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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 06:16

I.

 

Autrefois, ô Bretagne chérie,-

Ton nom dans l'univers était vénéré.

Mélancolique,

Forte et solide

Tu étais sans égale

Sur la terre.

 

Hélas! aujourd'hui, ô mon pays,

Tu te rendors à nouveau.

O ! quel malheur '

O! quel chagrin !

Tu meures,

O Bretagne !

 

II.

 

Toi si libre jadis,

Pourquoi inclines tu le front?

Et toi 'si pauvre

Donnes-tu ton or

Au mauvais étranger

De France ?

 

III

 

Tu sais, bêlas! de la part de qui

Tu es aussi morfondu aujourd'hui

De méchants Français,

Tes ennemis,

Jusqu'à ton souvenir

Veulent détruire.

 

IV

 

En Arvor et en Argoed

(Sur le bord de la mer et dans la haute terre )

Les Bretons se corrompent.

Ils n'enseignent plus

A leurs enfants

Ni la langue ni les coutumes

De leurs pères.

 

V

 

En Arvor et en Argoed

Les Bretons faiblissent ;

Les guerres,

Ni les sones,

Ils ne savent plus chanter

 

VI

 

0 combien vous êtes coupables,

O parents pervers !

En Bretagne

Faire la guerre

Au breton,

Chose infâme !

 

 

O quand donc, ô mon Dieu,

Finira ma triste vie I

Pour moi la mort

Sera moins amère

Que de voir mourir

La Bretagne.

 

Efflam Koed-Skau

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:42

 

 

Sur la fin de l'onziéme siécle, Alain Fergent Duc de Bretagne ayant fait faire une Enqueste solemnelle des Rangs que les Grands de son, Estat avoient eu de toute ancienneté dans les Parlemens & Assemblées generales du Pays, il se trouva que les Vicomtes de Leon & de Rohan y avoient toujours eu des plus hauts Rangs, & qu'ils estoient Princes du Sang Royal de Bretagne. Eudon, Vicomte de Porhoet, fut Duc de Bretagne ayant épousé Berthe fílle unique & heritiere de Conan troisième Duc de Bretagne : Il mourut l'an 1180. Alain premier Vicomte de Rohan est qualifié Prince, & illustre, dans l'acte de fondation du Prieuré Nôtre-Dame de la Coüarde, avant l'année 1120, & sa femme, qui estoit fille d'Alphonse Roy de Castille, y est nommée Villana. Alain Vicomte de Rohan, épousa Constance de Bretagne Soeur unique de Conan quatriéme du nom Duc de Bretagne, & petite fille de Matilde d'Angleterre, lesquels Alain & Constance fondèrent l'Abbaye de Bon-Repos dans la Vicomté de Rohan l'An 1184. & d'eux sont issus tous les Vicomtes & Ducs de Rohan qui ont esté depuis, jusques à Henry II. du nom decedé l'an 1638. les Seigneurs de Montauban, & les Seigneurs de Guemené. Dans le premier volume de l'Histoire des Guerres France & d'Angleterre, écrit par Jean Froissart il y a prés de trois cens ans, le Vicomte de Rohan est qualifié Prince, & il y est nommé comme l'un des plus confiderables entre ceux qui furent presens, lors que le Roy Philippes de Valois adjugea la Duché de Bretagne à Charles de Blois son Neveu, par Arrest donné à Conflans le septième Septembre 1341. Adonc (dit Froiffart) Monseigneur Charles s'enclina contre le Roy son Oncle, en le remerciant moult grandement, & tantost pria le Duc de Normandie son Cousin, le Comte d'Alençon son Oncle, le Duc de Bourgogne, le Comte de Blois son Frere, le Duc de Bourbon, Monseigneur Louis d'Espagne, Monseigneur Jacques de Bourbon, le Comte d'Eu pour lors Connestable de France, le Comte de Guynes son fils, le Vicomte de Rohan, & tous les autres Princes & Barons qui là estoient, qui tous luy dirent qu'ils iroient volontiers avec luy, à leur Seigneur le Duc de Normandie, chacun à tout tant de Gendarmes comme il pourroit avoir. Jean Vicomte de Rohan aprés la mort de Jeanne heritiere & Vicomtesse de Leon sa premiere femme, de laquelle il avoit deux fils & une fille, épousa lan 1377. Jeanne de Navarre fille de Philippes d'Evreux & de Jeanne de France Roy & Reyne de Navarre; la quelle Jeanne de Navarre avoit trois Soeurs, Blanche mariée à Philippes de Valois Roy de France, Marie à Pierre IV. du nom Roy d'Arragon, & Agnes à Gaston Phoebus III, du nom Comte de Foix. Et dans l'Histoire de Navarre écrite en Espagnol par Dom Charles Infant de Navarre, continuée par un Evêque de Pampelonne, de la Maison du Maréchal de Peralte, & traduite par Cayet, il est dit parlant de ce Mariage, que le Vicomte de Rohan estoit Prince né du droit estoc des anciens Rois de Bretagne. Du premier Mariage dudit Jean Vicomte de Rohan avec ladite Jeanne heritiere & Vicomtesse de Leon, nasquirent Alain Vicomte de Rohan & de Leon, Edoüard de Rohan, & Jeanne de Rohan, laquelle Jeanne de Rohan fut mariée l'an 1574. à Robert d'Alençon Comte du Perche, fils de Charles de Valois Comte d'Alençon, frere du Roy Philippes de Valois. Et du second mariage dudit Jean Vicomte de Rohan avec ladite Jeanne de Navarre, est venu Charles de Rohan Seigneur de Guemené, duquel font issus les Seigneurs & Princes de Guemené, les Ducs de Montbazon, les Seigneurs de Gié, & depuis six-vingts ans les Vicomtes & Ducs de Rohan. Guillaume Sire de Montauban , épousa l'an 1414. Bonne Viscomti Princese de Milan de laquelle il eût un fils nommé Jean, qui n'eût qu'une fille mariée à Louis de Rohan premier du nom Seigneur de Guemené, dont Monsieur & Madame Prince & Princesse de Guemené sont issus. En l'année 1419. Jean Duc de Bretagne , Artus & Richard de Bretagne ses freres estans prisonniers, Alain Vicomte de Rohan, comme Prince de l'ancienne Maison Royale de Bretagne, fut déclaré Lieutenant general de l'Estat, par le consentement universel des Bretons, Alain Vicomtei de Rohan, petit Fils du Vicomte Jean & de Jeanne Vicomtesse de Leon sa premiere femme, épousa Marguerite de Bretagne fille de Jean surnommé le Vaillant & le Conquerant, Duc de Bretagne, & de Jeanne de Navarre fille de Charles II. du Nom Roy de Navarre & de Jeanne de France, laquelle Jeanne de Navarre fut depuis Reyne d'Angleterre. Ce Vicomte Alain eut deux filles de Marguerite de Bretagne sa femme, l'une appellée Marguerite qui épousa Jean d'Orleans Comte d'Angoulême petit Fils de France, Ayeul du Roy François. l'autre appellée Catherine & qui épousa Jean d'Albret Vicomte de Tartas, & fut Mere du grand Alain Sire d'Albret Pere de Jean Roy de Navarre Ayeul du Roy, Henry quatriéme. Le mesme Vicomte de Rohan se maria en secondes nopces avec Marie de Lorraine fille d'Antoine Comte de Vaudemont; Pere de Ferry Duc de Lorraine. Jean Vicomte de Rohan fils d'Alain & de sa seconde femme Marie de Lorraine, épousa l'an 1461. Marie de Bretagne seconde fille de François premier du nom Duc de Bretagne, & d'Isabel d'Escosse fille de Jacques premier du nom Roy d'Escosse. Ce Mariage, aussi bien que celuy de Marguerite, soeur aisnée de ladite Marie avec François second dernier Duc de Bretagne, & pere de la Reine Anne , avoient esté ordonnez par ledit Duc François premier, dés l'an 1450. & les contracts en avoient esté faits, & approuvez par les Estats du Pays cinq ans aprés, dont l'Autheur des anciennes Chroniques de Bretagne rapporte la cause en ces termes, parlant du Vicomte de Rohan : Car c'est luy qui plus droitement de toute ancienneté est issu de la ligne Royale de Bretagne : Et Messieurs de Sainte Marthe disent, Le Duc François premier voulut par son Testament que ses deux filles uniques fussent mariées aux deux plus proches Princes du Sang de Bretagne. En l'année 1535. René premier du nom Vicomte de Rohan, fils de Pierre de Rohan Baron de Frontenay, & d'Anne de Rohan (qui fut heritiere & vicomtesse de Rohan aprés Jacques & Claude ses freres, morts sans enfans, l'un en 1527. l'autre en 1540.) épousa Isabeau de Navarre fille de Jean d'Albret & de Catherine de Foix Roy & Reyne de Navarre. Et le Pere Joseph Texera Portugais en son Histoire genealogique qu'il presenta au Roy Henry IV. L'an 1590. parlant de ce Mariage, dit, Isabeau mariée à Monsieur de Rohan Prince de la Maison de Bretagne. A la ceremonie de l'entrée du Roy Henry second à Paris l'an 1549. ledit René Vicomte de Rohan est appellé Prince, il y eut rang & y marcha en cette qualité. Et en l'an 1551. ayant esté tué dans un combat proche de Mets, François de Rabutin qui vivoit alors, dit, Ce fut un fort grand dommage de la perte de ce Prince qui estoit de la Maison de Bretagne : Guillaume Paradin l'appelle, Monsieur de Rohan Prince Breton : Et l'Autheur des Annales d'Aquitaine , Monsìeur le Prince de Rohan Breton. Dans une Transaction faite le 14. juillet 1581, entre le Roy Henry IV. & René deuxiéme du nom Vicomte de Rohan, fils dudit René premier du nom Vicomte de Rohan, & de ladite Isabeau de Navarre, sont ces mots, Ont esté presens tres Haut, tres-Puissant et tres Illustre Henry par la grace de Dieu Roy de Navarre, estant de present en ce lieu des essarts, d'une part ; & tres Haus & tres-Puissant Prince René Vicomte de Rohan, &c. lesquels assistez des Gens de leur Confeil, &c. Monsieur le President de Thou rapporte qu'en l'année 1589. aprés la mort du Roy Henry III. son successeur Henry IV. ayant esté reconu Roy de France, par quantité de Princes & de Grands qui estoient dans son Armées il en fut passé un Acte solemnel qui fut signé dans cet ordre. Premierement, Le Roy & puis aprés, François de Bourbon Prince de Conty, François de Bourbon Duc de Montpensier, Henry d'Orleans Duc de Longueville, François de Luxembourg Duc de Pinay, Louis de Rohan Duc de Montbazon, Armand de Biron & Jean d'Aumont Maréchaux de France & autres. Il ajoute que plusieurs Seigneurs qui estoient presens & qui approuvoient fort ce qui se passoit, ne voulurent pas neanmoins signer l'Acte, craignans de faire préjudice à leur rang & à leur prerogative, & qu'entre ceux là fut Jean Louis de Nogaret Duc d'Espernon, qui comme Duc Pair pretendoit signer avant les Maréchaux de Biron & d'Aumont, lesquels soûtenoient au contraire, qu'estans les Chefs de l'Armée où l'Acte estoit fait, ils devoient signer immediatement aprés les Maisons de Princes : Ce qu'ils obtinrent. Monsienr d'Espernon estoit plus ancien Duc & Pair que Messieurs de Luxembourg & de Montbazon. Cependant il paroit par ce que dit Monsieur de Thou, qu'ils ne faisaient pas de difficulté de signer aprés eux En l'an 1594. au festin royal fait le jour du Couronnement du Roy Henry IV. à Chartres, la Vicomtesse de Rohan preceda la Duchesse de Retz, dont le mary avoit servy à la Ceremonie du Sacre, comme Pair & representant le Comte de Flandres.

