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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 07:02

Iroise, ar mor lrwazh
Bemde, bemnoz, manac'h pe marc'hadour
Dre ret, dre voaz
'Dremen pe labour wa 'n dour

De toutes les Bretagnes
Pas un jour sans passage
Depuis trois mille étés
Celtes et mouettes l'ont habitée

Etre Breizh-Veur ha Breizh vihan
Douzh Leon da Iwerzhon (bis)

Biskoazh war ar mor Irwazh
N'eus dihanet ar veaj
Diboa daou pe dri mil bloaz
Dalc'hmat hor pobl 'zo 'vevañ

Iroise, ar mor Irwazh
Brezel 'tre Saoz ha Gall, n'eus ket bet choaj,
Ha harzoù c'hoazh
'Tre breudeur kozh a-viskoazh

De toutes les Bretagnes
Pas un jour sans passage
Depuis trois mille étés
Celtes et mouettes l'ont habitée

La mer Iroise
Jour et nuit, marchands ou moines,
Sans cesse, doivent
Passer ou travailler sur l'eau

Entre Grande et petite Bretagne
Du Léon à l'Irlande
Jamais sur la mer Iroise
N'a cessé le voyage
Depuis deux, trois mille ans
Nous l'avons habitée.

La mer Iroise,
Pour les Français, pour les Anglais, pas le choix
On a dû faire la guerre
Et, entre les vieux frères, encore des frontières

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 06:46

 

 

 

Mer d'Iroise, colombe aux ailes de tempêtes,
Parfois ton ciel devient une pelure bleue,
il a l'âge du monde, éternelle naissance,
île de naufrages, sans forêts et sans arbres,
où les bras de tes fils sont tes uniques branches,
ta démesure d'eau est un désert fécond
qui impose en ses creux des fables légendaires.
Tes rocs ensanglantés de lumière à l'aurore,
poussière de siècles éparpillée aux vents,
pérenne puissance glanée sur elle-même,
combien je vous vénère au ras de vos écueils.
Tu me fis trop souffrir pour souffrir de nouveau,
semble dire, au large les plaintes de la sterne,
et pourtant les vagues mauvaises écolières,
biffent de leurs traits l'écriture des rochers,
l'écume en broderie s'achève sur tes plages,
tes femmes firent front au démentes colères,
de tes grains emporteurs de leurs pauvres richesses,
île caprice du temps demeurez nos rêves,
où règne le bonheur, demain doit exister.

 

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 06:12

 

Jean François Brehant

 

 

Alain Brouard

 

 

René-Yves Creston

 

 

Jean-Luc Feat

 

 

Francis Renaud

 

 

René Guilivic

 

 

Georges Robin

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 05:17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 13:55

 

 

Au bout de peu de jours, l'argent fut préparé, les forts furent remis entre les mains des gens du duc, et le connétable eut permission de sortir du château de l'Hermine avec le sire de Laval. Il avait promis da ratifier le traité qu'il avait signé en prison, dès qu'il serait hors des terres de Bretagne, et il le fit à Moncontour tandis qu'il était encore dans le trouble et la joie de sa délivrance : mais la colère ne tarda pas à prendre le dessus. La nouvelle de sa captivité avait suffi pour faire renoncer à l'expédition d'Angleterre. Il se rendit à Paris, se jeta aux genoux du roi, raconta l'affront qu'il avait reçu et offrit sa démission de la charge de connétable; mais le roi ne voulut pas l'accepter. Il promit de consulter ses pairs sur le dommage qu'avait éprouvé Clisson, et d de Bourgogne, il les trouva peu sensibles à l'injure qu'il venait d'éprouver. Pendant que Charles VI envoyait des ambassadeurs au duc de Bretagne, Clisson rassembla des troupes, et, avec l'aide de quelques seigneurs, il commença à reprendre les châteaux qu'il avait perdus. Le duc consentit à remettre sous la garde du sire de Laval les places qu'il s'était fait livrer, et à donner des gages pour les cent mille francs., jusqu'à ce que le roi, en son conseil, eût décidé à qui cette rançon devait appartenir. Bientôt après cet accord Jean, fils de Charles de Blois fut remis en liberté par les Anglais, et épousa la fille d'Olivier, en 1388. La même année, le duc de Bretagne vint prêter hommage à Charles VI. Ses affaires étaient entre les mains du Parlement qui prenait à tâche de le retenir long-temps à Paris. Après un mois de délai, le duc de Bretagne obtint une sentence. Le parlement n'avait considéré la plainte du connétable que comme un procès civil, et il avait accordé cinq ans au duc pour restituer à Clisson, en cinq paiements égaux, les cent mille francs qu'il lui avait extorqués. Les places prises de part et d'autre devaient être mutuellement rendues. Pendant deux ou trois ans le connétable séjourna en Bretagne,où il rendit de nouveaux services au pays, pourtant il y continua sa guerre privée avec le duc: celui-ci eut presque toujours le désavantage. Enfin, le roi intima aux deux rivaux l'ordre de suspendre toute hostilité, et les appela de nouveau à son tribunal , afin étant plus rapprochée du théâtre de la guerre....Olivier de Clisson expira le 23 avril 1407, à l'âge de 73 ans: ce jour-là même, Alain de Rohan, son petit-fils, épousait Marguerite de Bretagne, soeur de Jean V.

 

 

Olivier de Clisson

 

