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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 18:02

 

 

Extraict des registres de la Chambre establie par le Roy pour la refformation de la Noblesse du pays et duché de Bretagne, par lettres patentes de Sa Majesté, du mois de Janvier 1668, vérifiées en Parlement : Entre le Procureur General du Roy, demandeur, d'une part. Et Jacques le Voyer, escuier, sieur des Aulnays, et escuier Esprit le Voyer, sieur de Tregat, et Claude le Voyer, escuier, sieur de la Vallée, et René le Voyer, escuier, sieur dudict lieu, deffandeurs, d'autre part. Veu par la Chambre : Deux extraicts de présentations faictes au Greffe d'icelle par le procureur des deffendeurs, les 22e Septembre et 27e Novembre 1668, par lesquels il auroict déclaré pour. lesdicts le Voyer voulloir soustenir la quallitté d'escuier, par eux et leurs prédécesseurs prise, et porter pour armes : D'argent à une fleur de lis de sable. Lesdicts extraicts signes : le Clavier, greffier.


 

Induction d'actes et pièces desdicts deffendeurs, sur le seing de maistre Jacques du Breil et celluy dudict Jacques le Voyer, signiffiee au Procureur General du Roy, par Boullongne, huissier, le 27e Novembre dernier, concluant à ce qu'il pleust à ladicte Chambre les maintenir aux quallittez d'escuiers et de nobles escuiers, en tous les droicts et privilleges appartenants privatifvement aux seulles personnes d'extraction noble, pour en user à l'advenir, comme luy et ses prédécesseurs auroient fait par le passé, et soubz le bon plaisir de Sa Majesté et de Nos seigneurs les Commissaires, de prendre à l'advenir la quallitté de messire et de chevallier. Pour establir la justice desquelles conclusions, articullent à faicts de généalogie qu'ilz sont descenduz originairement de Jan le Voyer, premier du nom, seigneur des Aulnaiz, lequel vivoit en l'an 1405 et estoit demeurant en la paroisse de Gommenay, evesché de Sainct-Mallo, espousa damoiselle Janne de Couasbic, fille de la maison de Couasbic, appresent possédée par le dieur de Talhouet de Queraveon, et de leur mariage issut autre Jan, segond du nom, lequel espousa damoiselle Guillemette Bino, et de leur mariage issut Guillaume le Voyer, lequel espousa damoiselle Béatrix le Reboux, et d'iceux est issu Caro le Voyer, lequel espousa damoiselle Guillemette de Lescuz, et de leur mariage issut Jacques le Voyer, et de son mariage avecq damoiselle Louise d'Aradon issut René le Voyer, et dudict René et de damoiselle Françoise de Bino est issu autre Jacques, second du nom lequel fut marié avecq damoiselle Mathurine Morice, et d'iceux issut Françoys le Voyer, et dudit François, et de damoiselle Jacquemine Butault issut autre René le Voyer, second du nom, et dudict René second et de damoiselle Charlotte Bertho issurent Jacques le Voyer troisiesme du nom, leur fils aisné, héritier principal et noble, Claude et René le Voyer, ses frères puisnez, deffendeurs. Sur le degré dudict escuier Jacques le Voyer, sieur des Aulnais, est rapporté : Un procès verbal faict pardevant les nottaires de Porhouet, pour ledict escuier Jacques le Voyer, sieur des Aulnais, et à sa requeste, des armoiryes et escussons, tant à sa maison noble des Aulnaiz, qu'à la paroisse de Gomené, à la chapelle de Sairit-Guenael, despendante de laditte maison des Aulnaiz, que la chappelle de laditte maison, lesquelles armes portent : D'argent à une fleur de lis de sable ; ledict procès verbal du 12e Novembre dernier, signé : Hervé et C. Chauvel, nottaire. Une tutelle et pourvoyance dudict Jacques le Voyer, escuier, sieur des Aulnaiz, deffendeur, et ses autres puisnez, par laquelle ce voit que dame Charlotte Bertho veufve d'escuier René le Voyer, vivant sieur dudict lieu des Aulnaiz, a esté instituée leur tutrice et garde, d'authoritté de la cour de Porhouet, du 3e Apvril 1648 signée : F. Jouan, greffier. Un advis des parens d'escuier René le Voyer et de ses puisnez, dont il estoict tuteur, donné audict René le Voyer, touchant l'instruction et éducation,desdicts puisnez ; ledict acte rapporté par devant les nottaires de Medrignac, et dans laquelle les parens sont qualliffiez escuiers et nobles, dabtez du 26e:Apvril 1634, signée et garantie. Contract de mariage d'escuier René le Voyer, sieur des Aulnays et autres lieux, et damoiselle Charlotte Bertho, dame de Beloriant, fille et authorisee d'escuier Jullien Bertho et damoiselle Guyonne de Couespelle, son espouze, sieur et dame de Licantoues ; ledict contract du 12e janvier 1634, signée : J. Collas, nottaire royal. Une déclaration de majoritté d'escuier Charles le Voyer, sieur de la Vallée, frère puisné de René le Voyer, pour estre mins en l'administration de ses biens, du 4e janvier 1635, signé : Jan Royer, commis au greffe de la court de Porhouet. Transaction sur partage faict des successions d'escuier Jan Butault et damoiselle Renée Butault, sa femme, sieur et dame de Penhouer, entre leurs enfans, dont Jacquemine Butault, femme d'escuier François le Voyer, sieur des Aulnays, estoict fille puisnee ; laditte transaction du 30e Apvril 1640, signée : Mahé et Berthelot, nottaires royaulx à Rennes. Une lettre missive du seigneur de Ponchasteau, l'un des commissaires du Roy, adressée audict sieur des Aulnaiz de Gomené, portant ordre et pouvoir de faire des lepvées de gens de guerre, du 15e Mars 1642, signée : Pontchateau. Autre acte portant mesme commission audict sieur des Aulnais, de faire ladicte lepvée de gens de guerre, en quatorze parroisses y desnommees, et de les conduire à Sainct-Brieuc, dans le 15e d'Apvril suivant ; ladicte acte signée dudict de Pontchateau, dattee du 15e Apvril 1642. Un roolle desdicts gens de guerres lepvés par ledict sieur des Aulnaiz et conduicts à Sainct-Brieuc, et au pied d'icelluy une décharge d'iceulx, donnée audict sieur des Aulnaiz par lesdicts cappittaines et commissaires, du 19e Apvril 1642, signée et garantye. Une assignation donnée à requeste du procureur fiscal de la jurisdiction de Porhouet, ausdicts parents desdicts escuiers François et Louis le Voyer, enfans mineurs desdicts feuz escuier Jacques le Voyer et Mathurine Morice, pour les communiquer, et par leurs advis estre lesdicts mineurs pourveuz d'un tuteur ; ledict exploict en datte du 15e Mars 1566, signée et garantie. 

Contract de mariage du 7e Octobre 1609, entre escuier Françoys le Voyer, sieur des Aulnaiz et autres lieux, et damoiselle Jacquemine Butault, dame de la Vallée, fille aisnee d'escuier Jan Butault et damoiselle Renée Butault, sa compagne, sieur et dame de Penhouet, le Bessic, la Chastaignerais, etc. ; ledict contract signé et garanty. Partage jugé par la cour de Porhouet, le 3e Décembre 1610, et executtee par advis de parans entre escuier François le Voyer, sieur des Aulnaiz, filz aisné, herittier principal et noble de deffunct escuier Jacques le Voyer et damoiselle Mathurine Morice, sa compagne, sieur et dame des Aulnaiz, et escuier Louis le Voyer, sieur de Treguelion, puisné ; ledict partage signé et garanty. Autre acte de partage noble des mesmes successions, d'entre ledict escuier François le Voyer, sieur des Aulnays, Treguelion, fils aifné, héritier principal et noble, et ses puisnez, par lequel se voict que ladicte puisnee a pour son droict ausdictes successions, dix huict livres de rentes, du 5e juillet 1623, signé : Gaultier, nottaire. Une quittance des religieux de Sainct-Meen, consentie à escuier François le Voyer, sieur des Aulnays, de la proffession d'escuier Charles le Voyer, son frère, audict ordre, du dernier juillet 1606, signé de plusieurs et desdicts religieux. Une assignation donnée à requeste des enfants et herittiers de damoiselle Catherine le Voyer, à damoiselle Jacquemine Rommelin, mère ayeulle maternelle et tuterixce dudict Jacques le Voyer, affin d'assiepte de six livres de rente prominze à ladicte Catherine le Voyer par Caro le Voyer, son frère, père bizayeul dudict Jacques, pour son droict aux successions de Guillaume le Voyer et Béatrix le Reboux, père et mère dudit Caro et de ladicte Catherine, sa sœur ; ledict acte du 12e Mars 1561, signée, et garantie. Transaction sur partage, du 16e juillet 1562, faicte entre escuier Caro le Voyer, fils aisné, herittier principal et noble, et Catherine le Voyer, sa soeur puisnee, aux successions de leurs père et mère ; ledict partage recogneu noble et de gouvernement noble entr'eux, signé et garanty. Compte rendu par escuier Thomas de Bino, fils aisné de Jacquemine de Rommelin, apres le decedz de laditte de Rommelin, de la gestion des biens dudict Jacques le Voyer, en quallitté de tuterixee, à escuier François de Bino, lors tuteur dudict Jacques le Voyer, du 28e Septembre 1563, signé et garanty. Curatelle faitte d'authoritté de la cour de Porhouet, dudict escuier Jacques le Voyer, pourveu de curateur en la personne de noble homme René d'Aradon, sieur de Querdrean, son oncle maternel, du 4e May 1566, signé et garantie.

Compte rendu au mesme escuier Jacques le Voyer,. sous l'authoritté dudict d'Aradon, son curatteur, par escuier François de Bino, precedament son tuteur, du 14e May 1566, signé et garanty. Contract de mariage du 28e Décembre 1573, Passé entre escuier Jacques le Voyer, sieur des Aulnaiz, etc., et damoiselle Mathurine Morice, fille aisnee de noble escuier Jan Morice et Janne le Felle, sa compagne espouze, sieur et dame du Boisbasset ; ledict contract signé et garanty. Partaige noble et advantageux d'entre ledict escuier Jacques le Voyer et sa sœur puisnee, des successions d'escuier René le Voyer et damoiselle Françoyse de Bino, leur père (et mère), du 4e Octobre 1584, signé et garanty. Partage noble et advantageux faict des successions de René le Voyer, escuier, et Françoyse de Bino, entre Jacques le Voyer, leur fils aisné, héritier principal et noble, et ses puisnez, du 28e Décembre 1575, signé et garanty, et icelluy faict au noble comme au noble et au partable comme au partable, suivant l'assise du compte Geffroi. Ung contract de vente de vingt et cinq sous de rente cens, transporté par ledict René le Voyer, sieur des Aulnais et de Treguellion, à un particullier appelle Jullien Vrien, du 3 e Febvrier 1549, signé et garanty. Acte de ferme du 3e Mars 1553, de la maison et dépendance de Hault-Coislan, faicte par ledict escuier René le Voyer, sieur des Aulnaiz et de Treguellion, par continuation d'autres procédures faictes par Caro le Voyer, escuier, sieur desdicts lieux et son père ayeul, avecq Guillaume Gueseneuc, du 3e Mars 1553, signée et garantie. Une déclaration faicte par noble homme René le Voyer, sieur des Aulnais, devant les commissaires du ban et arriereban, des biens qu'il possedoit, consistans aux maisons des Aunaiz, de Treguellion, du Hault-Coueíkn et autres, avecq leurs fieffs et moullins, dixmes et autres despendances, le 22e Iuin 1557, signée et garantye, avec la réception au pied signée : Pèlerin, escrite sur veslin. Quatre adveux rendus audict escuier René le Voier, seigneur des Aulnays, par plusieurs de ses subjects, dans lesquels la quallitté de noble homme et escuier est employée, dattes des années 1556, 1557 et 1558, signez et garentis, escripts sur veslin. Une assignation en forme de demande de partage, faicte à requeste des herittiers de Catherine le Voyer, soeur de Caro le Voyer, audict escuier René le Voyer, pour avoir le partage deub à ladicte Catherine, aux fins de l'acte d'entr'eux de l'an 1514, aux successions de Guillaume le Voyer et de Béatrix le Reboux, leur père et mère, bisayeuls dudict René ; ladicte demande du 12e Mars 1561, signée et garantye. Six adveus rendus par plusieurs particuliers, tenants à domaine congeable plusieurs terres, au distroict et uzement de Rohan, à escuier Jacques le Voyer, en quallitté de père et garde naturel d'escuier René le Voier, son fils et de deffuncte Louise d'Aradon, dans lesquels six adveus la quallitté de noble et d'escuier est employée audict Jacques le Voyer, des 16, 20 et 21e de juin 1540, signez et garantiz. Une transaction du 16e juillet 1562, entre damoiselle Jacquemine de Roumellin, tuterixce d'escuier Jacques le Voyer, et les héritiers de Catherine le Voyer, soeur de Caro le Voyer, en 1514 pour son droict aux successions de Guillaume le Voyer et Béatrix le Rebours, leur père et mère. Autre acte de transaction, du 10e juin 1565, finalle, en exécution desdicts actes de 1514 et 1564, passé entre escuier François de Bino, tuteur dudict Jacques le Voyer, escuier, sieur des Aulnaiz, et les héritiers de ladicte Catherine le Voyer ; lefdicts actes signez et garantiz.Trois partages nobles et advantageux faictes des successions d'escuier Guillaume le Voyer et de Béatrix le Reboux, faicts entre nobles hommes Càro le Voyer, leur fils aisné, herittier principal et noble, et ses soeurs puisnees, lesquelles il a partagées, en ladicte quallité, et est recongneu leurs partages estre nobles, et dabtez des dernier Septembre 1510,-2e juillet 1511 et 3e Mars 1514, signez et garantiz.