 

André Chedeville et Noël-Yves Tonnerre évoque le personnage considéré comme aïeul de la famille de Rohan, "la Bretagne féodale XIe-XIIIe siècle). Sous Conan IV de Bretagne un certain Eudes détenait la charge vicomtale au sein du comté Rennais, toutefois le dit Eudes se mettait dans la fidélité de Geoffroy Grisegonelle duc d'Anjou. N'ayant pas eut d'héritier direct, à sa mort sa charge ainsi que toutes ses possessions bretonnes furent reprises par le duc Geoffroy Ier, puis elles furent confiées à l'un de ses fidèles : Guéthenoc, dont le patrimoine familiale se trouvait au sud du Poutrocoët. C'est lui l'aïeul de la Maison de Rohan, donné fils de Juthaël, lui même fils de Conan Ier Le Tort duc de Bretagne. Gauzlin, fils de Guéthenoc fut à l'orgine du château et de la ville de Josselin. Le dit Guethenoc disposait d'une défense castrale : château Trô en l'actuelle localité de Guillers. Le nom de Guéthenoc nom apparaît dans une charte de Redon datée de l'an 1008 :

 

 

Florente adhuc mundo et fide vigente vir quidam multe nobililatis Ann. et sagacitatis, Guethenocus, vicechomes de castello Thro, cogilans ipsum castellum de suo loco mutare, audivit omnem plantacionem quam non plantat pater caelestis esse eradicandam. Divino spiritu instinctus, adiit rothonense Christi cenobium quod regionis hujus oblinet principatum consulens fratres qua die et qua hora et super quod fundamentum castellum suum edificare deberet. At illi Christum omnium bonorum fundamentum esse dixerunt, et quicquid super hoc fundatum est cadere non posse. Quo audito, venerabilis proconsul honoravit sanctum locum digno honore; nam, apposita altari Salvatoris tabula argentea eleganter deaurata, commendavit semetipsum et omnia sua orationibus fratrum peciitque ab eis corpus suum, dum vita excederet, et heredum suorum, sicut mos erat Britannie nobilium, in eodem loco sepeliri. Castellum etiam aedificandum Christo Domino et ejus ecclesia rothonensi subjugavit, et censum, id est, quinque solidos unoquoque anno, monachis de eo reddi constituit. Vovit quoque ut, si aliquando castellum ita amplificaretur quod cella monachorum in eo posset construi, nulli alii aecclesia daretur nisi ecclesie Salvatoris. Quod obstinata maledictionis sentencia contestatus est ne quis ex progenie sua scienter violare presumeret. Facta sunt autem in aecclesia Salvatoris teste Deo et omnibus sanctis sequenti vero die dominica, hora prima, figens palum in castello edificando, ut mos est, capellam in honore Sancti Salvatoris fundavit, et supradicta omnia coram omnibus hominibus suis qui aderant confirmavit.

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 14:01

 

 

Alain, de Porhoët, troisième fils d'Eudon Ier, comte de Porhoët, fut le premier seigneur de Rohan, la tige de l'illustre maison de ce nom. Cet Alain mourut en 1128. Dès l'origine, la vicomté de Rohan semble avoir eu l'étendue que lui donnent plus tard positivement les aveux détaillés qui nous en restent, et dont les plus anciens datent du XVe siècle. En effet, la notice de fondation du prieuré de la Couarde (D. Morice, Pr. I, 552 et 553; Cartul. Roton. Ms., fol. limin. v°) et une charte de l'abbaye de Marmoutier (D. Morice, Ibid., 554) mentionnent formellement, parmi les possessions de cet Alain Ier, fils d'Eudon de Porhoët, Rohan, Credin, Châteaunoix ou Castennec, Bieuzi, Metrand, Guern, Perret. Et par les titres de la fondation de l'abbaye de Bonrepos, en 1184, nous voyons encore que les domaines d'Alain III de Rohan, petit-fils d'Alain Ier, comprenaient, entre autres, Pontivi, Saint-Aignan ou Saint-Ignan (ecclesia sancti Inuani. D. Morjce a imprimé par erreur sancti Junani, qui ne se rapporte à aucune localité), la forêt de Quénécan (Kenescam), Gouarec, Rosquelfen, Merléac, Plussulien, Corlé, etc. (Voy. D. Morice, Pr.I, 697 et 724, 725.) Sans plus nous arrêter à ces recherches, qui n'amèneraient aucun résultat suffisamment complet, nous allons donner ici la nomenclature des paroisses comprises dans la vicomté de Rohan, à l'époque la plus ancienne où nous en pouvons connaître l'étendue avec certitude. Mes sources sont : le Mémoire du vicomte de Rohan pour la préséance aux États de Bretagne, rédigé en 1479 et imprimé au t. Il de l'Histoire de Bretagne de Morice et Taillandier ; l'aveu de la vicomté de Rohan, de 1471 ; celui de la châtellenie de Corlé, de 1576, et un autre de même date de la principauté de Guémené, enfin les deux aveux du duché de Rohan, de 1639 et de 1682. Tous ces documents, sauf le Mémoire, sont inédits et font actuellement partie du fonds de la Chambre des comptes de Bretagne, aux archives départementales de la Loire-Inférieure. La première résidence d'Alain Ier, tige des Rohan, fut Châteaunoix; aussi est-il intitulé vicomte de Châteaunoit (Vicecomes Castri Noici) dans la notice de fondation du prieuré de la Couarde. Dans les dernières années de sa vie, Alain Ier fit construire le château de Rohan (voy. D. Morice, Pr. I, 554), qui donna son nom à la seigneurie et en demeura longtemps le chef-lieu ; toutefois, au XVe siècle, et d'après l'aveu de 1471, il semble que Pontivi était déjà la capitale effective ; privilège qui lui fut officiellement confirmé, depuis l'érection de Rohan en duché, en l'an 1603, puisque les divers siéges de juridiction du nouveau duché relevaient tous en appel de celui de Pontivi. Suivant l'aveu de 1471, la vicomté de Rohan était divisée en trois membres : 1° La seigneurie proprement ditede Rohan, que j'appellerai, pour faire court, châtellenie de Rohan ; 2° la châtellenie de Gouarec ; 3° la châtellenie de Corlé.

 

1° La châtellenie de Rohan comprenant 46 trèves ou paroisses, dont voici le dénombrement, en allant du Nord au Sud et de proche en proche : 1. Mur ; 2. Saint-Guen , trève de Mur ; 3. Saint-Connec, id. ; 4. Saint-Caradec ;5. Saint-Gonneri ; 6. Croixanvec ; 7. Neuilliac ; 8. Kergrist , trève de Neuilliac ; 9. Hémonstoir, id. ; 10. Cleguerec (la partie Sud seulement) ; 11. Séglien (moins sa trève de Lichernin ou Lescharlin qui était en Guémené) ; 12. Malguenac ; 13. Stival, trève de Malguenac ; 14. Guern ; 15. Pontivi ; 16. Noyal-Pontivi ; 17. Saint-Geran, trève de Noyal-Pontivi ; 18. Guettas, id. ; 19. Kerfourn, id. ; 20. Saint-Thuriau , id. ; 21. Saint-Gouvri ; 22. Saint-Samson sur l'Oust (les villages les plus voisins de Rohan) ; 23. Rohan ; 24. Credin ; 25. Ptengriffet ; 26. Reguini ; 27. Radenac ; 28. Saint-Fiacre, trève de Radenac ; 29. Naizin ; 30. Moustoir-Remungol ; 31. Plumeliau ; 32. Bieuzi ou Buzy ; 33. Castennec ou Châteaunoix, trève de Bieuzi ; 34. Melrand ; 35. Baud 36. Guénin ; 37. Remungol ; 38, Moréac ; 39. Locminé ou Moustoir-Locminé ; 40. Saint- Allouestre 41. Buléon , trève de Saint-Allouestre, selon l'ancien Ogée ; 42. Hignan ;43. Saint-Jean-Brevelay (la partie Nord-Est seulement) ; 44. Moustoirac ;45. Plnmelin ; 46. Camors. La forêt de Loudéac, quoique enclavée dans le comté de Porhoët, était aussi regardée comme faisant partie de la châtellenie de Rohan, suivant l'aveu de 1471. Mais je ne note ici ce fait que pour mémoire : car cette forêt, comprise originairement dans le comté de Porhoet, n'en avait été distraite qu'au XIIIe siècle, par suite de partages.

 

2° La châtellenie de Gouarec, deuxième membre de la vicomté de Rohan, s'étendait sur treize paroisses ou trêves, savoir : 1. Plourai ; 2. Mellionec 3. Plouguernevel ; 4. Saint-Gilles, trève de Plouguernevel ; 5. Gouarec, id. ; 6. Plelauf, nommé Pellan ou Pellau dans les aveux du XVIIe siècle ; 7. Lescouët ; 8. Penret ou Perret, trève de Silflac ; 9. Sainte-Brigitte, trève de Cleguerec ; 10. Silfiac ; 11. Cleguerec (la partie Nord seulement) ; 12. Saint-Ignan ou Saint-Aignan, trève de Cleguerec ; 13. Saint-Caradec-Tregomel, enclavée dans la seigneurie de Guémené. La résidence seigneuriale du vicomte de Rohan, dans la châtellenie de Gouarec, était le manoir de Penret, aussi appelé les Salles de Penret, et plus simplement le château des Salles, sur la lisière de la forêt de Quénécan, en Sainte- Brigitte.

 

 

3° La châtellenie de Corlé ou Corlai, troisième membre de la vicomté, comprenait 12 paroisses ou trèves, savoir : 1. Corlé ; 2. Saint-Martin-des-Prés ; 3. Merléac ; 4. Le Quilio, trève de Merléac ; 5. Saint-Mayeuc ; 6. Saint-Gilles-Vieux-Marché, trève de Saint-Mayeuc ; 7. Caurel. id. ; 8. Laniscat ; 9. Saint-Guelven, trêve de Laniscat ; 10. Bosquelfen, id. ; 11. Saint-Igeau, id. 12. Plussulien.

 

 