Sentant approcher ses derniers moments, Olivier appela Beaumairoir, son vieil ami, et lui remit l'épée à pommeau d'or parsème, de fleurs de lis, insigne caractéristique de la charge de connétable, et dont il n'avait jamais voulu se dessaisir, ne s'état. pas cru, destitué, malgré la nomination successive de Philippe d'Artois, de Louis de Sancerre et de Charles d'Albert; il pria Beaumanoir d'aller porter cette èpée au roi Charles VI, et de la mettre entre les mains du monarque. Le banneret, fondant en larmes, se chargea d'accomplir ce voeu, mais lui-même n'eut pas le temps de remplir sa mission. Il mourut quelques jours après son ami. A peine Olivier de Clisson eut-il fermé les yeux, que Marguerite de Penthièvre sa fille, qui avait hérité de son ambition et de ses ressentiments, se mit en état d'hostilité contre la maison régnante; et,après plusieurs entreprises audacieuses sur l'autorité du duc, qu'elle ne voulait point reconnaître,elle ne tarda pas à se mettre en révolte ouverte. Cette femme altière ne pouvait se résoudre à renoncer aux droits de ses enfants sur le duché de Bretagne: elle espérait que la guerre favoriserait ses desseins. Mais désabusée par une lutte de sept années, dans laquelle d'inutiles efforts épuisèrent toutes ses forces et la réduisirent à la dernière extrémité, elle voulut obtenir, par la trahison, ce qu'elle n'avait pu obtenir par la force des armes... Après la mort de Jean V (1442), le duc François son fils réunit la seigneurie de Clisson au domaine de la couronne ducale. Il mourut sans enfants, ainsi que Pierre II, son frère et son successeur. Le connétable Artur de Richemont eut à peine le temps de s'asseoir sur le trône ducal, et mourut empoisonné (1458). François II, comte d'Étampes et de Verlus, son neveu, lui succéda. Il était né au château de Clisson en 1435; il était fils aîné de Richard, comte d'Étampes. Après avoir fait son entrée publique à Rennes (le 3 Février 1459), il vint promptement à Clisson pour remettre sa mère Marguerite d'Orléans en possession de cette terre,ainsi que de celle de Regnac qu'il lui donna; et quelques jours après... Le duc et la duchesse de Bretagne firent de Clisson leur résidence habituelle; et la reine douairière de France, Marie d'Anjou, mère de Louis XI, y envoya plusieurs reliques que le duc lui avait demandées, dans l'intention de favoriser la délivrance de la duchesse son épouse. Elle accoucha heureusement dans ce château, le 29 Juin 1463, d'un fils qui fut appelé comte de Montfort, et qui mourut deux mois après, malgré les voeux et les prières que l'on fit pour sa conservation. La grande dévotion... François Il se plaisait beaucoup à Clisson. Pour plaire à la dame de Villequier, sa maîtresse , il donnait de superbes tournois, tantôt à Cholet, tantôt à Clisson, et cette dernière ville devint le rendez-vous de tous les plaisirs. Les dames et les chevaliers y accouraient de.toutes parts; le terrain situé sur la rive droite de la Moine, s'appelle encore la Prairie des Guerriers. Le 27 Juin 1472, on célébra, dans la chapelle du château de Clisson les fiançailles du duc François II avec la belle Marguerite de Foix. —La même année, Louis XI écrivit au duc pour se plaindre de la grande quantité de troupes réglées qu'il avait rassemblées à Clisson. La dame de Villequier étant morte en 1474, De duc donna la seigneurie de Clisson à François, l'aîné des quatre enfants qu'il avait eus d'elle, et qu'il aimait tendrement; et, six ans plus tard (1480), les États de Bretagne, assemblés à Vannes, voulant faire une chose agréable à leur souverain, lui envoyèrent une députation,pour le supplier de créer baron d'Avaugour, première baronie de Bretagne, François, son fils naturel, seigneur de Clisson. Le duc, ayant agréé cette proposition, lui donna encore,quelques années après (1485), le comté de Vertus en Champagne. Au commencement du règne de Charles VIII, roi de France, le duc François II tint à Clisson une assemblée de la noblesse du comté Nantais, et le 13 Janvier 1487, le duc d'Orléans (depuis Louis XII), se réfugia dans ce même château pour se soustraire à la colère d'Anne de Beaujeu. Lorsque Charles VIII vint assiéger Nantes, la même année, il s'établit à Clisson, dont le baron d'Avaugour n'osa lui refuser l'entrée; mais il trouva mauvais que le roi s'en emparât et y mît garnison. Le mécontentement qu'il en eut le détermina à se retirer auprès du duc son père: il paraît cependant que par suite d'un arrangement fait avec Charles VIII, il consentit à laisser une garnison française dans ce château, et il reçut en dédommagement une compagnie de cent lances. Le roi, après avoir séjourné quelque temps à Clisson, en partit avec Monsieur et Madame de Beaujeu pour retourner à Ancenis, et il dirigea ensuite son armée sur Châteaubriant. La garnison qu'il avait laissée dans le château de Clisson ne se contenta pas de garder cette place; elle fit encore des courses aux environs, et ravagea tout le pays. Pour l'empêcher de s'étendre davantage dans la campagne, et pour arrêter ses exactions et ses brigandages, le duc fut obligé de lui opposer un grand nombre de gens de guerre, commandés par ses meilleurs officiers; ce qui n'empêcha pas le roi de faire ravitailler cette garnison, et même de l'augmenter, lorsqu'il apprit que les Anglais avaient effectué un débarquement près de Guérande. Après la bataille de Saint-Aubin du Cormier, le duc de Bretagne signa la paix avec la France. Il mourut le 9 Septembre 1488. Anne de Bretagne, sa fille, épousa Charles VIII, visita avec lui le château de Clisson, dans le courant d'Avril 1492, et, pendant leur séjour dans ce lieu, les deux époux donnèrent des fêtes à la noblesse. Lorsque Charles partit pour son expédition de Naples, il laissa la garde de la Bretagne au baron d'Avaugour, seigneur de Cliss pour Clisson. François Ier vint une fois dans cette ville. Durant la ligue, le château de Clisson tint constamment pour le roi Henri III et pour son successeur Henri IV. Toutefois, en- 1562, un prêche protestant parvint à s'établir dans un faubourg de la ville, et les calvinistes administrèrent le baptême dans la chapelle de Saint-Gilles, à Clisson, dont ils s'étaient emparés,Malgré l'édit de Charles IX du 14 août 1562, qui enjoignait aux ministres de sortir de Bretagne en quinze jours, sous peine d'être pendus. Charles IX, au mois d'octobre 1565, visita le château de Clisson ; il était accompagné de sa mère et d'une cour nombreuse. Henri IV, n'étant encore que roi de Navarre, forma inutilement le siège de Clisson ; il le leva le 2 octobre 1588. En 1595, Henri IV fit plusieurs, tentatives pour amener à un accommodement le duc de Mercoeur chef de la ligue en Bretagne. Des conférences ayant eu lieu à Ancenis pour traiter de la paix, les députés que le duc de Mercoeur y avait envoyés déclarèrent d'abord qu'ils n'entendraient à aucune proposition, que Hurtaud d'Offenges, commandant à Rochepot, en Anjou, pour la ligue, et qui se trouvait prisonnier et détenu dans le château de Clisson, n'eût été préalablement mis en liberté. Ces conférences n'eurent aucun résultat; et, quelque temps après, le comte de Vertus, Charles d'Avaugour, demanda au duc de Mercoeur la neutralité pour la ville et le château de Clisson. Il s'offrait,à cette condition, de lui rendre Hurtaud, qui était toujours prisonnier; mais le duc, qui était déterminé à assiéger cette place, ne consentit, pour délivrer son ami, qu'à la neutralité de Chantocé-sur-Loire, autre château appartenant au baron d'Avaugour... Il est probable que les rois de France Henri IV, Lou de Clisson, pendant le séjour qu'ils firent à Nantes; mais, depuis la guerre de la ligue, il n'est plus fait mention de Clisson dans l'histoire de la Bretagne...Cette contrée jouissait depuis deux cents ans d'un calme profond, lorsque la révolution y fit éclater, en 1793, cette terrible insurrection vendéenne. Dans cette guerre civile, l'humanité fut cruellement outragée; et ce pays, si favorisé de la nature et jadis si heureux , devint un affreux théâtre de carnage, d'incendie et de destruction.... Un Nantais, Cacault passionné pour fa peinture, qu'il avait cultivée à Rome pendant un grand nombre d'années revint à Nantes vers la fin de la guerre vendéenne;les habitants de cette ville n'osaient encore sortir de leurs murs pour visiter leurs propriétés rurales sur la rive gauche de la Loire lorsque cet artiste , qui avait entendu parler des beaux sites de la Sèvre,se hasarda seul à pénétrer dans le Bocage. Arrivé à Clisson, au lieu de trouver une ville peuplée et florissante, il ne vit qu'un amas de décombres au milieu d'un désert; il ne rencontra pas un seul habitant qui put le guider, pas un toit qui pût lui servir d'asile; le silence des tombeaux régnait partout; de tous côtés les traces de l'incendie et de la destruction frappaient ses regards; il parcourut avec effroi cette ville abandonnée et cet immense château se disputaient les obscurs et derniers débris. Cependant, ces vestiges sanglants et ces ruines encore fumantes ne purent affaiblir la vive impression que fit sur son esprit ce paysage admirable, et il fut si frappé de la beauté de ces sites, de ces rochers, de ces cascades, et même de ces ruines, qu'il prit sur le champ la résolution d'habiter ce séjour plein de charme et d'horreur. Les dissensions qui avaient déchiré ce.malheureux canton n'étaient pas alors entièrement étouffées et pouvaient se rallumer avec toute leur dans la campagne fort dangereuses; mais rien ne put détournée Cacault de son dessein. Il choisit pour sa retraite une maison ruinée, dont les points de vue lui parurent ravissants; il acheta cette propriété la fit réparer, et vint s'y établir en 1798. Un grand nombre d'habitants, encouragés par cet exemple, rentrèrent dans leurs foyers et on relevèrent les ruines.

