Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 11:46

 

 

 

Mathurin Méheut

 

 

Alfred Marzin

 

 

N. Gillet-Le Masson

 

 

Jean-Emile Laboureur

 

 

René Quillivic

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 07:42

 

 

 

 

Dans le quotidien Ouest-France, en date du 29 septembre 2013, un article évoquait l'école communale de Trédias, et notamment l'un des instituteurs, voici un extrait de cet article : « Il est des enseignants qui marquent une vie. Joseph Lesage enseignant pendant la 2e guerre mondiale en fait partie. Certains de ses élèves ont gardé précieusement le journal de l'école -Au fil de la Rosette, où d'une écriture appliquée se racontait le quotidien. Joseph Lesage publia en 1951 « Vent de Nord'ée», ensemble de contes de notre bon vieux terroir. Il a aussi laissé quelques notes sur les chemins anciens parcourant la localité où il enseigna durant l'occupation. Voici quelques notes laissées par cet auteur (en rouge ajouts apportés). En quittant Saint-Georges, nous pénétrons sur le territoire de Trédias en traversant la Rosette -affluent de l'Arguenon (Rance), aussitôt après sur la gauche (Nord) prend un chemin large d'au moins quinze mètres qui y rejoint le Douet-Robert, puis, parallèle à la rivière, passant à gauche de la Douettée, arrive à Saint-Bry. C'est un vieux chemin à n'en pas douter, très tortueux (comme la rivière). La largeur varie. Sa direction est nettement S-N. St Bry est alors un carrefour important : -Route St-Georges St-Bry ; route St-Bry Kermelen la Picaudais ; route S-Bry Quenolen appelé Ancogan sur le cadastre de 1836 ; route St-Bry Rocherel Mégrit. Le chemin que nous appelons de St-Georges à St-Bry ne doit pas être romain. Voyons quels étaient les têtes de route, les buts de ces deux routes, car d'après ce qui précède, nous devons avoir à faire à deux routes différentes : celle du chemin du Roy (St-Thias, St-Georges, Ste-Urielle, St-Cado, celle de St-Bry, Couaclé par la Picautais. La première passe par au Sud de Trédias. La deuxième passe au Nord de Trédias. Trévédy appelle dont il parle « la route de Boquen à Léhon ». L'abbaye de Boquen se trouve à Plénée-Jugon. La voie de Corseul à Vannes passait un peu à l'Est de l'abbaye. Corseul-Vannes filerait direction Est, légèrement au Nord et y joindrait Léhon au Sud-Est de Dinan. Léhon, important carrefour de routes romaines : vers Avranches ; vers Fougères ; vers Rennes ; vers Nantes ; vers Lamballe par Corseul (voir le temple du Haut Bécherel à Corseul - Antiquités découvertes à Corseul, au temps de Fanum Martis - Sur une partie des traces du chemin de l'Etrat reliant Corseul à Vannes -période Gallo Romaine, page n° 2 -Fanum Martis - Inscriptions latines de Corseul (Côtes-du-Nord) par Jean Bousquet - La villa du Clos-Mulon à Corseul - Le quartier antique de Monterfil au bourg de Corseul ). Dans une étude sur « le temple et la chapelle de La Nouée en Yvignac », Monsieur Plessix signale : « Une voie traversière romaine à deux kilomètres et demi (à l'Est de La Nouée), signalée par M. de la Messelière, réunissait par Brusvily et Plumaudan, le Temple romain du Haut-Bécherel, à Lauganou au nord de Caulnes. C'était donc un raccourci de la voie de Corseul à Rieux et à Nantes par Léhon, Saint-Méen et Paimpont. 2° Le grand chemin de Broons à Dinan par Trémeur, Trédias, le nord du bois d'Yvignac (voir Balade touristique 2016 à Yvignac : le chemin des sept bornes), Brusvily (voir Les bornes de Brusvily) et Bobital frôlait le village du Haut La Nouée et le mettait à 11 kilomètres et demi de Dinan (voir période Gallo Romaine, page n° 7 -les voies antiques). 3° Enfin, à l'ouest, une bifurcation du chemin de Dinan, amorcée près de Trédias, gagnait par le prieuré de Saint-Georges et le village de Menubois en Trémeur, ensuite par un chemin suivant la route actuelle de Brest, une station d'origine nettement romaine, celle de Langouhèdre, sur la voie Corseul-Vannes. Hors, si de Langouhèdre (voir Langouhèdre au fil du temps............nous par traçons une ligne parfaitement droite passant par Langouhèdre, Mégrit, St-Bry, St-Méen (Kermehen en Trédias), Couaclé (en Yvignac),La Nouée (Basse), nous accordons à cette route Brusvily, Plumaudan, (Langouhèdre, station parfaitement romaine sur la ligne Corseul-Vannes (Plessis). Si nous essayons de tracer une ligne droite de la voie Corseul-Vannes (en passant de la jonction indiquée par Trévédy), nous coupons les communes de Sévignac (au Nord), de Trémeur (au Nord), nous passons au Sud du chemin du Roi, et de Saint-Georges, nous arrivons à Mégrit (près de Saint-Bry) et de St-Georges, nous arrivons à Mégrit, puis à Languédias, Trébédan, Bobital, Léhon. Et nous ne trouvons pas sur cette deuxième ligne Trédias (puisque seul Trédias nous intéresse. La ligne tracée coupant le Nord de la commune. Le mot « chaussée » a été employé en parlant de la route de Trédias -Saint-Georges. Il est employé dans l'acte de Charles de Blois (1346), cité au début de cette étude. L'abbé Lesage dit : « Il existait un moulin à eau auprès de la chaussée de Trédias en 1249. Lobineau cité par Trédy a vu les vestiges de ce chemin au prieuré de St-Georges. (Hist. De Bret.). Vestiges ? Qu'est-ce-à-dire ? Pavés, peut être. Au Nord de Trédias la route serait au lieu, celle de St-Bry, Kermehen, Villeneuve, en passant par St-Meen, la Picaudais, que mentionnait l'Abbé Lesage dans son conte « les landes de la Picaudais ». Ou bien celle de St-Bry, Quemehen, le Chesnay, les Hautes Croix, Plumaudan, que le cadastre nomme voie antique de Mégrit à Plumaudan.

