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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 09:46

 

L'un des principaux était un certain marquis de Langey, lieutenant colonel d'un régiment de cavalerie cantonné à Ploërmel (car toute la Bretagne regorgeait de troupes) qui, deux mois auparavant, avait écrit audit Montesquiou ces lignes inqualifiables : « Je vous conseille de veiller sur le comte de Rieux. Tout mon parent et mon ami qu'il est, je crains qu'il ne soit assez malheureux pour déplaire à Son Altesse Royale, à qui je sacrifierais mon fils s'il étoit coupable .» Ame vile et servile, née pour un métier tout autre à coup sûr que le noble métier des armes ! Aussi, Langey était-il, dit Lémontey, particulièrement chargé par le maréchal des mesures répressives. Le maréchal devait aimer un tel être. Un jour pourtant, le 22 septembre 1719, cet estafier (je parle de Langey) faillit vilainement à sa fortune : tout près de saisir d'un seul coup tous les chefs de la confédération bretonne chez M. le comte de Rohan, au château du Pouldu, il les laissa échapper, le maladroit! Voici un curieux récit de cet épisode, que m'a bien voulu transmettre mon ami M. de Bréhier, comme il l'a recueilli de la bouche d'un vénérable vieillard plus qu'octogénaire, M. de la Goublaye, actuellement vivant, qui le tient lui-même de son grand-père, engagé dans la conspiration de 1719 et spécialement compromis dans la surprise du Pouldu. Les conjurés qui voulaient s'entendre avec M. de Rohan pour l'organisation du complot, se rendaient ordinairement au Pouldu cachés sous le costume des paludiers de Guérande, blouse blanche, bragou-bras, guêtres de toile, chapeau retroussé. Devant eux ces prétendus sauniers poussaient des mules chargées, mais dont les sacs au lieu de sel contenaient de l'argent, de la poudre, ou des armes. Ces fréquentes allées et venues finirent par être remarquées : qu'avait à faire de tout ce sel M. de Rohan, qui grand seigneur par son nom ne l'était pas par sa fortune, et eût pu mettre au charnier tous les pourceaux de son fief et de son arrière fief sans faire seulement baisser d'une manière sensible cette montagne saline, que chaque jour, dans leurs sacs, lui portaient les bragou-bras ? Tout ce manège inspirait donc les plus grands soupçons à la police du Régent ou, si l'on veut, de M. de Montesquiou, qui le surveillait activement. Et un jour que la famille de la Goublaye, -qui habitait le manoir de Trevrat, peu éloigné du Pouldu, -devait venir dîner chez son illustre voisin, afin de se réunir aux autres conjurés qui avaient passé la nuit au Pouldu, un mendiant entre tout essoufflé, et s'adressant à M. de Rohan : -Vous attendez donc bien du monde à dîner aujourd'hui, Monsieur ? -Hé non, répond celui-ci, je n'attends que les habitants de Trevrat. -Quels sont donc, reprend le mendiant, les nombreux cavaliers qui défilent en ce moment sur la lande du Pouldu, et s'avancent, le sabre au poing, vers ici ? -Les hoquetons ! s'écrie aussitôt M. de Rohan, les hoquetons !... Alerte ! sauve qui peut ! -Prévenant donc aussitôt tous les conjurés logés sous son toit de pourvoir à leur sûreté, il jette une bourse au mendiant, lui ordonne de se dépouiller de ses guenilles, et ayant lui même jeté ses habits s'affuble de cette défroque. Pendant ce temps, le mendiant en chemise et les gentilshommes s'enfuyaient de tous côtés à travers champs. Quant à M. de Rohan, qui était resté le dernier pour détruire des papiers compromettants, gardant sous son déguisement tout son sang froid, il n'eut que le temps de se jeter sur un fumier de la basse-cour, moment où les soldats entraient par le portail extérieur, sans même faire attention à ce pauvre malheureux couvert de sordides haillons. Circonstance qui lui donna toute facilité pour fuir et s'aller cacher dans le clocher de l'église de Guéhenno, où il resta plusieurs jours nourri par le curé de cette paroisse.

 

 

Les sbires de Montesquiou ayant à la fin perdu sa trace, il parvint à gagner Saint-Malo, d'où il passa en Angleterre et de là ensuite en Espagne. Cependant les soldats, furieux d'avoir laissé échapper leur proie, se mirent à piller le manoir, burent tout le vin de la cave, et dans leur ivresse, finirent , dit-on, par miner les fondements et raser les bâtiments. A ce moment, un gentilhomme nommé M. de Kervasy, qui habitait tout près du Pouldu le manoir de la Porte-Camus, et connu dans tout le pays pour ses espiègleries souvent un peu fortes (dont le souvenir est même venu jusqu'à nous), instruit de la parfaite ivresse des dragons, jugea la circonstance favorable pour essayer de leur servir un plat de son métier. S'étant donc armé d'une faux emmanchée à revers, il vint, avec son valet Jean Le Merle armé de la même façon, et se dirigea vers les chevaux des hoquetons pour leur trancher les jarrets ; malheureusement les chevaux étaient bien gardés par les plus sains de la bande, qui se mirent en nombre à poursuivre Kervasy et Le Merle. Kervasy leur échappa, grâce à son agilité extraordinaire, qui lui permit de sauter d'un bond par dessus le trop plein de l'étang du Pouldu ; mais Jean Le Merle ayant voulu sauter de même, tomba dans l'eau et fut pris. Traduit plus tard devant la Chambre Royale, il refusa constamment de rien dire sur son maître et prétendit s'être armé d'une faux pour se défendre des chiens enragés, dont plusieurs battaient alors le pays, et avaient même mordu un homme qui mourut de la rage et fut enterré peu de jours seulement avant la surprise du Pouldu, comme l'attesta le curé de Guéhenno par une déclaration qui fit rendre la liberté au brave Le Merle. 

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 07:30

Devant une telle disposition des esprits manifestée par de tels symptômes, force fut d'interrompre absolument la levée des deniers publics dans tout le pays de Guérande, de Blain et de la Roche-Bernard, jusqu'à ce qu'on eût pris de nouvelles mesures. La première dont s'occupa l'intendant fut l'organisation de l'espionnage. Il adressa même à M. Mellier quelques lettres bien senties qui ne sont pas sans intérêt : « Vous m'avez donné, Monsieur, -lui écrivait-il le 13 juillet 1719 plusieurs éclaircissements sur les assemblées des gentilshommes, sur les vues qu'ils ont pour les Etats prochains, sur les discours séditieux qu'ils tiennent. Mais il seroit bien à souhaiter de pouvoir découvrir les véritables ressorts de tous les mouvements qui paroissent en cette province. Quelques précautions que puissent prendre ceux qui y ont part, il est bien difficile qu'il ne s'en trouve pas quelqu'un susceptible d'intérêt ou de quelque autre récompense. Voyez, je vous prie, si vous ne pourriez point en faire sonder quelqu'un, de ceux qui sont au fait des intentions de la noblesse tumultueuse, et si, par argent ou autrement, on n'en pourroit point gagner qui pussent nous éclaircir au vrai de ce que contient l'écrit que l'on fait signer. Il seroit nécessaire pour cet effet de s'adresser à quelqu'un d'entendu, qui pût s'introduire dans les assemblées particulières et rendre compte de ce qui s'y passe. Je ferai volontiers les premiers fonds de ce qui sera nécessaire pour ce sujet, et je puis assurer que l'on accordera récompense à celui ou à ceux qui donneront des éclaircissements certains sur ce qui se trame. Huit jours plus tard, il y revient dans une autre lettre (du 20 juillet 1719) ; il a presque trouvé son homme : «Puisque le chevalier de P... est repentant de la conduite qu'il a eue aux Etats derniers, ne pourrait-on point se servir de lui pour savoir ce qui se passe dans la Noblesse , en lui faisant entendre que ce seroit le moyen, non-seulement d'obtenir le rétablissement de ses pensions, mais même de lui faire avoir quelque emploi dans le service ? C'est un garçon de valeur, qui seroit touché d'obtenir quelque emploi en pied. C'est dommage qu'il soit adonné au vin, car on ne peut compter sur sa prudence. Sans cet inconvénient on pourroit le flatter, par des principes d'honneur, de rendre service de la manière dont il convient qu'un officier s'en acquitte (').... Il eût été à souhaiter que la servante qui était chez M. le chevalier de Montebert eût pu retenir quelque chose de ce qui se dit... Je vous prie de donner toujours vos soins pour lâcher de gagner quelque gentilhomme ou autre , qui puisse donner des avis de ce qui se trame : ils pourront compter sur le secret. Les idées que vous avez, d'envoyer ici quelque gentilhomme qui sache la langue espagnole et quelque homme d'esprit qui contrefasse le marchand de fusils , sont assez bonnes : je les proposerai (à la cour) ». Pourtant, à force de chercher, l'intendant crut enfin avoir trouvé un bon expédient, et il en fit part de suite à son bon ami Mellier : « Comme je crois (lui écrit-il le 3 août) qu'il seroit fort à propos d'approfondir si effectivement M. de Bonamour cherche à engager des soldats, j'ai prié un officier intelligent d'aller faire une tournée, et de lâcher de découvrir la vérité de plusieurs faits , tant de ce qui s'est passé à Guérande et au Croisic, qu'à la Roche-Bernard ; et comme il ne faut pas qu'il paroisse d'avoir une conférence avec vous. Je lui ai dit une partie de ce qui s'est passé; vous lui donnerez vos conseils. Je compte qu'il arrivera dimanche au soir à Nantes.»