 

 

Pierre Cacault

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 19:02

 

 

 

 

 

 

 

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 18:25

 

Me 'm eus nemet dek miz da roulañ ar yaouankiz, da roulañ ar yaouankiz

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 13:29

Edouard III, roi d'Angleterre,vint assiéger Vannes en personne. Mais Olivier de. Clisson défendait vaillamment cette place; et son courage inspirait une si grande confiance aux assiégés, qu'ils tenaient quelquefois. une de leurs portes ouverte, et se rangeaient en bataille en dehors pour défier l'ennemi. Dans une de ces sorties, Clisson, s'étant laisse emporter trop loin par sa valeur, fut fait prisonnier. Après son échange,il se rendit à Paris, attiré par les fêtes d'un tournoi magnifique. Philippe de Valois, qui le soupçonnait de s'être engagé secrètement avec le roi d'Angleterre et de servir le parti du comte de Montfort, le fit arrêter, juger, et condamner à être décapité.Cet arrêt inique, rendu sans aucune formalité, et contre toutes. Les règles du droit des gens et les prérogatives de l'ordre de la chevalerie, fut exécuté aux Halles, à Paris, le 2 Août 1343.

 

 

La tête d'Olivier fut envoyée à Nantes, et plantée sur une lance à une des portes de la ville. Quatorze chevaliers, Bretons et Normands, qui l'accompagnaient, eurent le même sort; et, pour justifier cet excès de rigueur, on fit courir le bruit qu'ils avaient voulu livrer Nantes aux Anglais. Mais leur mort fut cruellement vengée par le désastre de Crécy. Olivier III laissait deux fils et une veuve Jeanne de Belleville: celle-ci vivait dans une profonde retraite, au château de Saint-Yves, près d'Hennebont. Elle ne songea qu'à venger la mort de son mari; elle conduisit ses deux enfants à Nantes, s'arrêta devant la porte, leur montra, la tête de leur père, puis leur ordonnant d'élever leurs mains vers le ciel, elle leur fit jurer de venger celui dont ils tenaient la vie. Le plus jeune de ses fils avait trois ans : l'aîné était cet Olivier de Clisson qui devint depuis si célèbre; il était alors âgé de sept ans; il était né en 1336 au château de Clisson. Jeanne de Belleville réunit ses amis, et bientôt, A la tête de quatre cents hommes, elle enleva plusieurs châteaux-forts du parti de Blois; plus d'une fois elle combattit corps à corps avec de vaillants guerriers. Philippe de Valois, à cette nouvelle, prononça la confiscation des biens de cette femme intrépide, et la déclara ennemi de l'état; cette mesure ne fit que rendre sa fureur plus active. Chassée bientôt de ses conquêtes et de ses domaines, elle vendit ses joyaux, acheta un vaisseau, et, secondée par quelques partisans fidèles, elle désola les côtes de la Bretagne. C'est à cette école que le jeune Olivier fit son apprentissage. Après des combats opiniâtres, le vaisseau de Jeanne de Belleville fut mis hors d'état de tenir la mer.

 

 

