Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:44

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:24

On connaissait l'histoire de la bête de Gévaudan, mais celle de Plumaudan nous est relatée par ce journal en date du Mercredi 21 mai 1890 par l'Union Malouine.

 

 

« Depuis plusieurs semaines, Plumaudan est visité par une bête extraordinaire, une grosse bête blanche, qui se promène la nuit à travers champs, laissant sur le sol et sur un grand nombre de pieds d'arbres des traces de son passage. Sa présence fut signalée pour la première fois vers la mi-carême. Les premières semaines de son séjour dans ces campagnes, elle paraissait timide et se montrait rarement, mais elle s'est enhardie, et ces jours derniers, on l'a vue tout près des habitations. Dernièrement, une petite fille de l'école l'ayant rencontrée dans le Champ du Moulin en s'en retournant dîner, rebroussa chemin au plus vite et rentra au bourg plus morte que vive. Quelques-unes de ses compagnes, poussées par la curiosité et fortes de leur nombre, s'en allèrent à la découverte dans la direction indiquée. Elles ne tardèrent pas à découvrir la fameuse bête. Celle-ci traversait tranquillement un champ. Elle est toute blanche, disent elles, de la taille d'un âne, et a de longues griffes aux pattes. Les versions les plus curieuses circulent dans la commune sur la nature de ce singulier promeneur et y répandent une véritable terreur. Pour qui a vu les tracas de ses ongles sur les pieds des pommiers dont il se plaît à déchirer l'écorce, il n'y a pas de doute qu'on ne se trouve en face d'un ours blanc échappé de quelque ménagerie. Il est urgent d'organiser une battue pour débarrasser. »

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 15:52
 

 

 

Nous avons dans le cours du texte de celle étude rapporté avec quelques détails les faits qui se l'apportaient aux ancêtres immédiats de François-Edouard Tirel de la Martinière. Nous pensons qu'il peut être intéressant de donner ici une vue d'ensemble de la famille. Disons immédiatement que nous laisserons de côté les branches, anglaises des Tyrel, de même que les familles françaises des Tirel d'Assy et des Tirel de Poix ; celle dernière, qui est d'origine picarde, a bien donné ultérieurement des rameaux en Bretagne, rameaux auxquels appartient Jeannel Tirel qui fut amiral de France en 1418. Mais si elle a avec celle qui nous occupe une origine commune, elle s'en détacha, en tous cas, au dire de Ghérin, avant le début du XIIIe siècle. Nous indiquerons également que le nom de « la Martinière » qui est, un nom de fief -il n'y a pas moins 65 localités portant, ce nom dans le Dictionnaire des communes, dont 9 sont situées dans la. Manche ou dans l'Eure -est un patronyme extrêmement répandu. On ne s'étonnera donc pas de ne retrouver notamment ici, ni le nom du géographe célèbre Bruzen de la Martinière, auteur des 6 in-folio du « Grand Dictionnaire Géographique, Historique et Critique » (Paris 1739) ni celui de la Baronne Boyvin de la Martinière chez qui, au dire de Brachel, faillit, être arrêté par le Prince de Polignac en 1830. Aucun d'eux n'a le moindre lieu de parenté avec la famille Tirel de la Martinière. Nous étudierons seulement, ici la famille Tirel de la Martinière, qui posséda, les fiefs de Tirel, la Bastonnière, la Motte, Sigias, Jouvence (en la paroisse de Blancarville), de Boisvordun, du Genesté et de la Martinière. D'après les lettres d'anoblissement de 1097 ils portent « d'azur à un lion rampant d'or, cantonné de quatre molettes d'éperon aussi d'or ». Les armoriaux donnent quelques variantes de ce blason. Quant à Hector Charles Thirel, Avocat au Parlement de Rouen, il porte « d'azur à un chevron, accompagné dé 3 molettes, 2 en chef et 1 en pointe, celle-ci surmontée d'un lionceau, le tout d'or ». Pour établir cette généalogie nous nous baserons sur les documents du Cabinet des litres,'réuni par d'Hozier, d'Hozier de Serigny el Chérin et qui figurent à la Bibliothèque Nationale sous les cotes suivantes : « Pièce Originales, 2829 ». v. Dossiers bleus, 632 ». — « Carrés de d'Hozier, 600 ». « Nouveau d'Hozier, 314 » an nom « Thirel » et « Chérin, 195 » au nom « Tirel de la Martinière ». Au « Nouveau d'Hozier 316» (Article « Tirel ») on trouve fort peu de choses ; quant à l'article de «Dossiers bleus 634 », au mot « Tirel », il ne concerne que les Tirel d'Assy et les Tirel de Poix. Ajoutons enfin que les divers documents .réunis au nom de la Martinière « Dossiers bleus 432 ». « Carrés de d'Hozier 418 ». Nouveau d'Hozier 227 » ne renferment aucune pièce susceptible de nous intéresser. Les généalogistes et notamment Glérambaut et Chérin, font remonter celle famille au XIIIe siècle, sans d'ailleurs pouvoir établir de façon certaine que les Tirel qu'ils rencontrent à celle époque soient les ancêtres en ligne directe de ceux dont ils étudient la filiation. En ce sens, il est possible de remonter plus loin qu'eux. Nous trouvons en effet dans la chronique des premiers ducs de Normandie que nous a laissé Orderic Vital sous le nom de « Historiée ecclesiastiae libri très », mention faite à trois reprises d'un compagnon de Guillaume Cliton qui serait né dans le dernier quart du XIe siècle. Guillaume Cliton, dit, encore Guillaume le Normand (Guillelmus Normannus) comte de Flandre et duc de Normandie, fils de Robert Courte-Heuse, et par conséquent petit fils de Guillaurne-le-Conquerant, naquit en 1102. Le roi d'Angleterre Henri, frère de Robert, avait battu ce dernier, à Tinchebrai le 28 septembre 1106, lui avait pris le duché de Normandie et l'avait envoyé en captivité au pays de Galles. Quant à Guillaume son fils, son oncle en avait confié la garde à Hélie de Saint Saën et Tirel de Mainières, qui. lui restèrent fidèlement attachés jusqu'à sa mort. Mais ce jeune prince, séduit par Louis VI Le Gros qui en avait fait un comte de Flandre se tourna à son tour contre le Roi d'Angleterre; il fut mortellement blessé au siège d'Alost en 1128. A sa prière le roi fit grâce aux seigneurs normands, (dont Tirel) qui avaient embrassé sa cause. Voici les trois textes que nous possédons sur ce sujet. «

(Anno 1124) -Ipse (Guillelmus Normannus) cum Helia, pedagogo suo et Tirello de Maineriis externa mapalia. In magno metu et egestate pervagatus est».

« (Anno 1127.) Ipse (Guillelmus Normannus) piedagogo suo Reliai de Sancto Sidonio, qui diutius pro illo exulavit et, cum Tirello de Maineriis exheredari perlulil, Monsteriolum castram donavit ».

« (Anno 1128). Helias et Tirellus, aliique domestici Ducis qui semper ci fidèles fuerunt lethale vulnus juvenis heri Flandrensibus el omnibus extraneis celaverunt, et oppidanos ad deditionem expugnando coegerunt».

Après lui nous sautons un siècle et nous arrivons à celui qui est le premier dont les généalogies fassent mention ;

II. Hugues Tirel : il est qualifié d'écuyer dès le début du XIIIe siècle. Un Vidimus du 3 juin 1538, lequel en reproduit un autre du 13 septembre 1427, esl relatif à un acte du premier septembre 1221 portant que « Ricardus de Tourville, miles vendidit Hugoni Tirel, militi » une vavassorerie située à Tourvllle, près de Pont-Audemer ; depuis cette date celle-ci porta toujours le nom de Vavassorerie Tirel. Les généalogistes lui attribuent pour fils :


 

III. Gautier Tirel, connu par une dotation qu'il-fit en mars 1203 à l'abbaye du Gard. Il eut deux enfants Jean et Richard.


 

IV. Richard Tirel, écuyer du baillage de Caen nous est connu par une quittance de gages, datée de Compiègne, du 25 septembre 1339 au cours des guerres de Vermandois. Celle pièce est scellée d'un sceau bien conservé que Demay nous décrit ainsi : « Sceau rond de 20mm. Ecu à la fasce, un bâton en bande brochant, et accompagné d'une étoile en -chef el à sénestre, à la bordure engrèlée dans un trilobé.


 

Légende : DI TYREL. »


 

IV. Jean Tirel, écuyer du baillage de Caen, qui était à l'ost de Flandre » en 1302. On a de lui une quittance de gages datée d'Arras, du 30 septembre 1302. Cette pièce est scellée d'un sceau reproduisant le même blason. Voici comment il est décrit par Demay : « Sceau rond de 23 millim. -Ecu portant une fasce, au bâton en bande brochant, à, la. bordure engrèlée.

Légende : + S... HAN T ... L. »


 

De ce dernier descendirent, deux fils Robert et Guillaume.


 

V. Robert Tirel, écuyer, commanda en 1354 une compagnie pendant la guerre de Saintonge contre les Anglais, sous les ordres de Guichart d'Anglure.


 

V. Guillaume Tirel, dit Taillevent, écuyer, fut d'abord queu du Roi en 1346. On le trouve ensuite jusqu'en 1368 « écuyer de l'ostel de Mgr le Dalphin de Viennois », c'esl-à-dire des futurs Jean II et Charles V avant leur accession au trône (ordres de paiement de 1346, 1355, 1368) puis à nouveau queu du Roi, c'est-à-dire de Charles V et de Charles VI (ordres de paiement de 1371, 1377, 1388 et 1389). L'office de grand Queue de France, nous apprend le P. Anselme dans le chapitre qu'il consacre a ceux qui l'ont rempli, conférait la surintendance sur tous les officiers des cuisines ; il a été, dit-il, exercé par les plus grands seigneurs ; mais c'est par erreur qu'il place Guillaume Tirel, (qu'il appelle d'ailleurs à tort Taillement) au XVe siècle, en lui attribuant une quittance du 23 juillet 1473. Celles que nous possédons montrent que c'est 1373 qu'il faut lire. Il avait pour armoiries des armes parlantes, assez difficiles à déchiffrer sur la quittance de 1371 où l'on croit lire trois billettes posées en fasce, accompagnés de six besans 3 en chef et 3 en pointe, mais qui se lisent très facilement quand on se-rapporte au sceau de la-quittance de novembre 1388 ou à sa pierre tombale. Voici comment Demay les décrit d'après la première de ces pièces : « Sceau rond de 23 millim. Ecu à la fasce portant 3 marmites et accompagné de six roses ou six quintefeuilles, 3 en chef et 3 en pointe dans un quadrilobe.