 

Acte de réparation d'injures prétendues faictes audict Caro le Voyer, escuier, par une femme, quoy qu'aparamment legere est neanmoingz estimée grande à raison de la quallitté dudit Caro et pour estre ledict Caro personne fort qualliffiee et ancien chevallier, de laquelle injure la réparation est publicque, du 9e May 1507, signée et garanty. Un contract d'affeagement, fait par ledict noble escuier Caro le Voyer à un appelle Jan Raoul, dans lequel la quallitté de noble et d'escuier est emploiee audict Caro, et dabtee du dernier Décembre 1509, signé et garantye. Une acte de transaction, du 23e Aoust 1509, passé entre ledict Caro le Voyer, qualliffié escuier, sieur des Aulnays, et damoiselle Margueritte de Boisjegu, femme en second mariage de Guillaume le Voyer, père dudict Caro, du 23e Aoust 1509, signée et garantye, escripte sur veslin. Deux actes judiciels entre ledict Caro le Voyer, escuier, sieur des Aulnaiz, et le sieur du Bois de la Roche, touchant le droict de dixme dudict sieur des Aulnaiz, en la parroisse de Guillier, et lesdicts actes des 15e Décembre 1514 et 9e Décembre 1523. Une acte de transaction d'entre lesdicts sieurs des Aulnays et du Bois de la Roche, sur le proceix pendant entre eux pour lesdictes causes cy dessus, et dans laquelle ledict sieur des Aulnaiz prend la quallitté de noble escuier, et datte du 4e jour de May 1524, signée : le Cadre, escripte sur veslin. Sentence rendue par la jurisdiction du Bois de la Roche, à la requeste dudict sieur du Bois de la Roche, contre ledict escuier Caro le Voyer et Guillemette de Lescus, sa femme, du 18e Mars 1538, signée et garantye. Contract de mariage d'escuier Guillaume le Voyer, filz aisné, héritier principal et noble de Jan le Voyer, escuier, seigneur dès Aulnays, et Béatrix le Rebours, sœur germaine de noble escuier Roul le Rebours, seigneur du Plessix ; ledict contract du 13e Décembre 1457, signé et garanty et scellé. Exploict judiciel du 17e Décembre 1482, dans lequel est refferé le partage baillé par Guillaume le Voyer, escuier, sieur des Aulnaiz, à escuier Jan le Voyer, son frère puisné, aux successions d'escuier Jan le Voyer, leur père ; ledict partage faict par l'advis de priseurs. Ledict acte signée : Helleguen, passe, escripte sur veslin. Autre partage noble et advantageux donné par escuier Guillaume le Voyer, fils aisné, héritier principal et noble de Jan, son père, à ladicte Béatrix le Voyer, sa soeur, ausdictes successions, et à laquelle il donne six livres de rente ; ledict partage signé et garanty et dabté du 23e janvier 1492. Autre partage donné par le mesme Guillaume, en ladicte quallitté, à Yvon le Voyer, escuier, son frère puisné, et auquel il donne quarante et neufs sous de rente, à viage seullement et par manière de bienfaict, ausdictes successions de leurs père et mère, du 23e janvier 1494, signé et garanty, escript sur un long parchemin. Deux minuz de rachaptz, fourniz les 14e Octobre et 29e Décembre 1480 par ledict Guillaume, qualliffié escuier et noble, seigneur des Aulnaiz, à dame Janne de Rohan, dame de Rieux, pour le rachapt deub à laditte dame par le deceix de feu escuier Jan le Voyer, père dudict Guillaume ; lesdicts minuz signez et garantiz, escripts sur veslin. Exploict judiciel de la cour de Rieux, portant preuves des droicts dudict Guillaume le Voyer, escuier, sieur des Aulnais, concistans en dixmes. et autres en la parroisse de Guillier, du 2e Octobre 1484, signé et garanty. Un contract d'affeagement faict par ledict Guillaume, qualliffié escuier, sieur des Aulnaiz, à un appelle Jan Raoul, du 29e Décembre 1488, signé et garanty. Partage à viage faict entre Jan le Voyer, héritier principal et noble, et Guillaume le Voyer, son frère puisné, par lequel ce voict que ledict Jan donne audict Guillaume, pour son droict aux successions de leurs père et mère, trois livres, dix sous, de rente, à viage seullement ; ledict partage du 23e janvier 1442, signé et garanty et scellé. Autre acte de partage, du 17e May 1448, entre Jan le Voyer, fils d'autre Jan, héritier principal et noble, et Guillemette le Voyer, sa soeur puisnee, par lequel ce voict qu'icelluy Jan a baillé à sadicte soeur quattre livres de rente, qu'il franchist pour quattre vingts livres, pour tout son droict ausdictes successions ; ledict partage signé et garanti et scellé. Autre acte de partage noble faict entre ledict Jan le Voyer, escuier, comme fils aisné de Jeanne de Couasbic, pour son droict aux successions de Josselin de Couasbic et Perrotte de Lescu, ses père et mère ; ledict partage du 30e Mars 1454, signé et garanty et scellé.Trois adveuz rendus ausdictz Jans le Voyer, père et fils, seigneurs des Aulnaiz, par divers particulliers, lesquels ils les qualliffient escuiers, nobles hommes et seigneurs ; lesdicts adveuz des années 1405, 1455 et 1477, signez et garantiz. Et tout ce que par lesdicts deffendeurs a esté mins et produict par devers ladicte Chambre, conclusions du Procureur General du Roy, concluant à ce qu'ils soient maintenuz en la quallitté d'escuiers et de noble d'antienne extraction et comme tels mis au roolle de la jurisdiction royalle de Ploermel, scelles dabté du 12e Décembre dernier 1668, et tout considéré. LA CHAMBRE, faisant droict sur l'instance, a déclaré et déclare lesdicts Jacques, Esprit, Claude et René le Voyer nobles et issuz d'ancienne extraction noble, et comme tels leur a permis, et à leurs dessandans en mariage légitime, de prendre la quallitté d'escuier et les a maintenuz au droict d'avoir armes et escussons timbrez appartenantz à leur quallitté et à jouir de tous droicts, franchises, preminances et previlleiges attribuez aux nobles de cette province, et ordonné que leurs nomps seront employez aux roolle et catalogue des nobles de la jurisdiction royalle de Ploermel. Faict en laditte Chambre, à Rennes, le 17e Décembre 1668. Signé : Malescot

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 16:45

 

 

 

 

Post ammirabile generis bumani commercium, quod de antiqui lacinoris fecce mundatum est, post ignitas linguarum coruscationes de caelo emissas, quibus novus cum rudi fonte imbueretur cuneus, ita ut, quod ignis doctrinae contingeret, baptismatis unda dilueret, ita etiam et Dominus Jhesus Christus nobis transmisit sanctum Guingualoeum deinsula Thopopegiapergens siccis pedibus cum undecim fratribus per profundum pelagùs, quousque Cornubiamdeveniret. Sed statim ex quo ille amabilissimus venit, sicca rupis aquae jussa est fundere eidem sancto fontem Guingualoeo. lllo vero rogante non modicum fecit inundare. His et aliis virtutibus ejus plurimis factis atque manifestatis, ibidem nutu Dei enituit, scilicet cgecos illuminavit, surdos audire fecit, mutos loqui, [claudos sanavit, paraliticos curavit, leprosos mundavit, trium mortuorum suscitator magnificus fuit, et rudes fontes inundare fecit, sicut in.primo libro de vita ejus scripto nuper edidimus atque caraximus. Sed non post multum tempus sanctus Uuingualoeus iter edidit ad fratrem suum Ediunetum, qui morabatur in quendam montaneum qui vocatur Nin, serviens Deo die noctuque super ripam (luminis quod vocatur Hamn. Et ille sanctus Dei Ediunetus occurrit sancto Uuingualoço,videns eumvenientem ad sé, et se ipsum sancto Dei commendavit, id est corpus et animam et spiritum et omnia quoe habebat, et terras quas Gradlonus rex sibi dedit, id est tribum Dinan, tribum Cunhin, Caer Choc, Lan Iuncat, dimidiam partem Gumenech. Haec omnia in dicum(bitione sancto Vvingualoeo tradidit coram multis testibus. Et ibi remansit sanctus Dei tribus diebus cum sancto Ediuneto. Loqu.ebantur de regno caelesti. Et postea reversus est sanctus Dei ad locum suum cum quinque monachis religiosissimis optimis viris

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:33

 

 

 

 

La Croix des Aulnays à Gomené dessinée par M. Jean Gourbil

inscription des Aulnays en Gomené. Circonstance de sa découverte

 

Le dimanche 19 septembre 1965, au retour d'une promenade à l'abbaye de Boquen, nous constatâmes que la vieille croix de Kévran sise à deux km de Laurenan avait été dégagée des branchages qui la cachaient à-demi jusqu'alors. Muni d'un carnet de croquis, nous revînmes la dessiner dans l'heure même, ce qui fut vite fait car elle est d'une facture très simple. Nous nous rappelâmes alors que sur la route de Laurenan à Plémet, au lieu dit « La Fourchette » se dressait une croix octogonale portant un Christ gravé en relief au visage très noble. Celle-ci aussi venait d'être dégagée des broussailles et redressée sur un petit tertre maintenant couvert de fleurs. Nous en prîmes un croquis qui nous demanda un peu plus de temps. Il nous restait environ une heure avant de rentrer prendre le repas du soir. Nous en profitâmes pour remonter en voiture et gagner un petit carrefour de la route de Laurenan à Gomené avec un chemin rural, où nous savions que devait se trouver une croix brittonique très primitive. Nous fûmes très déçu de ne point la voir. Au lieu du petit chemin de naguère s'ouvrait une voie récente très élargie. De l'ancien carrefour ne subsistait qu'un petit triangle de fougères et de ronces en bordure d'une ouverture très vaste permettant la visibilité pour tout conducteur de véhicule. Le changement des proportions du cadre ne nous permit pas sur le coup d'évaluer la position exacte de la croix. Nous la croyions disparue à jamais, victime du progrès et regrettions déjà la négligence que nous avions montrée en ne la dessinant pas plus tôt. Par acquis de conscience nous jetâmes un coup d'oeil au milieu du fourré. Nous mîmes bien deux à trois minutes avant de la découvrir enfin, très inclinée, mais intacte. Nous ne fûmes pas long à la dégager à coups de gourdin. Nous en prîmes un dessin que nous achevâmes dans notre voiture, comme la fraîcheur du soir tombant rendait nos doigts gourds. Il était juste terminé quand nous vîmes s'approcher un homme accompagné d'un garçonnet. Nous échangeâmes quelques paroles et l'homme qui venait de la ferme proche de Coëlan nous avoua qu'il s'était apprêté à prendre le numéro de notre automobile, pensant que nous étions peut-être un de ces voleurs de vieilles croix dont parlaient si fréquemment les journaux. Nous ne pûmes que l'en féliciter et nous rîmes ensemble de sa méprise. Il nous indiqua alors une autre croix, celles des « Andes », située dans un champ à quelque distance de là. Nous notâmes ses renseignements, ne pouvant nous attarder ce soir là en raison de l'heure déjà avancée. Ce ne fut que le jeudi suivant que nous pûmes nous rendre jusqu'à Trahideuc en Gomené pour rechercher la Croix des Andes. Nous la dessinâmes aussi, bien qu'elle ne présentât pas d'intérêt archéologique, le seul détail inarquant étant un écu lleurdelysé sur le fût. Nous la découvrîmes grâce aux indications d'un voisin, M. Gaudaire, ami de notre père, qui l'avait restaurée vers 1940. Cet homme ne manqua pas de nous signaler la croix de Coëlan. Quand nous lui eûmes fait voir le croquis que nous en avions déjà fait il montra le vif intérêt qu'il portait lui-même aux monuments du passé. C'est M. Gaudaire qui nous révéla l'existence d'une inscription que personne n'avait pu déchiffrer sur un rocher des Aulnays en Gomené. Remettant à plus tard la partie de chasse qu'il s'apprêtait à faire, il poussa la complaisance jusqu'à nous expliquer dans les moindres détails la route à suivre pour y parvenir. Le dimanche suivant, 26 septembre, nous fîmes part de cette révélation à notre plus proche voisin, ajoutant que nous allions essayer de trouver le rocher, au cours de l'après-midi. Deux de ses fils, Yannick et Jackie Poisson, des garçonnets d'une dizaine d'années, s'offrirent alors pour nous accompagner. Nous acceptâmes bien volontiers. Ravis, ils allèrent quérir papier et crayon pour dessiner également et nous partîmes à pied pour les Aulnays, par un temps splendide. Arrivés à Gomené nous prîmes le croquis d'une croix octogonale au Christ fruste portant les lettres suivantes presqu'illisibles. Elle se dresse au croisement de la route des Aulnays ; nous suivîmes cette route jusqu'à la minuscule Croix des « Fêûs » (Hêtres) que nous dessinâmes aussi : son fût très court s'élargit en delta sur un socle grossier monolithe. La croix seule ne fait pas 50 cm de hauteur et paraît d'autant plus humble qu'elle est flanquée des troncs majestueux des hêtres qui poussent au centre de l'entrée du chemin qui mène à un joli petit étang. De l'autre côté de la route un chemin herbeux conduit au rocher à l'inscription révélée par M. Gaudaire. Nous l'empruntâmes, non sans avoir admiré d'abord le manoir des Aulnays, avec son double écu surmonté d'une couronne herminée, et ses linteaux romans et en double accolade. Le chemin, de plus en plus herbeux, devenait assez détrempé sans être jamais impraticable. Il s'avéra meilleur quand nous atteignîmes les premiers arbres. Nous nous arrêtâmes un instant à l'entrée d'un sentier à peine visible, ne nous doutant pas, malgré les précisions de M. Gaudaire, que le rocher n'était pas à 5 m dans le taillis. Nous continuâmes un peu plus loin et découvrîmes dans le bois nombre de blocs énormes de granit. Nous grattâmes la mousse des plus gros d'entre eux et passâmes même dans un champ voisin vérifier un gros rocher isolé au milieu des betteraves. Nous en revînmes les jambes trempées et continuâmes en vain nos recherches pendant plus d'une heure. Nous nous rappelâmes alors qu'une de nos voisines de Laurenan, Mme Rault, nous avait dit : « Si vous avez besoin d'un guide, allez-donc voir mon frère, M. Gicquel : il tient la ferme en dessous du manoir des Aulnays ! » Nous suivîmes donc son conseil et revînmes à la route juste au moment où M. Gicquel revenait de promenade en voiture. Celui-ci, qui s'apprêtait à s'occuper de ses bestiaux, eut la bonté de remettre à plus tard son pressant ouvrage afin de nous aider à découvrir le rocher. Le jeune fermier nous précéda d'un pas alerte, nous disant qu'il y avait bien des années qu'il ne l'avait pas revu. De fait il dut regarder plusieurs gros blocs épars dans le taillis avant de nous ramener vers le lieu où il pensait retrouver celui qui nous intéressait. Tout à coup un des fils Poisson poussa une exclamation : « Là, en face, il y a quelque chose d'écrit sur la pierre ! » Imaginez notre surexcitation : les enfants ne tarissaient plus de questions et de commentaires. Ils ne sentaient plus la fatigue ni l'humidité des bas de pantalons ! Nous prîmes congé de notre aimable guide et reproduisîmes l'inscription sur notre carnet de croquis. Nous quittâmes le rocher assez: tard, nous promettant bien d'y revenir, ce à quoi nous ne devions pas manquer. Nous aurions regagné Laurenan la nuit tombée si nous n'avions été dépassés par nos voisins, Mme et M. Rault qui nous proposèrent de nous ramener dans leur voiture. Madame Rault évoqua son enfance du côté des Aulnays et nous situa le rocher par rapport aux terres voisines. Localisation du rocher Les Aulnays font partie de la commune de Gomené. Le manoir est situé au nord-est du petit bourg Le rocher est au sud-ouest du manoir, dans le Bois des Aulnays. Les terres qui l'entourent sont : le Clos de la Mare, la Boujouyeux, le Champ Rotais. le Girau Le Manoir des Aulnays dépendait jadis de la Sénéchaussée de Ploërmel, de même que les autres maisons nobles de Gomené : Roquetton et le Château de Pontgamp. La Chapelle des Aulnays était dédiée en 1669 à Saint Roch et Saint Sébastien, et ultérieurement à Saint Hubert. Les édifices religieux les plus proches étaient les églises de Gomené, de Laurenan, de Merdrignac, de Saint-Vran et de Coëtlogon ; les chapelles de Saint-Guénaël, de Roquetton (Sainte-Anne) en Gomené, de Sainte-Brigitte, près de Trébrède (Tref-Brec'hed) en Merdrignac, Saint-Lambert en Saint-Vran, Tertignon (N.D. La Couronnée, Saint-Méen), Saint-Unet en Laurenan, Saint-Jacques en Plémet ; les anciens lieux de culte de Derien et de l'Abbaye en Laurenan. Le seul monument mégalithique voisin est le menhir de la Pellionnaye, en Gomenë.

