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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 16:07

Jean Oger, nous situe l'endroit qui va faire l'objet de notre description  le Lou du Lac : Située à 9 lieues et demie au Sud-Sud/Ouest de Dol auquel évêché est rattachée cette paroisse, à 5 lieues et demie de Rennes, son ressort, et à une lieue de Montauban, sa subdélégation. La Cure de cette paroisse est à l'Ordinaire (alternative). Elle comprend une superficie de 318 hectares. Poursuivons notre étude à travers les notes de M. Guillotin de Corson au sujet de la paroisse du Lou : Les Bretons appelaient louch un étang creusé de main d'homme ; il est donc vraisemblable que la paroisse du Lou doit son nom aux étangs qui entourent son château. On ignore l'origine de cette paroisse ; mais si l'on considère qu'elle était une enclave de Dol sise au milieu du diocèse de Saint-Malo, on doit lui attribuer une grande antiquité. D'après ce que nous avons dit précédemment (tome I, 383), a l'érection de la métropole de Dol, en 848. Or, l'existence de ces localités à cette époque reculée implique nécessairement la coexistence de paroisses de mêmes noms ainsi, Le Lou, se trouvant au IXe siècle isolé au milieu des paroisses d'un diocèse étranger, était indubitablement érigé lui-même en paroisse dès cette époque. Ce que nous disons ici du Lou doit être exact pour toutes les enclaves du diocèse de Dol dont nous aurons à parler dans la suite. L'antiquité du Lou est donc prouvée par sa situation même ; par ailleurs, il n'y a que des traditions très-vagues sur les origines de cette paroisse.

 

 

 

 

Les légendes parlent de vieilles églises ensevelies dans le lac du Lou, du creusement de l'étang de la Rive à une époque très-reculée (voir La légende de l'étang du Lou du Lac), des donations faites en ce lieu par les seigneurs de Montauban, etc.; mais rien de précis dans tout cela. Nos chartes mentionnent seulement en 1314 le « Lou Lieuc, faisant partie, ainsi que la «  Chapelle dou Lou. » de la donation faite à cette époque par Olivier,sire de Montauban, à Julienne Tournemine, sa femme. Le recteur du Lou était seul décimateur dans sa paroisse ; il levait tes grosses dîmes à la douzième et les dîmes vertes seulement à la treizième. En 1790, M. Gaultier déclara que son bénéfice lui rapportait 900 liv. de revenu brut. Toutefois, ses charges montaient à 104 liv., de sorte qu'il ne lui restait que 796 liv.; mais il jouissait, en outre, des fondations de dom Guil. Coussar, faites en 1597, de dom Olivier Aubry (de 1691) et de Guillemette Collet (de 1591), lui rapportant ensemble 203 liv. de rente. A la restauration du culte, vers 1802, une école ecclésiastique assez nombreuse fut établie au presbytère du Lou par les soins du recteur, M. Bédel ; nous avons dit qu'en 1810 elle se fondit dans la maison de Saint-Méen. (Voy., tome III, 852.)

 

 

 

 

Eglise -Saint Loup, évêque de Troyes, est le patron de l'église du Lou, édifice en partie roman qui n'est point dépourvu d'intérêt. Elle se compose d'une nef remontant aux XIe siècle, remarquable par son appareil en feuilles de fougère, son arc triomphal et ses étroites baies aujourd'hui bouchées. Le chevet de l'édifice, ainsi que la façade occidentale, ont été reconstruits au XVIe siècle. Cette église est presqu'accolée au vieux château du Lou. Elle est regardée comme la chapelle domestique du lieu. Cette thèse est aujourd'hui remise en cause. Les seigneurs du Lou y jouissaient des droits honorifiques et des prééminences, mais les sires de Montauban prétendaient y avoir droit à la supériorité Il y avait entre autres fondations, dans ce sanctuaire, celle d'une messe matinale tous les dimanches et fêtes faite en 1727 par Mme de Pontcallec, née Geneviève de la Lande

A présent ces quelques notes laissées par Philippe Guigon : La seigneurie du Lou relevait de celle de Montauban depuis au moins septembre 1314, mais ce n’est qu’en avril 1329, selon un acte retranscrit en 1779, qu’apparaît pour la première fois le nom du tenant de ce lieu, Éon de Méel. Ce personnage possédait alors, apparemment à faible distance de l’église, un hotel, terme désignant plus un manoir qu’une motte, alors probablement tombée en désuétude. Plusieurs éminences de terre étaient relativement proches de l’actuel château. Il faut éliminer celle située en La Chapelle-du-Lou à 1 100 m au nord-est de l’église du Lou, détruite en 1987, dite Butte du Château-Gaillard en 1756, mais également, par la carte de Cassini, La Motte Boutier : selon Michel Brand’honneur, il s’agissait là d’une possession, de la famille de ce nom installée dès le début du XIIe siècle en bordure de la foresta de Tanouarn, en Tinténiac. Une autre motte subsistante, bien qu’entamée par les travaux de la carrière liée au lac, se voit à 200 mètres au sud-ouest de l’église du Lou, entourée d’un petit fossé qui la sépare de sa basse-cour. Une vue aérienne prise à haute altitude par l’IGN le 28 mars 1991 y montre une structure rectangulaire délimitée par des fossés (19 mètres sur 16 mètres) : s’agirait-il d’une maison-forte du bas Moyen Âge, succédant à la motte des Méel ?

La famille de Méel possédait au XVe siècle le manoir du Lou, dont Jean de Méel était seigneur en 1444 et 1459. A cette famille appartint Eon de Méel, qui accompagna du-Guesclin en Normandie et lui donna en 1378 une quittance de ses gages, scellée de son sceau, portant huit merlettes posées 4,3,1. Olivier de Méel fut aussi capitaine d'une compagnie envoyée en 1421 au secours du Dauphin, mais convaincu d'avoir trempé dans l'assassinat de Gilles de Bretagne, il fut décapité à Vannes en 1451 (voir Gilles de Bretagne, page n° 1 - Gilles de Bretagne, page n° 2 - Le château de la Hardouinaye en Saint Launeuc - les villages de Langourla, page n° 7 - l'abbaye de Boquen, page n° 8).La dernier seigneur du Lou du nom de Méel fut Eon de Méel, mort avant 1513, laissant deux filles, vivant à cette époque. Jeanne de Méel, femme d'Arthur de La Lande, et Michelle de Méel épouse Arthur de La Chèze (voir Les possesseurs de la châtellenie de La Chèze). Jeanne étant l'aînée apporta la seigneurie du Lou à son mari, ses enfants et leurs descendants qui la conservèrent pendant deux siècles.  Cet Arthur de La Lande était fils de Macé de La Lande, gouverneur de la Gravelle en 1450. Arthur de La Lande, homme d'armes de l'ordonnance de la duchesse Anne en 1489, se fixa en Bretagne à la suite de son mariage avec Jeanne de Méel. Il en eut Jean de La Lande, seigneur du Lou qui partagea ses sœurs en 1547 et épousa Anne de La Moussaye  (voir Le passé de Plénée Jugon : le château de la Moussaye et ses possesseurs) 

Le fils de ces derniers, Jacques de La Lande, seigneur du Lou en 1575, fut d'abord page du roi, puis écuyer de la reine Catherine de Médicis, enfin chevalier de l'Ordre de Saint-Michel en 1580. Il épousa Geneviève de la Chapelle, fille du seigneur de Trégomain, qui lui apporta cette terre, demeurée ensuite unie à celle du Lou (voir armoiries ci-dessus).Roland de La Lande, fils des précédents, seigneur du Lou et de Trégomain, qui lui apporta cette terre, fut comme son père chevalier de l'Ordre de Saint-Michel ; il épousa par contrat du 5 novembre 1609 Marie-Magdelaine de Coëtlogon, fille de François, seigneur de Coëtlogon (voir La seigneurie de Coëtlogon). En 1627, il fit une fondation en l'église conventuelle des Grands Carmes de Rennes et y choisit sa sépulture, y ayant vraisemblablement fait inhumer son père. Quant à lui-même, il obtint en 1637 l'érection du Lou en châtellenie, et vivait encore en 1646. Son fils Florent de La Lande, seigneur du Lou, épousa par contrat du 15 juin 1640, Jacquemine du Breil de Pontbriant, fille du seigneur de Pontbriant (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 1). Ce seigneur décéda vers 1675. Sa veuve lui survécut jusqu'au 11 avril 1696 ; elle mourut alors à Rennes, âgée de soixante et six ans ; mais son corps fut apporté au Lou et inhumé sous le chanceau de l'église paroissiale du Lou du Lac.

Le nouveau seigneur du Lou, Guy de La Lande, capitaine des mousquetaires, épousa Mathurine de Saint-Pern, fille du seigneur de Ligouyer. De cette union sortit Gabriel de La Lande, reçut en 1711 conseiller au parlement de Bretagne et seigneur du Lou dès 1710 ; il épousa à Questembert le 6 février de cette dernière année, Marie-Thérèse de La Guibourgère fille du seigneur de La Guibourgère. Gabriel de La Lande mourut en 1713, à la fleur de l'âge et sans laisser d'enfants ; sa châtellenie du Lou passa à sa sœur Renée-Geneviève de La Lande, veuve du Marquis de Pontcallec. Cette dame vint habiter le Lou et fit plusieurs fondations pieuses dans l'église paroissiale, mais elle mourut sans postérité. La châtellenie du Lou vint alors vers 1733, probablement par acquêt, aux mains de Guy-Pierre Aubert, seigneur de Sauvé, reçut secrétaire du roi en 1690 et mari de Thérèse-Patrice Bourdais. Celui-ci donna semble-t-il, cette seigneurie du Lou à son fils Guy-Jean Aubert, lorsqu'il épousa le 2 février 1733, à Saint-Etienne de Rennes, Renée-Catherine Cormier, fille du seigneur de la Courneuve. En ce moment, Guy-Jean Aubert était conseiller au Présidial de Rennes, et son père Guy-Pierre se trouvait être le doyen des conseillers de la même Cour.

 

 

Armoiries  Aubert : « d'azur à une houssette d'argent »

 

Plus tard Guy-Jean Aubert, seigneur du Lou, fut alloué lieutenant-général civil et criminel au Présidial, et vendit 38,000 liv. cet office en 1745. Devenu veuf, ce seigneur du Lou se remaria, par contrat du 11 octobre 1743, à Marie-Judith Picquet, fille du seigneur de la Motte ; celle-ci mourut veuve le 17 août 1777. De cette union naquit, le 14 avril 1749, Guy-Marie-Joseph Aubert, qui fut mousquetaire du roi puis seigneur du Lou, et épousé Marie-Marthe de Boishamon. Il en eut au manoir de la Heuzelaye en Quédillac, un garçon nommé Guy-Marie, le 12 juin 1772. Ayant perdu sa femme, le seigneur du Lou contracta une nouvelle alliance avec Renée-Thérèse Le Clavier, qui lui donna deux enfants, Louis et Marie ; cette dame devenue veuve, s'en trouvait tutrice en 1792.