 

+ ILLAUME TIREL.

 

Il épousa en premières noces Jehanne fille de Jehan le Bouant qui mourut, le 20 septembre 1363 dont il eut un fils Jehan qui suivra. Il épousa ensuite Ysabeau, fille de Joudouin le Chandelier. Ils furent tous trois inhumés dans l'église du prieuré d' Hanemont près Saint-Germain-en-Laye, nous dit Glairambaut. Hanemont ou Hannemont pas plus d'ailleurs que Henuemont n'existe comme hameau dans le Dictionnaire des Communes. Toutefois la Carte à 1/80.000 nous montre sur le territoire de Saint-Germain-en-Laye une ferme d'Hennecmont, qui représente précisément cet ancien prieuré. Le prieuré d'Hannemont -Ennéae mons -nous apprend Dom Beaunier, dépendait, du Monastère de Chanoines réguliers de Sainte Catherine du Val des Ecoliers. On connaît l'histoire de ce dernier monastère, dit encore de Sainte Catherine de la Couture et qui s'élevait à Paris là où est actuellement le Lycée Charlemagne. Il avait été fondé par les sergents d'armes en exécution du voeu qu'ils avaient fait en 1214, alors qu'ils défendaient le pont de Bouvines. Saint-Louis en avait posé la première pierre en 1229 Rien d'étonnant donc à ce que le sergent d'armes Guillaume Tirel ait choisi pour lieu de sa sépulture un prieuré qui dépendait du monastère qui était un peu la propriété des sergents d'armes du Roi. Glairambaut nous a conservé une très belle reproduction de la pierre tombale de Guillaume Tirel, entouré de ses deux femmes, pierre qui se trouvait encore, au début du XVIIIe siècle au milieu de la sacristie de l'église du prieuré. Sous trois élégantes arcatures gothiques, ornées de gracieuses figurines se tiennent les trois personnages. C'est d'abord,, au centre Guillaume Tirel, représenté en homme d'armes. Il porte le surcot par dessus la colle de maille, le cou est entouré du camail et la tête est coiffée du heaume. Il porte des chaussures à la poulaine avec des éperons à molettes de dimensions énormes. Au ceinturon pendent d'une part le carquois, d'autre part l'épée et au devant de lui, il porte son écu où se lisent, admirablement les 3 quintefeuilles de chef et les 3 quintefeuilles de pointe, et sur la fasce les 3 marmites qui rappellent son ancienne dignité. A sa droite c'est sa première femme Jehanne le Bouant qui est représentée avec la surcolle lacée par derrière, sur le devant de laquelle sont dessinées les deux fentes destinées à mettre ses mains pour les maintenir au chaud. Le vêtement a d'énormes manches qui tombent jusqu'au pied et qui sont ouvertes pour laisser passer les bras, recouverts, eux, de manches engainantes à la manière de celles des hommes. Les cheveux partagés par une raie médiane retombent en nattes de chaque côté. A sa gauche, c'est Ysabeau le Chandelier. Ici encore nous trouvons la robe à longues manches. Mais les fentes du devant ont disparu. Quant à la tête, elle est recouverte de la huve, sorte de voilette empesée qui entoure tout le crâne et retombe en plis gracieux de chaque côté du visage. Elle est enfin surmontée de ses atours qui sont ici figurés sous forme d'une corne rabattue sur le front. Ces figures sont, exquises. Quicherat qui a reproduit les modes de 1350 d'après une figure de pierre tombale extraite du recueil de Gaignières ne les a pas connues. Elles eussent à merveille illustré ses descriptions; elles auraient pu servir à montrer l'évolution du costume féminin pendant, la seconde moitié du XIVe siècle. Enfin tout autour de la pierre tombale, figure l'inscription que voici : Cy gist demoiselle Jehanne la Tirelle femme de Guillaume Tirel, fille de feu Jehan le Bouant qui trespassa l'an MCCCL XIII le mercredy avant la leste Saint Mathieu apostre et evangeliste. Priés Dieu pour elle. Gy gyst Guillaume Tirel, sergent, d'armes du Roi notre Sire, jadis Queu du Roy Philippe cl de Monsr le Roi Carle et dauphin de Vienne qui trespassa l'an MCCCLX. Et cy gist Ysabeau la Tirelle, femme de Guillaume Tirel et fille de feu Joudoin le Chandelier, qui trespassa l'an MCCC...

 

VI. Le fils de Guillaume Tirel, Jehan I Tirel, nous est connu par un contrat d'achat qu'il passa le 15 mai 1374 devant les tabellions de la Vicomte de Pont-Audemer. Il mourut antérieurement à 1409 car nous connaissons à la date du 27 février 1408 un contrat de vente passé par Marie de Guerpin qui est dite sa veuve.


 

VII. Leur fils, Guillaume Tirel seigneur des fiefs de Tirel et, de la Babonnière avait épousé Colette Le Moyne. Il mourut vers 1430, tué dans les rangs des Anglais dont il avait embrassé le parti el sa femme mourut, vers 1435. C'est ce que nous apprend une enquête en date du 25 décembre 1490 faite par le lieutenant général du Vicomte de Mortain à la requête de leur fils Richard écuyer âgé alors d'environ 70 ans. Ils eurent deux enfants : Richard et Jean.


 

VIII. Richard, dont il vient d'être question, né vers 1420 fut à la mort de sa mère en 1435, mis sous la garde du Roi. L'enquête de 1490 dont nous venons de parler, et qui survint lorsqu'il avait 70 ans, tendait « à le faire mettre hors la Garde du Roi et autoriser à gouverner,soi-même ses biens ».


 

VIII. Leur autre fils Jean II Tirel, chevalier, fut trésorier d'hôlel du Roi d'Angleterre et Receveur Général de Normandie. Nous avons de lui une déclaration de provisions prises pour Henri VI, en la, vicomte de Pont-Audemer, en janvier 1431 et un contrai d'achat en 1448 d'une maison sise à Pont-Audemer où sur une poutre étaient sculptées les armes ancestrales et qui resta durant, plusieurs siècles dans sa famille. Il mourut lui aussi au service du roi d'Angleterre ; il fut tué lors de la prise de Pont-Audemer le 12 août 1449. La ville ayant été pillée, une partie de ses biens fut détruite. Quant au reste, il fui confisqué, comme ayant appartenu à un seigneur « du parti d'Angleterre ». Ces biens provenaient soit d'acquisitions personnelles, comme la maison de Pont-Audemer, soit de biens à lui attribués par le roi Henri VI, biens sis au baillage de Rouen et au pays de Caux, et eux mêmes confisqués à divers seigneurs demeurés du parti du dauphin. De sa femme Jeanne Rastel il eut trois fils : Simon, Colin et Thomas dont la tutelle fut confiée à leur mère lors de la tenue des Assises de Ponl-Audemer, le 24 juillet 1450.

 

IX. Thomas Tirel, né au début de :1445, mourut, en bas âge


 

IX. Simon Tirel, l'aîné des trois, né en 1442, écuyer, servit comme homme d'armes dans la Compagnie de « mon tres redouté seigneur, Monseigneur de Briquebec » comme le qualifient, deux ordres de paiement passés à son nom aux dates des 16 avril cl 19 juillet 1478.


 

IX. L'autre fils enfin, Colin ou Nicolas Tirel, né en 1443, mourut le 27 décembre 1524, à l'âge de 80 ans ; sa femme mourut l'année suivante le 14 août 1525. Avec son frère Simon, il. récupéra, lors de l'abolition générale, le 7 juin 1468, une partie des biens de leur père, notamment une terre prise par celui-ci à fief en 1448 et qui avait été confisqués, nous l'avons vu, par Charles VII au moment où la province de Normandie avait été réduite en son obéissance. On lui connaît deux enfants, Jean et Michel.

 

X. Jean Tirel, sieur du Verbisson, avocat, conseiller en Court-laye, épousa Catherine Diguel ou Daguet. Un certificat, du curé de Notre-Dame de Pont-Audemer au XVIIIe siècle, indiquait qu'à cette époque on voyait encore dans son église leur pierre tombale : Jean Thirel, décédé le 24 mars 1541 et Catherine Diguel, fille de Guillaume Diguel, écuyer, gouverneur de la Ville et Château de Pont-Audemer, son épouse, décédée le 25 novembre 1573. Ces pierres tombales ont disparu aujourd'hui. Le travail de Réauley sur les pierres tombales conservées dans l'arrondissement de Pont-Audemer n'en fait pas mention. Au reste l'église Notre-Dame elle-même a disparu. On ne connaît plus à Pont-Audemer que l'église Saint-Ouen, qui a été bâtie du XIe au XVIe siècle, l'église de l'Hospice, et dans un faubourg de la ville l'église Saint-Germain qui fut, bâtie du Xe au XIIIe siècle. Quant à l'église du Sépulcre, encore appelée Notre-Dame du Pré, qui semble bien être celle dans laquelle figuraient les pierres tombales ci-dessus, et qui remontait au XI-XIIe siècle, il n'en restait plus en 1837, qu'une partie de la. Nef. La descendance de Jean Thirel se poursuivit jusqu'au XVIIIe siècle et s'éteignit, en la personne de deux frères, l'abbé Thirel de la Pinconnière et, Charles Hector Tirel, avocat au Parlement de Rouen. Celui-ci brisait les armes de la famille d'un chevron el remplaçait le lion par un lionceau qui surmontait la molette de la pointe, ainsi que nous l'avons vu au début de celle étude. Ce dernier n'eut que trois filles : Catherine, qui épousa son cousin Charles Tirel, sieur de Séglas, Marie-Catherine qui épousa Jacques Bruno de Boutehen, écuyer, Sieur des Landes, Conseiller des Requêtes à Rouen, et Marie, épouse de François-Nicolas le Brument, sieur de Boishamel.