La résidence seigneuriale du vicomte de Rohan en cette châtellenie était le château de Corlé. En réunissant les paroisses et trèves comprises dans les trois membres de la vicomté, on arriverait au chiffre total de 71, que l'on doit réduire à 70, puisque, dans la nomenclature qi précède, la paroisse de Cleguerec est employée deux fois, savoir : une première fois pour sa partie Sud dans la châtellenie de Rohan (n° 10), et une autre fois pour sa partie Nord dans celle de Gouarec sous le n° 11. Ainsi, en 1471 la vicomté de Rohan comprenait 70 paroisses ou trèves. Cependant, d'après l'art. 38 du Mémoire de 1479 pour la préséance, la vicomté se serait étendue sur 112 paroisses, dont on ne nous donne point d'ailleurs la nomenclature. Entre cette assertion, qui n'est soutenue d'aucune preuve, entre l'autorité du Mémoire et celle des aveux il n'y a point à hésiter. Les aveux ayant été reçus à la chambre des comptes sont des documents officiels et authentiques; le Mémoire est simplement un factum, un plaidoyer élogieux en faveur de la puissance et de l'illustration de la maison de Rohan; rien d'étonnant qu'on y trouve quelques exagérations. Au reste, le chiffre de 70 paroisses, en place de 112, est encore fort respectable. Telle était la vicomté de Rohan en 1471. Mais plusieurs sont presque tous, je crois, postérieurs à la date susdite, en avaient dès le commencement du XVIIe siècle réduit notablement l'étendue. 1° La châtellenie de Corlé tout entière, avec ses douze paroisses, fut, dans le cours du XVIe siècle ou sur la fin du XVe, distraite de la vicomté de Rohan en faveur de la branche de Rohan-Guémené, ainsi qu'on le voit dans l'aveu rendu au roi en 1576. 2° De la châtellenie de Gouarec on détacha de même, en faveur des Rohan-Guémené, les quatre paroisses de Saint-Caradec-Trégomel, Plouray, Mellionec et Plouguernevel (presque en entier), lesquelles furent annexées à la seigneurie ou principauté de Guémené, comme on le voit par l'aveu de 1576, où l'on trouve encore, parmi les dépendances de Guémené, une grande partie des paroisses de Lescouët ct de Silliac, qui avait dû être démembrée en même temps de la châtellenie de Gouarec. Outre ces deux grands démembrements pris sur la partie Nord-Ouest de la vicomté, les cinq seigneuries suivantes furent démembrées, au Sud, de la châtellenie deRohan, telle qu'on l'a décrite plus haut; c'étaient :3° La châtellenie de Pleugriffet, contenant tonte la paroisse de ce nom.était situé en Naizin, et dont les principales pièces ou dépendances se trouvaient dans les paroisses de Naizin, Noyal-Pontivi, Pluméliau, Remungol, Monstoirac, etc. 5° La seigneurie de Kergrois qui avait son château en Remungol, et ses principales pièces en Moréac, Plumelin, Guénin, Remungol et Moustoir-Remungol. 6° La châtellenie de Baud, comprenant les paroisses de Melrand et de Baud en entier, et en grande partie Guénin, Plumelin et Locminé. 7° La seigneurie de Kerveno, qui s'étendait sur une grande partie de la paroisse de Pluméliau. Les cinq dernières seigneuries, démembrées de Rohan, dont on vient de parler, comprenaient en totalité les paroisses de Pleugriffet, Remungol, Plumelin, Guénin , Baud, Metrand, et une grande partie de Moustoirac, Locminé, Moréac, Naizin, Moustoir-Remungol et Pluméliau. Ces divers démembrements restreignirent sensiblement les bornes primitives de la vicomté; aussi, en l'an 1603, lors de l'érection de Rohan en duché, on trouva que cette seigneurie ainsi réduite n'était plus en état de soutenir convenablement son nouveau titre ; on l'agrandit en y annexant la châtellenie de La Chèze, qui fut distraite, à cet effet, du comté de Porhoët, et comprenait, ainsi qu'on l'a vu ailleurs, 21 paroisses. Il faut donc se garder de confondre le duché de Rohan avec l'ancienne vicomté de ce nom, dont la circonscription , comme on l'a vu, différait essentiellement. En raison de son étendue, la vicomté de Rohan avait dû être partagée ab antiquo en plusieurs ressorts de juridiction, dont les siéges, suivant le Mémoire de 1479 (art. 38), étaient à Corlé pour la châtellenie de Corlé, à Loudéac pour la forêt de Loudéac et le territoire en dépendant, à Gouarec pour la châtellenie de Gouarec, à Baud pour une petite partie de la châtellenie de Rohan, et enfin à Pontivi pour tout le reste de cette même châtellenie. Il n'y avait point alors de siége de juridiction à Rohan ; seule ment un juge de la Cour de Pontivi y allait tenir audience une fois la semaine , ce qui dura jusqu'à l'érection de Rohan en duché. Au XVIIe siècle, les aveux de 1639 et de 1682 nous font connaître un état de choses assez différent. Par suite des démembrements ci-dessus indiqués, les juridictions de Corlé et de Baud ne dépendaient plus de la terre de Rohan ; et le nouveau duché, en y comprenant, bien entendu, la châtellenie de La Chèze, se trouvait divisé entre six juridictions, savoir : La Chèze, Loudéac, La Trinité dans l'ancienne châtellenie de La Chèze ; et dans ce qui restait de l'ancienne vicomté de Rohan : Gouarec, Rohan et Pontivi. Ce dernier siége était de plus tribunal d'appel, an premier degré, à l'égard des cinq autres. 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:47

 

 

Carte du Porhoët d'après document Wikipedia

 

Peu de noms se rencontrent aussi souvent dans notre histoire que ceux de Porhoët et de Rohan. Et cependant, si l'on a besoin de connaître l'étendue géographique de ces deux grandes seigneuries, c'est en vain qu'on feuilletera tout ce qui a été imprimé sur la Bretagne, on n'y trouvera rien de satisfaisant pour la préséance aux Etats de Bretagne, composé en 1479, imprimé au t. II de l'Histoire de Bretagne de Morice et Taillandier, et qui renferme, à côté de beaucoup de détails curieux, plusieurs inexactitudes. Ce nom de Porhoët Pou-tre-Coët ou Pou-tro-Coët (Pagus trans Sylvam ou Pagus circa Sylvam), appliqué depuis le VIe siècle à un grand canton renfermant et entourant de toutes parts la forêt de Brekilien ou Brecilien, si célèbre dans les romans du moyen âge sous le nom de Brocéliande. J'ai recherché les limites anciennes du Poutrocoët dans le chap. II dema Géographie historique de Bretagne avant le XIe siècle (voy. Bullet. Archéol. de l'Assoc. Bret., t. III.). Aux IXe et Xe siècles, le Poutrocoët parait avoir fait partie du domaine proche des souverains de Bretagne. Au commencement du XIe ou vers la fin du Xe, les comtes de Rennes, qui en étaient alors possesseurs, y taillèrent pour leurs vassaux plusieurs beaux fiefs, dont le plus grand et le plus occidental retint le nom antique de Poutrocët, contracté, comme je l'ai dit, en Porhoët. Je ne suivrai point à travers les siècles les vicissitudes de cette seigneurie , qui est restée, depuis le XVe siècle, dans la maison de Rohan. Je veux seulement donner la nomenclature des paroisses qu'elle renfermait à l'époque la plus ancienne où nous en pouvons connaître avec certitude l'étendue géographique. Mes sources sont : le Mémoire de 1479 cité plus haut, deux aveux du comté de Porhoët de 1471 et de 1679, deux aveux du duché de Rohan de 1639 et de 1682. Les originaux de ces quatre aveux existent à Nantes, dans les archives de l'ancienne Chambre des Comptes de Bretagne. Josselin était, depuis le Xe siècle, la capitale du comté de Porhoët. D'après l'aveu de 1471, ce comté se subdivisait en deux membres principaux, dont le plus considérable avait Josselin même pour chef-lieu, et c'est pourquoi je l'appellerai ici châtellenie de Josselin, encore que l'aveu de 1471 n'emploie point ce mot. L'autre membre était la châtellenie de la Chèze. La châtellenie de Josselin se composait des trèves et paroisses suivantes, que j'indique en descendant du Nord au Sud et de proche en proche : 1 Langourla ; 2. Merillac ; 3. Saint- Vran ; 4. Merdrignac ; 5. Gommené ; 6. Brignac ; 7. Menéac ; 8. Evriguet, trève de Mencac ; 9. Guillier ; 10. Mohon ; 11. Lanouée ; 12. La Grée Saint-Laurent, trève ; 13. Loyat ; 14. Campénéac ; 15. Heléan, trève de la ; Croix-Heléan ; 16. La Croix-Heléan ; 17. josselin ; 18. Guillac ; 19. Lantillac ; 20. Guégon ; 21. Saint-Servan ; 22. Quili ; 23. Le Ros Saint-André, trève de Sérent ; 24. Lizio, id. ; 25. Cruguel ; 26. Guchenno 27. Billio ; 28. Saint-Jean-Brevelay (la partie Nord-Est de) ; 29. Plumelec. Les onze dernières paroisses, de Lantillac à Plumelec, formaient, dans la châtellenie de Josselin, une subdivision appelée bailliage d'Outre-l'Eau, fief de Quemenet, ou encore Porhoët en Vannes, parce qu'elles étaient effectivement dans le diocèse de Vannes et sur la rive droite de l'Oust, tandis que tout le reste du comté de Porhoët se trouvait sur l'autre rive (Elle n'est point mentionnée à part dans les aveux, ce qui tient sans doute à ce qu'elle était jadis une trêve, de Lanouée, je crois : car cette paroisse était entourée de toutes parts par le comté de Porhoët.). Remarquons aussi que les trois paroisses de Guillier, Loyat et Campénéac furent démembrées du comté de Porhoët et données en juveignerie, c'est-à-dire en partage de cadet, à une époque ancienne et certai nement avant le XVIe siècle. Loyat forma, à elle seule, une seigneurie sous le nom de vicomté de Loyat. Les deux autres furent incorporées à la vicomte du Bois-de-la-Roche. en Néant. C'est en Guillier que se trouvait situé l'antique château Tro, qui pendant un petit espace de temps avait servi de résidence au premier sire de Porhoët. En 1535 il n'en restait déjà plus que des ruines, suivant un aveu du Bois-de-la-Roche. Dans la châtellenie de La Chèze se trouvaient comprises les trèves et paroisses de :30. Uzel ; 31. Saint-Hervé, trève de Loudéac ; 32. Grâce, id ; 33. Saint-Télo ; 34. Trevé ; 35. La Motte, trève de Loudéac ; 36. Saint-Sauveur-le-Haut, trève de La Prénessaie ; 37. La Prénessaie ; 38. Lanrénan ou Laurenan ; 39. Plémet ; 40. Loudéac ; 41.-Cadelac ; 42. Saint-Barnabé, trève de Loudéac ; 43. La Chèze , 44. La Ferrière ; 45. Plumieuc ; 46. La Trinité ; 47. Saint-Élienne-du-Gué-de-l'lle, trève de Plumieuc ; 48. Saint-Maudan ; 49. Saint-Samson, sur l'Oust (la plus grande partie) ; 50. Brehant-Loudéac.sous le nom de Brocéliande. En 1603, la vicomté de Rohan fut érigée en duché, et comme on ne la trouvait pas d'assez belle taille pour faire honneur à son nouveau titre, on démembra du comté de Porhoët, la châtellenie de la Chèze dont nous venons de parler, et on l'unit au duché de Rohan, dont elle fit toujours partie depuis lors. On la subdivisa même en trois châtellenies de moindre étendue, savoir : Loudéac, La Chèze et la Trinité, en chacune desquelles fut établi un siège de juridiction. Les aveux du ces trois châtellenies. Mais comme ce sont là des circonscriptions tracées arbitrairement à une époque toute récente, je crois qu'on doit se dispenser de les indiquer dans une notice sommaire comme celle que j'écris. Le Mémoire du vicomte de Rohan pour la préséance, composé en 1479, dit, à l'art. 28, que le comté de Porhoët avait 52 paroisses, et tout à l'heure cependant nous n'en avons compté que 50. Cette différence est plus apparente que réelle, vu que j'ai compté Josselin pour une seule paroisse, tandis que cette ville en avait trois : N.-D. du Roncier, Saint-Martin et Sainte-Croix.

 

 

Document Gallica

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:10

C'est à travers le Cartulaire de Redon qu'est mentionnée la paroisse primitive de Campénéac. L'acte est daté de l'an 840. Y est mentionné Riwalt, petit-fils de Jarnuocon, lequel Riwalt était solidement implanté en ces paroisses sur lesquelles il exerçait la charge de machtiern : Campénéac, Caro, Augan, et Guillac. Il comptait pour lointain aïeul Jarnihitin, lequel avait jadis exercé aussi la fonction de machtiern. Hors, cet acte fait mention que Riwalt se trouvait en sa maison de Brann-Ewin en la paroisse de Kempeneac et il fut témoin d'une donation de terres sises en cette même paroisse par Catworet. Mais, en 844, une autre donation dont il était témoin, consistait à céder sa cour de Bronn-Ewin alias Lisbroniuuin afin de dédommager l'assassinat commis sur le dit Catworet, par son fils Deurhoiarn. Deurhoniarn, succéda à son père comme machtiern et probablement au plus tard l'an 853. 

 

lndicat carta quomodo Catuuoret se comendavit ad Nominoe, et dum essed (sic) illi fidelis, occidit eum Deurhoiarn fdius Riuualt. Postea, Nominoe hominem suum requisivit super Riuualt et filium suum. Tune Riuualt, ex semine Iarnuuocon hères, tradidit Lisbroniuuin et hoc quod adjacet ei, ex plèbe Kempeniac, in pretio sui hominis Catuuoret. Factum est hoc in Lisranac, .vin. idus marcias, in die sabbato, presentibus istis hominibus : Conuuoion, monachus, testis; Iarnhitin, monachus, testis; Leuhemel, monachus, testis; Cumdelu, monachus, testis; Rethuualart, presbyter, testis; Dreuuallon, presbyter, testis; Riuuallon, commes Poucaer, testis; Biscan, invitator Nominoe, testis; Juduuoret, invitator Riuualt, testis; Uurscant, testis; Euuen, testis; Portitoe, testis; Drihican, testis; Rohot, testis; Catuuobri, testis.