 

 

Gérard Mellier

 

En outre, quelques jours après, M. de Brou ordonnait d'envoyer de Nantes à Guérande une grosse brigade d'archers de la maréchaussée, pour appuyer par la force le recouvrement, non plus de l'impôt ordinaire, mais du double et du quadruple de la taxe primitive, car c'est là maintenant ce qu'on prétendait tirer, comme punition, des récalcitrants. Cette maréchaussée était aux ordres d'un lieutenant de prévôt, appelé Le Camus, sur qui l'intendant faisait grands fonds : « De la manière dont vous me parlez des dispositions du sieur Le Camus (écrivait-il à Mellier, le 13 août), je suis persuadé qu'il ne rencontrera point de résistance. Il m'a paru jusques à présent que l'on étoit fort méchant en paroles dans cette province, lorsque l'on ne voyoit personne devant soi ; mais que le caquet se rabattoit beaucoup lorsque l'on trouvait de la résistance. » Et dans une autre lettre au même, du 15 août : «J'ai de la peine à croire que, si le sieur Le Camus marque un peu de fermeté, on s'oppose à ce qu'il exécute sa commission. » Mais, deux jours après pourtant (le 17 août) , il faut écrire à Mellier : « Comme j'allais finir ma lettre, arrive (à Rennes) le sieur Le Camus, qui a été obligé de quitter la ville de Guérande, sur ce que toute la noblesse des environs s'assembloit et vouloit faire main basse sur eux. » D'après le récit de ce Camus déconfit, on voit qu'une cinquantaine de gentilshommes, étant entrés dans Guérande, et suivis d'un gros de peuple, s'étaient rendus devant le quartier de la maréchaussée et avaient envoyé de là en parlementaire un prêtre, le prévôt de la collégiale de Guérande, M. de la Botinière, inviter les braves archers à décamper ou à se battre , au choix : qui sans hésiter choisirent le premier. Le pauvre intendant éprouva, le même jour, un autre déboire. Cet officier intelligent que l'on n'a point oublié, en qui M. de Brou avait reconnu de si belles dispositions pour l'espionnage et dont il espérait tant, était revenu le 16 août, de sa tournée, les mains vides ; les conjurés, très-fort sur leurs gardes, l'ayant malgré tout son miel soigneusement tenu à distance. Cette double déception, essuyée en vingt quatre heures, mit hors de lui M. l'intendant, d'ordinaire assez porté par son naturel aux voies de la modération ; et dans le feu de sa colère, il pressa la cour et le maréchal, qui y était encore, d'inonder de troupes au plus vite ce petit pays de Guérande. En effet, du ler au 6 septembre 1719, toute la presqu'île guérandaise se vit envahir et occuper tout d'un coup par neuf compagnies du régiment de Saint-Simon, infanterie, et huit compagnies de cavalerie du régiment de Villars, distribuées en garnison au Croisic, à Guérande et à la Roche-Bernard, à Redon, Blain, Savenay et Pontchâteau. Pendant cette opération stratégique, l'intendant était inquiet ; son courroux une fois tombé, il en redoutait les suites. Un bruit courait que les gentilshommes étaient résolus de s'opposer aux troupes et de leur fermer les portes de Guérande ; que le marquis de Pontcallec était entré dans cette ville à la tête de trois cents hommes, et que M. de Bonamour tenait la campagne dans les environs avec une grosse bande de partisans. Il n'en était rien du tout, et l'installation des troupes s'accomplit sans coup férir. Loin de songer à combattre, M. de Bonamour, MM. du Pouldu et tous les autres conjurés, fidèles à leur plan qui était d'attendre pour agir le secours d'Espagne, avaient au contraire quitté le pays de Guérande et de la Roche-Bernard pour se diriger dans le pays de Vannes et se rapprocher ainsi de la côte où devaient débarquer les troupes espagnoles. M. de Montesquiou de quitter Paris plus promptement qu'il ne comptait. Le 9 septembre, il mettait le pied en Bretagne, il était à Fougères ; le 10, il allait coucher chez le marquis de Coëtquen, au château de Combourg; le 13, il était à Rennes à consoler et assister l'intendant. Mais un bonheur, assure-t-on , ne vient jamais seul ; et aussi, pendant qu'à Rennes M. de Brou se félicitait de retrouver à ses côtés le digne maréchal, son subdélégué à Nantes trouvait enfin ce rare phénix, en vain cherché si longtemps, -le parfait espion, ou si l'on veut, le parfait traitre. Il s'appelait Roger et il habitait Guérande ; j'ai eu lieu de le nommer un peu plus haut. Il était Manceau d'origine et noble par achat, pourvu d'ailleurs de cinq à six mille livres de rente, ami zélé de MM. De Rohan-Pouldu ; avait pris part avec eux à cette expédition du 20 juin, où ils reprirent aux huissiers les bestiaux d'un paysan, et comme il s'y était montré des plus ardents, M. de Brou depuis lors l'avait fait chercher partout, pour l'interroger et au besoin l'arrêter . Un peu inquiet de ces recherches, notre homme s'en était allé au Mans, sous prétexte d'affaires, et de là à Paris; puis se croyant oublié, il avait repris tout doucement le chemin de sa maison. Il était à Nantes sans soupçon, vers le 11 ou 12 septembre, quand M. de Mianne, commandant du château , se le fit amener tout à coup pour l'interroger , et manda au subdélégué de l'intendant, M. Mellier , de venir lui prêter main-forte en cette rencontre. Mellier vint, vit un homme sans caractère, sans courage, qui pour sortir du guêpier semblait disposé à dire tout ce qu'il savait, à trahir tout son parti si on lui faisait bien peur. Le subdélégué fit donc arrêter Roger par M. de Mianne, et se fit de suite donner ordre, par l'intendant, d'interroger le prisonnier en règle...Ce sieur Mellier, natif de la ville de Lyon, subdélégué de l'intendant de Bretagne à Nantes et général des finances, était certainement un habile homme, mais encore plus ambitieux, sans scrupules, sans autre conscience qu'un désir brûlant de percer, d'avancer, d'escalader à tout prix quelque position sociale honorée et lucrative, et jugeant pour réussir tous les moyens bons : cette race de gens n'est point morte. Mêlé inopinément à une affaire d'État, notre honnête subdélégué choisit sa voie sans broncher : sachant comme en pareil cas le beau zèle se paie, il résolut d'en tant faire qu'on ne le pût trop payer, et de ne point perdre si belle occasion de pêcher en eau trouble. Donc il effraya, capta, tourna et retourna si bien son prisonnier, que par beau ou par vilain il en tira les révélations les plus importantes, non-seulement sur les conjurés du pays de Guérande, mais sur la conjuration entière, ses plans, ses chefs, ses agents dans toute la Bretagne. Roger, en un mot, dénonça tout ce qu'il savait, et comme ami de l'un des chefs, M. du Pouldu, il savait à peu près tout. Tous les secrets et projets des conjurés se trouvèrent ainsi, à peu près sans exception, livrés à leurs ennemis. Ce fut une vraie trahison, commise par un lâche sous le coup de la peur, et tout à fait analogue à celle du misérable Querelles, en 1804, dans la conspiration de Cadoudal. Une fois lancé, Roger alla jusqu'au bout de cette voie honteuse ; il demanda même d'être relâché et envoyé à Guérande pour y apprendre ce qui s'était passé en son absence, et le rendre ensuite à Mellier. Mais la police avait de lui maintenant assez de lumières pour s'éclaircir par elle-même de ce qui lui restait à connaître, et jugea avec raison qu'un pareil oiseau bavard était bon à tenir en cage : on l'y garda. Montesquiou tout aussitôt mit à profit ses révélations pour dresser une liste des gentilshommes les plus compromis, auxquels il fit adresser, soi-disant de la part du Roi, des lettres de cachet, où il leur était prescrit de venir à Rennes sur le champ rendre compte de leur conduite au maréchal : ces lettres furent envoyées du 20 au 25 septembre 1719. Quelques-uns des mandés vinrent en effet ; mais onze d'entre eux, les principaux chefs des conjurés, sachant que M. de Montesquiou ne voulait les attirer à Rennes que pour les emprisonner, refusèrent d'obéir. Ce qui prouve qu'ils avaient raison et qui met bien en lumière la bonne foi du maréchal, c'est qu'au moment même où il envoyait cet ordre aux gentilshommes, il en donnait d'autres à ses séides pour faire arrêter ces mêmes gentilshommes chez eux, dans leurs maisons, de suite , et sans même leur laisser le temps de prendre un parti sur les lettres de cachet. Montesquiou, pour de tels ordres, avait au reste de dignes agents.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 14:22

La fameuse conspiration qui se produisit en Bretagne en impliquant des aristocrates et des paysans, reposait sur cette situation financière désastreuse à la fin du règne de Louis XIV. Il fallut donc remplir coûte que coûte les caisses vidées par ce train de vie de la Cour de Versailles et par ces guerres qui avaient définitivement ruinée l'économie du royaume, notamment de  la Bretagne. Les Etats de Bretagne réunis à Dinan, ce mois de décembre 1718 refusèrent le don gratuit d'un montant de 2.000 livres exigé par l'intendant de Bretagne. La punition qui suivi fut la dissolution des Etats de Bretagne obtenue par le gouverneur de la Province, le maréchal de Montesquiou, la chose était déjà connue puisque au temps du fameux roi soleil, quand les Etats de Bretagne s'opposaient aux décisions du monarque, celui-ci faisait fermer le Parlement !

 

 