Encore y a-t-il lieu d'observer que la filiation de Catherine ainsi donnée par certains généalogistes ne paraît pas exacte. Nous verrons plus loin que pour d'autres, la femme de Charles Tirel, sieur de Séglas aurait été fille de Jean Tirel, avocat au siège de Pont-Audemer. Cette dernière opinion paraît la plus vraisemblable, car dans divers actes concernant la succession de Charles-Hector Tirel et de son frère l'abbé de.la Pinconnière en décembre 1719, février 1720 et mars 1727, on trouve bien mention de Marie-Catherine et de Marie Tirel, ainsi que de leurs époux ès-qualités. Par contre dans aucun de ces actes il n'est fait état de dame de Séglas.


 

X. Michel Tirel, l'autre fils de Nicolas Tirel, fut également avocat en Court-laye. Il fut pourvu à Rouen de l'Office d' Avocat du Roi en la Vicomte de Pontauton et Pontheaurdemer. Né vers 1483 il mourut le 7 octobre 1529. De sa femme Catherine Le Merre (morte le 10 octobre ,1516 il eut deux fils : Michel et Richard.


 

XI. Michel entra dans l'ordre de Saint-Benoît. Il fut prieur claustral de l'abbaye de Grestain.


 

XI Richard Tirel, avocat, sieur de Jouvence en la paroisse de Blacarville, né en 1507, mourut en 1582. Il habitait comme ses ancêtres Pont-Audemer. En 1562 comme les troupes catholiques du duc d'Aumale s'apprêtaient à investir la ville, alors aux mains des huguenots, il gagna sa terre de Jouvence, laissant à ses domestiques la garde de sa maison. Le 16 juillet, les troupes envahirent la ville, et, bien que lui-même fut catholique sa maison n'en fut pas moins entièrement pillée, ses lettres et papiers déchirés et jetés à la rue ; c'est ce qui résulte du procès-verbal qu'il en fit dresser par l'enquêteur du Roi en la Vicomte de Pont-Audemer le 20 juillet de la même année. De sa femme Marie Fortin, morte en 1557), il eut deux fils : Michel Tirel qui suit (Branche A) et Pierre Tirel, qui suivra (Branche B.).


 

Branche A

XII. Michel Tirel, « licencié es lois, conseiller du Roi, lieutenant général de M. le vicomte en la Vicomte de Pont-Audemer », né en 1543, mourut le 4 juillet 1585. Ses titres sont relatés sur sa pierre tombale, laquelle existait encore en 1715 dans l'église Notre-Dame de Pont-Audemer. Il laissait sa fortune fort amoindrie, sans doute du fait du pillage de 1502, mais aussi, dit une note indiscrète, du fait de la mauvaise administration de la femme. Par contre la situation se rétablit « grâce à la bonne conduite de ses enfants et petits enfants. » Il avait épousé Magdeleine du Vivier le 11 janvier 1579, la fille, (certains actes disent la veuve), du lieutenant criminel d'Evreux, Robert du Vivier, Ils eurent trois enfants qui furent :


 

XIII. Robert Tirel, avocat au Parlement de Rouen, lieutenant aux Eaux et Forêts de Ponl-Audemer, et en 1632, bailli de Greslain à Pont-Audemer. Il mourut, en 1658 sans laisser de postérité.


 

XIII. Jean-Bapliste Tirel, qui fut, bénédictin et prieur de Grestain, comme son oncle.


 

XIII Nicolas Tirel, receveur des deniers communs et octrois de Pont-Audemer, puis lieutenant du vicomte de cette ville, né en 1582, mort en 1657, qui épousa par contrat du 17 avril 1638 Magdeleine le Grix. Ils eurent trois enfants : Charles, Jean et Gaspard.

 

 

XIV. Jean Tirel, né en 1640 fut comme son oncle et son grand'oncle, bénédictin.


 

XIV. Gaspard Tirel, né en 1641 fut en même temps que son frère Pierre, anobli en janvier 1697. Il prend depuis cette date la qualité d'écuyer. Il servit d'abord en Flandre de 1665 à 1668, comme nous l'apprend un certificat, du 15 décembre 1668. Au cours de la troisième année, il reçoit un brevet royal lui conférant la charge de lieutenant en la Compagnie du capitaine de Fougeray au régiment du Dauphin. En 1669, la campagne terminée, il entre aux mousquetaires et participe avec son régiment à la défense de Candie (certificat en italien du 28 août 1669). Réformé à la suite de la paix d'Aix-la-Chapelle, il reçoit en date du 6 février de 1673, un certificat daté de Saint-Germain-en-Laye et qui lui est délivré par Janville, sous-lieutenant, commandant la 2e Compagnie des Mousquetaires à Cheval de la Garde du Roy et Maître de Camp de Cavalerie. Celui-ci atteste les « fidèles services du Sieur Thirel, mousquetaire du roi pour six ans en Flandres, Candie, Vivarès, Allemagne et Hollande, d'où il est sorti comme capitaine de Chevaux légers». Le roi en effet l'a mis à la tête d'une des six compagnies de chevaux légers données a chacune des deux compagnies de mousquetaires. Quelques jours auparavant, le premier février 1673, il reçoit de la main de Louvois une réquisition portant de « payer à M. de Tirelle, 7.500 livres pour la levée en armement d'une compagnie de chevau-légers que le roi lui a accordée ».


 

XIV. Charles Tirel, fils aîné de Nicolas Tirel naquit en 1639, il obtint comme son frère des lettres d'anoblissement au mois de janvier 1697. Il est à partir de cette date qualifié écuyer, sieur de Séglas. Cet anoblissement, ainsi d'ailleurs que celui de Gaspard Tirel, faisait, partie d'une fournée de 500 personnes anoblies moyennant finances. Toutefois il est juste de faire observer que lorsque vint, dix-huit ans plus tard, l'édit d'août 1715 qui révoquait tous les anoblissements faits dans ces conditions postérieurement au premier janvier 1689, Charles et Gaspard Tirel furent exceptés de cette mesure. Des lettres patentes d'avril 1716 les maintenaient au contraire dans la noblesse en faisant état des services rendus à la cause royale par leurs ancêtres, et reconnaissant pour légitime la filiation en ligne directe depuis Hugues Tirel chevalier, en 1220, jusqu'à Jean Tirel, sieur de Boismont et Jean-Charles Tirel, sieur de Séglas, fils et héritiers de Charles Tirel alors décédé. C'est à cette occasion que d'Hozier établit le règlement d'armoiries que nous avons rapporté au début de cette étude, fixant ainsi les armes de cette famille telles qu'elle les porte encore aujourd'hui. D'abord Conseiller du Roi, lieutenant civil et criminel en l'élection de Pont-Audemer, Charles Tirel fut ensuite nommé le 30 juillet, 1676 à la charge de Substitut du Procureur Général pour l'élection de Pont-Audemer. C'est à ce titre et en cette qualité que, par lettres datées de. Versailles du 15 février 1685, il reçut mandat « d'assister au consistoire de la Religion prétendue réformée qui doit se tenir prochainement à Pont-Audemer ». Il mourut le 8 octobre 1710. Il avait épousé par contrai du 25 mars 1659, Catherine Tirel de la Railerie (ou de la Rillerie, disent certaines transcriptions) que certains actes indiquent comme fille de Jean Tirel, sieur de la Ratterie et de la Pinchonnerie, premier avocat du Roi au siège de Pont-Audemer, et d'autres comme fille de Charles-Hector Tirel, avocat au Parlement, de Rouen, dernier représentant, de la branche de XI, Jean Tirel, sieur du Verbisson. Nous avons dit plus haut pourquoi celle dernière opinion ne nous paraît pas fondée. Ils eurent quatre enfants : Jean, Jean-Gharlos, Marguerite et Madeleine.

XV. Magdeleine Tirel, née le 16 octobre 1674, épousa François de Guérin. écuyer, soigneur et patron de Marconville.


 

XV. Marguerite Tirel, née le 18 janvier 1671, épousa en 1693, Jacques de Lyvet, écuyer, sieur de la Noé et de Boislouvel.


 

XV. Jean-:Charles, sieur de Séglas, né le 19 novembre 1672, servit durant cinq années à la. 2° Compagnie de mousquetaires, aux côtés de son frère aîné do 1699 à 1704. Il épousa d'abord Marie-Marguerite Collet, fille de Firmin Collet, vicomte de Pont-Audemer. Puis celle-ci étant morte le 25 octobre 1713, il épousa en secondes noces la fille du Doyen des Auditeurs de la Chambre des Comptes de Rouen, Anne Hébert. Dès son premier mariage il eut :


 

XVI. Jean-Charles-Philippe Tirel, écuyer, né le 20 août 1712 et qui entra à son tour en novembre 1732 dans la 2e Compagnie de Mousquetaires.