 

 

Etait-ce sur l'une des cours que le château de Trécesson en Campénéac émergea. Le château de Trécesson appartenait en 1250 à Jean, Chevalier, seigneur de Trécesson et de Campénéac. Jean de Trécesson son fils épousa Catherine de Montauban, fille de Renaud premier et de Amice du Breil -contrat de mariage daté du 11 mars 1336 ; ils eurent pour enfants François, Jeanne et Jean qui suit. Jean de Trécesson, septième du nom, fils des précédents devint chambellan du duc Jean V, et son connétable en 1430. Celui-ci n'eut qu'une fille, Jeanne mariée à Eon de Carné. De ce mariage sortit François, né en 1493, qui obtint des lettres de Charles VIII, données à Ploërmel le 21 avril 1494 pour reprendre le nom et les armes de Trécesson. Construit en schiste rougeâtre comme celui de Comper. De 1440 à 1460, trois campagnes de travaux se succédèrent : la transformation du châtelet, la construction du logis au sud-est et l'édification de la tourelle dite Beaumont. La chapelle est construite au début du 16e siècle au nord-ouest de la cour ainsi que le bâtiment dit Château-Merlet adossé à la chapelle et aménagé pour un cadet de la famille. Une vaste campagne de restauration et d'agrandissement du château est entreprise au 17e siècle. Les élévations à l'intérieur de la cour, les communs de l'avant-cour, le pavillon de jardin et le colombier datent de cette époque. Une ferme-école est établie à Trécesson en 1849. Le domaine appartient en 1913 à Alice de Perrien qui entreprend d'importants travaux de restauration et de consolidation. Trécesson était un de ces vieux châteaux du XVIe siècle qui avait encore ses douves et son pont-levis et aussi ses grandes salles basses peu éclairées, où plusieurs générations de vieux gentilshommes s'étaient écoulées sans bruit, ne laissant que le souvenir de quelques étrangetés de caractère et d'humeur ayant formé le fond de plusieurs légendes qui s'effaçaient de jour en jour. Je restai là une huitaine avec mon père près de son oncle et d'une vieille cousine qui reprenaient à table, les récits plus ou moins accrédités du vieux temps. Au nombre de ceux-ci était la naïve histoire d'un jeune seigneur de Trécesson qui, au moment de s'éloigner de sa famille, était conduit par sa nourrice au delà du pont donnant entré au château et qui, rendu à une certaine distance quand la nourrice allait le laisser prendre son essort, se retournait subitement et revenait, à son tour, conduire la nourrice vers le vieux château sans pouvoir se séparer d'elle et sans que celle-ci de son côté renonçât à faire la conduite à son jeune seigneur, qui de rechef reprenait le pas vers le château, la nourrice repartant encore du pont et du vieux donjon, sans pouvoir se décider à abandonner le jouvenceau à tous les hasards de l'inconnu; naïve expression de tendresse domestique presque filiale, qui avait longtemps retenu dans les mêmes liens tous les habitants de la demeure féodale des anciens officiers de la maison des ducs de Bretagne. Outre cette histoire il en fut raconté une autre beaucoup plus émouvante, et je n'ai pas besoin de dire combien j'en restai frappé. Il s'agissait d'une jeune femme nouvellement mariée qui dans une nuit peu éloignée de ses noces, aurait été victime de la brutale jalousie de son mari. Celui-ci l'aurait traînée dans un coin écarté du parc de Trécesson, et après des sévices répétés, l'aurait enfouie dans une fosse quand elle était encore vivante. Les cris de la malheureuse seraient parvenus jusqu'au château et le sire de Trécesson aurait été assez heureux pour la sauver et la ramener à la vie. Une robe et sa couronne nuptiale sont restées depuis déposées sur l'autel de la chapelle de Trécesson, où un ami que j'avais prié de s'assurer de l'exactitude de mes souvenirs m'écrit qu'on peut encore les voir aujourd'hui, bien fanées, bien délabrées, mais toujours conservées comme un témoignage irrécusable du fait lui-même. 

 

 

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 15:41

Poutrocoët.

 

Parmi les cantons dés Curiosolites, nous citerons seulement celui du Poutrocoët, ainsi désigné par le cartulaire de Redon, au IXe siècle. Le Poutrocoët se lire de trois mots celtiques que le même cartulaire a traduit ainsi en latin : Pagus trans sylvam, canton au-delà de la forêt. C'est de celle de Brécilien ou de Paimpont dont il est ici question. Les peuples qui demeuraient aux environs, de quelque côté qu'ils se trouvassent, étaient dans le Poutrocoët. Il faut donc expliquer ainsi ce nom, puisque Talensac, Plélan, Caro, Augan, Ménéac et Saint-Méen étaient dans le Poutrocoët, quoique ces localités soient à l'est, au sud, à l'ouest et au nord de la forêt. On disait aussi par abréviation, le Trécoët. Comme ce nom était dur de prononciation, on finit par l'appeler le Porhoët. Si l'archidiaconé connu sous le nom de Porhoët comprenait, comme nous le pensons, tout le canton du Poutrécoët, voici à quelque chose près, l'étendue de ses limites. En partant, à l'est, de la rivière du Meu, prise au moulin du Châtellier, sous Talensac, nous suivrons cette rivière jusqu'au château de Blossac, où elle a son embouchure avec la Vilaine, jusqu'à Saint-Malo de Philis ; là nous la quitterons pour suivre une ligne par les confins des paroisses de Lieuron, Pipriac, Bruc, Saint-Séglin, Comblessac, Réminiac, Caro, Saint-Abraham, Ploërmel, Taupon, Josselin, Pomeleuc, La Nouée, Mohon, La Trinité, Ménéac, Gomené, Merdrignac, Trémorel, Quédillac, Miniac, Irodouër, Romillé, Clayes, Breteil, et nous nous rendrons au point d'où nous sommes partis, c'est-à-dire au moulin du Châtellier sous Talensac.

 

D'après les notes laissées par René Couffon dans la Société d'Emulation des Côtes du Nord édition 1942 "limites des cités gallo-romaines et fondation des évêchés dans la péninsule armoricaine : 

 

Suivant le Cartulaire de Redon, Augan, Baulon, Caro, Guer, Guillac, Maure, Pipriac, Ploermel sont expressément dits « in pago Poutrocoët», tandis que Bain, Carentoir, Langon, Peillac, Pleucadeuc, Renac, Ruffiac, Saint-Congard (Botgart), Sérent, Sixt sont indiqués « in pago Venedioe ». Il est à noter, cependant, que l'on trouve Poubreu au sud-ouest de Ruffiac et Poubreuil près Saint-Just, hameaux qui jalonnent peut-être la limite de l'ancien pagus broïli dont Poutrocoët est la traduction bretonne. Lorsque l'on veut englober dans le pagus Porhoët Bain, Peillac, Pleucadeuc, Renac, Saint-Congard, Sérent, etc., qui faisaient partie de la chatellenie de Porhoët en l'évêché de Vannes, l'on commet donc une grave erreur. Il semble que l'on ait confondu d'ailleurs trop souvent, notamment pour le Porhoet et le Goelo, les archidiaconés, seigneuries et anciens pagi d'un pagi d'un même nom, qui avaient, le plus souvent, des limites entièrement différentes.

 

Domaine Royal.

 

Ce pays faisait partie du domaine privé des anciens rois de Bretagne. Il était alors riche et peuplé. Voilà ce qui explique les sillons que l'on voit dans nos landes aujourd'hui incultes; mais il fut pillé, ruiné et incendié par les Normands, au commencement du Xe siècle, il ne s'est jamais relevé de ses ruines. Le séjour des rois Pavait rendu très-florissant

 

Châteaux Royaux

 

Parmi les maisons seigneuriales dont l'histoire a conservé le nom, nous n'allons parler que de celles qu'il nous intéresse le plus do connaître : 1° Le château de Gaël, dont la construction remonte aux premiers temps de la monarchie bretonne, était quelque fois habité par Juthaël ou Hoël, troisième du nom, roi de Bretagne mort en 595. Ce prince, à cause du séjour qu'il y fit, est appelé dans une vieille légende roi des bois rex arboretanus Judicaël, son fils et son successeur, y habitait aussi avec Morone, son épouse. Des historiens ont voulu en faire la capitale du royaume de Domnonée 2° Le château de Talensac était situé au Châtellier et devait être fortifié, si nous en jugeons par les doubles enceintes de fossés dont on aperçoit encore les ruines. Il parait que la rivière du Meu formait un étang au nord de Cette résidence. Le roi Erispoë y tenait parfois sa cour. Nous avons un acte de donation daté do ce lieu dont voici la traduction française : « Moi, Erispoë, prince de la Bretagne, jusqu'au fleuve de Mayenne, ai donné à Saint-Sauveur deux rentes nommées Moi et Aguliac, dans la paroisse de Fougerai, sur la rivière du Cher, etc. Fait dans le palais de Talensac, le mardi du dix des calendes de septembre, sous le règne du roi Charles et sous Erispoë, donateur, qui domine dans toute la Bretagne jusqu'au fleuve de Mayenne. Signé : Érispoë, Marmoët etc, Courantgène, Convoion, abbé ». Quelques princes de Bretagne, à la tète desquels se trouvait Salomon, son cousin germain, conspirèrent contre lui et vinrent l'attaquer dans son château. S'étant esquivé et réfugié dans l'église, les conjurés l'y poursuivirent et son parent le poignarda lorsqu'il tenait l'autel embrassé. C'est ainsi que périt, en 857, dans le temple de Talensac, ce prince digne d'un meilleur sort. Érispoë n'avait plus qu'une fille qu'il avait promise en mariage au fils du roi de France ; voilà la cause de sa mort : la raison d'État, l'indé- pendance de la Bretagne. 3° Le château de Plélan était situé où est aujourd'hui Maxent et s'élevait non pas à la place du bourg actuel, mais à peu de distance, au sud ouest, à l'endroit nommé Préroué ou Pléloué, où l'on voit encore des fossés. Ce château fut offert aux moines de Redon par Salomon qui leur bâtit, en ce lieu, un monastère auquel il donna son nom. L'acte de fondation que nous rapportons plus loin, a été rédigé en 869, et mentionne que le donateur y choisit sa sépulture. La reine Wenbrit (Blanche de Bretagne), épouse de c'a roi, mourut quelque temps avant l'achèvement de ce couvent. Ses obsèques eurent néanmoins dans son église. Vers la même époque, saint Convoion, premier abbé de Redon, cessa de vivre aussi à Plélan et fut honorablement enseveli par Ratuili, évêque d'Aleth, dans le temple de son nouveau monastère. En 874, Salomon lui-même qui avait assassiné Érispoë subit à son tour le même sort par son gendre et celui d'Erispoë : Gurvant et Pasqueten. Les annalistes ont confondu Salomon troisième et dernier du nom avec Salomon premier, martyrisé à Ploudiri, près Brest. Pour débrouiller ce cahos, voici, avec l'aide de quelques inductions, ce qui semble le plus probable. Salomon, le dernier du nom, après avoir abandonné son palais de Plélan aux moines de Redon, en bâtit un autre au Gué de Plélan, pour être plus à proximité de profiter de leurs prières. Il donna des droits et des privilèges à ceux qui viendraient se fixer auprès de son palais et notamment celui de foire et de marché. C'est dans ce lieu qu'on vint l'attaquer; il se sauva et se réfugia dans l'église du monastère de Plélan, qui a retenu le nom de Maxent à cause du corps de ce saint qui.y a été transporté. C'est là qu'il fut assassiné et inhumé :  ubi et Salomon supradictus jacet corpore. On voit des français figurer dans ce meurtre. Ceux qui prétendent que la mort de Salomon fut conjurée parce qu'il voulait rétablir les évêques dépossédés par Nominoë, avancent un fait qui n'est pas hors de doute. Pourquoi d'ailleurs prendre tant d'intérêt à des évêques convaincus à Rome, par leurs propres aveux, du crime de simonie? Nominoë eut tort sans doute; mais Childebert est-il plus excusable d'avoir établi Paul Aurélien, de son autorité privée, évêque de Léon ? Au reste, le vrai motif de la mort de Salomon est inconnu. Les moines dé Redon, dont l'esprit est français et non breton, et qui, ce nous semble, devaient quelque regret à un aussi grand bienfaiteur et pouvaient nous en apprendre quelque chose, ont gardé sur cette catastrophe un morne silence. Il y avait plusieurs autres châteaux dans le Poutrécoët. Celui de Primeville était situé à Comblessac. Le roi Eusèbe y tomba malade et fut guéri par les prières de saint Mélaine, évêque de Rennes. Celui de Coit-Louth, d'où Nominoë convoqua les évêques simoniaques, était sans doute à Augan. C'est au château de Cample ou Campel que Salomon signa le privilège du monastère de Redon pour l'élection de ses abbés. Celui de Bicloën ou Bidoën était situé à Saint-Malo de Baignon. C'est dans ce lieu que Roiantdreh, princesse de Bretagne, issue de saint Judicaël, adopta Salomon pour son fils et lui transporta tous ses biens. Tout porte à croire que le château de Botcatur est le même que celui de Coëtbo, en Guer, où Salomon fit, pour la santé de Wenbrit, son épouse, la donation d'une certaine quantité de terre appelée Raninislowen. De celui de Bedul-Champ, il donna encore, en 860, une charte pour le monastère de Prum, dans les Ardennes. Il est difficile d'assigner l'emplacement de ce château. Le nom de Bedul a beaucoup de rapport à Bedusc qui est Bédée. L'endroit qu'on nomme Saint-Pierre de Bédée, où l'on voit des fossés, une motte et plusieurs restes de murs, serait-il le lieu où s'élevait le château de Bedul ? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer, quoique cela paraisse bien probable.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 06:31