 

 

 

Carte dessinée par M. Joseph Lesage

 

Elles sont à peu près parallèles. Elles ont toutes ds parties larges, d'autres étroites. Entre Kemehen et la fontaine St-Méen, en arracha des saules au lieu-dit la Saulais, on a découvert dans les saules des grands pavés. On les a utilisés pour faire les fondations de la route. Un de ces pavés est resté près de la fontaine, dans le pré ; il a environ cinquante centimètres de côté et quinze cm d'épaisseur, à la surface un peu arrondie. De plus, entre la croix des Quatre Vaulx (sur la route Trédias-Languédias actuelle) et Tréméhen, il y eut un endroit pavé à fleur de terre. De plus, près de ce chemin qui devient étroit par endroits, aux environs de Couaclé se trouve, le lieu dit « la Rue Conard ou Cosnard ». On m'a dit qu'autrefois ce chemin s'appelait le Chemin Pavé. Le long de ce chemin, aux environs de Dinametz, Quatre-Vaulx, Kermehen, se trouvent des champs appelés : « sous la ville (a-805), sous la grand-ville (a-1087), et près la ville (a-1017) (carte ci-dessous).

 

 

 

 

Le jardin de la Chaussée (a-1268) et le Clos Grée -lieux-dits indiquant une route romaine. De plus, nous avons tout lieu de croire que ce fut dans ce coin de Kermehen, La Chapelle, Dinametz, que ce concentrait dans l'antiquité, l'activité de la paroisse. Découverte à Dinametz d'un tombeau ancien contenant des pierres polies (voir rapport de l'Abbé Lesage : « Auprès du village de Dinanmets (voir Les "trouvailles" d'un cultivateur de Dinametz à Trédias), se trouve un terrain sec, aride, couvert de bruyères et environné de ravins profonds. En 1834, en voulant y construire un moulin à vent, on découvrit un tombeau antique.L'ouverture,faite en maçonnerie, ressemblait à la bouche d'un four. Les murs étaient formés par de grandes pierres plates placées debout, et la toiture n'était autre chose qu'une grande pierre moussue qu'on prenait pour la pointe d'un rocher. L'intérieur de la pièce, qui représentait un carré d'environ huit pieds, renfermait une pierre de granit travaillée cette pierre mesurait deux mètres de longueur, un mètre de largeur et un mètre de hauteur. On trouva aussi des ossements noircis et couverts de mousse, deux ou trois couteaux de pierre et les restes d'un collier le tombeau renfermait aussi quelques restes de poterie et de Ia vase. On lisait quelque chose sur la pierre qui recouvrait le monument. Ce tombeau gaulois ou romain fut aussitôt dévasté que découvert, et aujourd'hui il n'en reste plus rien». Découverte dans cette région de scorie cataboliche (certaines scories contenant du plomb).

Trévédy au sujet de l'itinéraire emprunté par le pèlerinage du Tro-Breiz : « le voyageur parti de Dinan pour Vannes est loin de la ligne directe quand il est à Corseul et surtout à Guer. Pour le maintenir dans la direction exacte de Vannes, il faudrait une voie entre les deux que nous venon; d'indiquer; c'est-à-dire allant de l'Est à l'Ouest. Elle existait. Cest la voie signalée dans l'acte de 1340, et que Lobineau a vue près de Saint-Georges,en Trédias. Elle apparaît comme une voie de Jonction entre les deux autres ; menée en ligne droite de Lehon par Trédias, elle devait rejoindre la voie de Corseul au-delà de Sévignac (voir Les fundis dans la Gaule romaine) ».

 

 

 

 

Ancien chemin à Kerméhen

 

Précisément, lors d'une prospection aérienne, le Centre Archéologique d'Alet a découvert en 1982 au Quatre Vaulx deux groupes de traces orthogonales mentionnés par L. Andlauer, et en 1999, Catherine Bizien-Jaglin, a vu des traces orthogonales de même orientation, à l'Est dont la surface totale est de 550m x 300m. A Kerméhen, en 1989, puis en 1997 et 1999, M. Langouët et C. Bizien-Jaglin ont observé sur une surface de 350m x 250m, des enclos à dominante rectiligne, notamment un enclos quadrangulaire à triples enceintes et un autre quadrangulaire. Au Chesnay, en 1995, C. Bizien-Jaglin a vu un angle d'enclos rectilinéaire (100 m x 75 m)

 

 

 

 

Ci dessus le plan de Trédias avec sites soulignés d'une étoile comme ayant révélés des traces relevées par le Centre Archéologique d'Alet. (voir La fontaine romaine de la Marche à Trédias - le site défensif de Rocherel à Trédias) Merci à Serge. 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 13:19

 

 

Grains.
 