 

XV. Jean Tirel, sieur de Boismont, écuyer, seigneur et patron de Boisbenard était l'aîné des quatre enfants de Charles Tirel, Il naquit en 1666 et servit durant onze ans à la 2e Compagnie des Mousquetaires, ainsi qu'en témoigne le certificat qui lui est délivré le 3 mars 1703, au moment ou il s'apprête à quitter l'armée. Son congé lui est accordé le 28 mars 1703. Il mourut le 12 août 1718. Il avait épousé, par contrat, le premier février 1706 Françoise Carrey, fille de François Carrey, écuyer, seigneur et patron de Saint-Gervais, Saint-Jean et du prieuré de Saint-Eustache d'Asnières, conseiller de Grand'Chambre au Parlement de Noommirmandie et de feue Marguerite Moysans. Il en eut deux fils :


 

XVI. Jean-Baslisie Tirel, écuyer, né en 1708, dont on ignore s'il eut des descendants.


 

XVI. Nicolas Tirel de Boismont. Né à Boschénard-Commin le 16 janvier 1716 ; il fut successivement chanoine de Rouen, abbé de Gresl-ain au diocèse de Lisieux, prieur de Lihons en Santerre. « Il préférait ; dit Tastet, les amusements frivoles à l'instruction sérieuse, la dissipation à l'étude des livres saints ». Venu à Paris sur les instances de ses amis, il devint rapidement un prédicateur fort goûté, par la connaissance qu'il avait des moeurs, des passions et des caractères. En 1750, il prononça un panégyrique de Saint-Louis, dans un style à la fois plein d'éclat et d'élégance. Il devint alors prédicateur ordinaire de Louis XV. Elu à l'Académie française le 22 septembre 1755 au fauteuil de Boyer, évoque de Mirepoix, grâce, dit Collé qui le détestait « à l'ardeur scandaleuse de la duchesse de Chaulnes », il devint l'orateur en titre de la Compagnie, et prononça en son nom les oraisons funèbres du Dauphin, de Louis XV et de Marie-Thérèse. L'administration de l'Assistance Publique ignore sans doute qu'il fut, de façon au moins indirecte, un de ses bienfaiteurs. Prié par la Duchesse de la Rochefoucauld de prêcher en faveur d'une fondation qu'elle projetait, il prononça à Paris dans la chapelle de la Charité un sermon qui fit une telle impression que la quête qui s'ensuivit fut particulièrement fructueuse. Les 150.000 livres que l'on recueillit alors formèrent les premiers fonds de la dotation de l'Hospice la Rochefoucauld, Il fut l'ami des philosophes et fréquentait le salon de Mlle de Lespinasse. Il a laissé, outre des recueils de sermon, des Lettres secrètes sur l'état actuel de la religion, et du clergé de France. Il mourut à Paris le 20 décembre 1786, entre les bras de l'abbé Maury, le plus cher de ses amis, et son élève, en faveur duquel il avait résigné les plus riches de ses bénéfices. C'est vis-à-vis. de l'abbe Maury qu'on lui prête ce trait qui ne manque pas d'esprit. Celui-ci, qui briguait l'Académie, et peut être espérait même succéder à son protecteur au fauteuil qu'il occupait, lui demandant un jour quelques détails sur sa jeunesse : « Eh là. l'abbé, répondit-il en souriant, vous me prenez mesure ! » Son successeur fut l'historien et poète Claude de Rulhière. Il occupait, selon l'ancienne numérotation le cinquième fauteuil, lequel est représenté aujourd'hui, nous apprend ce fauteuil est de nos jours occupé par M, Jules Cambon,

 

Branche B,


 

XII. Pierre I Tirel, second fils de Richard Tirel, à la suite de la ruine partielle de son père, consécutive au pillage de 1562, prit d'abord la charge de contrôleur au Grenier à sel de Pont-Audemer. Il exerça cette fonction durant 30 années, au cours desquelles il fut en outre nommé échevin de la ville. En 1595, il s'adressa à Henri IV pour obtenir des lettres de reconnaissances de noblesse. Depuis deux générations en effet, son frère Richard et son grand-père Michel, l'un et l'autre avocats, avaient négligé de faire figurer le titre d'écuyer dans les actes authentiques. Il faisait valoir que son grand-père Michel et son grand' oncle Jean, tous deux fils de Colin Thirel, étant avocats à Pont-Audemer, ville franche, donc non soumise aux impôts, n'avaient aucun intérêt à revendiquer leur qualité d'écuyers, n'étant par ailleurs pas gens de guerre. Au contraire, le frère de leur bisaïeul Colin, Simon Thirel, qui fut homme de guerre, avait pris plusieurs fois cette qualité. A l'appui de sa requête, Pierre Tirel apportait encore le certificat du commissaire enquêteur de 1502. Les lettres sollicitées lui furent accordées par le Roi en septembre 1505 ; elles fuirent ensuite enregistrées en la Chambre des Comptes et Cour des Aides de Normandie, les 11 mars 1596 et 11 janvier 1597. Il prit dès lors le titre d'écuyer, sieur de Jouvence. Son frère Michel étant mort depuis 10 ans à cette époque, cette reconnaissance de noblesse ne put profiter à la branche aînée; c'est ce qui explique qu'en 1697, les représentants de celle-ci aient sollicité un anoblissement, qui leur fut ensuite confirmée en en 1716, ce que nous avons vu plus haut. On ignore encore la date exacte de la mort de Pierre I Tirel. Toutefois il vivait encore au début du XVIIe siècle, puisqu'on le voit obtenir le 10 avril 1600, du Lieutenant Général de Rouen, une sentence à son profit contre les habitants de Pont-Audemer. II avait épousé Marie Gosselin de la Vacherie de qui il eût deux enfants Pierre II Tirel, qui suit (Branche C) et Richard Tirel qui suivra (Branche D). Elle même mourut vers 1624, puisqu'on voit ses deux fils se partager sa succession le 30 décembre 1624

 

Branche C.

XIII. Pierre II Tirel, écuyer, émancipé par son père le 4 mai 1599, Conseiller et Procureur du Roi en la Vicomte de Pont-Audemer, épousa, par traité du 5 août 1600, reconnu le 29 décembre 1610, Catherine le Corniec de-Sainte-Hélène ; celle-ci mourut en 1633 à l'âge de 57 ans. Ils eurent quatre enfants : Claude, Robert, Marie-Thérèse et Pierre.


 

XIV. Claude Tirel, sieur du Lion, mourut sans postérité.


 

XIV. Robert Tirel, fut prêtre.


 

XIV. Marie-Thérèse Tirel, épousa Jean Grossin,


 

XIV. Pierre Tirel, sieur de Boismorand, écuyer, naquit en 1607 ; il fait une transaction avec son père le 17 juin 1633. Il servit d'abord en qualité de volontaire. On le trouve au siège de Cany le 8 septembre 1641, date à laquelle M. de la Tour, maréchal de camp et gouverneur d'Arras lui délivre un certificat. A l'enquête sur les faux-nobles, en 1667, il l'ut reconnu comme étant de noble extraction et maintenu. Il mourut en 1686. Par traité du 28 avril 1652, reconnu le 18 septembre 1657, il avait épousé Marguerite Louvel de Pineville, (morte en 1694) et qui lui donna deux enfants : Marguerite cl Jacques.


 

XV. Marguerite Tirel, épousa en 1680 Gabriel Le Fort chevalier, seigneur de Bonnebos, Manneville et Escarbouville.


 

XV. Jacques Tirel, Sieur de Boismorand, né en 1653, épousa en 1687 Françoise Godard et mourut après 1719, Ils eurent deux enfants.

 

XVI. Pierre Tirel, né en 1688.


 

XVI. Marguerite Tirel, née en 1689, On ignore s'ils eurent eux-mêmes des descendants,

_

Branche D.


 

XIII, Richard Tirel, second fils de Pierre I Tirel, écuyer, Conseiller et assesseur au bailliage de Pont-Audemor, émancipé en même temps que son frère le 4 mai 1599, épousa par traité du 14 avril 1607, reconnu le 7 mai 1612, Marguerite Beuzelin. Il eut six enfants dont deux seulement firent souche ; ce sont :


 

XIV. Richard Tirel, écuyer, sieur de Jouvence, Conseiller du Roi, Contrôleur au Grenier à sel de Pont-Audemer. Il fut maintenu dans la noblesse avec ses frères Philippe, Charles et François-Nicolas par arrêts de la Cour des Aides de Normandie du 29 mars 1656, confirmé par l'arrêt du 10 novembre 1664 et le jugement du 21 novembre 1667, prononcé par M. de la Galissonnière, intendant de la Généralité de Rouen ; il termina sa carrière comme religieux carme à Pont-Audemer.


 

XIV. Jacques Tirel, qui fut moine bénédictin à. Grestain.


 

XIV. Nicolas Tirel, écuyer, qui fut curé de l'église Notre-Dame de Pont-Audemer.


 

XIV. Philippe Tirel, écuyer, Sieur du Geneslé qui suivra


 

(Branche E.


 

XIV. Charles Tirel, écuyer, Sieur de Boisverdun, qui servit dans l'armée et fut fait prisonnier le 26 mai 1642 à la bataille d'Honcourt. Il figure avec ses frères dans le jugement de maintenue de noblesse. On ignore s'il eut des enfants.


 

XIV. François-Nicolas Tirel, Sieur dela Marlinière qui suivra (Branche F.).


 

Branche E.


