t-on jamais pu appelé droit de la nation le moyen sûr et indubitable d'opprimer cent citoyens pour le bien-être d'un seul ? ». Dans ces derniers temps, remarque le général de Saint-Lumine-de-Coutais, on a vu le noble réclamer avec succès les droits et les privilèges de la province. Aujourd'hui, à notre tour, nous demandons les privilèges du Tiers État, et ce sont les droits de l'humanité ». Et l'on pourrait donner d'autres exemples qui témoignent du même esprit. Évoquons plutôt un spécimen de littérature qui a eu un certain succès à cette époque-là : les mémoires historiques sur la constitution des États de Bretagne. Celui-ci, adressé aux gentilshommes bretons, est dû à un homme de loi de la région nantaise, J.M. Pellegrin. Cet avocat, patriote aux opinions modérées, s'enquiert de ruiner le discours des traditionnalistes sur deux points essentiels : celui de la composition des États et celui du mode de vote. Il entend montrer que la composition actuelle des États de Bretagne est fondée sur une déviation qui s'est produite à l'occasion des guerres de religion. Avant cette époque, il n'était pas question d'admettre un ordre en corps aux États, il n'y avait que des représentants. La noblesse a profité des troubles pour changer cette pratique et s'octroyer le droit personnel de siéger. Le retour au système de la députation, avec rééquilibrage des forces, est parfaitement justifié. Sur la manière de voter, Pellerin apporte plus une opinion personnelle que des preuves historiques. Il estime que primitivement on ne votait certainement pas par ordre aux États de Bretagne puisque ceux-ci étaient une cour de justice souveraine. Le changement du mode de vote est vraisemblablement dû à la modification même de la composition de l'assemblée : la noblesse devenant surabondante, il n'était pas possible de continuer à voter comme par le passé ; d'où l'introduction du vote par ordre. Le prudent avocat se garde bien de porter un jugement sur tout cela, mais sa conclusion n'en est pas moins intéressante : « Mais il paraît toujours vrai que ces usages ne sont pas des droits qui tiennent à la constitution de la province ». Finalement, pour Pellerin, il n'y a pas de formes immuables, le passé ne justifie rien, ou plus exactement il rend tout possible. Ainsi, qu'on prenne l'option radicale ou l'option modérée, le système dit traditionnel perd ses bases immuables. Dans un cas il doit être amendé, dans l'autre il peut l'être.

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 04:26

 

 

Une coutume perdure à Locronan, au cours de la nuit qui précède le premier dimanche de mai, les garçons ayant eut 20 ans dans  l'année, s'en vont, en grand secret abattre un arbre et le dresse sur la grand place. Il y demeure jusqu"à la Saint-Jean....

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 04:00

Les gelées de moué

emportent le robinet

 

 

Les mariages de mai

ne sont pas chanceux

 

 

Les filles qui tètent pendant deux mois de mai seront d'une complexion amoureuse.

 

 

Les chats de mai seront mangés par leurs parents ;

 

 

Les geais de mai ne réussissent point : on dit qu'ils chèyent du ma'cadu' ; c"est à dire de l'épilepsie.

 

 

C'est au mois de mai que les sorciers peuvent soutirer le beurre et gâner le pain.

 

 

Vers Yffiniac et Langueux, si on veut faire un affront à une jeune fille, on plante devant sa porte, au lieu d'un mai, un bonhomme de terre difforme et pétrit grossièrement ; 

 

 

La laitière de Langueux

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:33

 

 

On peut dire que la Bretagne entre en pré-Révolution au printemps 88 avec la réforme Lamoignon -le garde des sceaux Chrétien-François II de Lamoignon et le contrôleur général des finances Étienne Charles Loménie de Brienne tentent une ambitieuse tentative de réforme de la justice. À leur initiative, le Parlement se réunit en séance plénière en présence du roi. Au cours de ce lit de justice, Louis XVI enlève aux parlementaires leur droit de remontrance et confie le droit d'enregistrement à une cour plénière. Il rapproche aussi la justice des plaignants en créant 47 tribunaux dits de grands bailliages et abolit la question préalable (la torture). Cette réforme trop tardive ne sauvera pas la monarchie. Elle n'en témoigne pas moins de l'esprit libéral des membres du gouvernement (toute l'histoire en un clic). Pendant quelques mois, la province connaît une sorte d'unanimité. Mais dès le début de l'automne, le front se fissure et les affrontements se font de plus en plus durs. Au coeur du débat, la compatibilité entre la députation aux États généraux et la constitution bretonne. La relation à la tradition est le point focal des positions des uns et des autres.