-Par les motifs que nous avons déduits plus haut, la confusion touche ici de bien près à l'anarchie. Toutefois, au milieu de ce pêle-mêle qui semble inextricable au premier coup-d'oeil, il est possible de distinguer des groupes principaux, auxquels se rattachent plus ou moins les variétés. Ainsi le Goëllo offre un type primordial, d'où sont sortis Plouha, Paimpol, Pontrieux, etc. Il en est de même du Porhoët, d'où sont sorties les mesures de Rohan, Pontivy, Caignard et autres. Si nos souvenirs sont exacts, nous ne voyons qu'une mesure de grain qu'on ait cherché à généraliser dans toute la Bretagne : c'est le picotin d'avoine. Le duc Jean V, dans sa dernière constitution disait : « Au regard des picotins d'avoine, pour faire livrée aux chevaulx, voulons et ordonnons que l'on use d'une même mesure pareille et égalle pour tout notre pays et duché, lesquels picotins soient ordonnez par notre sénéchal de Rennes pour servir en tout notre pays. » Il n'admettait d'exception que pour le comté de Nantes : le sénéchal de cette ville en devait fixer l'étalon. Les mesures particulières que nous rencontrerons le plus fréquemment sont le tonneau, tonellum ; la mine, mina ; le quartier, caria, cartaing, cartengium, quartagia, quartagium ; le setier, sextarium ; le prébendier ou prevendier, prebendium, prebendia, la somme summa ; la perrée, perrea ; la coste, conta ; le rais, rez, raye ou rennée, rennal, rasum ; la seillée grande et petite ; la jutle ou juste, justa ; la cuve ; le quart de froment avait de profondeur 8 pouces 9 lignes, de largeur au fond 14 pouces, et 15 au haut ; pour le gros blé la profondeur était de 8 pouces 10 lignes, la largeur au fond de 14 pouces 5 lignes, et en haut 16 pouces 1 ligne. Le quart se décomposait en quatre godets ou coutelans et en 12 écuellées. La perrée ainsi formée contenait 11 déc. 856 de froment, et 12 déc. 412 de gros blé. Les chartes de St-Aubin vont souvent nous parler du bois seau de moulin, bosselum molendini. A partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, elles signalent aussi « la vielle mesure » de Lamballe, plus petite d'un quart que la nouvelle. La perrée valait 2 mines, et 6 mines le tonneau de froment. Ici on comptait le seigle au joureau ; nous n'avons pu retrouver la contenance de cette mesure. A la célèbre foire de Montbran, à Erquy et dans le pays circonvoisin, on employait la mesure du voyer, mensura vigerii. L'antique mesure du Chemin-Chaussée, qui plus anciennement encore avait été celle de Corron, était conservée dans l'église de St-Alban ; elle se nommait juste et était de 1/7e plus petite que la perrée de Lamballe. Unvtonneau de cette ville valait 14 justes ou 28 boisseaux duvChemin-Chaussée. La charte 235 de St- Aubin nous montre un écuyer donnant une mine de froment, « ad mensuram de Limite Calciato ». Cinq boisselets de Plestan donnaient la perrée de Lamballe. Le prebendarius ou prebendencia employé tantôt à la mesure du voyer, tantôt à celle de Pléhérel, ne nous est pas exactement connu. Dans ce pays de Pléhérel, nous voyons employer, en 1232, la juste pour le froment sur l'ancienne terre de Gléaumoine ; c'était peut-être la mesure de St-Jacut.


 

-A Yffiniac, la perrée se composait de 2 boisseaux de 8 godets chacun ; les 12 perrées formaient le tonneau.


 

-A Hillion, le godet était le quart du boisseau (Matignon : Les chartes de St- Aubin nous montrent dans cette seigneurie le boisseau et la mine employés pour le seigle et la grosse avoine ; la juste et la prébende pour le froment. Le boisseau était de 3 déc. 433 comme à Loudéac : les moines prétendaient qu'il leur en était dû 12 à la mine ; l'évêque de St-Brieuc, Pierre, jugea, en 1289, qu'il n'en était dû que 8. Vingt-deux de ces boisseaux donnaient le tonneau de Lamballe. Plancoët appelait quart son boisseau pour avoine, seigle et blé noir ; il contenait 2 déc. 874 ; il en fallait 22 pour faire le tonneau Lamballe. Nous ne connaissons pas exactement la mesure de St-Jacut; mais nous savons que 81 boisseaux de Matignonet 23 boisseaux 3 godets 1/4 de Plancoët faisaient 88 boisseaux de l'abbaye.


 

-Le Plessis-Balisson : « Item y a autre mesure, nommée mesure de Plessix-Baliczon qui est pareille à la mesure de Lamballe, et se compte par myne et boexeau, et en chacune myne 7 à 8 boisseaux ; et les 3 mines font le tonneau ; et les 2 quarts font la perrée, mesure de Lamballe » .