Jeanne se jeta dans une chaloupe avec ses deux fils et quelques serviteurs dévoués; pendant six jours elle erra sur l'Océan, luttant contre les vagues et contre la faim: c'est dans ces affreux moments que son plus jeune fils mourut. Enfin, elle put prendre terre à Morlaix, qui tenait pour le parti de Montfort:elle y trouva Jeanne de Flandre, qui s'unit à elle d'une étroite amitié. En 1349, elle contracta un nouveau mariage: Edouard III la combla de bienfaits ; la comtesse de Montfort, veuve à son tour, ne négligeait rien pour donner des partisanes son fils Jean IV; les dispositions du jeune Clisson la frappèrent; elle le fit élever avec son fils ; Clisson suivit Jean à Londres, où il inspira une affection singulière à Édouard III. Lorsqu'il fallut que Montfort parût en Bretagne, le monarque donna à Clisson un équipage qui rivalisait de luxe et de richesse avec celui du prétendant au duché. Ce fut au siège de Vannes (1357) que Clisson, âgé seulement de vingt ans, fixa l'attention par d'éclatants faits d'armes, par une grâce chevaleresque, par un goût pour le faste qui ne le quitta jamais : déjà, ses exploits étaient chantés par les ménestrels. Il voulut jouer un rôle politique, et se fit le centre des guerriers Bretons partisans de Montfort qui voyaient avec dépit liés à l'Angleterre, et qui désiraient un chef national. Lors du traité de Brétigny, Clisson insista avec tant d'énergie auprès des deux cours d'Angleterre et de France, qu'on lui rendit les domaines qui lui avaient été enlevés par Philippe de Valois ; il rentra en possession de Garnache, de Beauvoir-sur-Mer, de Château- de-Vaux et de Château-Guy. Il augmenta encore sa force territoriale par son mariage avec Jeanne de Laval, et devint en Bretagne une véritable puissance: il se forma une suite de quatre cents chevaliers et de mille arrière vassaux dont il disposait à son gré. Eh 1364, la bataille d'Auray décida l'affaire de la succession de Bretagne; ce fut à Clisson que Montfort dut principalement son triomphe. Clisson arriva à lachûte du jour au camp, couvert de poussière, et ramenant un grand nombre de prisonniers; Montfort courut au devant de lui, l'embrassa en disant : Après Dieu et Chandos, c'est à vous que je dois la victoire, En même temps il versa du vin dans la coupe ducale, et voulut que le général anglais et le banneret breton y bussent ensemble. C'était une distinction insigne, mais Clisson refusa cet honneur, parce qu'il devait le partager avec un autre. Ce refus piqua Montfort, et l'on prétend ue ce fut la première origine de la mésintelligence qui éclata un peu plus tard entre eux. Clisson fut envoyé par le nouveau duc Jean IV à la cour de France, comme ambassadeur. Le roi Charles V lui fit le plus gracieux accueil. Fier des avances que ce prince lui avait faites, Clisson, à son retour, traita le duc avec plus de morgue que jamais, lui reprocha vivement la préférence qu'il accordait aux Anglais, et, déterminé à faire un éclat, il demanda à Montfort à lui céder le château du Gâvre qui avait été donné à Chandos: il eut un refus. Alors il entra dans une violente colère, accusa le prince d'ingratitude en présence de toute sa cour, et retourna brusquement dans ses domaines. Là, il réunit ses hommes d'armes, se porte sur le Gâvre, le brûle, charge sur des chariots les pierres du château, et s'en sert pour faire bâtir une autre aile à celui de Blain. Le duc dissimula cette offense; Chandos en porta ses plaintes au prince de Galles qui fit de vifs reproches à Clisson. Celui-ci envoya défier au combat le prince de Galles, qui refusa de l'accepter; mais il envoya un message à Jean IV pour lui témoigner sa surprise de la conduite de Clisson, en lui demandant si la Bretagne avait déjà oublié qu'elle tenait son maître de l'Angleterre. Ceci aigrit davantage les esprits. Montfort éloigna Clisson, en le chargeant d'une nouvelle mission auprès du roi de France. Clisson défendit avec chaleur les intérêts de son maître : il protestait de son attachement à la France, lorsque Charles V lui apprit qu'au mépris de la foi jurée, Montfort prenait ses dispositions pour livrer passage aux troupes anglaises qui allaient en Guienne renforcer l'armée du prince Noir. Clisson fut outré de cette trahison, et déclara à Charles V, que, dès ce moment, il abandonnait les intérêts de Montfort, et qu'il acceptait les offres que le roi de France lui faisait depuis longtemps. On le nomma lieutenant pour le roi dans la province de Guienne, où la France possédait encore quelques places. Cet emploi ,le rendait l'égal du duc d'Anjou, commandant en Languedoc, et mettait sous ses ordres les troupes disséminées dans les provinces de l'Ouest. Décoré de son nouveau titre, il revint en Bretagne, brava le duc jusque dans son palais, étalant partout les insignes de sa haute dignité, et précédé toujours de deux hérauts aux armes de France. Il se hâta de visiter ses domaines, y leva le plus de monde qu'il put, enflamma le zèle des autres barons; enfin, il réunit une compagnie de trois cents lances, à peu près dix-huit cents hommes parfaitement équipés.et vint les offrir à Charles V; puis il alla combattre pendant deux mois les malandrins, envoyés par l'Angleterre, les défit complètement sur les bords de la Dordogne, et donna ainsi à Duguesclin le temps de revenir d'Espagne. Dans un voyage qu'il fit en Bretagne en même temps que celui ci , il fut adopté par lui comme son frère d'armes; la cérémonie qui constituait cette adoption et les fêtes qui la suivaient furent célébrées au château de Pontorson avec le plus brillant appareil, en 1369. La campagne de cette année,si glorieuse pour les armes françaises, fournit à Clisson de nombreuses occasions de se signaler; il n'en laissa échapper aucune; il détruisit l'armée de Robert Knolles, et, envoyé en Poitou avec le titre de lieutenant-général pour le roi, il força les troupes du prince de Galles à lever le siège de Moncontour, et les rejeta en Guienne. Le vieux Édouard III ne pouvait se consoler d'avoir élevé dans sa cour un homme dont le courage lui était si fatal. Pour servir le ressentiment de ce monarque et calmer ses regrets, les chevaliers anglais lui promirent de poursuivre Clisson à outrance, de s'attacher à sa personne, enfin,de le prendre mort ou vif; ils firent avec persévérance tous leurs efforts pour accomplir cette promesse, et en effet, dans toutes les rencontres un peu meurtrières, Clisson avait à soutenir le poids de milliers d'ennemis conjurés pour sa perte: cet acharnement à le poursuivre flattait sa vanité, mais sa sûreté le forçait à ne faire quartier à personne. Il s'en suivit une lutte exaspérée qui n'avait aucun caractère de générosité. Une trêve ménagée en 1373 par le pape Grégoire XI, fit cesser cette guerre meurtrière , et Clisson alla se reposer dans le château de Josselin qu'il avait acheté du comte d'Alençon. C'est là qu'il reçut Charles le-Mauvais, roi de Navarre. Ille conduisit ensuite à la cour de Bretagne. La duchesse Isabelle, fille d'Edouard III, combla d'attentions Clisson, qu'elle voulait gagner de nouveau au parti de Jean IV. Celui-ci était jaloux; le roi de Navarre se fit un plaisir de lui persuader qu'une intrigue d'amour était nouée entre Olivier et Isabelle. Montfort voulut faire périr Clisson dans une fête; mais Olivier, averti à temps, échappa au danger: Monfort eut l'imprudence de faire un éclat et de quereller sa femme en présence de toute sa cour. Toute réconciliation devint impossible entre le duc et son puissant vassal. Le duc, malgré la trêve, reprit les hostilités contre le parti de la noblesse. Assiégé dans Quimperlé avec Beaumanoir, Clisson allait être forcé de se rendre, lorsqu'en 1375; la nouvelle du traité conclu à Bruges entre la France et l'Angleterre contraignit Montfort, non seulement à lever le siège de Quimperlé, mais encore à sortir du duché de Bretagne avec les troupes anglaises qu'il y avait appelées. Après son départ, Clisson exerça sur la Bretagne une espèce de protectorat , et il la régit à son gré pendant près de deux années. Lorsque Richard II devint roi d'Angleterre, il recommença la guerre avec la France. Charles V, voulant réunir la Bretagne à la couronne, ordonna à Clisson d'enlever les places de Brest, de Saint-Brieux et d'Aurai qui restaient encore à Montfort. Ce fut avec un rare courage, et en payant héroïquement de sa personne, qu'Olivier enleva Aurai d'assaut (Décembre 1378). Charles V voulut réunir la Bretagne à la couronne par un coup d'éclat: il échoua complètement. Olivier se montra décidé à servir les vues du roi de France, mais il ne suivit pas franchement ce parti. Renfermé dans Nantes avec une nombreuse garnison, il aurait pu neutraliser les efforts des Anglais qui étaient parvenus à faire accepter leur appui aux nobles Bretons; il n'eut pas la force de résister aux sollicitations des Nantais, et, pour leur être agréable, il eut recours au subterfuge : il fit éclater une émeute, et sortit de la place comme s'il y avait été contraint par la force (1379). Toutefois, il paraît qu'il eut honte du rôle qu'il venait de jouer; après quelques échecs, il reprit l'offensive, et poursuivit son ennemi avec l'habileté la mieux soutenue. Avec des forces très-médiocres, il contraignit le duc à lui abandonner la campagne. Montfort se croyait au moment d'être obligé de quitter ses états pour la troisième fois, lorsque Clisson vit tout à coup ses opérations paralysées par la défection de son gendre, le sire de Rohan. Réduit à la défensive, Olivier quitta le duché, et alla rejoindre à Paris le connétable Du mais Du-Guesclin mourut au siège de Châteauneuf-de-Randon, remettant l'épée de connétable à Olivier, qui se rendit aussitôt à Paris.