II Les caractéristiques de l'inscription


 

Nettement gravées dans le granit sur une surface lisse les lettres sont disposées sur deux lignes, la première s'arrêtant à une cassure de la roche que touche l'extrémité de la boucle du h. Il est possible que cette cassure soit due au coup de burin final et qu'elle ait obligé le graveur à reporter le mot SO et le rappel : r à la ligne suivante. Si la cassure est postérieure à l'inscription il est bien difficile d'émettre des conjectures sur les termes disparus. Quoi qu'il en soit, il s'agissait de fixer dans la légalité et sur le terrain même, d'une façon durable, difficilement destructible, impossible à déplacer le rocher est énorme, les limites d'une division territoriale. C'est pourquoi le graveur sollicité ne fut pas choisi au hasard : les lettres sont si bien gravées que certaines paraissent récentes et que seules les trois dernières de la ligne supérieure sont usées par les siècles. Leur forme est régulière, sans le moindre raté, même dans les arrondis. Les deux premières sont mêmes ornées de petites encoches aux extrémités des barres. Pour la suite, l'artisan a dû se lasser de son excès de zèle : il n'y a plus d'encoches, les lettres n'ont plus une hauteur aussi rigoureusement exacte et l'on va jusqu'à oublier une lettre ! Conscient de cette omission, ou rappelé à l'ordre, l'homme a ajouté l'r à la fin du travail. Mais il oubliera définitivement la barre du A ! l'inscription des aulnays en gomené 630 II n'en reste pas moins que les différences de hauteur entre les lettres sont bien minimes ; voici leurs mesures ainsi que celles des signes : en pouces (seule la barre verticale du h a 4 p. 3/8) : 2, 2, 2, 2 1/4, 2 1/4, 2, 2, 1 3/4 ; 2 1/2, 2 1/4, 2 1/4, 2 1/2. Il est à remarquer que le haut et le bas des lettres sont sur quatre lignes presque rigoureusement parallèles (nonobstant les légères différences constatées ci-dessus), et que la partie médiane des lettres E et P est placée juste en leur milieu. La largeur est plus variable, allant d'1 1/4 à 2 1/4 pouces : 1) pour la partie supérieure : 1 3/16, 1 1/2, 1 1/4, 1 1/4, —, . , 1 7/8, 2 ; 1 1/8, —, . , 1 1/4; 2) pour la partie inférieure : 1 3/8, 1 1/2, 1 1/8, —, 2, ., —, 2 ; 1 1/2, -,.,—; 3) pour la partie médiane : E : 1 1/8 ; O : 2 1/4. L'épaisseur des traits est d'à peu près 3/8 de pouce. L'espace entre les lettres est régulier, ni trop large, ni trop étroit. Il est un peu plus grand entre les 3e et les 4e lettres. La différence est à peine sensible pour le suivant, un peu plus marquée entre le A et le T, ce qui a permis au graveur d'intercaler les : de rappel d'omission. Si les mesures ne correspondent pas avec une rigueur absolue pour l'ensemble de l'inscription, cette rigueur paraît tellement approchée pour chacun des termes qu'elle semble prouver que le graveur s'y est repris à 2 ou 3 fois pour mener à bien son œuvre : CEd : 2 pouces de hauteur ; 1 3/16 à 1 1/2 p. de large ; PA:th : 2, 2 pouces 1/4 de hauteur ; 1 pouce 1/4 à 2 pouces de large ; SO : r : 2 1/4, 2 1/2 p. de hauteur ; 1 1/4 à 2 pouces 1/4 de large. Comme le A n'est pas barré on peut se demander si la pause de l'artisan ne se place pas à cet endroit précis. Il n'aurait pas achevé sa lettre et, à la reprise du travail, l'au- l'inscription des aulnays en gomknk 031 rait étourdiment laissée telle quelle. Comme le jambage de de gauche est vertical et celui de droite arrondi avec une boucle terminale tournée vers l'extérieur, notre homme a pu le prendre pour un r oncial, ce qui expliquerait peut- être l'omission du r, très précisément après le A inachevé. On objectera que le r, rappelé à la ligne suivante, a une forme bien différente et que le graveur, de ce fait, ne pouvait guère s'imaginer l'avoir déjà buriné, puisque cette facture ne correspondait pas à la sienne. D'abord, nous pouvons répondre que l'homme reproduisait peut-être ce qu'on lui commandait, sans savoir ni lire ni écrire, n'ayant donc pas de graphie particulière. Et puis, l'utilisation de deux signes différents ne serait pas un cas unique. Citons pour exemple l'inscription de la pierre de Tristan, en Cormvall (vers 550). La graphie des deux R est différente : ils sont tournés, le premier à gauche, le second à droite avec le jambage vertical beaucoup plus allongé. Ce n'est pas par hasard que nous évoquons la pierre de Tristan : elle date de la même époque que celle des Aulnays. En effet, selon le Docteur Nash- Williams, dans « The Early Christian Monuments of Wales » (Caerdydd, 1950), si les inscriptions du ve siècle sont en majuscules Romaines, celles du vie se caractérisent par l'emploi simultané dans les mêmes mots de majuscules Romaines et de semionciales. C'est bien ce que nous trouvons sur notre rocher : des capitales latines : C, E, P, A, S, O ; et des onciales encore mal dégagées : d (?), t, h et r. Caractères latins : le premier groupe de lettres ne pose aucun problème si ce n'est celui du A non barré. Signalons par contre une petite barre quasi-horizontale au centre du O, qui le fait ressembler à un 0 grec. Toutefois la barre ne rejoint pas les côtés de la lettre : ce n'est sans doute qu'un 632 l'inscription des aulnays en gomené défaut dans la pierre, ou un coup de burin maladroit. A moins que l'oubli de la barre du A n'ait provoqué une remarque et que le graveur, illettré, n'ait voulu réparer cette omission mais se soit trompé de signe. Caractères onciaux : Le deuxième groupe présente au contraire certaines difficultés. A première vue la 3e lettre pourrait passer pour un S latin, opinion qui n'est pas à rejeter définitivement. Cependant, elle ne ressemble pas au S de la ligne suivante. La boucle inférieure rejoint presque le centre de la lettre et peut former un d oncial. La lecture d semble préférable. Le t pourrait être confondu avec un C, mais, là encore, il n'y a pas similitude avec le C très net du début. Quand au r, la boucle supérieure, au lieu de retomber vers le bas, ou de s'allonger sur un plan horizontal, comme pour la plupart des r onciaux, remonte vers le haut. La partie inférieure s'incurve légèrement à gauche comme celle des 2 premières lettres de l'inscription onciale de la Cloche de Saint-Mériadec, à Stival. Les deux signes : sont faits chacun de deux trous profonds bien placés l'un au-dessus de l'autre. Là aussi, là façon dont a été évidé chacun de ces creux, sans bavure, comme avec une mèche moderne, prouve que ce n'est ni le travail d'un apprenti, ni celui d'un amateur. Compte tenu de tout ce qui précède on peut donc lire l'inscription CEDPARTH SO ou moins probablement CESPARTH SO. L'Auteur de l'inscription On se doute que la demande d'un tel travail au VIe siècle, dans cette région centrale de la Bretagne ne pouvait venir que des autorités locales, très probablement des autorités religieuses. Mais qui savait alors tailler la pierre avec adresse et sans doute au moyen d'outils appropriés sinon des spécialistes ? Certes, ils ne devaient pas être très nombreux au cœur de la forêt de « Coet Alan » qui couvrait l'inscription des aulnays en gomené 633 en grande partie ce coin du Porhoët. Il y a de fortes chances pour qu'un seul homme pût satisfaire à toutes les demandes de la région. S'il vivait de son métier, ne serait-ce pas le même artiste, incontestablement doué d'un certain talent, qui tailla les croix brittoniques du voisinage, celle de Coë(t) lan, en Gomené, qui est manifestement un menhir christianisé de fruste façon ; celle de Kévran, en Laurenan, un peu plus élaborée, qui, abattue en 1793, fut restaurée en 1914 ; celle du bourg de Laurenan aux bras larges et évasés qui présente des cercles concentriques en son milieu, et des rainures le long du fût ; et peut-être d'autres encore ? Des trois croix primitives citées, la dernière présente le travail d'un homme connaissant bien son métier, qui pouvait donc en vivre, tout comme le pouvait certainement le graveur des Aulnays. Est-ce vraiment témérité que d'établir un rapprochement ? Cet homme était-il laïc ou religieux ? Sédentaire ou itinérant ? Il est impossible de répondre. Toutefois le cas d'un moine ou d'un frère sculpteur est à envisager sérieusement. En effet, il semble que les missionnaires de l'époque, au lieu de voyager par deux comme de nos jours, voyageaient par groupes de 7. Car toutes les légendes parlent de 7 frères en maints coins de Bretagne : Tro-Breiz, St-Gilles-VieuxMarché, N.-D. du Haut, St-Lambert, Pont-Ruelland, Laurenan, St-Guenael en Gomené, etc.. Cela n'a rien d'étonnant : les évangélisateurs faisaient œuvre de pionniers et devaient faire appel à divers talents, entre autres à celui d'un tailleur de pierre, ne fût-ce que pour dresser des croix, transformer les menhirs ou tout simplement façonner des tables d'autel. Notre inscription est peut-être l'œuvre d'un de ces moines, soit qu'il fût spécialiste, soit que ce fût un de ses talents ou son violon d'Ingres. On ne peut s'empêcher de penser à Idunet, Ronan, Derien, Jacut, Gwenael, Gobrien et un certain Marc qui ont laissé d'innombrables traces dans la région. Si cet homme était absorbé par ses méditations de moine on comprend ses deux étourderies : l'oubli du r et celui de la barre du A. On comprend aussi qu'interrompu par les (j'Ai L'INSCRIPTION DES AULNAYS EN GOMENÉ obligations de la Règle il ait laissé une ou deux fois son travail inachevé d'où son erreur et ses petites négligences constatées à propos des encoches utilisées seulement pour les premières lettres et de sa tendance à augmenter les proportions des 3 groupes de lettres au fur et à mesure que le travail s'avançait. Bien sûr, il se peut que son zèle se soit attiédi au cours de ce petit travail de patience, mais n'était-il pas plutôt préoccupé par d'autres pensées, d'autres soucis, d'autres travaux plus utiles et plus pressants, surtout s'il appartenait à une active petite communauté de moines défricheurs ? Mais y avait-il une telle communauté à proximité des Aulnays ?

III. La donattion de Gradlon à Idunet


 

Le Sud de la Commune de Laurenan porte le nom de « FRARIE ». Près du village du Val où se trouvent la Fontaine et l'Auge de Saint Ronan, se dresse la petite colline de l'Abbaye où feu M. Chapron nous a déclaré avoir découvert en défrichant un landier de nombreuses traces de demeures minuscules en pierres sèches, de toute évidence des cellules d'anachorètes. Cette Abbaye fut installée à proximité d'un carrefour que nous n'avons encore pu découvrir, celui de l'Estrat, voie de Corseul à Vannes, et de la voie Rennes Carhaix. A Laurenan même se trouvent deux autres fontaines de Saint-Ronan, la chapelle et la fontaine de Saint Unet (Idunet), l'emplacement de l'oratoire et la fontaine de Saint-Derien au village de Derien, la croix de Saint-Marc. Les 7 frères de la légende sont à Laurenan : Gwenael, Marc, Idunet, Jacques (= Jacut ?), Gall, Lambert et peut-être Derien. A St-Guénael en Gomené : Gwenael, Marc, Gobrien, Marguerite, Eutrope, Gurval (en fait d'un culte plus tardif) et Radegonde qui a remplacé Sainte Reine que l'on prononçait dans le pays Saint Drén (selon l'abbé Le Borgne décédé en 1901) et qui était bien sûr le même que Derien. l'inscription des aulnays en gomené 635 Lambert, Marguerite, Eutrope et Gurval ont dû remplacer d'autres saints primitifs dont peut-être Ronan. La chapelle de Saint-Gurval est sise au village de Saint-Guénaël en Gomené ; on prononce dans le pays ['genwe ; 'd3en\ve], M. l'Abbé Le Breton, Recteur de Laurenan, pensait que le patron du village devait être Gwenolé plutôt que son successeur Gwenael. A Gomené toujours, la fontaine dédiée à Sainte Anne de Roquetton l'était autrefois à Saint Ronan. Derien, Idunet, Ronan, Gwenole, Jacut, Gwenael, tous des moines de la fin du ve siècle et du début du vi% de l'époque du fameux roi Grallon qualifié peut-être à la légère par certains de légendaire. Car enfin le Cartulaire de Landevennec le mentionne et il se pourrait bien que notre inscription confirme les actes où il est question de Grallon. L'Abbé Raoul Le Borgne écrivait ce qui suit au siècle dernier : « II est incontestable que Gradlon avait donné à Saint Idunet diverses terres que les chartes de Landevennec désignent comme suit : tribum Dinan (près Crozon ?), tribum Gunhin, Caerchoc, Lanluncat, dimidiam partem Gumenech. » Plus tard Saint Guénolé, abbé et fondateur de Landevennec étant venu visiter Saint Idunet, dans sa solitude, le saint accourut au devant de lui et lui céda toutes les munificences du roi Grallon, pour mériter d'obtenir l'éternel repos, dit l'acte de donation : « hrcc omnia in dicumbilione aîterna sancto Uningualoeo tradidit coram multis testibus. » Voilà donc Saint Guénolé, c'est-à- dire les moines de Landevennec, propriétaire de ce que nous avons appelé : dimidiam partem Gumene ou Gumenech... ...Il y a à Gomené un territoire, un village qui porte le nom de Saint Guenaël, 2nd abbé de Landevennec... tout près de cette même terre nous trouvons un sanctuaire dédié à Saint Idunet, dont des barbares ont fait Saint Thunet (sic), et, auprès (sic) une paroisse entière consacrée à Saint Ronan, l'ami de Saint Idunet et de Saint Guenaël... » Ailleurs l'Abbé Le Borgne voit dans le nom de Gomené * god menez, le pli du Mené. En fait le nom vient du vx. br.: (juomone = juridiction dépendant d'une autorité. La pro- 036 l'inscription des aulnays en gomené prononciation locale est très proche de la forme ancienne : Gomené aurait eu comme premier édifice religieux, selon la tradition locale, la chapelle de Saint-Guénael dédiée à Saint Gurval, sise sur le fief des Aulnays, propriété tutélaire des Le Voyer, originaire de Guer (en breton : Gwern = Aulnaie), où mourut Saint Gurval (VIIe siècle). Les Le Voyer ont pu apporter le culte de Gurval à St Guénael, et le nom francisé de leur ancienne paroisse au manoir. Mais s'agit-il bien de notre Gomené du Porhoët ? Il existe Gomenec'h dans le Trégor, Gomine, près de Saint-Ganton dans le Redonais, et Gouesnac'h autrefois Goumenec'h en Cornouaille. Tous ces noms de lieux sont à rattacher à une forme gumenech du XIe siècle, Cartulaire de Landévennec, éd. Le Men et Ernault, p. 553, acte II, pour beaucoup d'entre eux nous avons des formes intermédiaires. Par exemple pour Gouesnac'h du Finistère où le -s- a été introduit tardivement par une graphie fautive, nous avons Goumenech (1368), Cartulaire de Quimper, éd. Peron, p. 10, Govenech, xne ou xme siècle, p. 42, Gouvenech (1574), bus de la col. 2 p. 9, Gomuenech (1368), Longnon, Pouillé de Tours, p. 304 H, Guounech vers 1330 ibid, p. 300 d. Pour Gommene, Côtes-du-Nord, Canton de Lanvollon nous avons dans Longnon, Pouillé de Tours, Gomenech vers 1330, et Gommenech fin XIVe Pour Gommene, Canton de Merdrignac, Longnon nous donne Gomené en 1330 et au xve siècle, Pouillé de Tours p. 361 c et 370 c. La prononciation actuelle est fgumeno] Pour Gomine près de Saint-Ganton dans le Redonais, nous n'avons pas de forme ancienne. Il semble bien que nous avons ici affaire à un nom commun et le rapport paraît évident comme on l'a dit plus haut avec une glose vieille-bretonne plus ancienne que les formes citées ci-dessus, ce qui explique certaines différences. Il s'agit de guomone « territoire » (ecclésiastique). Voir Fleuriot, Dict. des gloses en V. Breton, s.v. guomone. Deux problèmes subsistent, pourquoi avons-nous des l'inscription des aulnays en gomené 637 formes avec -m- maintenu et des formes m lénifié devenu -v- ou -w- et des formes à y final à côté des formes sans y ? La première difficulté semble explicable par des graphies conservatrices stéréotypées avec -m- ; ces graphies officielles auraient ensuite influencé la forme orale du toponyme. D'où provient le - •/ final de beaucoup de formes ? Y a-t-il eu influence de -menec'h « moines » par étymologie populaires ? Y avait-il deux variantes du type banne-bannec'h, bannac'h ou n'a-t-on pas écrit le 7 final dans certains cas ? (cf. degurme pour degurme[ch] dans les gloses vieilles bretonnes). Aucune de ces difficultés n'est insurmontable et l'identité de guomone, gumenech, (jom(m)ene, paraît bien acquise. Plus difficile est le choix entre le gumenech devenu Gouesnac'h et notre Gommené. L'acte II du Cartulaire de Landevennec nous dit que Saint Gwénolé alla voir son frère Ediunet qui demeurait sur la montage Nin sur les rives du fleuve Hamn. Il est exact qu'Idunet est honoré à Chàteaulin où il vécut dans un prieuré où l'on voit encore sa grotte. Cependant il se trouve qu'à Laurenan la Chapelle de St Unet est bâtie à proximité de la rivière Ninian dont le nom contient apparemment le même élément nin « élevé » (Dict. gl. V. breton s. v. nin). Le Ninian prend sa source à la Butte nommée depuis le xvme s. « Butte » ou « Hutte à Languille ». Malheureusement nous n'avons comme formes anciennes que des notes de cahiers de paroisses sans références et sans date, Flumen Yanano ? rivière de Niniec, Niniem, Ninien, Ninian.