 

1. Un court moment d'unanimité (mai-septembre 1788)

 

 

Nous voulons dire par unanimité que les principaux protagonistes de la vie politique se trouvent en phase, que l'on entend peu ou pas de voix discordantes. Cette unanimité se fait autour des franchises de la Bretagne

 

 

 

 

1 - Tout naturellement, c'est le parlement de Bretagne, corps de composition strictement nobiliaire, qui ouvre les opérations, puisque c'est lui qui est touché en premier chef par la réforme Lamoignon créant trois grands bailliages dans la province. Cette réforme, présentée comme une offensive du despotisme ministériel, se heurte aux traditions locales, et celles-ci servent de levier au parlement pour protester contre elle. Dans cette protestation du 5-5-1788, le parlement de Bretagne a l'habileté de ne pas limiter ses moyens aux arguments strictement provinciaux, mais de prendre aussi en considération le royaume dans son ensemble : la réforme est mauvaise parce qu'elle blesse la constitution de la monarchie et celle de la province. Et il y a une hiérarchie implicite dans la présentation. Le parlement de Bretagne n'oublie sans doute pas qu'il a été au coeur d'un débat national dans les années 1760.

 

 

2 -Le procureur-général-syndic près les États de Bretagne, de Botherel, s'empresse de faire une déclaration du même ordre au parlement. C'est l'entrée en scène de l'autre grande institution locale : les États qui sont, comme le parlement, entre les mains de l'aristocratie. La déclaration de Botherel n'a pas tout à fait la même tonalité que celle du parlement : représentant d'une institution finalement plus locale, il ne fait référence qu'à la constitution bretonne et utilise l'arsenal, assez modeste, que l'on retrouvera tout au long de ce travail, sur l'intangibilité des droits de la province4. Toutefois, les États de Bretagne peuvent, comme le parlement, élargir le débat au niveau national, et marquer qu'il ne faut pas se méprendre sur le sens du mot « privilèges » quand il concerne une province.

 

3 -Le 10 mai, jour de l'enregistrement de la réforme Lamoignon par lit de justice, la noblesse bretonne se met au diapason et réserve les droits de la province. La noblesse s'estime investie d'une mission de protection des droits de la province. C'est pourquoi elle est ainsi sur la brèche. Cela ressort nettement de la justification apportée à cette attitude nobiliaire par le doyen de la noblesse bretonne. En effet, le gouvernement n'a pas apprécié les réactions de la noblesse face à ses projets de réforme et interdit la tenue de toute assemblée de l'ordre. Le doyen, M. de Champsavoy, répond qu'il ne faut voir là qu'un geste de dévouement aux libertés bretonnes, à la garde desquelles la noblesse est légitimement attachée. On comprend cela d'autant plus facilement que la noblesse domine complètement les institutions de la province. Au besoin, la noblesse est la première à députer à Versailles (juillet 88) pour obtenir réparation du roi.

 

 