C'est ainsi que l'Association Patriotique Bretonne naquit. Elle comprenait près de huit cents membres et les coûts des céréales ayant littéralement flambé, les mécontentements touchèrent bientôt les contrées de Vitré, de Lamballe... M. de Bonamour fut un des principaux chefs rebelles, mais, l'intendant de Bretagne fut ému d'appendre que monsieur de Rohan Pouldu faisait aussi partie de cette expédition. La flotte espagnole censée aider les insurgés, son débarquement attendu devait avoir lieu à proximité de Vannes. L'association avait demandé au Cardinal Albéroni, l'un des ministres du roi d'Espagne, deux millions d'argent, 20.000 fusils, cinq à six cents hommes et 10.000 écus à distribuer en Bretagne avant ce débarquement (Joël Cornette). Dès le mois de juin 1719 des événements agitèrent la Province de Bretagne : en haute-Cornouaille, entre Goarec et Corlain les paysans refusèrent de s'acquitter de l'impôt c'est ce qui décida l'intendant de Bretagne, M. de Brou à intervenir à Laniscat où il envoya un détachement d'infanterie assisté d'un régiment de cuirassiers. Mais devant l'ampleur du mouvement contestataire, cette force semblait insuffisante. Des faits similaires se produisirent aussi dans le Pays de Guérande et à La Roche-Bernard. Vers le 20 juin, deux huissiers de la Cour des Comptes, escortés d'un exempt de la maréchaussée s'en furent saisir quatre tête de bétail dans l'étable d'un cultivateur récalcitrant afin d'être vendus au cabaret voisin, mais au lieu d'acquéreurs, parut une troupe de paysans et de gentilshommes qui réclama le bétail enlevé et devant le refus des huissiers le reprit de force. Ces faits conjugués à ceux de Guérande ne manquèrent pas d'inquiéter l'intendant qui écrivit le 27 juin au Gouverneur M. le maréchal de Montesquiou -alors absent : « j'ai fort entendu parler de la conduite de M. de Pontcallec contre les affaires publiques, il passe pour être à la tête de plusieurs gentilshommes et s'être trouvé dans l'assemblée qui s'est faite dans la forêt de Lanvaux. Il doit aussi avoir fait faire quantité de bayonnettes et de bâtons ferrés ; mais il s'excuse en disant que c'est pour la chasse aux sangliers. Cependant, il est certain qu'il y a des factions, et des écrits que les gentilshommes signent et promettent sur leur honneur de ne s'en point départir. ». Et l'intendant de poursuivre à M. Mellier, son subdélégué à Nantes : « Par des avis qui m'ont été donnés on regarde M. de Bonamour comme un des principaux chefs du parti. On prétend que c'est lui qui donne les ordres, et l'on assure qu'il a touché de l'argent, par le canal de votre sénéchal de Nantes, pour distribuer à ceux dont il veut s'assurer ; que même, le4 de ce mois -juillet 1719, il doit avoir reçu 6,000 livres, et que, le même jour, il doit être entré dans sa maison quatre grands barils de poudre, et autant de plomb et de balles. On dit aussi que, sous prétexte de faire travailler chez lui, il soudoie une quarantaine d'hommes, qui sont engagés dans le régiment qu'on nomme de la Liberté; qu'un taillandier dans la paroisse de Nivillac, proche son château, travaille toujours à faire des bayonnettes ; qu'il a pris à son service les nommés Trémoret le cadet, Du Lany, le sieur Kerprovost pour sergent, le nommé Henri Mouchet qui a servi sur mer, et qui est celui qui porte les billets de M. de Bonamour dans les maisons des gentilshommes et qui a failles enrôlements, ainsi qu'un nommé Denoul , procureur sans pratique. Tous ces gens-là sont habitants de la Roche-Bernard , qui arrivent à la nuit dans la maison de M. de Bonamour où ils font la garde ; et ils l'appellent leur colonel-général. » 

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:20

Le peuple des villes de Bretagne se distinguait par ses moeurs, ses lois, ses habitudes , de la population des campagnes. Si vous suiviez les côtes pleines de récifs et d'accidents si merveilleux, ces dunes de roches et de sable qui s'étendent depuis Oléron jusqu'à Granville, vous trouviez Nantes d'abord, la célèbre cité de la Loire, la puissante ville qui absorbait le commerce de l'Inde. A ses côtés s'élevait Lorient, le siège de la compagnie et des rajahs de l'Indostan, le dépôt des deux îles Bourbon et de France, nobles soeurs du grand Océan qui se saluaient de leurs coteaux d'ananas et de cafiers, et s'enlaçaient alors inséparables comme le sol de France et la race de Henri IV. Lorient était une ville toute neuve, la propriété d'une seule compagnie de marchands. Après Quimper, venait Brest, l'arsenal de la Manche, la pointe avancée du Finistère, nom bien choisi, car l'Océan baignait les pieds de son vaste port ; si le Portugal était la porte des Gaules (Portus Galliae), le Finistère en était le point extrême (Finis terrae). A l'autre extrémité se déployait Saint-Malo, la ville des corsaires, l'abri des loups de mer qui désolaient le commerce de la Grande-Bretagne. Saint-Malo, si riche, que chaque année ses seuls négociants faisaient porter à la monnaie de Paris 20 à 25 millions d'espèces pour le service du roi, en échange des bons à intérêts et des billets d'État ! Indépendamment des villes des côtes, la Bretagne avait ses cités d'intérieur; Rennes, fière de son parlement, Dinan, le siège des états provinciaux, Laval, et les petites villes féodales de Rohan, Loc-Maria, le patrimoine de quelques vieilles familles du pays. La population des villes de Bretagne était bourgeoise et commerçante, il n'y avait pas le même esprit que dans la campagne toute féodale; une rivalité vive et profonde existait entre ces deux fractions de peuple; on l'avait vue éclater déjà plusieurs fois , et les gouverneurs se servaient de ce moyen pour diviser les forces de la race bretonne; ils n'avaient cessé d'opposer les villes aux campagnes ; ils dominaient facilement les unes par les autres. On se rappelle quelle était la situation de la Bretagne au moment où le projet des états généraux éclatait à Paris. Le régent avait violemment réprimé la résistance des états provinciaux ; il les avait dispersés par la volonté seule de son conseil; le maréchal de Montesquiou reçut l'ordre de réunir des troupes pour réprimer les mouvements séditieux de la Bretagne.

 

 

Le maréchal de Montesquiou

 

Le maréchal de Montesquiou, gouverneur de la province, avait cette rudesse militaire qui faisait tout consister dans l'obéissance aux ordres supérieurs : il occupa les grandes villes, Rennes, Vannes, Redon, Nantes, prohibant spécialement aux nobles de se coaliser sans la permission du roi. Les villes obéirent à ces ordres de la cour; les troupes agissaient pleinement dans leurs murailles; mais les gentilshommes de la campagne, si nombreux et presque toujours en armes, les paysans, leurs vassaux, se résigneraient-ils aussi docilement ? se laisseraient-ils enlever le privilège de leurs états, le droit d'y siéger comme les fils du sol et les enfants de l'antique Bretagne? Partout le cri d'insurrection se fit entendre , et de curieuses recherches m'ont mis à même de pleinement déterminer le caractère et la portée de cette rébellion, à laquelle présidèrent d'abord deux femmes dévouées, les châtelaines de Kaukoe'n et de Bonnamour Le plan de la noblesse et du peuple fut d'organiser une fédération armée pour résister aux violences de la cour. Tout ce 'qui portait un nom de gentilhomme devait prendre part à cette fédération, armée sous peine de perdre son titre, ses armes et sa nationalité de Bretagne ; des commissaires allaient de château en château pour colporter l'acte fédéralif; là, au milieu des bruyères, on exhortait les paysans à saisir les armes au nom de la liberté, et dans de nombreuses libations de cidre, on se promettait la vieille indépendance de la patrie. Quand la fermentation fut à son comble et l'acte fédératif signé, il fallut des chefs militaires pour organiser l'insurrection bretonne : vous comptiez parmi eux les sires de Bonnamour , Montlouis, des cotes maritimes; Pontcallet, d'origine si bretonne, et Rohan-Polduc, un des cadets des Rohan de la grande race. Ces chefs militaires avaient quelque ressemblance avec les camisards ; ils avaient l'enthousiasme de la parole, la ferveur des doctrines. Les nobles convoquaient les vassaux, fortifiaient les antiques manoirs; chacun d'eux prenait une dénomination provinciale; Bonnamour appelait sa troupe les soldats de la liberté; Dugroeskar portait sur son gonfanon : Pour le droit et le bon sens; une organisation secrète donnait un rôle à tous les nobles bretons qui se communiquaient leurs desseins parties signes de convention; et, comme pour exprimer d'un seul mot la pensée de l'insurrection bretonne, on indiquait par les mots entrer dans la forêt, l'adhésion à la ligue provinciale. Toutes les parties de ce projet étaient parfaitement liées entre elles. Le parlement de Rennes était de connivence avec les gentilshommes ; les villes seules et la bourgeoisie étaient dessinées pour le système du roi. Le signal de l'insurrection devait être donné par les Rohan, et au besoin on rappellerait leur vieux droit de souveraineté sur la Bretagne. Une des circonstances qui s'est constamment produite dans l'histoire de la Bretagne, c'est sa liaison intime avec l'Espagne ; sous la Ligue, on voit cette alliance se former, et les Bretons furent encore les derniers à se soumettre au gouvernement de Henri IV. Les gentilshommes bretons étaient le type des esprits actifs et insubordonnés. Au moyen âge, n'était-ce pas en Bretagne qu'avaient paru surtout ces Mauclercs (mauvais clercs), si renommés dans les cartulaires des monastères, alors que les hommes d'armes faisaient gémir le saint lieu sous leurs fatales pilleries? N'avaient-ils pas été le symbole de ces mécréants qui ne voulaient obéir ni à Dieu ni aux hommes? ou bien encore de ces Faust de la science, hommes de doute et d'incrédulité, lesquels, à une époque de croyance et de foi, apparaissaient comme les sorciers et les prédestinés au feu éternel ? Le plan des Bretons était simple : les états se constituaient pour déclarer la province indépendante ; l'acte d'union de la Bretagne à la France ne stipulait-il pas des conditions? le premier article ne déclarait-il pas les privilèges de la province? Si ces privilèges étaient violés , l'acte d'union n'existait plus ; on rentrait, comme par le passé, dans une indépendance absolue : tel était également le sentiment des parlementaires de Rennes ; les savants jurisconsultes invoquaient la clause résolutoire ; quand la condition n'est pas tenue dans un acte, la loi romaine ne prononce-t-elle pas la nullité de l'acte? De là on concluait la légitimité de l'indépendance bretonne et de la fédération des gentilshommes, des états et du parlement; on levait partout des milices agrestes; les bois étaient remplis de braves paysans en armes. Il y avait plus de turbulence que de force réelle ; les chefs ne s'entendaient pas parfaitement entre eux ; il y avait ces jalousies qui, dans les multitudes insurgées et dans les révoltes populaires, mettent toujours la faiblesse du côté des masses ; comment allait-on agir pour assurer l'indépendance bretonne? Le parlement faisait tous ses efforts pour régulariser la sédition ; il organisait la milice par paroisse ; il se mettait d'intelligence avec les autres parlements de France ; enfin, dans le conseil général des gentilshommes, il fut réglé qu'on tenterait des rapports directs avec Philippe V et le cabinet de Madrid. Les Bretons, on l'a déjà dit, étaient très-disposés pour l'Espagne; ils avaient des souvenirs de famille, des relations qui remontaient jusqu'à la Ligue. Le cardinal Albéroni saisit avec un vif empressement les ouvertures qui lui furent faites; la correspondance des nobles bretons et du cabinet de San-Lorenzo est un monument de haute curiosité historique. La province réclame son indépendance absolue; elle veut former un duché indépendant comme au moyen âge, avant la réunion de la Bretagne à la France. Les états de Bretagne appelaient donc le secours de Philippe V, ils se plaçaient sous sa protection, comme leurs ancêtres s'étaient mis sous le sceptre de Philippe II. Cette correspondance se poursuivait par le moyen de quelques nobles bretons qui passaient incessamment de France en Espagne ; M. le duc de Saint-Aignan avait même prévenu le conseil de régence qu'on voyait à Madrid des agents de la Bretagne parfaitement accueillis par le cardinal Albéroni ; on les avait présentés à Philippe V; leur aspect inculte, leur physionomie pittoresque excitaient la curiosité de tout le peuple de Madrid. L'ambassadeur avertissait l'abbé Dubois qu'un traité de se cours avait été stipulé par le roi catholique, et que les Bretons seraient bientôt appuyés par une flotte espagnole partie des ports de Cadix et du Passage. Trois mille Espagnols devaient débarquer dans les havres de la Bretagne ; des armes , des mousquets préparés aux manufactures de l'Estramadure devaient être fournis aux Bretons ; ceux-ci promettaient à l'Espagne de s'unir aux provinces de l'Anjou, du Poitou ; d'envoyer des émissaires à la noblesse de Guienne comme pour réveiller les projets du marquis de Guiscard lors de la révolte des Cévennes. La Bretagne se trouvait gouvernée par Pierre d'Artagnan de Montesquiou, maréchal de France, issu de ces antiques Montesquiou, héritiers du vieux Clovis, comme le disait le sire de Montesquiou, qui devint duc d'Athènes au temps de Ville-Hardoin ; c'était un de ces caractères durs dans leurs volontés, un de ces bras de fer qui depuis l'âge de quinze ans servaient aux drapeaux ( il en avait alors soixante-quatorze) ; ce n'était pas un homme aux molles résolutions, et on l'avait délégué tout exprès en Bretagne, parce que la cour savait le caractère remuant de la population. A la première tentative de révolte, le maréchal avait demandé des troupes à la régence ; la Bretagne n'avait que quatre régiments incomplets, et celte vaste étendue de terrain, coupée de bois et de retraites solitaires, exigeait pour la répression un développement de forces considérables; vingt mille hommes s'étaient immédiatement rassemblés à la nouvelle de la résistance t\es Bretons ; on les organisa en compagnies mobiles; les dragons, qui avaient si admirablement secondé le gouverneur du Languedoc lors de la révolte des Cévennes, furent les troupes qu'on employa le plus vivement dans cette guerre de défilés et des paroisses réunies au son du tocsin. On organisa un système de police militaire et des chemins stratégiques dans la province, de telle sorte qu'on sut les routes et les lieux les plus sauvages où se réfugiaient les insurgés. Le pouvoir des états et du parlement fut suspendu. D'après les ordres exprès du régent, on forma une commission de justice pour poursuivre et juger les Bretons soulevés. Le projet de M. d'Argenson sur la nécessité de constituer une cour martiale repose surtout sur l'impossibilité d'obtenir des condamnations émanées du parlement de Rennes ; évoquerait-on la cause aux parlements voisins ? M. d'Argenson déclarait que le même esprit de résistance animait toutes les cours; elles étaient sous des impressions fâcheuses ; les parlements faisaient partie, en quelque sorte, de cette coalition fédérative qui embrassait le royaume. La nécessité d'une commission était indispensable, si l'on voulait en finir avec l'indépendance factieuse de la Bretagne ; cette commission fut en effet constituée à Rennes pour juger les rebelles. Pendant ce temps, l'insurrection n'était point apaisée. Des chefs, nobles bretons, prenaient les armes au nom de la nationalité : parlerai-je du généreux Pontcallet et de Montlouis, jeune homme aux cheveux roux et flottants comme la race bretonne, telle que vous la voyez encore dans ces tristes et solitaires herbages? Que dirai-je de Talhouet, de Coedic, aussi antiques que les rochers druidiques de la province? Et le brave Ducourdic, l'actif Hervieux de Mélac, l'agent le plus dévoué de cette grande résistance de la Bretagne, au nom et au profit de la liberté provinciale ! Tous ces hommes simples cultivaient la terre de leurs mains calleuses ; ils appartenaient à la noblesse primitive, ils étaient sympathiques avec les paysans et le peuple armés contre ces soldats royaux qui envahissaient la Bretagne. Le tocsin avait sonné aux paroisses; des bandes s'étaient partout formées; on pillait les caisses des recettes et impôts ; on bouleversait les greniers à sel et les bureaux des fermes. Des commissions furent délivrées au nom de Philippe V, régent de France ; les forêts se remplissaient d'une multitude de partisans, et les châteaux servaient d'asile militaire à cette noblesse et à ces paysans.