 

 

Toutefois ce ne fut qu'après la mort de Charles V, le 28 Octobre 1380, que les circonstances forcèrent le duc d'Anjou à nommer connétable Clisson, quoiqu'il ne pût le souffrir : Charles V mourant avait dit à ses frères: Or, faites le sire de Clisson connétable, je n'y vois nul plus propre que lui. Dans ses nouvelles fonctions, Clisson déploya une énergie soutenue. Lorsque Montfort vint à Paris rendre hommage à Charles VI, en 1381, il saisit cette occasion pour prendre un arrangement avec Clisson. Cette réconciliation se consomma par un traité authentique signé le 10 Juillet 1381. Le connétable jura d'être bon,vrai et loyal allié de Montfort, contre tous, excepté le roi de France. Le duc, de son côte, jura d'être bon, joyal seigneur, et allié bienveillant de Clisson. Ce fut Clisson qui présida bientôt, comme connétable, aux préparatifs de l'expédition dirigée contre les Flamands révoltés contre leur comte Louis de Maie. C'est à ses dispositions que les Français ….Lorsque la France rompit de nouveau avec l'Angleterre Clisson commanda l'expédition préparée pour effectuer une descente sur les côtes de la Grande-Bretagne (1386); mais les tempêtes dispersèrent les flottes de France. L'année suivante, Olivier se rendit en Bretagne pour présider aux préparatifs d'une nouvelle expédition. Il était le plus ardent ennemi qu'eussent les Anglais; il avait mérité le surnom de boucher par les cruautés qu'il exerçait sur eux: aussi poursuivit-il son arme de la déférence envers le duc de Bretagne, son souverain, il n'avait pas moins de haine pour lui, et il s'occupait alors même des moyens de lui opposer un compétiteur, le fils de Charles de Blois, son ancien rival. Le duc fut instruit de ses menées, et résolut de les déjouer par une trame qu'il tint secrète : il convoqua les états de Bretagne à Vannes. Le connétable s'y rendit sans défiance, ainsi que les principaux seigneurs bretons. Après d'assez longues discussions sur les affaires de la province, le duc de Bretagne donna un grand dîner aux seigneurs qui allaient se séparer. Le lendemain, le connétable en donna un à son tour, et, au sortir de table, il devait retourner à sa flotte à Tréguier. A la fin du repas, le duc vint surprendre les convives chez le connétable. « Il s'assit entre les barons (dit Froissart), et but et mangea, ainsi que par amour et par grand compagnie, et leur montra plus grand semblant d'amour qu'il n'avait oncques fait, et leur dit: « Beaux seigneurs, mes amis et mes compagnons, Dieu vous laisse aller et retourner à joie, et vous donne faire telle chose en armes qui vous plaise et qui vous vaille! » Ils répondirent tous : Monseigneur, Dieu vous le veuille merir (rendre). » Le duc faisait alors bâtir assez près de Vannes un château très-beau et très-fort qu'il appelait l'Hermine, parce que le duché de Bretagne portait l'hermine pour armoiries. Il dit au connétable, au sire de Laval, au vicomte de Rohan, à Beaumanoir, et à quelques autres barons qui devaient passer devant en re (départ), que vous veuillez venir voir mon château de l'Hermine; si verrez comment je l'ai fait ouvrer (travailler,construire) et fais encore.»

 

 

Jean IV et ses "visiteurs" au château de l'Hermine"

 

Tous y consentirent : arrivés au château, ils descendirent de cheval; le duc, par la main,les mena de chambre en chambre, d'office en office, et devant le cellier, et les fit là boire. Arrivés à l'entrée de la maîltresse tour, le duc dit au connétable: « Messire Olivier, il n'y a homme de çà la mer qui se connoisse mieux en maçonnerie que vous faites. Je vous prie, beau sire, que vous muntiez là-haut: si ne sauriez dire comment le lieu est édifié : il est bien, il demeurera ainsi; si il est mal, je le ferai amender (corriger, rectifier, changer). » Le connétable, qui nul mal n'y pensait, dit: « Monseigneur, volontiers. » Dès qu'il eut passé le premier étage, des hommes que le duc avait places là en embuscade pour l'attendre, fermèrent soudainement la porte, et le chargèrent de trois paires de fers, en lui disant cependant: « Monseigneur, pardonnez-nous ce que nous vous faisons, car il nous faut le faire: ainsi nous est-il enjoint par monseigneur de Bretagne. Quand le sire de Laval, qui était à l'entrée de la tour, vit l'huis clore à l'encontre d'eux, tout le sang lui commença à frémir, et entra en grand soupçon de son beau-frère le connétable , et regarda sur le duc, qui devint plus vert qu'une feuille: si dit: « Ha! Monseigneur, pour Dieu, mercy, que voulez-vous faire? N'ayez nulle male (mauvaise) volonté sur beau-frère le connétable. -Sire de Laval, dit le duc, montez à cheval, et si vous partez de ci (allez-vous en d'ici); vous vous en pouvez bien aller si vous voulez: je sais bien ce que j'ai à faire. -Monseigneur, répondit le sire de Laval, jamais je ne me partirai sans beau-frère le connétable. « A ces mots entra le sire de Beaumanoir que le duc haïssait grandement. Le duc vint contre lui en tirant sa dague, et dit: « Beaumanoir, veux-tu être au point de ton maître (dans l'état où est ton maître) ? Monseigneur, dit le sire de Beaumanoir, je crois que mon maître soit bien. - Et toutefois, dit le duc, je te demande si tu veux être ainsi ? -Oui, Monseigneur, » dit-il. - Adonc trahist (tira) le duc sa dague, et la prit par la pointe, et dit: « Or çà, çà, Beaumanoir, puisque tu veux être ainsi, il te faut crever un oeil. » (Clisson avait perdu un oeil en 1364 à la bataille d'Aurai). Le sire de Beaumanoir vit bien que la chose allait mal; car le duc était plus vert que une feuille; si se mit à un genou devant lui, et lui dit : « Monseigneur,je tiens tant de bien et de noblesse en vous, que, s'il plaist à Dieu, vous ne nous ferez que droit, car nous sommes en Votre mercy (en votre pouvoir), et par bon amour, et par bonne compagnie, et à votre requête et prières sommes nous ci venus. Si, ne vous déshonorez pas pour accomplir aucune felle volonté, si vous l'avez sur nous, car il en serait trop grand'nouvelle. -Or va, va, dit le duc, tu n'auras ni pis ni-mieux qu'il aura. » Adonc fut-il mené en chambre de ceux qui étaient ordonnés pour ce faire, et là il y eut bien cause, car il sentait que le duc ne l'aimait que un petit; ne le connétable aussi; si n'en pouvoit avoir autre chose. En soi-même le connétable se comptoit pour mort, ni nulle espérance de venir jusqu'au lendemain n'avait; car ce le ébahissait moult fort, et à bonne cause, que par trois fois il fut déferré, et mis sur les carreaux. Une fois voulait le duc qu'on lui tranchast la tête, l'autre fois voulait qu'on le-noyast et de l'une de ces dem-morts brièvement il fut lise, si ce n'eût été le sire de Laval mais quand il oyait le commandement du duc, il se jetait à genoux devant lui en pleurant moult tendrement, et joignant les mains, et lui disait: « Ah! Monseigneur, pour Dieu mercy, avisez-vous : n'ouvrez point (n'entreprenez point) telle cruauté sur beau-frère le connétable,il ne peut avoir desservi mort (mérité la mort). Par votre grâce, veuillez moi dire qui vous meut à présent de être si crueusement (cruellement) courroucé contre lui, et je vous jure que le fait qu'il a méfait, je le lui ferai du corps et des biens amender si grandement, ou je (le ferai) pour lui, ou nous tous deux .ensemble, que vous oserez le dire ni juger. Monseigneur, souvienne vous, pour Dieu, comment de jeunesse vous fûtes compagnons ensemble, et nourris tous en un hôtel avec le duc de Lancaster. Monseigneur, pour Dieu mercy, souvienne vous de ce temps, comment, avant qu'il eût sa paix au roi de France, il vous servit toujours loyalement, et vous aida à recouvrer votre héritage. -Sire de Laval, répondit le duc, Clisson m'a tant de fois courroucé, que maintenant il est heure que je le lui montre; et partez vous de ci, je le vous demande rien; laissez-moi faire ma cruauté et ma hâtiveté; car je veux qu'il meure.... Par ces instances, le sire de Laval calma enfin la colère du duc: il retraça vivement à son imagination le déshonneur, le danger qu'il encourait: mais déjà ce danger, ce déshonneur était encouru, car il s'arrêta quand il était trop tard, quand il joignait seulement l'imprudence à la perfidie, qu'il rendait le pouvoir de lui nuire à celui en qui il avait excité le plus violent ressentiment. Il consentit enfin à promettre au sire de Laval qu'il rendrait la liberté à son beau-frère, pourvu que celui-ci lui remît les forteresses de Castel-Brou, Castel-Josselin, Lamballe et Jugon, et lui payât cent mille francs comptant. Le sire de Beaumanoir fut relâché pour qu'il fît ouvrir les forteresses et apporter l'argent, et les fers furent ôtés au connétable.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 12:41