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 10:28


 

 

 

La Chapelle-Blanche

 

 


 

Saint-Jouan-de-l'Isle

 

 


 

Médréac

 

 


 

Caulnes


 

 

 

Quédillac

 


 

Guitté


 

 

 

Guenroc


 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 15:33

V

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 11:10

En observant les inscriptions gravées sur les linteaux, on peut parfois obtenir quelques renseignements sur les possesseurs d'un lieu. Manifestement, la famille Henry, issue de la noblesse de robe était déjà présente au hameau de Cangué où elle disposait de son manoir (voir un manoir à Dolo : Cangué), une autre branche était présente à Trémeur aux lieux-dits Fontaine Glé (voir histoire de Trémeur, page n° 3) mais aussi à Gautrel (voir histoire de Trémeur, page n° 4) ; enfin on retrouve cette famille présente au sein de la juridiction de Lanrelas (voir histoire de Lanrelas, page n° 12). Outre Cangué à Dolo, elle était établie  en ce hameau du Chêne es Choux en la même paroisse ; toutefois dans les actes il est dit que Maître Jan Henry, Procureur du Lou demeurait la Ville Nouée -sans doute que l'endroit devenu Chêne-es-Choux résulte-t-il du démantèlement de la Ville NouéeUne longère à maintes reprises remaniée conserve des linteaux sur lesquels on peut lire ces inscriptions :

 

Sur le premier linteau cette inscription portant une formule latine avec nom du premier possesseur :

 


F.HENRY ÆDI

FICAT(E) AN 1640

 

François Henry m'a bâtie en 1640


 

Le second linteau incorporé en cette même longère mentionne le couple qui disposa de l'endroit :

 

 

M.I.HENRY ET IACVEMINE

SAIHIER ÆDIFICATE 1730


 

Maître Jean Henry et Jacquemine Saihier m'ont bâtie en 1730

Une alliance entre la famille Henry et la famille Saihier va se produire dans le courant de la première moitié du XVIIIe. Cette dernière famille Saihier alias Sehier était également présente à Dolo, mais aussi dans la paroisse voisine de Sévignac. S'agissant de la jeune mariée, prénommée Jacquemine, elle avait vu le jour à Dolo, de l'union de Jean Saihier et Peronnelle Mégret. Ainsi, à la première page des registres paroissiaux de Dolo, lit-on pour l'année 1689 : Jacquemine Sehier, fille h(onorable) Jan Sehier et Peronnelle Megret sa femme laboureurs demeurant au village du Bogay Jallu a esté baptisée par moy sous signé Recteur dans l'église de Dollo le cinquiesme jour de janvier mil six cent quatre vingt neuf et a esté par(r)ain h(onorable) homme Jacques Gesbert et mar(r)aine h(onorable) femme Jeanne Rouxel qui ne signe. Deux signatures figurent en bas de l'acte, à gauche, celle du parrain à droite celle du desservant F. Guérin. Importante fratrie que celle de la famille Saihier, un membre de cette maison retient l'attention, il s'agit de Pierre Saihier. Ce dernier avait vu le jour au début du mois de janvier 1682 au Bogay Jallu, il fut porté sur les fonts baptismaux par Missire Louis Rouxel et Peronnelle Harel. Manifestement c'est probablement le parrain qui enseigna audit Pierre la lecture et l'écriture et le dirigea vers l'une des études qui lui permit d'émerger socialement. Ainsi, quand Pierre Saihier épouse ce 11 mai 1707 en l'église de Trégomar Ursule Radegonde Quinot. Le jeune époux âgé de 22 ans y est qualifié de maître, et titré sieur de Champ Hay de la paroisse de Dolo, sa promise est pour sa part titrée demoiselle de la Viléon. Elle était fille de Jacques Quinot, sieur du Frêne, Fermier Général de la Terre de Trégomar (voir Baronnie de Trégomar) et de Dame Jacquette-Françoise de la Villestienne. Messire Guillaume Jean de Calloët (voir Quelques notes sur la famille de Callouêt), Chevalier, seigneur dudit lieu, mes(sire) le Baron de Tregommar (- et du Lou à Dolo voir Histoire de Dolo : le manoir du Lou), de Amaury Gaultier, sieur de la Pôchais et de plusieurs autres personnes qui ne signent, avec le consentement d'honorable homme Jan Saihier, père dudit sieur du Champ Hay. Missire J. Gicquel célébra ce mariage qui fut couronné par la naissance de neuf enfants. Maître Pierre Saihier exerça la charge de Procureur et de notaire à la juridiction du Lou à Dolo, toutefois, il devait sans nul doute vaquer de Dolo à Trégomar, les seigneuries des deux lieux étant entre les mains du même possesseur, ce qui explique qu'il rencontra sa promise à Trégomar. Il s'éteignit le 31 janvier 1734 après s'être confessé à missire Guy Pringault et reçut l'extrême onction de missire Galot recteur ; il fut inhumé le lendemain dans l'église de céans, en présence de Maître François-René Saihier son fils et de Maître Jean Henry. Manifestement l'un des fils du défunt avait repris les charges laissées vacantes par son père.

 

Acte de décès de Me Jean Henry -L'an de grâce Mil sept cent quarante le Cinquiesme Mars a esté inhumé par moy soussigné R(ecteu)r de Cette église le corps de h(onorable) : h(omme) m(aîtr)e Jean Henry p(rocureu)r et not(air)e de Cette J(uridicti)on -du Lou, décédé d'hyer agé d'environ cinquante ans après avoir receu les Sacrements ont assisté au convoi(s)...Jacquemine Saygier son espouse Laurent Henry son fils et autres qui ont déclarez ne sçavoir signer. Signature : C. Raoullais R(ecteu)r .


 

Comme nous le voyons, Maître Pierre Henry, beau-frère de Maître Pierre Saihier, sieur du Champ Hay et Procureur et notaire à la juridiction du Lou à Dolo, exerçait lui même pareille charge en cette juridiction qui ressortait alors du siège de la Sénéchaussée de Jugon ; il était probablement fils de Jean Henry et de Françoise Colin, et petit-fils ou neveu de François Henry auquel on doit en 1640 la construction de la première partie de la longère du Chêne es Choux. Honorable femme Jacquemine « Saihyer » fut inhumée en l'église de Dolo en l'an de grâce mil sept cent cinquante le vingt neuf d'Aoust par le desservant C. Raoullais. Elle s'était éteinte la veille, âgée de soixante ans, après avoir reçu les sacrements. Assistèrent au convoi : Jacques Lehardy, Pierre et Laurent Henry, et Jeanne Henry ses enfan(t)s, tous avec les autres soussignan(t)s. Outre la signature du recteur, figurent celles de Pierre Henry et Laurent Henry, ainsi que celle d'un certain Jan Le Collinet. Ces émargements sont les preuves que les enfants Henry avaient eux mêmes reçu une certaine éducation, preuve de leur statut social, car à cette époque nombre de jeunes gens ne savaient ni lire ni écrire.


 

 du

 

En rouge la seigneurie du Lou, en jaune et rouge emplacement approximatif du Chêne-es-Choux.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 14:34

 

En 1275, Jean le Roux avait marié son petit-fils Arthur, bien qu'il n'eût que treize ans. Il obtint pour lui Marie ou Alix de Limoges, héritière de la vicomte. Sa mère et tutrice exigea le solennel engagement du duc, de son fils Jean et d'Arthur de défendre Limoges contre les Anglais ; et le duc convint d'un douaire de 4000 livres (environ 455.000 francs). Marie de Limoges devint mère de Jean, qui sera le duc Jean III, de Guy, depuis comte de Penthièvre (et Pierre, duc de Dol et de Saint-Malo), et mourut en 1291. Trois ans après, en 1294, Jean II, qui avait succédé à son père en 1286, allait remarier son fils. Il lui donna pour femme Yolande de Dreux, fille de Robert IV et de Béatrix de Dreux, comtesse de Montfort-l'Amaury. Depuis six ans, Yolande était veuve sans enfants du roi d'Ecosse Alexandre IV : elle portait et allait garder le titre de reine d'Ecosse. Le futur duc Arthur et Yolande étaient cousins au huitième degré : ils avaient pour ancêtre commun le petit-fils de saint Louis, Robert II de Dreux, père de Pierre Mauclerc bisaïeul d'Arthur et de Robert III bisaïeul d'Yolande. L'année même de ce mariage, la guerre menaçait. Le duc Jean II faisait une sorte de recensement de son armée féodale ; il se mettait à la disposition de son beau-frère Edouard ; acceptait le titre de lieutenant du roi d'Angleterre, et partait en guerre pour la Gascogne. Puis, par une surprenante volte-face, il quittait l'armée anglaise et se joignait à l'armée française à laquelle il apportait un secours aussi efficace qu'inattendu (1296). En prix de ce service, le roi offrit à Jean II le titre de pair qui emportait celui de duc (1297). Ebloui de ce titre de duc, que « les lettres royaux » ne lui donnaient pas, Jean II ne vit pas, les conséquences qu'allait avoir pour le duché l'érection en pairie. La première,c'est que le duc s'engageait à l'hommage lige, contre lequel ses successeurs protesteront, sans pouvoir toujours s'en défendre. Mais ce n'est pas tout. Sur un point important, la pairie allait modifier le droit public de la Bretagne. Jusque-là, les fiefs des duchesses n'entraient pas dans le domaine ducal. Au contraire, les fiefs des reines entraient au domaine royal. Cette règle s'appliquait aux fiefs du royaume, et l'érection en pairie allait y soumettre la Bretagne. Yolande a vu mieux que personne les inconvénients que l'érection en pairie a pour ses enfants ; et après la mort de Jean II (18 novembre 1304), elle va parer au danger.La reine douairière n'était pas riche. Comme si elle eût résolu de garder le veuvage, elle avait renoncé au profit de son frère à tous ses droits dans la succession de son père ouverte en 1282 ; même dans la succession future de sa mère comprenant notamment Montfort et ses annexes. Le prix très modique de cette renonciation avait été une rente de 1,0000 # (113,730 de nos jours.) Son frère lui avait donné en dot une rente de 1,500 # (170,000 francs); elle apportait donc une rente de 2,500 # ou (284,000 francs). C'était peu pour un futur duc de Bretagne. Un douaire fut-il convenu lors du mariage? C'est probable, mais nous n'avons pas le contrat ; un acte postérieur du duc y suppléera. Yolande avait eu un fils nommé Jean, comme l'ainé de ses frères consanguins, et cinq filles. En devenant mère, la duchesse de Bretagne oubliera le désintéressement de la reine d'Ecosse; et, sans négliger ses intérêts propres, elle sera ambitieuse pour ses enfants, et surtout pour son fils. Mais que d'obstacles ! Yolande a par avance renoncé au comté de Montfort. Mais, le comté fût-il en sa possession, après l'érection en. pairie, il entrera dans le domaine et pourra être le partage d'un fils du premier mariage. Yolande ne l'entend par ainsi. Elle fait représenter au roi. qu'elle s'est mariée sous la loi bretonne, avant l'érection de la Bretagne en pairie ; et que cet acte ne peut porter préjudice à ses droits et à ceux de ses enfants. Le roi en conseil accueille sa requête. Lettres du 24 septembre 1309. Ainsi le comté de Montfort, s'il, entre dans les mains d'Yolande, suivant l'ancienne Coutume bretonne, n'entrera pas dans le domaine ducal et passera au fils de la duchesse.

Lobineau dit « parents au 4e degré. » Nous comptons autrement :

Voici la généalogie.

 

 

Robert II petit-fils du roi saint Louis, dont Robert III dit Gateblé, dont Robert IV, dont Yolande

Pierre Mauclerc, frère de Robert II, dont Jean Ier Le Roux, dont Jean II, dont Arthur II.