 

-Les mesures de Pleurtuit étaient celles du Plessis-Balisson.


 

-Broons : Le boisseau contenait 14 godets ; le boisselet en usage sur ce fief paraît avoir été le même qu'à Plestan


 

-A Merdrignac , le demi-boisseau était de 3 déc. 159 ; on y comptait par cartent ou carteng de seigle au XIIIe siècle, comme le prouvent les chartes de Boquen.


 

-Moncontour : Dans le même temps, la perrée de ce fief était de 2 boisseaux : unum boessctum, id est dimidiam unius perreii ad mesurant vcnalem de Moncontor. En 1434, deux sortes de mesures y étaient en usage, nous dit un compte de receveur : l'une dite batesse était de un quart plus petite que la mesure vénale. En 1462, il fut constaté que 13 justes, mesure de grenier, faisaient le tonneau, mesure de Moncontour. En 1 494 , le compte du receveur de cette seigneurie porte que le tonneau contient 7 ou 8 perrées de 2 boisseaux chacune , et que le rez vaut les trois quarts de la perrée. En 1771, un procès-verbal des officiers de cette juridiction porte que le boisseau marchand pour froment, seigle et méteil, se compose de 4 quarts rez, le quart de 4 godets. Ce quart avait dans le haut 19 pouces 7 lignes de diamètre en dedans ; dans le fond «17 pouces 4 lignes; en profondeur 8 pouces 8 lignes. Le quart pesait 69 liv. 15 onces, « poids de mars », ou 50 liv. 7 onces, poids de Moncontour, dont la livre était de 22 onces. Huit quarts ou 16 godets donnaient la perrée. Ainsi fixe, le boisseau était de 4 décal. 758.


 

-Jugon : Ce fief ducal avait la même mesure que Matignon, nous dit le Livre des Mesures de Bretagne ; « faut 32 boisseaux au tonneau », ajoute le même document. Or, nous avons vu que 22 boisseaux de Matignon valaient 4 tonneaux de Lamballe ; donc les mesures de ces juridictions étaient entre elles comme 16 est à 11. -Une charte de St-Aubin nous parle d'une mine de froment ad mensuram de Jugon. Le boisseau de Jugon se décomposait en 8 godets, en 15 et plus tard en 18 écuellées. On se servait aussi du demeal ou demi-boisseau, du sixte, du demi-sixte, du boisselet, de la prebende et du quartier ou carteng. La maille paraît avoir été plus spécialement affectée à mesurer le méteil : un tenancier devait à Boquen, en 1399, « trois mailles de méteil et demi-boisseau de froment ». Les chartes de cette abbaye signalent souvent, au XIIIe siècle, la vieille mesure de Jugon.du boisseau jusqu'à 100 liv. Malgré cet arrêt, le sénéchal de Tréguier constatait que, en 1668, on se servait à Guingamp de cinq mesures : l'une pour le froment était le boisseau de 11 pouces moins 1 ligne de profondeur, 18 pouces de largeur au fond, 15 au haut; l'autre pour l'orge, seigle et gros blé, avait les mêmes dimensions, mais devait être donnée comble et non plus racle, comme pour le froment ; on pouvait aussi employer pour ces sortes de grain, à mesure racle, un boisseau de 121 p. 1 lig. 1/2 de profondeur, 17 p. 1 lig. 1/2 de largeur au fond, et 14 p. 2 lig. en haut. L'avoine était due au comble de ce dernier boisseau ou au racle d'un autre ayant 11 p. de profondeur, 19 p. de large au fond et 15 au haut. En 1739, on revint à 2 boisseaux : l'un pour froment avait 11 p. 1/2 de profondeur, 16 de largeur au bas, 14 au haut ; l'autre pour seigle avait 12 p. de profondeur, 16 p. de largeur en bas, 15 en haut. Le tonneau se composait de 4 rez, ou 8 sommes, ou 16 quarterons. La pipe ou demi-tonneau était de 8 quarterons ; le rez en valait 4 ; la somme, 2. La somme se composait aussi de 4 boisseaux ou renées. La seillée ou quartier valait 2 renées-boisseaux ou 12 eriblées. Cinq rez de froment, en 1404, représentaient 20 quartiers, et, en 1531, 40 boisseaux


 

-Minibriac : Dans cet antique fief, 2 boisseaux faisaient le quartier ; 4 boisseaux ou 2 quartiers représentaient la somme ; 8 boisseaux 4 quartiers ou 2 sommes donnaient le rez ; 8 sommes ou 4 rez donnaient le tonneau.*


 

-Callac : Le boisseau contenait 5 décal. 063 ; on comptait au rez 12 boisseaux ou 24 renées de 70 lit. Chacune.


 

-Belle-Isle-en-Terre : Le rennal, en breton ar rennal, contenait en froment 1 40 liv. ; en orge, 1 20 ; en seigle, 130 ; en blé noir, 128, le tout racle ; en avoine, 120 liv. comble. Le rennal ras était de 5 décal. 160 ; le comble, de 5 déc. 818. On y comptait aussi par demi-rennal, an anter rennal, par quart de rennal, ar bevarreun. Vanter rennal avait 10 pouces 8 lignes de profondeur, 4 pieds de circonférence à l'ouverture, 4 pieds 4 pouces au milieu, 4 pieds 5 pouces au fond.