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 06:07

Après cinq ans d’absence, Alain Fergent revint de la Terre-Sainte en 1101 et revit son château du Bouffay. Il avait signalé son courage dans trois grandes batailles contre les Sarrasins et assisté la prise de Jérusalem. Il avait aussi été l’un de ceux qui avaient donné leur voix Godefroid de Bouillon pour le placer sur le trône. Il s’empressa, comme nous l’avons dit, de confirmer aux moines de Marmoustiers la cession que Papin leur avait faite de l’église Sainte-Croix. Les mêmes religieux reçurent en même temps celle de Saint-Saturnin. En 1118 fut grand tremblement de terre qui subvertit les édifices et les arbres actuellement fichés, et la cité de Nantes fut misérablement brûlée. Quelques historiens prétendent même que cet incendie fut si violent et si général, qu’il effaça pour toujours les traces de la première enceinte de la ville, et que les édifices existants ne pourraient plus aujourd’hui la faire reconnaître d’une manière précise. Cet événement n’aurait-il pas amené aussi la destruction du mur d’enceinte du château lui-même? Le silence des auteurs sur tenté autre cause, nous le ferait croire. Ce qu’il de certain c’est que dans les fouilles faites par Fournier, de 1797 1807, on retrouva dans tout le quartier du Bouffay des traces nombreuses et considérables d’incendie qui pourraient bien remonter cette époque. On découvrit, notamment dans la rue de la Bâclerie, un fourneau en briques, garni d’un vase en cuivre, qui appar tenait évidemment une époque fort reculée. En 1127, Conan III qui avait succédé son père, Alain Fergent eut punir Olivier de Pontchâteau et Savary de Donges. Ces seigneurs, jaloux de la puissance toujours croissante de l’abbaye de Redon, qui fut la veille de devenir le siège d’un évêché, attaquèrent ses vassaux et firent sur eux un grand butin. Conan marcha contre eux, les fit prisonniers dans l’église même de Redon où ils s’étaient réfugiés, et les fit enfermer au château du Bouffay. Ils restèrent détenus jusqu'à ce qu’ils eussent réparé le dommage causé. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, les religieux de Marmoustiers étaient en possession des églises Sainte-Croix et Saint-Saturnin. Ils avaient également obtenu un cimetière particulier pour eux et le personnel attaché leur maison. En 1137, Conan, qui comme sa mère, leur était très favorable, déclara francs de tous droits, pendant quatre jours, tous les objets qui seraient apportés dans les lieux possédés par ces religieux. Ce fut là probablement l’origine d’une foire, dont il n’est resté aucune trace. Cependant l’évêque de Nantes avait vivement protesté contre l’usurpation de son pouvoir et de son domaine par les religieux de Marmoustiers. Il en appela au pape Innocent II, qui annula les concessions faites auxdits religieux. Le duc, forcé alors de revenir sur ses précédentes donations, concéda, par une charte spéciale, pour toujours, l’évêque et ses successeurs, diverses églises, notamment celles de Sainte-Croix et de Saint-Saturnin. Mais quelques années après, un accord intervint entre l’évêque Brice et l’abbé de Marmoustiers, et ce dernier rentra en possession de l’église Sainte-Croix, qui dès-lors comptait comme église paroissiale. En conséquence de cet accord, Conan confirma en 1188 les droits des religieux en ajoutant même quelques avantages. Voici comment s’exprimait cette charte qu’on ne lira peut-être pas sans intérêt Mon père, le comte Allain, aumoné l’église Sainte Croix de Nantes saint Martin et aux moines de Marmoustiers. Et lorsque ces religieux, après la mort de mon père, se furent mis en devoir d’entrer dans cette église, j’ai ajouté quelque chose cette aumone. Je leur ai en conséquence donné une écluse ou pêcherie, que les moines avaient faite entre l’Hanne et l’Hyenne, et dont j’avais la moitié. Je leur ai aussi concédé la pêcherie de Scurcelle avec le petit bois qu’ils avaient déjà possédé longtemps, s’ils n’avaient déjà une concession de nous. Et ils m’ont remis le pré et les terres qu’ils avaient en Bethie, du don que leur en avait fait ledit Scurcelle. Et je leur ai donné deux arpents de pré et la pâture de six vaches et pareillement la part qu’ils avaient dans une pêcherie appelée pêche-tout. Je leur ai concédé aussi de faire un cimetière dans leur monastère, dans les places qu’ils avaient déjà près de l’église Sainte-Croix ou auraient par la suite. Et afin que le tout soit ferme et stable j’ai voulu exprimer par un écrit de ma main le contenu des lettres qui en ont été faites. Près d’un siècle se passe et nos annales ne nous fournis sent aucun fait qui se rattache au Bouffay. Depuis environ trois siècles ce château est construit; nos princes en ont fait leur première demeure; mais l’époque où nous sommes arrivés ce n’est déjà plus un simple palais. Sa destination s’est modifiée et il est surtout affecté retenir sous les verroux ceux que la politique et l’intérêt de la société commandent d’y renfermer. Ainsi nous ne serions pas éloignés de croire, qu’après la condamnation d’Eon-de-L'étoile, ce gentilhomme de Loudéac que l’histoire nous représente comme un fou, et qui n'était peut-être qu’un réformateur, dont les idées étaient seules combattre, le Bouffay ait servi de prison ses nombreux sectateurs que l’on eut tant de peine détruire vers le milieu du XIIe siècle. Au commencement du XIIIe siècle, la Bretagne s’était alliée la France, pour faire la guerre l’Angleterre, et Jean, l’un des plus tristes rois de ce dernier pays, avait assassiné de sa propre main Arthur, son neveu, jeune prince, sur lequel les Bretons fondaient les plus grandes espérances. la suite de cet assassinat et au moyen de l’influence française, la couronne ducale passa sur la tête de Pierre de Dreux, que ses querelles avec le clergé ont fait surnommer Mauclerc. Ce prince, vers 1218, établit un petit port fluvial le long de la muraille de son château qui s’étendait sur la Loire. Ce lieu de chargement, qui ne consistait guère encore qu’en une langue de terre élevée au-dessus des eaux prit le nom de Port-Maillard, du nom de l’architecte Maillard qui travailla l’établir. Pierre de Dreux fit aussi changer le cours de l’Erdre qui, comme nous l’avons dit, avait jusque-là suivi la direction des rues des Carmes et de la Poissonnerie et venait ainsi baigner l’un des côtés du château du Bouffay. Le lit de cette rivière fut rétréci et on lui donna le cours qu‘il suit aujourd’hui. Les juifs étaient alors assez nombreux Nantes; objets d’une grande surveillance, ils occupaient depuis longtemps près du Bouffay la rue qui porte encore le nom de rue de la Juiverie. Quelques privilèges cependant leur avaient été concédés. Ils avaient notamment un sénéchal et des juges qui prononçaient entre eux, suivant leurs lois particulières. Tout porte du reste croire que les juifs s’étaient établis Nantes bien avant le Xe siècle, époque de la construction du château du Bouffay. Dès le VIIe siècle, en France, la reine Bathilde rendait des ordonnances contre eux et sans doute qu’alors et même avant, ils s’étaient également répandus en Bretagne. Cette nation, en effet, bien que l’objet du mépris des autres peuples, bien que soumise partout une police spéciale et sévère, était la seule qui se livrât au commerce, et elle avait trop l’intelligence de ses intérêts pour négliger l’heureuse position de Nantes et les avantages qu’elle pouvait en tirer. Les services que rendaient ainsi les juifs leur avaient valu partout une certaine protection. Cependant, pour un motif que nous ne pouvons apprécier, Pierre de Dreux se montra sévère et même injuste envers eux. Une nouvelle croisade avait été publiée en 1936 et un grand nombre de chevaliers, qui avaient pris la croix, s’étaient adressés aux juifs pour obtenir de l’argent sur nantissement. Le duc, sans avoir égard aux décisions du concile de Tours, non plus qu’à une lettre de Grégoire IX, bannit tous les juifs de son duché, après leur avoir fait restituer tous les gages qu’ils avaient reçus, déchar geant néanmoins leurs débiteurs de leurs engagements envers eux. Pierre de Dreux avait cédé le duché Jean I“, dit Le roux, son fils. Celui-ci, non moins soucieux que son père d’agrandir sa puissance et d’augmenter ses revenus sou leva contre lui Olivier de Lanveaux et Pierre de Craon. Il les battit en 1238, et le château du Bouffay servit de prison Pierre de Craon. Encore plus d’un siècle se passe, sans que nos historiens fassent mention du Bouffay. Au mois de novembre 1365, le duc Jean [V donna la vieille monnaie aux Jacobins, comme témoignage de considération envers Simon de Langres, leur général, devenu cette année même ou la suivante, évêque de Nantes. Cet édifice fut alors détruit et une nouvelle monnaie fut élevée sur la place du Bouffay. Nous aurons occasion de parler plus tard de cet établissement, que nous avons connu et qui subsista jusqu’en 1892. En 1386, Nantes fut témoin d’un duel fameux, et, suivant l’usage, ce fut la place du Bouffay que l’on choisit pour être le théâtre de ce combat singulier. Robert de Beaumanoir avait hautement porté contre le sire de Tournemine, l’accusation d’avoir fait assassiner son frère Jean de Beaumanoir, mort dans une embuscade, en allant un rendez-vous que lui avait donné la fille d’un de ses vassaux. Tournemine repoussait énergiquement une pareille accusation, et faute de preuves matérielles, il fut décidé qu’on aurait recours au jugement de Dieu. De Beaumanoir sollicita donc du duc l’autorisation de combattre de Tournemine en champ clos, et cette autorisation lui fut accordée. Une caution de 20,000" fut fixée contre le défaillant. Au jour fixé, le 90 décembre, le duc, accompagné de tous ses barons, se rendit la place du Bouffay. Le champ clos avait quatre-vingts pas de long et soixante-dix de large. Après les formalités d’usage les deux champions jurèrent sur le livre des Evangiles et sur un Missel, quen leurs harnois ne environ ils n’avaient sort, charroi, ne mal engin. Toutes les conditions du combat avaient du reste été fixées par avance et autorisées par le duc lui-même. Le combat devait avoir lieu la dague et l’épée; la lance ne leur avait pas été permise. l’heure de midi, les deux rivaux entrèrent en lice montés sur leurs chevaux de bataille. Tous deux étaient braves; la fureur qui les animait l’un contre l’autre était grande et ancienne; dans une pareille lutte, ils avaient défendre non-seulement leur vie mais encore l’honneur de leurs noms et de leurs maisons. Aussi s’altaquèrent-ils avec une ardeur qui tenait de la rage. Le combat fut long, acharné, et présenta des chances variées. Leurs chevaux tombant de fatigue, ils combattirent pied. Enfin de Tournemine fut vaincu et forcé d’en faire l’aveu. Son corps fut enlevé de la lice comme s’il eût été mort. La loi, très sévère le condamnait en effet perdre la vie; mais de Beaumanoir et ses amis intervinrent auprès du duc et obtinrent de lui que de Tournemine ne fût traîné m' pendu. En 1399, le duc Jean IV meurt au château de Nantes. On accusa de sa mort un prêtre de la ville et le prieur de Josselin qui l’auraient empoisonné. Tous deux furent arrêtés et mis en prison au Bouffay. Le prêtre mourut dans son cachet; le prieur fut élargi, faute de preuves. la suite d’une autorisation du pape Benoist XIII en 1406 l’église Saint-Saturnin fut agrandie. On fit entrer le presbytère ainsi que la petite rue qui le séparait de l’église. Le presbytère fut alors transféré dans un lieu appelé la cave du Bouffay. Il ne fut reconstruit qu’en 1599 par le curé Guillaume Garnier. Dans un aveu rendu en 1415 résulte que la demoiselle Pineau, geôlière du Bouffay, devait annuellement au duc un chapeau de roses et des éperons dorés. Elle habitait la tourelle de la porte du petit Bouffay où l’on tenait la délivrance des plaids. Nous croyons que, par le petit Bouffay, il faut entendre la partie du château qui se trouvait vers la rue Belle-Image. Par suite d’une donation faite par l’un de nos ducs, l’abbesse de Fontevrault possédait un terrain l’extrémité de la place du Bouffay. En 1423 la communauté de ville s’en empara, et il s’en suivit un procès qui ne se termina qu’en 1435. Une transaction eut lieu alors, et il fut convenu qu’il serait payé l’abbesse 24" monnaie pour les arrérages échus, et 40" l’avenir par chaque année. L’abbesse de Fontevrault ayant ratifié cette transaction le juillet 1437, la ville fit édifier sur ce terrain une maison pour tenir ses assemblées. Cette maison reçut en effet cette destination. Plus tard elle devint l‘arsenal de la ville et prit le nom de maison des Engins. Elle était richement décorée et ornée de sculptures de l’époque; mais depuis lors tout disparu. Cette maison existe cependant encore sur la place et porte le n° 9. Cette abbesse de Fontevrault était Marie de Bretagne sœur de François II. C’est dans le château du Bouffay que le 25e jour d’octobre 1440, Gilles de Laval, seigneur de Retz fut atteint et convaincu de sodomie, sacrilége, homicide, invocation du diable et de violements des immunités ecclésiastiques, et partant excommunié par l’évêque de Nantes et messire Jean Blouin, commissaire du grand inquisiteur de France; puis, livré la justice séculière, qui, par la bouche de Pierre de I’Hopital, sénéchal de Rennes, le condamna être brûlé vif. L’histoire et la fin de Gilles de Retz sont suffisamment connues. Nous nous contenterons donc de dire qu’issu de l’une des maisons les plus illustres de Bretagne et possesseur d’une très grande fortune, le maréchal de Retz unissait aux vices les plus odieux toutes les superstitions d’un siècle encore ignorant, et qu’il se couvrit de tous les crimes que ses richesses le mirentâ même de commettre. Il dépensa d’abord ses ressources puis ensuite il eut recours l’alchimie, la magie. En un mot, tout ce que la perversité humaine peut engendrer d’atrocités et la superstition de barbarie fut dévoilé dans son monstrueux procès. Gilles de Retz fut convaincu d’avoir fait périr au moins cent