 

 

Robert II petit-fils du roi saint Louis et ses deux fils : 

Robert III de Dreux, et Pierre de Dreux, duc de Bretagne

Quand elle a cette assurance, Yolande obtient de son frère qui dépérit le retrait du contrat de renonciation (1310). Elle ne recevra plus sa rente de 1000  # mais elle redevient habile à succéder à son père et à sa mère, et elle aura bientôt l'héritage : son frère meurt peu après ;et sa mère, l'année suivante (1311). Au même temps, le duc semble tirer à sa fin Yolande obtient de lui une donation et un testament. Parle premier acte Arthur institue : Ie pour elle même un douaire de 7000  (577,500 fr.) ; 2° pour ses enfants une rente de 7000  ## (600 000 fr.), dont Jean futur duc fait aussitôt l'assiette jusqu'à concurrence de 3300  # (272,000.fr.), sur les domaines de Perche, de Maine et de Normandie ; 3° pour son fils Jean (de Montfort) une rente de 500 # (41 250 fr.) avec la seigneurie de Guérande que le duc prend soin d'évaluer 12000  # environ un million de notre monnaie. J'emprunte ce chiffre de 8000 à nos deux historiens bénédictins. Dans la marge en regard de ce chiffre, Lobineau écrit : « d'autres disent 20000, mais à tort ». Or dans leurs Preuves, les deux historiens impriment sous le titre de « Partage donné aux enfants de la duchesse Yolande  », un acte dressé en présence d'Arthur II et daté d'octobre 1311, qui commence ainsi : « Nous Yoland, duchesse de Bretaigne, avons volu et volons qu'en l'assiette de XX mil livres de rente que nostre chier seignor et espoux le duc. père des dits enfants, segond (selon) la forme d'une convenance (convention) faite entre nous... ». Le chiffre XX mil livres est répété plus loin. (Je chiffre élève l'apanage à un million 650000 francs (de rente) de notre monnaie : soit pour chacun des six enfants, si les parts étaient égales, 275000 francs. Par son testament le duc « ordonnait pour le mariage de ses filles 20,000 (1.650.000 francs). » Ces dispositions prises, Arthur meurt au château de l'Isle. à l'entrée de la Vilaine, le 27 août 1312. Il croit apparemment avoir assuré la paix dans la maison de Bretagne.

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 07:21

Cette maison, qui se trouve près de la petite ville de Montfort-la-Canne, autrefois du diocèse de Saint-Malo et aujourd'hui de celui de Rennes, était redevable de sa fondation à la piété de Guillaume, 1er du nom, sire de Montfort et de Gaël. Les religieux de Saint-Melaine approuvèrent son dessein et lui accordèrent, le 1er mai 1152, le terrain où furent jetés les fondements de la nouvelle église. Saint Jean de La Grille, alors évèque de Saint-Malo, la consacra à Dieu sous l'invocation de saint Jacques, apôtre. Cette abbaye était fondée pour six chanoines réguliers et valait à son abbé deux mille cinq cents francs de revenu annuel. Les bâtiments de cette maison sont aujourd'hui occupés par une communauté d'Ursulines.

« L'an de l'Incarnation du Seigneur 1152, l'église de Saint-Jacques de Montfort fut commencée ; le premier jour du mois de mai la première pierre fondamentale fut placée par Geoffroy, fils cadet de Guillaume, seigneur de Montfort ; la seconde par Raoul, fils aîné dudit Guillaume ; la troisième par Guillaume, qui est le principal fondateur de cette maison et qui l'a amplement dotée de ses propres revenus pour l'usage des chanoines qui doivent y faire régulièrement le service divin; la quatrième par Amice, épouse du susdit Guillaume. La quatrième année suivante, le comte Conan, fils du comte Alain, passa de l'Angleterre dans la Petite-Bretagne, au mois de septembre. Jean, évoque de Saint-Malo, con sacra, le dix des calendes de novembre de la même année, le grand autel de cette église. La vigile de la Pentecéte suivante, le susdit Guillaume, après avoir pris l'habit régulier dans cette maison, mourut dans la confession de la Sainte-Trinité, Raoul, son fils aine, jeune homme d'un excellent caractère, succéda à son père. Sou son temps, c'est-à-dire cinq ans après, le premier dimanche du mois d'août, Jean, évêque de Saint-Malo, homme consommé en religion, visita ce lieu, accompagné d'un brillant cortége composé de clercs et de laïcs; le même jour il y désigna un cimetière et institua pour premier abbé, Bernard, prieur de ce lieu. En même temps, Amice, Dame de Montfort, avec la concession de ses fils Raoul et Geoffroy, donna librement et en possession tranquille, la terre de Isacar Rogel à l'église de Montfort. La même année mourut Raoul, seigneur de Montfort. Sentant sa dernière heure approcher, il donna à la même église, avec l'agrément de son frère Geoffroy, la terre du Magoir et tout le fief de Pasquer. Il fut réuni à ses pères et inhumé dans le choeur de celte église, auprès du tombeau de son père, le doute des calendes de décembre. »


 

« Puisque Jésus-Christ, médiateur de Dieu et des hommes est descendu sur la terre pour sauver les pécheurs, justifier les impies et leur a indiqué les moyens qu'ils devaient prendre pour se procurer le salut etla justification, en disant ; soyez miséricordieux parce que votre père est miséricordieux; et ensuite : bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde ; » et ceci : faites-vous des amis des richesses de l'iniquité afin qu'on vous reçoive dans les tabernacles éternels ; et encore : de même que l'eau éteint le feu, de même l'aumône éteint le péché. » Moi Guillaume, seigneur de Montfort, prêtant l'oreille à toutes ces choses, et désirant obéir à la voix du Seigneur pour obtenir de cette fontaine de miséricorde la rémission de mes péchés, j'ai donné, pour perpétuer sa louange, en fief aumôné, quelques portions des biens qui m'étaient échus par héritage, afin qu'ils puissent pour toujours être profitables tant à moi qu'à mes prédécesseurs ; je les ai donnés pour que le service divin fut assidûment célébré en l'église de Saint-Jacques, et pour assurer un secours à ceux qui y diront les offices. Voici les choses que je désire faire connaître tant à ceux qui sont présents qu'à ceux avenir : Je supplie instamment les personnes ecclésiastiques et séculières de faire leurs efforts, pour l'amour de Dieu, afin que mes dons soient conservés dans leur totalité. J'ai donc donné à l'église de Saint-Jacques et au frère Bernard, autrefois notre chapelain, aux frères chanoines réguliers et à leurs successeurs, à tout jamais ; le four de Montfort, la dime du nouveau moulin, la dime du fromentage, des vignes, des jardins, la dime de la forêt de CouIon, la moitié du passage de Montfort et la vente du pain et du vin. Je leur ai également donné, dans le territoire de Gaël, les terres de Prestebol, de Charbonel, de Folohëel, d'Even et de Garnier de la Noë, des Dodelien, celle des fils de Rivald de la Lande, et celle des fils de Judicaël, fils de Moysen. En Ilifaut, les terres de Guillaume, de Bodin, des Albert, de Finido, de Guillaume prêtre de Borrigath, d'Illiso de Bren, de Daniel le Blanc, de Gerbert de Brengelen et de Helena fils de Pélisée, Je leur ai donné la dime sur les revenus en grains et en argent des hôpitaux de Tajencach et de Monterfi, ainsi que la terre de Guielmor (Guihermont) avec ses dépendances, et celle auprès de la forêt de Tremelin, ainsi qu'un moulin en Romillé. Je leur ai donné en Saint-Éloi (de Montauban), la terre d'Orène de la Cour ; en Bédée, la terre de Geoffroy, fils de Gorrand ; en Breteil, deux métairies que j'avais achetées de Conan, fils de Rotaud de Guignon, concédant et approuvant, afin qu'il devint frère et participant des bienfaits de cette église. Je leur ai aussi donné, dans la paroisse de Saint-Gilles, Ia terre de Jean fils de Mein, celles de Reutadre, de Guillaume de Micahé, de Pascher, de Hungunar, d'Urvoi, de Judicaêl, de Hefred, de Gorrand, de Geoffroy Turmel et le champ d'Even, fils de Bellisent.

J'ai fait don de foutes ces choses avec l'agrément d'Amice, mon épouse, et le consentement de mes fils et de mes frères ; je les ai données librement et sans retenue d'aucun domaine. Il m'a plu aussi d'insérer dans mon écrit les dons que mon épouse et mes hommes féodés ont fait en ma présence et avec mon assentiment à la susdite église, afin qu'il soit notoire à tous que les bienfaits que possède cette église, non seulement à présent, mais qu'elle pourra acquérir dans la suite, sont de ma concession et de ma volonté. Les religieux doivent me regarder comme leur seigneur, quoique je. ne sois qu'un pécheur, et prier Dieu de donner la vie éternelle à ceux qui multiplient et conservent leurs biens. Amice, mon épouse; a donc donné, en Gaël, la vente du pain et de la viande ; en Talensac, un moulin ; en Saint-Éloi (de Montauban), là terre près le bourg dans les vignes de Geoffroi, fils de Bino de ses parlicipants dans la terre de Bernier, un quar tier de froment..... Lehefaut, avec la concession de ses fils, a donné, en Talensac, une terre auprès de la forêt ; Hervé, fils de Richaut, avec la concession de ses fils, a donné un champ auprès du cimetière, Menfinit, fils de Hugues, pour l'âme de son frère a donné une terre pour établir un moulin ; Pierre, fils d'Urvoi, chasseur, a donné l'endroit qu'il avait dans la Vallée et la Ville-Aubert ( paroisse de Monterfit) et une maison dans la paroisse de Mauron. Dans le bourg de Breteil, Guillaume, prêtre, a fait don d'une maison qu'il avait reçue de moi. En Gevezé, Jean, fils de Trussel, avec ta concession de ses frères, a donné la dime du fief d'Espergat, pour l'âme deRafred, son frère. En Irrodoir, Geoffroi, fils d'Utric, a donné la terre de la Chapelle. En Bédée, Dualen, fils de Blanche, avec la concession de ses fils et de son frère, abandonné le droit qu'il avait dans te lieu de Saint-Jacques. Corninelle a donné une « vigne auprès de la rivière du Meu. Hubert a donné une vigne, avec l'agrément de ses fils, Montfort, Daniel, surnommé Lebreton, a donné les maisons qu'il tenait du fief de Floard, et en sus il a offert son propre fils à l'Église. Dans la paroisse de Coulon, Raoul, prêtre de Pacé, a donné une vigne. Marie, soeur converse de la même église, a donné une vigne. Raoul et Rivellon, fils de Rotard, avec le consentement de leurs fils, ont donné trois quartiers de froment..... Hodie a donné sa maison avec là concession de ses maîtres et de ses proches. En Saint-Éloi (de Montauban), Hervé, prêtre de la Chapelle, a donné la terre de Secheri. Pierre, fils de Trehored, a donné une mesure de blé dans la terre de son frère Eudon Rigide. En Gaël, Hugues, fils de Respel, a donné tout ce qu'il avait de droit héréditaire. Hervé, fils de David, a donné deux maisons. En llifaut, Clamaire a a donné un champ avec sa maison, avec l'agrément de ses maîtres et de son fils. Dans la paroisse de Mauron, Guillaume Sellier a fait don d'un champ, avec l'agrément de ses maîtres et de ses fils. Revellon et Jarnogot, fils de Hamelin, ont donné un champ auprès de Musterbion. Raoul, fils de Jarnogot, a vendu sa maison en Cihiledro. Trescand, fils de Tuai, a donné, avec son fils, trois maisons dans le bourg de Saint-Leri. Jarnogod, frère de Demorand, a donné sa maison du Ferrier. En Saint-Maugand, Geoffroi du Vau-Ferrier a donné un champ, avec le consentement de ses fils. Les trois fils de Bernard ont donné leur dime ; les deux autres, Gautier et Hervé, ont engagé leur part pour neuf écus. »

Bernard fut le premier abbé de Saint- Jacques de Montfort. Entre toutes les règles qui lui parurent propres à former les premiers religieux de cette maison, il choisit celle d'Arouaise, abbaye d'Artois, qui était la plus austère de toutes celles qui étaient en usage d& son temps. D. Martène a donné au public cette observance sous le nom de coutumes des chanoines réguliers de Saint-Jacques de Montfort. Bernard, que sa haute piété rendait très-recommandable, travailla utilement en 1168 à réconcilier l'évêque de Rennes avec son chapitre. On ne sait pas l'année de sa mort ; le jour en est marqué au 22 septembre dans le nécrologe de l'abbaye.