 

-Châteaulin : Le boisseau se composait de 3 eriblées de 44 liv. Entre le comble et le ras, on estimait la différence à 1/3e. Les seigneuries de Tréziguidy et de Braspart, voisines de Châteaulin, avaient leurs mesures plus grandes de 1/4 et de 1/1 2e.


 

-Coatmalouen : A cette mesure, qui était peut-être celle de l'antique Plou-Igeau , on comptait 24 écuellées au boisseau, 2 boisseaux a la seillée, 4 à la perrée et 2 perrées à la somme. On s'en servait dans le domaine primitivement concédé à l'abbaye et qu'on nommait la Vieille-Terre ; en dehors de là les colons faisaient usage de la mesure de Guingamp.


 

-Quintin : Les mesures anciennement suivies dans le comté de Quintin y sont encore usitées : le paysan y compte toujours deux erublées au boisseau de 27 liv. pour le froment, de 27 liv. 1/2 pour la mouture, de 49 1/2 pour le seigle, de 20 pour l'avoine. Douze jallenées de froment valent 1 hanapée ; 4 hanapées représentent exactement le boisseau mesure de Guingamp, et 9 hanapées le quartier de la même mesure. Quinze quartiers de froment, mesure de Quintin, valent 30 boisseaux combles, mesure de Pontrieux. Deux boisseaux font le rez ; le demi-rez de seigle vaut 7 boisseaux 1/2 de St Brieuc. L'avenage ou quarteron vaut 3 boisseaux d'avoine grosse et 6 de menue, ou 6 boisseaux d'avoine de St-Brieuc. Deux boisseaux de seigle de Quintin en valent 3 de St-Brieuc. On signale quelquefois une ancienne mesure de Quintin, qui valait 2 boisseaux et 1 godet de St-Brieuc.


 

-Corlay : Le boisseau pour tout blé était de 3 décalitres 022. A Rostrenen, il était de 4 déc. 700.


 

-Plaintel : Dans le dossier relatif à l'érection de la chapelle de St-Julien de Plaintel en paroisse, en 1629, nous voyons affecter 18 rez de seigle à la subsistance du recteur ; le rez se composait de 3 boisseaux.


 

-Porhoët : Comme le Goëllo et le Penthièvre, l'ancien Porhoët avait un grand nombre de mesures différentes ; la dispersion des archives de la maison de Bohan rend très-difficile la recherche de ces mesures. Toutefois, nous avons remarqué dans les divers aveux de cette seigneurie qu'on y employait surtout les mesures de Baud, de Pontivy, de Caignart et de Treguiziaez. Deux boisseaux de cette dernière en valaient 1 de Pontivy ; 3 de Caignart en valaient 2 de Pontivy. On employait beaucoup la crublée et la cuve : la cuve d'avoine valait 3 boisseaux de menue, et 11/2 de grosse. A la mesure du vicomte, on comptait 4 demetz au boisseau d'avoine, et 3 au boisseau de seigle, qui devait peser 114 livres 24 onces au poids du duché de Bretagne.


 

-Loudéac : Pour tout blé, le boisseau était de 3 décal. 433 ; à Uzel, de 2 déc. 699. Dans cette dernière seigneurie, la petite mesure pour farine était de 178 millièmes de décalitre.


 

-Rohan : La perrée valait 2 hectolitres ; le minot était la moitié de   l'hectolitre ; le demez, le tiers ; la godelée était le 1/6e du minot. Nous ignorons la valeur du renot, qui est quelquefois employé dans ce fief. En Lanouée, on se servait du boisseau « reix ou comble ». Dans la ville de Rohan, le boisseau était de 7 déc. 610 ; à la Trinité-Porhoët, de 7 déc. 450 ; à Josselin , de 6 déc. 520.


 

-Penthièvre : Dans cette grande division féodale, les mesures de grain variaient à l'infini ; mais la mesure type à laquelle se comparaient toutes les autres était la mesure du chef-lieu, Lamballe. La mesure de pierre de Lamballe était au Penthièvre ce que celle de Châtelaudren était au Goëllo, et celle de Brelevenez à la seigneurie de Lannion. Cette perrée contenait 2 boisseaux ou quatre quarts : le Dinan : « Plus y a mesure de Dinan dont faut XX boix. pour tonneau, mesure de Lamballe », dit le Livre des mesures. Ce boisseau, comme celui de St-Méen, contenait 12 godets ; 8 boisseaux faisaient la mine, 4 mines le tonneau. Le froment s'y mesurait aussi au quartier.


 

-Bécherel : La mine se composait de 8 boisseaux, de 8 godets chacun ; ce qui faisait 1/16e de plus par boisseau que la mesure de Plumaudan. Pour l'avoine, la mesure en usage était la nichée, composée de 1 boisseau 1/2 ou 18 godets. -A Montfort, la mine se composait de 2 quarteria en 1246. Nous pourrions continuer indéfiniment cette nomenclature, puisque primitivement, comme nous l'avons dit, chaque fief avait sa mesure. Mais, outre qu'une telle matière ne peut se prolonger trop longtemps sans extrême fatigue pour le lecteur, nous avons résumé ci-dessus tout ce que nous avons pu découvrir d'utile dans nos chartes. Disons en finissant que les poids et mesures étaient surveilles et au besoin fixés par les juridictions ordinaires. Toutefois, au XVIIIe siècle, un visiteur des poids et mesures fonctionnait dans l'évêché de Saint-Brieuc.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 07:49

 

 

Capacité.