 

 

Pouvaient-ils réussir dans leur projet ? avaient-ils quelque chance de s'emparer des villes? Indépendamment des fortes et nombreuses garnisons, la bourgeoisie n'était pas pour la guerre civile, elle avait haine des hommes agrestes des campagnes; elle les repoussait, parce qu'elle n'était pas de la même race de la terre et du sol. La bourgeoisie des villes était presque toute étrangère. Il y eut aussi quelques trahisons déplorables parmi les gentilshommes ; les Bretons étaient énergiques, mais simples ; ils n'apportaient que leur vie pour défendre la nationalité ; ils ne se doutaient pas qu'à côté d'eux il y avait souvent des traîtres qui jouaient le dévouement à la cause provinciale, et vendaient tous leurs secrets au maréchal de Montesquiou. La plupart des chefs bretons furent déplorablement livrés par quelques-uns de leurs frères ; on se servit des haines de famille ; l'argent répandu par la cour corrompit les âmes ; le noble, fier et dévoué à la province, se sacrifia seul pour tous ; il y eut quelques combats partiels, mais la force militaire des régiments réguliers vint à bout des chefs de l'insurrection. Le maréchal de Montesquiou était informé des retraites silencieuses par des émissaires largement payés : quand il apprenait qu'une réunion armée se formait sur un point de la forêt, tout aussitôt le maréchal ordonnait à ses dragons d'entourer l'assemblée, et bientôt la fumée qui s'élevait en longs tourbillons des métairies, annonçait l'incendie des villages isolés. Les plus braves furent quelques contrebandiers qui résistèrent à bons coups de carabine contre les régiments du roi ; on vit un jour les rues de Rennes inondées de pauvres paysans enchaînés, et leurs chefs à leur tête pour servir d'exemple. Le maréchal de Montesquiou les livra à la commission judiciaire qui s'était extraordinairement réunie à Nantes, au lieu et place du parlement : grand nombre de gentilshommes, dirigés par des guides sûrs, purent gagner les côtes d'Espagne; ils reçurent une pension du petit-fils de Louis XIV ; ils se déplaisaient à Madrid ; ils regrettaient le ciel sombre et grisâtre de la province, les rochers, les grottes, les forêts druidiques. On les voyait dans les rues de Madrid et de Séville, le teint pâle, poussant de longs soupirs avec cette maladie du pays si triste, parce qu'elle fend le coeur à tout moment, quand on veille, quand on dort bercé des rêves de l'enfance. La commission judiciaire, tribunal politique et d'exécution, avait reçu les pleins pouvoirs du régent; elle se composait de magistrats choisis de telle manière que la plus grande sévérité dut présider à ses arrêts : on voulait un exemple, car n'était-ce pas contre le pouvoir du régent que les nobles bretons s'étaient soulevés ? Le système des commissions de justice entrait dans les idées du conseil ; le duc d'Orléans avait lui-même tracé le plan des commissions contre les financiers après la mort de Louis XIV ; les formes du parlement étaient trop lentes ; le duc d'Orléans avait grandi l'influence de la magistrature régulière par la question du testament ; mais cette influence une fois établie, il en eut peur. La chambre royale de Nantes devint la terreur de la Bretagne; on en conserva longtemps mémoire. II fallait voir avec quelle violence les commissaires poursuivirent les malheureux Bretons : dirai-je le procès sanglant de Guet de Pontcallet, de Montlouis, du chevalier de Talhouet et de Coedic, beaux noms de la Bretagne ? Ces braves gentilshommes furent interrogés et condamnés à mort par l'ordre du régent. Le 26 mars, à dix heures du soir, par une nuit de tempête, des échafauds tendus de noir s'élevèrent dans la place publique, pleine d'un peuple silencieux ; des flambeaux de poix de résine illuminaient d'une lueur sombre et fatale la physionomie des nobles bretons destinés à l'échafaud : ils étaient quatre et formaient un siècle et demi à peine; leurs bras étaient nerveux, leurs mains dures et noircies, et quand le bourreau coupa leurs tresses flottantes, les gentilshommes versèrent des larmes, car c'était la belle parure de leur race. Tandis que le régent s'enivrait avec des courtisanes impures, au cliquetis des verres, le sang coulait à Nantes et à Rennes, et les généreux défenseurs de la nationalité bretonne étaient livrés au glaive; dans le Palais-Royal, la décrépitude impuissante se réveillait à peine sous les embrassements de quelques femmes; sur l'échafaud, la force, la vigueur, la jeunesse recevaient le baiser de la mort. Il n'y eut point de pitié pour les pauvres gentilshommes bretons : seize condamnations furent encore prononcées par contumace contre les défenseurs de la cause provinciale ; ils s'étaient réfugiés en Espagne, et on les voyait aux églises de Madrid prier dans leur langue native pour la nationalité bretonne. II y eut des proscriptions même dans le parlement siégeant à Rennes ; le conseil du régent ne respecta rien ; l'inviolabilité des charges ne fut qu'un vain mot; il y eut des parlementaires expulsés de leur dignité, comme s'ils n'avaient pas été revêtus de la toge des magistrats ! Chose inouïe, le caractère indélébile du juge ne fut point une garantie ! Ainsi procèdent toujours les pouvoirs violents ; à travers toutes ses promesses de liberté, le duc d'Orléans était, aux moments de crise, un esprit absolu. Désormais la Bretagne fut paisible dans cette silencieuse obéissance qui suit toujours une tentative de liberté avortée : mille projets furent présentés par l'intendant de la province, pour organiser l'administration politique de la Bretagne : au lieu de ce droit inhérent à tous nobles de voter dans les états, comme en Pologne, l'intendant proposait de choisir cent cinquante gentilshommes seulement que le gouverneur désignerait ; les états ne devaient se tenir que tous les cinq ans, et les dons gratuits ne pouvaient être refusés. Mais l'énergie bretonne fermentait encore, le sang des vieilles nations druidiques n'était point éteint ; la Bretagne, un moment domptée, maintint ses moeurs indépendantes ; les femmes dans les manoirs, les fiers et braves paysans, conservèrent les images de Pontcallet, Montlouis, Talhouet et de Coedic, comme celles de saints et de martyrs ; plus d'une complainte en bas-breton retrace leur courage et leur infortune quand leurs têtes roulèrent sur l'échafaud.