enfants de l'un et de l'autre sexe, dans ses châteaux de Machecoul Champtocé et Princé, après les avoir fait servir sa brutal lubricité. Bien d’autres crimes furent encore mis au jour, mais les historiens ont en quelque sorte reculé d’horreur et ont sagement refusé de les signaler la postérité. En considération de sa haute naissance etausfl deson repentir, le duc voulut bien commuer la peine et permettre que le coupable fût étranglé avant d’être livré aux flammes. Il permit aussi que ses cendres fussent déposées en terre sainte. Ilexécufion eut heu en présence du duc surla prairie de la Magdeleine. Les restes de ce grand criminel furent recueillis par des dames de charité et inhumés dans la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette. Une fête qui eut un grand retentissement et dans laquelle on déploya une pouqxæinushée, eut heu en 1459 sur la place du Bouffay, où se donnaient ordinairement les pardons d'armes. Il s'agissait d’un boultourdis nom général donné aux joutes, tournois, et autres exercices militaires. Le duc François Il présida cette fête laquelle assistaient tous les nobles chevaliers bretons qui vinrent faire assaut d’adresse et aussi de galanterie. Le roi Louis XI était venu Nantes en 1461 et son but secret, mais qui fut facilement pénétré était de reconnaître les forces d’un vassal dont la puissance lui faisait ombrage. Le duc était prévenu, et les deux princes se quittèrent en assez mauvais termes. Aussi craignait-on Nantes une surprise de la part de Louis XI. Ces inquiétudes devinrent même telles qu‘en 1464 le octobre l’assemblée de la communauté arrêta que le marché qui avait lieu tous les samedis sur la place du Bouffay serait provisoirement supprimé. Les marchands de poteries étaient seulement autorisés se tenir l’après-midi sur la place. cette époque et depuis déjà longtemps le château du Bouffay avait du reste bien perdu de son importance, en ce sens du moins qu’il avait cessé d’être la résidence de nos ducs. Le château de la Tour-Neuve ou de l’Hermine fondé, disent quelques chroniqueurs, au Xe siècle, rétabli en 1207 par Guy de Thouars et agrandi en 1227 par Pierre de Dreux, était devenu le séjour de la cour ducale. Celui du Bouffay n’était plus ainsi, proprement parler, qu’une maison de force. Dans les circonstances exceptionnelles cependant, la communauté de ville tenait ses assemblées. En 1467, entre autres le 16 octobre, elle décida que, pendant l’absence du duc, elle se réunirait dans le château du Bouffay. Parfois aussi déjà les tribunaux siégeaient. C’est dans le cours de cette même année 1467, que le duc François Il donna en usufruit sa maison du Bouffay Guillaume Guiomard, son valet de chambre. Quelques auteurs ont prétendu que ce don fut seulement d’un emplacement sur la place la condition d’y bâtir un bel et somptueux édifice. Mais ce qui peut faire croire que cette assertion n’est pas fondée, c’est que jamais cet édifice ne fut construit. Les Espagnols entretenaient des rapports assez suivis avec la Bretagne et il s’en trouvait toujours un certain nombre Nantes. Le 99 mai 1468, par suite d’une rupture avec l’Espagne‘, ils furent tous arrêtés et renfermés au château du Bouffay. L’évêque Amaury d’Acigné refusait tout hommage au duc François II et s’était mis en hostilité flagrante contre lui et son pouvoir. Tous les efforts du duc pour faire cesser ce conflit avaient été sans résultat et ce débat de pouvoirs était un véritable sujet de trouble. Pour mettre fin, le duc convoqua le février 1471, dans la maison communale du Bouffay, tous les membres de la juridiction des Regaires. L’assemblée se trouva nombreuse et désigna trois de ses membres pour se joindre aux ambassadeurs que le duc envoyait vers le pape Sixte IV, nouvellement élu, pour lui porter l’acte d’obéissance de la Bretagne et demander la déposition de l‘évêque Amaury, comme étant traître son prince et en correspondance avec ses ennemis. En 1472 les ducs de Guyenne, de Bourgogne et François Il s’étaient ligués contre Louis XI. De ces trois adversaires celui dont le monarque français avait peut être le plus craindre était son frère le duc de Guyenne, jeune prince dans la fleur de l’âge. Aussi mit-il tout en œuvre pour ron1pre cette alliance. Il travaillait sans chance apparente de succès, lorsque le duc de Guyenne et sa maîtresse, la dame de Montsoreau, moururent empoisonnés par Urbain Faure, abbé de Saint-Jean-d’Angely, aumônier du prince. L’assassin fut arrêté par Odet d’Aydic, favori du jeune duc de Guyenne, et confié à la garde du duc de Bretagne qui le fit enfermer dans la maison du Bouffay et ordonna qu’il fut procédé son jugement, ainsi qu’à celui de Henri de la Roche, écuyer de cuisine, son complice. Cette résolution devait d’autant plus inquiéter le roi Louis XI que le misérable abbé avouait son crime et désignait le roi comme son instigateur. Le matin du jour où la sentence devait être portée, en entrant dans le cachot de l’assassin, il en sortit une odeur infecte de soufre et de bitume et l’on ne trouva qu’un cadavre tout couvert de noires meurtrissures. On prétendit alors que le geôlier avait, pendant la nuit, entendu un bruit extraordinaire dans la prison; qu’au milieu d’un violent orage, la foudre était tombée sur le Bouffay et avait tué l’abbé dont le diable avait emporté l’âme. Une autre opinion, dit Mezerai attribua la mort de l’abbé de Saint-Jean-d’Angely au duc de Bretagne lui même, qui l’aurait ainsi fait périr dans le but de satisfaire au désir du roi Louis XI qui avait un immense intérêt ce que la preuve du crime disparut avec l’empoisonneur. Mais cette opinion paraît bien peu fondée. Il faut se rappeler en effet que le duc de Bretagne était alors en guerre avec Louis XI et qu’il lui importait au contraire de tenir ce monarque dans sa dépendance par la crainte que sa complicité dans la mort de son frère ne fut dévoilée et reconnue. Au reste, Louis XI avait assez de ruses sa disposition pour gagner un geôlier, et, comme le fait judicieusement observer Thibaudeau, dans son histoire du Poitou, si ce prince fut injustement accusé de la mort de son frère, il pouvait du moins en être soupçonné. Quant l’écuyer de la Roche, il disparut et nos historiens ne nous ont point dit ce qu’il devint. Nous avions fait connaître qu’en 1467 le duc François Il avait donné en usufruit sa maison du Bouffay son valet de chambre, Guillaume Guiomard, et que, parfois déjà, les tribunaux exceptionnels tenaient leurs assises. En 1477, François Il affecta définitivement cet ancien palais l’auditerie et en fit le siège, ordinaire des tribunaux. Les bâtiments reçurent dès-lors les appropriations nécessaires. A cette époque, la place était libre et ouverte; il s’y tenait un marché et déjà quelques constructions s’y étaient élevées. Il peu d’années encore, avant la destruction du vieux manoir de Conan, on pouvait facilement reconnaître les constructions ordonnées par François Il, notamment celles de la façade sur la place et celle de la galerie intérieure ouverte sur la cour. Des menaux en pierres, noyés dans la maçonnerie, indiquaient aussi la place des hautes croisées de l’ancien palais. Sans doute aussi des restaurations antérieures avaient en lieu, car au moment de la démolition, on reconnut une fenêtre, ayant vue sur la rivière et qui appartenait évidemment au XIVe siècle. Mentionnons, en passant, un exploit judiciel, comme on disait alors, de 1480, entre le procureur général du duc et Gilles de Maure et qui apprend que André Parent était alors geôlier du Bouffay et qu’il était fait défense de l’appeler en première instance hors du duché. L’un des premiers jugements prononcés au Bouffay fut celui rendu en faveur de Guillaume Chauvin, chancelier de Bretagne, homme ferme, éclairé, blanchi dans les emplois publics et qui le lava de l’accusation que Pierre Landais, trésorier et favori du duc François II, avait fait diriger contre lui. Mais, disons-le aussi, si, faute de preuves, les juges n’osèrent le condamner, ils n’eurent pas non plus le courage de l’absoudre d’une accusation qui n’avait pour motifs qu’une basse jalousie. Tous ses biens furent confisqués et le chancelier Chauvin, toujours détenu et transféré de cachet en cachot, tomba dans un tel état de misère que l’un de ses geôliers présenta humble requête pour être déchargé de la garde d’un homme arrivé à un pareil dépérissement. Enfin il mourut le août 1484. Peu de jours avant, sa femme était également morte d’inanition sur la voie publique. Quatre cordeliers les inhumèrent par charité. Quant ses enfants, ils furent forcés de mendier, et, malgré tout l’intérêt qu’inspirait une aussi grande infor tune, ce n’est qu’en tremblant qu'on les secourait, tant était grande la puissance de Landais, leur ennemi. Mais Chauvin ne devait pas tarder être vengé. Pierre Landais qui, de simple tailleur était parvenu à la plus haute dignité de la cour du duc, celle de trésorier, dénoncé et poursuivi son tour par toute la noblesse qu‘il s’était fait une étude de blesser en toute occasion, fut arrêté en 1485 et renfermé dans la grosse tour de Saint-Nicolas. Bientôt il fut transféré au Bouffay, pour subir son jugement et là il s’entendit condamner à être mené par le bourreau, la corde au col, et les mains liées par devant, jusqu'au gibet de Biece, pour être pendu et étranglé. L’accusation portée contre Landais, de maléfices contre la vie du duc, était évidemment absurde; mais le tailleur de Vitré était monté trop haut, certain amour-propre avait été trop fortement froissé, et malgré son habileté, malgré les services qu’il avait pu rendre, il fallait qu’il tombât devant les passions jalouses qu’il avait soulevées. Ses accusateurs furent ses juges, et François Il, contre la volonté duquel on agissait, laissa faire cependant; oubliant vite tout ce que Landais avait fait pour lui,il prit un nouveau favori, et quelques jours après, sur la place même du Bouffay, où Richer dit qu’eut lieu le supplice de Landais, François Il célébrait un tournoi et donnait au vainqueur, le maréchal de Rieux, un diamant estimé 82“ 10s, monnaie d’alors. Vers l’an 1488, le duc fit arrêter le vicomte de Rohan, prévenu d’avoir fait assassiner René de Keradieux, gentilhomme de sa chambre, et le fit enfermer au château. Ses domestiques Vendroles, Kersaudi et Kerquezenger furent détenus au Bouffay. Leurs complices ou prétendus tels, s’étaient réfugiés dans l'église des Carmes. Pour ne pas encourir les censures ecclésiastiques, François Il les fit garder pendant deux ans que le sénéchal de Guérande mit à instruire l’affaire. Cette accusation se termina par une ordonnance de non lieu en faveur du vicomte de Rohan, aucun témoignage ne s’étant élevé contre lui. Quant aux autres accusés, l’histoire n’en parle pas. Nous avons dit qu’en 1437 la ville avait fait construire sur la place du Bouffay une maison destinée aux assemblées de la communauté. Vers 1499, cette maison reçut en outre une autre destination. On en fit l’arsenal de la ville, d’où lui vint le nom de Maison des Engins. Cette même année, on ne sait quelle occasion, la communauté de ville fit représenter aux flambeaux, sur la place du Bouffay et devant le lieu de ses réunions, le Jeu. du mystère de saint Donatien et de saint Rogatien avec moresque. Puis, après avoir amusé nos seigneurs du bureau de ville, les acteurs parcoururent tous les quartiers, pour faire participer le populaire aux plaisirs de la fête. La Bretagne avait été réunie la France par le mariage de la duchesse Aune avec le roi Charles VIII. Pendant le séjour que ce prince fit Nantes, il permit la commu nauté, par lettre du 14 juillet 1491, de disposer de la maison de la Prevoté, située l’angle de la rue des Halles, pour tenirses assemblées. En 1494, cette maison se trouva appropriée, et celle de la maison du Bouffay cessa alors d’avoir la destination pour laquelle elle avait été d’abord édifiée. Comme on l’a vu, en 1218, Pierre de Dreux avait jeté les premiers fondements du port fluvial, qui conservé le nom de Port-Maillard, et qui s'étendait sur la Loire, le long de la muraille du château du Bouffay. En 1411, on avait établi un .pout en bois, qui, de la poterne, communi quait au port en passant au-dessus du fossé. Ce pont venait aboutir une petite plantation qui séparait le port en deux parties. Les habitants avaient en outre obtenu du duc Jean l’autorisation de faire établir près du pont une horloge publique pour servir au château et la ville. Ce fut la première horloge établie Nantes. Un connétable et des portiers étaient affectés la garde du pont et de la barbacanc. En 1449, des réparations et des améliorations impor tantes furent faites au Port-Maillard, que l’on rendit acces sible tous. les bateaux descendant la Loire. Depuis longtemps les marchands d’Orléans sollicitaient ces améliorations, et contribuèrent la dépense pour 2,000". Dès lors, en effet, la navigation de notre fleuve avait une cer taine activité, et des quantités assez considérables de marchandises arrivaient Nantes de tout le littoral. Mais, pour être introduites du port dans la ville, toutes ces marchandises devaient passer sur le pont, qui était la seule voie ouverte. De là une grande gêne et souvent même des difficultés et des inconvénients. Aussi en 1499 se décida-t-on démolir le pont, combler le fossé et établir une chaussée qui, de la poterne, arrivait directement au port. On démolit également dans le courant de la même année une galerie qui régnait le long de la muraille du Bouffay. Des constructions assez nombreuses se firent Nantes vers 1517, et, suivant Travers on se servait pour ces constructions des pierres prises dans la carrière du Bouffay. Nous ne pouvons dire précisément où était située cette carrière, mais tout fait croire qu’elle touchait de près la rue de la Juiverie. Dans le dénombrement des fiefs de la Prevoté, on trouve en effet la maison appelée vulgairement de Brunday ayant la rue de la Juiverie au midi et sortie sur cette rue, et l’occident la maison des Perrières. 