La démarche de la noblesse est suivie de celle, identique, des différentes instances du Tiers état : présidial de Rennes, siège royal des Eaux et Forêts, Conseil des avocats (dont le doyen est Le Chapelier), ville et communauté de Rennes, consulat, procureurs au parlement Les uns et les autres protestent au nom du respect de la constitution bretonne. Les patriotes soutiennent donc le parlement, qui va être dispersé le 3 juin. Avec peu d'enthousiasme, estiment J. Egret et H. Sée. C'est possible, mais ils suivent Le 1-8-88, une grande députation, issue des évêchés bretons et composée de membres des trois ordres, élabore à Rennes une déclaration où tous réitèrent leurs protestations antérieures et rappellent la nécessité de respecter les franchises et libertés de la province. Il y a malgré tout quelques fausses notes, qui surgissent à l'occasion du voyage de Botherel, le procureur-général-syndic des États de Bretagne, à travers la Bretagne au cours du mois d'août 1788. Botherel, qui est une sorte de symbole du mouvement de protestation, est effectivement reçu assez mal dans plusieurs villes : à Saint-Brieuc, où ses remontrances ne sont accueillies qu'avec certaines réserves par la sénéchaussée ; à Lannion, où il a encore moins de succès puisque la ville refuse de s'associer à ses protestations ; à Tréguier, où l'accueil est très froid ; à Quimper enfin, où l'on frise l'émeute et où l'on crie : vive le roi et le grand bailliage ! au diable le parlement ! au point d'obliger le procureur-général syndic à quitter la ville. Pocquet s'interroge sur ces réactions : démarche jugée inopportune ou excessive ? Prévention réveillée contre l'ordre de la noblesse ? L'attitude de Quimper est la plus facile à comprendre puisque la réforme Lamoignon lui valait un grand bailliage. Mais les autres ? Assez curieusement, quand la députation de la noblesse, emprisonnée à la Bastille, est libérée (12 septembre) et qu'on apprend l'abrogation de la réforme Lamoignon (23 septembre), il y a un peu partout des mouvements de joie dans les villes bretonnes, sauf à Quimper. Ce sont les derniers signes de la quasi unanimité.

 

 

2. Le front se fissure

 

 

2. 1 . Le changement de conjoncture

 

 

 

Avec l'automne, il y a un changement de conjoncture. D'un côté, le retour du parlement désamorce la tension existante depuis le printemps. Mais de l'autre, un nouveau foyer de tension apparaît avec la convocation des États généraux. Ce nouveau problème met en cause, comme le précédent, les institutions bretonnes. L'affaire est bien connue. L'une des grandes interrogations politiques du second semestre 1788, dans toute la France, est de savoir selon quelles modalités seront convoqués ces États généraux : se conformera-t-on aux usages antérieurs ou adoptera-t-on de nouvelles règles ? Dans un cas, on continue la prépotance des ordres privilégiés ; dans l'autre, on peut la remettre en cause. La question est très délicate en Bretagne, puisque la province députe traditionnellement aux États généraux par l'intermédiaire de ses propres États. Or ceux-ci sont complètement dominés par les privilégiés : la noblesse y assiste en corps, le clergé du premier ordre assume la représentation de l'ensemble de l'ordre, tandis que 42 villes sont sensées représenter le Tiers. C'est cela qui provoque l'éclatement de la coalition plus ou moins bien soudée au printemps 88, les intérêts étant par trop contradictoires. D'octobre à avril, les relations vont devenir de plus en plus tendues entre les deux partis qui se constituent progressivement : patriotes d'un côté, aristocrates de l'autre. La réunion des États de Bretagne, prévue en principe pour le 27 octobre, conduit assez rapidement le Tiers, ou tout au moins une partie du Tiers, à rompre avec ses anciens alliés. La tension devient telle qu'il faut ajourner de deux mois la réunion, qui finalement ne peut se dérouler normalement Les mois de janvier et de février connaissent une véritable escalade de l'agitation. Cela décroît par la suite, mais chacun tient ses positions. Notre propos est ici de voir comment les camps se situent vis-à-vis des franchises de la province.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 19:39

 

 

 

Claude de Marboeuf

 

 

Premier président du Parlement de Bretagne en 1626

 

 

 

 

François d'Argouge

 

 

Premier président au Parlement de Bretagne en 1667

 

 

 

 

 

Christophe Paul de Robien

 

Président à mortier au Parlement de Bretagne en 1724 

 

 

 

 

Jean François Le Vicomte de la Houssays

 

 

Conseiller au Parlement de Bretagne en 1731

 

 

 

 

Armand Charles Robin d'Estreans

 

 

Conseiller au Parlement de Bretagne en 1750

 

 

 

 

Louis René de Caradeuc de la Chalotais

 

Procureur général au Parlement de Bretagne en 1752

 

 

 

 

Pierre de Brilhac

 

Premier président du Parlement de Bretagne de 1703 à 1734

 

 

 

 

 

Augustin Marie Poullain du Parc

 

 Bâtonier & doyen des Avocats au Parlement de Bretagne 1767

 

 

Isaac-René-Guy Le Chapellier

 

Avocat au Parlement de Bretagne en 1779

 

 

 

 

Gilles Conen de Saint Luc

 

 

Président à mortier au Parlement de Bretagne guillotiné en 1794

 

 

 

 

René-Gaston Baco de la Chapelle

 

Avocat au Parlement de Bretagne en 1789 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:58

Concarneau

 

Concarneau

 

Vitré.