 

XIV. Philippe Tirel, écuyer, sieur du Genesté ou du Génetay, fils de Richard Tirel, épousa le 9 janvier 1662, Catherine Villecocq. Le jugement du 21 novembre 1667, rendu par l'intendant et commissaire député à la recherche de la noblesse, Barrin de la Gallissonnière, donnait acte à Philippe Tirel, Sieur du Génesié, époux de Catherine Villecocq, fils de Richard Tirel, écuyer, sieur de Séglas, et Marguerite Beuzelin, petit-fils de Pierre Tirel, écuyer, Sieur de Jouvence et de Marie Gosselin de la représentation de ses titres, et rappelait les lettres d'anoblissement donnés par Henri IV en septembre 1595 à son aïeul Pierre Tirel. Il eut deux enfants :

 

XV. Charles Tirel, sieur de Boisverdun qui eut lui-même un fils :


 

XVI. Charles Tirel, dont on perd la trace.


 

XV. Philippe-Nicolas Tirel, sieur de Génetay, né vers 1665, marié d'abord à Françoise Guérin de Tourville, épousa à l'âge de 30 ans en secondes noces en l'église de Saint-Martin-Saint-Firmin, le 12 décembre 1695, Marie-Geneviève de Malortic, âgée alors de 29 ans et veuve de François Tirel, Sieur d'Esville. De ce second mariage naquit :


 

XVI. Nicolas-Joachim Tirel, du Génetay, écuyer, sieur de Jouvence, né et baptisé à Blacarville le 22 octobre 1698, que l'on retrouva plus tard capitaine-major de la capitainerie de Rocques de Risles. Il épousa à Fourmetot le 12 juillet 1723 -après contrat de mariage du 21 avril précédent Marie-Marguerite-Thérèse Lambert. De ce mariage naquit :


 

XVII. Louis-François Tirel du Génetay, écuyer, né à Blacarville, le 3 décembre 1729, et baptisé le 4 en la paroisse Notre-Dame de cette ville. Il épousa à Pont-Audemer, le 8 novembre 1756, Catherine-Marguerite de Vivefoy. Il était a cette époque lieutenant de grenadiers du bataillon de Pont Àudemer. De cette union naquit un fils :


 

XVIII. Nicolas-Joachim-Louis-Pierre Tirel du Génetay, né et baptisé à Corneville ( les 28-29 juin 1757. Il fut admis à l'âge de 9 ans, en août 1766, à l'Ecole Royale Militaire de la Flèche. Les preuves qu'il dû fournir à cette occasion nous ont fourni les renseignements que nous possédons sur cette branche, Nous perdons sa trace à partir de cette date.


 

Branche F.

XIV, François-Nicolas Tirel, Sieur de la Martinière, fils de Richard Tirel est désigné dans l'histoire de la famille, tantôt sous le prénom de François-Nicolas, tantôt simplement sous celui de François. On a vu dans le texte de cette étude, comment alors qu'il était « employé dans le service de la Marine du Port de Marseille », il eut une affaire d'honneur avec un capitaine de vaisseau « qui était d'une famille puissante » et qu'il eut le malheur de tuer son adversaire; pour éviter les effets des édits de Louis XIV contre le duel, il fut obligé de se cacher pendant quelques temps, ayant été condamné par contumace. C'est ce qui explique que, nommé dans l'arrêt de la Cour de Normandie du 29 mars 1656, reconnaissant sa qualité de noble conjointement avec ses frères Richard, Philippe et Charles, son nom disparaisse de l'arrêt de 1664 et du jugement définitif du 21 novembre 1667. On perd alors sa trace jusqu'en 1680, date où on le retrouva en Bretagne, lors de la naissance de son fils aîné, à Bourseul. II a définitivement abandonné son second prénom et n'est plus désigné dans les actes ultérieurs que sous le nom de François. Lorsqu'il meurt au château de Limoëlan en Sévignac le 7 mai 1706 (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1) l'acte dressé à cette occasion ne fait mention d'aucun âge même approximatif ; aucun de ses frères ou neveux demeures en Normandie, ne figure parmi les témoins. Il fut inhumé dans le choeur de l'église. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de lui dans le cours de cette étude. Nous mentionnerons seulement que de sa femme Jeanne des Champs il laissa cinq enfants : Marie-Anne, Henry-Louis, Henry-François, Françoise-Thérèse et Rose-Françoise. François Nicolas Tirel, sieur de la Martinière, mort en 1706 fut fermier général des terres de Limoëlan. Il demeurait « un quart de lieue à l’ouest de Limoëlan, une vieille gentilhommière enfouie dans les terres et sans grand caractère, la Grèsse, une simple ferme ».

 

XV. Marie-Anne Tirel, demoiselle de la Martinière, née en 1678, mourut à Broons le 19 mars 1732, à l'âge de 55 ans, n'ayant pas été mariée.

 

 

 


 

XV. Françoise-Thérèse Tirel de la Martinière, dite, avant son mariage, demoiselle du Vergé, épousa à Broons, le 20 janvier 1727, François-Toussaint Pioger, sieur de Saint-Perren, écuyer, qui fut le parrain de son neveu, le curé d'Auger-Saint-Vincent. Ils eurent (au moins un fils et une fille. Ce sont :

 

XVI. Henri-Anne-François Pioger, écuyer, né et baptisé à Broons le 13 juillet 1728.


 

XVI. Suzanne-Anne-Françoise Pioger de Saint-Perren, née à Broons le 13 avril 1731.


 

XV. Rose-Françoise Tirel de la Martinière, épousa Guillaume du Puy, sieur de Lissoreul. Elle fut marraine en même temps que son beau-frère. Ils moururent tous deux avant 1739, en laissant des enfants, qui parurent au partage de la succession de leur aïeule Jeanne des Champs, le 21 octobre 1739.


 

XV. -François-Henry Tirel de la Martinière, né à Bourseul en 1681, Conseiller-Maître en la Chambre des Comptes, Sénéchal des juridictions de Broons, Beaumanoir et Limoëlan, épousa Anne des Martins. Il en eut un fils :


 

XVI, -François-Henry Tirel de la Martinière, né à Broons le 5 mars 1724 et dont la descendance est demeurée inconnue.

 

XV. Henry-Louis Tirel de là Martinière, l'aîné des fils de François Tirel et de Jeanne des Champs, naquit à Bourseul le 10 mars 1680.

 

 

 

 

Il succéda à son père dans la charge de fermier général des seigneuries de Broons, Beaumont (voir Le château de Beaumont en Guitté), Beaumanoir et Limoëlan. Il épouse à Saint-Malo, par contrat du 16 novembre 1726 Marie Guyonne Symon dont il eut sept enfants, tous nés au château de Limoëlan. Ce sont :

 

XVI. Marie-Jeanne Tirel, demoiselle de la Martinière, née le 26 (baptisée le 28) septembre 1727. Elles eut pour parrain Notre homme Jean-Baptiste le Bonhomme, sieur de la Fontaine, bourgeois de Saint-Malo, et dont la fille devait devenir plus tard sa belle-soeur. Elle ne se maria pas.


 

XVI. Louis-Henry-Anne Tirel, sieur de la Martinière, né en 1729, qui suivra. (Branche G.).


 

XVI. Louis-Jean Tirel de la Martinière, né le 21 février 1730, qui eut pour parrain Louis de Lorraine, prince de Lambesc el pour marraine la fille de celui-ci, Jeanne-Louise de Lorraine, princesse de Lambesc. Il fut plus tard désigne sous le nom de sieur des Landes.


 

XVI. François-Edouard Tirel, sieur de la. Martinière, né le 23 mars 1733, que l'on trouve dans un acte de 1751, « novice chez les Pères de la Compagnie de Jésus » et en 1703 « prêtre », puis curé d'Auger-Saint-Vincent, qui a fait l'objet de ce travail.


 

XVI. Françoise-Louise-Jeanne Tirel de la Martinière, demoiselle des Landes, née le 31 octobre 1734. En 1763, elle n'était pas mariée.


 

XVI. Jean-Baptiste-Marie Tirel, né le 24 juillet 1736. Il est désigné en 1763 sous le nom de Sieur de la Metrie. Il eut un fils qui fut garde du roi en 1789, chevalier de Saint-Louis ; il émigra. De son mariage avec une demoiselle de la Treille, il eut des enfants dont on ignore la descendance.


 

XVI. Joseph-Louis-Marie Tirel, né le 5 juin 1740, prit le nom de Sieur de la Grèse ; il n'eut pas d'enfant.

 

 

 

Porte cintrée à double rangée de claveaux, à la Gresse en Sévignac

 

 

XVI. Louis-Henry-Anne Tirel, sieur de la. Martinière, fils aîné de Henry-Louis el de Marie-Guyonne Simon, naquit à Limoëlan en Sévignac le 20 janvier 1729. Nous avons dit comment il fut successivement fermier général des Lorraine-Lambesc, puis des Picot de Clorivière à Limoëlan en Sévignac, puis fermier général des Franquetot de Coigny, à la Moussaye en Plénée (voir Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs). Il quitta le château de la Moussaye a la fin de 1771. En effet sa signature qui figure au bas de nombreux actes de mariages de bourgeoisie ou de petite noblesse locale, sur les registres de Plénée-Jugon, jusqu'à la naissance de son dernier fils en juin 1771, disparaît entièrement à partir de celle époque. Son dépari est donc antérieur de onze ans à l'époque ou le duc de Coigny vendit le château de la Moussaye, puisque c'est seulement en 1782 que celui-ci. Passa, entre les mains du Comte Jean-Jacques de la Motte de Broons-Vauvert. Avocat au Parlement de Rennes, il épousa probablement à Saint-Malo, Olympe-Sophie le Bonhomme, fille de Jean-Baptisle le Bonhomme, sieur de la Fontaine, qui avait été parrain de Marie-Jeanne Tirel, l'aînée des enfants d'Henry-Louis. Il mourut à Granville le 22 ventôse An VII (12 mars 1801). Ils eurent huit enfants dont les quatre premiers naquirent au château de Limoëlan et les quatre derniers au château de la Moussaye. Ce sont :


 

XVII. Olympe-Marie-Antoine-Jean-Baptiste Tirel, née à Sévignac le 16 novembre 1759, décédée le 2 mars 1761.

 

 

 


 

XVII. Louis-François-Jean-Baptiste Tirel, né à Sévignac, le 2 juin 1761 et endoyé le même jour ; baptisé le 24 juin. On ignore ce qu'il devint.

 

XVII. Sophie-Félicité-Joséphine-Thérèse Tirel de la Martinière, née à Sévignac le 15 octobre 1763. Elle épousa à Saint-Malo, en 1783, Pierre-Nicolas de Perrée, Conseiller maître en la Chambre des Comptes.


 

XVII. Renée-Marie-Michelle-Xavier Tirel, née à Sévignac, le 9 septembre 1765.


 

XVII. Pierre-Paul-Henry-Prosper Tirel, né à la Moussaye en Plénée, le 15 décembre 1768, ondoyé le même jour, baptisé le 9 juin 1769, mourut le 9 mars suivant à la Moussaye, et fut inhumé à Sévignac.