 

-Nous voyons en usage pour les liquides la chopine, le tierçon, la bouteille ou pinte, la lagena, le pot, le pichet, le galon, la jallaye, le setier, le muid, le poinçon, le costeretz, costera, la somme, la barrique, le tonneau et demi-tonneau, tona et dimidia tona, la pipe. La chopine était la moitié de la bouteille : à Quintin et Lannion, elle valait 0 litre 471 ; à Moncontour, 0,539 ; à Pontrieux, 0,619. La pinte valait à S'-Brieuc 0 litre 848 ; à Rostrenen, 0,960; à Pontrieux, 0,960; à Broons et Jugon , 1 ,001 ; à Châtelaudren, 1,309 ; à Lamballe, 1,266 ;à Guingamp, 1,948. La pinte d'étain de Lannion était de 0,942 ; le pot de fer blanc de Belle-Isle-en-Terre, de 0,939 ; le pot d'étain du même lieu était de 0,471 ; celui de Broons, de 2,002 ; celui de Jugon, de 1 914 ; celui de Loudéac, de 1,896; celui de Plancoët, de 1,973. Le pot de fer blanc à Quintin et à Rostrenen était de 1,884. Partout le galon valait 2 pots ; 4 galons faisaient le setier. Le muid variait de 7 à 30 setiers. La pipe, dit M. Delisle, valait 3 sommes ; celle-ci était double du cotterest, et le tonneau valait 2 muids. Les mesures pour le sel étaient le bouillon, le quartier, le muid, le boisseau, la mine et la somme. Ce boisseau était pour Pontrieux de 54 litres 27 ; pour Plancoët, de 65 lit. 31. La chaux se vendait à Pontrieux au boisseau de 43 lit. 07 et de 34 lit. 22. Le boisseau de graine de lin était à Plancoët de 26 lit. 79.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 13:53

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 13:36

 

 

 

 

Solides et Poids.

 

-Nous n'avons trouvé nulle trace de cubage des bois à brûler. C'était à la charretée, à la charge d'homme ou de cheval que le bois se mesurait dans les XIIe et XIIIe siècles. Nous ne saurions fixer exactement la valeur de la summa vel sarcina, mentionnée dans une charte de Léhon de 1223 ; mais une ordonnance de police de Rennes nous apprend que, en 1481, la charge ou paquet de marchandise était fixée à 312 livres. La Bretagne n'avait pas comme la Normandie un luxe de mesures différentes pour la vente du bois : était-ce imprévoyance, ou ce produit était-il tellement commun que longtemps il fut en réalité presque sans valeur ? A partir du XVe siècle, nous voyons employer plusieurs cordes différentes. Celle de St-Brieuc valait en mesures modernes 2 stères 142 ; celle de Lamballe, 2 st. 742 ; celle de Guingamp, 2 st. 999 ; celle de Quintin était de 4 pieds sur 8. En fait de poids, nos recherches nous ont appris peu de chose. Il y avait pourtant là encore diversité de mesures et par suite désordre, puisque le duc Jean V fixait la livre pesant à 16 onces, tant en « balances que à croc » : le duc ordonnait en même temps de faire à Rennes et à Nantes des étalons qui seraient répandus dans tout le pays. Ceci n'empêcha pas Lamballe de garder sa livre de 18 onces (550 grammes 694), Moncontour la sienne de 22 (673 gr. 071), etc. « La livre médicinale » paraît avoir été généralement fixée à 12 onces.

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 13:23

 

 

Quelquefois la terre était évaluée en raison de son rendement moyen : à Beauport, au commencement du XIIIe siècle, nous voyons affermer deux gerbes de terre. La mesure établie sur le prix des terres n'était guère plus certaine : qui pourrait prétendre fixer la livrée, librata, la soudée, solidata, le denier, deroes terre ? Au reste, cette façon d'apprécier un objet par sa valeur était assez commune anciennement, et s'appliquait aux denrées : ainsi Ste-Croix de Guingamp recevait chaque jour, en 1190,  duas nummatas panis. Le vague dans les mesures agraires ne s'en tint pas là : comme on avait cru pouvoir calculer la terre arable par la quantité qu'un attelage de deux boeufs en labourait dans un jour, on avait mesuré les prés par hommée, suivant ce qui pouvait en être fauché, par charretée de foin, carrouni. Terra ad unam carrecam, ad duos boves, était celle qui entretenait une charrue ; le boisseau ou boisselet, bucellum, bocellum ; le rauid ou le coustellon, modius ; la emblée ou eriblée ; le minot ; la ruchée, rusca, rmcata, russelata ; le bassin et demi-bassin ; le jesreau ; le demetz ou domal , dimidium ; le godet ou godelée ; la sixte, demi-sixte, sixte-quart ; le pot ; le renot ; la hanapée ; la jallenée ; la poignée. Cherchons leurs contenances dans les principaux fiefs :