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 22:14

 

En 980, 981, Hoël est chef du comté de Nantes. Conan, dit le Tort, est comte de Rennes; mais, prince ambitieux, il songe à dépouiller Hoël de sa principauté. Pour arriver à son but, il a recours au meurtre et fait assassiner Hoël. Les habitants de Nantes, irrités, donnent pour successeur à Hoël, Guerech, son frère qui marche contre Conan, le défait et le poursuit jusqu’aux portes de Rennes. Forcé d’accepter la paix, Conan ajourne sa vengeance. Mais bientôt, à son instigation, Guerech lui-même meurt empoisonné et le comté de Nantes se trouve vacant. Conan veut profiter de cette circonstance pour réunir toute la Bretagne sous sa domination et s’en faire déclarer duc. En 988, il somme Nantes de lui ouvrir ses portes et, malgré une résistanoe désespérée, les Nantais durent céder. Conan se rendit maître de la ville et s’y fit aussitôt reconnaître duc de Bretagne et comte de Nantes. Mais il n’ignorait pas la haine profonde que lui portaient ceux qu’il venait ainsi de soumettre. Pour les contenir par la force, il fit bâtir le château du Bouffay et y établit une forte garnison. Telle est l’origine de ce château, dont les ruines ont disparu seulement depuis quelques années; telles sont aussi les premières traces que l’on trouve du nom du Bouffay. D’où vient ce nom? Quelle en est l’étymologie? Nous avouons que, malgré nos recherches, nous n’avons rien pu découvrir à cet égard. Nos chroniqueurs sont muets sur ce point. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que, dans nos vieilles chartes, ce nom se trouve écrit de plusieurs manières. On trouve Bouffaio, Bouffedio, Bufeto, Boffredum, Bufetum, mais évidemment cela n’explique rien. Quant au château élevé par Conan et à son périmètre, voici ce qu’en dit Mellinet, d’après d’autres historiens : « Un titre irrécusable prouve la construction du château du Bouffay, au Xe siècle, par Conan le Tort, au confluent de l’Erdre et de la Loire. Or, l’Erdre passait dans la rue de la Poissonnerie. D’autre part un examen sérieux du terrain démontre que l’étendue en était considérable. Tous nos historiens conviennent que c’était un bâtiment carré, flanqué de quatre tours, et devant lequel était une esplanade. Eh bien ! nous avons vu les murs de ville en indiquer la façade sur la Loire. Elle s’étendait de la tour qui se trouvait encore en 1840, à l’entrée de la rue de la Poissonnerie, jusqu’à la tour de la monnaie, bornée par la rue du Port-Maillard, qui devait en être le fossé. Si nous plaçons deux lignes latérales,vavec une tour à chaque angle, nous trouvons la façade opposée à la Loire, d’une part bien près des Changes et de l’autre du-Pilori. » Ainsi, suivant ces indications, le château de Conan eut compris tout l’espace situé entre la Loire, la rue du Port Maillard, le Pilori et les Changes. Ce tracé, qui en effet eut été d’une grande étendue, était-il exact ? Mellinet lui-même a le soin.de ne le donner que comme probable. Et, en effet, une objection a été plusieurs fois faite et peut toujours se reproduire. La ligne que nous venons de tracer eut compris dans son enceinte l’église Sainte-Croix, ainsi que celle de Saint-Saturnin, avec son presbytère et son cimetière. Il est bien reconnu, en effet, que l’église Saint-Saturnin, fondée par l’évêque Clément, vers la fin du Ve siècle, existait ainsi comme paroisse, plus de quatre cents ans avant la construction du château du Bouffay. Il nous semble bien difficile d’admettre, alors surtout que le clergé avait des droits et des prérogatives qu’il avait tout pouvoir de faire respecter, qu’il eût été loisible, même au chef du comté, d’enclore dans les murailles d’un château fort deux églises, dont l’une au moins bien certainement servait au culte d’une paroisse. Mellinet, qui connaissait cette objection, y répond relativement a Sainte-Croix : « Peut-être cette église n’était-elle que la chapelle du château. Toujours est-il certain que cette église appartenait au comte de Nantes. Pour le prouver, il suffit de rappeler qu’en 1093, Alain Fergent, ayant épousé en grande solennité, dans le château du Bouffay, la bienheureuse Ermengarde d’Anjou, cette pieuse princesse, non satisfaite d’avoir persuadé à son époux de passer la mer, pour aller combattre les ennemis du Christ, le décida à donner l’église Sainte-Croix à l’abbaye de Marmoustiers, dont les miracles étaient célèbres alors. Un mémoire du temps dit, pour expliquer l’empressement des moines de Marmoustiers a obtenir la concession de cette église : Sainte-Croix étant paroisse de la cour, c’était un attrait de plus pour eux. » Ce que dit là Mellinet est exact et constaté par les documents de l’époque; mais il n’y a la aucune preuve, nous dirons même aucun indice qui puisse faire admettre que les églises de Sainte-Croix et de Saint-Saturnin fussent comprises dans l’enceinte du château du Bouffay. En opposition à cette opinion, nous signalerons quelques faits qui semblent prouver, au contraire, qu’il en était autrement. Nous avons déjà fait remarquer combien il était peu supposable que l’on eût fait entrer dans l’enceinte même d’un château soumis à l’autorité et à la police militaire, et qui n’était en réalité qu’une place de guerre, plusieurs églises, notamment celle de Saint-Saturnin avec son presbytère et son cimetière, et qui, comme église paroissiale, devait chaque jour et à toute heure être accessible aux fidèles et pour le service du culte. A notre avis, cette supposition perd même toute chance de probabilité, lorsque l'on considère l’époque de l’érection du château et surtout le motif qui avait décidé Conan à le faire construire. Mais ce n’est pas tout. Comme le dit Mellinet, en 1106, Alain Fergent et son épouse Ermengarde firent don aux religieux de Marmoustiers de l’église Sainte-Croix et de celle de Saint-Saturnin. Dom Morice, qui rapporte ce fait, donne aussi les termes de cette donation. Or, cette charte fixe ainsi la position de Sainte-Croix : intra moenia Nanneticæ urbis, et plus loin l’on retrouve ces mots, qui s’appliquent évidemment à Saint-Saturnin : Capella juæta Bufetum. Ces mots ne peuvent laisser prise à aucune équivoque. Ces églises pouvaient être un annexe, une dépendance du château, mais ne se trouvaient pas à l’intérieur de l’enceinte. Continuons. En 1096, avant la donation faite aux moines de Marmoustiers, l’église Sainte-Croix était aux mains d’un laïc. Plus tard, comme nous le dirons, un laïc la posséda encore et Mellinet lui-même avance que ce furent les religieux qui firent cette cession. Comment croire que, si cette église eût fait partie intégrante du château, elle fut demeurée ainsi propriété particulière dont le détenteur put librement disposer à son gré? Il est en effet clairement établi que dans l’espace de moins d’un demi siècle, cette même église Sainte-Croix passa des mains d’un laïc en celles des moines de Marmoustiers, puis de celles de ces religieux en celles du clergé, qui bientôt en fit la rétrocession aux mêmes religieux. Nous ne pouvons admettre que ces mutations, que ces concessions diverses aient pu se faire pour une église située à l’intérieur d’un château fort, entouré de murailles et dont la destination, clairement indiquée, avait été de défendre et de maintenir l’autorité du duc. Et la rue de la Juiverie. . . . . Si le tracé que donne Mellinet eût été exact, cette rue tout entière se fût trouvée comprise dans le château. Sans doute, à cette époque, les Juifs recherchaient la protection des grands seigneurs et souvent même la payaient fort cher. Ils se mettaient donc sous leur tutelle et se réfugiaient le plus près possible de leurs habitations. Mais en vérité on répugne à croire que le duc eût donné asile dans son château même à une population d’une probité douteuse et pour laquelle on avait alors une répulsion que personne ne cherchait même a dissimuler. Nous sommes donc d’avis que Mellinet se trompe, lors qu’il avance que l’enceinte du château de Conan s’étendait jusqu’aux emplacements actuels du Pilori et des Changes. Dans notre opinion, cette enceinte ne devait point avoir autant d’étendue. Voici les limites que nous lui donnerions. En partant de la tour du Frêne, à l’angle de la rue de la Poissonnerie, le mur d’enceinte, baigné de ce côté par la Loire, s’étendait jusque vers l’axe de la rue du Port Maillard, où était la seconde tour. De là il devait remonter jusqu’aux écuries du prince, situées un peu au-dessous de la rue de la Juiverie; la se trouvait la troisième tour, appelée tour des Palefrois. Puis de ce point, la muraille devait se diriger directement sur I’Erdre, en passant près de l’église Sainte-Croix, qu’elle laissait en dehors, suivant l’usage établi alors d’isoler de toute habitation les édifices religieux. Au