 

XVII. Marie-François-Corentin-Xavier Tirel de la Martinière, né en 1767 qui suivra (Branche L).


 

XVII. Henry-Prosper Tirel de la Martinière, né et ondoyé le 2 avril 1770, baptisé le 23 juillet. On ignore ce qu'il devint. En tout cas, il était mort antérieurement à 1799

 

XVII. Edouard Tirel de la Martinière, né à Plénée en 1771, qui suivra (Branche J.)

 

Branche H

XVII. Marie-François-Xavier-Corcnlin Tirel de la Martinière, fils de Louis-Henry, naquit au château de la Moussaye le 2 décembre 1767 et fut baptisé le lendemain en l'église paroissiale de Plénée.

 

 

 

 

Il épousa à Granville le 6 février 1792 Jeanne-Charlotte-Henriette le Boucher de Vallefleur, fille de Luc-François de Vallefleur, écuyer, seigneur et patron de Loronz, Gasligny, etc., et de Marie-Rosalie-Léonor Tanqueray de la Membrière. Il fut nommé en 1809 par le Premier Consul, Caissier de la Monnaie de Toulouse. Il se fixa dans cette vilie où ses descendants habitent encore, et mourut en 1824. Il eut deux fils, Charles et Henri.


 

XVIII. Henri-Pierre-Emile-Félicité Tirel de la Martinière, né à Granville en 1794, fut capitaine adjudant-major au 18° léger et mourut à Toulouse, sans alliance.


 

XVIII. Charles-François Tirel de la Martinière, son frère aîné était né à Paris, le 14 novembre 1792. Son père ayant été nommé en 1809 à l'Hôtel des Monnaies, Charles Tirel vint terminer ses études à Toulouse. Avant son entrée à l'Ecole Polytechnique, il avait présenté à l'Académie des Jeux Floraux, en 1811, c'est-à-dire à peine âgé de 19 ans, une ode sur le Canal du Midi. Le prix allait lui être décerné, mais Alexandre Soumet ayant au même moment écrit une ode sur la naissance du Roi de Rome, les circonstances et l'opportunité firent que le chantre de Napoléon II l'emporta sur le chantre de Riquet. Sorti de Polytechnique, il fut d'abord lieutenant d'Artillerie à Metz, puis à Toulouse, où il rejoignit sa famille, Nommé ensuite à Rennes, son père l'engagea à démissionner afin de le conserver auprès de lui ; il quitta donc l'armée en 1819. En 1820 à l'occasion de la naissance de l' « Enfant du miracle », il composait une ode sur Chambord, qui fut fort appréciée et que suivirent nombre d'autres odes et élégies qu'il présenta chaque aunec à l'Académie des jeux floraux, En 1823, il se maria, et épousa à Toulouse Rose-Hélène Dufour de Rouffiac. L'année suivante son père étant mort il lui succéda dans la charge de Commissaire du Roi, près la Monnaie de Toulouse. La chute de la branche aînée en 1830, fut un coup sensible pour l'auteur de l'Ode à Chambord. Il manifesta ostensiblement ses regrets en oubliant d'illuminer à l'anniversaire des Trois Glorieuses. Le pouvoir de son côté manifesta ses sentiments en lui donnant un successeur. Il se cantonna donc dès ce moment dans la poésie et la gestion de ses biens. Nommé maître es jeux floraux en 1831, il fut élu en 1832 « l'un des quarante mainteneurs de l'Académie des Jeux Floraux » de Toulouse et prit séance le 27 janvier 1833. C'est en cette qualité qu'il eut l'honneur de recevoir en séance privée de l'Académie, en juillet 1838, le Vicomte de Chateaubriand, à l'époque où le grand homme sur le déclin dînait chez la femme du conseiller à la Cour Castelbajac, immortalisée dans la littérature sous le nom de l'Ocitanienne. Jusqu'à la fin, il resta fidèle à la poésie même dans les circonstances de la vie qui semblaient le moins propre à ce genre de distraction. Ayant à soutenir à Coutances un procès important contre certains membres de sa famille) il eut l'idée de s'adresser en vers à l'une de ses cousines, qui était son adversaire ; celle-ci lui répondit de même. Et ainsi tandis que les papiers timbrés et les plaidoieries allaient leur train entre les hommes de lois, les élégies et les billets ingénieux s'échangeaient de leur côté entre les deux parents, retraçant les péripéties d'une lutte courtoise d'ailleurs et qui se termina à la satisfaction des deux parties. Dans ce conflit poético-judiciaire, Érato avait vaincu Thémis. Il expira au cours d'un séjour en Normandie où l'appelaient ses affaires de famille le 14 novembre 1846. Dans son éloge funèbre, prononcé à l'Académie, son confrère, après avoir retracé sa vie, résumait ainsi son existence : « Sa vie commença dans la poésie, elle finit dans la prière ». Son fils craignant que cet éloge ne contint quelques réserves s'abstint de paraître à la cérémonie, et lorsque ce morceau fut publié, il jugea que ses appréhensions n'avaient pas été vaines ; aussi s'empressa-t-il d'en faire disparaître tous les exemplaires qu'il en put rassembler ; de ce fait ceux-ci sont devenus à peu près introuvables. Heureusement les dépôts publics nous les ont conservés dans les collections des compte-rendus des séances de l'Académie, nous permettant ainsi de retracer quelques traits de son existence. Charles Tirel de la Martinière laissait trois enfants : Alfred, Blanche et Louis.


 


 

XIX. Blanche-Charlotte Tirel de la Martinière, née à Toulouse en 1826, entra en religion et mourut au Couvent d'Aulias.


 

XIX. Louis-Marie Tirel de la Martinière, né à Toulouse en 1827 fut camérier d'honneur des papes-Pie IX et Léon XIII. Suivant l'exemple de son arrière grand-oncle, il entra chez les Jésuites. Il mourut à Saint-Cloud en 1883.


 

XIX. Alfred-Charles Tirel de la Martinière, fils aîné de Charles-François, naquit à Toulouse en 1824 et y mourut en 1892. De sa femme Henriette de Malefitte (1826-1875) qu'il avait épousée à Toulouse en 1852, il eut un fils.


 

XX. Anne-Charles-Isidore-Henry Tirel de la Martinière, né à Toulouse en 1859, avocat, qui ne s'est pas marié et avec qui s'éteindra la branche aînée de la famille.


 

Branche J


 

XVII. Edouard Tirel de la Martinière, fils cadet de Louis-Henry et représentant de la branche cadette de la famille, naquit au château de la Moussaye, le 19 juin 1771 et fut baptisé à Plénée le lendemain. Il servit d'abord dans la Marine, puis démissionna ; il entra dans l'Administration des Finances et devint directeur des Contributions Directes. Il mourut à Montauban le 13 octobre 1832. De sa femme Joséphine-Rosalie Blanchet, il avait eu trois enfants : Nicolas-Edouard, Joséphine et Sophie-Nathalie.


 

XVIII. Joséphine Tirel de la Martinière épousa Maurice Hue, avocat,


 

XVIII. Sophie-Nathalie Tirel de la Martinière épousa un officier du nom. de Caraut, dont le fils Maurice se maria et mourut sans postérité.


 

XVIII. Nicolas-Edouard Tirel de la Martinière, naquit à Granville le 12 prairial An IX (1er juin 1801). Il fut lui aussi Directeur des Contributions Directes et épousa à Chartres en 1856 Caroline-Amélie Gaslonde. Ils eurent deux enfants :


 

XIX. Gustave-Charles-Désiré Tirel de la Martinière, né en 1852, mourut à l'âge de 21 ans, en 1873, non marié


 

XIX. Edouard-Marie Tirel de la. Martinière, qui était l'aîné, naquit le 16 février 1849. Successivement auditeur au Conseil d'Etat et substitut au Tribunal de la Seine, il fut élu député de la Manche le 4 octobre 1885 et lé demeura pendant deux législatures jusqu'en 1893. Il était également conseiller général de ce département pour le canton de la Haye du Puits ; il y fut réélu le 31 juillet 1892. Il mourut le 15 avril 1918. Par sa femme Marie-Louise Colmet qu'il avait épousée le 27 mai 1875, il se rattachait étroitement à cette région de Senlis, dans laquelle son arrière grand-oncle avait eu les malheurs que nous avons contés.

 

 

 

Edouard-Marie Tirel de La Martinière

 

Le grand-père de Marie-Louise Colmet, Armand Colmet, avoué à Paris, avait en effet épouse Fanny Payen (1795-1832); il était par suite devenu le gendre de Maître Jacques-Martin Payen, notaire à Senlis, dont nos Bulletins nous apprennent qu'il prêta serment le 30 avril 1789, qu'il fut président de la Chambre des Notaires en 1812-1813, et que l'on retrouva en 1827 comme notaire honoraire. Au reste d'autres liens unissaient encore cette famille à la région de Senlis. La femme de Maître Payen, Françoise Regnard de Gozengré, était la petite-fille de Nicolas II Regnard, procureur à Senlis, et l'arrière petite-fille de Nicolas I Regnard, conseiller du Roi, substitut au baillage de Senlis, mort en 1719. Edouard-Marie Tirel de la Martinière et Marie-Louise Colmet eurent deux filles :


 

XX. Amélie-Marie-Louise-Andrée Tirel de la Martinière, née en 1876, épousa à Paris le 14 décembre 1897 André-Maximin Consolat.


 

XX. Louise-Marie-Julie-Caroline Tirel de la Martinière, née à Paris en 1885, morte à Paris en juillet 1907, avait épousé à Paris, le 17 mars 1906 Jean- Joseph-Antoine Isaïc, Comte d'Indy, fils du compositeur, le maître Vincent d'Indy. Ils eurent une fille.