 

Extrait de Philippe d'Orléans, régent de France par Jean-Baptiste Capefigue.

 

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 11:55

Les vagabonds qui circulent ainsi dans les villes et surtout dans les campagnes,ne sont pas tous Bretons ni même Français. Parmi eux se trouvent des étrangers de toute race, de toute profession : prêtres défroqués, moines de contrebande, marchands forain, charlatans qui, entre autres denrées, débitent des billes des loteries émises à Amsterdam. Les mendiants et vagabonds, quand ils sont arrêtés par la police, ne font que paraître dans les prisons. Après interrogatoire sommaire, ils sont transférés dans les dépôts de mendicité. Les prisonniers militaires sont de deux sortes : les filles de joie, qui souvent accompagnent la troupe, et les soldats indisciplinés ou déserteurs. La débauche et la prostitution font deux fléaux très répandus au XVIIIe siècle. Elles ont pour cause la misère, qui démoralise les classes inférieures de la société. Malgré la surveillance exercée sur les filles-mères, malgré la permission illimitée accordée aux prévôts des hôpitaux de descendre chez les matrones et chirurgiens, même chez les filles soupçonnées de grossesse, le nombre annuel des infanticides est quelque chose d'effrayant. En 1713, en nettoyant un égout de Rennes, on y trouve quatre-vingts cadavres d'enfants nouveau-nés. En 1733, deux enfants sont tués et un troisième exposé en un mois. Indépendamment des malheureuses qui vivent de prostitution dans les villes, il n'est pas rare d'en voir d'autres abandonner leur famille, pour courir à la suite des troupes de comédiens ou des régiments. En 1745,dix d'entre elles sont arrêtées a la suite du bataillon de milice de Fontenay-le-Comte, en garnison à Brest. La plus jeune a dix-huit ans, la plus âgée vingt-cinq. Parmi elles sont deux soeurs qui ont abandonné leurs maris; les autres sont des filles de paysans. Dans les places fortes, les gouverneurs et les officiers supérieurs, dans l'intérêt de la santé de leurs soldats, ont soin de surveiller toutes ces beautés vagabondes. Ils cherchent à les effrayer en les faisant battre de verges, en les exposant nues sur un cheval de bois dans la cour des casernes, en les retenant plusieurs mois en prison. Une ordonnance royale en date du 1er mai 1763, interdit à leur égard les punitions corporelles. En vertu de cette ordonnance, toute femme débauchée surprise dans un corps-de-garde, dans une caserne ou dans la chambre d'un soldat logé chez l'habitant, doit être immédiatement arrêtée par les soins de l'officier de service, qui avertit aussitôt le commandant de la place. Si la femme arrêtée est domiciliée dans la ville, le commandant la livre an juge de police. Si c'est une femme étrangère à la localité et sans aveu, de la place la fera mettre au cachot pendant trois mois, au pain et à l'eau, aux dépends de Sa Majesté, pour être ensuite enfermée le reste de ses jours dans une maison de force la plus voisine. Tel est le sort des filles de joie. Quant aux soldats recrutés dans la lie de la société, ils sont naturellement grossiers, querelleurs et turbulent. Il faut une discipline de fer pour les maintenir dans le devoir. Si la discipline se relâche, ils se livrent à tons les excès. A Ancenis, en 1749, les dragons du régiment de la Reine imaginent d'empêcher la perception de l'octroi, pour avoir le vin à meilleur marché. En 1753, les troupes casernées à Oudon et à Ancenis pratiquent ouvertement la contrebande du tabac, du sel et de toutes les marchandises, avec la connivence de leurs officiers, qui profitent de la fraude et partagent leurs bénéfices. En 1738, les soldats du Royal-Vaisseaux font le métier de faux saulniers entre Mayenne et Fougères. En 1760, les soldats du régiment irlandais de Berkeley, avant de quitter Bain pour se rendre à Rennes, envahissent les maisons, pillent les coffres et les armoires, vident les barriques de cidre et s'enivrent en masse aux dépens des habitants. A Dinan, en 1753, est caserne du régiment de dragons presque tous jeunes et débauchés. La nuit, leur passe-temps est d'aller faire du tapage dans les faubourgs. Ils arrêtent une jeune fille qui sort avec une lanterne pour aller au-devant de son père; elle est saisie, bâillonnée, portée sur les remparts,où les bandits, après l'avoir outragée, la laissent meurtrie et à demi-morte sur un tas de fumier. A Lamballe, en 1772, deux soldats en congé passent leurs nuits à courir les rues, à frapper aux portes, à décrocher les enseignes. Quand l'exempt de la maréchaussée essaie de les calmer, ils lui répondent qu'ils se f..... de lui. Les soldats en semestre sont ordinairement dérangés. Au moyen de leurs sabres et épées dont ils sont toujours munis, ils menacent et intimident le peuple et font du tapage impunément. Les miliciens sont aussi turbulents que les soldats de l'armée régulière. Eux aussi bravent les magistrats et se livrent aux plus violents excès, tantôt en corps, tantôt isolés, prétendant apparemment que leur état de miliciens leur doit donner plus de licence qu'aux autres et les mettre couvert de toute recherche. 

 

 

La porte-prison de Vannes

 

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 14:59

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 14:12

L'Imprimerie en Bretagne est, matériellement parlant, un vrai livre de bibliophiles, imprimé sur magnifique papier, en types anciens, avec fleurons et lettres ornées, etc. Il attire par la beauté et la forme extérieure, mais il séduit bien davantage par l'originalité du style, la sûreté de critique, la méthode de discussion et l'intérêt du sujet. Toutes ces qualités le recommandent et en font un modèle que devront imiter à l'avenir ceux qui s'occuperont à un point de vue quelconque des anciens livres. Tout ce qui avait été écrit jusqu'à ce jour sur les origines de l'imprimerie en Bretagne était sinon faux, du moins erroné et incomplet : le nombre des incunables bretons était inexactement connu, les lieux et les dates d'impression avaient été imparfaitement déterminés. Brunet lui-même et après lui plusieurs savants bretons, qui avaient traité cette question, s'étaient plus ou moins trompés. L'auteur de ce livre signale leurs erreurs, et voici à quels résultats il est arrivé. Le nombre des incunables bretons actuellement connus est de vingt-deux : dix ont été imprimés à Bréhant-Loudéac, en 1484 et 1485, et sortent des ateliers de Robin Foucquet et Jean Crès ; trois, dont deux de 1485 et un sans date, ont été imprimés à Rennes, par Pierre Bellesculée et Josses; deux ont été imprimés à Tréguier, en 1485 et 1489, par Ja. P. et Jean Calvez; deux à Lantenac, un en 1491 et un sans date, par Jean Grès; les deux autres sont de Nantes, datent de 1493 et 1499 et sortent de l'atelier d'Etienne Larcher. Tandis qu'ailleurs les incunables sont en général des ouvrages usuels, comme des heures, missels, bréviaires, grammaires, dictionnaires, etc., et presque tous en latin, les incunables bretons sont pour la plupart des productions littéraires, écrites en vers et en français. Nous y voyons en effet le Trépassement de la Vierge; les Lois des trépassés avec le pèlerinage de Jean de Meung ; la Patience de Griselidis ; le Bréviaire des nobles ; l'Oraison de Pierre de Nesson ; le Songe de la pucelle ; le Miroir d'or de l'âme pécheresse ; la Vie de Jésus-Christ; le Secret des secrets d'Aristote ; plusieurs exemplaires de la Coutume de Bretagne; le Floret en françois, etc.

 

 

Chacun de ces ouvrages est minutieusement décrit : le format, le nombre de feuillets et de lignes à la page, le nombre de cahiers, les signatures, les particularités typographiques, les incipit, etc., y sont relevés avec soin. Le contenu est analysé avec des extraits les plus curieux et les détails les plus complets qui prouvent que chez l'auteur de l'Imprimerie en Bretagne l'amour de l'art est intimement uni au patriotisme local. Des 22 incunables sortis des imprimeries bretonnes, 16 existent à l'état d'exemplaire unique : la Bibliothèque nationale possède 11 de ces exemplaires uniques et 5 des autres ouvrages en un ou deux exemplaires. Je ne relèverai, dans l'Imprimerie en Bretagne, que deux légères fautes. A propos du Songe de la pucelle (p. 36-43), l'auteur aurait dû signaler la réimpression de cette pièce faite par M. de Montaiglon, dans son Recueil des poésies françaises des XVe et XVIe siècles, t. III, p. 203-230; reproduction faite sur un texte augmenté, plus étendu que celui de l'édition de Bréhant-Loudéac, de 1485, qui semble la plus ancienne. On a eu tort de dire (p. 120) que l'édition ou contre-façon de la Coutume de Bretagne, imprimée à Rouen par Martin Morin, est de 1485 : elle est en réalité de 1492, comme Brunet l'а dit et prouvé dans le Manuel du libraire, 5e éd., t. II, col. 362 et 364. Mais cette omission et cette erreur n'enlèvent rien au mérite du livre qui est de tous points remarquable. Il est sans nom d'auteur ; me tromperai-je en disant qu'il doit être l'œuvre de notre savant confrère M. de La Borderie ? Ulysse Robert.