IV. — Signification de l'inscription


 

Un premier examen rapide nous fit immédiatement penser que l'inscription marquait une limite, le premier terme ced- évoquant le breton moyen quet-, et le préfixe corres- 638 l'inscription des aulnays en gomené pondant français : co-. Dans parth nous vîmes le vx. br. parth, division territoriale, et dans so le verbe « être ». Nous pensâmes à deux traductions possibles : il y a codivision ou co-propriété. Mais nous préférâmes soumettre ce petit problème à M. Fleuriot qui voulut bien nous aider de ses conseils. Le mot -PARTH est en effet très bien connu et très bien attesté en vieux-breton, soit seul, soit avec différents préfixes ; parth pluriel parthou signifie « partie, région ». Il n'est pas certain que le mot soit un emprunt au latin (Fleuriot, Dict. des Gl. en v. breton, p. 281). Le même mot se trouve en gallois dès les textes les plus anciens, vieux gallois pard, parth « pars, regio » (Loth, Vocabulaire vieuxbreton, p. 201), gallois moyen parth qui peut avoir en outre le sens de « troupe, armée » (Ifor Willams, Canu Aneirin, p. 259, note au v. 748). Le gallois moderne parth a encore les sens de « part, district ». Dès le vieux-breton le mot apparaît surtout en composition dans gu-parth, im-gu-part-on, gu-part-olaid, dehou parth (Voir Dictionnaire des gloses en vieux-breton sous ces mots). Depuis le moyen breton il se trouve à peu près uniquement dans des expressions figées ou des composés, ex. parz dre parz « de part en part », Ernault, Glossaire moyen breton, p. 463-4, a barz « dedans », Mirouer, v. 3080, 3235, 3237, etc.. e barz même sens, etc.. De ce côté donc il n'existe aucune difficulté de forme ou de sens. Par contre, le premier élément est à la fois plus difficile et plus intéressant. Si nous retenons la lecture CED, la plus probable, deux explications sont à retenir, la seconde beaucoup plus vraisemblable que la première. a) Pendant longtemps nous avons cru que CED était une forme ancienne du préfixe qui se trouve en moyenbreton sous la forme quet- avec une graphie moins correcte puisque la lénition du -t- n'est pas notée. Dans ce cas il faudrait maintenant compléter ce qui est dit dans « le Vieux-breton. Eléments d'une grammaire » au haut de la l'ixschiptiox des aulxays ex gomexé 039 p. 373 : « *cet- « avec » n'est pas attesté en vieux-breton, mais l'est en breton moyen, par exemple dans quet-par « compagnon » Mirouer, v. 310, quet-aerez « coheres, cohoir.s (co-héritiers), quet-amnesec « ensemble voisin » (sic), quet-breuzr « confrère »... Ernault, Dict. Etym. du Breton moyen p. 36-1, Mém. Soc. Linguist., t. 10, p. 341, R. Celt., t. 20, p. 246, note I, Mirouer de la Mort, note au v. 590. » Ce quel- est identique à l'origine au gallois cyd-, Geiriadur Prifysgol Cymru, p. 658, qui marque l'accompagnement, la simultanéité ; cf. i gyd << entièrement, complètement, tous ». C'est ce même élément que nous rencontrons dans le cornique ketep-onon « tout un chacun », vannetais kotibunan, breton KLT gwitib-unan (avec modification de l'initiale), voir Lewis-Pedersen, Concise Comparative Cetic Grammar, p. 233-234. On le trouve aussi dans quel gueffret, Grand Mystère de Jésus, p. 206, qui se retrouve dans le comique ke-kefrys, R. Celt., t. 7, p. 160. Parmi les dérivés les plus connus, citons le gallois cijdio « joindre, connecter, saisir, accoupler », etc.. qui a pour correspondant le breton moderne kejan, kejein « mêler, confondre, brouiller, se rencontrer avec », etc.. d'un vieuxbreton *kedjav, *kedjiv, avec un e issu de i bref. Mais une difficulté majeure se présente. Le correspondant vieux-breton du moyen-breton quet- du gallois cyd- était certainement écrit * ci f- dans la plupart des cas, l'évolution de i bref en e n'ayant pas été achevée avant la fin de la période du vieux-breton. M. K. Jackson, « Historical Phonology of Breton, p. 91-93 et 847, place l'achèvement de cette évolution un peu plus tard que M. Fleuriot, Le VieuxBreton, Elément Grammaire, p. 49-50. Dans cette inscription très ancienne on aurait donc probablement cil- pour une prononciation [kid] la lénition du -t- étant rarement notée. b) C'est pourquoi on se trouve amené à une explication de beaucoup préférable par un mot CED déjà attesté en 640 l'inscription des aulnays en gomené vieux-breton et gallois. On le trouve à la p. 99 du Dict. des gl. en vieux-breton comme impératif d'un verbe dérivé signifiant « donner, livrer », gallois cedaf, ce du. On trouve -ced, -cet avec lénition du t non notée dans les noms propres v. bretons Hocet (gallois hyged « généreux », *Su-keto) Kedgost, Dict. gl. v. bret., p. 99, et sous une forme très archaïsante avec conservation de la voyelle de liaison -o- dans le nom propre latinisé Ceto-marin(o) R. Celt., t. 5, p. 453. Les sens de CED vieux-breton et gallois sont très clairs. Ils sont rendus par les mots anglais « gift, boon, favour, tribute, tax, payment », Geiriadur Prifysgol Cymru, p. 445. Le composé cedparth prononcé [kedbaro] signifierait clairement « partie donnée, concédée ». Pour la formation, cf. le gallois ced-fawr « grand don », budd-ged « bénéfice, avantage, don, libéralité »,rhodd-ged « don ». La présence d'un tel mot qualifiant une donation n'a rien de surprenant. Il suffit d'ouvrir les Cartulaires, ceux de Redon, Landévennec, Quimperlé, etc.. pour constater que dans la plupart des actes, il est question de propriétés terriennes concédées aux abbayes. L'inscription que nous avons ici marque probablement la limite d'une telle concession. Les limites de ce genre sont d'ailleurs explicitement désignées dans beaucoup d'actes et il n'y a rien d'étonnant à trouver une inscription sur l'une d'entre elles. Il en a existé, et il en existe sans doute encore d'autres. Mais étant donné le nombre de pareilles donations, il n'est pas absolument prouvé qu'il s'agisse de la donation mentionnée dans le Cartulaire de Landévennec. Il peut s'agir d'une autre donation aux disciples de saint Idunet. c) Quant à so, il n'est guère possible qu'il s'agisse de so « est », devenu zo, car le vieux-breton avait les formes isi, isio. Le i- initial n'était pas encore tombé sous l'effeT de l'accentuation finale qui existait partout en vieux-breton. (Le Vieux-breton, Eléments d'une Grammaire, p. 171). Il s'agit ici plutôt d'un démonstratif correspondant au vieil-irlandais so, cf. Thurnevsen, Grammar of Old Irish, l'inscription des aulnays en gomené 641 p. 300, in lebor-so « ce livre-ci », in salm-so-sis « le psaume ci-dessous ». La conservation du s- en breton dans ce démonstratif n'est pas étonante ; elle s'observe dans le démonstratif -se, -ze qui est de la même famille. Le correspondant so, sa, en vieil irlandais exprime le lieu présent ou le temps présent. Thurneysen, Grammaire..., p. 301, 302, 304. On pourrait traduire cedparth so par « partie-donnée ceci ». En plus de l'intérêt philologique que présentent ces quelques mots de vieux breton, on voit leur portée historique. Ils confirment peut-être l'acte de donation du Cartulaire de Landévennec (dimidiam partem Gumenech). L'inscription est en tous cas de la même époque. Elle est probablement la plus ancienne phrase de breton gravée dans la pierre). Notes laissées par M. G. Latimier.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 07:18

 

 

L'origine de la famille de Mauny est fort ancienne. Une charte de l'abbaye de Léhon, en date de 1197, attribue les fonctions de Sénéchal de Dinan à Jarnigon de Mauny qui l'est aussi en 1210, de Bécherel. Gautier, son fils, occupe ensuite cette charge. Rodolphe, son descendant, ne laisse aucune trace dans l'histoire.Tous ces seigneurs sont parents ou alliés et ont pris femme dans la maison de Dinan, la plus puissante du pays, descendante des anciens ducs bretons. L'armée victorieuse à Hastings comprend un tiers de Bretons dont l'un des chefs est le Seigneur de Dinan. Son fils est à la 1re Croisade. Alain abat Richard Coeur de Lion. En 1320, Pierre, cadet de Dinan, prend le nom de sa terre, suivant l'usage, pour s'appeler Pierre de Coetquen, l'un de ses descendants épousera Blanche du Guesclin. Les Mauny sont ainsi parents de la Duchesse de Penthièvre. des Dinan, Duguesclin, Coetquen, etc. La vie d'Hervé de Mauny, qui porte écusson d'argent au croissant de gueules, s'écoule à batailler l'Anglais. Aux rares heures d'accalmie, il revient à Lesnen ou de nombreux enfants lui naissent. En 1350, Jeanne de Malemains, mère de Bertrand Duguesclin, dicte son testament et choisit Hervé pour son exécuteur testamentaire. Les jeunes de Mauny sent élevés au manoir de Lesnen avec les petits villageois ; puis ils deviennent pages : dans les châteaux voisins, Tinténiac, Québriac, Coetquen, Broons, Dinan. Hervé eut pour mère une dame de Lesnen, toute petite Seigneurie, située à Saint-Tual, sous Bécherel, à laquelle étaient attachées de charmantes redevances. Le Samedi saint, les Vassaux de Trésoleil apportaient à Lesnen le chevreau pascal et une poignée de vinette, ou oseille sauvage, pour l'assaisonner ; le Samedi de Pentecôte, un chapeau de roses vermeilles Hervé porte le titre de Chevalier et épouse la fille de Guillaume Du Guesclin, Seigneur voisin, oncle du futur Connétable. Havoise de Mauny, soeur d'Hervé, se marie à Bertrand de Saint-Pern, autre Seigneur voisin : celui-ci tiendra Bertrand Du Guesclin sur les fonts baptismaux en lui donnant son prénom.


 

Olivier de Mauny

L'homme de guerre 


 

Les six fils du Seigneur de Lesnen, Olivier, Hervé, Alain, Yvon, Eustache, Henry embrassent la carrière des armes, et suivent leur cousin Bertrand en toutes les guerres de Bretagne, France et Espagne. De simple écuyer comme lui, d'abord ; Olivier et Hervé de Mauny s'élèveront par leur vaillance au grade de Banneret, sommet de la chevalerie. L'écuyer ou homme d'armes est assisté de soldats et valets, ses vassaux ; le chevalier commande vingt cinq écuyers ; le Banneret mène sous ses ordres, à la bataille, plusieurs chevaliers,l'un porte l'étendard carré, ou bannière ; d'où il a tiré son nom. Il passe fréquemment la revue oumontre de sa troupe. Le duc le solde vingt sous par jour, le chevalier bachelier et l'écuyer perçoivent seulement dix sous. Puis Olivier se placera au premier rang des capitaines de son temps, aussitôt après le connétable ; leur amitié rappellera la touchante liaison des deux paladins de Charlemagne ; Roland, préfet de la marche de Bretagne, et Olivier. Du Guesclin combat toujours avec les gens de son hostel et compagnie, ses gas. tous bretons ; des environs de Dinan pour la plupart ; dont beaucoup tiennent à lui par des liens de parenté ou d'alliance Pendant la guerre de Cent ans, d'ailleurs, l'armée française sera en majorité composée de Bretons : bien qu'ils formassent un peuple indépendant de la France. En 1357, Olivier défend, avec Bertrand, Rennes ; assiégé par le Duc de Lancastre. Il y est le héros d'une joute. Apercevant au sommet d'une tour, le chevalier anglais Bolton, revenant de la chasse avec six perdrix, il lui demande ironiquement s'il va vendre son gibier ou l'offrir aux dames. L'anglais de jargonner : (Si vous l'osiez marchander de plus près et vous battre avec moi, vous avez trouvé marchand). Piqué, Olivier sort aussitôt, traverse le fossé plein d'eau, terrasse Bolton, le blesse grièvement et rentre en ville avec son prisonnier et les perdrix. Les dames le reçurent joyeusement et l'honorèrent grandement, Mauny, blessé lui-même, sollicita du Duc un sauf-conduit pour chercher des simples à la campagne. Lancastre, railla fort Bolton, s'égaya des perdrix ; fit soigner Mauny par son propre chirurgien et le renvoya guéri. Savourons ces passages imagés de la vieille chronique rimée qui rendent si bien les héroïques combats du temps


 

Olivier de Mauny, hardi combattant,

Et Hervé, le sien frère, vint à lui accourant

Et Alain de Mauny avec li maint Sergent.


 

Bertrand en appela Olivier de Mauny

Si en cousin germain, chevalier hardi

Et ses frères aussi.


 

Olivier de Mauny a Bertrand appelé

« Sire cousin, dit-il, j'en ai grande volonté ».

C'est l'époque où les généraux montent à l'assaut

à la tête de leurs troupes. Les cousins sont les

premiers.


 

Bertrand monte en l'échelle une targe sur li

En l'autre échelle fut Olivier de Mauny

Et d'autre part, Alain et son frère Henry

Englais jettent sur eux vive chaux en mi.


 


 

A Auray

Là fut Beaumanoir chevalier puissant

Olivier de Mauny qui fut bon combattant

Et Yvon de Mauny qui lui fut attenant

Et Charles de Dinan où bons chevaliers a

Contre Robert Knolles sa bataille guida.

Olivier de Mauny une hache porta.

A loi de chevalier moult bien se gouverna

Il s'écrie : « MAUNY ! » Par la bataille Va.


 

A Pontvallains


 

Et en mangeant leur pain, li anciens bonnement

L'ont signé et béni à Jor commencement

Et l'ont pris et usé pour leur communiement.

L'un l'autre a confessé bien et dévotement

Dit mainte oraison en priant Dieu souvent

Qui les veuille garder de mal et de tourment

Puis montent à chevaux...


 

En Espagne


 

Olivier de Mauny s'y prouve vaillamment

Au maître de St-Jacques s'assembla simplement

Olivier de Mauny le frappa tellement,

D'une épée.à mains qui tranchait roidement ;

Sur le col du cheval l'épée li descend,

Tellement l'asséna que la tête lui fend.

Le cheval est chu et le maître s'étend

Là endroit fut occis à deuil et tourment

Olivier de Mauny lui cria hautement

« A St-Jacques allez : offrez lui ce présent ».