 

Vitré

 

 

Saint-Brieuc

 

Quimperlé

 

Quimperlé

 

Clisson

 

Clisson

 

 Rennes

 

Rennes

 

Lamballe

 

Lamballe

 

Vannes

 

Vannes

 

Saint-Malo

 

Saint-Malo

 

dinan

 

Dinan

 

Fougères 

 

Fougères

 

Brest 

 

Brest

 

Landerneau

 

Landerneau

 

Quimper

 

Quimper

 

Josselin 

 

Josselin

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:12

 

 

L'assemblée des États de Bretagne se tenoit autrefois tous les ans, mais depuis l'année 1630, le roi ne les a plus assemblés que de deux ans en deux ans, excepté dans les circonstances pressantes où les besoins de l'Etat ont déterminé Sa Majesté à convoquer des assemblées extraordinaires, comme en 1741, à l'occasion du dixième; en 1748, à l'occasion des 4 s pour livre de la capitation et de l'emprunt de quatre millions que les États firent à cette occasion, et en 1749, à l'occasion du vingtième. Avant 1718, les assemblées ordinaires étoient tenues dans les années impaires; elles se tiennent depuis dans les années paires. Les Etats n'ont de registres de leurs assemblées que depuis l'année 1567; ils en avoient un qui tenoit dix à douze assemblées antérieures; en 1566, il fut apporté à la Chambre des Comptes de Paris, et il ne leur a point été rendu depuis. La convocation se fait par des lettres de cachet du roi adressées aux évêques, abbés et chapitres de la Province, aux Barons et à certain nombre de gentilshommes à qui il plaît au roi de faire cet honneur, et aux communautés des quarante-une villes de la Province qui ont le droit de députer aux États, c'est ce qui compose les trois corps ou ordres des États: l'église, la noblesse, le tiers état. Ces lettres du roi indiquent le lieu et le jour désigné pour l'ouverture de l'assemblée; elles sont ordinairement accompagnées d'une lettre du gouverneur et du commandant en chef; les États font un fonds de 500 livres pour être payé à celui des officiers du commandant en chef qu'il charge du soin de faire rendre par ses gardes ces lettres à leur adresse. C'est le gouverneur de la Province et le secrétaire d'État qui en a le département qui prennent les ordres du roi pour déterminer le lieu et le temps de l'assemblée. Ce n'est plus, depuis longtemps, que dans les évêchés de Rennes, Nantes, Vannes, Saint-Malo et Saint-Brieuc qu'on assemble les États; ils se tiennent dans les villes capitales de ces évêchés, hors dans l'évêché de Saint-Malo, où ils ne se tiennent que dans la ville de Dinan; ils se sont tenus aussi à Vitré, dans l'évêché de Rennes, et à Ancenis, dans l'évêché de Nantes; les États sont le plus ordinairement assemblés dans la ville de Rennes *. La veille du jour indiqué pour l'assemblée, le commandant en chef ordonne la proclamation, qui se fait dans tous les carrefours de la ville par le hérault des États, revêtu de sa cote d'armes et monté sur un cheval caparaçonné d'une housse de pied, de drap d'argent, semés de fleurs de lys et d'hermines en broderie et précédé d'un trompette. En conséquence de la proclamation de l'ouverture des États, les trois ordres, les présidens à leur tête, se rendent séparément et successivement, le lendemain, à l'heure indiquée dans la salle destinée pour l'assemblée, partant de l'hôtel de leur président; d'abord l'ordre du tiers, ensuite celui dela noblesse et l'ordre de l'église le dernier. Ce qui s'observe ainsi tous les jours pour l'entrée aux États. Les ordres de l'église et de la noblesse sont précédés, dans leur marche, par la maréchaussée, les officiers et trompettes; à la tête, le hérault des États; l'ordre du tiers par le hérault des États seulement. Avant la déclaration du roi du 26 juin 1736, les membres de l'ordre de la noblesse entroient aux États et s'y faisoient inscrire à tout âge, même dansla première enfance; mais par l'article premier de la déclaration, il est ordonné qu'aucun des membres des trois ordres ne pourra avoir entrée-et séance dans l'assemblée avant l'âge de vingt-cinq ans accomplis.