 

 

La famille de Rohan qui disposait de la terre à Saint-Etienne du Gué de l'Isle, aménagea près de son château, sur la rive droite du Lié une imprimerie. Ce fut en 1484 qu'il fit appel à deux imprimeurs : Robin Foucquet et Jean Crès. Ci-dessus le dit lieu  propriété du Sire de Rohan

 

 

Premier dessin connu du costume breton (1499)

 

 

Le Catholicon, premier dictionnaire breton-français  (1499)

 

 

L'imprimeur Jehan Calvez publia cet ouvrage

 

 

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 07:47

 

 

La Maison de Lorgeril peut passer, sans contredit, pour l’une des plus anciennes de la Province de Bretagne; la Branche aînée des anciens Seigneurs de ce nom, fondue dans l’illustre Maison de Rohan, a donné naissance a une autre Branche, établie de tous temps dans la Ville de Jugon, où cette ancienne Maiſon de Lorgeril possédoit la Terre de son nom & d’autres héritages; de plus, cette même Branche qui donne lieu à cet article, est de temps immémorial en possession des mêmes Armes que celles des anciens Seigneurs de ce nom, ainsi qu'il est justifié par plusieurs Monumens publics, ce qui prouve assez que Guillaume de Lorgeril, Auteur du premier Degré connu de cette Branche, étoit issu d’un cadet de l’ancienne Maison de Lorgeril; on détaillera d’abord les filiations de ces anciens Seigneurs, après quoi on établira celles de la Branche existante.

 

 

Armoiries de Lorgeril sculptées sur l'église de St-Igneuc

 

Olivier de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, vivant en 1311 reçut un Aveu du Sire d’Acigné, Seigneur de Forges, pour des héritages qu’il tenoit de lui dans la Paroisse de St. Geou, comme Juveigneur d’aîné, à cause de sa femme. Il eut pour fils :

 

Guillaume de Lorgeril, Chevalier, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, mort en 1357, père de :

 

Olivier de Lorgeril, Chevalier, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, qui ne paroît pas devoir être distingué d‘un Olivier, Sire de Lorgeril, Ecuyer, l’un de ceux qui ratifiérent à Dinan le 25 Avril 1381 le Traité fait le 10 Avril 1380, entre le Roi Charles VI.& le Duc de Bretagne. ll eut pour fils :

 

Guillaume de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, qui épousa Jeanne de Coëtquen, fille aînée de Jean, Sire de Coëtquen & de Marguerite de Rougé. Il mourut en 1394: sa veuve en 1409 ; elle avoit épousée en seconde noces Guillaume du Tail; de son premier mariage avec Guillaume de Logeril, elle eut pour fils Olivier de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, qui peut bien être le Sire de l’Orgeril, qui fut l’un des premiers Capitaines de gens de Guerre, mandés par le Duc de Bretagne en 1453, pour résister aux Anglois qui avoient fait une descente à Crozon : De l’alliance que cet Olivier de Lorgeril contracta avec Marguerite Bodin, fille aînée de la Maison du Mottey, Noble et ancienne au pays de Dol, il eut un fils nommé Guillaume de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, marié avec Anne d’Espinay, fille de Simon, Sire d‘Espinay, Seigneur de la Rivière, d’Escures & du Bois du Liers, & de Marie de la Frette ou de la Freste sa première femme; Anne d'Espinay, mariée en seconde noces avec Georges de la Cigogne & en troisièmes, avec Geoffroy de Fontenailles, eut de son premier mari : Jeanne, Marie, Aliénor, & Simon.

 

Simon de Lorgeril, Chevalier, Seigneur de Lorgeril & du Bodou, honoré du Grade de Chevalier au siège de Montereau Faut-Yonne en 1437, & auquel Jean, Duc de Bretagne permit par Lettres donnés au Château de la Brétesche le 21 Juillet 1439, dans lesquelles il le qualifie son seul Chancellier & Chambellan, de faire tenir une Foire par an dans le Bourg de Lescoët, au jour de la Foire St Yves, au mois de May & de faire mettre & ajouter en tous temps dans les lieux Où il avoit Justice patibulaire, deux Pôts seulement, » en considération des bons, loyaux & moult notables services, que luy & ses Prédécesseurs rendoit & avoient rendus aux ancestres dudit Duc, & qu’il espéroit qu’il continueroit de luy rendre & à sa postérité & lignée, & a pour reconnoissance & partie de rémunérations d‘iceux. ll comparut à la Revue & Montre généralle des Nobles & sujets aux Armes dans l'Archidiaconé de Dinan, commencée le huit Septembre 1464, par Noble & Puissant Jean de Coetquen, Grand-Maître d‘Hôtel de Bretagne, dans l’Extrait de laquelle Montre on y lit, Messire Simon de Lorgeril, a comparu en sa Robe, & M. le Grand-Maître a dit, qu’il étoit de la Maison du Duc. Dans un Livre de la Réformation de l’Evêché de St. Malo faite en 1444, sous le rapport de la Paroisse de Ploérec, fait le 6 Avril 1445, est écrit, l’HosteI de Lorgeril appartenant à Messire Simon de Lorgeril. Dans un autre Livre de Réformation dudit Evêché, fait en 1513, sous le Rapport de la Paroisse de Trévérien, on y lit, Messire Simon de Lorgeril, vivant, Seigneur du Boudo, acquit trois Maisons. Dans un autre Rolle de la Montre généralle des Nobles & sujets aux Armes de l’Archiadiaconé de Dinan, Evêché de St. Malo de l’an 1477 est nommé, Messire Simon de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril; & dans un compte du Trésorier & Receveur Général de Bretagne des années 1452 & 1453, est encore nommé Messire Symon de l’Orgeril, Chevalier. Il fit le voyage de Rome par dévotion l'an 1449 & fut en grand crédit auprès du Roy Louis XI. alors Dauphin, qui le fit l’un de ses Maîtres d’Hôtel, Gouverneur de Villecombe & de la Boessiére en Dauphiné & lui donna le revenu de ces deux Villes. Ce Monarque l’envoya en Bretagne en 1455 avec une somme de 1200 Ecus d’or au coin de Savoye, pour les employer à une Fondation qui devoir être acquittée le jour de sa naissance. Simon de Lorgeril avoit épouſé en premières noces Gillette de Lanvallay, fille de Charles de Lanvallay, Seigneur de Tressaint & d'Isabeau du Parc, & après la mort de cette premiére femme, il ſe remaria avec Gillette, Dame du Boisjan, veuve de Charles Madeuc, Seigneur de la Tourniolle & mourut au mois de Décembre 1479. Il eut du premier Lit : Jean de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril, du Bodou, de Tressaint & de Repentigné, lequel épousa Marie Madeuc, fille de Charles Madeuc, Seigneur de la Tourniolle & de Gillette du Boisjan, & ne vivoit plus lors du mariage d’lsabeau de Lorgeril sa fille; il eut de son mariage : 1 Jean de Lorgeril qui va suivre, 2 Marguerite de Lorgeril, femme d’Ecuyer Guyon Milon, Seigneur de la Villemorel. 3. Jeanne de Lorgeril, mariée à Jean Le Forestier, Seigneur de la Villegourio. 4. Isabeau de Lorgeril, laquelle épousa par Contrat du 26 Juillet 1473, Noble Jean de St Pern, Ecuyer, Seigneur de Ligouyer & de Champalaune. 5. Catherine de Lorgeril, femme d‘Olivier Houlier, Seigneur de la Noe-Caradeuc. 6. Jeanne de Lorgeril, mariée à Charles d'Irrodouez, Seigneur de la Pailleraye. 7. Gillette de Lorgeril, laquelle épousa Berthelot de la Villéon, Seigneur de la Villegourio. 8. Perrine de Lorgeril, mariée en 1483 avec Messire Guy Jarret, Chevalier, & 9. Mauricette de Lorgeril, femme de Julien de Launay, Seigneur de la Salle.

 

Noble Jean de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de Lorgeril, du Bodou, de Tressaint, du Boisjan, de la Tourniolles, de la Vigne & de l’Estourbillonnaye, fils aîné & héritier principal & Noble, est nommé dans un Rolle de la Monstre généralle des Nobles & sujets aux Armes de l'Archidiaconé de Dinan, Evéché de St. Malo 1477; dans un Rolle de Réformation dudit Evêché de l’an 1479, il y est cité en ces termes : Jean de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril & de Treſſaint, a comparu en sa Robe, a fait le serment, il lui a été enjoint de comparaître en l’état, tel qu’il le devoit, selon sa richesse; il fit un rapport le 28 Juin 1480 au Receveur de la Cour de Jugon, à cause de plusieurs héritages qui lui appartenoient de la succession de Noble Homme Messire Simon de Lorgeril son ayeul, Chevalier, Seigneur de Lorgeril, dont il étoit héritier principal & Noble, une partie desquels héritages étoit mouvante de la Cour de Jugon; & il épousa Françoise de Parthenay, Dame de Parrigné, fille de Jean de Partenay, Seigneur de Boisbriant; il mourut de la Peste au mois de Septembre 1483, & suivant la Généalogie citée à la Notte de la première page, ſa femme mourut de la même maladie, & dans le même mois. Ils eurent de leur mariage, Guyonne de Lorgeril, fille unique & héritière, principale & Noble, Dame de Lorgeril, de Tressaint, de la Tourniolle, Ste. laquelle étoit encore en minorité le 24 Décembre 1483, date d‘un Acte dans lequel Noble Jean de Partenay, Ecuyer, Seigneur de Parrigné, se dit son Tuteur; elle mourut le 22 Aoust 1502 & avoit été mariée avec Jean de Rohan, Seigneur de Landal & de Coiron sur Loire, Grand-Maître de Bretagne, sous les Reines Anne & Claude, mort le 19 Janvier 1524.

 

 

Porte ogivale à Lorgeril en Lescouët-Jugon

 

On trouve un l’Orgeril, nommé entre les Seigneurs qui étoient avec le Connestable du Guesclin en 1359, & qui le suivirent toujours depuis dans toutes ses Conquêtes. Un Michel d'Orgeril, Capitaine d’Evreux en 1364. Un Henry de l'Orgeril, Eſcuyer, lequel ratifia à Lamballe le 28 Avril 1381, le Traité fait le 10 Avril de l’année précédente, entre le Roy de France & le Duc de Bretagne. Un Jan de Lorgeril, fils de Guillaume, compris dans le Rolle des Nobles non contribuables, de la Paroisse de Nôtre-Dame de Jugon, dans la Réformation de l’an 1427 ; lequel Jean de Lorgeril ne paroît pas devoir être distingué d’un J. de l’Orgeril, nommé parmi les Chevaliers & Ecuyers de la Châtellenie de Jugon, Evêché de St. Brieuc, qui prétèrent serment de fidélité au Duc de Bretagne en 1437; & d’un autre Jean de Lorgeril, cité dans le Rolle des Nobles non contribuables de la Paroisse de Jugon, fait le 18 Octobre 1438.