Jean de Vaunoise était originaire de la paroisse de Romillé près Montfort et d'extraction noble. Ce fut à sa considération que Geoffroi, sire de Montfort, céda à l'abbaye de Saint-Jacques tous les droits seigneuriaux qu'il avait sur la terre de Vaunoise. Son mérite et sa piété le firent élire archevêque de Dol vers 1189; mais il mourut avant son sacre, et fut inhumé dans son abbaye.

 

Tudal, prieur du monastère de Painpont, membre dépendant de l'abbaye de Saint-Meen, fut nommé par le pape Célestin III en la place de Jean de Vaunoise, que le chapitre de Dol avait élu pour son archevêque. Comme il était religieux bénédictin, les chanoines marquèrent une grande répugnance à le recevoir ; mais ils furent obligés de se soumettre à la décision du pape. Devenu paisible possesseur, il reprit le dessein qu'il avait conçu quelques années auparavant de soustraire le monastère de Painpont à celui de Saint-Méen et d'y établir des chanoines réguliers. Le pape Innocent III lui en accorda la permission, ainsi que Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo; mais on ne sait précisément en quelle année fut faite cette érection. L'année de la mort de Tual n'est pas plus certaine ; le jour en est marqué au 24 février dans les nécrologes de Painpont et de Montfort.


 

R. fut un des arbitres du différend que Raoul, sire de Montfort, eut en 1210 avec Eudon et Juhel, ses enfants, pour leur subsistance, suivant une charte da château de Vitré.

 

Even ordonna en 1217 qu'on célébrerait tous les ans, le 3 novembre, un anniversaire pour les pères et mères des chanoines de l'abbaye. Il mourut le 12 avril 1219, suivant le même obituaire.


 

Robert de Saint-Gonlai transigea en 1220 avec Jean de Dol, sire de Combourg, fut gratifiè en 1224 de l'église de Bourg-de-Comptes par Josselin de Montauban, évêque de Rennes, et donna le 28 août 1227, aux deux chanoines réguliers de l'église de Rennes, les deux tiers des grosses dîmes de la paroisse de Langan. Sa mort est marquée au 27 septembre dans le nécrologe de l'abbaye.

 

Raoul de Saint-Gonlai succéda à son oncle ; mais on ne sait en quel temps il fut élu, ni en quelle année il mourut.

Geoffroi Le Mainard fut le dixième abbé de Monlfort, suivant l'auteur du nécrologe, qui met au rang des abbés Bressel et Guillaume de Saint-Maugan. Il mourut le 21 octobre 1296. On lui attribue quelques règlements faits pour rétablir l'observance dans l'abbaye, en conséquence de la visite que Renaud, archevêque de Tours, y fit en 1293.


 

Jean de Belleville fut nommé en 1296 arbitre du différend que les chanoines de Saint-Malo avaient avec Guillaume de Saint-Gilles, chevalier. Il mourut le 2 janvier 1328, suivant le nécrologe de son abbaye, qui lui donne le titre de restaurateur de son église, c'est-à-dire du choeur ; mais le testament de Raoul, sire de Montfort, prouve la fausseté de cette date.


 


 

Raoul Le Molnier, prieur de La Bretonnière, fut un des exécuteurs testamentaires de Raoul, sire de Montfort, décédé en 1314; mais il se démit de cette commission selon un acte du château de Vitré. Il continua l'église commencée par son prédécesseur, et mourut le 13 juin 1332.

 

Raoul Dolnoir, docteur en décret, afféagea un pré en 1343, et mourut en 1360 le 27 juin, selon l'auteur du catalogue des abbés de cette maison.


 

Raoul Quinoc ou Quernoc succéda en 1360, selon le même catalogue, et ne tint le siège que quelques mois.



 

Pierre Adeline fut élu en 1362, et accorda l'année suivante à Raoul de Vaunoise, chevalier, une espèce de juridiction sur quelques vassaux de l'abbaye. Il afféagea quelques héritages à M. Guillaume Lévêque en 1382, et mourut à Angers en 1401, le 12 septembre. On l'avait inhumé dans le choeur des Cordeliers de cette ville, du côté de l'Evangile.

Guillaume Guiho, abbé de Painpont, fut transféré à Montfort en 1401 , en conséquence de l'élection que les chanoines de Montfort avaient faite de sa personne. Il obtint des lettres de sauvegarde pour son abbaye le 6 avril 1406, et mourut le 13 novembre 1410.


 

Bertrand Harel fut élu en 1410, et confirmé par le pape Jean XXIII qui le recommanda au duc. Il fit consacrer son église par Guillaume de Montfort, évêque de Saint-Malo, en 1428, et mourut le 28 janvier 1448.


 


 

Robert Hubert obtint du pape Calixte III l'usage des habits pontificaux dont ses prédécesseurs ne s'étaient point servis. Son décès est marqué dans le catalogue des abbés de Montfort au 23 novembre 1463.


 

Jean de La Doesnelière, fils de Guillaume, seigneur Du Failla dans la paroisse de Romillé, succéda au précédent, et en mourut le 13 octobre 1472.


 

Bertrand de La Doesnelière, oncle du précédent, fut élu en 1478, et mourut le 26 avril 1484.


 

Brient de La Doesnelière, neveu des deux précédents, obtint, le 16 août 1485, la permission de mettre en exécution les lettres apostoliques qu'il avait de obtenues pour l'abbaye de Montfort. Les chanoines opposèrent Guillaume Pièdevache, dont l'élection avait été ratifiée par l'évêque de Saint-Malo. Le duc de son côté demanda au pape l'abbaye pour Gilles de Coetlogon, chanoine de Painpont oude Montfort ; mais le pape avait déjà expédié les provisions de Brient de La Doesnelière, qui demeura paisible possesseur par la cession de Guillaume Pièdevache en 1486. Il se démit aussi en 1487, et on ne sait ce qu'il devint.


 

Gilles de Quebriac, doyen de l'église de Saint-Malo, fut pourvu par le pape Innocent VIII en 1487, sur la démission de Brient de La Doesnelière. Il mourut le 16 décembre 1508.

Gui Le Clerc, chanoine régulier et abbé de La Roë en Anjou, conseiller et aumônier de la reine Anne, obtint en commende l'abbaye de Montfort en 1509, lut nommé à l'évêché de Léon eu 1514, se démit en 1521, et se retira à La Roë, où il mourut le 11 mai 1523.


 


 

Guillaume de Tacé, conseiller et aumônier du roi, fut élu en 1523 par ses confrères; mais il n'eut des bulles qu'en qualité de commendataire. François de Laval, évêque de Dol et abbé commendataire de Painpont, lui disputa l'abbaye, sur laquelle il fut maintenu en 1525 par lettres de la chancellerie. Nonobstant ce jugement, il paraît, par un ancien compte autrefois conservé aux archives de Montfort, que les deux contendants s'accommodèrent ensemble, et partagèrent entre eux les fruits de l'abbaye. Guillaume mourut à Montfort le 8 juillet 1535.


 

Charles Pineau, religieux dominicain, docteur en théologie et célèbre prédicateur, fut nommé à l'abbaye de Montfort par le roi François Ier, à la recommandation du comte de Laval. Le pape lui accorda des bulles, à condition qu'il embrasserait l'observance de son abbaye. Il fut bénit dans l'église des Dominicains d'Angers le 28 avril 1538, par Jean, évêque d'Angers, assisté de François, abbé de Toussaint, et de Pierre, abbé de Saint-Crépin de Soissons. François de Laval, évéque de Dol, lui donna un canonicat.dans son chapitre, le nomma grand vicaire du diocèse, et enfin lui procura le titre d'évêque de Castorie. Charles Pineau mourut à Dol au mois de mars 1549 et y fut inhumé.


 

Roland de Neufville, fils de Regnaud, seigneur Du Plessis-Bardoul, gouverneur du comté de Montfort, et de Charlotte Ruffier, fut pourvu en 1550 de l'abbaye de Saint-Jacques qu'il tint pendant soixante et un ans. Il devint évêqne de Léon en 1562, et mourut à Rennes le 5 février 1613.


 

Jean de Tanouarn, neveu du précédent, assista, en qualité d'abbé de Montfort, aux Etals tenus à Rennes en 1613. Persuadé que la pluralité des bénéfices est illicite, il refusa la coadjutorerie de Léon et l'évêché de Dol qui lui furent offerts. Il introduisit la réforme de sainte Geneviève dans son abbaye, et mourut le 17 septembre 1663 au Plessis-Bardoul. Son corps fut transporté à Monifort et inhumé au pied du sanctuaire.


 


 

Jean-Jacques d'Obheil, né à Moulins en Bourbonnais, prit possession de l'abbaye le 26 février 1663, fut nommé à l'évêché d'Orange en 1674 et sacré dans l'église des Célestins de Paris en 1677. Il mourut au mois d'août 1720. Son diocèse lui dut le rétablissement du palais épiscopal.

 

 

N... de Marbeuf fut nommé à cette abbaye le 8 janvier 1721.

 

 

N... de Champlais fut nommé au mois de mars 1725. Il devint chanoine de la collégiale de Guérande et posséda son abbaye pendant soixante et un ans, n'étant mort qu'en 1786.