Le château de Clisson, autrefois très fortifié, bâti sur un roc au bord de la Sèvre et en face de l'embouchure de la Moine, était encore regardé, au XVIIe siècle comme un des remparts de la Bretagne;il domine cette cité, et fut le berceau et le principal fief de l'illustre maison dont il porte le nom. Le château de Clisson, dont on voit actuellement les ruines, fut rebâti en grande partie, en 1223, par Olivier Ier, sire de Clisson, sur l'emplacement qu'occupait l'ancien manoir de sa famille, et cet antique manoir avait lui-même autrefois remplacé les fortifications élevées dans le Bas-Empire; on croit que ces fortifications avaient été détruites par les Normands, dans les courses que ces barbares firent dans ce pays depuis le commencement du IXe siècle jusqu'au milieu du Xe, ou par des guerres féodales dont l'histoire ne nous a pas conservé le souvenir. Ce même Olivier Ie fit également entourer la ville de fortes murailles: Clisson devint dès lors une place régulière;elle arrêtait les armées formidables, et celles même de nos jouis ne l'eussent pas méprisée si l'on eut entretenu ses fortifications. Le connétable, cent cinquante ans après, fit achever et augmente. ces remparts; et le duc de Bretagne, François II, les fit entièrement réparer en 1464. Le sire de Clisson, Olivier Ier, s'était croisé en 1218, avec plusieurs chevaliers et seigneurs bretons. Il est probable que ce fut à son retour qu'il fit construire cette forteresse dans le genre de celles qu 'il avait vues en Syrie et sur les bords du Jourdain. : car il est bon de remarquer, à cette occasion, que la plus grande partie des châteaux bâtis en Bretagne du temps des croisades, ne tiennent en rien au style gothique qui régnait alors; c'est de l'architecture mauresque ou sarrazine dans toute sa pureté; le plan, l'élévation et les détails de celui de Clisson ont complétement ce caractère: on a même remarqué que les profils et la forme des créneaux et des mâchicoulis étaient parfaitement semblables à ceux du château de Césarée dans la Palestine, vulgairement appelé la Tour des Pèlerins. Dans les siècles antérieurs à celui où les progrès de l'artillerie firent entièrement changer le système de défense des places fortes, le château de Clisson était regardé comme un chef-d'œuvre de fortification, et les ingénieurs de nos jours l'admirent encore. Son plan est irrégulier, et cette irrégularité est moins l'effet de la nature du terrain que celui d'une combinaison savante qui en défendait l'approche et la sape; aussi ,dans les divers sièges qu'il soutint, les armées, qui ne purent s'en emparer par capitulation, firent obligées, après de vains efforts, d'en lever le siège; et, pour le battre en brèche, le canon ne fut d'aucun secours à Henri IV et au duc de Mercœur; leurs boulets échouèrent contre des murs de seize pieds d'épaisseur, fondes sur un roc de granit. La principale porte du côté de la ville était masquée par un bastion; cette porte, du plus beau caractère d'architecture mauresque, est accompagnée de hautes murailles qui se prolongent jusqu'aux tours qui en flanquent les extrémités, et ces belles lignes produisent J'effet d'une superbe décoration théâtrale. Olivier Ier ne donna d'abord à ce château que cette seule entrée; maisilpratiqua plusieurs poternes et issues masquées, ouvertes sur la campagne par de nombreux souterrains, qui, dans ces temps reculés, étaient une des principales défenses des forteresses; et aux - XIIIe et XIVe siècles le château de Clisson était célèbre en ce genre, au même degré que ceux d'Aurav, de Josselin, de la Roche-Derrien,de Chantecé, de Derval, de Chanteauceaulx, de Craon et de Châteaubriant, illustrés dans les temps de la chevalerie par tant de brillants faits d'armes. Outre la double enceinte de murailles et de fossés qui entouraient le château du côté de la campagne, on y ajouta encore, vers la fin du XIVe siècle, des bastions, des remparts, et un large fossé extérieur, avec une contre escarpe et des glacis: Il est probable que ces ouvrages modernes furent élevéa au temps des guerres de la Ligue; cat l'histoire de Bretagne fait mention qu'à cette époque les états firent considérablement fortifier ce château, et que, jusqu'à la pacification d'Angers, ils y entretinrent une forte garnison. Cette place aurait été susceptible, de nos jours, d'être encore avantageusement défendue avec de l'artillerie; mais un abandon de près de deux siècles avait déjà mis ces fortifications en état de ruine, lorsqu'en 1793 l'armée républicaine, dite de Mayence, s'en étant emparée de v ive force, acheva de les détruire; et quoique cette forteresse fût alors ouverte de tous côtés, et qu'elle n'offrît plus qu'un amas de décombres, les tioupes s'y réfugièrent néanmoins, et pendant la durée de cette guerre elles en firent une place d'armes, où elles n'éprouvèrent jamais les funestes ré- sultats deces attaques subites et terribles, si familières aux Vendéens. Pour éviter toute surprise, on plaçait une sentinelle sur la principale tour; elle pouvait facilement, de cette hauteur, découvrir l'approche de l'ennemiet donner l'alarme; car de cette tour, la vue se porte à plus de quatre myriamètres de rayon. - Ce château n'était pas moins fortifié dans l'intérieur qu'à l'extérieur ; et pour pénétrer de vive force dans la dernière cour où se trouvaient les bâtiments qui servaient à l'habitation seigneuriale, il fallait d'abord se rendre maître de deux bastions et du donjon: ces fortifications intérieures étaient également défendues par des fossés, des poternes, desmâchicoulis, des ponts-levis et des herses; mais, depuis longtemps,lavégétation s'est emparée de toutes ces constructions abandonnées, et la crête de ces vieux murs est actuellement revêtue de masses dechèvrefeuille, de rosiers, et d'autres arbustes odoriférants dont les fleurs retombent en guirlandessur ces décombres qui rappellent tant de souvenirs.- Dans le bastion de la première cour on remarque deux ormes qui ont plus de quatre mètres de circonférence, et qui couronnent majestueusement ces hautes murailles;les branches énormes de ces arbres vénérables, que la nature a produit d'elle-même et par hasard, se sont fait jour à travers des créneaux à demi ruinés; et ces ouvertures gothiques, qui lançaient autrefois tant de traits meurtriers, sont ombragées aujourd'hui par de superbes rameaux que le vent agite et balance mollement dans les airs.