 

Un l'Orgeril, employé pour une Couppe d’Argent dans un compte du Trésorier & Receveur Général de Bretagne, commencé le 15 Aoust 1447 & fini le 15 Juillet 1448.

 

Un Jean de Lorgeril, qui fit au Receveur de Jugon le 15 Novembre 1450, un Aveu d’héritages mouvans de la Jurisdiction de Jugon, dans lequel Aveu il se dit fils aîné G- héritier principal de Jean de Lorgeril, mort au mois d’Avril 1449 & de Jeanne de Trégouat sa veuve.

 

Un Jean de l’Orgeril, cite dans un Compte du Trésorier & Receveur Général de Bretagne années 1452 & 1453.

 

Un Sieur de Lorgeril, de Dinan, nommé parmi ceux qui assistèrent aux Etats de Vannes, sous le Duc François en 1462.

 

Et enfin un Guillaume de Lorgeril, nommé parmi les Nobles de la Ville de Jugon, dans le Rolle de la Montre tenue à S‘. Brieuc en 1479 & dans ceux de 1480 & 1481, où il parut en Equipage.

 

M. M. de Launay-du Pontcornou ont produit aussi un Acte original du 20 Juin 1578, dans lequel est cité un Contrat de vente faite le 22 Janvier précédent, à Martin Chapedelaine, St de Penmenguec, par Nobles gens Jullien Haugoumar & Francozse de Lorgeril sa femme, du Lieu, Maison, Manoir & Métayrie de Quéseron, située en la Paroisse de Maroué; Plus, une Sentence de Tutelle (aussi produite en Original,) rendue en la Cour de Lamballe le 10 Décembre 1613, par laquelle cette Cour donna à Demoiselle Gillette de Chappedelaine, la Tutelle des enfans mineurs qu’elle avoit eus de feu Julien de Launay, son mari, Ecuyer, du consentement d’Alain Poulain, Ecuyer, Sr de la Villemadelène, mari de Demoiselle Isabeau de Lorgeril, cousine germaine du dit feu Julien de Launay.

 

Premier degré

 

Des Seigneurs de Lorgeril, aujourd'hui existans, issus des anciens Seigneurs Châtelains de ce nom.

Guillaume de Lorgeril, Ecuyer, demeurant dans la Ville de Jugon, Où les anciens Seigneurs de Lorgeril possédoient des héritages, épousa en premières noces Demoiselle Jeanne du Boisadam, fille de la Maison du Boisadam, dans la Paroisse de Plorec, proche ladite Ville de Jugon où est située la Maiſon & Châtellenie de Lorgeril, & en secondes noces Dlle Mathurine de Richebois, morte avant le 30 Août 1533 & dont il n’eut point d’enfans. Il eut de son premier Mariage un fils qui suit & mourut peu de tems avant le 17 Mars 1561, date du partage que l’on fit de ses Biens.

 

Second degré

 

1 Fançois de Lorgeril, Ecuyer, fut marié avec Demoiselle Julienne Rouxel, fille puisnée de la Maison de la Jartierre, laquelle étoit veuve avant le 13 Août

 

3 Christophe de Lorgeril qui va suivre.

 

3. Jeanne de Lorgeril, mariée avant le 28 Septembre 1575 avec

François Garel, écrit aussi Gazrel

 

Troisième degré

 

Noble Homme Christophe de Lorgeril, Ecuyer, acquit par Acte du 9 Février 1554 une Maison & d’autres Héritages, assis dans la Ville de Jugon, Où il faisoit aussi sa résidence & ne vivoit plus le 2 Septembre 1557, jour auquel Demoiselle Guyonne Questier sa veuve, acquit de Noble Homme François de la Motte & de Noble Homme Pierre de la Motte son fils, Sr de la Marre, plusieurs Héritages mouvans de la Seigneurie de Jugon : elle étoit fille de Joachim Questier, (écrit aussi Quettier), Seigneur de Follideuc & de Demoiselle Françoise Martel, & eut de son mariage 4 enfans qui suivent.

 

Joachim de Lorgeril continue la filiation.

 

Guyonne de Lorgeril, Françoise de Lorgeril leur soeur, le 5 May 1572 & vivoient encore le 6 May 1585; Marie de Lorgeril. Guyonne étoit pour lors agée de 28 ans & Marie de 26 ans ; Françoise de Lorgeril fut déclarée majeure, par Sentence rendue en la Sénéchaussée de Jugon le 28 Septembre 1575, dans laquelle elle est dite âgée de 20 à 2l ans; & il fut ordonné par cet Acte, qu'elle partageroit conjointement avec ses frères & soeurs, les biens de leurs père & mère, en Noble comme en Noble & en partable comme en partable. Elle étoit mariée avec Guyon Jaccado le 6 May 1585. Elle ou une autre Françoise de Lorgeril, épousa Noble Homme Jean Mochet. Guyonne, Marie & Françoise de Lorgeril étoient sous la Tutelle de Noble Homme Joachim de Lorgeril leur frère.

 

Quatrième degré

 

Noble Homme Joachim de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de St. Main ou de St Méen, donna son Aveu & Dénombrement au Roy le 5 May 1572, tant en son nom que comme Tuteur de ses soeurs, à cause de plusieurs Héritages mouvans de la Seigneurie de Jugon, & qui leur étoient échus par la mort de Françoiſe Martel leur ayeulle, mére de Guyonne Questier leur mère. ll fut marié deux fois, la première avec Demoiſelle Marguerite Rouxel, fille seconde de la Maison de la Barre & Ranléon en la Paroisse de Sainct Igneuc & de Marie du Gripon; & après la mort de cette première femme, il épousa vers l’an 1582, (suivant un Acte du 18 Juillet 1583, où il se dit mari plus qu’annal) Dame Françoise Marie, fille aisnée de la Maison de la Hygourdaye en la Paroisse d'Espiniac, Evesché de Dol, veuve d’Olivier de Garnedan, fils aîné de Nobles Gens, Messire René de Garnedan, Seigneur à Vicomte de Garnedan, Chevalier de l'Ordre. Joachim de Lorgeril mourut au mois d’Avril 1585, ayant été assassiné par Guillaume & Alain Rouxel, frères, Sr de la Jertiére, ses Cousins, & sa veuve se remaria depuis avec Pierre Agan, Ecuyer; Du premier Lit naquirent trois enfans, entr’autres, Charles de Lorgeril qui suit & Noble Homme Jean de Lorgeril, Sr de la Villegeffroy, ainsi nommé dans une Sentence rendue en la Cour Royalle de Jugon le 25 Octobre 1611 par laquelle il ſut ordonné qu’il partageroit avec Charles de Lorgeril son frère la succession de leur père, en Noble comme en Noble, & en partable comme en partable. Second Lit : Gilles de Lorgeril, Jeanne de Lorgeril, Bertranne de Lorgeril étoit marié avec Noble Homme Jean James, Sr. de la Caharie le 28 Décembre 1629, jour auquel elle transigea avec Charles de Lorgeril son frère aîné sur Ie partage des Biens nobles & de Gouvernement noble & avantageux de leur père.

 

Cinquième degré

 

Noble Homme Chales de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de Follideuc, dit de Lorgeril, fils aîné & héritier principal & Noble, né le 11 Aoust 1574, étoit au Service du Roy le 8 Avril 1591, & épousa avant le 26 Juillet 1599, Demoiselle Louise de Rondier, fille de Charles de Rondier, Ecuyer, Sr. des Murs, de Brisselieu, ou de Brizelieu,& de Demoiselle Charlotte de La Bouexière ; dans ce dernier Acte est nommé Noble Homme René de Lorgeril, Sr de la Villeménier. Charles de Lorgeril ayant fait remontrer au Roy Louis XIII, que la Maison de Lorgeril étant tombée entre les mains d’une Fille qui en étoit héritière, il désiroit être conservé ainsi que ses Enfans, dans le Nom & Titre de ladite Maison qui lui appartenoit, comme en étant Chef du Nom & des Armes, ce Prince lui accorda des Lettres-patentes au Mois de May 1643, pour changer le nom de ſa Terre & Seigneurie de Follideuc, Paroisse de Sl Igneuc, Evêché de St. Brieuc, en celui de Lorgeril, qui étoit le Nom de ſa Maison & qu’il portait, & Ces Lettres régistrées en la Chambre des Comptes de Bretagne le 27 Avril 1644. Il mourut en 1648 le 19 Janvier ayant eu de son mariage quatre enfans ci-après.

 

 

Château de Lorgeril à Saint-Igneuc

 

Jacques de Lorgeril va continuer la descendance.

 

Pierre de Lorgeril, Recteur de la Paroisse de St Etienne de la Ville de Rennes, mourut avant le 6 Mars 1682.

 

Nicolas de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de la Chesnaye, mourut avant le 12 Janvier1655, tems auquel étoit encore vivante Demoiselle Isabeau Le Bault sa veuve, laquelle fut mère de 3. enfans, qui suivent.

 

-Briand de Lorgeril, Ecuyer, Sr de la Chesnaye, fils & héritier principal & Noble, demanda par Acte dudit jour 22 Janvier 1655, tant pour lui que pour ses puisnés à Jaques de Lorgeril son Oncle le partage en Noble comme en Noble, & en partable comme en partable, des successions de Charles de Lorgeril & de Louise de Rondier; & il ne vivoit plus le 6 Mars 1682, jour auquel Demoiselle Marie Fiot sa veuve étoit Tutrice de Briand de Lorgeril son fils, dont on ignore la destinée.

 

-François de Lorgeril, Sr de Trénascoet, fut père de René de Lorgeril, maintenu dans son ancienne Noblesse, par Arret des Commissaires de Bretagne.

 

-Louis de Lorgeril, Ecuyer, Sr de Kerver, de Kerverte ou de Guerveret, assista au mariage de Catherine de Lorgeril sa cousine. Jacquemine de Lorgeril est qualifiée Dame de la Touche dans un Acte du 18 Février 1655; elle vivoit encore le 6 Mars 1682, & mourut sans alliance.