 

 

Claude Fauchet obtint en 1787 l'abbaye de Montfort. Il était né en Nivernais, avait été d'abord précepteur dans la famille de Choiseul, puis prêtre de Saint-Roch à Paris, où l'archevêque le frappa d'interdit. Esprit aident, il se livra au ministère de la chaire, flatta le goût de son époque, et finit par obtenir le titre honorable de prédicateur du roi. Il devint prieur de Saint-Nicolas de Josselin et abbé de Montfort. Chaud partisan de la révolution, il la prêcha, la défendit et fut nommé évêque constitutionnel de la Manche. Ayant embrassé le parti des fédéralistes, il déplut aux terroristes, qui le firent arrêter et condamner à mort. Les approches du trépas le rappelèrent aux sentiments de religion, et dans ses derniers moments il témoigna son repentir de sa conduite passée. Je suis puni, dit-il, non de ce dont on m'accuse, mais de ce que j'ai fait précédemment » Il fut guillotiné le 31 novembre 1793, et mourut repentant de ses fautes. Il était très-charitable et se dépouillait de tout en faveur des pauvres. Il y a lieu de croire que ses aumônes lui obtinrent la grâce de sa conversion.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 06:52

 

Eglise de Plourhan

Passons maintenant à un texte qui nous donne la description d'armoiries aujourd'hui complètement disparues et qui existaient dans les églises de Plourhan et de Saint-Quay. En 1731 Jean Damar, sénéchal du comté de Goëllo, en vertu d'une ordonnance rendue au siége de Lanvollon le 7 avril, faisait, le 7 mai suivant, une descente de lieux, accompagné de Yves de Moenne, peintre verrier de Saint-Brieuc, et de Yves Rolland, son greffier, à l'effet de reconnaître certaines armoiries. C'était à l'occasion d'une discussion qui s'était élevée entre Michel-Henri Méhérenc, seigneur de Saint-Pierre, et Claude-René Chrestien, seigneur de Tréveneuc. Ce dernier soutenait que les armes de la seigneurie de La Villemario étaient dix billettes : M. de Saint-Pierre prétendait que ces billettes étaient sans nombre. Le sénéchal se rendit d'abord au bourg de Saint-Quay où il trouva les deux plaideurs. Au fond il s'agissait de savoir à qui la coutume et le droit sur les grains, dit Havage, de la chapelle du Rohat en Plourhan. On commença donc par relever les armoiries qui existaient dans l'église de Saint-Quay ; ceci à la requête de M. de Saint-Pierre qui présentait un procès-verbal d'armoiries dressé le 3 juillet 1605 à la requête du trésorier de l'église et avec la permission de Mme d'Acigné. M. de Tréveneuc contestait l'utilité de cette opération et demandait que l'on se transportât aussi au château et dans la chapelle de La Villemario. Laissons ici la parole au greffier :

« Nous sommes transportés dans l'église paroissiale de Saint-Quay, et nous a fait observer ledit sieur le Moene et voir que dans la maîtresse vitre de ladite église il y a un écusson fait en bannière scittuée au haut de laditte vitre, le fond de gueule, sçavoir : est 4, 3, 2 et 1 billettes d'argent 1 ; au milieu de la même vittre, un second écusson my partit de gueule à billettes d'argent, sçavoir : deux entières en chef, ensuite une et demie, puis une entière et demie en pointe au premier (qui est DOLO), et au second de gueules à macles d'or, scavoir une et demie en chef, une et demie au milieu et une demie en pointe 2. Troisième écusson de la même vitre, au premier et second de gueule en cinq billettes d'argents posées en sautoir 8, au troisième et quatrième aussi de gueule à cinq macles d'or aussi posées en sautoir (qui est LA ROCHEJAGU). Du côté de l'Évangile, nous a fait remarquer et a vu un écusson my partit au premier de gueule à 17 billettes d'argent, et de gueule à 10 annelets d'argent. Dernier écusson dans la même vittre aussi my partit sçavoir : est d'argent, semé d'hermines et sur le tout du tout chargé de la fasce de gueule à trois fleurs de lys . Ensuitte de quoy ledit seigneur de Sainpierre a requis que ledit Le Moenne en nos présences auroit fait son rapport du tombeau élevé étant du côté de l'Evangile dans ladite église ; et y procédant ledit Le Moene auroit fait remarquer en présence des partyes desur ledit tombeau un écusson au premier d'hermines à la fasce de gueule chargée de trois fleurs de lys d'or (qui est ACIGNÉ), au second à 3 billettes d'argent ; au costé du même tombeau, un autre écusson en losange contenant 14 billettes. Nous a pareillement fait observer à vis de la porte d'entrée de ladite église dans la lisière un écusson my parti composé de 10 billettes non blasonnées. »

 

 

le fond de gueule, sçavoir : est 4, 3, 2 et 1 billettes d'argent 1 ...(qui est DOLO)

 

une entière et demie en pointe au premier (qui est DOLO), et au second de gueules à macles d'or, scavoir une et demie en chef, une et demie au milieu et une demie en pointe 2. Troisième écusson de la même vitre, au premier et second de gueule en cinq billettes d'argents posées en sautoir 8, au troisième et quatrième aussi de gueule à cinq macles d'or aussi posées en sautoir (qui est LA ROCHEJAGU)

 

un écusson my partit au premier de gueule à 17 billettes d'argent, et de gueule à 10 annelets d'argent

 

d'argent, semé d'hermines et sur le tout du tout chargé de la fasce de gueule à trois fleurs de lys (qui est ACIGNE)


 

A Notre-Dame de la Ronce, chapelle dépendant de La Villemario : « Ledit Le Moine ayant examiné lesdites armoiries et écussons en ladite chapelle nous auroit fait remarquer un écusson au Sancta Sanctorum du costé de l'Evangile, placé « au-dessus de l'arcade du mausolé, taillé en pierre y étant de gueule à 10 billettes sçavoir est 4, 3, 2 et 1 d'argent (qui est DOLO) ; et au lutrain scittué au bas de ladite chapelle les mêmes écussons que dessus en bois en quattre endroits. » Quand il s'agit de se transporterà La Villemario, M. de Saint-Pierre proteste et refuse d'y aller ; on continue néanmoins l'enquête : « Où étant ledit seigneur de Tréveneuc nous a conduit dans une chambre haute, au-dessus de la grande porte, où il nous auroit fait remarquer un écusson taillé et picqué en pierre sur une ancienne cheminée contenant dix billettes, sçavoir 4, 3, 2 et 1 ; ensuitte de quoy avons entré dans la chapelle du même château de La Villemario, où ledit Le Moene nous a fait remarquer un écusson blazonné et figuré semé d'hermines à la fasce de gueule chargée de trois fleurs de lys d'or, accompagné et accoté de deux écussons à champ de gueule et de dix billettes  d'argent, 4, 3, 2 et 1.

-Ensuite, étant dans l'église de Plourhan, en premier lieu nous a ledit Le Moene fait remarquer trois écussons, sçavoir le premier du côté de l'Evangile, de gueule à 10 billettes d'argent, et le second aussi de gueule et pareil au premier posé en bande ; et le troisième un écusson en plomb figure ronde chargé de neuf annelets, savoir 3, 3 et 3 non blasonné (qui est COËTMEN) ; aux niches et retable sont mêmes blasons et figure ; même aux piliers et différents endroits de l'église pareilles armes. Et dans l'embrasure de la chapelle du Saint-Rosaire pareilles armoiries blasonnées en pierre ; et en la chapelle du Saint-Rosaire, en la vitre est un écusson my partit et ecartelé, au premier de gueules à 7 billettes d'argent, au second d'or plein, au troisième et quatrième de gueules à trois haches d'armes de sable, deux en chef et un en pointe, et au même écusson de gueule à 9 annelets d'or, et sur le tout du tout un écusson my partit non blasonné. »

 

un écusson my partit et ecartelé, au premier de gueules à 7 billettes d'argent, au second d'or plein, au troisième et quatrième de gueules à trois haches d'armes de sable, deux en chef et un en pointe

Quittons un instant MM. de Saint-Pierre et de Tréveneuc pour voir quelles modifications furent faites dans la décoration héraldique de l'église de Plourhan quarante ans plus tard. En mai 1771 le général de la paroisse songeait à faire reconstruire l'église, et les 17 et 18 mai on dressait un état des lieux avant d'entreprendre les travaux. Nous trouvons là une description plus complète. Dans la chapelle du Rosaire nous constatons, entre les écussons notés par le peintre verrier Le Moenne, les armes des PÉAN de La Rochejagu ; des RENAUD, sieur de Beauvoir, Bringolo et la Villenyzan, de gueules à la croix patée d'or, des HABEL, d'argent à trois hures de sanglier de sable, parti avec de sinople au lion d'or. Dans la chapelle Saint-Jacques, on voyait un écu parti d'argent à dix coquilles de ... (NICOL?) et d'azur au croissant d'or (LE VICOMTE?) avec un lion et un cheval marin ailé pour supports ; d'azur au chevron brisé d'argent, accompagné de trois tètes de bélier d'or ; le même blason parti avec de sable à l'aigle éployée d'argent (HENRY) ; d'argent à trois bandes d'azur, parti avec d'argent à 5 bandes de gueules ; d'argent à trois chevrons de sable (LE LONG DE KERANROUX?) ; d'argent à la bande de gueules accompagnée de deux annelets d'azur.

 

les armes des PÉAN de La Rochejagu

 

des RENAUD, sieur de Beauvoir, Bringolo et la Villenyzan, de gueules à la croix patée d'or,

 

des HABEL, d'argent à trois hures de sanglier de sable

 

parti avec de sinople au lion d'or (du Chaffault ?)

 

 

on voyait un écu parti d'argent à dix coquilles de ... (NICOL?)

(notes personnelles) en réalité la famille Nicol disposait pour armoiries, de sable à dix coquilles d'argent

 

 

d'azur au croissant d'or (LE VICOMTE?)

 

 

d'azur au chevron brisé d'argent, accompagné de trois tètes de bélier d'or

 

 

de sable à l'aigle éployée d'argent (HENRY

 

d'argent à trois bandes d'azur

 

d'argent à 5 bandes de gueules

 

 

d'argent à trois chevrons de sable (LE LONG DE KERANROUX?) ;

 

d'argent à la bande de gueules accompagnée de deux annelets d'azur.

Le 9 juin suivant, lorsque les fabriciens s'occupaient des droits de plusieurs particuliers aux chapelles attenantes à l'église qui devaient être démolies, on constatait que la chapelle Sainte-Anne appartenait à M. Courson de la Villehélio ; la chapelle Saint-Jacques à M. Vincent Nicol de la Villeguessio; la chapelle de la Madeleine revendiquée par M. de Rosneven-Floydest déclarée ne pas lui appartenir. Revenons maintenant en l'enquête du sénéchal Damar : « En la chapelle du Rohat, scittuée en la paroisse de Plourhan, au-dessus de la principale porte, ledit Le Moenne nous a fait observer un écusson chargé de quatre fasces et fait en bannière ; ensuite de quoy avons entré en laditte chapelle où ledit Le Moene a observé avec nous dans le haut de la maîtresse vitre un écusson d'argent à quatre fasces de gueule ; dans les lisières qui sont en quelque manière effacées et biffées par le blanc qu'on y a appliqué en blanchissant les murailles de ladite chapelle, nous avons cependant remarqué avec ledit Le Moene, sçavoir au premier et principal écusson, d'azur à dix coquilles d'argent (qui est MAUGOUER), le second ecartelé de plusieurs alliances, et un petit écu en abyme chargé de dix coquilles d'argent au champ d'azur ; et entre ces deux un petit écusson my partit d'azur à dix coquilles d' argent, et dix billettes d'argent en champ d'azur. De plus, du côté de l'Evangile, un écusson de dix billettes d'argent sans en connaître le champ, attendu qu'il était biffé et non émaillé. Et le requérant, le seigneur de Tréveneuc nous a représenté un vieux pupitre, non attaché et volant, au dos duquel est un écusson en bois taillé et sculpté au champ de gueule avec neuf billettes d'argent, 4, 3, 2 et 1.

 

 

un écusson d'argent à quatre fasces de gueule

 

 

d'azur à dix coquilles d'argent (qui est MAUGOUER)

 

champ de gueule avec neuf billettes d'argent, 4, 3, 2 et 1. (Dolo)

 

Notre-Dame de la Ronce à Saint-Quay.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 06:29

 

 

Guiscriff

 

 

 

 

Cardroc

 

 

 

 

Plounéour-Ménez

 

 

 

 

 

Abbaretz

 

 

 

Eréac

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 06:33

 

Notre-Dame de La Cour à Lantic

Nous disions dans notre précédent article que les armoiries représentées sur les monuments étaient souvent de véritables dates ; que leur étude pouvait être d'une grande utilité aux archéologues. Nous allons en donner une preuve évidente. Le blason seul, en effet, à défaut de textes, nous permettra de jeter quelque jour sur les origines d'une charmante chapelle du quinzième-siècle. Il s'agit de Notre-Dame de La Cour, située dans la commune de Lantic (Côtes-du-Nord); d'après la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée, elle aurait succédé à une autre chapelle, plus ancienne, qui s'élevait à trois kilomètres plus loin, au lieu dit La Vieille-Cour, dans un bois voisin de Buhen. Aucun document d'archives ne nous révèle la date de la construction de Notre-Dame de La Cour telle qu'elle est aujourd'hui; mais de nombreux blasons peints sur la maîtresse vitre nous apprennent que cette magnifique page de verre, consacrée à l'histoire de la sainte Vierge fut exécutée au milieu du quinzième siècle. Examinons les écussons qui sont placés dans un ordre hiérarchique et dont nous donnons le dessin, grâce à l'obligeant concours que nous prête M. P. Chardin, notre ami et confrère. Au premier rang, et seul au haut du vitrail, on voit l'écu ducal de Bretagne, avec la devise A MA VIE qui était celle du duc François Ier donnée à l'ordre de l'Hermine, fondé par lui en 1450 (n° 1).