 

XXI. Isabelle-Louise-Jeanne-Marie-Amélie d'Indy, née à Paris VIII, le 8 juillet 1907, qui épousait à Paris VII le 4 juillet 1930 Jean-Guillaume-Joseph-Marie, Comte d'Harcourt, né à Paris VIIe, le 16 septembre 1906 fils du.Comte Joseph d'Harcourt, petit-fils du Comte Pierre d'Harcourt, et du Vicomte de Melun. Dans la branche cadette, comme dans la branche aînée, s'éteint ainsi le nom des Tirel de la Martinière, Nous avons tenté de reconstituer la généalogie de cette famille depuis le XIe siècle jusqu'à nos jours avec la plus grande conscience. Nous espérons y être parvenu. Sur certains points où les documents conservés au Cabinet des Titres permettaient plusieurs hypothèses, nous avons choisi celle qui nous paraissait la plus probable. Et si par hasard quelque généalogie particulière différait sur certains points de la nôtre, nous nous en consolerions par celle réflexion assez mélancolique, et d'ailleurs non signée, qui se trouve conservée dans l'un des registres ; « Malgré les recherches, c'est un noeud gordien pour celui qui désir (sic) trouver Tirel dans l'ouvrage.de Monsieur le Baron d'Ozier (sic) généalogiste». Celle note peut servir à la fois de conclusion à notre élude et d'excuse à ses imperfections.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 13:52

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 07:58

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:02
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 07:43

 

 

 

 

Tour de l'ancienne monnaie à Nantes

 

Le caractère même de Jean V « ce prince bien magnifique », mais qui dirigeait son duché en homme d'affaires avisé, le parcourant sans cesse, s'entourant de conseillers de valeur, sachant épargner tout en menant une politique de prestige, nous permet de penser qu'en créant une monnaie d'or bretonne il recherchait trois objectifs : un de politique extérieure, un de politique intérieure, et un troisième purement économique. Sur le plan extérieur le but de cette création n'est pas d'affirmer un ralliement à la cause du Dauphin, ou au contraire de déclencher contre lui une guerre monétaire, mais simplement d'affirmer la puissance et l'indépendance du duc de Bretagne; le temps n'était pas si lointain où son père se faisait vertement réprimander par Charles VI pour oser frapper monnaie blanche. Le moment était bien choisi : le roi de France avait d'autres préoccupations plus importantes que la politique monétaire de ses vassaux. Le fait d'imiter la monnaie delphinale était également habile : le Dauphin, dont la situation était peu assurée avant la victoire de Baugé en mars 1421 n'avait guère de moyens de pression contre Jean V. Il semble que le duc de Bretagne a pu mener cette politique d'indépendance monétaire à sa guise et que ni Charles VI, ni Henri V, ni le Dauphin ne sont intervenus pour la contrecarrer. Sur le plan intérieur, Jean V trouvait ainsi un moyen d'accroître le prestige ducal, qu'il tenait à renforcer par des marques extérieures spectaculaires : cérémonies, vie de cour, tenue vestimentaire, mécénat ... Cette politique ostentatoire eut ses résultats, les chroniques bretonnes nous renseignent sur ce point; mais l'opération de prestige que constituait la création d'une monnaie d'or n'aboutit qu'à demi : les bretons s'en souviennent encore assez bien en 1455, mais les chroniqueurs bretons ne la mentionnent pas ; seul Perceval de Cagny, plutôt hostile à Jean V, nous en a conservé le souvenir. Du point de vue économique, c'était là une véritable révolution dans la vie monétaire et commerciale du duché. La Bretagne connaissait une période de prospérité qui contrastait avec l'état de délabrement économique des provinces voisines ravagées par les guerres : « la Bretagne, tandis que la guerre sévissait dans tout le royaume, devint comme le grand et bel entrepôt des marchandises de toute la France ». Cette situation était favorable à la création d'une monnaie d'or ducale qui permettait de mettre à la disposition du commerce breton un instrument approprié à des échanges importants ou lointains. Le fait que la Bretagne jouait alors le rôle de place d'échanges entre les négociants français et anglais qui « y transportaient leurs marchandises qu'il ne leur était pas permis de faire passer dans le pays ď obédience adverse » explique peut-être aussi ce choix d'imiter une monnaie dont la vocation était plus terrestre que maritime : le commerce breton traditionnellement orienté vers la Manche et l'Atlantique s'est tourné quelque temps et fort brusquement vers la voie terrestre, favorisant les échanges entre la Normandie anglaise et le Pays de Loire delphinal : « les Bretons, de l'humble paysan au noble incontesté, sont saisis par la fièvre du commerce. Jean V en 1425 se plaint que les paysans abandonnent leurs labours pour se faire courtiers ou marchands. » Cette monnaie d'or ducale tint-elle efficacement le rôle que l'on attendait d'elle ? Il est difficile d'en juger : son aire de circulation est mal connue ; les quelques trouvailles de florins que l'on connaisse furent faites en Bretagne ou aux confins immédiats de la province ; les livres d'empirance sont encore bien plus difficiles à situer dans l'espace que dans le temps. Il semble bien que la monnaie d'or bretonne n'a pas réussi à s'imposer dans les échanges commerciaux à longue distance ; en Bretagne même la monnaie de compte reste le plus souvent l'écu. Jean V fut contraint de renoncer à la frappe de l'or pour des raisons difficiles à définir, mais qui sont certainement économiques, plutôt que politiques. La fabrication s'avérait peut-être trop onéreuse ; il est possible également que le métal manquait : on n'a pas de trace d'une ordonnance de Jean V décriant les monnaies d'or « étrangères », seul moyen d'assurer l'approvisionnement régulier en or des ateliers ducaux par la refonte des espèces décriées ; mais cela ne signifie pas qu'elle n'a pas existé. Le renoncement du Dauphin à ce système qui ne vécût que trois années d'une médiocre activité, porta un coup fatal à la monnaie d'or bretonne qui resta isolée, seule de son poids et de sa valeur, sans possibilité de se faire une place dans la circulation monétaire d'alors, que commençait à dominer le Salut d'or d'Henri VI frappé en grand nombre en Normandie. Sans doute aussi le duc Jean jugea prudent de maintenir l'économie monétaire du duché à l'écart des troubles qui affectaient la monnaie de Charles VII. C'est pourquoi à une réforme de son système il préféra l'arrêt pur et simple de la fabrication d'espèces d'or. L'arrêt de la frappe de monnaies d'or fut une mesure très mal accueillie par les commerçants bretons ; cela ressort du texte de la Constitution du 12 février 1425, par laquelle Jean V s'efforce de porter remède à une vague de spéculation sur l'or : « Pour cause de l'or que le peuple par avarice et pour abondance de la monnoie convoite tant ardamment et le mettent à prix excessif de plus du tiers que il ne vaut, combien que ils n'ayent cause de ce faire et que nostre monnoye soit bonne et de bonne loy ... Pour ce que plusieurs et aussi comme le plus de nostre peuple, en méprisant nostre monnoie et par convoitise et avarice desirans avoir or, font reffus de vendre leurs denrrées si ce n'est par or, quelle chose est cause de grant chéreté en nostre pais, deffendons que doresnavant nul ne soit tant hardy en nostre pays de marchander par or, les uns subgetz de nostre pais avec les autres, sauff à marchander par monnoie tant seulement, et que ce soit des vivres et denrées qui croissent en nostre pais, sur paine de confiscation de la denrée et de amende arbitral. » Nous ne savons le succès de ces mesures; toujours est-il que le phénomène auxquelles elles tentaient de porter remède montre bien que la monnaie d'or ducale avait une certaine implantation dans le pays, qu'elle répondait à un besoin réel et jouait un rôle économique non négligeable. La disparition de la monnaie d'or bretonne, après l'interruption de sa frappe -qui doit donc se placer au plus tard en 1424 -a sans doute été très rapide, même si elle est encore connue des changeurs après 1461. Les abondantes émissions de saluts d'or par Henri VI en Normandie ont dû en précipiter la refonte. La rareté des trouvailles jointe à celle des pièces conservées est une confirmation de sa vie éphémère. Celle-ci fut cependant complexe : ce monnayage comprend deux espèces, dont l'une a connu au moins deux émissions et a été frappée dans au moins trois ateliers : Nantes, Rennes et Vannes.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 16:09

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 14:25

 

A plusieurs reprises, en 1386, 1392 et 1394, Charles VI contesta le droit de Jean IV à frapper monnaie blanche : « Ipse пес proedecessores Ducis Britanniae non poieranl пес facere debebantnisi monetám nigram certi ponderis et valoris et nihilominus fecerat et fieri faciebat albam, quod erat in prejudicium Domini Regis et juris... » En 1392, Jean IV fit établir par une enquête que les ducs de Bretagne possédaient le droit ancestral de frapper monnaie noire et monnaie blanche. Dans toute cette contestation, et malgré certains commentateur, il n'est nullement question de frappe de monnaie d'or en Bretagne, ce que Charles VI n'aurait pas manqué de reprocher en tout premier lieu à Jean IV, et dont celui-ci aurait dû se justifier au premier chef. Il est donc établi que Jean IV n'a pas frappé de monnaie d'or, et que c'est à son fils Jean V qu'il faut attribuer cette innovation -c'est bien là le sens du mot « entreprint » dans le texte de Perceval de Cagny -que l'étude du Double-florin de Bretagne va nous permettre de mieux comprendre. Le Double-florin de Bretagne n'est connu sous ce nom que par les comptes de Jehan Mauléon que nous avons cités ci-dessus. A. de Barthélémy les commentant faisait absurdement de cette monnaie une pièce de 10 d. de cours. Il faut rapprocher le texte en question de quelques lignes d'un livre d'empirance édité par Saulcy et qu'a commenté Caron : « Doubles ďor de Bretaigne, c'est ung duc assis en chaire et a dessoubz ses pies un lion, et tient le duc en sa main dexire une espée et de l'aultre main ung escu aux hermines, sont ď empirance. »

 

 