 

 

 

La chapelle des Cordeliers d'Ancenis accueillit à trois reprises

les Etats de Bretagne

 

 

La salle de l'assemblée est ordinairement en une chapelle ou réfectoire d'un couvent de la ville, où le hérault des États a fait construire un théâtre élevé de sept à huit marches, qui occupe la moitié ou les deux tiers de la salle; au fond du théâtre et contre le mur est un dais de velours semé de fleurs de lys et d'hermines en broderie, sous lequel sont placés deux fauteuils égaux, qui se joignent et qui sont adossés au mur, où se placent le président de l'ordre de l'église à droite, et le président de l'ordre de la noblesse à gauche; à côté de l'un et de l'autre, sur des bancs couverts d'un tapis, les évêques se placent à la droite et les Barons à la gauche, et, comme ordinairement il y a peu ou point de Barons qui assistent à l'assemblée, leurs places sont remplies par ceux des gentilshommes les plus considérables, et ordinairement les plus âgés, qui veulent les prendre; les abbés se mettent de même sur le banc des évêques, lorsqu'il y a des places vides. Le reste du théâtre est partagé en trois espaces: l'un, au milieu, en face du dais et des fauteuils des présidens, qui demeurent vides; les deux autres, à droite et à gauche, en retour du banc des évêques et de celui des barons, sont remplis par deux espèces d'amphithéâtres à trois ou quatre rangs de gradins de bois. L'amphithéâtre à droite est partagé en deux, dans sa largeur, par une simple balustrade de bois à hauteur d'appui, les abbés et les députés des chapitres en occupent la partie d'en haut, la plus voisine du banc des évêques, et l'ordre du tiers en occupe la partie d'en bas qui termine le théâtre; le président de l'ordre du tiers y est placé à la tête de son ordre dans le gradin d'en bas, sur un banc un peu plus élevé et couvert d'un tapis vert. L'amphithéâtre à gauche est entièrement occupé par l'ordre de la noblesse. Ces deux amphithéâtres devroient. Être séparés de l'espace vide du milieu, et ils l'étoient, il n'y a pas longtemps encore, par une balustrade de bois à hauteur d'appui de chaque côté; mais, à présent, cette balustrade ne subsiste qu'à l'endroit de la place occupée par le président de l'ordre du tiers. Les deux extrémités du théâtre, et à gauche des marches qui sont pratiquées au milieu pour y monter, sont occupées, à droite, par une tribune destinée aux spectateurs, laquelle est gardée par un cavalier de la maréchaussée en faction, et à laquelle on ne monte point par les marches du théâtre, mais par d'autres marches et une porte qui doit toujours être pratiquée hors du théâtre, et, à gauche, par le bureau des greffiers des États, derrière lequel est celui du greffe. Les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre et y ayant pris leurs places, le procureur général syndic, parlant de sa place, propose à l'assemblée de députer vers MM. Les commissaires du roi, qui sont, à cet effet, assemblés chez le commandant en chef, pour les prier de venir faire l'ouverture des Etats, ce qui s'exécute aussitôt par une députation de six députés de chaque ordre, à la tête desquels sont deux évêques, et cette députation est nommée une fois pour toutes pour recevoir et reconduire MM. Les commissaires du roi, toutes les fois qu'ils entrent aux États pendant la durée de l'assemblée. Le hérault marche toujours à la tête de toutes les députations ; les députés marchent en file, ceux de l'église à droite, ceux de la noblesse à gauche, et le tiers entre derrière les deux files. La députation est reçue, à la porte de la salle des gardes du commandant en chef, par les officiers de ses gardes; les gardes portent leurs armes. Le hérault, marchant à la tête, vient annoncer à MM. les commissaires du roi l'arrivée de la députation, qu'ils reçoivent. Le commandant en chef fait ordinairement quatre ou cinq pas en avant lorsqu'elle entre et lorsqu'elle sort, et on en use ainsi à toutes les députations. La députation, retirée et revenue sur le théâtre, MM. les commissaires du roi se mettent en marche, précédés d'abord par la maréchaussée, le grand prévôt, les officiers et le trompette à la tête, ensuite par les gens de livrée, les pages et les gentilshommes du commandant en chef, puis par ses gardes, le capitaine, les officiers et le trompette à la tête, marchant sur deux files.