Au second rang deux écus partis : Le premier parti d'hermine et d'hermine qui est le blason de François de Bretagne et de Marguerite de Bretagne (n° 2) ; le second parti d'hermine et écartelé, palé d'or et de gueules de six pièces qui est AMBOISE, et d'or semé de fleurs de lis d'azur au franc canton de gueules qui est THOUARS (n° 3). Ce sont les armes de Pierre de Bretagne, fils du duc Jean V et frère de François Ier, qui épousa Françoise d'Amboise Thouars. -Remarquons que François et Pierre furent tous deux ducs de Bretagne mais qu'ici leurs blasons ne paraissent pas à ce titre ; en examinant avec soin les dates qui nous sont connues, nous arriverons à un résultat assez précis. François, comte d'Etampes, fils de Richard et de Marguerite d'Orléans, épousa Marguerite, fille du duc François Ier en 1455, il devint duc après Arthur III, en 1458; puisque dans la vitre que nous étudions il ne figure pas comme duc de Bretagne, ses armoiries ne peuvent y avoir été peintes qu'entre 1455 et 1458. Pierre de Bretagne, deuxième fils de. Jean V, épousa Françoise d'Amboise, en 1431 ; il devint duc en 1450 après la mort de François Ier, son frère ; mais comme ici, le rang de ses armes indique qu'elles n'y représentent pas le blason du souverain, nous devons en conclure que nous avons celui de sa veuve Françoise d'Amboise ; Pierre mourut en 1457, par conséquent la date que nous cherchons vient se placer entre le 22 septembre 1457 et le 8 décembre 1458, pendant le règne d'Arthur III qui succéda à ses neveux et à qui appartient l'écusson placé à la place la plus élevée du vitrail comme duc de Bretagne et comme seigneur du Goëllo. La paroisse de Lantic faisait en effet partie du Goëllo.

 

le second parti d'hermine et écartelé, palé d'or et de gueules de six pièces qui est AMBOISE, et d'or semé de fleurs de lis d'azur au franc canton de gueules qui est THOUARS (n° 3)

Au troisième rang deux écussons portent : l'un les armes des Rosmadec Gouarlot (n° 4) qui furent seigneurs de Lantic, mais beaucoup plus tard; l'autre celles des Geslin et des La Lande de Calan (n° 5). Ces écussons, de fabrique plus moderne que le reste du vitrail, ont été placés là postérieurement; ils ont remplacé des armoiries que, plus loin, nous essaierons de deviner.

Au quatrième rang on voit deux écus ; l'un écartelé d'argent à trois fasces de sable qui est KERIMEL COETFREC, et d'argent à la fasce de gueules qui est PENHOËT (n° 6) ; l'autre écu parti des armes précédentes est de gueules à neuf annelets d'or posés trois, trois et trois, qui est COÊTMEN (n° 7). Ce sont les armoiries de Guillaume de Penhoët, seigneur de Kerimel et de Coëtfrec et de sa femme Béatrix de Coëtmen, fille de Rolland III, vicomte de Coëtmen et de Jehanne Gaudin.

 

les armes des Rosmadec

 

écartelé d'argent à trois fasces de sable qui est KERIMEL COETFREC, et d'argent à la fasce de gueules qui est PENHOËT

 

 

de gueules à neuf annelets d'or posés trois, trois et trois, qui est COÊTMEN

Au cinquième rang sont les armes des évêques de Saint-Brieuc et de Tréguier, des abbés de Bégar et de Beauport, savoir : d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois molettes de même, 2 et 1, qui est PRIGENT OU PRÉGENT (n° 10); Jean Prigent, chancelier de Bretagne, évêque de Léon en 1436, fut transféré à Saint-Brieuc en 1450 et inhumé dans sa cathédrale en 1472. Ces armes sont également peintes dans la chapelle de droite et sculptées au pignon extérieur (n° 22). -D'argent au sautoir de gueules accompagné en flancs et en pointe de trois quintefeuilles, et en chef d'un annelet de même qui est Coëtquis (n° 9) ; Jean de Coëtquis, d'abord évêque de Rennes, fut transféré à Tréguier en, 1453; il mourut en 1464 et fut également enterré dans sa cathédrale. -D'azur au cerf d'or qui est KERLEAU (n° 8) ; Vincent de Kerleau fut abbé de Régar de 1443 à 1467, puis de Prières en 1467, chancelier de Bretagne puis enfin évêque de Léon de 1472 à 1476. -D'argent à deux bandes engrêlées de gueules et chargées de coquilles d'argent qui est HUET (n° 11) ; Pierre Huet fut abbé de Beauport de 1450 environ à 1472 ; ce fut lui qui, le premier, obtint le privilège de porter la mitre et la crosse et de donner la bénédiction pontificale dans toutes les églises relevant de l'abbaye. Dans les rangs inférieurs plusieurs écussons manquent; parmi ceux qui sont conservés nous notons ceux-ci : d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules (n° 12). Jusqu'ici on a attribué ce blason à la famille Rougeart, de la paroisse de Plouhinec (Finistère), sans que rien ne justifiât la présence en Goëllo des armoiries d'une famille qui n'y était pas possessionnée; d'autres personnes ont voulu y retrouver les Le Roux, seigneurs de Bourgogne et Fontaine-Bouché dans les paroisses de Lantic et de Plourhan, qui portaient d'argent au houx de sinople feuille de trois pièces (n° 15) ; dans cette hypothèse il faudrait admettre que le greslier figure ici comme brisure, et que les armes primitives des Le Roux ont subi quelque modification. Je crois que le blason en question estcelui de l'archidiacre de Goëllo dans la circonscription duquel se trouvait Lantic et qui ne pouvait manquer d'accompagner l'évêque de Saint-Brieuc. A la date où nous sommes, l'archidiaconé de Goëllo était tenu par Salomon MAHAULT, seigneur de Kerangouarc'h qui avait justement les armoiries ci-dessus décrites

 

d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois molettes de même, 2 et 1, qui est PRIGENT OU PRÉGENT

 

D'argent au sautoir de gueules accompagné en flancs et en pointe de trois quintefeuilles, et en chef d'un annelet de même

 

D'azur au cerf d'or qui est KERLEAU

 

D'argent à deux bandes engrêlées de gueules et chargées de coquilles d'argent

 

d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules

 

 

d'argent au houx de sinople feuille de trois pièces

Nous voyons encore de gueules à la croix d'or, vidée, cléchée et pommelée de même qui est BOTHEREL (n° 14) ; cette famille avait les fiefs de Perran, de Beauvoir et de la Fontaine-Saint-Père dans la paroisse de Plourhan. - D'or à six molettes de sable, trois, deux et un qui est GESLIN (n° 16). Les Geslin avaient plusieurs fiefs dans la paroisse de Lantic; vers l'époque où fut exécutée la verrière de Notre-Dame de La Cour, Guillaume Geslin avait pour femme Marguerite Botherel. Aucun des blasons que nous venons d'examiner ne contredit la date de 1457-1458 que nous proposons. Il nous reste à chercher quelles étaient les armoiries qui, dans le principe, devaient figurer au troisième rang. Après le duc et la famille ducale ; avant les Coëtmen qui tenaient une place très-considérable dans cette partie du Goëllo à cause de la châtellenie de Landegonnet en Plourhan; avant le clergé qui avait pris part à cette fondation, quel était le seigneur qui, en 1457, pouvait tenir cette place ? -Je ne vois que le sire de Pordic et le sire de La Roche-Suhart. Pordic, l'une des juveigneuries de Goëllo, passa par alliance, à la fin du XIIIe siècle, d'une branche cadette de la maison d'Avaugour aux La Jaille ; cette famille était représentée, en 1408, par Marguerite, fille de Yvon VII qui épousa Hardouin de La Porte, baron de Vézins, en Anjou. De cette union naquirentdeux fils Jean et François et une fille Marie, épouse de François d'Aubigné. Jean de La Porte, seigneur de Pordic, laissa une fille unique de sa femme, Marie de Rieux, fille de Jean, seigneur de Rieux et Rochefort, maréchal de France, et de Jeanne de Rochefort; cette fille, nommée Béatrix, fut la première femme de Gilles Tournemine, seigneur de La Hunaudaye. Dans le sommaire des actes du Parlement de Bretagne de 1451, nous voyons à deux reprises le seigneur et la dame de La Hunaudaye plaider contre messire Hardi de La Porte ; il est probable que ce procès avait pris naissance au sujet de l'héritage du père de Béatrix. Gilles Tournemine conserva Pordic jusqu'à sa mort, en 1475; ce fut en 1477 seulement que François de La Porte, oncle de sa femme, présenta le minu de la terre de Pordic tombée en rachat au profit du duc de Bretagne.

 

de gueules à la croix d'or, vidée, cléchée et pommelée de même qui est BOTHEREL

 

D'or à six molettes de sable, trois, deux et un qui est GESLIN

-En 1457-1458 les armes des seigneur et dame de Pordic étaient donc : écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE,et de gueules au croissant d'hermine, qui est LA PORTE. La Roche-Suhart était également une juveigneurie de Goëllo, s'étendant, sous le nom de comté de Plourhan, de Montafillant de Goëllo et de Chasteaubriand de Goëllo, sur un grand nombre de paroisses de ce grand fief; depuis le XIIIe siècle il était, par suite d'alliance, dans la maison de Dinan. Bertrand de Dinan seigneur de la Roche-Suhart mourut le 20 mai 1444; n'ayant pas laissé de postérité, ses biens revenaient à sa nièce Françoise de Dinan, fille de son frère Jacques, grand bouteiller de France, décédé lui-même quelques semaines auparavant, le 30 avril. Tous deux étaient issus de Charles de Dinan et de Jeanne de Beaumanoir. -Françoise était fille de Bertrand et de Catherine de Rohan qui épousa plus tard Jean d'Albret vicomte de Tartas, fils de Charles, comte de Dreux et d'Anne d'Armagnac. La Roche-Suhart étant restée à titre de douaire à Catherine de Rohan, ses armes placées dans la verrière auraient été de gueules à quatre fusées d'hermines en fasce accompagnées de six tourteaux de même,qui est DINAN, et parti de Dinan et de gueules à neuf mâcles d'or, trois, trois et trois qui est ROHAN. Je suis porté à penser que c'est plutôt la Roche-Suhart que Pordic qui figurait dans la verrière de Notre-Dame de la Cour, à cause de l'importance féodale du premier de ces fiefs. Ces deux écus, comme nous l'avons dit, ont été remplacés par deux autres blasons : l'un, d'or à trois jumelles de gueules qui est ROSMADEC GOUARLOT (n° 4) ; l'autre présente sous une couronne de marquis, deux écus accolés, l'un de GESLIN, l'autre d'azur au léopard d'argent, armé et couronné d'or, accompagné de sept macles d'argent, qui est LA LANDE DE CALAN (n° 5). Les armes de Rosmadec furent substituées à celles de La Roche-Suhart, lorsque cette famille, au commencement du XVIIe siècle, eut à son tour la seigneurie de Lantic. Les armes de Geslin furent placées dans la verrière de Notre-Dame de La Cour dans le commencement du XIXe siècle. Dans la paroisse de Plourhan, sous la seigneurie de La Roche-Suhart, existait un lieu noble appelé Buhen ; c'était un fief singulièrement déchu et diminué; la tradition voulait que Buhen ait été un partage de la maison d'Avaugour, et je ne serais pas éloigné de croire que les premiers seigneurs de Goëllo y aient eu un château. En effet, une charte donnée, en 1211, par Alain, fils du comte, en faveur de l'abbaye de Boquen, est ainsi datée : datum publice apud nemus de Buhen.