Le 7 avril 1364, Bertrand du Guesclin divise ses Bretons en deux corps d'armée : dans la nuit le premier, commandé par Olivier de Mauny. s'empare de la ville de Mantes, le second, commandé par Jacques de la Houssaye, du fort de Vetheil. Le 13 Mai, c'est la grande victoire de Cocherel ; la bannière de du Guesclin, portée par le Sire de Matignon, plusieurs fois renversée, y fut relevée par Olivier. Hervé de Mauny, Saint Pern, Tournemine, Coetquen, Québriac, s'y couvrent de gloire. Puis Olivier s'empare de Cherbourg, Carentan, etc.. A la bataille d'Auray, il charpentait terriblement avec sa hache, enthousiasmant ses compagnons par son terrible cri de guerre « Mauny, Mauny » ; effrayant tellement te Comte de Montfort qu'il cru la bataille perdue. Il est fait prisonnier avec Du Guesclin et Beaumanoir. Lors de leur délivrance, ils prennent la croix, projetant d'emmener les grandes compagnies à une nouvelle croisade contre les Turcs. Charles V les dissuade de ce grandiose projet et les dirige sur l'Espagne. Ils y pénètrent la croix blanche sur l'épaule et se battent au cri de « Par Dieu et par Saint-Yves ». En 1366, le Connétable revient en France solliciter des renforts du Roi. Avant son départ, il remet, à Burgos, le commandement de l'armée française à Olivier de Mauny. Celui-ci a sous ses ordres ses frères Alain, Eustache et les frères de Bertrand, Olivier et Guillaume. De Bordeaux, le Prince Noir se porte vers l'Espagne avec trente-cinq mille hommes ; Olivier court à sa rencontre avec 8.000 soldats pour l'empêcher de passer les Pyrénées, mais trahi par Charles le Mauvais il arrive trop tard et l'Anglais affranchi les défilés, Olivier se retourne alors contre le félon, le défait en bataille rangée à Pampelune, s'empare de sa personne, et de plusieurs citadelles navarraises. Après la bataille de Navarette, à laquelle il n'assista pas, Olivier, resté dans le comté de Borgia, y reçut Dom Henry, Roi de Castille, fugitif, et lui facilita le passage en France. Jugeant qu'il ne pourrait garder son prisonnier le Roi de Navarre, il convint de lui accorder la liberté, moyennant trois mille livres de rente, une rançon en argent, et une terre en Normandie. Charles fut donc délivré. Mais étant allé ensuite à Tudelle pour ratifier le traité, Olivier y fut déloyalement arrêté par le Roi ; son frère Eustache tué : et il n'obtint qu'à grand peine la vie sauve. Adieu terre et rançon ! Mais Dom Henry le dédommagea en lui donnant le titre de Comte d'Agrida en Castille avec le domaine de ce nom. C'était l'époque des Châteaux en Espagne. Les hostilités reprirent bientôt de plus belle. Au siège de Tolède, Olivier Du Guesclin commande l'avant-garde, Bertrand le corps de bataille, Olivier de Mauny l'arrière-garde. A la grande victoire de Montiel sur les Maures, mêmes commandements, cependant Hervé de Mauny est à la tête de l'avant-garde. Au siège de Soria, Bertrand de Mauny, fils d'Olivier et filleul de Du Guesclin, monté le premier sur le rempart, y plante l'enseigne de son parrain en criant : « Notre Dame Guesclin ! ». Les Bretons s'emparèrent dans cette campagne d'immenses butins et se distribuèrent les pierreries, joyaux, or, argent, cadeaux du Roi d'Espagne. Puis c'est le retour en France et la reprise de la chasse à l'Anglais, la délivrance de la Normandie, de l'Aunis, du Poitou. A Pontvallain, les chevaliers Bretons montent sur leurs chevaux, se disent adieu l'un à l'autre, frappant leurs poitrines dans le souvenir de leurs dérèglements passés,et recommandant le soin de leurs âmes à leur Créateur qu'ils espéraient voir bénir leurs armes. Ces hommes sont des colosses, témoins les prouesses d'Olivier décapitant d'un coup de hache têtes d'hommes et de chevaux. Bertrand ne va jamais à la bataille sans avoir mangé, trois soupes au vin. La soupe au vin est encore usitée à Rennes. Olivier ne déteste pas les goguenardises. Après avoir tranché, en bataille, la tête du grand maître de l'Ordre de Saint Jacques de Compostelle, il le raille : «,Va porter ta tête à Saint Jacques comme présent ». En 1371 Olivier et son frère Hervé, seigneur de Torigny, en Normandie, sont bannerets. Le Connétable donne à Alain sa terre d'Anneville, près Coutances. Les trois mille lances qui en 1372 font la campagne du Poitou ont pour chefs Mauny, Beaumanoir, Tournemine, Québriac, Coetquen. En 1373, Mauny se sépare cependant du Connétable pour soutenir le parti de Jean, duc de Bretagne, et il s'enferme dans la forteresse de Montmuran qu'il commande au nom de ce dernier. Du Guesclin l'y assiège, mais au moment de donner l'assaut, Olivier se rend à son frère d'armes. Il commande Dinan et y garde sa cousine la comtesse de Penthièvre, veuve de Charles de Blois qui, sollicitée de se rendre auprès du Roi de France, avait résolu d'entreprendre ce voyage. Puis c'est le mariage de Bertrand et de Jeanne de Laval, dame de Tinténiac et Montmuran. Et les immortelles chevauchées continuent. En 1379, Charles V résolut d'annexer la Bretagne. Duguesclin paraît dans le duché à la tête d'une Compagnie de cent lances et de quatre mille archers. Mais les Bretons ont formé une ligue sous les ordres du Sire de Beaumanoir, fils du combattant des Trente, et les compagnons de Du Guesclin, ses vieux gas l'abandonnent. Il s'enferme dans Saint-Malo, et se retire ensuite à Pontorson où il retourne au Roi son épée de Connétable. Le peuple manifeste une telle douleur que Charles la lui renvoie. Il part alors en Guyenne et ce fut sa dernière campagne. Les Bretons, se méfiant du Roi, refusèrent de l'y suivre. Cinquante-deux chevaliers et écuyers bretons lui restèrent seuls fidèles : et parmi eux les de Maunyet Québriac. A Châteauneuf de Randon l'armée française est partagée : en trois corps : Olivier de Mauny commande la gauche, Olivier de Clisson le centre. Le 14 août 1380, Bertrand Dugue'sclin dicte son testament en présence d'Hervé de Mauny et de Jean le Bouteiller de Maupertuis, ses deux témoins. Il reconnaît devoir à Hervé mille livres en or et le désigne pour son exécuteur testamentaire avec son aimée compagne et Messire Olivier de Mauny. La mort de Bertrand plonge l'armée dans une indicible douleur. Sous le commandement d'Olivier de Mauny, les chevaliers bretons mènent le convoi funèbre de leur chef, traversent une partie de la France, déposent ses entrailles dans l'église de Notre-Dame du Puy et arrivent au Mans. Là, les envoyés de Charles V ordonnèrent de le transporter à la basilique de St-Denis où il fut enterré. Olivier porte enfin le coeur de son illustre Cousin en l'Eglise des Jacobins de Dinan. La glorieuse épopée est terminée. Charles VI nomme Olivier son Chambellan, capitaine de DoI et de 50 hommes d'armes en 1381. Puis les hostilités l'engagent avec les Flamands, Le nouveau Connétable de France, Olivier de Clisson à sous ses ordres, Olivier Duguesclin, Olivier de Mauny, Rohan, Malestroit, Combourg, Tinténiac, Beaumanoir. Il défait Philippe d'Actevied à Rosebecque en 1382. Hervé de Mauny est à Courtrai. Jean de Tournemine à Thérouanne. Dès que le chievalier qui portait la bannière la déploya, la brume épaisse se découvrit et le ciel se fit aussi pur et aussi clair qu'on ne l'avait vu de l'année, dont les seigneurs furent moult réjouis : « Miracle ! » crièrent-ils, et les bannières ; les bassinets, les armures, les fers de lances, les pennons et les armoiries d'étinceler -27 Novembre Bretons et Français de tuer les Flamands en fossés, bruyères, par 10, 20, 30... » Ce fut ensuite le pillage de cette riche contrée, remplie d'hôtels, pleins de draps d'or et d'argent. Les pauvres Bretons, éblouis, chargeaient sur des chars, draps, nappes, toiles, coutil, or et argent, vaisselle et plats, et l'envoyaient chez eux par leurs varlets. Le 7 mai 1389, Charles VI fait célébrer en la Basilique de St-Denis un service funèbre en l'honneur de Duguesclin. Olivier de Mauny et Beaumanoir y portèrent les escus.

 

Le seigneur


 

La vie publique du héros breton est terminée, le fameux capitaine se retire à Lesnen et y dicte ses dernières volontés. Ce précieux document, mieux que toutes les histoires officielles, fruit trop souvent de l'imagination ou de l'esprit de parti, nous révèle l'existence d'un seigneur féodal et de son entourage. La paroisse de St-Tbual n'est séparée de celle de Québriac que par Tinténiac. Les Seigneurs de Québriac se croisèrent ; Morvan, l'un d'eux, fut le premier Maréchal de Bretagne. Olivier de Mauny avait contracté mariage avec Marguerite de Québriac qui lui apporta en dot la Seigneurie de Miniac-Morvan, des terres de Pleudihen, Châteauneuf, Saint-Père, Plouasne. Plusieurs enfants, étaient nés de cette union qui semble s'être écoulée aux châteaux de Lesnen et Miniac-Morvan. L'un de leurs fils a pour parrain Charles V, un autre Bertrand du Guesclin. Le 22 janvier 1390, à Lesnen, Olivier dicte son testament à Bertrand de Quoatranhec, tabellion de la Cour de Rennes, devant Guillaume Moison, tabellion de la cour de Dol, évêché dont dépendait St-Thual. Le testateur invoque la Sainte Trinité, met son œuvre sous sa protection et se recommande à la cour du Paradis. Assurer sa sépulture est sa première pensée. Son corps sera déposé en la chapelle de l'église de St-Thual, auprès de Monseigneur son Père et le coeur de Jehan, son fils, prédécédé, placé dans sa châsse avec lui : trait touchant d'amour paternel. Cette chapelle du XIVe siècle, aux deux élégantes arcades de granit sculpté, et fenêtres à meneaux, constituait un bijou gothique. Les tombeaux des seigneurs de Mauny étaient en marbre. Les exécuteurs testamentaires comprennent Alain et Hervé ses frères, Olivier et Charles ses fils, Etienne de Rochefort, son compagnon d'armes. Le grand capitaine songe ensuite aux déshérités et aux institutions charitables. Il lègue aux pauvres, à la condition d'être chrétiens, soixante cottes en drap, trente paires de draps, trente chemises de femme, soixante paires de souliers. Toutes les églises où il a terre, recevront cinq sols. La même libéralité est allouée à l'hôpital, aux églises Saint-Malo, Saint-Sauveur, à Dinan, à celle d'Establéhon de Jouvente-sur-Rance, à l'église Saint-Michel au péril de la mer. Les exécuteurs testamentaires reçoivent mission de veiller à l'acquit des dettes, prouvées par lettres ou encore par serment de tierces personnes : dedans dispositions signifient qu'en Bretagne la preuve par témoins n'était admise que pour les créances ne dépassant pas cinq sous. Tous les siècles se méfient du témoignage humain et cette appréciation n'est point imméritée. L'Evêque de Dol qui prêta à Olivier six cent sols, au temps de son gouvernement de cette place forte sera remboursé. Il ordonne l'exécution du testament de sa femme, passé à quelques mois de là. Doit-on en conclure que le consentement du mari était indispensable ? Détail frappant, Olivier ne s'attendrit pas en parlant de sa noble compagne et il n'emploie aucune expression d'amour voire d'affection ou de simple amitié. Ce chevalier a le coeur dur, Olivier le fils aîné, est intitulé principal héritier ; la baronnie de Marçé en Normandie, toutes les terres en Bretagne et ces domaines étaient considérables à en juger par le lot des autres enfants, lui adviendront. Tout l'or et tout l'argent, sont laissés à Olivier, aussi l'argent dû par Charles VI, si celui ci peut payer, ce dont doute le testateur qui n'a guère confiance dans les finances royales. Mgr Alain de Mauny, frère du grand capitaine, connaît au surplus, ses débiteurs. L'institution du fils aine est grevée des charges suivantes : Le Seigneur de Lesnen songe que Jehanne de Mauny, femme de Colin de Pontbriand, sa soeur, ne fut pas assez appartie à son mariage ; pour réparer cette injustice, Olivier lui versera les cent vingt livres de rente qu'il doit à son père. Il pense ensuite A ses vieux et obscurs serviteurs, héroïques survivants de cent combats ; les coups ont été le partage de ces humbles. « Je donne, dit le testateur, à Hennequin, Erussard, Robinet, pour les bons services qu'ils m'ont rendus, tous mes habits de drap ; à chacun vingt francs. Je veux qu'ils soient à mon fils Olivier qui leur donnera leur vie en l'un de mes Hostels. La mort ne délie pas le lien, le serviteur passe au fils du maître qui lui assurera l'existence jusqu'à son dernier jour. Que ce monde est lointain ! Le père de famille règle ensuite le sort de ses autres enfants. Détachant de ses terres de Bretagne, les trois domaines de Campeneuc, la Saudrais, en Tinténiac ; la Béréchère, en la Baussaine, il les attribue à Charles et Bertrand, ses deux autres fils. Charles héritera encore de la terre de La Haye-Pesnel, en Normandie, de la terre de Blangie. Est-ce Blangie-sous-Arras ? Si Charles n'a lignée de son corps tous ces biens passeront à Bertrand qui jusque-là n'aura rien en perpétuel, mais jouira en simple usufruitier de Campeneuc, la Saudrais et la Béréchère. Les filles ne sont pas oubliées. Marie : «ma fille mariée, aura la terre de Mouazon. Elle me reviendra à moi ou à hoirs au cas où elle n'aurait héritier de son corps ou défaillirait » : décide le testateur. Alaine, ma fille mariée, héritera de la terre en Marcé qui fut acquise de Jehan de Çaville. Elle me reviendra au cas de décès sans postérité. Marguerite, ma fille, recevra en mariant cent livres de rente qui lui seront baillées, à elle ou à son Seigneur le jour de ses noces : 50 livres sur la terre de Blangie, 50 livres sur la terre de la Haye-Pesnel ». Ainsi, au cas de décès des enfants et même des petits enfants, le bien de famille revient toujours à l'héritier principal. C'est l'apogée de la famille, du pouvoir absolu et unique du père. Expéditions longues et lointaines, fêtes et tournois, vie des camps, comment la fragilité humaine n'aurait-elle pas succombé ? Enguerrant, un bâtard, est né d'Olivier au cours de son existence batailleuse, il le dote de dix livres de rente sur Blangie, de dix livres sur la Haye-Pesnel jusqu'à ce qu'il soit bénéficié car il sera d'Eglise. « Je donne, finit-il, au Seigneur de Nottot et à Jean de Vassel pour leurs bons services, trente livres, si Olivier touche mon argent du Roi et je veux que tous ceux qui m'ont servi gentilshommes, chapelains, vicomtes, écuyers, varlets, soient payés ». Quelle était la valeur de l'argent en 1390 ? Une ligne testamentaire, précédée et suivie d'un blanc dans la copie, est ainsi conçue : « Un journal de la métairie de Craon ou vingt francs ». Le Seigneur de Lesnen possédait une métairie à Craon, dans le Maine, et un journal de cette terre, ou demi hectare, valait vingt francs. Olivier de Mauny s'était montré généreux vis-à-vis de ses serviteurs. « Toutes mes lettres tant d'héritages que d'autres choses sont à présent à Mon arche à Miniac », ajoute-t-il. Le Château de Miniac possédait donc ses archives, ou chartriers renfermant les contrats, correspondance et papiers d'Olivier. Et il scelle de son sceau le testament sur lequel les tabellions des cours de Dol et Rennes apposent leurs seings. Nous avons la bonne fortune de posséder également l'acte des dernières volontés de Marguerite de Québriac qui ne présente pas moins d'intérêt en soi et qui complète celui de son mari