 

 

 

 

Lorsque quelquefois il fait si mauvais temps qu'il n'est paspossible d'aller à pied, chacun se rend en chaise à porteur à la salle des États. Les contrôleurs généraux des domaines et de finances marchent les premiers, ensuite les receveurs généraux des domaines et ceux des finances, tous en manteau et rabat; le grand maître des eaux et forêts en épée; les généraux des finances en manteau et rabat; le procureur général de la Chambre des Comptes et le deuxième commissaire du conseil en robe, ensuite le commandant en chef seul, à ses deux côtés et un peu derrière le premier président, marchent le procureur général et les deux avocats généraux du Parlement; et lorsque, soit en entrant dans la salle ou autrement, les deux files sont obligées de se joindre, alors l'intendant marche immédiatement devant le commandant en chef, et le premier président immédiatement après. MM. les commissaires du roi sont reçus à la porte de la salle des États, en dedans, par les mêmes députés qui les ont été priés de venir fairel'ouverture, et étant montés sur le théâtre ils y prennent leur place, et les gardes du commandant en chef s'emparent des marches du théâtre jusqu'à la dernière exclusivement. Toutes les fois que les commissaires du roi entrent aux États (et ils y entrent toutes les fois qu'ils envoyent dire aux États qu'ils veulent y entrer), c'est toujours avec le même cérémonial, et après que le hérault a disposé l'espace vide au milieu du théâtre de la manière suivante : Sous le dais, qui est au milieu du théâtre, on établit un trône ou plate-forme élevée de trois à quatre marches couvertes d'un tapis, où, dans un fauteuil, le dos tourné aux deux présidens de l'église et de la noblesse, se place le commandant en chef, ses pages assis sur les marches du trône, son capitaine des gardes, son secrétaire, ses gentilshommes debout derrière et autour de son fauteuil. A sa droite et à la gauche du trône, un peu en avant, hors du dais et en retour, le long des deux amphithéâtres de l'église et de la noblesse, sont placés deux fauteuils, pour le premier président à droite et pour l'intendant à gauche. L'assemblée étant ainsi formée, le commandant en chef qui, après avoir salué en entrant les présidens et les trois ordres, s'est assis dans son fauteuil, où il s'est couvert, prend la commission générale des mains de son secrétaire et la fait donner au greffier des États, et le premier commis du greffe en fait lecture à haute voix; on en use de même pour les autres commissions particulières, qu'on lit successivement, à l'exception de celle de l'intendant et du deuxième commissaire du conseil, qu'on ne présente et qu'on ne fait lire que le lendemain. Ces commissions restent au greffe, pour y être enregistrées. Après la lecture des commissions, le commandant en chef et le premier président du Parlement après lui, font l'un et l'autre un petit discours étant couverts, auxquels un des deux procureurs syndics des États répond, et il est à remarquer que soit que. le commandant en chef soit maréchal de France ou non, les procureurs généraux syndics des États, lorsqu'ils le haranguent dans l'assemblée, l'appellent Monseigneur; cela a été décidé ainsi à l'occasion de M. le marquis de Brancas aux États de 1788, avant qu'il fut fait maréchal de France. Cette première séance est terminée par la nomination de l'évêque et des assistans qui doivent, le lendemain, célébrer la messe du Saint-Esprit. Le lendemain matin, à l'heure indiquée, les trois ordres s'étant rendus sur le théâtre, vont à la messe du Saint-Esprit, qui se chante en musique. Dans le choeur sont placés deux prie-Dieu, derrière lesquels sont deux fauteuils égaux pour les présidens de l'église et de la noblesse. A côté de chacun de ces fauteuils est un banc d'environ 15 à 20 pieds de long, ôù se placent les évêques à droite, et les Barons à gauche; à défaut des évêques et des Barons, les abbés et gentilshommes qui veulent s'y placer. Les abbés, les députés du chapitre, les membres de l'ordre de la noblesse, ceux du tiers et les officiers des États se placent dans le choeur indistinctement, derrière les prie-Dieu