 

écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE

 

de gueules au croissant d'hermine, qui est LA PORTE

 

d'azur au léopard d'argent, armé et couronné d'or, accompagné de sept macles d'argent, qui est LA LANDE DE CALAN

A la fin du XIIIe siècle, Henri, seigneur de Goëllo et de Mayenne, donnant sa fille Jeanne en mariage à Geoffroi II, de Dinan, seigneur de Montafillant, lui constitua sa dot sur les paroisses de Plourhan et d'Etables qui furent plus tard désignées sous le nom de comté de Plourhan. C'est ainsi, très-probablement, que Buhen fut considéré longtemps après comme partage d'Avaugour. Buhen, vers 1427, est indiqué dans les Réformations comme appartenant à Jacques du Fou, en 1441 à Marie de Rufflay; en 1513 nous y trouvons établi Christophe deRosmadec Gouarlot ; il était d'une famille originaire de Cornouaille qu'il ne faut pas confondre avec les Rosmadec Molac. De 1513 à la fin du XVIe siècle on vit se succéder à Buhen : Jean de Rosmadec, Yvon, son frère qui avait aussi la seigneurie de la Villetanno, Jean de Rosmadec et Jeanne Maillart, sa femme, Etienne, sénéchal de Ploërmel, conseiller aux Grands-Jours puis au Parlement sédentaire de Bretagne en 1554, mort en 1567 : de Jeanne du Hallay il laissa plusieurs enfants parmi lesquels Guillaume de Rosmadec dont nous parlerons bientôt; Radégonde qui épousa, en 1582, Thibault de Boisgelin, seigneur de Pontrivilly. Citons encore Marguerite de Rosmadec qui, dans un aveu de la terre de Pordic et Lantic de 1551 avait une maison et un demi-journal de terre dans la clôture de la chapelle Notre-Dame de La Cour. Guillaume de Rosmadec employa la fortune considérable qui lui était advenue à devenir un grand propriétaire ; en 1584 il acheta la terre de Lantic à Marthe de La Porte, baronne de Vézins, veuve de Jean Le Porc, baron de Pordic et de Lantic, et devint ainsi fondateur et premier prééminencier de la chapelle dont nous nous occupons ; jusque-là le fief de Buhen avait relevé de Lantic. Pendant les guerres de la Ligue, Guillaume de Rosmadec tint le parti des politiques tout en faisant le possible pour ne pas être trop pillé par les Ligueurs. La paix faite, nous le retrouvons, en 1607, obtenant d'Henri IV l'érection en châtellenie de ses terres de Buhen et de Lantic, avec suppression de cette dernière dénomination. A ce moment il est qualifié vicomte de Mesneuf et de Saint-Didier, chambellan du roi et chevalier de l'ordre ; il était devenu un grand seigneur terrien, et dans les actes il ajoutait encore les qualifications de seigneur de la Villesollon et de de la Villetanou, et « commis du roi pour le service de Sa Majesté au pays armorique de Gouello. » Une fenêtre placée du côté de l'épître, à Notre-Dame de La Cour, portent trois écussons qui se rattachent aux Rosmadec ; je suis convaincu qu'ils ont été placés là avant que l'acquisition de Lantic ait conféré à cette famille le rang de fondateur. Nous n'avons pu reconstituer la généalogie des ancêtres de Guillaume, ni par conséquent déterminer leurs alliances. Je ne puis donc que donner la description héraldique des blasons qui ont été récemment détruits par un incendie. Rosmadec plein, en bannière (27) : nous constatons ici les prétentions des seigneurs de Buhen qui, avant les lettres d'Henri IV, se gratifiaient déjà de châtelains. -2. Parti de Rosmadec et fascé nébulé d'or et d'argent au chef de gueules qui est peut-être PINARD (n° 19). - 3. Ecartelé de Rosmadec et fascé d'azur et d'argent de six pièces (n° 21). -4. Ecartelé au 1er et 4e fascé d'azur et d'argent de six pièces, et de gueules à la croix d'or (n° 24).

 

fascé nébulé d'or et d'argent au chef de gueules qui est peut-être PINARD

Un autre vitrail a été offert par un personnage assez difficile à déterminer; il représente un chevalier, jeune, à genoux, portant une cote armoriée d'or à la croix engreslée d'azur ; derrière lui son patron, armé, le casque en tête : le tout est encadré par une banderole enroulée portant la devise : PARLEZ POVEZ (n° 7 bis). Il semble que l'on doive reconnaître ici un La Feillée ; or, comme dans cette maison plusieurs membres portèrent le nom d'Olivier, il est permis de penser que le patron n'est autre que saint Olivier représenté en costume militaire sur plusieurs monuments ; c'est aussi l'opinion de mon savant ami M. Pol de Courcy. Ne quittons pas la nef sans noter un écu en cartouche, penché et ecartelé de gueules à trois fleurs de lis d'or, et d'argent à l'aigle éployée de sable (n° 25). Les derniers quartiers sont aux armes des HENRY, seigneurs de La Villeguesseau, La Motte et La Grandville en Plourhan. -Deux clefs de voûte sculptées portent l'une parti de Bretagne et d'argent au chef de gueules qui est AVAUGOUR (n° 27) ; l'autre parti de France et de Bretagne (n° 26). Enfin une croix dressée sur le placître qui est devant la chapelle porte les écussons des deux derniers seigneurs de Buhen. Le premier, de Rosmadec plein (n° 18) ; le second, parti de Rosmadec, et ecartelé au 1er et 4° de gueules à la molette d'argent, au 2° et 3e d'azur plein, qui est BOISGELIN (n° 20). En résumé, le blason nous apprend que la chapelle Notre-Dame de La Cour a été édifiée dans les années 1457-1458, sous le duc Arthur III, avec le concours des prélats et des principaux seigneurs du Goëllo ; nous pouvons compléter ainsi en partie l'inscription placée au bas de la grande verrière et qui, jadis, nous avait révélé les noms des artistes verriers auxquels on doit cette oeuvre remarquable : p. Olivier Lecoq et Jehn Le Levenan vitriers de Lantreguer et fut ladicte vitre faite de l'oblacion et aumones -Attendons qu'un document d'archivé nous fasse connaître le fait même qui motiva cette fondation.


 

 

 

ecartelé de gueules à trois fleurs de lis d'or, et d'argent à l'aigle éployée de sable (n° 25). Les derniers quartiers sont aux armes des HENRY, seigneurs de La Villeguesseau

 

ecartelé au 1er et 4° de gueules à la molette d'argent, au 2° et 3e d'azur plein, qui est BOISGELIN

 

 

Notre-Dame de La Cour à Lantic

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 15:42

Nous donnerons aussi l'extrait d'un Mémoire présenté au commencement du siècle dernier, au nom du comte Du Breil de Rays, au sujet de ses prééminences dans l'église de Goudelin (canton de Plouagat, arrondissement de Guingamp, Côtes-du-Nord), contre les protestations du sieur Plancher, qui plaidait pour le duc de Penthièvre. « Dit que la dame de Gytonnière a été déboutée par sentence rendue au Présidial de tous ses droits et prétentions aux prééminences de l'église paroissialle de Goudelin, icelle sentence confirmée par arrêt de la Cour de l'an 1634, en exécution d'icelluy, M. le duc de Brissac fit par M. le commissaire faire mettre son banc hors de ladite église sur le cimetière, nonobstant l'opposition du procureur d'office de M. le duc de Vandosme, ainsi la dame de la Gitonnière, n'y ses conséquants n'y ont plus aucun intérêt, et par la même sentence et arrêt. M. le duc de Brissac a esté maintenu dans ses droits en ladite église.

 

 

L'église de Goudelin

Quant à ce que M. Plancher dit qu'il y a cette différance qu'en l'instance pendante il (ne) s'agit de décider qui doit estre reconneu pour seigneur fondateur de l'église paroissialle de Goudelin, mais (que dans) le procès qui meut en 1632, il ne s'agissoit proprement que de scavoir si le recteur de la paroisse avoit le droit de se faire inhumer au coeur de ladite église et si les prebtres pouvoient avoir un coffre à mettre leurs ornements. A quoy M. le comte de Rays dit qu'il s'agisoit aussi des prééminences et droits prohibitifs, tant de fondation que de supériorité de ladite esglise paroissialle de Goudelin, par l'intervention dudit sieur de Brissac, à cause de sa terre, seigneurie de Coatmen, formée dans l'instance pendente au Présidial de Rennes,entre les sieurs recteurs dudit Goudelin et le sieur de Rosmar, et pour le justifier, il ne faut que la seulle lecture des moyens de ladite intervention. Par lesquels il conclut à ce que faisant droit en ses dits moyens, ledit sieur de Rosmar soit condamné de réparer les inovations par luy et ses auteurs faites en ladite église de Goudelin, particulièrement d'un banc à queue du costé de l'Evangille proche le sacraire avec défanse de prendre le nom et qualité de fondateur et premier prééminencier de ladite église et chapelle de Notre-Dame-de-l'Isle, et de s'attribuer privatiff le chanseau de ladite paroisse, et pierre tomballe estante au marchepied du grand autel, et pour lesdites entreprises estre condamné aux amandes portées par la coustume.

Et respondant encore ledit sieurde Brissac à l'intervention fournie à la leur par le sieur duc de Vendosme, dit ne pas contester qu'il n'est un fieff dépendant de la Rochesuart appellé le Petit Montafilan, lequel a cour dans la paroisse de Goudelin, mais il luy dit qu'à raison de ce fieff, il ne peut prétendre ni la mouvance de la maison de Kercadiou, ni les droits de fondation ni supériorité dans ladite église de Goudelin : ce qui fait voir à clair qu'il s'agissoit de prééminances et droits honorifiques, fondation et supériorité de ladite église de Goudelin. Et par le même escrit, ledit sieur de Brissac soutient que l'arrest produit par le sieur duc de Vandosme n'est que du mois de janvier 1652, depuis l'action et le procès intanté entre les sieurs recteurs de Goudelin et ledit sieur de Rosmar, lequel ne peut faire aucun préjudice au filtre de l'an 1549 produit au procès par ledit sieur duc de Brissac. En ce que le sieur duc de Penthieuvre, à cause de sa seigneurie de la Rochesuart prétend estre premier seigneur haut justicier dans la paroisse de Goudelin : -On soustient que la Rochesuart n'avoit aucun fieff en la paroisse de Goudelin, mais bien le Petit Montafilan, qui a esté exercé dans la chappelle de Saint-Laurent, audit Goudelin, par un Cherpantier, sieur de Kergongar, sénéchal dudit Montafilan.