 

Marguerite de Québriac


 

La noble dame prend ses dispositions le 9 juillet 1389 et après avoir tracé le signe de la croix elle s'exprime ainsi : « Je, Marguerite de Québriac, dame de Lesnen, infirme de mon corps.et en ferme propos, attendant chaque jour la mort au plaisir de Dieu, de laquelle n'est chacun plus certain ni de l'heure plus incertain, voulant disposer de tout, de dernière volonté, du consentement et autorité de Monseigneur de Lesnen ; mon très cher Seigneur et aimé compagnon, bien délibérée, saine en pensée, et vive dévotion, fais par donne mon testament sur tous les biens que Notre Seigneur m'a donnés ; en la présence de Bertrand de Quoatranhec, tabellion de la cour de Montfort, et de Pierre de Messy, prêtre, recteur de Miniac, mon curé, lesquels à plus grande fermeté, j'ai fait venir et appeler devant moi ». Lignes profondément chrétiennes. Notre Seigneur est le Souverain Maître et dispensateur de tous biens. Sans illusions sur leur importance. Marguerite de Quebriac les quittera sans regrets. Parfaitement résignée, elle attend quotidiennement l'heure où Dieu la détachera du monde. Elle écrit avec la permission et l'approbation préalable de son mari, se plaçant sous l'égide de son autorité. Ne se souvenant plus que des heureuses années, elle a oublié et pardonné les infidélités de ce compagnon dont elle parle avec une respectueuse et touchante tendresse. Ce préambule, tout rempli d'un charme mélancolique, épuisé ; la dame de Lesnen songe à son éternité et à sa sépulture : « ce Je recommande à Dieu, mon créateur, à la glorieuse Vierge Marie, à toute la cour du Paradis, l'âme de moi, quand elle partira de mon corps. Je veux et ordonne que mon corps soit mis en l'Eglise des Frères prédicants de Dinan, Je veux et ordonne que cette chapelle que Mgr mon Père ordonna être fondée pour le salut de son âme et de celle de ses enfants, issus de sa chair et de son sang, soit exécutée et fondée de la somme de 25 livres qu'il a assignée au Chapelain sur une dîmeque j'ai en la paroisse de Plouasne ». La mère de Duguesclin désira être ramenée à Sens, son église natale ; la dame de Lesnen, de même, rejoindra ses Pères dans leur enfeu aux Dominicains de Dinan : C'est là que reposaient les illustres familles du pays : Raguenel, Coëtquen, etc Toutes .... les dettes seront payées par la main des exécuteurs testamentaires, cela va de soi ; et la testatrice pousse la délicatesse et le scrupule en recommandant d'amender même ses torts. Elle comble de cadeaux ses proches. « Je donne et laisse à ma filleule, la tille de Mgr Guillaume Le Bouteiller cent francs, à Jehanne Tournemine, fille du Seigneur de la Hunaudaye, ma chappe et mon mantel long, fourré de menu vair et 7 francs, je lui donne une de mes haquenées et la selle qui plaira. Je donne à Robine de Saint-Meleuc dix francs ; à la demoiselle de Tressaint, mon mantel ; à ma Filleule de Tressaint mes pendants neufs. Je donne à Jehan de Bretagne, que je fis ordonner prêtre, six livres pour son titre de céricature. Je dois à Guillaume Gautier, pelletier à Dinan, la somme de vingt francs, il a lettre de moi ; à Collin Denis dix francs ; à Guillaume Le Chevalier de Dinan, vingt francs. Je veux que ce qui a été levé sur mes hommes leur soit remis.», Le page, Guillaume de Québriac n'est pas oublié, il reçoit, par chacun an de rente à son service, vingt francs. Alain de Québriac ; la femme d'Etienne Le Roux de la Rinaudais percevront leur remboursement de dix francs et de trente sous dix deniers. Suit une distribution d'abondantes aumônes. La chapelle des Jacobins à Dinan héritera de la houppelande de drap d'or ; l'église de Miniac de celle de drap de Damas. Chaque prêtre de Pleudihen, Dinan, Jouvente, recevra vingt sols ; la paroisse de Miniac soixante sols. Les pauvres chrétiens de toutes les paroisses où la dame de Lesnen a des vassaux sont gratifiés de 50 cottes, 50 chemises, 50 paires de souliers : la Fabrique, de cinq sols. Et le testament se termine par cette disposition : Je veux que pour moi soit envoyé en pèlerinage à St-James en Galicie, à Notre-Dame de Rochamadour, à St-Eutrope de Saintes, à St-Fiacre en Brie, à Notre-Dame de Chartres à chaque pèlerinage un pèlerin. Les exécuteurs testamentaires s'appellent Mgr de Lesnen, son mari, Mgr de Coëtquen son parent, Mgr Alain de Mauny, enfin Alain et Guillaume de Québriac seigneur de la Boissière. Puis l'écrit est enfin scellé du sceau de la cour de Rochefort et de l'église de Miniac. Nulle trace des biens de Marguerite de Québriac, nulle distribution à ses enfants. Elle se borne à pourvoir à son salut éternel, à payer des dettes insignifiantes, à laisser des souvenirs aux êtres qu'elle chérit, des largesses aux pauvres et aux églises. C'est que le Seigneur de Lesnen seul pouvait les attribuer aux enfants issus de' son mariage ; ce qu'il fit par son testament. Le fils du modeste baron de Lesnen avait acquis une fortune considérable, comme beaucoup de guerriers de cette époque. Olivier de Clisson notamment. Il vivait entouré d'une petite cour composée d'écuyers, et de dames nobles du pays. Tournemine, Tressaint, Saint Meleuc, Québriac ; et de chapelains et d'officiers de justice : Résidant tantôt à Miniac, tantôt à Lesnen, peut-être à Marcé-sous-Avranches, à son hôtel à Dinan aussi. La dame de Lesnen, fort pieuse, pousse la délicatesse des sentiments, jusqu'à rembourser les vassaux, des aides prélevées légitimement sur eux, d'après le droit féodal, à l'occasion du mariage de ses filles. Jehan, un enfant trouvé, sans doute, lui doit l'éducation et l'accession aux fonctions sacerdotales. Elle est élégante aussi, comme dame de son rang et les pelletiers de Dinan n'ont pas de meilleure cliente. Olivier de Mauny et sa femme ne sont point illettrés, ni sans instruction : « il a lettre de moi, répètent leurs testaments. Dans la grande Salle de Lesnen, pavée de carreaux coloriés et historiés, éclairée de fenêtres ogivales à vitraux peints, meublée de guéridons à bas reliefs, d'armoires sculptées, de bahuts ferrés, de coffres rouges, Olivier raconte ses chevauchées de France et d'Espagne, parle avec admiration et amour du bon Connétable, des Rois de France et d'Angleterre, du Prince Noir, du Roi de Castille, de Charles de Blois et de la duchesse de Penthièvre ; il conte les actions d'éclat, les voyages d'outre mer, décrit les belles cathédrales, les vitraux éblouissants, les aventures des pèlerins, St Jacques de Compostelle, etc.. La dame de Lesnen, coiffée d'un hennin étincelant de pierreries, vêtue d'une robe de cérémonie, composée de 300 martres, de 600 petits gris, de 200 ventres de menus vairs préside la Cour d'Amour. Les éperons d'or des chevaliers résonnent sous les voûtes. Par coquetterie, les dames se découvrent la gorge, les jambes, même le côté. Le paon règne sur la table, couverte de vaisselle d'or et d'argent. Le jongleur joue du tambourin et le trouvère prélude de la harpe la vie de Tristan et Yseut. « Seigneurs, vous plaît-il d'entendre un beau conte d'amour et de mort ? C'est de Tristan et d'Yseut la Reine. Ecoutez comment à grand' joie, à grand deuil,, ils s'aimèrent puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui. » Le trouvère chante encore les exploits des preux du temps passé, les paladins Roland et Olivier. Rêveurs, les chevaliers revivent leurs propres faits d'armes ou regrettent les lointaines Castillanes, au charmant accueil : on joute, et on tournoie en mai sur l'herbe, les jardins enchantés s'appellent encore : -Le Clos du Roi -L'oeil d'Amour -Les d'Amour -Reine d'Amour.

 

Descendance -vestiges


 

La descendance du glorieux capitaine, en continuant de jouir de la faveur royale, de servir la France, resta fidèle au sol natal. Le 28 décembre 1446, Jehanne de Mauny tient, sur les saints fonts, à Montils-lez-Tours, Charles de France, duc de Guyenne, fils de Charles VII. Compagnons de Jeanne d'Arc, les Mauny, sous les ordres du Connétable de Richemond, bataillent à Patay, Formigny, Castillon, boutant l'Anglais, pour toujours, hors France. A Formigny, Olivier de Mauny engage impétueusement l'action, à la tête du corps d'archers français. Il doit plier sous la supériorité numérique des envahisseurs lorsque l'arrivée des Bretons du Connétable change la défaite en triomphe. Au XVIe siècle, vivent à Lesnen, Campeneuc, la Béréchère, Guillaume, Jehan, Charles, Symon de Mauny. En 1568, Bertranne de Mauny est Dame de Trimer, le Fournet, Pontharrouard. Le 1er août 1610, à Campeneuc, les deux Damoiselles du lieu soulignent fièrement, en leur partage, « issues d'antique chevalerie ». Bâties par Olivier, les tours de la Béréchère, portent les trous de l'arbalète. Son calvaire de granit figure Jésus en croix, la Vierge douloureuse, l'apôtre Jean attentif à la divine parole : « Voici votre Mère ». Au-dessous les quatre évangélistes. A une distance de cette croix, égale à la longueur de St-Pierre de Rome, calvaire identique. Accomplissant ce chemin de croix, le pieux pénitent gagnait ainsi l'indulgence attachée à la visite du sanctuaire de la Ville éternelle, église-Mère de la chrétienté. La croix de Tourdelen, en Saint-Tual, offre à sa base l'écusson d'argent au croissant de gueules, blason du vaillant chevalier. Mais ces dernières années, le temps a fini par avoir raison de l'église gothique de Saint-Tual et de l'enfeu où dormait le cousin de Du Guesclin, son frère d'armes. En 1746, le manoir féodal de Lesnen a cédé la place à une gentilhommière ; le descendant de Marguerite de Québriac a rebâti religieusement, sur les anciens fondements, l'oratoire où sa pieuse aïeule entendait dévotement, à l'aube, la messe de Jehan de Bretagne. La descendance existe encore, dispersée, le nom subsiste : cependant, au pays, il n'est plus porté que par le laboureur, à la fois ancêtre et fils de la Chevalerie. Notes laissées par M. V. Bellenger, Avocat à la Cour de Rennes

 

 

 

 

La Béréchère à la Baussaine (cliché Ouest-France), écussons aux armes de Mauny visibles à Saint Tual (cliché Le Flohic)

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 13:18

 

La maison de Lambilly, d'ancienne chevalerie du duché de Bretagne, réunit tous les avantages qui constituent la noblesse la plus pure, et a toujours compté parmi les principales maisons de cette province si féconde en antiques races nobles. Elle a paru dans les plus vieilles réformations de cette province, et a fait de toute ancienneté, ses partages suivant l'assise du comte Geoffroy, c'est-à-dire l'ordonnance de Geoffroy, duc de Bretagne, de l'an née 1185, sur celui des enfants des barons et autres nobles de son duché.  (Chérin, Preuves de cour de la maison de Lambilly.) Cette coutume ne regardait que les maisons des anciens barons et chevaliers, et, selon d'Argentré, « ne s'étendit sur toutes les familles nobles de Bretagne qu'en 1452 ou 1456. » (Armoriai de d'Hozier, IIe registre, Généalogie de Lambilly.) Enfin, comme dernière consécration de l'antiquité de sa noblesse, elle a fait ses preuves de cour, en vertu desquelles deux de ses membres ont eu l'honneur de monter dans les carrosses du roi, en 1780 et 1786, et dont le manuscrit est conservé au cabinet des titres de la Bibliothèque impériale. La maison de Lambilly, en latin de Lembileio, tire son nom de la seigneurie de Lambilly, près Ploërmel, dont la possession remonte à un temps immémorial, et qui dès l'an 1600 avait le droit de haute, moyenne et basse justice ; elle relevait directement des ducs de Bretagne et en suite des rois de France (depuis la réunion de la Bretagne à la couronne), ainsi que l'attestent les aveux rendus à diverses époques par les seigneurs de Lambilly. Elle a en outre possédé successivement les vicomtés de Kervéno et du Broutay, et la baronnie de Kergroix, terres qui se trouvaient encore dans sa possession en 1789. Le nom de Lambilly s'est écrit aussi dans les anciens titres Lembili, Lambilli, etc.; mais depuis longtemps l'orthographe actuelle a prévalu. Cette ancienne famille s'est alliée en Bretagne à celles de Beaumanoir, la Motte, la Soraye, Castel. Boisjagu, Quélen la Vauguyon, Giffart, Saint-Brieuc, du Houx, Rogier, Magon, Ruellant du Tiercent, la Forest d'Armaillé, Rosily, de Langle, Perron du Quengo, Robiou de Troguindy, Roquefeuil, Harscouët de Saint-Georges, la Motte-Rouge, des Grées, Martel, Rosnyvinen de Piré, Sesmaisons, etc.

 
 

-Payen de Lambilly, premier auteur connu de sa maison, vivait en 1180; il figure comme témoin dans une charte de donation faite par Alain de Kergariou, trésorier de Fougères à l'église de Rennes du temps de Philippe, évêque de Rennes, qui occupa ce siège de 1179 à 1181 : « Teslibus Pagano de Lembileio, Galtero de Brolio et aliis pluribus. » (Original aux archives de la maison de Kergariou.)


 

-Un autre seigneur de Lambilly se trouvait au nombre des croisés bretons qui suivirent saint Louis en Palestine en 1248. (Nobiliaire de Bretagne, par de Courcy.)


 

-Guillaume, seigneur de Lambilly, auquel remonte la filiation des preuves de cour, vivait en 1360 ; il était qualifié Monseignour, et fut père de Jean, qui suit, et d'Olivier de Lambilly, seigneur de la Motte, un des gentilshommes qui accompagnèrent en 1419 Richard de Bretagne, frère du duc Jean V, dans son expédition à Saint-Aubin du Cormier, et dans son voyage en France. (Dom Lobineau, Histoire de Bretagne.)

 

-Jean, seigneur de Lambilly, de Cresmenant et de la Soraye, fils aîné de Guillaume, et qualifié Monseignour comme son père, prit part aux guerres de la succession du duché de Bretagne entre les Penthièvre et les Montfort ; il suivit le parti de ces derniers, et le duc Jean V l'honora de la dignité de « grand chamberlan et l'ung des premiers gentilshommes de sa chambre et messon, » par lettres patentes du 16 décembre 1415, « pour les louables plaisirs et honneurs qu'il lui avait faits dans les dernières guerres et pour plusieurs actions dignes de mémoire. » (Arrêt de la réformation de 1668, et d'Hozier, tome II.) Il est mentionné dans la réformation de 1426, la plus ancienne de toutes, et avait épousé Olive de la Soraye, d'une des plus anciennes maisons de Bretagne, fondue depuis dans celle de Malestroit.


 

-Jean, son fils, seigneur de Lambilly, de Cresmenant, de la Soraye et de la Ville des Nachés, avait épousé Isabeau de Castel, petite-fille par Jeanne de Bernéan, sa mère, de Marie Raguenel, de la même famille que Tiphaine Raguenel, femme du célèbre connétable Bertrand du Guesclin (voir le château de la Bellière à la Vicomté sur Rance). Il transigea le 28 avril 1452 avec Geoffroy de Beaumanoir, son beau-frère, au sujet du partage des biens de son père, encore vivant. Il fit le 30 mars 1475, avec ses frères Guillaume et Philippe de Lambilly, le partage des biens de ses père et mère, pour lequel Guillaume de Coëtlogon fut choisi pour arbitre.