Caron ajoute : « Ce type n'a jamais été retrouvé. C'est une imitation des monnaies de Louis de Crécy, comte de Flandre » ; quelques années plus tard, il écrivait : « le double florin est le cavalier qui figure dans nos collections et dont le poids varie de 3 g 47 à 3 g 20 et tombe même à 2 g 98. Le florin est notre demi-cavalier dont l'existence ... nous est révélée par la découverte de Monheim ». Cette opinion ne peut être reçue : Garon assimile les pièces de Jean V à celles des ducs François, qui appartiennent à un système pondéral différent, et rapproche ces dernières de textes qui leur sont notablement antérieurs. Engel et Serrure reprennent à leur compte la première hypothèse de Caron : « le florin d'or et le double d'or au duc assis, imitation des monnaies de Louis de Crécy, comte de Flandre, ne sont pas encore retrouvés ». Dieudonné lui, a reconnu le florin : « les comptes mentionnent, à côté de ce florin dit Petit double, un Double d'or à la chaise », mais se garde bien d'avancer aucune hypothèse quant à cette dernière pièce. Le rapprochement fait par Caron puis Engel et Serrure entre cette monnaie -qui reste toujours à découvrir en nature -et la chaise d'or du comte de Flandre Louis de Male (plutôt que de Louis de Crécy) est tout aussi trompeur que celui du florin de Bretagne, du franc à cheval et du « cavalier » des ducs François : le poids de cette pièce ne peut convenir à l'appellation «Double-florin»; de plus un détail montre bien que cette prétendue filiation n'existe pas : il n'y a pas de lion sous les pieds du comte de Flandre. On connaît des monnaies qui présentent un souverain assis, les pieds posés sur un lion et qui auraient pu passer pour le prototype de cette imitation bretonne : ce sont le Parisis d'or et le Lion d'or de Philippe VI ; mais une simple remarque suffît pour les écarter : il n'y a sur elles aucun écu. Une seule monnaie répond valablement à la description donnée par le livre d'empirance : elle représente un roi assis sur une chaise curule, tenant l'épée et le sceptre, accosté de deux écussons ; à ses pieds, deux lions couchés Le signalement transmis par le changeur de l'imitation bretonne est légèrement différent : le type de la monnaie bretonne était-il quelque peu varié ? Nous pensons plutôt que ce manuscrit, postérieur à 1461, décrit cette pièce « de mémoire ». Cette monnaie, française, est la «chaise d'or » frappée par le Dauphin Régent Charles, dont le nom véritable, celui qui était employé à l'époque, est « Double d'or », nom donné par le livre d'empirance à son imitation bretonne, laquelle dès lors n'a pu être frappée que par le duc Jean V. Non seulement c'est la seule monnaie qui réponde assez précisément à la description, mais c'est aussi la seule qui puisse par son poids être qualifiée de Double-florin : poids droit 6 ,118 g. Cette monnaie taillée à 40 au marc était accompagnée de sa moitié, le demi-double taillé à 80 au marc (poids droit 3,059 g), dont les deux seuls exemplaires connus sont comparables en poids : 2,95 g et 3,02 g aux florins de Bretagne; ceux-ci ont bien été taillés à 80 au marc, comme nous le supposions ci-dessus. L'empirance donnée au Double-florin de Bretagne par le manuscrit : 3 s. 9 d. nous donne un titre très bas : 19 1/2 carats (812 millièmes) par rapport au prototype d'or fin à 1/2 carat de remède (1000 à 979 millièmes) et même au titre de 22 carats 1/4 (927 millièmes) donné par un texte peu sûr. Curieusement ce même changeur donne pour le florin de Bretagne des empirances moins élevées : 2 s. 1 d. soit 21 1/2 carats (895 millièmes) et 6 d. soit 23 4/10 carats (983 millièmes); il est pourtant pour le moins très vraisemblable que le titre de ces deux espèces était le même à une même date. La date de création de ces deux monnaies d'or bretonnes n'est guère difficile à déterminer : Hilaire Gillart nous avait dit en 1455 que « passé à trente ans » -donc avant 1425 -« il vit des florins d'or, qui avoient esté forgés en Bretagne ». Les comptes de Jehan Mauléon prouvent la circulation des deux espèces avant le 23 mars 1421. Un savant calcul - il faut remonter à la prise de Caen par Henri V le 4 septembre 1417 -permet de se rendre compte que Perceval de Cagny place vers 1419-1420 le moment où Jean V « entreprint et fist faire monnoye d'or ». Un texte du 16 décembre 1420 mentionne des florins d'or qui sont sans doute, mais cela n'est pas spécifié, des florins de Bretagne. Mais surtout nous connaissons une ordonnance donnée à Vienne-lès-Jargeau, par laquelle le Dauphin Charles rappelle qu'il a ordonné de faire « es monnoyes obéissant à mond. seigneur et à nous des deniers ďor fin appelez doubles ďor » et « autres deniers ďor fin, appelez demydoubles d'or », datée du 24 août 1420. Le monnayage d'or de Jean V, manifestement calqué sur celui instauré peu avant cette date par le Dauphin, n'a pu être frappé qu'après août 1420. Remarquons que le 30 septembre de cette même année, le Duc de Bretagne accorde à ses monnayeurs de nouveaux privilèges. Ce sont les réformes nécessaires des ateliers de Nantes, Rennes et Vannes pour que la frappe de l'or y soit possible qui ont entraîné la révision du statut des monnayeurs bretons. La date de naissance du monnayage d'or des ducs de Bretagne est donc septembre ou octobre 1420, selon que l'on considère que les réformes l'ont précédée ou suivie. La fabrication des doubles d'or et des demidoubles du Dauphin ne se poursuivit que jusqu'en février 1421 : fin janvier la seconde émission de l'écu d'or est ordonnée ; mais en septembre 1422 réapparaît une pièce de même poids que le demi-double, au type équestre : le « franc à cheval » de Charles VII, fabriqué jusqu'à la fin de 1423. Jean V cessa sans doute de faire frapper son double d'or au début de 1421 ; il continua à émettre des florins : il n'y a guère de place en ces quelques mois pour deux émissions. Mais pourquoi le duc de Bretagne, qui emprunte pour son double florin un type du Dauphin, crée-t-il un type original pour le florin ? Il est permis d'imaginer que dans les comptes de Jean Mauléon la mention « florin de Bretagne » recouvre une imitation du demi double d'or du Dauphin, émise jusqu'en février 1421, qui aurait cédé la placeà une pièce identique en taille et valeur, mais à un type différent, propre au duché, au moment de l'arrêt de la fabrication du prototype du Dauphin, ou quelques mois après, sur une requête de celui-ci lors de son entrevue avec Jean V à Sablé en mai 1421, ou encore au moment de l'émission du « franc à cheval » de Charles VII -si celui-ci n'a pas donné lieu à une imitation plus fidèle, comme peut le faire croire le dessin de Lautier. Il est possible que trois monnaies d'or bretonnes restent à retrouver ; ces hypothèses sont évidemment invérifiables, faute de documents ; seule l'existence du double-florin est attestée. Il reste surprenant que Jean V ait imité une monnaie aussi rare que le double-d'or. Il suffît de se replacer dans le cours de l'histoire pour que cette apparente anomalie devienne toute naturelle. Le Dauphin en créant en août 1420 ou peu avant ces deux monnaies, après une émission d'écus (juin-octobre 1419), semblait ériger, quelques mois après le traité de Troyes, un système monétaire nouveau, original, se voulant indépendant. Le duc de Bretagne a pris à ce moment la décision de frapper l'or, et ce sont évidemment des espèces se référant à ce système neuf - que l'on pouvait croire durable -qu'il a fait fabriquer, et non pas des écus. C'est dans les ateliers proches de la Bretagne qu'ont été fabriqués les doubles d'or et demi-doubles du Dauphin : on a retrouvé des doubles de Tours et de La Rochelle ; on ne connaît des demi-doubles qu'issus de cette dernière Monnaie, mais on sait qu'il en a également été frappé à Angers et à Poitiers. Cela n'est certainement pas étranger au fait que ces espèces, très rapidement entrées en Bretagne, par la voie commerciale de la vallée de la Loire et Nantes, ont été imitées en Bretagne. Cependant ce nouveau système monétaire créé par le Dauphin entrait en concurrence avec l'ancien système, reposant sur l'écu d'or et l'agnel, qui était encore en vigueur dans la France de Charles VI : la septième émission de l'écu, pour Paris, est du 26 février 1420, et dans celle de Henri V : la seconde émission de l'agnel est du 25 septembre 1419. Le choix de son système monétaire par Jean V est-il le reflet de son choix politique ? Il est extrêmement difficile de s'avancer sur ce terrain rendu glissant par la politique de non-engagement menée par le duc de Bretagne qui « ne voulut plus s'entremettre de la guerre d'entre les Françoys et les Angloys mais se délibéra de garder son pays et ses subgedz ďestre oprimez ». L'enlèvement de Jean V par les Penthièvre a été organisé avec l'appui du Dauphin, qui le considère comme son prisonnier. Jean V est délivré le 5 juillet 1420; il semble être en bons termes avec Henri V qui lui demande le 1er août de signer le traité de Troyes, qui ordonne le 29 novembre que la trêve avec la Bretagne soit respectée, qui libère Arthur de Richemont, frère de Jean V en janvier 1421, qui demande le mois suivant au duc de Bretagne de faire respecter la trêve. Le Breton Du Juch mène des négociations avec l'Anglais Colvyle. Mais pendant le même temps des négociations parallèles sont menées avec le Dauphin, qui aboutissent au traité de Sablé le 8 mai 1421, par lequel Jean V s'engage à fond aux côtés du Dauphin. Ce traité sera d'ailleurs rompu très peu de temps après et Jean V signera le traité de Troyes le 8 octobre 1422. Adopter le système monétaire du Dauphin fut-il pour Jean V un acte politique de ralliement à sa cause, en plaçant le prospère duché de Bretagne dans le même monde monétaire que la France du Dauphin ? Fut-il au contraire un acte dirigé contre le Dauphin, Jean V lançant sur le marché des pièces de même type, de même poids, voulant avoir la même valeur que celles du Dauphin, mais de moins bon titre ? Fut-il un acte à seule fin économique, le duc voulant appuyer la monnaie d'or bretonne nouvelle-née sur le système nouveau du Dauphin, qui lui paraissait plein de promesses ?

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article