Au regard de ce que M. Plancher maintient que toutes les maisons, terres, et héritages, qui sont au bourg de Goudelin, et aux environs de ladite esglise et cimitière relèvent de la Rochesuart en proche et arrière-fieff, ce qui n'est pas sauff correction véritable : -car en premier lieu, l'ancienne maison presbitéralle du recteur blanc dudit Goudelin, sittuée proche le grand pignon de laditte église à l'orrient, est dans le plain fieff de la juridiction de Goudelin, relevant en arrière fieff de Goëlo, de sur laquelle maison il est deue une chefrente à ladite seigneurie de Goudelin. La maison de Laindellec ou maitairie de Goudelin, adjaçante à la maison presbitéralle, en laquelle demeurent les Morice, et les terres en dépendanttes estant en pareil plain fieff de Goudelin, suivant les aveus et services faits par les autheurs de ladite dame de la Gitonnière et de Quercadiou. -La maison des enffants de Claude Harscouët et courtils en dépendants, proche ladite maison presbitéralle, estant en pareil audit fieff dudit Goudelin, et proche ladite esglise. -L'auditoire et le patibulaire, situez audit bourg et proche ledit cimitière de ladite esglise, de vers le midy. Du costé du mort de ladite esglise et cimitière sont les convenants de Kerillis et des Floch, séparés de ladite esglise et cimitière par le chemin qui conduit de Lanvollon à Guingamp estant dans le plain fieff de Coatmen,et ainsy toutes les maisons et terres situez au bourg de Goudelin ne sont pas dans le fieff de la Rochesuart. Quant à ce que M. Plancher dit que les matières concernant la police audit bourg dudit Goudelin et affaires de ladite esglise ont estes traictées par la juridiction de Goudelin la Rochesuart, cella ne se trouvera pas que pourles affaires des domiciliaires des maisons qui sont dans un endroit dudit bourg et non pas en ce qui relleve des fieffs dudit Coatmen et Goudelin. -Et M. le comte de Rays a droit de faire par ses officiers de ladite juridiction de Goudelin rompre les quintaines de tout temps imémorial dans ledit bourg, au devant de l'entrée principalle du cimitière de ladite esglise, et de condamner les deffaillants à une livre de cire d'amende au proffit de ladite esglise, et aussi dans ledit bourg, et ce, le jour du Sacre après les vespres dites en ladite esglise ; et a aussi dans ledit bourg le droit de soulle à chaque jour de M. saint Estienne, le lendemain de Noël ; et qu'on est obligé de luy rendre la nuict de Noël un cocq blanc rendu dans ladite esglise, posé sur les ballustres, entre le coeur et sa chapelle estant du costé de l'espitre.


 

Quant aux armes du seigneur de Painthieuvre prétendus estre dans le lieu le plus esminant de la principalle vitre de ladite esglise de Goudelin ; -l'on soutient que ce sont les armes du duc de Bretagne comme souverain, qui sont d'hermines en plain, au lieu que celles du duc de Penthieuvre sont d'hermines à la bordure de gueulle formant l'escu. Celles de Montafillan par où la Rochesuart a fieff et juridiction d'une partie de ladite paroisse de Goudelin, sont de gueulle à quatre fussées d'hermine placées en face, accompaignées de six bessons ou tourteaux de mesme, trois en cheff et trois en pointe. Celles de Chateaubriant sont de gueulle aux fleurs de lys sans nombre. Les armes de Rochesuart sont de gueulle à trois faces nebullées. que d'autres disent entées d'argent, celles du cheff brisées d'une billette de sable : lesquelles armes ne sont en aucune façon dans la grande vitre de ladite esglise dudit Goudelin. Pour cest effect l'on prie M. Plancher d'examiner le plan que M. le comte de Rays luy a mis en main, lequel fut produit à la Cour lors de l'arrest de l'an 1634, et il voira qu'il n'y avoit pas d'autres escussons que ceux qui sont a présent.

 

les armes du duc de Bretagne comme souverain, qui sont d'hermines en plain

 

 

celles du duc de Penthieuvre sont d'hermines à la bordure de gueulle formant l'escu.

 

 

Celles de Montafillan par où la Rochesuart a fieff et juridiction d'une partie de ladite paroisse de Goudelin, sont de gueulle à quatre fussées d'hermine placées en face, accompaignées de six bessons ou tourteaux de mesme, trois en cheff et trois en pointe

 

 

Celles de Chateaubriant sont de gueulle aux fleurs de lys sans nombre.

 

 

les armes de Rochesuart sont de gueulle à trois faces nebullées. que d'autres disent entées d'argent

Sçavoir celles du duc de Bretagne comme on dit estantes au millieu, qui sont d'hermine en plain : aux deux costés d'icelles sont celles de Coatmen encien et nouveau, sçavoir de gueulle à sept annelets d'argent 3, 3 et 1, qui est l'ancien sceau de Coatmen et de Tonquedec ; l'autre de gueulle à neuf annelets ou besons d'argent placés en face, 3, 3 et 3, qui est le nouveau. - Ensuite et au dessous sont les armes de Portz-Trevennou ou Porte-de-Goudelin, qui est d'argent au lyon passant armé et lampassé ; et après sont les armes de La Grandville d'argent à 5 fusses de gueulle placées en bande ; et le troisième escusson est d'aliance de la maison de Porte-Goudelin. Quant aux fleurs de lys qui sont dans ladite vitre dudit Goudelin ne sert que pour l'ornement, estant dans les coings de ladite vitre, et au dessus des armes dudit duc de Bretagne et autres endroits de ladite vitre de fleurs de lys d'assur, tantost deux, trois, quatre, suivant que le terrain le permet sans former aucun escusson, mais seullement pour servir d'ornement : aussy M. le duc de Vandosme intervenant au procès au Parlement en ladite année 1634, ne dit rien sur ledit plan produit au procès le reconnaissant véritable, et ne dit rien de tout ce que l'on veut suposer le jour d'aujourd'huy.

 

 

 

de gueulle à sept annelets d'argent 3, 3 et 1, qui est l'ancien sceau de Coatmen et de Tonquedec

 

d'argent au lyon passant armé et lampassé

 

d'argent à 5 fusses de gueulle placées en bande

De plus, M. le comte de Rays fera voir que ses autheurs sont seigneurs de Goudelin depuis plus de 500 ans et que en l'an 1232 il s'appeloit sires de Goudelin en surnom, ainsy qu'il est porté par l'acte de donnaison fait par Mre Guillaume de Goudelin fils Hamon, seigneur de Goudelin en l'an 1232 des dixmes de la parroisse de Goudelin à l'abbaye de Sainte-Marie de Beauport, depuis lequel temps les ditz de Goudelin ont possédé la terre et seigneurie de Gondelin jusques à la mort de messire Guillaume de Goudelin, aussy seigneur dudit lieu, arrivée environ l'an 1422, lequel mourut sans hoirs de corps, et sa succession fut recueillie par messire Eon de Querimel qui hérita de tous ses biens de la ligne paternelle, et Janne de Quermoisan, femme de messire Jan de Trogoff hérita des biens dudit Guillaume de Goudelin en la ligne maternelle du costé de dame Catherine Poullart, depuis lequel temps ladite terre et seigneurie de Goudelin ou Porte-Trevenou a esté tousjours jouys et possédé par les seigneurs de Querimel jusques à l'an 1522. Que messire Claude de Boiséon espousademoiselle de Querimel, fille aisnée de N. et P. sire Jehan de Querimel, chevallier seigneur dudit Goudelin et de Coatnizan, et de demoiselle Marie de Kerouzeré. -La succession duquel fut recueillie par messire Pierre de Boiséon, fils aisné principal et noble desdits Claude de Boiséon et de ladite Querimel. -Lequel Pierre de Boiséon donna en partage à Guillaume de Boiséon son frère, en l'an 1568, la terre et seigneurie dudit Goudelin ou Porte-Trevennou, avecq tous droits honnorifficques, prééminances, privilleges, fieffs et juridictions en dépandans, lequel Guillaume de Boiséon espousa dame Anne de La Rocq, la succession duquel fut recueilly par autre Pierre de Boiséon, son fils aisné, lors aagé d'environ cinq ans.

Ledit Pierre de Boiséon espousa aux dame Margueritte Guegan, et eurent de leur mariage dame Claude de Boiséon, leur fille unicque, laquelle espousa messire Guy du Breil, seigneur de Rays, auxquels succéda messire Jean du Breil, seigneur de Rays, père de M. le comte de Rays d'a présant. En conséquence de tout ce que desur et de l'acte de transaction fait et passé par l'avis du duc de Bretagne entre le sieur de Coatmen, d'une part, et Jehan de Querimel, chevalier seigneur de Goudelin et de Coatnizan, lequel M. le comte de Bays représante aujourd'huy, au sujet des prééminances de ladite esglise de Goudelin, par lequel acte icelluy de Kerimel est reconnu vray fondateur de ladite esglise, et que sa lizière estoit en ce temps là, tant dedans que dehors et dans la chapelle dudit Kerimel, et en l'année 1572, elle paroissoit encorre, et que les armes des seigneurs de Goudelin estoient en bosse dans le portail de ladite esglise, ce qui sera prouvé par bons actes qui sont des marques incontestables de vray fondateur avec la possession.

Aussy M. Plancher demeure d'accord que ledit Jan de Querimel avoit prééminance en ladite esglise, on voit doncque que se sont celles de M. le comte de Rays, en représentation dudit Jan de Kerymel, et pour preuve constante que ledit acte de transaction a eu son entière exécution, il a esté produit par le sieur duc de Brissac et de Coatmen, au Présidial de Rennes, dans le procès entre les sieurs recteurs de Goudelin et de Rosmar, en l'an 1632, et inséré dans le veu de la sentence rendue au proffit dudit sieur de Brissac contre le dit sieur de Rosmar ; et il esté ausi produit à la Cour dans l'appel interjecté de la part dudit sieur de Rosmar de ladite sentence où estoit ausy intervenu ledit sieur de Vandosme. Et par l'arrest qui a esté rendu entre touttes les parties intéressez, M. de Brissac a esté maintenu dans ses droits dans ladite esglise de Goudelin, et ainsy que M. le comte de Rays a esté aussi maintenu, estant subrogé aux droits de M. de Brissac et de Coatmen, en vertu dudit acte de 1473.

De tous lesquels droits ledit sieur duc de Brissac, à cause de sa terre et seigneurie de Coatmen, a esté maintenu par sentence du 22 janvier 1683, rendue sur l'aveu que M. le duc de Villeroy, a présent seigneur de Coatmen, présenta aux commissaires députtés pour la refformation des domaines de Sa Majesté à Saint-Brieuc, conformément aux aveus et minutes des années de 1471,1497,1521, 1539, lesquels avoient esté produits lors de l'arrest de la Cour. De plus M. le comte de Rays a son banc prohibitiff dans le sacraire de ladite esglise de Goudelin sous le marchepied du grand authel sur lequel est gravé une figure de femme armoyée des armes des seigneurs de Goudelin, sous laquelle tombe est la sépulture ordinaire des seigneurs de Goudelin ou de Porte-Goudelin.»

Nous avons signalé aujourd'hui des documents constatant l'existence de blasons qui ont été détruits. Dans notre prochain article nous en ferons connaître qui existent encore en place. Notre travail sera accompagné de planches dessinées par notre confrère, M. Paul Chardin, de la Société des antiquaires de France

 

 

Chapelle Notre Dame de l'Isle à Goudelin

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Published by poudouvre
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