 

Goëllo : L'unité de mesure des grains était pour le Goëllo, comme pour le reste de la Bretagne, le boisseau. Dans ce fief, il était comble, marchand ou racle : le premier contenait 1 6 godets (4 décalitres 393) ; le second ; le troisième, (2 déc. 661). Le boisseau marchand pesait 70 liv. La différence entre le comble et le marchand était de 1 /8e ; entre le marchand et le racle, de 1 /7e ; entre le racle et le comble, de 1/4. -Douze boisseaux valaient 1 raye ; 3 rayes ou 36 boisseaux représentaient 1 tonneau. On comptait aussi par seillée et par juste ; la seillée était grande et petite ou ferrée. Deux boisseaux racles ou 1 1/2 comble donnaient la petite seillée ; la grande seillée augmentait de 1/4. La différence entre la petite seillée et la juste était de 1/7e; entre la juste et la grande seillée, de 1/8. Dans ce comté existait encore ce qu'on nommait la « mesure de grenier » : elle consistait, quand la redevance passait 12 boisseaux, à les payer racles et le 13e comble ; au-dessous de 12 à payer, moitié comble, moitié racle.


 

St-Brieuc avait deux boisseaux : l'un ras, pour froment, seigle et pois verts, valait 2 décal. 620 ; l'autre comble, pour blé noir, avoine, orge, pois roux et fèves, donnait 3 décal. 386. Deux ras de S'-Brieuc faisaient le comble de Goëllo ; la mesure de St-Brieuc était donc les deux tiers de celle de Goëllo, dit une enquête de 1550. Le boisseau de St-Brieuc contenait 15 pots ou 322 poignées. Le poids du boisseau de froment était de 40 liv. 4 onces ; celui du pot, de 3 liv. 6 onces ; de la poignée, 2 onces. Quatre boisseaux donnaient la juste, et 12 justes le tonneau, soit donc 48 boisseaux au tonneau de froment. Mais un compte du chapitre de la cathédrale montre les dîmes de St-Donan affermées 8 tonneaux de seigle, valant 416 boisseaux, ou 52 au tonneau. Le quarteron de grosse avoine valait 6 boisseaux ; 7 boisseaux 1/2 de seigle équivalaient à 5, de Goëllo. La Commission intermédiaire des Etats disait, en 1734, que deux de nos boisseaux d'avoine en valaient cinq de Paris.


 

Plouha : La crublée de grain y représentait 2 boisseaux 1/2, d'après un aveu de 1708 ; et, d'après un autre de 1613, 5 crublées de froment faisaient 12 boisseaux. Le raye était le tiers du tonneau.


 

Paimpol : Bien que comprise dans le Goëllo, cette localité avait un boisseau plus fort, 5 décal. 54. Comme dans l'Arranchin, on comptait beaucoup ici par ruchée, qui était la moitié du boisseau. Douze boisseaux formaient le raye et 6 rayes le tonneau. La mesure de Paimpol devint, croyons-nous , celle de l'abbaye de Beauport, lorsque la principale foire eut été donnée aux moines par Conan, frère du comte de Goëllo. C'est ce qui explique comment la « mesure de grenier », originairement réservée aux redevances qui se payaient au comte et à sa famille, s'employait quelquefois dans les rentes payées à cette abbaye. Une enquête de 1 571 le prouve : il s'agissait de retrouver la valeur réelle de la rente due à Notre-Dame de la Fontaine sur le Moulin-aux-Chiens, en Plouvara, par les Le Borgne d'abord, par les Le Cardinal ensuite ; des 1 3 bois seaux de froment à verser chaque année, 12 devaient être racles et le 13e comble.


 

Lanvollon : Il est souvent question de la mesure de cette ville dans les chartes de Beauport ; c'était sans doutecelle de l'archevêque de Dol. Le boisseau, de 14 godets, contenait 4 décal. 696, et le demi-boisseau, 2 décal. 805. Pontrieux : Le boisseau de froment pesait 84 livres ; 1 /6e de plus que celui de Goëllo. Il se composait de 12 hanapées, et contenait 5 décal. 582. La juste, de 2 boisseaux moins 1/8, contenait 9 décal. 763.


 

Lannion : Le boisseau , de 24 écuellées, était l'équivalent de la renée, ou le quart de la seillée ; huit de celles ci donnaient le tonneau. On n'a pas compté moins de trois boisseaux différents à Lannion : deux avaient leurs étalons en pierre. Leurs contenances étaient celles-ci : 6 déc 406, 5 déc. 266, 2 déc. 712.


 

Guingamp : Comme le boisseau de cette ville allait toujours grandissant, surtout depuis que le seigneur en était éloigné, des plaintes et des procès s'ensuivirent, et, après une enquête sur les anciens usages, le Parlement de Paris arrêta, au mois de septembre 1662, que Guingamp aurait deux boisseaux. L'un, destiné au froment, devait avoir 11 pouces 1/2 de roi de profondeur, 16 pouces de largeur au fond et 14 d'ouverture, pesant 64 liv., mesure racle. L'autre pour le seigle devait avoir 12 pouces de profondeur, 16 au fond et 15 à l'ouverture, pesant 63 liv. mesure racle ; la cupidité avait peu à peu amené le poids était évaluée à 60 acres. Il est probable que c'étaient là ces villa terre que signale si souvent le cartulaire de Redon, et dont ceux de Beauport et de St-Jacut vont nous entretenir. Enfin les angula, riota terre, qui apparaissent dans l'enquête de 1181 et dans une charte de Boquen de 1249, ne nous offrent plus aucun sens précis.