 

 

Ce château fut confisqué, en 1420, par Jean V, duc de Bretagne, sur la famille de Clisson, et possédé, jusqu'en 1480, par la maison régnante de Bretagne. A cette époque il fut donné, par le duc François II, à François d'Avaugour, son fils naturel; mais cette maison s'étant éteinte, en 1746, par la mort de Henri-François de Bretagne de Goello, comte de Vertus, baron d'Avaugour, le prince de Rohan-Soubise hérita d'une partie de cette terre: non-seulement il n'eut point le désir de visiter ce château, mais il renonça même à l'habiter; et à peine fut-il en possession, qu'il en fit vendre tous les meubles et transporter ailleurs les archives. Tousles logements furent alors donnés gratuitement à divers particuliers, qui les occupèrent jusqu'à lincendie de 1793 , où tous les bâtiments modernes que les seigneurs de la maison d'Avaugour avaient fait construire furent entièrement détruits par le feu. Après la mort du prince de Rohan-Soubise, en 1787, divers héritiers se partagèrent encore les terres; et le château sans dépendance étant tombé, en 1791, dans les domaines du gouvernement, il fut cédé, dix ans après, à la caisse d'amortissement, qui mit cette ruine en vente en 1807. Il existait au milieu de la dernière cour un très-beau puits, taillé dans le roc et extrêmement profond; il est actuellement comblé : des scènes horribles ensanglantèrent ce lieu en 1793 et 1795. La moitié du donjon s'écroula verticalement vers le milieu du XVIIe siècle: on ignore si cette chûte fut l'effet d'un tremblement de terre ou d'un vice de construction; mais la partie qui est restée debout doit longtemps encore, par sa solidité, défier le temps et ses outrages. D'anciennesv traditions assurent qu'il existait autrefois sur la plate-forme de ce donjon un fanal, que l'on allumait tous les soirs pour guider les voyageurs exposés à s'égarer pendant la noit dans un pays excessivement couvert et où il n'y avait point de grande route: ce fanal pouvait aussi servir, dans les temps de guerre, à donner des signaux, à indiquer la place aux troupes qui venaient à son secours, et à diriger la garnison lorsqu'elle faisait des sorties ou des excursions nocturnes dans cette contrée, que l'on peut aujourd'hui comparer à un labyrinthe inextricable... Philippe-Auguste ayant pris la Bretagne sous sa protection, et se trouvant à Nantes en 1205, y convoqua, vers les fêtes de Pâques, les ducs, les comtes, les chevaliers et tous les seigneurs sujets à son ost (armée); et parmi les chevaliers bretons qui parurent à cette monstre (revue), on distingua, disent les chroniques; Guillaume de Clisson et son fils : ces deux chevaliers avaient suivi, l'année précédente, Gui de Thouars au siège du Mont-Saint-Michel, et avaient été du nombre de ces braves que des prodiges de valeur rendirent, maîtres, en peu de jours, d'une place inexpugnable, située sur un rocher escarpé au milieu de la mer. Ce Guillaume de Clisson était probablement frère d'Olivier Ier, sire de Clisson, qui rebâtit ainsi que nous l'avons déjà rapporté,le château de Clisson en 1223, et qui entoura la ville de murailles, dont la plus grande partie existe encore; mais, quoique l'histoire de Bretagne ne commence qu'à cette époque à faire mention de cette illustre famille,il n'en est pas moins certain qu'elle possédait, dans les temps les plus reculés, le fief dont elle portait le nom. Quelques auteurs prétendent que ce fut Gui de Thouars qui créa baron, en 1199, le sire de Clisson Olivier Ier; soit que la maison de Clisson fût depuis longtemps en possession de ce titre, soit qu'Olivier Ier eut seulement obtenu de Gui de Thouars, comte de Bretagne, toujours est-il constant que ce prince donna au sire de Clisson la qualité de baron dans une charte de l'abbaye de Villeneuve, datée de l'an 1205. L'on sait d'ailleurs que les barons seuls avaient le droit de faire clore et fortifier le bourg ou la ville de leur fief principal. Sous le règne de Saint-Louis, Olivier I sire de Clisson, tint le parti de la France. Il reçut dans son château Saint-Louis et Blanche de Castille, en 1230. En 1257, Olivier I, que l'on nommait alors le Vieux à cause de son grand âge, se ligua avec d'autres barons de Bretagne pour faire la guerre au duc Jean I, dit le Roux ou le duc Mauvais, fils de Pierre de Dreux. Ce prince, aussi ennemi que son père de la puissance des barons et des évêques,fit tous ses efforts pour la rabaisser. Il fit raser plusieurs châteaux qui appartenaient à Olivier; mais, ayant assiégé celui de Clisson, il échoua honteusement devant cette forteresse. Il eut alors recours au roi de France; et, par sa protection, il obtint un arrêt du parlement de Paris, en 1260, qui lui donna saisine de ce fief, dont il ne parvint cependant à s'emparer qu'avec le secours des troupes royales. Il le garda deux ans (jusqu'en 1262); mais Jean I, voulant enfin mettre un terme aux funestes divisions qui avaient jusque là troublé la Bretagne, prit le parti de traiter avec les mécontents. Olivier de Clisson était celui qu'il regardait comme le plus à craindre, aussi l'avait-il plus maltraité que les autres; il ne s'était pas borné à détruire ses forteresses, il avait encore fait saisir toutes ses terres. Olivier, ne pouvant se venger par les armes, se pourvut au tribunal du roi de France, et y appela le duc son suzerain. Un prince moins équitable que Louis IX aurait saisi avec joie cette occasion pour établir son autorité en Bretagne; mais il se contenta d'exiger que le duc rendît au jeune Clisson les biens séquestres sur son père, car il ne put jamais déterminer Jean Ier à pardonner au vieux Olivier ses rebellions, et il obligea le nouveau seigneur de Clisson à faire hommage-lige au duc, et à lui promettre de ne plus plaider contre lui dans aucune cour étrangère, à moins qu'on ne lui refusât justice dans celle de Bretagne. Toutes ces choses furent réglées par un traité fait en présence du roi, au mois de février 1262. Olivier IIe du nom, sire de Clisson, à qui Jean I, duc de Bretagne, rendit cette seigneurie, servit Philippe IV, dit le Bel, dans ses guerres contre les Anglais. Il eut trois fils de sa femme: Isabeau de Craon, Garnier de Clisson, Olivier IIIe du nom, père du connétable, et Amaury de Clisson. Garnier de Clisson, que Froissart met au nombre des plus hauts barons de Bretagne et des plus braves chevaliers de son siècle, ne contracta, à ce qu'il paraît, aucune alliance, et mourut glorieusement, en 1341, en défendant le château de Brest, assiégé par le comte de Montfort au commencement de la fameuse guerre de la succession de Bretagne. Olivier lle du nom, père du connétable, succéda à son frère Garnier, et fit, la même année, l'hommage de ses terres à Charles de Blois dont il soutenait le parti. Le comte Jean de Montfort s'étant rendu maître du château de Brest après la mort de Garnier, il s'empara également des villes de Rennes et d'Hennebont, et vint mettre le siège devant le château de la Roche-Périon. Olivier de Clisson commandait dans cette place; et le comte, était insensible à ses menaces comme à ses promesses, se détermina à lever ce siège pour faire celui d'Auray. Amaury de Clisson, frère de Garnier et d'Olivier II, ne suivit point d'abord, comme ses deux frères, le parti de Charles de Blois; il s'attacha fortement, au contraire, à celui de son compétiteur; et lorsque le comte de Montfort fut fait prisonnier à Nantes par l'armée française, et enfermé dans la tour du Louvre à Paris (vers la fin de l'an 1341), Amaury de Clisson fut nomme par la comtesse de Montfort et par les seigneurs de son parti tuteur et curateur du jeune comte de Montfort. La comtesse envoya de suite Amaury en Angleterre, pour presser le secours que le roi Édouard III avait promis à son époux. Amaury y renouvela l'alliance que le comte avait contractée avec ce prince, et s'engagea, tant au nom de son pupille qu'en celui de Jeanne de Flandre, à reconnaître Edouard pour roi de France, à lui faire hommage de la Bretagne, et à lui livrer les principales places de ce duché. Le mariage du jeune comte de Montfort avec une princesse d'Angleterre fut en même temps convenu, et Édouard fit équiper un grand nombre de vaisseaux pour transporter ses troupes en Bretagne. La comtesse était assiégée dans Hennebont et presque réduite à se rendre, lorsque Amaury de Clisson lui amena un secours d'Anglais; Charles de Blois fut contraint à lever le siège. Charles de Blois étant venu l'année suivante (1342) mettre une seconde fois le siège devant cette ville, Amaury de Clisson signala encore son grand courage et son humanité en sauvant deux braves chevaliers d'une mort ignominieuse qui leur était lâchement préparée; et i! se rendit si redoutable à Charles de Blois, que ce prince, ne pouvant le vaincre ni le détacher du parti du comte de Montfort, confisqua toutes ses terres, et les donna à Guillaume de la Heuze. Il paraît que cette rigueur et les sollicitations de sa famille le déterminèrent enfin à se ranger sous les bannières du parti qu'il avait si vaillamment combattu. Décembre 1344, confirmée par le roi au mois de Janvier suivant, lui donna l'abolition de ses rébellions. et il mourut (le 18 Janvier 1347) au combat de la Roche-Derrien, tenant le parti de ce duc. Robert d'Artois, ayant débarqué en Bretagne, en 1342, à la tôle d'une armée anglaise, se présenta devant la ville de Vannes, et en forma le siège. Charles de Blois avait confié la défense de cette place importante au sire de Clisson, Olivier III.