 

 

-Robert, seigneur de Lambilly, de la Ville des Nachés et de la Soraye, fils aîné de Jean qui précède, fut capitaine général des francs archers de l'évêché de Vannes (1484) et des arbalétriers à cheval du même évêché (1489), comme on le voit par diverses lettres du duc Français II et de la duchesse Anne à ce seigneur ; par l'une d'elles, en date du 28 mai 1484, le duc lui ordonne d'aller abattre les châteaux des révoltés. Il fut nommé également par le duc pour faire la montre des nobles de l'évêché de Vannes, en 1487, (Dom Morice, Histoire de Bretagne.) Il avait épousé : 1° Catherine du Boisjagu, dont il n'eut pas d'enfants ; 2° Hélène de Quélen du Broutay, dont le frère Jean de Quélen fut la tige des ducs de la Vauguyon, princes de Carency, marquis de Saint-Mégrin.


 

-Jacques, frère de Robert, faisait partie de la garde du duc François II sous les ordres du sire de Rieux, maréchal de Bretagne ; il fut, ainsi que ce dernier, du nombre des seigneurs bretons qui, mécontents des excès de Pierrè Landais (voir Pierre Landais trésorier général de Bretagne), trésorier et ministre du duc François II, se liguèrent contre ce personnage (Dom Morice, t. III, p. 434.) ; il fut tué au siège de Brest en 1489, et inhumé dans l'église de Notre-Dame du Folgoët.


 

-Yves, fils de Robert et d'Hélène de Quélen, épousa en 1509 Jeanne Giffart (voir Le château de la Roche-Giffart), de la maison des marquis de la Marzelière, vicomtes du Fretay, l'une des plus illustres familles de Bretagne. Yves et Jean son frère avaient eu pour tuteur Pierre de la Marzelière, leur parent, qui rendit hommage au roi en leur nom.


 

-Pierre, fils d'Yves et Seigneur de Lambilly, de la Ville de Nachés, du Bois-Héliot et de la Soraye, fournit au roi François Ier en 1540 l'aveu et dénombrement de ses biens. Il fit réduire le nombre des notaires de ses juridictions parles commissions des états et du parlement, le 1er août 1540, à trois notaires pour les terres de Lambilly et de la Ville des Nachés, et à deux pour la Soraye.


 

-Guillaume de Lambilly, seigneur dudit lieu et de la Ville des Nachés, baron de Kergroix, épousa, le 1er juin 1644, Suzanne Rogier, fille de Pierre Rogier du Crévy et de Jeanne des Cartes, de la famille du célèbre philosophe des Cartes. Le roi lui accorda la permission d établir au bourg de Remungol , évêché de Vannes, relevant de sa baronnie de Kergroix, un marché tous les mardis et deux foires par an. Quelque temps après les peuples de la Bretagne s'étant soulevés, Guillaume sut « conserver ses paroisses dans la fidélité, » ce dont le remercia, au nom du roi, le duc de Chaulnes, gouverneur de la Bretagne, par une lettre du 15 octobre 1687 (d'Hozier). Guillaume fut élu par la noblesse pour présider les États de Bretagne à Saint-Brieuc (1687), en l'absence du duc de Rohan, président de droit comme, baron de Léon (Toussaint de Saint-Luc). Un des frères de Guillaume qui servait dans la maison du roi fut tué devant Pavie en 1655, comme l'apprend à sa famille une lettre du chevalier de Quélen du Broutay, son cousin. Il avait été, ainsi que Pierre son fils, déclare issu d'ancienne extraction noble, par arrêt de la chambre de la réformation de Bretagne du 17 novembre 1668.

 

-Pierre-Joseph, comte de Lambilly, seigneur de Kergroix et du Broutay, page de la grande écurie du roi en 1695, puis conseiller au parlement de Bretagne, s'y distingua par la fermeté avec laquelle il défendit les anciens privilèges de la province contre le régent, qui le punit de son énergie par un exil momentané (1718). Il reçut à son retour une députation des États officiellement, chargée de le complimenter au nom des trois ordres. Une portion de la noblesse bretonne ayant fini par en appeler aux armes, elle mit à sa tête MM. de Pontcallec, de Rohan-Poulduc, de Lambilly, de Talhouet, etc (voir Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 1 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 2 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 3 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 4 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 5 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 6). Le comte de Lambilly, sous le surnom de maître Pierre, en était le chef dans l'évêché de Saint-Malo (Lemontey, Hist. de la Régence). La conjuration ayant été découverte, il parvint à s'échapper et se retira à la cour du roi d'Espagne, qui le chargea de plusieurs missions importantes et lui donna le brevet de gentilhomme de sa chambre en mars 1720. Condamné par contumace, il fut décapité en effigie, avec 15 autres gentilshommes bretons également en fuite, sur la place du Bouffay, à Nantes, le 26 mars 1720, le jour même où étaient exécutés le marquis de Pontcallec, MM. de Montlouis, du Couédic et Lemoyne de Talhouet, qui avaient été arrêtés. Deux de ses fils, pages de la grande écurie du roi, puis officiers aux gardes-françaises, furent tués, l'un à la bataille de Dettingen et l'autre à celle de Fontenoy. Pierre-Laurent, son fils aîné, marquis de Lambilly, seigneur de Kergroix et du Broutay, avait épousé Laurence-Thérèse Magon de la Ballue, et fut inhumé, ainsi que sa mère Hélène-Céleste Magon de la Lande, dans le choeur de l'église Toussaint de Rennes.


 

-Pierre-Laurent-Marie, son fils, marquis de Lambilly, seigneur de Kergroix, Kervéno, le Manéguen, Keraron, la Rivière Brehaut et Morgan, épousa le 28 avril 1753 Françoise-Thérèse-Jacquette de la Forest-d'Armaillé, fille de René-Gabriel de la Forest, comte d'Armaillé, et de Françoise Huart; il eut de ce mariage :


 

1° Pierre-Gabriel-François, marquis de Lambilly, officier au régiment des gardes françaises, qui a monté dans les carrosses du roi le 8 juin 1780 (manuscrits de la Bibliothèque impériale, archives de l'Empire), et qui épousa, le 14 mai 1786, au château de Versailles. Anne-Henriette-Françoise de Rosily, fille du marquis de Rosily et d'Alme-Henriette-Perrine de Becdelièvre, dont il a laissé quatre filles et un fils : Thomas- Hippolyte, chef actuel de la famille ;


 

2° Laurence-Gabrielle de Lambilly, mariée le 23 avril 1773 au comte le Vallois de Séréac ;


 

3° Laurent-Xavier-Martin de Lambilly, dit le chevalier de Lambilly, officier aux gardes- françaises, admis aux honneurs de la cour le 24 mars 1786, qui épousa en Angleterre, pendant l'émigration, Marie Fifield. et fut la tige de la branche cadette ;


 

4° Robert-Joseph-Guillaume de Lambilly, dit le chevalier du Broutay, officier aux gardes-françaises, qui, d'Émilie Feudé remariée depuis au comte de Martel, n'a laissé qu'une fille Laure de Lambilly ;


 

5° Auguste-Pierre-François de Lambilly, dit le chevalier de Kervéno, officier au régiment du roi, infanterie, tué dans les guerres des chouans ;


 

6° Félicité-Marie de Lambilly ;


 

7° Marie-Victoire de Lambilly, mariée le 9 juin 1787 au comte Moisan de la Villeirôuet ;


 

8° Marie-Euphrosine de Lambilly, mariée au comte de la Vigne-Dampierre.

 

 

 

En consultant les Registres paroissiaux de Sévignac, manifestement des cadets de cette maison s'y étaient fixés, toutefois, ils étaient déjà tombés dans la roture comme nombre de puînés. Du reste en cette même localité, les de Lambily ont laissé leur emprunte toponymique à travers ce lieu, connu dès le XVe siècle et mentionné à travers les réformations nobiliaires : la Ville-Billy, lieu à présent disparu situé au sud ouest du Bois Raullet, ce fief était possédé en 1428 par Olivier Le Berruyer et en 1475 par le même Ollivier Le Berruyer.  En 1628, Un représentant robin, maître Allain Mallet est donné sieur de la Ville-Billy. Document ci-après. A en croire deux dictons locaux, l'endroit devait être riche :


 

- «  A la fontaine de la Ville-Billy, aux vêpres des Rameaux, l'or y remonte à flots »


 

-Une Ville-Billy, une Ville-Baron, une Ville Durant, valent plus chers que cent Dinan. »


 

Une représentante de cette famille de Lambily, Mme Berhault, native de Rouillac -jadis quartier de Sévignac, était vulgairement désignée par les anciens « la Bily », en réalité elle était née Delambily, elle s'éteignit à la Vallée-Blosse à la fin du XXe siècle ; d'autres représentant de cette famille ont un temps vécus à la Fosselière.

LE COURTIL Briand ou Pirault (sic) conten.t trois quart de journal, joignant du bout vers orient au chemin qui conduit de la Ville Bily à Saint Trilac, du midy au Clos de la Croix, de François Gesret, d'occident au Fresche de la Ville Bily. DEUX quantités dans le clos de la Croix de la Ville-Baron celle dudit Pierre Gesret entre, contenant un journal, trente cordes joignant du costé d'orient et du bout vers midy au chemin qui conduit de la Ville Baron à la Ville Bily, d'occident au clos de devant du dit François Gesret du bout du nord au dit courtil Briand, sur lesquels héritages est deub un quart seigle et trois sols deniers monnois. Extrait d'un rentier de 1756 

 

 

 

 

Mention de Maître Allain Mallet, sieur de la Ville-Billy

 

 

 

Armoiries Le Berruyer et Mallet. Le lieu disparu de la Ville-Billy apparaît sur la carte ainsi qu'à travers ce parcellaire

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 08:11

 

 

 

 

 

Sur l'aire à battre :

 Fourches, balais éparpillés

Bruit, vacarme, hommes saouls.

Le tas de paille menace de s'écrouler

Étayé par deux ou trois échelles.

 

Dans la cour :

 Claquant des ailes

Le coq chante sur le tas de balle

Les poules accourent à tire-d'aile

Étonnées du repas qu'on leur sert.

 

Au grenier   :

Cette année la moisson est abondante

Les tas sont hauts. Du travail pour mélanger

L'escalier est jonché de blé roux

L'homme au grain a-t-il crevé un sac ?

 

A la maison :

Les hommes remplissent deux tables

Sus aux cuisinières

Le grand chien d'Anton. Le petit chien de Paol

Rongent des os sous la table.

 

En chemin :

Le champ de Kerdrubuilh est nettoyé

Les hommes chantent sur le chemin

Chapeau de paille couvert de poussičre

Barbes jaunes dans leurs cheveux roux.

 

Sur le seuil  :

Fini le bruit, tout le monde est parti

Allons faire la vaisselle

Il faut laver. Il faut essuyer

Il faut nettoyer. Il faut balayer.

 

A mi-voix :

 Finie la moisson, fini le battage

Demain dimanche, repos 


 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 07:43

 

 

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 07:36
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 18:09

 

 

 

Armoiries de Quédillac, gisant à l'église de Quédillac et ancien manoir de la Grand-Cour, jadis, propriété de la famille de Quédillac. A proximité de l'église Saint-Pierre de Taden, se dresse le manoir de la Grandcour, il a fier allure. Remontant au XIVe siècle, ce logis porche présente une splendide tour qui abrite un escalier de pierre en colimaçon, il desservait dit-on trois salles, et la plus haute était pourvue d'une tribune d'où le seigneur du lieu s'adressait à ses convives alors en contrebas. Au sommet de cette tour nous dit Mahurin Monier, on découvre « la plaine de Taden. »

 

De Quédillac : Maison de vieille race, qui a donné ou emprunté son nom à la terre seigneuriale de Quédillac, évêché de Saint-Malo. -Sur un sceau de 1390 : d'argent à trois fasces de gueules ; Guy le Borgne lui donne : de gueules à trois bandes d'argent, suivant M. de Molac. qui marque (que) dans l'esglise paroichialle de Taden, près Dinan,en la grande vitre. est représente un homme à genouil, qui a lesdites armes, et est escrit Geffroy de Quédillac, fondateur de cette église l'an 1287 Les anciennes réformations mentionnent les seigneurs de Quédillac comme étant d'ancienne noblesse. Ils figurent à celle de 1427 avec les gentilshommes de la paroisse de Taden, même évêché. S'ils sont éteints depuis longtemps, leur nom vit encore et vivra longtemps dans l'histoire ecclésiastique et militaire de Bretagne. En effet, ils ont fourni :

 

I. A l'Église :

 

-Amitte ou Jamette de Quédillac, consacrée abbesse de Saint-Georges de Rennes en 1270, morte en 1274 ou 1275 ; Jamette transigea en 1274, avec les chanoines de Dol, pour les dîmes de la paroisse de Sainl-Georges-de-Gubaingné au même diocèse.

 

-Jeanne de Quédillac, abbesse de Saint-Sulpice en 1450, morte en 1461 ; Jeanne de Quedillac rendit en 1450 aveu à la comtesse de Laval, dame de Vitré, pour les biens de son monastère dépendants de cette dame. Elle mourut le 15 avril 1461.

 

-Jean de Quédillac, abbé de Beaugerais  & de Saint-Julien, évêché de Tours ; il en fut abbé de 1482 à 1515


 

II. A la profession des armes :


En 1248, Macé -alias Mathieu de Quédillac s'associa à Geoffroy du Plessis de Mauron, Hervé le Clerc et Guillaume du Chatellier pour le fret d'un navire qui les transportât de Chypre à Damiette. (Charte de Nymoc.)

 

Alain de Quédillac, alloué  de Rohan en 1293

 

Alain de Quédillac, l'un des quatorze seigneurs bretons exécutés à Paris avec -Olivier de Clisson, en 1343, par ordre de Philippe VI de Valois (D. Mor., liv. VI, p. 269) eust la teste tranchée, suivant l'histoire de le Baud : En ce mesme an aussi furent prins jusques à dix Chevaliers, & autres nobles hommes de Bretagne,qui avoient servie la Comtesse de Montfort en sa guerre, contre Monsieur Charles de Blois, durant la prinson du Comte de Montfort son mary : C'est à sçavoir, Missire Geffroy de Malestroict , 8c Miſſire Jean de Malestroict son fils, Missire Jean de Montaulban, Missire Allain de Quidillac, Missire Denys du Plesseix, Guillaume des Brieux & ses deux freres, Jean Malart & Jean de Senedavy, tous lesquels furent menez à Paris, & leur fut imposé qu'ils avoient faites rapines & occisions, & avoient porté conseil, faveur & aide au Roy d'Angleterre, & à Missire Robert d’Artois, quand ils vindrent en Bretagne. Pour lesquelles choses, ou, mois de Novembre, la vigille de Sainct André, ils furent mis hors du Chastellet de Paris, & trainez jusques aux Halles, où ils eurent les testes couppees ; puis apres furent leurs corps trainez au gibet,& là pendus….Quand Edouard le Roy d'Angleterre entendit la mort dudit Comte de Montſort,il en fut moult dolent: Et lors, combien qu'il procedast à la guerre contre Philippes Roy de France pour la trieve qu'il avoit rompuë, & la deffiance qu'il luy avoit faite pour cause de la mort de onze Gentils-Hommes Bretons, que ledit Philippes avoit fait decapiter à Paris ,(voir Guerre de Succession de Bretagne.)

 

1381 Jehan de Quédillac et Jehanne, sa femme, et Olivier de Liniac. chevalier, et Agathe, sa femme, donnèrent a l'abbaye de Prières un moulin et des rentes qui estoient à leurs femmes.