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:57

 

 

 

 

Pour les surfaces de peu d'étendue, on employait le plus souvent la toise de 8 pieds carrés ; mais s'il s'agissait de mesurer les terres, les dénominations et les acceptions variaient beaucoup. Essayons toutefois de dresser de ces principales mesures un tableau simple et clair : La division qui peut être considérée comme l'unité agraire, celle qui s'est conservée jusqu'à nos jours, c'est le journal, jornales, jornalium. Le glossaire auquel Du Cange a laissé son nom admet que cette expression n'est pas essentiellement différente de juger, jugerum, jujur, arpentum, arapenis, harpenum, acra, quelquefois même campum ou junctus. Dans l'origine, par ces diverses expressions, on entendait l'étendue de terre que deux boeufs pouvaient labourer en un jour, évaluation manifestement très-arbitraire. Cependant l'arpent, que nous trouvons notamment à St-Aubin, à St- Martin, a Ste-Croix, avait une mesure très déterminée : « Ung arpent de terre ou de pré ou de vigne, dit le Livre des Coutumes, Constitutions et Etablissement de Bretaigne, contient 100 pieds de long et autant de travers » ; c'était donc l'ancien scripulum. L'arpent contenait quatre carterons. En 1323, ce pays adopta pour les vignes l'arpent de 120 pieds en en tout sens, suivant la mode d'Anjou, du Maine et du Poitou. L'ancien journal, nous dit Hévin, fut fixé à 60 cordes pour les bonnes terres, et à 120 pour les mauvaises : quelle matière à procès qu'une telle définition. La corde superficielle était alors abutée à 60 pieds en carré, ce qui donnait 34,560 pieds au journal de bonne terre, et 69,120 pour les mauvaises. On estime que la substitution du pied de roi au pied ducal diminua d'un tiers environ nos mesures de superficie. La coutume de Bretagne, à l'art. 263, fixe le journal à « 20 cordes de long sur 4 de laize, chacune corde de 24 pieds de roi ». A proprement parler, nous ne connaissons pas de multiples du journal ; nous savons seulement que 35 journaux comptaient pour un feu de fouage. Quant aux subdivisions, elles ne sont pas moins variables que l'unité elle-même. Ainsi la première, le sillon, sulcus, seillonus, seiclow, était le seizième de l'ancien journal, selon Hévin, le vingtième ou même le vingt-et-unième suivant Bélordeau ; un aveu de la terre de La Vieuville, en Quessoy, constate que, dans le Penthièvre, le journal comprenait 24 sillons. Les registres de la paroisse de Pléguien distinguent « les grands sillons des sillons de charruage » : ils ajoutent que dix-neuf des premiers, plus trois brégeons, occupent une superficie de 49 cordées 1 /4 ; que quatorze et demi des seconds occupent 47 cordées, et que douze des mêmes contiennent 34 cordées. En 1604, des experts mesuraient dans la forêt de Plounez « 1,670 seillons de 48 pas de long sur 5 pieds de leize, donnant à raison de 36 seillons au journal de mauvaise terre, soit en tout 48 journaux 1/6e ». La corde, la plus usitée des fractions du journal, multipliée par 30, reproduisait cette mesure, avons-nous dit ; multipliée par 3 3/4, elle donnait le sillon, seiclow. Au pays nantais, on ne comptait que 44 cordes au journal. « La corde contient six vingt piez ; assise par six vingt fois vaull 14,400 piez », dit la très-ancienne Coutume, et elle ajoute : « chacune corde est de seize toize, la toize de six piez ». Quelquefois, mais rarement, nous avons vu, comme aux titres de Guémadeuc, le journal évalué en toises carrées : il en contenait 128. La raie, qui se confondait peut-être avec le bregeon, était le seizième du sillon ; soit 0,405 d'ares. Puisque 50 verges valaient le seizième du journal, celui-ci se compoposait de 800 verges ou vergées, virga, virgata, virguda terre ; la perchée ou perche superficielle, perca, percata, variait de 256 à 625 pieds carrés, d'après ce que nous avons dit plus haut. « La gaulée a trois fois soixanteneuf perches de terre, chacune perche de 24 pieds, vaut en pieds 1896 », dit encore le manuscrit précédemment cité. Nous ne saurions préciser Yathomos. La terre était souvent évaluée par la quantité de grains nécessaire à son ensemencement : ainsi le modius ou modietas, terre, que Vitruve évaluait à 120 pieds, n'est pas rare dans nos chartes. On en comptait d'ordinaire trois au journal. La moitié du modius de terre était l'ouche, ochia, ocha, hocha ; c'était donc l'équivalent de la raie, ou le sixième du journal. On disait aussi dans le Goëllo, une ruchée de terre, ruscata terre : nous verrons bientôt ce que valait cette mesure comme capacité

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 15:51

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 12:52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article