et bancs ci-dessus. Cette disposition est la même à la messe basse, à laquelle les États assistent tous les jours en corps avant de commencer leur séance. Lorsqu'à l'occasion de quelque Te Deum ou autres cérémonies extraordinaires à laquelle les États ont invité le commandant en chef, il vient y assister; il a sa place à un prie-Dieu en avant et au milieu de ceux des présidens de l'église et de la noblesse, et un fauteuil derrière « lui, et deux ou quatre de ses gardes sous les armes à ses côtés. Le premier président et l'intendant ne se trouvent point à ces sortes de cérémonies, non plus que les autres commissaires du roi, par la difficulté de leur donner des places convenables. Il faut observer que pendant la tenue des États, et même quinze jours devant et après, les actions civiles cessent contre tous les membres de l'assemblée, en vertu d'un arrêt du conseil, qui s'expédie à cet effet avant chaque tenue. Après la messe pontificale du Saint-Esprit, les trois ordres, revenus sur le théâtre, MM. les commissaires du roi ayant envoyé dire aux États qu'ils alloient entrer et étant venus, reçus et placés dans le même ordre et cérémonial que la veille, le commandant en chef commence par faire lire les commissions de l'intendant et du second commissaire du conseil. Après quoi, M. l'intendant fait un discours, à la fin duquel il fait, au nom du roi, la demande du don gratuit. Le procureur général syndic y répond, en représentant la situation des affaires de la Province et le besoin qu'elle a de soulagement: il appelle M. l'intendant, Monsieur. -La plus ancienne assemblée, dont les registres subsistent, remonte à l'année 1567. M. l'abbé de Pontbriant présente aux Etats un volume manuscrit contenant un extrait et une table des délibérations des États de toutes les tenues, depuis celle de 1732, servant de suite à l'extrait qu'on avoit donné déjà de toutes celles depuis 1567 jusqu'en 1732, avec un prospectus ou projet imprimé d'une histoire des États. MM. les présidens ont été priés, à l'unanimité des trois ordres, d'engager M.le duc d'Aiguillon de vouloir bien appuyer de ses bons offices les sollicitations qu'ils sont chargés de faire pour lui d'une abbaye. Il a été écrit, en conséquence, par M. le duc d'Aiguillon. Les commissaires du roi aux États, sont: le gouverneur de la Province, et, en son absence, le commandant en chef, qui a le titre de premier et principal commissaire ; les deux lieutenans généraux de la Province; et les trois lieutenans du roi; le premier président du Parlement, qui prend la qualité de premier commissaire ; les premier, deuxième et troisième présidens à mortier du Parlement; le premier et le second présidens de la Chambre des Comptes; le procureur et deux avocats généraux du Parlement; le procureur général de la Chambre des Comptes. L'intendant, qui prend la qualité de premier commissaire du conseil; le second commissaire du conseil est ordinairement un maître des requêtes ou un président ou conseiller au Parlement; les six généraux des finances; le grand maître des eaux et forets, les receveurs généraux des finances, les receveurs généraux des domaines et les contrôleurs généraux des finances et des domaines. Il est à observer que, lorsque les circonstances ont exigé des assemblées d'États extraordinaires, comme en 1741, 1748 et 1749, les seuls commissaires que le roi y a nommés pour y assister de sa part ont été M. le premier président du Parlement et M. l'intendant, lesquels ont partagé entre eux la gratification de 15,000 l que les États accordent au commandant de la Province, lorsqu'il assiste dans leurs assemblées ordinaires.

 

 

 

 

Description effectuée par Jean-Joseph Expilly

 

* Quelques unes des villes ayant reçut les États de Bretagne et quelques dates : 

 

Rennes 1315 1386 1395 1398 1595 1598 1616 1621 ; Ancenis 1620 1630 1720 ; Vannes 1387 1451 1462 1482 1532 1592 1619 ; Nantes 1389 1622 ; Dinan 1352 1717 ; St Brieuc 1677 1768 ; Vitré 1705 ; Bazouges La Pérouze 1729...

 

 

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Published by poudouvre
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