 

Sixième degré

 

Noble Homme Jcques de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de Lorgeril, de la Caharie, de la Houssaye, des Perrières & de la Chapronnaye, fils aîné & héritier principal & Noble, épouaa par Contrat du 15 Janvier 1625, Dlle Renée Biré, fille de Noble Homme Guillaume Biré & de Dlle Florence de Brenoye, Sgr & Dame de la Bougaudiére. Sa qualité de Noble & d’Ecuyer lui ayant été injustement disputée, il fit faire un Procès-verbal devant le Sénéchal de Dinan les 20 & 22 May 1638, dans lequel les Témoins, composées en plus grande partie de Gentilshommes qualifiés du pays, déposèrent, que lui & ses Prédécesseurs avoient toujours esté tenus & réputés pour Gentilshommes, comme issus de la Maison de Lorgeril en Plorec, a la suite de laquelle déposition est le Procès-verbal de vérification des Armoiries dudit Sr de Lorgeril, dans lequel ce Sénéchal dit qu‘il s‘étoit transporté dans l‘Eglise de Nôtre-Dame de Jugon, dans le Choeur de laquelle il avoit vû une Tombe appartenante à ſes Prédécesseurs, & sous laquelle avoit été enterré Joachim de Lorgeril, son ayeul, Ecuyer & autres ses Prédécesseurs, que sur cette Tombe il y étoit gravé un Ecu à un Chevron brisé, Charge par aparence de cinq Hermines fort effacées & trois Molettes d'Eperon, deux en chef & autre en pointe, » lesquelles Armes ledit Jaques de Lorgeril maintenoit être celles de ses Prédécesseurs semblables à celles de la Terre & Seigneurie de Lorgeril en Plorec, qui appartenoit ci-devant à la Dame Comtesse de Maure. En conséquence de ce Procès-verbal d’information, il obtint une Sentence rendue le 2 Aoust suivant, par François le Fèvre, Conseiller au Parlement de Bretagne, par laquelle il fut maintenu dans la qualité de Noble prise par lui & ses Prédécesseurs, laquelle Sentence fut confirmée par un Arrêt du même Parlement, du 20 Novembre de la même année. Il mourut le 23 Juillet 1673, ayant eu de son mariage 3. enfans qui suivent,

 

-Toussaint de Lorgeril continue la filiation.

 

-Catherine de Lorgeril, Dame de la Houssaye, est qualifiée ainsi dans le Contrat de son mariage accordé le 30 Juin 1650 avec Messire François Lambert, Seigneur de Lorgeril & de la Mabonniére; elle étoit veuve le 6 Mars 1682, date d’un Acte qui donne à son mari la qualité de Chevalier.

 

-Charlotte de Lorgeril, Dame de la Houssaye, est aussi nommée sous ce Titre dans son Contrat de mariage accordé le 6 Juillet 1653 avec Messire François Chesnel, Seigneur du Verger, fils aîné & Héritier principal & Noble de Messire Jean Chesnel, Sr de la Chapronnaye & de Dame Marguerite Franchet ; & en faveur duquel Jaques de Lorgeril & Renée Biré ses père & mère, lui firent don de la Terre de la Chapronnaye, estimée 18000 liv. & qu’ils avoient acquise dudit Jean Chesnel. Elle se remaria en secondes Noces avec Olivier Colas, Sr de Beaunord, dont elle étoit veuve le 6 Mars 1682, & épousa en troisiémes Noces avant le 27 Juin 1686, Jaques Le Forestier, Ecuyer, Sr de la Noe & de la Chapronnaye.

 

Septième degré

 

Toussaint de Lorgeril, Ecuyer, Seigneur de Lorgeril, de la Caharie, de la Houssaye, des Perrières, du Verger & de la Chapronnaye, Conseiller du Roy, Premier Substitut du Procureur Général de S. M. au Parlement de Bretagne, fils aîné & héritier principal & Noble, né vers l'an 1632, suivant un Acte du 14 Aoust 1660, qui le dit âgé d‘environ 28 ans, épousa par Contrat du 24 Janvier 1654, Demoiselle Emmanuelle Monneraye, fille de Noble Homme Jean Monneraye, Conseiller-Notaire & Sécrétaire du Roy, Maison & Couronne de France en la Chancellerie de Bretagne, Avocat en ladite Cour & de Demoiſelle Françoiqe Cormier sa ſemme, & fut déclaré Noble & issu & l‘ancienne Extraction Noble, par Arrêt de la Chambre établie par Roy pour la Réformation de la Noblesse du Pays de Bretagne, rendu le 17 Octobre 1668 aussi en faveur de Jaques de Lorgeril son père & de Pierre de Lorgeril son Oncle. Après la mort de ſa femme, il se remaria par autre Contrat du 24 Juin 1679 avec Demoiselle Marie Durand, Dame de la Ménardais, âgée pour lors d’environ 16 ans, fille de Noble Homme Gilles Durand, Sr. de Pénezaye & de Demoiselle Françoise Lernec sa veuve. Il mourut le 28 May 1686, ayant eu de son mariage les 2. enfans ci-après.

 

-Louis-François de Lorgeril, va suivre.

 

-Toussaint de Lorgeril, n’étoit agé que de 19 mois, lorsqu'il ſut mis ainsi que son frère, sous la Curatelle de leur mère, le 27 Juin 1686, & mourut à l’âge de sept ans.

 

Huitième degré

 

Louis François, dit aussi François-Louis de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril, des Perrières, du Verger, de la Chapronnaye, du Chalonge & du Val, qualifié Chevalier, Chef de nom & d’Armes de la Maison de Lorgeril en Bretagne, & nommé par les États, Doyen de la Noblesse de cette Province, le 12 Octobre 1752, naquit le 2 Février 1681. Il épousa par Contrat du 15 Octobre 1705, Demoiſelle Marie-Madelaine-Marthe de Géraldin (d’une Famille Irlandoise,) fille de Nicolas de Géraldin, Ecuyer, Seigneur de Blancfort & de Dame Anne Malbranek ; elle mourut en couches le 7 May 1725, ayant eu de son mariage entr’autres enfans, ceux qui suivent.

-Louis François Nicolas de Lorgeril continue la descendance.

-Jean Thomas Baptiste de Lorgeril, Seigneur de Lorgeril & du Verger, dit le Chevalier de Lorgeril, Capitaine des Vaisseaux du Roy, & Chevalier de l‘Ordre Royal St Militaire de Saint Louis, partagea le 31 Juillet 1756, les successions de ses père & mère, conjointement avec Louis-François-Nicolas, Louis-Florian-Toussaint, Marie-Anne & Marie-Angélique-Barbe de Lorgeril, ses frères & soeurs, & il est dit dans cet Acte, que depuis le décès de leur mére il étoit mort puînés.

 

Louis-Florian-Toussaint de Lorgeril, Seigneur de Perrières & de Trébédan, Capitaine de Cavalerie au Régiment de Colonel-Général.

 

Toussaint de Lorgeril mourut jeune.

 

Mathieu-Vincent de Lorgeril, naquit au mois de Septembre 1721.

 

Simon-Marie-Joseph de Lorgeril, Sr d’Orguelan, Lieutenant au Régiment du Roy, né le 30 Avril 1725, fut tué à la Bataille de Lawfeldt.

 

Marie-Anne de Lorgeril.

 

Marie-Angélique-Barbe de Lorgeril, Dame de Carmoran, née le 5 Février 1719, fut mariée le 5 Juin 1742 avec François-René de Trémereuc, qualifié Chevalier, Sgr. du Meurtel, du Vaubosché, etc

 

Neuvième degré

 

Louis François Nicolas de Lorgeril Seigneur de Lorgeril, du Chalonge, de Trébédan, & Chevalier de l'Ordre Royal &cMilitaire de St. Louis, qualifié Chevalier, Chef de nom & d'Armes, fils aîné & héritier principal & Noble, né le 14 Avril 1708 & reçu Page de la Grande Ecurie du Roy le premier Juillet 1721, sur les preuves de sa Noblesse, admises par Sa Majesté, ſut ensuite Garde de la Marine, Enseigne de Vaisseaux au mois de Décembre 1732, Lieutenant & enfin Capitaine. ll a été marié deux fois, la premiére par Contrat du 22 Février 1737, avec Demoiselle Jeanne-Elisabeth-Françoise Bégon, fille de Michel Bégon, Seigneur de la Picardière, de St.-Sulpice, de Pommeray, de Marbelin, de la Sistierre, de Sérigny, & Conseiller du Roy en ses Conseils & au Parlement de Metz, Intendant de Justice, Police & Finances de la Marine, au Département de Normandie, & de Dame Jeanne-Elisabeth de Beauharnois, & la seconde par articles accordés sous seings privés le 22 Mars 1740, avec Demoiselle Louise-Julienne de Saint-Germain, fille de Pierre de St-Germain, qualifié Chevalier, Seigneur de Parigny, & de Noble Dame Louise Piinart de Cadoalan. Ces articles furent reconnus le 12 May suivant : De son premier mariage il a eu Catherine de Lorgeril, Religieuse; & du second lit sont issus entr’autres enfans,

 

-Louis-Pierre-Marie de Lorgeril, Ecuyer, Garde de la Marine en 1757   &

 

-Marie-Louise-Geneviève de Lorgeril, née le 3 Janvier I749 & reçue dans la Maison Royale de St. Louis à St. Cyr, sur les preuves de sa Noblesse admises par le Roy le 17 Juillet 1760, sur le Certificat du Juge d'Armes, Commissaire nommé à cet effet.

 

Extrait de Armorial général par Louis-Pierre Hozier de Serigny 

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 18:54

 

Tan ! tan ! dir ! o! dir ! tan ! tan ! dir ha tan ! 
tann ! tann ! tir ha tonn ! tonn ! 
tann ! tir ha tir ha tann ! 

Gwell eo gwin nevez 
O ! na mez ! 
Gwell eo gwin nevez 
Tan ! tan !... 

Gwell eo gwin a lufr 
O ! na kufr 

Gwell eo gwin ar Gall 
Nag aval 

Gall, dit, kef ha deil 
Dit pezh-teil ! 

Gwin gwenn dit, Breton 
A galon 

Gwin ha gwad a red 
En-gevret 

Gwin gwenn ha gwad ruz 
Ha gwad druz 

Gwad ruz ha gwin gwenn 
Un aouenn ! 

Gwad ar C'hallaoued 
Eo a red 

Gwad ha gwin evis 
Er gwall vrizh 

Gwin ha gwad a vev 
Neb a ev 

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 13:55

 

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