 

1390, Robin de Quédillac. Sceau ~Fascé de 8 pièces, il apparaît en qualité d'écuyer à la montre nobiliaire de du-Guesclin, le premier jour d'octobre l'an 1271, et en 1399, Robin de Quédillac, était capitaine du chasteau et ville de Dol pour le Duc.

 

 

 

Décembre 1407, mandement du duc Jean V :

Mandement de poier à Rolland de Quedillac et à Bertran Boetart, à chascun 15 l , à valloir sur leurs gages.

 

-En 1440, Geffroy de Quedillac est donné sieur de Taden

 

-Robert de Quédillac assista au mariage du connétable Arthur de Richemont avec Jeanne d'Albret, en 1442 : En l'an 1442.. au mois d’Aoust, espousa Monseigneur le Comte de Richemont Connestable de France, Jeanne fille de Monsieur de Labret, niepce du Comte de la Marche ; & en furent les nopces à Nerac. Et en celuy propre mois, le vingt-huictiesme jour, trespassa de ce siecle le Duc Jean de Bretaigne, ou manoir dela Tousche, prés la cité de Nantes (voir Gilles de Bretagne, page n° 1)


 

1458, Guillaume de Quédillac aîant este tué, Guillaume le Voter eust ordre de demeurer en arrest en la maison du Vauclerc, & Rennes, jusqu'à la fin du procès.

 

1458, Mre Robert de Quédillac et sa compagne eurent une sauvegarde.

 

-Bertrand. de Quédillac, l'un des guerriers bretons renfermés dans Dinan, lorsque la Trémoille en fit le siége en 1488 (D. Taill., liv. xv , p. 185). Cy ensuivent les points & articles parlés & divisés par l'appointé & traitté entre tres-redouté & tres-puissant Sire le Sire de Rohan d’une partie, & Messire Amaury de la Mouss aye sieur dudit lieu, Maistre Rolland du Breil] sieur de Raye Seneschal de Rennes, Thomas de Webzine sieur dudit lieu, Jehan Chesnel sieur de Maillechat Lieutenant du Capitaine de la ville de Dinan, Maiſtre Guillaume de la Vallée Alloüé, & Charles du Breil Procureur dudit lieu, Messire Bertrand de Quedilac sieur de Taden, Messire Gilles Ferré sieur de la Garaye, Guion de Vandel sieur dudit lieu, Pierre de Plouer sieur dudit lieu, Guillaume de la Bouexiere sieur de Montfort, Hervé Pastau, Jehan d’Yvignac sieur dudit lieu, Auffroi de la Motte, Pierre d’Espinay sieur de la Ville-Gillouart, Guillaume le Gac sieur du Plesseix, Guillaume de la Bouexiere sieur de Lannoy Baudoin, Gilles Hingant, Jehan Ruffier du Coban, Henri de Launay, Geoffroy le Sage, Jehan le Reboux, Jehan Gerard, Guillaume, & Jehan de Villermaye, Robert Coupliere, Maistre Bertrand de Porcon, Jehan de Tremigon, René Avaleuc, Alain du Bois-Adam, Olivier de Pelineuc, Briand de Plumaugat, Bertrand de la Vallée, Nobles, Capitaines & Gens d'armes estans à. present à la garde & garnison de ladite Ville, Guillaume Chollet, Guillaume Lambert, François Mucet, Jehan Fontenay, &c. Bourgeois, mamans & habitans de ladite ville de Dinan, representans la maire & plus saine partie d’iceux Bourgeois, manans & habitans dudit lieu, d'autre partie, touchant la composition des Ville & Adiaconé de Dinan.

 

XXVII juillet 1517, nobles homs messire Bertrand de Quédillac en son vivant seigneur de Taden, décéda; laissa veuve dame Catherine de Chasteaubriand, sa femme,et eust son herittere principale et noble, damoiselle Catherine de Quédillac, femme de noble escuyer Bertrand Ferré, seigneur de la Garaye. Son rachapt payé à Dinan. Bertrand de Quédillac en son vivant sieur de Taden 200 livres de revenu) : excusé, car appartenant à une compagnie d'ordonnance ; Bertrand de Quédillac, chevalier seigneur de Tadain a deux métairies nobles de toute ancienneté et y a deux métayers plus un emplacement et quelques terres nobles aqcuises de Jean Guillaume y demeure (Réformation de 1513)

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 20:10

 

 

 

 

Le manoir de Boutron autre possession des seigneurs de Langevinaye, l'emplacement du manoir et de la chapelle disparus de Langevinaye. (Le coureur cycliste Bernard Hinault disposa un temps de la ferme de la Lanjuinais, et il y demeure encore, en réalité, c'est Langevinaye). Armoiries de Beaumanoir, d'Yvignac, du Breil, de Boiséon,de la Bourdonnaye-Montluc, Ferron.

Située à environ 1.000 mètres à l'Ouest du Bourg de Calorguen, la seigneurie aujourd'hui disparue de l'Angevinaye disposait du droit de haute, de moyenne et de basse justice. C'est au sein de la Maison de Beaumanoir (voir La famille de Beaumanoir) qu'il faut rechercher les premiers possesseurs de cette terre du XIIIe au XVe siècle : Guillaume de Beaumanoir, par lequel il commence cette branche, étoit le second fils de Robert de Beaumanoir & de Thiennette du Besso. L'hist. des grands officiers ne fait que copier Augustin du Paz. Dans ce syſtème, on ne comprend point pourquoi led. Guillaume est qualifié sr de Boisbilly, de Langevinaye & de Kalorgon, qui n'ont appartenu, ni au Beaumanoir, ni à la Besso, au lieu que ces difficultés disparoissent, en suivant le fil des preuves produites, lorsque Jean IV de Beaumanoir, marquis de Lavardin, maréchal de France, fut fait chev. des ordres du roi. Robert de Beaumanoir, auteur des sgrs de Lavardin, étoit probablement fils de Robert I, sire de Beaumanoir. Il fut chev. fr de Kalorgon & autres lieux ; comme il appert par un acte de l'an 1270 ; par un contrat de vente à son profit, de l'an 1278 : par un autre contrat de la même année ; & par un acte de 1284. La généalogie manuscrite des Beaumanoir, le qualifie chev. sr de Langevinaye, près de Becherel, maréchal de Bretagne ; & ajoute qu'il vivoit en 1278, & qu'il épousa une fille du sr de Rochefort. Il appert par les dénomb. servis à Guillaume de Beaumanoir, son arriere petit-fils, qu'il eut pour fils le suivant Robin de Beaumanoir, écuyer, qui succéda au susd. Robert son pere, en la sgrie de Kalorgon (Calorguen) ; comme il appert par plusieurs titres d'obéissance à lui faite ès années 1312 & suivantes. Il est qualifié chev. dans trois actes. Il vivoit en 1316, & épousa dlle Marguerite Griffier. La généalogie manuscrite des Beaumanoir le qualifie sieur de Langevinaye, & nomme son épouse Marie de Greffier. Il appert par les dénombremens servis à 1326 1341.

 

Lors de la Réformation de 1513, deux familles se partageaient cette seigneurie, d'une part la famille d'Yvignac, alors nommée d'Evignac, et la famille du Breil. Olivier d'Ivignac, sr de Langevinaye, y a bois et met. Charles du Breil, sr de Langevinaye, de Beaumanoir, y a bois et metairie. Julien d'Yvignac époux de Françoise Ferré (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n° 3). Ils eurent entre autres enfants Jeanne & Gillesd'Yvignac.


 

-Damoiselle Jeanne d'Evignac, de la Maison de l'Angevinais épousa, en 1596 René Ferron de la Ferronnay (voir La famille Ferron de La Ferronnays, page n° 1)


 

-Gilles d'Yvignac, ensépulturé dans l'église de Calorguen, le « vingt et cinquième du jour de mars mil & six centz dix neuf » -acte ci dessous.

 

 

 

 

Uni avec Damoiselle Jeanne Gouyon, il laissait pour héritier Esprit-Pierre d'Yvignac, seigneur de Lanjevinais et de la Motte-Beaumanoir. Hyacinthe d'Yvignac, seigneur de Langevinais, lieu de sa résidence, ainsi que du manoir de Boutron, et de la Motte-Beaumanoir, en même temps que propriétaire de la métairie de la Ville-ès-Rays, et de trois bailliages, l'ensemble valant 400 livres de rente. Hyacinthe d'Yvignac fut marié avec Damoiselle Françoise Ferron, qui fut la dernière représentante de la branche de Boutron, aînée de celle du Chesne. François d'Yvignac, apparaît au sein de la juridiction de Langevinais, comme demeurant au Bois-Frouger, en Pleudihen, et propriétaire de la prairie de la Saudraie et du petit moulin de Boutron, le tout valant 100 livres de rente. La très ancienne maison d'Yvignac, s'est éteinte au XVIIe siècle en la personne de Charles, comte d'Yvignac, seigneur de Langevinais en Calorguen, marié à une soeur du président de Montbourcher. En 1727, la famille de Boiséon était présente à Langevinaie, puis s'y succédèrent les familles de la Bourdonnaye-Montluc et par acquêt en 1735, la famille Ferron.


 

Actes émanant de la juridiction de Langevinaye :

 

1551-1745. Fief., vente d'une pièce de terre en la paroisse de Plouasne, sur les vallées du Néal et relevant de la seigneurie de Langevinais, en la paroisse de Calorguen, qui appartient au sieur d'Yvignac (1551). Aveu fourni à Hyacinthe-Anne d'Yvignac, à cause de ses seigneuries de Langevinais et de Boutron sises en la paroisse de Calorguen, par René Fouéré, sieur de Cambeuf, pour une maison avec ses dépendances au baillage de la Giraudais en 1703 ; autre aveu rendu en 1740 à Estienne Lesquen-Largentais, et à Jeanne Bordeaux, sa femme, seigneur et dame de Langevinais et de Boutron, pour deux seillons de terre situés dans le Bois-au-Clair, etc. (en 1790, la terre de Langevinais appartient à Etienne Ferron, sieur du Chesne).

 

1744-1789 -Audiences de plaids généraux tenus aux bourgs de Calorguen et de Saint-Juvat, au village de Beaumanour etc, par maîtres Nogues et Samson du Gage, sénéchaux. Mandement de la charge de notaire et procureur accordés à Mathurin Biffard et Jean-Marie Leclerc, par messire Etienne Ferron, chevalier, seigneur du Chêne-Ferron et de Langevinais. Réception de maître Philippe Alberge en qualité de procureur-fiscal. -Adjudication à Guillaume Ramard, pour la somme de 435 livres des biens dépendants de la succession de messire René Gallée -Déclaration du décès de Pierre Lesvier et renonciation faite par son frère à ses droits dans la succession. Dépôt fait au greffe de la Cour par maître Lorre, greffier de Langevinais, de plusieurs registres d'audiences de ladite juridiction, etc.


 

1773-1789- La succession abandonnée de messire René Gallet, décédé recteur de Ros-sur-Couesnon, et possédant des biens sous les fiefs de la Ferronnais et de Langevinais.


 

1775-1789- Procédures concernant un droit de passage sur deux pièces de terre situées en la paroisse de Saint-Juvat, et conduisant au Clos des Petits-Champs ; la séparation de corps et de biens prononcée entre Jeanne Plancher et Louis de Cargouët, écuyer ; la succession abandonnée de missire Jean Gallée, décédé recteur de Roz sur Couesnon, et possédait des biens sous les fiefs de la Ferronnais et Langevinais.


 

Transaction faite le 7e de may de l'an 1587, entre nobles homs Jean du Breil, seigr de Pontbriand, demeurant au lieu et manoir du Pontbriand, dans la paroisse de Pleurtuit, d'une part, et Julien du Breil, escr, son frère puisné, sr du Boisruffier, demeurant au lieu de Langevinaie, paroisse de Calorguen, par laquelle transaction lesdits srs du Pontbriand et du Boisruffier terminent les.difficultés qu'ils avoient entre eux sur ceque ledit Julien du Breil, escr, vouloit poursuivre ledit nobles homs Jean du Breil, seigr de Pontbriand, son frère aîné et héritier principal et noble de feus nobles et puissants Mre Julien du Breil, chevalier de l'ordre du Roy, et dame Marie Ferré, sa femme, seigr et dame dudit lieu de Pontbriand, du Pin et du Boisruffier, lesquels estaient morts, sçavoir ladite dame Marie Ferré il y avoit environ sept ans, et ledit Julien de Pontbriand il y avoit aussi trois mois, et avoient laissé des maisons, terres et seigneuries et autres biens en valeur de 2,000 escus de rente et des meubles pour 4,000 escus, desquels biens et meubles ledit Julien du Breil soutenoit que sondit frère aîné s'estait emparé sans lui en avoir donné la part qui lui appartenoit suivant la coutume et qui consistait dans la septième partie du tiers des mêmes biens, eu égard au nombre des juveigneurs de ladite maison de Pontbriand, et que lesdites successions estaient nobles et avantageuses ; à quoi ledit Jean du Breil répliquoit qu'il ne disputait point que sondit frère ne dût avoir la septième partie dans un tiers de la succession de leurdit feu père, mais qu'à l'égard de celle de leur dite feue mère, il ne pouvoit y prétendre qu'une huitième partie dans un tiers, parce que, depuis le décès de ladite dame et avant celui de leurdit père, Louis du Breil, aussi l'un de leurs frères, estait aussi mort et que sa succession appartenoit à lui ledit Jean du Breil, comme succession collatérale ; qu'au surplus les biens dont il s'agissoit n'estoient pas d'une aussi grande valeur que ledit Julien du Breil le prétendoit, d'autant qu'outre les ruines des bâtiments, ils étaient encore chargés du douaire de dame Julienne de la Villéon, veuve dudit feu sr de Pontbriand, qui l'avoit espousée en secondes noces, et de la somme de 300 l. de rente que ledit feu sr du Breil en mariant ledit Jean du Breil, son fils aîné, avec feu demoiselle Claude de Brullon fille de la maison de la Muce, avoit promis d'assigner à ladite demoiselle pour les deniers qu'elle avoit apportés en mariage audit Jean du Breil, etc... Sur toutes lesquelles contestations lesdits frères s'estant conciliés, après avoir reconnu que les successions dont il s'agissoit étoient nobles et de gouvernement noble et avantageux et que leurs prédécesseurs s'estoient, de tout temps immémorial, régis et gouvernés au fait de leurs partages selon l'assise et constitution du comte Geoffroy, ledit Jean du Breil, sr du Pontbriand, fils aîné et héritier principal de sesdits père et mère, pour demeurer quitte envers sondit frère du droit qui lui appartenoit dans leurs successions,promet de lui donner la somme de 233 l. 6s 8d de rente, rachetable par celle 2,333 escus 1/2, sur laquelle il lui paie comptant la somme de 233 escus 1/3, et s'oblige de payer le surplus dans un an ; au moyen de quoi ledit Julien du Breil se départ de tous ses droits sur les successions de sesdits père et mère et déclare estre deuement partagé eu égard au nombre des juveigneurs qui étoient : Georges du Breil, sr de la Garde, premier puisné, Claude du Breil, escr, sr de la Marche Tangui du Breil, escr, les enfants et héritiers de feue demoiselle Françoise du Breil, et Julienne et Guillemette du Breil. Cet acte pour l'exécution duquel lesdites parties élisent leur domicile dans la ville de Dinan chez Me Nicolas Banier et Me Maurice Raoul, fut passé au lieu de la Saudraye, paroisse de Calorguen, dans la maison de Geoffroi Blanchette, et reçu par Jean le Roy, qui en retint la minute, notaire royal de la cour de Rennes établi a Dinan, et Geoffroi Briot, aussi notaire royal de la cour de Rennes. -Preuves de Jean-Baptiste-Tanguy du Breil de Pontbriand. Original en parchemin.


 

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Published by poudouvre
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