 

 

Dès que ce brave guerrier vit approcher l'ennemi, il prit ses mesures Robert d'Artois, a près avoir donné inutilement plusieurs assauts, était sur le point de lever le siège, lorsqu'on lui indiqua un endroit de la ville où on ne faisait point de garde: il pénétra de ce côté, prit à revers les assiégés qui combattaient sur les remparts; et, dans la confusion de cette attaque imprévue, Clisson, ne pouvant regagner le château, n'eut que le temps de s'échapper par une porte secrète avec une partie de ses gens; mais furieux de s'être ainsi laissé surprendre, et désespéré des soupçons que l'on pouvait concevoir contre son honneur et son courage, il rassembla promptement des troupes, tomba tout à coup sur Vannes, et ses mesures furent si bien concertées, qu'il emporta cette place d'assaut. Robert d'Artois, en se défendant avec une grande bravoure, y fut blessé à mort ; et Philippe de Valois se vit ainsi délivré de ce prince transfuge.

 

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 09:41

 

 

 

J’ai vu dans mes yeux, dans mon rêve,
La Notre-Dame des brisans
Qui jetait à ses pauvres gens
Un gros navire sur leur grève…
Sur la grève des Kerlouans
Aussi goélands que les goélands.

Le sort est dans l’eau : le cormoran nage,
Le vent bat en côte, et c’est le Mois Noir…
Oh ! moi je sens bien de loin le naufrage !
Moi j’entends là-haut chasser le nuage !
Moi je vois profond dans la nuit, sans voir !

Moi je siffle quand la mer gronde,
Oiseau de malheur à poil roux !…
J’ai promis aux douaniers de ronde,
Leur part, pour rester dans leurs trous…
Que je sois seul ! – oiseau d’épave
Sur les brisans que la mer lave…
Oiseau de malheur à poil roux !

Et qu’il vente la peau du diable !
Je sens ça déjà sous ma peau.
La mer moutonne !… – Ho, mon troupeau !
–C’est moi le berger, sur le sable…

L’enfer fait l’amour. – Je ris comme un mort –
Sautez sous le Hû !… le Hû des rafales,
Sur les noirs taureaux sourds, blanches cavales !
Votre écume à moi, cavales d’Armor !
Et vos crins au vent !… – Je ris comme un mort –

Mon père était un vieux saltin,
Ma mère une vieille morgate…
Une nuit, sonna le tocsin :
– Vite à la côte : une frégate ! –
… Et dans la nuit, jusqu’au matin,
Ils ont tout rincé la frégate…

Mais il dort mort le vieux saltin,
Et morte la vieille morgate…
Là-haut, dans le paradis saint
Ils n’ont plus besoin de frégate.

 

 

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