point de rencontre avec la rivière, était la quatrième tour, et enfin le mur longeant l'Erdre regagnait la première tour du Frêne. Dans cette hypothèse, nous avons toujours le bâtiment carré, flanqué de quatre tours, dont parlent tous les auteurs; seulement les deux églises et la rue de la Juiverie restent en dehors de l’enceinte, comme cela nous semble naturel. Disons de suite que l’église Saint-Saturnin se trouvait près des Changes, à la droite, en montant la Basse- Grande-Rue, sur laquelle s’ouvrait l’entrée principale. Elle s’étendait de là jusqu’à Sainte-Croix, dont elle n’était séparée que par une ruelle de seulement trois mètres. Telle est notre opinion sur le périmètre du château du Bouffay. Cette opinion est-elle de tous points exacte? Nous sommes porté à le croire, mais évidemment nous ne sommes point en mesure de rien affirmer à cet égard. Avec le temps, ce mur d‘enceinte a disparu, sans laisser de traces, sans qu’aucun historien ait pris le soin de signaler cette destruction, et l’on ne peut ainsi aujourd’hui présenter que des probabilités, que des hypothèses. Mellinet avait exprimé sur un autre point une opinion qui s’est trouvée pleinement justifiée. Il avait émis l'idée que le château du Bouffay devait être assis sur des fondations romaines. Et en effet, lors des travaux de construction de la maison, élevée en 1851, sur l’emplacement de l’ancien palais ducal, l’on a trouvé d’abord les fondations propres du château, et au-dessous des fondations romaines parfaitement caractérisées. Ainsi il ne peut rester aucune incertitude à cet égard. Reprenons maintenant notre récit. L’on a vu dans quelles conditions et pour quel but Conan avait fait élever le château du Bouffay. Il en donna le commandement à Auricand, qui, la même année, fut promu a l’évéché de Rennes, en vertu du droit de succession que lui avait laissé son neveu. A cette époque en effet, dit un chroniqueur, les églises et les dignités cléricales passaient comme une propriété aux mains des familles, comme autrefois chez les Hébreux, le sacerdoce demeurait dans la tribu de Levy. Mais Conan ne devait pas jouir longtemps du fruit de son usurpation. En 999, les habitants de Nantes, sous la conduite et avec le secours de Foulques, duc d’Anjou, marchèrent contre lui; une rencontre eut lieu dans les landes de Conquereuil et Conan fut défait et perdit la vie. En apprenant cette victoire et la mort de Conan, la garnison du château du Bouffay abandonna la place et prit la fuite. Il y a lieu de penser avec Travers que Hugues commis par Conan pour gouverner l’église de Nantes, fut le successeur d’Auricand dans le commandement du château. De son côté, Judicaël, fils de Hôël, reprit alors le titre de comte par Dom Morice et reproduite après lui par Travers et quelques autres historiens. Vers 996, on retrouva près du Boufi‘ay et renfermée dans une cassette que les invasions des Normands avaient fait probablement cacher en terre, une tête d’homme parfaitement conservée. Quelques renseignements ayant fait conjecturer que cette tête pouvait être celle de saint Paul, premier évêque de Léon, Robert, abbé de Saumur, conseilla d’en faire l’épreuve parle feu, suivant l’usage adopté alors pour constater la sincérité des reliques. On soumit donc cette tête d’abord par trois fois à un feu de paille de lin et par trois autres fois à un feu de sarment de vigne. Elle n’en reçut aucune atteinte et son authenticité fut dès-lors reconnue. Le vicomte Aimerie, qui gouvernail comme tuteur de Judicaël, en fit don au monastère du Mont-Glome ou de Saint-Florent-le-Viel. Cette légende semble avoir été ignorée d’Albert Legrand qui, dans la vie de saint Paul, n’en fait pas mention. Il parle seulement du transfert des reliques du saint évêque, directement au monastère de Saint-Florent, par les soins de Liberal, l’un de ses successeurs au siège de Léon. Judicaël gouverna le comté de Nantes jusqu’en 1005. Dans le cours de cette année , se rendant à Rennes, il fut lâchement assassiné. Les Nantais, qui ne supportaient qu’avec une grande répugnance la suzeraineté du comte de Rennes, choisirent Budic, fils naturel de Judicaël, pour le mettre à leur tête. Mais en même temps , Geoffroy, comte de Rennes et duc de Bretagne, donna l’évêché de Nantes à Gaultier, l’un de ses gentilshommes, qui avait porté les armes avec quelque distinction, et se sentait sous la mitre l’humeur et les goûts de ses jeunes années. Tout dévoué à Geoffroy, le nouvel évêque de Nantes affecta le plus grand mépris pour Budic et refusa de reconnaître l’autorité qu’il tenait de son élection. Il commença par bâtir un château sur le terrain dont Alain Barbe-Torte avait entouré la cathédrale, et quand il se fut ainsi fortifié, il excita la noblesse et le peuple contre le comte, dans le but évident de s’emparer de sa personne et de son héritage. Suivant quelques auteurs, il aurait même élevé une autre forteresse, en face et tout près de celle de Budic, vers l’entrée du Port-Maillard actuel, et aurait ainsi tellement resserré le comte de Nantes , que celui-ci aurait en peine à sortir de son château du Bouffay. De là de nombreux conflits et des rencontres continuelles entre les hommes du comte et ceux de l’évêque. Le duc de Bretagne , Geoffroy, soutenait ce dernier de tous ses moyens. De son côté, Budic eut recours au duc d’Anjou. Enfin, après trois années de luttes incessantes, le duc de Bretagne et l’évêque reconnurent à Budic une autorité et un titre qu’ils n’avaient pu lui ravir. Nous ne suivrons pas davantage la succession des comtes de Nantes. Bien que le château du Bouffay fût le seul palais qui leur servit de demeure, nous ne trouvons que de loin en loin quelques faits qui s’y rattachent, et notre intention est de nous borner seulement à recueillir et à reproduire ces faits. En 1088 , Alain Fergent tint son parlement général ou l’assemblée des états , dans le château du Bouffay. On y régla le rang que les grands du pays devaient avoir entre eux. Ce règlement, sans doute, ne se fit pas sans d’orageux débats, mais aucun détail ne nous en est resté. Le même Alain Fergent, veuf de Constance de Normandie, épousa en 1093, dans le château du Bouffay, Ermengarde, fille de Foulques Rechen, comte d‘Anjou, et femme répudiée de Guillaume , comte de Poitiers. Trois ans après ce mariage, en 1096, Alain Fergent, excité par les prédications de Pierre Lhermite, dont la parole avait un retentissement extraordinaire dans toutes les provinces d’Allemagne, d’Italie et de France, poussé par son esprit aventureux et surtout par Robert d’Arbrissel, qui, à la prière d’Ermengarde, avait quitté sa retraite de Fontevrault , Alain Fergent , disons-nous, se croisa et fit 1 entendre autour de lui le cri : Dieu: et volt, mot de ralliement qui soulevait alors toute l’Europe. Il assigna le château du Bouffay pour lieu de rendez-vous à ses vaillants Bretons. L’instant du départ arrivé, les soldats de la croix, prosternés dans le sanctuaire, reçurent et attachèrent avec un tel enthousiasme sur leurs hauberts de maille le signe qui les enrôlait sous les bannières du Christ, que la chapelle où venait de s’accomplir cette cérémonie prit le nom de Sainte-Croix, et devint à cette occasion l’église et la paroisse de ce nom. Avant cette époque, cette église était déjà sans doute ancienne; mais on ne trouve pas de traces du nom qu'elle portait. Tout porte à croire que ce fut à cette même époque où chacun se dépouillait au profit des monastères, que Raiabert , qualifié maire de Nantes, fit don aux religieux de Marmoustiers d’un terrain appelé cour de Raiabert, area Raiaberti, sur lequel ces religieux se firent bâtir une maison. Ce terrain, situé près d’une poterne, n’était séparé de Sainte-Croix que par une allée, porte la charte de confirmation , sans date, mais souscrite par le comte Mathias, mort en 1104. Un aveu postérieur donne du reste ainsi le débornement du terrain concédé et qui servit plus tard à édifier le prieuré de Saint-Martin : « Entre le chemin qui conduit de l’église Sainte-Croix aux Jacobins, d’un bout; d’autre bout, la place du grand Bouffay; d‘un côté, le chemin qui conduit de ladite église Sainte-Croix au grand Bouffay et à la monnaie de Nantes. » C’est évidemment l’espace occupé aujourd’hui par les maisons qui s’élèvent au fond de la place. Le second côté non indiqué devait être celui où se trouve actuellement la rue de la Bâclerie, qui sans doute n’existait point alors. Quant à l’église Sainte-Croix, elle était à cette époque (1096) possédée comme beaucoup d’autres par un laïc, par Papin, fils d’Albin, qui l’année suivante en donna la possession aux religieux de Marmoustiers.

 

 

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 13:06

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